‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 461 sur 1059 · V. ce mot · texte numérisé non relu

V. ce mot

SLIGO, ville d'Irlande, dans l'ancienne province de Connaught, chef-lieu du comté de son nom, k 144 kilom. N.-O. de Dublin avec un bon porta l'embouchure du Garrow! dans la baie de Sligo, par 540 22' delatit. N. et no 1' de longit.O.; 11,104 hab. Distilleries, brasseries, filatures et manufactures de toiles; magasins maritimes; pêche; commerce d'entrepôt, dont les principaux articles sont les grains, toiles, poissons secs et salés. Le port de Sligo est assez sûr; les navires de 200 tonneaux peuvent venir jeter l'ancre contre le quai. Les anciens quartiers de la ville sont composés de rues étroites, malpropres, mal pavées et incommodes ; mais depuis quelques années de nouveaux quartiers se sont élevés où l'on voit de beaux marchés, de vastes magasins, des rues bien percées, bordées d'élégantes constructions. Deux belles églises, plusieurs chapelles, un hôpital, une caserne d'infanterie, épars sur les points culminants de la cité, donnent k Sligo un aspect trèspittoresque. On y voit en outre les ruines d'une abbaye de dominicains, fondée en 1322 par Maurice Fitzgerald; ces ruines, assez bien conservées, sont situées dans la partie de la ville qui appartient à la famille Palmerston.

SLIGO (comté de), division administrative de l'Irlande, dans la région occidentale de l'île. 11 est baigné au N. par l'Atlantique, qui y forme la baie de son nom; limité à Ï'E. par le comté de Leitrim, au S. et à l'O par ceux de Roscommon et de Mayo. Sa superficie est de 461,753 acres (186,548 hectares), dont 290,696 acres en terres labourables, 151,723 en terres incultes, 6,134 en plantations diverses, 12,740 en lacs et marais; 128,510 hab. Chef-lieu, Sligo. Villes principales : Dromore, Bullisodare, Tubbereurry. La côte, très-découpée, forme plusieurs petites baies et des havres nombreux. Le sol est assez montagneux; il est traversé, de l'E. à l'O,, par une chaîne de montagnes dont les sommets principaux sont l'Ox, le Knock-Narce et le Knak-Shecuan. Ses rivières principales sont : le Garwag, l'Owen-Reg, l'Eski et le Moy. On y trouve plusieurs lacs : le lough Gilly, à l'E.; Gara, au S.; Esk, à 1 0. Les marais les plus étendus sont dans la partie méridionale. Le sol, généralement lé-

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ger, sablonneux, mêlé d'argile et de gravier, produit de l'orge, de l'avoine et des pommes de terre. On y trouve de beaux pâturages et on s'occupe beaucoup dans ce comté de l'élève des bêtes à cornes. Les côtes et les rivières sont très-poissonneuses. La fabrication de la toile est l'industrie la plus importante de ce comté, dont on exporte des dostiaux, des œufs, du beurre, des toiles, etc.

SL1NGELANDT (Pierre van), peintre hollandais, élève de Gérard Dov, né k Leyde en 1640, mort en 1691. Il poussa si loin la patience et l'amour du fini qu'on pouvait, dans ses tableaux, compter les mailles d'une dentelle et Ses moindres détails de la composition. Aussi peignait-il avec une extrême lenteur et ses tableaux sont-ils fort rares. Quoique ses œuvres soient très-estimées , on convient que, s'il peut être comparé à Gérard Dov pour la finesse, il en est bien éloigné pour le mouvement et la chaleur de la composition. Son chef-d'œuvre est un Concert rustique, que possède le musée d'Amsterdam. Le Louvre renferme trois de ses toiles, parmi lesquelles la Famille hollandaise.

SLINGELANDT (Simon van), homme d'Etat hollandais, mort en 1736. Il fut secrétaire du conseil d'Etat, trésorier général des Provinces-Unies et grand pensionnaire de Hollande, Il a laissé des écrits politiques qui ont été imprimés en 1787 (Amsterdam, 3 vol.).

SLUSGINEVER (Ernest), peintre belge, né à Loochristi, près de Gand, en 1823. Il eut pour maître Wappers, remporta plusieurs prix à r Académie des beaux-arts et débuta, en 1842, par un tableau, le Vengeur, qui eut du succès. Depuis cette époque, il s'est adonné à peu près exclusivement à la peinture historique, dans laquelle il a fait preuve d'un sérieux talent. M. Slingineyer a remporté une mé laille d'or à l'exposition de Bruxelles en 1845 et a été décoré, en 1850, de l'ordre de Léopold. Parmi ses tableaux les plus estimés, nous citerons : la Mort de Ctassicus, acheté par le roi do Hollande; la Mort de Jacobson, une de ses meilleures toiles, qui appartient au roi des Belges ; la Bataille de Lépante (1848) ; la Mari de Nelson (1850) ; la Batailte.de Brouwershaven (1852); le Camoéns; un Episode de la Saint-Barthélémy; les Martyrs du feu, l'Arrestation du comte Louis de Crécy, etc.

SLOANE s. f. (slo-a-ne). Bot. Syn. de

SLOANÉE.

SLOANE (sir Hans), médecin et botaniste anglais , né à Killileagh en 1600, mort à Chelsaa en 1752. Il suivit à Paris les cours de Tournefort et de Duverney, devint membre de la Société royale de Londres et suivit, en qualité de médecin, le duc d'Albemarle, nommé gouverneur de la Jamaïque. Il en rapporta, en 1689, une riche collection d'objets précieux, et notamment 800 espèces de plantes. Les Transactions philosophiques contiennent un grand nombre d'articles de lui. On a, en outre : Catalogus plantarum quai in insula Jamaica spente proveniunt, vel vulgo coluntur, qui forme le prodromus de la partie botanique de sou grand ouvrage : Voyage aitx îles de Madère, la Barbade, Saint-Christophe et la Jamaïque, avec l'histoire naturelle desplantes, arbres, quadrupèdes, poissons, etc. (1707-1725). Il fut créé médecin en chef de l'armée, président de l'Ecole de médecine, etc. On lui doit l'établissement du premier dispensaire qui ait été installé en Angleterre. Le Musée britannique a hérité de ses magnifiques collections.

SLOANÉE s. f. (slo-a-né — de Sloane, botan. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des tiliacées, type de la tribu des sloanées.

— s. f. pi. Tribu de la famille des tiliacées, ayant pour type le genre sloanée,

— Encyol. Les sloanées sont des arbres à feuilles alternes, très-grandes ; les fleurs présentent un calice à cinq divisions, une corolle k cinq pétales, des étamines en nombre indéfini ; le fruit est une capsule coriace, ligneuse, k plusieurs loges. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent aux Antilles et dans les régions chaudes de l'Amérique du Sud. La sloanée dentée a des rameaux inclinés, portant des feuilles distiques, d'un vert noirâtre, sur lesquelles tranchent agréablement des ileurs étoilées, jaunes ou vertes, accompagnées de bractées et réunies en grappes opposées aux feuilles. Le fruit de cet arbre est bon k manger; son écorce est employée comme astringent, et son bois sert k faire des canots d'une seule pièce. Quelques auteurs réunissent k ce genre les apéibas ou bois de mèche, dout les naturels se servent pour se procurer du feu par ie frottement.

SLOBODE-PAVLOVSKAIA, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et k 16 kilom. S.-O. do Saint-Pétersbourg, près de Gatchina. Elle fut fondée en 1831 par l'empereur Nicolas Ier pour servir d'asile aux invalides de la garde impériale chargés de famille.

SLOBODSKOlÉ, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et k 31 kilom. N. de Viatka, ch.-l. du district de son nom, SHrla Viatka; 6,150 hab. Commerce de fourrures, miel, cire et grains.

SLODTZ (Sebastien), sculpteur flamand, né

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à Anvers en 1655, mort k Paris en 1726. Il fut un des artistes qui contribuèrent le plus k l'embellissement des palais de Louis XIV. Ses ouvrages les plus remarquables sont : un buste de Titon du Tillet, une statue de Saint Ambroise (église des Invalides), Annibal mesurant au boisseau les anneaux des chevaliers romains tués à Cannes (au jardin des Tuileries), Saint Louis envoyant des missionnaires dans les Indes (bas-reliefs, aux Invalides), le groupe de Protée et Aristée (Versailles), etc. SLODTZ (René-Michel), sculpteur français, surnommé Micbel-Auge , petit-fils du précédent, né à Paris en 1705, mort en 1764. A l'âge de vingt-cinq ans, il remporta le second prix de sculpture, fut envoyé k Rome comme pensionnaire du roi et y demeura dixsept ans. Il exécuta dans cette ville plusieurs œuvres remarquables , entre autres Saint Bruno refusant la couronne qu'un ange lui apporte et Je Tombeau du marquis Capponi. De retour k Paris (1747), précédé d'une brillante réputation, il reçut une pension et devint plus tard dessinateur de la chambre et du cabinet du roi, On cite de lui les Anges adorateurs et les Bas-reliefs du maître-autel de Choisy, ainsi que le fameux Mausolée du curé Languet, dans l'église Sainl-Sulpice. Cet ouvrage , exécuté en marbres de diverses couleurs, et où se voient le squelette de la Mort et la ligure du curé, fit une immense sensation à cette époque, mais il se ressent de la décadence de l'art sous Louis XV.

SLOGAN s. m. (slo-gan). Hist. Cri de guerre d'un clan écossais.

SLOKA s. m. (slo-ka). Littér. Strophe de deux vers d'un poëine indou.

SLON1M, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement età 130 kilom. S. de Grodno, ch.-l. du district de son nom, sur la Schara ; 5,200 hab. commerce de blé et de cuirs.

SLOOP s. m. (sloup — mot angl. V. chaloupe). Mar. Petit bâtiment caboteur k un màt. h Sloop de guerre, Corvette ayant moins de vingt cations.

SLOTH s. m. (slott). Main m. Un des noms de l'aï ou paresseux.

SLOTWINSKI (Félix), jurisconsulte polonais, né dans la Galicie en 1788, mort en 1862. Il étudia la philosophie k l'université de Lemberg et le droit k celle de Cracovie, devint, en 1812, k cette dernière, professeur de droit naturel et d'économie politique, puis doyen de la Faculté de droit (1833) et professeur de droit romain et de droit ecclésiastique, chaire qu'il quitta en 1848 pour reprendre celle de droit naturel et do droit criminel, qu'il occupa jusqu'à sa mort. Il avait, en outre, été, de 1818 à 1837, membre du comité législatif de la république de Cracovie et dépuié k différentes diètes. Nous citerons, parmi ses nombreux écrits : De trissectione cujuscumque anguli (Cracovie, 1811) ; De Vhistoire du droit naturel et des divers systèmes de ses historiens (Cracovie, 1812) ; De laméthode mathématique en général (Cracovie, 1813); le Droit naturel privé (Cracovie, 1813); De nécessitais prtescriptionum in statu civili (Cracovie, 1815); le Droit naturel gouvernemental (Cracovie, 1815); Des bases réelles de la science financière (Cracovie, 1818); le Droit naturel des peuples (Cracovie, 1822); Des principes et des progrès dans la science du droit naturel (Cracovie, 1825) ; Vindîcw juris naturz (Cracovie 1828); De immunitate ecclesiastica (Cracovie, 1832) ; Législation de la république de Cracovie (Cracovie, 1836) ; Inslitutiones juris ecclesiastici ( Cracovie , 1839-1840, 2 vol.) ; Considérations sur la secte de Ronge et de Czerski (Cracovie, 1850) ; Mistaire universelle du concile de Trente (Cracovie, 1857), etc.

SLOTWINSKI (Constantin), jurisconsulte et littérateur polonais, né en 1793, mort en 1846. Après avoir fait k Cracovie ses études de droit, il entra, en 1810, dans l'artillerie polonaise, fut blessé grièvement pendant la campagne de 1812 et abandonna peu après la carrière militaire. 11 remplit ensuite divers emplois administratifs et, en 1831, fut appelé à la direction de l'institut scientifique des Ossolinski k Lemberg. Il introduisit une foule d'améliorations dans cet établissement et y établit une imprimerie et une lithographie. Accusé, en 1834, d'imprimer et de répandre des livres interdits, il fut arrêté et conduit k la forteresse de Kufstein, dans le Tyrol, où il subit neuf années de détention. Rendu à la liberté, il revint auprès de sa famille dans la Galicie et fut tué lors des massacres qui ensanglantèrent cette contrée en 1846. On a de lui, entre autres ouvrages : la Pologne, son histoire et sa constitution ( Lemberg , 1819-1823, 2 vol.); Exposé systématique des lois de soumission delà Galicie (Brunn, 1827, 3 vol.); Catéchisme des sujets galiciens au sujet de leurs droits et de leurs, devoirs vis-àvis de la cour, du gouvernement et d'eux-mêmes (Lemberg, 1832) ; Esquisses d'un projet d'établissement d'une société de crédit dans lu Galicie, considérations sur ces esquisses, etc. (Lemberg, 1833); Lelum Polelum (Lemberg, 1833); Histoire de la Pologne méridionaleoccidentale pendant les dix premiers siècles de l'ère chrétienne, etc.

SLOUTCH, rivière de la Russie d'Europe.

Elle prend sa source près de la limite septentrionale du gouvernement de Podolie, coule d'abord k l'E., puis au N. et au N.-O..

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dans le gouvernement de Wolhynie, et se jette dans l'Horyn, près et au N. de Wisock, après un cours de 435 kilom.

SLOCTCH, rivière de la Russie d'Europe, gouvernement de Minsk. Elle prend sa source au N.-E. de Gresk, passe à Sloutzk, coule au S. et se jette dans le Pripet, par la rive gauche, après un cours de 138 kilom.

SLOUTZK, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 160 kilom. -S. de Minsk, sur la rivière de son nom; 6,859 hab. Elle fut autrefois le ch.-l. d'une principauté.

SLOVAQUE s. (slo-va-ke). Individu d'une branehe de la famille slave.

— Adjectiv. Qui appartient aux Slovaques : Peuple slovaque. Langue slovaque.

— Encycl. La langue slovaque est une proche parente de la langue tchèque ou bohémienne et constitue l'un des idiomes de la grande famille slave. A l'époque où les doctrines de la Réforme se répandirent parmi les Slovaques de la Bohême, chez lesquels le terrain avait été déjà préparé par les réfugiés hussites, la langue tchèque commença à acquérir une grande influence sur le slovaque, et ce fut, en quelque sorte, sous l'égide de la littérature tchèque que prit naissance et se développa une littérature slovaque. Mais cette littérature demeura longtemps à l'état de tradition orale, et ce ne fut qu'au commencement du xvin* siècle que 1 on songea à employer le slovaque comme langue écrite. Le premier ouvrage qui ait été publié dans cet idiome est un recueil des sermons du prêtre Alexandre Matchaj, imprimé à Tyrnau en 1718. Les jésuites de cette ville suivirent l'exemple qu'il leur avait donné et commencèrent à imprimer des livres de piété dans' une langue qui n'était pas le slovaque pur, mais un mélange de cet idiome et du tchèque ecclésiastique. Le grand mouvement de régénération qui commença, vers la fin du siècle dernier, dans la langue tchèque eut son contre-coup dans tous les idiomes des Slaves méridionaux,et les Slovaques revendiquèrent à leur tour l'usage de leur langue nationale, en même temps qu'ils cherchèrent à se créer une littérature Originale. C'est dans ce but que, dans les dernières années du xviiia siècle, un certain nombre d'écrivains s'efforcèrent d'élever le slovaque au rang de langue littéraire. Parmi ces écrivains, nous citerons J. -Ignace Bajza (1754-1836), Georges Fnadli, Antonin Gazda, auteur d'un Hortus florum (1798), et Antonin Bernolak (1765-1813). Ce dernier a écrit en latin une grammaire slovaque et divers opuscules sur la lanque slovaque, dont il a, en outre, composé un dictionnaire étendu, qui fut terminé et publié après sa mort par le chanoine Georges Palkowitch (1835) , auteur lui-même d une traduction de la Bible en slovaque, publiée en 1829. Mais l'homme qui a le plus fait pour cette littérature est le prêtre catholique Jean Holly (1785-1849), qui traduisit dans sa langue maternelle les œuvres de Virgile, les satires d'Horace, des extraits de Théocrite, d'Homère, de Tyrtée et d'Ovide. On lui doit aussi des poésies originales écrites dans un esprit tout classique et parmi lesquelles nous citerons : Swatopul/c, poème héroïque (Tyrnau, 1833) ; la Cyrillo- Métodiade (Pesth, 1835) et le Slave. Le recueil des œuvres de Holly a été réédité pour la troisième fois à Pesth en 1863. Les Slovaques protestants s'en tinrent d'abord aux livres tchèques, et il se forma ainsi deux partis en littérature ; mais bientôt ils craignirent que cette division ne nuisît au développement littéraire et national du peuple slovaque et fondèrent au collège de Presbourg une chaire de langue et de littérature tchécoslovaque , qui fut occupée par Palkowitch (J769-1849), qu'il ne faut pas confondre avec celui que nous avons mentionné plus haut. ■

Toutefois, les efforts tentés pour amener l'union entre les deux coteries littéraires slovaques ne furent couronnés d'un plein succès qu'après le mouvement de renaissance des autres littératures slaves, et l'intervention des célèbres slavophiles Schaffarik et Kollar. C'est à eux que l'on dut la publication des deux premiers recueils de chants populaires slovaques, intitulés : Chants des Slovaques en Hongrie (Pesth, 1823-1827, 2 vol.) et Chants nationaux (Pesth, 1834, 8 vol.). Cependant, niSchaffarik ni Kollar ne regardaient la littérature slovaque comme une littérature indépendante. Pour eux, les Slovaques n'étaient qu'une partie de la nation tchèque ; l'étude de ces chants n'était à leurs yeux qu'un moyen de remonter a l'origine de leur histoire nationale, d'établir pour les deux peuples l'identité de cette origine et de les encourager ainsi a s'unir plus étroitement que jamais. Mais il en fut autrement qu'ils ne l'avaient pensé. Les menées des Hongrois contre les Slaves forcèrent les Slovaques a défendre leurs droits nationaux, à se séparer des Tchèques en littérature et à réclamer sur ce point l'indépendance absolue de l'élément slovaque. Les chefs du mouvement littéraire furent Liudewit Stur (1815-1856) et Miloslav-Joseph Hurban, qui appartenaient tous les deux à la confession évangélique. Stur avait fait ses études à l'université de Halle ; il remplaça quelque temps le vieux Palkowitch dans sa chaire au collège de Presbourg, fonda dans cette ville une

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société littéraire slave et acquit une grande influence sur la jeunesse slovaque et serbe dans laquelle il réveilla l'esprit national. Ayant perdu sa chaire par suite des intrigues du parti hongrois, il se consacra exclusivement à la littérature et débuta par plusieurs brochures écrites en allemand, et dans lesquelles il défendait les droits du peuple slovaque contre les prétentions et les envahissements des Hongrois. En 1845, il fonda un journal slovaque, Slovenske narodnje novini (Gazette nationale slovaque), avec un supplément intitulé Orol Tatranski(YAigle des Karpathes). Cette feuille obtint beaucoup do succès et parut jusqu'en 1848. Stur publia, en outre, plusieurs ouvrages devenus classiques sur l'idiome slovaque, et la Matiça tcheska, société littéraire tchèque, édita, à ses frais, son ouvrage Sur les chants nationaux et les légendes aes races slaves (Prague, 1853). Stur eut pour collaborateur dans son journal le pasteur Hurban, qui s'était déjà fait connaître par divers ouvrages écrits en slovaque, notamment par la relation du Voyage d'un Slovaque chez ses frères slaves de Moravie et de Bohême (Pesth, 1841), et qui avait en outre publié, de 1843 k 1846, un almanach slovaque intitulé Nitra. Ils organisèrent à eux deux, en 1849, le soulèvement des Slovaques, en faveur de l'idée dynastique, contre les Hongrois, espérant ainsi assurer les droits et l'indépendance de leurs nationaux. Ils trouvèrent un actif auxiliaire dans Michel-MiloslavHoza (né en 1811), également pasteur de l'Eglise évangélique, qui, outre des romans et dps légendes en slovaque, a publié un ouvrage latin intitulé Epigènes slovenicus, dans lequel il expose .ses idées sur les formes du slovaque , employé comme langue littéraire. Martin Hattala, prêtre catholique, professeur de langues slaves à l'université de Prague, a publié en latin une Orammatica lingus slovenics (1850), qui a été traduite en slovaque (1852). Le prêtre Viktoryn a écrit en allemand une Grammaire slovaque et a fait paraître les almanachs slovaques, Concordia et Lipa (1864). On voit d'un mauvais œil, en Bohême, l'esprit de séparatisme des Slovaques et les efforts qu'ils t'ont pour rendre leur littérature indépendante de la littérature tchèque.

SLOVÈNE adj. (slo-vè-ne). Linguist. Se dit d'une langue des Slaves méridionaux : La langue slovène.

— Encycl. La langue Slovène se rapproche surtout de l'illyrico-serbe. Elle se divise en trois dialectes principaux : le carniolien supérieur, le carniolien inférieur et le styrien. Un monument précieux et d'une haute antiquité nous a été conservé dans cette langue. C'est en Slovène, en effet, que sont écrits les célèbres Fragments de Freisingen, renfermant deux formules de confession et des lambeaux de sermons, et qui ont été trouvés dans un vieux manuscrit latin. On fait remonter ces fragments au va.» ou au x<s siècle et on les regarde comme l'un des plus anciens monuments des langues slaves. D'après Schaffarik, ils auraient été écrits, entre 957 et 994, par Abraham, évêque de Freisingen, auquel ils servaient comme de manuel pour la direction de ses ouailles slaves. Kopitar les a insérés dans son Glogolita Closianus (Vienne, 1836). Mais ensuite on ne trouve plus aucun monument de la langue Slovène jusqu'au xvi« siècle ; elle sommeillaj en quelque sorte, jusqu'à cette époque, ou la Réforme la réveilla. Primus Truber (1508- 1586), l'un des disciples de Luther, désireux de répandre les principes de la foi nouvelle parmi ses compatriotes, publia en slovène une traduction du Nouveau Testament et un Catéchisme. 11 trouva un précieux auxiliaire dans Jean Ungnade, qui, obligé de quitter sa patrie k cause de son penchant pour la Réforme, se réfugia dans les Etats du prince de Wurtemberg, où un asile était ouvert à tous ceux qui étaient persécutés pour leur foi. Ungnade travailla avec ardeur à la propagation des livres protestants et établit une imprimerie de laquelle sortirent un grand nombre d'ouvrages Slovènes, écrits en caractères glagolitiques et cyrilliques. A la même époque parurent Sébastien Krell (1538-1567), Georges Dalmatin (mort en 1589) et Adam Bohoritch, auteur de la première grammaire du dialecte carniolien. Mais le protestantisme ne se maintint pas longtemps chez les Slovènes de la Carinthie. Dans la première moitié du xviie siècle, grâce à la protection de l'archiduc Ferdinand , plus tard empereur, les catholiques reprirent la prépondérance dans cette contrée. La commission de réformation eu Carinthie s'occupa d'y rétablir la religion catholique. Tous les prêtres évangéliques et tous ceux qui ne voulurent pas renoncer a la religion réformée furent bannis; on confisqua leurs biens; k Laybach, les jésuites détruisirent les imprimeries et brûlèrent les livres. Dans le cours du xvn« siècle, il ne se publia en langue Slovène que quelques ouvrages ayant trait à la religion catholique. L'évêque Hren, mort en 1630, donna une traduction des Evangiles ; parmi les autres écrivains du même genre, il faut citer Matthieu Kasteletz, Jean Kerstnik de Sainte-Croix, le capucin Hippolyte, grammairien (mort en 1722), et Pahlovitz (1690-1740). Dans le même siècle, cependant, un certain mouvement littéraire et scientifique commença à se manifester, mais il ne se

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