‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 462 sur 1059 · SLOW · texte numérisé non relu

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traduisit que par des ouvrages écrits en langue allemande ou latine. A cette époque, du reste, où la langue allemande était la langue de la haute société, tandis que l'idiome national n'était en usage que dans les basses classes, il ne pouvait exister une littérature slovène. Lorsque, dans la seconde moitié du xvnr= siècle, un mouvement général de renaissance se manifesta dans toutes les littératures slaves, les Slovènes, eux aussi, prétendirent à une littérature nationale, et l'on commença à publier de nouveaux ouvrages en slovène; les premiers qui parurent étaient surtout destinés au peuple, et, parmi les écrivains qui se placèrent à la tête de ce mouvement et l'encouragèrent de toutes leurs forces en se faisant les éditeurs d'écrits populaires, il faut citer: Marc Pohlin (1735-1801), Georges Japel (1744-1807), Biaise Kumerdej, Antoine Linhart (1758-1795), qui a écrit en allemand l'histoire de la Carniole et en Slovène différents ouvrages historiques; enfin, le poète Valentin Wodnik (1758-1819). Ce fut lui qui, le premier, employa avec un plein succès le slovène comme idiome littéraire ; et, de même que la plupart des écrivains qui ont signalé l'époque de renaissance des littératures slaves, il fut à la fois poëte et historien. Une foule de ses chansons sont encore aujourd'hui sur les lèvres du peuple. En 1809, il fit paraître ses chants guerriers, dans lesquels il appelait tous les peuples slaves à un soulèvement général. Lorsque l'Illyrie eut passé sous le sceptre de Napoléon, il publia sa Renaissance de l'Illyrie, où il exprimait l'espoir de voir sa patrie reconstituée, libre et indépendante, et qui lui attira plus tard des persécutions de la part du gouvernement autrichien. Dans la nouvelle période littéraire dont "Wodnik marque l'aurore, . signalons encore les noms de l'évêque Matthieu Riivnikar, de Pierre Dainko, d'Urbain Jarnik, de Jacques Zupan, de Michel Kastelitz et de François Preschern, le plus célèbre de tous les poëtesde laCnrinthie. Stanko Wraz, Korytko et Antoine Janezic ont publié des recueils de chants Slovènes; celui de Korytko a pour titre : Slovienske pesmi Kranjskiga naroda (Laybach, 1839-1842, 4 parties). On a de Metelko, en allemand, une excellente Grammaire théorique de la langue slovène (Laybach, 1825); il en existe encore plusieurs autres, soit en allemand, 'soit en Slovène; mais la meilleure de toutes est sans contredit celle de Kopitar, qvii a pour titre : Grammaire des langues de la Carniole, de la Carinthie et de la Styrie (Laybach, 1808). Jarnik et Murk ont publié, en 1832, un Dictionnaire slovène. Kopitar et son élève Miklosich ont exercé une grande influence morale sur le développement de l'activité littéraire des Slovènes; mais tous leurs ouvrages philologiques ou archéologiques sont écrits en allemand. C'est également dans cette langue que le docteur Klun a publié son ouvrage intitulé : la Littérature slovène, esquisse historique (Vienne, 1864), C'est le meilleur que l'on puisse consulter au sujet de cette littérature, qui est encore à peu près inconnue dans l'Europe occidentale.

SLOVO s. m. (slo-vo). Linguist. Dix-hui-. tièine lettre de l'alphabet slave, répondant k notre s.

SLOWACKI (Jules), poëte polonais, né à Wilna en 1809, mort en 1849. Il fit ses études à l'université de sa ville natale, prit part, comme soldat et comme poëte populaire, à l'insurrection de 1830, émigra ensuite k 1 étranger et, après avoir parcouru l'Europe et l'Orient, s'établit en France, où il résida presque toujours à Paris. Parmi ses œuvres qui parurent k un court intervalle les unes des autres, il faut citer, outre un grand nombre de pièces de genres divers, les poëmes épiques intitulés: la Vipère, Jean Bielecki, Hugo, le Moine, l' Arabe, Lambro, Anhelli, Trois poèmes, Poëme sur l'enfer, Beniowski ; des chants de révolution et de guerre, tels que le Tombeau d'Agamemon; et des œuvres dramatiques, entre autres : Kordjan, Marie Stuarl, Balladina, Lilla Weneda Mazeppa, le llève d'argent de Salomé , le Prêtre Marc, etc. Il y a, dans toutes ces poésies, une ironie poignante, presque malsaine; les revers de la vie humaine et l'ironie de la destinée en forment le sujet principal. C'est cette tendance vers la négation de tout bien qui avait fait donner à Slowacki par Mickiewiez le surnom de Sntnn do in poésie. Après de longues luttes, il finit cependant par partager, lui aussi, les idées religieuses de Mickiewiez et s'affilia à la secte mystique, religieuse et politique deTowianski. Cette transformation radicale tua en lui toute inspiration, et, de même que l'auteur de Conrad Wallenrod, il fut dès lors complètement perdu pour la poésie. On a publié après sa mort le recueil de ses Œuvres (Leipzig, 1862, 4 vol.), que complètent ses Œuvres posthumes (Lemberg, 1866, 3 vol.). Sa Vie a été écrite en polonais par Malecki (Lemberg, 1867, 2 vol.).

SLOWACZYNSKI (André), statisticien et géographe polonais, né au commencement de ce siècle. Il fit ses études à. l'université de Varsovie et prit part à l'insurrection de 1830, à l'issue de laquelle il se réfugia en France, où il s'occupa de travaux relatifs k l'histoire et k la statistique de différents royaumes d'Europe. On a de lui : Journal hebdomadaire de l'émigration (en polonais, Tygodnik Emigrocyi, Paris, 1834); Praga,

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esquisse historique (Paris, 1835) ; Dictionnaire historique, statistique et géographique de la Pologne (Paris, 1835); Cinq statistiques générales de la Pologne (Paris, 1838, 4 vol.). Statistique générale de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie (Paris, 1838) ; Annuaire statistique pour 1838 (Paris, 1838, 2 vol.),

SLUSE (René-François-Walter de), géomètre flamand, chanoine de la cathédrale de Liège, né en 1623, mort en 1685. Il est l'auteur de la méthode, enseignée encore aujourd'hui dans tous les cours, pour la construction des racines des équations du troisième ou du quatrième degré, et qui consiste à ramener la résolution de 1 équation proposée à celle du système de deux équations représentant deux coniques, en introduisant une inconnue auxiliaire dont l'élimination reproduirait l'équation primitive. Il a développé cette méthode dans un ouvrage intitulé : Mesolabum, seu dus médis proportionales per circulum et ellipsim vel hyperbolam, infinitis modis exhibits (1659), qu'il a réédité en 1668, Cum parte altéra de analysi et miscellaneis. Ces Miscellanea ajoutés à la première édition traitent des spirales, de la quadrature, de la cycloïde et d'autres courbes, de la recherche des points d'inflexion, etc.

SLCYS (Jacques van der), peintre hollandais, né à Leyde en 1660, mort dans la même ville en 1736. Elève d'Ary de. Vos, puis de Hingelandt, il a peint un grand nombre de tableaux représentant surtout des assemblées, des conversations, des fêtes, conformes aux usages et aux modes de son temps.

SLYNXN1S-PERLEWENU, dans la mythologie lithuanienne , nom du dieu domestique, protecteur de la chaumière et des biens du laboureur. Narbutt dit que slynxnis, en lithuanien, signifie seuil, et, du reste, les Lithuaniens représentaient ce dieu toujours assis sur le seuil de la porte d'entrée de la chaumière. Cette place est, encore aujourd'hui , en grande vénération chez les paysans de la Lithuanio. Verser quoique chose de sale sur le seuil ou y couper du bois est regardé comme une offense au dieu. Ils ont conservé certains dictons populaires où l'on reconnaît les traces de cette tradition ; tels sont, entre autres, ceux-ci : a Quand même ton plus grand ennemi viendrait s'asseoir sur le seuil de ta maison, ne lui fais aucune injure, car tu aurais éternellement sur toi la colère du dieu. C'est sur le seuil et sous le seuil que réside le bonheur domestique. Quand tu dépasses le seuil, retourne-toi et aie Dieu présent à tes yeux. » Aujourd'hui, à la place favorite de ce dieu que le paysan lithuanien a oublié, on trouve toujours l'image de quelque saint ou une croix peinte en rouge .

S. M., abréviation des mots Sa Majesté,

SMAALE11NEN (amt de), division administrative de la Suède, dans le stift ou diocèse d'Aggerhuus, borné au N. par le bailliage d'Aggerhuus, à l'E. et au S. par la Suède, et baigné k l'E. par le golfe de Christiania. Superficie, 4,207 kilom. carrés; 84,000 hab. Cheflieu, Moss; villes principales, Frederikstad, Froderikshall. Ce bailliage renferme vingtdeux paroisses.

SMACK s. m. (smak — mot angl.). Grand bâtiment anglais k un seul mât gréé d'une voile de fortune, qu'on emploie à la pèche sur la côte d'Ecosse, l! On dit aussi semale

et SEMAQUK.

SMALA ou SMALAH s. f. (sma-la — mot ar.). Ensemble des tentes, des équipages d'un chef arabe : La smala d'Abd-el-Kader.

— Détachement de spahis ou de tirailleurs algériens chargé de la garde des frontières: Il existe quatre smalas dans la province de Constanline ; chacune possède environ deux mille hectares pour ses «filtures.

— Encycl. La smala d'un chef arabe comprend les tentes du maître, sa famille, ses domestiques, ses richesses, ses bestiaux, etc. La smala est souvent une sorte de dépôt de non-combattants, une réserve que les Arabes laissent derrière eux, à l'abri du danger, lorsqu'ils partent en expédition. Le mot a encore un autre sens dans la langue militaire : uinsi, les smalas de spahis, organisées en Algérie par l'ordonnance de 1862 et dont nous parlons plus loin, se rapprochent beaucoup des smalas autrefois organisées par les Turcs dans le même pays. <■ Ces smalas ou dalras, dit l'auteur de l'Algérie pittoresque , étaient des colonies militaires que les Turcs avaient formées dans l'intérieur du pays pour les besoins de l'occupation. Avec quelques familles, auxquelles Us donnaient des terres exemptées d'impôt* ils formaient un groupe à la fois militaire et agricole, sentinelle avancée de la domination d'Alger. C'est grâce aux smalas que les Turcs pouvaient, sinon occuper, au moins pressurer un pays que nous avons eu tant de peine k conquérir. Quelquefois la colonie était formée de nègres affranchis, et elle prenait alors le nom tl'abid. »

Tout le monde a entendu parler de la smala d'Abd-el-Kader, prise le 16 mai 1843 par le duc d'Aumale, de cette capitale ambulante d'où partaient tous les ordres et que l'émir s'était décidé à organiser, après avoir vu tomber entre nos mains tous ses établissements fixes. Voici la description de cettô smala par M. Hugonnet, qui écrit zmala . « La tente de l'Arabe laisse sur le sol uu#

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trace circulaire. Un douar (douar veut dire cercle) est une réunion de plusieurs tentes établies en cercle. La zmala d'Ab-el-Kader se composait de plusieurs lignes concentriques de douars, chacun des douars étant luimême formé en cercle. Au centre, les tentes . de l'émir et de sa famille, le trésor, les otages, les prisonniers importants ; autour de ce centre et sur un premier cercle, les tentes de ses familiers, confidents ou ministres, entre autres Ben-Aracb, Ben-Thami et Bel- Kheroubi, son secrétaire ; sur un second cerrle, beaucoup plus étendu que le premier et / enveloppant, on voyait les douars et zmalas particuliers des grands chefs, tels que Ben- Allai ; enfin, sur une troisième et même une quatrième circonférence enveloppant toutes les autres se trouvaient les douars des contingents arabes, des tribus les plus fidèles qui accompagnaient partout la fortune de 1 émir : c'étaient notamment les douars des Hachein - Gharaba, des Hachem - Cheraga, des Ouled-Khélif, des Ouled-Chaïb et des Haror. La zmala était le Saint-James, les Tuileries de l'émir. » (Hugonnet, Français et Arabes en Algérie.)

La smala d'Abd-el-Kader renfermait trois cent soixante-huit douars de quinze à vingt tentes; elle contenait 20,000 hommes, dont 5,000 combattants armés de fusils, 500 fantassins réguliers et 2,000 cavaliers. Nous ne parlons pas des richesses qui étaient renfermées dans cette swmia, dont la prise entraîna la soumission de toutes les grandes tribus nomades établies sur les plateaux voisins de Médéah et de Milianah.

Les smalas de spahis, organisées par l'ordonnance de 1862, ressemblent beaucoup plus aux smalas turques qu'à celle d'Abd-el-Kader. Elles sont généralement placées sur les frontières, près des tribus remuantes que l'on veut surveiller. Les spahis Campent sur le terrain désigné sous des tentes avec leurs familles, leurs serviteurs, leurs bestiaux. Ce sont des sentinelles avancées contre les ennemis en temps de guerre et les vulgarisateurs de notre agriculture en temps de paix. On les recrute dans l'élite des populations arabes. A chaque spahi est assigné un lot de terrain, qu'il doit mettre en culture. Chacun d'eux doit avoir un serviteur ou au moins un homme de la famille qui puisse se charger de l'exploitation de la ferme , afin que le spahi soit toujours prêt à monter à cheval. Le cadre de l'escadron réside sufle territoire de la smala, qui demeure la propriété de l'Etat et n'est donné aux spahis qu à titre d'usufruit. Les constructions, plantations, améliorations quelconques faites sur un lot de terre en font partie intégrante et passent avec la terre au successeur du spahi rayé des contrôles.

Toute smala possède un bor-dj assez vaste pour contenir le pavillon des officiers, le logement du cadre français, des écuries pour les chevaux de l'escadron, une maison d'école, une chambre des hôtes, enfin un espace suffisant pour mettre, en cas de guerre, les familles des spahis et leurs richesses à l'abri des tentatjves de l'ennemi.

Il est placé dans chaque smala un ou 'plusieurs moniteurs de culture. La smala est administrée par une commission de trois membres : le capitaine commandant, président; le lieutenant français et un officier indigène. Une indemnité de fourrages est allouée aux corps de spahis pour lu nourriture de tous les chevaux, jusqu'à ce que la smala jouisse d'une certaine prospérité agricole. En dehors de la masse de fourrages, les smalas en ont une autre, dite masse de smala, qui a pour objet de pourvoir aux dépenses communes, telles que : 1» canaux d'assainissement atd'irrigation, barrages, chemins de culture set de communication sur le territoire, plantations qui les bordent, ponts et ponceaux, fontaines, puits, abreuvoirs, lavoirs, moulins, cafés, cantines, marabout de la smala; 2° achats d'animaux reproducteurs pour la race ovine et d'instruments aratoires, première fourniture de graines et plantes; 3» primes d'encouragement pour la culture, dépenses de l'école, frais généraux. Cette masse s'alimente par : l« une retenue journalière de 10 centimes sur la solde de chaque spabi; 2° le produit de la location des moulins, magasins et autres immeubles; 3» le produit de la vente des bois, foins et autres récoltes provenant des terres non idioties; 40 les amendes infligées aux spahis.

Ce régime, qui rappelle un peu la féodalité, est considéré par l'administration comme temporaire et comme un moyen d'initier graduellement l'Arabe aux bienfaits de la civilisation.

Smnin (la), tableau d'H. Vernet; musée de Versailles. Voici la composition la plus importante, au moins sous le rapport des dimensions de l'œuvre, d'Horace Vernet, de même qu'elle est la plus connue et la plus admirée des masses. Le sujet était un des plus beaux qu'un peintre pût rêver; il représente l'irruption soudaine de nos troupes, commandées par le duc d'Aumale, au milieu d'une cité mobile de tentes arabes toute remplie de femmes et d'enfants endormis. Il y avait là matière à une de ces compositions fougueuses qu'affectionnèrent Rubens et, plus près de nous, Eugène Delacroix, dans laquelle le détail aurait pu jouer un grand rôle subordonné à une forte unité. Le peintre a préféré sacrifier le principal à l'accessoire

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et « semble avoir voulu, dit M. Ch. Blanc, sténographier les conversations du bivac... C'est le triomphe des petites choses sur les grandes. Retranchez du tableau ou ajoutez-y trente personnages, ce sera toujours le même résultat, la même dispersion de l'intérêt. Les chevaux, les chiens, les hommes, les chameaux, les bœufs, les marabouts, les pastèques, les princes, la négresse, la poêle à frire, tout cela se produit avec la même importance, tout cela est peint avec la même complaisance , le même entrain et la même force. Deux jeunes gazelles, qui fuient épouvantées et légères, m'ont arrêté aussi longtemps que Sidi-Embarek, commandant de la smala. Un chameau abattu m'a intéressé tout autant que le colonel Morris. Quant à M. le duc d'Aumale, il était difficile de lui donner un geste plus banal, une plus insignifiante tournure. Des femmes, qui se précipitent échevelées aux pieds d'un si jeune homme, devaient s'attendre à l'émouvoir davantage. »

Ce tableau , d'une proportion immense (23 met. de longueur), pourrait, selon M. E. About, se soutenir ainsi delà rue Saint-Antoine à la place de la Concorde ; en un mot, c'est plutôt un panorama qu'un tableau. On ne peut nier cependant dans l'exécution de cette toile colossale une habileté surprenante. L'escadron de chasseurs d'Afrique qui charge le sabra haut, offre à côté de la justesse merveilleuse des allures du cavalier, des raccourcis d'une difficulté effrayante. Ces files de chevaux se présentant de pleine face au spectateur sont un véritable tour de force. On ne peut trop louer la verve et l'esprit avec lesquels sont rendus le groupe des chameaux empavillonnés, du haut desquels tombent les femmes de l'émir, les troupeaux effarés commençant la déroute, le juif emportant sa cassette, enfin la négresse idiote jouant avec une tranche de pastèque enfilée dans un bâton et montrant ses dents par un sourire stupide. Les luttes partielles des Français et des Arabes présentent à l'œil des groupes spirituels et bien mouvementés, dont les vides sont ingénieusement remplis par les mille accessoires d'un camp arabe : armes bizarres, amphores, aiguières, narghilehs aux longs anneaux de cuir, chibouques, coffrets incrustés, riches étoffes, harnachements brodés d'or, o Horace Vernet, dit T. Gautier, a peint tout cela d'une brosse aussi sûre qu'un emporte-pièce, en façon de trompe-l'œil, avec celte illusion facile qui philt tant aux masses. Nous aurions désiré un chatoiement plus vif, une couleur plus curieuse et plus rare; mais tous ces détails, quoique traités rapidement, sont aussi ressemelants que des épreuves de daguerréotype. » Ce tableau fut exposé au Salon de 1845, où il couvrait la Cène de Paul Véronèse. Il avait été peint en dix mois.

SMÀLAND, ancienne division administrative de la Suède. V. Smœlanp.

SMALEKEN s. ni. (sma-le-kènn). Comm.

Etoffe qui se fabrique à Harlem.

SMALKALDE, en allemand Schmalkalden , ville murée de Prusse , province de Hesse , ch.-l. du district de son nom, à 60 kilom. N.-E. de Fulde, dans une vallée de la Thuringenwald ; 7,000 hab. Importantes salines ; mines de fer ; fabrication d'objets en fer et en acier. Smalkalde est une ancienne ville, entourée de murailles et de fossés ; ses vieilles maisons, bâties pour la plupart en bois, lui donnent un aspect très-pittoresque. On remarque une belle église gothique, un château qui domine la ville et l'hôtel de la Couronne, dans lequel fut signée, le 31 décembre 1530, la fameuse ligue protestante de Smalkalde, à laquelle nous consacrons un article spécial. Vaincue d'abord à Muhlberg, cette ligue finit par imposer à Charles-Quint la convention de Passau, qui aboutit, en 1551, à la paix d'Augsbourg. C'est encore dans cette ville qu'en 1537 se réunirent les théologiens protestants qui adoptèrent les articles de défense proposés par Luther.

• Smalkalde (ligue pis), ligue fameuse conclue en 1530 entre les protestants, pour s'opposer aux vues ambitieuses et à l'intolérance de Charles-Quint. Ce prince avait établi une régence à Nuremberg , pour que les lois fussent exécutées avec plus de vigueur pendant ses fréquentes absences ; mais lorsqu'il eut pu se rendre compte par lui-même, à Augsbourg, de l'inébranlable constance des réformés dans la foi nouvelle, il jugea que cette régence de Nuremberg ne suffirait pas à assurer le maintien de l'empire dans sa maison, et il résolut de la supprimer, mais pour confier son autorité à un roi des Romains, qui serait son frère Ferdinand, roi de Bohême et de Hongrie. Il convoqua donc les électeurs à Cologne, afin de leur demander pour Ferdinand le titre de roi des Romains. Ce projet effraya d'autant plus les protestants que la haine de Ferdinand pour les nouvelles doctrines religieuses était connue, et ils conçurent l'idée de se liguer pour leur défense, encouragés par Luther et les autres théologiens eux-mêmes qui, après avoir contesté aux princes le droit de s'opposer à l'empereur, avaient fini par se ranger à l'opinion des jurisconsultes qui déclaraient la résistance légitime. Au mois de décembre 1530, ils tinrent une assemblée préparatoire à Smalkalde, en' Franeonie,. et ils convinrent d'adresser aux rois de France et d'Angleterre une sorte do manifeste ou d'apologie, espérant gagner les

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souverains a la cause des protestants par la perspective de la diversion que ceux-ci pourraient opérer en faveur d'une puissance qui serait en guerre avec l'empereur. En même temps, l'électeur Jean de Saxe protestait contre l'élection de Ferdinand ; il protestait de par la bulle d'or, qui interdisait d'élire un roi des Romains du vivant de l'empereur. Malgré cette protestation de l'électeur de Saxe et l'opposition des ducs de Bavière, Ferdinand fut nommé le 5 janvier 1531, à Cologne, roi des Romains par les six autres électeurs et couronné le 11 du même mois. Le 27 février suivant, l'électeur de Saxe et son fils, les ducs de Brunswick et Lunebourg, le landgrave de Hesse, le prince Wolfgang d'Anhalt-Cœthen, les comtes Guebhard et Albert de Mansfeld, ainsi que les députés des villes de Strasbourg, Ulm, Constance, Reutlingen, Meromingen, Lindau, Biberaeh, Ysni, Lubeck, Magdebourg et Brème, signèrent ù Smalkalde une confédération qui devait durer six ans, uniquement pour leur défense commune. Georges, margrave de Brandebourg, et les villes de Nuremberg, Keinpten, Heilbronn, Windsheim et W'issembourg refusèrent leur signature ; mais, avant la fin de l'année, les villes d'Essling , Goslar et Einbeck accédèrent à la ligue, qui conclut à Saalfeld, le 24 août 1531, une alliance pour le maintien de la liberté germanique avec la maison de Bavière, laquelle refusait de reconnaître l'élection de Ferdinand. Bans une assemblée de la ligue tenue à Francfort au mois de décembre, l'électeur de Saxe et le landgrave de Hesse eu furent nommés les chefs.

Ainsi se préparait la résistance formidable qui devait faire triompher les droits de la raison et de la liberté de conscience, et saper jusque dans ses fondements le vieil édifice catholique.

SMAI.KIDGE (George), évêque anglais, mort en 1718. Il prit ses degrés en 1700 et fut, de 1708 à 1711, prédicateur ordinaire de Saint-Dunstan, à Londres. En 1714, il fut nommé évêque de Bristol et presque en même temps aumônier de la reine. Il refusa de signer la déclaration de l'archevêque de Cantorbéry et de plusieurs évêques des environs de Londres contre la révolte de 1715 et fut destitué. Michaud traite Smalridge de savant prélat. Le bagage littéraire de cet évêque ne se compose cependant que d'ouvrages de controverse (16S7) , de poésies latines , parmi lesquelles un po6me latin intitulé Audio Davisiana. (188G, in-4»), et de douze sermons (1717, in-8»; 1726, in-4°, et 1727).

SMALT s. m. (smaltt). Chhn. Verre qu'on colore eM bleu par l'oxyde de cobalt, et qu'on pulvérise.

SMALTlNE s. f. (smal-ti-ne — rad. smalt). Miner. Arséniure de cobalt.

— Encycl. La smaltine est une substance métalloïde, d'uu gris d'acier sur une cassure fraîche, mais noircissant promptementà l'air. Elle cristallise dans le système cubique et a une densité de 6,35. Elle se compose d'arséniure de cobalt, avec un peu d'oxydes de fer et de manganèse ; sur le charbon ardent, elle dégage une fumée arsenicale et donne un globule métallique blanc de cobalt; dans les acides, elle donne une solution rosée, qui précipite en verdàtre par le cyanoferrure de potassium. Elle présente des variétés : cristallisée, dendritique, fibreuse, mamelonnée, radiée ou amorphe. Elle sert à colorer en bleu la faïence, la porcelaine, le verre et les émaux ; on en retire le cobalt. On la trouve dans les roches talqueuses et granitiques des Vosges, des Alpes, de l'Isère, des Pyrénées, en Norvège, en Saxe, en Hongrie, etc. Elle accompagne ordinairement le cuivre.

SMA1.Z (Valentin), dit Smalciua, controversiste allemand, né à Gotha en 1572, mort à Racov (Pologne) en 1622. Il fit ses études au collège de sa ville natale, puis il alla perfectionner son éducation dans les principales universités allemandes et, dans une excursion en Pologne, se lia avec Mariano Sozzini, le chef des sociniens. Il suivit ce chef de secte a Racov, où. ils fondèrent une espèce d'université qui acquit un grand renom, qu'elle perdit bientôt ; il accepta ensuite une place de ministre dans cette même ville et y mourut oublié. Ses principaux ouvrages sont : De divinitale Jesu- Chrisli (Racov , l608,in-4°); Defensio anonymi cujusdam (Racov, 1612 , in-8"). Smalz a pris une grande part à la rédaction du fameux. Catéchisme de Racov (Racov, 1605, in-12).

SMARAGDIN, INE adj. (sma-ra-gdaiu, i-ne — du lat. smaragdus , gr. smaragdos, émeraude). Qui est d'un vert d'émeraude : Pierre

SMARAGDlNE.

— s. f. Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des eveliques, tribu des chrysomèles, comprenant six espèces, qui habitent le midi de l'Europe.

SMARAGDITE s. m. (sma-ra-gdi-te — lat. smaragdus, gr. smaragdos, émeraude). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des colibris.

— s. f. Minéral qui, associé au jade, forme l'euphotide.

SMARAGDO-PRASE s. m. (sma-ra-gdopra-ze — du lat. smaragdus, émeraude, et de prose). Miner. Nom donné anciennement à différents minéraux couleur d'émeraude.

SMARDER v. a. ou tr. (smar-dé). Agric.

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Piocher, en parlant de la vigne. Il Mot usité dans le Maçonnais.

SMARGIASSO, fanfaron, dans la comédie italienne. Ce type, purement napolitain, est celui d'un vantard poltron. Son costume date du siècle dernier, mais le personnage lui-même est, sans doute, beaucoup plus ancien. Smargiasso, grand hâbleur, se confond à peu près avec le Vappo napolitain.

SMARIDE s. f. (sma-ri-de — du gr. smaris, espèce de petit poisson). Ichthyol, Syn. de picarel. h On dit aussi smaris s. m.

SMARIDIE s. f. (sma-ri-dî — de smaride, et du gr. eidos, aspect). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acarides, comprenant plusieurs espèces, qui vivent en France. Il On dit aussi smaris.

smaris s. m. (sma-riss). Zool. V. smaride et smaridie s. m.

SMART (Christophe), poète anglais, né à Shepburne, comté de Kent, en 1722, mort en 1770. Il fit ses études à l'université de Cambridge et y obtint, pendant cinq années successives, le prix de Smeaton pour des poeme3 qui avaient pour sujets : VEterriitë, Vlmmensitë, VOmniscience, la Puissance et la Bonté de l'Etre suprême. En 1753, il vint résider à Londres, où il chercha des ressources dans ses travaux littéraires, et passa les dernières années de sa vie dans un état voisin de la démence. Un certain John Hill ayant critiqué ses poésies, il lui répondit par une satire intilulée YBilliade. Smart avait traduit en anglais les Psaumes, Phèdre et Horace et publié en 1752 un petit recueil de ses poésies. Un autre recueil parut en 1791. Elles sont aujourd'hui tombées dans l'oubli. Il avait été l'ami de Garricket de Johnson, et ce dernier écrivit sur lui une esquisse biographique.

SMARTA s. m. (smar-ta). Nom donné à des brahmes indous.

— Encycl. Les brahmes indous, c'est-à-dire les individus de la caste la plus élevée, se distinguent en quatre principales sectes, qui sont : les veiehnavas, les tatouvadys, les outrassas et les smartas. Chacune de ces sectes a ses pontifes différents, sous la juridiction desquels elle vit, et se distingue des autres par les marques que les brahmes se tracent sur le front et sur d'autres parties du corps. Les smartas, ou brahmes smartas, ont sur le front une petite bande formée de trois lignes horizontales et tracée avec une pâte de bois de santal réduit en poudre. Leur sinfiassana, c'est-àdire le lieu de résidence de leur pontife et leur principale université est à Singuéry, dans le nord-ouest du Meissour ou Mysore. Outre les quatre sectes différentes que nous avons nommées et par le nom desquelles on distingue les brahmes, on les divise encore quelquefois en sept branches, qui reconnaissent chacune pour patron un des sept fameux pénitents qui jouent un rôle si important dans la mythologie indoue. Quelques-uns partagent encore la tribu des brahmes en quatre castes, dont chacune est attachée à I'ud des quatre védams , et qui portent alors le nom de brahmes de \'ézow-védam, du sama-védam, du rig-védam et de l'atharoa-védam.

S'MBAL-S'MBAL s. m. (smbal-smbal). Condiment en usage chez les habitants de l'Asie méridionale.

— Encycl. Les s'mbals-s'mbals se composent de deng-deng (viande de buffle coupée en morceaux, salée et séchée au soleil), de poissons salés et séchés vivants au soleil, d'œufs couvés et salés et de hachis de viande parfumé à la rose, au jasmin, au melatti (nyetanthus) ; les autres condiments sont de nature végétale, comme les graines de différentes plantes et les tranches de coco sautées au piment. Tous les s'mbals-s'mbals sont servis en fort petite quantité dans des plats à compartiments, où chacun choisit ceux qui répondent le mieux à son goût ou à ses habitudes. La première fois que ces saveurs étranges frappent un palais européen, elles produisent une douleur réelle, une sensation épouvantable de brûlure qui passe de la bouche à l'estomac et semble toujours augmenter. Ou boit, mais l'eau ne fait qu'activer et répandre par tout le corps l'horrible cuisson ; on pense avoir avalé des charbons ardents, on demande un miroir pour s'assurer si l'on a encore de la peau sur les lèvres et sur la langue. Cependant cette singulière impression se calme peu à peu, et, si on a le courage de renouveler l'expérience, on habitue assez vite ses organes à ces épices accumulées, si bien que la cuisine javanaise, très-propre d'ailleurs à exciter l'appétit, finit par devenir indispensable. Toutefois, si les Européens s'habituent assez rapidement à manger avec leur riz ou leur kari les divers s'mbalss'mbals qui les accompagnent invariablement, il y a d'autres éléments de la cuisine javanaise, les chenilles et les termites par exemple, à l'endroit desquels ils se montrent plus rebelles. Quant aux indigènes, s'ils n'avaient pas de s'mbals-s'mbals pour relever la fade saveur du riz ou du kari, ils trouveraient le régal bien maigre.

SMEATHMAN (Henri), voyageur anglais, mort en 1787. Il fut pendant longtemps secrétaire du collège du commerce de Londres et fit ensuite de grands voyages en Afrique. De retour en Angleterre, ïl écrivit à Joseph

SMEL

Banks une lettre sur les termites ou fourmis blanches. Cette lettre a été insérée dans le tome LXXI des Transactions philosophiques (Londres, 1781) et traduite en français par Cyrille Rigaud (Paris, 1786).

SMEATHMANNIE s. f. (smi-tma-nî — de Smeathmann, savant angl.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de lu famille des passiflûtées, comprenant deux espèces, originaires de Sierra- Lecne.

SMECTIQUE adj. (smè-kti-ke — gr. smêktikos; de smègma, savon). Miner. Se dit de substances dont on se sert pour dégraisser la laine : Argile smkctiqok.

SMECTITE s. f. (smè-kti-te — du gr. smêklis, terre à foulon ; de smêgma, savon). Miner. Nom donné à différentes terres argileuses, il Ancien nom de la stéatite, de la terre ollaire et de diverses marnes.

SMEATON (John), ingénieur anglais , né dans le comté d'York en 1724, mort à Londres en 1792. D'utiles expériences relatives à la mécanique appliquée, et entre autres celles qu'il fit en 1750 sur le rendement des roues hydrauliques, le firent admettre k la Société royale de Londres en 1753. 11 fut chargé de la construction du phare d'Edclystone, à l'entrée du canal de la Manche, de la canalisation de la rivière de Caldar, de la construction du pont de Londres, etc. On a de lui différents mémoires Sur la phys-ique et la mécanique pratique; le plus connu est intitulé : Recherches sur la puissance mécanique de l'eau. Ses rapports à la Société royale formaient un recueil intéressant et utile; on les a réunis et publiés en France en 1812; ils forment 3 vol. in-4<>.

SMEDEBEWO, ville de Servie. V. Semen-

DRIA.

SMEDLEY (Edouard), littérateur anglais, né en 1789, mort en 1S36. Membre du collège de Sidney et nommé par l'èvêque ToinJiue k la prébende de Lincoln, il s'occupa de litté- | rature, collabora à la Penny cyclopmdia et . publia une Histoire de France, une Histoire de la religion réformée en Fiance (5 vol, in-12), un poën.o sur la Prescience et quelques poésies. Au moment de sa mort, ii était directeur de Y Encyclopsdia mctropolitana.

SMEE (Alfred), chirurgien anglais, né vers 1815. Ii devint en 1840 membre du collège des chirurgiens d'Angleterre, puis, plus tard, chirurgien de la Banque d'Angleterre, du dispensaire général de Londres et de l'hôpital ophthalmique central de cette ville. 11 s'adonna d'abord k l'étude des lois du galvanisme, trouva une nouvelle disposition de la batterie électrique, qui est connue dans la science sous le nom de batterie de Smee, et écrivit un ouvrage sur V Electro-métallurgie. 11 s'est occupé ensuite de l'application théorique de l'électricité aux phénomènes de la vie et a exposé ses opinions à co sujet dans un traité a' Electro-biologie. Smee a aussi étudié très-attentivement la maladie des pommes de terre, sur laquelle il a écrit un ouvrage' intitulé : la Pomme de terre, ses usages et ses propriétés. Enfin on lui doit encore, entre autres écrits : Coup d'œil sur la santé et sur la maladie, Accidents et circonstances imprévues, Principes de l'esprit humain, V Instinct et la raison, le Procédé de la pensée appliqué aux mots et au tangage, Leçons sur l'éieclro-métallurgie, Leçons sur l'esprit humain aux différentes périodes de la vie, etc. M. Smee est depuis 1841 membre de la Société royale de Londres.

SMEGMA s. m. (smè-gma — du gr. smêgma, savon, dérivé de smichô, je nettoie). Anat. Matière blanche, d'apparence savonneuse, qui s'accumule dans les replis des organes génitaux.

SMEGMADERMOS s. m. (smè-gma-dèrinoss — du gr. smêgma, savon ; derma, peau). Bot. Syn. de quillaia, genre de rosacées.

SMÉIA s. ta. (siné-ia). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des clythraires, dont l'espèce type habite la Cafrerie.

SMELL1E (William) , médecin-accoucheur anglais du xvino siècle, né vers 1698, mort vers 1772. Il pratiqua d'abord dans une \ille de province, et la grande réputation que lui valurent se? succès le lit mander k Londres, où il se fixa et se créa une nombreuse clientèle. Les occupations de sa pratique ne l'empêchèrent pas de se livrer a l'enseignement; il fit un grand nombre de cours et forma une foule d'élève."!. Il rédigeait avec soin les faits qui se présentaient à son observation; aussi nous a-t-ii lègue un des recueil* de ce genre les plus importants que la science possède. On lui doit un des premiers et des meilleurs forceps qui existent parmi tous ceux qu'on a imaginés juseu'à nos jours. Smellie fit pour l'Angleterre ce que Levret faisait pour la France à la même époque; il systématisa les principes de la science et précisa les règles île l'art des accouchements. Les principaux ouvrages de ce savant sont : A set of anatomical tables, ioith exploitations, and an abridgment of the practice ofmidioifery (Londres, 1754-1761, 2 vol. in-fol.) ; A treatise on the theory and practice of midwifery (Dublin, "764, 3 vol. in-12). Les ouvrages de Smellie ont été traduits en français par Préville sous ce titre : Traité de la théorie et de la prati-

SMBR

que des accouchements (Paris, 1770, 4 vol. în-8», nvec fig\).

SMÉLOWSKIE s. f. (smé-lou-skt — de Smelowski, nom pr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des sisymbriées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Asie centrale.

SMEBD1S s. m. (smèr-diss). Ichthyol.

Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des percoïdes, comprenant six espèces fossiles des terrains tertiaires : Le smerdis ventral a été trouvé dans les carrières de Montmartre. (E. Baudement.)

— Crust. Syn. d'ÉRicHTHK.

SMERDIS (le faux), mage persan qui usurpa la couronne de Perse pendant l'expédition de Cambyse en Egypte (522 av. J.-C), en se donnant pour Smerdis, le frère même du conquérant, qui avait été secrètement assassiné et à qui il ressemblait beaucoup. Cambyse se disposait k se rernire a Suse pour punir l'usurpateur, lorsqu'il mourut d'une blessure. Smerdis signala son gouvernement par des bienfaits; mais, au bout do sept mois (52l), il succomba par suite du complot de sept seigneurs persans, qui donnèrent la couronne à Darius, Tous les mages furent massacrés en même temps que le faux Smerdis, et la commémoration de ce massacre devint la première fête nationale (v. maGOphoNiu). Cette usurpation était une tentative de restauralion des Mèdes, et les peuples de l'Asie pleurèrent la mort du faux Smerdis, ennemi de la tribu conquérante des Perses.

SMÉRINTHE s. m. (smé-rain-te — du gr.

smêrinthos ou mérinlhos, petite corde ; de mêruô, lier). Entom. Genre d'insectes lépidoptères crépusculaires, de la tribu des sphingides, formé aux dépens des sphinx, et comprenant plusieurs espèces, dont quatre vivent en Europe.

— Encycl. Les smérinthes sont caractérisés par des antennes flexueuses, peu renflées au milieu, fortement dentées ou crénelées, surtout chez les mâles; la tète petite et enfoncée dans le corselet; le chaperon et les yeux petits et peu saillants; les palpes sont trèscourtes et arrondies; la trompe rudimentaire ou presque nulle; le corselet arrondi et velu; l'abdomen cylindro-conique, à extrémité relevée chez les mâles; les ailes dentées, les ailes antérieures en forme de faux. Les chenilles sont cylindriques, atténuées en avant, rugueuses ou chagrinées et rayées obliquement de chaque côté du corps. Les chrysalides sont cylindre-coniques, avec une pointe anale simple. Ces lépidoptères ressemblent beaucoup aux sphinx proprement dits et leurs métamorphoses sont à peu près les mêmes ; ils en diffèrent toutefois en ce que leurs ailes inférieures sont dépourvues de crochets et débordent les ailes supérieures dans le repos.

Les smérinthes, que leur aspect extérieur a fait appeler sphinx-bourdons, sont des insectes lourds et paresseux; ils volent après le coucher du soleil ; à l'état de repos, leurs ailes sont dans une position horizontale. Les chenilles, qui ont la tète triangulaire et une corne à la partie postérieure du corps, vivent à découvert sur les végétaux et s'enfoncent en terre pour se métamorphoser, sans tiler de cocon. Par leur organisation et leurs mœurs, ees lépidoptères furment le passage des crépusculaires aux nocturnes. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses et l'Europe n'en possède que cinq.

Le smérinthe du tilleul a environ 0">,07 d'envergure; ses ailes sont anguleuses et découpées ; les ailes antérieures d'un gris verdâtre, avec des taches brunes sur le milieu et le bord externe d'une teinte verte plus prononcée ; les ailes inférieures d'un fauve verdàtre ; la tête verte ; le corselet gris, avec trois raies verdâtres ; l'abdomen gris, lavé do vert. Il présente quelques variétés dans les nuances. La chenille est chagrinée, verte, avec sept lignes obliques blanchâtres et les stigmates orangés. Elle vit sur le tilleul, l'orme, le marronnier d'Inde, le châtaignier ; mais on la trouve principalement sur l'orme, depuis la mi- août jusqu'à la lin de septembre. Le papillon ne donne qu'une fois par an ; mais on le rencontre durant les deux mois de mai et de juin. 11 est très-répandu dans toute l'Europe, où règne une douce température ; c'est une des espèces les plus communes aux environs et à l'intérieur de Paris ;ou en trouve tous les ans un grand nombre sur les arbres des boulevards.

Le smérinthe ocellé, vulgairement nommé demi-paon, «environ 0m, 08 d'envergure; les ailes anguleuses, les ailes supérieures brunes, les ailes inférieures rouge foncé, avec une tache ou oeil noir, à iris bleu; le corps grisâtre, l'abdomen brun, avec des bandes rouges en dessous. La chenille est rugueuse et chagrinée, verte sur le dos, vert bleuâtre sur les tluncs, avec sept lignes obliques blanches et la corne caudale bleue. Elle vit sur les saules, les peupliers et quelques arbres fruitiers de la famille des rosacées. Elle u pris d'ordinaire tout son accroissement à la lin d'août, quelquefois plus tôt, et s'enfonce dans le sol pour se transformer en chrysalide. Celles qui vivent Sur les vieux saules ne prennent pas la peine de descendre jusqu'à terre pour cela ; elles se métamorphosent en chrysalides dans le terreau ou dans les détritus dont la tête de ces arbres est presque toujours remplie.

SMID

La chrysalide passe l'hiver; le papillon n'en sort qu'à la fin d'avril et se trouve en mai et juin. Néanmoins, quelques individus précoces éclosent dès le mois de septembre. Ce papillon se trouve dans une grande partie de l'Europe et est assez commun aux environs de Paris.

Le smérinthe du peuplier est k peu près de la taille du précédent; ses ailes sont d'un gris brun ou roussâtre, avec quelques raies plus foncées. La chenille est rugueuse, verte et tachée de jaune. Elle vit sur les peupliers, les saules et les bouleaux. On la trouve depuis juillet jusqu'en octobre. Le papillon parait deux fois dans le courant de l'année, nu pYintemps et vers la fin de l'été. Cette espèce est répandue dans toute l'Europe, mais surtout dans le Nerd. Le smérinthe du tremble, qui lui ressemble beaucoup, n'a jusqu'à présent été trouvé qu'en Russie.

Le smérinthe du chêne aies ailes supérieures d'un gris cendré et les ailes inférieures chamois. La chenille est d'un vert très-clair, blanchâtre sur le dos, avec sept raies obliques d'un vert foncé. Cette espèce habite surtout le midi de la France, où elle vit exclusivement sur le chêne vert. On la trouve également en Autriche et en Hongrie, sur les chênes ordinaires. On la rencontre en août et septembre. Elle passe k l'état de chrysalide dans la terre, sous la mousse, et donne son papillon au mois de mai suivant.

S M ET (Joseph-Jean de), littérateur belge, né à Gand en 1794. Ajirès avoir professé au grand séminaire de Gand et au collège d'Alost, il reçut lu prêtrise. Par la suite, il entra dans la Société de Jésus, fut nommé chanoine pénitencier de Saint-Bavon, à Gand, et devint membre de l'Académie de Belgique. Outre de nombreux articles et mémoires publiés dans les Bulletins de l'Académie de Belgique, la Biographie nationale, etc., on lui doit plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Histoire de Belgique (1822, 2 vol.) ; Géographie nouvelle (1824, 2 vol.); Coup d'œil sur l'histoire ecclésiastique pendant les premières années du xtx° siècle (1836, in-8°); Recueil des chroniques de Flandre (1841, 2 vol. in-4°) ; Examen critique de plusieurs monuments historiques (1842, in-8°); Mémoire sur la guerre de Zélande (1845) ; Mission de iOrégon et voyage aux montagnes Rocheuses (1848, in-12); Institutiones oratorix (1849); Recueil de mémoires et de notices historiques (1804-1805, 2 vol. in-8°), etc. — Un parent du précédent, M. Eugène de Smkt, né en 1794, fut élu en 1830 membre du congres national. Depuis cette époque jusqu'en 1857, il a presque constamment fait partie de la Chambre des députés belges, où il a siégé dans les rangs du parti clérical.

SMETIUS (Jaan Smith van der Kettsn, plus connu sous le nom de), antiquaire hollandais, né vers la fin du xvie siècle, mort k Nimègue en 1B51. Il étudia sous Pontanus, voyagea en France et fut pasteur protestant et professeur de philosophie à Nimègue. Il forma un cabinet d'antiquités fort curieux et qui a été acquis plus tard pur l'électeur Jean- Guillaume pour 20,000 florins. On a de Smetius : Thésaurus antiquarius seu Srnetianus, sine notitia etegantissim& supetlectilis Romans et rarissims pinacolhecze , etc. (Amsterdam, 1658, in-12); Anliquitates Noviomagenses, sive notitia rarissimarum rertim antiquarum quas in vetere Batavorum oppido comparaverunt J. Smeiius pater et filins (Nimègue, 1678, in-40, avec 5 pi.).

SMET1US (Jean), fils du précédent, théologien hollandais, né k Nimègue vers 1630, mort à Amsterdam en 1710. On à de lui une explication de ÏJicclésiaste, en hollandais, et plusieurs ouvrages théologiques dans la même langue, cités par Paquot dans ses Mémoires (t. III, p. 53 de l'édition in-fol.).

SMETS (Philippe-Charles-Joseph), écrivain allemand, né à llevel en 1796, mort en 1S4S. Il était fils de Jean Smets et de la célèbre Sophie Schrœder. Après la mort de son père (1812), il étudia k Bonn et s'engagea comme volontaire dans les armées alliées lors de la guerre contre la France. Il fut ensuite pendant quelque temps, d'après les conseils de sa mère, acteur sur la scène de Vienne, puis il devint professeur de langue française k l'école militaire et au gymnase de Coblentz. Changeant une fois encore de métier, il étudia la théologie, se lit prêtre et devint, en 1842, chanoine à Aix-la-Chapelle. Il a publie, Sous son nom ou sous des pseudonymes (Lem

von Prug, Tbeobjtld et Justu» Walter), UU

grand nombre d'ouvrages en prose et eu vers, parmi lesquels nous citerons : Poelisehe fragmente (Cologne, 1808); lilutbraut, tragédie (Cologne, 1808); Hiéroglyphe» fur Uarz und Oeist (Cologne, 1812); Gedichte (Aix-la-Chapelle, 1314); Kurze Gedichte der Pâpste (Cologne, 1829); Neue Gedichte (Bonn, 1831); Sâutsutliche Gedichte (Stuttgard, 18*0), etc.

SM1CBONYX s. m. (smi-kro-niks — du gr. smikros , petit; onux , ongle). Entom. (ienre d'insectes coléoptères tétramères de la famille des charançons, tribudes érirhinides, comprenant sept espèces, presque toutes européennes.

SMIDS (Ludolphe), poBte hollandais, né à Groningue en 1649, mort k Amsterdam en 1720. Il étudia la médecine à Leyde et la pratiqua longtemps à Amsterdam. Né catholique, il se convertit *,u protestantisme en

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