‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 463 sur 1059 · SM1G · texte numérisé non relu

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1684. On a de lui dos tragédies dont, do nos jours, une seule, intitulée Conradin,eat quelquefois représentée sur la scène, et deux ouvrages en prose, une Chronique des guerres de son temps et un Cabinet des antiquités hollandaises. 11 a annoté la traduction hollandaise des œuvres d'Ovide par Abraham Valentyn (Amsterdam, 1720, 3 voi. in-4°, ave i grav.).'

SMIDT (Jean-Henri), homme d'Etat allemand, né à Brème en 1773, mort en 1857. 11 étudia la théologie à Iéna, se lia dans cette ville avec les hommes remarquables qui s'y trouvaient réunis k cette époque, notamment avec Fichto, et revint plus tard dans sa ville natale, où ses talents et son instruction étendue lui assurèrent une brillante carrière. D'abord professeur d'histoire au Cymnasium illustre, il ne tarda pas k être élu, malgré sa jeunesse, syndic des Anciens et devint, en 1800, président du conseil. En cette qualité, il exerça la plus grande influence sur le sort des villes hauséatiques et sur leur vie commerciale. La ville de Brème lui dut, en 1803, l'agrandissement de son territoire et plus tard la suppression de la douane d'Elsfleth. Après la bataille de Leipzig il sut, en qualité de représentant diplomatique de Brème, sauvegarder l'indépendance des villes hanséatiques et les faire admettre dans la Confédération germanique. 11 prit aussi, en la même qualité, une part active aux négociations qui, en 1820, établirent la franchise du Wéser. Partageantson temps entre Francfort et Brème, il donna un nouvel essor au commerce de sa ville natale, conclut à cet effet plusieurs traités avec les autres Etats de l'Europe, amena l'Angleterre, les Etats- Unis, le Brésil, etc., k considérer les villes hanséatiques comme les ports nationaux d'exportation de la Confédération germanique et enfin provoqua et dirigea toutes les entreprises et toutes les créations qui eurent pour résultat la situation aujourd'hui si florissante de Brème. La plus importante de ces créations fut celle de Bremerhaven, à l'embouchure du Wéser, qui donna k co fleuve allemand le premier port capable de satisfaire aux exigences de la navigation et du commerce modernes. SmiJt réussit k obtenir, en 1827, de la couronne de Hanovre, la cession à la ville de Brème du terrain nécessaire k l'établissement de ce port et décida ses concitoyens à fournir les sommes considérables qu'exigeait la construction de docks immenses ; mais ce ne fut pas sans avoir à lutter contre une vive opposition de la part de ceux qui traitaient de chimère l'importance future du commerce allemand. En 1821, il était devenu bourgmestre de Brème, et il conserva ses hautes tonctions jusqu'à sa mort, sauf pendant la courte période démocratique de 1849 k 1852. Il avait en outre reçu, en 1831, de l'université d'Iéna, le titre de docteur en droit.

SMIDT (Henri), romancier allemand, mort en 1867 à Berlin, où il était architecte du ministère de la guerre. Il s'est fait connaître en iittérature par un grand nombre de romans maritimes, qui lui ont valu le surnom Aq Moi-rjai allemand. Il avait d'abord servi dans la marine, et, pendant ses longs voyages sur mer, il avait eu occasion d'observer des scènes de la vie des matelots, qu'il a su reproduira avec une fidélité qui n'exclut ni l'intérêt ni le talent de la narration. C'est un véritable peintre, qui décrit simplement ce qu'il a vu. Faimi ses ouvrages les plus remarquables dans ce genre, il faut citer en première ligne les deux romans suivants: Michel de Ruyter (1846, 4 vol.) et Berlin et l'Afrique occidentale (1847, 6 vol.).

SMIDTIE s. f. (smi-dtl — de Smidt, entomologiste anglais). Entom. Genre d'insectes diptères myodaires, de la tribu des entomobies, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Europe.

SMIG1ELSKA (Joséphine), femme de lettres polonaise, née vers 1825. Elle fut élevée k l'Institut d'Alexandre, à Pulawy, et débuta dans la littérature par une comédie intitulée : Un grand seigneur de vieille date, qui fut représentée k Varsovie avec -succès en 1846. Elle aborda ensuite le roman et ne réussit pas moins en ce genre. Elle a épousé, en 1865, le docteur Dobieszewski, mais elle a continué à écrire sous son nom de jeune fille. On a encore d'elle: Huit portraits dans un seul cadre (1847, roman plein de vivacité et de naturel ; Succession et travail (1853, 2 vol.) ; Distractions agréables et utiles (1856 et années suiv., 6 vol.); Distractions intellectuelle», etc. Elle édite en outre, depuis 1861, avec Mmo Borkowska, le Rouet domestique, et elle a fourni un grand nombre d'articles au Journal de Varsovie et k lu Gazette quotidienne de la même ville.

SHIGLECKI (Martin), théologien polonais, né à Lemberg en 1572, mort en 1619. Entré k dix-neuf ans dans l'ordre des jésuites, il alla terminer ses études k Rome et, de retour dans sa patrie, il professa pendant quatorze ans la philosophie et la théologie dans différents collèges de sa congrégation. Il fut l'un des adversaires les plus ardents des sociniens et joua un rôle important dans l'histoire des polémiques religieuses de son époque. On a de lui, entre autres écrits: De l'éternelle divinité du Fils de Dieu (Wilna, 1595) ; De Zacharim prophetx pro Christi diviuitata

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ilhistri testimonio adversus Fausti Sociiii anabaplislx cavillationes (Wilna, 1590); le Synode de Brzesc, sous la présidence de Michel Jlahoza, métropolitain de Kiev (Cracovie, 1597) j D'une seule tête visible de l'Eglise de Dieu (1600); De l'usure et des exactions, des rentes, etc. (1004; 7e édit., 1640); Logica (Ingolstadt, 1618, 2 vol.), ouvrage qui a valu à l'auteur les éloges des critiques étrangers les plus autorisés, ceux de Rapin en particulier ; liefutatio Epicheremalis ministvorum evangeticorum (1612) ; Nova monstra novi arianismi (1612) ; De erroribus nouorum arianorum (1615) ; Nodus gordius,seudevocatione ministrorum (Cracovie, 1609), écrit qui produisit une vive agitation parmi les sociniens polonais et étrangers et qui fut l'objet d'un grand nombre de réponses, auxquelles Sraiglecki répondit à son tour ; De baptismo (1615); De ordinatione saeerdotum in Ecclesia romana (t615), etc.

SMIGURST, divinité infernale de la mythologie slave, suivante de Nija, la Proserpine slave. Elle présidait particulièrement aux eaux minérales, qu'elle conduisait à la surface de la terre pour»soulager les souffrances des humains, en particulier de ceux qui n'étaient pas malades par leur propre faute. Sa fête se célébrait à la même époque que celle de Nija, à grand renfort de coups de verges et d'aspersions d'eau.

SMILACE s. m, (smi-la-se). Bot. Syn. de

• smilax: Ce sont des smilaces qui fournissent

un médicament très- fréquemment employé, la

salsepareille. (P. Duchartre.) Le smilace rude

vient très-beau en Corse. (T. de Berneaud.)

SMILACÉ, ÉE adj. (sini-la-sé — rad. smilax). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au smilax.

— s. f. pi. Famille de plantes monoeotylédones, ayant pour type le genre smilax : Les smilacées croissent principalement dans les contrées extratropicales. (P. Duehartre.) Les smilacées ont d'étroites analogies avec les asparaginées et les asphodélées. (F. Hœfor.)

— Encycl. La famille des smilacées renferme des plantes vivaees et des sous-arbrisseaux à rhizome rampant. Leurs tiges, dressées ou grimpantes, portent des feuilles alternes ou verticillées, nervées, entières, généralement grandes, rarement réduites à des écailles. Les fleurs, régulières, hermaphrodites ou unisexuées, tantôt solitaires, tantôt réunies en grappes ou en fascicules, presque toujours à pédoncules articulés et munis de bractées, présentent un périantho àsixdivisions, rarement plus ou moins, alternant sur deux rangs, les extérieures d'un tissu plus consistant; des étainines égales en nombre et opposées aux divisions du périanthe, à filets libres, plus rarement monadelphes ; un ovaire libre, à trois loges ordinairement pluriovulées, surmonté d'un nombre égal de styleslibres ou plus souvent soudés en un seul corps et terminés chacun par un stigmate. Le fruit est une baie, ordinairement à trois loges, rarement plus ou moins, contenant chacune une ou plusieurs graines presque globuleuses, a tégument mince et membraneux, à embryon petit, entouré d'un albumen charnu, cartilagineux ou corné.

Cette famille, qui a beaucoup d'affinités avec les liliacées, comprend les genres suivants, groupés en deux tribus. I. Convaltariées : drymophile, streptope, prosarte, polygonate, muguet, smilacine, smilax, ripogone, luzuriaga, callixène, fragon, danaïde. — II. Paridées: parisette, trillie, inédéole. Les smilacées croissent principalement dans les zones tempérées et surtout en Amérique. Elles sont assez remarquables par leurs propriétés médicales, et les convallariées sont surtout utiles sous ce rapport ; les paridées ont, au contraire, des propriétés assez énergiques pour que la plupart soient rangées parmi les poisons narcotico-àcres. Cette famille renferme beaucoup de plantes, d'ornement.

SMILACINE s. f. (smi-la-si-ne — rad. smilax). Chim. Alcali découvert dans la moelle de la salsepareille.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des smilacées, formé aux dépens des couvallaires, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées et les régions froides de 1 hémisphère nord.

SMILACINE, ÉE adj. (smi-la-si-né). Bot.

Syn. de smilacÉ.

SMILACITE s. m. (smi-la-si-te — rad. smilax). Bot. Genre de végétaux fossiles, analogue aux smilax, et connu par des empreintes trouvées dans les marnes tertiaires du midi de la France.

SMILAX s. m. (smi-laks — nom grec de l'if). Entom. Genre d'insectes coléoptères peiiiamères, de la famille des braehèlytres, dont l'espèce type habile le Brésil et la Guyane.

— Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, type de la famille des smilacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées et les régions chaudes des deux hémisphères : Les anciens ont connu le smilax. (F. Hœfer.)

— Encycl. Bot. Les smilax sont des arbustes a racines fibreuses ou tubéreuses, à tiges sarmemeuses, grimpantes, souvent munies d'épines ou d aiguillons, portant des feuilles

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alternes, oblongues, cordiformes à la base, entières ou dentées, épineuses ou inermes, à pétioles ordinairement accompagnés de vrilles opposées et préhensiles. Les fleurs , dioïques, le plus souvent groupées en corymbes axillaires, présentent un périanthe campanule, étalé, à six divisions; six étamines; un ovaire libre, à trois loges, surmonté d'un nombre égal de styles et de stigmates ; le fruit est une baie à trois loges, dont chacune renferme une ou deux graines globuleuses. Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, dont la plupart sont exotiques. Deux ou trois seulement se trouvent dans le midi de l'Europe; quelques-unes sont cultivées dans les jardins, comme objets de curiosité plutôt que d'ornement.

Le smilax rude, vulgairement nommé liseron épineux, liset, salsepareille d'Europe, etc., est un arbuste grimpant, très-épineux, à tiges dures, sèches, rameuses, portant des feuilles cordiformes, ovales ou lancéolées, coriaces, épineuses, et des fleurs blanc verdâtre, petites, odorantes ; les individus femelles produisent des baies globuleuses, rouges, brunes ou noirâtres. Cet arbuste habite les contrées méridionales de l'Europe; il croit dans les lieux arides, les buissons, sur les rochers, le long des rivages de la mer, etc.; il fleurit en automne et ses fruits ne mûrissent que beaucoup plus tard. Il forme des buissons touffus, ce qui le rend éminemment propre à faire des haies défensives. Sa racine est sudorifique et remplace quelquefois celle de la salsepareille ; mais, comme ses propriétés sont bien moins énergiques, il en iaut une dose beaucoup plus forte. On cultive quelquefois cette plante dans les jardins ; elle est rustique, et ses feuilles d'un beau vert, maculées de blanc, lui donnent un aspect assez agréable.

Le smilax de Mauritanie se distingue du précédent par ses tiges plus élevées, ses feuilles moins coriaces et moins épineuses, ses baies rouges ou jaunes. Il habite surtout, comme l'indique son nom, le nord de l'Afrique ; mais on le trouve aussi en Provence et en Corse; il croît dans les lieux arides et sur les rochers. Ses propriétés médicales sont un peu plus énergiques que celles du précédent. Nous citerons, parmi les espèces exotiques, le smilax tamnoïde, qui croit à la Caroline et dont on mange les jeunes pousses au printemps ; le smilax réglisse de la Nouvelle- Galles, dont les feuilles se prennent en infusion sous le nom de thé doux; le smilax faussesquine de l'Amérique du Nord, dont on utilise les ti";es et les rameaux pour faire des ouvrages de vannerie ; enfin la salsepareille et la squine. V. ces mots.

SMILES (Samuel), écrivain anglais, né à Haddington (Ecosse) en 1816. 11 étudia la médecine et exerça pendant quelque temps la profession de médecin chirurgien à Leeds. M, Smiles obtint ensuite un emploi dans un chemin de fer et écrivit des articles dans les journaux. Il a fondé sa réputation par la publication, en 1858, d'un ouvrage philosophique, intitulé Self-help (il faut s'aider soimême), qui a été traduit en français sous le titre de Self-help ou Caractère, conduite et persévérance (1865, in- 12), par M. Al. Talandier. Dans ce livre, si populaire déjà qu'il n'existe peut-être pas dans la Grande-Bretagne une seule bibliothèque communale qui ne le possède, M. Smiles se montre chaud partisan de ceux qui croient que ni les lois, ni les institutions de l'Etat, ni les écoles, ni les livres ne peuvent élever le niveau d'une société sans le concours libre et persévérant des individus. Les gouvernements n'ont à ses yeux qu'une valeur négative et restrictive ; c'est à l'homme de penser et d'agir par lui-même. Ceux qui tournent leurs regards vers l'Ftat pour lui demander le bienêtre, la lumière morale et en quelque sorte le chemin de l'avenir, invoquent avec une stupide idolâtrie une force qui reçoit an contraire l'impulsion de la souveraineté individuelle. La providence des nations ne réside point dans ceux qui les gouvernent; elle est dans la volonté de chacun. Mais ces principes, justes en eux-mêmes, peuvent, par l'exagération, conduire à l'indifférence politique. « La manière dont un homme est gouverné, dit M. Smiles, peut ne pas avoir une trèsgrande importance. » C'est là une erreur évidente ; car, de tout temps, le despotisme a produit l'abaissement des caractères. Il est des institutions politiques qui, impuissantes à créer, ont le triste privilège de détruire, et ce qu'elles détruisent chez l'homme, ce sont justement ces forces de l'ame, ces viriles initiatives du sentiment personnel, que Smiles considère avec raison comme les éléments les plus actifs du progrès. Le Self-help enseigne à chaque page la philosophie des petites choses, les avantages de l'économie et la valeur du temps. L'auteur, pour tous ces motifs, attache une grande importance à la biographie des inventeurs. L'homme qui invente ne rend pas seulement, par sa découverte, un service à l'humanité; il laisse un exemple. De même que les Vies des grands hommes de Plutarque ont donné naissance à de grands hommes, de même la lecture des biographies des hommes utiles fera naître des hommes utiles. » Une grande sagesse, qu'on pourrait appeler la splendeur du bon sens, comme Platon définissait le beau la splendeur du vrai, dit M. Esquiros, tel est le

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caractère qui distingue surtout le livre de M. Smiles, si populaire chez nos voisins, et qui répond admirablement aux idées de la famille anglo-saxonne. » En effet, nul ne peut aider celui qui ne s'aide point lui-même. Pour quiconque, au contraire, se cherche et s'appuie sur ses propres forces, la moindre circonstance peut faire jaillir l'étincelle qui est la révélation du talent,

SMILIE s. f. (smi-lî — du gr. smilion, petit ciseau de sculpteur). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la tribu des membracides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Amérique : Les smilies ont leur prothorax en lame tranchante. (Blanchard.)

SMILLAGE s. m. (smi-lla-je ; Il mil. — rad. smilte). Travail de dégrossissage qu'on fait subir aux moellons et aux pierres meulières.

— Encycl. Le smillage se fait au moyen de la grosse hachette ou de la laye ; il consiste à dégrossir les moellons bruts et à régulariser leurs formes, en les taillant de manière que leurs joints soient plus ou moins pleins, et leurs lits à peu près parallèles entre eux et d'équerre avec le parement, lequel doit être taillé assez proprement. Les moellons smillés sont employés à la construction des parements de murs ou de voûtes qui doivent rester apparents, et que l'on rejointoie seulement. Dans une journée de six heures, un ouvrier peut smiller environ 300 moellons do pierre dure, présentant une surface totale de 12 mètres carrés; lorsque la pierre est tendre, la quantité de moellons s'élève à 500 et la surface a 19 mètres carrés. Le smillage des moellons entraîne un déchet qui varie par mètre cube de l/ioà 1/5. Lorsque la meulière n'est pas très-dure, un ouvrier peut en smiller 170 blocs, pouvant faire 5 mètres à 5"n,5 carrés de parement; si, au contraire, la meulière est dure et caillasseuse, ce travail se réduit à 90 blocs au plus, pouvant faire de 3"n,25 à 3™,50 carrés de parement. Le déchet occasionné par le smillage de la meulière varie de 1/ 10 à 1/3, suivant la forme plus ou moins régulière des matériaux bruts.

SMILLE s. f. (smi-lle; Il mil. — du gr. smilê, ciseau de sculpteur). Techn. Marteau avec lequel les maçons piquent le moellon et le grès.

SMILLER v. a. ou tr. (smi-llé ; Il mil. — rad. smille). Techn. Piquer avec la smille : Smiller le moellon.

SMILODON s. m. (smi-lo-don — du gr.

smilê, ciseau de sculpteur; odous, dent). Mamm. Syn. de sténodon,

SMINTHE s. m. (smain-te — du gr. sminthos, rat). Mamm. Genre de mammifères rongeurs, du groupe des rats.

SMINTHURE s. m. (smain-tu-re — du gr.

sminthos, rat; aura, queue). Entom. Genre d'insectes aptères, de l'ordre des thysanoures, famille des podurelles, formé aux dépens des podures, et comprenant une douzaine d'espèces, qui vivent en France, en Irlande et en Suisse : Les sminthures vivent sur tes feuilles des arbres ou à terre, quelquefois dans l'eau. (H. Lucas.)

— Encycl. Les sminthures sont caractérisés par un corps ovoïde ou globuleux; la tête inclinée; les antennes coudées au milieu; le thorax et l'abdomen confondus en une seule masse ; les jambes longues et grêles ; la queue de longueur moyenne. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent surtout l'Europe occidentale. Elles vivent, les unes sur les feuilles des arbres, les autres à terré, quelques-unes sur l'eau. Toutes sautent avec une extrême agilité. Le sminlhure croisé ne dépasse guère 0»i,001 de longueur ; sa forme est globuleuse, et ses antennes égalent la longueur du corps; sa couleur est d'un brun verdâtre un peu luisant, avec des taches fauves ou bruu clair; très-commun dans toute la France, il sa trouve surtout sous les pierres humides. Le sminlhure vert est moitié plus petit; sa couleur est d'un vert clair mat, avec la tête jaunâtre et les yeux noirs. On le trouve sur les écorces.

SMINTHURIDE adj. (smain-tu-ri-de — de sminlhure, et du gr. idea, forme). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au sinimhure.

— s. in. pi. Groupe d'insectes thysanoures, ayant pour type le genre sminlhure.

SMIilKE (sir Robert), architecte anglais, né à Londres en 1780, mort dans la même ville en 1867. Fils d'un peintre de mérite, il reçut une éducation très-soignée et s'occupa surtout d'archéologie architectonique. On lui doit cependant quelques monuments intéressants, entre autres le Britisk Muséum, dont la première pierre fut posée eu 1823 ; V Hôtel des Postes {New-Post Office), commencé en 1829. La construction de ces deux édifices, dont le côté utilitaire est très-appréciê des spécialistes et dont le bon guùt est remarqué des artistes, valut à l'auteur une certaine vogue, durant laquelle il fit bâtir sur ses dessins un assez grand nombre d'hôtels habités par les gravds noms de la gentry anglaise. L'Académie des beaux-arts lui ouvrit ses portes en 1832. A la même époque et pour les mêmes moùfs, il fut anobli. Depuis lors, il se livra spécialement à ses études archéologiques. Après de longues excursions il a, à son retour à Londres, publié un ouvrage trèsestimé : Spécimens of continental architecture,

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qui renferme une foule de dessins, dont quelques-uns sont fort remarquables.

SMIRKE (Sidney), architecte anglais, fils du précédent. Il a construit en style gothique moderne plusieurs hôtels particuliers à Londres, le club Carlton, le Temple, etc., et a été nommé, en 1847, membre associé de l'Académie royale. A l'Exposition universelle de 1855, à Paris, il. Smiike a envoyé les dessins à' Un salon de lecture, pour le Musée britannique. Ce travail consciencieux et correct n'avait rien de saillant et ne pouvait en aucune façon entrer en comparaison avec les magnifiques dessins d'architecture que l'on admirait à cette exhibition célèbre.

■ SMIRRING s. m. (smi-raingh). Ornith. Un des noms de la poule sultane rousse.

SMITH (Thomas), érudit anglais, né à Suffren-Waiden (comté d'Essex) en 1514, mort à Mount-Hall en 1577. Il fit ses études à Cambridge et fut nommé, en 1535, professeur de grec à l'université. Pour augmenter ses connaissances, il visita la France, l'Italie et se fit recevoir, à Padoue, docteur en droit, science qu'il fut chargé d'enseigner à son retour à Cambridge en 1542. En 1547, il quitta l'enseignement, devint, par l'entremise du duc de Somerset, intendant des mines d'étain, chevalier, secrétaire d'Etat, ambassadeur auprès de l'empereur d'Allemagne. Sous Marie Tudor, il perdit ses emplois; mais Elisabeth le tira de sa retraite pour utiliser ses talents diplomatiques et le nomma conseiller privé, puis chevalier de l'ordre de la Jarretière. On doit à Thomas Smith : De recta et emendata lingual grxex pronuntintione (Paris, 1568, in-4») ; De republica Anglorum (Londres, 1583, in-4°).

SMITH ou SMYTHE (Jean), voyageur et homme d'Etat anglais du xvi« siècle. Il se rendit en France sous le règne d'Edouard VI,' pour y suivre quelques négociations, et entra successivement au service de plusieurs princes étrangers. Lors de l'insurrection des Pays-Bas contre Philippe II en 1576, Smith fut envoyé en Espagne par Elisabeth, pour intercéder au nom de l'Angleterre auprès de la cour de Madrid en faveur des insurgés. Smith vivait encoreen 1596. On ade lui: Discours sur les formes et les effets de différentes armes, etc. (Londres, 1589; réimpr. en 1590, in-4<>); Certaines instructions, observations et ordres militaires, etc. (Londres, 1594-1595, in-4°). On y a ajouté des Instructions pour les enrôlements et les recrues. Il existe deux manuscrits relatifs aux négociations de Jean Smith en Espagne, dont un se trouve dans la bibliothèque de Lambeth.

SMITH (Richard), théologien anglais, né dans le Lincolnshire en 1566, mort en 1655. Il fit ses études à Oxford, alla ensuite étudier la théologie à Rome, puis professa à Valladolid et à Douai. Nommé, après son retour en Angleterre en 1624, évêque de Chalcédoine, il fut, lorsqu'il voulut appliquer le décret de Pie V concernant la soumission des réguliers à. la juridiction épiscopale, en butte aux atta-

âues desjésuitesetdes bénédictins, et, sur les énonciations calomnieuses de ces derniers, le gouvernement anglais proscrivit Smith, qui se réfugia en France, où Richelieu lui donna l'abbaye de Charroux. Mais Mazarin, circonvenu par les ennemis du prélat, le dépouilla de ce bénéfice. Smith, réduit a la plus extrême misère, dut accepter un asile chez les bénédictines anglaises. Ses principaux ouvrages sont : Balance de la religion (1609) ; lireviset necessariadeclaraliojuris episcopalii (Calais, 1631); Traité de la distinction entre tes articles fondamentaux et non fondamentaux de la loi (1645, in-8°).

SMITH (John), navigateur anglais, l'un des fondateurs de la colonie anglaise de la Virginie, né en 1579, mort en 1631. Il fit trois expéditions en Virginie, fonda James-Town, qui devint le che'f-lieu de la colonie, soutint contre les Indiens de nombreuses guerres, dans l'une desquelles il fut fait prisonnier et sur le point d'être dévoré, lorsque la tilie d'un chef de tribu, Pocahontas, s'intéressa à son sort et le sauva. Il a laissé : Description de la Nouvelle-Angleterre ou Observations et découvertes ducapitaine Jean Smith dans l'Amérique septentrionale en 1614 (Londres, io 16). SMITH (Thomas), orientaliste anglais, né à Londres en 1638, mort dans la même ville en 1710. Il étudia à Oxford et se voua en même temps à la carrière ecclésiastique et à l'enseignement. Sa profonde connaissance des langues orientales le fit choisir pour accompagner, comme interprète , lord Hnrvey, ambassadeur à Constantinople. En 1688, il fut rayé de la liste des agrégés d'Oxford pour avoir refusé de prêter serinent à Guillaume III. Ses principaux ouvrages sont : De druidum moribus ac institutis (Londres, 1664, iti-40) ; Itemarks upon i/ie manners, religion and government of the Turks (Londres, 1678, in-S») ; An account of the Greek church (Londres) 1680, in^S") j Misceltanea (Londres, 1686, 2 vol. in-8°).

SMITH (John), dessinateur et graveur en manière noire, né à Londres en 1654, mort dans la même ville en 1719. Il étudia sous Tillet, puis sous Isaac Beckett, enfin sous Van der Vaart. H travailla ensuite chez Kneller, profita de ses conseils et grava un grand nombre de ses tableaux. On a de John Smith plus de vingt-cinq portraits, parmi les- ' quels on cite le sien propre, tenant en main

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celui de Kneller, et ceux en pied de Pierre le Grand, de la duchesse d'Ormond, fille de Crowwell, de Jean Churchill, fils du duc de Marlborough, le portrait du duc de Schomberg à cheval; ceux de Steele, d'Addison, de Pope, de Congreve, de Locke et surtout de la comtesse de Salisbury et de mistress Cross. Il a aussi gravé vingt-huit pièces historiques d'après Schalken , Carlo Maratta, Schidone, Baroccio, etc. On cite, parmi ces gravures, une Sainte Famille d'après Carlo Maratta et une Madeleine d'apiès Schalken.

SMITH (Guillaume), peintre anglais, né a Chichester en 1707, mort en 1764. Il a peint des tableaux de fleurs et de fruits, des portraits et des paysages.

SMITH (Jean), peintre et graveur à l'eauforte, frère, du précédent, né à Chichester en 1717, mort en 1764. Il a peint des paysages dont l'un, représentant une vue d'Angleterre gravée par Woollett, valut en 1760 à son auteur le second prix de paysage fondé par la Société d'encouragement des arts établie à Londres. Parmi ses autres paysages, citons les suivants, qui ont été gravés par Vivarès : Vues des abbayes de Kirslall et de Fountain, des Châteaux de Keniluiorth et de Tinmoulh, de la Nouvelle machine hydraulique de Belton, des Parcs d'Agley, d'Exton et de Newstead, appartenant à lord Byron, etc.

SMITH (George), peintre et graveur, frère des précédents, né à Chichester en 1730, mort a Londres en 1766, suivant d'autres en 1776. Il acquit une grande réputation comme paysagiste et remporta, avec un paysage orné de labriques, le premier prix, du concours proposé en 1760 par la Société d'encouragement, concours dans lequel son frère Jean n'obtint que le second prix. Il a peint encore : la Fenaison , la Récolte des pommes , te Hameau champêtre, le Site montagneux, la Récolte du houblon, etc. Tous ces tableaux ont été gravés par Vivarès.

SMÎTH(Edmond-Neale), poBte anglais, né en 1608. Il fit ses études a Westminster, à Cambridge et à Oxford, et obtint une place k l'université de cette dernière ville. Sa conduite peu exemplaire le fit suspendre de ses fonctions en 1700; il ne fut remplacé définitivement qu'en 1705. Dès lors, il ne s'occupa plus que de belles-lettres. En 1707, il rit représenter la tragédie de Phèdre et Hippolyte, qui trouva beaucoup d'admirateurs. En 1708, il composa une élégie sur la mort de son ami Jean Philips, élégie qu'on cite comme une des plus remarquables productions de ce genre que possède la littérature anglaise. On a encore de Smith quelques odes et un discours latin en l'honneur de Thomas Bodley, publiés en 1719 par Oldisworth, sous le titre d'Œuvres de Smith.

SMITH (Robert), physicien anglais, né en 1689, mort en 1768. Condisciple et cousin de Cotes, il contribua avec lui à la propagation des théories de Newton et occupa la chaire de physique à l'université de Cambridge. Il a laissé un Système complet d'optique qui a été, pendant longtemps, le meilleur traité sur la lumière. Cet ouvrage a été traduit en français par le Père Pézenas (Avignon, 1767), et avec des additions par Duval-Leroy (Brest, 1767). On doit aussi k Smith un Traité sur les sons (Cambridge, 1749, in-8°).

SMITH (Guillaume), voyageur anglais, né vers la fin du xviio siècle. Envoyé en 1726, par la compagnie d'Afrique, à la côte de Guinée, pour taire le dessin et lever le plan des forts qu'elle possédait dans cette contrée, étudier la géographie de certains lieux, etc., il arriva à destination l'année suivante. Do retour en Angleterre, il écrivit l'histoire de son voyage. Elle a été publiée k Londres en anglais (1744, avec fig.) et traduite en français (Paris, 1751, 2 vol. in-12, avec fig.). — Un autre Guillaume Smith est auteur d'une Histoire de la Nouvelle-York depuis la découverte de celte province jusqu'à notre siècle (Londres, 1765, in-8° ; traduction française par Eidous, Paris, 1767, in-12).

SMITH (Adam), célèbre économiste et philosophe écossais, né k Kirkaldy (comté de Fife) le 5 juin 1723, mort à Edimbourg le «juillet 1790. Il perdit presque en naissant son père, qui était inspecteur des douanes. Vers l'âge de trois ans, jouant a la porte de la maison de sa mère, il fut enlevé par une bande de chaudronniers ambulants qui passaient par là. 11 fallut poursuivre ces bohémiens et leur arracher de force celui qui devait être le fondateur de l'économie politique. En 1737, A. Smith passa de l'école de Kirkaldy à l'université de Glasoow, y étudia les sciences morales et politiques sous la direction de Hutcheson, puis fut envoyé, en 1740, au collège d'Oxford pour y achever ses études. En 1748, il vint habiter Edimbourg, où il se lia d'amitié avec Hume. Sa mère le destinait k la carrière ecclé>iastique ; mais il refusa d'y entrer, préférant donner des leçons sur la littérature et employant en partie son temps à étudier la philosophie et l'écqnomie politique. Nommé professeur de logique à Glascuw en 1751 et, l'année suivante, de philosophie morale, il se fit remarquer par son élocution simple et facile. Smith condensa ses leçons et le fruit de ses méditations dans un ouvrage qui répandit en peu de temps son nom non-seulement en Angleterre, mais encore dans l'Europe entière et qui lui

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assure un rang élevé parmi les moralistes de tous les temps; nous voulons parler de sa Théorie des sentiments moraux (V. sentiments moraux [Théorie des]). Dans ce remarquable ouvrage, très-souvent, réédité et traduit plusieurs fois en français, notamment par Mme de Condorcet (Paris, 1790, 8 vol. in-8°), l'auteur établit que le mobile de toutes nos actions est dans la sympathie, force innée, instinct irrésistible qui nous pousse à partager la joie comme la douleur de nos semblables. C'est l'œuvre d'un penseur profond, d'une belle âme, d'un écrivain ingénieux. On trouve, k la suite, une Dissertation sur l'origine des langues, sujet traité avec une grande supériorité d'analyse. Adam Smith, qui avait puisé dans la maison paternelle, le goût des questions de commerce et d'industrie, méditait un grand travail sur ce sujet. Il saisit avec empressement l'occasion qui lui fut offerte d'un voyage en France, où il accompagna le due de Buccleugh en janvier 1764. Après un séjour de dix-huit mois à Toulouse, pendant lesquels il recueillit de précieux matériaux, il vint, en 1765, à Paris et s'y lia avec plusieurs savants, particulièrement avec Quesnay et Turgot, les chefs des économistes indépendants. De retour en Ecosse (1766), il se renferma dans sa maison de Kirkaldy, s'isolant tout à fait du monde, ne sortant que pour les recherches dont il avait besoin. Après dix années d'un travail opiniâtre, en 1776, parurent ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (2 vol. in-4°), auxquelles nous avons consacré un article spécial. V. RICHESSE.

Jamais livre ne reçut un accueil aussi enthousiaste. Il procura à son auteur une fortune assez considérable, le fit nommer aux lucratives fonctions de commissaire des douanes à Edimbourg (1778) et fut traduit dans presque toutes les langues. 11 en existe trois traductions françaises : une de Blavet, une de Roucher et une de Germain Garnier, la dernière et la meilleure (1843, 2 vol. gr. in-8<>), avec commentaires de la plupart des économistes et notice biographique par Blanqui aîné. Le travail considéré comme source de la richesse, la valeur basée sur l'offre et la demande, le commerce affranchi de toute prohibition, la concurrence élevée a la hauteur d'un principe et résumée dans la fameuse formule > Laissez faire, laissez passer, ' tels sont les points principaux de la doctrine d'Adam Smith. La plupart de ces idées avaient été émises avant lui ; mais il eut la gloire de les coordonner, de les réunir en une synthèse lumineuse, et k ce point de vue il doit être considéré comme le créateur de la science qui a pris depuis le nom d'économie politique. Ses théories sont devenues le point de départ de tous les économistes, le champ de bataille de toutes leurs discussions. Les progressistes anglais sont parvenus à en faire passer une partie dans la pratique. Le premier interprète de talent qu'elles aient eu chez nous est J.-B. Say (v. ce nom). Les Recherches, quoique déjà vieillies, seront toujours lues avec intérêt : on y trouve une haute philosophie, un charme de détails que les disciples ont remplacés par des formules sèches, souvent obscures.

Atteint d'infirmités précoces, Adam Smith, qui ne s'était point marié, vécut presque constamment dans l'isolement. Dans les dernières années de sa vie, il partagea son temps entre les devoirs de sa place et ses études favorites. Il se proposait d'écrire un ouvrage sur le droit civil et politique, dans lequel il devait tracer les progrès successifs de la jurisprudence depuis les siècles les plus grossiers jusqu'aux siècles les plus polis ; mais il n'eut pas le temps d'accomplir son dessein.

Comme moraliste, A. Smith a, dans sa Théorie des sentiments moraux, développé avec talent et originalité la morale du sentiment, dont le fond appartient à Hutcheson. Tandis que, pour ce dernier, le sentiment qui sert de principe k la morale est la bienveillance, pour Smith c'est la sympathie ; c'est de la sympathie qu'il fait dériver, par une ingénieuse analyse, tous les sentiments honnêtes, privés et publics, toutes les vertus de tous ordres. Comme économiste, « il est le premier, dit V. Cousin, qui, des travaux divers entrepris ou exécutés en Angleterre et en France de son temps et même avant lui, ait composé une doctrine soumise à la méthode qui seule est reçue dans les sciences véritables, embrassant tontes les questions relatives à celle de la richesse et fournissant désormais à tous les esprits doués d'un peu d'attention la matière d'une étude légitime et régulière. Il n'a pas seulement constitué le corps de la science; il lui a donné l'âme et la vie, c'est-à-dire le principe qui l'anime dans toutes ses parties et qui est la loi de tous ses mouvements. »

Outre les deux grands ouvrages précités, on lui doit : Lettre critique à la Revue d'Edimbourg sur le dictionnaire de Johnson (1754) et Essais sur des sujets philosophiques (Londres, 1795, in-4<>), traduits en français par Prévost (1797, 2 vol. in-8»). Dugald-Stewart a donné une édition de ses (Euvres complètes (Edimbourg, 1818, 5 vol. in-8">).

SMITH (Hugh), médecin anglais, né vers 1730, mort en 1790. Après avoir fait ses études médicales à l'université d'Edimbourg, où il fut reçu docteur en 1753, il fut ensuite nommé médecin de l'hôpital de Middlesex et

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alderman de Londres. Parmi ses ouvrages, | nous citerons les suivants : The family phyj sician ; being a collection of usefut family remédies (Londres, 1760, in-4°) ; Essays, physiological and practical, on ihe nature and , circulation of the blood, and effects and uses I of bloodletiing (Londres, 1761, in-S°); Formulée médicament orum (Londres, 1768, in-8°); Treatise on the use and abuse of minerai u>aters (Londres, 1776, in-8°); Philosophical inquiry into the laws of animal life (Londres, 1780, in-40); An essay on thenerves, illustrating their efficient, formai, material, and final causes, with a copperplate (Londres, 1794, in- 8").

SMITH (Charlotte Turner, dame), femme de lettres anglaise, née à Stoke, près de Guilford (Sussex), en 1749, morte k Telford, près de Farnham, en 1806. Toute jeune, elle se fit remarquer par sa vive intelligence, son imagination un peu rêveuse, surtout par son goût pour la poésie ; à dix ans, elle composait déjà des vers. Mariée en 1765 avec M. Smith, fils d'un directeur de la compagnie des Indes, elle fut loin de trouver le bonheur dans cette union. Son mari dilapida sa fortune et dut passer en France, où elle le suivit. Là, elle écrivit des vers, des contes, des romans, et, après avoir mené une vie assez précaire, elle revint en Angleterre avec Smith. Celui-ci ne tarda pas k être de nouveau poursuivi par ses créanciers et jeté en prison. Charlotte partagea pendant sept mois sa captivité. Lorsqu'ils recouvrèrent l'un et l'autre la liberté, a la gène dans leur ménage avait succédé la misère. Ce fut alors que Mme Smith chercha k tirer parti de ses talents. Grâce à l'écrivain Haley, elle 'parvint à publier son premier recueil de vers, Elegiac sonnets andother essays (1784, in-4°) ; qui n'eut pas moins de onze éditions. L'éclatant succès de ce livre l'engagea à persévérer, et, à partir de ce moment, elle fit paraître des romans et des poëmes. En 1788, elle $e sépara de son mari et alla se fixer près de Londres, avec sa nombreuse famille, qu'elle éleva du produit de ses ouvrages. Charlotte Smith est surtout célèbre par ses poésies ; cependant Walter Scott semble leur préférer ses romans, où domine une douce mélancolie et dont le style se ressent souvent de la rapidité avec laquelle ils ont été écrits. Nous citerons, parmi ses œuvres, outre une traduction de Manon Lescaut (1785, 2 vol. in-80), les ouvrages suivants : Emmeline ou la Recluse du château (1788); Eihelinde ou la Recluse du lac (1789) ; Célestine

!179l); Desmond (1792); The Old manor house 1793), que W. Scott regarde comme son chef-d'œuvre; The Emigrant (*1793), poëme; The Wandering of Warloick et The Banished man (1794); Montalbert (1795); Alarchmont (1796); The Youny philosopher (1798); The Solitary wanderer; le Prosa'it, sorte d'autobiographie, trad. en français par Marquand (1803, 4 vol. in-12); Rural walks (1795, 2 vol, in-12); Natural history of birds (Londres, 1807); Beachy head, and other poems (Londres, 1807, in-8°); Corisandre de Beauvilliers anecdote française du xvi« siècle ; Geneviève de Castro ou le Mariage mystérieux, traduit par Cohen (Paris, 1821, 4 vol.) ; les Loisirs de l'enfance et de la jeunesse ; les Promenades champêtres; Roland ou l' Héritier vertueux; le Bandit calédonien , traduit par extraits dans la Nouvelle bibliothèque des romans; Barozzi ou les Sorciers vénitiens, chronique du XV siècle. L'auteur du Dictionnaire des écrivains vivants de la Grande-Bretagne attribue ces deux derniers ouvrages à une demoiselle Smith, actrice du théâtre de Hay- Market. D'un autre côté, Reuss cite de notre auteur une vingtaine d'ouvrages imprimés de 1784 & 1800.

SMITH (Jean-Rapha8l), peintre et graveur anglais, né k Londres en 1750, mort à Duncaster en 1812. Il a gravé beaucoup k la manière noire et à la pointe, d'après Reynolds et d'après d'autres peintres. Mais c'est surtout comme peintre de portrait qu'il acquit une grande réputation parmi ses contemporains. La vogue dont jouissaient ses tableaux était considérable; il les faisait payer une guinée et il lui arriva, dit-on, d'en terminer une quarantaine en une semaine. Citons, parmi ses portraits, le portrait eu pied du célèbre Fox et celui du comte Stanhope.

SMITH (John-StafTord) , compositeur anglais, né k Glocester en 1750, mort en 1836. Il fut, jusqu'en 1817, organiste de la chapelle royale et maître des enfants de la chapelle, obtint de grands succès dans les concours musicaux et publia cinq recueils de chansons (1779-1785), une collection d'Antiennes, un ouvrage intitulé Musica antiqua et un recueil d'Anciennes chantons du xve siècle.

SMITH (sir James-Edward), botaniste anglais, né kNorwich en 1759, mort dans la même ville en 1828. I! fit ses études médicales à Edimbourg et vint s'établir à Londres ; mais il pratiqua peu et il s'adonna avec ardeur k la botanique. Grâce k sa fortune, il put acheter les livres et les collections de Linné, moyennant la somme de 1,000 guinées.et on doit le considérer comme l'un des fondateurs les plus actifs de la Société linnéenne. En 1792, il fut chargé d'enseigner la botanique k la reine Charlotte et aux princesses de la famille royale. Bien que nommé professeur k l'insti-

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tution royale, il se retira dans sa ville natale, n'apparaissant k Londres que pendant la durée de son cours. On lui doit, entre autres travaux : English Botany (Londres, 1790, 36 vol. in-8°) ; Spicileqium bolanieum (Lon dres, 1792, in-fol.) ; Flora Britannica (Lon dres, 1800, 3 vol. in-8°) ; Exotic Botany (Londres, 1804, 2 vol. gr. in-40) • Introduction to Botany (Londres, 1807, in-8°).

SMITH (Anker), graveur anglais, né k Londres en 1759, suivant d'autres en 1764, mort en 1S19, suivant d'autres en 1835. Elève de Heath, il le seconda dans l'exécution de plusieurs de ses travaux. Plusieurs planches signées Heath , entre autres \' Apothéose de Hsndel, sont, dit-on, l'œuvre entière de Smith. On lui doit encore les planches de l'édition des poëtes anglais par Bell. Une de ses meilleures productions est la Mort de Van Tyler, d'après Northcote, qui lui valut, en 1797, son admission k l'Académie royale.

SMITH (William Sidney), célèbre amiral anglais, né k Westminster en 1764, mort k Paris en 1840. Il entra dans la marine à treize ans, fit la guerre d'Amérique, pendant laquelle il se signala k diverses reprises, fut nommé lieutenant en 1780 et, trois ans plus tard, reçut le grade de capitaine de frégate. Lorsque la paix fut signée, le jeune Smith, dévoré par le besoin d'activité, entra en 1788 au service de la Suède, en guerre avec la Russie, et prit part k la destruction d'une flotte, russe (1790). Il se mit ensuite à voyager, visita la France , une partie de l'Orient, et prit, en 1792, du service dans la flotte ottomane. Lorsqu'il apprit que la guerre venait d'éclater entre 1 Angleterre et la France (1er février 1793), il revint en toute hâte et rejoignit l'amiral Hood, que la trahison avait rendu maître de Toulon. Sidney Smith proposa d'incendier la flotte française et l'arsenal et se chargea lui-même d'exécuter ce terrible projet dans la nuit du 17 au 18 décembre 1793. Lorsqu'il eut fait sauter et livré aux flammes l'arsenal, dix vaisseaux et deux frégates, il partit pour l'Angleterre, reçut peu après le commandement de la frégate le Diamond, et se livra alors à d'audacieuses entreprises sur nos côtes et dans nos ports, s'empara de plusieurs bâtiments français, notamment de la frégate la Révolutionnaire (1794), pénétra dans la Seine pour y capturer un corsaire, mais se vit entouré par des canonnières et fut fait prisonnier (17 mars 1796), avec son équipage et un gentilhomme français, M. de Tromelin, qu'il fit passer pour son domestique. Conduit à Paris, Smith fut enfermé k la prison de l'Abbaye, puis k celle du Temple. N'ayant pu parvenir à se faire échanger et soumis k une détention rigoureuse, il résolut de s'évader. Plusieurs royalistes, notamment Phélippeaux et le danseur Boisgirard , entrèrent dans le complot; et, grâce k un faux ordre de mise en liberté, présenté par Boisgirard, déguisé en général, il parvint à s'évader (4 septembre 1797). A son retour en Angleterre, où il fut l'objet d'une ovation, Sidney Smith reçut le commandement du vaisseau le Tigre, puis fut envoyé, avec son frère, comme ministre plénipotentiaire k Constantinople (septembre 1798). Lk, il fit signer à la Porte un traité d'alliance avec l'Angleterre (5 janvier 1799) et passa ensuite en Egypte pour y combattre 1 armée française sous les ordres de Bonaparte. A la tête d'une escadre, il bombarda Alexandrie , occupée par les Français, puis se rendit k Saint-Jean-d'Acre, assiégé par Bonaparte (15 mars), dirigea la défense et força le général français, qui avait inutilement perdu 4,000 hommes, k renoncer k prendre la ville (22 mai). L'Angleterre accueillit avec enthousiasme cette nouvelle et vota des remercîments k Sidney Smith pour la façon brillante avec laquelle il avait dirigé la défense. Bonaparte, vivement irrité de son échec, s'écria, dit-on : « Cet homme m'a fait manquer ma fortune! » et, dans un ordre du jour, il traita de fou le coin inodore anglais. Celui-ci le provoqua en duel, mais le commandant eu chef de l'armée française se borna k répondre qu'il accepterait le cartel si on lui donnait Marlborough pour adversaire. Pour récompenser Smith d'avoir fait échouer l'expédition de Syrie, le sultan lui envoya, avec l'ordre du Croissant, de riches présents, notamment une aigrette en diamants. Après avoir réparé ses vaisseaux dans l'archipel grec, le commodore Sidney Smith retourna k Coustantinople, s'entendit avec le gouvernement ottoman sur les moyens d'expulser les Français de l'Egypte, puis revint dans ce pays et remplit les Jonctions de chef d'état-major de Mustapha-Pacha pendant la bataille d'Aboukir, où il fut sur le point d'être fait prisonnier. Lorsque Bonaparte eut quitté l'Egypte pour exéeuter en France ses ambitieux projets, Smith attaqua sans succès le Bogaz de Damiette, mais il s'empara du fort d'EI-Arisch (30 décembre). Ayant appris que l'armée française, découragée, désirait vivement rentrer en France, il entra en négociations avec Kléber et eut l'habileté do faire signer aux plénipotentiaires de ce dernier la célèbre convention d'EI-Arisch, par laquelle les Français devaient évacuer l'Egypte avec armes et bagages et remettre aux Turcs les places et positions qu'ils occupaient. En outre, un armistice de trois mois était conclu pour que la convention pût être ratifiée (24 janvier 1800). Mais le gouvernement refusa de reconnaître le traité et exigea qu ,

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l'armée française se constituât prisonnière. A cette nouvelle, Kléber adressa à son armée ce simple ordre du jour : ■ Soldats, on ne répond à de pareilles insolences que par des victoires : préparez-vous à combattre ; » et, le 20 mars, il battait complètement les Turcs à Héliopolis. Après la mort de Kléber, tombé sous les coups d'un assassin, Sidney Smith reprit les négociations avec Menou et s'empara d'Alexandrie. A la suite de ce fait d'armes, Menou consentit à signer une convention reproduisant les ternies de celle d'El- Arisch (30 août 1801) et évacua l'Egypte.

Peu après, Sidney Smith, après avoir visité Jérusalem, revint en Angleterre, où il fut l'objet d'enthousiastes ovations. Le peuple le salua du surnom de Dieu marin et la ville de Rochestcr l'élut son député à la Chambre des communes (1802). L'année suivante, la guerre ayant recommencé entre l'Angleterre et la France, il fut mis à la tête de l'escadre de la Manche et alla attaquer les flottilles françaises à Ostende et à Flessingue. En 1804, il reçut le grade de colonel d'infanterie de marine et, en 1805, celui de contre-amiral. A cette époque, il se rangea parmi les partisans de la princesse Caroline, qui trouva toujours eu lui un chevaleresque défenseur. Envoyé dans la Méditerranée en 1806, Sidney Smith ravitailla Gaëte, se rendit dans la baie de Naples et s'empara de l'île de Caprée. Au commencement de l'année suivante, de concert avec le vice-amiral Duckworth, il franchit le détroit des Dardanelles, sous le feu des batteries que le général Sébastian! avait fait élever (19 février), entra dans la mer de Marmara et y détruisit dix navires de guerre turcs. De là, Smith fut envoyé sur les côtes du Portugal, que venait d'envahir une armée française. Après l'embarquement de la famille royale pour le Brésil (29 novembre 1807), il bloqua Lisbonne, puis reçut l'ordre de se rendre à Rio-Janeiro (180S), où il acquit une grande influence à la cour. Ce fut sur ses conseils que le prince régent envoya un corps de troupes dans la Guyane française, qui tomba alors au pouvoir du Brésil. Toutefois, il ne tarda pas à indisposer contre lui ce prince en se montrant favorable au parti qui voulait que la princesse de Bragance fût mise g. la tête d'un Etat indépendant constitué dans les provinces de la Plata. Rappelé en Angleterre (21 juin 1809), il fut nommé vice-amiral (31 juillet 1810), et l'université d'Oxford lui conféra le titre honorifique de docteur en droit, pendant que l'université de Cambridge lui décernait celui de maître es arts. En 1812, Smith prit le commandement en second de la flotte de la Méditerranée. Deux ans plus tard, il reçut une pension de 25,000 francs. A cette époque, il fonda la Société des chevaliers libérateurs des esclaves blancs en Afrique, destinée à mettre un terme à l'esclavage des victimes de la piraterie dans les Etats barbaresques et, à partir de ce moment, il vécut presque constamment à Paris, où il devait terminer sa vie. Commandeur de l'ordre du Bain en 1815, amiral en 1821, il devint en 1830 lieutenant général de l'artillerie de marine. Marin audacieux, intrépide, habile, Sidney Smith fit preuve en maintes circonstances d'un caractère chevaleresque ; mais on lui a reproché d'être arrogant et vaniteux a l'excès. Il avait de l'esprit et était un causeur aimable. Smith fut, après Nelson, le marin qui jouit en Angleterre de la plus grande popularité. Les Mémoires de l'amiral Sidney Smith ont été publiés par Marryat (Londres, 1839, 8 vol. in-8°), et J. Barrow a fait paraître la Vie et correspondance de sir Sidney Smith (1847, 2 vol. in-8«).

SMITH (Jean-Thomas), graveur et archéologue anglais, né à Londres en 1766, mort en 1833. Il fut élève du sculpteur Nollekens et du graveur Sherwin. En 1816, il fut nommé conservateur du cabinet des estampes du Musée britannique. On lui doit : les Antiquités de Londre.i et de ses environs (recueil de 96 gravures in-4°, 1791-1800) •, Remarques sur tes points de vue ruraux (1795, 1 vol. in-4' de 20 eaux-fortes); Antiquités de Westminster (1807, in-40, 38 planches, dont plusieurs sont coloriées); Ancienne topographie de Londres (1810-1815, in-40, 32 grav. à Veau-forte). On a encore de Smith un ouvrage anecdotique, intitulé : Nollekens et son époque (1828, 2 vol.).

SMITH (John-Spencer), frère du précédent et troisième fils de John Smith, diplomate anglais, né à Londres en 1769, mort en 1845. Il servit pendant quelque temps dans l'armée, puis il partit avec son frère pour l'Orient et devint attaché à l'ambassade anglaise àConstantinople. Il fut ensuite nommé ministre plénipotentiare près la Porte et signa, en 1799, un traité d'alliance avec la Turquie. En 1804, il passa en qualité d'ambassadeur à Stuttgard, qu'il quitta le 3 avril à l'approche de l'armée française. Il fut accusé par le gouvernement français d'avoir reçu une mission relative à la conspiration de Georges Cadoudal. Revenu en Angleterre, il fut envoyé au Parlement par la ville de Douvres. En 1817, il vint se Axera Caen, où il passa le reste de sa vie. Il a publié un grand nombre d'opuscules sur différents sujets et a inséré plusieurs mémoires dans les recueils de diverses sociétés scientifiques dont il était membre.

SMITH (William), géologue anglais, né à Cûurcnill, près d'Oxford, en 1769, mort à Northainpton en 1839. Il fut d'abord ingénieur, puis il abandonna cette profession

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pour se livrer exclusivement aux travaux géologiques. Il fit paraître en 1805 une carte géologique de l'Angleterre, du pays de Galles et d'une partie de l'Europe et, de 1819 à 1824 , avec t'aide de John Philips, vingt-quatre cartes géologiques de divers comtés de l'Angleterre. JSmith professa la géologie dans plusieurs villes d'Angleterre. En 1831, il reçut la première médaille d'or et le montant du legs Wollaston, comme récompense des services qu'il avait rendus à la géologie. M. Philips a publié , en 1844 , une Vie de William Smitb.

SMITH (Constance-Spencer, née Herbbrt- Rathkeale), épouse du précédent, poétesse anglaise, née à Constantinople, morte à Vienne en 1829. Arrêtée à Venise en 18O6, au moment de l'occupation française, comme femme d'un ministre anglais, elle devait être conduite en France. Elle s'échappa à Brescia, s'efforça de regagner l'Angleterre et fut jetée par un naufrage en Espagne. Elle alla ensuite rejoindre son beau-frère, qui avait alors un commandement dans la Méditerranée. Elle s'arrêta, en passant, en Sicile et à Malte (1809), où elle vit lord Byron,quilui adressa une charmante pièce de vers et lui consacra quatre strophes du Childe-Harold (chant II). Constance-Spencer Smith a écrit des poésies, parmi lesquelles nous citerons un poëtne en trois chants, intitulé : Derniers adieux à ta mer, et le Banquet d' Alexandre ou le Pouvoir de la musique, cantate. M. G.-S. Trébutien a rédigé sur elle une notice nécrologique ^Caen, 1829).

SMITH (Sidney), théologien et publicista anglais, né à Woodford, comté d'Essex, en 1771, mort en 1845. Il lit ses études à l'université d'Oxford et, après .avoir été pendant deux ans vicaire d'une paroisse du Wiltshire, accepta, en 1798, une place de précepteur à Edimbourg. Il devint dans-cette ville l'ami de Brougham, de Jeffrey et de plusieurs autres jeunes écrivains qui professaient en politique les mêmes opinions que lui et avec le concours desquels il fonda, en 1802, la célèbre Bévue d'Edimbourg (Edinburgh Review), qui occupe encore aujourd'hui le premier rang parmi les recueils de ce genre en Angleterre. Il en demeura le collaborateur jusqu'en 1808, bien qu'en 1804 il eût dû en abandonner la rédaction en chef pour aller s'établir à Londres, où il venait d'être nommé chapelain de l'hospice des Enfants-Trouvés. Il ne tarda pas à y acquérir une grande réputation, autant par ses sermons que par les conférences publiques qu'il fit sur la littérature à l'institution royale d'Albemarlestreet. Plus tard, il devint successivement pasteur de Foston-le-Clay, dans le comté d'York (1806), et de Coinbe-Florey, dans le comté de Somerset (1828), et enfin chanoine de la cathédrale de Saint-Paul de Londres (1831). Dans ses écrits politiques, il se montra dévoué au parti whig et défendit tour à tour avec autant de vivacité que de persévérance l'émancipation des catholiques, le bill de réforme et toutes les améliorations libérales. On cite surtout, comme un chef-d'œuvre d'esprit et d'irrésistible dialectique, ses Lettres au sujet des catholiques à mon frère Abraham qui habite la campagne, par Pierre Plymbey, qui eurent vingt et une éditions. On a encore de lui deux recueils de Sermons (1800 et 1809) et des Esquisses élémentaires de philosophie morale, qui n'ont paru qu'après sa mort (Londres, 1850). Ses Œuvres complètes (1839, 3 vol. in-8°) ont été souvent rééditées. Sa tille, lady Holland, a publié sa biographie avec un extrait de sa correspondance (Londres, 1855, 2 vol. in-8°).

SMITH (Elihu-Hebrard)', médecin américain distingué, né à Lichtfield, dans le Connecticut, en mi, mort àNew-Yorken 1798.

Après avoir fait de bonnes études dans l'école de sa ville natale et au collège de Newhaven , il commença l'étude de la médecine sous la direction de son père, praticien habile, puis il alla suivre les cours de Philadelphie. En 1792, il se fixa à Wetherslield ; mais, malgré le succès qu'il obtint dans sa pratique, il quitta cette ville l'année suivante pour aller à New-York, où il passa le reste de sa vie. Le premier ouvrage de médecine qu'il publia eut pour objet de prouver la non-contagion de la fièvre jaune et de démontrer que celle de 1795. n'avait pas été importée à New- York, mais qu'elle y avait pris naissance. Ce fut peu de temps après qu'il commença, avec les docteurs Samuel, Mitchell et Edward Miller, le Médical Reposilory de New-York, Smith mourut à peine âgé de vingt - sept ans, emporté par la fièvre jaune. Doué d'une grande activité, d'une portée d'esprit vraiment remarquable, il ne se borna point à l'étude de la médecine et fut aussi un poëte et un littérateur distingué. Ce médecin n'a pas laissé d'ouvrages importants; tout son bagage scientifique se trouve contenu dans le journal Médical Reposilory.

SMITH (Richard), chirurgien anglais, né en 1772, mort en 1843. Il fut chirurgien de l'infirmerie de Bristol, fonda divers établissements de charité, fut, de 1802 à 1820, le propriétaire et le principal rédacteur du Miroir de Bristol (Bristol Mirror) et laissa manuscrits de nombreux documents sur l'histoire de Bristol et de son hôpital.

SMITH (John-Pye), théologien anglais, né à Sheffleld en 1774, mort à Homerton en 1851.

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Ses goûts le portèrent h. étudier la théologie pour se consacrer à la carrière ecclésiastique ; mais l'étude de la théologie ne l'absorbait pas exclusivement. A cet esprit toujours avide de savoir, il fallait des aliments sans cesse renouvelés, et il employa la prodigieuse faculté d'apprendre dont il était doué à des études de géologie qui appelèrent sur lui l'attention du monde scientifique ; aussi fut-il nommé membre de la Société royale et de la Société de géologie.

John-Pye Smith a laissé de nombreux ouvrages, remarquables par leur profondeur et leur exactitude. 11 possédait à un degré supérieur la langue allemande, fort peu répandue à cette époque, et il put ainsi faire de nombreux emprunts aux théologiens allemands, alors presque généralement ignorés à l'étranger. Le plus important des écrits de Smith est intitulé : le Témoignage de l'Ecriture au sujet du Messie (1818-1821, 2 vol. in-8"). Cet ouvrage produisit une vive sensation en Angleterre et arriva, en 1847, à une quatrième édition, aujourd'hui épuisée. On peut citer encore de Smith : quatre Discours sur le sacrifice et le sacerdoce de Jésus- Christ (3« édit-, 1847) ; une Histoire de la création et du déluge d'après Moïse, expliquée par les découvertes récentes de la science (1837); enfin, un travail sur les Relations entre l'histoire sainte et quelques portions de la science géologique (4e édit., 1848).

SMITH (James), poëte humoristique anglais, né à Londres en 1775, mort en 1839. Il était fils d'un homme de loi et il succéda à son père dans la direction de son office. Doué de beaucoup d'esprit et d'une intarissable gaieté, il se fit connaître dans les salons de Londres par ses bons mots et par ses vers de société. Il collabora à plusieurs écrits périodiques, le Pick-Nick Nevispaper, le London Review, etc., qui n'eurent qu'une existence éphémère. Il écrivit ensuite avec son frère Horace une série de pastiches, dans lesquels étaient parodiés avec beaucoup de talent les écrivains les plus célèbres de l'époque, Walter Scott, Byron, Wordsworth et Southey. Ces pastiches formèrent un recueil intitulé Rejected addresses et qui eut plus de vingt-cinq éditions (ire édit., 1812). Un autre ouvrage de James Smith, intitulé -.Horaceà Londres, fut de même réédité un grand nombre de fois à Londres et en Amérique, Satisfait de ses succès littéraires et souffrant d'ailleurs de la goutte, James Smith se retira de l'arène littéraire et n'écrivit plus que de temps en temps duns le New Monthly Magasine et dans plusieurs autres journaux. Cependant, il écrivit pour l'acteur Mathews de petites comédies, dont quatre : le Tour à Paris, les Cousins de campagne, Une promenade en ballon et le Tour du monde, furent payées à leur auteur mille livres sterling.

SMITH (Horace), romancier anglais, né à Londres en 1779, mort a Tunbridge en 1840. Il aida son frère James (v. ci-dessus) a la rédaction des parodies intitulées Rejected addresses et publia un grand nombre de romans, parmi lesquels nous citerons : Brambletye house (Londres, 1826, 3 vol.); Reuben Apsley, Tor-Hill, Walter Corydon, la Nou* velle forêt, Zillah (tous traduits en français de 1826 à 1839 par Defauconpret) ; Jane Lamax, Adam Brown , Arthur Arundel, etc.

Horace Smith faisait un noble usage de la fortune considérable que lui avaient procurée ses romans et ses opérations de courtier des fonds publics; il protégeait et secourait les littérateurs pauvres. Son dernier ouvrage est intitulé : Love, a taie of Venice (Londres, 1846, 3 vol.). M. Epes Sargent a publié un recueil de poésies des frères Horace et James Smith (New-York, 1857).

SMITH (Chrétien), botaniste et voyageur suédois, né dans les environs de Drainmen (Norvège) en 1785, mort en 1816. Il fut nommé en 1814 professeur de botanique à l'université de Christiania. Il quitta ensuite le Danemark, fit un voyage scientifique en Angleterre et en Irlande et se rendit avec le célèbre Léopold de Buch à Madère et aux Canaries. De retour en Angleterre, il partit en 1816 pour le Congo, remonta le Niger et fut une des victimes de la fièvre qui décima l'expédition dont il faisait partie. Son Journal a été imprimé en anglais et en norvégien (1818-1819). Les objets qu'il avait recueillis pendant ses voyages sont devenus la propriété de l'université de Christiania.

SMITH (Thomas Sovjthwood), médecin anglais , né à Martock (Momersetshire) en

1788, mort à Florence en 1861. Il étudia la médecine à Edimbourg, vint ensuite à Londres et fut attaché à l'hôpital des Fiévreux. Pendant le typhus qui décima l'Angleterre en 1837, Smith donna les preuves du plus grand dévouement et sut obtenir la nomination d'un conseil de la salubrité publique. C'est à lui qu'on doit la fondation de la Société métropolitaine de prévoyance pour les habitations des classes laborieuses. Ses principaux ouvrages sont: Illustration of the divine govemment (1814) ; Traité des fièvres; En quoi la mort est utile à la vie, dans la Revue de Westminster; Animal physiology; Physiologie de la santé (1S34).

SMITH (Edouard), statisticien belge, né en

1789, mort ii Ixelles en 1852. Il fut nommé directeur de la statistique générale au minis-

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tère de l'intérieur de la Belgique et référendaire. Ses ouvrages sont : Statistique nationale (Bruxelles, 1827, in-s°); Statistique des Pays-Bas (1827, 2 vol. in-s°); Recherches sur ta reproduction et la mortalité de l'homme (1832, in -8°); Statistique criminelle de la Belgique (1826-1830).

SMITH (John), missionnaire protestant, né à Rothwell, comté de Northampton, en 1790, mort a Demerari en 1824. Sa mère, trop pauvre pour songer à lui faire donner de l'instruction, le plaça chez un fabricant de biscuit, homme intelligent, qui laissa à l'enfant le temps d'apprendre à lire et à écrire. En entendant les discours religieux du dimanche, Smith désira embrasser l'état ecclésiastique et entra dans une communauté méthodiste, où il prit ses grades.

Ses études terminées, John Smith remplit d'abord la fonction de catéchiste à Tunbrige et fut ensuite envoyé, comme missionnaire, à Demerari, dans la Guyane anglaise. U y arriva en 1817. Mal accueilli par les colons, qui redoutaient la diffusion des lumières parmi les esclaves, Smith put cependant exercer son ministère ; il convertit même et maria un grand nombre de nègres, leur recommandant, comme une vertu chrétienne, le respect et l'obéissance à leurs maîtres. Malgré la prudence de ses prédications, les colons ne continuèrent pas moins à voir le missionnaire d'un œil dériant. Sur ces entrefaites, une révolte éclata en 1823 parmi les esclaves. Des dépêches étant arrivées d'Angleterre, les esclaves avaient pensé qu'elles leur apportaient l'affranchissement. ' Leur croyance devint plus vive quand ils virent que ces dépêches étaient, contrairement à toutes les autres, tenues secrètes, et ils se révoltèrent. Smith, regardé à tort comme l'instigateur de cette rébellion, fut saisi, jeté en prison et condamné à être pendu. Il en appela au gouvernement britannique; plusieurs membres du Parlement plaidèrent chaleureusement sa cause; ordre fut expédié de le mettre en liberté. Mais cette dépêches, arriva trop tard. Smith, consumé de chagrin, malade et abattu, venait de mourir dans sa prison après une captivité de six mois.

Il a été publié sur cette affaire, qui eut à cette époque un grand retentissement : Procédures d'une cour martiale générale tenue à la maison de la colonie à George- Town, etc. (Londres, 1824, in-S°); Analyse des débats qui ont eu lieu dans la Chambre des communes le 1" et le U juin 1824 sur la condamnation à mort du missionnaire Smith, prononcée à Demerari par une cour martiale (Londres, 1824, in-s<>).

SMITH (Seba), écrivain américain, né à Buckfield (Maine, Etais-Unis) en 1792. Il ' étudia à l'institut de Bowdoin et s'établit ensuite à Portland, où il collabora à diverses publications périodiques. Il publia, sous le pseudonyme de Major Jack Dotvniug, une série de lettres humoristiques. Ces lettres furent réunies en un volume qui eut un grand nombre d'éditions. En 184 1, il s'établit à New- York. Citons, parmi ses ouvrages : son roman Powhatan (1841); New éléments of geomelry (1850) ; Way down east, or portraitures of yankee life (1855). Il a aussi publié quelques poésies.

SMITH (Joseph ou Joé), fondateur de la secte des mormons, ou « saints du dernier jour, > né à Sharon (Etats-Unis d'Amérique) le 23 décembre 1805, mort à Carthage le 27 juin 1844. Sou enfance maladive ne présente aucun détail saillant. Ce n'est qu'en 1820 que nous apparaît le visionnaire et le prophète. La famille de Smith avait presque tout entière embrassé la foi presbytérienne , mais Joseph était indécis. Serait-il presbytérien? serait-il méthodiste? Une prétendue vision du ciel dissipa ses doutes. La voici, telle qu'il l'a racontée danS son Livre de Mormon : « Je me retirai dans un bois, par une belle matinée de printemps, en 1821; me voyant bien seul, je m'agenouillai et priai avec ferveur. Au plus fort de cette prière, j'eus une vision. Une colonne de lumière plongea pour ainsi dire sur moi, et, dans la nimbe qu'elle formait, j'aperçus deux personnages qui flottaient dans l'air avec une splendeur et une majesté incomparables. L'un d eux m'appela par mon nom et, me montrant son compagnon de gloire : « C'est mon 1 fils bien-aimé, ajouta-t-il, écoutez-le. • Nulle occasion n'était meilleure pour savoir laquelle de toutes les sectes était préférable. J'interrogeai là-dessus les deux personnages. Us me répondirent qu'aucune de ces religions n'était la véritable et qu'avant peu il me serait donné là-dessus de plus complètes informations. » Smith attendit longtemps. Désespérant de voir se réaliser les promesses qu'on lui avait faites, il laissa de côté toute préoccupation religieuse et se livra aux plaisirs de son âge. Trois ans s'écoulèrent ainsi, et Smith avait complètement oublié ses habitudes austères pour une vie toute mondaine, lorsque la seconde vision eut lieu. 1 C'était, dit Smith, le 21 septembre 1823. Je venais de me mettre au lit en suppliant le Seigneur de me pardonner mes folies et de se manifester enfin à moi, quand tout à coup je vis, au milieu des ténèbres, ma chambre s éclairer soudainement comme en plein midi. J'ouvris les. yeux; une figure resplendissante flottait, pour ainsi dire, devant moi,

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Au premier moment, j'eus peur; mais, sur un mot du visiteur, je me rassurai. Il rae dit qu'il se nommait Néphi et que Dieu l'envoyait vers moi pour in 'indiquer une grande œuvre à accomplir. On devine dans quelle extase je l'écoutais. 11 ajouta qu'un livre écrit sur des lames d'or était déposé dans la contrée, et que sur ce livre étaient tracés à la fois l'iivangile rétabli dans sa pureté, l'origine et l'histoire des anciens habitants du continent américain. Quant à l'interprétation de ce livre, il n'y avait pas de souci à en avoir. Encadrés dans des baguettes d'argent, deux pierres ou verres, nommés Urimm et Thummim, étaient enfouis près du livre, et il suffirait aux voyants de porter ces pierres à leurs yeux pour lire couramment dans l'Evangile nouveau. •

A partir de ce moment, Smith n'eut d'autre pensée que de découvrir le livre précieux, et il se mit immédiatement à sa recherche. Après bien des courses, après bien des tentatives, il finit par le découvrir sur une colline, dans le comté d'Ontario, A côté de lui so trouvaient les deux verres annoncés qui étaient, suivant le récit du prophète, « deux diamants triangulaires, enchâssés et montés en argent, de façon à ressembler à d'anciennes lunettes. » Le livre était découvert; mais l'embarras de Smith restait le même. Qu'allait-il faire en l'absence de toute instruction d'en haut? Une nouvelle vision aurait-elle lieu et des révélations lui permettraient-elles d'agir?

Comme il y songeait, il apprit que, quelques années auparavant, un prédicateur presbytérien, Salomon Spaulding, avait composé un roman mystique intitulé le Manuscrit trouvé, où étaient racontées les aventures des dix tribus dispersées d'Israël et l'itinéraire de ces tribus de Jérusalem en Amérique. Comment ce document , non publié, tomba-t-il entre les mains de Smith? On l'ignore. Ce qui est certain, c'est qu'on l'accusa d'avoir mis l'œuvre de Spaulding au pillage et de l'avoir même copiée littéralement dans plusieurs parties. Smith s'en défendit énergiquement. 11 avoua qu'il n'avait jamais eu d'autre concours que celui d'un maître d'école, Olivier Cow'dery. Quoi qu'il en soit, le Liore de Mormon parut, et ce livre était l'exposé de la foi nouvelle (v. mokmons). En peu de temps, un assez grand nombre d'adhérents se groupèrent autour de lui. Après des tribulations multipliées, après son expulsion successive des villes de Kirtland, de Far- West, où un grand nombre de sectaires perdirent la vie; après plusieurs demandes en indemnité portées sans succès devant les autorités de Washington, Smith elles adhérents de sa doctrine se réfugièrent dans l'Ulinois et fondèrent la ville de Nauvoo.

En 1844, l'élection présidentielle avait lieu. Smith, dans le but d'assurer sa candidature, publia un écrit intitulé : Vues sur le gouvernement, qui était un appel à la concorde et à la paix ; mais cet écrit produisit un effet contraire à celui qu'en attendait son auteur. Détesté, exécré en dehors du cercle de ses disciples, le prophète comptait à Nauvoo même des ennemis qui saisirent cette occasion pour le perdre. Ils fondèrent un journal, l' Expositor, dont le premier numéro attaqua vivement la doctrine des mormons et livra au public des actes authentiques d'une immoralité notoire. Les amis de Smith, irrités de tant d'audace, Se ruèrent sur l'imprimerie du journal et la mirent à sac. Par ce fait, ils tombaient sous le coup de la répression légale. Les propriétaires de \' Expositor portèrent plainte devant le gouverneur de l'IIlinoîs. Smith et quelques-uns de ses partisans furent mis en prison. Prévenu quelques jours avant son arrestation, le chef des mormons, comprenant que ia situation devenait grosse de périls, avait résolu de fuir et de chercher une autre patrie vers les solitudes de l'Ouest. On'l'en détourna. Il se livra donc, sous le coup de sombres prévisions : « Je marche, disait-il, comme un agneau vers la boucherie ; mais je stiis calme comme un beau soir d'été; ma conscience ne me re-

firoche rien. » C'est le 25 juin qu'il entra dans a prison de Cannage. Trois jours après et sans qu'il eût été possible d'arrêter les forcenés, la foule se précipita vers la prison, en enfonça les portes et massacra les prisonniers. Les compagnons de Smith essayèrent en vain de lui faire un rempart de leurs corps. Le prophète tomba sous les balles, et ses amis furent tués avec lui. Ainsi mourut le fondateur de cette secte étrange, que les Etats-Unis n'ont pu chasser de leur territoire. D'ailleurs, les persécutions ne produisent jamais de bons résultats, et quelle que soit la religion pour laquelle ils succombent, les martyrs savent que leur sang fera naître des vengeurs. Le massacre de Smith et de ses adeptes devait redoubler et redoubla en elfet le fanatisme des mormons. Leurs rangs se reformèrent plus épais.

Joseph Smith n'a pas laissé d'autres ouvrages que le Livre de Mormon, les Vues sur le gouvernement et les Doctrines et partis de V Eglise des saints des anciens jours. D'après M. Reybaud, il y aurait lieu de lui attribuer, en outre, les Esquisses biographiques sur Joseph Smith, le prophète.

Pour plus de détails sur ce personnage , voir notre artioje mormons.

SMITH (Francis Pellit), mécanicien an-

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glais, oé à Hythe, comté de Kent, en 1808. Fils d'un maitre de poste, il ne reçut qu'une instruction élémentaire et s'occupa d'agriculture. Mais, tout en se livrant a ce travail, il s'adonna au goût très-vif qu'il avait toujours eu pour la mécanique. S'étant occupé de remplacer les roues à aubes dans les bateaux à vapeur, il arriva au même résultat que Sauvage en France et proposa, en 1834, d'employer le propulseur à hélice. Smith se livra à de nombreux essais, et, à la suite de tâtonnements inévitables, il arriva à obtenir les plus heureux résultats. Son système ayant été appliqué avec un plein succès sur des bateaux appartenant à des particuliers, l'amirauté finit par adopter le système de l'hélice pour des bâtiments de l'Etat, et cet exemple fut bientôt suivi par la marine marchande. Toutefois, l'invention de Smith lui fut disputée, et il eut à soutenir à ce sujet de nombreux procès. Enfin, on finit par lui rendre pleine justice, et il reçut non-seulement une pension viagère de 5,000 francs que lui donna la reine, mais encore une somme considérable, à la suite d'une souscription ouverte par le corps des ingénieurs.

SMITH (William), archéologue anglais, né à Londres en 1814. 11 étudia d abord le droit, puis il entra dans l'enseignement et professa les humanités aux collèges de Highbury et de Hoinerton, En 1853, il a été nommé, au concours, examinateur de l'université de Londres et professeur de rhétorique au Nou • veau-Collége. M. Smith s'est lait connaître par des ouvrages classiques très-estimés et qui attestent une érudition fort judicieuse. Nous citerons de lui : Antiquités grecques et latines (Londres, 1842, in-80), ouvrage excellent; Dictionnaire biographique et mythologique de l'antiquité (1841 -1840, 3 vol. in-s°); Mexique (1850-1852); Histoire grecque (1853); Dictionnaire de géographie grecque et romaine (1851,2 vol.); Dictionnaire latin anglais (1855); une édition de Décadence et chute de l'empire romain de Gibbon, etc.

SMITH (Albert), littérateur anglais, né a Chertsey en 1816, mort en 1860. Il étudia la médecine à l'hôpital de Middlesex, puis vint à Paris pour compléter son instruction. A la suite d'un voyage en Suisse, il renonça à l'art médical et se jeta dans la littérature. Dès son retour en Angleterre, il publia dans le Médical Times une série d'esquisses portant pour titre Jasper Bundle ou Confessions d'un garçon d'amphithéâtre , qui produisirent une vive impression. Smith vint alors se fixer à Londres et collabora à divers journaux ; puis il se mit à jouer dans les salons des intermèdes grotesques qui eurent beaucoup de succès. Enfin, après une ascension au mont Blanc (1851), il fit construire un diorama contenant uno vue de cette montagne , et l'exhibition de cette invention lui ayant rapporté plus de 200,000 francs , il renonça entièrement aux travaux littéraires. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : les Aventures de M. Ledbury, la Famille Scuttergood, Christophe Tadpole, la Succession de Poitleton, Un mois à Constanlinople (1849); la Malle de l'Inde par terre (1850); Histoire du mont Blanc (1853, in-B°).

SMITH (Alexandre), poète anglais, né à Gluscow en 1830, mort à Wardie, près d'Edimbourg, en 1807. Ouvrier, puis contre-maître dans sa ville natale, il consacra ses loisirs à la poésie et publia, sous le titre de Poems (Londres, 1853, in-8°), un recueil qui eut un très-grand succès et qui lui valut la place de secrétaire de l'université d'Edimbourg (1854). Parmi ses compositions, qui consistent pour la plupart en pièces fugitives, on cite particulièrement son poème, le Drame de la vie.

SM1THF1ELD, ville des Ktats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Rhode-Island, à 13 kilom. N.-O. de Providence ; 4,500 hab.

SMITH1E s. f. (smi-tl — de Smith, botan. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille ries légumineuses, tribu des hédysarées, com-

fnenant plusieurs espèces, qui croissent dans es régions tropicales de l'Asie et de l'Australie,

SM1TIISON (James), habile chimiste anglais , fils naturel du duc de Northumberland, né vers 1770, mort en 1829. Lié avec toutes les célébrités scientifiques de son temps, il s'appliqua avec succès à ia chimie et mérita par ses travaux d'être reçu à la Société royale de Londres. On lui doit d'intéressantes découvertes sur le minium natif, la zéolithe, I'ulmiue, etc., consignées dans une trentaine de mémoires qu'il adonnés aux Annales de Thomson, à celles de Chimie et de physique et au Journal de chimie médicale. Orfila mentionne, dans sa Toxicologie, les procédés imaginés par ce savant pour apprécier les quantités les plus minimes d'arsenic ou de mercure introduites dans le corps humain. Smithson, esprit cosmopolite, partageait sa résidence entre les grandes villes de l'Europe et de l'Amérique. En 1S26, il légua aux Etats-Unis 100,000 livres sterling pour la fondation d'une société destinée à populariser toutes les connaissances humaines par des publications répandues à grand nombre. L'Institution smithsonienne a dépassé les espérances de son fondateur.

SMITHSON (Henriette), actrice anglaise.

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