‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 469 sur 1059 · SNOB · texte numérisé non relu

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1820. Il fut d'abord imprimeur à Anvers, puis rédacteur d'un journal commercial et se fit connaître par de nombreux romans, dont quelques-uns ont été traduits en allemand, et par un recueil de poésies intitulé : Myne eerste sanzen. Parmi ses romans , citons : Burgerdeugt (1851); De arme schoolmeester (1851); De dorpspastoor (1853); Het bloemengraef(l&55) ; De fortuinzoeker (1858), etc.

SNOB s. m. (snobb — mot. angl.). Personne entachée de snobbisme.

Snob* (le livre des), études humoristiques , par W. Thackeray (Londres, 1848, in-12). Le Livre des snobs, qui a rendu le nom de Thackeray populaire, parut d'abord par chapitres dans le journal le Punch, qui lui a dû la plus grande partie de sa célébrité. Qu'est-ce qu'un snob? Il ne faut pas perdre de vue que ce mot, néologisme populaire, était en usage avant le livre où il a été défini avec tant de succès. Les hommes au langage un peu rude le jetaient volontiers comme une injure a la face de ceux qu'ils méprisaient; les femmes, en petit comité, commençaient même à se permettre ce petit mot, qui prenait dans leur bouche une grâce inattendue. Thackeray n'a donc pas découvert les snobs, mais il les a mis à leur véritable place ; il a montré quels étaient ceux, qui méritaient ce nom ; il n'a pas créé le mot, il l'a expliqué philosophiquement. Le philosophe et le vulgaire ne se servent pas de la même manière du terme de snob, comme ils ne font pas le même usage de celui de gentleman. Suivant le philosophe, le gentleman est un homme d'un cceur honnête, d'une noble nature, un homme généreux, brave, sage, non-seulement doué de toutes ces qualités, mais sachant les pratiquer avec grâce. Suivant le monde, au contraire, le gentleman se compose plus d'apparences que de réalités. Jouer ses créanciers, rendre sa femme malheureuse, entretenir des actrices, faire élever ses enfants par les domestiques, telle est sa vie. Tant qu'il ne cessa pas de fréquenter les églises et de garder les apparences, il est toujours un parfait gentleman. « Nox, dit alors le philosophe, vous n'êtes qu'un snob, et le plus orgueilleux, le plus personnel et le plus infatué de tous. • La maladie nationale anglaise est l'hypocrisie, baptisée par les insulaires eux-mêmes du nom de cant; aussi le Livre des snobs arrivat-il bien à propos : il venait fustiger toutes sortes de faussetés vaniteuses et de menteuses politesses. Le snobbisme lui-même n'était-il pas un grand mensonge, le mensonge de tous? Le succès de ces articles du Punch ne peut être comparé qu'à celui de Steele et d'Addison dans le Tailler et dans le Spectateur. Monsieur Punch mit en feu les clubs ; au lieu de dormir abandonné sur quelque table, il fut passé ae main en main, demandé, arraché. On le maudit, on l'envoj'a au diable, mais on l'écouta; on rit surtout de ses malices et de son franc parler. Chacun voulait l'avoir pour soi et contre ses ennemis, peut-être aussi contre ses amis et connaissances. Les nations aiment en général qu'on leur dise la vérité. Toutes les semaines, on attendait son tour avec inquiétude. Le redoutable Punch frappa à toutes les portes ; il ne respecta ni la cour ni l'Eglise. Les négociants de la Cité apprirent avec délices que la richesse de ce baronnet ou de cette comtesse n'était qu'une comédie, que ces belles daines étaient réduites à la portion congrue et que ces laquais poudrés mouraient de faim. Punch dévoilait le snobbisme caché sous le surplis du prêtre; il ne respectait pas même l'armée, et, quoique les officiers soient ses plus fidèles habitués, il ne craignait pas de les poursuivre au club, au café, au parc, de singer plaisamment leurs jurements, leurs vanteries, leurs défis bachiques, de railler surtout la morgue de ces aristocrates à la poitrine rembourrée. Médecin sagace et infatigable, Thackeray a suivi avec obstination dans ces études la trace du snobbisme, mal endémique, mal vraiment anglais ; il ne l'a pas perdu, de vue; il a décrit cette affection morale en médecin de l'âme et nous a laissé la monographie la plus complète et la plus ingénieuse du cant britannique.

« Que de snobs dans ce monde I dit à propos de ce livre M. E. Levasseur (Revue de l'instruction publique) ; quelle curieuse collection, que celle quî nous montrerait les types si divers de ces hommes dont les préjugés et la sottise ont faussé le naturel et qui, pour avoir la puérile satisfaction de paraître ce qu'ils ne sont pas, se rendent malheureux ou ridicules l Mais quelle galerie serait assez vaste pour contenir tous leurs portraits? L'auteur du Livre des snobs n'a pas eu la prétention de les donner tous au public; il s'est contenté en quelque sorte de déterminer les genres et d esquisser, avec une gaieté et une finesse remarquables, les types principaux. Les snobs se ressemblent un peu dans tous les pays ; cependant, il y a des différences bien marquées entre les snobs au. milieu desquels nous vivons et les snobs d'outre-mer. Le crayon d'un Anglais pouvait seul dessiner avec autant de vérité les snoba de l'aristocratie, depuis l'enfant qui reçoit déjà à l'université les honneurs dus à son nom et le jeune homme imberbe qui commande une compagnie en attendant qu'on lui donne un régiment jusqu'au marquis de Carabas, dont le parc désert et le château

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délabré respirent l'ennui et l'indigence, pendant que l'orgueilleux seigneur affiche à Londres un luxe insolent... Le Livre des snobs n'est pas seulement une esquisse délicate et une spirituelle raillerie; 1 auteur aie cœur bien placé; à côté de la plaisanterie percent souvent un regret sincère des travers de l'humanité et un vif sentiment de l'honnêteté... C'est l'allure ordinaire de l'auteur ; tantôt plaisant, tantôt sérieux, il a partout une vivacité qui plaît, des saillies imprévues qui étonnent et qui sont un des caractères de l'humoriste anglais. •

SNOBBISME s. m. (sno-bi-sme — angl.

snobbism ; de snob, savetier). Pose, affectation sotte, ridicule ; hypocrisie vaniteuse.

SNŒHATTAN, montagne de Norvège, dans la chaîne des Dofrines, sur la limite des stifts ou diocèses de Drontheitu et Aggerliuus, k 150 kilom, S.-O. de Drontbeim; 2,389 mètres. C'est un des sommets les plus élevés des Alpes Scandinaves.

SNORRI, SXORKO-STURLKSON ou STUR- LUSON, [<oSte et historien islandais, né dans le Data-Syssil, district occidental de l'Islande, en 1178, mort assassiné en 1241. Il était d'une famille considérable et qui se prétendait issue de la race des rois de Norvège et des ducs de Normandie. Snorri fut élevé par Jon Loptson, homme fort instruit, qui lui inspira de bonne heure le goût des éludes historiques. En 1198, il fit un riche mariage, devint possesseur de plusieurs villages et alla se fixer à Reykiaholt (1209), où il lit construire une sorte de château fort et des bains sur des sources thermales. Ses richesses et son instruction ne tardèrent pas à lui acquérir dans l'île une grande influence. Il devint successivement iopso gumada, ou interprète des lois, langmand, ou président des assemblées nationales (1213), goda, ou chef de plusieurs districts, et lœgsœQumiulur ou juge suprême. En même temps, il s'adonnait k la poésie, et ses vers eurent un grand succès. En 1218, Snorri lit un voyage, en Norvège, où il reçut le plus bienveillant accueil du puissant jarl Skuli, qui lui fit de riches présents, et passa de la en Suède. Pendant son excursion, il s'était altaclié k recueillir les anciennes traditions et les sagas Scandinaves. Quelques années après son retour, en 1224, le partage des biens de sa mère amena entre lui et son frère Sigwat une brouille violente qui fut la cause de plusieurs meurtres. Dés ce moment, sa vie fut des plus agitées. Son lils Urpekia ayant fait une incursion armée dans les domaines do son oncle Sigwat, le fils de celui-ci, Sturla, s'empara Ue Reykiaholt. Snorri dut s'enfuir en Norvège. Il se rendit auprès du jarl Skuli, prit son parti contre le roi Hakon, que le puissant jarl voulait détrôner, et fut nommé baron, puis jarl. Hakon proscrivit Snorri, qui s'enfuit en Islande (1238) et retourna k Reykiaholt. Il y vivait dans la retraite lorsque Gissur, à qui il avait donné sa .fille Ingeborg en mariage, s'entendit avec deux fils de la seconde femme de Snorri, depuis longtemps en guerre avec leur beau-père, pour s emparer de ses immenses richesses. Surpris à Reykiaholt par Gissur, Snorri chercha à fuir par Jés souterrains, mais il y fut poursuivi et assassiné. On lui doit le système de la mythologie Scandinave, qui fut nommé d'après lui Snorra-Edda, où il a, en outre, inséré beau-coup de passages des poésies des scaldes. Cet ouvrage, publié avec une version latine par Resenius (Copenhague, 1665) et parRaak (1818), a été traduit en français (Genève, 1787). Snorri réunit aussi en un corps d'ouvrage les sagas; ce recueil, auquel il donna le titre à'Heimskringla, a été publié à Stockholm en 1C97 (2 vol. in-fol.), texte islandais avec version latine et suédoise, et à Copenhague (1777-1826, 6 vol. in-fol.). Cette chronique étendue des rois véritables et fabuleux de la Norvège est fort intéressante.

SNOTRA ou SNORRA, déesse Scandinave de la vertu, de la décence et de la sagesse. Elle protège toutes les personnes vertueuses, qui, d'après elle, sont nommées snolur.

SNOWDON, montagne d'Angleterre, dans la partie septentrionale du pays de Galles, sur la limite des comtés de Caniarvon et de Merioneth. Le point culminant al, 1S1 mètres. Ce pic était regardé comme sacré par les anciens Bretons.

SNOWHILL, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans le comté de Miffiylaud, à 230 kilom. S.-E. d'Annapolis, sur la rivière de Pocoinoke; 4,000 hab. Commerce de grains et de bois de charpente.

SNOY (Renier), écrivain hollandais, né a Gouda en 1477, mort dans la même ville en 1537. Il étudia successivement k Gouda, à Jiouvain et k Bologne, où il prit le grade de docteur en médecine. De retour en Hollande, il fut chargé de missions diplomatiques auprès de Christian II, roi de Danemark, réfugié a cette époque en Hollande, et auprès de Jacques IV, roi d'Ecosse. Snoy se rendit ensuite en Angleterre et y exerça la médecine pendant plusieurs années; puis il revint dans sa ville natale, dont il fut nommé bourgmestre. On a de Snoy : î>e libertate christiana (1550, i)i-8°); De rébus balavicis libri XJII, insera avec ia vie de Snoy, composée par Brassica, son neveu, dans les Jierum belgica~ rum, annales de Fr. Sweert (Francfort, 1620,

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in-fol.) ; Paraphrasis perspicua in omnes Davidis psalmos. On a encore de Snoy divers écrits de médecine, d'histoire, de philosophie, de théologie et de poésie.

SNOY (Lambert), né à Malines en 1574, mort vers 1838. Il est auteur d'un travail relatif à l'histoire généalogique des Pays-Bas, travail dont Buikens s est beaucoup servi pour la rédaction de ses Trophées du Brabant.

SNYDERS, en latin Sartorlus, humaniste hollandais du xvio siècle, mort a Leyde en 1567 ou 1570. Très-versé dans la connaissance des langues mortes, il enseigna l'hébreu dans sa ville natale. .Sa conversion au protestantisme lui attira beaucoup de désagréments. Vers la tin de sa carrière, il mena une vie errante. On a de lui : Paraphrase des grands et des petits prophètes, publiée sous le nom de Tosarritts, anagramme de Sartorius (Bàle, 1558, in-fol.) ; Grammatica latina ; Centuria syntaxea (Anvers, 1530); AJayiorum chiliades III, en grec, en latin et en hollandais (réédité par Schrevelius, 1670, in-go); Silvula vocabulorum (Anvers, 1563).

SNYDEKS (François), peintre flamand.

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