‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 475 sur 1059 · FÉLIX MORNAND · texte numérisé non relu

FÉLIX MORNAND

■ On raconte que récemment encore, lorsque ce triste Opéra-Comique, ayant été forcé de fuir son désert de la rue Ventadour, faisait restaurer pour son usage la salle des Nouveautés, plusieurs des anciens sociétaires censuraient les réparations, et que tous étaient d'avis que la salle était trop petite ; mais le bon Opéra-Comique s'écria douloureusement : Plût à Dieu que, telle qu'elle est, elle pût être pleine de vrais amateurs.' » (Revue des Deux-Mondes.)

• Sa maison de campagne ressemblait un peu à la maison de Socrate; mais enfin c'était une maison, et n'eût-on pu y tenir qu'une seule personne en deux fois, c'est pour un poète un luxe tout à fait asiatique et digne de Sardanapale. t

Théophile Gautier.

Socrate (apologie de), par Platon. V. apologie.

Socrate (ENTRETIENS MÉMORABLES DE), par

Xénophon. Composés peu de temps après la mort du maître, entre 399 et 395 avant l'ère chrétienne, ces Entretiens portent aussi, dans les traductions, les titres de Dits mémorables et de Mémoires de Socrate. Ils ont une tournure entièrement apologétique, l'auteur s'appliquant moins à mettre par écrit tout ce dont il se souvenait des entretiens de Socrate qu'à présenter sa défense sous forme d'exposition de doctrine. 11 s'efforce de le disculper des accusations qui l'avaient cond lit à la mort et de combattre les préventions qui existaient encore contre son enseignement. Ces Entretiens et quelques-uns des Dialogues socratiques de Platon, composés évidemment dans le même but, marquent assez que les Athéniens ne se repentaient pas de la mort du sage, ainsi qvie plus tard on a essayé de le faire croire, puisque, dans ce cas, de telles apologies eussent été inutiles. Xénophon revient sans cesse sur la pureté d'intentions du maître, sur son désintéressement, ses vertus publiques et privées; il s'attache a le disculper du mépris qu'on lui imputait pour les dieux et surtout a justifier sa méthode d'instruire les jeunes gens. Il repousse Comme une odieuse calomnie les accusations de pédérastie lancées à ce sujet par les ennemis de Socrate.

Cet ouvrage a de l'importance en ce qu'il permet de contrôler Platon. « Ce n'est pas, dit A. Pierron (Histoire de la littérature grecque), que Xénophon se soit donné beaucoup de peine ni pour en disposer les parties duos un ordre satisfaisant ni même pour reproduire dans toute leur vérité dramatique ces scènes où Socrate était le principal acteur; il s'est contenté de choisir, parmi les conversations qu'il avait jadis rédigées, celles qui pouvaient le mieux servir à l'apologie des doctrines du maître et d'y ajouter quelques réflexions, pour faire mieux ressortir le sens des actions et des paroles de Socrate, puis il a mis le tout dans un ordre tel quel, ou a peu près, et l'a partagé en quatre livres. On accuse Platon d'avoir donné à Socrate plus d'esprit qu'il n'en avait; Xénophon, au contraire, lui en a ôté quelque peu. Certes, le vrai Socrate avait plus rie verve, plus de finesse et plus de grâce que celui des Mëmoires; mais cette image est fidèle, encore qu'affaiblie : c'est toujours Socrate, c'est-à-dire le plus aimable et le meilleur des hommes. Xénophon a fait mieux que justifier Socrate, il l'a fait aimer. »

Socrate (apologie de), par Xénophon.

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