V. Mo.NTBARRKY
SAINX-MÉGRIN (Paul de Stukr de Caussade, comte du), mignon de Henri III, mort à Paris en 1578. Le roi l'avait fait, en récompense de ses complaisances honteuses, premier gentilhomme de sa chambre, gouverneur de la Saintonge et de l'Angouinois et mestre de camp de la cavalerie légère. Dans la vie de ce courtisan, on ne peut noter que deux faits, qui ne sont, du reste, point à sa louange : la part qu'il prit au duel dans lequel les quatre favoris du roi essa3'èreut d'assassiner Bussy d'Amboise, et sa mort (il fut tué par les gens de Henri de Guise, dont il avait séduit la femme, Catherine de Clèves).
SAINT-MICHEL (Alexis de), littérateur français, né à Lorient en 1795, mort en 1827. On ignore les diverses circonstances de sa vie et l'on ne connaît que pur quelques petits poèmes ce riineur qui consacra sa vie entière à une traduction des œuvres d'Ossian, encore inédite. Les poèmes dont nous venons de parler sont: la Guerre de Thura (1813); Fiuyal (1819); la Vierge de Groa (1821).
Saiui-Miebel (PONT). V. PARIS.
SAINT-MORTS (Etienne Bodrgevin Vialart, comte de), littérateur français, né en 1772, mort en 1817. 11 émigra avec sa famille, servit dans l'armée do Coudé, voyagea dans le Nord après son licenciement et revint à Paris en 1803. Compromis, en 1804, dans le complot de Georges Cadoudal, il fut emprisonné, puis mis en surveillance et se mêla à toute'i les intrigues royalistes jusqu'à la fin de l'Empire. En 1814, ii fut nommé lieutenant des gardes du roi et maréchal du camp. En 1815, il suivit Louis XVIII à Gand et, au retour des Bourbons, c'est lui qui planta le drapeau blanc au fronton des Tuileries. Malgré sa sympathie bien constatée pour la Restauration, il eut, en 181G, après la dissolution de la Chambre, des velléités d'indépendance et vota pour un candidat hostile au ministère. On lui suscita alors mille tracasseries, qui aboutirent à un duel, dans lequel de Morys fut tué. Sa femme demanda justice contre ceux qu'elle appelait les assassins de son mari, mais sa requête fut repoussée. On doit à Morys : Voyage pittoresque en Scandinavie (Londres, 1802, in-4°); Tableau littéraire de la France au xvme siècle (1809, in-s°) ; Réflexions d'un sujet de Louis XVI11 (1814, iu-8°) ; Aperçus sur la politique de l'Europe et l'administration intérieure de la France (1815, in-S°); Proposition d'une mesure pour dégrever la dette de l'Etat et réduire les impôts (1816, in-SO).
SAINTMORYSIE s. f. (sain-mo-ri-zl — de Suint-Morys, n. pi-.). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des composées, tribu des sénéciotiées, comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SAINT-NECTAIRE (Madeleine du), héroïne française, née eu Auvergne vers 1526. Fille d'un bailli des montagnes de la haute Auvergne et de Marguerite d'Eiampes, Madeleine épousa, le 29 mai 1548, Gui de Miremont, seigneur de Saint-Exupéry. Elle devint veuve lie bonne heure Madeleine avait une âme ardente, un courage tout viril. Elle soutint de son epée le parti protestant, auquel elle était attachée, et se signala particulièrement dans la guerre civile, dirigée par François de Rosières, seigneur de Montai, lieutenant du roi, contre la haute Auvergne, Madeleine de Saint-Nectaire marchait a la tète d'une troupe de cavalerie , composée de 6i> gentilshommes, « qui suivoient, Oit d'Aubigné , le drapeau de l'amour et le sien ensemble , tous brûlant pour elle , sans que jamais aucun ait pu se vanter d'une caresse dùslioiinéie. » Eau lutta avec énergie contre le lieutenant du roi et finit par le battre dans une rencontre où il fut tue.
Madeleine de Sa.ut-Neetaire se distingua encore, par la suite, dans le parti du roi Henri 111 contre la Ligue, Elle ne laissa qu'une lille qui, le 19 mai 1571, avait épousé Henri de Bourbon, vicomte de Lavedan et baron de Malanse.
SAINT-NON (Jean-Claude Richard, abbé du), antiquaire et graveur, né U Paris en 1727, mort dans la même ville en Ï791. Son père, receveur général à Paris, le destina à la carrière ecclésiastique. Toutefois, il se buruti à recevoir le sous - diaconat et acheta une charge de conseiller clerc au parlement de Paris. Lorsqu'on 1752 la plus grande partie du parlement fut exilée à Poitiers pour son opposition à la bulle Unigenilus, Saint-Non partagea le sort de ses collègues. Pendant sou séjour a Poitiers, il s'adonna à la gravure et se prie d'un tel goût pour ies arts qu'il vendit sa charge de conseiller en 1657. Ayant obtenu en coinmende l'abbaye de Poultieres (1759), ce qui mettait à sa disposition de beaux revenus, il se rendit en Angleterre, puis passa en Italie, où il se lia avec Robert
SAIN
Hubert et Fragonard. Pendant un voyage qu'il fit à Naples et en Sicile avec ces deux artistes, il dessina, concurremment avec eux, les sites remarquables , les plus beaux monuments artistiques et se mit ensuite à graver beaucoup de planches à l'eau-forle. De retour à Paris, soit avec ses propres ressources, soit avec l'aide de riches amateurs, il mena à bonne fin cette entreprise, une des plus vastes de ce genre qui aient été tentées au xvme siècle. L'ouvrage parut de 1781 à 1786, en 5 vol. in-fol., avec 417 pi., sous le titre de Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile. Il faut citer, parmi les collaborateurs de Saint-Non , Robert Hubert, Fragonard et Denon, pour la partie artistique; Dolomieu, Rome de l'Isle, Faujas, Chamfort, pour la partie scientifique ou littéraire. Une nouvelle édition de ce beau livre a été donnée en 1828parGharrin,en 4 vol. in -80, avec atlas in-fol. de 558 pi. Saint-Non devint associé libre de l'Académie de peinture en 1777. C'était un homme instruit, aimable, aux idées très-larges, qui vivait dans la société des philosophes et répandait les idées qui devaient triompher avec la Révolution. Réduit, à cette époque, aux seuls revenus de son abbaye , il en offrit la moitié à la nation. Outre un grand nombre d'estampes d'après Berghem, Fragonard, Ville, etc., on lui doit, d'apres ses propres dessins : huit Vues du Moulin-Joli (1755, in-4»); Vues de Home (60 pi.) ; Recueil de yriffonis , vues, pnysuyes, fragments antiques et sujets historiques (gr. in-fol. de 158 pi.); deux jolies eaux-fortes, le Concert et Visite à la malade, etc.
SAINT-OFFICE s. m. Congrégation de l'inquisition établie à Rome. Il Tribunal de l'inquisition : Ou il faut rétablir te tribunal du saint-office, ou il faut renoncera l'espoir de trouver la limite imaginaire entre la liberté et la licence. (E. de Gir.)
; — Rem. L'Académie écrit ce mot sans trait d'union au mot office et avec un trait d'union au mot saint.
SAINTOIS (le), petit pays de France. V.
Xain-tojs.
SA1NT-OLON, diplomate français. V, Pidou.
SAINTONGE, en latin Santonia , Santonensis tractas, ancienne province de la France, formant avec l'Angoumois un des grands gouvernements, bornée au N. par lu Poitou et l'Aunis, à l'O. par l'Océan, au S. par la Guyenne, à l'E. par l'Angoumois et le Périgord. Elle forme de nos jours la partie méridionale du département de la Charente-Inférieure. Cette province était divisée en deux parties par la Charente : la haute Saintonge, capitale Saintes; villes principales, Marennes, Royon, Barbezieux et Pons; lu basse Samtonge, capitale Suint- Jean -d'Augely; villes principales, Taillebourg, Tonnay-Churente. La Saintonge tirait son nom des Gaulois Santoues, qu'Auguste comprit dans l'Aquitaine. Les Wisigoths s'en emparèrenien 419 et les Francs eu 507. Eudes, duc d'Aquitaine, la réunit à ses Etats. Apres son divorce, Eleonore d'Aquitaine apporta la Saintonge en dot à Henri H d'Angleterre. Philippe-Auguste confisqua cette contrée sur Jean sans Terre, mais il ne put s'emparer que de la haute Saintonge; il était réservé à Charles V de la réunir à la couronne de France. Cette malheureuse province, si cruellement ravagée pendant la guerre de Cent ans, fut encore ensanglantée par les guerres de religion et par les troubles de la Ligue, qui y eut de nombreux partisans.
SAINTONGE ou SAINCTONGE (Louise-Geneviève Gili.ot, dame de), femme de lettres française, née à Paris en 165u, morte en la même ville le 24 mars 1718. Fille de M»e Gillot de Beaucour, plus connue sous le nom de Mai» Gomcz de Yaseoueellos, elle fut mariée a un avocat du nom de Saintonge. On a d'elle des opéras, des comédies, un ouvrage historique, des ballets et des ballades, des madrigaux et des chansons, des èglogues et des epîtres, voire même des sonnets et des boutsrimés. Nous citerons, parmi ses œuvres : Circé, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue, en vers libres (Paris, 1694, iu-40), réimprimée l'année suivante a Amsterdam (1C95, in-12); la Diane de Montemuyor, tuée ou plutôt traduite de l'espagnol (Pans, 1733, in-12); la première édition est de 1696; Bidon, tragédie en cinq actes et uu prologue, eu vers libres (1G96 et 1704, in-40) ; la musique de cette tragédie, ainsi que de celle de Circé, est de De.smarets ; Histoire secrète de don Antonio, rot de Portugal, tirée des Mémoires de non Uomez Vasconcellos de Figuerado {1696, iu-12). Figuerado était l'aïeul maternel de Mme Saintonge , et c'est bien véritablement de lui qu'elle tenait les Mémoires qui lui ont .servi à faire cette histoire; cependant les historiens espagnols et portugais ne veulent pas y ajouter fui et la regardent comme une œuvre mensongère. Ede fut réimprimée en Hollande des la même année. Citons encore : Poésies galantes (Paris, 1696, in-12); ce petit voiuine, dédié à Madame, contient le Charme des saisons, baLet, trois idylles diaioguées, quelques epitres, des élégies, doa énigmes, des épigrammea et beaucoup de chansons à boire; Poésies diverses (Dijon, 1714, 2 vol. in-12, et 1727, 2 vol. iu-8°); ce second recueil reproduit les pièces contenues dans ie volume des poésies galantes et est augmenté de V Intrigue des concerts, comè-
SAIN
die; Diane et Endymioii, pastorale héroïque ; Griseldis ou la Princesse de Saluées, comédie en vers et en cinq actes, et quelques poésies légères.
SAINTONGEAIS , AISE s. et adj. (sainton-jè, è-ze). Habitant de Saintes ou de Ja Suintonge; qui appartient à ces pays ou à leurs habitants : Les Saintongeais. La population SAINTONGEAISE.
SA1NT-OCEN (Laure de Boen, danie de)' auteur de livres de morale et d'éducation, née à Lyon en 1784. Fille de M. Ponctis de Boen, chef d'une famille riche et distinguée du Lyonnais, elle fut mariée, en Lorraine, à M. de Saint-Ouen et alla se fixer à Nancy. Dès l'enfance, elle avait aimé les lettres ; son éducation avait été soignée, son instruction était solide et étendue plus que ne l'est d'ordinaire l'instruction des jeunes filles. Elle ne songea que fort tard, cependant, à se lancer dans la littérature. Mère de plusieurs enfants et mue par le désir de leur faciliter l'étude de l'histoire, elle entreprit la composition de quelques ouvrages élémentaires dans ce louable but. L'expérience de sa propre famille avait pu la convaincre qu'à l'âge où la raison n'est pas encore développée la mémoire est douée d'une grande extension. Or, mettant cette observation à profit, elle pensa qu'il importait de se servir de la faculté dominante chez l'enfance pour meubler de bon ne heure son esprit. C'est cette pensée qui dirigea-Mlnc de Saint-Ouen dans tous ses travaux. Aussi son premier ouvrage, publié en 1822, fut-il une collection de cinq tableaux mnémoniques de l'histoire de France, accompagnés d'un volume in-12 de texte explicatif.
Le système mnémonique de Mme de Saint- Ouen,, conçu sous une forme nouvelle , eut d'excellents résultats. Appliqué d'abord uniquement à l'histoire de France, il le fut bientôt à plusieurs autres histoires avec le même succès, « Simple et facile à saisir.il consiste, dit Mme Savert, dans une galerie de portraits reproduisant, chaque souverain et dans la représentation, par des emblèmes, des principaux événements accomplis sous leur règne, o
Un pareil début imposait à Mme de Saint- Ouen l'obligation de ne point s'arrêter là; en avril 1825, elle publia l'Histoire d'Angleterre en 1 vol. et 5 tableaux. La même année, elle donna les Œuvres choisies de Stanislas, précédées d'une notice sur la vie de ce prince (1 vol. in-8°, orné de portraits). Ce livre fut approuvé par l'Université et recommandé comme ouvrage a donner en prix.
Mme de Saint-Ouen ne publia rien de l'année 1S27 à l'année 1832. A cette époque parut une volumineuse Histoire de Napoléon. Cette œuvre avait absorbé cinq années de la vie de notre auteur. C'est la moins parfaite cependant.
On doit à Mme de Saint-Ouen, outre les ouvrages cités ci-dessus : Histoire ancienne élémentaire, accompagnée de tableaux chronologiques (Paris, 1833-1834, in-is) ; Histoire romaine élémentaire , accompagnée de tableaux et de cartes (Paris, 1834, in-18; Paris et Nancy, 1837, in-18); Histoire ancienne mnémonique, avec emblèmes et portraits (Paris, 1837, in-12); Histoire de France élémentaire, de 1789 a 1830, pour servir de suite et de complément à l'Histoire de France {Paris, 1838, in-18) ; 5e édition de l'Histoire romaine élémentaire (Paris, 1844, in-18) ; 8e édition de l'Histoire ancienne élémentaire (Paris, 1844, in-18); Histoire sainte élémentaire, accompagnée de tableaux chronologiques disposés pour l'étude (Paris , 1845, ia-18) ; Histoire de France depuis l'établissement des Francs dans la Gaule jusqu'à nos jours, avec le portrait des rois et une carte de la France à l'époque actuelle (Paris, 1849, in-18); Tableaux mnémoniques de l'histoire d' Angleterre, contenant le portrait de chaque roi et les principaux événements de chaque règne, indiqués par différents emblèmes, accompagnée d'un texte explicatif (Paris, in-12).
SAINT-OURS (Jean-Pierre dk), peintre suisse, né à Genève en 1752, mort dans cette ville en 1809. Il descendait d'une famille de réfugiés protestants français, et son père lui donna les premières leçous de dessin. Envoyé à Paris à l'âge de seize ans, il fut admis dans l'atelier du peintre Vien. Après avoir obtenu divers succès à des concours académiques (1772, 1774), il obtint, en 1780, le grand prix de peinture avec son tableau, l' Enlèvement des Satines, qui figure encore aujourd'hui au musée du Louvre. Précédemment (1778), il avait remporté le second prix de Home ; le sujet du concours était David condamnant à mort l'Amalécite qui lui apporte le diadème de Saùl, De sou séjour à Rome, il avait rapporté une Lutte aux jeux Olympiques, « aussi recommandable par la beauté des détails que par la richesse du plan. » En sa double qualité d'étranger et de protestant, il avait été contraint de faire le voyage de Rome à ses frais, et il eut à subir bien des privatious, à surmonter bien des obstacles. En Italie, il travailla sous la direction de Battoni. 11 revint au bout de douze ans; mais les troubles de la Révolution, le mauvais état de sa santé et la nostalgie le ramenèrent a Genève (1792), où il se inaria et se consacra tout entier à son art. Le gouvernement français ayant mis au concours le sujt't du Concordat, Saint-Ours envoya un dessin, le seul qui obtint un accessit. Il y
SAIN
avait soixante-douze concurrents. Ce fut alors que l'Institut le nomma correspondant étranger. Saint-Ours laissa à sa mort beau- Coup d'études à l'huile et des Recherches historiques sur l'utilité politique de quelquesuns des beaux-arts chez les différents peuples, ouvrage inachevé. On loue chez lui la pureté du dessin, la délicatesse de l'expression, la sagesse de l'ordonnance et parfois une grande vigueur de pinceau. Ses principaux ouvrages (musée Rath, à Genève) sont : David et Abigaîl, V Amour enlevant Psyché, les Jeux Olympiques, le Tremblement de terre, Homère chantant ses poésies. Cet artiste peignait aussi fort bien le portrait.
SAINT- PARD (Pierre-Nicolas van Blota- QUb, abbé de), théologien belge, né à Givet- Saint-Hilaire, province de Liège, en 1734, mort à Paris eu 1824. Entré chez les jésuites, il vint à Paris immédiatement après la suppression de son ordre, devint directeur des sœurs de la Visitation et, après avoir traversé sans encombre la Révolution, se fit emprisonner deux fois, sous le Directoire, pour excès de zèle religieux. Nommé, après le concordat de 1801, chanoine honoraire de Notre-Dame, il s'attacha à. la paroisse de Saint-Jacques-du-Haut Pas. On lui doit : Retraite de dix jours (Paris, 1773, in-12); l'Ame chrétienne (Paris, 1774, in-12); le Jour de communion (Paris, 177G, iu-lî); Exercices de l'amour du pénitent (1799, in-16), et une traduction de la Vie de Jésus-Christ, écrite en latin par le Père Avicin.
SAINT-PAUL (François de Bourbon, comte de), capitaine français, né à Hara (Picardie) en 1491, mort aux environs de Beims en 1545. Il prit part à la bataille do Marignan, où il fut nommé chevalier par Bayard, et il était gouverneur de l'Ile-de-France quand arriva chez lui, à Romorantin, l'accident qui faillit coûter la vie à François 1er, accident qui ramena la mode des longues barbes (v, barbe). Saint-Paul se signala successivement à Mèzières, à Pnvie, où il fut blessé à eôlé du roi, à Chambéry, à l.andrecies, et termina sa brillante carrière avec le titre de gouverneur du Dauphiné.
SAINT-PAUL (François dk), écrivain réformiste français. Les dates de sa naissanco et de sa mort sont inconnues. Réfugié en Suisse pour cause de religion, il desservit d'abord l'église de Vevay er. se retira à Lausanne en 1549. Quelques années plus tard, on le trouve prêchant à Moniélimart dans l'église des Cordeliers, dont les huguenots s'étaient emparés. Retourné en Suisse, à la suite de la conjuration d'Amboise , Saint- Paul n'y lit qu'un séjour de peu de durée et revint en France pour occuper la place de pasteur île l'église de Dieppe. Il assista en cette qualité au colloque de Poissy. Après la trahison qui livra Dieppe aux catholiques en 1567, il se réfugia en Angleterre avec un grand nombre de ses prosélytes, qui fondèrent dans leur patrie d'adoption l'église de Rye, dont il fut nommé pasteur. On connaît de lui trois écrits : Discours brief et familier sur le fait de la seule vraye et ancienne religion (Dieppe, 1565) ; l'Usage de ta religion chrestienue ou les Offices et devoirs des chrestiens (Dieppe, 1566); Brief discours sur l'empirement du monde, singulièrement depuis que le Seigneur luy a esclairé de son pur Evangile, avec le souverain remède pour s'en garantir (Dieppe, 15G6).
SAINT-PAUL (François-Paul Bari.etti de), grammairien français, né à Paris en 1734, mort dans la même ville en 1809. Sa jeunesse fut très-orageuse. Il fut un instant sous-in- Stituteur des enfants de France, puis, à la suite d'une querelle dont l'origine était suspecte, il fut forcé de s'enfuir ù Naples. De là il passa à Rome, où il reçut l'autorisation de revenir à Paris, et, dès son arrivée, i! fit paraître le prospectus de son Encyclopédie élémentaire. L'Université s'éleva contre ce livre, et le parlement blàina l'auteur, qui attaqua ses persécuteurs et jusqu'au lieutenant de police, M. de Sartine ; celui-ci le rit mettre à la Bastille. Sa détention terminée, il alla professer pendant trois ans en Espagne, puis il revint en France et se remit à solliciter du gouvernement l'approbation de ses traités élémentaires, qu'il ne put obtenir qu'en partie. Pendant la Révolution et sous l'Empire, Saint-Paul, qui avait voué toute son intelligence à la découverte des moyens propres-à faciliter l'instruction des enfants, devint successivement membre du jury de l'instruction publique, professeur de grammaire générale au collège des Quatre -Nations, puis à l'école centrale de Fontainebleau. On lui doit, entre autres écrits : Essai sur une j introduction générale et raisonnée à l'élude des langues (Paris, 1756, in-12); le Secret révélé (Bruxelles, 17C4 , in-s0) ; Moyen de se préserver des erreurs de l'usage dans l'instruction de la jeunesse (Paris, 1781, in-4<>); Plan d'une maison d'éducation nationale (Kermès, 1784, in-4") ; Encyclopédie élémentaire (Paris, 1788, t. Ier, in-4u); Adresse aux quutrevingt-lrois départements ( 1791, iu-8°) ; Vues relatives au but et aux moyens de l'instruction du peuple (Paris, 1793, in-4»).
SAINT-PAYIN (Denis Sanguin de), poète français, né à Pans vers le commencement du xvu" siécie, mort en 1670. Son père, président aux enquêtes, fut aussi prévôt des marchands, et il eut pour mère Isabelle Se-
SAIN
guier, cousine du célèbre chancelier de ce nom. Malgré son tempérament passionné, Saint-Pavin entra dans les ordres pour jouir d'un riche bénéfice et profiter des avantages que lui assuraient sa naissance et ses relations de famille. Pourvu de l'abbaye de Livry, il en fit une sorte d'abbaye de Thélème, où la liberté dans la conversation et la bonne chère attiraient les beaux esprits. Saint-Pavin avait une réputation si bien établie d'incrédulité, qu'elle lui valut l'honneur de figurer, à titre de terme de comparaison, dans les vers de Boileau :
Avant qu'un tel dessein entre dans ma pensée, On pourra voir la Seine a la Saint-Jean glacée, Saint-Sorlin janséniste et Saint-Pavin bigot,..
L'abbé de Livry riposta par ce sonnet : Sylvandre, monté sur Parnasse Avant que personne en sût rien.
Trouva Régnier avec Horace
Et rechercha leur entretien.
Sans choix et de mauvaise grâce 11 pilla presque tout leur bien Et s'en servit avec audace, Et s'en para comme du sien.
Jaloux des plus fameux poètes,
Dans ses satires indiscrètes
Il choque leur gloire aujourd'hui.
En vérité, je lui pardonne;
S'il n'eût mal parlé de personne,
On n'eût jamais parlé de lui.
Boileau revint à la charge par ce sixain : Alidor, assis dans sa chaise, Médisant du ciel à son aise.
Peut bien médire aussi de moi ; Je ris de ses discours frivoles, On sait assez que ses paroles Ne sont pas articles de foi.
L'âge et la maladie aidant, Saint-Pavin fut touché par la grâce et son incrédulité ne résista pas à une peur violente. On prétend qu'il se convertit à la suite d'un rêve ou d'une hallucination. La nuit même où Théophile, son médecin et son ami, passa de vie à trépas, il s'entendit ou crut s'entendre appeler à plusieurs reprises par le trépassé. Son domestique, en cet instant, ayant ouï la même voix, il n'en fallut pas davantage pour faire passer le riineur en soutane de l'incrédulité à la bigoterie. Fieubet composa pour Saint-Pavin 1 épitaphe suivante :
Sous ce tombeau gît Saint-Pavin :
Donne des larmes à sa fin.
Tu fus de ses amis peut-être?
Pleure ton sort avec le sien.
Tu n'en fus pas? Pleure le lien.
Passant, d'avoir manqué d'en être.
Voici, du reste, le portrait de ce poète peint
par lui-même :
La nature injuste me fit .
Court, entassé, la panse grosse; Au milieu de mon dos se hausse Certain amas d'os et de chah- Fait en pointe comme un clocher.
Mes bras, d'une longueur extrême, Et mes jambes, presque de même, Me font prendre le plus souvent Pour un petit moulin à vent.
Ma mine est fort peu cavalière; Mon visage est fait de manière Qu'il tient moins du beau que du laid, Sans être choquant tout it fait ; Dans mes yeux, deux noires prunelles Brillent de maintes étincelles.
J'ai le nez pointu, je l'ai long, Je l'ai mul fait; mais je l'ai bon Et je sens venir toutes choses.
Enfin, je puis dire en un mot Que je n'ai pas le nez d'un sot.
Saint-Pavin, est-il dit dans le recueil de Barbin, « estoit assez touché de la beauté de ses ouvrages, » puisqu'il rit cette épigramme : Tircis fait cent vers en une heure, Je vais moins vite et n'ai pas tort; Les siens mourront avant qu'il meure, Les miens vivront après ma mort.
Mme de Sévigné eut des relations de société avec S.iint-Pavin, comme on le voit par ce passage de ses Lettres : • ... Il lit autrefois une épigramme sur les vendredis, qui étoient les jours qu'il me voyoit chez l'abbé; il parloit aux dieux et tinissoit :
Multipliez les vendredis.
Je vous quitte de tout le reste. ■
Les Œuvres do ce poète ont été éditées par Saint-Marc (Amsterdam [Paris], 1759, in-12). L'abbé Sanguin, après la mort de son frère, retrancha impitoyablement les pièces qui lui parurent compromettantes pour la mémoire du défunt.
SA1NT-PERAYY (Jean-Nicolas-Marcellin Guérineau de), littérateur français. V. GUÉ- RINEAU.
SAINT-PÈRE s. m. Titre donné au pape : Notre saint-père le pape. L'autorité absolue de la papauté n'est limitée que par les vertus privées du saint-peee. (F. About.)
SAINT-PÉUES (J. de), poète français. Il n'est connu que par un ouvrage intitule Vray trésor de l'histoire sainete sur le transport miracuteux de l'image de Nostre-Dame de Liesse (Paris, 1647, in-4»), qui a peu de valeur littéraire et ne doit son prix qu'à huit belles
SAIN 79
gravures de Poilly, d'après les dessins de Stella.
SA1NT-PERN (Bertrand de), seigneur de Légouyer, né en Bretagne vers la fin du xiilî siècle. Il fut ambassadeur en Angleterre en 1351, avec Duguesclin, son filleul, et Beaumanoir. En 1354, il se distingua dans le combat qui força les Anglais à lever le siège de Montmuran et sauva par son habileté Rennes, assiégée en 1356 par le duc de Lancastre, dont les soldats avaient failli pénétrer dans la ville par une mine. En 1338, il fut un des quatre juges du combat entre Du Guesclin et Guillaume Troussel.
SAINT-PERN (Bertrand de), fils du précédent, mort vers 1380. Il fit ses premières armes sous Du Guesclin et, quand celui-ci fut fait prisonnier, se livra avec les sires de Matignon et de Montbourcher pour la sûreté do la rançon, fixée à 100,000 livres. Il fut chargé par Du Guesclin de la défense de la ville, du château et du territoire de LaRoehe-Derrien. Il fit partie, avec ses frères Jean et Olivier, de l'association qui se forma à Rennes en 1379, entre les nobles bretons, pour assurer le duché au prince Jean IV, qu'on avait d'abord chassé.
SA1NT-PEHN (Jude de), connétable de Rennes, mort à Rennes le 17 mars 1595. Il fut nommé par Charles IX, en 1574, chevalier de l'ordre du roi, • en récompense de ses vertus, mérites et vaillance. > Il soutint constamment le parti du roi et eut ses biens saisis par lé duc de Mercœur, chef de la Ligue en Bretagne. — Jacques de Saint-Pern, son fils, fut lue en 15S8 devant Saint Mareellin, où il commandait un corps de troupes.
SAINT-PEUN DE LATAY ( Charles de), mort à Dinan en 1595. 11 se distingua par les combats qu'il livra aux Barbaresques. F.nveloppô par ia Hotte que le bey deTunis avait envoyée à sa poursuite, il fut pris après un combat mémorable. Les états de Bretagne rendirent hommage k son héroïsme et votèrent un fonds pour payer sa rançon.
SAINT-PERN (Jude-Vincent de), homme de guerre français, né en 1G94, mort à Francfort-sur-le-Meiii lu 8 mai 1701. Pour son début dans la carrière militaire il entra au régiment du roi (1713) et a.-.sista au siège de Landau , à la défaite de Vaubonue et au siège et ii la prise de Fribourg. Il se distingua en Italie dans les campagnes de 1733 et de 1735, fut nommé colonel le 26 novembre 1735 et obtint le commandement du régiment de la Marche en 1711 ; à son retour en Fiance, il lut nommé brigadier. 11 se couvrit de gloire dans la campagne de Flandre de 1744 et dans celles de 1743 et 1746, et fut Homme, lieutenant général le 10 mai 1748, puis colonel commandant et inspecteur général du régiitK'iit des grenadiers. Eu 1750, il commanda le camp d'Alsace et fut nommé inspecteur général de l'infanterie. Ea 1755, il commanda le camp de Dieppe ; puis il passa à l'année d'Allemagne, combattit à. Hastenbeck et commanda à Hanovre, sous le duc de (Jhevreuse, jusqu'au mois de février 1758, se distingua à Crevel et battit le prince de Holstuin-Gottorp à Borck. Il se signala par son sang-froid et son courage à la bataille de Minden, perdue par le maréchal de Contade, défendit intrépidement Minden en 1761, et mourut peu de temps après de l'excès de ses fatigues. Sa mort excita d'unanimes regrets. — Son neveu, le chevalier Bonaventure de Saint-Pern, mort puu de temps avant la Révolution, combattit dans les rangs de l'armée française en Italie, puis en Bohême, en Flandre, assista aux batailles de Fontenoy et de Raucoux, et en dernier lieu fut employé, en qualité de maréchal de camp, en Bretagne, puis en Corse, et fut nommé lieutenant général en 1780.
SAINT-PERN (René-Célestin - Bertrand, marquis de), né au château de Brondiueuf en 1716, mort en 1794. 11 commanda une division contre les Anglais, lors du débarquement da ceux-ci en Bretagne. Emprisonné avec sa femme, âgée de soixante-dix ans, eu 1793, il fut relâché en 1794, pendant que sa femme était condamnée à mort et exécutée. Il mourut de chagrin quelques jours après sa mise en liberté. — Un de ses fils, Jean-Louis- Marie- Bertrand, chevalier db Saint-Pern, ne près de La Trinité (Morbihan, arrondissement de Ploermel) le 27 février 1757, mort en 1815, fut page, sous-lieutenant, puis capitaine de l'armée française, émigra en septembre 1791, servit dans l'armée du prince deCondé, puis dans les uhlans autrichiens, enfin dans les partisans royaux en Bretagne, sous M. de Puisaye. Il fut lue dans les rangs des royalistes, lors des troubles de la Bretagne en 1815.
SA1NT-PHAL ou SAINT-FAL, artiste dramatique, sociétaire de la Coiuéuie-Françaisa, né en 1753, mort en 1835. Ses débuts au Théâtre-Français par le rôle de Gaston, dans Gaston et Bayàrd (1782), donnèrent lieu de supposer qu'il se placerait au premier rang, tant il produisit d'effet par sa bonne mine et cette chaleur de tête que le gros du public prend volontiers pour les élans d'une âme brûlante. Mais le talent réel- de Mole et de Fleury l'empêcha d'avancer, bien qu'il eût, comme le premier de ces excellents acteurs, cette espèce de béguyement que l'on goûtait beaucoup à cette époque. Saint-Phal con-
SAIN
serva toujours une sorte d'hésitation h prendre la parole, une diction saccadée dont la lingularité n'était pas sans charme. Cela le servit puissamment dans le rôle de Moineau, de Misanthropie et repentir, et ajouta encore à l'air honnête, souffrant et doux de toute sa personne. Lorsqu'il quitta les premiers rôles, il prit les pères nobles et les joua avec dignité et sentiment. Sans être esclave des traditions, il s'identifiait k son personnage et cherchait à faire valoir ses interlocuteurs par tous les moyens que lui permettaient ses rôles. Suint-Phal,' qui, avant 1S20, était déjà le doyen des acteurs do l'ancienne école, prit sa retraite en 1824. 11 avait été reçu au nombre des sociétaires de notre première scène en 1784. Hippobjte et Egisthe dans la tragédie, Saint-Albin et Desronais dans le drame, le Distrait, l'Homme singulier, le Métromane dans la comédie de caractère lui ont valu ses plus beaux succès.
SAINT-PHILIPPE (don Vincent Baccalar ï Sanna, marquis de), historien espagnol. V. Baccalar y Sanna.
SAINT-PIERRE (Charles-Irènêe Castel, abbé de), puljliciste et philanthrope français, néàSaint-Pierre-Eglise (Normandie) en 1G58, mort en 1743. 11 était fils d'un gouverneur de Valognes, cousin germain du maréchal de Villars. Aumônier de la duchesse d'Orléans en 1702, pourvu ensuite de l'abbaye deTiron par le crédit de cette princesse, il accompagna, en 1712, le cardinal de Polignac au "congrès d'Utreoht. Le spectacle des interminables conférences qui eurent lieu dans cette ville lui inspira l'idée d'y publier son Projet de paix perpétuelle (1713, 3 vol. in-12), dans lequel il demande la création d'un sénat ou tribunal arbitral européen, qui réglerait toutes les difficultés sans effusion de sang. Il fit paraître dans le même but, en ms, le JJiscours sur la polysynodie (in-4°), livre où il reproche à Louis XIV des guéries injustes, la révocation de ledit de Nantes, et lui refuse le nom de Grand. Cette hardiesse le lit expulser, la même année, Ù3 l'Académie.
Seul, Fontenelle osa voter en sa faveur. Après sa mort, il fut défendu k Maupertuis, qui le remplaça, de faire son éloge. Ce ne lut que trente-deux ans plus tard que d'Alembert put s'acquitter de ce devoir à l'Académie. Insensible aux persécutions, l'abbé de Saint-Pierre s'adressait à tous les ministres avec l'espoir de leur faire adopter ses projets. « Vous avez oublié un article essentiel, lui dit le cardinal Kleury, celui d'envoyer des missionnaires pour toucher le cœur des princes et leur persuader d'entrer dans vos vues. » Le cardinal Dubois disait k son tour : « Ce sont les rêves d'un homme de bien, » mot qui est resté célèbre. Il ne se contentait pas de prêcher l'amour des hommes, il le pratiquait; tout son bien était employé au soulagement des malheureux. Donner et pardonner étaient pour lui les principaux fondements de la morale. C'est lui qui, selon d'Alembert, employa le premier le mot bienfaisance. La langue française lui doit encore le mot gloriole. D'après un système qu'il mettait lui-même en pratique dans ses livres, il voulait que l'orthographe fût conforme k la prononciation. Il faut citer encore, parmi ses projets, celui d'un code uniforme pour tout le royaume et le remplacement do la tail.e arbitraire par une taille tarifée. Cette dernière réforme fut adoptée par quelques provinces. On a de lui, outre les ouvrages mentionnés plus haut : Mémoire pour perfectionner la police contre les duels (1715, in-4°) ; Mémoire pour les pauvres mendiants (1724, m-s«) ; Pi-oj et pour perfectionner l'éducation (1728, in-12); Projet pour perfectionner l'orthographe des langues d'Europe (1730, in-8°) ; Annales politiques (1757, 2 vol. in-8°). La plupart de ses écrits ont été réimprimés, en 1738-1741, sous le titre : Ouvrages de politique et de morale (18 vol. iu-12).
Terminons cet article en donnant l'opinion de Sainte-Beuve sur l'abbé de Saint-Pierre et sur ses œuvres :
« Ses idées ne sont jamais grandes; un bon nombre, quoique très-inégalement, sont utiles et justes. Ne lui demandez ni élévation ni profondeur ; ce n'est pas un Sieyès, ce n'est pas un Hegel que l'abbe de Sanu-Piurre; ce n'est pas un de ces penseurs difficiles k qui l'expression manque. 11 a de l'esprit, certainement, il a de la finesse; il n'a nul génie, et s'il voit de loin, c'est par une sono a infirmité, c'est qu'il est presbyte... La réputation de l'abbé de Saint- Pierre s'est relevée de nos jours. Les écoles avancées et progressives sont allées chercher dans ses écrits des pensées à l'appui de leurs espérances; les économistes ont pris plaisir k y relever des vues utiles et des projets d'améliorations positives. On lui a tenu compte de toutes ses bonnes intentions, et il est plus accepté aujourd hui qu'il ne l'a jamais été, sans avoir plus de chance d'être lu. On cite de lui , par-ci pur-lk, des phrases et des mots ; cela suffit. On le prend eu gros comme le représentant d'un dogme et comme une de ces figures qui se détachent de loin dans une avenue. On aimerait, pour inscription ou pour épiiuphe, à en rester avec lui sur le mot charmant de Saint-Simon: « Il avait de l'esprit, des lettres « et des chimères. » Mais ce serait une conclusion tiop flatteuse et qui le rapprocherait beaucoup trop de Fénelun. Les lettres sont précisément ce qui lui a manqué; il lui a
SAIN
manqué d'être un sage véritablement aimable. ■
SAINT-PIERRE (Eustaehe de), bourgeois de Calais, personnage légendaire de l'histoire de France. V. Eqstaciie. ■
SAINT-PIERRE (Jacques-Henri Bkrnardin de), célèbre littérateur français. V. Bernardin de Saint-Pierre.
SAINT- POL (François II de Bourbon- Vendôme, comte de), homme de guerre français, né k Ham en 1491, mort à Cotignan, près de Reims, en 1545. Compagnon d'enfance et ami de François Ier, il accompagna ce prince dans l'expédition d'Italie et se distingua à Marignan.En 1552, il força le comte de Nassau k lever le siège de Mêzières, puis reprit Mouzon et Bapaume. L'année suivante, il défit l'arrière-garde anglaise au combat du Pas, en Artois. En 1524, il prit part à l'expédition d'Italie et ramena en France les troupes découragées parla mortde Bayard, Fait prisonnier à Pavie, il s'évada deux fois, la seconde fois avec Succès. Eu 1587, il reçut le gouvernement du Dauphiné. Nommé au commandement de l'armée d'Italie en 1527, il prit Pavie (19 septembre 1527), qu'il saccagea, et Mortare (2 mai 1529), mais fut fait prisonnier k Landriano le 13 juin. A la suite de son mariage avec Jeanne d'Estouteville, il prit le titre de duc d'Estouteville de Bourbon. Il soumit la Savoie en 1536; il fut moins heureux en 1542 et 1543 et ne put empêcher Landreciesde tomber au pouvoir de l'ennemi.
SAINT-POL (Antoine MontbbtON de), l'un des chefs de la Ligue au xvi<* siècle, né vers 1550. Il fut d'abord page d'Antoine de Beauvais, seigneur de Nangis, puis entra au service de la Ligue eL seconda le duc Henri de Guise dans le combat d'Auneau (14 septembre 1587). Il contribua k sauver ce prince pendant la journée des Barricades, se rendit maître de la Champagne au nom de son maltro, puis de la ville de Reims , où il bâtit une citadelle; enfin il s'empara de Vitry-le-François et de Mêzières, où il fit construire une citadelle qui existe encore. Il fut nommé, en 1593, maréchal de France par le duc de Mayenne et livra plusieurs combats aux partisans du roi et, entre autres, au comte de Grandpré et à Louis de Gonzague, comte de Rethei ; il prit k ces deux seigneurs leurs places fortes qu'il déclara vouloir garder, sur la foi d'une prétendue donation du pape. Après avoir enlevé Epernay aux troupes royales, il le reperdit. S'etant rendu à Reims pour y maintenir l'autorité de la garnison espagnole, compromise par l'hostilité de la population, il fut assassiné dans cette ville par le duc de Guise.
SAINT-POL (Jules de), général français, né à Reims le 14 décembre 1810, mort k Sébastopol en 1855. Il entra h l'Ecole de Saint- Cyr, fit la campagne de Belgique en 1S31, resta dans l'année belge jusqu'en 1839, puis rentra au service de la France pour aller combattre contre les Arabes en Afrique, devint chef de bataillon en 1847 et revint eu France en 1848. Colonel en lb51 , il retourna en Algérie, où il fut grièvement blessé. Il trouva une mort héroïque k l'assaut de la tour Malakofî', k Sèbastopul, en 1835. Sa statue en bronze, par M. Debay père, a été inaugurée k Nogent-le-Rotrou en 1857.
SAINT-POL (Louis de), connétable de France. V. Luxembourg.
SAINT-PREST (Jean-Yves de), historien français, mort en 1720. Il était conseiller au grand conseil lorsqu'il fut nommé directeur du dépôt des archives étrangères, puis il devint directeur de l'Académie politique, école gouvernementale fondée pour former k la diplomatie quelques jeunes gens de bonne famille. Cette institution disparut après la mort de Saint-Prest. On doit a cet écrivain : histoire des traités de paix et autres négociations du xvne siècle, depuis ta paix de Veruins jusqu'à cette de A'unègtie (Amsterdam, 1725, a vol. in-fol.).
SA1ST-PUEUIL (François Jussac d'Embleville de), homme de guerre français, né en 1001, mort k Amiens le 9 novembre 1641. Entré fort jeune au service m.lituire, ii lut d'abord capitaine au régiment des gardes, puis il alla combattre en Languedoc sous le maréchal de Sehomberg et lit prisonnier le due de Montmorency k la journée de Castelnaudary. Obligé de fuir en Belgique k la suite d'un duel, il rentra en France pour défendre Corbie contre les Epuguols et, en récompense de ses exploits, ne fut pas inquiété pour son duel. Il fut successivement nommé gouverneur d'Ardres, de Doullens et maréchal de camp, puis enfin gouverneur d' An-as. Par sou courage et son adresse il mérita l'eslime générale et la faveur de R.chelieu. o Tnujours en marche ou en bataille, disent les historiens, il fatiguait tellement les ennemis qu'il l'appelaient lu Tût* de Fer. » Mais, à la suite U une attaque qu'il dirigea par méprise contre un corps d'Espagnols qui venait de se rendre, il fut mis en jugement, chargé d'accusations de toutes sortes, notamment de s'être rendu coupable de concussion, condamné k mort et décapité k Amiens. Suivant quelques - uns, Richelieu serait l'auteur de cette condamnation sévère et même injuste; mais, d'après l'hypothèse la plus généralement admise, ce furent les in.irigues du ma-
SAIN
réchal de La Meilleraie, son ancien rival en amour, qui causèrent la perte du malheureux- Saint-Preuil.
SAINT-PItEL'X, personnage principal de la Nouvelle Héloïsc, roman épistolaire de J.-J. Rousseau (v. Nouvklle Héloïse). Ce nom est resté la personnification d'un jeune homme à grands sentiments, d'un séducteur presque vertueux.
• Le scandale d'un attachement profond pour une jeune protestante k laquelle il avait sauvé la vie, et qu'il n'eût pu épouser qu'en devenant apostat, fermait k l'abbé Prévost la route des honneurs et de la fortune. Ce Saint-Preux en soutane était aux gages des libraires, tandis que Bernis et Voisenon, portés sur le pavois de la galanterie, brillaient dans les salons et vivaient comme des seigneurs. »
(Ilevue de Paris.)
SAINT-PRIEST (François-Emmanuel Guignard, comte de), diplomate et homme d'Etat français, né k Grenoble en 1733, mort en 1821. Son père, qui appartenait k une famille noble d'Alsace, était onnseillerd'Etat et intendant du Languedoc. Dès l'âge de quatre ans, le jeune Emmanuel était inscrit sur les registres de l'ordre de Malte. Admis dans les mousquetaires gris en 1750, il suivit, trois ans plus tard, k Malte le bailli de Tonein.fit des croisières dans la Méditerranée et revint en France en 1755. Saint-Priest fut réintégré alors dans la maison du roi, fit la campagna d'Allemagne et obtint le grade de colonel après la bataille de Klostereamp; puis il prit part aux campagnes d'Espagne et de Portugal. Après la signature de la paix (1763), Saint-Priest fut nommé ambassadeur en Portugal, d'où il passa k Constantinople en 17C8. La il joua le rôle de médiateur entre la Russie et la Turquie , qui étaient en guerre, et participa au traité d'Aïmili-Cavac, par lequel la Crimée fut abandonnée k la Russie (1779). Rappelé en France le 1er janvier 1785, il alla deux ans plus tard comme ambassadeur en Hollande, où il ne resta que quelques mois. Appelé k faire partie, comme ministre sans portefeuille, du cabinet que dirigeait Neoker (décembre 1788), il quitta le pouvoir en même temps que ce dernier (12 juillet 17S9). Après la prise de la Bastille, il devint secrétaire d'Etat de la maison du roi, puis ministre de l'intérieur, l'artisan de la monarchie constitutionnelle et de réformes modérées, ii se vit k la fois en butte aux attaques des partisans de l'absolutisme royal et des hommes qui voulaient transformer radicalement des institutions pourries. Dans les journées des 5 et G octobre, il dit aux femmes de Versailles qui demandaient du pain : « Vous n'en manquiez pas quand vous n'aviez qu'un roi; allez en demander k nos douze cents souverains. » Dénoncé pour ce fait par Mirabeau, il affirma qu'il n'avait point prononcé ces paroles, mais il n'en devint pas moins extrêmement impopulaire.
Impliqué ensuite dans les intrigues royalistes de Boniie-Savardin, en butte ii la haine des jacobins qui l'accusaient de maintenir l'armée dans des dispositions menaçantes pour la liberté, il donna sa démission u la tin de décembre 1790 et éinigra. Saint-Priest visita successivement les principaux Etats de l'Europe, afin de fomenter une cualiiion contre son pays. En 1795, ii se rendît ii Vérone, k l'appel de Louis XVIII, qui le nomma ministre de sa maison. Il suivit ensuite le prince k Biankenbourg, k Millau, puis a.la vivre eu Suisse et en Autriche. Sous l'Empire, il sollicita vainement l'autorisation de revenir en France et n'y rentra qu'en 1814, dans les fourgoiisde l'étranger. Louis XYI1I le nomma alors lieutenant général. Pendant les Ceut- Jours, il vécut dans la retraite et, k Ja seconde Restauration, il alla siéger k la Chambre des pairs. Atteint alors d une surdité k peu près complète, il alla passer ses dernières années dans sa terre do Saint- Priest, près do Lyon. C'était un homme instruit, spirituel et qui parlait plusieurs langues, on a de lui : Examen des assemblées provinciales (1787, in -S"), et des Mémoires, restés manuscrits, sur sa vie militaire et politique. Un projet d'expédition en Egypte, qu'il avait conçu et communiqué klacuurde France pendant son ambassade de Constantinople, a servi k Bonaparte en 1793.
SAINT - PltlKST ( Guillaume - Emmanuel Guiqnard, comio DU), gênerai, fils alnè du précédent, ne a Consianiinople en 1770, niurt k Laou en 181-1. Il éinigra avec sou père en 1791, combattit contre la France avec un courage digne d'une meilleure cause, pu.s prit du service en Russie et lit la guerre contre les Turcs. S'étaiil rendu k .Yltttau en 1799 il devint aide de cainp du duc d'AiigouleineJ mais l'insuccès de la campagne de isoo lé décida à retourner en Russie. Nomme par l'empereur Alexandre, colonel d'un régiment, il se battit contre la France k Austerlitz', perdit une jambe pendant la campagne dé 1806, lit ensuite une campagne contre les Turcs, devint général-major et porta de nouveau les armes contre ses compatriotes a la Moskowa, k Ltuzen et à Leipzig. Pendant l'invasion de 1814, il servit sous fjlùoher et succomba k Laon le 29 mars des suites d'une blessure qu'il avait reçue devant Reims le 7 du même mois.
SÀTN
SAINT- PR1EST (Armand-Emmanuel-Charles GuiGNAitn, comte de), pair de France, frère du précèdent, né k Constantinople en 1782, mort à Paris en isn3- U suivit son père dans l'émigration, entra au service do la Russie et fut nommé par l'empereur Alexandre conseiller d'Etat et gouverneur d'Odessa et de la province de Pudoîie. Sous la Restauration, il revint en France et succéda k son père comme membre de la Chambre de3 pairs on 1822. De son mariage avec la princesse Sophie Galilzin , il eut un fils , le comte Alexis de Saint-Priest, dont nous parlerons plus loin, et une fille, Olga, qui épousa lo prince Basile Dolgorouki,
SAINT-PRIEST (Emmanuel -Louis-Mario Guignard, vicomte de), général et diplomate français, frère dos précédents, né k Paris en 1789. Il suivit en Russie sa famille lors de l'émigration, entra dans la garde impériale russe et fit ses premières armes contre la France k Austerlitz. Dans la campagne de 1814, il fut fait prisonnier et faillit être fusillé k Sedan. Après la Restauration, il fut attaché k la personne du duc d'Angoulème, qui l'envoya, pendant les Cent-Jours, dans le Dauphiné et le Midi, pour essayer de soulever les populations. Mais sa mission ayant échoué, il s'embarqua pour l'Espagne, fut pris par un corsaire tunisien et, mis en liberté après une captivité de quelques semaines, il revint en France, où Louis XVIII, rétabli sur le trône, le nomma maréchal de camp, premier écuyer tranchant et porte-cornette blanche. Mis en 1823 a la tête d'une brigade de l'armée de Catalogne, il battit Mina dans la Cerdagne, avantage qui lui valut le titre de lieutenant général ; puis, après la reddition de Cadix, u fut envoyé comme ambassadeur k Berlin, qu'il quitta en 1S29 pour remplir le même puste k Madrid. C'est lui qui négocia le traité par lequel l'Espagne s'engageait k payer k la France, par annuités de 4 millions, la dette de 80 millions. Eu ls3o, il donna sa démission, mais fut nommé grand d'Espagne par le roi Ferdinand. En 1832, M. de Saiiit-lMest quitta l'Espagne et amena en Provence la duchesse de Berry. Arrêté, puis relâché après une détention de dix mois, il voyagea en Italie, en Autriche et revint habiter la France, où il se confina dans la retraite. Il fut, dès ce jour, considéré comme la tête du parti légitimiste et devint le correspondant officiel et le confident de M. le comte de Chambord. Elu en 1818 représentant de l'Hérault, il siégea k l'A-sembléc législative dans le groupe des légitimistes jusqu'au coup d'Etat de décembre 1851, qui le rejota une seconde fois dans la vie privée. En 1807, le comte de Chambord lui écrivit une lettre qui eut un certain retentissement. Depuis lors, il a vécu dans l'obscurité.
SAINT-PRIEST (Alexis Guignard, comte du), diplomate et historien français, né k Saint-Peteisb mrg en 1805, mort a Moscou en 1831. Fi. s du comte Armand, gouverneur d'Odessa, et de la princesse GalHzin, il fut élevé au collège fiançais d'Odessa et se rendit k Paris lorsqu'au 1822 son père alla siéger k la Chambre haute. Le jeune Alexis se lit remarquer par son éducation soignée et par un goût tres-vif pour les lettres. 11 visita l'Italie, i Espagne, donna aux C/iefs-il'œuore des théâtres étrangers la traduction du volume q>ii concerne le théâtre rus-ie, publia quelques essais poétiques et écrivit une étudo sur l'Espagne qui parut en 1S2J dans la Uevue frauçuse. Il s'occupait fort peu de politique à cette époque. Oïl le voyait fréquenter de préférence les écrivains en renom, aux tendances libérales. Très- lié avec le lils uh.é du duc d'Orléans, il vit sans regret s'effondrer le trône dès Bourbons et Loui->.-Plulippe devenir mi. Au eoniin-iicement de 1833, il entra dans la diplomatie eu qualité de ministre plénipotentiaire au tirésil, puis il passa au même tilre a Lisbonne (1835) et à Copenhague (1838). Trois ans plus lard, il revint i un France, où Louis-Philippe venait de lui donner uu siège k la Chambre des pairs. Comme par le passé, il resta a l'écart des discussions politiques, se bornant k soutenir la politique du gouvernement et employant ses loisirs a cultiver les lettres et l'histoire. Le 18 janvier 1819, il fut élu membre de l'Académie l'1-anç.ii-.e à la place de Vatout, qui était mort avant d'avoir pu prendre possession de son fauteuil, de sorte que dans son disco.irs de réception, le 17 janvier 1850, il dut faire k la fois 1 éloge de ses prédécesseurs, Ballunehe et Vatout. L'année suivante, il fit uu voyage en Rus-.ie. Il se trouvait k Muscou lorsqu il mourut d'une fièvre typhoïde. Le comte de Saim-Priest n'avait eu de son mariage avec M'iu de L-i Guiehe que deux filles, dont l'une épousa M, do Ciennont- Tonnerre et l'autre il. d'ilatcourt. Esprit modère, sans passion ni parti pris, nu manquant ni d'érudition ai de suguoite, il a laissé des œuvres estimables, mais sans écl-it, et d'un style qaelqu.; peu exubérant, bien que sans vigueur. Ce qui domine eu lui, c'est une sorte d^impanialite uu peu terne n'ouvrant aucun jour nouveau. Outre des articles publies dans des journaux littéraires et des études inseiees dans la Heotte des Lieux-Mondes , notamment la Perte de l'Inde suns Louis XV (1845) et Un moi sur le 24 février (1849), on doit au comte de Saint-Priest : les /lûmes françaises, suivies du Voyageur à ta Trappe, essais poétiques (furis, ibï3, iu-goi. Athénats ou le Souvenir d'une femme (1820,
SAIN
in-8°), comédie en un acte et en prose; le Présent et le passé, épltre (1828, in-8°); l'Espagne (1830, in-8°), fragment de voyage; Histoire de la royauté considérée dans ses origines jusqu'à la formation des principales monarchies de VEurope (1842, 2 vol. in-s»), ouvrage dans lequel on trouve beaucoup d'assertions hasardées et dont le sujet, pour être traité à fond, exigeait des qualités de penseur et de philosophe dont l'auteur n'était pas suffisamment pourvu ; Histoire de la chute des jésuites au xvmc siècle (1844, in-s0), où il montre que l'expulsion des jésuites tenait à une cause toute politique, et que les disciples de Loyola furent loin de montrer dans cette circonstance l'habileté qu'on leur reconnaît généralement; Histoire de la conquête de Naples par Charles d'Anjou (1847- 1848, 4 vol. in-8°), son meilleur ouvrage, tant pour l'enchaînement des faits et la peinturé des mœurs que pour le style ; Etudes diplomatiques et littéraires (1850, 2 vol. in-8°). La mort l'empêcha de terminer une Vie de Voltaire dont il avait préparé les matériaux.
SA1NT-PRIEST (Félix), homme politique français, né à Bretenoux (Lot) en 1801, mort en 1851. Reçu avocat à Toulouse et nommé en 1840 membre du conseil général de son département, il fut élu en 1842 député de l'arrondissement de Gourdon. 11 prit place à la Chambre sur tes bancs de l'opposition dynastique et présenta plusieurs projets de loi relatifs k l'embrigadement des gardes champêtres, à la conversion des rentes, k la réduction de la taxe des fettres. Ecarté de la scène politique en 1846, Saint-Priest fut élu représentant du Lot à la Constituante en 1848, puis k la Législative (1849), lit partie du comité de la rue de Poitiers et vota avec la majorité réactionnaire jusqu'au 2 décembre J851, époque à laquelle il se consacra à. l'exploitation de ses domaines. On lui doit quelques brochures, entre autres : la Conversion des rentes (1843); la Taxe des lettres (1844); la Question des deux Chambres (1848).
SAINT-PRIX (Jean-Amable Foucault), acteur français, né à Paris en 1759, mort en 1834. Sa famille l'avait destiné à la sculpture ou à l'architecture, mais il préféra la carrière théâtrale, et quelques succès obtenus sur des théâtres de société lui valurent en 1782 un début à la Comédie-Française. Il doubla d'abord Larive dans les premiers rôles tragiques, puis, k la retraite de son chef d'emploi, il tint les premiers rôles sans partage. Emprisonné aux Madelonnettes pendant !a Terreur avec ses collègues du théâtre, il reparut après le 9 thermidor sur la scène ; mais il avait senti la nécessité d'abandonner les héros amoureux, les fils de roi, Achille, Tancrède, Ninias, Oreste, etc., pour les rois et les pères nobles auxquels l'avaient destiné de prime abord ses formes herculéennes, sa voix éclatante et la noblesse de sa physionomie. Il joua d'une manière incomparable Joad, Agamemnon, Thésée, Mithridate, etc., et se relira du théâtre après trente-six ans de service. Il était, vers la fin de ses jours, professeur de déclamation au Conservatoire.
SAINT-PROSPER (Antoine-Jean Cassé de), littérateur et publiciste français, né à Paris en 1790, mort à Grenoble en 1841. Après des études interrompues par la Révolution , il voulut suivre les cours de droit ; mais la conscription l'atteignit et il servit obscurément jusqu'en 1814, époque à laquelle'il embrassa avec enthousiasme la cause de la Restauration. Il mit sa plume au service des Bourbons, collabora à la Gazette de France, au Drapeau blanc et à la Quotidienne, puis il alla fonder à Grenoble la Gazette du Dauphiné. On lui doit, entre autres nombreux écrits: Almanach des cumulards, par un homme qui sait compter (Paris, 1820, in-18); Oraison funèbre de Napoléon Monaparle {Paris, 1821, in-8°); Du monopole de l'imprimerie (Paris, 1831, in-8°); l'Observateur au xixe siècle (Paris, 1832, 3 vol. in-8°) ; les Aventures d'un promeneur ou le Drame de la vie (Paris, 1827).
SAINT-PROSPER (André-Augustin Cassé de), littérateur français, frère du précédent, né à Paris en 1791. On ne connaît ni la date de sa mort ni les particularités de son existence; nous ne possédons que les titres de ses ouvrages, qui sont : Louis XVIII et Napoléon, dialogue (Paris, 1828,in-8°); Histoire d'Angleterre (Paris, 1839, in-8°)j Histoire d'Espagne (Paris, 1839, in 8«).
SAINT-QUENTINOIS,OISEs.et adj. (sainkan-ti-noi, oi-ze). Géogr. Habitant de Saint- Quentin ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants: Les Saint-Quentinois. La population SAINT-QCENTINOISE.
SA1KTRA1LLES, vaillant capitaine français du temps de Charles VII. V. Xaintrailles.
SA1NT-RAMRERT (Gabriel de), philosophe cartésien, ué à Pontarlier, mort vers 1720. Il alla étudier en Italie, où il se lit remarquer surtout par son aptitude pour les mathématiques, embrassa ensuite la carrière des armes et combattit dans les rangs de l'armée espagnole, en Italie, en Flandre et en Allemagne. On a de Saint-Rambert : Nouveaux essais d'explications physiques du premier chapitre de la Genèse (Utreoht, 1713, in-8°), où il essaye de prouver que le système de Descartes peut s'accorder avec le récit biblique de la création.
SAINTRE s. m. (sain-tre). Féod. Droit
SAIN
qu'avait le seigneur de faire paître ses bestiaux, exclusivement à tous autres, en certains endroits de sa seigneurie qu'il choisissait lui-même.
SAINTRÉouXAINTRÉ (Jean 1er de), homme de guerre français, né à Vendôme en 1320, mort à Pont-Saint-Esprit en 1368. C'était un guerroyeur pillard, rançonnant, détroussant les voyageurs sans vergogne, et qui embrassait indistinctement toutes les causes pourvu qu'il y trouvât un moyen d'assouvir sa cupidité. Amené, dès l'âge de treize ans, à la cour de Philippe de Valois, il fut attaché comme page à la personne de Jean, duc de Normandie, plus tard roi de France sous le nom de Jean II le Bon, qui, à son avènement sur le trône, le nomma lieutenant général au gouvernement de Touraine, puis sénéchal d'Anjou et du Maine. Saintré assista à la terrible bataille de Poitiers, y fit des prodiges de valeur et tomba, couvert de blessures, entre les mains des Anglais. Remis en liberté, il aida puissamment Du Guesclin à prendre la ville de Dinan.
SAINTRÉ ou XA1NTRÉ (Jean II de), homme de guerre français, fils du précédent. Les dates de sa naissance et de sa mort sont inconnues. 11 était chambellan de Charles VI et suivit Boucicaut en Hongrie pour combattre les Turcs. Vaillant soldat, compagnon aimable et causeur séduisant, il eut de grands succès à la cour de France ; aussi pense-t-on généralement que c'est lui qui est le héros du roman d'Antoine de La Salle, intitulé ; Hystoire et plaisante chronique du petit Jehan de Saintré et de la jeune dame des Belles-Cousines, sans autre nom nommer. La dame des Belles-Cousines était, à ce qu'on suppose, Mar^e, petite-fille du roi Jean et cousine de Charles VI.
SAINT-KEAL (César Vichard, abbé de), historien français, né à Chambéry en 1639, mort dans la même ville en 1692. Après qu'il eut terminé ses études élémentaires dans son pays natal, il fut envoyé à Paris chez les jésuites, prii l'habit ecclésiastique et se laissa donner le titre d'abbé, mais ne posséda jamais de bénéfice. Il n'eût peut-être jamais été qu'un savant exact et sagace s'il n'eût fait la rencontre de Varillas, qui fit de lui un historien brillant, mais romanesque. Il contracta sous ce maître l'habitude d'embellir l'histoire , l'amour des anecdotes vraies ou fausses et, comme il disait, le désir» de chercher dans la fécondité de son imagination des ressources contre la stérilité des événements.» Saint-Réal est, en etfet, de cette école historique latine qui fait de la vérité un accessoire et considère l'histoire comme un genre d'éloquence.
L'amitié du maître et du disciple ne fut pourtant pas de longue durée. Varillas, jaloux peut-être de la supériorité manifeste de Saint- Réal, chercha noise à ce dernier et alla jusqu'à l'accuser de lui avoir soustrait des documents précieux. L'abbé, connu pour un homme probe, incapable d'une pareille action, répondit connue il le devait à cette calomnie, c'est-à-dire par le plus parfait inépris. « Mais des lors, dit M. Colincamp, il se méfia autant des amitiés littéraires que des conversations de la société, où il ne trouvait, disait-il, qu'un vain et tumultueux babil. ■
Il revint à Chambéry en 1676 et fut trèsaffectueusement reçu par le duc Charles-Emmanuel îer, Uans cette ville, il rencontra chez un de ses parents la séduisante HortenseMancini, nièce du cardinal Mazarin. Saint-Réal tomba sous le charme et, « pour s'insinuer dans ses bonnes grâces, dit Desmaiseaux, il lui suggéra l'idée d'écrire l'histoire de sa vie et se chargea de la composer sur les particularités qu'elle lui fournirait, j L'offre ayant été acceptée, il suivit la dame en Angleterre et fut, avec Suint-Bvremond, un des familiers de sa petite cour k Londres. On devine aisément, d'après cela, que les Mémoires de la duchesse de Mazarin sont plutôt un panégyrique qu'une œuvre historique. Mais Saintliéal n'éiail pas fait pour cette vie de dissipation qu'il menait à Londres; il revint à Paris reprendre ses habitudes laborieuses et austères. Sa fortune était assez mince, car il ne vivait que d'une faible pension de la bibliothèque du roi. Cependant ce modique revenu suffisait à son ambition. Ce fut à Paris, en 1678, qu'il s'occupa d'une Vie de Jésus (iii-4"), dont la dédicace à Louis XIV contient cette flatterie singulière : « Sire, voici le seul modèle qu'il reste à vous proposer. »
Apres un nouveau séjour de onze ans en Savoie, Saint-Kéal revint à Paris en 1690, chargé, dit-on, par son souverain, Victor- Amédée II, roi de Sardaigne, d'importantes missions secrètes auprès du duc d Orléans. C'est à ce moment qu'il eut à soutenir de vives discussions avec Arnauld, dont les disciples l'accusèrent de socinianisuie, avec Ainelot de La lloussaye, au sujet d'une traduction de l'Histoire du concile de Trente, et Andry de Bois-Regard, à propos des Déflexions sur l'usage présent de la langue française. F'atigué de ces tracas qui ne convenaient nullement à son caractère paisible, il regagna Chambéry en 1692 et y mourut la même année-
Saint-Réal portait dans la société, comme dans ses ouvrages, beaucoup d'esprit et de pénétration. Le désintéressement et la modération des désirs formaient le fond de son caractère ; mais il était vif et impétueux dans
la dispute et d'une sensibilité puérile k la critique. 11 mourut à temps pour ne pas voir les récits historiques de Vertot faire concurrence aux siens, ce qui eût été le plus affreux des supplices pour cet amour-propre irritable à l'excès. Aussitôt qu'il fut mort, le public demanda du Saint-Réal comme ii allait demander du Saint-Eyremond. De là dans ses œuvres tant de pages apocryphes d'autant plus difficiles à reconnaître quon a pu parfaitement imiter sa manière, qui comporte plus d'art que de naturel, plus d'effort que de chaleur. L'œuvre de Saint-Réal se compose des écrits suivants : De l'usage de l'histoire (Paris, 1671); Don Carias, nouvelle historique (1672, in-12); Vie d'Octavie, sœur d'Auguste; Conjuration de Pison et d Epicharis contre Néron ; Histoire de la conjuration des Espagnols contre la république de Venise en 1618 (1674); la Conjuration" des Gracques ; Vie de Jésus-Christ, dédiée à Louis XIV (Paris, 1678) ; Eclaircissements sur te discours de Zachee à Jésus-Christ (Paris, 1683); Césarion ou Entretiens sur divers sujets, particulièrement sur l'histoire romaine (Paris, 1684, in-12); Discours sur ta valeur, dédié à l'électeur de Bavière (Cologne, 1688, in-12); De la critique (Paris, 1091); Lettres de Cicéron à Alticus, traduites en français, avec le latin à côté et les remarques (Paris, 1691, 2 vol. in-12); il n'existe que les deux premiers livres de cet ouvrage; Délation de l'apostasie de Genève (Paris, 17S2, in-12), nouvelle édition ; le Levain du calvinisme ou Commencement de l'hérésie de Genève, composé par la sœur Jeanne de Jussie, religieuse de Sainte-Claire, à Genève. Saint-Réal s'est permis de retoucher le style de ce curieux monument de fanatisme, imprimé à Chambéry en 1540.
On attribue, en outre, à Saint-Réal plusieurs écrits de controverse, notamment la Méthode courte et aisée pour combattre tes déistes. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Amsterdam (1740, 6 vol. in-12), avec figures de Bernard Picard; à Paris, 1745, 3 vol. in-4"; 1755 et 1757, 8 vol. in-12). Neuville a publié l'Esprit de Saint-Réal (1768, 1 vol. in-12); Uesessarts, les Œuvres choisies de Sainl-ïléal, avec notice (Paris, 1804, 2 vol. in-12); enfin nous avons une édition des Œuvres choisies du même, avec notice par M. Charles Malo (Paris, 1819, in-8<>). On trouve dans cette édition : la Conjuration des Espagnols, la Conjuration des Gracques, l'Epichuris. Affaires de Afarius et SyÛa, Navigation des ïlomains.
Saint-Réal, on le voit, a joui d'une vogue qui a duré longtemps ; la nouvelle école historique, qui met au premier rang la vérité des faits ut place définitivement l'histoire au rang des sciences, ne laisse plus aucun intérêt aux essais artistiques de Saint-Réul, dont le style lui-même est d'ailleurs suranné.
SAINT-REJANT (Pierre-Robinson de), principal instigateur de l'attentat du 3 nivôse, dirigé contre le premier consul et connu sous le nom de machine infernale. Il était né à Laureslas (Côtes-du-Nord) en 1768. Appartetiait-il, comme il l'a dit dans le cours du procès, à une famille de petite noblesse bretonne? L'instruction n'a rien pu éduircir sur ce point ni sur sa vie antérieure, et quant h lui, il s'est toujours renfermé, sur une foule de questions, dans le mutisme le plus complet. Lorsque éclatèrent les guerres de la Vendée, il se rangea du côté des chouans et prit la qualité d'ancien officier de marine.. Georges Cadoudal fit.de lui un de ses lieutenants avec Limoellan et Leuiercier. Dès ce moment, Saint-Réjant était renommé parmi les hommes de son parti pour sa froide intrépidité; c'est à lui qu'étaient confiées les missions les plus périlleuses. Après la pacification de la Vendée, il refusa l'amnistie et déchira, dit-on, dans sa municipalité, la page du registre ou son nom était inscrit à ce titre. Il prit part à la guerre de partisans que des bandes redoutables continuaient sur divers points de l'empire et dont les exploits consistaient surtout à dévaliser sur les grandes routes les possesseurs de biens nationaux et à enlever à main armée les recettes du gouvernement. Cependant l'instruction ni les débats n'ont pu révéler à cet égard aucun fait précis contre Saint-Réjant.
Vers la fin de 1801, Cadoudal, qui, du fond de l'Angleterre, dirigeait tous les fils de ces associations mystérieuses, conçut l'idée de frapper un grand coup, en se débarrassant du premier consul. Une première tentative, connue sous lo nom de complot de l'Opéra- Cqmique, venait d'échouer; Georges chargea Saint-Réjant de la renouveler. Celui-ci se rendit à Paris dans les derniers jours de novembre et, sous les yeux de la police, éveillée par le précédent complot, soupçonné par Fouché, qui le fit suivre, assura-t-il, jour par jour, mais lesperdit de vue la veille de l'attentat, il réussit à acheter tous les matériaux nécessaires à la construction du redoutable engin qu'il avait imaginé, à le confectionner dans une remise de la rue Paradis, à le placer enfin à l'endroit qu'il avait jugé le plus favorable à l'exécution de son dessein, rue Saint-Nicaise. Ce fut lui qui fit, montre en main, sur le passage du premier consul, toutes les expériences préparatoires, calculant le train ordinaire des chevaux, les angles des rues, les difficultés du chemin. Enfin ce fut lui qui, le 3 nivôse, mit froidement le feu k l'effroyable machine; ses deux corn-
SAIN
pliees, Limoellan et Carbon, qui devaient faire le guet, ne lui donnèrent aucun signal, et ce fut seulement quelques secondes après le passage de la voiture consulaire qu'il enflamma précipitamment le morceau d'étoupe qui devait servir de mèche. Le premier consul fut sauvé grâce à cette circonstance; quant à Saint-Réjant, jeté le long du mur par la force de l'explosion, il eut les côtes contusionnées et faillit mourir d'asphyxie.
Cet attentat est assurément une des trames les mieux ourdies dont fasse mention l'histoire. Les soupçons du premier consul s'étant portés, malgré l'assurance de Fouché, sur les républicains, les vrais auteurs du complot eurent un mois de répit. Limoellan parvint à s'échapper; Carbon fut saisi dans une maison religieuse de la rue Notre-Dame-des- Champs et dénonça Saint-Réjant. Celui-ci, qui, sur un avis officieux, avait changé de domicile, fut arrêté, le 8 pluviôse, daus sa retraite, rue des Prouvaires.
Le procès s'ouvrit devant le tribunal criminel de la Seine le 11 germinal an IX (3 avril 1802). Carbon, qui n'était qu'un valet grossier, avoua tout. Saint-Réjant ne s'en défendit pas moins avec un sang-froid singulier. Malgré les charges qui pesaient sur lui, les dénonciations de son complice, une lettre de Georges Cadoudal trouvée chez lui, une autre écrite par Ini-mêine ou par Limoellan le lendemain de l'attentat et dans laquelle les événements étaient évidemment racontés par
' un témoin oculaire ou, pour mieux dire, par l'auteur même de l'attentat, malgré les déclarations des témoins touchant les achats de la poudre, du cheval, du tonneau de la charrette, les expériences réitérées par lui, la montre à la main, tantôt sur le chemin du premier consul, tantôt chez lui, car il faisait brûler des mèches d'amadou de diverses longueurs, malgré toutes ces charges accablantes, il persista dans ses dénégations, se taisant habilement sur certains détuils, retournant les questions avec une rare présence d'esprit et s'appliquant surtout à ne compromettre personne. Un ne put lui arracher son secret. Dans une lettre écrite à sa sœur pendant sa détention et surprise par la police, il déclare qu'il a été soumis à la torture (il ne dit pas laquelle) et qu'on lui a proposé 50,000 fr. et le grade de général de brigade s'il voulait dénoncer Georges Cadoudal et les menées du parti loyaliste. Ces allégations, lues k l'audience, n'ont pas été démenties.
Condamné à mort avec son complice, Saint- Réjant refusa de se pourvoir en cassation, mais il dut céder 'Sur les instances de ce malheureux, qui conservait une espérance bien illusoire après ses aveux. Ils fu< eut exécutés tous les deux le 19 avril. Carbon faillit s'évanouir; Saint-Réjant montra jusqu'au bout
. le même dédain, la même froideur intrépide.
SAINT-REMI s. m. Marbre fond rouge foncé, très-chargé de taches d'un gris bleu coupées d'une infinité de veines blanches, jetées en tous seus, et de quelques taches de même co.Jeur.
SA1NT-REMY (Pierre Surirey Ipe), général français, né à Saint-Remy, près d'Alençon, vers 1650, mort à Paris eu 1716. Entré Uans l'artillerie, il se fit un nom dans cette arme par la solidité et l'étendue de ses connaissances et parvint au grade de lieutenant du grand maître de l'artillerie. On lui doit un ouvrage intitulé : Mémoires d'artilterie (Paris, 1697, 2 vol. in-40).
SAINT -HEMY, pseudonyme littéraire et musical de Morny. V. Mokny.
SAINT-RENÉ TAILLANDIER (René-GaspardErnesi), littérateur français. V. TAIL- LANDIER.
SA1NT-ROMME ( Henri-François-Sylvestre), magistrat et homme politique français, né à Roybon (Isère) en 1797, mort en 1862. Heçu licencié en droit à Grenoble, il exerça la profession d'avocat dans cette ville, où il ne tarda pas à se faire remarquer parmi les plus énergiques représentants de l'opinion démocratique. Apres la révolution de juillet 1830, il f.t délégué près du gouvernement pour connaître ses intentions, devint membre du conseil général de l'Isère et rentra dans l'opposition dès qu'il vit que le nouveau régime ne valait guère mieux que celui qui venait de disparaître. Saint-Romine, un des défenseurs des accuses d'avril, collabora au Dauphinois et au Patriote des Alpes, dont il dut prendre la défense comme avocat dans divers procès de presse. Depuis quelque temps, il vivait retire dans une de ses propriétés lorsque commença dans le pays l'agitation au sujet de la1 réforme électorale. Le 24 octobre 1847, il présida le banquet réformiste de Saiut-Marcellin et, après la révolution de Février, il devint procureur général près la cour d'appel de Grenoble. Saint- Romme se démit de ces fonctions pour aller siéger à la Constituante comme représentant de l'Isère, fit partie de la commission de l'intérieur, prit une part active aux discussions de la Chambre et vota avec les républicains de la nuance du National. Très-hostile à la politique de Louis Bonaparte, il signa sa misa en accusation, au sujet de l'expédition de Rome, fut réélu représentant du peuple à la Législative et suivit la même ligne politique. Ce républicain éprouvé rentra dans la vie privée après l'attentat du 2 décembre 1851 et
passa ses dernières années k s'occuper d'agronomie.
SAINT-ROM UALD (Pierre de), historien français. V. Guillebaud.
SAINT-SAËNS (Charles-Camille), pianiste et compositeur, né à Paris le 9 octobre 1835. Il avait à peine atteint sa troisième année que déjà il commençait, sous la direction de sa grand'tante, l'étude de la musique. Ses dispositions étaient si grandes, ses progrès furent si rapides, qu'à sept ans on lui donna deux maîtres ; Stamatt pour le piano, Maleden pour la composition. En outre, il prit des leçons d'Halévy et, à douze ans, il entra au Conservatoire comme élève du cours d'orgue de M. Benoist. Il en sortait à dix-sept ans titulaire de l'orgue de Saint-Merry. Depuis 1833, il a succédé à M. Lefebvre-Wély comme organiste de la Madeleine.
M. Saint-Saëns est une des organisations musicales les plus heureusement douées.
Comme pianiste, il n'est inférieur qu'à Liszt et Rubinstein. Ses concerts sont pour lui de véritables triomphes. Comme organiste , il n'a pas de rivaux; comme compositeur, il procède à la fois de Bach, de Beethoven et de Berlioz. « Le début de M. Saint-SaSns se fit avec éclat, écrit Fétis, par sa première symphonie (en mi bémol) qui fut exécutée par l'orchestre de la Société de Sainte-Cécile, avant qu'il eût accompli sa seizième année.' Un fragment de cette symphonie a été applaudi en 1864 aux concerts populaires de Pasdeloup, qui, bon appréciateur, avait jugé cette œuvre digne de figurer à côté de celles des plus grands maîtres. Trois autres symphonies du jeune et savant compositeur ont obtenu un égal succès, Les autres ouvrages de M. Saint-Saëns consistent, d'après Fétis, en une messe à quatre voix, orchestre et deux orgues ; une tarentelle pour flûte et clarinette avec orchestre; six bagatelles pour piano; environ quinze romances ou mélodies avec accompagnement de piano; deux morceaux pour harmonium ; six duos pour piano et harmonium; un oratorio de No81 pour voix seules et chœur; des transcriptions d'après Bach; une scène tirée des Horaces de Corneille, en partition de piano et cliunt ; un concerto pour piano et orchestre ; un autre pour violon et orchestre ; une ode en l'honneur de sainte Cécile, pour voix seule, chœur et orchestre; enfin, un certain nombre de motets, de mélodies et d'études pour le piano. Cette énumération des œuvres de M. Saint-Saèns s'arrête en 1866. Depuis lors, des productions nombreuses sont venues "s'ajouter aux premières. Nous citerons la cantate de Prométliée enchaîné, qui a obtenu le grand prix créé à l'occasion de l'Exposition universelle de 1S67 ; le Timbre d'argent, opéra en quatre actes; la Princesse jaune, opéra-comique en. un acte, représenté avec succès à l'Opéra-Comique en juin 1872 ; le Rouet d'Omphale, symphonie qui a obtenu tous les Suffrages; Phaéikon, symphonie également fort remarquable, jouée pour la première fois en décembre 1873, etc. M. Saint-SaBns excelle dans les descriptions poétiques, dans les imitations des bruits de la nature; son style est brillant, ses idées sont bien développées et ses eifets d'orchestration ont autant de puissance que de variété.
SAINT-SAMSON s. in. Arboric. Variété de poire.
SAINT-SAMSON (Jean de), visionnaire français, né à Sens en 1571, mort en 1636. Entraîné dès l'enfance par des idées mystiques, il donna tous ses biens aux pauvres et se réduisit à un dénûment complet, que rendait encore plus horrible la cécité dont il était atteint. Il entra cLez les carmes, et la légende lui attribue plusieurs miracles dont nous n'avons point à nous occuper. On lui doit divers petits traités, parmi lesquels nous citerons : le Vrai esprit du Carmel, le Cabinet mystique, le Miroir et les flammes de l'amour divin, les Soliloques, l'Art de pâtir et de mourir saintement /Désirs mystiques. Les œuvres complètes de cet extatique ont été réunies en 4 volumes in-folio.
SAINT - SAPHORIN ( Armand - François- Louis de Mestral de), diplomate danois, né au pays de Vaud en 1738, mort en 1805. Il fut successivement chargé d'affaires à la cour de Dresde, envoyé extraordinaire à celle de Varsovie, puis eu Espagne (1774), à La Haye, a Saint-Pétersbourg et à Vienne.
SAINT -SAPHORIN (François - Louis dis), général et diplomate suisse. V. Pesmes.
Saint-Sauveur (CONGRÉGATION du), congrégation de chanoines réguliers d'Italie, appelés scopetini, qui furent institués en 1408 par un religieux nommé Etienne, de l'ordre de Saint-Augustin. Leur premier établissement se lit dans l'église de Saint-Sauveur, près de Sienne, et c'est de là qu'ils ont tiré leur nom. Celui de scopetini vient de l'église de Saint- Donat de Scopète, qu'ils obtinrent à Florence sous le pontificat de Martin V.
Sniul • Sauveur (ORDRES DU). V. SAUVEUR (ordres du).
SAINT-SADVEDR, diplomate et littérateur français. V. Grasset de Saint-Sauveur.
SAINT-SÉBASTIEN (N. de), gentilhomme protestant des Cévemies, qui s'illustra par la belle défense de Saint-Antonin en 1622. Les protestants de Saint-Antonin, menacés par
les troupes royales, appelèrent les Montalbanais à leur secours. Saint-Sébastien accourut avec quelques centaines d'hommes.
Le 9 juin, la place fut investie par le duc de Vendôme. Louis XIII arriva peu de temps après, et le siège régulier commença. • Le 16, lisons-nous dans la France protestante, le régiment des gardes, animé par la présence du roi, s'élança à l'assaut d'un ouvrage à corne qui protégeait l'enceinte de la place, mais il fut repoussé après un court engagement. Le 17, nouvel assaut; héroïque défense des protestants ayant à leur tête Saint-Sébastien et son sergent-major Pinel, qui furent blessés tous les deux. Le 19, troisième assaut, qui n'eut pas plus de succès que les deux premiers. Le 20, assaut général, dans lequef l'ouvrage à corne fut emporté, malgré la vaillante résistance des huguenots , qui perdirent 8 officiers, du nombre desquels fut Pinel, 200 soldats et 15 femmes tuées sur la brèche. » Une mine, renversant un pan de mur de la ville, combla en partie le fossé. Cependant, Saint-Sébastien ne voulait pas se rendre; mais les habitants de la ville, épuisés, arborèrent le drapeau blanc et capitulèrent. En dépit des conditions de la caj pitulation, Vendôme, à peine entré à Saintj Antonin, fit dresser onze potences pour les notables, parmi lesquels figuraient le procu- - reur du roi et Je ministre.
Saint-Sépulcre (église du). V. SÉPULCRE.
SAINT-SIÈGE s. m. Siège du chef de la religion catholique : Ce pape occupa le saintsiège pendant cinq ans. Le saint-siège fut deux mois vacant. Il Gouvernement papal ; Les décisions du saint-siège. L'autorité du