‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 504 sur 1059 · S0AIE · texte numérisé non relu

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mêmes conclusions, c'est-à-dire à .k négation du fameux verre de sang.

« Quand, dit-il, on examine attentivement le registre d'écrou de l'Abbaye, on voit que M. de Saint-Mart a été massacré dans la nuit du 3 au 4 septembre, tandis que M. de Sombreuil n'a passé en jugement que le 4, vers onze heures du matin, d'après le témoignage de Mm<s la marquise de Fausse-Lendry. » (Alex. Sorel, le Droit, £7 sept. 1863.)

Or, Mme de Fausse-Lendry était dans la même chambre que Mlle de Sombreuil. Son témoignage est d'ailleurs corroboré par le Journal de Coûtant. En effet, quand Grappin revint des Invalides, Saint-Mart, en supputant d'après le registre d'écrou, était mort depuis au moins dix heures. Il faut donc chercher un autre sang que le sien pour emplir le verre de M'!e de Sombreuil.

Cependant, M. de Villelume affirme tenir ce détail de sa mère... Mais aller plus loin pourrait sembler cruel. Nous n'insisterons doue pas, et nous terminerons en ajoutant à l'ensemble de preuves négatives que nous ayons données un dernier détail emprunté encore au journal de prison de Coittant.

Mlle de Sombreuil fut emprisonnée pendant la Terreur, en même temps que son père , qui , cette fois , fut envoyé à l'échafaud. Au commencement de 1794 , elle était à la prison de Port-Libre (ancien Port-Royal, la Maternité). Un jour que les prisonniers étaient réunis, après que le poète Vigéo eut récité une pièce de vers, Coittant chanta une romance en l'honneur de M"° de Sombreuil et de la piété filiale. Dans les cinq couplets qui composent cette pièce, il y en a un consacré au courageux dévouement de Grappin, qui précisément était présent. Après quelques paroles de remerclinent de M"e de Sombreuil, Grappin, sur l'invitation de l'assemblée, donna une relation minutieusement détaillée de tout ce qui s'était passé à l'Abbaye. Tout cela fut imprimé après le 9 thermidor et reparut, comme nous l'avons dit, dans les Mémoires sur les prisons,

Eh bien, nulle part il n'est dit un mot du prétendu verre de sang, pas plus que dans les autres documents. Est-il permis d'admettre que tous tes témoins oculaires, sans aucune exception, que les contemporains de tous les partis se fussent rencontrés pour garder un silence absolu sur un tel épisode, s'il eût réellement eu lieu ?

Consultez maintenant les maîtres de la science sur la possibilité physique du fait, et tous vous répondront qu'un certain temps s'écculait entre chaque exécution, à cause du jugement; que ce temps dut être plus long pour Sombreuil, vu le rapport de Grappin, les débats, etc.; que dans ces circonstances un homme (abattu, en outre, plutôt qu'égorgé ou saigné) ne donnerait pas un verre de sang potable, et qu'en tout état de cause la rapide coagulation n'eût pas permis à Mlle de Sombreuil de boire... L horreur arrête ici notre plume.

Il n'est pas nécessaire, d'ailleurs, d'étudier la question sous cet aspect, et les raisons décisives que nous avons données, et que nous pourrions multiplier, nous autorisent à nier de la manière la plus positive la légende hideuse que taut d'écrivains ont reproduite avec la légèreté de l'ignorance ou la malveillance de l'esprit de parti.

La vie de M"« de Sombreuil n'offre pas d'autre particularité intéressante. Rendue à la liberté après le 9 thermidor, elle reçut de la Convention un secours de 1,000 livres, comme il est dit plus haut, puis passa en Angleterre, où elle épousa un émigré, le comte de Villelume, qui tut nommé, à la Restauration, commandant des Invalides d'Avignon.

C'est dans cette ville qu'elle termina ses jours. Son cœur, déposé d'abord dans la chapelle des Invalides d'Avignon, fut apporté à Paris lors de la suppression de cette succursale et repose aujourd'hui aux Invalides do Paris.

Sombreme (Paui.inb de), roman de Mlle de Sènancourt (1821, 4 vol. in-12). L'héroïne est une pauvre orpheline victime de la Terreur, qui va chercher un asile en Allemagne. Successivement admise comme demoiselle de compagnie par plusieurs grandes dames qui ne se piquent pas de générosité à son égard, Pauline n'oppose qu'une froide dignité à leurs injustices. Tout semble s'acharner contre elle, et les avantages qu'on recherche chez les autres jeunes tilles tournent à son malheur. Ainsi, elle est belle ; elle inspire de l'amour à plusieurs hommes, et, quoique sa vertu ne fasse pas le plus léger faux pas, sa réputation est souvent en danger par suite de la jalousie de celles mêmes qui devraient la protéger. Parmi les adorateurs de Pauline, le plus compromettant est un certain de Marsanne, séducteur habile, qui est en même temps un spadassin et un chevalier d'industrie. C'est un personnage si peu intéressant qui parvient à toucher son cœur. Heureusement pour elle, la voix de la sagesse parle plus haut que celle de la passion, et M11" de Sombreuse finit par faire ce qu'on appelle un mariage de raison.

SOMEREN (Corneille van), médecin hollandais, né à Dordrecht en 1593, mort dans la même ville en 1649. Il pratiqua la médecine dans sa ville natale et occupa de hautes fonctions dans la magistrature. Son principal

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écrit est : De unitate liber singularis (Doidrecht, 1639).

SOMEREN (Jean Van), jurisconsulte et littérateur hollandais, fils du précédant, né à Dordrecht en J622,mortdans la même ville en 1676. Il remplit diverses fonctions dans la magistrature et consacra ses loisirs vif. lettres. On cite de lui : Poésies (Nimègue, 1660); Jules César, Ctéopâtre, Milhridate, tragédies.

SOMRI1EN (Jean van), jurisconsulte hollandais, né à Utrecht en 1634, mort dans la même ville en 1706. Après avoir terminé ses humanités et son droit dans sa ville natale, il voyagea en France pour y étudier la jurisprudence de notre pays et revint ensuite à Utrecht, où il occupa plusieurs postes éminents dans la magistrature. On lui doit : Tractatns de jure novercarum (Utrecht, 1G58, petit in - 12) ; Traclatus de representatione (Utrecht, 1676).

SOMEUS (lord John), homme d'Etat et célèbre légiste anglais, né à Worcester en 1650, mort en 1716. Lié avec le célèbre Sidney et d'autres partisans des idées démocratiques, il publia quelques pamphlets contre Charles III, prit une part active aux événements qui précipitèrent Jacques II du trône, représenta sa cité natale au Parlement de 1689 et fut pourvu de diverses charges sous Guillaume II, qui le créa en outre baron d'Eve.iham et enfin lord chancelier (1693). Attaqué par le parti tory, il fut condamné par les communes, mais acquitté par les lords. Il se retira des affaires à la mort de Guillaume, fut rappelé par la reine Anne et nommé président du conseil, mais tomba de nouveau avec le parti whig en 1710. Somers s'était fait le Mécène des savants et des littérateurs. Ce fut lui oui fit connaître Addison et qui tira de l'oubli le Paradis perdu de Milton. Il avait laissé lui-même plus de soixante volumes en manuscrit, qui furent en partie détruits par un incendie. Quelques fragments épargnés furent publiés en 1778, sous le titre de Papiers d'Etat. Les Somers tracts, etc. , si souvent cités, sont une collection de pièces rares publiées par Cogan, d'après des pamphlets presque tous de Somers. Une édition des ceuvres de cet homme d'Etat a été dirigée par Waiter Scott.

SOMERSET (comte du), comté de la région S.-O. de l'Angleterre, baigné au N. par le canal de Bristol, limité à l'Ê. par les comtés de Glocester et de Wilts, au S, par celui do Dorset et à l'O. par celui de Devon, Superficie. 4,-400 kilom. carrés; 443,916 hab, Ch.-l., Wells; villes principales, Bath, une partie de Bristol, Taunton et Brhlgewater. La surface du Somerset est très-variée ; au N. et à l'O., les montagnes couvrent une grande partie du sol ; les principales sont les monts Mendip et Qiiantock. Parmi les rivières qui l'arrosent nommons : le Parket, l'Axe et la Brue, tributaires du canal de Bristol. Le climat de ce comté est en général assez doux et sissez agréable, particulièrement dans les vallées et près des côtes; mais dans les parties élevées il est très-froid. Le sol est presque partout très-fertile. Une terre légère, mêlée de pierres calcaires, couvre généralement fes parties montagneuses; les terrains plots consistent principalement en terres d'alluviou. Les récoltes en céréales suffisent et au délit à la consommation locale ; celles des fourrages alimentent plusieurs marchés du royaume. Ou y récolte aussi beaucoup de chanvre et de lin. Les bètes u cornes et les moutons qu'on y élève forment la principale richesse du comté, qui renferme quelques belles forêts. Les montagnes de Mendip renferment du plomb, de la calamine, de la houille d'excellente qualité et du calcaire. Dans d'autres districts on trouve du cuivre, du manganèse, de l'ocre rouge et de la malachite. Bristol et Bath sont célèbres par leurs eaux minérales. L'industrie comprend surtout la ganterie, la draperie, la fabrication des lainages, soieries, toiles à sacs et à voiles, dentelles, la serrurerie et la coutellerie. Le commerce embrasse tous les produits du sol et des manufactures, et les transactions commerciales y sont facilitées par tous les moyens de transport et de locomotion des pays les plus favorisés.

SOMERSET (Robert Carr, vicomte de Rochester, puis comte db), favori dn roi d'Angleterre Jacques Ier, né en Ecosse vers 1589, mort vers 1640. Il arriva à la plus haute fortune grâce à sa jeunesse et à sa beauté. Fils cadet d'un petit gentilhomme, il fit d'abord partie des pages de Jacques VI, roi d'Ecosse, qu'il suivit en Angleterre lorsque ce prince devint roi de ce pays sous le nom de Jacques 1", en 1603. S'étant cassé la jambe eu tombant de cheval dans un tournoi (1609), il attira sur lui l'intérêt du roi, qui le visita chaque jour jusqu'à sa guérison, le prit en affection et le nomma chevalier et gentilhomme de ia chambre. Bien qu'il n'eût aucun mérite personnel, il sut tellement gagner la faveur de Jacques, dont la faiblesse égalait l'ineptie, qu'il obtint successivement la charge de grand trésorier d'Ecosse, un siège à la chambre haute avec le titr de vicomte de lïochester, la décoration de la Jarretière et devint toutpuissant à la cour. S'étant épris d'une passion adultère pour Françoise Howard, comtesse d'Essex, Robert Carr résolut de l'épouser et l'engagea à divorcer avec son mari. Le poëte Overbury, son conseiller et son ami, entreprit de le détourner de ce projet en es-

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sayant de lui montrer qu'il se perdrait dans l'opinion publique s'il épousait cette femme profondément corrompue et dont il avait fait sa maîtresse. Au lieu d'écouter ce sage conseil, Carr en conçut le plus vif ressentiment contre son ami, essaya de l'éloigner de l'Angleterre, et, n'ayant pu y réussir, il le fit arrêter, puisemprisonnerk la Tour'de Londres. Pendant ce temps, la comtesse d'Essex demandait la nullité de son mariage et» prétextant de l'impuissance du comte. Jacques 1er-, circonvenu par son favori, intervint auprès des juges, leur fit rendre un arrêt en nullité de mariage (25 septembre 1613), et, le 26 décembre suivant, Robert Carr épousait sa maîtresse, en présence de la cour, dans la chapelle royale. La faveur dont il jouissait était telle qu'à cette occasion le roi le nomma comte de Somerset et lui fltdon de plusieurs grands domaines. Il venait d'être investi de deux nouvelles grandes charges lorsque, par suite de la révélation d'un garçon apothicaire, on apprit qu'il avait fait empoisonner Overbury. Son procès s'instruisit, et, au mois de mai 1616, il fut condamné avec sa femme à la peine capitale; mais pendant que les instruments de son crime étaient pendus, Somerset et sa femme étaient laissés en prison, puis rendus â la liberté (1621), et enfin ils obtenaient des lettres de pardon (1624). Jacques I»r ne borna pas là sa coupable condescendance envers son ancien favori. Il lui donna, après sa condamnation, sous le nom d'un de ses domestiques, une rente de 100,000 francs en fonds de terre. Le comte de Somerset se retira à Chiswick, où il passa le reste de sa vie. De son mariage avec lu corntesse d'Essex, il avait eu une tille, Anne, qu'il parvint à marier en 163" k William Russell , en sacrifiant pour la doter presque tout ce qu'il possédait.

SOMERSET (Françoise Howard, comtesse d'Essex, puis de), femmfe du précédent (Robert Carr), née eii 1594, morte en 1632. Elle était fille do lord Howard, comte de Suffolk. A treize ans, elle épousa le comte d'Essex, qui n'était que d'un an plus âgé qu'elle et qui alla continuer Ses études à l'université, puis sur le continent. Pendant ce temps, lajeune comtesse d'Essex restait auprès de sa mère et recevait uney brillante éducation. Lorsqu'elle parut h la cour, elle fit uoe sensation profonde, .tant sa beauté était éclatante et son esprit séduisant. Elle devint aussitôt la femme la plus adulée, comme elle était la plus belle et aussi, dit-on, la plus dissolue de la cour. Au nombre de ceux qui s'éprirent de passion pour elle se trouvaient le prince héritier, qui mourut bientôt après, et Robert Carr, vicomte de Rochester, qui devint son amant. Lorsque le comte d'Essex revint en Angleterre et réclama ses droits d'époux, Françoise Howard le repoussa et, de concert avec le vicomte de Rochester, demanda l'annulation do son mariage, afin de pouvoir épouser ce dernier. Irritée de l'opposition qu Overbury faisait k ses projets et de la façon méprisante dont il parlait d'elle, elle lui voua une haine implacable et contribua à sou emprisonnement, puis à sa mort. Comme nous l'avons dit plus haut dans La biographie du comte de Somerset, la roi Jacques aplanit toutes les difficultés du procès dans lequel la comtesse d'Essex, au grand scandale de la nation, demandait qu'on annulât sou mariage en se basant sur l'impuissance de son mari. Le mari protestait éuergiquement. Quoi qu'il en soit, l'annulation fut prononcée (25 septembre 1613), et le 26 décembre suivant la comtesse d'Essex épousait Robert Carr, créé à cette occasion comte de Somerset. « Pendant environ quinze mois, dit M. Lebrun, son orgueil et sa cupidité furent complètement satisfaits; les grâces royales pleuvaient sur elle, les courtisans mendiaient sa protection, les hauts fonctionnaires la lui payaient. > Mais bientôt on acquit la conviction qu'Overbury était mort empoisonné par des gens achetés par elle. Les nombreux ennemis qu'elle s'était faits, ainsi que son mari, profitèrent de cette révélation pour les perdre l'un et l'autre. Le procureur général Coke instruisit l'affaire, interrogea Catherine Howard et Somerset, qui furent emprisonnés, et conclut que Catherine avait eu recours k la iorcellerie poui s'aliéner l'affection du comte d'Essex, et captiver l'amour de Rochester; enfin qu'elle avait fait empoisonner Overbury par le geôlier Weston. Jacques 1er conseilla à Somerset et a sa femme de s'avouer coupables, en leur promettant leur grâce. Catherine fit des aveux complets-, Somerset protesta jusqu'à la fin de son innocence. L'un et l'autre furent condamnés à mort en mai 1616 ; mais, au bout de quelques années, ils recouvrèrent la liberté. La comtesse de Somerset se retira alors avec son mari à la campagne et mourut âgée de trente-huit ans.

SOMERSET (Edouard-Adolphe Saint-Maur, onzième duc db), homme politique anglais, né en 1775, mort en 1855. Appelé en 1792 à succéder à son père, il entra a la Chambre des lords, où il se montra partisan des idées libérales. Il faisait partie de plusieurs sociétés savantes. — Son fils aîné, né eu 1804, entra en 1834 a la Chambre des communes. Il devint l'année suivante un des lords de la trésorerie, et il a successivement occupé divers emplois importants.

SOMERSET (Edward Seymour, duc de).

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frère de Jeanne Seymour, femme du roi d'Angleterre Henri V1U. V. Seymour.

SOMERSET (James-Henry Fitzrov), général anglais. V. Raglan (baron).

SOMERTON, bourg d'Angleterre, comté de Somerset, k 25 kilom. S.-O. de Wells; 2,000 h;ib. Cette ville , ancienne résidence des rois saxons, fut pillée par les Danois en 877. On y voit les restes du château où Jean le Bon, roi de France, fut retenu prisonnier.

SOMERTRAS s. m. (so-mèr-trass). Diplomatiq. Nom donné au mois de juin , dans quelques chroniques.

SOMERVILLE (William), gentilhomme et poète anglais, né à Edstone, comté de Warwick, en 1692, mort dans le même lieu en 1742. I! fit ses études à Winchester et à Oxford, puis revint dans son pays natal remplir les tranquilles et modestes fonctions de juge de paix. ILjouissait des agréments de la carr.pngne et faisait des vers à loisir, grâce à un revenu annuel de 25,000 livres. Mais, soit incurie, soit prodigalité, il s'endetta et s'abandonna à l'ivrognerie.

On a réimprimé plusieurs fois, notamment en 1796, son poème de la Chasse. Citons encore de lui des Fables, des Cont es, des Odes et deux autres poèmes, Hobbinol or Jiural garnies; Field sports and the Bowling -green (Londres, 1813, pet. iti-4»).

SOMERVILLE (Maria Fairfax , dame), femme savante anglaise, née en Ecosse en 1790, morte à. Naples en janvier 1873. Elle passa ses premières années a Musselburgh, petit port de mer situé près d'Ediiwbourg, reçut une instruction très-soignée et apprit, notamment, le latin, le grec, la peinture et la musique. Ayant épousé un officier de marine, elle étudia sous sa direction les mathématiques et les sciences physiques, pourlesquelles elle fit preuve de dispositions extraordinaires.' Devenue veuve, elle quitta Londres, alla habiter Edimbourg, épousa en secondes noces le docteur Somerville, dont elle devait illustrer le nom, et continua ses travaux scientifiques-. Ella commença à attirer sur elle l'attention du monde savant par des expériences fort remarquables sur l'influence magnétique des raies violettes du spectre solaire. Sur la demande de lord Brougham , qui admirait la profondeur de ses connaissances, elle consentit à écrire, pour la Société de la diffusion des connaissances utiles, un abrégé populaire de la Mécanique céleste de Laplaoe. Mais son travail prit des proportions telles qu'il ne put servir k sa première destination et qu'elle la fit paraître en un volume intitulé : Mécanique des deux (Londres, 1832, in-8°). Dans cet ouvrage, précédé d'une remarquable dissertation, Alme Somerville ne s était pas bornée a donner sans altération les démonstrations de Laplace; elle les avait modifiées dans diverses parties, et dans d'autres elle avait substitué au travail de l'illustre géomètre français un travail tout nouveau. Deux ans plus tard, elle fit paraître : Connexion des sciences physiques (1834, iu-12), traité qu'elle dédia à la reine et dans lequel elle a exposé, avec autant de clarté que de précision, la grande loi de la gravitation et les principaux phénomènes physiques de l'univers. L'année suivante, elle fut nommée membre honoraire de la Société royale d'astronomie de Londres. Peu après, elle reçut de la liste civile une pension de 300 livres sterling ((7,500 fr.) et alla se fixer en Italie, où elle continua à partager son temps entre les travaux scientifiques et tes soins domestiques. Outre les ouvrages précités, on lui doit : la Science moléculaire et microscopique et une Géographie physique (1848, 2 vol. in-12) , ouvrage trèsbien tait, très-intéressant et qui a eu de nombreuses éditions.

SOMERVILLITE s. f. (so-mèr-vi-li-te — du nom d'un savant anglais, le docteur Somerville). Miner. Substance demi-transparente, k éclat vitreux, de couleur jaune paie, qu'on trouve dans les roches delà Somma, au Vésuve. Syn. de bumboldtilithb.

SOMILEPTE s. m. (so-mi-lè-pte — du gr.

sdnia, corps; leptos, menu). Ichthyol, Genre de poissons, de la famille des cyprinoïdes.

SOMION s. m. (so-mi-on). Bot. Genre de champignons.

SOMLVO, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie , à 227 kilom. N.-O. d'Hermanstadt , sur la Krazna; 2,700 hab. Magasins d'équipement et entrepôt de sel. On y voit un ancien château fort, qui appartint autrefois aux princes Bathory.

SOMMA s. f. (somm-ma). Métrol. Mesure da capacité pour l'huile, employée en Toscane, et valant 66Ill,86.

SOMMA-LOMBARDO, ville du royaume d'Italie, province de Milan, district et à 7 kilom. N.-O. de Gallarate, cb.-l. de mandement; 4,602 hab. C'est en ce lieu, près du Tessin, qu'Annibal vainquit Scipioaen 218 av. J.-C.

SOMMA-VKSUVIAINO, ville du royaume d'Italie, province, district et k 15 kilom. E. de Naples, au pied du Vésuve, ch.-l. de mandement; 7,599 hab. Récolte de vins estimés.

SOMMA CAMPAGNA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Vérone, mandement de Villafranca; 2,612 hab.

SOMMAGE s. m.(so-ina-ja — rad. somme).

Féod. Service féodal, consistant surtout dans

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l'obligation de fournir des bêtes de somme pour le transport des denrées ou des meubles du seigneur. Il Droit payé sur la charge d'une bête de somme.

SOMMACER v. a. ou tr. (so-ma-jé — rad. sommier. Prend un e après le g devant a et o : Je sommageai ; nous sommageons). Techn» Mettre des sommiers sur : Sommager une futaille.

SOMMA IL s. m. (so-mall; // mil.). Mar. Terrain élevé sous l'eau, dans une passe. Il Bunc de gravier, de sable ou de vase qui traverse le chenal d'un port ou d'une rivière.

SOMMAIRE adj. (so-mè-re — d'un type latin iammariut; de summa, somme, total).

Succinct, court, abrégé ; qui expose un sujet en peu de paroles : Traité sommaire, liépanse sommaire. Discours sommaire. Requête sommaire. Exposé sommaire. La métaphysique n'eut point science, mais méthode sommaire: et tdéelle. (Proudh.)

— Expéditif, exempt des formalités ordinaires : Justice sommaire.

— Jurispr. Matières sommaires, Certaines affaires qui doivent être jugées promptement etavecpeu de formalités, tellesque lesdemandes provisoires, les appels des sentences de juge de paix. Il Jugements sommaires, Jugements rendus sur certaines contestations qui, bien que requérant célérité, ne sont cependant pas soumises au mode d'instruction établi pour les matières sommaires.

— s. m. Exposition sommaire :

Là-dessus, de la pièce il m'a fait le sommaire.

Molière.

— Analyse sommaire des matières contenues dans un ouvrage ou dans une de ses parties : Le sommaire d'un livre, d'un discours. Faire un sommaire. Ne présenter que le sommaire, que le simple sommaire des recherches d un auteur. Lire le sommaire des chapitres.

— Syn. Sommaire, abrégé, analyse, etc. V. ABRÉGÉ.

SOMMAIREMENT adv, (so-mè-re-man — rad. sommaire). D'une manière sommaire, succincte, abrégée : Je uous rapporterai sommairement ce qui se passa en cette occasion, ce qui est contenu dans ce livre. J'exposerai sommairement les faits. (Acad.)

SOMMAR1VA-DEI.-BOSCO, ville du royaume

d'Italie, province de Coni, district et à 20 kilom. O, d'Alba , chef-lieu de mandement ; 5,488 hab.

SOMMAR1VA-PERNO, bourg du royaume d'Italie, province do Coni, district d'Alba, mandement de Somniariva-del-Bosco ; environ 2,000 hab.

SOMMATEUR, TRICE s. (so-ma-teur,tri-sa — rad. sommer). Personne qui fait une sommation.

SOMMAT1N0, ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province et district de Calatanisetta, ch.-l. de mandement; 4,324 hab.

SOMMATION s. f. (so-ma-si-on — rad. sommer). Action de sommer : Sommation verbale. Sommation par écrit. Faire une sommation. Trois sommations doivent précéder l'emploi de la force armée contre les attroupements séditieux. Cette place, cette forteresse s'est rendue à la première sommation. (Acad.)

— Fig. Invitation ayant une forme impérative : La fortune, le bonheur et ta gloire s'inquiètent peu des sommations de l'ambitieux; ils viennent quand il leur plaît et s'en vonkde même. (Ch. Nod.)

— Jurispr. Acte par lequel on interpelle une personne de dire ou de faire quelque chose : Voilà les trois sommations attachées ensemble. (Acad.)

Ce n'est rien seulement qu'une sommation. Un ordre de vider d'ici, voua et les vôtres.

Molière.

[I Demande en garantie , dénonciation des poursuites exercées par une partie contre la partie adverse. Vieux en ce sens. Il Sommation respectueuse , Acte extrajudiciaire qu'un fils âgé d'au moins vingt-cinq ans ou une fille majeure sont tenus de faire signifier à leur père et à leur mère ou k leurs aïeuls et aïeules, lorsque ces parents n'ont pas donné leur consentement au mariage de leurs enfants : // peut être passé outre à la célébration du mariage un mois après la troisième sommation respectueuse, et même un mois après ta première lorsqu'on a plus de trente ans. (Acad.)

— Mathém. Opération par laquelle on fait la somme de plusieurs quantités, on les réduit k une seule : La sommation des termes d'une série.

— Physiq. Sons de sommation, Sons ayant un nombre de vibrations égal k la somme des nombres de vibrations dos sons primaires, dans le système de Helmholz.

— Eucycl, Jurispr. La sommation est faite, en général, dans les mêmes formes que les exploits. Elle diffère du commandement en ce qu'on peut la faire sans titre exécutoire et en ce qu'elle n'interrompt point la prescription. Cet acte est ordinairement du ministère exclusif des huissiers. La sommation est une formalité très-fréquente; nous allons énumérer différents cas dans lesquels elle est employée :

l° En matière de vente d'immeubles.

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20 En matière de louage.

30 En matière de saisie immobilière.

40 En matière d'expertise. Quand une partie a fait défaut devant le juge commissaire, on la somme alors d'assister à l'expertise, soit par acte' d'avoué, soit par exploit & partie, quelquefois même verbalement.

5° En matière d'inscription de faux. La personne qui veut s'inscrire en faux doit ou préalable sommer la partie adverse de déclarer si elle entend ou non se servir de la pièce arguée.

6° En matière de contributions indirectes. Lorsque le prévenu est absent au moment où l'on fait dans le procès-verbal la description des objets saisis, il lui est fait sommation d'y assister, et l'accomplissement de cette formalité suffit pour suppléer k sa présence.

7° En matière de contributions directes. Quand un contribuable est en retard, le percepteur ne peut exercer des poursuites contre lui qu'après l'avoir prévenu par une sommation sans frais.

8° En matière de saisie immobilière. Les créanciers inscrits et les créanciers qui ont une hypothèque légale sont sommés de prendre communication du cahier des charges.

90 En matière d'ordre. Les créanciers sont sommés de produire leurs titres et de prendre communication de l'état de collocation des pièces produites.

Par arrêt du 11 juillet 1820, la cour de cassation a décidé que les sommations n'ont point pour effet de contraindre les parties auxquelles elles sont faites, et que c'est k la justice seule ou aux fonctionnaires qui peuvent revêtir leurs actes de l'exécution parée qu'appartient un tel droit. Les sommations n'ont d'autre effet que de constituer en demeure ou de faire courir Ie3 dommages-intérêts.

En principe, il est nécessaire de recourir k une demande en justice pour faire courir les intérêts. Il est cependant des cas où une sim pie sonimafi'oMSufnt, lorsque, par exemple, il est question des intérêts du prix de vent» d'un immeuble non productif de fruits, des intérêts d'une somme déposée, des intérêts d'une crésince de tuteur envers son pupille.

La sommation fait aussi quelquefois courir un délai. Ainsi, lorsque le tiers détenteur d'un immeuble est sommé de payer ou de délaisser, la sommation fait courir les délais de la purge. Le créancier qui exerce l'action hypothécaire doit sommer le tiers détenteur do payer ou de délaisser, et celui-ci n'a que trente jours pour faire son choix.

— Des sommations légales. On appelle sommations légales celles qui sont fuites à hauts voix devant les rassemblements séditieux, uviint d'employer la force des armes. Avant 1789, il n'exisuit aucune loi sur les attroupements. La première loi. sur ce sujet est celle du 21 notobre-21 novembre 1789, connue sous le nom de loi martiale et dans laquelle se trouvaient contenus les modes de sommations légales. Les sept premiers articles do cette loi sont ainsi conçus :

Article i«. Dans le cas où la tranquillité publique sera en péril, les officiers municipaux des lieux seront tenus, eu vertu du pouvoir qu'ils ont reçu de la commune, de déo.arer que la force militaire doit être déployée a. l'instant pour rétablir l'ordre public, a peine, par ces officiers, d'être responsables des suites de leur négligence.

Art. 2. Cette déclaration se fera en exposant k la principale fenêtre de la maison da vtile et en portant dans toutes les rues et carrefours un drapeau rouge, et en même temps les officiers municipaux requerront les chefs des gardes nationales, des troupes réglées et des maréchaussées de prêter mainforte.

Art. 3. Au signal seul du drapeau, tous les attroupements, avec ou sans armes, deviendront criminels et devront être dissipés par la force.

Art. 4. Les gardes nationales, troupes réglées et maréchaussées requises par les officiers municipaux seront tenues de marcher sur-le-champ, commandées par leurs officiers, précédées d'un drapeau rouge et accompagnées d'un officier municipal au inoins.

Art. S, 11 sera demandé par un des officiers municipaux aux personnes attroupées quelle est la cause de leur réunion et le griet dont elles demandent le redressement. Elles seront autorisées k nommer six d'entre elles pour exposer leurs réclamations et présenter leurs pétitions, et tenues de se séparer surle-champ et de se retirer paisiblement.

Art. 6. Kaute par les personnes attroupées de se retirer en ce moment, il leur sera fait k haute voix, par les officiers municipaux ou l'un d'eux , trois sommations de se retirer tranquillement dans leur domicile. La première sommation sera exprimée en ces termes :

• Avis est donné que la loi martiale est proclamée , que tous attroupements sont criminels; on va faire feu; que les bons citoyens sa retirent. >

A la deuxième et k la troisième sommation, il suffira de répéter ces mots : « On va faire feu ; que les bons citoyens se retirent. • L'officier municipal énoncera que c'est ou la première, ou la seconde , ou la dernière.

A cette loi, d'une rigueur excessive, succédèrent divers décrets rappelant aux officiers municipaux le devoir de publier ta loi martiale lorsqu'il y aurait des attroupements

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séditieux, et notamment le décret du 3 août 1791, qui restreignit la sévérité delà loi martiale.

Le mode dos sommations légales est aujourd'hui réglé par la loi du 11 avril 1831 contre les attroupements.

Aux termes de l'article 1er de cette loi, toutes personnes oui formeront des attroupements sur les places ou sur la voie publique seront tenues de se disperser à la première sommation des préfets, sous-préfets, maires, adjoints de maire ou de tous autres magistrats et officiers civils chargés de la police judiciaire, autres que les gardes champêtres et gardes forestiers.

Si l'attroupement ne se disperse pas, les sommations seront renouvelées trois fois. Chacune d'elles sera précédée d'un roulement de tambour ou d'un son de trompe. Si les trois sommations sont demeurées inutiles, il pourra être fait emploi de la force.

Lors de la discussion de la loi de 1831, M. Barthe, garde des sceaux, s'exprimait ainsi : >La paix intérieure est le premier besoin de fa .France ; c'est le moyen le plus efficace de commander la paix extérieure, dont nous pouvons dire tout haut que nous désirons les bienfaits, parce que l'esprit martial de notre population est trop bien connu et établi sur trop de titres de gloire pour que personne nous puisse soupçonner de craindre la guerre. Les attroupements et les émeutes sont une cause de désordres que le gouvernement a le devoir de réprimer, et contre lesquels l'état actuel de la législation n'offre point de moyens de répression assez efficaces. Une échelle de génalité, assez douce pour être applicable, doit atteindre toute personne que l'imprudence ou de mauvais desseins entraînent dans des violations de la paix publique, violations dont l'effet est de compromettre la sûreté individuelle des citoyens, la liberté des transactions commerciales, les développements de l'industrie et surtout la dignité nationale. L'admirable bon sens de la population a montré aux agitateurs en plusieurs occasions, et tout récemment encore, qu'ils auraient tort de se croire de la puissance et qu'ils verront, chaque fois qu il le faudra, s élever contre eux toutes les existences qu'ils inquiètent. La législation doit venir en aide au bon sens national. Lorsque les lois existantes ont donné à l'autorité chargée d'assurer la tranquillité publique le droit de se servir de la force pour disperser des attroupements qui se seraient maintenus après trois sommation», il était utile et conforme à ces principes d'humanité dont la législation ne doit jamais s'écarter de prévenir par tous les moyens les cas où ce droit pourrait être exercé. Lorsqu'un petit nombre d'agitateurs s'est réuni et a formé un attroupement, il faut que la voix du magistrat défende contre leur propre imprudence tous les citoyens que le désœuvrement ou la curiosité appelleraient à le grossir. Des peines de simple police doivent atteindre toute personne qui n'aura pas la sagesse d'obtempérer à ce salutaire avertissement donné avec solennité par un magistrat civil, décoré d'une éebarpe qui annoncera publiquement son caractère. Lorsqu'une sommation a été deux fois renouvelée, la faute de ceux qui, méconnaissant la voix du magistrat, persistent à faire partie d'un attroupement devient beaucoup plus répréhensible...»

Ce projet de loi souleva à la Chambre des députés de nombreuses et de vives discussions. Plusieurs orateurs soutinrent qu'elle légitimait l'acte de répandre le sang des citoyens, acte que le plus grand péril peut seul justifier; mais une grande majorité se prononça pour s,on adoption, devant cet argument, que le droit de faire usage de la force dans certains cas dérive du droit de conservation.

D'après un arrêt de la cour de Metz du il décembre 1833, on doit entendre la disposition de 1831, portant que les sommations seront renouvelées trois fois, en ce sens qu'elles seront renouvelées jusqu'à cequ'elles soient au nombre de trois et non pas en ce sens qu'il faille, après la première, eu fuira encore trois autres. D'après le même arrêt, les sommations faites sur un même lieu à de courts intervalles contre des attroupements réunis dans un même but doivent être ajoutées les unes aux autres pour déterminer le nombre total des sommations ainsi que la peine encourue par ceux qui ont été arrêtés dans les attroupements, lors même qu'il n'est pas démontré que les groupes auxquels étaient adressées la deuxième et la troisième sommation eussent été composés des mêmes personnes que les premiers.

La formalité des sommations est de rigueut et elle doit toujours être accomplie, à moins cependant que des voies de fait n'aient été exercées contre les dépositaires de la force publique ou qu'ils n'aient point d'autre moyen de défendre les postes dont ils sont charges ou les terrains qu'ils occupent. Ils sont alors, en effet, dans le cas de légitime défense.

D'après l'article 2 de lu loi de 1831, les personnes qui, après la première sommation, continuent à faire partie d'un attroupement peuvent être arrêtées et traduites sans; délai devant les tribunaux de simple police. Leur acte constitue une contravention ; mais cette contravention dégénère en délit après la seconde sommation. «Après la seconde sommation, porte l'article 3, la peine sera de

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trois mois d'emprisonnement au plus, et après la troisième, si le rassemblement ne s'est pas dissipé, la peine pourra être élevée jusqu'à un an de prisoD. » — « La peine, ajoute 1 article A, sera celle d'un emprisonnement de trois mois à deux ans : l« contre les chefs et provocateurs de l'attroupement, s'il ne s'est point entièrement dispersé après la troisième sommation ; 2° contre tous individus porteurs d'armes apparentes ou cachées, s'ils ont continué à faire partie de l'attroupement après la première sommation. •

— Des sommations respectueuses. Sous .a législation romaine, quel que fût l'âge de l'enfant qui voulait contracter mariage, le consentement du père était toujours exigé, à moins cependant que le refus de consentement ne fût basé sur aucun motif légitime; l'enfant pouvait alors s'adresser au magistrat.

En France, la loi du 20 septembre 1792 reconnut aux enfants devenus majeurs le droit de s'affranchir de toute autorité, à l'égard des père et mère, pour contracter mariage; ils n'avaient même besoin de leur demander ni consentement ni conseil. Le droit anglais adopta le même principe. La législation française avait été longtemps beaucoup plus réservée à cet égard, et, dès l'année 1556,'parut un édit de Henri II , ordonnant «que les enfants de famille ayant contracté et qui contracteront oy-apvès muriage clandestins contre le gré, vouloir eteonsentementet au desceu de leurs pères et mères, puissent, pour telle irrévérence et ingratitude, inespris et contemnemeiit de leurs dits pères et mères, transgression de la loy et commandement de Dieu, et offense contre le droict et l'honnestetè publique, inséparable d'avec l'utilité, estre par leursdits pères et mères, et chacun d'eux, exherédez et exclus de leurs successions, sans espérance de pouvoir quereller l'exhérédation qui ainsi aura esté faite. Puissent aussi lendits pères et mères, pour les causes que dessus, révoquer toutes et chacune» des donations etadvantages qu'ils auraient faits ù leurs enfants. Voulons aussi et nous plaist que lesdits enfaus qui ainsi seront illieitement conjoints par mariages soient déclarez, audit cas d'exhérédatîon, et les déclarons incapables de tous advantages, profits eteraolumens qu'ils pourroient prétendre par le moyen des conventions apposées es contracts de mariage, ou par le bénéfice des coustumes et loix de nostre royaume, dudit bénéfice desquelles les avons privez et déboutez , privons et déboutons par ces' présentes comme ne pouvans implorer le bénéfice des loix et coustumes, eux qui ont commis contre la loy de Dieu et des hommes. ■

Un arrêt du parlement de Paris, en date du 27 août 1693, porte que îles fils et filles, même les veuves qui voudront faire sommer leurs père et mère, aux termes de l'ordonnance, de consentir à leur mariage, seront tenus à l'avenir d'en demander permission aux juges des lieux du domicile des père et mère, qui seront tenus de la leur accorder sur requête.» Nous trouvons qu'il était d'usage d en faire trois, dans un arrêt de règlement rendu au parlement de Toulouse le 26 juin 1773.

L'acte que notre ancienne législation qualifiait de sommation respectueuse est aujourd'hui désigné sous le nom d'acte respectueux. « Les fils jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, les filles jusqu'à celui de vingt et un ans ne peuvent contracter mariage sans le consentement des père et mère ou autres ascendants. A partir de cet âge, les enfants peuvent se marier sans le consentement de leurs père et mère, mais ils doivent demander ce consentement par acte respectueux.»

D'après l'article 152 du code civil, depuis vingt-cinq jusqu'à trente ans pour les iils et depuis vingt et un jusqu'à vingt-cinq ans accomplis pour les filles, le premier acte respectueux doit être renouvelé deux autres fois, de mois en mois, et un mois après le troisième acte il peut être passé outro à la célébration du mariage.

Les enfants naturels légalement reconnus sont tenus de demander, par des actes respectueux, le consentement de leurs père et mère, mais les enfants adoptifs en sont dispensés.

Suivant l'article 155,. en cas d'absence de l'ascendant auquel eût dû être adressé l'acte respectueux, il sera passé outre à la célébration du mariage, en représentant le jugement qui aurait été rendu pour déclarer l'absence, ou, à défaut de ce jugement, celui qui aurait ordonné l'enquête, ou, s'il n'y a pas encore eu de jugement, un acte de notoriété délivré par le juge de paix du lieu oui' ascendant a eu son dernier domicile connu. Cet acte doit contenir la déclaration de quatre témoins appelés d'office parle juge de paix.

L'acte respectueux est une marque de déférence que l'enfant donne à ses ascendants ; il faut par conséquent que les termes dans lesquels il est conçu soient respectueux. On ne doit point, par conséquent, regarder comme un acte respectueux l'acte par lequel un fils fait sommation à ses père et mère de lui donner conseil sur le mariage qu'il veut contracter, en ajoutant qu'en cas de refus il agira comme s'ils avaient donné leur consentement. (Arrêt de la cour de Bordeaux, 12 fructidor un XIII.)

Les actes respectueux sont notifiés par

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deux notaires ou -par un notaire et deux témoins.

Dans le cas où l'enfant n'assiste point à ia notification de l'acte respectueux, le procèsverbal qui en est dressé doit contenir deux parties : io la réquisition faite par l'enfant de procédera l'acte respectueux et le dressé de cet acte ; 2° la notification elle-même.

Les jurisconsultes s'accordent à reconnaître que la notification des actes respectueux doit être faite à chacun des ascendants dont le conseil est requis et qu'il doit en être laissé à chacun une copie. Ainsi, pour qu'un acte respectueux soit valable, il ne suffit pas que le notaire s'adresse au père, tant en son nom qu'en celui de sa femme; le notaire doit s'adresser au père et à la mère, et faire, à peine de nullité de l'acte, mention de la réponse de chacun d'eux. Par suite, un ascendant peut former opposition au mariage lorsque le consentement, exigti par la loi, de 1 autre ascendant n'a pas été requis.

— Renouvellement des actes respectueux.

Quand le fils est âgé de moins de trente ans et la fille de moins de vingt-cinq ans, les actes respectueux doivent, d'après 1 article 152 du code civil, être renouvelés deux fois de mois en mois. Il est bien évident que ce renouvellement n'est exigé qu'autant qu'il n'intervient pas de consentement de la part des ascendants. En outre, comme en cas de dissentiment le consentement du père suffit, il ne serait pas nécessaire de notifier d'autres actes à la mère (art. 115 et US du code civil combinés).

Le déliiMixé par la loi entre chaque acte respectueux ne peut être restreint, mais il peut être prolongé ; car ce délai exigé par la loi a uniquement pour but de donner à l'enfant le temps de réfléchir sur la détermination qu'il va prendre. Toutefois, il est dans l'esprit de la loi que les actes ne -soient pas trop isolés les uns îles autres, afin que, par leur succession non interrompue, les ascendants reconnaissent que leur enfant persiste dans son projet.

En principe, chaque acte de notification doit indiquer la demeure des témoins. Cependant, quand les témoins aux trois actes sont les mêmes, renonciation de leur demeure dans un seul a été reconnue suffisante.

Les ascendants peuvent, tant que le mariage n'a pas été célébré, déférer aux tribunaux les motifs de leur refus en faisant statuer sur leur opposition. Ainsi,' la nullité-des actes respectueux peut être opposée en tout état de cause sur l'instance en opposition au mariage ; c'est, en effet, une nullité d'ordre public.

L'acte respectueux et la notification de l'acte peuvent être faits sur une seule feuille de papier timbré ; mais, lorsqu'il y a lieu de réitérer l'acte respectueux, chaque acte doit être fait sur une feuille séparée.

L'acte respectueux est soumis à l'enregistrement. Il est, de même que les actes notariés ordinaires, enregistré dans le délai de quinze jours.

— Art milit. Lorsqu'une place est assiégée, le chef de la troupe assiégeante fait, avant de commencer les hostilités, sommation aux défenseurs de la ville d'avoir à se rendre, s'ils ne veulenty être contraints par la force et subir les conséquences de leur refus. Les commandants de place ou les chefs de poste ainsi sommés doivent repousser l'acte de sommation et ne se rendre qu'après un ou plusieurs assauts et l'on a eu peu d'exemples de forteresses qui se soient rendues sans essuyer le feu de l'ennemi. Malte est peut-être la seule ville qui ait ouvert ses portes à première sommation.

Dans les guerres anciennes, un héraut d'armes s'approchait des murailles de la ville et faisait à haute voix .la sommation. Presque toujours ce héraut, que son caractère de parlementaire sauvait de toute1 injure personnelle, était écouté en silence; mais, dès qu'il avait terminé sa sommation, des buées, des injures lui répondaient.

SOMMATOIRE adj. (so-ma-toi-re — rad.

sommer). Mathem. Qui marque une sommation : Signe sommatoirb.

SOMME s. f. (so-me — latin summa, de summus, pour supmus , superlatif de superus, qui est au-dessus). Mathem. Résultat d'une addition : Tout nombre qui divise la sqmmu de deux nombres, et l'un de ces nombres, dioise aussi l'autre nombre.

— Certaine quantité d'argent : Petite somme. Grosse somme. Une sommk de trois mille francs. Cette maison, cette terre lui a coûté des sommes immenses. Son mémoire se montait à une somme exorbitante. (Acad.) Une économie de chaque jour produit, avec le temps , une somme importante, (De Thèis.) Dans une lettre d'affaires, une somme d'argent s'écrit en toutes lettres. (Boitard.) Les petites files représentent de petites dépenses qui deviennent de grosses sommus. (J. Junin.)

, . . . . Un gascon est un homme Qui, visant à la dot, aime selon la somme.

Destouches.

Lui qui connaît sa dupe et qui sait en jouir Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir ; Son eagotisme en tire à toute heure des sommes, Et prend droit de gloser sur tous tant que nous

[sommes.

Mouïhb.

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— Fig. Total , réunion de choses mises ou considérées ensemble : L'habitude des prioalions diminue la somme de nos besoins, de nos malheurs. (Acad.) La somme des biens surpasse celle des maux. (Helvét.) Il y a pour chaque homme une somme de bonheur peu dépendante de. la bonne ou de la mauvaise fortune. (Maupertuis.) Etant accoutumés, par noire trop courte existence, à regarder cent ans comme une trop grosse somme de temps , nous avons peine à nous former une idée de mille ans. (Buff.) Le droit naturel est la somme des facultés naturelles dont jouit l'homme comme être intelligent, (Bonnin.) L'essence ou la nature d'un être est la somme indéfinie de ses propriétés. (H. Taine.)

— Somme totale, Somme générale formée par l'addition de plusieurs sommes.

— Bibliogr. Titre de certains ouvrages qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science, d'une doctrine :

Au nom de Dieu, lisez-moi quelque Somme De ces auteurs dont chez lui l'on fait cas, La Fontaine.

— Ane. typogr. Lettres de somme, Caractère semblable à celui gui servit à l'impression de la Somme de saint Thomas.

— Mar. Banc de gravier , de sable ou de vase situé au dehors d'un port ou de l'embouchure d'un fleuve. Il Nom donné aux jonques dans les anciennes relations.

— Comro. Douze milliers de clous, il Somme de verre, Réunion de feuilles de verre faisant environ 10 mètres carrés de vitrage.

— Loc. adv. En somme, Somme toute ou simplement Somme, En résumé, tout considéré, finalement : En somme, c'est un fort bon domestique. Somme toute, vous pouoes faire ce marché. L'averrholsme padouan est en somme une philosophie de paresseux. (Renan.)

La dame était de gracieux maintien.

De doux regard , jeune, fringante et belle.

Sommé, qu'enfin il ne lui manquait rien,

La Fontaine.

Le talent, le travail, s'est bien ; je les honora ;

Mais, en somme, on ne sait ni qui vit ci qui

[meurt, Et si vous n'êtes pas une dot, serviteur!

E. Auqier.

On ne peut pas traîner les filles a l'autel, Et leur faire épouser de force tel ou tel ; Elles ont bien assez d'intelligence, en somme, Pour savoir dire non, ne voulant pas d'un homme.

PONSAiD.

— Somme totate, En reunissant toutes les sommes : Somme totale, ce mémoire se monte à trois mille six cents francs. Il y a, somme totale, plus de femmes trompées que d'hommes jibusés. (La Kochef.-Doud.)

— Syn. Somme, io«»l. Somme est le mot généralement employé en mathématiques pour désigner le résultat d'une addition ; total ne sert guère, dans la science, que lorsqu'il s'agit d'additionner des quantités qui sont déjà des sommes obtenues par des additions précédentes. Total est souvent employé pour somme dans le langage des affaires et dans la comptabilité. Au figuré, ou plutôt quand il s'agit de toute autre chose que'de nombres, total exprime formellement 1 idée de totalité, tandis que somme annonce seulement qu'on a réuni plusieurs choses en dehors desquelles il peut en rester d'autres semblables.

— Encycl. Mathem. La réduction des opérations sur les grandeurs à des opérations correspondantes sur leurs mesures suppose que ces mesures soient préalablement obtenues. La mesure d'une grandeur est son rapport à la grandeur de même espèce qui a été prise pour unité. La recherche du rapport entre deux grandeurs de même espèce s obtient par des soustractions successives, et l'intelligence nette de la possibilité de soustraire l'une de l'autre deux grandeurs de même espèce suppose évidemment celle de la possibilité de les ajouter. L'addition des mesures de deux grandeurs est donc séparée par bien des termes de l'addition de ces grandeurs elles-mêmes; par suite la point de vue abstrait où se placent le plus souvent les premiers maîtres de l'enfance, lorsqu'ils proposent l'addition des nombres pour servir d'explication à l'addition des*grandeurs, ce point de vue est radicalement vicieux.

L'idée d'addition , quand il s'agit de grandeurs géométriques, ne rappelle que celle de juxtaposition, qui n exige aucune explication spéciale. La somme de deux intervalles de temps se conçoit encore jusqu'à^ un certain point par l'intermédiaire de la même idée dtf rapprochement ; mais il n'en est déjà plus de même lorsqu'il s'agit de forces, par exemple, et la notion de l'addition se complique ensuite de plus en plus à mesure que l'on avance dans la série des propriétés de plus en plus insaisissables de la matière. Qu'est-ce que la somme de deux pouvoirs échauffants, éclairants, électriques, magnétiques' Qu'est-ce que la somme de deux affinités, etc.? Combien de recherches analytiques ne faudra-t-il pas achever avant de pouvoir répondre nettement à ces questions? La notion de la somme de deux forces pouvait se tirer séparément de considérations statiques et de considérations dynamiques , mais l'accord des conclusions devait ensuite être vérifié à part. Ainsi l'idée de hvfomme de deux forces

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ne serait pas nette sans 16 principe de l'indépendance des effets.

— Hist. littér. Les théologiens et les casuistes ont très-souvent donné le titre de Somme aux ouvrages qui contenaient la substance d'une science ou d'une doctrine. La Somme théologique de Thomas d'Aquin, dont nous donnons ci-après l'analyse, peut être considérée comme le type de ces sortes de traités contenus d'ordinaire dans de volumineux in-folio. Outre la Somma théologique, Thomas d'Aquin a encore composé une autre Somme, la Somme contre les gentils, que nous analysons également; parmi les autres ouvrages portant le même titre, nous nous contenterons de citer la Somme théologique de saint Bonaventure, dans ses œuvres complètes (1588-1596, 7 vol. in-fol.); celles du Père Martin Becan (1645, in-fol.), d'Herincx (1660, 2 vol. in-fol.), du Père H. Favre (1669, jn-40); la Somme chrétienne de B. Merbesius (1683, 2 vol. in-fol.) et celle de Ganisius(l834, A vol. in-8°); la Somme de Suarez pour la défense de la foi (1739, in-4°); la Somme des conciles, de Bail (1672, 2 vol. in-fol.), et celle de Carraazam (1775, gr. in-18); la Somme des constitutions des souverains pontifes , par le Père Mathieu (1588, in-4°); la Somme des cas de conscience, par 1>. Pierre de Saint-Joseph (1652, in- 12); la Somme des péchés et le remède d'iceux, par le Père Benedicti (1586, infol.) ; la Somme des vertus et des vices, par G. Pérauid (1658, in-4o); la Somme du droit naturel, par A. -M. Bensa (1856, 2 vol. in-8°), etc.

Tous ces in-folio et in-4° ont ce caractère commun qu'ils sont énormément ennuyeux ; il faut faire une exception en faveur de la Somme des péchés du Père Benedicti, un easuiste de bonne souche, car les ■ belles et honnestes dames » du xvtB siècle, dit Brantôme, préféraient cette Somme aux contes de Boccace et de la reine de Navarre ; elles trouvaient ce livre beaucoup plus égrillard.

Somme contre le* gentils (t>A), par Thomas d'Aquin (Summa cathotic£ fidei contra geniiles; Rome , 1478, in-fol.). Les premières éditions de cet ouvrage, l'un de ceux auxquels l'auteur doit sa célébrité, sont sans lieu ni date. Après l'édition de Rome, il s'en est fait un grand nombre, beaucoup de théologiens préférant même cette Somme contre les gentils à la Somme théologique. Elle n'a été traduite en fiançais que de nos jours, par l'abbé Ecallé (Paris, 1854 et suiv., 3 vol. in-8°).Elle contient l'exposition et la défense de la foi catholique contre les infidèles. L'auteur commence par démontrer la nécessité de croire a quelque chose, et cela par les seules lumières de la raison. Celle-ci offre des motifs certains de croire à sa concordance avec la foi. Suit une vaste étude sur Dieu considéré : 10 en lui-même; 2° dans ses rapports avec la création; 3» dans les rapports de la création avec ,sa cause infinie. lin grand nombre d'arguments qu'il a reproduits dans la Somme théologique se trouvent ici sous une autre forme et il n'y a pas à insister sur le fond même du livre qui, à la méthode près, ne diffère aucunement de la théorie émise ailleurs par l'auteur.

Sa doctrine de la science de Dieu, qui est la partie la plus originale de l'œuvre entière, a fait naître des.co'ntro verses qui ont duré jusqu'à nos jours et soulevé des problèmes que la philosophie théiste moderne est loin d'avoir résolus. Il s'agit de la science divine et par suite de la prédestination et du libre arbitre. La science divine est infinie et infaillible au dire de saintThomas ; Dieu connaît toutes nos pensées et tous nos sentiments tant à venir que passés. Il voit tout en lui, car tout est eu lui , ce que Malebranche exprimait d'une autre manière en disant que nous voyons tout en Dieu. La science de Dieu ne diffère pas de son être. « La science de Dieu est la substance de son être, et, en cette qualité, elle est immuable , de sorte qu'il est impossible qu'elle varie. »

La prédestination, au même sens que dans saint Augustin, est la conséquence forcée de cet enseignement : Deus facit futura , ex prsdestinando. Il y a donc des heureux et lies malheureux que Dieu a volontairement destinés à être heureux ou malheureux. Saint Fhoiuas cite à ce sujet le passage si connu de la Bible : « Non ex operibus, sed ex votuntate dictumest : Jacob ditesci, Esau odio autem habui; Les œuvres de l'homme ne comptent pas; la volonté de Dieu est tout; il a dit à Jacob : Je vous aime, et à Esaii : Je vous hais. » Aux termes de cette déclaration, l'homme est libre comme un cheval entre les jambes de son cavalier.

Pourtant, saint Thomas admet l'existence Su libre arbitre et il essaye même de la mettre d'accord avec celle de la prédestination. Il faut reconnaître qu'au xine siècle un' docteur ayant une robe de moine sur le dos et l'Eglise à défendre ne pouvait pus agir autrement. Interprète officiel du dogme catholique, ayant à prononcer entre Dieu et l'homme, il n'aurait pu, malgré tout.le bon vouloir possible , sacrifier la science divine au libre arbitre de l'homme. Il y avait même du courage à se contredire et à admettre l'existence du libre arbitre, quoiqu'on ne pût évidemment pas concilier le fait avec la prescience divine. Tout un système de casuistique est né, dans les écoles théoîogiques du moyen âge, de cette contradiction formelle, comme

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en sont nées également une foule de théories philosophiques, prémotion physique, prédétermination physique , harmonie préétablie, vision en Dieu, libertas a culpa, a miseria, a necessitate, etc., dont le christianisme théorique et pratique est contenu dans la question du libre arbitre, sans lequel il n'y a pas de morale. Jusqu'à la réforme philosophique inaugurée par Descartes, cette question tint le monde intellectuel en échec. N'en pouvant triompher, Descartes et Bacon l'éliminèrent, et le monde moderne a fait comme eux. Depuis les jansénistes, la question posée par saint Thomas, après avoir donné naissance à une prodigieuse quantité de systèmes, est donc mise à l'écart.'

Si la question morale et la question de foi ont été définitivement éliminées, saint Thomas et l'école scolastique peuvent revendiquer une grande part dans les efforts qui ont amené cette révolution dans les esprits. Ce sont les scolastiques qui ont fondé l'empire exclusif de la raison. Ils l'ont fait sournoisement, si l'on peut s'exprimer ainsi, sans oser avouer leur but. Ils avaient sans cesse le mot foi dans la bouche quand leur entendement y répugnait. Saint Thomas, dans la Somme contre tes gentils, ne prétend pas que l'intelligence, appuyée sur la sensation, s'élève jusqu'à l'extrême limite de toute connaissance. Au contraire, l'âme connaît d'une manière beaucoup plus sûre parla foi que par la raison. Mais enlin c'est la raison qui initie l'homme à la foi, et voici comment saint Thomas s'y prend pour le démontrer : « Les choses sensibles, desquelles la raison humaine tire les principes de sa connaissance, retiennent en elles-mêmes quelques vestiges de l'imitation divine, en tant qu'elles ont l'être et la beauté ; ce vestige imparfait est suffisant pour nous manifester la substance de Dieu, caries effets ont, à leur manière, la ressemblance de leurs causes, puisque l'agent fait son semblable, sans que cependant l'effet arrive toujours à la parfaite ressemblance de l'agent : donc la raison humaine pour connaître les vérités de la foi, qui n'est connue qu'à ceux qui voient la divine essence (les mystiques), peut en recueillir quelques vraisemblances, qui ne suffisent pas cependant à former une preuve démonstrative de ces vérités, ou à les rendre compréhensibles par elles-mêmes. Il est cependant utile que la raison de l'homme s'exerce dans ce genre de preuves. »

Il est impossible d'analyser, même d'une manière sommaire, la matière contenue dans la Somme contre les gentils, qui sont, aux 3-eux de l'auteur, les mahométans, les juifs et les incrédules, comme il y en avait déjà beaucoup au xin® siècle. Hors la méthode qui est toujours la même et le sujet qui est aussi toujours le même , c'est - à - dire Dieu et l'homme, il n'y a pas de doctrine d'ensemble dans les œuvres de saint Thomas. Ce sont des questions souvent connexes, mais' liées par des rapports éloignés, qui se succèdent l'une à l'autre sans qu'on voie la nécessité de les traiter ici plutôt qu'ailleurs. D'ordinaire, une question est un traité tout entier auquel succédera dans la question suivante un autre traité sur un sujet différent.

L'abbé Uccelli a décrit, il y a quelques années, un manuscrit qui pourrait bien avoir été écrit et corrigé de la main de saint Thomas. Il contient trois livres de la Somme contre les gentils et les commentaires sur Isaïe et sur les livres de la Trinité de Boece. Le volume paraît avoir été la propriété des dominicains de Bergame , qui le conservaient comme une relique précieuse. On y trouve, dit l'abbé Uccelli, des variantes nombreuses de nature à faire assister le lecteur au travail de la composition. Il n'est pas encere publié , quoique le propriétaire , M. Fantoni, ait plusieurs fois manifesté l'intention de le mettre au jour.

A consulter sur la Somme contre les gentils ; Dautier, Un manuscrit autographe de saint Thomas d'Aquin dans la Revue contemporaine du 15 juillet 1857; Jourdain, Philosophie de saint Thomas d'Aquin (Paris, 1852, 2 vol. in-8»).

Somme «héoiogiqne, de saint Thomas d'Aquin (Summa totius theologix; Bâle, 1485, 4 vol. in-fol.). Cet immense ouvrage contient la doctrine entière des thomistes et fait encore autorité parmi les théologiens. L'auteur s'est plu à y réunir non-seulement les notions qu'il s'était faites lui-même sur l'homme, Dieu et la nature, mais encore toutes les connaissances de son temps sur ces divers objets. Les premières éditions de la Somme n'ont pas de date. Il existe une édition de la première partie, imprimée à Mayence en 1465 (l vol. gr. in-fol.); une édition delà deuxième partie parut également à Mayence en 1471 (1 vol.gr. in-fol.). La première édition complète de l'ouvrage est celle dont nous avons donné plus haut la date. Un grand nombre d'autres ont paru depuis, ainsi que plusieurs traductions françaises, dont la plus connue, est celle de l'abbé Drioux (Paris, Migne, 1855-1857, 15 vol. in-so).

La Somme théologique de saint Thomas se compose de trois parties ; la première contient une théorie des êtres en général et des êtres intellectuels en particulier; la seconde est un traité des facultés humaines considérées au poiut de vue théologique, c'est-àdire dans leurs mobiles et dans leur direction ;

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l'auteur y décrit les règles auxquelles il raut soumettre chacune d'elles afin de les rendre capables d'atteindre à la destinée que Dieu a faite à l'homme ; la troisième partie est un plan la rédemption, suivi d'un traité des sacrements qui finit à celui de la pénitence, c'està-dire au quatrième. Cette encyclopédie théologique n'est pas terminée. On a essayé de diverses manières d'en combler les lacunes. La plus ingénieuse, aux yeux des théologiens du moyen âge, aurait été de le faire à l'aide de matériaux tirés des autres écrits de saint Thomas. Mais l'entreprise n'a pas réussi et d'ailleurs n'aurait guère atteint son but, qui était, dans la pensée du temps, de parfaire un tableau complet des connaissances humaines.

Dans tout l'ouvrage, la méthode employée est la même, et quand on en a la clef il n'y a rien en apparence de plus commode. C'est la méthode célèbre appelée scolastiquc, en usage dans les écoles depuis cinq à six cents ans et qu'on suit encore dans beaucoup d'établissements religieux et surtout de grands séminaires. Elle consiste à énoncer d'abord le problème ou théorème à résoudre ou à développer. On énumére ensuite et on résout les objections, puis on donne diverses solutions; la première, considérée comme la meilleure, est la solution rationnelle, produite à l'aide du raisonnement; puis la solution tirée des textes de l'Ecriture; suit une troisième solution tirée des Pères et docteurs de l'Eglise, et enfin une quatrième tirée de la raison théologique, c'està-dire fondée sur la déduction rationnelle de prémisses qui reposent sur l'autorité ou, si l'on veut, sur un texte qui fait foi.

Cette méthode, saint Thomas l'applique invariablement à résoudre environ dix mille objections et à exposer les quatre mille propositions dont se compose la Somme. Chemin faisant, il se sert d'Aristote et de l'esprit qui règne dans ses livres, comme saint Augustin s'était servi des livres et de l'esprit de Platon dans l'intérêt des thèses qu'il avait abordées.

Les doctrines de saint Thomas ont pour objet ordinaire la portée et les limites de la ratson, l'utilité de la foi, la mission propre de la philosophie et ses rapports avec la religion, qui étaient la grande question agitée dans les écoles philosophiques du moyen âge. Le propre de la sagesse d'après lui est de connaître la fin des choses. Le bien consiste à conduire les choses à cette fin; un pur rationaliste ne dirait pas autrement. Le sorte que la sagesse se borne à connaître la vérité. Quant à son rôle actif, ilestdemedi7er,d'eMse!§,iieretde combattre l'erreur. Deux voies conduisent l'homme à la sagesse : la raison et la foi. La foi était le moyen en usage au xiiie siècle pour arriver à la sagesse. Le docteur dominicain, qui est le père spirituel de Descartes et de Cousin, préfère en pratique la raison à la foi et ne néglige aucune occasion de revendiquer les droits de la raison. Au commencement d'une Somme théologique doit naturellement se trouver le nom de Dieu. Peut-ou démontrer l'existence de Dieu par la raison ? demande saint Thomas. Il répond : Oui, et continue en ces termes : « L'existence de Dieu et les autres vérités que nous pouvons connaître, comme dit l'apôtre, par la raison naturelle ne sont pas des articles de foi, mais les préambules de la foi. Car la foi présuppose les lumières naturelles, de même que la grâce présuppose la nature, et la perfection ce qui est perfectible. «Mais faut-il une grâce de Dieu, comme on le croyait au moyen âge, pour faire un bon usage de la raison ? Oui et non. « En thèse générale, pour connaître la vérité, l'homme ne peut se passer du secours de Dieu, qui seul peutdonnerl'impulsionàson entendement.JVIais il n'a pas toujours besoin d'une lumière nouvelle qui se surajoute à la lumière naturelle; ce surcroît de lumière n'est nécessaire que pour les choses qui surpassent les lumières naturelles. »

Saint Thomas invoque Aristote ou Averrhoès comme il invoque saint Paul. Pourtant les facultés humaines ont des limites étroites. Suivant lui, il y a chez les différents êtres divers degrés de la connaissance; de même qu'un pâtre est étranger à une foule de notions que possède le philosophe, de même i'homme ignore une foule de choses que comprendrait un être supérieur k lui. Saint Thomas par cet être supérieur entend un ange. C'est à coup sûr une réminiscence du gnosticisme et du néo-platonisme alexandrin, aux yeux desquels l'univers contient une série non interrompue d'êtres disposés sur une échelle qui s'étend depuis la matière brute jusqu'à l'Etre infini qui est Dieu. L'homme est un être intermédiaire placé sur un échelon de cette immense échelle. 11 a plus d'intelligence qu'un végétal ou qu'un animal, mais il en a moins qu'un pur esprit dégagé des liens grossiers de la matière. Si notre ignorance des choses visibles est considérable, comme l'expérience le démontre chaque jour, combien n'est-elle pas plus profonde en ce qui concerne le monde invisible ou si l'on veut le pur intelligible ? La foi commence où la raison finit. Elle est d'ailleurs le soutien de la raison elle-même. Si le genre humain tout entier était forcé de se conduire d'après les seules lumières de la raison, où eu serait-il ? Quelques hommes arrivent à giand'peine, <" au prix d'un labeur infini, à ta notion des éléments les plus simples de la connaissance. La foi naturelle est lo seul recours du plus irrand nombre contre les ténèbrps ri- ''ignorance absolue. En ce qui touche Dieu, la raison des sages balbutie.

Sans la foi, la notion du Créateur végéterait obscurément dans quelques consciences d'élite... La science divine, dansl'àme du Christ,dit l'auteur, n'éteignait pas la science humaine, mais la rendait plus lumineuse...; et puis la foi et la raison ne sont pas en opposition l'une avec l'autre. î II est constant que les notions premières que la raison naturelle porte en elle-même sont tellement certaines, qu'il n'est pas possible d'en supposer la fauâ-

' seté ; il n'est pas non plus permis de regarder

! comme faux ce que la foi nous enseigne, puisque les enseignements de la foi sont confirmés

' avec la plus entière évidence par le témoignage de Dieu lui-même. Ainsi, comme il n'y a que le faux qui soit contraire au vrai, comme il résulte de leur définition, il ne se peut pas que les vérités de la foi soient contraires aux premiers principes connus par la raison naturelle.» On peut conclure delà ce que saint Thomas entend par la philosophie : elle est l'œuvre de la raison appliquée à la recherche de la vérité. Le philosophe et le théologien étudient les mêmes questions par des procédés différents. Il y a un grand nombre de méthodes scientifiques et philosophiques plus ou moins bonnes et plus ou moins aptes à obtenir le but particulier qu'elles se proposent. Mais elles ont toutes ce point commun qu'elles cherchent la vérité par la voie de la raison. De sorte que la philosophie ne suppose pas l'existence préalable de la théologie. Ce sont deux terrains différents. Au surplus, saint Thomas ne craint pas que la philosophie fasse tort à la théologie. « Puisque la foi repose sur une vérité infaillible, dit-il (sans le démontrer), et que d'autre {art il est impossible de démontrer le contraire d'une vérité, il est de toute évidence que les prétendues difficultés qu'on élève contre la foi ne sont pas des démonstrations, mais des objections susceptibles d'être résolues. » Cousin, après Descartes , parle avec la même assurance de la raison pure. Saint Thomas, de fait, subordonne la raison à ia foi systématiquement. De même le rationalisme éclectique subordonne tout à la raison.

De ce que saint Thomas, dans sa Somme lliéologique et dans ses autres écrits, accorde beaucoup à la raison, il ne faudrait pas croire qu'il ne lui préfère pas la théologie, qui est en définitive 1 objet exclusif de son enseignement. Les autres sciences ne sont que les servantes de la théologie. La prééminence de cette dernière résulte : l» de la grandeur de son objet, qui est Dieu ; 2» de la certitude de ses conclusions, qui sont fondées sur la révélation ; 3» de ses fruits, qui sont la béatitude éternelle.

On a beaucoup médit de la méthode dont ces données sont l'œuvre. Ce n'est pas celle de Bacon, qui n'est applicable qu'aux sciences naturelles ; cen'est pas davautâge la méthode déductive, c'est-à-dire le pur raisonnement.

' C'est un procédé mixte, par lequel l'érudition et la raison se mettent de compte k demi au service de l'orthodoxie, car il est bon de le répéter : avant tout examen, tout système et toute idée personnelle, saint Thomas se propose, comme ses contemporains, de démontrer que le dogme catholique est vrai dans son ensemble et dans chacun de ses détails. On a parlé de méthode géométrique. Ce n'est pas exact. Cette méthode date de la culture des sciences exactes et ne s'est introduite qu'au xvtiu siècle, sous l'influence de Descartes , Spinoza et Leibniz, dans le domaine de la spéculation philosophique. On ne trouve dans la Somme iheologique, comme dans les autres écrits de saintThomas, que des questions, des réponses et des objections. Cela écarte les vues d'ensemble, ralentit la marche de l'esprit, mais n'en a pas moins de sérieux avantages. Les utopistes et les hommes à système se tiennent enfermés dans leur opinion individuelle et ne s'occupent point des raisons qu'on peut alléguer contre eux, ce qui les dispense de répondre, tâche qui serait souvent au-dessus de leurs forces.

Abailard, dans le Sic et non, est le père de la méthode dite des thomistes. C'est aussi celle de Pierre Lombard dans le Livre des sentences, et de la plupart des contemporains. SaintThomas n'a pas envie d'innover : « Notre but dans cet ouvrage, dit-il, est d'exposer tout ce qui regarde la religion chrétienne, de la manière la plus convenable pour l'instruction de ceux qui sont au début de la carrière; car nous avons remarqué que les jeunes élèves en théologie trouvent beaucoup de difficultés dans les divers traités dont ces matières ont été l'objet. Tantôt on multiplie inutilement les questions, les articles et les arguments; tantôt, au lieu de présenter dans un ordre logique les choses qu'il est nécessaire de savoir, on attend que l'explication d'un texte ou les accidents de la controverse fournissent l'occasion d'en traiter. Eu nous efforçant d'éviter ces défauts et tous les autres du même genre, nous essayerons, confiant dans le secours d'en haut, d'exposer tout ce qui concerne la science sacrée aussi clairement et.aussi brièvement que notre sujet le comportera. » On a contesté, auxviii; siècle, à saintThomas la paternité de la Somme théo~ logique. Le savant Launoy découvrit dans la bibliothèque Letellier un manuscrit contenant un panégyrique du Docteur angélique, daté de 1323 et dû à Pierre Roger, dans lequel il n'est pas question de la Somme. D'iuouction en iuduction, le critique en vint à démontrer que l'ouvrage avait été attribué à.

SOMM

saint Thomas afin de lui donner de l'autorité. Tous les témoignages contemporains contredisent cette prétention. Néanmoins, on a fait dans l'ouvrage des interpolations évidentes. Un« portion de la seconde partie, intitulée : Secunda secunds, se trouve presque textuellement dans le grand ouvrage de Vincent de Beauvais, connu sous le titre de Spéculum tnajus, Grand miroir ou Bibliothèque du monde, vaste encyclopédie composée avant que saint Thomas eût écrit la Somme. L'auteur aurait pu puiser dans l'œuvre de Vincent de Beauvais, dominicain comme lui, ou après la mort de saint Thomas on aurait pu intercaler dans la Somme théologique des fragments du Spéculum majus, en les appropriant au restant de l'ouvrage.

Mais, d'après une opinion moderne, le Miroir moral de Vincent de Beauvais aurait été écrit postérieurement à saint Thomas, et le rédacteur anonyme de cette compilation aurait mis à contribution la Sonime théologique, car il est aujourd'hui démontré que le Spéculum morale, qui forme la quatrième partie du Spéculum mnjus, n'entrait pas dans le plan du Vincent de Beauvais.

La Somme théologique de saint Thomas continue de jouir aux yeux de l'Eglise catholique d'une autorité considérable. Le concile de Trente l'avait fait déposer sur le bureau du président k côté des écrits apostoliques-, lu méthode et la doctrine de saint Thomas sont toujours celles qu'on enseigne dans les établissements d'enseignement supérieur dirigés par l'épiseopat catholique ; on ajoute ordinairement aux éditions modernes de la Somme théologique un supplément extrait ries commentaires de saint Thomas sur le Alatlre des sentences.

A consulter sur lu Somme : 1° Jourdain, Philosophie de saint Thomas d'Aquin (Puis, 1858, 2 vol. in-so); 2» lJaurcan, lie la philosophie scolastique (toine II, in-S0).; 3« Dictionnaire des sciences philosophiques, tome VI (uu mot saint Thomas).

Somme rurale OU le Grnnri couniuniier général de praciique civil et coueu , composé par Jean ïiouteiiliar, conseiller du ftoy en sa cour du parlement (Bruges, 1479, gr. in-fol. goth.). Cet ouvrage, qui a joui d'une grande autorité auprès des jurisconsultes, a eu de nombreuses éditions; nous citerons, outre celle de Bruges, celle d'Abbeville; imprimée par Pierre Girard (i486, in-fol. goth.) : c'est le premier livre imprimé dans cette ville; celle de Paris (1488, in-fol. goth., et 1491, pet. in-fol.), celle de Lyon (Jacques Maillet, 1494, pet. in-fol.), etc. (Jette dernière et deux autres qui suivirent contiennent les notes de Charondas Le Caron. Les jurisconsultes sont unanimes dans les éloges qu'ils donnent k l'œuvre de Bouteillier. Charondas Le Caron estimait beaucoup lu Somme rurule, • pour l'autorité qu'elle aurait justement acquise tant pour la doctrine mêlée qui s'eu peut recueillir que pour las marques de l'antiquité française qu'on y peut observer en diverses manières, non-seulement pour lescoustumes des pays et principalement de la Gaule Belgique, ains aussi pour les anciens droits et prérogatives de la couronne de France. » La préface que Denis Godefroy a mise en tète de ce grand ouvrage est fort élogieuse. Le titre du Somme est bien choisi, dit cet écriviin, parce qu'eu effet les principes de chaque i.iatièro y sont sommairement et très-bien exposas Non immeriio quidem Suinma hsc appetlalasst, utpote quas de omnibus summatim et optime 'ractet. Et il répète la même appréciation o.\ns ce distique :

Qum tibi dat Codex, quœ aanl Dit/esta, dat usus, Kurulispauris lisse libi Summadatti.

Quant au titre de Somme rurale, suivant Denis Godefroy et d'autres commentateurs, il n'est peut-être pas parfaitement justitié. Le titre de Somme civile eût sans doute mieux convenu k un ouvrage dans lequel les matières de droit rural, la pratique des campagnes ne sont traitées qu'accessoirement. Mais lo titre, qui vient de ce que le livre a été composé à la campagne, n'enlève rien k la Somme rurale, que Cujas, bon juge en semblable matière, appelait optimus liber. Elle traite à la fois du droit pur, c'est-à-dire des principes et de leur application, de leur mise en pratique. Elle embrasse un nombre considérable d objets divers et se réfère très-fréquemment au droit romain. Il nous suffira de citer les principales matières étudiées pur Bouteillier pour donner une idée de l'ensemble de cette grande publication. La Somme est divisée en deux livres. Dans le premier, on trouve d'intéressantes notions sur les juridictions, les défauts, les défenses, les procédures en général, les procureurs, les tutelles, les curatelles, les exceptions de toute nature, les obligations, les actions civiles, au nombre de plus de quatrevingts ; les actions criminelles, fort nombreuses aussi j les peines, suivant las circonstances de lieu, de personnes, etc. ; les transactions, les donations, les prescriptions, les libérations, l'usufruit, le dépôt volontaire ou nécessaire, les conditions, le louage, les ventes, les successions, les testaments, les fiefs, la preuve ; on remarque encore an litre LXIV des notions très - intéressantes et très -détaillées sur la distinction à faire entre les biens meubles et les biens immeubles, sur les fruits, etc. Le second livre est en partie consacré à ce qu'on nommait les cas royaux. }H. Fournel, dans son Histoire des avocats

SOMM

(Paris, 1813), avoue que l'ouvrage de Bouteillier lui a été d'un grand secours, principalement dans les titres consacrés aux juf,;es et aux avocats. Dans le second livre, on trouve e'icore les arbitrages, les serments, les mariages, le<s cas d'Eglise, les exécutions, les appels, les amendes, enfin un titre très-curieux contenant un grand nombre de règles ou brocards de droit en latin et en français. La Somme rurale fixe sur presque tous les points l'état de la science du droit à son époque. « En un mot, dit M. Dupin, il y a beaucoup à trouver dans ce livre pour qui voudra se donner la peine d'y chercher. •

SOMME s. f. (so-me — du bas latin salma, charge, fardeau, qui est pour sagma et représente la grec sagma, charge, armure, manteau, de la même famille que sage, armure, harnais, sattô, équiper. Comparez le gaulois sagum, saie, et 1« sanscrit saggâ, sagganâ, armure, équipement, vêlement, de la racine sagg, sasg, adhérer, joindre. Pour la mutation du g en l dans le bas latin salma, comparez le latin smaragdus , italien smeraldo, d'où le français émeraude). Charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet, un âne : Somme de blé. Somme de vendange.

— Bête de somme, Bête de charge ; animal qu'on emploie ordinairement a porter des fardeaux :

Nous suons, nous peinons comme bêtes de somme.

La Fontainr.

I! Fig. Personne chargée d'un travail excessif ou réduite à une condition avilissante : Est-il juste, grand Dieu ! (ju'ici-bas d'un seul homme Des millions d'humains soient les bâtes de somme, Hue tant d'êtres do chair soient des hochets san-

[glants?

À. Barbier.

— Cheval de somme, Cheval employé k porter des fardeaux. Il Fig. Homme ignare et bi-Htal :

Il faut penser, sans quoi l'homme devient. Malgré son âme, un vrai cheval de somme.

Voltaire.

SOMME s. m. (so-me — latin somnus, pour «opmi.s, qui représente le sanscrit svapnas, grec upnos, pour Fujmos, lithuanien sapnas, russe Spimie. Toutes ces formes se rai tachent a la racine sanscrite soap, dormir, reposer, d'où aussi le grec upnoô, latin sopio, gothique slepan, allemand schlafen, anglais sleep, lithuanien, sapnoiu, russe sptiu, même sens, et le sanscrit svupas, sommeil, latin sopor, gothique sleps). Sommeil, assoupissenuiit naLurel des sens, cessation périodique d ; l'activité organique : Dormir d'un profond Somme. Je ne dormirai pas de bon sommk avant d'être venu à bout de cette affaire. (Acad.) A son premier sommk. Faire un Somme, un petit sommk. (Acad.) Jt n'est pas de lit si mauvais où l'on ne puisse faire un bon somme.

Certes, je n'ai jamais dormi d'un si bon somme.

Racine.

Sous un chêne aussitôt il va prendre son tomme.

La Fontaine.

Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme, Et reprenez vos cent écus.

La Fontaine.

Il Temps que l'on donne au sommeil : Faire un long sommk, un petit sommk.

— Faire ta nuit tout d'un somme, Dormir toute la nuit d'un sommeil ininterrompu.

— Pathol. Haut somme, Nom donné quelquefois k l'apoplexie.

— Syn. Somme, «omu.cil. Il y a quelque chose d'absolu dans l'idée de somme et quelque chose de relatif dans celle de sommeil. Le somme est une chose que l'on considère en soi j le somnifil n'est que l'état de l'homme qui dort. On dit faire un somme, et jamais on ne dira faire un sommeil; mais nous pouvons avoir un sommeil agité ou jouir d'un sommeil paisible. Enfin on donne quelquefois le nom de sommeil k la simple envie de dormir, k un engourdissement des facultés; somme ne peut se dire qu'en parlant d'un homme qui dort réellement.

SOMME, en latin Samara, petit fleuve de France. Il prend sa source a Fontgomine, canton de Saint-Quentin (Aisne), coule kl'O., passe près de Saint-Quentin, d'où un canal la fuit communiquer avec l'Escaut, entre dans le département de la Somme, baigne Hum, Péronne, Corbie, Amiens, Piequiguy, Abbeville, et se jette dans la Manche, entre Saint- Valery et Le Crotoy, après un cours de 245 kilom. La Somme est censée navigable depuis Neuville-lez-Bray jusqu'à la mer ; mais sur tout ce parcours la navigation se perte sur le canal latéral, qui a un développement de 1S7 kilom. et qui porte le nom de canal de la Somme.

SOMME (département dis la), division administrative de la région septentrionale de la France, formée en 1790 de la ci-devant province de Picardie et d'une petite portion de l'Artois. Il doit son nom au fleuve de la Somme, qui l'arrose dans toute sa longueur du S. -F. au N.-O. Ce département, dont la configuration générale est celle d'un carré long, confine au N. à celui du Pas-de- Calais, au S.-K. k celui de l'Aisne, au S. à celui de l'Oise, au N-.O. k celui de la Seine- Inférieure ; il est baigné a l'vO. par la Manche sur une étendue d'environ 37 kilom. Sa plus grande longueur est de 140 kilom. et sa plu3 grande largeur de 76. Superficie, 614,287 hec-

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tares, dont 476,362 en terres labourables, 15,432 en prairies naturelles, 14,000 en vignes, 8,265 en pâturages et landes, 05,833 en forêts, étangs, chemins et cours d'eau. Au point de vue administratif, ce département est divisé en cinq arrondissements : Amiens, chef-lieu ;Doullens, Abbeville, Mnntdidier et Péronne; il comprend 41 cant., 833 comin. et 557,015 hab. Il forme le diocèse d'Amiens, suifragant de Reims; il ressortit k la cour d'appel d'Amiens , à l'académie de Douai, k la "e conservation des forêts.

L'aspect général de ce département est celui d'un pays de plaines ondulées, coupées de collines peu élevées et de vallées dont les principales sont celles de la haute et de la basse Somme, de l'Avre, de l'Authie et de la Noyé. La région maritime du département de la Somme présente deux zones bien distinctes : au N., entre l'embouchure de la Somme et celle de l'Authie, s'étend leMarquenterre, pays plat, fertile, où les digues sont tellement multipliées, que ce district semble une conquête sur la mer; ce système de digues s'étend aussi k quelque distance sur la rive gauche de la Somme. Mais dans la partie méridionale des côtes, depuis Mers jusqu'au bourg d'Ault, la mer sape continuellement une falaise k pic de 40 k 50 mètres d'élévation, falaise composée de carbonate calcaire et de galets, qui s'abaisse et se détourne dans l'intérieur des terres pour se réunir aux coteaux élevés qui bordent la rive gauche de la Somme, vis-à-vis d'Abbeville etde Pont-Remy, La constitution géologique de la Somme présente des alluvions modernes dans les vallées, des lainbuaux de terrains tertiaires de l'étage inférieur dans les plateaux et les coteaux. Dans le Marquenterre, les terres sont formées d'argile tres-iine ; mais dans les plaines du Ponthieu les terres sont généralement composées de sable argileux assez profond et reposant sur un sous-sol calcaire. Les richesses minérales qu'on y trouve se bornent k quelques mines de lignite, tourbe, argile, terre k brique et k poterie, sable, grès à paver et pierre k bâtir. Le climat est humide, froid et très-variable k cause du voisinage de la mer, mais sain. La température moyenne de l'hiver est de 3°; celle de l'été de 15°. Les vents ilomiuunis sont ceux de i'O., du N.-O. et du S.-O.

Ce département, qui appartient au bassin de la Manche, est arrosé par un grand nombre de rivières, dont les plus importantes sont : la Somme, l'Authie, l'Avre, lu Noyé, la Bresle et la Celle ; la Somme et l'Avre sont seules navigables; le canal de la Somme traverse tout le département et facilite les communications avec la mer. Farmi ses nombreux étangs, ou remarque ceux de Saint- Christ, Pargny, Frise, Bray et Cléry. Le sol est assez fertile et l'agriculture assez avancée. On récolte dans ce département toute espèce de céréales, en quantité plus que suffisante pour la consommation des habitants; quant.té de graines oléagineuses, des légumes potagers de bonne qualité, houblon, betteraves, plantes tinctoriales et médicinales. Les prairies artificielles, qui s'y sont beaucoup multipliées depuis quelques années, et les pâturages qui cordent le cours de la Somme nourrissent un grand nombre de bestiaux et d'ussez bons chevaux. Le froid et surtout l'humidité de l'air ne permettent pas de donner un grand développement à la culture de la vigne ; mais on y soigne une grande quantité de pommiers dont les fruits fournisseul d'excellent cidre (167,900 hectol,, année moyenne), qui est la principale boisson des habitant-;. Dans l'arrondissement d'Abbeville surtout, on trouve de belles forêts, dont les essences principales sont le chêne, le hêtre, l'orme et Je bouleau; la sylviculture s'étend même jusque sur le Marquenterre, renommé pour sa riche végétation et pour ses beaux pâturages. Les parties boisées sont assez giboyeuses, et les rivières et les étangs renferment une grande variété de poissons, principalement des brochets, truites et saumons. Si ce département est un des plus fertiles de la France, il en est aussi un des plus industriels. Un y trouve plusieurs manufactures de pannes, velours de coton, étoffes pour meubles, draps fins, escots, moquettes, camelots, poils de chèvre; nombreuses fabriques de toiles de chanvre, de coton, de linons, batistes, mousselines, basins, piqués, mouchoirs fins, bonneterie en laine, sangles, ficelle, serrurerie, quincaillerie, clous, métiers k bas, cuirs, papiers, huiles, savon, colle forte, produits chimiques. Belles blanchisseries de toiles, nombreuses filatures de coton, de laine et de lin; teintureries, raffineries d'huile, papeteries; moulins k pulvériser tes bois de teinture. La production des tourbières s'élève, année moyenne, à 1,270,000 quintaux métriques de tourbe ; on y compte dix usines et hauts fourneaux pour la fonte et le fer. Le commerce du département, favorisé par les ports d'Abbeville, du Crotoy, de Saint-Valéry et du Hourdet, par la navigation fluviale et celle des canaux, a pour objet principal l'exportation des productions de l'industrie agricole et des produits manufacturés des usines, l'importation du coton, de la laine, d'autres matières premières et des denrées coloniales.

SOMME (villes de la), nom donné, au xve siècle, aux villes d'Abbeville, Amiens, Corbie, Péronne et Roye, places fortes qui défendaient le cours de la Somme et que Char-

les Vil, par le traité d'Arras, engagea k Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Louis XI reprit ces villes après la mort de Charles le Téméraire.

SOMMÉ s. m. (so-mé). Dr. coût. Tenancier, dans la coutume de Béarn.

SOMMÉ, ÉE adj. (so-mé — du vieux français sommer, mettre le couronnement; du vieux mot som, haut, d'où nous avons aussi fait sommet). Blas. Se dit d'un meuble qui porte un autre meuble sur son sommet ; Colonna- Waletpski : De gueules, à une colonne d'aryent sommée d'une couronne ducale d'or, n Se dit d'un écu qui est surmonté d'un meuble. Il Se dit quelquefois de la rainure du cerf, quand elle est d'un émail particulier. En ce sens, 011 dit plus ordinairement ramé.

— Véner. Se dit de la tête du cerf, pour exprimer la manière dont elle se termine : Tête sommée d'empaumure, de trochure, de fourchure.

— Fauconn. Se dit des plumes d'un oiseau, notamment des pennes, quand elles ont pris tout leur accroissement.

SOMMÉE s. f. (som-mé). Bot. Syn. d'Aci-

CÀKPHK.

SOMMEIL s. m. (so-mèll; H mil. — V.

somme s. m.). Assoupissement naturel des sens, cessation périodique de l'activité organique : Profond sommeil. Sommeil tranquille, doux, paisible, inquiet, agité, interrompu. Léger sommeil. Troubler, rompre, interrompre te sommeil d'une personne, litre enseveli dans le sommeil. Goûter les douceurs du sommkil. Cela porte au sommeil. Iln'a pas eu cette nuit un moment de sommkil. On ne peut le tirer du sommkil. (Acad.) U Arabe s'essaye à se passade sommeil, à souffrir la faim, la soif et la chaleur. (BufT.) La grande affaire est de ne point souffrir; car, pour la mort, on ne sent pas plus cet instant que celui du sommkil. (Volt. ) Le sommeil dévore l'existence, c'est ce qu'il a de bon. (Chateaub,) Voulez-vous doubler votre temps, faites travailler votre sommeil. (Gratry.) Pour bien connaître le caractère de quelqu'un, il fitut interrompre son sommeil. (A. d'Houd.) Le sommkil est le repos le plus complet que nous puissions goûter. (A. Rion.) Le sommeil de jour est moins bon que le sommkil de nuit. (Miiquel.) Le sommkil est le régne de l'imagination privée de mentor. (Descuret.) De tous les repos, le plus salutaire et le plus complet est le sommkil. (L. Ciuveilhier.) Les vieillards ont le Sommkil fragile. (V. Hugo.)

MKIL, (L. Blanc.)

O doux, 6 doux sommeil! 6 baume des esprit»!

C'est, après le souper, le premier bien du monda.

A. ne Musset.

Il Est souvent personnifié : S'arracher des bras du sommkil. Passer des bras du sommeil dans ceux de la mort. Le sommeil est te frère de la mort.

. D'un profond sommeil secouant les pavots. Les mortels ont repris le cours de leurs travaux. Baoue-Lobuian.

— Fnvie, besoin de dormir : Etre accablé de sommeil. Avoir sommkil. Vaincre le sommeil. (Acad.)

— Fig. Etat d'insensibilité ou d'inertie : Le sommkil de la nature. Le sommeil de la raison. Le sommeil des sens. Les coteries ne sont jamais plus fortes et plus ombrageuses que pendant le sommeil de l'esprit public. (P. Lanfrey.) L'indolence ressemble à un sommeil de l'esprit ou plutôt à un engourdissement léthargique. (Théry.) L'entr'acle de la souveraineté est comme un sommeil de la loi. (Miehelet.) De toutes les infirmités humaines, la plus triste, c'est le sommkil de l'âme. (A. Martin.) On dirait qu'à l'approche du lourd sommeil de l'hiver chaque être et chaque chose s'arrangent furtivement pour jouir d'un reste de vie et d'animation avant l engourdissement fatal de la gelée. (G. Sand.)

Dans un sommeil profond ite ont passé leur vie. J.-B. Rousseau.

L oisiveté pesante est le sommeil de l'àme.

Dulami.

La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu si vous avez aimé.

A. de Musset.

Ce sommeil fatigant de l'Ame, Né de la gène et du loisir, De nos jour» use plu» la trame Que la douleur et le plaisir.

Desmahis.

— Demi-sommeil, Sommeil léger, agité, interrompu : Le malade, troublé de ses inquiétudes, n'a qu'un demi-sommeil. (Boss.)

— Sommeil de mort, Sommeil très-profond :

Sommeil, sommeil de mort, favorise ma rage I

Voltaire.

— Sommeil de la mort, Sommeil du trépas, Sommeil de ta tombe, Sommeil éternel. Dernier sommeil ou simplement Sommeil, Etat de mort : Il dort du sommeil éternel, d'un sommkil éternel. (Acad.) Dormez votre sommeil, riches de la terre, et demeurez dans voire poussière. (Boss.) Point de sommeil qui ne puisse conduire à un sommeil éternel. (Mass.)

Il tombe, perd son sang, pousse encore un soupir Et du dernier tommeil la mort vient l'assoupir.

Deullb,

... Je vais dormir de mon dernier sommeil. Je ne te verrai plus nce sourire au réveil.

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