‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 51 sur 1059 · SAKA · texte numérisé non relu

SAKA

quelle agilité ils grimpent aux conduits des gouttières et montent quelquefois jusqu'au troisième étage. Tout le monde a vu ces singes, affublés de vêtements qui les gênent, danser dans la rue et rapporter à leur maître l'aumône qu'on leur fait. » Avec beaucoup de soins, on peut conserver ce sajou en Europe, où il s'est même reproduit quelquefois ; mais il est très-sensible au froid et les brusques variations de température de notre climat lui occasionnent souvent des maladies de poitrine qui l'enlèvent en peu de temps.

Le sajou capucin ou saï est à peu près de la taille du précédent; son pelage varie du gris brun au gris olivâtre, avec le front, les joues et les épaules d'un gris blanchâtre, les extrémités et le vertex noirs. Il présente, du reste, de nombreuses variétés ; la plus curieuse est la variété albine, qu'on trouve dans les forêts du Paraguay ; elle a le pelage d'un blà"nc jaunâtre et les yeux roses. Ce singe se trouve dans toutes les régions chaudes de l'Amérique du Sud , où il habite les forêts. Son naturel est très-farouche; il est difficile de le prendre vivant, car il se défend avec courage et mord si fortement qu'il faut le rouer de coupa pour lui faire lâcher prise. C'est à lui que s'appliquent spécialement les noms de singe musqué et de singe pleureur dont nous avons parlé plus haut. La variété albine pousse souvent, pendant la nuit, un cri fort, lent et lugubre, hou, hou, effrayant pour les voyageurs qui l'entendent pour la première fois sans connaître l'animal qui le pousse. Réduit en captivité, le capucin devient doux, craintit et presque docile ; il fait entendre, surtout quand il désire quelque chose, un cri qui ressemble assez à celui du rat; mais quand il est menacé ou effrayé, il pousse une sorte de gémissement. Il se nourrit de fruits, de graines, d'insectes et de limaçons; mais, quand il est pressé par la faim, il s'accommode de tout ce qu'il trouve ou de tout ce qu'on lui présente.

Le sajou à gorge blanche, vulgairement carico, a le pelage noir ou noirâtre, la face pâle, le front d'un blanc jaunâtre , ainsi que le cou et la poitrine. Il habite le Brésil et vit dans les forets de palmiers. Son naturel est doux et craintif; il est très-intelligent et devine, en quelque sorte, dans le regard ou dans le geste les sentiments qu'on éprouve pour lui. Le sujou a grosse tête est timide , mais confiant, et semble avoir besoin d'affection et de caresses. Le sajou à front blanc, vulgairement ouavapavi , vit en troupes dans les forêts voisines des cataractes de l'Orénoque; il est aussi doux, aussi agile et beaucoup moins criard que les autres espèces. Le sajou de Brisson a plusieurs variétés, dont une entièrement blanche. Nous citerons encore le sajou robuste (mico ou macaco) , le sajou h toupet, le sajou cornu, le sajou de Buffon, etc.

SAJOUASSOU s. m. (sa-jou-a-sou — de çay-gouazou, nom donné par les naturels). Marnai. Un des noms vulguiresdu sajou commun.

SAKÂ s, m. (sa-kâ). Chronol. ind. Nom donné aux différentes ères qui commencent avec un prince célèbre, et particulièrement û l'ère qui commence avec Sàlivahana (78 ans av. J.-C).

SAKAÏ, ville du Japon, dans l'Ile de Niphon, à 9S kilom. S.-O. de Miaco, à 36 kilom. S. "d'Osaka, sur la rive orientale de la baie d'ûsaka. Grandes usines à fer.

SAKALAVE s. m. (sa-ka-la-ve). Linguist.

Idiome malgache. V. ce dernier mot.

SAKALAVES ou SÉCLAVES, anciens habitants de la Grande terre de Madagascar, qu'ils ont quittée, chassés par les Ovas, pour se réfugier à Nossi-Bé, dont ils forment la population indigène. La peuplade établie àNossi- Bè est composée de 15,000 individus environ. Les rois sakalaves, dont l'origine remonte à plusieurs siècles, ont régné sur la moite de Madagascar, Le dernier, Adriansouly, était lié pur les liens du sang à Radama, chef do la tribu des Ovas. Trop confiant, il laissa prendre par son parent un ascendant dont ce dernier abusa en le chassant de son royaume. Le malheureux roi alla demander des secours à l'iman de Mascate et au sultan des Comores, mais sans résultat. Il retourna alors à, Madagascar, où il trouva de nouveaux chefs élus à sa place et peu disposés à céder leur autorité. Battu de nouveau par les troupes des Ovas, il vint se réfugier à Mayotte, où il régna jusqu'à l'arrivée des Français, auxquels il céda sa couronne. Les Sakalaves restés à Madagascar avaient reconnu pour reine la sœur d'Adriansouly , OuantizT, qui eut pour successeur sa petite-nièce Tsoumeka. Un nouveau sujet de guerre amena la reprise des hostilités et l'expulsion par les Ovas de la nouvelle reine, qui eut aussi recours à l'iman de Mascate, à qui elle céda tous ses droits sur la côte ouest de Madagascar. Une troupe de 150 hommes lui fut envoyée. Avec ce secours et l'aide des Sakalaves demeurés fidèles, elle battit à son tour les Ovas et aurait pu reconquérir son royaume; mais la dissension se mit parmi les troupes arabes, qui furent renvoyées à Mascate. Les Sakalaves et la jeune reine vinrent alors se réfugier à Nossi-Bè peu de temps avant l'expédition française, à qui elle céda ses droits, comme l'avait fait Adriansouly pour Mayotte. Le Sakalave, tel que nous l'avons trouvé à Mayotte et k Nossi-Bé,n'a point de religion,

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point de loi. Livré à lui-même, il est enclin au vol, à la cupidité, à l'ivrognerie. Conduit par un chef juste et sévère, il devient docile, intelligent et laborieux. Sauf un goût prononcé pour les boissons , il est d'une grande sobriété. Sa nourriture ordinaire se compose de riz cuit à l'eau. Si le riz lui fait défaut, il se contente de quelques patates ou de racines que le sol de l'Ile lui fournit en abondance. Son vêtement se compose d'un pagne tissu par les femmes, fait avec des fils de raphia agréablement nuancés. Cette facilité d'existence, jointe à une température douce qui rend, pour ainsi dire, inutile l'usage des vêtements, entretient chez les indigènes une paresse qu'il était difficile de vaincre. L'occupation française, en développant chez le Sakalave les mille besoins factices des peuples civilisés, a pu stimuler un peu chez lui cette paresse et lui faire contracter des engagements de travail. Avant l'arrivée des Français, les Sakalaves, bien que trouvant dans les productions de leur lie les aliments indispensables, ne perdaient pas de vue leurs droits sur leur ancien territoire de Madagascar et les exerçaient parfois encore aux dépens des Ovas eux-mêmes.

A l'époque des semailles, ils descendaient par milliers et en armes sur la côte de la grande lie, élevaient des cases en feuilles de ravenal, s'organisaient militairement, plaçaient des sentinelles avancées et, protégés par ces mesures, se livraient à la culture. La récolte terminée, ils embarquaient leur riz sur leurs pirogues et laissaient le pays désert jusqu'à la saison suivante. Leurs incursions se poursuivirent encore quelque temps après notre prise de possession. Les Ovasue les voyaient pas sans un profond déplaisir et nourrissaient des projets de vengeance qui se traduisirent tout d'un coup par l'invasion de 1849 , qui faillit détruire notre colonie naissante. Depuis tors, des règlements sévères interdisant aux Sakalaves toute incursion sur le territoire de la Grande terre, et des ouvrages de défense établis sur les côtes aux points menacés habituellement par les Ovas ont ramené la tranquillité et la prospérité dans notre colonie.

SAKABlA,le Sangarius des anciens, rivière de la Turquie d'Asie. Elle prend sa source dans la partie méridionale du livah d'Angora, au versant N. de l'Elnia-Dagh, coule d'abord k l'E., puis au N., tourne ensuite à l'O. et au N. et, après un cours très-sinueux de 500 kilom., se jette dans la nier Noire, à l'E. de la pointe Kirpen, par 28° 20' de longit. E.

SAKATOB, ville de l'Afrique centrale, dans l'Haoussa, chez les Fellatalis, sur l'Ouarrama, affluent du Kouara, à 225 kilom. O, de Cuchena, par 13° G' de latit. N. et 3" 52' de longit. E. ; 22,000 hab. Cette ville, fondée en 1605 par un chef fellatah, fut visitée en 1823 et 1826 par le voyageur Clupperton, qui y mourut en 1827. Sukatou, entouré de murailles, renferme deux mosquées, un vaste marché et un palais qui forme à lui seul une seconde ville dans la première.

SAKE M s. m. (sa-kèmm). Moll. Coquille du genre pourpre, qui habite l'Atlantique.

SAK1IAL1AN, SAKHALIEN, SAGHAL1AN ou

SAGHALlEN,île d'Asie, située entre 45° 55' et 540 25' de latit. N. et entre 139» 18' et 142" 30' de longit. E. Elle est bornée au N. et à l'E. par la mer d'Okhotsk, au S. pur le détroit de La Pérouse, qui la sépare de l'île d'Yeso, à l'O. par la Manche de Tartane, qui la sépare de la Maudchourie. Cette grande île, qu on appelle parfois encore Tarrakaï, a environ 1,000 kilom. de longueur sur 160 de largeur. Très-allougée et irrégulière, elle forme trois presqu'îles, l'une Sur la côte orientale, qui se termine par le cap Patience, au sud duquel se trouve un vaste golfe qui porte le même nom, et les deux autres à son extrémité méridionale, l'une se terminant au cap Anivu, l'autre, plus à l'ouest, finissant au cap Caillou. Entre ces deux caps s'étend la baie d'Aniva. C'est une contrée sauvage, presque ' déserte, dont la côte présente des vallées boisées et qui est traversée du nord au sud par une chaîne de montagnes, dont les principaux pics, couverts de neiges éternelles, sont: le mont Union, le Lauranon, le Mongez, la Montagne, la Martinière et le pic Tiara, On y trouve des forêts de chênes, de bouleaux, de pins, de saules, etc., et la végétation y est très-vigoureuse. Les rivières abondent en truites et en saumons et les côtes sont également très-poissonneuses. Les indigènes, qui appartiennent à la race des Aïnos, sont actifs, vigoureux, et s'adonnent principalement à la chasse et à la pêche. La Pérouse explora cette grande Ile, dont la partie septentrionale appartint longtemps à la Chine, pendant que la partie méridionale appartenait au Japon. Les Russes s'emparèrent de la première jusqu'au 50® degré de latitude ec y trouvèrent d'abondantes mines de houille. Par un traité passé avec le Japon en 1875, le gouvernement russe a obtenu du mikado, en échange des îles Kouriles, toute la partie méridionale de l'Ile Sakhatian.

SAKI1AR, mauvais génie, qui selon le Talmud, s'empara du trône de Salomon.

SAKI s. m. (sa-ki). Idiome lennape. V. ce dernier mot.

— Mamin. Genre de mammifères quadrumanes, formé aux dépens des sajous, et com-

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prenant quatre espèces, qui habitent les régions chaudes de l'Amérique du Sud : Le saki, quoique d'un naturel doux et tranquille, s'apprivoise cependant difficilement. (Boitard.) Le saki marche à quatre pieds. (V. de Bomnre.) Les sakis ont reçu les noms de singe à queue de renard et de singe de nuit. (E. Desmarest.)

— Encycl. Les sakis^ qu'on réunissait autrefois aux sagouins, ont pour caractères : un crâne arrondi ; les oreilles rebordées, se rapprochant, pour la forme, de celles de l'homme; l'angle facial d'environ 60°; la cloison des narines large; le museau court; la formule dentaire ne différant de celle de l'homme que par une molaire de plus de chaque côté à chaque mâchoire, toutes ces dernières hérissées de pointes contournées; la queue non prenante, lâche, abondamment fournie de poils longs et touffus ; les pieds à cinq doigts terminés par des ongles eourts et recourbés. Ils ont des affinités avec les sagouins, le callitriches, les sajous ou sapajous et les noethores, dont ils s'éloignent d'ailleurs plus ou moins par leurs caractères. On les divise en deux sections, les sakis proprement dits et les brachyures, que plusieurs auteurs ont regardées comme deux genres distincts.

Tous ces quadrumanes habitent les forêts de l'Amérique du Sud, notamment de la Guyane et du Brésil. Leurs mœurs sont peu connues. Les uns vivent solitaires ou ne se rencontrent que par couples; les autres, et c'est le plus grand nombre, se réunissent par bandes d'une dizaine d'individus. C'est surtout le matin, de bonne heure, et le soir qu'i Is sortent de leurs retraites; ils sont cependant moins nocturnes que les noethores et ont aussi les yeux plus petits. Leur nourriture se compose principalement d'insectes et de fruits; ils recherchent avidement les ruches, pour en dévorer le miel ; on assure même que les sapajous les suivent pour leur disputer leur proie et les battent pour peu qu'ils trouvent de la résistance.

Lessrifcis proprement dits se distinguent aisément en ce qu'ils ont la queue à peu près aussi longue que le corps. Le saki à ventre roux, vulgairement nommé singe de nuit ou singe à queue de renard, a environ om,50 de longueur, non compris la queue qui esta peu près aussi longue; son pelage est d'un brun lavé de roussâtre, avec le ventre roux; il se compose de poils longs et touffus, bruns à l'origine, annelés de brun et de roux vers l'extrémité. Il habite les forêts de la Guyane française. Comme il n'est difficile ni pour la température ni pour les aliments, on l'apprivoise sans peine et on en envoie souvent en Europe; aussi est-ce l'espèce la plus anciennement connue.

Le saki miriquouina, à peu près de même taille que le précédent, mais dont la queue est un peu plus longue que le corps, a un pelage gris brun en dessus, cannelle en dessous; il habite la province de Chaco et les bords du fleuve du Paraguay et vit dans les bois. Le saki à moustaches rousses est d'un brun noir en dessus et d'un roux pâle en dessous; il vient de Surinam. Le saki à tête jaune est marron clair en dessus, roux cendré jaunâtre en dessous, avec la face encadrée de poils jaune d'ocre, les mains et les pieds d'un brun noir; on le trouve aux environs de Cayenne.

Le saki yarké ou à tête blanche est un peu plus petit que les précédents, mais il a la queue relativement plus longue; son pelage est noir brunâtre, avec le tour de la tête d'un blanc sale, les lèvres, le nez et le tour des yeux bruns ; il habite le Brésil et la Guyane, mais l'espèce y est rare ; il vit dans les broussailles, par troupes de six à douze individus, se nourrit de goyaves et du miel des ruches, qu'il recherche avec avidité; la femelle ne fait qu'un seul petit. Le saki moine, à peu près de la taille du précédent, s'en distingue par son pelage varié de grandes taches brunes et blanchâtres ; il habite le Brésil.

Les brachyures se distinguent des sakis proprement dits en ce qu'ils ont la queuo plus courte que le corps, une longue barbe, une chevelure épaisse et rabattue sur le front. Ils habitent les forêts et sont d'un naturel triste. Quand ils sont irrités, ils se dressent sur leurs pattes de derrière , montrent les dents et s'élancent sur leurs ennemis. Le saki capucin, appelé aussi bfachyure chiropôle ou capucin de l'Orénoque, est long de O"1^ environ, avec la queue un peu plus courte; son pelage est d'un roux marron, avec la queue d'un brun noirâtre; il a une chevelure épaisse, une barbe longue et touffue. Rare à la Guyane, il est plus commun dans les déserts du haut Orénoque. C'est un animal solitaire et mélancolique, vivant par couples; il boit dans le creux de sa main, en prenant des précautions pour ne pas mouiller sa barbe.

Le saki couxio, de la taille du précédent, a le pelage d'un brun noir chez le mâle, brun roux chez la femelle, et la queue d'un brun noir; il habite les bords de l'Orénoque. Lo saki cacajao est d'un brun jaunâtre, avec la tête noire ; il est peu agile, d'un naturel doux et flegmatique, se nourrit de fruits et va par petites troupes. Nous citerons encore le saki d gilet.

SAKIEH s. f. (sa-ki-è). Sorte de noria usitée en Egypte, mise en mouvement par

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des bœufs qui font tourner, au moyen d'un manège, une roue verticale garnie de vases qui sV mplissent au plus bas de leur course et se vident au sommet.

SAKKA s. m. (sak -ka). Porteur d'eau égyptien.

SAKKARAH, ville de la basse Egypte, a 13 kilom. S. de Gizeh, sur la rive gauche du Nil, sur l'einptacement de l'ancienne Memphis. V. ce mot.

SAKKI s. m. (sak-ki). Bière de riz en usage au Japon.

SAKMARA, rivière de la Russie d'Europe, dans le gouvernement d'Orenbourg. Elle prend sa source à l'embouchure des monts Ourals etdes monts Obtcheî-Syrt, coule auS., presque parallèlement au Meuve Oural, puis tourne à l'O, et se jette dans ce fleuve près d'Orenbourg, après un cours de 764 kilom., pendant lequel elle reçoit l'Ik et le Salmiéh.

Sakouutalaou Une chntno, roman de mœurs, par Eusèbe de Salles (Paris, 1 vol. in-S<>). Ce roman, écrit et publié en pleine lièvre romantique, est une des œuvres remarquables de cette période. En voici succinctement l'analyse : un officier français de l'Em|iire, Calixte de Saint-Tropez, s'est réfugié à Londres après les événements de 1815; là, il fait connaissance et devient amoureux de lady Sakountnla Graham, veuve de lord Graham, un des plus riches administrateurs de l'Inde. Sakountala est une fille d'Orient, née au bord du Gange et qui a conservé dans sa nouvelle fortune toute la morbidesse, la nonchalance, l'incurie des femmes de son pays, habituées a être des esclaves plutôt que des maîtresses. Sakountala cède à Calixte; mais bientôt l'officier reconnaît avec terreur le peu de fondement qu'il peut faire sur une femme de cette race, déclassée, malgré son luxe exorbitant, au milieu d'une société civilisée. Sakountala, qui croit que la possession est tout l'amour, ne comprend rien ans délicatesses, aux désirs d'idéal dt son amant. Il se voue à cette tâche ingrate de la diriger, de la refaire en quelque sorte, car, faible créature qui tourne à tout vent, à toute influence, elle est incapable de se diriger elle-même et encore moins de diriger ses utfaires. Sa maison, montée sur un grand pied, est la proie d'une foule de chevaliers d'industrie et d'intrigantes qu'elle n'a pas la force de chasser, Calixte finit par lui montrer toute la déconsidération qu'entraîne pour lady Graham l'admission dans ses salons d'un pareil inonde. Il fait un coup d'Etat et chasse tous ces escrocs et toutes ces femmes galantes. 11 a proposé à Sakountala de l'épouser ; mais une 'clause du testament de lord Graham prive sa veuve de son immense fortune en cas de nouveau mariage, et Calixte baisse la tête et renonce k son rêve, ne pouvant se résoudre à imposer lu médiocrité de sa fortune à une femme de ce caractère, habituée dès son enfance à l'opulence et au luxe le plus elfréné. Il tente néanmoins de continuer la direction de celte éducation tardive. Mais cette tâche se complique bientôt d'une manière désespérante : Sakountala a une fille de lord Graham, Rachel, dont elle a abandonné, avec son insouciance habituelle et ualive, l'éducation à une institutrice anglaise romanesque et intrigante. Celle-ci favorise auprès de son élève les tentatives d'un certain M. de Jérémie, un des chevaliers d'industrie cités plus haut, qui a visé la dut probable de la Mlle de lord Graham et serait bien aise de redorer avec l'or indien son blason hypothétique. Calixte, poussant jusqu'au bout son rôle de Mentor de la maison, provoque M. de Jérémie en duel ; il est blessé, mais cet esclandre a au moins pour résultat d'éloigner momentanément le misérable. Guéri, Calixte reconnaît avec terreur qu'il n'aime plus Sakountala; mais bien Rachel, la tille de sa maîtresse. Ici un épisode. Lady Gruham'vient faire un voyage à Paris avec Rachel et Calixte. Elle brûle de voir le bal de l'Opéru; son amant finit par céder a ses instances en l'y conduisant. Là, un scandale se produit; Sakountala, recuunue par une des femmes galantes que Calixte lui a fait chasser de sou hôtel, à Londres, est insultée par cette femme. Calixte ramené chez elle sa maîtresse évanouie. Lk, un nouveau coup attend la pauvre femme ; pendant cette nuit funeste, Rachel, sa tille, s'est enfuie avec M. de Jérémie, Devant cette avalanche de malheurs, lady Grahain disparaît pour faire place k Sakountala, l'Indienne quasi sauvage. Elle traîne au milieu de la chambre un coffret qui contient tout l'appareil dont s'entourent les veuves aux bords du Gange lorsqu'elles vont mourir sur le bûcher de leur mari. Puis elle se couvre la tête de cendres et veut allumer un bûcher composé de ses robes et de ses parures; elle psalmodie d'une voix étrange et sombre les prières des morts chez les Indous et y mêle, a moitié en délite, l'office des morts chrétiens. En vain Calixte essaye de la caltmr ; Sakountala, dans les convulsions d'une folie singulière, le considère connue le serpent Addistehou (le diable indien) et lui prédit le châtiment des adultères d'après les rites de la religion de sou pajs : « En présence de Moïassassous et de ses huit cents millions de démons, dans les profondeurs de Taptaschouruuz, il serrera dans ses bras une statue de femme de fer brûlant, i Et pendant cette scène fantastique, un kakatoès jette de son perchoir sa

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note aigre et discordante. Quelques; ours plus tard, Rachel reparait avec son ravisseur et Sakountala, au grand désespoir d« Calixte, consent au mariage, mariage qui aboutit, peu de temps après, à une séparation violente, motivée par la conduite de l'ancien escroc, qui a dévoré sa dot en un clin d'oeil. Ruinée, Sakountala épouse Saint-Tropez in extremis, car le malheureux, attaqué par une affection de poitrine, n'a plus guère que quelques mois à vivre. Néanmoins, l'espoir dernier d'échapper à la mort l'engagea s'embarquer avec Sakountala pour les Indes, ce pays où • les feuilles ne tombent jamais. ■ Us partent, mais périssent dans un naufrage a la hauteur du cap de Bonne-Espérance. Tel est ce livre qui contient un type remarquablement traité, et qui est écrit d'un style coloré et pittoresque.

Sakountala, titre d'un drame de Kalidasa, poêle indou. Sakountala était, selon le célèbre indianiste anglais M. Wilson, la fille de Wiswamîtra, prince descendant de Cousika, et de Ménaka, apsara ou nymphe de la mythologie indoue envoyée par les dieux pour séduire Wiswamîtra et lui faire ptrdre le finit de ses austérités et de ses pénitences. Sakountala fut élevée dans l'ermitage de Canwa; c'est lk que le roi Douchmanta l'aperçut et eu devint amoureux. Il l'épousa. Mais, ayant mécontenté un mouni eu sage indien, il fut de la part de ce mouni l'objet d'une malédiction qui lui fit oublier Sakountala. Quand elle vint auprès du roi lui rappeler les promesses qu'elle en avait reçues, elle fut méconnue de lui et repoussée et revint dans la solitude, où elle se livra il l'éducation de son fils Bliarata. Enfin, aya it heureusement retrouvé l'anneau que le roi lui avait donné, Sakountala, reconnue far son époux, en fut dé nouveau aimée et reçue auprès de lui. Telle est la légende d'après laquelle Kalidasa a composé son drame de SaftûuiUala. Ce draine fut traduit pour la première fois directement du sanscrit par Jones en 1789. Cette œuvre ne tarda pas à faire une grande sensation et ne contribuapas peu, par l'enthousiasme qu'elle excita, à activer les éludes sanscrites. On espérait alors trouver beaucoup d'osuvres de cette espèce dans la littérature indienne, et cet espoir fut un aiguillon à la science. Malheureusement, les espérances n'ont pas été absolument réalisées; et, s'il serait injuste de dire qu'elles ont été trompées tout à fait, il faut reconnaître cependant que des travaux opiniâtres faits depuis n'ont rien livré qui soit égal à ce chet-d'œuvie. On avait placé ordinairement la rédaction de cette pièce au ier siècle av. J.-C, époque à laquelle vivait Kalidasa, selon des calculs et des hypothèses fortement ébranlés aujourd'hui par quelques indianistes, parmi lesquels il faut citer M. Weber. Celui-ci, cédant à son habitude constante de rajeunir tout ce qui touche a l'Inde, a supposé qu'il y avait plusieurs auteurs du nom de Kalidasa, Les drames de Bhava'jouti étant les seuls qu'on cite immédiate ueut après ceux de Kalidasa et étant du viii'î siècle après J.-C, M. Webera pensé qu'il était difficile d'admettre qu'entre le i"r si'scle, où l'on place ordinairement Kalidasa , et le vme siècle, où l'on place Bhavabcmti , c'est-à-dire dans l'intervalle de huit à oeuf siècles, aucun ouvrage dramatique ne nous fût parvenu. Or, dit-il, une telle supposition est delà plus grande invraisemblance; il faudrait, pour l'appuyer, qu'on remarquât au moins dans les draines de l'époque la plus récente un tout autre esprit, un tout autre procédé de composition que dans leurs prédécesseurs, plus anciens de huit ou neuf siècles. Mats il n'en est pas ainsi. Il est même singulier qu'on ne possède pas de la littérature dramatique indienne un seul ouvrage qui en montre les progrès. Il semblerait que ce genre, né dans rlnde sous l'influence grecque, soit parvenu tout de suite à sa perfection et soit resté immobile. Il se présente k notre étude achevé et avec ses meilleures pièces; de sorte que, pour reconnaître la date approximative d'une pièce, on ne peut se baser sur la diffère ice des procédés et de la composition. Quoi qu'il eu soit, M. Weber, sans préciser l'époque de la rédaction de Sakountala, s'est cru autorisé, après une discussion très-approfondie des hypothèses invoquées dans la question, à placer Kalidasa quelques siècles après Jesus- Christ, du ne siècle, par exemple, au we. Ce draine, qui a une si haute importance au point de vue de la linguistique indienne, a élé traduit plusieurs fuis eu fiançais.

M. Théophile Gautier a fait du drame de Sakountala un ballet qui a eu un'grand succès à l'Opéra. Les adieux de Sakountala à son ermitage et à sa gazelle, la sceue amoureuse avec le roi et celle ou elle paraît (levant lui et en est méconnue sont les morceaux les plus célèbres de ce poème.

SAKOWICZ (Cassien-Calixte) , théologiîn polonais, ne en 1578, mort en 1647. Fils d'un prêtre de l'Eglise grecque orthodoxe, il lit se» études aux académies de Cracovie et de Zamosc, entra ensuite dans l'ordre des basiliens et devint recteur de l'école de Kiew. Il adopta, douze ans plus lard, les dogmes de l'Eglise grecque unie, fut nommé peu apnïs archimandrite du couvent basilieu de bubiio et se signala, de. lors, par la vivacité avise laquelle il attaqua leô grecs non unis. Mais

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il s'attira ainsi lahaine, non-seulement de ces derniers, mais aussi de ses coreligionnaires, et, en 1628, il fut destitué de toutes ses dignités ecclésiastiques par un concile d'évêques réuni à Kiew. Après avoir vainement cherché à se créer des partisans, il se décida, en 1641, à abjurer la religion grecque et embrassa le catholicisme. Il devint, peu après, curé d'une des paroisses de Cracovie. Nous citerons, parmi ses nombreux écrits : Problemata ou Questions sur la nature de l'homme (1620) ; Poème sur la mort de "Pierre Konaszewiez, helman de l'armée taporogue (1622); Traité sur /'dme(l625); Perspective ou Eclaircissement sur l'Eglise gréco-russe désunie (1612), ouvrage qui donna lieu à une polémique des plus vives; le Concile orthodoxe de Kiew (1642); Du purgatoire ou D'un autre séjour après la mort (1641), etc.

SAKTY-POUDJA s. m. (sa-kti-pou-dja).

Nom donné dans l'Inde k une fête de nuit qui se célèbre par des orgies.

— Encycl. Tantôt c'est la femme de Siva qu'on a en vue d'honorer dans la cérémonie du sakly-poudja, tantôt c'est une certaine force invisible. La cérémonie a lieu la nuit avec plus ou moins de secret. Les moins odieuses de ces orgies sont celles où l'on se contente de boire et de manger avec excès de tout ce qui est défendu par les usages du pays, et où les femmes et les hommes, réunis pêle-mêle, se livrent aux actes les plus impudiques. La célébration de ces mystères varie quelquefois dans la forme. H est certaines circonstances où les objets immédiats du Sakty-poudja, ou sacritlt-e à Sakty, sont un grand vase plein d'eau -de-vie du pays et une tille parvenue à l'âge de puberté. Celle-ci, entièrement nue, se tient placée dans l'attitude la plus impudique. On évoque la déesse | Sakty qui est censée se rendre à l'invitation pour venir résider dans le vase d'eau-de- [ vie et en même temps dans une partie du corps de la jeune fille que 1» pudeur ne permet point de nommer : on oifre ensuite à ces deux objets un sacrifice de fleurs, d'encens, de sandal, à'akcltatla et une lampe allumée , et, pour neiveddia, une partie de toutes les viandes qui ont été préparées. Cela fait, brahmes, sudras, parias, hommes et femmes, tous s'enivrent avec la liqueur consacrée k Sakty, qu'ils boivent dans le même vase eu y appliquant leurs lèvres. Faire un échange malpropre de morceaux que l'on mange et recevoir dans sa bouche ce qu'un autre a retiré de la sienne est, dans cette circonstance, un grand acte de vertu aux yeux de ces fanatiques. Comme d'ordinaire, le Sakty-poudja se termine par tout ce que i'iinaginatton en délire peut suggérer de plus révoltant. Ces mystères immondes ne le sont guère plus, d'ailleurs, que ceux de Vénus, de Cérès, de Bacchus, chez les Grecs ; ceux de Mithra chez les Perses, ceux d'Osiris chez les Egyptiens, etc.

SAKYA MOUNI ou ÇAKYA-MOUNI, nom du fondateur du bouddhisme. V. Bouddha.

SAL s. m. (sal). Bot. Nom vulgaire d'une espèce de vatique.

SAL (1LHA-DO-), petite lie portugaise, dans l'archipel du Cap-Vert, au N. de Boavista, par 16" 38' de latit. N., 25° 18' de lougit. O. Elle est petite (70 kilom. de circonférence), peu peuplée et médiocrement fertile. Elle tire son nom du sel qui y abonde.

SALA s. f. (sa-la). Prière que les Turcs récitent le vendredi, à neuf heures du matin.

SALA, nom ancien de l'Yïsel. Les Francs Saliens tiraient leur nom de celui de cette rivière, sur les bords de laquelle ils s'étaient d'abord fixés.

SALA, ville de Suède, dans la préfecture et k 35 kilom. N. de Westeras ; 3,160 hab. Mines d'argent; eaux minérales.

SALA ou ANZ1KO (royaumk du), petit Etat nègre de l'Afrique centrale, sous la ligne équinoxiale, au N, du Congo. Capitale, Monsol.

SALA-BAGANZA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Parme, mandement de Fornovo-ul-Taro ; 3,306 hab.

SALA-BOLOGNESE, bourg du royaume d'Italie, province et district de Bologne, mandement de San-Giovaiiui; 3,475 hab.

SALA-CONS1LINA, ville du royaume d'Italie, province de la Principauté Citérieure, chef-lieu de district et de mandement, k 104 kilom. S.-E. de Salerne ; 7,342 hab. Ella s'élève sur les ruines de l'ancienne Murceliana, détruite en 513 par Totila, roi des Goths. Aux environs, chartreuse de Padula.

SALA-DE-PARTINICO, ville du royaume | d'Italie, daus la Sicile. V. Partinico:

SALA (Angélus ou Angiolo), chimiste ita- i lien, né a Vicence dans la seconde moitié du xvi* siècle. On ne possède sur ce personnage que fort peu de détails biographiques. C'est surtout par les ouvrages qu'il a laissés et les travaux qu'il a exécutes qu'il nous est connu. Sala quitta l'Italie très-jeune encore et passa | la plus grande partie de su vie en Allemagne, ' où il adopta les mœurs et les usages du pays. I Vers 1609, il exerçait la médecine a Wmler- i thur, en Suisse; de 1613 à 1617,ilséjournakLa Haye où il se fit connaître par ses travaux et I ses écrits ; de 1620 à 1625, il habita Hambourg , et,en 1632, futnommé médecin du ducdeMec- >

SALA

klembourg a Gùstrow. A partir de 1639, on perd ses traces. « Angélus Sala, dit M. Hœfer {Histoire de la chimie), fut un observateur habile, probe, doué d'un sens droit et d'un jugement exquis. Ennemi de l'orgueil, du charlatanisme et de toutes les opinions exagérées, il apprécia k leur juste valeur le bon et le mauvais côté des écoles opposées des mé-' dico-ch'unistes et des médecins galénistes. ■ Ce sentiment sur sa valeur est ass 'z unanime. Ainsi, EJoy rapporte (Dictionnaire de médecine) que, ■ suivant Coringius, Sala est le premier chimiste qui ait banni de ses ouvrages les inepties qui déparent ceux des auteurs qui ont couru la même carrière. » Boerhaave a loué lu science et la méthode de Sala. Les travaux qu'a exécutés Sala ont trait au sucre, à l'eau-dé-vie, à la distillation des essences, k l'antimoine, k certains sels et acides, etc. Sala a indiqué le procédé de clarification et d'affinage du sucre à l'aida du blanc d'œuf et de la chaux. 11 avait observé qu'une dissolution aqueuse de sucre, contenant un peu de levure de bière, donne au bout d'un certain temps une notable quantité d'alcool. C'est dans le traité de Tarlrologie de Sala que l'on trouve pour la première fois une indication sur le sel d'oseille. L'auteur le distingue bien du tartre extrait du vin, mais il le désigne sous le même nom , ce qui amène quelque confusion. Sala nous apprend que la célèbre bière de Bernburg, dans le duché d'Anhalt, n'étaitsi enivrante que parce qu'elle renfermait jusqu'à 16 pour 100 d'alcool. La fabrication de 1 eau-de-vie de grain, si considérable aujourd'hui, a pris naissance vers 1618 dans le district de Magdebourg, et surtout dans la ville de Wermgerode, dans le Harz, appartenant alors au domaine des comtes de Stolberg. Sala nous raconte lui-même la manière dont les Allemands font l'eau-devie de grain. ■ Tous les habitants des contrées du Nord, dit-il, savent faire de l'enude-vie avec le fruit des céréales. A cet effet, ils se servent du blé tel qu'il convient k la fabrication de la bière; après l'avoir grossièrement moulu, ils le jettent dans une cuve, y versent de l'eau tiède et remuent cette pâte demi-liquide avec des spatules; ils y ajoutent de la levure de bière et abandonnant le tout k lu fermentation. Il faut, ajoute Sala, avoir quelque habitude de la chose pour savoir quand la fermentation est parfaitement accomplie et quand il est opportun de soumettre la matière k la distillation pour en retirer Veau ardente, c'est-à-dire l'alcool. » Les préparations antiinoniales ont été étudiées avec soin par Sala. Il est, on peut le dire, le premier médecin qui ait autant insisté sur les précautions infinies avec lesquelles il importe d'administrer les préparations d'antimoine. • Quiconque, dit il avec beaucoup de vérité, aime sa santé doit se tenir en garde contre ces médicaments. Indépendamment de l'arsenic qui s'y trouve naturellement, l'antimoine peut, en se combinant avec d'autres corps, acquérir des propriétés vénéneuses, de même que le mercure, qui en lui-'inètne n'est pas un poison, peut le devenir k l'état de sublimé. > Esprit judicieux, Sala arrive k conclure que, dans l'administration des médicaments, il faut tenir compte de la qualité et de la quantité do la substance, d'une part, du tempérament et de la constitution du malade, d'autre purt. 11 lutte avec énergie contre les prétendus médecins qui ignorent tout à la fois la pathologie et lu chimie; mais ce sont surtout les alchimistes qu'il combat. A ceux qui prétendent retirer de l'antimoine un mercure particulier propre au grand œuvre, il dit : ■ Montrezmoi seulement une goutte de votre mercure merveilleux et je vous croirai; en attendant, je suis sourd a vos déclamations vides de sens. » Les ouvrages de Sala fourmillent d'observations intéressantes, d'indications curieuses; nous citerons encore les suivantes. Un des premiers, Sala a usé de la synthèse pour vérifier les résultats de l'analyse chim.que ; ce procédé, il l'a employé k déterminer la composition du sel ammoniac. Il a extrait l'acide pliosphorique des os calcinés et pulvérises, qu'il traitait par Vhuile de vitriol (acide sulfurique). Celte substance, rendue impure par la présence d'une certaine quantité de sulfate de chaux , était employée par Sala, comme préservatif de la peste (Tractatus de peste). L'huile de vitrtot, à. laquelle Sala a consacré lout un livre, était préparée par lui eu distillant le vitriol de cutore (sulfate de cuivrf). Les anciens chimistes l'obtenaient, au contraire, par la distillation du vitriol de fer (sulfate île fer); aussi presque tous admettaient-ils que les deux produits étaient différents. Après avoir démontré que ces deux produits ne contiennent ui du fer ni du cuivre et qu'ils ne constituent qu'un seul et même compose, Sala arrive k conclure que l'huile ou esprit de vitriol n'est autre chose qu'une vapeur sulfureuse, ayant enlevé quelque chose à l'air ambiant. Cette hypothèse, conçue par intuition, est exacte, et il est k regretter que Sala ne l'ait pas appuyée par des expériences directes. Les œuvres laissées par Sala sont assez nombreuses; nous citerons : Seplein planetaruiit terrestrium recensiu (Amsterdam, 1611-lûl4,in-12); Analo- »iiu vitrioli, ex italica liuyua m laiiitam oersa (Aureliae Allobroguui, 1600, iu-16, etLu^duni Batav., 1608-, îu-S»); C'/n Jio'o;/i« (Hambourg, 1622, iil-80); EmetoLoyiu (Erl'uit, 1628, in-8«J; Tartroloyiu (Rosiock, 1032, in-8°); Hacc/iarcloyia (Rostock, 1637, in-8u) ; Anatomia a«.

SALA

timonii (Leyde, 1617); Opiologia (Hambourg, 1614); une traduction française de cet ouvrage a paru à Leyde en 1616; Aphorismi chimiatrici (Brème, 1620, in-s°); Antidotum pretiosum (Marbourg, 1520; Francfort, 1649); Tractatus duo devariis, tum chymicorum, tum Galenistarum erroribus in prxparaiione raedicinali eommissis (Francfort, 1602-1649), ouvrage traduit de l'italien en latin; De aura potabili novo (Strasbourg, 1630, in-S°) ; De peste tractatvs (Marbourg, 1641), traduit en latin par Grégoire Horstius et en français à Leyde (1617). Toutes les œuvres de Sala ont été réunies en un seul ouvrage sous le titre : Opéra medico-chymicu (Francfort, 1647-1680- 1712, in-4» ; Rouen, 1650, in-4°). Dans cette édition de 1650, on trouve les ouvrages suivants qui n'avaient pas été insérés dans les éditions précédentes : Anatome essentiarum vegetabilium; Tractatus de antimonio ; Exegesis chymiatrica, etc.

SALA (Gaspard), littérateur espagnol, né à Saragosse, mort en 1670. Entré chez les augustins de Barcelone, il s'y lit un nom par son talent pour la prédication et devint successivement docteur en théologie, puis docteur régent pour l'université de cette ville. Il se déclara pour les Français lorsque ceux-ci entrèrent en Catalogne, et Louis XIII, pour le récompenser de son zèle, le nomma son prédicateur et son historiographe. Parmi les écrits de Sala, on cite : Coverno politico de Barcelona pet a sustentar los pobreS (Barcelone, 1636, in-S°); Nolizia universal de Catalttna (1639, in-4°); Epilome de los principios y pmgresos de las guerras de Caluluita (1640, Ul-4°).

SALA (Nicolas), compositeur italien, né près de Bènèvent en 1701, mort a Naples en. 1800. Pendant plus de soixante ans, il professa la composition au conservatoire de la Pietà et dirigea cet établissement musical ; c'est tout ce qu'on sait de sa vie et de sa carrière artistique. Oji lui doit deux partitions : Vologeso (Rome, 1737), Merope (Naples, 1769); un oratorio, intitulé : Giuditla, et un traité estimé : liegole del contrappunlo pratlico (1794, in-fol.).

SALA (George-Auguste-Henri), journaliste et romancier anglais, né à Londres en 1S26. Son père, qui était Portugais, épousa une chanteuse anglaise en renom. M. Sala se livra d'abord à l'étude des arts, puis suivit la carrière littéraire. Loué d'une grande facilité, il écrivit dans les journaux et les magazines des articles et des romans, et collabora successivement aux Household Words , au Temple-Bar Maydzine , au Welcome Ouest, au Conthili Magazine, s Vllluslrated London News, au Ail t/ie year Jlound, etc. En 1863, le Daily Tetegraph le prit pour correspondant et l'envoya aux Etats-Unis pour y suivre les opérations de la guerre de sécession. Depuis cette époque, il a été le correspondant du même journal dans les guerres qui ont eu lieu sur le continent européen, et ses articles, écrits d'une plume alerte, ont eu beaucoup de succès. On lui doit un assez grand numbre d'ouvrages, notamment des romans, tels que les Sept fils de Alammon; le Capitaine dangereux; Tout à fait seul, etc.; des Souvenirs de voyage; V Amérique pendant la guerre (1844), etc.

SALABEREUE s. f. (sa-la-bèr-ri). Bot. Syn.

de TAPIK1E.

SALABERHY (Charles-Marie d'iRUMQBRRY, comte DU), homme politique et littérateur, né à Paris en 176(1, mort a Fossé, près de Blois, en 1S47. Il éniigra en 1790, visita la Turquie, l'Allemagne, l'Italie, puis servit- dans l'armée de (Jondé. Plus tard, il alla se joindre aux "Vendéens et commanda une compagnie de cavalerie. Après la pacification de isoo, le comte de Salaberry se relira au château de Blois et y vécut dans la retraite, sous la surveillance de la police, jusqu'en 1814. Lors du retour de Bonaparte de l'Ile d'Elbe (mais 1S15), il devint colonel d'une légion de gardes nationaux de Blois, puis il essaya d'organiser des volontaires royalistes. Eiu, à la seconde rentrée des Bourbons, député dans le Loir-et-Cher dont il fut un des représentants jusqu'en 1830, il se signala à la Chambre introuvable par son oclieuse intolérance, son royalisme exalté et son esprit rétrograde, qui lui valurent les plaisanteries des petits journaux de l'époque. M, de Sulaberry, qui prit une part active à l'expulsion de Grégoire et de Manuel, demanda la peine de mort contre ceux qui pousseraient des cris séditieux. Il considérait la presse « comme l'arme chérie des ennemis de la religion et de la dynastie, des amis du protestantisme et de l'illégitimité ou de la souveraineté du peuple. • L'imprimerie était, suivant lui, • la seule plaie dont Moïse eût oublié de frapper l'Egypte, » Apres la révolution de 1830, il se tint tout à fait à l'écart de la politique. Ses principaux ouvrages sont : Voyage à Constantinople, en Italie et aux iles de l'Archipel (Paris, 1799, in-S<>); Corisandre dellaativitlers, roman (Blois, 180C, 2 vol. in-12); Lord Wiseby ou le Célibataire, roman (Paris, 1808, 2 vol. în-is); Histoire de l'empire ottoman jusqu'en 1792 (1813, 4 vol. in-s°) ; Lettres aux hommes de bien (1828, in-8uJ; Loisirs d'un ménage en 1804, nouvelles (1828, in-12). M. de Salaberry a collabore au Conservateur, aux Archives littéi aires deVauderbum-g et à la Bibliographie universelle.

SALABRE s. m. (sa-la-bre). Pèche. Espèce

SALA

de truble à manche, avec laquelle on prend le poisson dans les trous des bourdigues. Il Espèce de drague avec laquelle on pêche le corail, il Salabre de fond, Drague que l'on soutient, à l'aide de cordes, au fond de la mer.

SALACE adj. (sa-la-se — lat. salax, mot que les tins l'ont venir de sal, sel, et les autres de satire, sauter). Lascif, lubrique :

A moi, sombre pillage a la mine r&pace.

A moi, viol infàm« & la lèvre salace.

A. BAr.niER.

Il Ce mot a vieilli.

SALACIE s. f. (sa-la-sî). Crust. Genre de crustacés décapodes brachyures, de la famille des oxyrhynques, dont l'espèce type habite l'Amérique du Sud.

— Acal. Division des physalies, genre d'acalèphes.

— Zooph. Genre de polypiers, de l'ordre des sertulariens.

— Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des hippocratéacées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales. Il Syn. de toktèlée, autre genre de végétaux.

— Encycl. Bot. Les salacies sont des arbrisseaux à rameaux anguleux, portant des feuilles alternes ; les fleurs, solitaires à l'extrémité de pédoncules axillaires, formant par leur réunion un corymbo ou une panicule, présentent un calice très-petit, à cinq divisions persistantes; une corolle à cinq pétales; trois étamines à anthères sessiles, insérées sur le sommet de l'ovaire, qui est à trois loges et surmonté d'un style épais, très-court, terminé par un stigmate indivis; le fruit est une baie arrondie. Ces végétaux croissent dans les régions chaudes du globe et produisent, dit-on, des fruits comestibles. Us sont peu connus et ne se trouvent même que rarement dans les jardins botaniques. D'après Linné, l'espèce type croît en Chine; c'est un arbrisseau qui rappelle assez le prunier par son port et son feuillage.

SALACIE, femme de Neptune, divinité de la mer, ainsi nommée de salum, l'eau salée. Suivant les poëtes, elle avait pour fonction de soulever les flots; elle.était la personnification du reflux, tandis que Venilia était la personnification du flux. Quelques-uns prétendent que Salacie était. un surnom d'Amphurite; d'autres en font une néréide.

SALACITÉ s. f. (sa-la-si-tô — lat. salacitas. V. salace). Lubricité, lascivité : La s\lacité du bouc.

SALACROUX (Antoine), médecin français, né à Villefranehe (Aveyron) en 1802, mort à Paris en 1863. Il lit ses études médicales à Paris, où il fut reçu docteur en 1828,. et fut longtemps professeur d'histoire naturelle au collège Saint-Louis. Il est surtout connu par un ouvrage qui a longtemps été classique et qui a eu plusieurs éditions : Nouveaux éléments d'histoire naturelle (Paris, 1839, 2 vol. in -8°). Nous citerons aussi de lui : Notions élémentaires d'histoire naturelle (1852, iu-12).

SALACZAC s. m. (sa-la-kzak). Ornith. Espèce de murtin-pêcheur des Philippines.

SALAD, comitat de Hongrie. V. Szalad.

SALADE s. f. (sa-la-de — rad. saler, pour dire un mets dont le sel est le principal assaisonnement. Quant au sens de correction, Scheler s'appuie sur le rapprochement de l'expression équivalente faire la sauce à quelqu'un ; sauce, équivalant au latin salsus, salé, lui fait croire que c'est le même mot que salade, mets assaisonné avec du se! , pris dans une acception métaphorique. Quelquesuns rattachent salade, en ce sens, au latin salire, de la racine sanscrite sal, aller, mouvoir, couler, racine qui a fourni du reste le latin sal, mer, eau salée, sel). Art culin. Mets composé de certaines herbes ou de certains légumes assaisonnés avec du sel etde l'huile, auxquels on ajoute ordinairement du vinaigre et du poivre : Assaisonner la salade. Faire la Salade. Retourner, fatiguer la salade. On commence à manger les chicorées vers la fin de l'automne et l'on ne mêle habituellement d cette espèce de salade aucune herbe ni fournitures. (Brill.-Sav.) Le pourpier de Para donne une Salade agréable. (Cuv.) Une bonne salade est le condiment le plus agréable. (Raspail.)

A côté de ce plat paraissaient deux salades, L'une de pourpier jaune et l'autre d'herbes fades.

Boii.emt.

Il Herbes avec lesquelles- on fait des salades : Cueillir une salade. Eplucher une saladu. Secouer une salade. Semer des salades, ii Mets quelconque assaisonné à la manière des salades : Salade de volaille. Du bœuf en salade. On doit employer préfërablement pour les Salades de viundes la chair des poulets gras ou des perdreaux cuits à ta broche et refroidis, {Brill.-Sav,) Il est bon de faire mariner les mandes pendant Quelques instants à l'huile et au vinaigre avant de les ajouter au reste de la salade. (Brill.-Sav.) Il Salade d'oranges, Oranges coupées par tranches et assaisonnées avec du sucre et de l'caude-vie.

— Fam. Réunion de choses confusément assemblées : Ce drame n'est pas une pièce, c'est une salade.

— Pop. Correction manuelle : lia reçu une fameuse salade.

— Panier à salade, Panier à jour dont on

SALA

se sert pour secouer la salade, après qu'elle a été lavée. Il Fam. Sorte de voiture basse, dont la caisse est en osier ou imite l'osier. Il Voiture cellulaire employée au transport des prisonniers.

— Par plaisant. Salade de Gascon ou de Gascogne, Chanvre dont on fait des cordes, ainsi dit parce que les Gascons passaient pour . être sujets à la pendaison.

— Ane. loc. Iletourner la salade avec les doigts, Etre encore jeune. Cette locution vient de ce que l'usage autorisait autrefois les jeunes femmes à retourner la salade avec les doigts : Il ne me reste que six mois à retourner la salade avec les doigts. (J.-J. Rouss.)

— Manège. Mélange de pain et de vin qu'on donne aux chevaux, quand on veut qu'ils fassent une longue traite.

— Bot. Salade de chanoine, Salade de blé, Noms vulgaires de la mâche. Il Salade ou laitue de cltouelte, Espèce de véronique. Il Salade de grenouille, Nom vulgaire de la renoncule des marais, il Salade de porc, Nom vulgaire de la porcelle à longues racines, il Salade de taupe, Pissenlit.

— Encycl. Les salacies se composent de diverses plantes potagères crues, que l'on assaisonne avec de l'huile, du vinaigre, du sel, du poivre et quelquefois de la moutarde. On y ajoute souvent, pour en relever le goût, des herbes aromatiques, telles que l'estragon, la pimprenelle, etc. On fait aussi de la satade cuite avec la racine de betterave et de la salade confite avec de la passe-pierre, des concombres, des cornichons, des graines de capucine, des câpres, etc. Chaque saison apporte une salade particulière.

Vers la fin de l'automne paraissent les chicorées. Bientôt après arrive l'escarole.

En hiver, la salade qu'on sert le plus souvent se fait avec des betteraves cuites, coupées en tranches très-minces, avec des mâches et du céleri coupé par morceaux. Les betteraves seules forment aussi une trèsbonne salade. Il en est de même du céleri, qui peut se servir sans assaisonnement, mais avec une saucière pleine d'huile bien battue avec de la moutarde; c'est une salade trèsestimée. Le cresson est encore une salade d'hiver; on l'assaisonne avec beaucoup de vinaigre et un peu d'huile.

A la lin de l'hiver arrive la barbe de -capucin, sorte d'endive amère et rarement tendre.

Vers le mois d'avril paraît ordinairement la laitue, très-tendre alors, mais sans saveur et trop aqueuse. Un mois et demi plus tard, elle devient excellente. On la mange alors avec des œufs durs coupés par quartiers, quelques filets d'anchois, du vinaigre et beaucoup d'huile.

Vient ensuite la laitue romaine, préférée sur les tables opulentes; lorsqu'elle est panachée, c'est une salade recherchée. Elle se sert toujours sans œufs et consomme moins d'huile que la laitue pommée. La laitue romaine dure tout l'été et une partie de l'automne ; c'est la chicorée qui la remplace.

On fait encore la salade avec d'autres plantes potagères, telles que les salsifis, ou d'autres herbes, telles que le pourpier, etc.

Tous les fruits confits au vinaigre peuvent entrer comme stimulants dans la plupart des salades. On y ajoute aussi , mais assez rarement, des poissons marines : thon, sardines confites, harengs de Hollande, etc.

L'usage des salades ne convient pas à tous les tempéraments; mais lorsqu'on est assez heureux pour les bien digérer, il est salutaire, surtout en été, parce que les plantes qu'on y fait entrer sont, en général, d'une nature rafraîchissante.

Le plus souvent, la salade se sert sur la table sans être assaisonnée; alors, un des convives se charge de ce soin; mais comme chaque espèce de salade réclame une dose différente d'assaisonnement, il arrive que le plat est le plus souvent manqué. D'ailleurs, l'emploi de bon vinaigre et surtout de bonne huile est indispensable.

Enlin, on prépare des salades de volaille ou de gibier, salades qui font presque toujours partie des grands déjeuners dits à la fourchette. Ces salades se fout avec une volaille ou une pièce de gibier cuite à la broche et que l'on a laissée refroidir; on coupe la pièce en minces filets, en ayant soin de retirer tous les os; on arrange ces filets par compartiments avec une laitue hachée, que l'on met au fond du plat et d'autres laitues et fournitures mêlées pour former les compartiments. On les assaisonne comme les autres salades. Quelques filets d'anchois et quelques cornichons coupés en tranches très-minces ajoutent beaucoup de prix aux salades de volaille, dont ils relèvent le goût un peu fade.

SALADE s. f. (sa-la-de — du lat. ctelata cassis, casque ciselé, et non pas, comme le disent plusieurs dictionnaires, de celatus, caché). Ancien casque de cavalerie. Il Bataillons de salade, Nom donné, ix l'époque de Louis XIV, à d'anciens corps d'armée qui avaient conservé l'usage de la salade : Sa Majesté résolut de faire sept régiments de sept bataillons de vieux corps, qu'on appelait BATAILLONS DE SALADE. (Dangeau.)

— Encycl. La salade était un casque de cavalerie inventé au milieu du xve siècle. Il se composait d'un timbre arrondi, presque sphérique, pourvu d'un grand couvre-nuque et d'une visière très-courte, ordinairement

SALA

fixe, descendant un peu plus bas que le nez. Elle était complétée par une pièce appelée bavière, qui se vissait a la partie supérieure de la cuirasse, couvrait le cou et enfermait, le menton jusqu'à la bouche. Au moment de charger, l'homme d'armes baissait la tête, et la visière venant joindre la bavière, la défense du visage se trouvait ainsi complète. La salade ne pouvait servir qu'à cheval. Quand on voulait combattre à pied, on la remplaçait par te bassinet.

SALADELLE s. f. (sa-ln-dè-le — rad, lat. sal, sel). Bot. Nom donné, dans certains cantons, à la statice maritime.

SALADERO s. m. (sa-la-dé-ro — mot espagn. dérivé du lat. sal, sel). Etablissement où l'on sale la viande de bœuf, dans l'Amérique du Sud.

— Techn. Nom que l'on donne à certains cuirs de bœuf venant de l'Amérique du Sud.

— Encycl. Les établissements qu'on nomme ainsi font dans toute l'Amérique du Sud l'admiration des voyageurs par leur étendue, par l'ordre qui y préside et par l'importance cl u commerce dont ils sont le point de départ. Ce sont de vastes usines qui ne le cèdent en rien k celles de l'Europe, mais dont les établissements d'Europe ne sauraient donner une idée, si ce n'est peut-être certaines fabriques de noir animal et les abattoirs de la ville de Paris. On conduit k ces établissements les animaux provenant de la pampa, lesquels sont, pour la plupart, des bœufs et dos vaches presque sauvages qui ont été pris au moyen du lazzo, et ces animaux y sont abattus par milliers, puis dépouillés de leur peau, ensuite préparés selon le procédé convenable pour chaque partie de l'animal, soit par la-dessiccation, soit par la salaison, soit par la cuisson, et enfin expédiés pour tous les points commerçants du globe. Ces usines ne laissent rien à désirer sous le double rapport de l'installation économique et de l'utilisation de tout ce que donne la bête, poil, cuir, corne, graisse, chair et os. On y abat les boeufs pendant l'été, c'est-à-dire, dans cet autre hémisphère, du mois de décembre au mois de mai, et quelquefois un seul saladero en reçoit plusse 60,000 par an. Dans la seule confédération Argentine, on compte 1 million de bêtes à cornes expédiées de la sorte dans l'année. L'Angleterre seule reçoit, tous les ans, des saladeros de l'Amérique du Sud, 25,000 tonnes de peaux de bœuf, 70,000 tonnes de suif et 20,000 tonnes d'os desséches, dont s'emparent les raffineries de sucre ou qui servent à fabriquer des objets do fantaisie.

On abat aussi, dans les saladeros, des juments dont la chair est utilisée pour faire de l'huile et dont les cuirs, comme ceux du bœuf, sont salés et séchés. Les cuirs des animaux tués, dans l'intérieur du pays, pour la consommation locale y sont séchés et dirigés, par caravanes de charrettes, vers le littoral, d'où ils sont expédiés en Europe. Les laines y sont préparées dans les formes sous lesquelles elles nous arrivent avec les peaux, les cuirs secs et les peaux de chèvre. Quanc aux viandes, on les fait sécher au soleil en tranches très-minces saturées de sel, puis l'on en fait des ballots pesant 80 à 90 kilogrammes, et ces viandes, charque ou tarajo, se vendent pour la nourriture do la classe inférieure en Amérique; mais on en exporte aussi de notables quantités en Europe. On prépare également les suifs et les graisses dans le; saladeros, et les cuirs qui jt sont tannés ne laissent rien à désirer sous ce rapport. V. ESTANCIA.

Les principaux établissements de ce genre sont situés sur les deux rives de la Plata, près de Buenos -Ayres et de Montevideo.

Près de Buenos-Ayres surtout, sur une petite rivière nommée Kiaehuelo-de-Barraeas, de nombreux saladeros se sont établis, et la population qu'ils emploient forme une véritable ville. Cette population est surtout composée de Basques et d'Irlandais.

Le bétail est amené par troupeaux dans la cour dnsaladero; des ècorcheurs (desolladores), au moyen du lazzo et d'un long couteau, procèdent si rapidement à l'exécution, qu'eu moins de douze heures quatre cents à cinq cents bœufs sont facilement expédiés. La dissection des diverses parties du corps est faite aussitôt. Six quartiers seulement de la chair sont destinés à la salaison, les deux épaules, les deux cuisses et deux pièces d'estomac. Cette chair, une fois lavée, séchée et désossée, est portée au saladero proprement dit, c'est-à-dire au lieu où on la sale. On la découpe et on la dispose en piles carrées, séparées par des couches de sel. Ces piles, résultat de l'abatage du jour, sont ensuite remises à sécher pour être rendues propres à l'exportation.

Pendant qu'on sale la chair, les os, la graisse et les intestins sont en hâte portés à la fabrica, lieu de la fusion. Sur deux fourneaux sont placées d'énormes chaudières, l'une et l'autres armées de quatre tuyaux de cuivre allant chacun, avec une force égale à celle d'une machine de cinq chevaux, lancer de puissants jets de vapeur au fond de huit tinas ou cuves en épaisses douves de sapin cerclées, de quatorze à dix-huit pieds de hauteur. Ces cuves peuvent contenir les débris et les têtes de cent à cent cinquante bœufs; aussi met-on plusieurs heures à les remplir.

SALA

Cette opération terminée, on laisse la vapeur agir sur leur contenu pendant trois ou quatre jours consécutifs, au bout desquels on retire les os dénudés et blanchis; le suif purifié est versé dans de vases plats, puis on le met en barils pour l'exportation. Ce qui reste alors dans les cuves est tellement desséché, qu'on en fait un excellent combustible pour l'alimentation des fourneaux, ressource précieuse dans un pays où le bois est peu commun et où le charbon manque complètement. On donne à ce combustible le nom de viande bouillie (came cocida).

La grande valeur du bétail consiste dans les peaux que l'on sale ou que l'on sèche avant de les exporter; tandis que les carcasses charnues sont portées de la playa. à la salerie ou a la fabrica, les decarnadores (apprêteurs) enlèvent la chair adhérente aux peaux, les font sécher et les lient en paquets, ou bien ils les empilent entre des couches de sel et les mettent en barils.

Outre la chair, la graisse et les peaux, on utilise encore presque toutes les parties du bétail. La langue est enlevée et salée. La tête est dégarnie des cornes et ces cornes sont un objet de commerce important. Les déchets eux-mêmes, abandonnés parles descarnadores, servent à, faire de la colle. Les queues sont aussi empaquetées en balles. Des onglons ou sabots, on extrait une huile dont on fait encore bon profit.

Le salaire des ouvriers des saladeros a de quoi surprendre nos travailleurs d'Europe. Un homme habile peut économiser de 150 à 175 francs par semaine; les enfants même gagnent de 5 à 6 francs par jour.

Tels étaient depuis longtemps les produits des saladeros, lorsque, il y a quelques années, on imagina, dans ces établissements, de traiter la viande autrement afin d'en rendre le transport plus f.icile et l'emploi plus étendu. Les viandes séchées, en effet, d'après l'ancienne méthode qui a été ci-dessus décrite, aussi bien que celles auxquelles on a appliqué des procédés de conservation plus modernes par dessiccation, tels que le procédé Lugnac et le procédé Krichou, ont toujours l'inconvénient de conserver dans leurs tissus des restes de graisse qui prennent un goût insupportable de rance, qu'elles communiquent aux morceaux entiers. CetefTetse produit après quelques mois. Elles sont, de plus, très-facilement attaquées par les insectes; enfin elles restent filandreuses et coriaces, quelle que soit la méthode de dessiccation que 1 on ait employés. Aussi s'est-on hâté d'appliquer le procédé Liebig aussitôt qu'il a été connu. Ces conserves de viande, connues sous les noms d'extraits de viande de la Plata ou d'extraits de viande Liebig, ne présentent point ces inconvénients; elles sont dans des pots ou dans des caisses de fer-blanc sous forme de jus ou de sirop très-concentré, d'une consistance pâteuse et de couleur brune, qui se dissout dans l'eau froide et mieux encore dans l'eau chaude, en sorte qu'il suffit d'en mettre un peu dans une soupe quelconque ou dans un potage pour faire immédiatement un bouillon qu'on a considéré comme trèsnourrissant. Elles ne prennent aucun mauvais goût et n'ont, par elles-mêmes, que celui d'un jus de viande très-concentré. On en retire, durant cette cuisson, toute la graisse; on l'assaisonne un peu et l'on arrive à un sirop qui renferme, sous un très-petit volume, la quintessence d'une énorme quantité de chair. Ce produit tout moderne des saladeros de Buenos-Ayres est fort répandu dans les grandes villes, par exemple à Bruxelles et à Paris;* le prix en est encore assez élevé.

SALADIER s. m. (sa-la-dié — rad. salade). Vase où l'on assaisonne et où l'on sert la salade : Saladier de faïence, de porcelaine.

— D'après l'Académie, le saladier est aussi un panier à jour dont on se sert pour secouer la salade, après qu'elle a été lavée. Ceci s'applique évidemment au panier à salade, que l'Académie a d'ailleurs omis de mentionner dans son dictionnaire.

— Par ext. Ce que contient un saladier : Accommoder un saladier de laitue, de chicorée.

— Fam. Celui qui accommode la salade, qui est réputé pour bien faire une salade : Qitant.au marquis de Grignon, gui avait été dans la bouche du roi, Use rappela qu'il avait eu autrefois un petit talent particulier pour faire des salades... Ma foi', il fit des salades. Cela le mit en vogue. Il n'y avait pas un grand dîner où l'on ne voulût être assaisonné par le grand saladier de France ; c'était le titre qu'on lui donnait. (Mélesville et Bayard.)

— Prov. La politesse est au fond du saladier, La politesse veut qu'on serve la salade aux autres après se l'être servie à soi-même, parce que la salade qui est au fond du saladier est mieux assaisonnée.

SALADIN, INE adj. (sa-la-dain, i-ne). Hist, Qui appartient à. Saladin. Il Dime saladine, Ùime qui fut imposée en France et en Angleterre en 1188 pour amasser des fonds nécessaires à la croisade que Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion entreprirent contre Saladin : La di'mk saladine consistait dans le dixième des biens meubles et immeubles perçu Mur tous ceux qui ne prenaient point part «/ Icl croisade.

SALADIN (Yousouf-ben -Ayoub Salaii- Emyn, plus connu sous le nom de), sultan

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d'Egypte et de Syrie, le héros musul nan de la troisième croisade, comme Richard Cœur de Lion en est le héros chrétien, né à Tekiitsur-le-Tigre en 1 137 de notre ère, mort à Damas en 1193. Il était d'origine kurde. Son père, Ayoub, et Son oncle, Schirkoub, étaient entrés au service de l'atabek de Syrie, Nour-Ed-din, et avaient acquis de hautes fonctions. En 1164, paladin suivit en Egypte Schirkoub, envoyé par Nour-Ed-din dans ce pays pour i établir dans ses fonctions Chaour, qui avait é é vizir du calife fatimite Added-Ledinillah. Pondant cette expédition, Saladin se distingua en combattant à la fois les chrétiens et les Egyptiens, particulièrement au siège d'Alexandrie, qu'il défendit avec une poignée d'hommes contre, les chrétiens. Dans une autre expédition qui eut lieu en 11G8, cette fois à la demande du calife et à la fois contre les chrétiens et contre Chaour, dont le calife voulait se débarrasser, Saladin accompagna de nouveau en Egypte son oncle Schirkoub. Les chrétiens furent battus près du Caire; Chaour eut lu tête tranchée, et Schirkoub venait d'être nommé vizir du calife lorsqu'il mourut. Added-Ledinillah nomma alors pour le remplacer son neveu Saladin, pensant qu' 1 trouverait en lui un ministre docile, et lui conféra le titre d'El-Melek-el-Nasser, c'est-à-dire de roi victorieux. Les chrétiens de Syrie, connaissant la valeur et l'audace du jeune vizir, firent appel aux chrétiens d'Europe peur organiser une croisade. Seul, l'empereur de Constantinople envoya une flotte qui, après avoir stationné quelque temps dans le.; eaux de Damiette, remit a la voile. Saladin passa alors en Syrie avec une armée, batiit les chrétiens et se rendit maître de Gaza. Nour- Ed-din, qui n'avait envoyé précédemment des expéditions en Egypte que dans le but secret de se rendre tôt ou tard maître de ce pays, ordonna à Saladin de faire accepter en Egypte la direction spirituelle du calife de Bagdad et de faire dire les prières au nom de ce prince. Cette révolution religieuse, qui mettait fin au schisme des fatimites, s'accomplit sans trouver de protestation dans te peuple. Peu après le calife Added-Ledinillah, à qui Saladin avait enlevé tout po ivoir, mourait assassiné, d'après Guillaume dis Tyr, par ce dernier, Nour-Ed-din prit alors lu titre de souverain d'Egypte; mais le souverain véritable fut Saladin, qui s'était fait de nombreux partisans et que Nour-Ed-din essaya inutilement de déposséder par la ruse en l'appelant auprès de lui pour se débarrasser de sa personne. La mort de Nour-Ed-din '1174) laissa l'ambitieux Saladin sans rival. 11 feignit néanmoins de reconnaître comme souverain le fils de ce dernier, Ismaïl, âa;é de onze ans, et, sous le prétexte de le pretéger contre son cousin et son ministre, il se i endit en Syrie avec une armée, s'empara d'Eniesse, de Namah , de Balbek , battit complètement les troupes d'Ismaïl et du roi de Mossoul, conquit la Syrie et la Mésopotamie, et obtint du calife de Bagdad le titre de sultan d'Egypte et de Syrie.

Saladin se tourna alors contre les chrétiens (1177). Battu par l'armée franque dans la plaine de Ramlah, il ne tarda pas S se relever de cet échec, s'empara d'Alep, ass égea Mossoul, tomba gravement malade etcor.clut, à Hamah, un traité de paix avec le loi de Mossoul (1185). Quelque temps après, Renaud de Ohâtillon s'étant emparé, malgié les traités, d'une riche caravane musulmane, Saladin porta la guerre en Palestine, battit les chrétiens en diverses rencontres, .s'empara d'Acre et de plusieurs autres p aces fortes, Béryte, Sidon, etc., et anéantit presque entièrement l'armée chrétienne à If. bataille de Tibériade, où Gui de Lusignar, roi de Jérusalem, fut fait prisonnier (4 juillet 1187). Le 2 octobre suivant, il prit Jetitsalem, événement qui eut un retentissement immense en Europe et détermina la troisième croisade. Saladin se vit enlever Saint-Jeand'Acre après un siège de plus de deux ans. Mais, malgré la brillante valeur de Richard Cœur de Lion et des croisés, il conserva Jérusalem, et le roi d'Angleterre fut bitntôt forcé de traiter avec lui et d'abandonner la Palestine (1192). Saladin se retira alors i. Damas, où il mourut l'année suivante, admiré des chrétiens et pleuré des musulmans. Son empire fut divisé entre ses dix-sept fils ef son frère Malek-Adhel.

Saladin était un homme d'une intelligence supérieure. A un grand courage, à des talents militaires éminents, il joignait, l'esprit de justice, la modération dans la victoire, la lidélité inébranlable aux traités, la simplicité des mœurs, le goût des lettres, et avait un esprit très-cultivé. C'était encore un administrateur habile. 11 fit construire des canaux, dei digues, des voies publiques, des greniers, plusieurs édifices utiles; fortifia le Caire, où il ordonna de construire une citadelle, etc. Il fut le héros des musulmans, etson règne, dit Sedillot, représente pour nous le plus haut point de la civilisation des Arabes.

SALADIN il (Melik-el-Nasr-Salah Eddyn Yousouf, plus connu sous le nom de), sultan d'Alep, arrière petit-fils du précédent, né en 1229, mort en 1261. Il n'avait que sept ans lorsqu'il succéda sur le trône à son père Melik-el-Azis. La révolution qui survint en :.250 en Egypte lui valut le pays de Damas; r.iais quand il tenta de conquérir l'Egypte, la défection de ses alliés le contraignit à deman-

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der la paix au souverain même qu'il voulait renverser. A ce moment, l'invasion des Mo-

fols dans l'Asie méridionale vint lui susciter e terribles embarras. Il vit le califat de Bagdad disparaître devant ces nouveaux ennemis (1258), et il fut forcé de s'humilier devant Houlouglou, chef des barbares. Non contents de sa soumission, les Mogols ravagèrent la Syrie. Saladin, aidé des princes de ce pays, marcha au secours d'Alep, sa capitale ; mais, soupçonnant la trahison dans son armée même, il alla se remettre entre les mains desMogols, dont le chef le mit à mort. Saladin II était un prince faible, prodigue, inconsistant, dont la plus grande qualité était d'aimer les lettres et les arts. La dynastie des Aïoubites d'Alep s'éteignit avec lui.

SALADIN (Jean-Baptiste-Michel), conventionnel français, mort en 1813. D'abord avocat à Amiens, il était devenu juge dans cette ville lorsqu'il fut élu pour représenter le département de la Somme è. l'Assemblée législative et à la Convention. Il vota la mort du roi sans appel ni sursis; mais, après avoir montré une grande exaltation révolutionnaire, il se rangea parmi les modérés. Incarcéré pendant la Terreur, il rentra dans le sein de l'Assemblée après le 9 thermidor, avec les girondins. C'est lui qui fit, le 31 janvier 1795, au nom de la commission des Vingt et un, le rapport contre les anciens membres des comités, Billaud-Varennes, Collot d'Herbois, Barère et autres. Ce rapport, qui fut imprimé officiellement, est un document curieux : c'est le procès fait à la Révolution. Au 13 vendémiaire, Saladin fut décrété d'accusation comme l'un des fauteurs des mouvements royalistes de cette journée. Devenu membre du conseil des Cinq-Cents, son opposition au gouvernement républicain le fit encore proscrire au 18 fructidor. Après le 18 brumaire, il reprit la profession d'avocat.

SALADIN (Nicolas-Joseph), mathématicien français, né à La Bassée (Nord) en 1743, mort après 1813. Il commença par étudier la médecine et l'exerça pendant plusieurs années ; puis il l'abandonna pour se livrer aux mathématiques. Professeur de mathématiques à l'Académie de Lille, il composa des éléments d'arithmétique et de géométrie qui méritèrent l'honneur d être impfiwèsauxfraisde la ville. Officier municipal au commencement de la Révolution, il quitta cette fonction en 1791 et se rendit de Lille à Auchin et à Douai, où il professa les mathématiques et la physique, puis à Paris, à l'Ecole normale, et revint à Lille, où on lui confia la bibliothèque publique. Enfin il fut, en 1803, professeur de mathématiques à Strasbourg. Il fut, en outre, membre réel ou membre] correspondant de plusieurs sociétés savantes. En 1771, il collabora à la Pharmacopée de Lille (1772, in-4»). Saladin a fait paraître un Traité d'algèbre, d'arithmétique et de géométrie pratiques

! Lille, l775,in-4o), et une Gramaire française Douai, 1794, in-S°). Beaucoup d'ouvrages mathématiques de ce savant sont restés manuscrits.

SALA DO, nomdedeux petites rivières d'Espagne, province de Cadix. Elles se jettent toutes les deux dans la baie de Ca'dix.

SALADO (rio), rivière de l'Amérique du Sud, dans la confédération de la Plata. Elle prend sa source dans la province de Salta, au versant méridional de la Sierra Desploblado, coule d'abord dans la province de Salta sous le nom de rio del Passage, traverse les provinces deSantiago-del-Estero et de Santa- Ké, et se jette dans le Parana, au S. de Santa-Fé, après un cours de 1,200 kilom.

SALADO (rio), rivière de l'Amérique du Sud, dans la confédération de la Plata. Elle prend sa source dans la partie N.-O. de la province de Buenos-Ayres, coule au S.-E., reçoit le Florès et se jette dans l'estuaire du rio de la Plata, à la baie de Samborombon, après un cours de 550 kilom.

SALAGE s. m. (sa-la-je — rad. saler). Action de saler; résultat de cette action : Le salage d'un porc coûte tant. (Acad.)

— Ane. jurispr. Impôt sur le sel, gabelle : Payer le salage, h Droit de prendre une certaine quantité de sel sur chaque bateau qui passait en certains lieux, ou qui abordait en certains ports. Il Droit en vertu duquel le parlement de Paris et le chapitre de Notre-Dame levaient, tous les ans, sur les épiciers de la capitale, une certaine quantité de sel, pour eux et pour leur famille.

— Photogr. Opération consistant à imprégner de sel de cuisine des papiers destinés à recevoir des épreuves photographiques.

SALAGNY (Geoffroi de), prélat et jurisconsulte français, né en 1316, mort en 1374. Nommé chanoine à Mâcon lorsqu'il venait de terminer ses humanités, il devint par la suite doyen de l'église Saint-Vincent, vicaire général de l'archevêché d'Arles, puis évêque de Chalon-sur-Saône, On lui doit l'ouvrage suivant, qui lui coûta plus de vingt ans de travail : Goffredi Salignaci celeberrimi neenon perspicassimi legum professons Commentarii in lufortiatum (Lyon, 1552, 9 vol. in-fol.).

SALAGRAMAN s. m. (sa-la-gra-man — nom indoii). Moll. Coquille indéterminée de l'Inde, qui est en vénération dans ce pays : Quelques auteurs prétendent que le salaGRaman est une sorte de corne d'Ammon vivunte. (V. de Bomaro.)

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SALAI on SALA1NO (Andréa), peintre italien, né à Milan vers 1500, mort à une époque inconnue. D'abord simple garçon d'atelier de Léonard de Vinci, il se concilia par son intelligence la sympathie de son maître, qui lui donna des leçons. Avec un pareil professeur, Salaino fit de rapides progrès et devint un des meilleurs élèves de Vinci. Le dessin de cet artiste n'est pas toujours irréprochable, mais son coloris est des plus suaves. Parmi ses principaux ouvrages, on cite : Une Saint* Famille, dans la galerie du prince de Leuchtenberg; Saint Jean dans le désert, à la bibliothèque Ambrosienne de Milan; Une Madone, à la villa Albani ; Jésus et saint Jean se tenant embrassés, au musée de Naples; V Adoration des mages et le Portrait de Marie-Catherine Bagora, au musée du Louvre.

SALAIRE s. m. (sa-lè-re — latin salarium; de sal, sel, proprement solde donnée aux soldats pour acheter le sel). Somme donnée pour payer un travail ou un service : Recevoir le salaire de son travail. Il ne faut point retenir le salaire des domestiques, des artisans. (Acad.) Quiconque attend un salairs est esclave. (Marmontel.) Le maitre méprisant et brutal, quel que soit le salaire qu'il donne à ses serviteurs, est toujours haï. (Silvio Pellico.) N'exigeons pas le prix avant la victoire, ni le salaire avant le travail. (J.-J. Rouis.) Quand deux ouvriers courent après un maître, les salaires baissent. (F. Bastiat.) Le salaire tend à hausser. (F. Bastiat.) Le payement d'une industrie prêtée se nomme salaire. (J.- B. Say.) L'homme gui fait des souliers est sAr de son salaire; l'homme qui fait un livre n'est jamais sûr de rien. (Ste-Bcuve.) L'économie des salaires est une économie ruineuse et une iniquité. (Toussenel.) Le prix courant des salaires est presque toujours -au-dessous de leur valeur réelle. (Droz.) Le minimum du salaire de l'ouvrier doit être tel que la femme puisse au besoin se dispenser de travailler. (Ott.) La concurrence des travailleurs a réduit tous les salaires. (A. Blanqui.) La modicité du salaire de la femme est une cause grave de démoralisation. (Mme Romieu.) Il n'y a point dans l'ordre social une plus grande difficulté que celle du salaire. (L. Faucher.) Le prolétariat moderne est une espèce d'esclavage tempéré par le salaire, (Lamart.) La misère représente l'insuffisance accumulée des salaires. (E. de Gir.) Le salaire est la dépense qu'exigent l'entretien et la réparation journalière du travailleur. (Proudh.) il Condition du salarié : Le salaire n'est que iesclanage prolongé. (Chateaub.) Du servage on a passé ait salaire, et le salaire se modifiera encore, parce qu'il n'est pas •tni> entière liberté. (Chateaub.) Le SALAIRE n est que le nom déguisé du servage. (Toussenel.) Le salaire fait du prêtre un fonctionnaire public. (Laboulaye.)

Les vertus ne font pas tant d'amis que les vices; Pour le moindre salaire on trouve des complices. La Chaussée;.

Si l'on ne persévère,

Jamais de ses travaux on n'obtient lo salaire.

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