SORA
français par le citoyen More (Toulon, 1801, in-4o).
SOPRANZI, écrivain italien, né à Mantoue, mort à Padoue en 1803, Il entra dans l'ordre des carmes déchaussés et y prit le nom de Père Victor de Suinte-Marie. Ayant donné son approbation aux réformes religieuses décrétées par l'empereur Léopold, alors grandduc de Toscane, il fut forcé de quitter son couvent. Il a publié sous le voile de l'anonyme des Réflexions pour la défense de Scipion Ricci (1796, in-8°) et des Réflexions sur les homélies du frère Turchi, évacue de Parme (2 vol. in-80). Dans ces deux ouvrages, il prend la défense des idées gallicanes et jansénistes.
SOPBAPROVÉDITEUR s. m. (so-pra-prové-di-teurr — de l'ital. sopra, au-dessus ; proveditor, provéditeur). Hist. Nom donné autrefois, à Venise, au chef des provéditeurs.
SOPUBIE s. f. (so-pu-bî). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu des gérardiées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Inde.
SOQUET s. m. (so-kè). Ane. coût. Droit que l'on percevait sur le vin, à Beaucaire, pour l'entretien de la ville. || Droit semblable que l'on percevait dans quelques autres villes.
SOR adj. m. (sor). Se dit d'un oiseau de passage qui n'a pas encore mué,
SOR adj. m. (sor). V. saur.
SOR, île du Sénégal, à peu de distance de Saint- Louis. Elle est située sur la rive droite du fleuve, et auirefois le gouvernement avait jeté les yeux sur ce petit point pour en faire un comptoir important, « qui avait été, dit M. l'amiral Rosamel dans un rapport adresse au roi , jugé éminemment propre à ouvrir un débouché direct et de fructueuses relations avec plusieurs tribus noires de l'intérieur. » Le gouverneur proposa de fonder, non un village, mais une ville du nom de Saint-Philippe. L'ordonnance royale fut signée le 24 avril 1837; mais le projet ne reçut pas d'exécution.
SORA s. m. (so-ra — nom madécasse).
Mamm, Mammifère insectivore , du genre éricule, qui vit à Madagascar.
SORA, ville du royaume d'Italie, province de la Terre de Labour, à 120 kilom. N.-O. de Caserte, chef-lieu du district et du mandement de son nom, sur la rive droite du Liris ; 12,031 hab. Siège d'évêché; séminaire, école de belles-lettres. Fabriques de draps et de papier. Cette ville est ceinte de vieilles murailles et défendue par un château fort ; elle est assez bien bâtie. On y remarque une belle fontaine et une superbe cathédrale. D'après Tite-Live, Sora fut fondée par les Ausoni Volsci; c'était fa ville la plus septentrionale du pays des Volsques, dans le Latium. Dans la suite, elle fut soumise parles Romains; mais elle se révolta plusieurs fois contre la république et s'allia aux Samnites. Charles • Quint la fit prendre d'assaut par le marquis de Pescaire.
SORA (district de), subdivision de la province de la Terre de Labour. 11 comprend une superficie de 1 ,623 kilom. carrés, 188 communes et 132,879 hab.
SORABE s. m. (so-ra-be). Linguist. Idiome slave des Lusaciens. V. sorbe.
SORABES, peuple de la famille slave. V. Serbes.
SORACTE, montagne de l'Italie ancienne, dans l'Etrurie, à 50 kilom. N. de Rome. Elle porte de nos jours le nom de Santo-Oreste. C'est le plus haut sommet qu'on trouve sur la rive droite du Tibre (737 met.). Cette montagne, souvent couverte de neige en hiver, était consacrée à Apollon, qui y avait un temple célèbre. Vitruve parle de ses carrières, et Horace, dans ses Odes, chantant les plaisirs de l'hiver, consacre une strophe au Soracte, dont on apercevait de Rome le sommet blanchi par les neiges. Carloman, frère aîné de Pépin le Bref, fonda sur le sommet oriental du Soracte le monastère de Saint-Sylvestre, où il se relira.
SORAGMA, ville du royaume d'Italie, province de Parme, district de Borgo-San-Donino, chef-lieu de mandement; 5,309 hab.
SORA MI A s. m. (so-ra-mi-a). Bot. Syn. de doliocarpe, genre de plantes.
SORAMIER s. m. (so-ra-mié). Bot. Genre de plantes dicotylédones, de la famille des dilléniacées.
SORAM1TE s. m. (so-ra-mi-te). Hist. relig. Membre d'une ancienne secte allemande.
SQRANTHE s. m. (so-ran-te — du gr. soros, amas ; anthos, fleur). Bot. Syn. de sorocéphale, genre de protéacées.
SOR AN US D'EPHÈSE, nom de deux personnages grecs qui, tous deux, furent médecins et appartinrent à la secte méthodique. Ils naquirent tous deux à Ephèse. On les distingue, autant que faire se peut, par les dénominations de Soranus l'Ancien et de Soranus te Jeune. Le premier était fils de Ménandre et de Phèbé. Il exerça la médecine à Alexandrie, puis à Rome, sous Trajan et sous Adrien, c'est-à-dire vers le commencement du IIe siècle. Ou manque de renseignements sur le second. On ne sait si les ouvrages qui
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nous sont parvenus sous le nom de Soranus sont de Soranus d'Ephèse l'Ancien, ou s'ils n'ont pas pour auteur Soranus d'Ephèse le Jeune. Soranus l'Ancien avait composé un traité des maladies chroniques et plusieurs autres écrits. On croit que les ouvrages dont les titres vont suivre sont plutôt de Soranus le Jeune que de Soranus l'Ancien : un Traité des fractures, qui se trouve dans la collection intitulée : Gr&corum chirurgici tibri, ex collectione Nicetx (Florence, 1754, in-fol.), et dont Peyrilhe a donné 1 analyse dans son Histoire de la chirurgie ; De arte obstetrica morbisgue mulierum qus supersunf ( Kœnigsberg, 1838, in-S<>). Sur les 164 chapitres dont se composait cet ouvrage, 127 seulement sont parvenus jusqu'à nous; il ne reste que le titre des autres. Un extrait de cet ouvrage (ch. iv et v) a été publié séparément en 1554 sous ce titre : De utero et pudendo muliebri (Traité sur les parties génitales de la femme). Soranus a encore écrit une Vie d' Bippocrate et un Traité des médicaments, aujourd'hui perdu. Le traité In artem isagoge, imprimé dans la collection de Thorinus en 1528 et dans celle d'Aide (Venise, 1547), qu'on a quelquefois attribué à Soranus, n'est pas de lui. Les trois prétendues lettres de Soranus, adressées à Marc- Antoine et à la reine Cléopàtre, sont l'œuvre d'un faussaire, de Gaspard Scioppius sans doute. En somme, il pourrait se faire que les deux personnages dont il s'agit ci-dessus n'en formassent qu'un seul. — Il a existé encore un autre Soranus de Mallus, en Cilicie, qui a. vécu longtemps avant les deux Soranus d'Ephèse.
SORAT s. m. (so-ra). Ichthyol. Un des noms vulgaires du milandre.
SORATA (NEVADO-DE-), montagne de l'Amérique du Sud, dans la chaîne des Andes péruviennes, à 70 kilom. N.-O. de La Paz; 7,896 mètres de hauteur.
SORAD, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence et à 100 kilom. S.-E. de Francfort-sur-1'Oder, ch.-l. du cercle de son nom, sur le Goldbaeh ; 8,500 hab. Gymnase, bibliothèque; maison d'aliénés. Fabrication de draps, toiles, 'tabac, bougie, distilleries, brasseries, bonneterie.
SORAD, ville de Prusse, dans la province de Silésie, régence d'Oppeln, dans le cercle et à 15 kilom. S.-E. de Rybnik; 4,207 hab.
SORBAIT (Paul), médecin flamand, originaire du Hainaut, mort en 1691. Après avoir terminé ses études médicales, il se fixa à Vienne (Autriche) et devint premier professeur de médecine, premier médecin ordinaire de l'impératrice douairière Eléonore, femme de Ferdinand 1(1. Ses principaux écrits sont : Unioersa medicina (Nuremberg, 1672, in-fol.) ; Isagoge institutionum medicarum (Vienne , 1678, in-4°) ; Consilium medicum de peste (Vienne, 1679, iu-8°).
SORBAS, ville d'Espagne, province d'Almeria, ch.-l. de juridiction civile, à 26 kilom. O. de Mujacar; 5,500 hab. Fabrication et commerce de poteries renommées.
SORBATE s. m. (sor-ba-te), Chim. Genre de sels formés par l'acide sorbique.
SORBE s. m. (sor-be). Linguist. Idiome slave des Lusaciens. H On dit aussi sorabe.
— Encycl. Le mot sorbe désigne l'idiome slave des Lusaciens slaves, jadis étendu sur toute la contrée qui s'étend de la Saale jusqu'à l'Elbe et à l'Oder, en Misnie, en Lusace, etc. Il n'existe plus aujourd'hui que dans un petit coin de la haute et de la basse Lusace, depuis Lobau au sud jusqu'à Lubben au nord ; la Sprée traverse ce territoire. Tout autour habite une population allemande,
Cet idiome consiste en deux dialectes : celui de la basse Lusace, parié dans une trèspetite partie de la basse Lusace et dans .le cercle de Cottbus (c'est à Cottbus qu'on le parle le plus purement), et celui de la haute Lusace, parlé par un nombre double d'habitants.
Selon le savant tchèque Schafarik, il y a dans la Lusace (haute et basse) 142,000 Slaves, c'est-à-dire 98,000 dans la haute Lusace et 44,000 dans la basse Lusace. Leurs deux dialectes sont profondément séparés et possèdent encore des variétés. Du reste, ils sont fortement germanisés et toute la contrée est peuplée de nombreux habitants allemands.
Le dialecte de ia haute Lusace a servi à la traduction de la Bible et à la rédaction de plusieurs autres livres ecclésiastiques! Haupt et Smotes ont publié, avec une version allemande, les poésies du peuple slave de lu haute Lusace.
Ce dialecte est régi par des lois phonétiques qui le rapprochent de la langue tchèque, tandis que le dialecte delà basse Lusace ressemble plutôt à la langue polonaise; lui aussi possède une petite littérature ecclésiastique.
SORBE s. f. (sor-be — lat. sorbum, môme sens). Bot. Fruit du sorbier.
SORBE s. m. (sor-bé — rad. sorbe). Agric. Boisson fermentée, analogue au cidre, faite avec des sorbes ou cormes, et plus connue sous le nom de corme.
SORBE, ÉE adj. (sor-bé — altér. du fr. absorbé). Agric. Se dit des raisins dont la surface est sphacélée par excès de maturité :
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On fait les plus excellents vins sirupeux avec les raisins sorbes. (Dict. d'agric.)
SORBET s. m. (sor-bè. — Beaucoup d'étymologistes rapprochent ce mot du latin sorbitium, jus, bouillon, boisson, de sorbere, humer, sucer, dont Pictet rapproche le persan shôrbâ, shôrteâ, soupe, bouillon ; kourdesi'orêa, même sens; l'irlandais moyen srubaim, humer, sruban, potage, srubog, gorgée de liquide ; le lithuanien srubti, srebti, aussi surbti, surpti, sulpti, humer, sucer, sruba, soupe; l'ancien slave srubaniie, bouillon; illyrien ciorba, soupe. Pictet compare de plus le grec ropheô, rupheâ, rophanâ, je hume, d'où rophéma, bouillon, suivant Pott, pour sropheô, et, suivant Kuhn, pour sorpheà, et l'allemand sc/Mrfen, humer, et tous ces rapprochements ne permettent guère de douter d'une origine commune de ces divers termes). Composition faite de citron, de sucre, d'ambre, etc. : Une boite de sorbet. Un pot de sorbet du Levant. (Acad.) 11 Breuvage obtenu en battant cette composition avec de l'eau : Les Turcs boivent du sorbet. Du sorbkt glacé. (Acad.) Des jeunes filles offraient aux conclues des parfums, des sorbets et des fruits glacés. (Scribe.)
... Faut-il vous servir le café, le sorbet ?
Col. d'Haiubville.
Il Sorte de glace qui contient une liqueur alcoolique : un sorbet au marasquin, au vin de Champagne.
— Encycl. Les sorbets diffèrent des glaces en ce qu'ils sont moins sucrés et contiennent une certaine quantité de liqueurs alcooliques, un cinquième environ. On fait des sorbets au kirsch, au marasquin, au malaga, même au eafé, en y ajoutant de l'eau-de-vie, etc. On prépare donc les sorbets de la même façon que les glaces dans un instrument nommé sorbetière, cylindre d'étain un peu conique par le bas, muni d'un fond et d'un couvercle qui le ferme très-hermétiquement. A ce couvercle est attachée une anse de métal suffisamment solide pour permettre d'imprimer à la sorbetière remplie de liquide un mouvement circulaire de va-et-vient. Cet instrument est placé dans un seau en bois un peu plus élevé que la sorbetière, percé d'un trou à 0m,03 du fond pour égoutter l'eau qui se forme par la dissolution des sels et la fonte de la glace. On garnit le fond de ce seau d'un fort morceau de glace qu'on recouvre de morceaux concassés et d'un lit de salpêtre ou de sel de cuisine. Pour les sorbets, on met moins de salpêtre que pour la confection des glaces.
On choisit pour confectionner les sorbets ou les glaces le lieu le plus froid et le plus sec possible. On remplit la sorbetière aux deux tiers environ avec l'une des compositions qui doivent être glacées et qui sont des eaux sucrées avec du sucre cuit et aromatisées. On plonge la sorbetière d;uis le seau qui contient la glace et le salpêtre ou le mélange de sels réfrigérants, et on la tourne rapidement de droite à gauche, pendant dix minutes, à l'aide de l'anse qui est fixée au couvercle. On découvre alors la sorbetière pour détacher avec une longue cuiller en bois la partie glacée qui se cristallise sur les bords et la ramener au milieu en remuant le liquide, afin do disperser régulièrement la glace et refroidir le liquide d'une manière égale. On replace le couvercle et l'on tourne de nouveau pendant cinq minutes, après lesquelles on détache les parties glacées une seconde fois et l'on continue ainsi jusqu'à ce que le liquide soit suffisamment congelé et l'orme une masse moelleuse, uniformément prise et sans giaçons sensibles. Il ne faut pas quitter un instant la sorbetière et il est nécessaire de découvrir, détacher les parties glacées et les mêler au liquide en remuant le tout le plus souvent possible ; faute de ce soin, il se formerait des glaçons. Les sorbets doivent être travaillés, c'est-à-dire remués plus souvent et plus longtemps que les glaces, parce que, contenant beaucoup moins de sucre, ils donnent plus rapidement des glaçons.
On conserve les sorbets, de même que les glaces, dans leur état en laissant la sorbetière dans le seau rempli de glace dont on a fait écouler l'eau et qu'on a recouvert d'un torchon.
SORBETIÈRE s. f. (sor-bé-tiè-re — rad.
sorbet). Vase cylindrique en étain, dans lequel on prépare les liqueurs destinées à être servies en glaces ou en sorbets.
SORBIER s. m. (sor-bié — rad. sorbe). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de ia famille des rosacées, tribu des pomacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées et froides de l'hémisphère nord : Le bois du sorbier est rougeàlre, susceptible d'un beau poli (P. Ducnartre.) Les merles et tes grives sont passionnes pour le fruit du sorbier des oiseleurs. (Dict. d'hist. nat.) Toutes les parties du sorbier cultivé sont astringentes. (Bosc.) Le sorbier domestique fleurit au milieu du printemps. (T. do Berneaud.) Le sorbier jouait un rôle dans les mystères religieux des druides. (De Théis.) A chaque instant apparaissent par touffes énormes les grappes écartâtes du sorbier des oiseaux, ce corail végétal. (V. Hugo.)
— Par ext. Bois de sorbier : Il faut travailler le sorbier quand il est très-sec, parce
I qu'il éprouve un retrait du douzième par la ' dessiccation. (Payen.)
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— Sorbier de Fontainebleau, Nom vulgaire de l'alizier à larges feuilles. Il Sorbier des Alpes, Nom vulgaire de l'alizier blanc ou allouchier.
— Encycl. Les sorbiers sont des arbres à feuilles alternes, dentées, lobées ou pennées. Les fleurs, groupées en corymbes terminaux, présentent un calice à cinq divisions; une corolle k cinq pétales arrondis ; des étainines en nombre indéfini ; un ovaire de deux k cinq loges biovulées, surmonté d'un même nombre de styles, libres ou cohérents k la base. Le fruit est une pomme (mélonide) globuleuse ou turbinée, surmontée par le calice persistant, et offrant deux à cinq loges k endocarpe fragile, membraneux ou papyracé. Les espèces peu nombreuses de ce genre se divisent en deux groupes : les aliziers et les sorbiers proprement dits. Parmi ces derniers, il en est un que l'on cultive dans certains pays sous le nom de sorbier domestique ou cormier. V. ce mot.
Le sorbier des oiseleurs, vulgairement nommé cochéne ou arbre aux grives, est un assez grand arbre, à écorce brunâtre, à rameaux longs , peu nombreux, portant des feuilles alternes, pennatiséquèes, d'un beau vert, velues en dessous dans leur jeunesse, glabres à l'âge adulte, et des fleurs blanches, assez petites, groupées en corymbes rauieux, auxquelles succèdent de petites pommes sèches, globuleuses, d'un beau rouge. Il est répandu dans presque toute l'Europe et croît surtout dans les \>ois montueux des régions tempérées. Toutefois, il ne craint pas les températures extrêmes et vient à de grandes altitudes ; c'est un des arbres qui se trouvent le plus haut sur les montagnes: k la vérité, sa taille diminue alors et il ne forme plus qu'un arbrisseau buissonnant. Il ne constitue pas une essence dominante dans les forêts, mais se trouve mélangé avec les autres; on le cultive souvent dans les parcs; il vient bien à toute exposition.
Cet arbre n'est pas non plus difficile sur la nature du sol ; il préfère les terres légères, meubles, siliceuses ou urgilo-silieeuses et humifères, ni trop sèches ni trop humides. Il peut végéter néanmoins dans des terrains très-secs, et on le voit souvent s'enraciner et croître dans les fentes des rochers et des vieux murs; il peut même réussir dans les terres argileuses, pourvu qu'on ne l'y plante pas trop profondément. Il se propage naturellement, soit par les fruits qui tombent suite sol, soit par ceux que les oiseaux avalent et dont ils rendent les graines avant qu'elles aient perdu leur faculté germinative. Le semis artificiel ne présente pas de difficultés. On cueille les fruits à lu main dès qu'ils sont mûrs. On les sème aussitôt, un peu espacés, en pépinière, dans des rigoles remplies d'une terre douce et substantielle, et on les recouvre de o^Ol au plus de terre bien éiniettée.
On peut également, avec quelques soins, conserver les fruits jusqu'au printemps, pour ne les semer qu'à cette époque. 11 y a, du veste, différents modes de semis ; en voici un qui, d'après d'Ourohes, est très-économique et iréj-expôditif : » Lorsque les baies sont bien mûres, ou les écrase et l'on fait une lessive, ali ii de pouvoir séparer le suc des graines en les passant. On tait sécher le marc, qu'on sème en novembre, dans des planches de bonne terre bien préparées; on recouvre les semences d'environ om,01 d'un mélange de terre, de sable fin et de terreau. Si le printemps est humide, les jeunes plantes sortiront en foule dès les premiers jours d'avril; s'il est sec, il faut arroser de temps en temps; le second automne, on arrachera les jeunes arbres, pour les mettre en pépinière. >
Dans tous les cas, il est bon, du moins sous les climats du nord, d'abriter le semis par un paillis dans les premiers temps. On repique uès la seconde année pour l'aire développer des racines; on peut planter k demeure deux ans après; mais il est préférable de faire un nouveau repiquage et d'attendre deux ans encore, si l'on veut créer des massifs, et quatre, si l'on se propose de planter des arbres isolés ou en avenues. Cette essence se multiplie encore très- bien de drageons, de boutures et de marcottes. Les pépiniéristes préfèrent la propager par la greffe en fente ou en écusson, rex-terre; on peut prendre pour sujets l'al.zier, le néflier, le poirier; on préfère l'aubépine, qui permet d'obtenir une croissance plus prompte, ou le cormier, qui donne des arbres de plus longue durée et susceptibles d'acquérir de plus grandes dimensions.
Les jeunes plants de celte essence sont assez robustes, du moins dans les régions chaudes ou tempérées; mais leur croissance est assez lente, et comme l'arbre ne dépasse j^uere un siècle d'existence, il est rare qu'il devienne très-grand. Aussi n'exploite-l-on j.as cette essence en futaie ; mais comme elle repousse très-bien de souche, elle convient beaucoup au taillis et surtout au taillis sous futaie, où elle forme d'excellents baliveaux ; son abondance dans une coupe en augmente beaucoup la valeur. Le sorbier des oiseleurs est aussi très-bon, comme arbre de ligne, pour la petite culture forestière. Ou le plante, isolé ou en petits groupes, en avenues, en quinconces, dans les parcs et les jardins paysagers; on en fait des salles de verdure. 11 produit toujours un agréable effet par ses Heurs
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blanches ou ses corymbes de fruits d'un touge vif.
Le bois de ce sorbier est blanc rougeàtre et ressemble assez à celui du cormier; oien que d'une qualité inférieure à celui-ci, il peut servir aux mêmes usages; on en tire parti pour l'ébénisterie, le tour, la gravure ; la racine sert à faire des cuillers, des manches de couteau et autres menus objets. Ce bois est bon pour le chauffage et le four; mais il est trop précieux pour être sacrifié à ces usages ; son charbon est aussi très-estimé. L'écorce de la tige des rameaux est employée pour le tannage des peaux et pour la teinture en noir; c'est, dit-on, la meilleure matière qu'on puisse employer pour le noir fin de castor; on en fait aussi des seaux pour recueillir les résines. Tous les bestiaux mangent volontiers cette écorce, ainsi que les feuilles, malgré l'odeur peu agréable qu'exhalent celles-ci, surtout quand on les froisse.
Les fruits du sorbier des oiseleurs renferment de l'acide malique ou sorbique, du malaie de chaux, de la glucose et une substance neutre appelée sorbine. Leur saveur âpre, astringente, un peu nauséeuse, ne permet guère k l'homme de les utiliser comme aliment; on assure néanmoins 411e les Kamtschadales les mangent quand ils ont été frappés par la gelée et les font sécher pour les employer en guise de pain. En revanche, ils sont recherchés par les bestiaux, les animaux de basse-cour et surtout par les grives et les merles; aussi les emploie-t-on comme appâts pour prendre ces oiseaux. On extrait de ces fruits une boisson fermentée, analogue au cidre, et une Sorte d'eau-de-vie. En médecine, ils servent comme astringents; mais c'est à tort qu'on leur a attribué des propriétés vomitives et purgatives. Le suc et l'extrait ont été vantés contre le scorbut, l'hydropisie, les hémorroïdes, la strangurie, etc. Les graines renferment une huile fixe ; elles produisent une émulsion avec l'eau.
Le sorbier hybride ou de Laponie est regardé comme un hybride du précédent ettle l'allouchier. On le reconnaît à sa taille plus petite, k ses rameaux plus nombreux, à ses feuilles inoins profondément découpées k la base, à ses fleurs et à ses fruits en corymbes moins fournis. 11 croit dans tes mêmes localités, mais se trouve surtout dans les régions montagneuses ou septentrionales et est moins répandu dans les parcs et les jardins. On le propage et on le cultive de même. Quand il est franc de pied, il rappelle l'alizier par son port; greffé sur aubépine, il a une cime arrondie et ressemble assez k un têtard de saule. Comme qualité, son buis est intermédiaire entre ceux des deux espèces précédentes; il est dur et peut servir aux mêmes usages; on en fait surtout des essieux, des manches d'outils, des pieux, des éehalas, etc. Les baies sont fades: on les mange toutefois, d'après Linné, dans quelques provinces.
Le sorbier a joué autrefois un rôle important dans les pratiques religieuses des druides. Du moins on le trouve fréquemment planté au voisinage des cercles de pierres. Aujourd'hui encore, dans le nord de l'Ecosse, les habitants des campagnes croient qu'un morceau de son bois, porté autour d'eux, est Un préservatif contre les sortilèges et les enchantements. La laitière conduit son bétail avec un balai de sorbier, et, au premier jour de mai, on fuit passer les bêtes ovines dans un rameau de sorbier, replié en cerceau, poulies préserver des maléfices. Dans quelques parties de la Suisse, on répand encore des fruits de cet arbre sur les tombes des parents ou des ainis. 11 existe un ancien proverbe écossais qui dit que le sorbier et le lil rouge sont des préservatifs contre les sorciers. Celte dernière superstition est aussi mentionnée par saint Jean Chrysostome.
SORBIER (Jean-Barthélemy), général français, ué à Paris en 1702, mort au château de La. Motte, commune de Saint-Sulpice, près de Nevers, en 1827. Sorti de l'école militaire de Brienne, il fut nommé, en 1783, lieutenant au régiment de La Fere. 11 fit les campagnes de la République et de l'Empire, fut nommé, en 1790, général de brigade et, en 1810, colonel d'artillerie de la garde impériale. 11 se distingua k un grand nombre de batailles et surtout k celle de la Moskowa (1812). La même année, il fut nommé inspecteur général de l'artillerie. Il conserva cette fonction pendant la première Restauration. Pendant les Cenl-Jours, il fut nommé par ta viile de Nevers membre de la Chambre des représentants. Sous Ja seconde Restauration, il fut exilé pendant dix-huit mois et passa ce temps k Cognac. De retour dans sa famille, il fut nommé maire de la commune de Saint-Sulpice (Nièvre). 11 conserva ce poste jusqu'à sa mort.
SOHB1ÈRE (Samuel), écrivain français, né k Saint-Ambroix, près d'Uzès, le 17 septembre 1615. mort en 1670. Il était protestant et neveu du docte Samuel Petit, qui dirigea en partie son éducation. Sorbière, destiné au ministère évangélique, prit en déguùt l'étude de la théologie et vint à Paris, en 1639, pour suivre les cours de médecine. Il passa en Hollande, où il traduisit en français l'Utopie de Thomas ùlorus (Amsterdam, 1643, in- 12) et publia les Mémoires du duc de Jiohan (1614, in-4°). Après s'être marié, il s'établit àLeyde comme médecin ; mais, vers 1650, il rentra en France et fut nommé principal du collège
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d'Orange. Il abjura la même année et sa conversion lui réussit assez bien ; car l'ex-directeur du collège d'Orange reçut des pensions et des bénéfices, ce qui ne 1 empêcha pas de mourir pauvre. Ses lumières étaient superficielles et son génie ne consistait guère que dans une certaine facilité k lancer des traits satiriques et k dire de prétendus bons mots. 11 avait soin d'enregistrer ces saillies, et c'est de leur assemblage, auquel il a joint quelques anecdotes plus ou moins suspectes, que se compose le Sorberiana, publié k Toulouse, en 1691, par François Graverol, avec une Vie de l'auteur. Sorbière avait reçu en 1660 le titre d'historiographe du roi, mais ce n'était qu'un titre. Souvent déçu, mal récompensé, k son gré, il se comparait k un homme k qui l'on envoie des manchettes et qui n'a pas de chemises. Ses auteurs favoris, disons-le à sa louange , étaient Rabelais , Montaigne et Charron.
Outre les ouvrages déjk cités, on a de Sorbière : des Lettres et discours sur diverses matières curieuses ; Discours sur le passage du chyle et sur le mouvement du cœur (Leyde, 1648, in- 12); une seconde édition de3 Mémoires de itohan (1648, 2 vol. in- 12) ; Lettre d'un gentilhomme français à un de ses amis à Amsterdam sur les desseins de Cromwell(l650, in-8») ; le Corps politique ou les Eléments de la loi morale et civile, trad. de la Politique Je Hobbes (Leyde, 1653, 1 vol. in- 12).
SORBIN DE SAINTE-FOI (Arnaud), théologien français, né k Montech-en-Quercy eu 1532, mort k Nevers en 1606. Il titses études à Toulouse, entra dans les ordres et devint théologal des chapitres des archevêchés d'Auch et de Toulouse. Sa réputation comme prédicateur le fit mander k Paris par Catherine de Médicis, qui le nomma ecclèsiaste ou prédicateur du roi. Adversaire déclaré de la Réforme, il doit être considéré comme l'un des principaux fauteurs de la Saint-Barthélémy. Henri III lui conserva son titre de prédicateur du roi et lui conféra l'évêché de Nevers. Pour remercier le roi de cette dernière faveur, Sorbin consentit à prononcer les oraisons funèbres de Quélus et de Saint- Mégrin. Ce prélat reconnut Henri IV après sa conversion, se concilia la sympathie du prince, qui lui confia plusieurs importantes missions k Rome, et se retira ensuite dans son diocèse, où il termina son existence k l'écart des affaires publiques. Ses principaux écrits sont : Description de Ici source, continuation et triomphe d'erreur (Paris, 1570, in-8°); le Vray resveitle-matin des calvinistes et publicains français (Paris, 1570, in-8°); Adoertissement apologétique au peuple français (Paris, 1575, in-8°); Hegrets de la France sur les misères des troubles (Paris, 1578, in-8°).
SORBINE s. f. (sor-bi-ne — rad. sorbe). Chim. Principe légèrement sucré que l'on extrait du fruit du sorbier.
SORBIQUE adj. (sor-bi-ke — rad. sorbe).
Se dit d'un acide cristallisable obtenu par une transformation isomèrique de l'acide parasorbîque que M. Hoffmann a retiré des baies de sorbier.
— Encycl. L'acide sorbique a été étudié par M. Hoffmann. C'est un acide monobasique qui résulte d'une transformation isomèrique de l'acide parasorbique, acide huileux et volatil qui existe dans les baies de sorbier. On exprime ces fruits, on en neutralise le suc par un lait de chaux et l'on abandonne le tout au repos jusqu'k ce que le umlate calcique se soit complètement déposé. On sépare ensuite les eaux inères de ce sel et on les soumet k la distillation dans un alambio de cuivre, après y avoir ajouté un peu d'acide sulfurique k la fin da l'opération. Il distille ainsi un liquide huileux qui, saturé par le carbonate sodique et évaporé, donne ensuite une huile brune sous l'influence de l'acide sulfurique. En dissolvant cette huile dans l'éther, abandonnant l'etber k l'évaporaiion spontanée et rectifiant le résidu, on obtient ce dernier sous la forme d'une huile incolore qui constitue l'acide parasorbique C6H8o2. (jet acide, doucement chauffé avec de la potasse caustique ou bouilli pendant quelque temps avec de l'acide chlorhydrique concentré, se transforme en un acide cristallisable de même composition, qui n'est autre que l'acide sorbique.
L'acide sorbique peut être facilement purifié par des cristallisations dans l'eau bouillante. Il se dissout facilement aussi dans l'alcool et dans l'éther. Il cristallise en aiguilles de 0m,03 de longueur dans un mélange d'eau et d'alcool contenant le tiers de son volume de ce dernier liquide. 11 est inodore, fond k 134<>,5, se volatilise sans décomposition et décompose les carbonates. Sous L'influence du perchlonue de phosphore, cet acide donne du chlorure de sorbyie C6H70CI. Chauffé avec l'hydrate de baryum, il donne un hydrocarbure volatil, aromatique, en même temps que du carbonate de baryum.
Le sorbate d'ammonium cristallise en longues aiguilles. Sa solution concentrée est précipitée par le chlorure de calcium et par la plupart des sels des métaux lourds; mais les chlorures de baryum, de strontium et de magnésium ne la précipitent pas. Les sels de potassium et de sodium cristallisent avec difficulté. Le sel de baryum (CWo^lia" et le sel de calcium {CBH702)2Ca" cristallisent en écailles argentées. Le sel d'argent C'H'AgO2 est nn précipité cristallin blanc.
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Le sorbate d'éthyle ou éther sorbique C8HT02(C2HB)
se produit lorsqu'on sature une solution alcoolique d'acide sorbique par un Courant d'acide chlorhydrique gazeux ou encore par l'action du chlorure de sorbyie sur l'alcool. C'est un liquide d'une odeur aromatique analogue k celle de l'éther benzoïquc et qui bout k 195,50.
• Le chlorure de sorbyie C'HTOCl se produit par Faction du perchlorure de phosphore sur l'acide sorbique ou le sorbate de potassium. L'eau le convertit en acide sorbique, l'alcool en sorbate d'éthyle, l'ammoniaque en sorbamide et l'aniline en phényl sorbamide.
— Acide parasorbique C6H8Os. Cet acide, préparé comme nous l'avons dit plus haut, se présente, lorsqu'il est fraîchement distillé, sous la forme d'un liquide incolore d'une densité de 1,068 k 15". Lorsqu'il est concentré, sa vapeur a une odeur repoussante, presque toxique. C'est en lui que réside l'odeur piquante particulière que dégage le jus des baies du sorbier lorsqu'on le sature partiellement par la chaux. Il bout d'une manière constante k 221°; mais il se résinifie toujours en partie pendant cette distillation, même lorsqu'on opère celle-ci dans un courant d'hydrogène. 11 est faiblement acide, se dissout dans une quantité d'eau modérée en formant une liqueur acide; l'alcool et l'éther le dissolvent en toutes proportions. Ses dissolutions dans l'ammoniaque, la potasse, la soude et l'eau de baryte laissent un résidu sec par la distillation. Il se dissout dans tes carbonates alcalins sans perdre d'acide carbonique. Le sel uinmonique donne avec l'azotate d'argent un précipité blanc gélatineux, qui noircit par l'exposition k la lumière et qui répond à la formule CWAgO*.
SORBITE s. f. (sor-bi-te — rad. sorbe). Chim. Espèce de sucre non fermentescible découvert par Pelouze dans le jus des baies de sorbier à maturité.
— Encycl. La sorbite est un sucre in cris tallisable, isomère avec ta glucose. On recueille les baies vers la fin de septembre; on exprime le jus et l'on abandonne ce dernier k lui-même pendant trois ou quatre mois. Il s'y produit alors des dépôts et des végétations, puis il s'éclaircit de nouveau. On décante la liqueur claire, on l'évaporé k consistance sirupeuse et on abandonne le sirop au repos. Il s y forme alors des groupes de cristaux qui sont pour la plupart des octaèdres rhoinboïdaux.Ces cristaux ont une densité de 1,654 k 15° ; ils craquent sous la dent et sont aussi doux que le sucre de canne ; ils dévient vers la droite le plan de polarisation de la lumière ; leur pouvoir rotatoire moléculaire égale 40,9 k 7" ; co pouvoir ne varie guère avec la température et il est aussi considérable avec une dissolution qui vient d'être préparée qu'avec une dissolution qui a été abandonnée k elle-même pendant un temps fort long. La sorbite se dissout dans 1/2 | urtie d'eau froide environ; sa solution sati rée présente une densité de 1,372 k 150 ; eiU. est insoluble dans l'alcool froid, peu soluble enns l'alcool bouillant.
La sorbite forme, avec le chlorure do Sodium, un composé qui cristallise en cu'.ics. La sorbite aqueuse devient l'hydrate de calcium et l'hydrate de baryum. La solution du premier de ces corps laisse déposer des flocons lorsqu'on la chauffe et se décompose en même ten:ps La sorbite en solution dans l'eau dissout aussi l'oxyde de plomb. L'acétate de plomb basique ne la précipite pas ; mais, avec un mélange de sous-acétate de plomb et d'ammoniaque, elle donne un abondant précipité blanc qui renferme 79,4 pour 100 de ploui b et qui prend une odeur de caramel quand ou le desséche ; elle dissout enfin l'hydrate cuivrique. Lorsqu'on la chauffe, la sorbite perd de l'eau acide et se convertit, au bout do quelque temps,entre 150»-180<>, eu une masse :oiige fonce d'acide s<;rbitique (acide sorbique de Pelouze). Chauffée brusquement sur une laine de platine, elle brû.e complètement avec odeur de caramel; l'acide uzotique chaud la convertit c-n acide oxalique. Les agents oxydants produisent aussi, suivant Dessaignes, de l'acide racémique aux dépens de la sorbite. Les acide» étendus bouillants ne l'altèrent pus. Lucide sulfurique concentré la colore en jaune rougeâtr.e et la charbonne ensuite sous l'action de la chaleur. Chauffée pendant plusieurs heures avec de l'acide chlorhydrique fumant, elle se convertit, comme la glucose, en substances huinoïdes ; chauffée k 100» avec l'acide tartrique, elle fournit une petite quantité d'une substance qui appartient k la classe des saecharides ; celte substance est acide et fournit un sel de calcium qui réduit le tartrate cupropotassique ; ce même set brunit quand on le chauffe et dégage une odeur de caramel. Chauffée avec de la chaux, de l'hydrate do baryum ou de l'oxyde de plomb, la sorbite brunit aussi en dégageant une odeur de caramel. La solution du 1 hydrate cuivrique dans la sorbite aqueuse et le mélange de sorbite aqueuse et de tartrate cupropotassique laissent déposer de l'oxyde cuivreux lorsqu'on les chauffe ou lorsqu'on les abandonne k eux-mêmes pendant quelque temps k la température ordinaire. La sorbite ne subit aucune action de la part de la levure de bière, soit qu'on la traite par cet agent après ou avant de l'avoir
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fait bouillir avec des acides minéraux, étendus ; toutefois, lorsqu'on l'abandonne pendant longtemps à 40° avec de la craie et du fromage pourri, elle se décompose en produisant des quantités considérables d'acide lactique, de l'alcool et de l'acide butyrique sans que cette décomposition soit précédée de la formation d'un sucre fermentescible.
On. sait que la grande classe des sucres sa subdivise en plusieurs groupes : 1» le groupe des sucres simples saturés, comme la mannite ; 2° le groupe des sucres simples Don saturés : la glucose et ses isomères ; 3° les alcools diglucosiques, le sucre de canne et ses isomères ; 4" les anhydrides des alcools polyglucasiques tels que l'amidon, It» cellulose, la dextrine, etc. La sorbite , par sa formule C6H,206 et par sa faculté de réduire le tartrntecupro-potassique.se range toot naturellement dans la famille des glucoses ; mais, dans ce groupe, elle constitue une famille distincte avec deux autres sucres qui viennent se placer à son côté, l'inosite et l'euealyne. En effet, la plupart des glucoses jouissent de la propriété de subir la fermentation alcoolique sous l'influence de la levure de bière, propriété qui leur appartient à l'exclusion de tous les autres sucres, car les autres sucres qui fermentent se convertissent au préalable en glucoses. Or la sorbite, l'euealyne et l'inosite ne fermentent pas sous l'action de la levure de bière, et c'est là ce qui fait de ces trois corps une famille à part dans le groupe des glucoses, qui appartient lui-même à la grande famille des sucres.
SORBOLO, bourg du royaume d'Italie, pio vince et district de Parme, mandement de San-Donato d'Enza ; 3,565 hab.
SOI! BON (Robert De), fondateur de la Sorbonne, né k Sorbon, près de Rethel, en 1201, mort à Paris en 1274. Bien que né gentilhomme, il était sans fortune et il commença sa carrière au milieu des pauvres escholiers qui suivaient les cours des nombreux collèges du quartier latin, notamment de ce collège de pouillerie, comme dit Rabelais, qui s'appelait Montaigu, non à cause da sa situation au sommet de la montagne Sainte-Geneviève , mais du nom du seigneur son fondateur. On sait que ces étudiants , dont beaucoup étaient de bonne famille, ne vivaient que grâce à la charité.
Sorbon se fit prêtre, reçut le bonnet doctoral et devint chanoine du chapitre de Cambrai. Fort estimé comme prédicateur, il fut choisi par le roi Louis IX pour son chapelain ordinaire, et ensuite pour son confesseur. Eclairé, pieux et charitable, il se montra plein d'une tendre sollicitude pour les malheureux étudiants, dont il connaissait, mieux que personne, les misères dignes d'intérêt. Il chercha donc les moyens propres à les adoucir. Pour cette œuvre méritoire, il s'associa des gens de bien dont il serait injuste de passer le nom sous silence: Guillaume de Bray , archidiacre de Reims; Robert de Douay, chanoine et médecin de la reine; Geoffroy de Bar, qui devint cardinal, et Guillaume de Chartres, un des aumôniers du roi. Ils instituèrent une sorte d'association d'ecclésiastiques séculiers qui, groupés en communauté, pouvaient donner l'instruction gratuite it la jeunesse indigente qui peuplait le quartier, tout en lui procurant les secours dont elle avait besoin. Pendant la croisade, la reine Blanche, régente du royaume, concourut à Cette fondation de bienfaisance. Elle « céda à. maître Robert de Sorbon, chanoine de Cambrai, pour la demeure dos pauvres écoliers, une maison qui avait appartenu à un nommé Jean d'Orléans et les écuries continues de Pierre Pique-l'Ane, situées dans la rue Coupe-Gueule, devant le palais des Thermes.» Cette rue Coupe-Gueule devint plus tard la rue de Sorbomie et elle s'appelle aujourd'hui rue Victor-Cousin.
Le collège du docteur Sorbon date de l'an 1253. Le bienfaisant chanoine en devint, quelques années après, proviseur. Cette fondation fut approuvée par le pape Alexandre IV, en 1259. Plus tard (1271) Robert du Sorbon la compléta par l'adjonction d'une annexe de philosophie et de belles-lettres. Ce nouveau collège disparut en 1635, et, sur son emplacement, Richelieu fit élever l'église de la Sovbonne, ou ce cardinal l'ut enterré. En 1258, Robert de Sorbon fut fait chanoine du chapitre de Paris. C'était un homme pieux, charitable, savant et, de plus, très -versé dans les matières théologiques ; les princes le consultaient souvent et plusieurs s'en rapportèrent k ses décisions dans des cas d'importance.
Les principaux ouvrages de Sorbon sont : De conscientia; Super confessione ; lier paradisi : ces trois opuscules figurent dans la Bibliothèque des Pères: Petites noies sur l'Ecriture sainte, imprimées dans l'édition de Menoçhius par le PèreTournernine ; Statuts de la maison et société de Sorbonne , eu trente-huit articles, dressés après avoir gouverné cette maison pendant dix-huit ans ; Sermons: ils n'ont point été imprimés et ils étaient conservés dans l'ancienne bibliothèque de Sotbomio, dispersée lors de la Révolution et dont on trouve des volumes dans plusieurs de nos grandes bibliothèques publiques,
SORBONIQUE adj. (sor-bo-ui-ke — rad.
Soi borate). Qui concerne la Sorbonne, qui
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provient de la Sorbonne : Jugement, décision SORBONIQUE.
— s. f. Une des trois thèses que les aspirants au doctorat en Sorbonne étaient obligés de soutenir: La sorboniçuh devait durer douze heures. (Acad.)
— Encycl. L'aspirant au grade de docteur devait soutenir une thèse appelée sorbonigue; il la soutenait seul et sans président, pendant une journée entière, de six heures du matin à six heures du soir, sans autre repos que eelui d'une légère collation qu'il faisait sur le lieu même, vers l'heure de midi. Ramus, qui estimait fort peu la scolastique, parle de cet acte avec beaucoup de mépris et ne lui laisse même pas le mérite de l'antiquité. Selon lui, l'origine en fut postérieure à la réforme que lit dans l'Université le cardinal d'Bstourvillu, en H52: mais Génébrard en reporte l'institution à l'année 1315. D'après les documents, l'opinion de Ramus est fausse. Un manuscrit du docteur Jean de Courtecuisse contient le compliment par lequel il ouvrit sa jor&om'çue. Or, Jean de Courtecuisse était en pleine réputation vers l'an
Si l'on s'en tient à la tradition commune, c'est le cordelier François Mairon qui institua la sorbonique, et on la désigna fréquemment sous le nom de Maironium certamen (thèse de Mairon). De là l'usage, longtemps maintenu, que la première sorbonique de chaque année fût soutenue par un cordelier. Une bulle du pape Jean XXII, adressée en 1323 au chancelier de l'Eglise de Paris, lui ordonne do conférer la licence et le doctorat à François Mairon, cordelier. Le temps, le nom, toutes les circonstances concordent. Nous sommes donc fondés à croire que l'institution de la sorbonique a précédé l'année 1323 et se place, par conséquent, à peu près vers la date que donne Génébrard.
SORBON1QUEUR s. m. (sor-bo-ni-keur — rad. Sorbonne). S'est dit ironiquement pour docteur en Sorbonne.
SORBONISTE s. in. (sor-bo-ni-ste — rad.
Sorbonne). Celui qui appartient à la Sorbonne, et particulièrement qui est docteur en Sorbonne.
SORBONNE s. f. (sor-bo-ne — de Sorbon, son fondateur). Ecole célèbre de théologie, qui avait été fondée à Paris par Robert Sorbon en 1253, et qui, plus tard, donna son nom à la Faculté entière de théologie : Etudier en SOKBONrJli. Bachelier, docteur de SorbOnnh, de la maison et société de SORBONNE. Son livre fut condamné en Sorbonnb, par la Sorbonkk. (Acad.) Les décisions des docteurs de Sorbonne étaient regardées comme des oracles en matière de foi. ("'.) Ce qui réussit trèsbien, cité et chanté en Sorbonnk, se refroidit soutient sur le papier. (Sainte-Beuve.)
Quittez là le bonnet, la Sorbonne et les bancs.
Boileau.
J'tû vécu sans souci, je suis mort Fans regret, Je ne sais plaint d'aucun et je ne plains personne. De savoir où je vais, c'est un trop grand secret; Je le laisse à juger à messieurs de Sorbonne.
— Collège de la petite Sorbonne ou de Culvi, Collège également établi par Sorbon , et où l'on enseignait la philosophie et les humanités.
— Par ext. Maison de la Faculté de théologie de Paris.
— Se dit aujourd'hui de l'établissement, du siège des cours publics des Facultés de l'Université :
Souffres que la Sorbonne, armée à la légère. Hasarde contre vous un combat littéraire.