‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 537 sur 1059 · SORTANTS · texte numérisé non relu

SORTANTS

— Qui cesse, par l'extinction de son mandat, de faire partie d'une assemblée : Les députés SORTANTS. Les membres sortants. 72 fut décidé que les consuls sortants et les consuls entrants procéderaient à ce choix. (Thiers.)

— Typogr. LUjne sortante , Ligue qui empiète Sur la marge.

— Substantiv. Personne qui sort : Les entrants et les SORTANTS.

SORTE s. f. (sor-te — du lat. sors, sort, manière d'être, condition). Espèce, genre : Toutes sortes de bêtes. Des bêtes de toute sorte. Un marchand qui a toutes sortes d'étoffes. Une bibliothèque où l'on trouée toutes SORTES de livres. Un pharmacien gui a toutes sortes de drogues. Les différentes sortes de

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caractères qu'on emploie dans l'imprimerie. Il ne faut pas se fier à toute sorte de gens, à toutes sortes de personnes. Voilà une sorte d'habillement, de coiffure qui lui sied. (Acad.) On ne plait pas longtemps quand on n'a qu'une sorte d'esprit. (La Rocnef.) // entre bien des sortes de sentiments dans la composition des larmes. (Mme de Sév.) Il y a plusieurs sortes de rire. (Michaud.) Les besoins sont de deux sortes : besoins de première nécessité et besoins de luxe. (Protidh.)

— Rang, condition, caractère : II appartient bien à un homme de sa sorte de vouloir s'égaler à vous. C'est trop vous rabaisser pour un homme de votre sorte. (Acad.) Il a commencé par dire de soi-même : Un homme de ma sorte ; il passe à dire .* Un homme de ma qualité. (La Bruy.)

— Façon, manière : Ceux-ci s' habillent d'une sorte, et ceux-là d'une autre. Il a agi de la bonne sorte, de bonne sorte dans cette affaire. (Acad.) Si vous m'échauffez la bile, je vous ferai rire d'une autre sorte. (Mol.) Vous voilà fagoté d'une plaisante sorte!

Molière.

— Une sorte de, Quelque chose qui ressemble à, comme qui dirait un : La peine de mort ne s'est perpétuée que par unesorte de crime légal. (Chateaub.) L'admiration est une sorte de fanatisme qui veut des miracles. (Mme de Staël.) L'art est à lui-même une sorte de religion. (V. Cousin.) La langue est une sorte du consanguinité entre tes peuples. (Lakanal.) Il y a dans la domesticité une sorte D'abaissement dont on -ne se relève jamais. (De Théis.) L'avarice est une sorte de démence incurable. (Boitard.) Il y a bien peu de gens pour qui la vérité ne soit pas une sorte D'injure, (De Ségur.) Nous avons ONE sorte n'égoïsme d'admiration pour les idées semblables aux nôtres. (Villem.) Les sophistes sont des personnes à qui je ne me fie que de bonne sorte. (Balz.)

— De la bonne sorte, Vigoureusement, sérieusement, sévèrement : On le traitera de la bonne sorte. Je lui ai parlé de la bonne sorte; il n'y reviendra pas. (Acad.)

— Faire en sorte de ou que, S'efforcer de, tâcher d'arriver k ce que : Faites en sorte qu'on ne vous voie pas. Vous n'avez qu'un jour à passer sur la terre, faites en sorte de le passer en paixi (Lamenn.)

— Loc, adv. De la sorte, Ainsi.de cette manière : Quel droit avez-vous pour parler, pour agir de la sorte? (Acad.) On ne veut que se divertir, et la face de ta raison, si je puis parler de la sorte, parait trop sérieuse et trop chagrine. (Boss.)

Messieurs, allez plus loin tempêter de la sorte.

Racine.

Viens, et sans te gourmer avec moi de la sorte. Laisse, en entrant chez nous, ta grandeur a. la porte.

Destouches.

Je savoure les biens; les maux, je les supporte. Que gagnez-vous, de grâce, à gémir de la sorte ? C. d'Harleville.

— En quelque sorte, En quelque manière, pour ainsi dire : La vanité tâche, en quelque sorte, de couvrir la honte de la mort par les honneurs de la sépulture. (Boss.) Les hommes souffrent avec peine qu'on leur àte ce qu'ils se sont en quelque sorte approprié par l'espérance. (Vauven.) Le goût est, en quelque sorte, le microscope du jugement. (J.-J. Rouss.) La femme est, en quelque sorte, la conscience de la famille. (P. Janet.) Les systèmes sont, en quelque sorte, les préjugés des savants. (S. Dubay.)

— Comm. Qualité : Classer des marchandises par sortes. Compléter les sortes. Manquer d'une sorte.

— Loc. conj. De sorte que, En sorte que, De telle sorte que, Tellement que, si bien que : De sorte qu il fut contraint de se retirer. J'ai ici des affaires assez importantes, de sorte quej's n'irai que demain à Epaisses. (M'°e de Sév.) Notre esprit est fait de telle sorte que la lumière ne le saisit jamais mieux que lorsqu'elle jaillit du choc des idées. (Proudh.)

— Grainm. Suivi de la préposition de et d'un substantif pluriel, sorte devient un collectif et rentre dans les règles qu'on peut lire au mot collectif. Remarquons néanmoins ici que, dans ce cas, c'est presque toujours le substantif placé après de qui commande l'accord des mots variables suivants : Il n'est soRTEDErecommandalionsquejene lui aie faites. Cette règle peut même s'étendre au cas où le substantif placé après de est au singulier : Une sorte de char était traîné par deux ânes. On dirait de même : Une espèce de char était traîné.

— V. la note sur le mot subjonctif.

SORTERUP (Jorgen), poète et écrivain danois, né en 1662, mort en 1723. 11 fit ses études à Copenhague, y fut consacré prêtre et entra comme précepteur dans la maison de Jens-Juel. En 1692, il devint prédicateur à Storehedding, et, en 1713, curé du district de Stevn. On lui doit des ouvrages d'archéologie et de philologie, parmi lesquels on cite Y Antique corne d'or, et des ouvrages poétiques, dont les principaux sont : Poetiske smaaseker (Uluettes poétiques, 1709) ; un recueil de poésies satiriques, et un poëine héroïque sur les victoires du roi Frédéric IV (1715).

SORTEUR, EUSE s. (sor-teur, eu-ze — rad.

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sortir). Personne qui sort souvent, qui a l'habitude de sortir, il Peu usité.

SORTI, 1E (sor-ti, 1) part, passé du v. Sortir. Qui est allé dehors, hors de quelque endroit : Madame est sortie. Je serai peut-être le dernier Français sorti de mon pays pour voyager en terre sainte avec les idées, le but et les sentiments d'un pèlerin. (Chateaub.)

Sortis par une porte, ils rentraient par une autre. Destouches.

— Tiré de l'urne : Le numéro vingt n'est pas SORTI.

— Issu , né, descendu : La race d'où vous êtes sorti.

— Emané, tiré, venu, provenu : Les langues celtiques formaient la famille la plus occidentale des idiomes sortis de la souche indoeuropéenne. (A. Maury.) L'égalité, sortie de nos révolutions, est à jamais écrite dans notre code civil. (De Rémusat.) La philosophie ne donne sa confiance qu'aux réformes sorties de la libre volonté des sociétés. (Proudh.)

Un effroyable cri, sorti du sein des flots. Des airs en ce moment a troublé le repos.

Racine.

— Tiré, débarrassé: Me voilà sorti de tous ces tracas. A peine sorti d'un danger, on retombe duns un autre.

— Manège. Se dit des parties du cheval qui font saillie : Un garrot bien sorti.

SORTIE s. f. (sor-tl — rad. sortir). Action de sortir : Faire sa première sortib après une maladie. Faire sa sortie du port pour mettre en rade.

. * * Une troupe hardie.

Aux portes du palais attend notre sortie.

Racine.

— tssue, endroit par où l'on sort : Cette maison a deux, trois sorties. Il a une sortie sur la campagne et une sur ta rue. (Acad.)

— Fig. Incartade, algarade, brusque attaque, réprimande sévère, inattendue : Je ne m'attendais pas à cette sortie. Une sortie si violente les étonna. Il fit une sortie virulente contre les vices du siècle.

— A la sortie de, Au moment où l'on sort de : A la sortie du sermoÀ , du diner, du spectacle. A la sortie de l'audience. A la sortie de l'hiver. || Au moment où l'ori sort : A la sortie des juges.

— Porte de sortie ou simplement Sortie, Moyen de se tirer d'embarras : Mais il s'était d'avance ménagé une sortie, une porte de sortie.

— Ane. loc. Faire danser à quelqu'un un branle de sortie, Le chasser.

— Sortie de bal, Sorte d'arme consistant en une masse de fer qu'on tient avec la main fermée et qu'on appelle aussi coup de poing.

— Modes. Sortie de bal, Vêtement que les femmes mettent en sortant du bal, pour se garantir du froid.

— Théâtre. Action de quitter la scène : C'est un talent que n'ont pas tous les acteurs de bien faire une sortie ; peu de tragédiens y réussissent. (Harel.) il Fausse sortie. Mouvement qu'un personnage fait pour sortir et qu'il interrompt pour revenir en scène.

— Jeux. Carte basse au moyen de laquelle on peut cesser de faire des levées : Il n'avait pas de sortie, son quinola fut gorgé. J'avais deux sorties. (Acad.)

— Grav. Gradation insensible par laquelle les tailles se terminent, dans les jours, en lignes très-déliées.

— Mar. Voyage, expédition à courte distance.

— Fin. Transport de marchandises hors du lieu où elles étaient, hors du pays : Droits d'entrée et de sortie. Payer, frauder lesdrois de sortie.

— Comm. Mouvement qui fait sortir les marchandises du magasin : Compte de sortie des marchandises.

— Art miiit. Action des assiégés qui sortent de la place pour attaquer les assiégeants: Les assiégés firent une grande sortie, une vigoureuse sortie. Il Sorties du chemin couvert, Passages en rampe que l'on pratique dans le parapet du chemin couvert, pour les besoins îles sorties.

— Encycl. Art milit. Les sorties d'assiégés sont d'une bien antique origine, puisque nous voyons les Troyens en user contre l'armée grecque. Les sorties d'alors ne se bornaient pas à des pointes dirigées contre des travailleurs désarmés; c'étaient de véritables batailles dont le résultat était souvent la prise de la place ou la levée du siège. L'assiégé commençait presque toujours par brûler et par renverser les machines de son ennemi, puis il cherchait à détruire ses ouvrages et son camp. De nos jours, on désigne ordinairement sous le nom de grandes sorties celles qui sont de 500 ou 600 hommes et qui ont pour objet de détruire ou de raser les travaux de l'assiégeant, d'enclouer ses canons, de reprendre des postes et de reculer par là, la prise de la place.

Les petites sorties, composées d'un nombre moins grand de soldats, ne se font que pour inquiéter les hommes qui gardent le3 tètes de tranchée, pour disperser les travailleurs, ce qui fait toujours perdre un temps précieux aux assiégeants. Dans les temps anciens, on employait les sorties générales; on y a re-

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nonce de nos jours. Le temps le plus propice aux grandes sorties est deux heures avant le jour; le soldat est fatigué, les sentinelles sont accablées de sommeil, et une surprise est alors plus facile. On choisit encore de préférence des nuits pluvieuses ou obscurqs.

Pour les petites sorties, on choisit des soldats vigoureux et décidés, qui doivent s'approcher doucement des travaux de l'ennemi, sur lequel ils se jettent en poussant de grands cris et en tirant des coups de fusil ; presque aussitôt ils se retirent, car leur but est atteint, ils ont jeté l'alarme dans le camp. On peut, quelques instants après, opérer une grande sortie sur un autre point. Au premier bruit d'une sortie, l'assiégeant prépare une contre-sortie qui inarche en bataille à la rencontre de l'ennemi et l'attaque en tête, tandis qu'une troupe de cavalerie le prend de flanc et en queue, afin de tâcher de le couper. Autrefois, une sortie malheureuse pouvait entraîner la prise d'une place, parce que assiégeants et assiégés rentraient ensemble dans les fortifications; mais aujourd'hui ce genre de combat est trop peu général, et, d'ailleurs , les assiégeants, après avoir repoussé une sortie, se hâtent de regagner la tranchée, afin d'éviter l'artillerie de l'assiégé et l'explosion des mines sur lesquelles la sortie avait peut-être pour but de les attirer. Vauban, dans son Attaque des places, distingue les sorties en sorties extérieures et sorties intérieures.

10 Sorties extérieures. Ce sont celles qui s'entreprennent pendant la première période du siège et qui se portent au delà du glacis, vers la seconde ou la troisième parallèle. Elles s'exécutent de préférence la nuit, et elles ont plusieurs écueils à éviter, entre autres les embuscades que ne manque pas de leur tendre un ennemi rusé, bien servi par l'espionnage. Si elles marchent de jour, leur mission est épineuse, parce que, pour défiler par un petit nombre de passages étroits, elles risquent d'être écrasées sous une pluie de bombes. Vauban donne différents moyens de résister aux sorties extérieures.

Les sorties extérieures sont accompagnées de cavalerie (c'est, du reste, à ce seul usage que cette arme est propre dans un siégel ; elles sont^ munies de travailleurs armés de crocs et d'outils de démolition; elles portent avec elles des artifices pour incendier ce qui ne peut être détruit autrement. Depuis Vauban, ces sorties sont devenues presque impraticables et, dans tous tes cas, fort difficiles et très-dangereuses.

2» Sorties intérieures. Ca sont celles dont le chemin couvert est la limite; elles ont pour objet de s'opposer à la descente de l'ennemi dans le fossé, de lui disputer le chemin couvert, ou de reprendre une brèche qu'il a occupée. Elles se font avec peu d'hommes, bien soutenus par le feu de la place; elles procurent ordinairement de grands avantages à l'assiégé , prolongent la durée d'un siège et le rendent coûteux à l'ennemi. Vauban ne regardait comme profitables à l'assiégé que les sorties intérieures, et il n'a trouvé aucun moyen sérieux de les combattre.

— Théâtre. On appelle sortie l'action d'un acteur qui, son rôle étant momentanément interrompu par le fait même de la marche de la pièce, quitte la scène et en sort par un endroit quelconque. « C'est un talent que n'ont pas tous les acteurs, disait uu critique, que celui de bien faire une sortie; peu de tragédiens y réussissent. Fleury y excellait ; Mlles Mars et Jenny Vertpré, Potier, Lepeintre et Tiercelin en ont trouvé le secret. » Mais il y a quelque chose de plus difficile à faire encore, peut-être, qu'une sortie, c'est une fausse sortie. On donne le nom de fausse sortie au jeu d'un acteur qui, selon l'exigence de son rôle, se prépare k quitter la scène et, au moment de disparaître, revient sur ses pas pour recommencer l'action ou simplement prononcer quelques mots, quelquefois même pour faire un geste, pousser uue exclamation, exécuter un jeu de scène quelconque. Il y a là, en effet, selon les cas, et surtout dans les situations dramatiques, une difficulté- pratique réelle à surmonter et une preuve de grand talent à donner de la part de l'acteur. Aussi, le seul fait de bien exécuter une fausse sortie esx-il souvent une cause de grand succès pour l'artiste qui en est chargé.

Sortie du paradis (erreurs (Là), fresque exécutée par Jules Romain, d'après un carton de Raphaël. V. expulsion.

Sortie du bal masqué (la) OU le Duel à la

aonie du l>oi muoquo, tableau de M. Gérome. V. duel.

Sonio de l'école turque (la), célèbre aquarelle de Decamps. A un signal donné, la porte de la classe s'est ouverte et s'est trouvée trop petite pour laisser passer la marmaille turbulente et charmants, toute prête à se venger de plusieurs heures de contrainte par les ébats les plus exagérés. 11 y a plaisir a. voir ces jolis enfants jaillissant hors de leur cage, se pressant, se heurtant, se renversant, courant avec de grands cris et de grands gestes, tous alertes, éveillés, spirituels, gambadant et se moquant du vieux pédagogue eu lunettes qui les surveille et les gourmande. C'est un pêle-mêle amusant et gracieux, uu fourmillement de têtes aimables, de minois

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espiègles et mutins. On compte plus d'une victime dans cette joyeuse mêlée, et déjà nous en apercevons une mordant la poussière sur le premier plan, à côté du chef de file qui lance sa babouche en l'air en signe de réjouissance. Et tandis qu'un camarade compatissant cherche à relever l'imprudent qui s'est laissé, choir, un autre, emporté par une gaieté folle, exécute les pirouettes les plus effrénées. « Quel entrain, quelle vie, quel naturel dans cette scène ravissante! dit M. Anatole de Laforge (la Peinture contemporaine); comme tout ce petit monde se rue avec bonheur dans la cour des récréations! quel hymne au grand air, au soleil, à la liberté fut jamais plus expressif et plus éloquent que cette sortie folle de gentils marmots pris sur nature par Deeamps? Aucune phrase, aucun écrit ne saurait rendre cela avec lu concision et la vérité du pinceau donnant aux minois de la bande musulmane l'aspect varié de tant de physionomies différentes, t Si nous ajoutons que le dessin de cette composition joint la pureté et la précision à une vivacité des plus spirituelles, et que le coloris est à ia fois plein de force et d'harmonie, on comprendra que ce chefd'œuvre, bien que simplement exécuté à i'aquarelie, uit atteint le prix de 34,000 francs à la vente de la collection de la comtesse Le Hon, en 1861. La Sortie de l'école turque, exposée pour la première fois au Salon de 1812 et réexposée en 1855, a été lithographies par Achille Sirouy.

Le sujet traité pur Deeamps prête trop au pittoresque pour n'avoir pas tenté d'autres artistes. M. Edouard Frère a peine la Sortie de l'école des filles et la Sortie de l'école des garçons, deux jolis pendants qui ont paru au Salon de 1869. Une Sortie de l'école a été exposée par M. Antigna en 1850; une autre par M. Luugée en 1861; une troisième par AI. Joseph Beaume en 1872. Le même sujet a été gravé par Benedetti, d'après F. Waldmùller.

SORTILÈGE s. m. (sor-ti-lé-je — d'un type lutin sortilegium, venu du Iulin sortilegus, ' devin, prophète, qui est composé de sors, sort, | et de légère, lire). Maléfice de sorcier : Il n'y a ni magie ni sortilège qui résiste à une enquête scientifique assez sincère pour tenir compte de tous les faits. (A. de Gasparin.) Depuis qu'on ne brûle plus les sorciers, il n'y a plus de sortilèges. (K. de Gir.)

— Fig. Moyen de nuire : L'envie et la médiocrité ont aussi leurs sortilèges. (Mma de Staël.)

— Syn. Sortilège, charme, conjuration, etc. V. CHARME.

— EnCyCl. V. SORCELLERIE.

SOUTINO, ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province, district et a 25 kilom. N.-O. de Syracuse, ch.-l. de mandement; 7,821 hab.

SORTIR v. n. ou intr. (sor-tir. — Quelquesuns rattachent ce verbe au latin sortiri, dans le sens de faire un partage ; de sors. Ils appuient cette explication de L'analogie de partir, du latin pariiri, diviser, séparer; mais différentes considérations, tant de forme que de signification, s'opposent à cette étymologie. Suivant l'exemple de Ménage et de Frisch, qui proposaient un type latin surrectire, Scheler présume pour primitif de sortir un adjectif du vieux français sort, italien sorlo, qui répondrait à un type latin surctus, contraction du latin surreclus, de surgere, se lever, surgir, sourdre : Je sors, tu sors, il sort, nous sortons, vous sortez, ils sortent; je sortais, nous sortions ; je sortis, nous sortîmes; je sortirai, nous sortirons ; je sortirais, nous sortirions; sors, sortons, sortez; que je sorte, que nous sortions; que je sortisse, que nous sortissions; sortant; sorti, ie). Aller hors : Sortir de la chambre. Sortir de sa place. Sortir de la aille. Sortir du bain. Une source qui sort du rocker. Le sang sortait abondamment de la blessure. Le coup lui a fait sortir un œil de la tête. Hommes sages et prudents, sortez de toute maison qu'on étaye. (J.-J. Kouss.) Les Français sortent rarement de leur pays. (F. Wey.)

Ce n'est pas tout de boire, il faut torlir d'ici.

La Fontaine»

Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne 1 De quel coté sortir? D'où vient que je frissonne?

Racine.

Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisouner, Je pense, exprès chez lui m'a força de dîner.

BOILBAU.

Lorsque Venus, sortant du sein des mers, Sourit aux dieux, charmés de sa présence, Un nouveau jour éclaira l'univers.

Pabnt.

Il Aller dehors : Sortez, on vous attend. Je suis prêt à sortir. Tout le monde est sorti. Il ne fait que de sortir. Il vient de sortir. Ne faire qu'entrer et sortir. Sortir au-devant de quelqu'un. (Acad.) Il serait inconvenant pour une jeune fille de sortir seule. (Mme Roraieu.) Le liégent rencontra le comte de Boru en flagrant délit chez la marquise de farabère. Sortez, fit-ii. — Monseigneur, nos ancêtres eussent dit : Sortons.

Je vais, je viens, je rentre et sors quand bon me

[plate C. d'Harleville.

Apres dîner, l'indolente Glycere,

Sort pour sortir, sanB avoir rien à faire.

Voltaire.

SORT

— Etre parti à l'instant même : Cette dame? elle sort d'ici , elle n'est pas encore au bout de la rue.

— Aller hors de la maison où l'on était retenu jusque-là par une maladie :

C'est par trop vous hâter, monsieur, et votre mal. Si vous sortez si tût, pourra bien vous reprendre.

Molière.

— Aller hors du lieu de la célébration, de l'audition, de l'assistance : Sortir de la 7nesse, du sermon, du bal, du spectacle, d'une audience.

— Cesser d'être employé à quelque service, à quelque fonction : Il y a longtemps que cette bonne est sortie de celte maison. Il désire sortir du ministère.

— Arriver à la fin : Sortir de la vie. Sortir de l'hiver. Sortir de l'enfance. Sortir de charge. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit t'est de vous parfaitement. (La Bruy.) Au xvo siècle, la société sortit de l'enfance. ( De Bonald.) L'homme m'est sorti de la sauvagerie que pour devenir pendant de longs siècles un forçat. (Proudh.)

— Se tirer, se dégager : Il y a tant de chemins coupés dans cette forêt, qu'on ne sait par où sortir. Nous ne sortirons jamais de ces montagnes. (Acad.) Il Etre délivré, libéré : Sortir de prison. Sortir de maladie. Il Se tirer, être débarrassé, affranchi : Sortir d'affaire. Sortir d'intrigue. Sortir de difficulté. Sortir d'un grand péril, d'un grand embarras. Il est sorti d'un mauvais pas. Il est Sorti d'une épreuve difficile. Il fallait en sortir à quelque prix que ce fût. J'en suis sorti à mon honneur. (Acad.) Rien n'est plus difficile à l'homme que de sortir de la mau - «aise voie quand il y a longtemps marché. (Guizot.) Dans le malheur, la fortune laisse toujours une porte pour en sortir. (Damas- Hinard.)

Que d'embarras! comment sortir d'affaire? Voltaire.

Le ciel parfois seconde un dessein téméraire, Et l'on sort comme on peut d'une mauvaise affaire.

Molière.

— Avoir été l'élève, avoir reçu son éducation, son instruction : Il sortait de l'école de David.

— S'écarter, s'éloigner : Sortir du sujet. Vous sortez de la question. Sortir des bornes. Sortir de son caractère. Sortir de sa modération habituelle. Sortir du respect. Sortir de son devoir, des bornes de son devoir, des bornes de la modestie, de la bienséance. (Acad.) Si le fat pouvait craindre de mal parler, il sortirait de son caractère. (La Bruy.)

Ce style figuré, dont on fait vanité. Sort du bon caractère et de la vérité.

Molière.

Ne forcez pas ce peuple à sortir du devoir, Et, par pilié pour vous, craignez son désespoir. C. DELAVIONS.

— Se déplacer, se séparer, s'isoler : Une porte qui sort des gonds. Je traînais de méchants souliers éculés qui sortaient à chaque pas de mes pieds. (Chateaub.) Il Etre tiré, mis en dehors : Les envieux SORTENT rarement de l'obscurité. (Alibert.)

— Faire saillie : U»e pierre qui sort du mur. H Avoir du relief, en parlant d'un objet peint ou dessiné : Celle figure sort bien, ne sort pas assez. Il Avoir de l'effet, de la vigueur, en parlant d'une pensée, d'une expression : Celte pensée ne sort pas assez. Il faut faire sortir cette pensée, il Se montrer, se manifester, se produire au dehors : C'est Machiavel qui a dit qu'il y a toujours dans les hommes une disposition vicieuse cachée, qui n'attend que l'occasion pour sortir. (Ste- Beuve.)

Le naturel toujours sort et sait se montrer.

Boileau.

— Pousser au dehors, commencer à paraître : Les fleurs sortent à peine. Les blés, les herbes sortent de terre. Cet enfant n'a plus la fièvre depuis que la petite vérole, la rougeole est sortie. Les dents canines SORTENT ordinairement vers le neuvième ou dixième mois. (Buff.) Dès la fin de novembre, tes tulipes sortent de terre. (E. About ) Il S'exhaler,

! se répandre hors : Une agréable odeur sort de ces fleurs. Une grande chaleur sort de ce fourneau. Une épaisse fumée sortait de ce brasier.

— Etre issu : Il SORT de bon lieu, de bonne race. Il SORT de gens de bien. Il sort de parents illustres. Il sent le lieu d'où il sort. (Acad.) Croyez-vous que ce nous soit une gloire d'ÈTRK sortis d'un sang noble quand nous vivons en infâmes? (Mol.) Chacun de nous est un être à part, différent des êtres dont il sort. (A. Fée.) L'homme sort de l'homme. (Renan.) Un brave homme est pour moi chose belle et touchante.

Qu'il vive sous le marbre ou sous un toit de buis, Qu'il sorte du bas peuple ou descende des rois.

A. Barbier.

11 Provenir, être le produit, l'ouvrage, le résultat : Cela SORT des mains d'un habile ouvrier. Les étoffes qui sortent de cette fabrique sont très-estimées. Les ouvrages qui sont sortis du pinceau de cet artiste. C'est le meilleur ouvrage qui soit sorti de sa plume. Le jugement sort de l'esprit et retourne à l'esprit, (Ch. Bailly.) Tout ce que nous savons

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dit monde physique sort de ce que nous voyons. (J. Jouffroy.) Le désordre s'use de soi-même, et du mal, tôt ou tard, sort le remède du mal. (Lamenn.) La profonde vérité ne sort que du profond amour. (H. Heine.) L'expérience seule et le raisonnement qui sort de nos propres réflexions peuvent nous instruire. (A. de Vigny.) Toutes les généreuses irradiations sociales sortent de la science, des tel' très, des arts, de l'enseignement. (V. Hugo.) La philosophie d'un siècle sort de tous les éléments dont un siècle se compose. (V. Cousin.) C'est du ve au xe siècle que se fit le travail sourd et comme le broiement d'où sortirent les idiomes modernes. (Ste-Beuve.) Chaque famille d'idiomes est sortie du génie de chaque race, sans effort, comme sans tâtonnement. (Renan.) De la puissance de faire le mal est sortie pour l'humanité la nécessité de faire le bien. (A. Martin.) Le bien suprême sort de l'excès du mal. ( Vacherot.)

La folie agita ses grelots.

Et notre amour naissant sortit d'une rasade, Comme autrefois Vénus de l'écume des flots.

A. de Musset.

— Sortir de table, Quitter la table où l'on prenait son repas : Il faut beaucoup de caractère pour sortir de table avec appétit. (Brill.-Sav.)

— Sortir du collège, Sortir de dessus les bancs. Achever ses études : La plus belle récompense que désire l'enfant au collège, c'est d'un sortir. (P. Janet.)

— Sortir à peine de la coquille, Etre un tout jeune homme : Il sort À peine de la coquille et veut faire l'homme blasé.

— Sortir du monde, Mourir : Pour sortir du monde plus légèrement, il s'est déjà déchargé lui-même d'une partie de son corps. (Boss.)

— Sortir de chez l'ouvrier, des mains de l'ouvrier, Etre tout neuf, venir d'être achevé.

— Sortir des mains de quelqu'un, Avoir été élevé, formé par lui.

— Sortir de ta bouche de, Etre prononcé, proféré par : Quel mot est sorti de votre bouche 1

— Sortir de la mémoire', de l'esprit de, Etre oublié par : Ce fait est sorti de ma mémoire. Ce souvenir ne sortira jamais de mon esprit. Il Sortir de la tête de, Etre effacé de l'esprit de : Rien n'a pu faire sortir cette idée DE SA TÈTE.

— Sortir de soi-même, Faire abnégation de sa propre personne; s'effacer, s'annihiler, s'oublier . Sortir de soi-même pour aller à Dieu, c'est la vie. (Boss.) Marchez, avancez, boutez de vous-mêmks et Dieu s'avancera vers vous. (Boss.) // faut que les juges de ia terre Sortent comme d'eux-mêmes pour aller à Dieu par une piété simple. (Kiéch.) Par l'amour, on sort de soi pour se donner à d'autres êtres. (Le P. Félix.)

— Sortir plus vite qu'on n'était entré, Sortir très-précipitamment : Je sortis de chez

lui PLUS VITE QUE JE n'y ÉTAIS ENTRÉ. (Le

Sage.)

— Sortir les pieds en avant ou les pieds devant, Sortir mort, être emporté mort : Je souffre tant de votre violence que, si j'en crois mes pressentiments, je ne sortirai d'ici que LES PIEDS EN AVANT. (Balz.)

— Sortir des gonds, hors des gonds, Se mettre en grande colère, hors de soi : Ne vous opiniâtres pas contre lui, vous ie feriez sortir hors des gonds. (Acad.)

— Les yeux lui sortent de la tête, Il est animé d'une grande fureur qui bouleverse les traits de son visage. Il Le feu lui sort par les yeux, 11 a les yeux allumés de colère, de passion.

— Ne pas sortir de là, Soutenir fermement, résolument ce qu'on a avancé; n'en vouloir pas démordre ; Vous avez tort. — Mais... —

Vous avez tort, et je ne sors pas de là. (Scribe.) Je ne veux plus sortir de là,, c'est fait. (Th. Leclercq.)

— Je sors d'en prendre, Je viens d'en prendre, d'en boire ou d'en manger, je n'en accepterai plus. Il Je n'en veux pas : Moi, m'associer avec luit merci! je sors d'en PREN- DRE.

— Sortez de là, Essayez de vous tirer de là, de répondre k ces arguments.

— D'où son ent-ils? Quelles sont ces gens-là? Se dit ordinairement avec une intention méprisante.

— D'où sortez-vous? Où étiez- vous donc? D'où vient qu'on ne vous a pas vu depuis si longtemps? Il Comment se fait-il que vous soyez si naïf, si ignorant de ce qui existe, de ce que tout le inonde sait?

— Prov. La faim fait sortir le loup du bois, La nécessité l'ait négliger toute prudence.

— Impersonnellem. : Il sort de cette source une grande quantité d'eau. Il sort de la fumée de celte caverne. Il sort une agréable odeur de ces fleurs. Il SORT une grande qua)itité de chaleur de ce fourneau.

— Chorégr. Sortir de cadence, Ne plus danser eu cadence.

— Mus. Sortir de mesure, Ne plus chanter, ne plus jouer en mesure. Il Sortir du ton, Détonner, passer d'un ton dans un autre.

— Escrime. Sortir de mesure, Se mettre hors d'état de porter une botte de pied ferme à sou adversaire.

SOSI

— Manège. Sortir de la selle, N'être pas assis sur la selle.

— Turf. Quitter l'enceinte du pesage, pour aller prendre le galop d'essai : Les jockegs

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