‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 545 sur 1059 · SOTO · texte numérisé non relu

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vila, qu'il aimait depuis longtemps. A cette époque (1536), on croyait généralement que, dans la vaste région appelée alors la Floride , se trouvait un Eldorado plus riche qu'aucun de ceux qui eussent encore été découverts. Fernand de Soto fut la victime de cette croyance. Il obtint de l'empereur le privilège d'entreprendre, k ses propres frais, la conquête de la Floride, et il trouva do nombreux aventuriers espagnols et portugais disposés à partager sa fortune. Il partit de San-Lucar, en avril 1538, à la tête de six cents hommes, dont une vingtaine d'officiers. L'expédition emmenait aussi vingt - quatre moines pour évangéliser les sauvages et des femmes pour fonder solidement une colonie. Après avoir touché à Santiago-de-Cuba, puis à La Havane, où les femmes furent provisoirement laissées, Fernand de Soto traversa le golfe du Mexique et jeta l'ancre dans la baie de Spiritu - Santo ( baie Tampa , côte ouest de la Floride) le £5 mai 1539. Il avait à traverser une contrée rendue hostile par les violences qu'y avait précédemment exercées l'Espagnol Narvaez, et il fut perpétuellement en butte à l'hostilité des Indiens. En juillet 1539, il renvoya ses navires à La Havane. Il avait mis la main sur un Espagnol, Juan Ortiz, un des compagnons de Narvaez, réduit en esclavage par les indigènes, et qui lui servit d'interprète. Après avoir passé le premier hiver dans le pays des Apaches, k l'est de la rivière Flint , il atteignit, en avril 1540, la rivière Ogeechee, puis la rivière Coosa,et, le 18 octobre, le village de Mavilla ou Mobile , sur le fleuve Alabama. Sur ce point, il livra aux tribus indigènes l'une des plus sanglantes batailles qui aient eu lieu entre les Européens et les Indiens de l'Amérique du Nord ; les Espagnols perdirent 80 hommes et 42 chevaux ; les Indiens eurent 2,500 hommes hors de combat. Fernand de Soto passa le second hiver dans le pays des Chikkasabs, qui, au printemps, brûlèrent son camp et leur propre village, parce qu'il avait voulu les obliger à porter ses bagages. Quarante Espagnols périrent dans cet incendie. Soto atteignit le Mississipi (mai 1541), après un voyage de sept jours à travers des forêts et des marécages, et, après avoir traversé le fleuve, marcha vers le nord jusqu'à Paeuha, s'avança ensuite jusqu'aux plateaux de la rivière Blanche, actuellement la partie orientale du territoire indien, puis se dirigea vers le sud par les sources chaudes d'Arkansas et passa son troisième hiver à Autiamque, sur la rivière Washita. En mars et avril 1542, il redescendit la "Washita jusqu'au Mississipi , et c'est en essayant de suivre les rives du grand fleuve, a travers les maruis, qu'il fut atteint de la fièvre pernicieuse qui l'emporta. Av^nt de mourir, il désigna pour son successeur Luis de Moscoso. « Pour cacher sa mort, dit Bancroft, on enveloppa son corps dans uu manteau et, pendant le silence de la nuit, on le déposa au milieu du lit du fleuve, qui l'emporta vers l'Océan. L'aventurier qui, pour trouver de l'or, avait traversé une grande partie du continent américain, n'avait rien découvert de si remarquable que le fleuve qui lui servit de tombeau. » Ses compagnons, (éduits dès lors de plus de moitié, atteignirent en 1543 la ville mexicaine de Panuco , actuellement dans le département deVera-Cruz, Là, ils se dispersèrent. La femme de Fernand de Soto expira à La Havane trois jours après avoir appris la mort de son mari. Une Histoire de la vie et des voyages de Fernand de Soto , par L.-A. \Vilmer, a été publiée a Philadelphie en 1858.

SOTO (Jean de), peintre espagnol, né à Madrid en 1592, mort en 1620. Elevé de Barthélémy Carducho, qui l'associa k la plupart de ses travaux, il peignit les fresques du cabinet de toilette de la reine au Prado et plusieurs tableaux à l'huile.

SOTO (don Laurent de), peintre espagnol, né à Madrid en 1634. Il fut élève de Benoît- Manuel de Aguero et peignit quelques tableaux, parmi lesquels on cite la Sainte Rosalie qui se trouve, aujourd'hui au Rosaire, à Madrid.

SOTO Y AB-ACU. (Séraphin - Marie pe), comte de Clonard, marquis de La Granada, général et historien espagnol, né à Barcelone en 1793. Entré en 1805, comme cadet, dans la garde royale espagnole, il rejoignit, trois ans plus tard, lors ue l'invasion française, l'avant-garde de l'armée de Catalogne, assista aux batailles d'Aranjuez, d'Almonacid et d'Ocaàa, passa ensuite, avec le grade de lieutenant, dans l'île de Cadix, y défendit, dans la nuit du 2 au 3 mars lgll, le pont de Barcas et prit ensuite part, avec le corps d'armée du général Ballesteros, à presque tous les autres engagements de la guerre de l'Indépendance. Une longue et douloureuse maladie l'empêcha plus tard de prendre une part active aux événements militaires jusqu'en 1826, époque à laquelle il fut nommé premier commandant de la garde royale. Il fit, peu après, comme chef d'étatmajor de l'avant-garde , la campagne de Catalogne et eut une part importante au réblissement de la tranquillité. Durant la folie du roi, il offrit ses services a. la reine Christine, à l'époque où l'on s'efforçait de priver Isabelle II de ses droits au trône. Envoyé à l'armée du Nord, il y commanda plusieurs divisions, se signala aux combats d'Arlaban, de Berrio-Plano, de Santa-Cruz-del-Carle et

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de Meseta-de-Zuriain ; à Zubiré, il dispersa un corps de 8,000 hommes, victoire qui lui valut le grade de maréchal de camp. Nommé en 1S37 capitaine général de l'Andalousie, il réussit dans la difficile mission de rétablir l'ordre dans cette province; mais la politique du cabinet ayant changé peu après, ii fut rappelé. En 1840, on le nomma encore capitaine général de la province de Grenade, et il sut y l'aire renaître la tranquillité et réparer les maux que les querelles des partis avaient causés à cette contrée. Appelé la même année au ministère de la guerre, il donna sa démission lorsque la reine se fut retirée à Barcelone et se rendit en France, où il demeura jusqu'en 1843. Depuis cette époque, il a rempli différentes charges importantes, telles que celles de directeur général du collège militaire et de capitaine général de plusieurs provinces; il a été promu,. en 1846, au grade de général et, nommé membre à vie du sénat, a pris une part importante aux délibérations de cette assemblée. On a de lui ilusieurs travaux historiques qui lui ont valu e titre de membre de l'Académie d'histoire de Madrid. Les plus remarquables sont : Mëvwires des corps de la maison royale; Histoire des collèges militaires; Histoire organique des armes de la Cavalerie et de l'infanterie, grand ouvrage qui compte dix volumes in-folio, avec une foule de planches chromolithographiques, et qui se divise en trois parties, savoir : l'histoire de l'organisation des troupes espagnoles jusqu'au règne des Rois Catholioues; l'histoire des institutions militaires de 1 Espagne et l'histoire particulière de tous les corps de la cavalerie et de l'infanterie,

SOTOFORIN s. .m. (so-to-fo-rain). Ane.

mar. Pièce de bois qui croise les courbatous et sert à les relier entre eux.

SOTO-MAYOR (SÀN-SALV.4DOR-DE-), ville d'Espagne, province de Pontevedra, à 22 kiloin. N.-E. de Vigo; 2,500 hab. Titre de comté.

SOTOMAYOR {Louis de), peintre espagnol, né k Valence en 1S35, mort à Madrid en 1673. Il étudia la peinture sous Etienne March, puis sous Jean Carreno, à Madrid. De retour à Valence, il y peignit des tableaux, parmi lesquels on cite Saint Augustin entre la Vierge et Jésus-Christ, qu'il fit pour le couvent des augustines de Saint- Christophe, et deux grands tableaux représentant la découverte d'une sainte Vierge, qu'il exécuta Ipour les carmes déchaussés. 11 se rendit ensuite à Madrid, où il mourut à l'âge de trente-huit ans,

SOTTAIS s. m. (so-tè — du basque soto,

frotte). Superst. Nom donné à des nains qui, 'après une croyance répandue dans les districts houiliers de la Belgique, travaillent dans les mines en l'absence des ouvriers.

SOTTEGHEM, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, arroud. et a 15 kilom. N.-E. d'Oudenarde ; 2,700 hab. Fabrication et imprimerie de tissus de coton ; tanneries, fabriques de toiles, tabac, poterie, chaussures. Commerce de bestiaux, lin, fil et grains. Restes du château du célèbre comte u Egmont, dont on voit le tombeati dans l'église du bourg.

SOTTELL1TE s. f. (so-tèMi-te). Ornith.

Nom vulgaire du guignard.

SOTTEMENT adv. (so-te-man — rad. sot).

D'une manière sotte, comme imi sot : Parler, écrire sottement. Répondre sottement.

Agir sottement. Il s'est laissé sottement duper. (Acad.) Une supériorité sottement négligée ne vaut pas une médiocrité adroitement cultivée. (M""> E. de Gir.)

Voue donnez sottement vos qualités aux autres,

Molière.

Ne va point sottement faire le généreux.

BOILBAU.

Tel excelle a rimer qui juge sottement.

Boilhau.

SOTTEVILLE-LEZ-llOUEN, bourg et commune de France (Seine-Inférieure), cant. de Grand-Couronne, arrond. et à 3 kilom. S. de Rouen, près de la rive gauche de la Seine ; pop. aggl-, 9,548 hab. — pop. tôt., 10,592 hab. Filature et tissage de coton ; construction de métiers, corderies; fabrication de savon et de produits chimiques.

SOTTISE s. f. (so-ti-ze — rad. sot). Manque, défaut d'esprit, de jugement ; erreur, ridicule : La sottise de la plupart des mères est de croire leurs enfants très-jolis. (Acad.) Un des attributs de ta sottise tfst de passer le but en toutes choses. (Volt.) La méchanceté se trouve ptus souvent avec la sottise qu'avec l'esprit. (Diderot.) La sottise mérite toujours ses malheurs. (Rivarol.) La sottise tient plus à l'esprit que l'on croit avoir qu'à celui dont oit manque. (La Roohef.-Doud.) L'orgueil, exploitant la sottise, y greffe tous les monstres d'erreur, (Gratry). La sottise est le défaut d'esprit et la prétention d'en montrer. (Latena.) L'opiniâtreté n'est que l'énergie de la sottise. (Descuret.) Ma sottise trop pleine a besoin de couler, J'en sens les flots épais bouillonner dans ma tête.

PONSARD

— Personnes sottes : // est dur, j'en conviens, de voir le génie prosterné devant la sor- Tisis et la fatuité. (P. Leroux.)

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— Acte ou propos de sot, chose sotte; pensée, parole, action qui indique un manque d'esprit, de jugement: N avoir en tête que des sottises. Ne dire, ne faire que des sottises. Ecrire des sottises. J'ai assez de mes sottises sans me charger de celles des autres. (St-Evrem.) L'esprit nous sert quelquefois à faire hardiment des sottises. (La Rochef.) H n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter une sottise. (La Brwy.) Etre trop mécontent de soi est une faiblesse; en être trop coulent est une sottise. (Mme de La Sablière.) Nous sommes tous pétris de faiblesses et d'erreurs; pardonnons -nous réciproquement nos sottises. (Volt.) Les sottises des pères sont perdues pour leurs enfants. (Frédéric II). Quiconque veut trouiier beaucoup de bons mots n'a qu'à dire mille sottises. (J.-J. Rouss.) On sot peut réfléchir quelquefois, mais ce n'est qu'après la sottise. (J.-J. Rouss.) L'honneur des corps consiste presque toujours à soutenir quelque sottise ancienne ou nouvelle. (Grimm.) Il y a des sottises bien habillées, comme il y a des sots bien vêtus. (Chamfort.) C'est une grande sottise d'être avare pour faire tôt ou tard des prodigues. (De Jaucourt.) L'ennui est le père de toutes les sottises : c'est par ennui qu'on se marie, c'est par ennui qu'on élève des tulipes. (Fr. Souliè.) Plus on est sobre de paroles, moins il échappe de sottises. (De La Bouisse.) Nous rougissons encore plus de nos sottises que de nos vices. (Bougeart.)

Eh quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises !

Des sottises d'autrui nous vivons au palais.

Boileau.

Hélas ! on voit que de tout temps Les petits ont pâti des sottises des grands !

La Fontaine.

J'appelle un bon, voire un parfait hymen Quand les conjoints se souffrent leurs sottises. La Fontaine.

Le matin je fais des projets.

Et le soir je fais des sottises.

Voltaire.

Tous les discours sont des sottises Partant d'un homme sans éclat ; Ce seraient paroles exquises Si c'était un grand qui parlât.

Mouf.re.

— Parole inconvenante, indécente : Il a lâché une grosse sottise. Il est indigne d'un honnête homme de dire des sottises devant une femme. (Acad.) Il Privauté, action obscène :

Je m'appréhendais fort et craignais qu'avec toi ) Je n'eusse fait quelque sottise.

Molière.

— Injure, invective : Finires-vous bientôt de me dire des sottises ?

— Littér. Syn. de sotie.

— Syn. Sottise, bêliac, stupidité. V. BÊ- TISE.

— Sottise», Injures, invective*, etc. V. IN" JURES.

— AlluS. hlst. Ai-je dit quelque «ouise ?

Exclamation de surprise échappée à Phocion à la tribune aux harangues. La parole de Phocion était austère ; il parlait aux Athéniens avec le calme d'un philosophe et le laconisme d'un Spartiate. On sait que Démosthène l'appelait la hache de ses discours. Supérieur aux applaudissements comme aux clameurs de la multitude, il heurtait de front la puissance populaire, et ses vertus imposaient à toutes les passions. Son éloquence, vigoureuse et concise, dédaignait ces artifices-oratoires qui plaisent à la multitude et font éclater les applaudissements. Etant un jour à la tribune et se voyant bruyamment applaudi par tout le peuple, il se tourna étonné vers ses amis, en leur disant : Me serait-il échappé quelque sottise?

Ces mots se répètent quelquefois ironiquement à propos d'un succès, d éloges auxquels on ne croyait pas avoir droit :

» Avant qu'il eût parlé, on n'a jamais vu d'homme plus content que cet homme-là des belles et sublimes choses qu'il allait dire; après qu'il eut parlé, on n'a jamais vu d'homme plus content des belles paroles qu'il venait de prononcer. Certes, nous étions bien loin, avec ce digne évêque [de Clermont-Tonnerre], de l'Athénien applaudi par le peuple et qui demandait : Ai-je dit quelque sottise? Au contraire, on applaudissait avec rage, et le nouvel élu redoublait de grands gestes, de grosse voix, de petits airs penchés qui n'appartiennent qu'aux gens satisfaits de leur voix, de leurs" gestes, de leur beauté, de leurs paroles, de leur silence, de leur grandeur. »

J. Janin.

« J'avais entrepris, en 1789, une réfutation de quelques-uns des principes de ['Esprit des lois ; cette réfutation remplit cinq ou six séances du Lycée avec un tel succès, que je fus sollicité de l'imprimer. J'aurais dû dire alors, comme cet ancien philosophe applaudi par la multitude : Est-ce que je viens de dire des sottises? Heureusement, je ne publiai pas les miennes. Lorsque je les relus en 1794, je jetai sur-le-champ le manuscrit

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