C. Délavions
— Par ext. Femme de chambre délurée, intrigante : Jolie soubrette. Soubrette vive, agaçante. Sous de riches habits, elle a toujours l'air et les manières d'une soubrette. (Acad.) Voilà une soubrette qui me parait bien alerte. (Danc.) Joli brin de fille, ma foi l que cette soubrette. (Alex. Dum.)
Les soubrettes, ma foi, sont heureuses en tout; De renverser le monde elles viendraient à bout.
DESMABia,
— Encycl. Théâtre. Le rôle de soubrette a [une importance généralement considérable. On le retrouve dans les genres les plus divers, dans la comédie comme dans l'opéracomique, dans le drame comme dans le vaudeville. La qualification de soubrette s'applique ordinairement à des personnages de suivantes, de servantes, de femmes de chambre. Naturellement, ces personnages sont d'une allure Un peu cavalière, d'un caractère décidé, effronté et parfois un peu égrillard; il faut citer en premier lieu, sous ce rapport, les servantes de Molière, puis celles de Regnard, de Marivaux, de Beaumarchais, et nous voyons aussitôt défiler en rangs pressés ces types charmants et familiers de Dorine, de Marinette, de Lisette, de Louison, de Javotte, de Toinon, de Suzanne, et tant d'autres dont il serait inutile de donner ici les noms.
Plus tard, et par une extension toute naturelle, on généralisa cette dénomination de soubrette eu l'appliquant, non plus seulement aux rôles de servantes, mais à tous ceux qui en reproduisaient les allures particulières, c'est-à-dire l'effronterie, la crânerie, la malice et parfois le dévergondage. C'est ainsi qu'on créa par la suite 1 emploi des soubrettes travesties, c'est-à-dire de rôles d'hommes joués par des femmes, et qui demandaient certaines qualités d'interprétation d'une nature exceptionnelle. Chacun sait la réputation que s'est faite, dans les rôles de ce genre, Virginie Déjazet et la célébrité qu'elle y a conquise.
Chamfort, qui lorsqu'il écrivait ce qu on va lire n'avait en vue que les soubrettes de l'ancien répertoire, s'est exprimé ainsi au sujet de ces1 sortes de rôles : « Aux unes, dit-il, l'âge n'importe pas, et peut-être même il est à propos que l'actrice ne soit plus de la première jeunesse. (Cette dernière observation est surtout applicable au rôle de Dorine, dans Tartufe, qui semble plutôt convenir, par la hardiesse de son langage et la brusquerie de ses manières, à une femme qui a dépassé la trentaine.) Pour d'autres, il est de la bienséance qu'elle soit jeune ou que du moins elle le paraisse. Cela est convenable lorsque les discours peu respectueux tenus par la soubrette à des personnes auxquelles elle doit des égards, ou les conseils peu sages qu'elle donne à de jeunes beautés ne peuvent avoir pour excuse qu'un grand fond d'étourderie. Cela l'est surtout lorsque, pour favoriser deux amants, elle se permet certaines démarches condamnables au tribunal d'une morale rigoureuse. Moins la soubrette aura l'air jeune, plus l'indécence sera frappante. Cependant,
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une soubrette n'est pas toujours obligée d'avoir l'air jeune; elle l'est toujours d'avoir dans la langue une extrême volubilité. Si elle est privée de cet avantage, elle fera, surtout dans les comédies de Regnard, perdre à plusieurs rôles la plus grande partie de leur grâce. L'air malin ne lui est pas moins nécessaire que la volubilité. Quand on remarque diins une suivante une physionomie simple et ingénue, on s'imagine voir Louison ou Javotte, et non Finette et Néririe.»
Dans la comédie, l'emploi des soubrettes exige un physique agréable, un débit net et accentué, du mordant dans la diction, de l'aplomb et de la vivacité dans les reparties, beaucoup d'aisance et souvent un ton gouailleur et cavalier. Dans le vaudeville, avec les mêmes qualités, il demande peut-être un peu moins de fermeté dans l'allure, mais, en revanche, peut-être aussi une malice plus recherchée à la fois et plus égrillarde, de la légèreté, une aptitude particulière à lancer le trait et, brochant sur le tout, une voix agréable pour chanter les nombreux couplets dont les auteurs ne négligent jamais de charger ces rôles. Cette dernière qualité est absolument indispensable, naturellement, dans l'opéra-comique, où l'emploi des soubrettes, extrêmement important, abandonne son nom classique pour prendre celui de Dugazon. Dans ce dernier genre, nous pouvons citer comme types les rôles suivants : Jenny, dans la Damé blanche; Nicette, dans le Pré aux Clercs; Késie, dans le Calife de Bagdad, et enfin toutes les Martons de tous les Frontins passés, présents et à venir.
Un grand nombre d'actrices se sont distinguées à la Comédie-Française dans l'emploi des soubrettes; nous citerons particulièrement M'io Devienne, M™0 Thénard, M™" Suzanne Biohan, safille, M'io Augustine Brohan, M"o Demerson,etc. Al'Opéra-Comique, outre Mme Dugazon, qui a donné son nom à l'emploi (et qui pourtant était plus remarquable encore dans le genre pathétique et sérieux que dans le genre comique et gai), outre Mme Boulanger, il faut rappeler le souvenir récent de Mlle Lemercier, de MUo Lefebvre, devenue Mme Faure, et mentionner aussi Mlle Bélia. L'emploi des soubrettes travesties, en dehors de MlluDéjazet, qui l'a illustré, a été tenu d'une façon distinguée par Gitans Henri Monnier, la femme de l'excellent caricaturiste, Scriwuneck et quelques autres dont les noms ne nous reviennent pas k la mémoire. Enfin, dans les théâtres de drame et de vaudeville, il faut citer Mmos Jenny Vertpré, Minette, Flore, Léontine, Alice Ozy, Anna Chéri , Mmes Schneider, Damain, Dinah Félix (la digne sœur de Rachel, dans un genre de talent tout opposé), Honorine, Alplionsine, etc.
Tous nos théâtres, du reste, on peut le dire, ont été bien partagés sous ce rapport, et l'emploi des soubrettes a été, sur nos scènes classiques comme sur nos scènes de genre, le partage de talents généralement très-distingués,
Soubreito (intrigues d'une), comédie chinoise. V. INTRIGUES D'UNIS SOUBRETTE (les).
SOUBREVESTE s. f. (sou-bre-vè-ste — du préf. soubre, et de veste). Vêtement sans manches, qui se mettait par-dessus les autres vêtements : Les Arabes se faisaient autrefois, avec le cuir de l'autruche, des espèces de soubrevestes qui leur tenaient lieu de cuirasse et de bouclier. (Buff.) Il Sorte de justaucorps sans manches, que portaient les mousquetaires de la garde.
SOUBUSE s. f. (sou-bu-ze — de sous, et de buse). Ornith. Nom donné à la femelle du busard Saint-Martin par Buffon, qui l'avait prise pour une espèce particulière.
SOUBZOV, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 1 10 kilom. de Tver, cheflieu du cercle de sou nom, sur le Volga, 3,000 hab.
SOUC s. m. (souk). Métall. Nom de l'une des pièces da l'ordon.
SOUCHA s. f. (sou-cha). Comm. Espèce de crêpe de Chine rayé.
SOUCHE s. f. (sou-che — d\\ bas lat. soccus, que Diez regarde comme identique avec le latin classique soccus, chaussure, dont le sens primordial lui parait avoir été base, fondement, mais qui paraît appartenir à la même famille que le sanscrit Icoci, kâshi, soulier, sandale ; arménien goshig, ossëte kochugi, soulier d'écorce, gothique slcôhs, soulier, anglosaxon scoh, Scandinave skor, ancien allemand scuoh, etc., avec un s prosthétique. Le sanscrit kôci désigne proprement, comme kâça, une gaine, une enveloppe, un fourreau, etc., de la racine kuç, envelopper). Partie inférieure du tronc d'un arbre qui reste attachée au sol quand l'arbre a été coupé; cette même partie arrachée avec des racines : Arracher, brûler des souches. Ces SOUCHES ont repoussé. L'olivier est pour ainsi dire immortel parce qu'il renaît de sa souche. (Chateaub.) Les salamandres se retirent quelquefois en grand nombre dans les creux des arbres, dans les haies, au-dessus des vieilles souches pourries. (Lacép.) Il Partie d'un arbre sur pied située au-dessous du collet et d'où naissent les racines. I! Pied de vigne, partie de la vigne sur laquelle naissent les ceps.
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— Par ext. Chef d'une famille d'hommes ou premier sujet d'une race d'animaux : Cet homme illustre a été la souche de plusieurs grandes familles. (Acad.) L'animal que nous avons appelé mouflon nous parait être la souche primitive de toutes les brebis. (Buff.) Le basset de bonne souche est plein d excellentes qualités. (Toussenel.)
— Fig. Source, origine, principe : Le droit de la force est la souche d'où partent tous les antres. (Proudhon.) L'idiome du poêle anglosaxon Chaucer, amas hétérogène de patois divers, est devenu la souche de l'anglais moderne. (Ph. Chasles.) Les langues celtiques forment la famille la plus occidentale des idiomes sortis de la souche indo-européenne. (A. Maury.)
— Kum. Personne sans activité, sans intelligence ; Cet enfant est une souche, une vraie souche.
— Etre comme une souche, Ne passe remuer plus qu'une souche, Demeurer dans une immobilité indolente, ne fuire aucun mouvement : Allons, un peu de vigueur ; lu ne te remues