NON PLUS QU'UNE SOUCHE
Mais à tous mes discours tu fus comme une souche.
Molière.
Il ne sera pas dit qu'en un fait qui me touche Je ne me sois non }dus remué qu'une soucke.
Molière.
— Faire souche, Etre le premier d'une suite de descendants : L'homme qui fait souche devient aussitôt , par la paternité même, concentré et féroce. (Proudhon.)
— Jurispr. Succéder par touche, Succéder par représentation de succession.
— Administr. Portion d'une feuille de papier qu'on laisse adhérente au registre et qui sert k vérifier l'authenticité de la partie détachée au moyen des dessins dont chacune porte une partie, ou des zigzags de la découpure, qui doivent se rapporter exactement: Registre à souche.
— Comm. Le plus long des deux morceaux de bois sur lesquels les boulangers et quelques autres commerçants font des coches, pour tenir compte des marchandises qu'ils fournissent k crédit. Il Un des noms donnés aux esclaves par les négriers; pour déguiser la nature de leur marchandise: Trois cent vingt-trois souches se sont trouvées au débarquement, déduction faite de celles qui étaient endommagées, à 225 dollars chacune, payables, partie en argent comptant, partie en effets de huit et de vingt mois. (Lettre d'un négrier.)
— Architect. hydraul. Tuyau qui sort d'un bassin, et d'où part le jet.
— Constr. Tuyau, ou réunion de tuyaux de cheminées qui s'élèvent au-dessus d'un comble.
— Techn. Cierge postiche, de bois ou de fer-blanc, qui figure un grand cierge. Il Portion de clou restée dans la corne d'un animal déferré.
— Encycl. Sylvie. Dans les arbres résineux, la souche ne produit jamais de nouveaux rejets ; aussi y a-t-il tout avantage à l'extraire complètement lors de l'abatage. Mais il n'en est pas de même dans les arbres feuillus, si ce n'est quand ils sont arrivés à un âge par trop avancé. Tant qu'ils sont encore assez jeunes, ils repoussent de souche, et c'est ainsi que les taillis se reproduisent et se perpétuent; mais il faut pour cela avoir soin de les couper rez terre; toutefois, comme celles du hêtre repoussent mal, parce que les jeunes rejets ont beaucoup de peine à percer la vieille écorce, il est bon de couper toujours cette essence un peu au-dessus du niveau de l'exploitation précédente; au bout d'un certain nombre de révolutions, on les supprime, et on remplit les vides par des plantations artificielles.
SOU-CHÉ, écrivain et homme d'Etat chinois, né dans le xie siècle k Me-tcheou, ville du Sse-tchhouan, mort en 1101 à Tchangtchem. Après avoir fait de brillantes études, il fut attaché comme mandarin au tribunal des savants. 11 signala à l'empereur les défauts de l'administration du premier ministre Wung-'an-tchi. Celui-ci chercha à écarter Sou-ché de la capitale et le nomma examinateur des lettrés, fonction qui l'obligeait k parcourir successivement toutes les provinces, puis gouverneur du Hang-tcheou. Souché passa delaàSui-tcheou,puisdans le Houtcheou. Ayant encore, dans les rapports qu'il adressait à l'empereur, attaqué l'administration du ministre Wung-'an-tchi, il fut destitué, emprisonné pendant quelque temps par ordre de celui-ci, puis exilé à Hoang-tcheou. Il alla alors habiter Tchang-tcheou. Après la mort de l'empereur Chen-tsoung (10S5), Souché fut nommé par la régente gouverneur de Ting-tcheou. Quelques mois plus tard, il fut appelé au tribunal des rites et mis au nombre des instituteurs des princes. En 1089, il reçut le titre de grand maître de la doctrine et fut chargé d'expliquer au jeune empereur l'histoire et les King ou livres sacrés. Après la mort de la régente (1093), il fut disgracié, exilé et persécuté. Une. amnistie accordée aux condamnés politiques lui permit de s'établir k Sin-tcheou. 11 tomba malade presque aussitôt après son arrivée dans cette ville. Dans l'espoir de se rétablir, il se rendit à Tchang-tchein, où il mourut. Il a laissé : une Explication du Chou- king; l'Histoire des premiers empereurs de la dynastie des Soung et
SOUC
un grand nombre de pièces en prose et en vers insérées dans des recueils. On trouve un Eloge de Sou-ché dans les Mémoires concernant les Chinois, t. X, p. 70-107.
SOUCRÈRE adj. (sou-chè-re — rad. souche). Ane. jurispr. Qui a rapport k la souche, k la famille. Il Coutume soudière, Coutume sui» vant laquelle, pour succéder aux propres et être admis au retrait lignager, il lallait descendre de celui qui avait mis l'héritage dans la famille.
SOUCHER1E s. f. (sou-che-rl — rad. souche). Métal!. Charpente de l'équipage d'un gros marteau.
SOUCHET s. m. (sov-chè — rad. souche).
Techn. Pierre qui se tire au-dessous du dernier banc d'une carrière.
— Ornith. Nom vulgaire d'une espèce de canard, devenue le type d'un genre : Le souchet place son nid au milieu des grosses touffes de ioncs. (Y. de Bomare.)
— Bot. Genre de plaites de la famille des cypéracées, type de h. tribu des cypérées, comprenant environ trois cent cinquante espèces, répandues sur toute la surface du globe : Les tubercules du souchet comestible sont très-féculents. (P. Duchartre.) Nous possédons en France plusieurs espèces de souchets. (Th. de Berneajd.) u Souchet babylonique, Nom vulgaire dî l'alpinie galanga. Il Souchet d'Amérique, Nom vulgaire du rotang zalacca, qui croit au Java, il Souchet des Indes, Nom vulgaire du curcuma. il Souchet sultan, Nom vulgaire tu souchet comestible.
— Encycl. Ornith. Les souchets, regardés par plusieurs auteurs comme une simple section dugenre canard, formentpour d'autres un genre particulier. Us sont caractérisés surtout par un bec long, bordé de lames si longues et si minces qu'elles ressemblent plutôt à des cils; la mandibule supérieure ployée parfaitement en demi-cylindre et élargie à son extrémité. Le souchet ".ommun, vulgairement appelé rouge, a environ 0m,50 de longueur totule ; le beo grand, presque en forme de spatule; la tête et le cou d'un vert foncé, avec des reflets violets ; la poitrine et le haut du dos d'un blanc pur ; le milieu du dos brun foncé; les couvertures des ailes d'un beau bleu clair-, les scapuiaires blanches ou tachées de noir; le miioir de l'aile d'un noir brillant; le ventre roux. La femelle a des couleurs moins vives. Le souchet est très-répandu dans le nord des deux continents; aux approches de l'hiver, il émigré vers les régions tempérées; de novembre à mars, il est très-commun dans le. midi de la France; Quelques couples y testent même pendant 1 été. Cet oiseau vit dans les marais; il se nourrit d'insectes, de crustacés et de vermisseaux, qu'il trouve de.ns la vase au bord des eaux et qu'il retient a l'aide des dentelures de ses mandibules. Il est d'un naturel triste et sauvage, dort presque tout le jour et ne se donne un peu de mouvement que vers le soir. La femelle fait son nid dans les marais, au milieu des grosses touffes de joncs ; elle y dépose dix k douze œufs d'un roux pâle, qu elle couve pendant environ un mois; les petits naissent couverts d'un duvet grisâtre, et ont alors une physionomie désagréable ; leur bec, presque aussi large que le corps, semble les fatiguer. Le souchet supporte mal la captivité, quelque soin qu'on en prenne. Sa chair est délicate et son plumage recherché.
— Bot. Le nombre des espèces de souchet est très-considérable ; on n'en compte pas moins de trois cent quarant-cinq, répandues sur toute la surface du globe. Ce sont des plantes à chaume simple qui portent à la base des feuilles engainantes. Les fleurs forment des épis qui se groupent k leur tour en fascicules ou en ombelles. Chaque fleur a trois étamines et un pistil k trois styles tombants. Le fruit est une akène triangulaire quelquefois surmontée d'une petite pointe formée par la persistance du style. Plusieurs espèces de souchet méritent d'être signalées. Parmi elles, il en est une célèbre, c'est le souchet papyrus, grande et belle plante qui s'élève de 2 à 3 mètres, et qui croît naturellement dans les marais d'Egypte, d'Abyssinie, de Syrie, de la Sicile et de la Calabre.