‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 552 sur 1059 · C. Dobos · texte numérisé non relu

C. Dobos

— Fleur de cette plante : Cueillir des soucis. Surtout, ne mettez pas de soucis dans mon bouquet. Il Couleur de cette fleur : Un foulard soucr. Une robe souci.

— Souci d'eau, souci de marais, nom vulgaire du caltha ou populage. Il Souci-figue. Bot. Nom vulgaire des ficoïdes.

— Loc. fam. Etre jaune comme un souci, •'aune comme souci, être extrêmement jaune.

— Entom. Nom vulgaire des coliades hyale et éduse.

— Ornith. Nom vulgaire du roitelet huppé.

— Encycl. Bot, Le souci, que les botanistes désignent sous le nom scientifique de

calendula, dérivé du latin calendes, qui signifie le premier jour du mois, à cause des fleurs dont ses espèces se décorent chaque mois, même durant l'hiver, quand le froid n'est pas rigoureux ; le souci, disons-nous, forme un genre important de la famille des composées. On en connaît plus de trente espèces, parmi lesquelles un certain nombre méritent de fixer l'attention. Le souci des champs est une plante annuelle, à tige rameuse, à feuilles alternes, amplexicaules, lancéolées, dentées, velues, à fleurs jaunes, petites et solitaires sur des pédoncules axil- 1 aires ou terminaux. Cette plante se trouve abondamment dans les champs, dans les vignes, surtout dans les terrains argileux. Elle fleurit pendant toute l'année, même pendant l'hiver. Tous les bestiaux la mangent avec plaisir, elle donne aux vaches un lait d'une saveur agréable. On emploie ses fleurs à colorer le beurre en jaune. Pour reconnaître cette coloration artificielle, d'ailleurs parfaitement innocente, il suffit de faire bouillir dans de l'eau une petite portion de beurre suspect: cette eau prend presque aussitôt une couleur violette, ce qui n'arrive pas quand le beurre est pur. On faisait autrefois confire ses feuilles pour être mises dans les sauces et les salades. Cette plante a une odeur forte etassez désagréable. Elle estquelquefois le fléau des cultures, d'où il est trèsdifficile de l'extirper parce qu'elle fleurit toute l'année et que ses graines se conservent longtemps lorsqu'elles sont assez enfoncées dans la terre. Le souci officinal cultivé dans nos jardins est une plante annuelle du midi de l'Europe, où elle croit dans les champs et les vignes. Ses fleurs forment des capitules d'un • jaune safrané très-vif. Cette plante demande une terre franche, légère, et une exposition chaude. On la sème en septembre, en mars ou en juin, pour en obtenir des fleurs pendant toutes les saisons. Sa saveur est amère et un peu acre. On l'employait autrefois en pharmacie comme antipasmodique, antifébrile, antiscrofuleuse. Elle n'est plus usitée aujourd'hui que dans la médecine des campagnes. On falsifie le safran avec ses corolles ligulées. Les jardiniers en distinguent deux variétés. Le souci à bouquet est remarquable par ses bouquets de quinze a, vingt capitules secondaires, qui prennent naissance sous chacun des premiers, après l'épanouissement de ceux-ci. Le souci de la reine, nommé encore souci de Trianon et souci anémone, est une variété à capitules plus larges , plus doubles que dans l'espèce type et d un jaune moins foncé. Les soucis sont une des plantes d'ornement qui se prêtent le mieux à toutes les exigences de la culture. Le souci des marais ou populage est une plante indigène, vivace, de la famille des renonculacées, très-commune dans les prés marécageux et désignée vulgairement sous le nom de gros bassin d'or. Ses feuilles sont en cœur, arrondies et crénelées. Ses ileurs, d'un beau jaune d'or, s'épanouissent en mai et quelquefois aussi en septembre. Il y a une variété à

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fleurs très-doubles, très-grandes, à rameaux gros et vigoureux, s'enracinant naturellement aux nœuds. On emploie le souci des marais comme détersif et apéritif; les vaches et les chevaux n'y touchent pas; aussi est-il nuisible aux prairies, d'où l'on doit soigneusement l'extirper. Les racines et les tig-îs sont avidement recherchées par les cochons. On confit les boutons au vinaigre comme les câpres. On colore le beurre avec les fleurs pilées. On reconnaît cette falsification qui n'offre d'ailleurs aucun danger pour la santé, en agissant comme nous avons vu plus haut, a. propos du véritable souci des champs. Le souci pluvial ou hygromètre est une plante originaire du Cap, annuelle, à feuilles lancéolées, sinuées, denticulées; à tige faible et feuillue. Les fleurs, blanches au-dessus des rayons, violacées au-dessous, brunes dans le disque , s'épanouissent de juin à Septembre. Ces fleurs jouissent d'une propriété fort curieuse, qui en fait de vrais hygromètres : les rayons du capitule se replient et se ferment à l'approche de la pluie.

SOUCI s. m. (sou- si — de l'adjectif latin sollicilum, qui signifie proprement tout agité et qui s'est corrompu ici en solcitum). Soin où il entre de l'inquiétude, des pensées absorbantes : Souci léger. Souci cuisant. Vivre sans souci. Avoir, prendre du souci. Etre dévoré de soucis. Le trône est le siège des noirs soucis. (Mass.) Nos chagrins, nos soucis, nos peines nous viennent souvent de nous. (J.-J. Rouss.) Les noirs soucis, l'ennui, la tristesse n'approchent pas plus d'ici que te vice et le remords dont ils sont le fruit. (J.-J. Rouss.) Nous sommes des gaillards sans SOUCIS. ( Le Sage.) Toute la vie de l'homme fut d'abord absorbée par un souci, cefui de subsister. (Mich. Chev. ) Votre cœur a bien d'autres soucis que mon sot petit manuscrit. (Q. Sand.) liien de plus doux que de voyager seul, en pays inconnu, sans but précis, sans soucis récents. (Taine.) Nous sommes une génération assise, que retiennent dans le déiir de la paix le souci des intérêts d'argent et celui de l'étude. (C. Dolfus.) On ne comprend pas assez les seroices que rend dans le monde la médiocrité, les soucis dont elle nous délivre et la reconnaissance que nous lui devons. (Renan.)

D'un mari sur ce point j'approuve le souci.

Molière.

Avec nos biens s'accroissent nos soucis-

De pensera sur pensers mon âme est agitée, De soucis sur soucis elle est inquiétée.

Corneille.

Les maux par les grandeurs ne sont pas adoucis : Plus on est élevé, plus on a de soucis.

Gilbert.

Les noirs soucis agitent quelquefois Le3 courtines de pourpre où sommeillent les rois.

ClLGNEDOLLB.

Oui, la vie est un bien, la joie est une ivresse ; 11 est doux d'en user sans crainte et sans soucis. A. de Musset.

Vivre sans trop de peine et sans souffrance amère Est l'unique souci de mon âme sur terre.

A. Barbier.

Hélas! petits moutons, que vous êtes heureux! Vous paissez dans nos champs'sans souci, sans alar- Aussitôt aimés qu'amoureux. [mes,

M">« Desiioulièkes.

Qu'il fait bon ne rien faire, Libre de toute affaire, Libre de tous soucis!

Ta. Gautier.

Aux noces d'un tyran, tout le peuple en liesse

Noyait son souci dans les pots; Esope seul trouvait que les gens étaient sots De témoigner tant d'allégresse.

La Fontaine.

— Par ext. Ce qui est l'objet du souci : Ma maîtresse, mon bien, mon souci, ma chère aine.

Corneille.

Ce nouvel Adonis à la blonde crinière Est l'unique souci d'Anne la perruquiers.

— Loc. fam. Etre en souci de, Etre inquiet, préoccupé de :

Qui B'endort dans le sein d'un père N'est pas en souci du réveil.

J.-B. Rousseau.

Il Cest là le moindre de mes soucis, le cadet de mes soucis, Se dit d'une chose dont on ne se met nullement en peine, n Vous vivrez peu, vous prenez trop de souci, Se dit ironiquement à une personne qui se mêle de ce qui ne la regarde point.

— Syn. Souci, soin, aullicilude. V. SOIN.

Souci (histoirk de), par l'auteur du Péché de Madeleine, Ml 's Abbatucci (18G8). Souci est une jeune personne charmante, qui se trouve mise au ban de la société parce que sa mère a commis une faute. La première personne qui, bravant l'opinion, ose lui donner publiquement des marques d'intérêt, M. de Tresserves, entru de plain-pied dans son cœur. Lui-même ne sait pas résister au doux penchant qui l'entraîne vers Souci, dont le vrai nom est Marthe, Ce n'est pas le inonde qui l'empêche de s'unir à elle ; M. de Tresserves a le malheur d'être marié à une femme indigne de lui et dont il est séparé. Il lutte entre deux sentiments, celui de l'honnêteté, qui lui défend de tromper Marthe, et celui

souc

du bonheur, qu'il trouve dans son affection. Mais, au moment où ils s'abandonnent aux douceurs d'un amour pur, Mme de Tresserves arrive et tente de reconquérir le cœur de son époux. L'inslinct de la jalousie lui a fait deviner une rivale en Marthe, qu'elle a rencontrée et dont elle a brisé le cœur en lui apprenant qui elle est. À cette nouvelle, fou de douleur, M. de Tresserves la repousse et vole à la" demeure de Marthe. Il la trouve malade, anéantie par le coup qui l'a frappée. La nuit, il vient en secret grimper contre le mur du jardin pour la regarder dormir et s'assurer qu'elle n'a pas succombé à l'excès de son malheur. Pendant ce temps, on relève le cadavre de Mm» de Tresserves, dans un sentier, avec une blessure à la tête. Toutes les présomptions s'élèvent contre son mari, que les paysans jaloux accusent du meurtre et veulent aller assiéger dans son château. Marthe arrache à l'un d'eux, qu'elle va trouver au milieu de la nuit, l'aveu de la vérité qui doit sauver celui qu'elle aime; mais au retour elle tombe dans un précipice. Elle n'est pas tuée sur le coup; vivra-t-elle? Un miracle peut seul la sauver. M. de Tresserves le tentera par l'amour ; il l'épouse, maintenant qu'il est libre, sans savoir si le ciel lui permettra de la posséder, t Ce furent, dit l'auteur, de tristes noces que les leurs, comme si, dans son bonheur même, Souci dût éprouver la fatalité de ce nom qu'une fantaisie douloureuse avait attaché à sa vie. » Cette fatalité est-elle vaincue ou s'acharnera-t-elle après sa victime? Nous l'ignorons, car la phrase que nous venons de citer est la dernière du livre.

C'est une touchante histoire que celle de cette malheureuse Souci, vouée & l'infortune dès sa jeunesse, sans avoir rien fait pour la mériter et la supportant avec une sainte résignation. Rien n'est pur, frais et virginal comme le cœur de cette enfant s'ouvrant à la fois à la vie et à l'amour, comme une fleur que la foudre doit renverser le soir. C'est une heureuse création, comme le récit tout entier est une charmante lecture pour tous ceux qui préfèrent la sensibilité vraie à la fausse sensiblerie de certains romans du jour, et la peinture du cœur aux écarts de l'imagination.

SOUCIER v. a. ou tr. (sou-si-é — rad.

souci. — Prend deux i de suite à la première et a la deuxième pers. du pi. de l'imp. de l'indic. et du prés, du subj. : Nous souciions; que vous souciiez). Chagriner, affecter : Je suis sûr que mon absence te soucie beaucoup. (Diderot.)

Eh! je Crois que cela faiblement vous soucie.

Molière.

Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi Me fasse peur ni me soucie ?

La Fontaihe.

Losl qu'avez-vous qui vous soucie

Comme je le voi?

Si c'est d'aimer, je vous en prie.

Dites-le moi.

Monciup.

II Ce sens actif a vieilli.

Se soucier v. pr. S'inquiéter, faire cas : Faites tout ce qu'il vous plaira, je ne m'en soucie guère. (Acad.) Je mb soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de lui? (Acad.) Je ne me soucie ni du bien ni du mal que vous pouvez me faire. (Bossuet.) Je ne me soucie guère de tous les fous que je vois, et je me crois sage en me moquant d'eux. (Fén.) C'est de vos égards et non de votre argent qu'il se soucie. (Regnard.) Quand on a des arbres d planter, on ne su soucie guère d'un ami languissant. (Volt.) Soyez assez philosophe pour vous soucier peu de le paraître. (Mme Du Deff.) Je ne mb soucie pas qu'il m'aime, jeun soucie qu'il m'épouse. (Mme de Caylus.) Rien de plus lourd à supporter que les chagrins des gens dont on ne se soucie pas. (Mme Guizot.) C'est peu pour l'homme de surmonter les obstacles, il veut les supprimer pour n'avoir plus à s'en soucier. (Guizot.) Il parait être de ceux qui, pour peu qu'ils aient le présent, se soucient peu de l'éternité. (Ste- Eeuve.) Les souverains qui lisent peu se soucient médiocrement de ce 'qu'on peut écrire. (Ed. About.)

— Se soucier de quelqu'un, de quelque chose, En avoir envie :

Eh i qui vous dit, monsieur, que l'on ait cette envie, Et que de vous enfin si fort on se soucie ?

Molière.

— Je ne me soucie pas, Il ne me plaît pas, il ne me convient pas : Ja ne me soucie pas de faire cette acquisition, qui me dounerait trop de tracas.

— Loc. proverb. 5e soucier d'une chose comme de l'an quarante, comme de cela, comme d'un fétu, comme de sa première chemise, comme un poisson d'une pomme, Ne s'en soucier, n'y tenir nullement : Elle m'avait donné son portrait, je l'ai perdu; un autre s'en pendrait ,- je m'en soucie comme de cela. (Le Sage.) Quant à ces bagatelles brillantes qui ornent la tète des reines, je m'en soucie comme d'un fétu. (G. Sand.)

SOUCIET (Etienne), littérateur français, né à Bourges en 1671, mort à Paris en 1744. Entré à l'âge de dix-neuf ans dans l'ordre des Jésuites, il se rendit à Paris, où il fut nommé professeur de théologie morale, puis conservateur de la bibliothèque du collège

SOUÛ

ood

Louis-le-Grand. Les Mémoires de Trévoux, dont il était un des principaux collaborateurs, ont donné son éloge avec la liste de ses ouvrages (avril 1744). Les principaux ouvrages du Père Souciet sont : Recueil de dissertations critiques sur des endroits difficiles de l'Ecriture sainte, etc. (Paris, 1715, in-4°); Recueil de dissertations chronologiques (Paris, 1725-1736, 2 vol. in-4") ; Observations mathématiques, astronomiques, géographiques et physiques, tirées des anciens livres chinois ou faite* nouvellement aux Indes et à la Chine par tes missionnaires jéiuites (Paris, 1729, in-4<>). — Etienne-Auguste Souciet, frère

fiulné du précédent, mort -en 1744. On a de ui deux poèmes latins : Cornets (Caen, 1710, in -8°) et dans le tome II des Poemata didascalica (190-239). — Jean Souciet, frère cadet des précédents, mort vers 1763. Il .fut l'un des principaux collaborateurs du Journal de Trévoux, de 1737 a 1745, et fut, depuis la mort de ses frères jusqu'à la suppression de la société de Jésus', bibliothécaire du collège Louis-le-Grand. "

SOUCIEUX, EUSE adj. (sou-si-eu, eu-ze — rad. souci). Qui a du souci; qui est inquiet, pensif, chagrin : Vous paraissez soucieux. • Depuis quelques jours, cette jeune fille est toute soucieuse. Les chefs seulement étaient soucieux en songeant au jugement que le premier consul porterait de leur conduite. (Thiers.)

— Qui marque du souci : Air soucieux.

Front soucieux. Mine soucieuse. Il faut être sot, insensible ou faux, pour n'avoir jamais vn air soucieux. (Boiste.) Ses cheveux avaient blanchi, son front s'était creusé sous des rides soucieuses. (Alex. Dumas.) Il prit le maintien soucieux d'un être intelligent qu'on vient d'investir d'une grande responsabilité. (Méry.)

Sur ton front soucieux Je vois passer une ride légère.

G. Delaviohe.

Son regard sounieux, son front ridé qui penche, Voilà de ses ennuis d'infaillibles témoins.

Lachamdeaudis.

Une larme furtive est au bord de tes yeux, Et je cherche pourquoi, couronné de jeunesse. Ton front s'incline soucieux.

H. Cantel.

— Qui prend souci, soin ; qui s'occupe , Celte dégradation de la chaîne commune rive l'âme au châtiment qui frappe le corps ; la loi devrait être prévoyante, attentive au remords, soucieuse au repentir. (M« L, Colet.) Le monde, depuis sa transformation, est-il devenu, dans son ensemble, plus intelligent, plus honnête, plus soucieux de la liberté, plus ssnsibla aux belles choses? (Renan.)

SOUCOUPE s. f. (sou-kou-p*e — contraction de sous-coupe, de sous et coupe, proprement ce qui est sous la coupe). Sorte de petite assiette qui se place sous une tasse, sous un gobelet de même matière : Soucoupe de porcelaine, de faïence. Soucoupe de cristal. Verser son café dans la soucoupe. Faire onller de l'eau-de-vie dans sa soucoupe. Tout le monde boit son café dans sa tasse, et jamais dans sa soucoupe. (Berch.)

Quand du moka mes lèvres ont d'abord Bien épuisé la coupe.

Mes lèvres pressent encor Les bords de la soucoupe.

DEMOOSTIEtt.

— Assiette à pied sur laquelle on place des verres, des carafes, il En ce sens, on dit plus ordinairement plateau.

— Bot. Espèce de champignons.

SOUCOURROUS s. m. (sou-kou-rou — nom

brésilien). Erpét. Grand ophidien, peu connu, qui vit dans les lacs du Brésil: Les soucouhrous ne diffèrent des soucourrys queparce que les premiers sont bleus et les seconds gris. (E. Desmarest.)

SOUCOURRYS s. m. (sou -kou-rî). Erpét.

Grand ophidien, voisin des soucourrous.

SOUCRILLON s. m. (sou-kri-llon; Il mil). Agric. Espèce d'orge d'hiver.

SOUCROURETTE s. f. (sou-krou-rè-te).

Ornith. Espèce de sarcelle d'Amérique.

SOUCROUROUs. m. (son-krou-rou). Ornith Espèce de sarcelle d'Amérique.

SOIiCY (CREUX-DE-). V. CreUx-de-Soucy

SOUDABIL1TÉ s. f. (sou-da-Li-li-té — rad.

soudable). Propriété que possèdent certains

corps de s'unir avec eux-mêmes.

SOUDABLE adj. (son-da-ble — rad. souder). Techn. Qui peut être soudé.

SOUDAGE S. m. (sou-da-je — rad. souder). Action de souder; résultat de cette action : Ce soudage a été mal fait, il faut le recommencer.

— Fig. Accord complet, parfaite assimilation entre deux personnes : Toussaint ne put s'accorder avec Nicolette, le soudage de deux vieilles filles étant impossible, et s'en alla. (V. Hugo.)

SOUDAGH ou SOUDAK, bourg fortifié et maritime de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Tauride, sur la côte méridionale de la Crimée, à 103 kilom. S.-E. de Simféropol; 1,000 hab. Sur un rocher escarpé à l'O. du bourg s'élève le fort qui défend Soudagh, dont les anciennes fortifications tombent en ruine. En 1824, quelques colons de Wurtemberg vinrent s'établir à Soudagh, où

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ils ont surtout fait prospérer la culture de la vigne.

SOUDAIN, AINE adj. (sou-dain, è-ne — du latin subilanus, pour subitaneus, venu luimême de subilus, subit. On écrivait autrefois soubdain). Prompt, subit : Départ soudain. Mort soudaine. Emporté d'un coup soudais, il meurt comme Judas Macchabée. (Boss.) Ne vous figures pas ces élévations soudaines que produit quelquefois dans les Etats l'heureuse ambition des sujets ou l'aveugle faveur des princes. (Fléch.) La sagacité n'est point une pénétration progressive, mais soudaine, gui franchit le milieu des idées et touche au but dès le premier pas. (Marmont.) Plus un homme a contracté l'habitude de la réflexion et de la dialectique, moins il est capable de prendre une résolution soudaine. (Proudhon.) La seule impression des rayons dévorants du soleil peut déterminer une mort soudaine. (A. Maury.)

Chez nous tout est soudain, c'est notre caractère.

Voltaire.

— Adverbialcm. Dans le même instant, aussitôt après : // reçut l'ordre, et soudain il partit. (Acad.) Soudain, à l'horreur du tu-

. mnlte succédait l'horreur du silence. (Marchangy.)

De grands cris ont soudain attiré mes regards.

Racine.

Il ouvre un cei1. mourant qu'il referme soudain.

Kacihe.

Le cuisant souvenir d'une action méchnnte, Soudain, au moindre mot, nous donne l'épouvante.

TH. CORNEtf>LE.

Il regarde, et soudain, dans un éclat céleste, A ses yeux enchantés Vénus se manifeste.

DBLILLE.

Quand je vois uds ailette, Soudain mon cœur fait tic-tac.

DÉSAUOIERS.

— Syn. Soudain, subit. Soudain marque la nature même des choses, subit marque simplement le fait. Ce qui est soudain ne pouvait pas être prévu, ce qui est subit ne l'était pas. On est toujours étonné par un événement subit, on ne l'est pas toujours par un événement soudain .- quand une balle vient frapper au cœur un soldat sur le champ de bataillé, sa mort est soudaine, mais elle n'étonne pas; la mort subite d'un homme frappé d'apoplexie cause toujours une grande impression sur ceux qui en sont témoins.

SOUDAINEMENT adv. (sou-dè-ne-man — rad. soudain). D'une manière soudaine, subitement : Partir, mourir soudainement. Le soleil, couché ou non, avait entièrement disparu dans un de ces brouillards qui enveloppent soudainement son déclin ou son apparition dans les jours d'hiver.' (G. Sand.) On crut faire immédiatement des citoyens en leur donnant des droits, et transformer soudainement par des lois une vieille monarchie absolue en une pure démocratie. (Mignet.)

SOUDAINETÉ S. f. (sou-dè-ne-té — rad.

soudain). Qualité de ce qui est soudain : La soudaineté de celte irruption les effraya. Les beautés de La Fontaine paraissent quelquefois une heureuse rencontre et possèdent, pour me servir d'un mot qu'il aimait, la grâce de la soudaineté. (Chamf.) Il faut assortir toutes ces choses à la Révolution et sauver la soudaineté de passage. (Mirab.)

SOUDAN s. m. (sou-dan — autre forme du mot sultan, que nous avons empruntée aux langues du Midi : italien soldano, espagnol soldan, provençal Soudan). Hist. Nom donné d'abord, dans l'Orient, à des chefs militaires, puis à quelques princes mahométans, surtout en parlant des souverains d'Egypte. Il On dit aussi souDiCH.

SOUDAN, dénomination par laquelle on désigne toute la région centrale de l'Afrique, depuis les contrées voisines de l'Atlantique jusqu'à l'Abyssinie, région nommée aussi par les Européens Nigritie et Belad-el-Takrour (pays des convertis) par les Arabes. Compris entre 17° de latit. N. et 10° de latit. S. et entre 20» de longit. 0. et 24° de longit. E., le Soudan a pour limites assez vagues au N. le grand désert du Sahara, à l'O. ie Sénégal, la Gambie et une partie de la Guinée supérieure, au S. les pays incomplètement explorés qui forment la partie septentrionale de la Cafrerie, et à l'E. l'Abyssinie. Ainsi délimité, le Soudan se divise conventionnellement en deux parties : le Soudan occidental, depuis la Sênégurnbie jusqu'au lac Tchad; le Soudan oriental, depuis le même lac jusqu'à la limite occidentale de l'Abyssinie. Cette vaste contrée, dont l'exploration a fait depuis le commencement do ce siècle tant de victimes parmi les hardis voyageurs qui ont tenté de la faire connaître à l'Europe, est encore bien incomplètement connue. Mungo-Park, à la lin du siècle dernier, le docteur Barth, M. Tremeaux et le docteur Cuny, dans ces dernières années", sont les explorateurs les plus célèbres et les plus autorisés dont les relations ont soulevé un coin du voile qui couvre encore ce mystérieux pays. C'est en prenant pour guides ces pionniers de la science que nous allons tracer à grands traits une esquisse de cette vaste contrée.

La superficie du Soudan est évaluée à 355,000 niyriamètres currés et sa population à 40 millions d'habitants. Une chaîne de montagnes, connue des anciens sous le nom de

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monts de la Lune, et qui traverse toute l'Afrique de l'E, à l'O., forme, selon quelques géographes, la limite du Soudan au S.; Ptolémée plaçait ces hauteurs vers 12° de latit. S.; mais des explorations récentes ont donné lieu de croire qu'elles se rapprochent beaucoup plus de l'équateur et qu elles s'étendent vers 6° ou 6° de latit. S. Ces montagnes, en s'étendant vers l'O., dépassent même la ligne équatoriale et paraissent se rattacher aux monts Kong, dans la Guinée, et ne former qu'un seul système avec cette dernière chaîne. La chaîne des monts de la Lune parait aussi envoyer au N. plusieurs ramifications dans le pays des Zeg-Zeg et dans le Mandura. Parmi les nombreux cours d'eau auxquels ces montagnes donnent naissance, il faut citer le Niger ou Kouara, qui se grossit de l'Otrlaba, de la Coubbie, du Quarrama et de la Ninqua; le Sénégal et la Gambie prennent aussi leur source dans le Soudan occidental ; cette partie appartient au bassin de l'Atlantique. Le Soudan oriental ou égyptien déverse toutes ses eaux dans la Méditerranée par le Nil; tout le cours supérieur, depuis le lac Nyanza, reçoit un grand nombre de tributaires, tels que le Saubat, le Faf et le Bibar. Les autres cours d'eau qu on rencontre dans la partie centrale du Soudan, entre autres le Chary et l'Yeon, se déchargent dans une espèce de mer intérieure qui porte le nom de lac Tchad. Dans cette partie de l'Afrique on rencontre encore plusieurs autres lacs d'une vaste étendue, tels que le Kendsi, le Fittri , et de nombreux étangs, surtout dans le Baguermi. Dans la partie centrale du Soudan, les cours d'eau, alimentés annuellement par les pluies tropicales et coulant sur un sol dont le relief est indécis, se changent pendant la saison sèche en marécages, déposent alors le limon que leurs eaux charrient, exhaussant ainsi leur lit, de sorte qu'à la saison suivante ces rivières sont forcées de se tracer un cours nouveau et se déplacent sans cesse. Le climat du Soudan est très-chaud par suite de la position de ce pays entre les tropiques; l'ardeur des rayons du soleil produit dans les contrées marécageuses dont nous venons de parler des exhalaisons pestilentielles qui répandent des fièvres pernicieuses dont sont victimes lès populations voisines. Cependant sur plusieurs points la chaleur est tempérée par les forêts immenses du pays, par le voisinage des montagnes couvertes de neiges et par les pluies périodiques.

Les richesses minérales, botaniques et zoologiques du Soudan sont encore moins bien connues que sa topographie. Toutefois, par les objets de fabrication grossière en or et en fer des Soudaniens, on voit que ces deux métaux existent dans ces contrées. Il est probable que l'or s'y trouve dans les cours d'eau à l'état de paillettes. Quant aux minéraux recelés dans les flancs des montagnes, ils n'ont pas dû être exploités. Dans le Soudan, les parties entièrement arides sont rares; le sol est partout couvert d'une herbe souvent vigoureuse qui nourrit d'innombrables troupeaux à l'état sauvage, et le paysage est semé d'arbres de grande taille et d'essences variées, qui fréquemment se groupent en bouquets assez étendus pour mériter le nom de bois ou même de véritables forêts. La flore du Soudan varie suivant la latitude et l'altitude. Le dattier est commun dans ie Kanem, au N. du lac do Tchad ; il se montre de même au N. de Wara et dans le Kordafan. Le baobab se montre presque partout dans le Kordafan, le Datfour et le Bournou; mais on n'en trouve pas dans le Baguermi, dans le Kanem et aux environs du lac Fittri. Les mimosas, le taleb, le tamarinier et lo sycomore sont communs à tout le Soudan septentrional. Ces arbres y forment de vastes forêts, dont les clairières seules ont été fréquentées, et dont les profondeurs n'ont pu être sondées par les courageux explorateurs de l'Afrique. Ces forêts mystérieuses, asiles des bêtes féroces, n'ont pas l'aspect majestueux des forêts vierges de l'Amérique ; elles sont rabougries, soit qu'elles aient épuisé le sol, soit que les vents ou toute autre cause inconnue en arrêtent le développement.

Parmi les plantes connues qui forment la fond de la culture des habitants, il'faut placer en première ligne le riz, le inillet, le maïs , la patate , 1 igname , la banane , le dourha ou holcus sorgho, les fèves de diverses espèces et le cotonnier. C'est près des grands lacs, des étangs, des cours d'eau que se groupe la vie animale dans le Soudan. L'hippopotame et le crocodile habitent le chenal profond des grands fleuves et le bassin des lacs. Non loin des bords des lacs et des rivières se rencontrent l'éléphant, la girafe, lo buffle sauvage, l'antilope, la panthère, le lion, le chameau, le chacal, l'hyène et les singes. Parmi les insectes innombrables du Soudan, il faut citer les sauterelles, les fourmis, qui sont d'une grosseur prodigieuse, les scorpions et les abeilles, dont le miel est une des principales richesses des Soudaniens. Des serpents d'une grosseur prodigieuse se cachent sous les herbes et des oiseaux d'un plumage éclatant et varié peuplent les arbres de ce pays trop peu connu.

Le Soudan est peuplé par trois races différentes : 10 les Touaregs, sur les frontières du Sahara, restes, comme les Kabyles et les Berbères, de l'ancienne race indigène de l'Afrique septentrionale, les Ethiopiens ou Chami-

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tes ; 2° les Arabes, issus, les uns desKoreischites qui se réfugièrent dans l'Afrique centrale pour échapper aux persécutions des premiers musulmans , les autres des tribus venues d'Egypte et du Maroc pour imposer l'islamisme aux Nègres et aux premiers Arabes ; 3° les Nègres, qui forment la majorité de la population, et qui, bien que convertis à l'islamisme, ont conservé la plupart des pratiques superstitieuses, la croyance aux sorciers, aux amulettes , aux talismans. Quelques tribus nègres sont encore complètement idolâtres et professent Je plus grossier fétichisme. En 1868, un voyageur a même rencontré un petit Etat dont les habitants n'avaient aucune croyance religieuse. Un trait malheureusement certain, général et déplorable du caractère des populations nègres du Soudan, c'est la férocité qu'ils déploient dans leurs guerres continuelles. L'habitude du vol est généralement répandue chez eux, et c'est toujours le riche qui pille et vole le pauvre. L'industrie des Soudaniens, quoique peu avancée, est oxercée par eux avec activité et habileté ; ils fabriquent une assez grande quantité d'étoffas de coton, des nattes, dont on fait un grand usage soit pour se coucher, soit pou..- s'asseoir, quelques bijoux en or, des lances, des javelots, des haches, des épées et quelques ustensiles en fer. L'intérieur de l'Afrique est le centre d'un commerce fort important; il se fait généralement par caravanes; celles qui traversent le désert se servent de chameaux ; dans les part es montueuses, l'âne est la bête de somme la plus généralement usitée; mais, dans les grandes plaines fertiles du Haoussa et du Yarriba, la bête de somme que l'on emplo e de préférence, c'est la femme. Le marchand africain n'a ni comptoir ni magasin ; il accompagne lui-même ses marchandises à travers les plus grandes distances et se voit souvent forcé de défendre son bien les armes à la main. Les principaux objets du commerce d'exportation Sont les dents d'éléphants, la poudre d'or et les gommes ; l'importation consiste surtout en draps grossiers de couleurs éclatantes , papier à écrire, anneaux, bracelets en argent, verre, corail, ambre, armes blanches et armes à feu, Le nombre des Etats it dépendants ou tributaires qu'on rencontre dans le Soudan est très-considérable; nous nous contenterons de nommer les plus importants ; ce sont, dans le Soudan occidental : ceux des Mandingues, de Bambara, de Tombouctou. des Fellatahs, de Haoussa; le Bornou et le Kanem, aux environs du lac Tchad ; le Baghermi ou Baguermi, le Waday, le Darfour et le Kordafan dans le Soudan oriental. Tous ces Etats ont des gouvernements complètement despotiques. Les souverains africains ne se distinguent pas en général par la pompe et la magnificence de leur deme jre ; leur costume est des plus simples et ne diffère pas généralement beaucoup de celui de leurs sujets. Tout leur luxe consiste dans la multitude de leurs femmes. Leurs armées se composent d'une milice turbulente, qui prend les armes quand elle en reçoit l'ordre et qui ne vit qu'en mettant au pillage les pays qu'elle traverse. Leurs armes sont en gé léral une pique et un bouclier; les armes à feu ne sont guère qu'entre les mains des Arabes, qui décident presque toujours du soit le la bataille. Somme toute, le Soudan est en;ore de nos jours un pays complètement sauvage; l'islamisme n'a pu eucore le pénétrer de sa civilisation grossière, et il est à présumer que plusieurs siècles s'écouleront avait que la civilisation européenne, qui a entamé l'Afrique sur tous les points de sa périphérie, ait fait briller ses premières lueurs sur la partie centrale du continent africain.

SOUDANIEN, IENNE s. et adj. (sou-da-niain, iè-ne — rad. Soudan). Qui a rapport au Soudan : Un Soudunien. Une Soudanienne.

Le climat soudanien,

SOUDARD s. m. (sou-dar. — Ce mot que l'on n'emploie aujourd'hui que très-rarement, était fort usité au xve et au xvie siècle. Dans les siècles précédents en disait plutôt soldeier, soldier, soudoiei , soudeer, etc., en basse latinité, soldarius. Quant à la forme soldat , elle est de la dernière moitié du xvie siècle et provient de l'italien soldato, ainsi qu'en témoigne Henri Estienne dans son Dialogue du nouveau langage français italianisé). Vieux mot qui signifiait soldat : C'est par cette porte que l'armée de soudards du connétable de Bourbon se rua sur Dôme, qu'elle saccagea durant pi meurs jours.(Mm-vL. Colet.)

— Se dit encore, mais avec une intention de dénigrement, en parlant d'un ancien militaire qui a conservé des habitudes soldatesques : C'est un vieux soudard.

SOUDAY, bourg de Frt.nce (Loir-et-Chefr), arrond. de Vendôme; 1,347 hab. Souday n'offre guère de remarquable que son église, reconstruite au xvie siècle, en partie aux frais de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans don); dépendait le prieuré qui était joint à cette église, en partie par les soins de Nicolas de Marescot, seigneur de Souday. On parvient au chœur de l'église de Souday, élevé de 3 mètres au-dessus de ta nef, à l'aide do deux escaliers de seize marches, formant fer à cheval, et entre lesquels s'ouvre une arcade qui donne accès dans une chapelle

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souterraine. Cette chapelle renfermait jadis une statue de la Vierge, but d'un pèlerinage très-fréquenté. L'église de Souday, dont un incendie avait détruit le clocher en 1833, a subi depuis quelques années d'importantes restaurations. On remarque encore six beaux vitraux où sont représentés le seigneur de Souday, fondateur de l'église, sa femme Alix de Mésange, et deux religieux de Saint-Vincent, dont l'un passe pour Rabelais aux yeux de quelques archéologues.

SOUDDHODANA ou ÇOuDDIIODANÀ , le

saint Joseph de la religion bouddhique. Il épousa Maha-Maya (c'est-à-dire la grande illusion), qui, quoique vierge, conçut par l'influence céleste un divin enfant qui fut Bouddha. Souddhodana appartenait à la famille des Çakyas ou Chakyas et 0 la dynastie des Gotamides ou Gautamides. Il était roi de Magadha; suivant d'autres, il régnait à Kapilavas, capitale d'un petit royaume au nord du Gange, L'époque à laquelle vivait Souddhodana est aussi incertaine que celle de la naissance de Bouddha, qui eut lieu, suivant les uns au va, suivant d autres au vno ou au xe siècle av. J.-C. «

SOUDE s. f. (sou-de. — On dérivo généralement ce mot du lat. solida, féminin de solidus, solide ; mais cette origine est fort douteuse). Bot. Genre de plantes, de la famille des chénopodées, type de la tribu des salsolées, comprenant une quarantaine d'espèces, qui croissent dans les lieux maritimes des régions tempérées du globe : Ily aparmi les soudes des espèces annuelles et vivaces. (Bosc.) Depuis longtemps on recommande de préférence la culture de la soude barile. (T. de Berneaud.) On pourrait cultiver la plupart des terrains stériles qui se trouvent sur tes côtes maritimes, au moyen des différentes espèces de soudes. (V. de Bomare.)

■ — Chim. Sel qu'on retire des cendres de la soude et de quelques autres, et qu'on trouve aussi dans la nature combiné avec d'autres substances : Soudk du commerce. Soude d'Espagne. Soude de Nnrbonne, de Normandie.

j Soudk caustique. Il Soude naturelle, Soude 1 obtenue directement des varechs et des sou- I des. Il Soude artificielle, Soude préparée par | des procédés chimiques.

I — Encycl. Bot, Les soudes sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux , à feuilles alternes ou opposées, charnues et* presque cylindriques; à fleurs verdâtres , herbacées et peu apparentes. Les espèces assez nombreuses de ce genre' sont répandues dans les climats tempérés , où elles croissent de préférence sur le littoral des mers et dans les terrains salés. Quelques espèces ont, ou plutôt ont eu une certaine importance industrielle. Telles sont notamment les soudes barile, kali, vulgaire, épineuse, etc. Toutes ces espèces croissent au pourtour du bassin méditerranéen, et quelques-unes sont encore cultivées aux environs d'Alicante ou dans d'autres localités du midi de l'Europe. On les sème quelquefois en mélange avec le blé, et, quand cette céréale ne réussit pas, par suite de la sécheresse, on en I est dédommagé, au moins en partie, par la j récolte de la soude; cette dernière plante sert d'ailleurs à utiliser des terrains tout à fait perdus.

La soude est d'une culture facile ; après avoir donné au sol plusieurs labours et au besoin une fumure, on sème en octobre ou en novembre, le plus souvent sans recouvrir la 'graine ; mais alors on a soin de choisir pour le semis un temps pluvieux. Au printemps, dès que la plante a quelques centimètres de hauteur, on donne un sarclage, et on réitère cette opération aussi souvent qu'il est nécessaire pour détruire les mauvaises herbes. Vers la fin d'août, on peut procéder à la récolte ; mais on laisse ordinairement sur pied pendant un mois encore les sujets destinés à servir de porte-graines; on réserve ceux-ci sur les bords, afin de pouvoir labourer le centre et le préparer a recevoir du .blé. L'arrachage est très-facile, car la plante rx'est attachée au sol que par une racine fort mince; les ouvriers n'emploient pour cela qu'une petite faucille. On met les plantes en tas peu compactes, afin de les faire sécher jusqu'au moment où on doit les brûler.

Du reste, les procédés de culture sont susceptibles de varier. A Alicante , on sème quelquefois de la soude en janvier pour la récolter en juin. On a remarqué aussi quo cette plante a la propriété de dessaler lu terre et de la rentlre apte à recevoir d'autres végétaux. 0 En Caroline, dit Bosc, où chaque année on digua une portion des immenses marais salés qui sont le long do la côte, on connaît bien cette influence de la soude et des autres plantes véritablement marines pour accélérer la mise en culture de ces marais, lorsque l'eau de la mer n'y afflue plus ; aussi a-t-on soin d'empêcher qu'elles ne soient coupées ou mangées avant la maturité de leurs graines, afin que ces graines fournissent de nouvelles plantes pour l'année suivante. Au moyen de ces seules précautions, on cultive en rîz ou en maïs, la troisième ou la quatrième année, des localités qu'on ne pourrait cultiver autrement que la dixième ou la douzième, car les eaux des pluies sont très-lentes à entraîner le sel marin qui se trouve déposé à quelques pouces de profondeur. 1

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Les feuilles des soudes ont une ^veur salée et piquante ; aussi les mange-t-on dans nuelques pays. Tous les bestiaux, les moutons surtout, aiment beaucoup ces plantes. Aux environs de Narbonne, on donne les feuilles en guise d'avoine aux chevaux de labour. On leur attribue la propriété de donner des forces aux animaux domestiques et de les faire engraisser. En médecine, elles passent pour apéritives, diurétiques et antiulcéreuses; on les a vantées contre la gravelle, les vers, les obstructions, les maladies de la peau ; mais on a recommandé de ne pas en donner aux femmes enceintes, aux personnes qui ont des ardeurs d'urine ou des dispositions à l'inflammation de la vessie. Comme les soudes croissent même sur les sols immergés et que leurs tiges souples et pliantes cèdent sans se briser à l'action des îlots, elles peuvent servir à fixer les sables maritimes, ainsi qu'a exhausser et améliorer ces terrains infertiles. On les cultive quelquefois dans les jardins, moins pour l'agrément que pour la bizarrerie de leur port. Elles peuvent même végéter sur des terrains dépourvus de sel marin ; mais alors, au bout de quelque temps, elles ne renferment plus que de la potasse au lieu de soude.

Toutefois ces plantes donnent un produit plus important; c'est la soude naturelle du commerce.

— Chim. Le sodium est celui des métaux alc&lius qui donne naissance aux produits les plus importants. Outre le chlorure de sodium, ou sel marin, dont il est inutile de parler ici, le sodium donne deux sels dont l'importance industrielle est immense, le sulfate et le carbonate de soude. Nous allons étudier sommairement ces deux produits, dont l'un, le sulfate, sert à la préparation du carbonate artificiel, après quoi nous dirons quelques mots du bicarbonate, du nitrate et du silicate de soude dont il a été déjà question dans ce Dictionnaire aux acides carbonique, nitrique et siliciq.uk (v. ces mots). Nous terminerons cet article par quelques lignes sur la soude caustique.

— Sulfate et carbonate de soude. La soude naturelle, quilse présente à l'état de soude carbonatée, est abondamment répandue dans la nature. On en distingue deux variétés, le natron et le trôna. Le premier se rencontre Surtout en Hongrie, aux environs de Debrecziu ; en Russie, dans les plaines qui bordent la mer Noiro et la nier Caspienne ; en Egypte, à l'ouest du Nil j en Arabie, au Pérou, aux Indes, au Thibet. Dans ces diverses régions, on rencontre la soude carbonatée dans des lacs, mélangée à du chlorure de sodium; pendant l'hiver, ces lacs se remplissent, sur une profondeur d'environ 2 mètres, d'une eau ferrugineuse. Lorsque les eaux baissent, les deux sels cristallisent successivement, le natron le premier, le chlorure de sodium ensuite. Suivant Berthollet, la présence dans ces lacs du carbonate de soude est due à une double décomposition qui s'opère entre le chlorure de sodium et la roche calcaire encaissante. Le trôna doit être considéré comme un sesquicarbonate, de soude hydraté, mais sa composition est variable; on l'a trouvé dans certains lacs du Fezzan, sur les bords du grand désert africain, à l'entrée du Soudan. M. Dufrénoy pense que le troua est le véritable carbonate de soude de la nature. On Va trouvé en Colombie dans des terrains tertiaires réguliers.

Jusqu'à la fin du siècle dernier, c'est-à-dire jusqu'au jour où les progrès de la chimie permirent de demander au sefede cuisine le sodium qu'il renferme, le carbonate de soude employé par l'industrie provenait d'une façon exclusive du règne végétal, si nous en exceptons toutefois celle que fournissait le natron. On sait en effet qu'un {jrand nombre de plantes marines renferment de la soude qu'elles doivent à l'eau de la iner. La fabrication des soudes dites naturelles, considérablement restreinte aujourd'hui, utilise des plantes qui varient suivant les pays. En Espagne, ce sont les différentes espèces de barilles ou salsolaj à Ténériffe , la ficoïde glaciale; en Languedoc et en Provence, les salicors, les chénopodes, les arroches. Sur les côtes de Bretagne et de basse Normandie, notamment aux environs de Brest et de Cherbourg, ce sont exclusivement les varechs ou goémons, plantes cartilagineuses qui poussent abondamment dans la mer et que celle-ci rejette sur ses bords ; de là le nom de soude de varech ou kelp. On extrait la soude que contiennent ces plantes de la manière suivante : Dans un terrain sec, on creuse une cavité cubique ou circulaire ; on allume dans cette sorte de fosse un feu vif et léger, puis on y jette une brassée de plantes soudières, et ainsi de suite. Les cendres subissent une demi-fusion. La combustion dure plusieurs jours, et pendant tout ce temps la masse, qui renferme constamment des parties en ignition, se trouve portée à la température rouge. Lorsqu'elle est prèsd'être achevée, on brasse, on piffaiine la soude de manière à la rendre aussi homogène que possible. On compte trois variétés : la barille douce, d'un aspect cendré formant une massa bien fondue; la barille mélangée, d'un aspect noirâtre, formant une masse cellulaire, à cassure nette; la tourbe, qualité très-inférieure, chargée en charbon et en sel marin.

Les soudes d'Espagne les plus pures peu-

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vent fournir de 20 à 25 pour 1 00 de carbonate de soude desséché; la soude de Narbonne 10 à 15, celle d'Aigues-Mortes 4 à 10 pour îoo.

C'est au Français Leblanc, qui vécut dans la misère et se tua de désespoir, qu'on doit le procédé actuellement en usage pour l'obtention de la soude au moyen du chlorure de sodium ou sel marin. L'histoire de cette grande découverte a été faite ailleurs; qu'il nous suffise d'ajouter que, depuis plus de cinquante ans, le procédé proposé par Leblanc est resté intact au milieu de toutes les modifications, de toutes les révolutions que les progrès des sciences ont fait subir aux arts chimiques. La gloire de Leblanc, longtemps contestée, a été reconnue hautement à la suite d'une enquête provoquée, il y a peu d'années, par l'Académie des sciences, et c'est avec raison que M. Hoffmann a pu dire dans son rapport si remarquable sur l'Exposition de Londres en 1S62 : i Cet homme, qui fut certainement un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité, vécut dans la pauvreté et mourut de désespoir. «Le rapporteur sent qu'il n'est que l'organe d'an sentiment universel en offrant ici le tribut d'un hommage plein de reconnaissance à la mémoire impérissable de Leblanc et l'expression de la douleur, non exempte de honte , inspirée par son malheureux sort. C'est à Arrit et à Anfrye qu'on doit les perfectionnements les plus importnnts de cette branche importante de l'industrie chimique. Le procédé Leblanc consiste à décomposer le chlorure de sodium par l'acide sulfurique, puis à chauffer le sulfate de soude ainsi obtenu avec du charbon et du carbonate de chaux.

La première théorie des réactions qui se passent pendant la fabrication de la soude paraît avoir été donnée par M. Dumas ; ce chimiste admet deux phases successives qu'on peut représenter par les équations suivantes,:

îo Na2S04 + Ca2C03 = Na^CO» + Ca^SO*. 2» Ca*SO* + C» = CaSS + 4CO.

Comme un pareil mélange provoquerait pendant la lixiviation de la masse par l'eau la reproduction de sulfure de sodium et de carbonate de chaux par voie humide, de la manière suivante :

3» Na2C03 -j- Ca^S = Na«S + CaSC03,

on emploie une forte proportion de carbonate de chaux, d'où il résulterait la formation d'un composé double insoluble de sulfure et d'oxyde de calcium aCaïS.Ca^O. Le résultat final de la fusion serait représenté par : 40 2Na*S0* -r 3Ca2C03 -f 9C

= zNa^CO» -t- CaîO,îCa*S + 10CO.

Les proportions des matières premières correspondant à cette équation seraient les suivantes :

Sulfate de soude îoo

Carbonate de chaux 105,6

Carbone 38

Cependant un certain nombre de chimistes, parmi lesquels nous mentionnerons MM. Gossage, Kynaston, Seheuret-liestner, n'admettent pas la formation de l'oxysulfure de calcium.

— Préparation du carbonate de soude artificiel. Les fours à décomposer le sel marin, qu'on désigne sous le nom de fours à sulfate, présentent dans les divers pays une partie commune. Ils renferment tous un grand vase en fonte, circulaire en France, plus ordinairement elliptique en Angleterre, où se placent le sel marin et l'acide sulfurique. Ce vase est chauffé à l'air chaud et ne laisse dégager à l'état de gaz que les deux tiers de l'acide chlorhydrique que le sel marin peut fournir, le tiers du sel marin restant combiné au bisulfate sous forme de masse pâteuse. Ce mélange doit être calciné à une température plus élevée. En Angleterre, cette opération s'effectue dans un four qui constitue une espèce de moufle chauffé par -dessus et pardessous au moyen des gaz de la combustion.

M. Stevenson a construit un four rotatoire, composé d'un cylindre horizontal en fonte, doublé d'une maçonnerie en brique. Deux ouvertures circulaires permettent a la flamme du foyer de traverser le cylindre et de chauffer le mélange qu'il contient. Le cylindre repose sur quatre galets, dunt une paire est mise en mouvement par une force mécanique et produit par là la rotation du cylindre. Dans les usines bien dirigées, on obtient une décomposition du sel presquo complète et du sulfate au titre de 99,5 pour 100. L'acide chlorhydrique (v. ce mot) obtenu dans la réaction est condensé dans de l'eau ou lancé dans l'atmosphère.

Lorsqu'on a obtenu le sulfate de soude, comme nous l'avons indiqué ci-dessus, on lo mélange avec du carbonate de chaux (ou quelquefois avec de l'hydrate de chaux) et du menu de houille, dans des proportions qui sont:

Sulfate de soude loo

Carbonate de chaux îoo

Carbone &5

Les fabricants anglais qui substituent la houille bitumineuse au charbon de bois emploient généralement :

Sulfate de soude 100

Carbonate de chaux 100

Houille 75

Le mélange est chauffé au rouge dans les fours à soude.

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Les fours les plus généralement usités sont construits en briques réfractaires et solidement maintenus par des bandages en fer ; ils ont environ 6 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur et 2 mètres de hauteur. La sole, supportée sur une masse de béton, est formée de briques réfractaires placées sur champ ; sa surface est elliptique , aussi bien que celle du plafond, dont elle est éloignée rie 0m,40 environ, de telle sorte que les angles du four sont tous les quatre arrondis. Près du foyer se trouve un autel destiné à séparer le combustible des matières en réaction. Le four a trois portes sur l'avant, autant sur l'arrière, et enfin une autre porte sur la paroi latérale opposée au foyer. La charge du mélange, qui, pour un four de semblables dimensions, est d'environ 1,500 kilogrammes, est répartie en tas égaux devant les différentes portes, puis étalée sur la sole. Les parois du four ayant été portées au rouge vif, on procède à l'enfournement.

L'opération commence par l'étage le plus éloigné du foyer, et le mélange s'y échauffe graduellement. On pousse ensuite la masse dans l'étage inférieur, plus rapproché de l'autel. La chaleur y étant beaucoup plus intense, le mélange commence à entrer en fusion, et l'apparition de nombreuses petites flammes d'oxyde de carbone indique le début d'une réaction énergique. On favorise l'opération en remuant de temps en temps la masse avec des ringards en fer jusqu'à ce qu'elle devienne pâteuse; la transformation est accomplie lorsque les peiites flammes appelées chandelles parles ouvriers deviennent moins nombreuses. C'est alors que la mussp est retirée par les portes de travail et reçue dans des chariots en fer de forme rectangulaire où elle se moule en blocs de soude brute. La soude encore rouge , telle qu'on la retire du four, dégage des torrents d'ammoniaque. On renverse ensuite le chariot, et la masse solide, d'un gris rosé, qui s'échappe de celui-ci constitue ce qu'on nomme un pain de soude. Pour rendre continu le renouvellement des surfaces et supprimer le malaxage, on a inventé un four spécial susceptible de tourner sur lui-même. Il consiste en un cylindre de fonte de 3m,50 de longueur sur 2n>,25 de diamètre, doublé dans son intérieur de briques réfractaires. Ce cylindre porte une roue dentée qui, mise en mouvement par une chaîne, détermine le mouvement de rotation du cylindre lui-même, tandis que des galets le maintiennent sur place. II présente à chacune de ses bases une ouverture circulaire ; l'une d'elles correspond à un foyer ordinaire que la base du cylindre rase dans son mouvement ; l'autre est placée devant l'ouverture d'un four ordinaire à évaporer les lessives, i[ui communique avec la cheminée. Une porte placée sur la surface latérale du cylindre permet d'introduire rapidement dans l'appareil les matières premières, déposées d'avance dans une trémie. Cette porte permet à son tour l'évacuation de la soude cuite, qui est reçue dans des moules à soude roulant sur un chemin de fer. Le cylindre fait une révolution toutes les deux minutes, et chaque cuite, qui emploie 600 ou 700 kilogrammes de sulfate de soude, dure environ deux heures.

Il s'agit ensuite de séparer le carbonate de soude formé de la partie insoluble qui l'enveloppe ; on procède donc au lessivage. La plus ancienne méthode de lessivage est celle du touillage, qui consiste à pulvériser la soude brute, à la tamiser, puis à la mélanger dans un tonneau avec quatre fois son poids d'eau; on laisse ensuite reposer ce mélange et l'on obtient ainsi une première solution que l'on décante ; celle-ci est mélangée avec une nouvelle quantité de soude brute, et l'on répète trois ou quatre fois ce traitement. Le résidu de cette opération a reçu le nom de marc de soude. La méthode de lessivage par ûltration consiste à placer la soude brute dans des cuves en tôle, munies d'un faux fond percé de trous, et dans lesquelles on la fait séjourner quelque temps au contact de l'eau. Un industriel anglais, M. Shanks, est l'auteur d'un procédé de lessivage méthodique qui présente des avantages incomparables. 51. Shanks profite du fait que les solutions deviennent plus denses k mesure qu'elles sont plus chargées et plus concentrées, et qu'une colonne de solutiou faible d'une certaine hauteur est contre-balancée par une colonne plus courte d'une solution plus dense. Dans une série de cuves disposées horizontalement, à travers lesquelles on fait couler de l'eau qui, dans sa course, opère la lixiviation. d'une matière soluble ou partiellement soluble et qui devient de plus en plus chargée, le niveau de l'eau s'abaisse successivement de cuve en cuve, depuis la première, qui reçoit l'eau, jusqu'à la dernière, d'où s'écoule l'eau saturée. Ainsi, quoique les cuves elles-mêmes soient horizontales, les niveaux de leurs eaux représenteront un plan incliné. Les cuves sont reliées entre elles par des tuyaux de manière à former une série rentrante n'ayant, pour ainsi dire, ni commencement ni lin, et fournissant à l'eau un passage non interrompu qui lui permet de couler sans cesse dans une espèce de cercle.

La concentration dans les chaudières chauffées à feu nu n'est pas la plus usitée aujourd'hui; on évaporait jusqu'à cristallisation dans une série de chaudières plates en tôle disposées en gradins, et la dessiccation était achevée sur des plaques de fonte fortement

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cnauffées. Aujourd'hui, on emploie plus communément des fours spéciaux, surmontés de deux bassins ou cuves en tôle destinés, l'un à fabriquer du sel à 82», livrable immédiatement au commerce, l'autre à produire le sel propre à la fabrication des cristaux de soude et que l'on désigne sous le nom de sel calciné.

Uu autre industriel emploie une chaudière de forme particulière, dont le fond présente , au milieu et dans toute sa longueur, une dépression longitudinale, ayant les parois inclinées de chaque côté et qui, par la ressemblance qu'elle offre avec un bateau en section transversale, a reçu le noir de chaudière-bateau.

Quel que soit le mode d'évaporation qtion ait employé, on transporte le produit salin obtenu dans un four à réverbère, dans lequel il est carbonate et oxydé, le sulfure de sodium se convertissant, pour la majeure partie, en sulfite et en sulfate sodiques; le sel de soude qui en résulte est grisâtre ; pour le purifier, on peut le redissoudre à la vapeur, dans le moins d'eau possible, laisser la solution se clarifier, décanter le liquide limpide et l'évaporer de nouveau k siccité. On obtient de cette manière un sel parfaitement blanc.

Pour obtenir les cristaux de soude utilisables dans certaines industries, on laisse cristalliser la solution concentrée et limpide de sel de soude dans des vases en fonte ayant la forme de calottes sphériques. En France, les vases sont plus petits que ceux qu'on emploie en Angleterre ; leur petitesse permet d'en détacher les cristaux avec plus de facilité. Le carbonate de soude se présente sous Informe de gros prismes rhomboïdaux. On lui connaît plusieurs états d'hydratation qui dépendent de la température à laquelle la cristallisation a eu lieu ; les cristaux qui se forment à la température ordinaire renferment toujours 10 équivalents d'eau.

— Bicarbonate de soude. La manière la plus simple de préparer le bicarbonate de sonde consiste a placer des cristaux de soude soit dans des chambres garnies de claies, soit dans des cuves, soit encore dans des tonneaux, munis à la partie inférieure d'un faux fond percé de trous. Au-dessous de ce faux fond débouche un tube qui amène un courant d'acide carbonique, produit soit par la combustion du charbon, soit par l'action des acides sulfurique et chlorhydrique sur le calcaire ou la dolomie. Le gaz, pénétrant la substance des cristaux, les transforme peu à peu en une masse spongieuse de bicarbonate, en même temps que 1 eau de cristallisation, séparée par 1 action de l'acide carbonique, ruisselle contre les parois, s'écoule à travers les trous du faux fond et s'échappe enfin au moyen d'une ouverture placée à la partie inférieure. Le bicarbonate est soumis à la dessiccation dans une chambre chauffée à 30° ou 40* et contenant, au lien d'air, de l'acide carbonique.

— Nitrate de soude. Le nitrate de soude, qui existe en masses énormes au Pérou, dans la province de Taiacapa, ne donne lieu k aucune fabrication proprement dite. On le trouve presque à fleur de sol sur une étendue de 150 kilomètres. Il se présente sous la forme de grains cristallins, souillés de sable et donnant environ, sur 100 parties, 60 k 65 d'azotate de soude, 28 à 30 de chlorure de sodium et 3 do sulfate de soude. On recueille ce mélange, on le soumet à un lavage méthodique , puis on le concentre, et enfin on le livre au cci.ntiierce, qui l'emploie pour la fabrication de l'acide nitrique et du salpêtre.

— Silicate de soude. Ce composé est employé au durcissement des pierres. V. silici- CjuB (acide).

Les diverses soudes du commerce possèdent, suivant M. Girardin, les titres alcalimétriques suivants :

Soude d'Alicante, 55» à 60°, d'un gris foncé.

Soude de Cartliagèue, 30" à 32°, d'un gris foncé.

Soude de Ténériffe, 28° à 32», d'un gris très-foncé.

Soude de Narbonne,- 130 à 140, d'un gris cendré.

Soude d'Aigues-Mortes, 2° à 70, d'un gris cendré.

Soude de varech brute, 4» à 5°, noirâtre.

Soude de varech raffinée, 20 à 30, d'un blanc mat.

■Soude factice brute, 18°à34o, couleur violacée.

Sel de soude brut, 40" à 70°, d'un blanc jaunâtre.

Sel de soude raffiné caustique, 50° à 80», d'un blanc mat.

Sel de soude non caustique, 40° à 8O0, d'un blanc mat.

Cristaux de soude, 34° à 36°, d'un blanc transparent.

Nairon de Barbarie, 20» à 50°, d'un blanc mat,

— Causlification de la soude. Cette opération, très-iinportan te pour les blanchisseries et les savonneries, s'exécute très-souvent dans les ateliers où doit être utilisée la soude caustique. Cependant il existe quelques usines où cette opération est exécutée en grand. C'est au moyen de la chaux caustique que

SOUD

l'on dépouille le carbonate de sovde de 1 aoide carbonique qu'il renferme. La réaction s'effectue dans l'eau. Le mélange doit être fait dans les proportions suivantes : 800 parties d'eau, 100 de carbonate de soude et 60 de chaux vive. On peut, dans cette opération, soit ajouter peu a peu la chaux préalablement éteinte à ia dissolution du carbonate de soude et agiter le mélange durant plusieurs heures, soit projeter la chaux, vive dans le mélange, où elle s'éteint en élevant la température de la niasse entière. Cette seconde façon de procéder donne plus vite un bon résultat. Quel que soit d'ailleurs le système suivi, la réaction est la même. Il y a formation de carbonate de chaux et d'une lessive caustique de soude. Lorsque, après quelques heures, te liquide s'est suffisamment éclairci, on décante , puis on évapore dans des chaudières plates en tôle.

On peut évaporer jusqu'à ce que le liquide marque 36» à l'aréomètre Baume, et alors on obtient une lessive caustique, connue sous le nom de lessive des savonniers, ou bien évaporer à sec les lessives obtenues comme il a été dit plus haut. Dans celte opération, on amène la soude à un point voisin de la fusion ignée, point qui coïncide précisément avec son maximum de déshydratation, puis on la retire des chaudières en tôle avec une grande cuiller, et on la verse dans des auges en fonte où elle se solidifie par le refroidissement. Il va de soi que les fabricants de soude caustique ne poussent point la déshydratation aussi loin qu'on le fait dans un laboratoire où l'on veut obtenir ce produit pour les besoins d'un cours de chimie, par exemple.

La lessive caustique de soude est la basa de l'eau seconde employée pour le nettoyage des peintures. Ses usages sont connus de tous.

SOUDÉ, ÉB (sou-dé) part, passé du v. Souder. Uni par une soudure : Pièces de métal

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