SOUDÉES
— Se dit de deux parties qui, d'abord primitivement ou naturellement séparées, s'unissent de manière à ne plus former qu'une seule pièce.
— Manège. Se dit de la manière dont sont disposées les articulations du cheval : Cheval bien soudé.
SOUDER v. a. ou tr. (sou -dé — lat. solidaire, affermir: de solidus, solide). Techn. Joindre à l'aide d'une soudure : Le borax a éminemment la propriété de réunir et souder ensemble tous les métaux. (Buff.) Glaucus de Chia trouva le moyen de souder le fer. (Mich. Chev.)
— Par ext. Unir, faire tenir bout à bout, par simple contact et sans encastrement : Souder deux bouts de bougie en les faisant fondre. On soudb les chairs en avivant les bords en contact.
Se souder v. pr. Etre, devenir soudé : Les métaux sk soudent à t'aide d'un métal différent.
— S'unir, se joindre, en parlant de deux parties primitivement ou naturellement distinctes, séparées : Deux os, deux branches qui se soudent. Les carpelles des fruits se soudent dans l'ovaire même.
SOUDEUR, EUSE s. (sou-deur, eu-ze — rad. souder). Personne qui soude, qui sait souder : Un soudeur habile. ,
SOUDHANVAN , nom porté par plusieurs personnages appartenant à la féconde mythologie des Indiens. C'est proprement un mot composé sanscrit qui signifie armé d'un bon arc ou habile à manier l'arc; nous n'avon3 as besoin de faire remarquer à nos lecteurs a tournure homérique de cette épithète , qui vient prouver une fois de plus l'identité d'origine des grandes épopées indo-européennes. Ce nom, qui revient très-fréquemment dans les Pouranas, est donné, ainsi que nous l'apprend M. Nève, à une foule de personnages qui ont été transportés de l'histoire réelle de quelques royaumes indiens dans l'histoire héroïque et fabuleuse des races royales d'origine divine. N'est-il pas en effet, ajoute M. Nève, un de ces nombreux appellatifs suffisant à caractériser les membres des classes guerrières par le seul nom des armes à l'aide desquelles elles montraient leur habileté et leur bravoure? L'arc n'était-il point chez la plupart des Orientaux le symbole de la puissance, un des signes allégoriques de -la domination? Le Vichnou-Pourana, en dorinant la généalogie des rois de Mithilà, place un prince nommé Soudhanvan, fils de Sàsvata, parmi les descendants en ligne directe de T ouçadh vadja, qu'il fait frère de Sirâ Jhvadja, tandis que le Bhâgavala en fait un fils de celui-ci, qui ne serait autre que le second Djanaka, père de SUà, la célèbre héroïne du Hâmâyana. Deux princes du nom de Soudhanvan, le premier père de Tridhanvan, le second père de Nala, sont cités parmi les rois d'Ayôdhyâ dans l'histoire des souverains de la dynastie solaire ;Ayodhyâ, c'est le royaume d'Oude. D'autre part, un des anciens représentants de ia race de Pourou, appelé Soudhanvan, est mis au nombre des premiers rois de la dynastie lunaire. Enfin, c'est Soudhanvan, fils du patriarche ou Pradjàpati Vatràdja, qui reçut du maître du monde, quand celui-ci eut donné des chefs a tous les êtres, la garde de la région orientale du ciel.
SOUD] ch s. m. (sou-dicn — autre forme
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du mot Soudan : Charles V avait envoyé chercher du secours contre Charles de Navarre; les Gascons, fort avides de gain, étaient venus en abondance pour l'amour des écus à la Toison d'or, sous les sires d' Albret, Aimemon de Pommiers, Petiton de Curton et tesouDiCH de l'Estrade, seigneurs qui, quant à leurs personnes, ne cherchaient que des aventures d'honneur. (Velly.)
SOUDIER, lÈREadj. (sou-dié, iè-re — rad. soude). Techn. Qui a rapport a la soude : Industrie SOUDIÉRK.
— s. f. Usine où l'on fabrique de la soude artificielle.
SOUDIVISER v. a. ou tr. (sou-di-vi-zé — de sous, et de diviser). Syn. peu usité de subdiviser.
SOUDJA, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 95 kilom. S.-E. de Koursk, sur la petite rivière de sou nom; 7,000 hab. Raffineries de salpêtre.
SOUDOtR s. m. (sou-doir — rad. souder). Techn. Outil qui sert à souder.
SOUDOYÉ, ÉE (sou-do-ié) part, passé du v. Soudoyer : Troupes soudoyéus. Les Suisses ont été longtemps soudoyés par la France.
SOUDOYER v. a. ou tr. (sou-do-ié ou soudoi-ié. — Change y en t devant un e muet : Je soudoie: tu soudoieras. Prend un i après l'y aux deux pr. pers. pi. de l'itnp. de 1 ind. et du prés, du subj. : Nous soudoyions ; que vous soudoyiez). Payer une solde à., avoir a sa solde : Soudoyer des troupes. Ce prince peut à peine soudoyer vingt mille hommes. (Acad.) Les armées permanentes n'ont jamais servi qu'à accélérer la décadence des nations qui les soudoient. (Proudh.)
Notre prince a des dépendants Qui de leur chef sont bi puissants Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée.
L» Fontaine.
— S'assurer, au moyen d'une somme d'argent, la coopération, la complicité de : Soudoyer des assassins. Souooyer des spadassins. Soudoyer des espions. Sous Napoléon, la police soudoyait le vice avec l'argent du vice qui la payait. (Mme de Staël.) L'Angleterre a trouvé vingt milliards pour faire la guerre à la Révolution française et soudoyer l'Europe contre nous. (Mich. Chev.)
SOUDRA ou COUDRA s. m. (sou-dra). Membre d'une caste indoue.
— Encycl. D'après la-tradition la plus généralement admise sur l'origine des castes de l'Inde, les soudras seraient nés des pieds de Brahma, tandis que les brnhmes seraient nés de sa tête, les kchalriyas de ses bras et les veissiahs de son ventre. La caste des soudras est la plus nombreuse des quatre dont nous venons de parler; elle forme en quelque sorte la grande masse de la population, et, jointe à la caste des parias, elle équivaut aux neuf dixièmes des habitants. (Test aussi la caste où les catégories sont le plus multipliées. II est bien difficile d'en faire connaître avec précision le nombre et les espèces; quelques indianistes prétendent qu'il y en a dix-huit principales, subdivisées en cent huit autres. Comme c'est aux soudras que sont dévolus la plupart des professions mécaniques et presque tous les travaux manuels, et que, d'après les préjugés du pays, aucun Indou ne peut exercer deux professions à la fois, il ne faut pas s'étonner que les nombreux individus qui composent cette caste-soient répartis en tant de branches distinctes. Cependant plusieurs castes de soudras n'existent que dans certains pays; mais celles qui sont exclusivement chargées des occupations indispensables dans toute société civilisée se retrouvent partout sous des noms variés selon la diversité des idiomes. De ce nombre sont, entre autres, celles des jardiniers, des bergers, des tisserands; les pantchalas, ou les cinq castes d'artisans, qui se composent des charpentiers , des orfèvres, des forgerons, des fondeurs et, en général, de tous les ouvriers qui travaillent sur les métaux ; celles des distillateurs et vendeurs d'huile, des pêcheurs, des potiers, des blanchisseurs, des barbiers et de quelques autres. Toutes font partie de la grande caste des soudras; cependant les diverses castes des cultivateurs tiennent le premier rang et regardent avec dédain et comme bien inférieures celles qui ont en partage les professions qu'on vient de nommer; ils ne consentiraient jamais à manger avec ceux qui les exercent. On trouve dans quelques districts des castes qu'on ne rencontre plus nulle part et qui se distinguent par des pratiques singulières qui leur sont tout à fait propres ; nou3 citerons les naimars ou nairs, chez lesquels les femmes jouissent du privilège d'avoir plusieurs maris ; les nambourys, chez lesquels, lorsqu'une tille, arrivée à l'époque où les signes de nubilité que la nature indique se sont manifestés, vient à mourir sans avoir eu de commerce avec un homme, les préjugés de la caste exigent impérieusement que le corps inanimé de la défunte soit soumis à une copulation monstrueuse : les parents se procurent à prix d'argent un misérable qui n'ait pas horreur de contracter cet épouvantable mariage, et la famille se croirait déshonorée s'il n'était pas consommé; les callers ou /entiers, c'està-dire les voleurs, dont la profession héréditaire et avouée est Je vol; les tottiers, chea
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qui les frères, les onoles, les neveux et autres proches parents ont tous le droit de jouir de leurs femmes réciproquement et en commun ; les morsa-hoki>.ula-makulou, chez lesquels, lorsqu'une mère de famille marie sa tille ainée, elle est obligée de subir l'amputation de deux phalanges au doigt du milieu et à l'annulaire de la mïin droite. Si la mère de la fille est morte, celle élu marié ou, à son défaut, une des plus proches parentes doit se soumettre a cette cruelle mutilation. Il existe encore dans lus diverses contrées de l'Inde un grand nombre d'autres subdivisions de la caste des soudras qui se distinguent par des pratiques non moins insensées que celles qu'on vient de faire connaître. En général, il est peu de ces subdivisions chez lesquelles, outre les usages et les cérémonies religieuses qui subsistent dans la communauté sociale pour garantir ou sanctionner les contrats civils, il n'y ait quelque coutume particulière qui les distingue les unes des autres. La façon et lu couleur des vêtements, la manière de s'habiller, \i. forme particulière des joyaux, la manière de les ajuster sur certaines parties du corps , tout cela fournit à ces castes une grande variété de signes distinctifs. Les unes ont, pour les cérémonies du mariage et du deuil, des rites qui leur sont particuliers; d'autres ont divers ornements qu'elles seules peuvent employer, des drapeaux d'une certaine couleur qu'elles seules ont le droit de faire porter dans ces diverses cérémonies. Cependant, quelque extravagantes que puissent paraître les pratiques adoptées par plusieurs tr.btis, elles ne leur attirent aucune marque de mépris ou de haine de la part des autres tribus qui ne les admettent pas. Il règne sur cet article la plus parfaite tolérance, et, pourvu qu'on se conforme aux règles de civilité et Je bienséance généralement reçues, chaque tribu peut suivre paisiblement ses règlements et ses usages domestiques, sans qu'aucune autre s'avise de- les blâmer, ni même de les critiquer, quoiqu'ils se trouvent en opposition avec les siens. Il y a néanmoins des coutumes qui, quoique scrupuleusement suivies dans les pays où elles existent, sont si fort opposées aux régies de la décence et aux usages généraux, qu'où n'en entend parler ailleurs qu'avec improbation, et le plus souvent avejs horreur. Tel est l'usage qui veut, dans certaine caste de soudras du Mysore, qtiî les femmes accompagnent leurs parents et les autres personnes de la maison lorsque ceux-ci sortent pour vaquer aux besoins de la nature ; aussitôt qu'ils les ont satisfaits, elles s'approchent avec un vase plein d'eau et les lavent. Cette pratique, justement regardée avec dégoût dans les autres pays, fait partie, dans celui-là, de la bonne éducation et est exactement observée. Tel est aussi l'usage des liqueurs enivrantes, proscrit presque partout dans i'Inda et adopté par certaines castes de soudras qui habitent des contréos humides et malsaines. Tel est aussi cet usage aussi singulier que dégoûtant propre aux diverses tribus de soudras qui peuplent les montagnes du Carnatic : cet usage oblige les personnes des deux sexes à passer leur vie dans la malpropreté, en leur défendant de jamais laver leurs vêtements. Après s'être une fois couverts de toiles telles qu'elles sortent des mains du tisserand, il leur est interdit de les quitter jusqu'à ce qu'elles toinoent en lambeaux ou en pourriture. On peut, juger de l'infection de ces toiles lorsqu elles ont demeuré ainsi sur le corps, jour et nuit, pendant trois ou quatre mois , imbibées de sueur et souillées de crasse, surtout parmi les femmes, qui s'en servent continuellement comme d'un essuiemain et qui ne changent de vêtements qu'à l'époque que le temps assigne pour terme à leur durée ; cependant cet usage repoussant est religieusement observé, et si quelqu'un, dans ces contrées, s'avisait de tremper une seule fois dans l'eau les toiles dont il est revêtu, il serait exclu de sa caste. Quoique la grande caste des soudras ne vienne qu'en quatrième rang dans la grande famille indoue, elle dispute vivement à présent la prééminence à la troisième caste, à celle des veissiahs ou marchands; ceux-ci même paraissent l'avoir entièrement perdue, excepté dans les livres indous, où ils sont toujours placés avant Us soudras; mais les soudras, dans la commerce de la vie, se regardent comme bien au-dessus ùe&veissiuhs et se croient autorisés, en bien des circonstances, à leur faire sentir leur supériorité en les traitant avec mépris. Quant à la hiérarchie des diverses sous-enstes qui composent 11 grande caste des soudras, on peut dire qu'en général les plus considérées, celles qui viennent en première ligne, sont celles dans lesquelles on fait le plus d'attention à la pureté intérieure et extérieure, où, par conséquent, les ablutions sont fréquentes, où l'on s'abstient de toute nourriture animale; celles ou l'on est délicat sur les alliances, où les femmes vivent retirées, où elles sont le plun sévèrement punies lorsqu'elles enfreignent les lois de la pudeur; celles où l'on est par cela même plus zélé pour le maintien des usages et ia conservation des privilèges. Les sous-castes qui sont les plus méprisées sont celles où les veuves peuvent se remarie:. Mais si on ne peut pas donner de règle générale pour détermiuer quelles sont les cas.es qui ont la prééminence parmi le grand nombre de celles dont est composée la caste des soudras, par la raison