‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 554 sur 1059 · SOUE · texte numérisé non relu

SOUE

que les Indons eux-mêmes ne s'accordent paa sur ce point, et qu'il est des castes réputées viles dans un pays qui sont considérées dans un autre, on peut dire cependant qu'il existe quelques-unes de ces castes qui, par l'avilissement et le mépris où elles sont plongées, font en quelque sorte bande à part et ne figurent qu'en dehors du tableau général de la société ; elles - mêmes reconnaissent leur grande infériorité à l'égard des autres classes. La plus connue et la plus nombreuse de ces tribus est celle des pareyers, comme ils sont nommés en langue tamoule, et d'où vient le nom de parias, qui leur est donna par les Européens.

SOUDRAKA, poète indou qui vivait vers la fin du ne siècle après J.-C On ne sait rien de sa vie, sinon que, monarque issu de ia race des kchatriyas, il fut vaillant, instruit et pieux et céda dans un âge avance la couronne à son fils. Il termina sa longue carrière en se brûlant volontairement. Ce prince cultivait la poésie. On a de lui .- Je Chariot d'enfant, drame dont on estime, dit Langlois (Chefs-d'œuvre du théâtre indien, traduits da l'anglais en français, 1828, S vol. in-8"), l'habileté avec laquelle l'auteur poursuit Sun intrigue au milieu d'incidents heureusement variés, prépare une catastrophe vraisemblable et nous intéresse h l'amour d'une courtisane.

Si l'hypothèse de M. Weber parait plausible et qu on admette plusieurs poètes du nom de Kalidasa, en faisant vivre l'auteur de Sakountala (v. ce nom) verg le me ou le ive siècle après J.-C, Soudraka serait l'Eschyle du théâtre indien. Comme le trtigique grec, il abonde en pensées morales. Citons ces deux proverbes : « Il est plein jusqu'au bord, l'étang dont l'eau n'est point bonne à boire ■ (acte II); « Dans les plus belles forêts, il y a toujours des buissons » (acte IX). C'est aussi le premier auteur dramatique indien dont on ait emprunté l'ouvrage pour le naturaliser sur une scène française. V. chariot d'enkant (le).

SOUDRE v. a. ou tr. (sou-dre — du lat. soloere, même sens). Résoudre , donner la solution de : Soudrk un problème. Il Vieux mot-, on dit aujourd'hui résoudre.

— A signifié aussi Dissoudre : L'eau régale est propre à soudrb l'or.

SOUDR1LLE s. m. (sou-dri-lle; Il mil. — d'un type soldarillus, extension péjorative de soldarius, soldat, soudard). Soudard , soldat pillard, indiscipliné, libertin : C'est un soudrille, un vrai soudrillu. Il Vieux mot.

SOUDURE s. f. (sou-du-re — rad. souder). Techn. Composition métallique fusible, dont on se sert pour unir ensemble des pièces métalliques. || Action de celui qui soude. Il Travail fait en soudant : Une soudurk solide. Il Endroit où deux pièces de métal ont été soudées : Cette soudure est trop visible. Il Soudure grasse, Composition servant à souder, et qui est faite d'un amalgame de plomb et d'étain, mais où domine ce dernier. Il Soudure maigre, Celle où domine le plomb. Il Soudure au tiers, Celle qui contient 2 d'étain pour 1 de plomb, n Soudure à huit, Soudure qui contient 7 d'argent et l de cuivre. Il Boile à soudure, Boîte où les orfèvres mettent les paillons.

— Par ext. Réunion accidentelle de parties primitivement ou naturellement distinctes : La soudure des os du. crâne est incomplète au moment de la naissance.

— Fig. Réunion artificielle de choses qui étaient distinctes : Ce chapitre a été refait, rajusté; on wqj'f fort bien la soudure.

— Constr. Plâtre serré avec lequel on raccorde les enduits.

— Encycl. Les soudures ont pour but de joindre les métaux de même nature ou de nature différente. Le fer t'argà est à peu près le seul métal qui puisse se souder avec luimême ; on opère la soudure en chauffant fortement les deux pièces de fer et en les martelant, après les avoir débarrassées de tout oxyde et de toute scorie. Pour souder les autres métaux, on emploie ordinairement un troisième métal, d'où il résulte un alliage qui jouit de la faculté de fondre avant les pièces qu'on veut réunir et en même temps d'adhérer fortement contre elles ; ainsi, on soude Je cuivre avec une soudure formée de 2 parties do cuivre et l partie de zinc, ou encore de l d'étain fin et 1 de plomb. La soudure des plombiers se compose de 2 parties d'étain et 1 partie de plomb. Il y a plusieurs manières de faire les soudures; les unes se font sur des plans horizontaux, ce sont les plus faciles; les autres sur des plana verticaux, ce sont les plus difficiles; dans ce dernier cas, on emploie une soudure dure à fondre, coulant difficilement et demeurant plus facilement en place. On dislingue les soudures à cdtes, qui servent à joindre les tables de plomb par leurs côtés, et les soudures à nœuds, que l'on emploie pour fixer les tuyaux les uns au bout des autres ou a des corps de pompe, des robinets, des brides, etc. La soudure du zinc se fait à l'étuiu pur; quand elle est bien faite, elle est d'une adhérence plus forte que celle du métal même.

SOUE s. f. (soù — lat. et gr. sus, cochon). Econ, rur. Etable a cochons, il Mot usité dans quelques départements.

SOUE1UAH, ville du Maroc. V. Mogador.

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SOUEN-HOÀ, ville de Chine, province de Pé-tc-hi-li, à 140 kilora. N.-O. de Pékin, sur le Yang-ho, près de la grande muraille. Elle est bien bâtie et bien peuplée.

SOUETTE s. f. (sou-è-le). Ornith. Nom de la chouette dans quelques départements.

SOCKYS. V. Suez.

SOU F (bassin du), oasis du Sahara algérien, nu S. de la province de Constantine. Le Souf forme un district appelé par les Arabes El-Ouad-Souf et renferme plusieurs villages, dont le principal est El-Ouad, situé par 32" 55' de latit. N. et 4<J 12' de longit. E. En dehors de ces villages sont groupés des gourbis où les voyageurs trouvent un abri. Le territoire du Souf est sablonneux, planté de nombreux dattiers et produit une grande quantité de légumes, de pastèques, de concombres, et surtout de tabac très estimé. Cette oasis fait partie du district de Tuggurt.

SOUFFLABLE adj. (sou-fla-ble — rad. souffler). Qui peut être soufflé.

— Jeux. Pion souf (table, Pion qui, aux dames, peut être soufflé.

SOUFFLAGE s. m. (sou-fla-je — rad. souffler), Techn. Art, action de souffler le verre : Four de soufflage. Il Opération par laquelle on sépare des poils légers les poils lourds, qui ne peuvent être feutrés.

— P. et chauss. Opération qni a pour but d'exhausser, sans les enlever, les pavés qui se sont enfoncés au-dessous du niveau de la voie.

— Mar. Couche de bois que l'on ajoute à la carène d'un navire qui n'a pas assez de stabilité : Je fus obligé de laisser aux rades de La Rochelle la frégate /'Aigle, gui avait besoin d'un soufflagk pour être en état de tenir ta mer. (Duguay-Trouin.)

— Encycl. P. et chauss. Pour opérer le soufflage, l'ouvrier, armé en général de deux pinces, saisit de chaque côté le pavé qu'il veut relever et le soulève de 0™,0l à on',02. Dans ce remaniement, il cherche à ouvrir un peu le joint et, avec le pied, il fait glisser du sable sous le pavé ; il laisse ensuite retomber ce dernier, le frappe avec sa pince, de ma» nière à l'assurer, et relève ainsi tous les pavés île la flache. Cette opération exige quelques précautions, car il importe de ne pas envoyer de boue sous le pavé; à cet effet, on gratte préalablement tous les joints et on les nettoie. Le soufflage se fait très- facilement lorsque les pavés sont taillés en cul-delampe ; mais ceux de forme cubique ne permettant que difficilement l'arrivée du sable, l'opération ne réussit que d'une manière médiocre.

SOUFFLANT, ANTE adj. (sou-flan, an-te — rad. souffler). Techn. Qui souffla, qui sert à souffler : Cylindre soufflant. Machine soufflante. Appareil soufflant.

SOUFFLABD s. m. (sou-flar — rad. souffler). Miu. Jet de gaz qui s'échappe quelquefois soit des fissures de la matière minérale exploitée, soit des fentes des roches du mur ou du toit des taillés : Dans les, mines de houille, les soufflards sont ordinairement formés d'hydrogène protocarboné. Lorsqu'il existe des soufflards inflammables, la flamme traverse la toile métallique des lampes de sûreté.

Souftlard (affaire), cause célèbre jugée en 1839. Depuis plusieurs années, un grand nombre de vols exécutés avec adresse avaient dérouté les recherches de la police. On soupçonnait l'existence d'une de ces associations de malfaiteurs q*i s'organisaient alors facilement a Paris; car, malgré la loi de 1832, qui avait tenté une réforme du mode de surveillance des libérés, il y avait encore en 1838, dans la capitale, environ cinq mille libérés condamnés sous l'empire de l'ancienne loi, c'est-àdire qui pouvaient rendre la sui veillance illusoire par le payement d'un cautionnement.

Un horrible assassinat, commis le 5 juin 1838 dans le quartier du Temple, mit la justice sur la trace de cette hideuse association. Les époux Renault, marchands de matelas et de fournitures de lit, avaient une certaine réputation d'aisance. Le mari avait une place aux étalages du marché et l'occupait avec sa tille, âgée de quinze ans, taudis que sa femme se tenait dans le magasin faisant partie de leur logement, rue du Temple, 91. Le 5 juin, Renault, s étant proposé d'aller faire un tour de promenade avec sa femme et sa tille, envoya celle-ci, vers trois heures, à son logement pour aider sa femme à s'habiller. La jeune fille fruppe inutilement à la porte du logement, situé au troisième étage; elle descend, s'enquiert auprès du portier, retourne auprès de son père, puis remonte et se croise avec deux hommes eu redingote qui sortent de chez sa mère et descendent précipitamment à sa vue, après avoir refermé la porte. Tout k coup, sur le palier, elle voit du sang. Elle pousse des cris. On court chercher Renau.t, qui enfonce la porte avec une hachette de maçon. La malheureuse femme était étendue à terre, baignée dans son sang. Elle avait cessé de vivre. Le secrétaire était ouvert et les tiroirs pêle-mêle sur le carreau. Ou avait emporté un sac contenant 729 francs en or et 400 francs en pièces de 5 francs, 100 francs en menue monnaie et de l'argenterie pour une somme de 400 francs environ,

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Les assassins, comme cela fut constaté plus tard, avaient commis leur crime dans l'intervalle des deux voyages de la jeune Renault.

Après être sortis de la maison, ils remontèrent la rue du Temple, vers le boulevard, d'abord au pas accéléré, puis en courant. Une femme, la dame Aubert, voit un couvert d'argent tomber de la poche de l'un d'eux; elle les avertit; le plus petit des deux revient sur ses pas avec hésitation et rainasse l'objet perdu. Un gamin remarque que cet homme a du sang sur son gilet. Arrivés rue Notre-Dame-de-Nazareth , après avoir regardé s'ils sont suivis, les assassins entrent dans un café et vont s'asseoir dans un coin obscur. Us demandent deux, verres d'eau sucrée. Quand ils furent partis, on remarqua qu'ils avaient vidé le contenu de la carafe sous la table; ils n'étaient entrés là que pour faire disparaître les taches de sang qu'ils avaient aux mains.

Les premiers soupçons de la police se portèrent sur deux forçats libérés, Soufflard et Lesage. On arrêta en même temps qu'eux une trentaine de leurs camarades, et ton se trouva avoir mis la main sur une vaste association de malfaiteurs qui, depuis trois ans, exploitait Paris et la banlieue.

Les principaux membres de cette association étaient : Soufflard, âgé de trente-trois ans, homme intelligent, caractère énergique sous des apparences de douceur hypocrite; Lesage, dit Jean-Victor, dit le Vieillard, âgé de trente-huit ans, bandit ignorant et grossier; André Micaud, âgé de vingt-six ans. Tous trois s'étaient connus au bagne de Toulon. Venaient ensuite des criminels secondaires : la femme Vollard, sœur de Lesage, sorte de paysanne abrutie, porteuse de pain, revendeuse de haillons, mais dont la profession réelle était de chercher des affaires, d'indiquer des crimes à commettre, de nourrir des poupards. C'est le type de la Chouette des Mystères de Paris. La figure la plus curieuse de la bande, c'est la fille Alliette, dite la Biche, jolie personne à la physionomie gracieuse et douce, aux manières distinguées ; elle avait reçu quelque instruction et avait même été sous-tnuluesse dans un pensionnat. Celte malheureuse était tombée ensuite dans les bas-fonds de la prostitution parisienne. Depuis longtemps, elle n'avait plus pour amants que des voleurs ou des assassins.

Soufflard ne fut pas capturé sans difficulté. On dépista le 10 juillet le nouveau domicile de la belle Alliette, et la police établit chez elle une souricière. Deux agents gardèrent à vue Alliette dans sa chambre, tandis qu'un troisième, Balestrino, restait dans la rue en bras de chemise, sans chapeau , pour ne pas éveiller les soupçons de Soufflard. Sur les onze heures du soir, un coup de sifflet se fit entendre, et la voix de Soufflard cria : « Biche, es-tu là? » Alliette parut à la fenêtre; mais son amant ne put s'apercevoir que ses mains étaient retenues. Il monta sans crainte et fut pris. Il se débattit violemment et blessa un agent d'un coup de tourne-vis qu'il tenait à la main.

Le procès fut des plus dramatiques. Soufflard accabla Micaud d'injures. Avant l'une des dernières audiences, on trouva sur lui un couteau; il déclara qu'il voulait buter Micaud sur le banc des accusés. Ce fut surtout grâce aux dénonciations de ce dernier que l'on connut tous les détails du crime dont les deux auteurs étaient Soufflard et Lesage. Les deux assassins furent condamnés à la peine de mort. On condamna en même temps comme complices du vol : la fille Alliette à six ans de réclusion sans exposition , Lemeunier à sept ans de réclusion avec exposition , Micaud à huit ans de réclusion avec exposition , Marchai à cinq ans de travaux forcés, la femme Vollard à dix -ans de la même peine.

Ramené à la Conciergerie, Soufflard entra dans un accès de fureur épouvantable et vomit des imprécations contre le jury, la police, et surtout contre Micaud, qui aurait, dit-il, à répondre de sa mort. Tout à coup on s'aperçut que les traits du misérable étaient horriblement altérés. Il avoua s'être empoisonné, mais refusa de dire où il s'était procuré le poison. Il tomba dans d'atroces convulsions et mourut dans la nuit. L'autopsie constata qu'il s'était empoisonné avec de l'arsenic; la dose qu'il avait absorbée eût pu suffire à empoisonner dix personnes.

La tille Alliette, amenée devant son cadavre, dit froidement ; « C'est bien. Il est mort ; je ne mi aurais pas cru tant de résolution. »

Lesage parvint aussi à se suicider quelques jours après ; il se pendit à un barreau avec son foulard.

SOUFFLE s. m. (sou-fle. — V. souffler). Vent que l'on fait en poussant de l'air par la bouche : Le souffle ne suffit pas pour éteindre cette torche. (Acad.) L'iltusiun est semblable à cette bulle de savon, parée des plus riches couleurs, que le moindre souffle détruit. (La Rochef.-Doud.) Le moindre souffle fait déborder une coupe pleine. (O. Feuillet.)

Quelques restes de feu sur la cendre épandus D'un souffle haletant par Baucis s'allumèrent. La Fontaine.

— Expiration de l'air respiré : Sun souf-

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fle est pénible, est embarrassé. Ecouler le soufflu' d'un malade.

Et ma main, en passant sur ses lèvres glacées Interrogeait leur souffle, et, dans mon juste effroi, Tout, jusqu'à son repos, était la mort pour moi.

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