‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 558 sur 1059 · C. DELAVIGNE · texte numérisé non relu

C. DELAVIGNE

Il Insinuer, faire lire : Qui lui a soufflé cela? Il Inspirer, exciter : Souffler la division, la discorde, ie feu de la division, de la discorde. Soufflée l'esprit de rébellion. Souffler la guerre civtle. Si un amour outré de la gloire enivre les grands, tout leur souffle la désolation et la guerre. (Mass.) Danton et Lacroix soufflaient le feu du jacobinisme à Bruxelles. (Laman,.)

Lit, bornant sou discours, encore tout écumante, Elle souffle aux guerriers l'esprit qui la tourmente.

Elle dit, et, du vent ce sa bouche profane , Lui souffle avec ces nots l'ardeur de la chicane.

Boileau.

— Boire d'un trait, boire en général : Oh ! nous avons, ma loi, soufflé d'excellent jus.

Daucourt.

Il Vieux mot en cb sens. On dit aujourd'hui siffler.

— Prendre, enlever, ravir : On lui a soufflé cet emploi, ce marché. Plus sage que Ménélas, loin de marcher contre le Paris qui m'AVAiT soufflé tion Hélène, je lui sus bon gré de m'en avoir défait. (Le Sage.)

Je pourrai bien tantôt lui souffler cette proie.

Moliëbe.

— Souffler le fe i, Exciter les haines, la division.

— Souffler quelque chose aux oreilles de quelqu'un, La lui dire secrètement.

— iVe souffler mot, Ne pas dire un seul mot : Je vous promets de N'en souffler mot. (Vitet.)

— Souffler le chaud et le froid, Etre tantôt pour, tantôt centre; être tour à tour d'avis contraire :

Ne plaise aux dieux que je couche Avec vous sous même toit :

Arrière ceux dont la bouche Souffle le ïhaud et le froid.

La Fontaine.

— Loc. pop. Souffler des pois, Enfler et désenfler successivement ses joues, afin de respirer plus facilement.

— Prov. On ne peut souffler et humer ensemble, On ne peut faire à la fois deux choses incompatibles.

— Arboric. Souffler un arbre, Soulever pa secousses les racines d'un arbre qu'on plante et sur lesquelles on a déjà jeté une certaine quantité de terre, pour faire couler celle-ci entre leurs diverses ramifications.

— Jeux. Souffler une dame, un pion, L'ûter a son adversaire, parce qu'il ne s'en est pas servi pour prendre une autre dame ou des je-

SOUP

tons qui étaient en prise. Il Souffler un joueur, Lui ôter la daine on le pion dont il ne s'est pas servi pour prendre, quand il le pouvait. Il Souffler n'est pas jouer, On ne Derd pas son coup en soufflant, on joue tout de même son coup après avoir soufflé.

— Chasse. Souffler le poil au lièvre, Souffler le lièvre au poil, Se dit du ehien qui poursuit le lièvre de très-près, sans le saisir.

Il Fig. Souffler quelqu'un au poil, Le poursuivre de très-près : Il a failli être pris, les hussards le soufflaient au poil.

— Pratiq. Souffler un exploit, Ne pas en remettre copie, tout en déclarant sur 1 original que copie en a été remise,

— Artill. Souffler les canons , Y brûler un peu de poudre , pour en faciliter le nettoyage.

— Mar. Souffler un navire, En renforcer te bordage avec du bois qu'on y ajoute, quand il n'a pus assez de stabilité.

— Techn. Souffler un animal, Souffler entre la chair et la peau, afin que celle-ci se détache plus facilement. Il Souffler le verre, l'émail, En faire des ouvrages en soufflant la matière à l'aide d'un tube.

SOUFFLERIE s. f. (sou-fle-rl — rad. souffler). Machine soufflante : La SOUFFLERIE d'un orgue, d'une forge. I! Partie d'une usina où sont établies les machines soufflantes.

— Alchim. Travail des alchimistes à la recherche de la pierre philosophale : Adieu tes alambics, les creusets et le noir attirail de la soufflerie, (Hamilton.)

— Encycl. V. MACHINES SOUFFLANTES,

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