V. Huoo
Se souffleter v. pr. Se donner à soi-même des soufflets : Ah.' j'enrage, et je me souffletterais de bon cœur. (Mol.)
— v. récipr, Se donner mutuellement des soufflets : Ils se sont souffletés en pleine rue.
SOUFFLETEUR s. m. (sou-fle-teur — rad.
souffleter). Celui qui a donné des soufflets : Le soufflbteur a été généralement blâmé, il Peu usité.
SOUFFLETTE s. f. (sou-flè-te — rad. souffle). Céramiq. Toute portion d'air qui se trouve enfermée entre le moule et la croûte, dans le moulage de la croûte, quand l'ouvrier n'a pas le soin de presser avec l'éponge sur la partie supérieure avant de descendre sur la partie inférieure : On fait disparaître les soufflettes en pratiquant un trou fin à l'endroit où elles existent; sans cette précaution, Userait impossible de façonner la pièce. (Dastenaire-Daudenurt.)
SOUFFLEUR, EUSE S. (sou-fleur, eu-ze — rad. souffler). Celui, celle qui souffle continuellement, obstinément le feu.
— Celui, celle qui souffle, qui respire avec peine.
— Celui qui fait mouvoir les soufflets d'un orgue : Un souffleur attentif, inatlenlif. '
Cet organiste était modeste,
Mais son souffleur l'était fort peu.
— Celui qui se tient près d'une personne ' qui parle en public, et la souffle quand sa mémoire lui fait ou est près de lui faire défaut : Il a une si bonne mémoire, qu'il peut se passer de souffleur. (Acad.)
— Théâtre. Employé qui est chargé de suivre attentivement, sur la pièce manuscrite ou imprimée, ce que les acteurs ont à dire, et de le leur suggérer si la mémoiro vient à leur manquer: ie souffleur «e tient dans une ouverture pratiquée dans le plancher du théâtre, sur le devant de l'avant-scène, et il est caché à la vue du public par une espèce de boite dunt la partie qui regarde le parterre sert de pupitre au chef d'orchestre. Le trou du SOUFFLliUR. Il y a une pièce anglaise dans laquelle le souffleur vient annoncer à la fin que tous les acteurs de la pièce ont été tués. (Vole.) C'est l'auteur, le souffleur, le public surtout, qui fait ces sortes de pièces. (Th. Gaut.)
— Alchim. Celui qui cherche la pierre philosophale : On ne voit à Paris que gens secrets, souffleurs, charlatans de toutes les nations. (Brueys.)
Charlatans, faiseurs d'horoscope,
Quittez les cours des princes de l'Europe;
Emmenés avec vous les souffleurs tout d'un temps.
La Fontaine.
— s. m. Mamm. Nom donné par les marins aux petits dauphins. Il Souffleur à bec doré, Nom vulgaire de l'hypéroodon.
— s. m. pi. Famille de mammifères cétacés : On voit ce roi des souffleurs fendre les ondes. (V. de Bomare.)
— Constr. Aide appareilleur chaigé de surveiller le transport et la pose des pierres.
— Techn. Ouvrier qui souffle les ouvrages de verrerie.
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— Adjectiv. Manège. Cheval souffleur, Cheval qui souffle extraordinairement quand il court.
— Encycl. Mamm. Chez les souffleurs, la tête n'est pas séparée du tronc par un cou distinct; les membres antérieurs sont disposés en nageoires simples, et les membres postérieurs sont remplacés dans leurs fonctions par une nageoire cartilagineuse horizontale, qui se confond avec la queue ; tous ces membres sont entièrement privés d'ongles; quelques-uns ont sur le dos une nageoire verticale tendineuse, mais non soutenue par des os; les dents sont osseuses, coniques et d'une seule forme ; elles sont quelquefois remplacées par des fibres particulières qui portent le nom de fanons; leur respiration est aérienne et aqueuse, et leur voix à peu près nulle, ou ne se compose que de simples mugissements. Ce sont des mammifères essentiellement piscifonnes et aquatiques, à fœtus expulsé vivant d'une matrice simple et à une seule ouverture, h mode de lactation peu connu et à mamelles situées près de l'anus. Leur corps est recouvert d'une peau nue et lisse, et, en dessous de cette peau, on trouve une épaisse couche de graisse ou de lard, qui est le principal objet pour lequel on les recherche.
Les souffleurs se distinguent des cétacés herbivores par l'appareil singulier qui leur a valu leur nom. Les grandes masses d'eau que ces animaux engloutissent avec leur proie dans leur vaste gueule sont rejetées au dehors à travers les fosses nasales et forment ainsi des jets d'eau qui s'élèvent trèshaut dans l'air et s'aperçoivent de fort loin. ■ Pour cela, les sou f fleurs meuvent leur langue et leurs mâchoires comme s'ils voulaient avaler ce liquide pendant que le commencement de l'œsophage, resserré avec force, l'empêche de descendre vers l'estomac et le retient dans le pharynx. Le voile du palais, en s'abaissant, intercepte ensuite la communication entre la bouche et l'arrière-bouche, et les muscles puissants qui entourent cette cavité venant à se contracter en expulsent l'eau, qui ne trouve d'issue que par les arrière-narines, traverse les fosses nasales et s'amasse dans deux grandes poches membraneuses, situées entre l'extrémité de la portion osseuse du canal nasal et la peau. Une valvule charnue, disposée de façon à se lever lorsque l'eau la pousse de bas en haut et à intercepter toute communication entra ces cavités et les fosses nasales lorsqu'elle est pressée en sens contraire, empêche l'eau poussée dans les réservoirs que nous venons de décrire de redescendre dans les fosses nasales; enfin des fibres charnues qui viennent en rayonnant de tout le pourtour du crâne se fixer sur ces deux bourses, en se contractant, les compriment violemment et en expulsent l'eau, qui s'échappe au dehors par l'ouverture étroite des narines (ou t'évent) et forme un jet dont la hauteur a quelquefois près de 12 mètres. Le nerf olfaclif manque U plusieurs, et, s'il eji est qui jouissent du sens de l'odorat, il doit être très-oblitéré. Leur larynx, en forme de pyramide, pénètre dans les arrière-narines pour recevoir l'air et lo conduire ensuite aux poumons sans que l'animal ait besoin de sortir sa tête et sa gueule hors de l'eau.
Ces animaux se nourrissent de matières animales ; leurs dents ne sont pas disposées de manière qu'ils puissent saisir et déchirer leur proie ; ils ne la mâchent pas, mais l'avalent I rapidement. Leur estomac présente de cinq à sept poches distinctes, et, au lieu d'une 1 seule rate, ils en ont plusieurs qui sont peti- 1 tes, globuleuses et accolées au premier estoj inac ; les intestins ont plus de dix fois la longueur du corps. Plusieurs classifications ont été proposées par les zoologistes; la plus généralement adoptée est celle de Cuvier, qui divise les souffleurs en trois familles, celles des dauphins, des cachalots et des baleines. V. ces mots.
— Théâtre. Il n'est chose si simple qui ne demande une grande pratique pour être connue à fond. Le métier de souffleur de théâtre offre une des preuves les plus évidentes de cette vérité. On ne saurait croire jusqu'à quel point la mémoire, surtout la mémoire des mots, est capricieuse. Tel comédien ne saura que les tirades et jamais le dialogue, et vice versa; celui-ci n'a de mémoire que dans le mouvement, celui-là que dans les scènes posées. Quelques-uns enfin ont tous ces avantages et tous ces défauts réunis, de façon à faire damner le modeste souffleur. Et encore ici nous ne parlons pas de l'acteur qui ne sait jamais un traître mot de son rôle. En ce genre, on peut citer Arnal, qui avait bien la mémoire la plus quinteuse qu'on puisse imaginer.
Cependant à Paris, où les pièces de théâtre sont minutieusement répétées, où les rôles sont toujours profondément gravés dans la mémoire, lors de la première représentation, la mission du souffleur se borne à peu de chose ;.à part quelques mémoires incorrigibles, et sur lesquelles il est édifié, il n'a guère qu'à suivre le débit de la scène, en tenant le doigt sur la réplique correspondante du manuscrit. Les glands comédiens sont intraitables sur ce chapitre et veulent, le premier jour comme te dernier, que le souffleur les suive. Mlle Kachel surtout, bien qu'elle sût admirablement ses rôles, ne laissait pas que
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de donner des éblouissements à ces modestes auxiliaires par son exigence.
• Dites au comédien dont la mémoire ett ordinairement la plus infaillible qu'il doit jouer sans souffleur, et vous le verrez aussitôt, plein de trouble et d'inquiétude, chercher ses phrases, oublier ses répliques, décolorer son rôle et manquer tous ses effets, que le souffleur dise, au contraire, à l'acteur le moins doué de cette faculté : « Soyez sans crainte,
• je ferai attention à vous ; je soignerai votre
• grand couplet..., » vous n'entendrez pas l'acteur faillir d'une seule syllabe. L'emploi du souffleur est peu rétribué; il est cependant parfois très-pénible. < (Dictionnaire théâtral.) En dehors de ces détails, l'art de souffler avec intelligence n'est vraiment difficile que dans les troupes de province, où les répétitions sont précipitées, les reprises entremêlées, fréquentes, où le temps donné aux comédiens pour apprendre leurs rôles est insuffisant.
Voici les conditions requises pour apporter un concours utile à une représentation théâtrale. D'abord, et avant tout, il faut avoir un organe net et délié, dépourvu de tout accent de province. Il faut que le timbre soit strident et pour ainsi dire pénétrant, non pas comme une vibration, mais comme un jet de son projeté sur celui auquel il s'adresse. D'autre part, l'émission des mots ne doit pas Se faire a mi-voix., ce qui produirait un bourdonnement confus, indiscernable pour le comédien et désagréable pour le spectateur; elle doit avoir lieu dans cette gamme gutturale qu'on appelle le chuchotement, et qui se résume parfaitement dans le mot: psll pst! lorsqu'on le prononce à voix basse pour avertir un interlocuteur éloigné de la survenanee d'un tiers. En un mot, ce doit être une confidence habilement dissimulée. Voilà pour l'organe. Pour ce qui est du reste, il faut apporter dans le rôle de souffleur, sinon une grande sagacité, au moins beaucoup d'adresse.
Supposons, ce qui arrive souvent, un acte dont les comédiens ne connaissent que le sujet, la coupure des scènes, les principaux mouvements et les répliques décisives. Dans ce cas, le souffleur devra tout leur envoyer. Or, l'un prend bien, mais lentement; l'autre immédiatement, mais trois mots à la fois seulement; enfin, un autre éprouve des intermittences de surdité, ou bien il a déclare que le souffleur l'embarrassait et qu'il ne voulait pas qu'on s'occupât de lui. Celui-là est le plus dangereux de tous; car il faudra l'habileté la plus vigiûnte pour discerner le moment où il a réellement besoin d'aide et celui où il en serait gêné. C'est alors que, derrière l'espèce de capote de cab sur laquelle le chef d'orchestre appuie sa partition, se joue tout un petit drame; o'e^ de là qu'entre deux répliques il faut que le souffleur lance à chaque instant toute une phrase, vive sans confusion, éteinte, mais chaude.
11 peut encore se produire pour le souffleur un incident assez rare, mais irës-dangereux; car, sur la scène, le moindre égarement, la moindre déviation conduit en quelques secondes à l'effarement et à une complète inconscience. Un exemple en sera la meilleure expliuaiion. A Besançon, il y a quelques années, dans un grand diable de drame en cinq actes où se reproduit deux fois la même situation pour les acteurs en scène, le jeune premier s'embrancha sans le vouloir, dès le deuxième acte, dans les répliques du dernier, où la scène était presque identique. Naturellement, son interlocutrice suivit le mouvement, et bientôt, comme une barque à la dérive, ils s'aperçurent qu'ils couraient au dénoôuient. La vitesse acquise a des forces spéciales. Ils te sentaient entraînés, et l'égarement leur ôtait toute présence d'esprit. C'est alors que le souffleur, comme un pilote intrépide, par quelques phrases improvisées et envoyées en amarre, les retint sur le bord du précipice. En telle occurrence, ayez affaire à ut. imbécile ou seulementk un peureux, alors tout est perdu.
Un écueil analogue peut surgir aussi des remplissages. Quelques comédiens ont pour habitude, quand la mémoire leur fait défaut, de collaborer au manuscrit par des amplifications qui, presque toujours, les perdent loin de les sauver ; en outre, «e procédé ne manque jamais de dérouter complètement leurs camarades, qui, en ce cas, les laissent en place, pour bien faire comprendre uu public que ce ne sont pas eux qui manquent de mémoire, mais bien celui qui s'évertue à parler. Si cependant ils y mettent un peu du leur et cherchent à replâtrer la chose, ce n'est plus que sur le souffleur qu'ils auront à compter. Or, si ce dernier se trouble aussi, s'il mêle les feuillets de sa brochure et perd la page, le public peut être sûr d'un galimatias qui se terminera quelquefois par Je baisser du rideau et par des coups de sifflet qui, tombant sur les comédiens, feront ricochet dans la coulisse sur le malheureux souffleur, véritable âne des Animaux malades de la peste. Inutile d'ajouter que, s'il reste quelque espoir dans une pièce en prose, il faut y renoncer tout à fait dans un poëme versifié.
Pour toutes ces causes, les comédiens redoutent comme la peste, dans une troupe restreinte comme personnel, ou lorsqu'ils figurent sur des théâtres de société, le concours officieux d'un souffleur amateur. Un soir qu'on jouait les Filles de marbre au théâtre de Hombourg (Prusse), un médecin, ami du
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directeur du théâtre, se proposa pour souffleur. Arrivé aux fameux couplets des Louis d'or, l'artiste chargé de les chanter, mais qui n'en savait tout justeque la première strophe, la dit tant bien que mal ; après quoi, l'orchestre joua la ritournelle et donna l'accord de la reprise. Il fallait partir 1 Le souffleur ne desserrait pas les dents. Que fait l'acteur? Aux grands maux, les grands remèdes : il redit bravement les premiers vers du premier couplet, espérant bien les enchevêtrer dans ceux du second à moitié route. Mais hélas, toujours rien du souffleur.' Il le regarde «lors, frappe du pied, tend l'oreille, et, à cet appel, le brave médecin, regardant alternativement la brochure et le visage du patient, finit par lui dire, avec beaucoup do calme et a voix basse : « Ce n'est pas cela, vous vous trompez! » Il regardait jouer la pièce par distraction I
Comme on le voit, pour souffler, il faut des dons secondaires, comme ceux d'un homme qui a une belle écriture, d'une femme qui coud vite et régulièrement. On a beaucoup parlé, dans ces dernières années, des emplois remplis par les hommes et facultatifs pour les femmes ; celui de souffleur est un de ceux que les vieilles comédiennes rempliraient avec le plus d'intelligence, d'autant mieux que les appointements ne sont pas d'une insuffisance ridicule. A la Comédie-Krançaise, il y a deux souffleurs se relayant tour à tour; celui qui est en titre a 2,400 francs de traitement par an. Mais aussi c'est le Rothschild de la profession.
Dans les théâtres lyriques, il y a toujours deux souffleurs, l'un pour les paroles et le second pour la musique. Ce dernier est chargé de souffler au chanteur, c'est-à-dire de lui nommer la note que celui-ci doit donner. Il va donc sans dire qu'il doit être musicien.
SOUFFLOH s. m. (sou-flon — rad. souffler). Cocon de soie dont la tissure trop lâche est transparente.
SOUFFLOT (Jacques-Germain), architecte français, né à Irancy, près d'Auxerre, le 22 juillet 1713, mort à Paris le 29 août 1780. Il «tait fils d'un commerçant qui, après avoir acquis une belle fortune, était devenu lieutenant au bailliage d'Irancy. Ayant montré de bonne heure une véritable passion pour l'architecture, son père lui laissa suivre sa vocation, le fit instruire avec soin, puis l'envoya en Italie, où il suivit les cours de l'Académie de France à Rome. Soufflot visita ensuite la Grèce et l'Asie Mineure, pour y étudier les monuments de l'antiquité, et, de retour en France, il fut chargé à Lyon de diverses constructions qui commencèrent sa réputation. C'est à cette époque qu'il dessina un projet de coupole pour le couvent des Chartreux, construisit 1 Hôtel du change (1745) et fit élever la belle façade de l'Hôtel-Dieu, qu'il surmonta d'une coupole imposante. Appelé à j Paris, Soufflot reçut le cordon de Saint-Mi - ! chel et fut nommé membre des Académies I d'architecture et de peinture (1749). En 1750, il fit un nouveau voyage en Italie, avec le directeur des bâtiments royaux, M. de Marii gny et, quatre ans plus tard, il construisit le I Grand-Théâtre de Lyon.
La construction de Sainte-Geneviève (le I Panthéon) ayant été mise au concours, Souf- 1 flot fit agréer ses plans et commença l'exe- I cution de ce monument magnifique; mais il
■ ne le conduisit que jusqu'à la naissance du j dôme (v. Panthéon). Il essuya, au sujet de | ce dôme, des contradictions nombreuses et
■ des critiques très-acerbes; et, quoique l'érec- I tion en fût garantie par des calculs scrupu-
! leux, il n'eut pas l'énergie de résister à d in- | justes tracasseries, et se laissa aller à un I amer découragement, qui détermina en lui ' une maladie de langueur à laquelle il suc- I coinba. Les critiques umères et le plus sou- I vent injustes dont ses principaux travaux | avaient été l'objet assombrirent son caractère, naturellement brusque ; mais il possé- ; dait un cœur sensible, noble et généreux. | Voici une épitaphe anticipée qu'il a versifiée i lui-même, car il était poëte à ses heures. Placée au bas de son portrait, elle peint fidèlement les différents cotés de son caractère :
Pour maître de son art, il n'eut que la nature ;
11 aima qu'au talent on joignît la droiture;
Plus d'un rival jaloux, qui fut boû ennemi,
S'il eût connu son cœur eût été son ami.
SoufUot avaitété nommé, en 1776, intendant [ général des bâtiments. Outre les monuments i précités, on lui doit : l'Ecole de droit, sur la ' place du Panthéon ; la fontaine de la rue de I l'Arbre-Sec ; l'orangerie du château de Me- I nars ; la sacristie, détruite depuis, de Notre- Dame de Paris, etc. Enfin ou a de lui : Œuvres ou Recueil de plusieurs parties d'architecture (Paris, 1767, 2 vol.in-foi. avec 230 planches).
SOUFFLURE s. f. (sou-flu-re — rad. souffler). Teclin. Cavité qui, sous l'action d'un gaz, pendant la solidification, se forme quelquefois dans l'épaisseur d'un ouvrage de fonte ou de verrerie, il Cavité qui se forme dans le plomb lorsqu'on le fond en table. U Se dit de même en parlant du cuivre fondu. Il Renflement produit par l'air qui n'a pu s'échapper d'une matière en fusion.
SOUFFRABLE adj. (sou-fra-ble — rad.
souffrir). Qui peut être souffert, qu'on doit souffrir, supporter. Il Peu usité.
SOUFFRANCE s. f. (sou-fran-se — rad.
souffrir). I'. talile celui qui soutfre, qui éprouve
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de la douleur, de la peine : Souffrance physique. Souffrance morde. Etre dans ta souffrance. Vi'ure dans les souffrances. Alortitifiez, à la faveur de tes souffrances, tout ce qui reste de terrestre en vous. (Boss.) Ainsi, parmi les souffrances et dans les approches de la mort, s'épure comme dans un feu l'âme chrétienne. (Boss.) C'est ôter aux hommes la gloire et la fermeté àans les souffrances que de leur en ôter 'e sentiment. ( Mass. ) Les âmes aimantes ont une double pari de souffrances : celles qui leur sont personnelles, et celles que leur apporte la douleur d'autrui. (J.-J. Rouss.) Les souffrances causées par les maladies ne sont autre chose que l'effort de la vie qui se défend. (J. de Maistre.) On devient vulgaire par des souffrances vulgaires. (Chateaub.) Il faut partager ta souffrance avant de la raisonner. (La Rochef-Doud.) Qui n'a point souffert n'a encore aucune idée de la souffrance. (Lamenn.) Les femmes éprouvent le besoin de sympathisa avec la joie, la souffrance, l'indignation (Mme de Remuant.) L'imagination humaine est moins puissante à peindre la félicité qui la souffrance. (Vilfem.) Quand ta limite de la SOUFFRANCES est débordée, la vertu le plus imperturbable se déconcerte. (V. Hugo.'i Pour les peuples comme pour les individus, Ix souffrance n'est pas toujours perdue. (Guij;ot.) Lu plèbe aveugle et stupide immole les mt riyrs pour le seul plaisir de contempler la souffrance. (G. Sand.) Les vertus sunt des titres, les souffrances sont des droits. (M'"o E. de Gir.) Qui serait maître de son cœur serait vraiment maître de la souffrance. (J. Simon.) Tout bien, de quelque nature que .:e soit, est le prix d'une souffrance.. (Ventjra.) Les souffrances sont des certificats de vie. (A. d'Houdetot.) Il est des souffrances que le sage ambitionne. (Raspuil.) Les soupïrances imaginaires sont réelles pour celui qui tes sent. (Laiéna.) La vicilItîEc déjà vienl avec ses souffrances.
De Fontanes.
Humble dans mes soupii's, soumis dans ma souffrance Je ne m'élève point contre la Providence.
Voltaire.
Nous naissons pour les maux, n'en sois pas abattu ; Apprends que sans soujrance il n'est point de vertu,
Lemierre.
L'homme de sa raison doit toujours faire usage : 11 doit faire céder la se uffrance au courage.
Ducis.
Vivre sans trop de pei le et sans souffrance amère Est l'unique souci de mon ame sur terre.
Auo. Haucier.
Ah! comme les vieux ai. -s qu'on chantait a douze ans. Frappaient droit dans le cœur aux heures de souffrance!
Alfu. de Musset.
Dans les palais et sous le chaume
Moi, dit la sœur, j'ai de mes mains
Distillé le miel et le baume
Sur les souffrances des humains.
BÉKANQER.
Vous qui volez partout où gémit la souffrance, A chaque désespoir o:frant une espérance, Ma muse vous préfère aux plus rainants guerriers. Lacbambeaudie.
— Par ext. Peire de l'amour : Il prie sa maîtresse d'avoir pitié de ses souffrances. (Hamilt.)
— Jurispr. Tolérance pour certaines choses qu'on pourrait empêcher : Un jour de souffranck. Des vues de souffrance.
— Coinm, Affaire en souffrance, Affaire en suspens.
— Comptabil. Mettre, tenir un article en souffrance, Différer de l'allouer, de le rejeter, jusqu'à ce que les pièces justificatives aient été fournies, il On dit de même : Cet article, cette partie est en souffrance.
— Hist. Armée de souffrance, Nom que prenait en Normandie, eu 1639, la bande des nupieds.
— .Féod. Delà, que le seigneur accordait quelquefois à son nouveau vassal, pour faire foi et hommage.
— Syn. Souffrance, affliction ,amerlutne, etc. V. AFFLICTION.
— Encycl. Hist. Armée de souffrance.