‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 562 sur 1059 · SH · texte numérisé non relu

SH

Acide hypû-

Acide

Soufre

sulfureux.

sulfureux.

Le soufre qui provient ainsi de la décomposition spontanée de l'acide hyposulftireux présente les mêmes caractères que celui qui provient directement de la décomposition du chlorure de soufre; il en résulte qu'on peut encore l'obtenir en ajoutant de l'acide chlorhydrique à la solution aqueuse d'un hyposulfite. Si , dans la préparation du soufre amorphe soluble par l'action des acides sur les polysulfures alcalins, on opère sur une solution qui renferme, en outre, un peu d'hyposulfite et qu'on fasse usage d'un excès d'à cide, il se précipite toujours, en même temps que le soufre amorphe soluble, une petite quantité de cette modification insoluble. Le soufre insoluble amorphe est d'une couleur jaune ; il ne se dissout ni dans le sulfure de carbone, ni dans aucun autre menstrue; il ne présente pas la moindre apparence de cristallisation. On obtient -des modifications de soufre insoluble très-voisinesdela précédente en épuisant la fleur de soufre par le sulfure de carbone, soit en épuisant par ce liquide du soufre fondu porté à 300° et refroidi brusquement, cette triple opération étant répétée un nombre de fois suffisant pour que le soufre conserve après le refroidissement une couleur rougeâtre. Cette dernière est une poudre brune, légèrement soluble dans l'alcool anhydre et d'une densité de 1,95. Exposées pendant un temps plus ou moins long k 100O, fondues ou soumises à l'action des sulfures alcalins, ces diverses variétés se convertissent en soufre octaédrique.

2° Une variété amorphe molle, jaune, opaque, légèrement soluble dans le sulfure de carbone, a été obtenue par M. Mùller en faisant passer de l'acide sulfhydrique à chaud sur de l'acide oxalique, ou en faisant passer dans l'eau un mélange de vapeur de soufre et d'acide chlorhydrique ou d'anhydride carbonique. Elle ne perd pas sa mollesse par la pression. D'après Sestini, toutefois, cette pré-

SOUP

tendue modification n'existerait pas, le soufre étudié par Millier n'étant que la variété utriculuire telle qu'elle Se produit par une condensation rapide a l'air. D'après Berthelot, au contraire, le soufre condensé dans les conditions où s'est placé M. Mùller renferme toujours, une fois dur, une proportion plus ou moins forte de la variété insoluble. Suivant MM. Ubaldini et de Luca, le soufre, séparé de l'acide sulfureux uijueux (en même temps qu'il se forme de l'acide pentatbionique) par l'action de l'hydrogène sulfuré, renferme une proportion de soufre insoluble, qui varie suivant les conditions de l'expérience, et qui est plus forte que celle du soufre soluble quand l'acide sulfureux est en excès.

3" Soufre plastique. Ce soufre, souvent représenté par le symbole S>, s'obtient en chauffant du soufre entre 250° et 260° et en le versant par tilet mince dans de l'eau très-froide, de manière à le refroidir rapidement. Il se présente sous la forme d'une masse transparente, molle, d'un blanc jaunâtre, capable d'être étirée en fils élastiques possédant une grande ténacité. Sa densité est de 1,95; le sulfure de carbone ne le dissout pas. Lorsu'on refroidit brusquement par un mélange 'anhydride carbonique solide et d'éther du soufre chauffé à 300°, il se forme une masse dure, et parfaitement transparente, qui devient molle et élastique il la température ordinaire. Le produit dur paraît être l'état solide de la modification plastique du soufre. On obtient une autre forme de soufre plastique en faisant agir l'acide azotique ou l'eau régule bouillante sur les sulfures métalliques. En quelques heures, le soufre plastique revient à son état cassant, reprend sa couleur jaune et se trouve alors complètement transformé en soufre octaédrique. Cotte transformation s'accompagne d'un dégagement de chaleur.

D'après Brodie, il se formerait déjà du soufre mou à 120° et, si les cristaux formés à cette température perdent leur transparence, il faudrait attribuer ce phénomène à la transformation en soufre dur du soufre mou mécaniquement emprisonné dans leur masse. Comme nous l'avons vu plus haut, le soufre plastique redevenu dur n'est plus entièrement soluble dans le sulfure de carbone et laisse un résidu de soufre insoluble, dont c'est même là un mode de préparation. Les modifications noire et rouge du soufre, décrites par Magnus, résultent : la première, d'une série très-grande de surchauffes et de refroidissements brusques souvent répétés, et de l'épuisement par le sulfure de carbone de la masse provenant de cette action ; la seconde, d'une température de 130° à 150° sur la première. Mitscherlich ne croit pas que ce soient là de vraies modifications allotropiques du soufre. Il croit que c'est tout simplement du soufre insoluble coloré par des corps gras. Lorsqu'on mélange des solutions de chlorure ferrique et d'acide sulfh) drique, il se forme quelquefois un précipité bleu, que l'on a également considéré comme une modification allotropique du «oufre.

— Réactions. Le soufre se combine directement avec la plupart des éléments. Les vapeurs de soufre, mélangées d'hydrogène, brûlent ce gaz avec production d'acide sulfhydrique. Celte combustion, un peu difficile toutefois, est beaucoup facilitée par le passage à travers le mélange d'une série d'étincelles électriques. Le soufre fondu, soumis à l'action du chlore gazeux, donne du chlorure de soufre SsCl*; des réactions analogues ont lieu avec le brome et avec l'iode. Le soufre est tres-infiammable; chauffé dans l'air ou | dans l'oxygène à la température de 250°, il prend feu, brûle avec une flamme bleu clair très-peu lumineuse et se convertit en anhydride sulfureux SO2. Dirigé en vapeur sur du charbon incandescent, le soufre donne naissance à la production du disuifure de carbone Cs>2 ; il s'unit aussi directement avec le phosphore, l'arsenic, le silicium et le bore. Presque tous les métaux se combinent avec lui, soit à la température ordinaire, soit à une température plus élevée. Le zinc, le fer, le cuivre, le plomb, l'argent, l'étain, etc., brûlent avec un très-grand éclat dans la vapeur de soufre et cette combustion, sauf pour le zinc et le fer, commence spontanément, pourvu que le métal soit dans un assez grand degré de division. En outre, des mélangea de soufre, d'eau et de métal finement divise, fer ou cuivre, commencent à réagir à la température ordinaire et dégagent des masses de vapeurs d'eau en même temps qu'il se forme du sulfure hydraté. L'acide azotique; tout comme l'eau régale, dissout lentement le soufre à la température de l'ébullitiou, en dégageant des vapeurs rutilantes et en donnant na,ssanee à de l'acide sulfurique Il2SO* (v. SULFURIQUE), Les alcalis caustiques dissolvent également le soufre avec facilité en donnant un sulfhydrate et un hyposuliile

4KHO + S4 Potasse. Soufre.

2KHS +

Sulfhydrate

Eau.

Hyposulflta

potassique.

potassique.

Au contact de l'air, une partie du sulfure se décompose avec mise en liberté du soufre, qui se dissout dans le reste du sulfure en formant un pentasulfuie. Le même petitasulfure se forme encore si l'on dissout dans l'alcali caustique un excès de soufre. Les vapeurs de

SOUP

soufre ne se combinent pas avec l'azote, même lorsqu'on fait passer une série d'étincelles à travers le mélange. Leprotoxyde et le bioxyde d'azote oxydent le soufre, qu'ils transforment en acide sulfureux, tandis que de l'azote devient libre. Les produits, dirigés dans un vase de verre entièrement refroidi par un courant d'eau, donnent de magnifiques cristaux. L'oxyde de carbone se combine directement à la vapeur de soufre sous l'influence de l'étincelle électrique avec formation d'oxysulfure CSO. L'anhydride carbonique, que l'étincelle décompose en oxygène et oxyde de carbone, donne, sous l'influence de l'étincelle, les produits que donneraient séparément l'oxyde de carbone et l'oxygène, c'est-à-dire l'oxysulfure de carbone et l'anhydride sulfureux. Lorsqu'on dirige un courant de soufre en vapeur à travers de l'aniline bouillante, il se dégage une grande quantité de sulfure d'hydrogène et il se forme une base sulfurée. D'autres corps organiques, tels que l'aeétantlide, la glycérine, la naphtaline, agissent de même.

Dans la plupart des réactions chimiques, le soufre représente l'oxygène, qu'il remplace atome par atome. Les deux éléments, quoique très-dissemblables par leurs caractères physiques, Sé correspondent étroitement, soit par la nature des composés qu'ils forment, soit par les réactions dont ils sont l'un et l'autre capables à l'état gazeux. Quoique le soufre ne se substitue que très-rarement à l'oxygène d'une manière directe, si tant est que le fait se produise jamais, on peut échanger ces deux éléments l'un contre 1 autre en agissant par voie de double décomposition sur leurs composés respectifs, et presque toujours, dans les cas où l'on obtient des composés oxygénés par voie d'addition, on obtient des composés sulfurés correspondants par la même méthode. Exemple : lorsqu'on soumet les cya,nures métalliques MCAz à l'action des paroxydes métalliques, ces sels fixent un atome d'oxygène et se transforment en cyanates MCAzO ; de même, lorsqu'on les chauffe avec du soufre libre ou avec du persulfure, il se forme des sulfocyanates MÛAzS. Ajoutons que les composés qui prennent naissance lorsqu'on brûle l'hydrogène, le phosphore et les métaux dans le soufre ou dans l'oxygène sont entièrement analogues, comme le démontrent les quelques exemples ci-dessous :

KHO CO2 C2H60

KHS CS» C2H«S

Hydrate Dioxyde Alcool

et Biifhydrate et disuifure etmercaptan.

potassiques, de carbone.

C1SPO K3P04

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