SOUK
sucriers, quoiqu'ils aient les ongles très-arqués. Nous remarquerons encore que les sucriers ne sucent les fleurs qu'étant suspendus ou perchés près d'elles, tandis que les liseaux-mouches et les colibris prennent leur nourriture en voltigeant.
Les souï-mangas ont un chant très-gai ; ils sont très- vifs, aiment la société de leurs semblables et construisent leurs nids dans les buissons, sur les arbustes, sur des troncs d'arbres -, ils sont susceptibles d'être élevés en cage. Il y a beaucoup de souï-mnngas vivants l'hez les oiseleurs hollandais du Cap de Bonne-Espérance; on ne leur donne pour toute nourriture que de l'eau sucrée; les mouches qui abondent dans ce climat suppléent au reste. Les souî-mangas sont fort adroits à. cette chasse ; ils attrapent toutes celles qui entrent dans la volière ou en approchent, et ce qui prouve que ce supplément de nourriture leur est nécessaire, c'est qu'ils meurent peu de temps après avoir été transportés sur les vaisseaux, où il y a beaucoup moins d'insectes.
Parmi les espèces les plus intéressantes de ce genre, nous citerons : le souï-manga lot/m, qui vit à Ceylan et à Madagascar; le souï-manga de Malacca, rangé par quelques auteurs parmi lesgrimpereaux ; le souï-manga élégant, du Cap de Bonne-Espérance ; le souï-manga mignon, espèce très-rare, qu'on trouve aux grandes Indes, au Brésil, et peutêtre aussi en Afrique.
SOUKALER s. m. (sou-ka-lèr). Membre d'une tribu de l'Inde.
— Encycl. Les soukalers forment une tribu nomade, à la fois l'une des plus répandues et des plus dangereuses. De toutes les castes de l'Inde, c'est celle dont les mœurs sont les plus féroces. Leur air dur et farouche, leurs traits rudes et grossiers, tant chez les hommes que chez les femmes, décèlent assez leur caractère et leurs inclinations. Sur tous les points de la presqu'île, ils sont l'objet d'une surveillance spéciale de la police, parce que partout on a de justes raisons pour se métier d'eux. Leurs femmes sont pour la plupart difformes et d'une malpropreté révoltante; entre autres vices notables , on les accuse d'être naturellement très- portées à la lubricité, et l'on assure qu'elles se réunissent quelquefois en troupe et vont chercher des hommes pour satisfaire leurs désirs. Une coutume plus atroce qu'on impute aux soukalers, c'est d'immoler des victimes humaines. Lorsqu'ils doivent faire cet horrible sacrifice, ils enlèvent furtivement, dit-on, la première personne qu'ils rencontrent, et l'ayant conduite dans quelque lieu désert, ils creusent une fosse dans laquelle ils l'enterrent toute vive jusqu'au cou ; ils forment ensuite, avec de la pâte de farine, une espèce de grande lampe qu'ils lui mettent sur la tête ; ils la remplissent d'huile et y allument quatre mèches ; après quoi, les hommes et les femmes, se prenant tous par les mains et formant un cercle, dansent autour de la victime, en poussant de grands cris et en chantant jusqu'à ce qu'elle ait expiré. Parmi les autres coutumes particulières aux soukalers, il en est une qui les oblige à ne jamais boire que l'eau des sources ou des puits et à s'abstenir de celle des rivières ou des étangs; lorsqu'il y a nécessité absolue, ils creusent un petit puits sur les bords d'un étang ou (l'une rivière et y puisent ensuite l'eau qui y filtre et qui est censée devenir par là de l'eau de source. Les soukalers vivent entièrement isolés des autres tribus, avec lesquelles ils n'ont de rapports que pour les besoins les plus indispensables. Ces nomades mènent une vie pastorale, et leurs chefs ont quelquefois des troupeaux de bétail considérables, consistant eu bœufs, buffles et ânes. Us voyagent par bandes de dix, de vingt, de trente familles, ou davantage; ils logent toujours sous des tentes d'osier ou de bambou, qu'ils emportent partout avec eux. Chaque famille a sa tente, longue de 7 ou 8 pieds, large de 4 à 5 et haute de 3 ou 4, dans laquelle les pères, les mères, les enfants, les poules et quelquefois les cochons logent ou plutôt s'entassent pêle-mêle , car c'est là leur seul abri contre le mauvais temps et les injures de l'air. Us choisissent pour asseoir leur camp les bois ou les lieux isolés. Outre leurs nattes d'osier et leurs effets de campement, ils se inunissent de provisions de grains et île tous les ustensiles de ménage nécessaires pour préparer et faire cuire leuis aliments. Ceux qui ont des bêtes de somme les chargent de la plus grande partie de leur bagage ; mais les malheureux qui n'ont pas celte ressource sont réduits à se charger euxmêmes de tout ce qu'ils possèdent. Le mari porte sur sa tête et sur ses épaules la tente, les provisions et quelques vases de terre; la femme porte son enfant suspendu à son dos, la meule à broyer le grain sur sa tête ; les autres enfants plus âgés, s'il y en a, portent le reste du misérable mobilier. Ces soukalers sont odieux à toutes les autres castes, k cause surtout du genre de vie qu'ils mènent et de Jeurs vices grossiers.
SOUK A RÉ s. m. (sou-ka-ré). Sorte de biscuit qui sert de nourriture aux soldats russes et suédois. Il On dit aussi soukari.
— Encycl. Une description de ce biscuit a été faite par Gugy. On pétrit ensemble 3 livres de farine, 30 œufs, 1 livre de beurre, l once de poivre et ï onces et demie de sel ;
on aplatit cette pâte pour la couper en trèspetits morceaux et, afin qu'ils ne se rejoignent pas, on les ballotte dans un linge sur lequel on a répandu de la farine. On étend ensuite le tout sur des planches qu'on laisse dans un four médiocrement chauffé jusqu'à ce que la pâte soit bien sèche. Le résultat est 5 livres de pâte, dont S onces, cuites dans l'eau, suffisent pour le repas d'un homme. Cette nourriture est saine, très-substantielle, d'un transport facile, et se conserve plusieurs années sans altération.
SOUKHONA, rivière de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Vologda. Elle sort de l'extrémité S.-E. du lac Koubensk, coule au N.-E., baigné Totma et se joint au Jug pour former la Dwina, après un cours de gOO kilom.
SOUEI s. m. (sou-ki). Nom vulgaire de la courge à la moelle.
SOOKOUM KALÉ, ville forte de la Russie d'Europe, dans l'Abasie, à 50 kilom. S. d'Anapa, sur un Ilot formé par la Baslata à son embouchure dans la mer Noire , autrefois port de mer très-important ; 3,000 hab. La rade est entourée de plages sablonneuses. Soukoum-Kalé se compose de deux parties, la ville basse et le camp retranché ; la ville basse est défendue par un fort en mauvais état et par quelques batteries établies à l'entrée de la rivière. En arrière de la ville, à 200 ou 300 mètres, sur une èminenee, est un vaste camp retranché, avec de magnifiques établissements et de belles «asernes ; ce camp est entouré d'ouvrages en terre palissades.
SOUKY-CALA s. in. (sou-ki-ka-la). Sorte de trêve qui, dans le système des Indous, est accordée par la nature à la condition misérable de toutes les créatures.
— Encycl. Le souky-cala, qui dure environ quatre mois, comprend le temps qui s'écoule entre l'époque où le grain commence à se former dans lépi et celle où le gouvernement permet de le fouler dans l'aire ; c est a peu près la seule période de l'année où les pauvres gens trouvent le moyen de se repaître à discrétion d'une nourriture grossière. Cette nourriture consiste en diverses sortes de menus grains, dont on engraisse les porcs et la volaille en Europe, ou qui servent à nourrir les chevaux dans l'Inde. De là est venu ce proverbe fore Commun dans le pays : « On ne doit pas approcher un paria dans le temps du soukycala, ni un bœuf dans le temps du divoutigai (fête spéciale qui se célèbre au mois de novembre, temps auquel les campagnes sont couvertes de verdure),» parce que l'un et l'autre, trouvant alors de quoi se rassasier, deviennent intraitables. Dans la plupart des provinces, ceux qui cultivent le riz ne le mangent pas ; ils le vendent pour payer leurs impôts. Cependant , durant les quatre mois du souky-cala, ils ont quelques pois ou fèves qui ont poussé dans les enamps. Le reste de l'année , leur unique pitance est pour presque tous une bouillie de millet, assaisonnée d'un peu de sel et de poivre long réduit en poudre dont ils font une sauce piquante. Trois mois surtout sont un temps de détresse générale pour ces pauvres gens, o'est-à-dire pour les trois quarts à peu près des habitants de l'Inde; ce sont juillet, août et septembre, et l'on a coutume de dire que ceux qui ont du grain pour vivre durant ce temps sont heureux comme des princes.
SOÛL, SOÛLE adj. (sou, sou-le — contracté de l'ancien français saoul, auquel répondent exactement le provençal sadol, l'italien satollo et le valaque setul ; du latin satullus , diminutif de satur, rassasié , qui représente exactement le sanscrit sadhus, comblé ; grec adês, adfo$, gothique sads, lithuanien sotus, de la racine sanscrite sadk ou sidh, combler, perfectionner, d'où aussi le grec adâ, latin satio, anglais to sale, lithuanien soliuu, russe syssciain, même sens, et le sanscrit sadliu, complètement, grec adên , latin satis, assez). Pleinement repu : Il est si soûl qu'il crève. (Acad.) Quand j'ai bien bu et bien mangé, je veux que tout le monde soit soûl dans ma maison. (Mol.) Jeûne éternel ici, vingt repas là pour un, Quand on est soûl chez eux, chez nous l'on est & jeun.
Piron.
— Rassasié, ennuyé jusqu'au dégoût : Etre soûl de gibier, de pâtisserie. Etre soûl de quelqu'un. Etre soûl de vers, de musique. Elle est soûle de son amant. Je suis soûl de cet homme-là, de ses façons. (Acad.)
Paul vend sa maison de Saint-Cloud A maints créanciers engagée; Paul dit partout qu'il en est soûl; 3e le crois, car il l'a mangée.