‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 583 sur 1059 · C. Delavisne · texte numérisé non relu

C. Delavisne

Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnes, Quels amis me plaindront quand vous m'abandonnez?

Racine.

— Avoir l'idce, l'opinion ; conjecturer, pressentir : Je soupçonne que ce mot ne vient pas de lui. (Acad.) Vous ne soupçonnez pas ce que c'est que ce caractère. (Aead.) Nous y trouverons peut-être un ordre que nous ne soupçonnions pas. (Buff.) Quelques voyageurs avaient déjà soupçonne qu'il y avait deux espèces de civettes, rnais personne ne les avait reconnues assez clairement pour les décrire. (Buff.) Les subalternes, témoins de tout l'intérieur d'une cour, savent des choses que les chefs de parti ignorent ou ne font que soupçonner. (Volt.) Je voyais bien que votre âme était haute; mais je ne soupçonnais pas qu'elle fût grande. (Montesq.) A la rapidité de son babil, je soupçonnai qu'elle avait uu peu goûté au vin d'Alicante. (Sterne.) Je ne suis pas sans quelque indignation de vous voir soupçonnek que j'admette des principes qui vont a préférer t'utite à l'honnête. (îl'uo de Staël.) Ni Magellan ni Gallego m'avaient soupçonné ce continent dans cette partie du monde. (Malte- Brun.)

, . . Mot d'amitié, ni doux sourire N'avaient fait soupçonner qu'il fût vraiment chéri.

La Fontaine.

— Absol. : Soupçonner sans aucun motif. J'ai soupçonné trop vite. (V. Hugo.) La défiance met une barrière de glace entre celui qui soupçonne et celui qui est soupçonné. (Latenu.)

Qui soupçonne aisément fait mal penser de soi.

La Chaussée.

On soupçonne aisément quand on n'est pas heureux. C. Delaviune.

Se soupçonner v.réoipr. Avoir des .soupçons les uns sur les autres Les méchants se soupçonnent, se craignent et se fuient. (Ch. Nod.) Quoique par bienséance il ne nomme personne, Si l'on ne se connaît, au moins on ta soupçonne.

Boileau.

— Syn. Soupfouncr, iui|><ner, Une première différence entre ces deux verbes consiste eu ce que le second s'emploie toujours en mauvaise part, tandis que soupçonner peut signitier'simplement conjecturer, avoir l'idée qu'une chose est possible. Quand soupçonner est pris lui-même eu mauvaise part, il exprime simplement la déliauce, sans dire si la personne qui en est l'objet y a réellement donné lieu; suspecter, au contraire, éveille l'idée de suspect, c'est-a-dire d'un état qui fait naître naturellement les soupçons, ou plutôt la suspicion,

— Soupçonner, douter (le), pressentir. V*

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