VOLTAIRE
— Froncer le sourcil, Montrer de la mauvaise humeur, d j mécontentement : Aussitôt qu'on lui parle de cela, il i-romck le sourcil.
— Archit. Dessus d'une porte qui pose sur les pieds-droits.
— Comm. Soircils de hanneton, Franges portant de petites houppes, qu'on a comparées aux antennes frangées du hanneton.
Il L'Académie dit : souci d'hanneton.
— Ornith. Trait coloré qu'on remarque audessus de l'œil d3 quelques oiseaux, li Doublesourcil, Nom v ilgaire d'une fauvette d'Afrique.
— Encycl. La direction des sourcils est exactement la même que celle de l'arcade orbitaire. Les poils qui les recouvrent sont plus nombreux et plus longs à l'extrémité interne qui porte le nom de tête, qu'a l'extrémité opposée qvi porte le nom de queue du sourcil. Les tètes des sourcils sont séparées l'une de l'autre par un intervalle qui répond a la racine du nez; quelquefois, cependant, ces têtes sont confondues (Cruveilhier). Les sourcils sont constitués par la peau, velue et très-mobile, un peu de tissu cellulaire souscutané, une ccuche musculaire formée des fibres les plus inférieures du frontal et supérieures de lorbiculaire, et un muscle qui appartient en propre à cette région, le sourciller. L'arcade orbitaire lui sert de support et de base d'implantation. Les artères viennent de la frontale externe ou sus-orbitaire, de la frontale interne et de quelques branches des palpébrales. Les nerfs émanent de l'ophthalmique de "Wïllïsi et du facial.
L homme et ,e singe sont les seuls êtres, à proprement parler, qui aient de véritables sourcils ; quelques animaux présentent cependant au-dessus îles paupières des poils longs et roides. Les sou-cils sont destinés à protéger l'appareil ocu aire contre l'intensité des rayons lumineux, et c'est surtout lorsqu'ils se froncent qu'ils atteignent efficacement ce but. ils soni, bien plus marqués chez les méridionaux g,ie chez les peuples du Nord. La saillie sourcilière, étant enduite d'humeur sébacée, détou.'ne, en outre, la sueur du front du champ du visage. Ces appendices protec-
SOUR
teurs contribuent enfin à l'expression de certains sentiments. Sommes-nous sous l'empire de la colère ou de la terreur, ils s'abaissent et se rapprochent; nous livrons- nous à la joie et a l'espérance, ils s'élèvent et s'écartent l'un de Vautre. Lorsque aucun intervalle ne les sépare sur la ligne médiane, ils donnent à la physionomie une expression de dureté bien caractérisée.
— Pathol. Certains sujets n'ont jamais eu de sourcils; d'autres les ont perdus à la suite de violents chagrins, de longues maladies et surtout par suite d'infection syphilitique. L'art médical est impuissant à remédier a. l'absence disgracieuse de ces poils. Ceux qui y tiennent par coquetterie n'ont d'autre ressource que de -se faire peindre le haut du visage; mais l'œil n'en reste pas moins privé d'un moyen précieux de protection. Les plaies des sourcils ont de tout temps été considérées comme dangereuses, à cause de leur voisinage du cerveau et de l'œil. En ébranlant ce dernier organe, les accidents qui blessent le sourcil peuvent amener la cécité, comme ils peuvent aussi entraîner à leur suite la commotion et l'inflammation cérébrale. Toutes les dégénérescences peuvent envahir les sourcils; ils peuvent aussi devenir le sié;re de tumeurs trèsvariées, mais les plus fréquentes sont les kystes sébacés ou loupes et les lipomes. Leur ablation ne présente pas de difficulté particulière.
SOURCILIER, IÈRE adj. (sour-si-lié, ière— rad. sourcil). Anat. Qui appartient, qui a rapport aux sourcils ■' Atuscle sourciller. Artère sourcilière. Arcades sourcïliéres.
— Encvcl. Arcades sourciliéres. On nomma ainsi les saillies arquées, plus prononcées en dedans qu'en dehors, que présente l'os frontal immédiatement au-dessus du rebord des orbites. Elles sont séparées l'une de l'autre par la bosse nasale et donnent insertion au muscle sourciller (fronto-sourciVi'er de l'unatomiste |Chaussier). Celui-ci décrit une légère courbure à concavité inférieure, et les fibres charnues qui le composent vont se mêler les unes au frontal, les autres à l'orbiculaire des paupières, tandis que la languette principale s'insère à la peau du sourcil. Quand il se contracte, il fronce les sourcils, c'est-k-dire qu'il les porte en dedans et en bas, donnant ainsi au visage l'expression des passions violentes avec toutes leurs nuances, depuis le simple mécontentement jusqu'à la fureur et la menace. L'artère sourcilière, qui croise le muscle sourciller et passe au-dessous de lui, est plus généralement désignée sous le nom d'artère sus-orbitaire.
SOURCILIER s. m. (sour-si-lié — rad. sour* cil). Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson gobioïde, du genre clinus ou blentiie.
— Teehn. Dans les fabriques de glaces, Sorte de corniche pratiquée au-dessus des ouvreaux du four.
SOURCILLER v. n. ou intr. (sour-si-llé; Il mil, — nui. source). Jaillir, sortir de terre en petites sources : Cette eau sourcille cti différents endroits. (Bulf.)
SOURCILLER v. n. ou intr. (sour-si-llé; Il mil. — rad. sourcil). Remuer les sourcils en signe de mécontentement.
— Sans sourciller, Sans laisser paraître sur son visage la moindre émotion, le plus léger trouble : Apprendre une mauvaise nouvelle sans sourciller. Il a vu mourir de faim sou ancien compagnon de collège SANS SOUR- CILLER. (Ph. Chasles.)
SOURCILLEUSEMENT adv. (sour-si-llouze-man ; Il mil. — rad. sourcilleux). D'une manière sourcilleuse, en sourcillant :
. . . Sourcilleusement, nouB laissant tous ensemble, San» plus longue réplique, il tourne où bon lui
[semble.
Corneille.
SOURCILLEUX, EUSE adj. (sour-si-lleu, eu-zc; Il mil. — rad. sourcil). Poétiq. Haut, élevé : Monts, rochers sourcilleux. Montagnes,roches sourcilleuses. Malheur aux peuples voisins de ces montagnes sourcilleuses! (Marmont.)
Quel spectacle imposant, quel aspect merveilleux Que tout ce vaste amas de sommets sourcilleux t
A. Barbier.
Il Mot vieilli.
— Empreint d'orgueil, de fierté :
Tout der, il montre alors un front plus sourcilleux.
Boileau- En quel temps a-t-on vu l'impiété hautaine Lever contre le ciel un front plus sourcilleux ? J.-B. Rousseau.
— s. m. Ichthyol. Syn. de sourciller.
SOURCILLON s. m. (sour-si-llon ; Il mil. — dimin. de source). Petite source, n Peu usité.
SOURD, SOURDE adj. (sour, sour-de — du Iat. surdus, même sens). Privé du sens do l'ouïe : Il est sourd. Elle est devenue sourde. Ou est muet dès qu'on est sourd, quoiqu'on puisse être muet sans être sourd. (De Bonald.) Il Qui entend mal, qui a le sens de l'ouïe peu développé : La plupart des vieillards sont plus ou moins sourds.
Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez. Approchez ; je suis sourd, les ans en sont la cause
La Fohtaihk.
SOUR
— Peu sonore, peu retentissant ; Bruit sourd. Voix sourdb. De sourds gémissements. Il y a dans le sourd mugissement des bois quelque chose qui charme les oreilles. (Chateaub.) l! Qui a peu d'éclat : Couleur teinte
SOURDE. Tûll SOURD.
— Insensible, inexorable : Etre sourd à toutes les remontrances. Etre sourd aux prières, aux supplications. L'homme prévenu ne vous écoule pas, il est sourd ; la place est remplie, et la vérité n'en trouve plus. (Boss.) Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif.
BOILEAU
Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds.
Racine.
— Qui se fait secrètement, sans bruit : Menées, pratiques sourdes. Une fermentation sourde avertit de l'approche du danger. (J. - J. Rouss.) C'est du ve au x« siècle que se fit le travail sourd et comme le broiement d'où sortirent les idiomes modernes. (Ste-Beuve.) Songez-y, vos refus pourraient me confirmer
Un bruit sourd que déjà l'on commence a semer.
Racine.
— Interne et peu aigu : Une douleur