V. DÉFENDRE
' — Soutenir, maintenir. V. MAINTENIR.
' — Soutenir, affirmer, assurer, etc. V. AF- FIRMER.
SOUTENU, UE (sou-te-nu, ù) part, passé du v. Soutenir. Supporté, tenu par-dessous : Le balcon est soutenu par de fort belles cariatides. Amélie, soutenue de deux jeunes religieuses, se met à genoux sur la dernière marche de l'autel. (ChSteaub.) Je pénétrai dans l'asile où tu nous apparus bientôt soutenue par tes femmes. (X. Marmier.)
— Favorisé, secondé : La foi est feinte en ceux où elle n'est pas soutenue par les bonnes œuvres. (Boss.) Le solitaire, dans sa retraite, est soutenu par l'onction secrète de la grâce. (Mass.) La régularité des proportions de sa tête lui donne, au contraire, un air de légèreté qui est bien soutenu par la beauté de son encolure. (BufT.) C'est une lutte soutenus par de si sublimes espérances qui constitue la vertu dont l'homme est capable. (B. de St-P.) Mais outré, bizarre, sophiste même, quand il n'était pas soutenu par la passion, il devenait tout autre par elle. (Thiers.) L'amitié qui n'est pas soutenue par l'honneur est ton jours mat assurée. (Boiste.) Les conseils sont sans autorité dis qu'ils ne sont pas soutenus par l'exemple. (H. de Lambert.)
— Constant, sans interruption : La fortune de Polycrate, si longtemps soutenue, devait aboutir à sa perte. Des huêei .soutenues ont empêché d'entendre cette lecture. (Sanrin.)
— Qui ne faiblifpas, qui ne se ralentit pas : Son vol, quoique rapide, n'est pas assez rapide, assez soutenu pour passer les mers. (Bun.) Le trot doit être ferme, prompt et également soutenu. (Buff.) Le cerveau est un instrument qui se rouille et qui aurait besoin d'un exercice modéré et soutenu. (G. Sand.)
— Art milit. Appuyé protégé : Le général était soutenu par une batterie et couvert par une nuée de tirailleurs.
— Littér. Noble, élevé : Discours, langage soutenu. Style soutenu, il Observé, maintenu : Les caractères sont bien soutenus. L'ordonnance de /'Iliade est d'une simplicité noble et imposante ; l'intérêt y est soutenu avec beaucoup d'art. (Laharpe.) Le caractère de Marie Stuart est admirablement bien soutenu et ne cesse point d'intéresser pendant toute la pièce. (Mme de Stael.)
— B.-arts. Se dit d'une couleur dont le ton franc et solide par lui-même n'a pas besoin de repoussoir ; Ajoutez à ce merveilleux dessin une couleur simple, solide, soutenue de ton, sans faux brillants, sans petites recherches de clair-obscur. (Th. Gaut.)
— Manège. Relevé, en parlant des allurss bien égales et des temps de chaque air. il Mouvements soutenus, Mouvements cadencés.
— Blas. Se dit du chef quand il paraît posé sur une devise, et de la bande quand elle semble posée sur un lilet. il Se dit aussi d'un cep de vigne quand son échalas est d'un émail particulier. Il S'emploie encore pour exprimer qu'une pièce est posée sur une autre, qui est planée au-dessous d'elle. Dans ce cas, il signifie le contraire de sommé et de surmonté.
SOUTERRAIN, AINE adj. (sou-tè-rain, è-ne — du lat. subterraneus, même sens ; de sub, sous; terra, terre). Qui est sous terre : Chemin souterrain. Conduit souterrain. Cavernes souterraines. Sources souterraines.
Lacs souterrains. Elle va descendre à ces sombres lieux, à ces demeures souterraines pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre. (Boss.) Je vis s'allonger devant moi des galeries souterraines, qu'à peine éclairaient de loin en loin quelques lampes suspendues. (Chateaub.) Il était là, risquant sa vie, afin d'étudier les nouveaux miasmes pestilentiels qui venaient de se déclarer dans le Paris souterrain. (X. Mar-
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mler.) Les stalactites et les stalagmites calcaires ornent souvent les parois des cavernes souterraines, (L. Figuier.)
— Qui sort de dessous terre : Vapeur souterrains. Bruits souterrains. Feux souterrains.
— Par ext. Caché, mystérieux : Employer des voies souteriiaines pour parvenir à ses fins. Toute politique souterraine est une politique marquée au coin de ta faiblesse ou de la duplicité. (E. de Gir.)
— s. m. Lieu voûté et pratiqué sous terre: Découvrir un souterrain. Pénétrer dans un souterrain.
— Fig, Voies, pratiques secrètes pour parvenir à un résultat, pour réussir : Il avait Un don particulier de persuasion, d'intrigues, de souterrains, de ressources de toute espèce. (St-Sim.) Il Lieu sombre, chaos : La philologie est un souterrain obscur, étroit, sans fond, où l'on rampe au lieu de marcher. (H. Taine.)
— s. f. Bot. No:n vulgaire de l'arachide.
— Encycl. V. CliYPTB, HYPOGÉE, TUNNEL.
SOUTERRAINE (la), ville de France (Creuse), ch.-l. do cant., arrond. et à 3G kilom. N.-Û. de Guéret, sur la Sedelle; pop. aggl., 2,478 hab. — pop. tôt., 3,945 hab. Fabrication de toiles, de chandelles, de couvertures de laine, de sabots; importante filature de laine. Commerce considérable de bestiaux, de grains et de fils. Cette petite ville possède une église qui est un des plus remarquables édilices de l'époque de transition. Cette église a la forme d une croix latine à base allongée, et, bien que commencée au xie siècle, on y reconnaît les nombreuses transformations subies par l'art jusqu'au xiiio siècle. Le porche, à cintre polvlobé, composé de six archivoltes en retraite retombant chacune sur un petit socle carré, surmonte une parte ogivale qu'encadrent deux colonnes â chapiteaux romans. Un épais clocher ca::ré surmonte l'édifice. La base de ce clocher est couverte aux deux angles par un lanternon octogone, k toit conique en écailles, ajouté récemment. Divisé en trois étages, il est surmonté d'un toit pointu et octogoial. A l'intérieur, la nef, longue de 40 mètres sur une largeur de 7, est formée de cinq travées et de deux collatéraux très-étroits, avec voûte d'arêtes en plein cintre, et s'interrompt brusquement au transsept. Lu première travée, ogivale, est soutenue par de ,»ros piliers, où s'attachent des colonnes cylindriques à chapiteaux grotesques. Une coupole ronde la recouvre, percée it son centre c 'une lunette circulaire pour l'ascension des cloches, l.a seconde travée est voûtée en berceau. Toutes ces parties appartiennent au xi« siècle. Le reste de la nef est postérieur d'un siècle environ. On y constate le passade du roman fleuri aux variétés de l'ogive. L'abside est terminée brusquement par un chevet carré, percé d'une large fenêtre lancéolée que bordent des groupes gracieux de colonnettes engagées le long des murs ; les nervures rondes de cette fenêtre se réunissent k la voûte ogivale et présentent un des plus complets spécimens de l'art du xiiie sièc e. Les autres fenêtres de l'œuvre sont en plein cintre. L'ensemble de l'édifice est simple et d'un grand effet. Audessous s'étend une immense crypte ou cha- Eelle souterraine qui a, suivant toute probailité, donné son nom h la ville. On y accède par une cour basse placée du côté du nord ; la crypte contient, quatre chapelles avec autels, reliées entre elles par un large couloir, et deux caveaux. Un escalier de vingt marches met en communication la crypte avec le transsept droit. L'église de La Souterraine a été dans ces derniers temps, de la part de l'administration, 1 objet de restaurations intelligentes qui en ont singulièrement dégagé l'extérieur, encasiré en partie dans des bâtisses vulgaires. 11 faut citer, après l'église, une curieuse Lantsrne des morts, placée jadis au centre de l'ancien cimetière ; démolie, elle a été transportée pierre à pierre dans le cimetière nouveau. On trouve à Versitlac, k inoins de 5 kiloin. de la ville, un monument analogue.
A moins de 509 mètres de la ville, on rencontre les débris immenses d'un oppidum gaulois, qui faisaient déjà au moyen âge l'admiration desmointiS archéologues de La Souterraine. Mais le plus curieux édifice des environs de La Souterraine, situé à 2 kilom. à peine, est le vieux donjon massif du Bridier, qui a survécu à l'ancien château féodal du même nom. Ce doyjon est une tour énorme, ronde, qui s'élève au faîte d'un petit mamelon granitique, protégé du côté le moins élevé par un tostè. Le diamètre de la tour est de 22 mètres à sa base, formant un cône de 10 mètres de hauteur, le long d'un glacis inférieur en pierie qui va s'élargissant jusqu'au sol. Au fond d'un petit corridor s'ouvre une grande Salle Jexagone (9 mètres), avec deux profondes fenêtres à meneau transversal et vaste cheminée (2 mètres). Quarantesix marches d'un escalier en spirale conduisent à un premier étage, trente-trois à un deuxième, trente-trois encore k la plateforme, avec parafât hérissé de quatre grandes gargouilles. La. prison se trouve à l'entrée à droite, à près de 2 mètres au-dessous du sol.
L'histoire ne commence k faire sérieuse-
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ment mention de La Souterraine qu'au xi« siècle, époque où elle fut donnée en toute propriété par Gérauld de Crozant à Saint-Martial de Limoges. Elle ne tarda pas à acquérir, sous les moines puissants qui s'y établirent, une assez grande importance. La ville se souleva une fois contre ses nouveaux seigneurs afin d'obtenir la réduction d'une taille ; excommuniée, elle n'en parvint pas moins à ses Uns, puis rentra sous l'obéissance. Place forte etentourée de remparts solides, La Souterraine fut prise en 1207 par le comte de La Marche et démantelée. Les Anglais y avaient établi leur quartier général, lorsque le connétable Louis de Saucerre vint les y assiéger. Désespérant de tenir tête k l'attaque, les Anglais consentirent à abandonner la place, en payant en outre pour leur libre passage avec armes et bagages une rançon de 40,000 livres d'or (1381). Des remparts détruits, il ne reste plus guère de reconnaissable aujourd'hui qu une très-curieuse porte do ville munie encore de sa herse et de ses créneaux. Le tronçon de muraille qui l'accoste a conservé ses mâchicoulis.
SOUTERRAINEMENT adv. (sou-tè-rè-neman — rad. souterrain). Sous la terre : Issue gui conduit souterrainbmbnt hors de la ville. Une mine peut s'exploiter soit souterrainement, soit à ciel ouvert. It se prolonge comme un second cliquetis de chaînes entrechoquées SOUTERRAINEMENT. (L. Figuier.)
— Par ext. Secrètement, mystérieusement:
Agir soutbrbainement.
SOUTERRÉ, ÊE adj. (sou-tè-ré — de sous, et de terre). Bot. Se dit des plantes cachées sous la terre.
SOUTH (Robert), ecclésiastique anglais, né k Hackney (Middlesex) en 1633 , mort en 1716. 11 fut successivement partisan des royalistes, de Cromwell, des presbytériens et des indépendants, adorant et brûlant cour k tour ses idoles et se rangeant toujours du côté du plus fort. Toujours récompensé de ses apostasies, il fut reçu docteur en théologie, devint ensuite chapelain du grand conseiller Clarendon , de l'université d'Oxford et du duc d'York, chanoine de Christ-Church à Oxford et chapelain de Laurence Hyde, qu'il accompagna dans son ambussade en Pologne. De retour en Angleterre, il fut nommé curé d'Yslip, dans I'Oxfordshire, et faillit devenir évoque. On a de lui divers ouvrages de controverse , entre autres contre Sherlock, et deux recueils d'ouvrages posthumes, dont un, Opéra posthuma lat'ma , se compose d'oraisons et de poèmes latins; le second, Posthumous works, renferme trois sermons, le voyage de l'auteur eu Pologne et les mémoires de sa vie!1
SOUTHAMPTON, en latin Clausentum, nom mée autrefois Hanton, ville maritime d'An gleterre, formant un comté particulier {citycounty) dans le comté de son nom, à 119 kilom. S.-O. de Londres, avec laquelle elle communique par un Chemin de fer, k 20 kilom. N.-O. de Portsmouth, 17 kilom. S.-O. de Winchester, sur une langue de terre qui s'avance dans le Southampton-Water, estuaire du Test et de l'itching, par 50<» 54' de latit. N. et 3o 14' de longit. O.j 46,960 hab. Cette ville a peu d'industrie , mais de vastes chantiers de construction, un commerce maritime trèsimportant et des docks considérables admirablement disposés. Le port, un des plus fréquentés d'Angleterre, acquiert tous les jours une plus grande importance et reçoit sans cesse de grandes améliorations; il est bordé de quais larges et commodes, accessibles aux navires du plus fort tonnage. Southampton reçoit l'or de la Californie, l'argent du Mexique et du Chili, le platine du Pérou ou du Brésil, l'ivoire de l'Egypte et de l'Arabie, les denrées coloniales de l'Amérique centrale, etc.; ses nombreux paquebots k vapeur sillonnent toutes les mers , contribuent au mouvement de l'émigration et touchent k toutes les stations navales des cinq parties du monde. Le mouvement du port, eu 1805, a été, entrées et sorties réunies, de 1,878 navires, jaugeant ensemble 617,207 tonneaux.
La ville de Southampton est agréablement située sur une éminence qui domine la mer et d'où l'on jouit d'une belle vue sur les alentours; le climat est sain et agréable. Les rues sont propres, bien pavées et bien éclairées; mais, k l'exception d'une seule, large, longue et régulière, elles sont étroites et tortueuses.
— Histoire. Le nom de Southampton figure pour la première fois dans Ja chronique saxonne en 873, et tout porte k croire qu'elle eut les Saxons pour fondateurs. Les Danois la ravagèrent plusieurs fois. Enfin, Canut le Grand, devenu roi, en rit sa résidence habituelle. L'époque de prospérité commerciale de Southampton date des rois normands, sous la domination desquels la ville noua la plupart de ses relations avec la France, l'Espagne et le Portugal. Au moyen âge , son port joua un grand rôle militaire : c'est k Southampton que s'embarquèrent les armées qui devaient écraser la France à Cr.îcy, à Poitiers et à Azincourt. Charles-Quint et, plus tard, Elisabeth visitèrent Souihampton. C'est encore à Southampton que Philippe II débarqua lorsqu'il se rendit en Angleterre pour épouser Marie Tudor. Vers la même époque, la ville gagna un accroissement de commerce par suite de l'établissement dans ses
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murs des protestants des Pays-Bas qui, persécutés par le duc d'Albe, émigrèrent en Angleterre et transportèrent, principalement à Southampton , la fabrication des étoffes de laine. La ville était devenue une des plus riches, non-seulement du littoral, mais de toute l'Angleterre, lorsque la peste de 1665 vint la décimer. Les ravages du fléau furent tels que, pendant tout le siècle suivant, Southampton ne réussit pas à se relever de sa ruine. Ce ne fut guère que dans les premières années du xix» siècle que l'activité imprimée par la guerre à tous les ports d'Angleterre commença à lui rendre une impulsion puissante. En vingt ans, Southampton regagna ce qu'elle avait perdu, et sa population doubla. Plus tard, le choix qu'on en fit pour correspondre directement avec le Havre et l'établissement d'une ligne de chemin de fer mettant la ville en communication avec Londres ne furent pas étrangers à l'accroissement nouveau de cette prospérité.
Aujourd'hui, Southampton est, nous le répétons, une des villes industrielles les plus florissantes de l'Angleterre, en même temps que, contrairement à certains autres ports purement militaires, tels, par exemple, que Portsmouth , elle présente de nombreux monuments et établissements civils, La belle jetée, dite jetée 'Victoria, qui s'avance dans la mer à une grande distance, formant une garantie pour les bâtiments voisins, a été construite en 1832. Non loin de la jetée se trouvent les docks, bassins bordés par des quais de granit, magasins regorgeant de marchandises. Une grue d'une force unique au monde, et dont Southampton possède le seul exemplaire, dessert le transbordement. Les docks, commencés en 1836, furent ouverts en 1842. Le bassin de marée , communiquant avec la mer par un goulet de près de 50 mètres, mesure une superficie de 6 hectares 1/2. Les navires de 200 tonneaux y ont accès. Mentionnons encore une forme sèche pour la réparation des vaisseaux et bateaux à vapeur. Southampton est le centre de plusieurs compagnies maritimes très-importantes ; nous citerons la Peninsular and Oriental steam navigation Company, qui possède à elle seule près de cent bâtiments. Aux alentours des docks et de l'embarcadère du chemin de fer, qui en est voisin, de nombreuses maisons se Sont peu à peu élevées et forment un véritable faubourg à la v\lle proprement dite.
— Monuments. Southampton possède plusieurs églises : la plus remarquable est l'église Saint-Michel j elle est conçue en partie dans le vieux style normand et surmontée d'un clocher octogonal imposant, qui, éclairé pendant la nuit, sert aux vaisseaux de point de repère ; l'église de Tous-les-Saints est une massive construction ionique; on y voit plusieurs monuments funéraires élevés, entre autres, au navigateur Carteret et à l'historien Edwards; les églises de Holy-Rood, de Sainte-Laurence et de Sainte-Marine ne méritent qu'une mention.
Il reste encore quelques vestiges curieux des anciennes murailles de Southampton. Le plus important consiste dans une vieille tour carrée, désignée sous le nom de Vieux-Château, Ses fenêtres grillées d'épais barreaux de fer indiquent qu'elle a longtemps servi de prison. Quant au mur qui enveloppait la ville, il en existe un beau fragment, orné de piliers et d'arches gothiques , formant en même temps décoration et contre-forts. Une très-ancienne porte, dite Bar-Gate, située en travers et dans toute la largeur d'une rue de Southampton, parait dater de la même époque, c'est-à-dire de la domination normande, peut-être même de la domination saxonne. A la base sont sculptés deux lions debout et tenant des étendards; des blasons et des sculptures diverses composent les détails d'ornementation ; enfin , dans deux vastes cadres de bois, sont ligures les deux personnages légendaires auxquels Walter Scott fait allusion dans la Dame du Lac : Le géant Ascapard et sir Be vis de Haïupton, son vainqueur. A l'intérieur du monument se trouve une vaste salle occupée par les bureaux de l'hôtel de ville. Bar-ôate est surmontée d'une statue de Guillaume III. Signalons enfin une dernière antiquité : la Workmen's Hall (matson des ouvriers), ainsi nommée parce qu'elle leur sert de lieu de réunion, et qui passe pour avoir été habitée jadis par la célèbre Anne de Boleyn.
Southampton possédait encore , au commencement de ce siècle, une école célèbre, fondée par Edouard VI et consacrée à de jeunes orphelins, fils de soldats. Cette école a depuis été transférée à Londres, où elle est désignée sous le nom de Royal Orpkan Asylum. Il existe à Southampton une école de jeunes tilles à peu près dans les mêmes conditions. Les autres établissements de la ville sont: l'hôpital militaire, assez vaste pour contenir 4,000 malades; la bourse des grains, la chambre de commerce, enfin l'institution Hartley (Hartley Institution), fondation magnifique, due à la générosité du citoyen dont elle porte le nom, et inaugurée en 1862 par lord Palmerston. Le but de Henri Robertson Hartley, en léguant a Southampton, sa ville natale, toute sa fortune, lut • d'encourager l'étude des sciences naturelles, de l'astronomie, des antiquités, de la littérature classique et orientale. • L'édidce, construit sur l'emplacement de la demeure même du fondateur, comprend une bibliothèque, un
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cabinet de lecture, un musée et on amphithéâtre pour les leçons publiques, pouvant contenir 2,000 personnes. Un jardin botanique, un observatoire et de nouveaux cours spéciaux doivent être prochainement adjoints aux divisions déjà créées.
C'est à Southampton que se trouve, depuis l'incendie de la Tour de Londres, le grand atlas national de la Grande-Bretagne (Ordnance Map). On sait que ce grand travail, dont les bases ont été jetées en 1791, n'est pas .encore entièrement terminé.
Mentionnons enfin, à Southampton, la statue de marbre, œuvre de Lucas, érigée en 1862 au docteur Isaac Wats, et la colonne construite en 1822 à la mémoire de William Chamberlayne, qlii fit faire un grand pas à l'éclairage de la ville. On ne faisait pas encore abus des statues à cette époque.
Les promenades de Southampton consistent dans le Parc et dans la Plate-forme, belle place plantée d'arbres. C'est dans le Parc que s'élève la statue d'Isaac Wats dont nous venons de parler.
A peu de distance de Southampton se trouve l'ancienne et célèbre abbaye de Netley, fondée au xm« siècle par Pierre Roche, évèque de Winchester, et placée par lui sous la règle de Ctteaux. C'est un édifice gothique, en ruine aujourd'hui; mais ces ruines mêmes, envahies par le lierre et les plantes grimpantes, sont d'un grand caractère. A. travers tes plantes apparaissent les détails pleins de délicatesse de l'architecture et de l'ornementation. Les ruines de Netley sont comme enfouies sous des arbres centenaires.
SODTHAMPTON ou HAMPSHIRE (COMTÉ
de), divison administrative de la région méridionale de l'Angleterre. Il est baigné au S. par la Manche, limité à l'E. par les comtés de Surrey et de Sûssex, au N. par celui de Berk et à l'O. par ceux deWilts et de Dorset; superficie, 4,400 kilom. carrés; 405,370 hab. Ch.-l., Winchester. Sol fertile, bien cultivé et arrosé par la Test, l'A von, t'Itching, etc. Récotte de houblon et de céréales en abondance. Exploitation forestière et marais salants.
SODTHAMPTON, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, sur la côte méridionale de Long-Island, à 160 kilom. E. de New-York; 6,500 hab. Commerce actif; navigation, cabotage.
80WTBCOTB(Jeanne),visionnaire anglaise, née au Devonshire en 1750, morte à Londres en 1814. Elle fut d'abord servante, puis ouvrière chez un tapissier. Elle avait quarante ans passés et vivait obscure dfins.son atelier, lorsque l'exaltation de ses idées religieuses et son assiduité auxréunions des méthodistes la firent remarquer; elle passait pour être sujette aux extases et aux visions. Un enthousiaste, nommé Sanderson, lui déclara qu'on voyait dans ces visions des signes infaillibles de sa mission divine et lui persuada de quitter son métier afin de pouvoir employer, pour la plus grande gloire de la secte et à une active propagande, les facultés prophétiques dont elle était douée. Jeanne Southcotô écouta d'autant plus facilement Sanderson qu'il avait la réputation d'opérer des miracles. Elle était fort ignorante, ne sachant ni lire ni écrire ; Sanderson, en quelques leçons, lui infusa sa science, et ils publièrent en collaboration de petits livres où la visionnaire prédisait indifféremment les changements de température, les tremblements de terre, les événements politiques. La mésintelligence ne tarda pas à se mettre entre les deux intrigants, et Jeanne Southcote se sépara avec éclat de Sanderson, en déclarant qu'il était le • faux prophète de V Apocalypse qui doit être jeté avec la bête dans un lac de soufre brûlant. » A dater de cette époque, elle eut de fréquetitsentretiens avec Dieu en personne, qui lui ordonna, dans une apparition, d'écrire ce qu'il lui dicterait. Jeanne Southcote ayant fait part de cet ordre à un prédicant dont elle visitait l'église, celui-ci l'encouragea vivement à publier ses colloques avec 1 Eternel et lui en fournit même les moyens. Les prophéties de Jeanne Southcote se répandirent au loin ; quelques-unes se trouvant vérifiées par l'événement, le nombre de ses prosélytes s'accrut de plus en plus. Autre rupture de la visionnaire avec son nouveau Barnum. Il s'ensuivit, sous forme de polémique, un échange de lettres et d'invectives, excellent moyen d'irriter la curiosité publique et de la tenir en haleine. .Le résultat fut de grandir la réputation de Jeanne Southcote et d'augmenter le débit de ses élucubrations. La fraction incrédule du public ayant trouvé que ces petits livres, faits de bouts de phrases incohérentes et écrits moitié en prose, moitié en vers, 'faisaient peu d'honneur à l'Eternel, qui les dictait, Jeanne Southcote reçut l'ordre d'en haut de proférer ses oracles de vive voix. Elle parla, mais tantôt avec une volubilité surprenante, tantôt par saccades, entrecoupant ses paroles de soupirs, de cris et de sanglots qui les rendaient insaisissables à tout autre qu'un initié. C'est ainsi qu'elle agit sous l'influence de l'illuminé Jacques Brothers, qui, d'après elle, tenait sa mission de Dieu même, et qu'elle proclama ■ prince des Hébreux, venu pour ramener le peuple dans Jérusalem et le rétablir dans son ancienne splendeur. » Elle fut reconnue en même temps comme prophétesse par un autre visionnaire, le graveur Sharp, partisan déclaré des
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idées de Swedenborg et un des disciples'de Brothers. Sharp, venu à Exeter, commença par graver le portrait de Jeanne Southcote, puis crut en elle et resta toute sa vie un de ses plus fervents adhérents. Elle vint avec lui à. Londres, où elle offrit de se soumettre à l'examen des Facultés de médecine et de théologie. On n'y prit garde, et elle continua de prophétiser librement. Enfin, quelques mois avant sa mort, elle annonça qu elle était enceinte et que, le 19 octobre 1814, à minuit, elle accoucherait du Messie. La foule fut immense, cette nuit-là, dans La rue ou demeurait la prophétesse ; l'heure venue, le Messie se faisant attendre, les amis de Jeanne dirent qu'elle était en extase. L'extase se prolongea jusqu'en décembre et finit par la mort de l'extatique. Sharp soutint qu'elle ressusciterait et conserva cette persuasion jusqu'à sa propre mort, arrivée en 1824.
SOUT1IDOWN, chaîne de collines, qui occupent la partie la plus méridionale de l'Angleterre et s'étendent Sur une longueur de 90 kilom. Ces collines crayeuses, qui forment le littoral de la Manche, sont couvertes d'une herbe fine et courte qui nourrit de nombreux troupeaux de bêtes à laine.
La race ovine de Southdo'wn, apTès avoir subi, depuis le commencement du siècle, diverses transformations ou améliorations , grâce aux efforts constants des éleveurs, dont les plus célèbres sont Ellman et Jonas Webb, est généralement considérée aujourd'hui comme parfaite. Lors de la vente définitive du troupeau de M. Jonas Webb en 1861, la moyenne du prix des 967 animaux qui le composaient, y compris les agneaux et les brebis édentées, s'éleva à 300 francs par tête. Les Anglais sont fiers, a juste titre, de la race de Southdown. La viande en est fort estimée et se vend toujours, à Londres, de 0 fr. 15 à 0 fr. 20 au-dessus du cours. Les southdowns donnent, entre quinze mois et deux ans, de 30. à 40 kilogr. de viande nette; mais on a vu des sujets en donner jusqu'à 80 et 90 kilogr. Dans le Sussex, le poids de leur toison n'est guère que de lkil,700; mais, dans les pays plus riches, il peut aller jusqu'à 2kil,500 et même au delà. Le southdown actuel a conservé du type ancien la sobriété, la rusticité et l'aptitude à la marche, moins, toutefois, que les troupeaux de cette race qui peuplent les dunes du sud de l'Angleterre. Actuellement, le southdown est fortement préconisé en France pour l'amélioration de l'espèce ovine. On l'y importe fréquemment, soit pur, soit croisé ; il y réussit bien presque partout, excepté dans les sols humides, pour lesquels les dishleys valent mieux. L'importation du southdown de Jonas Webb exige une agriculture plus avancée, un sol plus riche que celui d'Ellman; aussi pensons-nous que ce dernier convient mieux chez nous, dans le plus grand nombre des cas, le premier ayant besoin, pour prospérer, de conditions que malheureusement l'agriculture française n'est pas souvent en état de fournir.
SOUTUEBN (Thomas), poète dramatique irlandais, né à Dublin en 1659, mort à Londres en 1736. Lorsqu'il eut achevé ses études, il se rendit à Londres pour y apprendre le droit (1677) ; mais il se tourna bientôt vers les lettres par une pièce de théâtre intitulée le Prince persan ou le Frère loyal (1682), qui lui valut la protection du duc d'York. La guerre ayant éclaté, il entra dans l'armée, servit comme enseigne, puis revint à Londres, où il se fixa définitivement et reprit ses travaux littéraires. Il y vécut tant du produit de ses pièces que de l'argent que lui donnaient , à titre d'encouragement , de hauts personnages. Il était très-lié avec Dryden, qui faisait le plus grand cas de son talent et qui écrivit une partie de ses prologues. Southern a écrit un grand nombre de tragédies et de comédies,' dont la plupart obtinrent un succès mérité; ses comédies sont spirituellement écrites, mais licencieuses ; quant à ses tragédies, dans lesquelles il traita les sujets les plus sombres, il y fit preuve d'un talent supérieur dans le développement des caractères. Nous citerons de lui : l'Excuse des femmes; la Femme Spartiate; la Mère à la mode (L6S4) ; lu iJame errante; la Dernière prière d'une fille (1693); le Fatal mariage ou l'Adultère innocent, pièce d'un grand pathétique, qui est restée au répertoire; Oroonoko ou ['Esclave roya! (1669), regardé comme son chef-d'œuvre ; le Destin de Capoue (1700), etc. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 1735 (2 vol. in-12), puis rééditées en 3 vol. in-12.
SOCTUEY (Robert), poète anglais né à Bristol le 12 août 1774, mort à Keswick le 21 mars 1843. Il a brillé comme poète, comme érudit, comme critique et comme historien, mais la triste palinodie par laquelle il déshonora la seconde moitié de sa carrière affaiblit malheureusement les sympathies que pourrait lui concilier la meilleure partie de ses œuvres. Southey était fils d'un marchand de toiles et de draps de Bristol, qui ne s'occupa guère de son éducation ; dès l'âge de deux ans il vécut à Bath, près d'une de ses tantes, miss Tyler, femme quelque peu excentrique, passionnée pour les productions théâtrales etàquile poète dut peut-être ses premières aspirations littéraires. Tout enfant, ou le mit à l'école d'un révérendministre anabaptiste, Foote, où il fut
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traité, paraît-il, très-cruellement. Les châtiments corporels, les coups de verges entre autres, barbares moyens d'éducation que les jésuites seuls pratiquent encore chez nous, faisaient alor3 partie intégrante de la pédagogie ; mais Southey s'en révoltait, et un peu plus tard, envoyé à l'école de Wesminster, il s'en fit chasser pour sa collaboration à un journal clandestin, le Flagellant, qui s'égayait librement aux dépens de ces odieuses pratiques. Le jeune satirique s'était attaqué au docteur Vincent, l'un des principaux maîtres de l'école. Son père mourut, laissant ses affaires en très-mauvais état ; son oncle, un frère de sa mère, le révérend Herbert Hill, chapelain de la factorerie anglaise à Lisbonne, qui déjà pourvoyait aux frais de son éducation à Wesminster, l'achemina sur Oxford, où l'on fit quelque difficulté à l'admettre à Balliol Collège. Southey, en dehors de cette effervescence satirique, ne s'était encore fait remarquer que par son goût pour la lecture et la pénétration avec laquelle il s'assimilait des ouvrages de toutes sortes ; histoire, politique, poésie, tout lui était bon. C'était eu pleine Révolution française (1793) ; la lecture des journaux anglais et français fit de lui un radical, un jacobin et un utopiste. Il s'était lié d'une étroite amitié avec deux jeunes écoliers, dont un devait être l'un des poÊtes les plus remarquables de l'Angleterre, Lovell et Coleridge ; tons les trois conçurent le plus grand enthousiasme pour la Révolution, pour la France, chose peu commune chez les Anglais, et résolurent de mettre en pratique leurs idées humanitaires en fondant quelque part, dans un pays perdu, une république selon leur âme. Ils avaient même déjà désigné les bords du Susquehannah comme le siège de leur futur gouvernement, qu'ils baptisaient du. nom de pantisocratie. Pour compléter l'association, les trois amis, qui se considéraient comme des frères, demandèrent la main de trois sœurs, les jeunes miss Fricker, de Bristol, qui leur furent accordées, mais à la condition qu'ils resteraient en Angleterre et renonceraient à leur utopie. Ainsi finit, pour Southey, par un prosaïque mariage, sa première illusion (nov. 1795).
Pendant le court espace de temps qui s'était écoulé depuis sa sortie d'Oxford et sans doute aussi alors même qu'il était encore sur les bancs du collège, il avait fait, en collaboration avec Lovell, un volume de vers qui passa inaperçu (Poems, 1794, in-s°), puis, seul , une grande composition dramatique, Wal Tyler (Gautier le tuilier), où il avait exhalé librement ses aspirations républicaines et égalitaires. L'insurrection, un moment victorieuse, de ce vaillant défenseur des droits du peuple avait fourni à Southey le sujet de cet essai dramatique, où il fuit peut-être parler son héros un peu trop comme un révolutionnaire moderne, un agitateur de club, mais où l'on trouve, avec toute la fougue de la jeunesse, une véritable ampleur de sentiment et de style. Au reste, pour le fond des idées, John Bail, disciple de Wiclef, et Wat Tyler se rapprochaient des révolutionnaires français. Ainsi, Southey était allé chercher dans le XIVe siècle une situation analogue à celle du xvuie siècle, la première révolte tentée en Angleterre contre le droit féodal, contre la domination des envahisseurs normands, par ces vaillants hommes du peuple, Gallois et Anglo-Saxons, qui marchaient au combat en chantant la ballade historique :
W/um Adam detved and Eva tpan Who tuas then ilte gentleman ?
• Quand Adam bâchait et qu'Eve filait, qui alors était gentilhomme ? >
Cependant il ne publia pas ce poème, qui rendait si bien ses idées d'alors dans toute leur exaltation. Ce ne fut que beaucoup plus tard, en 1817, quand il eut fait volte-face, que ses ennemis lui jouèrent le mauvais tour de faire imprimer Wat Tyler, resté manuscrit. Aussitôt après son mariage , il était parti pour Lisbonne, emmené par le révérend Herbert Hill, son oncle. Ce voyage eut une grande influence sur la direction de ses idées poétiques; la connaissance qu'il prit de la langue et de la littérature portugaises, le goût très-vif que lui inspirèrent les chroniques espagnoles firent plus tard jaillir chez lui une nouvelle veine de poésie, a laquelle il dut les plus parfaites de ses compositions, ses ballades dans le goût du Romancero.
A son retour de Lisbonne, il publia Jeanne Date (1796, in-<»), poème ébauché au collège et terminé, dit-on, en six semaines. La composition et le style manquent de maturité, mais Southey y mit toute sa verve, et l'on y trouve des morceaux vraiment remarquables. Sans compter l'audace qu'il y avait à chanter cette héroïne, martyre des Anglais, le poète répandit encore à pleines mains, dans ces vers, les idées républicaines et toutes françaises dontil était imbu. A cette époque encore, il publia de fort beaux vers sur un sujet qui faisait horreur aux tories ; ils sont intitulés : Inscription tracée dans le cachot où Henri M art en te régicide fut emprisonne' trente ans. C'est une curiosité littéraire ; en voici la traduction : i Pendant trente ans, exclu du monde, ici languit Marten. Souvent ces murs ont résonné du bruit de ses pas mesurés et tranquilles lorsqu'il faisait le tour de sa prison. La diversité admirable de la nature n existait plus pour lui ; il ne vit plus
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les délicieuses clartés du soleil , excepté lorsqu'au travers des barreaux élevés lui arrivaient quelques rayons de sa splendeur affaiblie. Son crime? Il fut de la rébellion contre le roi et s'assit en jugement contre lui, car son esprit ardent formait sur terre des plans de bonheur, de paix, de liberté. Rêves extravagants, mais que Platon aimait et qu'avec un saint zèle notre Milton adora. Divines espérances qui s'éloigneront toujours de l'homme jusqu'à ce qu'enfin, au dernier jour, le Christ vienne et que toutes choses soient accomplies. » Ces vers ont, dans l'original, une ampleur et une harmonie singulières ; comme Wat Tyler, cette poésie fut publiée par les adversaires de Southey lorsqu'il eut accompli sa volte-face politique.
Quoiqu'il eût ainsi volontairement laissé dans l'ombre ses meilleures inspirations, les tories ne s'étaient point mépris sur ses tendances républicaines, et, dés cette époque, Canning, alors plein de préventions contre la Révolution française, le vouait « a l'exécration des honnêtes gens > dans une satire, New morality, dirigée contre les jacobins anglais-, mais la défection de Southey était proche; celui qui avait chanté Jeanne Darc, Wat Tyler et l'insurrection des cent mille paysans contre la féodale Angleterre fiait par céder aux corruptions ministérielles. L'horreur de la pauvreté fut plus forte que ses convictions ; on lui offrit la place de secrétaire du chancelier de l'échiquier d'Irlande, aveu un traitement considérable, et il accepta. Cependant les positions officielles n'étaient pas son fait, et, au bout de six mois, il quitta ces hautes fonctions pour se livrer entièrement à l'étude et aux lettres. Etabli dans une fort belle résidence, à Greta-Hall, près de Keswick, il passa là le reste de sa vie et, ayant ouvert définitivement les yeux aux beautés du torysme, devint un des 'rédacteurs les plus venimeux et les plus rétrogrades du Quarterly Review. En 1807, Southey reçut une pension littéraire annuelle de 160 livres ; en 1813, a la mort de Pye, il fut nlmmé poste lauréat avec les émoluments attachés à ce titre (300 liv.), chiffre qui fut porté a 600 livres (15,000 fr.) par Robert Peel. Cette pension, ajoutée aux émoluments de quelques autres sinécures, aux dons et gratifications de la cour et aux sommes que lui rapportèrent ses livres et ses articles, ne laissaient pas de constituer au poète un revenu considérable. Ses défections furent traitées, de son vivant, avec rigueur et l'on peut dire qu'elles lui enlevèrent l'estime publique. Cette lucrative dignité de poëte lauréat ne lui porta pas bonheur, même à un autre point de vue ; elle lui enleva une bonne partie de son talent poétique. Ii voulut remplir avec zèle les devoirs de cette charge, qui consistent à composer tous les ans une ode pour l'anniversaire du roi et de la reine ; il se mit de plus à chanter, à propos de tout, les gloires du clergé et de la cour et, par surcroît, à attaquer en prose et en vers tout ce qui était du parti contraire. € Malheureusement pour la gloire de cet auteur, dit un de ses biographes, il devint poète moins distingué du moment qu'il se fit écrivain ministériel, et le public ne put jamais pardonner à ce fougueux républicain, qui naguère s'était montré admirateur passionné de laRévolution française, d'être ensuitedevenu le plus ardent détracteur de tous les hommes qui professaient ces mêmes doctrines. 11 est sans doute très-ordinaire en Angleterre de changer de parti et surtout de quitter celui du peuple pour entrer dans les bonnes grâces de la cour, mais des apostasies aussi soudaines et aussi indécentes que celle de M. Southey n'y sont pas communes. Non content d'attaquer les opinions de ceux de ses anciens amis qui n'avaient pas cru devoir les modifier pour plaire à l'oligarchie anglaise, il a même dirigé contre plusieurs d'entre eux des écrits pleins de fiel. C'est ainsi qu'il a publié des détails sur la vie privée de Sheiley, son ancien ami et admirateur, qui n'a jamais trahi les devoirs de l'amitié envers lui. »
Southey aborda tous les genres et réussit presque dans tous. Ses livres d'histoire seuls sont faibles; c'est ce qu'il a fait de plus médiocre. Au sujet de ses History of Brazit (1810, 3 vol. in-8°), History of Peninsula War (Histoire de la guerre d'Espagne, 1823, 3 vol. in-4° ) et de sa Cronological history of l/te West-Indies (1827, 3 vol. in-8<>) on a dit que n sir Walter Scott écrivait des romans historiques et que M. Southey faisait des histoires romanesques. » Cependant on trouve dans ces ouvrages des recherches consciencieuses et la trace de lectures étendues. On a dit avec non moins de justesse, en jugeant les qualités générales de ses oeuvres, qiril devait beaucoup plus à ses lectures et à sa mémoire qu'à son imagination et à sa verve. C'est là, en effet , son caractère le plus saillant. « M. Southey, disait de son vivant un critique anglais, a toujours l'air de traduire d'une langue étrangère ; il travaille constamment sur des idées d'emprunt et il n'y a souvent de lui dans ses compositions que les phrases qui servent à lier les morceaux tirés des auteurs originaux. C'est pourquoi il est si souvent verbeux et trivial. Il faut toutefois convenir que ses ouvrages offrent de nombreuses beautés de style et des détails d'une grande vérité ; mais aucun de ses poËmes, excepté des ballades et quelques petits con-
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tes, ne peut dans son ensemble être regardé comme faisant un tout bien coordonné, digne de passer à la postérité. Comme historien, M. Southey ne s'est pas élevé au-dessus de la médiocrité soit pour le style, soit plus encore pour les autres qualités qui constituent le parfait historien. Dans sa critique, il s'est montré trop injuste et trop dévoué à un parti pour mériter l'approbation des hommes qui savent apprécier la probité littéraire. 11 est d'autant plus à regretter que M. Southey ait consenti a écrire sous l'inspiration du ministère, que ce littérateur possède une connaissance approfondie des langues et qu'il joint à cela un goût épuré. S'il était consciencieux, il serait le premier critique vivant de la Grande-Bretagne. ■
C'est comme poète surtout que Southey peut compter en littérature; encore n'est-il placé qu'au second rang. Ses grandes compositions épiques, Joan of Arc et Roderick, the last of the Goths, renferment trop de négligences pour lui valoir même cette seconde place; mais ses pièces d'une moyenne étendue, ballades, tableaux de genre, stances morales, quoique d'un tour un peu recherché, présentent, dans un petit cadre, des proportions heureuses et des points bien touchés. La sensibilité est quelquefois exagérée , le sujet banal ; mais la concision, la propriété des termes, la sobriété des détails donnent au -tableau le relief nécessaire. La citation que nous avons faite plus haut d'une de ces petites pièces peut passer pour un des meilleurs spécimens de sa manière. Généralement, une sorte de mélancolie apprêtée, un apitoiement un peu trop uniforme sur les pauvres et sur les souffrants jette quelque monotonie sur ces compositions, que l'on compte par centaines dans l'œuvre de Southey, et dont chez nous la Pauvre fille de Soumet et les Petits Savoyards de Guiraud donnent une idée complète. Leurs titres, la Veuve, le Convoi du pauvre, la Femme du soldat, en indiquent le ton. De 1820 à 1830, ce furent ces compositions que l'on donna à apprendre par cœur aux jaunes tories. Voici une traduction de la Femme du soldat, qui n'est ni plus mauvaise ni meilleure que toutes les autres :
«Epuisée par tes longues marches, languissante et poursuivant, "le cœur brisé, ta route fatigante et difficile, oh I que ton sort est amer, femme errante et voyageuse I
■ Tu traînes après toi, les pieds nus, ton fils aîné, et sur ton dos courbé frissonne le plus jeune, maigre et livide, exprimant sa souffrance par seâ cris plaintifs.
» Mère infortunée! quand, dans ta colère et ta douleur, tu te retournes pour faire taire l'enfant qui se lamente , suspendu à ton épaule, une neige épaisse et froide bat ton visage décharné.
» Et cependant ton époux ne reviendra pas du champ de bataille; ton cœur désespéré est froid comme la charité elle-même; tes enfants, transis, meurent de faim. Dieu vienne a ton aide, le Dieu de la vedve et de l'orphelin I »
Deux volumes complets de petites pièces de ce genre doivent paraître, à la longue, d'une lecture peu attachante.
De 1813 à 1839, Southey, dans sa retraite de Greta-Hall, au milieu des ressources que lut offrait une riche bibliothèque, composa la plupart de ses ouvrages, petits poômes, imitations de l'espagnol et du portugais, traductions d'œuvres étrangères, livres d'histoire et de critique, articles de revues en quantité considérable, tous travaux dont la variété et le nombre attestent au moins une grande activité d'esprit. A cette période succédèrent quelques années d'affaiblissement sénile, de perte presque totale des facultés, que termina sa mort, arrivée en 1843. En 1839, Southey s'était remarié (v. l'article suivant), mais ce fut une garde-malade qu'il prit bien plus qu'une épouse, et sa décrépitude intellectuelle ne put être conjurée.
Southey a beaucoup écrit. En dehors des œuvres que nous avons déjà notées et qui nous ont servi de points de repère dans sa biographie pour en caractériser les aspirations et les défaillances, sans compter encore une foule d'articles donnés par lui pendant trente ans à la Quarterly Review, à la Critical Review et à l'Bdinburgh annual Register, cent vingt-six travaux sérieux et étudiés, qui formeraient à eux seuls un imposant bagage littéraire, on doit à Southey : l'halaba the destroyer (1801, 2 vol. in-8°) et The Curse of Tehama (1810), imitations bizarres, parfois heureuses, des épopées indoues et arabes; Madoc (1805), poème où la découverte de l'Amérique est revendiquée en faveur d'un prince gallois du xn« siècle; Roderick, the last of the Goths (1814, in-40), épopée écrite avec une intuition et une connaissance rares des chroniques et des romances espagnoles. A cette même veine, qui a été heureuse pour Southey, il faut rapporter les meilleurs des petits poèmes qui composent deux de ses recueils, Minor poems et Metrical taies and other poems (1825, 4 vol. in-8") : les ballades de la Reine Urraca et de Don Ramire, inspirées du Romancero, sont très-belles ; le Poème de Rodrigue a. été traduit en français et analysé, à son ordre alphabétique, dans le Grand Dictionnaire. L'étude préparatoire que Southey dut faire pour s'assimiler à ce point la littérature espagnole se compléta chez lui par les traductions qu'il a données de quelques
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œuvres curieuses : Palmerin d'Angleterre, Amadis des Gaulei ; la Chronique du Cid (1&03- 1808). La Vision du jugement, poëme hardi et singulier, dédié au roi d'Angleterre (1821), complète les œuvres poétiques de Southey. Ses oeuvres en prose sont : Lettres écrites pendant une courte résidence en Espagne et en Portugal (1797, in-8°), recueil curieux et intéressant comme études de mœurs et de littérature ; Lettres sur l'Angleterre (sous le pseudonyme de Djn Espriella); elles ont été traduites en français sous le titre de \'Angleterre et les Anglais (1817, 2 vol. irt-8°); Omniana (1812), Bootc of the church (1824) et Vindicte Ecclesix anglicans (1826), trois recueils de mélanger, sur des sujets religieux et philosophiques; Sir Thomas- More ou Dialogue sur les progrès et '.'avenir de la société (1829, 2 vol. in-8»); Essay:; moral and political (1832, 2 vol. in-8»); The Doetor (1834, 7 vol. in-s°, dont 2 posthumes). Philarète Chasles qualifie ce recueil i d'amaljame baroque de citations, de réflexions, d'aiecdofes et de rêveries.» C'est un résumé fantaisiste et humoristique des études du poiîte et du critique, de ses notes de lecture et de ses appréciations journalières, dont quatre autres gros volumes ont été publiés par son beau-fils, sous le titre de Southey's common place book (Londres, 1849), avec une collection de ses lettres (1856, 4 vol. in-8«).
Aux trois ouvrages historiques cités dans le courant de l'article, il faut ajouter uneVïe de Nelson (1813, 2 vol, in-80), traduite plusieurs fois en français; une Vie de Wesley (1824) et British lavai commanders (4 vol.. in-12), ouvrage qui résume les gloires maritimes de l'Angletorre ; un roman , Olivier Netoman; des fragments sur Robin Hood et quelques autres sujets semi-historiques des annales anglaises; des éditions, accompagnées de notes et de coninfentaires, des Remains of K. White (1817); de la Life of Arthur de Malory (11117); Attemps in verses de J.Jones (1831); des poËmes de Couper, Wali's poems et Works (1835). Des compilations faites avec goût, Spécimens of the later english poets (1807, 3 vol. .n-8<>) et Select works of the early british pcets (1831, in-8°), complètent cette longue liste d'ouvrages. Nous ne noterons que pour mémoire le Carmen triumphale (1814), ode sur la chute de Napoléon et la fin des guerres européennes; les Odes au prince régent et au roi de Prusse (1814), inspirées par les mêmes circonstances, et le Lai du lauréat (lSlii), épithalame à l'occasion des noces de la princesse Charlotte, fille du régent et du prince Léopold, depuis roi des Belges. Nous avons suffisamment caractérisé, dans la biographie, ces produits de la muse officielle, ces pensums imposés chaque année à la verve affaiblie du poôte lauréat.
Lorsqu'on passe «n revue les productions si variées de cette brillante intelligence, cette longue suite d'ceuv.:es d'une valeur inégale, mais toutes saillantes par quelque côté, on ne peut se défendra des plus tristes regrets. Après les promesses de son début, quelle vaillante plume on eût pu espérer de Southey pour la cause de la démocratie 1 Mais son caractère n'était pas à la hauteur de son talent.
SOOTHEY (Caroline-Anne Bo-wles, dame), femme de lettres anglaise, épouse du précédent, née à Bucklaud (Hampshire) en 1786, morte dans la même ville en 1854. Sa vie ne fut qu'un long sacrif.ee. D'une santé faible et d'un caractère timide, elle épousa Southey, dont les facultés commencèrent à baisser aussitôt après ce mariage. Elle se soumit au rôle rebutant de garde-malade et adoucit autant qu'il fut en son pouvoir les derniers instants du poète. La reine Victoria fit à cette courageuse /emme uie pension de 200 livres sterling. Les principaux ouvragesdeMln<> Southey sont : Ellen Fitr-Arthur '(Londres, 1820); SoliCary hours (Londres, 1826) ; Chapters in churchyards (Londres, 1829) ; Birthday (1838); Poems (1817).
SOUTHWARK, villti d'Angleterre, comté de Surrey, séparée par la Tamise de Londres, dont elle est considérée comme un faubourg ; 80,000 hab. Nombreuses usines et fabriques.
SOUTHWELL, bourg et paroisse d'Angleterre, dans le comté et k 22 kilom. N.-E. de Nottingham ; 3,400 hab. Manufactures de soie et d'étoffes de coton; fabriques de dentelles. Ce bourg possède deux églises, dont l'une, dédiée à sainte Marie, est fort belle et fort ancienne. Hôtel de ville et prison du comté. Ruines d'un ancien palais des évoques d'York.
Le principal souvenir historique de la ville est celui du passage de Charles Ie* après sa défaite. Ce fut à Southwell, en effet, que le roi d'Angleterre se rendit, en 1616, aux Ecossais, qui ie livrèrent, comme on sait, à Crom- ■well. La maison où s'accomplit cet événement existe encore, à l'enseigne de la Tête du Sarrasin (Sarracen's hecd), et n'a pas changé son antique destination d'auberge ; on y montre encore la chambro qu'occupait le monarque. A la restauration de Charles II, cette maison prit quelque temps, en souvenir de cet épisode, le nom do Maison des armes du roi (King's arms).
SOUTHWELL (Rob(srt), jésuite anglais, né dans le Norfolk en 1550, pendu à Londres en 1595. Entré chez les jésuites de Rome â dixhuit ans, il revint dans son pays natal pour
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y prêcher le catholicisme. Arrêté en raison de sa propagande, emprisonné, il se vit impliqué dans un prétendu complot contre la reine Elisabeth et fut condamné k la potence. Ses principaux écrits sont : Saint Peter's complaint with other poems (Londres, 1593, in-8»); Mzonix (Londres, 1595, in-4<>); The triumph over Death (Londres, 1595); Mary Magdaten's funeral tears (Londres, 1609, in-8<>).
SOUTHWELL (Nathaniel), jésuite anglais, né à Hotfole, mort à Rome en 1676. Il fit profession en 1624; vingt-cinq ans après, il fut nommé secrétaire du général de son ordre ; il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort. On lui doit une continuation de la Bibliothèque des jésuites, commencée par Ribadeneira et par Alegambe, L'ouvrage du Père South-well est intitulé : Bibtiotheca scriptorum societatis Jesu,opus... recognitum et productum ad annum 1675 a Nathanaelo Solwello (Rome, 1676, in-fol.).
SOUTHWELLIE s. f. (sa-ou-Souèl-ll — de Southwell, auteur angl.). Bot. Section du genre sterculier {sterculia).
SOUTH WOL», bourg et paroisse d'Ecosse, comté de Suffolk, à 23 kilom. S. d'Ynrmouth, avec un port à l'embouchure de la Blythie, dans la mer du Nord; 2,215 hab. Bains de mer fréquentés; marais salants. Cette localité est célèbre par deux batailles navales qui eurent lieu près de là entre les Anglais et les Hollandais, en 1666 et 1672.
SOUTIEN s. m. (sou-tiain — rad. soutenir). Ce qui soutient, appuie : Cette colonne est le soutien de la voûte. Un régime succulent, délicat et soigné repousse longtemps et bien loin les apparences extérieures de la vieillesse, il donne aux yeux plus de brillant, à la peau plus de fraîcheur et aux muscles plus de soutibn. (Brill.-Sav.)
L'aveugle, à qui tout pouvait nuire.
Etait sans guide, sans 90vtien.
Florian.
— Fig. Appui, défense, protection : Le soutien de la religion. Le soutien de l'Etat. Il est le soutien de sa famille. Dès sa première jeunesse, Marie-Thérèse fut la consolation et te seul soutien de la vieillesse infirme du roi son père. (Boss.) Si les soldats n'avaient pas cessé d'être des citoyen?, tisseraient encore les soutiens de leur patrie. (Mme de Staël.) Charles Xeut tort d'employer les baïonnettes au soutien des ordonnances. (Chateaub.) Les soutiens des gouvernements faibles sont toujours disposés à conseiller la violence. (B. Const.) Maintenant, pour étayer la société, nous n'avons d'autre soutien que l'égoïsme. (Balz.) La paternité est le soutien de l'amour, sa sanction, sa fin. (Proudhon.) La raison n'est que.la vue du bien, la conscience en est le soutien. (Lacordaire.) La religion est à la fois le faible et le Soutien des vieillards. (Alph. Karr.) L'intelligence est le support et le soutien de toute la vie. (Le Père Félix.) On est bien fort quand on a pour soi le sentiment de l'intérêt général et le soutien de la curiosité publique. (Prévost-Paradol.)
Le glaire de Thémis,
Ce grand soutien du trône, h lui seul est commis.
Voltaire.
— Législ. Soutien de famille, Jeune homme reconnu nécessaire pour faire vivre sa famille, et dispensé à ce titre du service militaire actif.
— Pratiq, Fournir les pièces au soutien, Fournir les pièces justificatives.
— Bot. Nom collectif des organes qui servent à soutenir les végétaux.
— Syn. Soutien, appui, support. V. APPUI.
— Encycl. Législ. Soutiens de famille.
D'après la loi de recrutement du 27 juillet 1872, il n'y a plus d'antres causes d'exemption du service militaire que les infirmités qui rendent un homme impropre au service actif ou auxiliaire. Toutefois on peut dispenser, à titre provisoire seulement, du service actif, les soutiens de famille. Sont considérés comme soutiens : 10 l'aîné d'orphelins de père et de mère; 2° le fils unique ou l'aîné des fils, ou, à défaut de fils et de gendre, le petitfils unique ou l'aîné des petits-fils d'une femme veuve ou dont le mari a été déclaré légalement absent, ou d'un père aveugle ou entré dans sa soixante-dixième année. Si, dans les cas précités, le frère aîné est aveugle ou impotent, son frère puîné jouit de l'exemption. Les jeunes gens qui invoquent leur position de soutien de famille doivent être désignés par les conseils municipaux de la commune où ils sont domiciliés. La liste est présentée au conseil de révision par le maire ; mais le nombre des dispenses de cette catégorie ne peut dépasser 4 pour 100 du nombre des jeunes gens reconnus propres au service.
SOUTIRAGE s. m. (sou-ti-ra-je — rad. soutirer). Action de soutirer, de verser un liquide d'un vase dans un autre sans troubler le fond : Il lui en a coûté tant pour te soutibage de son vin. (Acad.)
— Encycl. Soutirage des vins. Soutirer le vin, c'est le transvaser d'un tonneau dans un autre bien net, afin de le séparer de sa lie oui pourrait se mêler de nouveau avec lui, soit par suite d'une agitation du tonneau, soit après un changement de température ou même par sa propre puissance fermentescible ; alors le
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vin deviendrait trouble et contracterait un mauvais goût.
Chaque vignoble a ses époques marquées dans l'année pour soutirer les vins, époques établies sur l'observation et sur la tradition; mais partout on choisit exclusivement un temps sec et froid pour exécuter cette opération, parce qu'a\ors les lies se trouvent en repos; les temps humides, les vents du sud troublent les vins, et il faut se garder de soutirer tandis qu'ils régnent.
Baccius nous a laissé d'excellents préceptes sur les temps les plus favorables pour transvaser les vins. Il conseille de soutirer les vins faibles, c'est-à-dire ceux qui proviennent de terrains gras et couverts, au solstice d'hiver; les vins médiocres au printemps et les plus généreux pendant l'été. 11 donne comme précepte général de ne jamais transvaser que lorsque le vent souffle du nord, et il ajoute que le vin soutiré en pleine lune se convertit en vinaigre ; et, en effet, suivant le temps qu'il fait, le vin acquiert de la disposition à s'aigrir, parce qu'il s'aère et remue sa lie. Cavoleau cite un grand nombre de vignobles où l'on n'est pas dans l'usage de soutirer, et il ajoute :
• Dans plusieurs de ces vignobles, on est persuadé que la lie est un principe conservateur des vins faibles, qui le deviennent plus encore quans ils eu ont été séparés; il semble même que dans la Meurthe et la Marne on a fait des expériences comparatives dont les résultats confirment cette opinion. Nous sommes néanmoins très-persuadés que le plus sûr est de soutirer. >
Lenoir reconnaît que, pendant le soutirage, le vin s'imprègne d'air atmosphérique, ce qui le pousse a l'acétification ; mais il est convaincu que si l'on ne soutire pas dans tous les vignobles, ce n'est pas parce que le vin acquiert des qualités sur la lie, mais par suite des inconvénients du soutirage.
Pour les époques du soutirage, voici une liste qui fera connaître les époques de prédilection dans chaque contrée :
Premier en mars.
Deuxième en septembre.
Et ainsi de suite de six mois en six mois.
Vins rouges, une fois chaque année.
Vins blancs, trois fois dans les six premiers mois.
On ne soutire pas les vins communs.
{ Deux soutirages par an, en f mars et en septembre.
| Une fois par an.
Vins rouges, une fois par an. Les vins blancs restent sur la lie jusqu'à la vente.
Rouges en mars et une fois dans la deuxième année.
Blancs, jusqu'à clarification complète.
Blancs , première fois vers
Noël.
Deuxième fois un mois après.
Troisième fois avant la mise
en bouteilles.
Côte - d'Or.
Gard ....
Gironde . .
Hérault. . .
Indre-et- Loire.
Jura ....
Marne . . .
Meuse . . .
Première fois, fin février ou
en mars.
Deuxième fois, immédiatement
avant ou après la floraison
de la vigne.
On ne soutire ensuite qu'une
fois par an.
Vin muscat. — Il se soutire un ou deux mois après avoir été entonné ou se vend sur lie.
Vin blanc, idem.
Rouge, soutirage en mars.
Premier soutirage en mars.
Deuxième, en octobre.
On soutire ensuite une fois chaque année et lorsque le vin devient gras.
Rouges, soutirés deux fois par
an.
Blancs, trois fois la première
année etdeux fois les années
suivantes.
| Deux fois par an.
( Blancs, deux fois avant la
Saône et 1 ra'se en b°u'e'"es- Loirp \ I*-011»68! deux f°is la première
[ années suivantes,
[ Rouges, deux fois par an, en mars et en septembre.
Blancs, une fois avant la mise [> en bouteilles.
D'après le tableau ci-dessus, on peut remarquer que la Meuse est le seul pays où l'on soutire au moment de la floraison des vignes, c'est-à-dire en juin. Il est probable que l'altération particulière aux vins de ce département, et qu'ils éprouvent au moment où le raisin commence à mûrir, doit être la cause du choix de cette époque ; mais cependant le mois de juin ne nous semble guère
Pyrénées- Orientales.
Bas-Rhin.
Haut-Rhin.
Rhône
Yonne
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favorable au soutirage, par suite de l'élévation de la température.
Le soutirage de septembre peut avec avantage être reculé jusqu'à la fin d'octobre. Si on n'en fait qu'un seul, l'époque la plus convenable est en janvier ou février.
On ne transvase les vins que lorsqu'ils sont bien faits ; mais lorsqu'ils sont durs ou verts, on leur laisse passer sur la lie la seconde fermentation et on ne les soutire que vers le milieu de mai ou de juin; il arrive même quelquefois qu'on est forcé de repasser des vins sur la lie et de les mêler fortement avec elle, pour leur redonner un mouvement de fermentation susceptible de les perfectionner.
Dubief ne voudrait pas que l'on soutirât les vins blancs. • Ils perdent, dit-il, de leur qualité, et se colorent davantage. C'est un effet de l'air atmosphérique. Il suffit, pour s'en convaincre, de déboucher une bouteille ; le premier verre sera incolore comme de l'eau, le dernier sera ambré. »
Le soutirage s'opère de différentes manières : on se sert le plus communément d'un siphon qui aspire le vin d'une futaille et le conduit dans une autre. Cette méthode est assez prompte; mais on est obligé de laisser une certaine quantité de liqueur claire dans le vase qu'on vide, pour ne pas déranger la lie, et l'emploi de cet instrument n'est réellement avantageux que pour changer de tonneau le vin qui n'a formé aucun dépôt.
Le siphon à l'aide duquel on soutire présente l'avantage de pénétrer à la profondeur que l'on veut, sans jamais agiter la lie.
La pompe a soutirage employée en Champagne se compose d'un tuyau de cuir en forme de boyau et long de 1 à 2 mètres et de on1, 05 de diamètre. Aux deux extrémités on adapte des tuyaux de bois d'environ om,3 qui vont en diminuant de diamètre vers la pointe ; ce boyau sert alors de conduit d'une futaille à l'autre, en prenant, d'un côté, à un robinet placé au fond de la futaille qui se vide, et aboutissant de l'autre côté au fond de la futaille à emplir ; par ce procédé, la moitié du tonneau se vide dans l'autre et on y fait passer le restant par un moyen bien simple. A l'aide d'un soufflet spécial, on pousse l'air dans le tonneau à vider ; une petite soupape de cuir adaptée au petit trou du soufflet empêche l'air d'y refluer lorsqu'il est une fois entré dans la barrique. On exerce ainsi une pression sur le vin, qui sort d'une futaille pour monter- dans l'autre.
Nous avons vu employer cette méthode à Bordeaux et tous les négociants en faisaient le plus grand éloge. A Paris, "on soutire le plus communément à l'aide de brocs larges à leur base et étroits à leur orifice, que 1 on place au-dessous de la cannelle du tonneau à vider et qui reçoivent le vin au fur et à mesure qu'il sort de la' cannelle ; on tire ainsi le liquide jusqu'à la lie, en ayant soin d'incliner la futaille lorsque le vin arrive au niveau de la cannelle. C'est une méthode très-expéditive, mais qui a l'inconvénient de mettre la liqueur en contact continu avec l'air et, par conséquent, de lui faire perdre son bouquet.
SOUTIRER v. a. ou tr. (sou-tî-ré — de sous, et de tirer). Transvaser du vin ou quelque autre liqueur d'un tonneau dans un autre, de manière que la lie reste dans le premier : Il faut soutirer ce vin.
— Par ext. Obtenir par importunité, par adresse : II m\ soutire de l'argent. On lui a soutiré ses meilleurs effets. On commence par leur soutirer la minute de la fausse déclaration. (Beaumarch.) La flatterie soutire les aveux, les secrets, les projets et les confidences. (Boiste.) Dans le lut de lui soutirkr une consultation médicale, il entama avec lui une conversation. (Baudelaire.)
Ce n'est qu'A force d'art, de perfides caresses. Que vos geudrea vous ont soutiré vos richesses.
Etienne.
Se soutirer v. pr. Etre soutiré : Certains vins ne peuvent se soutirer.
SODTJHAN (Pierre), peintre et graveur hollandais, né à Harlem en 1580, mort en 1653. Il étudia la peinture sous Rubens, dont il fut un des meilleurs élèves, et fut appelé successivement à la cour de l'électeur de Brandebourg et à celle du roi de Pologne. Sur le conseil de Rubens, il se livra aussi à la gravure et obtint plus de renommée encore comme graveur que comme peintre. Ses plus célèbres gravures sont : la Défaite de Sennacâérib, la Pêche miraculeuse et la Consécration d'un évêque, d'après Rubens; quatre grandes Chasses; un Christ en croix, damans voce magna; des Portraits des empereurs de la maison de Habsbourg depuis Ferdinand /« ; Jésus-Christ diamant les clefs à saint Pierre, d'après Raphaël; la Cène, d'après Léonard de Vinci. Ces deux dernières estampes ont été gravées d'après les dessins que Rubens lui-même en avait faits sur les originaux.
SOUTRA s. m. V. SÛtra.
SOUTRAIT s. m. (sou-trè). Tachn. Planche inférieurs de la presse du papetier. || Endroit de la presse sur lequel portent les poignées de papier.
SOUTRE s. m. (sou-tre — du lat. subter, sous). Terme employé chez les avoués, les notaires, etc., et qui est syn. da sous-main.
SOUTZO (Alexandre), homme politique et poète grec, né à Constantinople en 1802,
SOUT
mort à Smyrne en 1863. Il donna de bonne heure les preuves de son talent littéraire, fut élevé à Paris et, de retour en Grèce, y publia cinq satires politiques qui appartiennent aux meilleures productions de la poésie grecque moderne. Il prit aussi part à la guerre de
I Indépendance, après laquelle il revint à Paris, ou il fit paraître, en français, une Histoire de la révolution grecque (1829), dédiée à son frère aîné Démétrius, qui avait été tué à la tête du bataillon sacré, dans le combat de Dragachan (juin 1821). De retour en Grèce en 1830, il y écrivit une comédie et, sous ce titre : Panorama de la Grèce (navôjajia -cij; 'EMàfo;), un recueil de poésies lyriques et satiriques qui étaient dirigées, en majeure partie, contre l'administration et contre le parti du président Capo d'Istria, et qui se distinguaient par de rares qualités poétiques et par une causticité tout aristophanesque.
II salua par une épître l'arrivée du roi Othon en Grèce; mais il ne tarda pas à passer dans l'opposition et fut l'un des adversaires les plus acharnés du ministère bavarois. Il combattit encore plus vivement la domination allemande en Grèce, dans son grand poëme intitulé le Vagabond ('0 lUçinlavoinvoç , 1839), qui peut en quelque sorte être considéré comme le précurseur de la révolution de septembre 1843, et qui passe pour la meilleure œuvre du poète. En 1850, il fit paraître quatre chants de son poème épique, la Grèce combattant le Turc, qui devait en compter dix, et qui , sans manquer de valeur poétique, laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la forme et de l'intérêt. Au moment de sa mort, il travaillait à un grand ouvrage, qu'il n'eut pas le temps de terminer, sur l'histoire de la Grèce moderne. On a encore de lui : Y Exilé de l'année 1831 ('0 'ESopiuroç xoû 1831 ÏT0U4, 1834); le Fouet hellénique {'H L\foîv""! nkâzvii, 1836), journal en vers; des comédies, telles que le Premier ministre ('0 uptiûuioupïoç), le Poète inébranlable ("0 'Ativax- <ro« icoiirwji;, 1843), etc., et un journal politique en prose et en vers, la Révolution du 3 septembre^ MttaSoWi Tin i' aamy&f'Mu, 1843).
SOUTZO (Panagiotis), poète grec, frère du précédent, né à Constantinople en 1806. Il commença à Paris ses études, qu'il continua à Padoue et à Bologne, et se rendit en 1823 à Cronstadt, en Transylvanie, où, sous l'influence de son amour pour une belle Grecque, il écrivit, en 1828, un drame à la fois lyrique et politique, intitulé le Voyageur ('0 'OSonuopo?), qui fut publié en 1831 à Nauplie, avec d autres pièces du même auteur, notamment une élégie à la mémoire de l'assassin de Capo d'Istria. Ce fut également après son retour en Grèce qu'il publia Léandre, roman politico-philosophique (1834), et la Harpe (1835), recueil de poésies lyriques des plus remarquables. En 1839 parut son drame lyrique avec chœurs, intitulé le Messie ou les Souffrances de Jésus-Christ, dans lequel ii célèbre sa conversion au christianisme, après avoir avoué, dans la préface, son incrédulité passée. Parmi ses autres productions, dont le sujet est emprunté à l'histoire de la Grèce moderne, il faut citer : une tragédie historique, Euthymios Vlacavas (1839), et trois drames lyriques, Marcos Karaiskos (1840), 1 Inconnu (1840) et Marcos Botsaris; ce dernier n'a pas encore été imprimé. 11 a, en outre, été successivement rédacteur du Soleil, delà Grèce régénérée, de l'Union et du Siècle, journaux complètement dévoués au parti national. Il publia dans le dernier, au commencement de la guerre entre la Russie et la Turquie en 1853, un article par lequel il excitait les Grecs à prendre les armes contre la Porte et qui eut beaucoup de retentissement en Europe. L'Angleterre et la France firent même à ce sujet de vives représentations au gouvernement grec, qui n allégua d'autre excuse que la liberté de la presse en Grèce. Depuis plusieurs années, M. Panagiotis Soutzo s'est consacré tout entier à préparer une révolution philologique, qui a pour but de purifier la langue grecque actuelle des barbarismes qui s'y sont introduits et de la ramener à la pureté primitive du grec ancien. Cette réforme a déjà été inaugurée avec un succès qui permet jusqu'à un certain point d'en prévoir la réussite.
SOdTZO (Constantin), officier grec, de la famille des précédents, né à Athènes en 1841, Destiné à la profession des armes, il vint de bonne heure à Paris, où il fit en partie son éducation, puis suivit les cours de l'Ecole d'application de Metz, et, bien qu'officier hellène, il servit pendant deux ans au 2« régiment du génie, k Metz. De retour à Athènes, M. Soutzo fut nommé professeur de fortification à l'Ecole militaire de cette ville. En 1869, il épousa !a fille de M. Mavrogheni, ministre de Roumanie, et habita Buliarest jusqu'en 1872. A cette époque, il, fut rappelé en Grèce, mais sa femme refusa de l'y suivre. Au mois de novembre de la même année, il se rendit à Jassy, où se trouvait alors sa femme, prit sou fils, âgé de deux, ans, et l'emmena avec lui. Il allait passer la frontière lorsqu'il fut arrêté à Sculeni, sous l'accusation de rapt d'entant, et reconduit à Jassy, où on lui enleva son fils pour le rendre à sa mère. M. Soutzo conçut à cette époque la plus vive irritation contre le jeune Nicolas Ghika, dont le frère avait épousé la sœur de Mme Soutzo, et que, à ton ou à raison, il crut avoir contribué a son arrestation. En
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1873, M. Soutzo fit un voyage à Paris, où se trouvaient sa femme, la sœur de cette dernière et Ghika, Ghika ayant rencontré M.Mavromichalis lui dit qu il avait tort de rester avec son cousin, M. Soutzo, parce qu'il s'était mal conduit et qu'il était intervenu dans ses affaires dans des circonstances qui lui faisaient peu d'honneur. M. Soutzo, à qui ce propos fut répété, entradans une vive colère. Ayant rencontré dans la rue, le 23 novembre, le jeune Ghika, .il le souffleta. Deux jours plus tard, le 25, les deux adversaires se rencontrèrent dans la forêt de Fontainebleau. L'arme choisie fut le pistolet. Les detfx coups partirent en même temps ; la balle de Ghika se perdit dans les arbres; celle de Soutzo atteignit dans l'abdomen son adversaire, qui mourut à Fontainebleau quelques heures plus tard, dans d'horribles souffrances. Des mandats d'arrêt furent lancés contre M. Soutzo et ses témoins, qui, pour ne pas subir de prison préventive, gagnèrent la frontière, mais se présentèrent devant la cour d'assises de Seineet-Marne le 7 février 1874, jour où leur procès devait être jugé. A la suite du verdict du jury, la cour condamna M. Soutzo à quatre ans de prison, MM. Nicolaïdès et Mavromichalis, ses témoins, à trois ans de prison, et MM. Grégoire Ghika et Cortazzi, témoins de Nicolas Ghika, à deux ans de la même peine,
SOUVALK1 ou SWALK.I, ville de a Pologne russe, ch.-l. du gouvernement àe son nom, sur la rivière Hancza, à environ 280 kilom.de Varsovie; 19,200 hab. (l87l).Tribuiial civil, gymnase, poste, caisse d'épargne, hôpital ; fabriques de tabac, de vinaigre, d'huile ; manufactures de chapeaux de paille, etc.; six foires par an.
SOCVALKI ou S0WALK1 (GOUVERNEMENT
de), formé en 1867 aux dépens de l'ancien gouvernement d'Augustow. Il est borné au N. par le gouvernement de Kovno, à l'E. par ceux de Wilua et de Grodno, au S. par celui de Lomza, à l'E. par la Prusse; 12,048 kilom. carrés; 531,405 hab. Le gouvernement de Souvalki est subdivisé en sept districts. Près d'un quart de sa surface (2,946 kilom. carrés) est en bois, 294 kilom, carrés en jardins, 5,732 en terres cultivées; le reste est en prés, eaux, marais, etc. Sur 532,372 habitants, ii y a 417,150 paysans, 79,981 bourgeois ; le reste comprend lé"s nobles, les soldats, etc. Sous le rapport des cultes, cette population se subdivise en 386,373 catholiques, 87,839 juifs, 34,071 protestants, 9,709 grecs unisr 4,790 vieux croyants, 1,184 grecs schismatiques, 223 mahométans. Le climat du gouvernement de Souvalki est tempéré; la température moyenne annuelle esc de 6»,9 cent. Les principales industries sont la fabrication de toiles et de draps. 11 y a 102 distilleries, 40 brasseries, 76 moulins, 50 tanneries, 46 briqueteries, 21 fabriques de goudron ou de résine, une fabrique de gaz d'éclairage, une fonderie à Sztabin, une importante usine mé ■ tallurgique à Szelwa. Le commerce est peu développé; les principaux articles d'importation sont le blé, le lin et la graine de lin, le bois, les peaux, la laine, etc. Les principaux articles d'importation sont le fer, divers objets fabriqués, les articles de toilette et de luxe, les couleurs, les objets de fer et de faïence, les harengs, le vin, le sucre et les denrées coloniales. Il a paru en 1872 un Mémorial du gouvernement de Souvalki, dont la revue VEkonomista de Varsovie (septembre 1872) a donné un long résumé, auquel nous avons emprunté ces détails.
SOUVAROW ou SOUVAROFF ou SOUVO- ROFF (Alexandre, comte de), prince Italijs&i (d'Italie), célèbre feld-maréchal russe, né à Moscou le 13 novembre 1729, mort à Saint-Pétersbourg le 6 mai 1800. Son père, général et sénateur, descendait d'un Suédois appelé Souvor, qui s'était établi en Russie en 1622. Dès l'âge de treize ans, Souvarow entra à l'Ecole des cadets. Lieutenant en 1754 , il se fit remarquer par son courage dans une campagne contre la Suède et surtout pendant la guerre de Sept ans, où il donna de nombreuses preuves de capacité militaire, notamment à Zorndorf, à Kunnersdorf, à Reichenbach, à l'attaque de Landsberg, où il fit prisonnier le général Curbière. De retour en Russie en 1762, il reçut le grade de colonel devint peu après brigadier et épousa à cette époque une nièce de Romanzoff, avec laquelle il ne tarda pas à divorcer. Souvarow- fut envoyé en Pologne en 1768. Peu après, il prit d'assaut Cracovie, marcha ensuite sur Varsovie, vainquit successivement Kotelupowski et les Pulawski, remporta une complète victoire sur Oginski, à Stralovitz, et reçut eu récompense de ces hauts faits le grade de général-major. Quelque temps après, il fut chargé d'inspecter les frontières de la Fionie. En 1773, Souvarow prit le commandement d'uu corps d'armée, avec lequel il entra en Turquie, battit à diverses reprises les Ottomans, notamment à Hirsowt, fut promu lieutenant général (1774) et, de concert avec Kaminsky, il remporta sur les Turcs, près de Kosludje, une victoire décisive. De retour en Russie, il reçut la mission de mettre un terme aux troubles qui avaient suivi la révolte de Pougatchef (1775). One campagne qu'il fit en 1783 contre les Tartares du Kouban et du Boudjak lui valut le grade de général en chef et le gouvernement de la Crimée (1786). La guerre ayant recommencé entre la Russie et la Turquie, il fut grièvement blessé à la ba-
souv
taille de Kinburn (1787) et tomba sans connaissance. Ses soldats, qui le croyaient mort, prirent la fuite. Etant revenu de son évanouissement, il s'élança après les fuyards, les ramena au combat et battit l'ennemi. Au siège d'Otchakof, il tomba sur un gros d'ennemis avec une poignée d'hommes, fut enveloppé et eût trouvé la mort si le prince Kepnin ne fût heureusement venu à son secours (1788). Après avoir battu le grand vizir Méhemed à Fokschani, il l'attaqua de nouveau près du Rimnik avec fe duc de Saxe- Cobourg (22 septembre 1789) et délit avec 10,000 hommes 100,000 Turcs. Cette éclatante victoire lui fit décerner le titre de comte à la fois par l'empereur d'Autriche et par Catherine II, qui lui tit, en outre, un présent considérable. Chargé par le prince Potemkiri de s'emparer de la place d'Ismaïl, eu Bessarabie, Souvarow arriva devant la place le 1 1 décembre 1789, et, après deux attaques infructueuses, il la prit d'assaut le 22 du même mois. Ses soldats livrèrent la ville au pillage ; 30,000 Turcs furent impitoyablement égorgés par son ordre (1790), et il ne fallut pas moins de huit jours pour les enterrer. Ce carnage est un des plus horribles dont les annales de la guerre soient souillées. Le surnom de Bouclier fut donné alors dans toute l'Europe à Souvarow, qui s'en montra bientôt de plus en plus digne. Il avait reçu, outre le gouvernement de Crimée, celui d'Iekaierinoslaw, lorsque éclata, en 1794, le soulèvement de la Pologne. Envoyé dans ce pays, il s'empara du faubourg de Praga, passa 9,000 habitants au lil de l'épée et entra ensuite dans Varsovie (19 novembre 1794). Pour le récompenser d'un tel haut fait, Catherine le nomma feldmaréchal, lui fit don de terres considérables, accompagnant le tout d'une lettre autographe très-flatteuse. En 1799, Paul 1er, qui pourtant le détestait, comme tous ceux qui avaient été eu faveur sous sa mère, l'appela 'au commandement de l'armée russe destinée a envahir l'Italie, de concert avec les Autrichiens, et d'en chasser les armées de la République française. 11 fut mis, d'un commun accord, à la tête des armées combinées, et il justifia hautement ce choix en battant Seherer à Cassano, Maûdonald à la Trebbia (18 et 19 juin), Joubert à Nuvi (15 août). Il est vrai qu'il disposait de forces infiniment supérieures aux nôtres; mais combien de fois n'avions-nous pus triomphé du nombre I 11 faut donc reconnaître à Souvarow de véritables talents militaires. Il avait d'ailleurs parfaitement pénétré le génie français en recommandant à ses soldats, en se battant avec nous, de se servir de la baïonnette de préférence à toute autre aime. Ce fut à la suite de sa série de victoires en Italie qu'il reçut le titre de prince liaUjclii. A l'ouverture de la campagne de Suisse, les Autrichiens, jaloux de la gloire du général russe, se séparèrent de lui. Cette guerre d'Helvétie ne fut pour les alliés qu'une suite de défaites. Masséna les défit dans les deux grandes batailles de Zurich. Pendant sa retraite, Souvarow ne vit plus autour de lui que des soldats découragés. Un jour, ses grenadiers ayant .refusé de s'engager dans un défilé étroit dont les hauteurs étaient couronnées de troupes françaises, il s'élance au milieu d'eux., leur ordonne de creuser une fosse de quelques pieds de longueur, s'y étend et leur dit : « Puisque vous refusez de me suivre, je ne suis plus votre général. Je reste ici. Cette fosse sera mon tombeau. SoUlats, couvrez de tefre le corps de celui qui vous conduisit tant da fois à ta victoire. » Etonnés, émus, électrisés, les grenadiers s'élancent dans le défilé sous une grêle de balles ; beaucoup y restent, mais la retraite est assurée. Lorsque Souvarow, poursuivi par les généraux français qui le cernèrent dans la vallée de la Reuss et à qui il parvint à échapper, eut franchi la frontière d'Allemagne, il prit ses quartiers d'hiver en Bohème. Mais presque aussitôt il fut rappelé en Russie, où il tomba malade en arrivant. Paul 1er, irrité de l'issue de la campagne, après avoir ordonné qu'on le reçût triomphalement, changea tout a coup d'avis. 11 ne revint à Saint-Pétersbourg que pour être témoin de son injuste disgrâce et mourut quinze jours après son arrivée dans cette ville. L'empereur Alexandre s'empressa, à son avènement, de lui faire élever une statue sur le champ de Mars, à Saint-Pétersbourg.
« Souvarow, dit le général Ambert, avait de fortes qualités qui lui suffirent tant qu'il ne rencontra pas les armées françaises. Un coup d'œil rapide, une détermination prompte et vigoureuse, une vaillante initiative, une confiance sans bornes dans ses talents et dans ses bataillons, c'était tout ce qu'il fallait pour combattre des Turcs, des ïartares et les insurgés de la Pologne. Il opposait aux bandes tumultueuses une tactique simple, énergique, audacieuse. Mais pour vaincre les soldats français commandés par Moreau et Masséna, l'art et la science étaient indispensables... Malgré les oppositions trop brusques d'ombre et de lumière, le portrait de Souvarow nous semble digne d'occuper une belle place dans les galeries militaires. Il eut de grandes qualités et de grands défauts. Les défauts furent de son époque et de son pays, tandis que les vertus étaient à lui... Nullement courtisan, d'une probité à toute épreuve, sans orgueil et sans faste, Souvarow a été un bon modèle en des temps et en des lieux où de tels modèles étaient rares. Il a aimé le
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soldat de toutes les puissances de son âme... Il a été courageux, et le courage n'habite que les nobles cceurs... Mais sa grande vertu fut le patriotisme. Il était fier d'être Russe; il aimait la Russie avec idolâtrie, il s'agenouillait devant le drapeau de son pays. Admirons le patriotisme partout; c'est la vertu des armées. Parmi les nombreux écrits qu'on peut consulter sur ce général, nous citerons : Vie de Souvarow tracée par lui-même, ou collection de ses lettres et de ses écrits, avec des remarques par Serge Glinka (Moscou, 1819,
2 vol. in-8°), et la Vie et les campagnes du feld-maréchal comte Souvarow, par Anthing, un de ses aides de camp (Gotha, 1796-1799,
3 vol. in-8"), traduit en français et publié en 1799.
SOOVÀUO'W (Alexandre , comte) , prince Italijski, général russe, petit-fils du précédent, né vers 1808. Son père, tils unique du célèbre Alexandre Souvarow, était devenu lieutenant général et s'était noyé es lsu. Entré en 1822, comme cornette, dans la garde à cheval, le comte Alexandre se trouva impliqué dans la conspiration de 1825, mais fut gracié par Nicolas 1" et envoyé à l'armée du Caucase, dans les rangs de laquelle il prit part a la guerre contre la Perse. Il revint en 1828 à Saint-Pétersbourg apporter les clefs d'Ardebil au czar, qui l'admit au nombre de ses aides de camp. Il fit ensuite la campagne de 1831 en Pologne, comme officier de i'étatmajor de Paskiewitch, qui le chargea dé négocier la capitulation de Varsovie et d'aller l'annoncer à Saint-Pétersbourg. Il fut alors promu colonel, reçut dans la suite diverses missions diplomatiques auprès do plusieurs cours allemandes et venait d'être élevé au grade do major général, lorsque le czar le chargea de l'instruction des abus commis dans l'administration militaire du Caucase. Nommé ensuite aide de camp général du czar, il devint en 1847 gouverneur militaire de Kostroma et, l'année suivante, gouverneur général des provinces de la mer Baltique, Au début de la guerre avec les puissances occidentales, il reçut le commandement des troupes chargées de défendre la Livonie , fut promu plus tard général d'infanterie et devint, en 1865, gouverneur générai militaire de Saint-Pétersbourg. Ces fonctions ayant élé supprimées en mai 1866, il a été nommé, à la même époque, inspecteur général de toute l'infanterie.
SOUVENANCE s. f. (sou-ve-nan-se — rad.
souvenir). Souvenir, mémoire :
Près d'Orléans, vous avez souvenance Que La Trémoille, ornement du Poitou, Pour son bon roi, signalant sa vaillance, Dans un fossé fut plongé jusqu'au cou.
Voltaire.
L'âne vint a son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
La Fontaine.
Combien j'ai douce souvenance Du joli lieu de ma naissance' Ma sœur, qu'ils étaient beaux les jours
De France !
O mon pays, sois mes amours Toujours!
Chateaubriand.
— Syn. Souvenance , mémoire , réminiscence, etC. V. MÉMOIRE.
SOUVENEL (Alexis-François-Jacques Anneix du), avocat, né à Rennes en 1689, mort dans la même ville en 1758. Il était bâtonnier des avocats du parlement et publia : Lettre critique et historique louchant l'idée que les anciens avaient de la poésie et celte qu'en ont les modernes (1712, in-12); Ode à l'ombre du grand Rousseau (c'est de Jeaii-Baptistn Rousseau qu'il s'agit) ; Epitre à l'ombre de Despréaux ou Essai sur le goût moderne (1753).
SOUVENEZ-VOOS-DE-MOI s. m. Bot. Nom vulgaire du myosotis. Il On dit aussi souvienstoi -du -moi et plus-je- vous- vois -PLUS- JB-