V. SPH1GGURK
SPHINTHÉROPHYTE s. m. (sf'ain-té-roli-te — du gr. sphintêr, étincelle; phuton, piaule). Entom. Genre ii'insectes coléoptères tetrameres, de la famille des cycliques, tribu des colaspides, comprenant huit espèces, qui vivent dans les régions chaudes de l'Amérique.
SPHINX s. m. (sfninkss — grec sphigx, béotien phix, proprement celui qui lie, celui qui étrangle, l'ètrangleur; de sphigyo, lier, sairer, qui appartient à la même famille que le grec pkimos, corde, et le latin figo, je fixe, j'attache, je lie. Eicbhofî, cependant, rattache le verbe sphigyo à. la racine sanscrite spaç, serrer, rétrécir; mais cette explication est moins probable). Mytliol. gr. Monstre ayant la léte et la poitrine d'une femme, le corps d'un lion, les ailes d'un aigle.
— Amiq, égypt. Figure colossale sculptée, ayant la ligure et la poitrine d'une femme, le corps d'un animal, et qui paraît avoir servi de type au monstre fabuleux <tes Grecs : A l'œil nu, je voyais parfaitement les assises des pieries et la tête du sphinx gui sortait du sable. (Chuteaub.)
Ils prennent, en songeant, les nobles attitudes Des grands sphinx allongés nu fond des solitudes, Qui semblent s'endormir dans un rêve sans On.
BaUDEJ^1R£.
— Fig. Personne impénétrable; individu habile à poser des questions difficiles, des problèmes : A force de converser avec un sphinx, ou se tire des énigmes. (Dider.)
— Mamm. Espèce de singe du genre babouii
— Entom. Genre d'insectes lépidoptères rrèpusculaires, type de la tribu des sphin-
SPHI
giens, comprenant un certain nombre d'espèces, dont plusieurs habitent l'Europe : Le Sphinx atropus produit un certain cri. (H. Lucas.) Le sphinx du troSne se fait remarquer par la beauté de ses couleurs. (Bosi1.) Le sphinx le plus curieux et le plus intéressant est le papillon à tête de mort. (V. de Boware.)
— Encycl. Mythol. Le sp'hinx est un monstre fabuleux dont l'origine est essentiellement fgyptienne; il n'a été introduit dans le mythe d'Œdipe que postérieurement à Homère. Circonstance remarquable, le sphinx ne paratt pas avoir eu dans les croyances des Egyptiens une existence réelle; il n'a laissé dans leur histoire que des traces de granit. On le trouve généralement représenté sous la forme d'un lion couché, avec le buste d 'un homme et le plus souvent avec celui d'une femme ; quelquefois il a une tête de bélier; de là deux cjas.^es de sphinx chez les Egyptiens : les androsphinx (andros, homme) et tes criosphinx (/crios, bélier). Quelques auteurs pensent que ces monstres granitiques sont une représentation de Pacht, de Tafné, de Neiih surtout, lionne à tête et à poitrine de femme. On les trouve encore aujourd'hui dispersés en grand nombre sur le sol de l'Egypte, A Thèbes, on arrivait au grand temple par une longue avenue bordée de chaque côté par une rangée de sphinx. Pline rapporte qu'on en voyait beaucoup dans les lieux inondés par le Nil, où lis étaient destinés à faire connaître l'accroissement des eaux. Us étaient peut-être aussi une personnification visible de Momphta, divinité égyptienne qui commandait sur les eaux et était comme la directrice des débordements du Nil. Sans vouloir entrer ici dans une étude approfondie de ce mythe et dans des développements étrangers au sujet, nous dirons néanmoins que les savants s'accordent a reconnaître que les Egyptiens ont voulu honorer, sous la figure du sphinx, la fécoudité que les inondations du Nil apportaient a leur pays. En effet, ces inondations bienheureuses arrivaient chaque année dans le cours des mois de juillet et d'août, au moment où le soleil traverse les signes de la Vierge et du Lion, tous deux représentés dans cette figure emblématique.
Pendant longtemps, les choses de l'Egypte n'ont été que tiès-imparfaiiement connues; mais, au commencement de ce siècle, religion, moeurs, monuments, tout devint l'objet de constantes et laborieuses investigations; il se produisit un mouvement dont l'origine avait son point de départ dans les observations faites par les savants qui prirent part à. l'expédition d'Egypte. Ce fut Un réveil; la science et l'étude arrachèrent les monuments de ce pays à l'oubli qui les enveloppait depuis plus de quinze cents ans. Parmi ceux qui se distinguèrent dans ces difficiles, mais intéressantes recherches, et nous ouvrirent des horizons jusque-là complètement ignorés, il faut citer en première ligne l'illustre O'hampollion. En déchiffrant les hiéroglyphes qui étaient jusqu'alors restés des énigmes inintelligibles, ce. savant permit du lire dan* la religion égyptienne, dont les emblèmes répandus à profusion : colosses, sphinx, stèles, béliers, etc., formaient les caractères gigantesques.
Le plus grand sphinx qu'on ait découvert en Egypte est celui qui se trouve près de la pyramide de Chéops, non loin de Memphis. Il semble avoir été taillé d'un seul bloc, en plein roc, dans une arête de la chaîne libyque sur laquelle la grande pyramide est assise, et comme ce colosse monstrueux mesure 17 mètres de hauteur, du sol à la léte, c'est en réalité le sol qui a dû être baissé de 17 mètres. Si l'on songe que ce sphinx n'a pas moins de 39 mètres de longueur, on peut se faire une idée de la quantité de matériaux qu'il a fallu fouiller et enlever et des difficultés que l'art eut à vaincre pour l'evidemeut d'une masse pareille, dans un granit dur et d'un grain compacte comme les granits égyptiens.
Longtemps ce colosse a été enfoui dans les sables qui, depuis une longue suite de siècles, s'amoncellent autour des pyramides. M. Caviglia rit déblayer le géant et découvrit entre ses pattes quatre lions de granit qu'il vendit à des Anglais; puis, sa curiosité satisfaite, il fit remettre les décombres dans leur état primitif, ce qui nécessita de nouveaux travaux lorsqu'on entreprit de faire surgir du sol le colosse de Memphis. En déblayant le sp/tinx, on remarqua au-uessus des pattes et sous le cou une ouverture carrée formant l'entrée d'une longue galerie qui suivait toute l'étendue du corps de l'animal et qui, s'enfoneant dans le sol, fuyait dans la direction de la grande pyramide, avec laquelle le sphinx se trouvait ainsi en communication. Cette galerie devait aboutir au puits creusé verticalement au centre de la grande pyramide. Les savants ne sont pas d'accord sur la destination de cette galerie. Comme le sphinx rendait des oracles, quelques-uns ont pensé, avec assez de vraisemblance, que les prêtres suivaient la galerie en question pour aller rendre leurs réponses équivoques à ceux qui venaient consulter l'oracle. En passant par les cavités profondes de cette figure et en sortant par sa bouche, la voix humaine prenait des proportions efî'rojablesqui frappaient d'une terreur superstitieuse tous les païens crédules, qui croyaient ainsi entendre la voix terrible de cette prétendue divinité.
Sur le deuxième doigt de la patte gauche,
SPHI
on découvrit une inscription portaut que la tête de ce sphinx était le portrait du roi Thoutmosis , qui vivait dix-sept cents ans avant Jésus-Chiist.
Ces colosses de granit, sphinx ou autres, étaient très-répandus en Egypte, comme nous i'avons déjà dit; les Egyptiens aimaient surtout à les placer en avant de leurs temples, comme pour faire entendre, au moyen de ces images mystérieuses, que la science des choses divines est enveloppée d'énigmes et de mystères. Ils donnaient aussi le sphinx pour attribut à la Prudence, ainsi qu'an Soleil, à qui rien n'est caché. Auguste avait un sphinx gravé sur son cachet, hiéroglyphe dont le sens était sans doute que les secrets de ceux qui gouvernent doivent être inviolables.
La figure des sphinx, d'ailleurs, est une de celles qui se reproduisent le plus fréquemment sur les monuments antiques ; on la rencontre à chaque instant, soit dans l'ornementation des tombeaux, soit dans les caractères hiéroglyphiques; mais elle n'a pas toujours la même forme et la même signification. Ainsi, le sphinx h figure et h mamelles de femme, art corps de lion, figurait probablement l'intervention féconde du fleuve dans ses débordements périodiques. Avec une tète d'homme, comme le sphinx de Memphis, il représentait un roi; avec une tête d'épervier, un dieu, et encore le no'm de ce dieu variait-il avec la forme de sa coilTute emblématique.
La tête d'homme barbu, avec l'épervier et le disque entouré d'un aspic, signifiait le Soleil, P/ire.
L'épervier surmonté du disque et du croissant lunaire signifiait Chous.
L'épervier décoré du fouet signifiait //brus.
L'épervier coilfé du disque et de deux longues plumes signifiait Mouih, etc. Bornonsnous à ces détails et n'essuyons pas d'énumérer toutes Jes représentations de déesses et de reines et les emblèmes plus ou moins bizarres enfantés par l'imagination des particuliers, surtout dans l'ornementation des tombeaux.
Tous ces emblèmes, d'une grande importance religieuse et d'une signification familière aux Egyptiens, fuient modifiés et dénaturés lorsqu'ils tombèrent dans le domaine de l'art et que le sphinx, devenu une simple figure décorative, dut se soumettre au goût, au caprice de chaque artiste et accepter la place qui lui était arbitrairement assignée dans chaque monument.
Dans l'application que l'art moderne a faite de cet antique souvenir mythologique de l'Egypte, c'est le sphinx emblème de la fécondité qui a prévalu, avec sa figure, ses mameltesde femme et son corps de lion. C'est sur ce modelé qu'ont été taillés les deux sphinx de marbre blanc qu'on voit à Versailles ; c'est aussi cette figure qui sert de décoration à certains monuments, comme on le remarque au soubassement de la fontaine du Châtelet, à Paris, élevée en souvenir de la campagne d'Egypte; enfin, c'est encore la même figure qu on retrouve dans les deux sphinx que notre année rapporta de Sébastopol en 1855, et qu'on voit au jardin des Tuileries, sur la terrasse qui flanque le quai.
Passons maintenant en Grèce, ou nous trouvons le sphinx le plus célèbre de l'histoire fabuleuse. Le sphinx grec ne fut introduit dans le mythe d'Œdipe que postérieurement à Homère; évidemment, néanmoins, il est d'origine égyptienne ; le nom de Thèbes, en Grèce comme en Egypte, la forme essentielle du monstre, l'idée de force et de profondeur d'esprit sont des caractères communs de part et d'autre, mais la vivacité d'imagination des Grecs et leur amour des personnifications vivantes leur tirent promptement transformer le type primitif, auquel ils prêtèrent une réalité saisissante. Pour eux, le Sphinx était un monstre né de Typhon et d Kchidna, envoyé par Junon, du fond de l'Ethiopie, pour venger sur les Thébaius le rapt de Chrysippe par Laïus, demeuré impuni ; d'autres en faisaient l'instrument de la vengeance de Mars, irrité de la mort du dragon tué par Cadmus. Hésiode fait naître le Sphinx de la Chimère et d'Orthos, dans le pays des Arimes. L'art grec le représenta -avec la tête et le sein d'une jeune fille, le corps d'un lion et les ailes d'un aigle, parfois avec le corps d'un chien et des griffes de lion, ou bien encore avec les serres d'un vautour et une queue de serpent. De plus, il varia les poses du monstre, ce qui constitue une autre différence avec le sphinx égyptien., toujours accroupi et immobile. On voit que les puëtes et les artistes se sont donné toute latitude pour modifier les éléments principaux et secondaires dont se composait ce bizarre et monstrueux assemblage.
C'est peu de temps après qu'Œdipe eut tué son pète que le Sphinx se montra au pied du mont Splungius ou lJhicius, aux environs de Thebes. Là, interceptant la route qui conduisait dans la capitale de la Beotie, il arrêtait les passants, leur proposait des énigmes, toujour obscures, et dévorait tous ceux qui ne pouvaient pas les deviner. C'est ainsi que périrent Heinon, fils de Créon-, Hippius, fils d'Eurynome, et une foule d'autres malheureux. Toutefois, un oracle avait prédit au Sphinx qu'il périrait lut-mémo dès qu'il serait deviné. En attendant, Thèbes et les alentours étaient plongés dans la consternation. C'est alors qu'Œuipe, qui s'était déjà acquis une grande renommée de pénétration et de
SPHI
sagesse, se dévoua pour le salut commun et affronta la présence du monstre. « Quel est, lui dit le Sphinx, l'animal qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir? » L'énigme était assez transparente, et une foule d'habiles déchiffreurs de rébus, de charades et de logogviphes en trouveraient le mot sans peine aujourd'hui. Au.--si Œdipe répondit-il sans hésitation : • C'est l'homme, qui, dans son enfance, qu'on doit regarder comme le matin de la vie, se traîne sur les pieds et sur les mains ; à midi, ou dans la force de l'âge, il n'a besoin que de ses deux pieds ; mais le soir, c'est-à-dire dans la vieillesse, il lui faut un bâton dont il se sert comme d'une troisième jambe. « L'explication était catégorique; aussi le monstre, furieux de se voir si bien deviné, se brisa la tête contre un rocher, ou, selon d'autres, se précipita dans la mer. Œdipe, dans Corneille, raconte ainsi lui-même cette aventure :
Ne porter qu'un faux jour dans son obscurité, C'était de ce prodige enfler la cruauté, Et les membres épnrs des mauvais interprètes Ne laissaient dans ces murs que des bouches muettes. Mais comme aux grands périls te salaire enhardit, Le peuple offre le sceptre et la reine son lit. De cent cruelles morts cette offre est tôt suivie. J'arrive, je l'apprends, j'y hasarde ma vie : Au pied d'un roc affreux, semé d'os blanchissants, Je demande l'énigme et j'en cherche le sens; Et, ce qu'aucun mortel n'avait encor pu faire, J'en découvre l'image et perce le mystère. Le monstre, furieux de se voir entendu, Venge aurs-itôt sur lui tout le sang répandu, Du roc se lailce en bas et s'écrase lui-même : La reine tint parole et j'eus le diadème.
Les écrivains rappellent souvent le Sphinx et ses énigmes. Pour les allusions, v. Œdipe.
— Iconogr. Le sphinx était en grande vénération chez les Egyptiens; la quantité do monuments sur lesquels il est figuré et le nombre considérable de statues isolées qui le représentent témoignent de ce culte. La route qui conduisait de Karnak à Louqsor était bordée d'une double rangée de sphinx monolithes; on en compte encore cent douze sur un espace de 200 mètres, et l'on a calculé que le troupeau entier devait se composer au moins d'un millier. Cette figure tant de fois répétée ne surprend pas, quand on sait qu'elle était le symbole de la fécondation des terres et, par conséquent, de la prospérité de l'Egypte. ' La mythologie égyptienne, dit Alexandre Lenoir,-aduiettait deux espèces de sphinx, l'un mâle et l'autre femelle. Le prnmier, composé d'une tête humaine identifiée avec le corps d'un lion, indique lu place qu'Osiris-Phié ou le soleil prend dans le signe du Lion au solstice d'été et au moment où se manifeste l'intumescence du Nil. Son disque couvre d'abord la tête de l'animal qui le représente, et la barbe qu'il a au menton est tin signe de force. Le sphinx femelle est ordinairement composé de la tète, de la poitrine et des bras d'une femme unis à la croupe d'un lion, l.e eens de cet accouplement est que c'est la partie du signe de la Vierge que le soleil rencontre la première en quittant le Lion solstioial, qui, dans cette position, lui tourne le dos, et de telle sorte que le soleil couvre la tête et la partie supérieure de la Vierge et la croupe du Lion lorsque l'autre partie est- complètement dégagée de sa lumière. Si l'on dessine un cercle entre les deux signes en indiquant la divergence des rayons solaires, dans l'espace qu'on aura trace sera comprise !a figure du sphinx. Les Perses représentaient aussi le soleil sous cette figure astronomique ; nous avons une pierre gravée persépolitaine (Cornaline) où le monstre, debout sur ses quatre pattes, est figuré avec une tète de femme et ailé comme le griffon. » Pour caractériser l'intumescence du Nil et la "fécondation qui en résultait, on mettait quelquefois dans la main du sphinx un rayon de miel ayant la forme d'une pyramiue; ce. te forme était consacrée au soleil, et on offrait du miel aux dieux au commencement de l'année. Les Grecs couronnaient également d'un rayon de miel pyramidal la betlo corne d'Ainalthée, dite corne d'abondance, qu'Ammonite ou Jupiter plaça aux cieux et qu'Hercule portait toujours avec lui. Quelquefois le sphinx égyptien porte sur la main une coupe, un vase ou un canope pour indiquer les premiers mouvements du fleuve. Dans la description du Memnoniiiiii (Ûuvr. de la conim. d'Egypte, II, pi. 36, fig. 4), on voit un sphinx femelle coiffé du pschent et sur lequel plane le vautour sacré de Veith (la Minerve grecque), tenant dans ses serres le symbole de la victoire; il parait offrir un vase ou canope a tête d'épervier au dieu Horus-Aroeris, qui est assis devant lui. Un sphinx mâle, ayant sur la léte l'utteus sacré et tenant dans ses griffes de lion un canope et une petite idole criocéphale (à tête de bélier), décore la porte extérieure d'Omm-Beydah à Syouah, l'ancienne oasis d'Aminoo.
Le sphinx de la pointe de l'obélisque qu'Auguste fit transporter d'Egypte à Rome a des mains humaines armées d'ongles crochus comme les griffes des bêtes feioees; il porte dans ses mains une pyramide. Au Louvre est un petit bis-relief en plomb détaché d'un cercueil et trouvé à Suyda par M. de Saulcy ; on y voit un sphinx femelle à ailes recoquillées, accroupi à droite et entouré de feuilles de figuier et de laurier, entre deux
SPHI
colonr.es torses; près de l'une de ces colon-nés, il y a deux, dauphins et une feuille de figuier. Les dauphins qui accompagnent ainsi ce sphinx le rattachent, selon M. Adrien de Lon^périer, au sphinx'qw., sur las monnaies de Chio, est représenté posant une patte sur une proue de navire. Au Louvre encore, dans la salle des bronzes, on remarque : un sphinx accroupi, la patte droite antérieure appuyée sur une roue; un sphinx portant un griffon ailé sur son dos , tigure qu'on retrouve sur les monnaies de grand bronze frappées à Alexandrie sous le règne d'Adrien ; deux, sphinx debout, composés d'un corps de lion et d'une tète de femme dont les cheveux, longs et disposés en boucles, sont retenus par un lien, ouvrage étrusque d'une haute antiquité ; un sphinx à ailes recoquillées, accroupi sur une volute semblable à celle du chapiteau ionien, la tête surmontée d'un tutulus et les cheveux disposés en boucles ondulées horizontalement. A propos de ce dernier morceau, qui est d'un très-ancien style, M. de Longpérier fait remarquer que les peintures antiques et les vases grecs nous montrent le sphinx de Thèbes posé sur le chapiteau d'une colonne.
Le Louvre possède plusieurs sphinx de grandes proportions en basalte et en granit. Le plus remarquable est taillé dans du granit rose et mesure 4"i,79 de longueur sur une hauteur de 2B»,06. Ce monument majestueux porte les cartouches du roi Merenptah , nommé par les historiens Menophis et Aménephtès, qui, suivant toute apparence, est la Pharaon sous lequel vécut Moïse. Il provient de Tanis, où il faisait partie du riche dépôt des monuments du premier empire égyptien qui traversèrent l'époque des pasteurs. On reconnaît sur Son épaule droite les traces visibles de la légende commençant par le nom du dieu Set, que Je roi pasteur Apapi fit très-légèrement graver, comme pour y imprimer la marque de sa souveraineté. La tête de ce sphinx colossal est coiffée d'une espèce de bonnet de femme froncé par derrière et d'où sort une mèche de cheveux serrée par un ruban qui tourne autour; elle dessine une queue qui s'appuie sur le dos du lion; deux bandes, régulièrement plissées et tenant au bonnet, descendent de chaque côté sur la poitrine, laissant les oreilles complètement découvertes; le front est orné de l'agathodeemon, symbole du bon principe; c'est aussi l'urœus sucré, le principal ornement de la mitre des dieux et des rois apothéoses. Couché comme un lion au repos, le monstre s'étend dans toute sa longueur sur une plinthe qui est couverte de caractères hiéroglyphiques. Le nez et l'extrémité du bras gauche de ce sphinx sont les seules parties qui aient été brisées. L'aspect général est grand, et ce résultat est dû uniquement à la simplicité des lignes et à l'absence des détails. Un autre sphinx de granit rose, haut à&>irateg et long de 3m,13, qui est au Louvre et qui
firovient de Tanis, comme le précédent, a sur a poitrine et entre tes deux pattes de devant le cartouche de Ramsès £1; mais ce qui reste du visage ne permet pas de penser à attribuer à ce roi 1 origine de ce beau monument; la coupe du front rapprocherait plutôt cette figure de celle de Sebekhotep 111, de la xitie dynastie. Le corps du lion est d'un galbe léger et nerveux.
Près de la grande pyramide de Giseh, à 100 mètres en avant de la face orientale, apparaît, taillé dans le roc, enfoui dans le sable jusqu'aux épaules, un sphinx dont la tête, qui émerge seule au-dessus de la plaine, n'a pas moins de 9 mètres de hauteur. On a prétendu qu'une galerie souterraine faisait communiquer la grande pyramide et un temple voisin avec ce sphinx qui servait k prononcer les oracles. De là serait venue l'origine de la fable du 'sphinx embarrassant le peuple par des questions captieuses, fable que les Grecs ont poétisée et à laquelle ils ont rattaché les aventures d'CEdipe. Dans les récits helléniques , le sphinx nous apparaît comme un monstre ayant un visage de femme, des ailes d'oiseau, des griffes de lion et la croupe d'un chien. (Je monstre, que Junon, irritée contre les Thébains, avait logé sur le mont Cithéron, où il dévorait ceux qui ne devinaient pas l'énigme qu'il leur avait proposée, fut regardé comme un symbole de la religion, et fut donné pour attribut à la Prudence et au Soleil, à qui rien n'est caché. Auguste avait un sphinx sur son cachet. Au musée des Studj, à Najiles, est un sphinx d'un excellent style qui servait de irapézophore et qui a été découvert dans la maison du Faune, k Pompéi.
Les artistes modernes ont souvent employé le sphinx comme motif d'ornementation. L'une des portes du jardin des Tuileries, du côté de la Seine, est décorée de deux beaux sphinx de marbre blanc, enlevés à Sébastopol en 1855, et qui ont été exécutés par le sculpteur russe Ramazanoff.
— Eutom. Le genre sphinx a pour caractères : des antennes légèrement flexueuses, renflées au milieu, aussi longues que la tête et le corselet réunis, striées transversalement du côté, interne chez les mâles; le chaperon large et proéminent; les yeux gros et saillants; les palpes épais, ainsi que lu '.rompe, qui est presque aussi longue que le corps; le thorax large et bombé; l'abdomen long, cylindro-conique , marqué de bandes
SPHI
annulaires ou transversales ; les ailes supérieures épaisses et lancéolées, les inférieures à angle anal arrondi; les pattes robustes, assez courtes. Ces insectes se font remarquer par leur grande taille et souvent par la beauté de leurs couleurs; leur vol, rapide et brusque, a lieu après le coucher du soleil.
Les chenilles sont lisses , cylindriques, rayées obliquement sur les côtés, avec la tête plate et ovalaire, et une corne unie, trèsaigue et courbée en arrière sur le onzième anneau. Souvent parées des couleurs les plus brillantes, elles ont depuis longtemps attiré l'attention parleur singulière attitude; solidement fixées sur une tige ou un rameau, à l'aide de leurs pattes membraneuses, elles redressent la partie antérieure de leur corps, inclinent légèrement leur tête enfoncée dans le premier anneau et restent ainsi des heures entières dans un état d'immobilité complète. Elles présentent alors une certaine ressemblance avec le sphinx de la Fable, ce qui a valu son nom au genre. Elles s'enfoncent en terre pour se métamorphoser en chrysalides nues, cylindro-coniques, avec le fourreau de la trompe plus ou moins séparé de ta poitrine et une pointe anale très-prononcée.
Ce genre, qui, pour Linné, comprenait tous les lépidoptères nocturnes, a été successivement réduit et ne renferme plus aujourd'hui qu'un petit nombre d'espèces, dont quatre ou cinq habitent l'Europe. Le sphinx du pin a O^OS d'envergure ; les ailes grises, à bord postérieur frangé de blanc sur les deux faces; les antennes blanches; le corselet gris, avec une bande dorsale noire et deux lignes latérales blanchâtres ; l'abdomen annelé de noir et de blanc ; le dessous du corps blanc. La chenille est verte , arec une bande dorsale brun rougeâtre, trois raies latérales jaune citron et la corne dorsale noire. Toutefois, elle ne se présente pas d'abord sous cet état ; elle passe, avant d'y arriver, par trois mues, à chacune desquelles elle subit des variations de couleur qu'il serait trop long de décrire.
Celto chenille, très-vorace et d'une croissance rapide, armée de fortes mâchoires et couverte d'une peau très-dure, souffre peu qu'on la touche et cherche à mordre les doigts qui la saisissent. • On la trouve, dit A. de La Rue, aux mois de mai et de juin, sur les pins, et surtout sur le pin laricio, dont elle dévore les aiguilles (feuilles). La multiplication de cet insecte, qui est parfois prodigieuse, mérite l'attention du forestier, qui ne doit rien négliger pour la diminuer autant que possible. Les excréments qu'on trouve au pied des arbres décèlent ces chenilles. On en détruit beaucoup en secouant les arbres, ou bien encore en les faisant écraser après un coup de vent ou une forte pluie qui les jette à terre. On parvient à diminuer le nombre des larves en automne en introduisant les porcs dans les forêts. Ces moyens, quelque faibles qu'ils soient, peuvent servir, si ce n'est k détruire entièrement ces insectes, au moins à empêcher leur multiplication. »
Vers la fin de juillet, cette chenille s'enterre au pied de l'arbre qui l'a nourrie; elle s'y transforme en une chrysalide brun marron, à trompe munie d'une gaine de médiocre longueur, nue, se détachant de la poitrine vers son milieu. Elle passe au moins neuf mois sous cet état, car le papillon n'apparaît guère que vers la fin du mois de mai de l'année suivante. Ce papillon est très-répandu dans diverses contrées de l'Europe ; on le* trouve dans le Lyonnais, les landes de Gascogne, la forêt de Fontainebleau, et même aux environs de Valenciennes, où il n'existe cependant pas de forêts de pins, mais seulement quelques arbres de cette essence disséminés dans les parcs.
Le sphinx du troène a om,12 d'envergure; les ailes supérieures veinées de gris rougeâtre, de brun noirâtre et de blanc; les inférieures rousses, avec deux bandes noires; l'abdomen d'un rouge violacé ou vineux., annelé de noir. La chenille est verte, avec sept raies obliques, violettes en avant et pâles en arrière; les stigmates jaunes; la corne lisse, noire en dessus, jaune en dessous. Elle vit sur le troène, le lilas, le frêne, le sureau, la viorne-tin. Elle commence à être assez commune vers la fin de septembre. C'est, de toutes les chenilles du genre, celle qui, par son attitude, rappelle le mieux le sphinx mythologique. Elle ne subit pas, comme la précédente, de changements de livrée; seulement sa peau, chagrinée dans te jeune âge, devient lisse après la dernière mue. Ses belles couleurs se ternissent quelques jours avant l'époque où elle s'enterre pour se transformer en une chrysalide brun marron, qui passe l'hiver sous cet état. L'insecte parfait sort au mois de juin suivant. 11 est répandu dans toute l'Europe et n'est pas rare aux environs de Paris.
Le sphinx du liseron a om,io d'envergure ; les ailes d'un gris nébuleux, tes supérieures rayées de brun, les inférieures à bandes brun noirâtre; l'abdomen annelé de blanc, de noir et de rouge; les antennes très-grosses, blanches en dessous; les pattes grises, a tarses annelés de blanc. La chenille présente de nombreuses variétés, les unes a fond vert, les autres à fond brun. Elle vit sur diverses espèces de liserons sauvages ou cultivés, mais surtout sur le liseron des champs; on la trouve fréquemment, après la moisson,
SPHI
dans les endroits où abonde cette plante ; elle se tient cachée sous les feuilles, mais se décèle par le volume de ses excréments. Elle s'enterre, comme les autres, pour se transformer ; la chrysalide est d'un brun jaunâtre. L'insecte parfait se montre en mai ou juin et en septembre. Il est répandu dans toute l'Europe tempérée et se trouve aussi en Afrique, dans l'Inde et en Océanie.
Le sphinx de la morelle est surtout remarquable par sa chenille grisâtre, rayée et tachetée de noir, avec la corne d'un gris clair; elle vit sur l'aubergine. La chrysalide ressemble k celle du- précédent. Cette espèce se trouve assez communément à l'Ile Maurice et bien plus rarement à l'île de la Réunion.
Le sphinx alropas ou léle de mort est l'un de nos plus grands et de nos plus beaux papillons. Il a près de 0m,13 d envergure; le corselet brun, saupoudré de bleu, avec des taches jaunâtres disposées de manière k rappeler par leur aspect la face osseuse d'un crâne humain ; les ailes supérieures brunes et saupoudrées de bleu, avec des lignes ondulées blanchâtres; les Inférieures jaunes, avec deux bandes noires transversales; l'abdomen jaune, avec six anneaux brun noirâtre, coupés par une large bande dorsale d'un bleu cendré. La chenille, la plus grande de toutes nos chenilles d'Europe, atteint jusqu'à 0™,12 de longueur sur 0m,02 de diamètre ; elle est jaune, avec des bandes obliques d'un vert bleuâtre sur les flancs ; la tète bordée de noir; les stigmates de cette couleur; la corne caudale jaune et recourbée; elle varie d'ailleurs pour la coloration; quelquefois entièrement verte, avec quelques lignes jaunes, elle est d'autres fois jaune, avec des chevrons pourpres ou violets; plus rarement elle présente une teinte brune ou feuille morte , rayée de noir brunâtre ou verdâtre, etc. La chrysalide, longue de om.OT, est d'un brun marron luisant.
Ce papillon est très-répandu dans toute l'Afrique, l'Europe méridionale et les Indes orientales ; on le trouve assez souvent jusque sous le climat de Paris, et on l'observe même en Angleterre; les vents du midi favorisent sa dispersion vers le nord, et les étés secs et chauds sont ceux pendant lesquels il se propage le plus. Il apparaît ordinairement en juin et en septembre. Il est fort commun, durant toute l'année, aux îles Maurice et de la Réunion. Son vol est lourd et a lieu après le coucher du soleil. Ce sphinx est très-friand de miel, et, quand il se multiplie abondamment, il devient un fléau pour les apiculteurs; il s'introduit dans les ruches sans craindre les coups d'aiguillon des abeilles, contre lesquels le préserve son épaisse fourrure ; il effraye d'ailleurs ces insectes et les met en fuite.
Outre le bourdonnement commun aux autres sphingides, le sphinx atropos fait entendre un cri plaintif lorsqu'on le prend ou qu'on le tourmente, ou bien encore lorsque, s'étant introduit dans un appartement, il craint de ne pouvoir s'éehnpper. On ne connaît pas bien encore le siège et la cause de cette sorte de voix, unique jusqu'à présent chez les animaux articulés, et les auteurs ont beaucoup varié dans les explications qu'ils en ont données. D'après Réaumur et Rossi, elle proviendrait du frottement des palpes contre la trompe. Un observateur, cité par Engramelle et Ernst, l'attribue à l'air renfermé sous les épaulettes et chassé avec force par le mouvement des ailes. Lorey pense qu'elle est due à l'air qui s'échappe d'une trachée située de chaque côté de la base de l'abdomen; mais cet appareil, qui se retrouve d'ailleurs chez les autres sphingides privés de voix, n'existe que chez le mâle, et le cri est commun aux deux sexes; l'explication n'est donc pas admissible.
Suivant Passerini, le bruit en question viendrait de la tête; il sortirait d'une cavité qui communique avec le faux conduit de la trompe et à l'entrée de laquelle sont placés des muscles assez forts qui, par leurs mouvements successifs d'élévation et d'abaissement., favorisent les entrées et les sorties alternatives de l'air; ce cri continue, en effet, quand on a coupé la tromfe à sa base, tandis qu'il cesse tout à coup si on paralyse l'action de ces muscles, soit en les coupant en travers, soit en les piquant avec une épingle. Boisduval et Duponchel avaient cru trouver la cause du cri dans le frottement du thorax contre l'écusson. Enfin, Goureau pense qu'il n'existe chez le sphinx atropos aucun organe spécial capable de produire ce bruit; il le compare, avec quelque doute, au piaulement des hyménoptères et des diptères, produit par les vibrations du thorax mis en mouvement par les muscles puissants qu'il renferme et qui donnent l'impulsion aux ailes quand leur action est complète.
Quoi qu'il en soit, le cri du sphinx atropos, joint k cette espèce de tête de mort qu'il porte sur son corselet, en a fait depuis longtemps un objet d'effroi pour les populations ignorantes. Dans la basse Bretagne , son apparition a été regardée comme un avant-coureur de l;t mort. En 1733, il fut beaucoup plus commun que d'ordinaire, et, comme il y eut àla même époque une épidémie très-dangereuse, il n'eu fallut pas davantage pour lui faire attribuer tout ce mal. Il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que les membres du clergé, même les plus instruits, comme les Pères de Trévoux, contribué! eut
SPHY
de toutes leurs forces a propager cet absurde préjugé, en présentant l'upparithin de <v sphinx comme un signe évident de la colère céleste. Aujourd'hui encore bien des personnes croient que cet insecte répand une poussière susceptible de priver de la vue les yeux dans lesquels elle tombe ; Bernardin de Suint-Pierre n'a pas hésité à se faire l'écho de cette fable. Une assertion qui parait plus exacte, c'est que le papillon, quand il sort de sa chrysalide, répand un liquide assez corrosif pour produire sur la peau une vive rubéfaction.
Mais si le sphinx atropos, à l'état parfait, est fort innocent de tous les méfaits dont on le charge, il n'en eut yns de même de sa chenille. Celle-ci vit sur des plantes très-diverses, fèves, fusains, jasmins, laitues, chanvre, prunier, etc., mais de préférence sur les solanées, notamment la pomme de terre et le lyciet d'Europe. Elle produit ainsi des dégâts souvent considérables dans les cultures, car elle est très-grosse et très-vorace; heureusement, elle est assez rare, du moins dans le centre et le nord de la France. D'après Boisduvul, toutes ces chenilles périssent pendant l'hiver, et il faut une nouvelle migration d'Afrique pour propager ce sphinx en Europe l'année suivante. On a vu, dans le midi de la France, des champs entiers de pommes de terre ou de fèves complètement dépouillés de leurs feuilles par ces chenilles.
Le sphinx de l'onagre ou de l'œnolhère, devenu pour quelques auteurs le type du genre ptérogon, a environ 0m,03 d'envergure; les ailes verdâtres, lobées au bord externe, les supérieures ayant au milieu une bande transversale plus foncée et mur ;iiée d'un point obscur, les inférieures jaunâtres ou roussâtres, avec une bande marginale verte. La chenille est d'un gris bleuâtre foncé, réticulé de noir en dessus, avec les flancs et le ventre d'un blanc un peu rosé et les stigmates ronges bordés de noir. Cette chenille, malgré son nom, vit plutôt sur les épilobes que sur ies œnothères; elle est assez difficile à trouver, parce que, dans le jour, elle se cache sous les pierres, à quelque distance des plantes sur lesquelles elle vit. Sa chrysalide est petite, brun rougeâtre, renfermée dans une sorte de coque grossière formée de débris de feuilles assujettis par des tils. L'insecte parfait paraît en juin. Il est assez commun dans la Lozère, le Lyonnais et le Dauphinô.
Nous citerons encore le sphinx gorgon, des bords de la mer Caspienne, et le sphinx triangulaire, qui habite l'Australie.
— Mamm. V. cynocéphale et papion. ' SPHODRE s. m. (sfo-dre — du gr. spho-
dros, violent). Entom, Genre d'insectes coléoptères pentamères, de ia famille des earabiques, tribu des simplicimanes, comprenant une dizaine d'espèces, répandues dans l'ancien continent : Les Spuoures se tiennent dans les lieux humides et couverts. (H. Lucas.)
SPHODHOS s. m. (sfo-dross — du gr. sphodros, violent), Arachn. Sy n. d'ACTrNOPE, genre d'arachnides.
SPHONDYLANTHE s. m. {sfon-di-lan-te
— du gr. sphondulos, spondyle ; anthos, fleur). Bot. Prétendu genre d'onagrariées, fundé sur un rameau déformé d'une plante inconnue.
SPHONDYLE s. m. (sfon-di-le). Bot. V.
SPHONDYLION.
SPHONDYLION s. m. (sfon-di-li-on — du gr. sphondulos, spondyle). Bot. Syn. de bkrce, genre d'ombellifères.
SPHONDYLOCOQUE s. m. (sfon-di-lo-ko-ko
— àngr.sphvndutos, spondyle ; kokkos, grain). Bot. Syn. de callicarpe, genre de verbénacées.
SPHRAGISTIQtlE s. f. (sfra-ji-sti-ke — grec sphragistikos ; de sphragis , sceau,). Science des sceaux, des cachets.
SPHYGMIQUE adj. (sfi-gmi-ke — du gr.
sphugmos, pouls ; de tphizà, palpiter, qui est peut-être allié à la racine sanscrite sphar, sphur, se mouvoir, trembler, qui est alliée elle-même à la racine sanscrite spar, vivre. Mais spliuzâ pourrait aussi être mis pour phuzô, de la racine qui est dans phuà, savoir la racine sanscrite bhû, être, subsister). Méd. Qui appartient, qui a rapport au pouls.
SPHYGMOCÉPHALIE s. f. (sfi-gmo-sé-fa- 11 — du gr. sphugmos, pouls; kephalê, tête). Méd. Sentiment de pulsation dans la tète.
SPHYGMOCÉPHALIQUE adj. (sfi-gmo-séfa-li-ke — rad. sphygmocrphalie). Méd. Qui appartient k la sphygmoeéphalie.
SPHYGMOGRAPHE s. m. (sfi-gmo-gra-fo
— du gr. sphugmos, pulsation ; gruphà, je décris). Méd. Instrument qui sert à mesurer et à enregistrer la vitesse et la force des battements du pouls.
— Encycl. Cet appareil fut imaginé par Vierordt vers 1850 et perfectionné depuis par Marey. Il se compose essentiellement d'une membrane trè.s-delifate qu'on applique sur le pouls et qui transmet ses vibrations à une aiguille, laquelle les enregistre sur une feuille du papier noirci. Les courbes tracées par l'aiguille fournissent les renseignements les plus exacts sur le pouls. C'est une des nombreuses applications graphiques que la physiologie expérimentale doit à Marey.
SPHY
SPHYGMOMÈTRE s. m. (sfi-gmo-mè-tre — du gr. sphugmos, pouls ; metron, mesure). Méd. Instrument servant à mesurer la fréquence du pouls.
SPHYGMOMÉTRIE S. f. (sfi-gmo-mé-'trl — Tad. sphygmomètre). Méd. Mesure, appréciation de la fréquence du pouls.
SPHYGMOMÉTRIQUE adj. (sfi-gmo-métri-ke — rad. sphyymomètrie). Méd. Qui appartient à la sphygmométrie : Procédé sphyg-
MOMETRIQUE.
SPHYRADION s. m. (sfi-ra-di-on — du gr. sphuradion, marteau). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pulmonés.
SPHYRÈNE s. f. (sfi-rè-ne— du gr.sphura, marteau;. Ielnhyol. Genre de poissons, type de la famille des sphyrénoïdes, comprenant plusieurs espèces, répandues dans les diverses mers : Linné a placé la sphyrënk dans son genre ésox. (Valeneiennes.) La sphyrénu bécune passe pour délicieuse. (A. Guichenot.) Il Sphyrène aiguille. Nom vulgaire d une espèce d'orphie. || Sphyrène orvert, Nom vulgaire du centropome undéciulol.
— Encycl. Les sphyrènes sont caractérisées par un corps allongé ; le museau pointu ; la gueule large, armée de dents aigu«s et tranchantes; les imerinaxillaires offrant en avantchacun deux fortes dents, suivies d'une rangée de petites; une rangée de fortes dents à chaque palatin ; point sur le vomer. Les nageoires présentent deux dispositions principales : tantôt la première dorsale est située immédiatement sur les ventrales et la seconde sur l'anale ; tantôt les ventrales sont excessivement reculées, ainsi que la première dorsale, et la seconde dorsale est si petite et si grêle qu'on la prendrait presque pour une nageoire adipeuse. Ce caractère, joint à la proportion des mâchoires, qui sont égales dans ce dernier cas, tandis que l'inférieure est proéminente dans le premier, a permis d'établir dans ce genre deux sections naturelles, les sphyrènes proprement dites et les lussions ou paralèpes.
Ces poissons ont été comparés aux brochets et en reçoivent quelquefois le nom, bien qu'ils s'en éloignent beaucoup par les caractères ; mais ils sont, comme ceux-ci, carnassiers et très-voraees. Parmi les sphyrènes proprement dites, on remarque surtout la sphyrène de la Méditerranée, vulgairement nommée spet, brochet de mer, luzzo, et qui
fiarait être l'espèce désignée par Pline sous e nom de sudis. Ce poisson peut atteindre la taille de 0m,50 ; sa forme générale rappelle un peu celle du brochet ; mais il a le corps plus allongé, plus arrondi, presque cylindrique, couvert de petites écailles; les mâchoires allongées en pointe, la supérieure non protrautile, l'inférieure proéminente ; sa couleur est plombée ou noirâtre sur le dos, argeutée sur les flancs et sous le ventre. Les jeunes individus ont la peau marbrée. Ce poisson se trouve sur toutes les côtes de la Méditerranée ; il va par troupes, et les pécheurs en prennent ordinairement plusieurs à la fois ; sa chair, ferme, un peu sèche, légère, cassante, friable, est agréable au goût et recherchée comme aliment.
La sphyrène bécune diffère de la précédente pur sa taille beaucoup plus grande (1 mètre et plus) et ses taches, qu'elle conserve jusqu'à vin âge plus avancé. Elle habite la mer des Antilïes et se trouve particulièrement sur les bas-fonds. Très-agile et très-vorace, elle sVlance quelquefois sur les baigneurs. Sa chair passe pour délicieuse; mais on ne la mange qu'avec défiance, parce qu'elle est sujette à contracter des qualités vénéneuses; on les a attribuées aux acalephes dont ce poisson se nourrit et qui lui communiquent leurs propriétés urticantes. On a observé des empoisonnements à bord. Des ofrtciers d'un équipage, ayant mangé de la bécune, furent pris bientôt après d'un malaise indéfinissable ; leur peau devint rouge, leurs membres engourdis et comme paralysés ; un matelot éprouva les mêmes accidents ; un chat, qui avait mangé du même poisson, succomba rapidement. Dans d'autres cas, on a observé un tremblement général, de violentes douleurs de tête, des nausées, des vomissements, des sortes de crampes dans les articulations des bras et des jambes. D'après M. Poey, ces accidents peuvent être quelquefois mortels. Les qualités malfaisantes de la bécune varient suivant les lieux et les saisons. Ou prétend, du reste, les reconnaître à certains signes extérieurs. Si la racine des dents présente une couleur noirâtre, si un liquide blanchâtre et sanieux s'écoule du corps du poisson quand on le coupe, si une pièce de cuivre plongée dans l'eau de cuisson s'oxyde, alors on doit s'abstenir de manger de la bécune. Pour éviter le danger, on a soin, aux Antilles, de ne manger ce poisson que salé.
On peut citer encore 4a sphyrène du Cap Vert, caractérisée par une ligne en zigzag de taches blanches le long du corps ; les sphyrènes obtuse, barracuda, du Japon, de Yeilo, de Forster, de Commerson, etc.
Dans le groupe des paralèpes ou sphyrènes à mâehoUvs égales, qui sont connues dans la Méditerranée sous le nom de lussions, nous signalerons d'abord la sphyrène corrégone, à corps allongé et comprimé, d'une couleur argentée, assez semblable à un petit brochet j cette espèce suit les colonnes de gades qui
SPIC
arrivent au printemps, et elle est poursuivie par les oiseaux qui se nourrissent de poisson. Nous signalerons encore la sphyrène transparente, longue de 0°i,50 ; eile vit, comme la précédante , dans la Méditerranée près de Nice.
SPBYRÉNIDE adj. (sfi-ré-ni-de). Ichthyol.
Syn. de sphyrbnoïdk.
SPHYRÉNIDÉ, ÉE adj. (sfl-ré-ni-dé). Ichthyol. Syn. de sphyrénoïde.
SPHYRÉNIDIEN, IENNE adj. (sfi-ré-ni-diain, i-è-ne). Ichthyol. Syn.. de sphyrénoïde.
SPHYRÉNIN, INE adj. (sfi-ré-nain, i-ne).
Ichthyol. Syn. de sphykénoïde.
SPHYRÉNINÉ , ÉE adj. (sfl-ré-ni-né ).
Ichthyol. Syn. de sphykénoïde.
SPHYRÉNODE s. m. (sfi-ré-no-de — rad.
sphyrène). Ichthyol. Genre de poissons cycloïdes, de la famille des sphyrénoïdes, comprenant deux espèces fossiles de l'argile de Londres.
SPHYRÉNOÏDE adj. (sfi-ré-no-i-de — de sphyrène. et du gr. eidos, aspect). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sphyrène. il On dit aussi sphyrénide, sphyrénidé, etc.
— s. m. pi. Famille de poissons cycloïdes, la plupart fossiles, ayant pour type le genre sphyrène : Les sphyrénoïdes se rapprochent des scombéroïdes. (E. Baudement.)
SPHYRION s. m. (sli-ri-on — du gr. spkurion, marteau). Crust. Syn. de chondracanthb.
SPHY ROLE s. m. (sfi-ro-le — du gr. sphurélalos, dur, solide). Entom. Syn. de ciîrcydocèrb.
SPHYROSPERME 3. m. (sfi-ro-spèr-me — du gr. sphuru, marteau ; sperma, graine). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des vacciniées, comprenant quatre espèces, qui croissent au Pérou, sur les troncs des vieux arbres.
SPIC s. m. (spick — du lat. spica, épi). Bot. Nom vulgaire d'une espèce de lavande, appelée aussi aspic.
SPICA s. m. (spi-ka — mot lat. qui signif, èpi). Cliir. Sorte de bandage croisé, dont les tours de bande sont disposés symétriquement autour d'un membre, comme les épillets de l'épi de blé le long de l'axe principal.
— Encycl. Il y a de nombreuses variétés de spica. On dit que le spica est ascendant ou descendant, selon que la bande a été placée de bas en haut, ou de haut en bas. On emploie généralement trois sortes de spica; ce sont : les spica de l'aine, de l'épaule et du pouce,
— Spica de l'aine. Ce bandage est simple ou double ; il forme une espèce de s, dont une des anses embrasse le bassin et l'autre une cuisse ou les deux cuisses, selon qu'il est simple ou double. Les tours de bande viennent tous se croiser sur le pli de l'aine. Pour appliquer un spica simple, on prend une bande de 8 mètres environ de longueur sur 0m,04 ou 0ln,05 de largeur, puis, la bande étant roulée, on applique l'extrémité libre sur un point du bassin autour duquel on fait deux circulaires. Arrivé sur la crête de l'os iliaque du côté malade, on dirige la bande,. en passant sur le pli de l'aine, vers la partie interne de la cuisse, qu'on croise horizontalement de dedans en dehors sur sa face postérieure ; puis, croisant obliquement la région externe, on gagne l'épine iliaque du côté sain en croisant le premier tour au niveau du pli de l'aine. Après avoir contourné la face postérieure du tronc, on arrive encore sur la crête iliaque du côté malade et l'on dirige la bande cumme la première fois en faisant autant de circulaires que le permet la longueur de la bande, dont on fixe la dernière extrémité à l'aide d'une épingle. Lorsqu'on veut établir un spica double, il faut une bande de 12 mètres de longueur environ. Après avoir fait deux fois le tour du bassin, on arrive sur l'épine iliaque de l'un des côtés, sur le côté droit par exemple, d'où l'on se dirige sur le côté interne de la cuisse correspondante, puis en arrière, en dehors et en avant, de manière à croiser obliquement le premier tour de bande, comme dans le spica simple. Arrivé sur la crête iliaque gauche, on décrit un demi-circulaire postérieur pour revenir sur la crête iliaque droite, d'où l'on porte la bande sur le côté externe de la cuisse gauche; on contourne celle-ci de dehors en dedans, on remonte le long du pli de l'aine sur la crête iliaque gauche, et, après avoir contourné le tronc postérieurement, on revient au point de départ sur le côté droit. On recommence comme la première fois jusqu'à ce que la bande soit épuisée. Ce bandage est excellent, soit pour maintenir des pièces d'appareil dans la région de l'aine, soit pour exercer une compression dans la même région. Four obtenir la consolidation des frac-, tures de la partie supérieure du fémur, Mathijssen et Van de Loo appliquent un bandage inamovible, qui n'est autre qu'un spica composé de bandelettes plâtrées et disposées comme il suit ; On arruugi; sur un matelas . dur et bien uni, préalablement garni d'une alèze, vingt-quatre à trente bandelettes plâtrées de om,06 à om,07 de largeur. Les huit à dix premières bandelettes doivent envelopper le bassin; elles forment le haut du
SPIC
bandage, et sont en partie roulées du côté opposé à la maladie. Les huit à dix suivantes sont destinées à protéger l'article coxo-fémoral et doivent couvrir tout l'espace compris entre la rainure fessière et le pubis. Les huit ou dix dernières envelopperont la partie supérieure de la cuisse. Pour soutenir toutes les bandelettes qui correspondent à la fesse et les empêcher de se disjoindre, il suffit d'étendre perpendiculairement sous leurs chefs libres une ou deux bandes plâtrées, plus larges que celles qui entrent dans la composition du reste de l'appareil, et sur lesquelles ces chefs viennent se fixer. Toutes les bandelettes doivent se recouvrir dans la proportion des trois quarts ou des quatre cinquièmes de leur largeur. Sur l'appareil ainsi disposé, on étend des bandelettes non plâtrées, ou une simple compresse de linge vieux, ei aussitôt on place le malade, en évitant de déranger les pièces du pansement. On applique d'abord les bandelettes simples ou la compresse, puis on mouille largement les bandelettes plâtrées que l'on ajuste rapidement, et l'on n'a point à s'occuper de la partie de l'appareil sur laquelle le patient repose, car l'eau l'a bientôt pénétrée en quantité suffisante pour souder le tout et constituer immédiatement un moule inflexible.
— Spica de l'épaule. Ce bandage a la forme d'un 8, dont les croisés portent sur une épaule et dont les anneaux embrassent, l'un la poitrine, l'autre une épaule et l'aisselle correspondante. Pour appliquer cet appareil, on se sert d'une bande de 8 mètres en-
"viron de longueur, sur 0">,05 ou om,06 de largeur. Après avoir garni les aisselles avec de la charpie ou du coton cardé, on fait deux qu trois circulaires autour du bras du côté malade, de dehors en dedans et d'avant en arrière; puis ci. remonte en arrière du côté malade jusque sur l'épaule, conduisant la bande sous l'aisselle du côté sain en passant sur la partie antérieure de la poitrine, ensuite sous l'aisselle du côté malade en passant derrière le dos, au-dessus et en avant de l'épaule du même côié. On continue de la même manière les huit de chiffre jusqu'à ce que la bande soit entièrement épuisée. Les tours de bande doivent être imbriqués de façon à se recouvrir aux deux tiers environ. Ce bandage est très-commode pour maintenir les pièces d'appareil appliquées autour de l'épaule. Dans les cas de fracture, on emploie le spica plâtré inamovible, qui consiste à appliquer sur le spica ordinaire une bande ou quelques bandelettes plâtrées autour du bras, jusqu'à, l'aisselle , puis on donne au membre supérieur la position qu'il doit garder par rapport au tronc. On continue ensuite le bandage, en passant au-dessous de l'aisselle opposée, pour revenir sur l'épaule malade, mais on s'arrête au devant de l'aisselle sans taire passer les bandes plâtrées sous cette région. De cette façon, au lieu de faire un huit de chiffre fermé, on le laisse ouvert au point qui correspond à l'aisselle. On superpose ainsi plusieurs couches de bandelettes plâtrées, qui se recouvrent et s'imbriquent jusqu'à ce que l'on ait construit un moule convenable. (Alathijssen et Van de Loo, Sur l'emploi chirurgical du bandage plâtré; Bruxelles, 1854.)
— Spica du pouce. Ce bandage représente un 8, dont l'un des anneaux embrasse le poignet et l'autre le pouce ; les croisés se t'ont sur le bord radial du pouce. La bande doit avoir une longueur de 2 mètres, sur om,02 de largeur. Pour l'appliquer, on fait d'abord deux circulaires autour du poignet, en commençant par la face palmaire et en allant du bord cubital au bord radial; puis on descend sur la face palmaire du premier métacarpien pour remonter entre le pouce et l'indicateur sur la face dorsale du même os, en croisant la première circonvolution. On fait autour du poignet un nouveau circulaire semblable aux deux premiers, et l'on continue de la même manière jusqu'à l'entier épuisement de la bande, que 1 on fixe au poignet avec une épingle ou que l'on noue au bout de bande qu'on a préalablement laissé pendre sur le bord cubital de la main. Ce bandage sert à maintenir les pièces d'appareil sur le pouce ; il est encore utile dans la luxation en arrière du premier métacarpien sur le trapèze. (Jamain, Manuel de petite chirurgie.)
SP1CANARD s. m. (spi-ka-nar — du lat.
spica, épi, et de nard). Bot. Syn. de nard indien. Il Spicanard faux, Nom vulgaire de l'ail victorial,
SPICCATO adj. (spik-ka-to — mot italien). Mus. Indique qu'un passage doit être exécuté en détachant les notes les unes des autres.
SPICHEL (cap), promontoire de la côte occidentale de Portugal. V. Espichel.
SPICIFÈRE s. m. (spi-si-fè-re — du lat. spica, epi; fera, je porte). Ornith. Syn. de houppifeRk, genre d'oiseaux : Le Spicifère a une aigrette en forme d'épi. (V. de Bomaie.) Il Nom vulgaire d'une espèce de paon du Japon.
SP1C1FL.ORE adj. (spi-si-flo-re — du lat; spica, èpi; flos, fleur). Bot. Qui a les fleurs disposées en épi.
SPICIFORME adj. (spi-si-for-me — dii lat. spica, épi, et lie forme). Qui a la forme d'viii épi : Une grappe shcifoiîme. Une panicul'é
SPICII'ORME.
SPIC
SPICIGÈRE adj. (spi-si-jè-re — du lat.
spica, épi; yero, je porte). Bot. Syn. de spi- CIFLORU.
SPICILÉGE s. m. (spi-si-lé-je — lat. spteilegium ; de spica, épi, et de lego, je choisis). Bibliogr. Recueil d'actes, de pièces, de traités, il Recueil, choix de morceaux, de pensées, d'observations,
Spieilége (le), de dom Luc d'Achéry (Spicileyium sive collectio veterum aliquol scriplorum qui in Gallis bibliothecis delituerant. 1655, 13 vol. in-4°), vaste ouvrage d'érudition digne des bénédictins qui l'ont entrepris, souvent cité par les écrivains ecclésiastiques, les historiens et les archéologues. Dom Luc
! d'Achéry, son auteur principal, bénédictin de de la congrégation de Saint-Maur, l'entreprit
] avec la collaboration d'un grand nombre de ses collègues. En 1723, Baluze et Martène en ont fait une édition en 3 vol. in-fol., où les matières sont mieux rangées et les textes revus sur les manuscrits originaux. Cette édition est celle que l'on cite le plus ordinairement.
Ce vaste recueil renferme les documents les plus rares et les plus précieux sur l'histoire ecclésiastique des premiers siècles et sur nos antiquités nationales. Le premier volume contient les traités dogmatiques et polémiques, les sermons moraux, les statuts ecclésiastiques et constitutions de monastères. Ce sont, pour ne citer que les principaux, les dialogues anonymes connus sous le nom df> Dialogues de Zachée et d' Apollonius (Consultatianum Zachm christiani et Apollonii philosophi libri très), écrits vers le ve siècle et qui traitent de différents points dogmatiques . les livres de Ratramne, moine de Corbie, et ceux d*.<i£néas, évêque de Paris, contre les Grées; tes dialogues d'Anselme , évèqun d'Havelberg (Saxe) ; le traité de l'évêque d'Orléans, Jonas, sur les Institutions laïques livre que d'Achéry appelle le « livre d or, y le livre que tous doivent feuilleter, non pas seulement les laïques, mais ceux surtout qui ont charge d'âmes et qui dirigent le troupeau des fidèles; ie Livre du rang des créatures (De ordine creaturarum), d'Isidore de Séville; toute une série de traités sur la discipline monacale; le Traclatus asceiieus de saint Anselme; De disciplina claustrali, de Pierre, abbé de Saint-Rtmy, et la Collectio antiqua cmionum pœnitentiatium , vieux recueil de canons établissant l'état de la discipline ecclésiastique vers le ixe siècle. Le volumineux recueil de pièces originales concernant le concile de Pise de 1409, qui termine ce volume, ainsi que les actes des conciles de Latran, de Sens et les Vieilles coutumes de l'abbaye de Cluny, servent de transition aux matières traitées dans le volume suivant, qui renferme les vies des saints et des évoques, les chroniques des monastères. L'histoire, vue dans les plus anciens documents originaux que l'on possède, fait son apparition avec cette longue suite de diplômes, de cartulaires, de lettres, de récits miraculeux par lesquels les moines voulaient conserver la mémoire d'anciennes donations ou illustrer leurs abbayes et qui, livrés aux regards pénétrants des érudits, ont servi à reconstituer la véritable 'physionomie du moyen âge.
. Moins vaste sous ce. rapport que la collection des Bollandistes et celle de Mabiilon, le Spieilége de d'Achéry contient des documents plus rares, plus introuvables. Les principaux sont : la Chronique de Saint- Bénigne, de Dijon; les Gestes des abbés de Pontenelle; la fondation du monastère de Mici , près d'Orléans; les Gestes des abbés de Gemblours et de Saint-Tron; l'Histoire de Trèues ; les Vies de sainte Romaine de Beau vais, de saint Médard, de Guillaume, évêque d Angers, etc. Le troisième volume est plus historique encore; il renferme cetto curieuse Chronique de Guillaume de Nangis qui, aveu ses continuations, va de l'an 1013 à 1363, et, sous sa forme brève, incolore, donne de si précieux détails sur la plus ténébreuse période du moyen âge; la clironique latine de Nicolas Trivet sur l'Angleterre, déjà connue par les extraits d'Adrien de Valois, mais éditée dans le Spieilége de d'Achéry pour la première fois ; l'Histoire chronologique des comtes d A njou, par un moine de Saiiit-BenoL, et enfin, sous le titre de Miscellunea diplomatum , epislolarum, etc., un copieux recueil de lettres et de diplômes de toutes sortes, lettres de rois de France, d'abbés, de grands seigneurs féodaux, concessions de privilèges, donations et confirmations de territoires, ventes, testaments, qui sont le complément naturel des grands morceaux historiques insérés dans l'ouvrage, et qui les éclairent en les confirmant. La critique la plus éclairée, la plus vaste érudition ont présidé à l'élaboration de ce grand recueil, un des plus intéressants et des plus utiles dont puissent s'enorgueillir les bénédictins.
SPICILLAIRE s. m, (spi-si-lè-re — du lat. spicilla, dimin. de spica, épi). Bot, Genre de plantes, de lu famille des rubiacée>, tribu des gardéniées, qui parait devoir être réuni au genre pétuuga,
SPICIPORÉ s. m. (spi-si-po-fe — du lat. spica, epi, et de pore). Zooph. Genre de polypiers, formé aux dépens des gemmi pores : Les spiciporks comprennent des espèces vivantes, arborescentes et cellulifères. (E. Baudement.)
SPIE
SPICULAIRE adj, (vpi-bu-lè-re — du lat.
spiculitm, javelot). Miner. Qui a la forme d'un javelot.
SPICULATEOR s. m. (spi-ku-la-tenr — Int. spicblator; àa spiculum, javelot), lli-t. rom. Soldat de la garde des empereurs, qui était armé d'une espèce de javelot.
SPICULE s. m. (spi-ku-le — du lat. spiculus, petit épi). Spong. Nom donné aux cristaux siliceux allongés qui se trouvent dans le tissu des spongiaires : Les pointes des spicules se font surtout ressentir à la surface. (Bory de Saint-Vincent.)
— Bot. Syn. d'ÉPii,LKT.
SPICULE, ÉE adj. (spi-ku-lé — du lat. spicula, petii'épi). Bot. Qui est composé de plusieurs épiltets.
— s. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des aréthusées, dont l'espèce type croît dans le sud-ouest de l'Australie.
SPICULIFÈRE adj. (spi-ku-li-fè-re — du lat. spicula, petit épi; fero, je porte). Bot. Dont les fleurs sont disposées en épillets.
SP1EGEL (Henri), poëte hollandais, né à Amsterdam en 1549, mort àAlkmaeren 1612. Il exerça la profession de commerçant, dans laquelle il gagna une fortune considérable. Pendant ses loisirs, il s'adonna à ses goûts littéraires, se lia avec les lettrés les plus distingués de .-.a ville natale et lit partie d'une réunion littéraire appelée la Chambre de rhétorique, laquelle fut transformée plus tard en académie nationale. Spiegel a laissé des écrits qui lui ont valu le surnom d'Ennui* hollandais, et dont le style vigoureux et imagé manque fréquemment de clarté et d'élégance. Ses principaux écrits sont : Entretiens sur ta grammaire hollandaise (Leyde, 1584, iu-12); le Miroir du cœur, poëme {Amsterdam, 1614, in-12).
SPIEGEL (Frédéric), orientaliste allemand, né à Kitzingen, près de Wnrzbourg, en IS20. De 1838 à 1842, il éluda les langues orientales aux universités d'Erlungen, de Leipzig et de Bonn, passa ensuite a l'étranger cinq années, pendant lesquelles il explora notamment les bibliothèques de Copenhague, de Londres et d'Oxford, et obtint en 1849 une chaire de langues orientales à l'université d'Erlangen. Ses travaux et ses études ont eu particulièrement pour objet les langues et les littératures indienne et iranienne, ainsi que les livres religieux du bouddhisme et de 1 ancienne langue persane. C'est lui qui a ouvert en Allemagne la voie à l'étude de la littérature pâli par ses éditions du Kammavâkyu {Bonn, 1841) et des Anecdoia palica (Leipzig, 1845). Il a également donné, dans sa Çhrestomathia persica (Leipzig, 1846), un excellent auxiliaire pour i'étude du persan moderne. Son principal ouvrage est cependant l'édition des Auesta ou Livres sacrés des Parsis, dont les deux premiers volumes (Leipzig, 1853-1858) renferment le Vendidad, ÏYacna et le Vispered, tandis que la traduction allemande en a été publiée à part (Leipzig, 1852-1863, 3 vol.). Ou a de lui les ouvrages suivants : De quelques passages intercalés dans le Vendidad (Leipzig, 1850); \eXJXe Faryard du Vendidad (Leipzig, 1850-1854, 3 parties); (ïrammaire de la, tangue parsi (Leip-, zig, 1X51), dans laquelle il a, pour la première fois, étudié la langue connue sous le nom de pazend et donne des passages empruntés aux ouvrages qui existent sur cette langue; De l'interprétation du Vendidad (Leipzig, 1853) ; Introduction aux écrits traditionnels des Parsis: tome 1er, Grammaire de la langue hu*.uresch (Leipzig, 1856); tome II, la Littérature Iraditionmlle des Parsis étudiée dans ses rapports avec les littératures voisines (Leipzig, 1860); les Inscriptions cunéiformes en ancien persan (Le.pzjg, 1862), recueil complet, avec traduction et explication, de toutes les inscriptions cunéiformes connues en langue persane ancienne; Grammaire de l'ancienne langue bactrieime (Leipzig, 1867), etc. Il a eu outre fourni à d'autres recueils scientifiques des dissertation* sur la géographie et l'ethnographie de la Perse ancienne et moderne et un yrand nombre d'études, dont il a réuni une partie sous ce titre : l'Iran, le pays situé entre l' Indus et le Tigre (Berlin, 1863).
SP1EGHEL (Adrien Van den), en latin Splgeiiua, chirurgien et anatomisie belge, né à Bruxelles en 1578, mort a Padoue en 1625. Il lit ses études médicales à Malines, puis à Padoue, sous la direction de Fabrizio d'Aquapendente. Après avoir obtenu son diplôme de docteur, il voyagea en Belgique, en Allemagne et en Moravie et, après la mort de Cassiero, fui appelé à remplacer ce savant dans la principale chaire d'auatomie et de chirurgie de l'université de Pavie. L'ardeur excessive qu'il mit dans ses travaux ruina 8a santé. Il mourut sans avoir pu mettre la dernière main a son truite d'auatomie, le principal ouvrage que nous ayons de lui. Cet ouvrage posthume est néanmoins remarquable, et iu mvohigie y est supérieures ce qui avait été fait jusqu'alors. Il a pour titre: Catastrophe ^jiatomix [itihlitx in lycxo Palavmo féliciter ubsotutse (Padoue, 1624, iii-4"). Les autres écrits de Spie^hel sont : Lie lumbrico lato liber, cum notis et ejusdem lumbrici icône (Padoue, 1C18, in-4"); lie kumani cor /joris faoriea liàri (Venise, 2625, in-fol.); De formata fatu liber (Padoue, 1626, in-fol.). Toutes les
SPIE
oeuvres de Spieghei ont été publiées en on vol. in-fo'io par Van der Linden, sous ce titre : Opéra quai exstant omnia.
SP1EKER (Chrétien-Guillaume), théologien protestant allemand, né a Brandebourg en 17S0, mort en 1858. Ses études faites à 1 université, d'iéna, il devint en 1804 professeur au Pœdiigoginin de cette ville et, l'année suivante, aumônier d'un régiment d'infanterie. Ayant perdu cet emploi à la suite de la bataille d'iéna, il se livra à l'enseignement privé jusqu'en 1S09 et fut appelé vers cette époque à la chaire de théologie à Francfortsur-1'Oder. En 1813 et 1814, il suivit sur les champs de bataille, en qualité d'aumônier, ta landwehr brandebourgeoise et, quatre ans plus tard, fut nommé surintendant et premier pasteur de Francfort-sur-1'Oder. On a de lui les ouvrages suivants : les Enfants heureux (Leipzig, 1808, 4 vol.); le Père Helluiig au milieu de ses enfants (Nuremberg, 1808-1810, 2 vol.); Histoire de Luther et des améliorations ecclésiastiques introduites par lui en Allemagne (Berlin, ISIS); Tableaux empruntés à la oie du surintendant général Èreccius (Francfort, 1845); Histoire de la Réformation en Allemagne jusqu'à la paix religieuse d'Augsboury(Leipzig, 1847, tome Ier); Histoire de ta ville de Francfort (Berlin, 1853); Histoire de la paix religieuse d'Augsbourg en 1555 (Schleiz, 1854); Histoire de la vie d'André Musculus (Francfort, 1858). 11 avait en outre publié trois volumineux recueils de sermons et un grand nombre de livres ascétiques, dont plusieurs en sont aujourd'hui à leur 7« ou 10« édition.
SP1EL (Georges-Henri), littérateur allemand, né â Nordheim en 1786, mort à Hanovre en 1822. 11 publia, à partir de l'année 1819 jusqu'à sa mort, un recueil périodique intitulé ; Vaterlandische Archive (les Archives de la patrie). Il était un des collaborateurs de l' Encyclopédie allemande d'Lrsch et Gruber.
Sptelberg , château fort de l'Autriche, situé près de la ville de Brunn, capitale de la Moravie, transformé en prison d'Etat et célèbre surtout par la détention qu'y subirent Silvio Pellico, Oroboni et Maroncelli,
La forteresse s'élève sur un mamelon de 259 mètres de hauteur. Elle a longtemps passé pour imprenable, mais elle tomba au pouvoir des Français après la victoire d'Austerlitz.
Le Spielberg est une prison d'Etat où. 1 on renferme ordinairement les condamnés de l'archiduché d'Autriche, de la Moravie et de la Bohème dont la peine excède dix années. Les Mémoires de Silvio Pellico ont fait à ses sombres cachots une renommée européenne. Cependant ce n'est pas dans les Mie prigioni qu'il faut chercher des détails sur le Spielberg; Silvio Pellico est sobre de descriptions; les objets extérieurs n'occupaient guère cette intelligence d'élite tournée vers l'idéal. D'un autre côté, personne, sauf de rares exceptions, n'est admis à pénétrer dans la célèbre prison d'Etat, hormis les employés et les gardiens, qui ne peuvent rien divulguer. Cependant un Français, M. Remacle, inspecteur des prisons de Fiance, a dû à sa situation exceptionnelle l'autorisation de visiter ce terrible lieu de souffrances et il en a publié une description dans les Mémoires de l'Académie du Gard (Nîmes, 1838-1839, in-8°); nous en donnons le résumé.
La route que l'on suit d'habitude pour monter àla prison estdu côté de la ville de Bru. on. A cent cinquante pas de la première porte se trouve un corps de garde qui fournit les sentinelles de la montagne; puis vient une enceinte de palissades et un second corps de garde. Par une montée assez roide, on parvient à un escalier muni d'une porte k ses deux extrémités ; quand on a gravi la dernière marche, on a en face de soi la prison, à droite et h gauche un chemin de ronde, un poste et le logement du directeur.
La prison contient des individus des deux sexes. Lorsque M. Remacle la visita, la population était de trois cent soixante-quinze individus, répartis en six quartiers, dont chacun se compose de dix cachots de grandeur inégale. Il y a en outre des bâtiments destines aux inlirmeries, aux magasins, aux ateliers. Le voyageur mesura un des plus petits cachots, pareils à celui où logea Silvio Pellico avant qu'où lui eût fuit la grâce de le réunira Maroncelli; il avait 4m ,50 de largeur, sur ô"!, 50 ue profondeur. Voici quel en était l'ameublement : un lit de camp, avec une couverture ue laine, un paillasson, quelques planches au pied du lit pour poser les effets, une cruche et une cuvette de bois. La fenêtre, élevé" de 6 pieds au-dessus du sol, était garnie de forts barreaux de fer. Depuis que Ion a pris le parti de chauffer les cachots pendant une moitié de l'année, les cellules ont reçu chacune un poêle. C'est a Silvio Pellico, c'est à la profonde sympathie que le récit de ses souffrances a excitée dans toute l'Europe que les prisonniers actuels du Spielberg doivent l'amélioration de leur sort. On &ait combien était m. Mme la portion de nourriture accordée journellement à chaque détenu lors de la captivité de l'auteur de Mie prigioni. Pendant la première année, Pellico souffrit tous les tourments de la faim. Le pauvre Oroboni, d'une nature frêle et délicate, y succomba. Si du inoins les aliments, mesurés avec tant de parcimonie, eussent été mangeables I Mais leur odeur seule excitait le dé-
SPIE
goût. Il y avait, entre autres, une préparation que les Allemands appellent brenii-suppe, consistant en une friture de farine et de lard. « C'était nauséabond, dit Maroncelli, compagnon de Silvio Pellico. -Au Spielberg, on en faisait tous les six mois une grande marmite, où l'on venait puiser chaque matin la quantité nécessaire. Ce pitoyable ragoût était ensuite délayé dans de l'eau bouillante. » Maroncelli nous apprend que son ami ne pouvait avaler ce liquide écœurant; il mettait de côté les tranches de pain de seigle qui surnageaient et les gardait pour son dîner, après les avoir fait sécher au soleil. Depuis Pellico et Maroncelli, le régime alimentaire de la prison du Spielberg s'est, dit-on, amé.ioré. Les détenus reçoivent maintenant de la viande le dimanche et des légumes dans la semaine ; leur ration de pain a été augmentée d'une demi-livre par jour. Mais, hélas! pourquoi les autres prisons de la monarchie autrichienne n'ont-elles pas eu aussi leur Silvio Pellico? Ces mesures d'humanité ont été restreintes exclusivement au Spielberg. « Dans la plupart des grandes prisons d'Autriche, j'ai vu, dit M. Remacle, les prisonniers périr de consomption, faute d'une nourriture suffisante. »
C'est également grâce à Silvio Pellico que la peine du carcere durissimo a été abolie. Il y avait en son temps au Spielberg deux catégories de prisonniers : les uns condamnés au carcere durissimo, les autres simplement au carcere duro. Les détenus de la première catégorie étaient, chaque soir, après le travail, ramenés dans les horribles cachots qui se trouvent au rez-de-chaussée. Là, on les attachait, par un anneau de la ceinture qu'ils portaient autour du corps et qui était maintenue sous les aisselles, à une chaîne de fer qui pendait à une barre de même métal scellée dans le mur. Ils portaient des chaînes aux pieds; leurs rnujns étaient tenues à distance l'une de l'autre par une barre de fer. S'ils se plaignaient, s'ils poussaient des cris, le geôlier leur introduisait dans la bouche une poire d'angoisse remplie de poivre qui s'infiltrait dans leur gosier par les petits trous dont elle était percée. A l'époque où M. Remacle visita le Spielberg, il existait encore deux prisonniers qui avaient subi ce genre de supplice, l'un pendant vingt ans, l'autre pendant dix-huit ; l'un d'eux était complètement paralysé.
Les condamnés au carcere duro peuvent aussi être attachés à l'affreuse chaîne de fer, mais seulement dans des cas exceptionnels, o 'est-a-dire lorsqu'ils se conduisent mal. C'est ce que le maître geôlier fit entendre à Silvio Pellico quand celui-ci, le premier jour de sa captivité au Spielberg, demanda quel était l'usage de cette chaîne fixée à la muraille : « C'est pour vous, monsieur, répondit Schiller, si vous faites le récalcitrant ; si vous êtes raisonnable, on se contentera de vous passer une chaîne aux pieds. » Les condamnés au Carcere duro sont aussi astreints h un travail manuel forcé, tel que fendre du bois, faire de la charpie, tricoter des bas, etc.
■ Le carcere durissimo, dit M. Remacle, n'est rien lui-même auprès des cachots portant le nom de François 1er, qui s'étendent au fond d'un noir souterrain, au-dessous de la chambre occupée par Maroncelli. Une triple porte en défend l'entrée, et pourtant on cite les noms de prisonniers qui se sont échap- ■pés de cette caverne, malgré la surveillance active que l'on exerce nuit et jour dans la forteresse. La nuit surtout, ce ne sont que patrouilles, rondes, allées et venues de sentinelles, visites du directeur et des gardiens. Au-dessous de ces antres, on en voit d'autres encore plus épouvantables et plus hideux. Figurez-vous une loge en bois, formée de grosses poutres liées par des barres de fer, avec un petit trou pour passer les aliments que les gardiens, munis de lanternes, venaient apporter trois fois par semaine, et uno ouvert ire plus large pour introduire le prisonnier, qui n'avait pas même la liberté de se mouvoir dans sa cage. Ces loges étaient au nombre de trente-quatre. Au bout de quelques mois, le caveau avait dévoré sa victime. • On faisait encore usage de ces horribles cachots au Spielberg il n'y a pas plus d'un demi-siècle.
SPIELBERG, village et château de Bavière, dans le cercle de Franconie-Moyeniie, a 5kilom. N.-O. d'Heidenheiin. Une branche de la famille d'CEttingen en a tiré son nom.
SPIELBERG (Jean). V. Spilbero.
SPIELBËRGER ou SPILENBEKGER (Hans), peintre et graveur du xvue siècle, mort en 1679. Né en Hongrie, il exerça ses talents d'abord à Augs bourg, puis à la cour de Vienne. Il quitta cette ville pour échapper à la peste de 1679 ; mais il fut atteint du mal en Bavière et en mourut. On cite parmi ses tableaux les suivants: Saint Béaèdict mourant, dans l'église Saint- Bernard, à Katisboime ; l'Ascension delà Vierge, dans l'église Saint-Eiienue, à Vienne; parmi ses gravures à l'eau-forte : Vertumne et Pomone, Lucrèce, etc.
SPIELUACEN (Fréiéric), célèbre romancier allemand, né à Magdebourg eu 1829. Il étudia 1a philosophie et la philologie aux universités de Berlin, de Bonn et de (ireifswald, puis se décida à tenter la littérature. C'est aujourd'hui l'un des plus féconds et des plus goûtés parmi les romanciers allemands. L ouvrage qui a établi sa réputation est intitulé ;
SPIE
les Natures problématiques (Berlin, 1860', 4 vol.; 1SC7, 3° édil.t; la .suit ■ en a été publiée sous ce titre: Par la nuit à lu lumière (Berlin, 1861, 4 vol. : 1867, 30 édii.). On a encore de lui: Clara vere (1857); Sur la dune (1858); A la douzième heure (1862); les De Bolienstein (1863); la Petite Dose de la'rour (1864); En gros et en détail (1866, 5 vol.); Sous les Sapins (1867). A l'exoption de ce dernier rormtn et de ses Mélanges (I8S6), tous ses ouvrages ont été réunis dans ses Œuvres complètes (Berlin, 1866 et suiv., t. 1er à XXI). Il a, en outre, traduit, entre autr es ouvrages : les Esquisses de voyage d'un Hawadji de Curtis (1857), les Traits du caractère atglais (1858) et, les Poéiies américaines (1859) d'Emerson , le Laurent de Médicis de Roscoe (1859), enfin ['Amour (1858), la Femme {1860) et la Mer (1861), de Mu-helet.
SPIELMÀNN (le baron du), diplomate autrichien de lu fin du xviue siècle. Il était élève et confrèrp de Thugut, et, après avoir été auprès de différentes cours secrétaire et conseiller d'ambassade, il fut nommé ministro de cour et d'Etat avec le titre de référendaire privé. 11 «ccompagna, en 1791, l'empereur Léopold aux conférences de Pilnitz, contribua il faire ajourner les hostilités contre la France et rédigea la declaraiion que .signèrent les deux souverains à la suite des conférences. Lu guerre ayant éclaté, il fit écarter les princes français de la direction des opérations militaires, et cela d'api es les conseils du baron de Bretenil, envoyé secret de Louis XVI, qui, à. ce qu'il parait, se défiait de ses frères. D'après un mémoire du prince de Nassau -Liegen, alors envoyé de l'impératrice de Russie, Catherine II, auprès des années coalisées, le baron Spiehnaun, Thugut et Merci d'Argentenu furent les trois commissaires chargés par l'Autriche do procéder au partage des provinces qui devaient échoir à l'Autriche dans le démembrement de la France. Ils vinrent en Lorraine jusqu'à Verdun et, après la retraite de l'année d'invasion du duc de Brunswick, s'aperçurent qu'ils s'étaient trop hâtés de vendre la peau de l'ours. Spielmann tomba bientôt du pouvoir et fut nommé directeur général des affaires étrangères. Sous le coup d'une nouvelle ilisgràce, il demanda et obtint sa retraite, refusant d'accepter la place d'adjoint au ministre d'Autriche, a Ratisbonne, qui lui était offerte et qui, suivant lui, n'était pas une compensation suffisante de la haute fonction qu'il perdait,
SPIELMANN (Jacques-Reinhold), chimiste français, né à Strasbourg en 1722, mort dans cette ville en 1783. 11 fit ses études médicales dans sa ville natale, puis entreprit en Allemagne un voyage et s'arrêta à. Berlin pour suivre les cours des médecins et des naturalistes qui y brillaient alors. En 1742, il alla à Fribourg, où il s'appliqua à l'étude de la métallurgie , passa ensuite quelques mois à Pari.i, et, de retour dans sa ville natale, il se fit agrégerait collège des apothicaires. Reçu docteur en médecine en 1748, il fut nommé l'année suivante professeur extraordinaire de médecine et, trois ans après, processeur ordinaire de chimie, de botanique et de matière médicale. C'était un remarquable savant, dont le principal ouvrage a pour litre ; Institutions chemite, prœlee.tionibus academicis accommodais (Strasbourg, 1763, in-8°). Nous citerons encore: Insiitutiones materix medtCtB, prslectionibus academicis accontmodais (Strasbourg, 1774, in-8»); Pharmacopea generatis (1783, in-4°) ; Delectus dissertationum medicarum (Nuremberg, 1777-1781, 4 vol. in-so).
SPIELMANNIE s. f. ( spi-èl-ma-n! — do Spielmann, boran. allem.). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des verbônacées, tribu des verbénées, formé aux dépens des lantanes, et comprenant deux espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SPIERA ou SPERA (François), jurisconsulte du xvie siècle, né à Cutadella. Il enseigna la jurisprudence à Padoue, passa du catholicisme au protestantisme et abjura ensuite solennellement celte dernière religion pour retourner au catholicisme. Les remords que lui causa cette seconde conversion le rendirent malade et le conduisirent au tombeau. Il a paru une relation de sa vie et de sa mort par Vergerio. La traduction de cette version par F. Negro et les lettres en forme de notices de Matthieu Gribaldi, Sigismond Geleuius et Henri Scrimger, dit Seolus, sur Spiera ont été réunies et publiées sous co titje : Francisci Spierse qui, quod suscepts semel Evangelics veritalis profesiionem ubnegasset damnassetque, in horrendain incidil desperationem, liisturia,a quatuor summis vivis, summa fide conscripta (Bàle, 1750, in-8<>). Il existe aussi une tragédie sur Spiera, inutulée : François Spera oi; le Dësexpoir, tragédie eu cinq acte.-,, fia vers, par J.-D.-C. G. Elle est très- rare.
SPIEHl.MGS (Henri), peintre flamand, né i, Anvers en 1633, mort en 1691, suivant d'autrei- en 1715. Il pril des leçons de Paul Bril, fit un voyage en Italie, où il étudia avec boni les chefs-d'œuvre de Salvator Rosa, qui étaient ses modèles favoris, et se rendit ensuite à Paris, où il peignit un certain nombre de paysages pour Louis XIV. Il revint ensuite en Italie et résida pendant plusieurs années
SPIE
à Bologne, puis il retourna en Angleterre. On croit qu'il mourut à- Londres.
SPIERRE (François), graveur, dessinateur et peintre français, né à Nancy en 1643, mort à Marseille en 1681. Il étudia la gravure en France, sous le célèbre Poily, et lu peinture ù Rome, sous Pierre de Cortone. Les principales compositions de Spierresont: la Vierge avec l'Enfant Jésus, a'après le Corrége ; le portrait du comte Laurent de Marciano; Mars et Minerve, d'après Ferri. On a encore de Spieire un grand nombre d'autres gravures d après ses propres compositions et d'après le Corrége, Pierre de Cortone, Bernini, etc. Ses dessins et ses tableaux sont moins connus.
SP1ERS (Albert van), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1666, mort en 1718. Il étudia son art sous Van Ingen, suivant, d'autres sous Lairesse, et se rendit en Italie, où il lit des copies des tableaux de Raphaël, de Jules Romain, du Dominiquin et de Paul Véronèse, et un certain nombre de dessins. En 1697, il revint en Hollande et y fut chargé de peindre plusieurs grands plafonds et des tableaux d'histoire.
SPIERS (Alexander), grammairien anglais, né à Gosport(Hampshire)en 1808, mort à Paris en 1869. Il étudia successivement eu Angleterre, en Allemagne, à Paris et, sur les conseils d'Andrieux, se fixa dans cette dernière ville où il devint professeur d'anglais a l'Ecole du commerce, a l'Ecole des ponts et chaussées et au lycée Bonaparte. Ses principaux ouvrages, très-souvent réédités, sont : Etude rationnée de la tangue anglaise (1832, in-V2); Grammaire rationnée de ta langue anglaise (1834, in-12); Etude de la poésie anglaise (1835, in-12); Dictionnaire général français-anglais (1840, 2 vol. in-80), publié également en anglais et dont il a donné en outre un abrégé -, Traité de versification anglaise (1852, in-12, 2<= édit.); Manuel des termes du commerce ang lais- français ei françaisanglais (1S46, in-12); Etude des prosateurs anglais (1852-1853, 2 vol. in-12); VEpistolaire anglais (18 d, iu-12); Versions anglaises à l'usage des enfants (185S, in-12, 2" édit.); Choix de lettres françaises (1861, in-12); Abrégé de grammaire anglaise ou l'élit cours de thèmes (1863, in-12), etc.
SPIÉS1E s. f. (spi-é-zï — de Spies, botan, allem.). Bot. Syn. u'ox"ïtropis et de phaca, genres de légumineuses.
SPIESS (Philippe-Ernest), littérateur allemand, né à Ëtienstudt, dans l'ancienne principauté d'Anspauh, en 1734, mort à Kulmbaeh en 1709, suivant d'autres le 5 mats 1794. 11 commença par être lieutenant dans l'armée de la principauté et devint ensuite directeur des archives de Plassenburg, près de Kulmbach. Il était membre de plusieurs sociétés savantes. Ses principaux ouvrages sont : Arc/ituanscfte Nebenarbeiten (Halle, 1783-1785, 2 vol.); Buila aurea Rudolfi J, Jtom. régis, qit& Plassenburgi asservatur, etc. [Buireuth, 1774, in-4«); Des archives (Halle, 1777, in-8°), en allemand ; Histoire diplomatique de la ligue impériale de 1535 d 1544 (Erlangen, 178S, in-4").
SPIESS (Chrétien-Henri), romancier allemand, né à Kreiberg, en Saxe, en 1755, mort nu château deBezdiekan.en Bohême, en 1799. 11 fut l'un des derniers représentants de l'école du roman de chevalerie en Allemagne. Il avait débuté par des drames qui n'obtinrent qu'un médiocre succès, à l'exception de celui qui a pour titre Clara de lloheneichen (1790). A dater de cette époque, il s'adonna tout entier au roman et ht preuve dans ce nouveau genre d'une telle fécondité, qu'il fournissait plusieurs volumes à chaque grande foire de Leipzig. L'intérêt se soutient bien dans ses ouvrages, qui trouvèrent de nombreux lecteurs ; mais on y chercherait en vain la profondeur et l'élévation des pensées, bien qu'on ne puisse refuser à l'auteur un grand talent d'invention et une imagination vraiment créatrice, ainsi que l'attestent Ses romans intitulés : les Marchands de souricières; la Vieillesse partout et nulle part; les Douze vierges dormantes; le Petit homme Pierre; le Chevalier du Lion, etc.; mais son talent est tout à fait inculte , le plan manque complètement d'ordre, et l'on reconnaît bien vite que le romancier n'a d'autre goût que celui de l'accumulation des faits et que sa fécondité dégénère en une sorte de facilité mécanique, qu'il n'est, en un -mot, qu'une machine à romans. Spiess trouve cependant de nos jours encore un grand nombre d'amateurs dans les cabinets de lecture, et quelques-uns de ses ouvrages se rééditent annuellement en Allemagne.
SPIESS (Auguste), graveur, né en Franconie eil 1806, mort à Munich en 1855. Il étudia a Munich sous Amsler, peignit au pastel et exécuta, d'après des tableaux historiques ou religieux, des gravures qui se font surtout remarquer par la fidélité avec laquelle l'artiste y imite les originaux. Les principales gravures de Spiess sont : la Transfiguration et la Sainte Famille, d'après Raphaël, gravures laites à, la manière d'Edelinek, et la Cène, d'après Léonard de Viuci, gravure faite à la manière de Mayer.
SPIEZ, petite villa de Suisse, canton de Berne, sur une langue de terre formée par la rive méridionale du lac de ïhuu, à 10 ki-
SPIG
lom. S.-E. de la ville de Thun; 2,115 hab. C'était autrefois une place forte, dont on voit encore quelques débris de tours et de vieilles murailles. L'église paroissiale renferme tes armoiries et les tombeaux de quelques membres de la famille d'Eriach, qui a possédé pendant longtemps le château de Spicz.
SPIFAME (Jean-Paul), pasteur protestant, né à Paris en 1502, mis à mort à Genève en 1566. Tour à tour conseiller au parlement, président aux enquêtes et conseiller d'Etat, avant d'entrer dans les ordres, il se distingua si bien dans cette nouvelle carrière, qu'il tut élevé au siège épiscopal de Nevers en 1546. 11 entretenait depuis dix ans un commerce illégitime avec une femme, dont il avait eu deux enfants, lorsque, désireux de légitimer ses enfants, il quitta son diocèse et se retira, en 1559, a Genève, où il professa ouvertement la religion réformée. Le conseil de la ville lui tlccorda les droits de bourgeosie; Calvin et de Bèze l'admirent au ministère évangélique. Revêtu de ces nouvelles fonctions, Spifame rentra en France et devint pasteur de l'église d'Issoudun. Lorsque la guerre civile éclata, Condé l'appela à Orléans et le chargea d'une mission auprès de la diète de Francfort. S'étant acquitté avec succès de sa mission, il fut, à son retour, nominé surintendant des affaires de Lyon, ville dont les protestants étaient les maîtres, et où Spifame put braver le parlement qui l'avait condamné, avec d'autres réformés, à être pendu en place de Grève. 11 était retourné à Genève après la conclusion de la paix, lorsque la reine de Navarre le manda à sa cour. Spifame partit pour Pau, où il passa plusieurs mois. Jeanne d'Albret le chargea de conduire à Genève le jeune Henri de Savoie, son parent; mais, à son retour, il tomba rapidement en disgrâce. Il se plaignait tout haut de Jeanne d'Albret, qui n'avait pas, disait-il, rempli envers lui ses engagements; il alla même, dans sa colère croissante, jusqu'à dire que le prince de Béarn n'était pas le fils d'Antoine de Bourbon, mais celui du ministre Merlin. Jeanne d'Albret, justement offensée de cet outrage, renvoya immédiatement le calomniateur, qui retourna à- Genève en 1565. Là, un procès en diffamation lui fut intenté par Claude Servin, contrôleur de la maison de la reine de Navarre, et on l'accusa, en outre, d'avoir présenté de faux certificats aux ministres genevois quand il s'était fait recevoir au ministère. Malgré l'intervention des Bernois en sa faveur, malgré les sollicitations de Coligny, il fut condamné a mort et périt victime de la vengeance de Jeanne d'Albret et de la servile complaisance des magistrats de Genève. On a de lui: deux Harangues, une Lettre adressée de Home à la reine mère du roi, contenant utile admonition, et un Discours.
SPIFAME (Raoul), seigneur des Ghanges, frère du précédent, mort à Melun en 1563. Il vint faire ses études à Paris et devint avocat au parlement. Spifame ressemblait tellement à Henri II, que ses confrères du barreau avaient pris l'habitude de l'appeler Sire et Votre Mnjesié. A force d'entendre cette appellation, Spifame pritau sérieux cette royauté imaginaire et se permit d'adresserau premier président une remontrance qui lui valut une destitution. Sa monotnanie de grandeur devint telle, que sa famille demanda et obtint son interdiction. On l'enferma à Bieêtre, d'où il parvint a s'échapper. Prenant en pitié cette inoffensive folie, Henri II l'envoya dans un de ses châteaux, où il le fit garder par des serviteurs, qui reçurent l'ordre de le traiter en véritable monarque et de lui donner les noms de Sire et de Majesté. 11 put ainsi régenter et décréter en toute sûreté. Le recueil des arrêts de ce roi postiche, contenant environ 300 pièces, a été imprimé sous le titre de : Dicxarchiin Henriei régis Christianissimi progymnasmata (1556, in-8»), et plusieurs critiques l'ont attribué au véritable Henri II. Plusieurs des idées de ce fou, fort sages et fort pratiques, ont été appliquées par la suite. Tels sont ses règlements relatifs à la voirie, à la sûreté et à la salubrité de Paris. Une partie du livre que nous venons de citer a été réimprimée sous ce titre : Vue d'un politique du xvi« siècle (Paris, 1775, in-8°).
SPIGÉLIA s. m. (spi-jé-li-a). Bot. Autre forme du mot spigélir : Quelquefois il est utile de joindre à la décoction du spigélia un léger purgatif. (V. de Bomare.) Le spigélia possède des propriétés amères et vermifuges. (Vilmorin.)
SPIGÉLIACÉ, ÉE adj. (spi-jé-lia-sé — rad. spigélie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte a la spigélie.
—"s. 1. pi. Famille de plantes dicotylédones ou tribu de la famille des loganiacées, ayant pour type la genre spigélie.
— Encycl. La famille des spigéliacées comprend des herbes et des arbrisseaux, k feuilles simples, opposées ou vertioillées. Les fleurs, hermaphrodites, régulières, présentent un calice campanule, à cinq divisions très-étroites; une corolle tubuleuse ou en entonnoir, à cinq lobes aigus; cinq étamines, insérées vers le milieu ou au sommet de la corolle ; un ovaire libre, presque globuleux, à deux loges multiovulées, surmonté d'un style terminal, droit, cylindrique, articulé au-dessous du stigmate. Le fruit est une cap-
SPIG
suie didyme, formée de deux coques inégales, presque globuleuses, et renfermant un petit nombre de graines peltées, à albumen corné. Cette petite famille, qui a des affinités avec les loganiacées et les apoeynées, ne se compose que du genre spigélie. V. ce mot. "
SPIGÉLIE s. f. (spi-jé-H — de Spigel, natur. holl.). Bot. Genre de plantes, type de la famille des spigéliacées et de la tribu des spigéliées, comprenant une quarantaine d'espèces, qui croissent dans les régions chaudes de f Amérique : La spigélie du Maryland est assez répandue dans les jardins. (P. Duchartre.) Les spigélies sont de fort jolies plantes herbacées. (T. de Berneaud.)
— Encycl. Les spigélies sont des plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles opposées ou verticillées, presque sessiles, entières, réunies par la base dilatée de leur pétiole. Les fleurs, roses ou pourpres, disposées en épis unilatéraux, présentent un calice court, campanule, à cinq divisions étroites; une corolle en entonnoir, à cinq divisions; cinq étamines saillantes, à anthères sagittées; un ovaire libre, épaissi à sa base, à deux loges pluriovulées , surmonté d'un style simple terminé par un stigmate en tète. Le fruit est une capsule didyme, comprimée, formée de deux coques qui s'ouvrent civeulairement en deux valves transversales superposées, et renferment plusieurs graines anguleuses-, à embryon très-petit, placé à la base d'un albumen corné. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent les régions chaudes et tempérées de l'Amérique. Elles se font remarquer parla beauté de leurs fleurs et surtout par l'énergie de leurs propriétés.
La spigélie du Maryland, appelée aussi œillet de la Caroline, est une plante vivace, à tige tétragone, haute de 0m,20 à 0m,35, portant des feuilles opposées, ovales lancéolées, aiguës; des fleurs assez grandes, odorantes, à corolle tubuleuse, rouge en dehors, jaune en dedans. Cette plante croit dans les parties tempérées de l'Amérique du Nord, On la cultive assez souvent dans nos jardins. Elle demande une exposition demi- ombragée ut une terre légère et fraîche, ou mieux la terre de bruyère un peu humide. On sème ses graines sur couche, au printemps, pour mettre en plaie en mai, ou bien en pépinière, dans le courant de septembre, pour repiquer et hiverner sous châssis. On la propage aussi par boutures et par éclats de pied. Comme cette plante est assez sensible au froid, il faut lui donner une couverture de feuilles durant l'hiver ; mais il est préférable delà tenir en pots, qu'on rentre en orangerie ou dans une pièce saine, bien éclairée, aérée et chauffée modérément; il faut avoir soin de bassiner ses feuilles de temps à autre.
Lu racine de la spigélie du Maryland est menue, longue et fibreuse, d'une saveur amère et nauséeuse; elle ressemble un peu à celle de la serpentaire de Virginie, mais elle n'est pas aromatique. L'analyse chimique y a constaté une huile grasse, une huile volatile, un peu de résine, une matière mucososucrée, de l'albumine, de l'acide gnllique, des sels et une substance amère particulière, la spigéline, encore mal définie, mais qui paraît être un poison très- actif. Les feuilles sont d'un vert pâle et ont une odeur caractéristique, mais presque pas de saveur ; leur composition chimique se rapproche beaucoup de celle des racines ; elles renferment en outre de la chlorophylle. Les tiges sont assez rares dans le commerce.
La spigélie du Maryland est employée comme anthelminthique et a été souvent confondue avec l'espèce suivante, bien" que ses propriétés soient moins actives. On la donne dans du viu ; c'est Surtout la racine qui est employée; elle agit comme les narcotiques; on l'a vantée aussi contre les affections nerveuses et les fièvres intermittentes; les naturels l'emploient comme sédative et sudoritique.
La spigélie anthelminthique, vulgairement nommée briiwillière ou brinvilliers, est une plante annuelle, à racines grêles, fibreuses, traçantes, à tige rameuse, partant des feuilles ovales oblongues, les feuilles inférieures opposées, les feuilles supérieures verticillées par quatre; les fleurs sont petites, pourprées en dehors, blanchâtres en dedans. Cette plante croît au Brésil; elle ne se trouve guère -en Europe que dans les jardins botaniques; elle est rare dans le commerce. Son oUeur forte, mais peu ou point aromatique, se rapproche de celle des racines d'arnica ou de pyrèthre; sa saveur est un peu acre et amère; néanmoins, ses propriétés sont très-énergiques, mais elles disparaissent par la dessiccation. Cette plante n'a pas été analysée; on sait néanmoins qu'elle renferme de la spigéline. Ou l'emploie beaucoup, sous forme de poudre ou de sirop, contre les vers intestinaux.
A l'état frais, la spigélie anthelminthique est un poison violent; son odeur vireuse, fétide, suffirait à elle seule pour produire le narcotisme. De là, son nom vulgaire. Elle détermine la dilatation des pupilles, des éblouissements, de la stupeur, des vomissements, etc. Les animaux subissent aussi l'influence de ce poison; un chien qui aurait absorbé deux cuillerées de son suc périrait en peu de temps. Le suc de citron et l'eau de chaux, qu'on regardait autrefois à tort comme des antidotes certains de cette plante, ne font au contraire I que hàler ses effets délétères. Le sucre pur