PARISIENNE
SPLENDIDE adj. (splan-di-de — lat. splendidus ; de splendere, briller). Qui a de la splendeur, un grand éclat lumineux : Un soleil SPLENDIDE. Ull Ciel SPLENDIDE.
— Magnifique, somptueux : Festin splendide. A voir une cour spLendide. (Acad.) Depuis le jour où Michel-Ange avait couvert les murs de la chapelle Sixtine de ses splendides et gigantesques peintures, il avait jeté le trouble dans tous les esprits. (Vitet.) En France, te banquet offert à l'appétit du savoir est splendidb. (Mme Romieu.) L'ordre social, même le plus splendidb, sans la liberté, ne serait qu'une statue. (Le Père Félix.) Tôt ou tard la splendide question de l'instruction universelle se posera avec l'irrésistible autorité du vrai absolu. (V. Hugo.) En France, l'honorabilité consiste, chez beaucoup de gens, à avoir un salon splendidb, quitte à coucher dans un galetas. (E. Texier.)
11 est sous les bosquets et les treilles poudreuses, De splendides festins et des noces heureuses.
A. Barbier.
Liberté, liberté, que la brûlante haleine Ressemble aux jets divins du splendide soleil !
A. Barbier.
— Beau, superbe, en parlant des personnes : C'est une femme splendidb.
SPLENDIDEMENT adv. (splan-di-de-man
— rad. splendide). D'une manière splendide : Vivre splendidement. Traiter splendidement ses amis.
SPLÉNECTOMIE s. f. (splé-nè-kto-mî — du gr. spiên, rate; ek , hors de; temnô, je coupe). Chirur. Extirpation de la rate.
SPLÉNECTOMIQUE adj. (splé-nè-kto-mika — rad. splënectomie). Chir. Qui appartient à la splënectomie.
SPLÉNEMPHRACTIQUE adj. (splé-nanfra-kti-ko — rad. splénemphraxié). Pathol. Qui appartient a la splénemphraxié. Il On dit
aussi SPLÉNOPHRACTîQUE.
SPLÉNEMPHRAXIÉ s. f. (splé-nan-fra-ksl
— du gr. splên, rate ; emphrassô, j'obstrue). Pathol. Engorgement de la rate, il On dit
aussi SPLÉNOPHRAX.IE.
— Encycl. Cet accident s'observe surtout chez les adultes, et trois fois plus souvent chez les hommes que chez les femmes. Il affecta les individus de tous tempéraments. Sa cause la plus commune est l'exposition aux miasmes marécageux. On la voit encore survenir dans le cours de la fièvre typhoïde, du scorbut, des scrofules et de quelques autres maladies. La splénemphraxié hypertiophique peut être, suivant les cas, simple, avec ramollissement ou avec induration. Elle reste souvent latente pendant longtemps et n'a parfois pas d'autres symptômes qu'une douleur sourde et une sensation incommode de pesanteur dans l'hypocondre gauche. La palpation et la percussion sont ses meilleurs moyens de diagnostic, puisqu'ils permettent de mesurer d'une manière exacte le volumo de la rate. Nous ne croyons pas devoir nous étendre plus longuement ici sur la splénemphraxié et nous renvoyons le lecteur, pour plus de développements, au mot rate.
SPLÉNÉTIQUE adj. (splé-né-ti-ke — du gr. splên, rate). Méd. Quia rapport à la rate. Il Qui a une maladie de la rate. Il Qui a le spleen, maladie autrefois attribuée h la rate.
— Substantiv. Personne atteinte d'une affection delà rate. Il Personne qui a le spleen.
SPLÉNIFICATION s. f. (splé-ni-fi-ka-si-on
— du gr, splén, rate, et du lat. facio, je fais). Pathol. Dégénérescence d'un tissu organique devenu semblable à celui de la rate.
SPLÉN 1 QUE adj. (splé-ni-ke — du gr.
splên, rate), Anat. Qui a rapport a la rate, qui appartient à la rate : Artère, viscère splénique. Muscle spléniqcb.
— Méd. Se dit des médicaments propres à combattre les maladies de ta rate.
— Encycl. Anat, Qui a rappport it la rate.
— Artère splénique. C'est une des branches du tronc cœliaque. Dès son origine, elle se porte vers la rate en suivant une demigouttière pratiquée tout le long du bord supérieur du pancréas. Ses branches collatérales sont : les pancréatiques, la gustroépiploïque gauche et les vaisseaux courts {vasa brevioru). C'est après avoir fourni ces rameaux importants, qu'elle pénètre dans la rate par la scissure de cet organe.
— Plexus splénique. On donne ce nom au lacis peu abondant de filets Derveux qui, à leur sortie du plexus cœliaque, accompagnent l'artère splénique.
— Veine splénique. Veine née delà rate, trèsvolumineuse, et qui contribue aveclamésentérique supérieure à former la veineporte.
SPLÉNISATION s. f. (splé-ni-za-si-on — du gr. splén, rate). Pathol. Formation d'un tissu morbide analogue à celui de la rate.
SPLÉNITE s. f. (splé-ni-te — du gr. splên,
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rate). Pathol. Inflammation de la rate.
— Ane. anat. Nom donné autrefois à une veine de la main gauche à laquelle on supposait quelques rapports avec la rate.
— Encycl. Pathol. humaine. La splénite est une affection très-rare et encore imparfaitc-
' ment connue des pathologistes. Se-, caractè-
res anatomiques les plus certains sont : la congestion ou hyperhémie, le ramollissement et la suppuration. Ce dernier phénomène, à moins qu'il ne soit sous la dépendance de l'infection purulente, indique nécessairement une splénite antérieure. Le pus est tantôt infiltré dans la rate, tantôt réuni en un ou plusieurs foyers. Dans la plupart des cas, il n'en existe pas plus de 10 à 50 grammes, mais on a vu cette quantité s'élever plusieurs fois à plus de 5 ou 6 litres. Les abcès de la rate peuvent s'ouvrir dans l'estomac, dans l'intestin, dans la plèvre, le poumon ou le péritoine, ou bien à l'extérieur, h travers les parois abdominales.
La splénite peut débuter brusquement ou après des prodromes. Ses principaux symptômes sont de la douleur dans l'hypocondre gauche, une augmentation de volume de la rate, sensible à ia percussion et à la palpa» tion, des vomissements, de la fièvre, des frissons, des sueurs nocturnes et quelquefois des accès fébriles franchement intermittents.
L'inflammation de la rate est rarement primitive ; le plus souvent elle est produite par une cause trauraatique, surtout par un coup porté sur l'hypocondre gauche, une chute ou une secousse violente. Son pronostic est très-variable, suivant l'intensité d'action de la cause qui l'a produite et suivant l'état constitutionnel des individus. Son traitement doit être surtout antiphlogistique. On aura recours aux saignées générales et locales, aux cataplasmes et aux laxatifs doux. Dans le cas de réinittence ou d'intermittence des accès fébriles, on administrerait le sulfate do quinine, Plus tard on pourrait encore employer avec avantage les vésicatoires et les préparations hydrargyriques, à titre de moyens révulsifs et résolutifs,
— Art vétér. La splénite s'observe chez nos animaux, domestiques. Elle est aiguô ou chronique.
La splénite est beaucoup plus souvent secondaire que primitive. Dans le plus grand nombre de cas, elle est une complication ultérieure des congestions qui se font vers la rate, et surtout de l'engorgement chronique de cet organe. L'afflux sanguin qui détermine ces congestions, l'irritation qui en résulte pour le tissu de la rate, sont, en effet, des causes prédisposantes manifestes d'un état inflammatoire. D'autres fois, la splénite succède à une inflammation du foie, du péritoine ou d'un autre organe du voisinage ; on l'a vue occasionnée directement par une chute, un coup violent sur l'hypocondre gauche, une course longue et rapide. Ces diverses influences ont une action bien plus puissante si la rate est déjà le siège d'un engorgement chronique. Enfin, on peut encore rapporter les causes de la splénite aux étés très-secs et pendant lesquels il règne une grande chaleur, aux changements de temps trop subits, au défaut de boisson et de bonne nourriture, aux eaux pourries, aux mauvais pâturages, a l'air vicié ou trop froid, aux écuries sombres, humides, mal aérées ; aux mauvais traitements des conducteurs, qui tiennent les animaux dans une continuelle agitation, ce qui nuit à la liberté des pAimons, s'oppose aux battements réguliers du cœur et trouble la Circulation du sang, de la lymphe et des autres fluides du corps.
Le cheval atteint de splénite aiguë devient lourd, paresseux, lent au travail; la marche est incertaine, la tête est penchée, les oreilles sont pendantes, les yeux ètincelants, enflammés, troubles, larmoyants; la muqueuse nasale est sèche et pâle; l'air expiré est froid ; la bouche est aussi froide et sèche ; la langue est chargée et pâle, ainsi que les gencives et le palais. La respiration est tantôt accélérée et tantôt lente ; rarement il y a toux, et elle est sèche et faible ; le pouls est précipité, gêné, inégal; le ventre est affaissé, tendu et dur; les excréments sont secs, noirs, ou mous et mal digérés; les poils sont piques et rudes. Ces symptômes précurseurs durent depuis quelques heures jusqu'à deux ou trois jours. Alors, après ces premiers symptômes, on voit des accès de fièvre, tantôt violents, tantôt faibles; pendant le frisson, les muscles semblent contractés par tout le corps, dont toute la surface est froide; l«s poils sont rebroussés, et il se fuit un tremblement général de temps en temps; les yeux sont quelquefois à demi fermés; l'appétit est trèsfaible. Tout cela dure une heure ou deux, quelquefois plus. Ensuite se produit la chaleur; les yeux deviennent vifs, hagards, proéminents, rouges; la bouche est écuineuse ; l'animal s'agite, le pouls est quelquefois faible , souvent dur et accélère; l'appétit sa perd. Cette grande chaleur dure peU do temps. A la fin, on ne voit plus de rémission daDS la fièvre; la faiblesse est extrême, et l'animal tombe quelquefois à terre. Ensuite, on voit survenir de petites tumeurs molles et froides, rarement chaudes au début, qui contiennent une matière acre et sanguinolente. Elles acquièrent une grosseur considérable en quelques heures; quelquefois elles disparaissent, et l'animal est en grand danger. Elles ne suppurent pas , mais toujours la gangrène s'en empare. Elles surviennent par tout le corps, généralement à un seul enn droit, rarement dans deux. Les forces s'éteignent; les sécrétions sont troublées ou supprimées; les animaux ont de la peine à se soutenir ; le corps se gonfle. Le cheval esÇ
SPLE
rarement pris d'hémorragie; il meurt tranquille, quelquefois en se débattant.
Chez le bœuf, le principal symptôme de la splénile est l'enflure du ventre vers l'hypocondre et le flanc gauches , symptôme qui pourrait la faire confondre avec la météorisation de la panse; mais on parvient sans peine à distinguer ces deux affections. La tuméfaction de la rate soulève les dernières fausses côtes et le flanc gauche, mais elle n'est jamais ni aussi soudaine ni aussi considérable que la météorisation. Ella donne par la percussion un son mat et plein ; le contraire a lieu pour l'expansion des gaz dans la panse, et comme, dans cette dernière circonstance, l'anus ne fuit point saillie au dehors, l'urine n'est pas exprimée continuellement et goutte à goutte; la respiration, un peu plus fréquente que dans l'état normal, n'est ni courte ni précipitée. Entin, dans l'engorgement de la rate, les premiers symptômes sont d'abord un peu de gêne dans la marche et l'élévation du flanc et de l'hypocondre gauches; mais la rumination ne s'est point effectuée depuis le dernier repas quand cet engorgement commence, et, s il se prolonge, les fonctions digestives ne s'exécutent qu'imparfaitement, la rumination ne s'opère qu'à de rares intervalles, les évacuations técales se font avec irrégularité; les excréments sont expulsés au dehors, ou durs, ou liquides et sans liaison. Ce trouble de la digestion est bientôt suivi de l'irritation de l'estomac et des intestins, et souvent la gastro-entérite vient compliquer la splénile. La terminaison a lieu comme pour le cheval.
Les bêtes il laine atteintes de splénile périssent subitement sans aucun indice de maladie, ou, si le mal s'annonce par quelques symptômes, ils sont les mêmes que dans les chevaux et les bêtes bovines; les bêtos a laine malades deviennent maigres et ne peuvent plus se soutenir; elles tombent à genoux, appuient le nez contre terre et meurent ainsi dans les plus fortes convulsions.
Les porcs attaqués sont faibles et inquiets ; ils restent en arrière de la bande, se retirent dans les endroits sombres, humides et solitaires, ou bien cherchent à s'enfoncer sous la paille; ils mangent peu, boivent beaucoup de tout ce qu'ils trouvent, même les urines et l'eau de fumier; leur respiration devient Courte; leur groin est ridé et pâle, souvent brun; ils font craquer leurs dents; ils ont la gueule èeuineuse, la peau rouge, brune, quelquefois noire; souvent ils sont constipés; quelquefois il leur survient des bubons.
La splénile aiguë réclame l'emploi d'un traitement antiphlogistique énergique ; les émissions sanguines générales ou locales, les fomentations, les cataplasmes, les grands bains, les boissons délayantes, la diète, etc., seront la base de la médication. Si la lièvre prenait le caractère intermittent ou même rémittent, il y uurait lieu de recourir sans retard au suifate de quinine. En même temps, il faut placer les animaux dans un logement qui ne doit être ni trop chaud ni trop froid; établir une grande propreté et une clarté suffisante; si la tête mange et rumine encore, lui donner des aliments d'une facile digestion, comme de l'avoine écrasée et arrosée avec du bon vin ; des boissons tièdes; si l'air est vicié, le puritier en jetant de petits morceaux de salpêtre dans un peu d'acide sulfurique et en plaçant ce mélange en divers points du logement des animaux.
Quant à la splénile chronique, elle succède à l'état aigu, ou bien elle vient compliquer l'engorgement simple de la rate. L'augmentation de volume île cet organe peut être assez considérable pour être reconnue à la seule inspection du flanc gauche; avec la main, on peut sentir l'organe qui déborde les fausses côtes; la percussion en indique les dimensions; la région spléuique est douloureuse à la pression et k la percussion. Le diaphragme et le poumon sont refoulés par la tumeur ; de là un certain de^ré d'oppression. Un épanchement séreux, îju probablement à In compression de la veine porte, se fait quelquefois dans le péritoine. On peut observer aussi l'inhltratiou séreuse des membres. Ordinairement, on voit se déclarer des mouvements fébriles irréguliers, suivis bientôt d'une véritable fièvre hectique et de la inoit du malade.
Tant que la maladie reste locale, il faut chercher à en obtenir la résolution pur des applications de sang&ues, de ventouses scarifiées, de cataplasmes, do vésicatoires sur lu. région spléuique ; on favorisera l'action de ces moyens par la diète, les boissons délayantes et 1 emploi des préparations alcalines. On sait qu'indépendamment de son action dynamique pour couper la lièvre, le quinquina exerce encore sur la rate une influence directe, qui se manifeste par la détumescence de l'organe ; on aurait donc encore ici recours à ce médicament contre l'engorgement de la rate, alors même que lu lièire ne reviendrait pas périodiquement.
SPLÉNIUS s. m. (splé-ni-uss — du gr.
splémon, compresse). Anat. Muscle situé à la partie postérieure du cou et supérieure du dos, et ayant la forme allongée et aplatie d'une compresse.
— Adjectiv. : Muscle splénius.
— Encycl. Ce muscle a été nommé mastoïdien postérieur. Il s'étend des apophyses épineuses des quatre ou cinq premières vertetnes dorsales et des dru/, d- rnicre;, verte-
. SPOD
bres cervicales jusqu'aux tubercules postérieurs des apophyses transverses de l'atlas et de l'axis et jusqu'à la face externe de l'apophyse mastoïde. Il se trouve ainsi plus ou moins complètement divisé en deux portions : l'une, inférieure et externe, porte le nom de splénius du cou ou dorso-trachélien; l'autre, supérieure, constitue le splénius de la tête. Ce muscle puissant est recouvert par le trapèze, le rhomboïde, le petit dentelé posté* rieur et supérieur et un peu par le sternocléido-mastoïdien. Il recouvre le grand et le petit eomplexus, ainsi que le long dorsal et le transversaire du cou. Si les deux splénius de chaque côté se contractent simultanément, ils portent la tête en arrière; si l'un d'eux se contracte seul, il incline la tête de son côté et fait exécuter au cou un mouvement de rotation dans le même sens.
SPLÉNOCÈLE s. f- (splé-no-sè-le — du gr. splén, rate ; kêlê, tumeur). Chir. Hernie de la rate.
SPLÉNOGRAPHE s. m. (splé-no-gra-fe — rad. splénoùraphie). Celui qui s'occupe de splénographie.
SPLÉNOGRAPHIE 8. f. (splé-no-gra-fi — du gr. sptén, rate ; grapluS, j'écris). Description de la rate.
SPLÉNOGRAPHIQUE adj. (splé-no-gra-fike — rad. splénographie). Qui appartient à la splénographie.
SPLÉNOÏDE adj. (splé-no-i-de — du gr.
splén, rate ; eidos, aspect). Anat. Qui a l'apparence de la rate : Tissu splÉNOïdë.
SPLÉNOLOGIE s. f. (splé-no-lo-jî — dugr. splênf rate ; logos, discours). Traité sur la rate.
SPLÉNOLOGIQUE adj. (splé-no-lo-ji-ke — rad. splénologie). Qui appartient, qui a rapport à la splénologie.
SPLÉNOLOGISTE s. m. (splé-DO-lo-ji-ste — rad. splénologie). Auteur d une splénologie. Il On dit aussi splénologub.
SPLÉNONCIE s. f. (splé-non-s) — du gr.
splén, rate; oykos, tumeur). Pathol. Tuméfaction de la rate.
SPLÉNOPARECTAME S. f. (splé-tio-pa-rèkta-me — du gr. splén, rate; pare/clama, extension excessive). Pathol. Développement excessif de la rate, il Peu usité.
SPLÉNOPATHIE S. f. (sp)é-no-pa-ll — du gr. splén, rate ; pathos, souffrance). Pathol. Maladie de la rate.
SPLÉNOPHRACTIQUE adj. (splé-no-frakti-ke — rad. splénophraxie). Pathol. Qui appartient k la splénophraxie.
SPLÉNOPHRAXIE s. f. (splé-no-fra-ksî — du gr. splén, rate; emphrassd, j'obstrue). Pathol. Obstruction de la rate.
SPLÉNORRHAGIE s. f. (splé-nor-ra-jî — du gr. splén, rate ; rhégnumi, je fais éruption). Pathol. Hémorragie de la rate.
SPLÉNOTOMIE s. f. (splé-oo-to-mï — du gr. splén, raie ; tome, section). Anat. Dissection de la rate.
SPLÉNOTOMIQUE adj. (splé-no-to-mi-ke ■ — rad. splénolonue). Anat. Qui appartient à la splenotoinie.
SPLITGERBère s. f. (spli-tjèr-bè-re — de Splitgerber, natur. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des urticées.
SPLDGEN, village de Suisse, dans le canton des Grisons, à 36 kilom. S.-O. de Coire, au pied de la montagne de son nom, dans le Bheinwald, sur la rive gauche du Rhin postérieur; 494 hab. La position de ce village, à la jonction des deux routes du Bernardino et du Splugen, lui donne une certaine activité commerciale. Près de l'église paroissiale, on remarque les ruines du vieux château nommé Zur-Burg.
SPLUGEN, montagne de la chaîne des Alpes méridionales, située entre la vallée suisse du Rheinwald et la vallée italienne de San- Giacomo, à l'E. du col du Bernardino, traversée par une route dont le point culminant est élevé de 2,150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce passage, un des plus anciennement connus de la chaîne des Alpes, rendu praticable au xv« siècle pour les betes de somme, fut pendant le moyen âge une des routes les plus fréquentées entre la Suisse et l'Italie. Eu 1800, une armée française, sous la conduite de Macdonald, traversa, le Splugen et eut beaucoup u souffrir des avalanches et du mauvais état de la route. De 1818 à 1823, le gouvernement autrichien (alurs maître de la Lombardie) et celui des Grisons ont transformé ce chemin de mulets en une magnifique route pour les voitures, qui rivalise avec celle du Simplon, du Bernardino et du Saint- Gothard.
SPODE s. f. (spo-de — du gr. spodos, cendre). Ane. chim. Nom donné autrefois à l'oxyde de zinc obtenu par sublimation, eu calciuaut la tutliie. Il Ivoire calciné à blanc.
SPODIOPOGÛN s. ni. (spo-di-o-po-gon — du gr. spodios, cendré ; pôgôn, barbe). Bol. Syn. d'tscuÈMoN, genre Ue graminées.
SPODITE s. f. (spo-di-te — du gr. spodos, cendre). Miner. Cendre volcanique;.
SPODOCÉPHALE adj. (spo-do-sé-fa-le — du gr. spodos, cendre ; kepkulê, tête). Zoul. Qui a la tête d'un gris cendré.
SPODOMANCIE s. f. (spo-do-;r.an-sî — du
SPOH
gr. spodos, cendre ; manteia, divination). Divination qu'on pratiquait au moyen de la cendre.
SPODOMANCIEN, IENNE s. (spo-do-mansi-ain, i-è-ne — rad. spodomancie). Personne qui pratiquait la spodomancie,
— Adjectiv. Qui a rapport à Ja spodomancie : Pratiques spodomanciennes.
spodumène s. m. (spo-du-mè-ne — du gr. spodoumenos, couvert da cendre). Miner. Silicate d'alumine et de soude.
— Encycl. Le spodumène est un silicate double d'alumine et de soude, dans la proportion de 3 équivalents du premier et l du second ; il renferme, en outre, de faibles quantités ou de simples traces de potasse, de chaux, de magnésie et d'oxyde de fer. Sa composition chimique le rangerait près do l'oligoclase, tandis que, par ses caractères extérieurs, il se rapproche plutôt du triphane, dans lequel la Soude est remplacée par la lithine. C est une substance d'un gris verdâtre, à éclat gras et nacré, ne cristallisant pas, mais susceptible de se cliver parallèlement aux pans a'un prisme rhomboïdal; elle est rayée par une pointe d'acier; sous le chalumeau, elle se boursoufle et fond en un verre incolore. On rencontre le spodumène à Danvills-Zoll, près de Stockholm.
SPOEKKEN, général tchèque. V. SpoRK.
SPOFFORTE (Reginald), musicien anglais, né à Southeweli, près de Nottiiigham, en 1768, mort en 1826. Il doDiia des leçons de piano à Londres, composa divers morceaux igtees) qui eurent du succès et obtint, en 1793, lu médaille d'or au concours ouvert pur une société philharmonique, le Catch-Club.
SPOGGODIE s. f. (spo-go-dl — du gr. spoggion, éponge). Zooph. Genre dé polypiers alcyoniens, réuni par plusieurs auteurs aux nephthées.
SPOGGOSTYLE s. Va, (spo-gO-Sti-le — du gr. spoggos, éponge , et de style). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des tanystomes, tribu des bombyliers.
SPOHN (Théophile - Leberecht), orientaliste allemand, né à Eisleben en 1756, mort à Wittemberg en 1794. Il fut successivement prédicateur» Leipzig, prorecteur du gymnase de Dorlmund, puis professeur de théologie à Wittemberg. On posséda de lui : Wte dit; seele nach dem tode wirke {Comment l'âme agit après sa mort) [Dortmuud , 1791, in-4°j; Jeremias vates (Leipzig, 1794, in-8uJ.
SPOHN (Frédéric-Auguste-Guillaume), philologue allemand, fils du précédent, né à Dortmund en 1792, mort à Leipzig en 1824. Après avoir étudié la philologie à Wittemberg, il lit, à partir de 18L5, des cours à Leipzig, où il devint, en 1819, professeur de littérature ancienne. Spohn s'adonna avec passion à l'étude de la géographie et de l'histoire littéraire des anciens et commença à se faire connaître par des dissertations qui attestent une remarquable érudition et une rare sagacité. Il lit paraître notamment : De agro Trajano in carminibus homencis descripto (Leipzig, 18H,in-8<>), dissertation sur le territoire troyen tel qu'il est dècritdans les poèmes d'Homère; De extrema Odysses parte (1819-1821, 3 part. iii-8<>) ;Lectiones Theac>-it&(LZ2i, in-4o), etse livraà d'ingénieuses recherches pour déterminer l'ordre chronologique des élégies de Tibulle. Spohn avait publié, en outre, quel- | ques savantes éditions, lorsqu'il fut amené à s'adonner au déchiffrement des hiéroglyphes , et à chercher à expliquer la fameuse inscrip- ; j tion de Rosette. Considérant comme erronée \ la marche suivie par ses devanciers, il en adopta une toute nouvelle et prétendit avoir lu en entier l'inscription ; mais la version, ainsi que la méthode qu'il proposa, n'a point été admise par les égyptologues. Epuisé par l'excès de travail, Spolin mourut au moment où il achevait un ouvrage qui a été publié après sa mort par un de ses élevés, M. Seyffœit, sous le titre de : De linyua et littens neterurn Eyyptiorum spécimen (Leipzig, 1825,
SPOlin (Louis), compositeur et virtuose allemand, né à Brunswick le 5 avril 1784, mort à Cassel le 22 octobre 1859. Il montra dés sa plus tendre jeunesse de rares dispositions pour la musique. Les leçons des professeurs Maucourt et François Eck tirent de lui Un habile violoniste. II accompagna ce dernier eu Russie, visita seul, en 1804, la France, l'Allemagne du Sud et l'Italie, et s'acquit, à Vienne surtout, lu réputation d'un violoniste de premier ordre et d'un compositeur distingué. Tour à tour maître de chapelle du duc de Brunswick, du duc de Saxe-Gotha, chef d'orchestre du théâtre Ander- Wienn, à Vienne, où il a composé son opéra de Faust, qui a longtemps occupé la scène allemande, ISpobr fut appelé à diriger la musique du théâtre de Francfort-sur-le-Mein et se fixa enfin, en 1822, en qualité de maître de chapelle, à la cour électorale de Hesse-Cassol, où il est resté jusqu'à su mort. Cet urtiste, qui, dans un voyage à Paris eu 1822, s'était fait entendre en public et dans plusieurs séances de quatuor sans y produire, comme violoniste, une bien grande sensation, avait été plus heureux à Londres, où il avait séjourné pendant quelque temps avant de s'établir à Cassel. L'accueil brillant qu'il avait reçu le ramena plusieurs fois en Angleterre ;
SPOL
il y trouva toujours auprès de !« haute société une faveur toute particulière dont les journaux se sont faits 1 écho. Il fut élu, en 1849, correspondant de l'Institut de France. Spohr, qui, si Weber n'était pas venu, aurait occupé le premier rang peut-être sur la scène lyrique de son pays, s est fait, comme violoniste et compositeur, une célébrité au-dessus des caprices de la mode. Chef d'une école do violon qui a produit d'excellents artistes et dont il a exposé les principes dans un ouvrage spécial, Principes d'une école de violon (Vienne, 1831), il avait une manière large et vigoureuse qui a été adoptée par un grand nombre d'élèves distingués. Il a écrit beaucoup de musique instrumentale, de musique religieuse et des opéras, dont le plus célèbre , regardé comme son chef-d'œuvre, est Jessonda (1828). Compositeur essentiellement allemand par le caractère de ses idées mélodiques, l'originalité de sa forme, le coloris de son instrumentation et par son harmonie travaillée, il se rattache au grand mouvementqui a produit Beethoven, Weber, Wendelssohn et, en dernier lieu, Robert Schumann. Outre Faust et Jessonda, on a de lui, entre antres opéras : Alrwia, le Duel des amants, Zémire et Azor (1818); VEsprit des montagnes (1825); Pietro von Albano, l'Alchimiste, les Croisés, regardés comme des œuvres hors ligne; des oratorios: le Dernier jugement ; les Dernières choses; la Dernière heure du Sauveur; la Chute de Babylone, particulièrement goûtée en Angleterre; la cantate Y Allemagne délivrée; plusieurs Grandes symphonies, dont une pour deux orchestres; un Oltetlo et un Nonetlo, souvent cités ; des Doubles quatuors pour quatre violons, deux altos et deux violoncelles ; deux Symphonie» pour deux violons; une assez grande quantité do Concertos pour violon ; des Quintetti, des Quatuors, des Duos, des Pots-pourris pour violon, avec accompagnement d'orchestre ou de quatuors; des Sonates pour harpe et violon; des Hondas, des Fantaisies pour la harpe, des Variutions, etc.
SPOLÈTE, la Spoletum des Romains, nommée Spoleto par les Italiens, ville du royaume d'Italie, dans la province de l'Ombrie, ch.-l. du district de son nom, à 1G5 kilom. S.-E. do Naples,à 124 kilom. N. de Rome, au pied d'une montagne des Apennins; 19,936 hab. Archevêché ; Collège. Fabrique de chapeaux, draps et cuirs. Commerce de blé, vins, raisins secs, cuirs, chevaux et truffes récoltées dans les environs. Spolèie est bâtie sur un sol inégal, où l'on a cru reconnaître le cratère d'un volcan éteint; les rues sont généralement fort étroites et irrégulières. On y remarque une belle cathédrale des premiers temps de la Renaissance, et dont le chœur est orné du fresques remarquables, exécutées par Filippo Lippi. Mais les curiosités les plus intéressantes de cette ville sont les restes de ses anciens monuments; ces ruines vénérables sont celles d'un théâtre antique, d'un palais construit par Theodoric et restauré par Narsès ; les soubassements d'un temple de la Concorde, sur lesquels s'élève l'église du Crucifix; entin les restes d'un magnifique pont qui était soutenu par 24 piliers et qui avait 195 mètres de longueur sur 130 de hauteur ; il traversait la Maggiora, torrent impétueux qui coule entre la ville et la montagne. Ce qui en subsiste encore sert aujourd'hui d'aqueduc.
Spolète, ancienne capitale de Villumbres, était à l'époque romaine plus florissante et plus importante que de nos jours. Après la bataille de Trasimène, Annibal fut contraint de se retirer devant la courageuse résistance des habitants de Spolète ; mais* cette ville tomba au pouvoir des Goths en 572 et devint alors le chef-lieu d'un duché lombard qui fut, à partir du Xie siècle, tributaire des empereurs. Saccagée par Frédéric Barberousse, elle fut détruite de nouveau par les Pérugins en 1324. Elle eut, en outre, beaucoup à souffrir de plusieurs tremblements de terre, surtout de celui de 1767. Sous Napoléon 1er, elj8 fut le chef-lieu du département du Trasimèiie.
SPOLETI (Pierre-Laurent), peintre italien, né a Finale, près de Gênes, eu 1080, mort en 1726. Il était élevé de Dominique Piola et lit à Madrid d'excellentes copies de tubleaux de Murillo, de Titien et d'autres maîtres. Dans l'église de Saiut-Blaise, dans sa ville natale, on trouve de lui d'excellentes copies de la Transfiguration de Raphaël et de l Ascension de ta sainte Vierge de Rubens. Spoleti a peint aussi des portraits.
SPOL1ARIUM s. m. (spo-li-a-ri-omm — mot lat. dérivé de spoliare, dépouiller). Antiq. rom. Chambre des thermes ou les baigneurs se dépouillaient de leurs vêtements. Il Lieu situé dans le vois'nage d'un amphithéâtre, où l'on dépouillait les cadavres des gladiateurs et où l'on achevait les combattants qui avaient été blesses mortellement.
SPOLIATEUR, TRICE s. (spo-li-a-teur, tri-se — lat. spoliator ; de spoliare, dépouiller). Personne qui spolie, qui dépouille par violence ou par ruse : Nos avocats célèbres empruntèrent à la littérature cet art qui fit de l'éloquence l'effroi du spoliateur et le bouclier du faible. (Lemercier.)
— Adjectiv. Qui dépouille, qui produit la spoliation : Un acte sfoliatbur. Une mesure 6POUAT&ICE. Un gouvernement spquatëvb.
SPON
SPOMATIF, IVE adj. (spo-li-a-tiff, i-ve — du lat. spolialus, dépouillé). Méd, Qui dépouille, qui allège, qui supprime. Il Saignée sprdiative, Saignée qui a pour but une diminution notable de la masse du sang, par opposition à la saignée dérivative.
SPOLIATION s. f. (spo-li-a-si-on — rad.
spolier). Action de spolier, de déposséder par violence ou par fraude : On demande l'égalité, et on -préconise des spoliations. (Leynadier.) L'.esc/avage n'est autre chose que l'oppression organisée dans un but de spoliation. (F. Bastiat.) L'impôt sur les successions, renouvelé de la mainmorte, est une spoliation de la famille. (Proudh,)
— Administr. Spoliation d'une lettre, Action de soustraire les valeurs contenues dans une lettre.
SPOLIER v. a. ou tr. (spo^i-é — lat. spoliare, mot qu'Eichboff rattache à. la racine sanscrite phal, ouvrir, rompre. Le s initial s'ajoute souvent comme élément prosthétique. Prend deux i de suite aux deux pr. pers. pi, de l'imp. de l'ind. et du subj. prés. ; Nous spoliions; que vous spoliiez). Dépouiller par force ou par fraude : On l'h spolié de son héritage. (Acad.)
— Administr. Spolier une lettre, Soustraire les valeurs qu'elle contient.
SPOLTOKE, bourg du royaume d'Italie, province de l'Abruzze Ultérieure Ire, district de Penne, mandement de Piane lia; 4,407 hab,
SPOLVER1NI (Hilarion), peintre italien, né à Panne en 1657, mort à Plaisance en 1734. Elève du peintre de batailles François Monti, il cultiva le même genre de peinture que son maître et le surpassa. Il travailla surtout pour le due François de Parme. Outre des tableaux de batailles, il a peint aussi des scènes de brigands et des assassinats. Ses principales œuvres se trouvent k Busseto, dans le palais Pallavicini.
SPOLVERINI (le marquis Jean-Baptiste), poète italien, né à Vérone en 1695, mort en 1763, Il étudia chez les jésuites à Bologne, voyagea eu Italie, remplit pendant quelque temps plusieurs fonctions publiques et composa un poème très-estimé sur la Culture du riz ( Coltivazione del rizo) [Vérone, 1758, ire édit., in-4°, fig.], réimprimé avec des variantes (Vérone, 1763, in-4°). L'édition la plus estimée de ce pbeme est celle de Padoue (1810, in-8"), accompagnée de notes de l'abbé llario Casarotti et de l'éloge de Spolverini par le chevalier Hippolyte Pindemonte.
SPON (Charles), médecin français, né à Lyon en 1609, mort en 1684. Issu d'une famille d'origine allemande , il fit ses études classiques» Ulin et montra une aptitude particulière pour la poésie latine. Plus tard, il fut envoyé à Paris, où il suivit les cours de philosophie de Rodon et les cours de physique de Mazurius. Il apprit également les mathématiques, l'astronomie et s'adonna avec ardeur à la médecine. Reçu docteur à Montpellier en 1632, il fut agrégé au collège de médecine de Lyon en 1635. En 1645, Spon reçut le titre honorifique de médecin du roi par quartier et devint vers 1674 vice-doyen du collège des médecins , dont il eût été nommé doyen s'il eût consenti à embrasser le catholicisme. 11 a publié : une traduction latine des Pronostics d'Hippocrate, en vers héroïques, sous le titre de Sibylia medica (1664); un Traité de ntyotogie, également en vers latins, qvii est inséré au tome II de la Bibliothèque anatomique de Mauget (p. 585); un appendice à la Pratique chimique de Pereda; une édition de la Pharmacopée de Lyon; une édition estimée des Œuvres de Cardanus (1663, 10 vol. in-fol.j; enfin il fut l'éditeur des Lettres de Sennert et des Observations médicales de Jean Schenk (1644, in-fol.).
SPON (Jacob), archéologue français, fils du précédent, né à Lyon en 1647, mort k Vevay (Suisse) en 1685. Il commença à Lyon ses études de médecine, qu'il termina a Strasbourg, où il suivit aussi les leçons de Boeder, qui lui inspira le goût de la littérature grecque et latine, des antiquités et des inscriptions. Reçu docteur en 1667, i! se fit inscrire au collège médical de Lyon en qualité d'agrégé. Tout en se livrant à la pratique de son *rt, Spon se mit à recueillir les antiquités et les inscriptions de sa ville natale et publia son premier ouvrage, qui eut un grand sue- ' ces. Depuis longtemps, il nourrissait le désir I de visiter l'Italie et la Grèce. Des travaux ! assidus l'avaient préparé à ce voyage, mais ! l'argent lui faisait défaut. Lorsque le célèbre numismate Vaillant reçut de Colbert une mis- | sion en Italie, il offrit a Spon de se joindre à j lui, et ies deux savants convinrent de se rencontrer à Marseille. Vaillant, toutefois, n'attendit pas son compagnon et fut pris par un corsaire algérien. De Son côté, Spon se mit en route et, pensant trouver son compagnon à Rome, se rendit dans cette ville, dont il j visita les monuments avec la plus scrupuleuse attention. Il se lia alors avec un jeune voyageur anglais, le botaniste Wheler, qui lui proposa une excursion en Grèce. Le 20 juin 1675, ils se mirent en route, visitèrent la Dalmatie, les lies Ioniennes et firent le tour de la Gièue par mer, explorant les îles les plus célèbres. Forcés de s'arrêter en Troade, ils firent une excursion en Phrygie et en Thrace et arrivèrent enfin à Constantinople.
SPON
Muni d'ut» passe-port de l'ambassadeur français, marquis de Nointel, Spon parcourut sous un costume arménien toute 1 Asie Mineure, passa de Smyrne en Grèce et parvint à Athènes, but principal de son voyage. Pendant un séjour d'un mois, il amassa avec un zèle infatigable les observations et les notes les plus curieuses sur la ville ancienne et la ville moderne. Au pied du mont Athos, il se sépara de "Wheler et revint en France par Venise et les Grisons. Ce voyage est un des plus mémorables dont les annales de la science fassent mention. Pour la première fois on possédait une description authentique des monuments de l'architecture grecque. Spon rapportait deux mille inscriptions inédites, cent cinquante manuscrits et plus de six cents médailles. Rentré dans Sa patrie après une absence de vingt-deux mois, il se trouva dans une situation des plus précaires. Sa clientèle avait disparu ; les quelques volumes qu'il publiait, quoique d'une grande valeur, ne lui rapportaient aucun profit; il les imprimait à ses frais et ne les vendait quo fort peu. Dans l'espoir de s'attirer un protecteur, il dédia son Voyage en Grèce au Père La Chaise, confesseur du roi. Ce dernier se borna à l'engager par lettre à embrasser le catholicisme. Spon lui répondit par une savante épître, dans laquelle il soutenait que la religion réformée, loin d'être une « nouveauté, » était la continuation directe de celle des Hébreux et des premiers chrétiens. Cette épitre, copiée, imprimée et colportée à son insu, fit grand bruit et donna à son nom une certaine popularité parmi les protestants; elle le signala en même temps a la haine des catholiques. L'année même où il achevait son œuvre capitale, ce volume de Miscellanea, qui devait être suivi de plusieurs autres, en 1G85, Spon fut obligé de s enfuir en Suisse. Ruiné pur les sacrifices qu'il avait faits à la science, affaibli par ies veilles, il arriva à Vevay, sur les bords du lac de Genève, tomba gravement malade et se lit transporter à l'hôpital, où il mourut. Telle fut la fin d'un homme que Bossuet, le Père La Chaise et bien d'autres, écrivains ou personnages influents , avaient exalté quelques années auparavant comme une des gloires de la science française. Parmi ses nombreux ouvrages, il faut mentionner spécialement ; Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon (Lyon, 1673, in-12), livre dont la valeur est attestée par la nouvelle édition qu'en ont donnée MM. Montfalcon et Léon Renier (Lyon, 1858); De l'origine des élrennes (1674), curieuse dissertation ; Relation de l'état présent de la ville a" A thènes, ancienne capitale de la Grèce (1674); lgnotorum atque obscurorum quorumdam deorum ars (Lyon, 1676); Voyage d'Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant, fait aux années 1675 et 1676 par Jacob Spon, docteur médecin, agrégea Lyon, et GeorgeWheler, gentilhomme anglais (Lyon, 1678, 3 vol. in-12, avec 9 planches), ouvrage extrêmement remarquable,, qui fut longtemps le manuel du voyageur en Grèce et qui a été traduit en plusieurs langues; Histoire de la république de Genève, depuis tes premiers siècles de la fondation de la ville, tirée fidèlement des manuscrits (1680, 2 vol. in-12); Lettre au Père La Chaise sur l'antiquité de la religion (Lausanne, 1681, in-12); Recherches curieuses d'antiquités (1683), recueil de dissertations; Miscellanea eruditte antiquilatis (Lyon, 1685), ouvrage qui atteste la profonde érudition de l'auteur. Spon a aussi publié sur des matières de médecine quelques opuscules qui n'offrent plus d'intérêt. On peut consulter avec fruit sur sa vie et ses œuvres l'excellente étude placée en tête de Bes Recherches sur les antiquités de Lyon, par M. J.-B. Montfalcon (Lyon, 1858, in-8°).
SPONDAÏQUE adj. (spon-da-i-ke — rad.
spondée). Méuiq. gr. et lat. Se dit d'un vers hexamètre dont le cinquième pied est un spondée, au lieu d'être un dactyle : Un vers spondaïque. il Se dit aussi d'un vers hexamètre uniquement composé de spondées.
— Antiq, gr. Flûte Spondaïque, Flûte qui servait à accompagner certains hymnes religieux.
— Encycl. Métriq. gr. et lat. Au lieu de se terminer par un dactyle et un spondée
selon la règle générale, les vers spondaïques se terminent par deux spondées, c'est-à-dire quatre longues | - - | - - j . Un des exemples le plus souvent cités est le fameux vers par lequel Virgile a peint l'effroi de Sinon, prisonnier, au milieu des Troyens qui l'entourent :
Constitil, atque oculis Phrygia agmina circum-
[spexit.
Ce grand mot de quatre syllabes longues ' produit un effet d'harmonie imitative vraiment très-heureux. De même Catulle, voulant peindre l'étonnenient des Néréides & la vue de la flotte des Argonautes, a -"cours au spondaïque
Emersere fen candertte e mirqtte vuttus, ASquorese monstrum Nreides -"'"Crantes.
Ovide, usant du même procédé, nous retrace d'une manière saisissante la vaste étendue des mers en disant :
Nec brachia iongo Margine tprrnrfm porrexerat Amphitrite.
SPON
Parmi les versificateurs modernes, on cite beaucoup de partisans du vers spondaïque. Vida s'est heureusement servi de cette forme de vers pour peindre la mort de Jésus-Christ sur la croix :
Supremamque auram, ptmens caput, exspîravît.
Les règles que l'on doit observer à propos des vers spondaïques sont les suivantes :
io Les deux spondées 4e la fin doivent être précédés d'un dactyle.
2o Ces deux spondées doivent former un seul mot. On ne saurait, en effet, trouver d'harmonie dans un vers spondaïque comme celui-ci, de Lucrèce :
Omnia quum rerum primordia sint in motu.
Les poètes grecs abusaient du vers spondaïque ; « ils l'employaient sans réserve comme sans intention, » dit M. -Quicherat. En effet, il ne semble pas que, chez les Grecs, cette forme de vers soit destinée à produire un effet poétique quelconque; c'est une licence et rien de plus. Les vieux poëtes de Rome, imitateurs des Grecs, ont employé le spondaïque avec aussi peu de discrétion que leurs maîtres, Ennius, en particulier, tombe sous cette critique. Il tenait si peu de compte de l'harmonie, qu'il allait parfois jusqu'à faire des vers entièrement spondaïques , tels que ceux-ci :
Olli respondit rex Allai Longaï...
Bornant mûris Albam cînxerunt Longam.
C'est de la prose, et de la prose bien pénible et bien Sourde,
Les poëtes du siècle d'Auguste n'ont généralement usé du spondaïque qu'avec l'intention de peindre quelque chose de grand et de majestueux. Il faut pourtant remarquer qu'ils l'ont admis quelquefois lorsqu'ils avaient iv exprimer un nom propre de quatre longues. Il semble qu'Us aient fait cette concession aux Grecs dans ces cas trop fréquents encore : Nec non et sacri monstrat nemus Argilcti.
Virgile.
Sacra Jovi quercus de semble Doilotiœo.
Ovins.
SPONDAULE s. m. (spon-dô-le — gr. spondaulos ; de spondê, libation, et de aulê, flûte). Antiq. gr. Musicien qui jouait de la double flûte pendant qu'on faisait des libations ou pendant un sacrifice
SPONDAULION s. m. (spon-do-li-onn — mot gr. formé de spondaulos, spondaule). Air joué par le spondaule. il Nom donné à des vers qu'on chantait sur la même mesure que les airs joués par le spondaule.
SPONDE (Inigo de), secrétaire de Jeanne d'Albret, mort à Saint-Palays en 1594. Prudent, judicieux, « fort homme de bien, pie et religieux, » dit Olhagaray, il servit Henri IV après la mort de Jeanne d'Albret, amena par ses conseils la déroute de l'armée commandés par Lavardin et fut, en 1534, victime des représailles des ligueurs, qui l'assassinèrent de sang-froid après la prise de Saint-Palays. Il était pauvre, malgré les emplois qu'il avait occupés et les services qu'il avait rendus à la reine, i n'ayant jamais ayraé la recherche des choses de ce monde au préjudice de son honneur. ■ Avant de mourir, il avait eu la douleur d'apprendre l'abjuration de son fils.
SPONDE (Jean du), savant français, fils du précédent, né àMauléon en 1557, mort à Bordeaux en 1595. Il reçut une instruction assez étendue, grâce aux libéralités de la reine de Navarre; mais il récompensa mal la générosité de sa bienfaitrice ; il mena une existence irrégulière et contracta de nombreuses dettes. Pour le mettre à même de payer ses créanciers, Henri IV le nomma lieutenant général en la sénéchaussée de La Rochelle. Le loi s'était alors converti au catholicisme, et Jean, en habile courtisan, suivit l'exemple du maître. LesRochelois, qui supportaient impatiemment son autorité, se soulevèrent contre l'apostat et le contraignirent à résigner sa charge. Sponde devint maître des requêtes et mourut misérable et obscur. On a de lui : Bomeri poematum versio laiina ac notte perpétuée (Bàle, 1583, in-fol.; Paris, 1606, iu-fol.); Besiodi Opéra et Dies, grec et latin, avec des commentaires (La Rochelle, 1592, in-8°); la Logique d'Aristote, grec et latin, avec des notes marginales (Bâle et Francfort, 1591, in-8°); Recueil des Remontrances de Despeisses et de Pibrac (La Rochelle, 1592, in-12); Déclaration des principaux motifs qui induisent le sieur de Sponde à s'unir à l jEglise catholique (Melun, 1594, in-8°); Réponse au traité de Th. de Bèze Des marques essentielles de l'Eglise (Bordeaux, 1595, in-s°), ouvrage posthume.
SPONDE (Henri de), prélat, frère du précèdent, né à Mauléon en 1568, mort à Toulouse en 1643. Filleul de Henri IV et élevé aux frais du roi au collège d'Orthez, Sponde accompagna Du Bartas dans son ambassade d'Ecosse, étudia ensuite le droit, se lit une réputation comme avocat et fut nommé maître des requêtes. Ayant abjuré le protestantisme en 1595, après avoir lu les livres de Du Perron et de Baronius, il entra dans les ordres à Rome, où il avait suivi le oardiual de Sourdis , devint évêque de Pamiers et se montra l'ardent ennemi de ses anciens coreligionnaires. Il légua sa bibliothèque aux minimes de Toulouse. Ses principaux ouvrages sont : les Cimetières sacrés (Bordeaux, 1596, in-12; Paris, 1600, in-12), traduit en latin par
SPON
lui-même (Paris, 1638, in-4°); Annales ecctesiastici Baronii in epitomm red><C(i (Paris, 1602, in-fol. ); Annales surri , a mundi creatione usque ad ejusdem redemplionem (Paris, 1037, in-fol.); Annalium Baronii continuatio ab aimo 1197 ad anmtm 1640 (Paris, 1639, 2 vol. in-fol. ), souvent réimprimé ; Ordonnances synodales (Toulouse, 1630, in-8°). La Monnoya lui attribue un opuscule satirique, intitulé : le Magot genevois {1613, in-8°).
SPONDE s. f. (spon-dé — du gr. spondê, libation). Antiq. gr. Septième heure du jour, celle qui était consacrée aux libations.
SPONDÉASME s. m. (spon-dé-a-sme — gr.
spondeasma; de spondê, libation). Mus. anc. Altération qui élevait le son de la corde de trois demi-tons.
SPONDÉE s. m. (spon-dé — lat. spondeus, gr. spandaios; de spondê, libation, parce que la cérémonie des libations était accompagnée d'une mélodie lente, grave, comme le rhythme des vers spondaïques). Métriq. gr. et lat. Pied composé de deux syllabes longues : Le vers hexamètre est composé de dactyles et de spondées. (Acad.) On voyait, à cité des dactyles volants, Le spondée allongé se traîner à pas lents.
Ftt. DE Î5EUFCHATKAU.
— Encycl. Le spondée a une gravité qui le rendait particulièrement propre aux poésies chantées dans les solennités religieuses. Dès les siècles reculés de la Grèce, l'hymne des libations paraît avoir été composé de spondées, et de là est venu le nom de ce pied (spendâ, faire des libations). Le spondée s'unit au dactyle pour former le vers hexamètre, qu'il termine toujours ; il entre aussi dans la plupart des vers dactyliques. Il peut so placer, dans le triinètre ïambique, au premier, au troisième et au cinquième lieu. On le trouve aussi dans les autres ïambiques. Il occupe ordinairement le premier lieu des alcaïques et toujours le premier des asclépiades, le second lieu dans les saphiques d'Horace, le premier dans les phaléeieus. Il peut se rencontrer dans les trochaïques et paraît fréquemment dans les anapestiques.
La marche grave du spondée le faisait employer dans les effets d'harmonie imitative, pour exprimer la lenteur, la majesté, la tristesse, la difficulté. Virgile a l'ait sentir, par ce inoj'en, la lenteur' d'un vieillard : Olli sedato respondit corde Latinus; le calme et la majesté du maître des dieux . Vultu quo cœlum tempestatesque serenai, Oscula libatiit nats;
la langueur de la mort, quand Prïam expire ; Ut regem squœvtim crudeli vulnere vidi Vitam exhalantem; '
le deuil des Troyennes qui, fatiguées de leurs longs voyages, promènent sur l'immensité des flots leurs yeux humides :
Atproml in soin sécrétas Troades acta, Amissum Anchisen ftebant, cunclsque profundum Ponlum adspectabant fientes;
l'abattement du laboureur qui a perdu un taureau et le découragement de l'animal qui survit à son frère :
Il tristis aralor, Mairentem abjungens fraterna morte juvencum.
On croirait, dit un critique, partager la fatigue d'Hercule, qui a tenté trois fois vainement de pénétrer dans l'antre de C'acus :
Ter saxea tentât Limina nequidquam; ter fessus valle resedit.
Il semble voir le pénible travail du laboureur :
Agricola, incurva terrant molihts aratro, Exesa inveniet scabra rubigine pila;
les efforts des matelots :
Adnixi targuent spumas, et cssrula verrunt; et ceux des cyclopes :
llli inler sese mirfta vi brnehia toliuni. Enfin, comme dernier trait au tableau que font les fervents admirateurs de la poésio antique des merveilleux effets du spondée, ils ajoutent que ce pied peint admirablement L'éternité du supplice dans l'exemple suivant :
Sedel, xternumque sedebit Infelix Thesçus.
SPONDIACÉ, ÉE adj. (spon-di-a-sé — rad.
spondias). Bot, Qui ressemble ou qui se rapporte au spondias.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre spondias, et réunie par plusieurs auteurs, comme simple tribu, à la famille des térébinthacées.
— Encycl. La famille des spondiacées renferme des arbres à feuilles iuiparipennées, alternes, dépourvues de stipules. Les fleurs, diclines par avoitement, petites et peu apparentes, sont groupées en panicules ou en épis axillaires et terminaux. Elles présentent un calice de trois à cinq divisions, rarement davantage; une corolle d'un nombre égal de pétales ; des étamines en nombre double, insérées sur un disque qui tapisse le fond de la fleur ; un ovaire à plusieurs loges uniovulées, surmonté d'un nombre égal de styles libres ou plus ou moins soudés et terminés chacun par un stigmate simple. Le fruit est un drupe à noyau présentant deux à cinq loges, dont chacune renferme une graine à em-
SPON
bryon dépourvu d'albumen. Cette famille, oui a des affinités avec les térébiuthacées, comprend les genres spondias, sclérocarye et poupartie. Les espèces qui la composent croissent dans les régions tropicales.
SPONDIAS s. m. (spon-di-ass). Bot. Genre d'arbres, type de la famille des spondiacées, dans les régions tropicales : Le spondias jaune appartient aux Antilles, où il porte le nom de monbin. (P. Duehartre.)
— Encycl. Les spondias sont des arbres à feuilles alternes, imparipennées, et à fleurs polygames, blanches ou rouges, groupées en panicules axillaires ou terminales; le fruit est un drupe charnu, dont le noyau, fibreux ou épineux en dehors, est divisé en cinq loges monospermes. Ce genre comprend un petit nombre d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales. Le spondias doux, vulgairement nommé arbre de Cytlière, est un arbre de moyenne grandeur, à feuilles imparipennées, composées de onze ou treize folioles oblongues, aiguës, dentées, et à fruits en grappes, du volume d'un citron ordinaire. -11 croît abondamment dans les lies de la Société, d'où il a été importé à l'Ile Maurice. Sa culture est des plus faciles ; il se propage de graines et de boutures et se reproduit naturellement avec une facilité qui le rend incommode pour les cultures voisines. Son bois est blanc, mais dur; les naturels l'emploient pour faire des pirogues. Son écorcé laisse écouler un suc résineux qui se concrète au contact de l'air et sert à calfater les embarcations. Ses feuilles servent, dans les préparations culinaires, aux mêmes usages que celles de l'oseille. Son fruit, connu sous le nom vulgaire de pomme de Cythère, aune saveur agréable, un peu acidulé, qu'on a comparée à celle de la pomme reinette. On le mange cru ou cuit, en prenant les précautions nécessaires pour ne pas se piquer au noyau ; on en fait aussi d'excellentes confitures. Au Malabar, on prépare une sorte de pain avec la racine du spondias amer, qu'on emploie aussi en fumigations toniques. Dans la Sénégambie, on retire de l'huile de l'amande du spondias birrea, et de sa pulpe une boisson fermentée alcoolique. Le spondias eirouelle croit aux Antilles; il se propage avec une facilité qui le fait rechercher pour faire des haies; son fruit est comestible. C'est encore à ce genre qu'appartient le moni/in. Y. ce mot.
SPONDYLALGIE s. f. (spon-di-lal-jî — de spondyte, et du gr. aigos, douleur). Ane. pathol. Douleur de la colonne vertébrale.
SPONDYLALGIQUE adj. (spon-di-lal-ji-ke — rad. spondylalgie). Pathol. Qui appartient à la spondylalgie.
SFONDYLARTHROCACE s. f. (spon-di-lartro-ka-se — du gr. spondylos, vertèbre, et de arthrocace). Pathol. Inflammation des surfaces articulaires des vertèbres.
SPONDYLE s. m. (spon-di-le — lat. spondylus, gr. spondutos, vertèbre). Anat. Ancien nom des vertèbres, et particulièrement de la deuxième vertèbre cervicale.
— Antiq, gr. Boule de cuivre qui servait à exprimer les suffrages.
— Mamm. Nom donné à des vertèbres fossiles de mammifères : Ji y a bien d'autres sortes de spondyles. (V. de Bomare.)
— Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des prioniens, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe Centrale et l'Amérique du Nord,
— Moll. Genre de mollusques acéphales, de la famille des pectinides, comprenant plusieurs espèces, dont le type habite ia Méditerranée : Les spondyles se trouvent fossiles dans les terrains secondaires et tertiaires. (Dujardin.)-ies mœurs des spondyles ne diffèrent guère de celles des huîtres. (H. Hupé.)
— Encycl. Entom. Les spoîidyles sont caractérises par un corps convexe et assez court; les antennes courtes, aplaties, presque moniliformes, insérées près des yeux; les mandibules arquées, assez robustes, pointues, dentées; les palpes maxillaires un peu plus longues que les palpes labiales; la lèvre inférieure bifide; le corselet convexe, presque globuleux, mutique; les élytres presque linéaires, avec un léger rebord latéral ; les jambes droites. Ce genre ne comprend que trois espèces , dont les mœurs rappellent celles des priones. Le spondyle bupreste est long de 0m,Ol&, noir, ponctué, avec deux lignes élevées sur chaque élytre. On le trouva dans les forêts de l'Europe centrale; lalarvo et l'insecte parfait vivent dans l'intérieur des arbres résineux. Le spondyle allongé atteint 0m,02 et n'a pas de lignes élevées sur les élytres. Il habite l'Autriche. Le spond;/le apifarme vit sur la côte occidentale de l'Amérique du Nord.
— Moll. L'animal des spondyles a le corps plus ou moins comprimé, enveloppé dans un manteau non adhérent, ouvert dans toute sa partie inférieure et garni dans tout son pourtour d'une double rangée de cirres tentaculaires; le pied est rudimentaire et dépourvu de byssus a la base de l'abdomen ; l'ouverture buccale est inunie de lèvres très-épaisses et frangées. La coquille est solide, épaisse, adhérente, plus ou moins hérissée, uiu-ii'iilée, à rrorhets inégnux, a valves itiù- .
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gales, la valve droite ou inférieure fixée, beaucoup plus profonde que la valve gauche, et à sommet aplati, s'accroissant avec l'âge et formant une Sorte de talon ; la charnière est ovale et longitudinale, et le ligament interne et court. Ce genre est intermédiaire entre !es huîtres et les peignes; il ressemble aux premières par l'absence de byssus, aux seconds par les bords du manteau frangés et munis d'organes en forme de boutons oaillés, par sa coquille assez régulière et munie d'oreillettes cardinales. Mais it se distingue des unes et des autres par une charnière trèspuissante et très-solide, dont les diverses parties s'articulent entre elles de telle sorte, que, dans quelques espèces, il est impossible de séparer les valves sans briser quelques parties de cette charnière.
« La structure des coquilles de ce genre, dit M. Hupé, est assez remarquable et surtout fort importante pour la connaissance de certains fossiles que l'on avait considérés pendant longtemps comme des genres distincts et qui ne sont réellement que ces spondyles f>\\is ou moins altérés parla fossilisation. En effet, le test de ces coquilles est formé de deux couches de nature différente : l'une extérieure, plus ou moins colorée, de laquelle sont formées les épines ou les lames qui hérissent la coauille; l'autre intérieure, plus épaisse que 1 externe, surtout vers les crochets, et toute blanche. Cette disposition des deux couches des spondyles sert h expliquer quelques particularités de leur fossilisation. Ainsi, dans certaines circonstances, la couche extérieure se conserve intacte, tandis que l'interne est détruite; de cette dissolution de la couche interne résulte nécessairement la disparition de la charnière, ainsi que la surface triangulaire du talon, et il ne reste plus à la place d'une coquille complète que sa couche corticale dénuée des caractères du genre auquel elle appartenait. ■
Ce genre comprend un assez grand nombre d espèces vivantes ou fossiles. Elles sont généralement d'assez grande" taille, épineuses ou couvertes de côtes rayonnantes du sommet à la base des valves. Ces rayons, suivant les espèces, sont couverts d'aspérités, d'épines ou de lames variables en nombre et en élévation ; les épines ou aspérités sont tantôt lisses, arrondies et presque cylindriques, tantôt aplaties, anguleuses ou spatutées, quelquefois foliacées. Les formes variées et bizarres de ces coquilles en font un des plus. beaux genres de bivalves; aussi sont- elles très- recherchées des amateurs. Quelques espèces sont rares et ont atteint autrefois des prix très-considérables. Il faut dire aussi que les couleurs sont très-belles dans les espèces actuellement vivantes.
On connaît peu les mœurs de ces dernières; mais elles ne paraissent pas différer sensiblement de celles des huîtres et des peignes. Les spondyles vivent constamment attachés aux rochers ou aux autres corps sousmarins et le plus souvent fixés les uns sur les autres. On les mange comme les huîtres ; mais leur chair esc moins délicate et, par conséquent, moins estimée. On les appelle vulgairement huîtres épineuses. Les Grecs désignaient ces coquilles sous les noms do spondulos, à cause de la force de leur ligament et des apophyses de la charnière, ou de trachelos, qui signifie vertèbre.
L'espèce la plus connue est le spondyle pied d'âne; cette coquille atteint la longueur de 0"1,10; sa valve droite ou inférieure est adhérente et blanchâtre, terminée par un talon très-développé, tandis que l'autre est plus plate et d'une couleur qui varie-de l'orange au lie de vin foncé; toutes deux sont hérissées de grandes épines. On trouve cette espèce dans la Méditerranée et dans l'océan Indien; elle se rencontre aussi a, l'état fossile dans les terrains tertiaires de l'Italie. Le spondyle royal est la plus grande espèce du genre; il atteint jusqu'à ûm,50 de longueur. Le spondyle d'Amérique est très-recherché u cause de la longueur de ses épines. Les espèces fossiles sont répandues dans les terrains secondaires et tertiaires; parmi cellesci, on remarque surtout le spondyte râpe, ainsi nommé à cause de ses valves rudes au toucher. On le trouve à Giignon.
SPONDYLIDE s. m. (spon-di-li-de). Entom.
Syn. de SPONDYLE.
SFONDYLIS s. m. (spon-di-liss). Entom.
Syn. de spondyle.
SPONDYLITE s. m. (spon-di-li te). Entom. Syn. de spondyle.
SPONDYLITE s. f. (spon-di-li-te — rad.
spondyle). Pathol. Inflammation des vertèbres.
SPOMDYLOCLADE s. m. (spon-di-!o-klade — du gr. spondulos, spondyle ; klados, rameau). Bot. Genre de plantes, de la famille des champignons.
SPONDYLOCLADIE s. f. (spon-di-lo-kla-dl — du gr. spondulos, spondyle; klados, rameau). Bot. Genre de champignons, de la tribu des mènisporés, comprenant des espèces qui croissent sur les végétaux décomposés.
SPONDYLOÏTE s. m. (spon-di-lo-i-te ), Moll. Syu. de spondylolitk.
SPONDYLOLITE s. m. (spoil-di-lo-îi-te — du gr. spondulos, vertèbre ; litfios, pierre).
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Moll. Nom .donné à des portions détachées d'ammonites ou de nautiles fossiles, qui, par leurs bords sinueux, offrent quelque ressemblance avec des vertèbres.
SFONDYLOSAURE s. m. (spon-di-lo-sô-re
— du gr. spondutos, vertèbre; sauros, lézard ). Erpét. Genre de reptiles fossiles, connu seulement par quelques vertèbres dorsales, qui réunissent ies caractères des ichthyosaures et ceux des plésiosaures, et qui ont été trouvés aux environs de Moscou.
SPONDYLOZOAIRE s. m. (spon-di-lo-zoè-re — du gr. spondulos, vertèbre ; zôon, animal). Zool. Nom donné par Eichwald aux animaux vertébrés.
SPONDYLURE s. m. (apori-di-lu-re — du gr. spondulos, vertèbre ; aura, queue). Erpét. Genre de reptiles sauriens, formé aux dépens des scinques.
SPONGIAIRE adj. (spon-ji-è-re — du lat.
spongia, éponge). Zooph. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'éponge.
— s. m. pi. Classe de zoophytes, comprenant les éponges et toutes les productions animales qui leur ressemblent.
— Encycl. Les spongiaires, que nous avons suffisamment étudiés à propos des éponges, forment une classe de zoophytes assez mal définie. En 1786, Guettard divisa les spongiaires en sept genres : éponge, mane, trage, pinceau , agare , tougue et linze.
De Blainville a augmenté le nombre des genres. Il en admet vingt : les alcyoncelles, Tes éponges fibreuses, les calcisponges àspicules calcaires, les halisponges à spieules siliceux, les spongilles ou éponges fluviatiles, les géodies, les eoelopticbiums, les siphonies, les myrmèciums, les scyphies, les eudéas, les hallirhoées, leshippalimies, les cnémidiums, les lymnorées, les chènendopores , les tragos, les manons, les iérées, presque tous fossiles ii partir du neuvième, et enfin les téthiums ou oranges de mer.
J. Hogg a donné une nouvelle classification des spongiaires. Il les confond sous le nom d'épongés et les divise en éponges subcornées, subcornéo-siliceuses, suboartilaginéo-calcaires, subcartilaginéo-siliceuses et subéro-siliceuses.
SPONGIÉ, ÉE adj. (spon-ji-é). Zooph. Syn.
de SPONGIAIRE.
SPONGIEUX, EUSE adj. (spon-ji-eu, eu-ze
— du lat. sponyia, éponge). Qui est semblable à une éponge, poreux comme l'éponge : Le poumon est spongieux. La rate est de substance spongieuse. Il Qui s'imbibe, qui retient les liquides comme une éponge : La pierre ponce est spongieuse. Le sol spongieux tremblait autour de nous, et à chaque instant nous étions près d'être engloutis dans les fondrières. (Chateaub.)
— Anat. Tissu spongieux, Tissu qui forme la presque totalité des os courts et les extrémités des os longs. Il Os spongieux, Ethmoïde.
— Fig. Qui o la faculté de s'assimiler les objets extérieurs : Il y a des esprits spongieux qui prennent toutes les impressions qu'on leur présente. (La Rochef.)
SPONGIFORME adj. (spon-ji-for-me — du lat. spongia, éponge, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme, l'aspect d'une éponge.
SPONGILLE s. f. (spon-ji-lle ; Il mil. — dimin. du lat. spongia, éponge). Zooph. Genre de spongiaires, formé aux dépens des éponges, et dont 1 espèce type vit dans les eaux douces : La substance vivante se soulève à la surface de ta spongille. (Dujardin.)
— Encycl. Les caractères différentiels attribués aux espèces ne sont que des phases parcourues par un même individu. En effet, suivant la saison et suivant l'habitat où la spongille s'est développée , les caractères changent. A son début, elle est verte, plucheuse, toute pénétrée de spieules, formant sur les corps submergés des couches peu convexes, molles et drapées. Plus tard, de cette masse formant base , il s'élève des branches plus ou moins rameuses, larges de on>,006 à om,008 et longues de 0m,06 à 0"i,lo. A l'arrière-saison enfin, la couleur devient grisâtre, et la spongille se remplit de corps reproducteurs globuleux jaunâtres, semblables à de petites graines et destinés à reproduire l'année suivante d'autres spongilles. Les spongilles ont cependant, en été et au printemps, deux autres modes de reproduction : l'un consiste en une sorte de division spontanée ; l'autre s'effectue par des corps reproducteurs ovoïdes, diaphanes, revêtus de cils vibratiles que l'on avait pris précédemment pour des infusoires. Un des travaux les plus intéressants que l'on ait sur les spongilles est dû à M. Laurent. Ce naturaliste u montré comment la substance vivante se soulève h. la surface de la spongille en tubes d'abord fermés et qui, après s'être ouverts à l'extrémité, deviennent le siège d'un courant. Beaucoup de naturalistes, parmi lesquels Gray et Linck, avaient rangé la spongille dans le règne végétal. D'après les observations récentes et ce que nous venons d'en rapporter, il est clair qu'une semblable opinion ne peut pius être soutenue.
M. II. Lecoq a trouvé dans le lac Pavin, en Auvergne, une grande spongille qu'il regarde comme appartenant aune espèce uou-
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velle se rapprochant de la spongille des grands lacs du Nord. Ayant, à cette occasion, étudié plusieurs de ces êtres, il n'y n jamais reconnu la couleur verte signalée par la plupart des auteurs. Quand les masses spongillaires offraient cette nuance sur un point de leur périphérie ou sur toute leur surface, le microscope a fait reconnaîtra que cette couleur était due à des algues d'eau douce. La plupart des individus observés étaient blanchâtres dans leur jeunesse et fauves à l'état adulte. Un fait Dion remarquable, c'est la tendance qu'ont les spongilles a se réunir, à se grouper et a mettre en quelque sorte leur vie en commun ; c'est à peine si l'on peut parvenir à reconnaître les individus isolés. Cette soudure s'opère soit par la simple extension et la fissiparité des individus, soit parjes germes ou embryons qui se développent dans le tissu même où ils ont pris naissance, soit enfin par la fixation des embryons mobiles sur des points très-rapprochés. Chez aucune espèce ce caractèro n'est plus marqué que dans la spongille du lac Pavin.
On ne peut mettre en doute, dit M. Lecoq, que la reproduction des spongilles n'ait lieu de deux manières principales. D'abord, c'est par l'extension de la partie animale glaireuse, dans laquelle se forment ies spieules; c'est ainsi que l'apparition d'une spongille sur une branche ou sur un rocher détermine bientôt son extension dans tous les sens; la spongille gagne de proche en proche, à la manière des lichens et des mousses. Puis, quand l'être est adulte, on voit paraître, trèsprès de la surface où il est attaché, et fixés à des masses de spieules, de petits corps arrondis très-nombreux et qui sont les véritables organes de ia reproduction ; mais l'expression d'œufs, employée pour les désigner, paraît tout à fait impropre.
Quant à la nature de ces êtres, k leur degré d'animalité, au rang qu'ils doivent occuper dans l'échelle des êtres, les savants ne sont pas d'accord. M. Lecoq pense qu'on doit les placer, avec les éponges, au dernier rang de la série animale. Il est remarquable, en effet, de voie, sur de larges surfaces converties en spongilles, ces dépressions régulières formées par l'arrangement des spieules, arrangement souvent quinaire, qui laisse prévoir déjà les formes symétriques ou pentagonales'des échinodermes. Les spongilles se plaisent toutes dans les eaux froides, renouvelées ou souvent agitées, des lacs et des rivières, dans les régions tempérées et septentrionales. Quant ù la distinction des espèces, la science est loin d'avoir dit k cet égard son dernier mot, et ce sujet demande de nouvelles études.
SPONGINE s. f. (spon-ji-ne — du lat. spongia, éponge). Chim. Substance fibreuse do l'éponge. *
SPONGIOBBANCHE s. m. (spon-ji-o-branche — de spongieux, et de branchies), Moll. Genre de mollusques ptéropodes, de la famille des pneumodennides.
SPONGIOCARPÉ, ÉE adj. (spon-ji-o-karpô — du^gr. spoggion, éponge ; karpos, fruit). Bot. Qui a des fructifications de structure spongieuse.
— s. f. pi. Groupe d'algues, formant une section de la tribu des cryptonémées.
SPONGIOLE s. f. (spon-jio-le — dimin. du la,t. spongia, éponge). Bot. Petit organe analogue à une éponge, et propre à absorber et à transmettre l'humidité : La spongiole n'est point un organe distinct du corps de tu radicelle. (T. de Berncaud.)
— Encycl. On a désigné sous ce nom des organes analogues, par leur structure, à de petites éponges, et très-facilement perméables à l'humidité qu'ils absorbent, sans qu'on puisse, même aveu les plus forts grossissements, y apercevoir des pores. On l'applique surtout aux spongioles radicales, et on a pensé que ces organes, Situés à l'extrémité des racines, avaient pour fonction habituelle de puiser dans le sein de la terre les éléments nutritifs propres à ia végétation et de débarrasser toutle système inférieur de laplante des sécrétions inutiles formées durant l'élaboration et le développement. Cette théorie est aujourd'hui abandonnée, et le mot spongiole lui-même est rarement employé. Dans tous les cas, ce qu'on désigne sous ce nom constitue, non pas un organe distinct, mais simplement l'extrémité des radicelles, qui, formée d'un tissu cellulaire plus jeune, pius récent et non recouvert par l'épidémie, so trouve dans les meilleures conditions pour l'endosmose.
SPONGIOLITHE s. f. (spon-jt-o-li-te — du gr. spoggion, éponge; lithos, pierre). Zooph. Espèce de polypier fossile des environs do Boulogne-sur-Mer.
SPONGIONs. m. (spon-ji-on — du gr. spoggion, éponge). Ane. médec. Préparation que l'on croyait propre h pomper la sérosité dana les hydropysies.
SPONGIOSITÉ s. f. (spon-ji-o-zi-cé — du lat. sponyia, éponge). Qualité de ce qui est spongieux : La spongiosité d'un tissu.
SPONGIPÈDE adj. (spon-ji-pè-de — du lat. spongia, éponge ; pes, pedis, pied). Entom. Qui a les pieds comme spongieux.
— s." m. pi. Syn. de héi>uviitks, groupe d'insectes hémiptères.
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SPONGIPHORE s. m. (spon-ji-fo-re — du gr. spoggion, éponge; phoros, qui porte). Entom. Syn. de psalidophore, genre d'orthoptères.
— s, m. pi. Syn. de proscopides, tribu d'insectes orthoptères.
SPONGITE s. m. (spon-ji-te — dulat. spnngia, éponge). Géol. Nom donné à des polypiers fossiles on à de simples concrétions pierreuses ressemblant plus ou moins aux éponges : Le SPONGITE n'est qu'une incrustation formée dans l'eau sur des végétaux. (V. an Bomare.)
SPONGOBRANCHE s. m. (spon-go-bran-
Chft). Moll. V. SPONOIOBRÀNCHB.
SPONGOCARPB s. m. (spon-go-kar-pe — du gr. spoggos, éponge; karpos, fruit). Bot. Genre d'algues, formé aux dépens des sargasses, comprenant trois ou quatre espèces, 3ui vivent dans les mers de la Chine et du apon."
SPONGODION s. m. (spon-go-di-on — du gr. spogi/otlês, semblable à une éponge). Bot. Genre d'algues globuleuses ou cylindriques, spongieuses, formé aux dépens des fuous, et voisin des ulves : Les spongodions sont d'un très-beau vert foncé. (F. Foy.)
SPONGOÏDE adj. (spon-go-i-de — du gr, spojtgos, éponge ; eidos, aspect). Hist. nat. Qui a l'apparence de l'éponge.
— Pafhol. Os spongoïde, 03 rachitique, qui prend une apparence spongieuse.
SPONGOPE s. m. (spon-go-pe — du gr.
spoggos, éponge; pous, pied). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des barpaliens, dont l'espèce type vit aux Etats-Unis.
SPONGOPODE s. m. (spon-go-po-de — du gr. spoguos, éponge; pous , pied). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille desseutellériens, rfibii des pentatomites, dont l'espèce type habite l'Inde.
SPONIA. s. m. (spo-ni-a). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des eeltidées ou des ulinacées, formé aux dépens des micocouliers, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Asie tropicale et les lies voisines et dans l'Amérique centrale.
SPONNECK ou SPONECK (Guillaume-Charles, comte nu), homme d'Etat et économiste danois, né à Ringkiœbing en 1815, d'une famille originaire de la Silésie. Après avoir terminé ses études à Sporo en Zélande, il se rendit à Paris, où il se livra à l'étude de l'économie politique. De retour dans sa patrie, il siégea dans l'administration des douanes et diras la chambre de commerce. Il fit paraître alors Son ouvrage intitulé : les Douanes du Danemark (Copenhague, 1840, 2 vol.). Comme membre de la commission de statistique, le comte deSponneek a rédigé huit Tables statistiques. En 18-15, il obtint le portefeuille des finances. En 1856, sous le ministère Cfirsted, il fut accusé, avec ses coministres, d'avoir ordonnancé des payements sans y avoir été autorisé par la Chambre et tomba du pouvoir. En 1863, il accompagna le roi Georges en Grèce. Il ne s'y fit point aimer et dut quitter ce pays en 1866.
SPONSALIES s. f. pi. (spoïl-sa-ll — lat. sponsalia; de sponsus, époux). Antiq. Fiançailles, épousailles chez les Romains.
— Encycl. Elorentinus définit ainsi les sponsaties (Digeste, XXIH, tit Ie"") : « Sunt mentio et repromissio nuptiarum futurarum, Un avertissement et une promesse réciproque de noces futures. » Les sponsalies furent d'un usage fréquent, mais telles ne constituaient pas une formalité nécessaire. Un passage qui nous a été conservé du livre de ServiusSulpicius Rufus sur les dots [De dotibus) , et que l'autorité de ce jurisconsulte rend très-précieux, nous fait connaître en quoi consistaient les sponsalies. C'était, selon lui, un contrat, d'un côté, par stipulations ou conditions, et de l'autre par promesses. Le futur mari posait les conditions; celui qui donnait la femme en mariage faisait les promesses.
Après les spoitsalies, l'homme qui s'engageait à se marier était appelé sponsus, c'est-à-dire promis ; la future épouse était aussi appelée promise, sponsa. Ainsi, dans l'Eunuque de Térence (V, vm) :
Sois tponsam mihi ?
« Sais-tu qu'elle m'est fiancée ? » Chacune des deux personnes, parties au contrat, possédait le droit d'actionner celui qui refusait de l'exécuter et pouvait réclamer contre lui des dommages-intérêts, que le juge fixait selon ce qui lui semblait équitable. « Telle était, dit Seivius, la législation des sponsalies k l'époque où la loi J ulia donna le droit de cité à tout le Latium. » De la nous pouvons conclure qu'il y fut apporté plus tard des changements, mais nous ignorons en quoi ces changements consistèrent.
Les sponsalies ne liaient pas les parties quand elles étaient l'une et l'autre d'accord pour rompre le contrat. Dans le cas où une personne se trouvait engagée en même temps par deux sponsalies, elle était notée d'infamie, comme le faussaire, comme le voleur, comme la femme adultère. On pouvait être lié par sponsalies dès l'âge de sept ans. Une ordonnance d'Auguste, qui fut probablement comprise dans la loi Julia et Pappia, déclarait que les sponsalies n'auraient plus de valeur
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si elles n'étaient pas suivies dn mariage dans un intervalle de deux ans ; toutefois cette ordonnance ne fut pas toujours observée. Il arrivait souvent que les conditions et les promesses constituant les sponsalies étaient inscrites sur un registre public et scellées du cachet de chaque partie. Le fiancé offrait à sa future femme un anneau de fer uni qu'on nommait pronubum et qu'elle portait au deuxième doigt de la main gauche. Il lui donnait aussi quelques pièces d'or ou d'argent, appelées ■ arrhes des fiançailles, aïrha sponsalitia, »et connues aussi sous le nom de« donation en vue des noces, propter nuptias donalio. • On choisissait pour les sponsalies un jour de beau temps, un jour dans lequel brillât le soleil ; c'eut été de mauvais augure, pour ce contrat et pour le mariage lui-mèine, de les faire en un jour d'orage ou par un ciel nébuleux.
SPONSOR s. m. (spon-sor — mot lat. qui signif. épouseur). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, section des malacodermes, tribu des buprestides, comprenant huit espèces , qui habitent l'île Maurice, •
SPONT s. m. (spon). Min. Canal de bois à l'aide duquel on opère le transbordement de la houille.
SPONTANÉ, ÉE adj. {spon-ta-né — lat.
spontaneus ; de sponte, de son propre mouvement). Qui est libre, volontaire; qui n'est pas provoqué; que l'on fait, que l'on dit de son propre mouvement : Action spontanée. Réponse spontanée. La. perception par les sens est le premier acte Spontané de l'enfance. (M"» Moumarson.) Il Qui n'a rien d'artificiel; qui se produit naturellement, par la seule force des choses : L'instinct est l'expression spontanée de la nature de chaque être. (L'abbé Hautain.) Aujourd'hui encore, dans quelques portions de l'humanité qui continuent l'état spontané, il se produit des mythes comme aux anciens jours. (Renan.) L'art, primitivement identique avec l'instinct natif, SPONTANÉ, indélibéré, s'en distingua peu à peu. (Lamenn.) Toute révolution, pour être efficace, doit être spontanée. (Proudh.)
— Qui a de la spontanéité, une extrême promptitude d'action : Les Celtes étaient simples et spontanés. (Michelet.)
— Physiol. Se dit des mouvements qui s'exécutent d'eux-mêmes ou sans cause extérieure apparente : Les mouvements du cceur, du cerveau, des artères sont des mouvements spontanés! (Acad.) Il Génération spontanée, Génération produite sans l'intervention d'aucun germe ou ovule : On regarde généralement la thèse de ta génération spontanée comme favorable à la cosmogonie dite matérialiste. (C. Renouvier.)
— Médec. Evacuation spontanée, Celle qui n'est pas provoquée par un remède ou une manœuvre opératoire, il Lassitude spontanée, Celle qui ne résulte d'aucun travail. Il JUaladie spontanée, Celle qui n'a point de cause apparente.
— Bot. Se dit des plantes qui croissent naturellement dans un pays, Sans y avoir été introduites par l'homme ou par une cause accidentelle : Le noyer est originaire de la Perse et spontané dons les régions au sud du Caucase. (Martins.)ie cultivateur a besoin de lutter sans cesse contre les plantes spontanées du sol. (M. de Lombasle.)
— s. m. Philos. Acte spontané : Le spontané est à la fois divin et humain. (Renan.)
— Encycl. Génération spontanée. V. génération.
SPONTANÉITÉ s. f. (spon-ta-né-i-té — rad. spontané). Caractère de ce qui est spontané : L'amour nait de la spontanéité, c'est une improvisation. (H. Murger.) Le mouvement est la forme de toute spontanéité.
(Proudh.) La spontanéité est essentiellement libre, bien qu'elle ne soit accompagnée d'aucune délibération. (V. Cousin.) Le peuple représente les instincts du cœur humain dans toute leur spontanéité. (Renan.) La dévolution française montré sous toutes ses faces la spontanéité du génie français. (T. Ilelord.) Le propre de la. délibération, c'est d'éteindre la spontanéité. (E. de Gir.)
— Pathol. Spontanéité morbide, Apparition de Iroubles fonctionnels auxquels on ne peut attribuer d'autre cause connue que le jeu des fonctions elles-mêmes.
— Encycl. Le langage philosophique oppose la spontanéité à la reflexion. Le spontané est, en général, ce qui vient de l'être même et de sa propre initiative, au lieu de venir a la suite de réflexions qui peuvent avoir été suggérées par des faits extérieurs. Tonte action qu'une personne entreprend ou fait d'elle-même sans y être contrainte, ni obligée, ni sollicitée, ni conseillée, est dite spontanée ; cela signifie que cette personne agit de son propre mouvement, et ces deux expressions sont synonymes. Les êtres qui se-meuvent ou qui agissent spontanément le font eu vertu de leur nature; leur mouvement, leur action s'échappe en quelque sorte de leur nature même, sans que leur intelligence et leur volonté prévenues leur en rendent compte. Quand une expresse volonté, précédée de l'intelligence, commande un acte, il est dit réfléchi. Voir estl'acte spontané du sensde la vue ; regarder en est l'acte réfléchi. De même entendre et écouter, etc. Toutes les actions que nous in-
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spircnt nos inclinations et nos appétits peuvent se faire naturellement et comme malgré nous, par nous et sans nous en quelque sorte ; elles peuvent se faire de notre expresse volonté, pour des motifs que nous avons en vue : spontanéité dans le premier cas; réflexion dans le second.
Quoique l'acte spontané ne soit pas proprement un acte réfléchi, il est libre, puisque, étant produit par des dispositions intérieures dont l'ensemble constitue le caractère propre de la personne, il n'est ni imposé ni même suggéré par aucunejnfluence extérieure. L'auteur de cet acte en est moralement responsable, et il serait mal venu k dire qu'il l'a fait sans savoir, sans se rendre compte qu'il le faisait. L'homme qui se laisse uller peu à peu à contracter des habitudes vicieuses se rend par là même et d'avance coupable de toutes les mauvaises actions que ces habitudes lui feront commettre. Celui qui, au contraire, fait le bien spontanément, sans prendre le temps de réfléchir, n'en a que plus de droits à notre reconnaissance; car cette spontanéité même nous promet pour l'avenir d'autres bienfaits.
SPONTANÉMENT adv. (spon-ta-né-man — rad. spontané). D'une manière spontanée : L'éloquence est un fruit des révolutions ; elle y croit spontanément et sans culture. (Chateaub.) L'innocence produit spontanément la naïveté. (Ë. Alletz.) L'eau s'évapore sponta- NÉMKNTaans levide. (F. Pillon.) Les fortes sympathies se révèlent spontanément. (M'»e Reybaud.) L' homme jouit des biens que lui prodigue spontanément la nature. (Poitalis.) La raison se développe de deux manières: ou spontanément, ou ré/lexivement. (V. Cousin.) Le langage a été créé par toutes tes facultés humaines agissant spontanément. (Renan.)
SPONTÉPARISTE s. m. (spon-té-pa-ri-ste — du lat. sponte, spontanément; pario, j'enfante). Physiol. Partisan de la génération spontanée, il Peu usité.
SPONTINI ou SPONTONE(Cyrus), historien et poète italien, né à Bologne vers 1552, mort dans la même ville en 1610. Successivement secrétaire de l'archevêque de Ravenne, de l'évéque de Policastro, de Jacques de Savoie, de Charles Emmanuel 1er, il devint, en 1602, secrétaire du sénat de Bologne. Parmi ses nombreux écrits, on cite : Nereo, poëme (Vérone, 1588, in-4°); // Bothigaro (1589, in-40); Corona del principe (1590, in-4°); Ercole defensore di Omero (1595, in-8°); Dodici libri del governo di stato (1600, in-4°); Azioni de re dell' Ungaria (1602, in -fol.); Storia delta l'ransilvania (1638, in-4°).
SPONTINI (Gaspare-Luigi-Pacifico), compositeur italien, né à Majolati, marche d'Ancône, le 15 octobre 1779, mort a Jesi le 24 janvier 1851. Destiné à la prêtrise par son père, qui avait peu de ressources et plusieurs entants, il fut placé tout jeune chez un de ses oncles, qui était curé à Jesi. Là, il reçut des leçons de musique d'un facteur d'orgues et montra de telles dispositions musicales que sa famille consentit à lui donner des maîtres, puis l'envoya, en 1793, compléter ses éludes à Naples, au conservatoire de la PietàdeTurchini. Sous la direction de Sala et de Tritta, Spontini lit de rapides progrès, devint répétiteur au conservatoire et se mit à composer des morceaux de musique, des oratorios, des cantates, etc. Le directeur d'un théâtre de Iionie, ayant entendu quelques-uns de ces morceaux, lut frappé du talent du jeune homme et lui proposa d'écrire la musique d'un opéra. Spontini accepta, s'échappa, du conservatoire ei se rendit à Rome, où il fit représenter avec succès, le 26 décembre 1796, / Puniigli délie donne. Lorsqu'il revint à Naples, Piccinni s'interposa pour lui faire rouvrir les portes du conservatoire et lui donna d'utiles conseils. Dés l'année suivante, Suontini lit jouer Gli amanti in cimento, à Rome ; l'Isola disabitata,'& Parme; X Eroismo riflieolo, à Naples, D'une extrême fécondité, ildonna successivement encore :Il Finto pittnre, à Rome; Teseo riconosciuto, à Florence ; Chi piu guardameno vede, dans la même ville ; la Fuga in maschera, à Naples (1798); YAmore segr»to, à Naples; la Fiuta fitosofa (1799), qui obtint un vif succès dans la même ville. En 1800, la cour de Naples s'étant réfugiée à Païenne, Spontini alta l'y rejoindre et, tout en donnant des leçons de chant, il écrivit plusieurs opéras : OU Ëiisi delusi; L Quadriparlanti et 11 Finto piltore. L'année suivante, il se rendit à Rome, où i) fit représenter 11 Geloso audace, puis passa à Venise en 1802 et y composa successivement la Principessa d'Amatfi, pour la célèbre cantatrice Moriehelli, et Le ÂJetamorphosi di Pasquale. En quittant cette ville, Spontini retourna à Naples, puis partit pour la France, séjourna pendant quelque temps à Marseille et arriva en 1803 à Paris, où il devait sceller sa réputation.
Spontini se mit alors, pour vivre, adonner des leçons de ebant. Au mois de février 1804, le Théâtre- Italien donna avec succès son opéra intitulé la Fin ta filosofa. Au mois de mars suivant, Spontini donna a l'Opéra-Comique un petit opéra pn un acte, Julie, qui tomba à, plat, puis, au mois de juin, la Petite Manon, opéra-comique en trois actes, dont la première représentation ne put être achevée. Elleviou, le principal interprète de la pièce, ayant eu l'impudence de narguer une partie du publia qui sifflait, il s'ensuivit un
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tumulte indescriptible ; un grand nombre de spectateurs envahirent la scène en brisant tout, et la force armée dut intervenir pour faire évacuer la salle. Plein de confiance dans son talent, le compositeur ne se laissa point décourager par ce double échec. 11 se remit à l'œuvre; mais, vivement impressionné par l'audition de quelques-uns des chefs-d'œuvre de Gluck, il modifia a peu près complètement son style et sa manière, qui prirent un caractère d'ampleur essentiellement dramatique, et donna plus de correction et de vigueur à sa partie harmonique. La révolution qui s'opéra dans son talent commença à se manifester dans un petit opéra en un acte, ilfiZioii, représenté en novemhre 1804 et que le public accueillit avec faveur, Jouy, qui lui fournit le livret de cette pièce, se lia alors avec lui et écrivit le poème de \$.Vestale, qui devait être le chef-d'œuvre du compositeur. A cette époque, l'impératrice Joséphine le nomma directeur de sa musique particulière, ce qui lui permit de renoncer à ses leçons et de s'occuper d'écrire la Vestale avec une lenteur, avec un soin qui ne lui étaient point habituels. Sono3UVre,terminéeetreçueauGrand-Opéra, fut sur le point d'être enterrée avant d'avoir été jouée. Toutes sortes de tracasseries et d'objections furent suscitées à Spontini, tant, par l'administrateur du théâtre que par les principaux chanteurs et même par l'orchestre. Il fallut un ordre exprès de Napoléon pour que l'on commençât les répétitions, qui no durèrent pas moins d'une année. Enfin, le 25 décembre 1807, l'Opéra donna la première représentation delaVwlaie (v. ce mot), dont l'effet fut immense et le succès éclatant. Ce chef-d'œuvre de sentiment et de passion dramatique n'eut pas moins de cent représentations à Paris et fut joué sur toutes les grandes scènes de l'Europe. Enfin, l'Institut décerna à Spontini, devenu célèbre, un des grands prix décennaux. Sur la demande de Napoléon, le compositeur écrivit ensuite la musique de Fernaud Cortex (v. ce nom), dont Jouy composa également le livret. Cet opéra, qui renferme de grandes beautés, fut joué le 28 novembre 1809 et très-applaudi; mais il n'eut point le succès prolongé de la Vestale. L'année suivante, Spontini devint directeur du Théâtre-Italien de Paris. 11 s'entoura de brillants chanteurs, mais ne réussit pas et renonça à la fin de 1812 à une direction qui ne lui avait attiré que des ennuis de tout genre. Ce fut à la même époque (1811) qu'il épousa une nièce de Sébastien Erard, facteur de .pianos. Au début de la Restauration, Spontini perdit sa place de directeur de la cha- • pelle particulière et se remit à écrire pour la scène ; mais l'heure des grands succès était passée pour lui. Pelage ou le Bot et ta paix, opéra en deux actes, joué le Î3 août 1814 ; les Dieux rivaux, opéra-ballet, en collaboration avec Persuis et Kreutzer (21 juin 1816), passèrent inaperçus. En 1817, le directeur ayant voulu remettre a la scène les Danaîdes de Salieri chargea Spontini d'en rajeunir la partition et celui-ci y intercala un morceau de premier ordre, la bacchanale du troisième acte (1817). En ce moment, il se mit à travailler à un grand opéra en trois actes, sur le succès duquel il comptait vivement et pour la mise en scène duquel le directeur de l'Opéra dépensa des sommes considérables. Mais Ohjmpie,jouàe le 15 décembre 1819, fut accueillie avec une extrême froideur. La pièce étaic mal faite, les situations dramatiques péniblement amenées, et le compositeur gêné avait manqué de verve et de variété, bien qu'on retrouvât son talent dans quelques beaux morceaux. D'un tempérament nerveux et irritable, prompt au dégoût et au découragement, Spontini se trouvant mal compris à Paris quitta cette ville pour se rendre à Berlin (1820), où le roi de Prusse l'attira en le nommant maître de la chapelle royale, directeur général Je la musique et directeur de l'Opéra, avec 37,500 fr. d'appointements. Spontini tit représenter sur ce théâtre son Olympie, dont il modifia le troisième acte, puis Lalla Roukh, opéra-ballet (1&21); Nurmahal, grand opéra (1824); Atcidor, opéra-féerie (1825), et Agnès de ilohenstau/jen (18Ï9). Outre ces opéras qui n'ajoutèrent rien à su réputation, il eomposa divers morceaux, notamment le Chant du peuple prussien (1820) et un Hymne pour le couronnement de l^einpereur de Russie (1827). Spontini avait espéré que la grande position qu'il occupait à Berlin le mettrait à l'abri des ennuis qu'il avait éprouvés à Paris. Cette espérance ne tarda pas à être déçue, et son malheureux caractère, d'une extrême susceptibilité, trouva une nouvelle source d'amertume tant dans les rapports difficiles qu'il eut avec l'intendant général du théâtre royal, de Rœdern, que dans les critiques dont quelquesuns Je ses opéras turent l'objet. Un rédacteur de la Gazette de Voss, Rellstab, devenu son implacable ennemi, s'acharna particulièrement après lui. Non-seulement il attaquais compositeur dans des articles et des pamphlets, mais encore il prit l'homme à partie, et, se faisant l'interprète de compositeurs allemands furieux de la situation que Spontini occupait à la cour de Berlin, il l'accusa de s'opposer à ce qu'on jouât les œuvres des autres compositeurs et de tout faire pour les empêcher de réussir lorsqu'il était contraint de les faire jouer. Attaqué dans son honneur, Spontini s'adressa aux tribunaux et fit condamner Rellstab à quelques mois de prison. Ce procès, loin de mettre un terme aux atlaaue*
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dont l'auteur de la Vestale était l'objet ne fit que leur prêter un nouvel aliment. En 1830, l'engagement qu'il avait fait avec le roi de Prusse fut renouvelé pour dix ans; mais il obtint divers congés pendant lesquels il fit des voyages en Italie et en France, Ce fut pendant un de ses séjours à Paris, en 1839, que l'Académie des beaux-arts l'appela à faire partie de ses membres. . L'année suivante, Frédéric-Guillaume III mourut, Spontini fut vivement affecté de cette mort. Il renonça à renouveler son engagement et résolut de quitter définitivement Berlin pour retourner à Paris. Le nouveau roi, Frédéric-Guillaume IV, souscrivit à son désir, lui conserva ses titres et lui fit une pension de 16,000 francs. Après avoir fait un voyage au lieu de sa naissance et fondé à ses frais à Jesi une maison de retraite pour la vieillesse, un mont-de-piété, des écoles gratuites et des cours pour les ouvriers, il revint à Paris en 1843 et essaya sans succès de faire reprendre ses opéras. Dans les dernières années de sa vie, il fut atteint de surdité, sa mémoire s'affaiblit et il tomba dans une profonde mélancolie. Dans l'espoir de rétablir sa santé délabrée, il retourna a Jesi en 1850; mais un jour il prit froid dans une église et fut emporté quelques jours plus tard par une fluxion de poitrine. Spontini avait reçu du pape Grégoire XVI le titre de comte de Sniit'Âudreo. Il était membre de presque toutes les Académies des beaux-arts d'Europe, avait reçu do l'université de Halle le diplôme de docteur en philosophie es arts et était décoré d'un grand nombre d'ordres, t Spontini, comme compositeur, dit M. de La Chavignerie, était éminemment expressif; ses tendances présentent une heureuse transition entre le système purement déclamé de Gluck et le système plus musical des compositeurs modernes; il a donné de l'importance à l'accompagnement et a fait révolution dans l'orchestration. Il s'est montré avant tout compositeur dramatique; son inspiration s'est élevée en raison des sentiments et des scènes qu'il avait à exprimer. » Sa Vestale compte parmi les plus grands chefs-d'œuvre de notre siècle. Il faut lire ce qu'en dit Berlioz dans ses Soirées de l'orchestre, pour se rendre compte de l'effet qu'elle produisait et des magnifiques hardiesses qu'on y trouve. Chose singulière, ce compositeur, qui apparut au grand moment de sa carrière comme un novateur hardi, • ne tarda pas, dit M. Denne-Barou, à se montrer l'ennemi de tout progrès, s'imaginant sans doute avoir posé la limite qu'on ne devait jamais dépasser. Aussi Rossini, dont ' il avait pressenti les puissants effets rhythmiques, Meyerbeer, dont il aurait dû comprendre la mâle harmonie et les savantes combinaisons, lui étaient-ils antipathiques.» Un jour, paiiaDt de la musique qu'il entendait à 1 Opéra, depuis son retour à Paris, il alla jusqu'à la qualifier de féroce.
SPONTON s. m. (spon-ton). Autre orthographe du mot ESPONTON.
— M uni m. Un des noms vulgaires du narval. SPOR AD E adj. (spo-ra-de — du gr. sporas,
dispersé). Ane. astr. S'est dit des étoiles qui n'appartiennent à aucune constellation , et qu'on appelle aujourd'hui sparsilks.
SPOKADES , c'est-à-dire dispersées , nom donné à un groupe d'Iles turques de l'Archipel, éparses le long de la côte S.-O. de l'Asie Mineure, ainsi nommées du mot grec sporas (dispersé), pour les distinguer des Cyclades, qui sont comme rangées en cercle autour de Délos. Les géographes anciens étendaient cette dénomination à quelques lies qui, de nos jours, sont rangées parmi les Cyclades. L'archipel des Sporades comprend les îles qu'on rencontre non loin de la côte d'Asie Mineure, en allant de l'Ile de Rhodes vers l'île de Sarnos; les principales sont Cos , G'alimnos et Fatbmos. Ces lies, qui sont placées sous la souveraineté de la Turquie, jouissent de quelques privilèges dont le retrait projeté a été sur le point de faire éclater une révolte parmi les habitants (mars 1869). L'intervention pacifique et bienveillante des puissances occidentales a obtenu le maintien de ces privilèges.
SPORAD1CITÉ s. f. (spo-ra-di-si-té — rad. sporadique). Pathol, Caractère des maladies qui se présentent à l'état sporadique.
SPORADIPE s. m. (spo-ra-di-pe, — du gr.
sporas, dispersé; pous, pied). Echin. Genre d'échinodertnes, oe la famille des holothuries, comprenant deux espèces, qui habitent les parages des îles Bonin etd'TJalan,
SPORADIQUE adj. (spo-ra-di-ke — gr. sporadtkos ; de sporas, dispersé, formé de speirô, je disperse). Pathol. Se dit des maladies qui ne sont point particulières à un pays ni à une saison, et qui attaquent les individus , non les masses, sans cause générale : Lecholéra-morbus spora.diquh.
— Hist. nat. Se dit des espèces animales ou végétales dont les individus sont épars dans diverses régions.
— Encycl. Pathol, Les imûs-âios sporadiques sont les plus nombreuses de toutes. Elles différent des maladies endémiques en ce qu'elles ne sont pas produites par des causes agissant, soit d'une manière continue , soit à des époques fixes dans certains pays, et des maladies épidémiques en ce qu'elles ne frappent pas un grand nombre d'individus à la fois,
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pendant un temps en général limité , pour disparaître ensuite pendant un temps plus ou moins long. Les maladies sporadiques sont dues presque toujours à des causes prédisposantes, tenant à la nature même de l'individu, comme l'origine, le sexe, le tempérament, la constitution, les habitudes, la profession, les excès ou les privations, etc., et jamais à des causes spécifiques. Ainsi, les plaies, les fractures, les luxations, l'asphyxie ne sont point des maladies sporadiques.
SPORADIQUEMENT adv. ( spo-ra-di-ke" man — rad. sporadique). D'une manière sporadique : Les saisons engendrent des maladies qui viennent saisir sporadiquemknt les individus qui s'y trouvent exposés d'après leur tempérament, leur âge et leur sexe. (Virey.)
SPORADOPYXIDE s. f. (spo-ra-do-pi-kside — du gr. sporas, dispersé; puxis, boîte). Zooph. Section des sertulaires, genre de polypiers.
SPORADOSIDÈHE s, m. (spo-ra-do-si-dè-re — du gr. sporas, dispersé; sidêros , fer). Miner. Météorite contenant des grains de fer.
SPORANGE s. m. (spo-ran-je — du gr.
spora, semence ; aggos, vase). Bot. Sorte de petit sac qui renferme les spores, dans les cryptogames. || Nom donné a la partie externe de l'urne des mouss.j.
— Encycl. On donne d'une manière générale le nom de sporange à tout organe qui, chez les cryptogames, renferme les spores ou corps reproducteurs. Les botanistes qui ont voulu trouver les deux sexes dans ces végétaux comme dans les phanérogames ont regardé le sporange comme l'analogue de l'ovaire ou du péricarpe. La forme et la disposition des sporanges varient à l'infini ; aussi sont-ils désignés par des termes spéciaux presque pour chaque famille de cryptogames. Dans les fougères, les sporanges se trouvent ordinairement situés à la face inférieure des frondes ou feuilles, où ils forment par leur réunion des dessins variés, souvent très-élégants, qui servent à caractériser les genres. Dans les mousses , ils affectent la forme d'une urne, dont ils portent le nom ; on observe des dispositions plus ou moins analogues dans les lichens et certains champignons.
SPORANGIDION s. m. (spo-ran-ji-di-on — dimin. de* sporange). Bot. Nom donné quelquefois à la columelle des mousses.
SPORANG10LË s. m. (spo-ran-ji-o-le — dimin. de sporange). Bot. Petit sporange.
SPORANGIOLIFÈRE adj. (spo-ran-ji-o-lifè-re — rad. sporangiole, et du lat. fera, je porte). Bot. Qui porte des sporangioles.
SPORE s. m. (spo-re — du grec spora, semence, graine, de la même famille que speirâ, semer, et sperma, semence, savoir la racine sanscrite spar, vivre). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, dont l'espèce type vit au Sénégal.
— s. f. Bot. Nom donné aux organes reproducteurs des cryptogames : Les spores sont quelquefois réunies plusieurs ensemble dans un utricule général, gui en contient un nombre variable. (F. Hœfer.)
— Encycl. Bot. Quand on considère des hépatiques ou des mousses à l'aisselle des feuilles, on observe de petits organes celluleux dont la forme ne peut être mieux comparée qu'à celle d'une bouteille; car, dilatés inférieuremeut, ils s'amincissent à leur partie supérieure en une sorte de goulot percé d'un canal central ; on désigne ce corps sous le nom d'archégone, de arche, principe, etgonos, semence. C'est en effet dans son intérieur que vont se former les corps plus petits qui nous occupent, les spores , donnant naissance , en se développant, à une petite plante semblable à celle où ils ont pris naissance. La forme de l'arehégone et la formation des spores l'ont fait comparer au pistil, la partie dilatée représentant l'ovaire et le goulot supérieur le style. Cependant, la comparaison n'est pas rigoureuse. En effet, l'archégone, au lieu d'être creusé comme l'ovaire d'une loge bien distincte, présente un tissu cellulaire plein. Dans une cellule centrale, plus grande que les autres, se développe un utricule libre, qui bientôt se multiplie par des dédoublements successifs. Ces cellules sont remplies d'une matière granuleuse d'un aspect opaque. Peu à peu , la matière contenue dans chacune de ces cellules inères se partage en quatre petites masses, qui se revêtent chacune d'une membrane propre. En même temps, la membrane de la cellule mère se résorbe; chacune des quatre petites niasses , d'abord réunies, se divise et devient libre dans la cavité commune; chacun de ces grains constitue alors une spore et le corps qui les renferme pfend le nom de sporange.
Constatons en passant que la formation des spores offre une analogie marquée avec celle des grains du pollen. La formation des spores, telle que nous venons de la décrire dans les hépatiques, se retrouve dans la plupart des cryptogames. On ia retrouve encore, mais plus obscure , dans ies familles d'une organisation plus simple, comme les lichens, par exemple. Enfin, la formation quaternaire des spores a été aussi observé© dans un grand nombre d'algues. Mais, pour ces dernières plantes, on a constaté , il y a quelques années, un phénomène très-remarquable; nous
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voulons parler du mouvement dont ces spores sont douées à une certaine époque rie leur existence. Ces mouvements sont tout à fait comparables à ceux des animaux infusoires, et tout récemment on a découvert qu'ils s'exercent au moyen d'organes semblables, c'est-à-dire de petits cils vibratiles qui s'agitent dans l'eau en manière de nageoires. Mais cette faculté de locomotion est passagère ; bientôt la mouvement s'arrête et la spore passe de la vie animale à la vie végétale.
Signalons enfin, en terminant ces quelques indications, que certaines spores, qui s'étaient montrées simples et paraissaient ainsi échapper à la loi de formation quaternaire, s'y montrent soumises par la suite à l'époque de la germination, qui les démembre en deux et en quatre. La loi de formation ne souffre donc pas une seule exception.
SPORÉE s. f. (spo-ré — du gr. sporas, disséminé). Bot. Un des noms vulgaires de la spergule.
SPORENDONÈME s. m. (spo-ran-do-nè-me — du gr. spora, semence; endon, au dedans ; néma, fil). Bot. Genre de champignons filamenteux, de la tribu des torulacés, croissant sur les matières animales décomposées.
SPORENO (Joseph), historien, né à Udine vers 1490, mort vers 1560. Il descendait d'une 'amille originaire de Scutari et a été nommé pour ce motif Scuiarino -par quelques historiens. Il était notaire et il cultiva les belleslettres. [I a écrit une histoire du Frioul sous le nom de Forum Julium, imprimée dans le tome III des Miscellanee de Lazzaroni (Venise, 1740), et quelques poésies qu'on trouve dans les Œuvres de Ziruti.
SPOKEIÎ (Wolfgang), peintre et sculpteur allemand, né à Baireuth, en Bavière, mort à Dantzig. Il vivait à la fin du xvie siècle et au commencement du xvne siècle. En 1593, il travaillait à Oliva. En 1604 et 1605, il exécuta divers tableaux et sculptures dans l'église de la Vierge-Marie, à Dantzig. En 1605, il fut admis dans la bourgeoisie de Dantzig. En 1615, il travaillait de nouveau dans le couvent d'Oiiva. On cite, parmi ses tableaux, une Crucification, peinte en 1593, à Oliva; parmi ses sculptures, le maître-autel de l'église de la Trinité, à Oliva (1604-1606).
SPORIDESME s. m. (spo-ri-dè-sme — de spore, et du gr. desmos, lien). Bot. Genre de champignons entophytes, de la tribu des coniopsidés, section des phragmidiés, croissant sur le bois et les tiges sèches.
SPORIDIE s. f. (spo-ri-dl — de spore, et du gr. idea, forme). Bot. Syn. de spore et de SPORANGE : On nomme sporidibs ces utricules, ordinairement transparents. (F. Hœfer.)
SPORIDIFÈRE adj. (spo-ri-di-fè-re — de sporidie, et du lat, fero, je porte). Bot. Qui porte ou renferme des sporidies.
BPORIDÏFORME adj. (spo-ri-di-for-me — de sporidie, et de forme). Bot. Qui a la forme d'une sporidie.
SPORIDOQUE adj. (spo-ri-do-lte — de spore, semence, et du gr. dochos, qui reçoit). Bot. Nom donné par quelques auteurs au réceptacle.
SPORISORE s. m. (spo-ri-so-re — de spore, et de sore). Bot. Genre de champignons , de la tribu des coniopsidés , section des ustilaginés, croissant sur les ovaires des sorghos.
SPORE, SPORCK ou SPOERCK (Jean, comte de), général tchèque au service d'Autriche, né à Dalbourg, dans le duché de Paderborn, suivant d'autres àWesterlohe, dans le même duché, en 1597, mort à Hermanov- Mesto, cercle de Chrudim, en Bohême, en 1679. 11 s'engagea dans un régiment de cavalerie au service de Maxiinilien, électeur de Bavière, prit part en 1620 à la bataille de la Montagne-Blanche, près de Prague, et, en 1637, devint colonel. Il se distingua en 1643 à Tuttelingen, où il surprit et fit prisonniers 120 officiers et 1,000 hommes de l'armée française. En 1645, il prit part à la bataille de Jaukov ou Jankowïtz, en Bohême; et y fut blessé. L'électeur de Bavière ayant conclu séparément une trêve avec les ennemis de l'empire, Spork, le célèbre Jean de Wert et plusieurs autres chefs de l'armée bavaroise s efforcèrent d'entraîner leurs soldats au service de l'empire. Ils n'y réussirent pas et durent s'enfuir. Spork fut accueilli amicalement par l'empereur. Dans une seconde guerre contre les Suédois, commencée en 1658, Spork obtint divers avantages, prit part à la victoire de Nyborg en 1659 et fut nommé, en 1660, maréchal de camp. Il fut non inoins heureux contre les Turcs et contribua à la victoire de Saint-Gotthart (1664). En 1670, il commanda en chef l'armée envoyée contre les mécontents de Hongrie. En 1673 ou 1674, il passa en Hollande et prit Binant. En 1675, il fut attaché à l'armée de Monteuticeoli et s'efforça de rejeter Turenne sur ia rive gauche du Rhin. Il se retira en ■ suite du service, reçut en 1666 un comté en Bohême et y acheta des propriétés. Sa vie a tué écrite par Rosenkranz (faderborn, 1845). Elle a fourni à François LOher le sujet d'un poème, intitulé : le Général Spork (Gœttingue, 1856, 2e éilit.).
SPOUK, SPORCK ou SPOERKEN (François-Antoine, comte de), philanthrope tchèque, né à Hermnnov-Mesto, dans le cercle de
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Chrudim, en Bohême, en 1662, mort a Kukus en 1738. 11 fit ses premières études chez les jésuites à Kuttenber#, les continua k l'université de Prague et voyagea dans les principales contrées de l'Europe de 1680 a 1082. A non retour, devenu majeur, il prit en main l'administration de ses terres et de son immense fortune et en consacra une grande partie en œuvres de philanthropie, fondant trois bibliothèques, à Prague, à Lissa et h Kukus, des hôpitaux à Lissa, à Konogedt et à Kukus, et une imprimerie destinée à répandre l'instruction parmi le peuple. Il cultivait les lettres et correspondait avec un grand nombre de savants et d'écrivains célèbres de l'Europe. Accusé par ses ennemis d'hérésie, il fut enlevé une nuit, en 1729, dans son château de Lissa, transporté à Prague, puis emprisonné àDaliborg. Sa bibliothèque fut transportée à Kœniggiœtz pour y être examinée. Cet examen dura sept ans; en 1736, la plus grande partie de ses livres lui fut rendue et il fut remis en liberté. On a de lui un certain nombre d'écrits sur des sujets religieux. On trouve sa biographie très-détuillée <iaiis l'ouvrage intitule : ALbildunyen bôhmischer und màhrischer Gelehrten.
SPORLÉDÈRE s. f. (spor-lé-dè-re). Bot.
Genre de plantes, de la famille des sésamées, comprenant deux espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SPOROBOLE s. m. (spo-ro-bo-le — de spore, et du gr. bolos, jet). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des agrostitlées, comprenant une cinquantaine d'espèces, dont une seule habite l Europe.
SPOROCADE s. m. (spo-ro-ka-de — de spore, et du gr, kados, tonneau). Bot. Genre de champignons, de la tribu des sphéronémés.
SPOROCARPE s. m. (spo-io-kar-pe — de spore, et du gr. karpos^ fruit). Bot, Sorte d'involucre en forme de capsula, qui renferme les corps reproducteurs dans les rhizooarpées.
SPOROCHNE s. m, (spo-ro-kne — de spore, et du gr. oc/aié, poire). Bot. Genre d'algues, formé aux dépens des varechs.
SPOROCHNE, ÉE adj. (spo-ro-kné — rad. sporoch/ie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sporochne.
— s. f. pi. Groupe d'algues, ayant pour type le genre sporochne,
SPOROCYBE s. m. (spo-ro-si-be — de spore, et du gr. kubos, dé). Bot. Genre de champignons, de la tribu des dématiêes, croissant sur les troncs d'arbres abattus.
SPOROCYSTE s. f. (spo-ro-si-stô — de spore, et dugr. kustis, vessie). Bot. Sorte de sporange qui se détache de la plante en même temps que les spores qu'il contient.
SPORODINIE s. f. (spo-ro-di-nî — despore, et du gr. deinos, nuisible). Bot. Genre de champignons, de la tribu des mucédinées, section des ascophorés, réuni par plusieurs auteurs aux aspergilles.
SPOEODON s. m. (spo-ro-don — de spore, et du gr. odous, dent). Bot. Genre de champignons, de la tribu des oïdiés.
SPOFtOMÉGA s. ta. (spo-ro-mé-ga — de spore, et de oméga). Bot. Genre de champignons, du groupe des hystéries.
SPOROMYGÈTE adj. (spo-ro-mi-sè-te — de spore, et du gr. mukês, champignon). Bot. Qui est composé de filaments produits par des sporidies adhérentes.
— s. m. pi. Tribu de l'ordre des coniomycètes mucédinés.
SPOROPHOREadj. (spo-ro-fo-re — (iespsre, et du gr. photos, qui porte). Bot. Qui porte des spores ou des graines.
SPOROTAME s. m. (spo-ro-ta-me — de spore, et du gr. tameion, office). Bot. Partie du corps des lichens que l'on nomme plus ordinairement réceptacle.
SPOROTHÈQUE s. m. (spo-ro-tè-ke — do spore, et du gr. thêkê, étui). Bot, Genre de champignons, de la tribu des sphériacés.
SPOROTRIG s. m. (spo-ro-trik — de spore, et du gr. thrix , poil). Bot. Genre de champignons, de la famille des mucédinéts , type de la tribu des trichosporés.
SPOROTRICHÉ, ÉE adj. (spo-ro-tri-kô — rad. sporotric). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sporotric.
— s. m. pi. Tribu de champignons, de la famille des mucédinées, ayant pour type le genre sporotric.
SPORSCHIL (J.), écrivain allemand, né à Berne en 1800. H étudia le droit à Vienne, alla en 1827 à Leipzig et en 1832 à Brunswich, où il rédigea Bas literarische Wochenblait der deutsenen Nationalzeitung. Kn 1833, il rentra à Leipzig; en 1857, il revint dans Sa ville natale, puis il se rendit à Vienne, où il collabora à un grand nombre de publications politiques et littéraires. Parmi ses principaux ouvrages, on cite les suivants : \Vallenstein (Leipzig, 1828) ; Histoire de la révolution de Juillet (Leipzig , 1830); l'Armement général de la nation; Remarques- sur la constitution saxonne; Dictionnaire de poche anglais ; Chronique impériale (Brunswick, 1834) ; Histoire de la guerre de Trente ans; Histoire des croisades ; Histoire des ffokenuauffen ;
SPOR
Causes de l'apostasie des catholiques allemands; Histoire de la guerre de Sept ans; Chronique suisse; Histoire de ta formation et rie l'accroissement de la monarchie autrichienne (Leipzig, 1847, 5 vol.) ; Y Autriche et les fabriques de brochures {Broschùrennhmiede) ; Charlemagne; Pie IX (Leipzig, 1818) ; Histoire de l'A llemagne (Ratisbonne, 1849, 45 vol.); -Histoire de l'Eglise catholique (Leipzig, 1856, 3 vol.). Sporschil a, en outre, publié des traductions allemandes d'un grand nombre do romans étrangers.
SPORT s. m. (sportt — mot anglais formé du vieux français desport, plaisir, divertissement). Ensemble d amusements comprenant surtout les exercices qui ont pour but de développer la force musculaire, l'adressa et le courage : La chasse, la pêche, les courses, la natation, la navigation de plaisance sont du, domaine du sport. (A. Desvaulx.) Le sport implique trois choses, soit simultanées, soit séparées : le plein -air, le pari et l'application d'une ou de plusieurs aptitudes du corps. (Eug. Chapus.)
— Encycl. Par le mot sport, dont l'équivalent n'existe pas dans notre tangue et dont la signilication en anglais n'est pas bien précise, on désigne une nombreuse série d'amusements, d'exercices et de simples plaisirs qui absorbent une portion assez notable du temps des hommes riches ou oisifs. Le sport comprend les courses de chevaux , le canotage, la chasse à courre, à tir, la pèche, le tir à l'arc, la gymnastique, l'escrime, le tir au pistolet et à la carabine, la boxe, le bâton, la canne, la lutte, le jeu de paume, le cricket, l'équitation, le patinage, la natation, en un mot tous les divertissements qui mettent à l'épreuve les aptitudes diverses de l'homme, le courage, l'agilité, l'adresse, la souplesse. En France , on a fait trop souvent de ce mot un synonyme de turf; c'est prendre ta partie pour le tout. Un sportsman n'est pas toujours un tm-fisle, et un turfiste pas toujours un sportsman.
Le sport, dans sa vaste et moderne acception, se divise en sport en plein air, sport clos, sport d'hiver, sport d'été, sport permanent, sport périodique ou accidentel. Ainsi, l'on ne chasse pas et l'on ne court pas en toute saison. La paume appartient à la catégorie du sport permanent et clos; il en est de même des exercices du manège, de l'équitation, des armes, tandis que le tir au pigeon, par exemple, et le cricket font partie du sport en plein air. Chacune de ces subdivisions du sport, à Paris, a son centre, son établissement spécial, ses règlements et ses statuts, ses écoles où la théorie s'enseigne, où la science pratique s'acquiert.
Tous ces amusements ou exercices doivent leur attrait principal aux nombreux paris qu'ils font engager ; la fureur de parier sur tout et à propos de tout forme un des traits saillants du caractère anglais; cette folie se répand chaque jour davantage en France, et bientôt nous n'aurons rien, sous ce rapport, à envier a nos voisins. Ces sports, tant ceux qui, comme la chasse, passionnent par euxmêmes, indépendamment de tout désir de gain, que ceux qui, comme les courses, tirent des paris leur principal attrait, sont presque la seule occupation de beaucoup d'Anglais de la haute classe, à qui l'on donne pour cette raison le nom de sportsmen. Les uns se bornent à telle espèce de sport ; les autres, se montrant également amateurs de chasse, de courses, de canotage, de boxe, méritent encore mieux et plus complètement le nom de sportsmen.
Le goût des choses du sport est si général en Angleterre que les journaux contiennent presque tous les jours un article qui , sous le titre de Sporting intelligence , donne les renseignements les plus étendus, non-seulement sur le sport par excellence, c'est-à-dire les courses de chevaux, mais sur tous les autres genres de sport, y compris la pèche à la Jigne (angling) ; les accidents survenus à Epsom ou Newmarket, les coups de poing reçus par les boxeurs en renom, le nombre des pièces tuées par tel chasseur émérite, les exploits des pedestrians y sont relatés avec soin. Dans les journaux français, les courses seules et quelquefois les régates obtiennent quelques articles des journaux; cependant une feuille spéciale, le Sport, s'est fondée récemment pour satisfaire plus complètement aux exigences de tout ce monde d'oisifs et de curieux que les habitudes anglaises ont depuis longtemps séduit.
Du mot spvrt, on a tiré dans la langue anglaise et importé dans la nôtre un assez grand nombre de termes spéciaux, qui méritent d'être relatés. Par sporting life (vie du sport) les Anglais et les anglomanes désignent la manière de vivre de ceux qui se livrent aux divers exercices du sport. L'amateur du sport s'appelant sportsman, la femme qui aime ces amusements est appelée sportswoman; les anglomanes illettrés disent tout simplement des sportsmen femelles; nous avons encore le mot sportif pour désigner ce qui a trait au sport ; on dit très-bien, dans un certain monde, la vie sportive. Ces importations gâtent la langue évidemment, mais il n'existe pas de douane pour les prohiber à la frontière.
SPORTE s. m. (sporr-te — du lat. sporta, corbeille). Panier de jonc que portaient autrefois les capucins quand ils quêtaient.
SPOU
SPORTIF, IVE adj. (spor-tiff, ive — rad. sport). Qui a rapport au sport : Vie sportive.
SPORTSMAN s. m. (sportt-smann — mot angl. formé de sports, de sport, et de man, homme). Celui qui s'occupe du sport, qui se livre awx exercices du sport. Il PL sportsmen : En France, il y d d'habiles cavaliers, des écuyers de distinction; il n'y a presque pas de sportsmbn. (Eug. Chapus.)
SPORTULE s. f. (spor- tu-le — lat. sportula, dimin. de sporta, corbeille). Antiq rom. Panier dans lequel les clients recevaient les aumônes de leur patron. Il Dons que les grands de Rome faisaient distribuer, dans de petites corbeilles, à leurs clients. Il Serviette ou corbeille dans laquelle les invités emportaient les présents de leur hôte.
— Ane. Coût. Epices, présent qu'on offrait a, ses juges.
— Encycl. Antiq. rom. Ce mot désigna dans le principe une serviette ou une corbeille dont tout invité se munissait, chez les Romains, pour emporter à la- lin du repas une ou plusieurs pièces du festin que l'amphitryon laissait à leur disposition; puis il s appliqua aux présents que le maître de maison faisait à ses convives. Auguste distribuait a ses invités des vêtements, de l'or, de l'argent, des pièces de monnaie de toute sorte. Mais ce qui, chez le neveu de César, était un amusement de bon goût dégénéra, sous ses successeurs, en prodigalité. Héliogabale alla jusqu'à abandonner à ses convives l'argenterie et les coupes qui garnissaient sa table, après leur avoir donné des esclaves, des quadriges, des chevaux, des sommes fabuleuses. Les présents se nommaient aussi apophoreta. Martial a composé un très-grand nombre de distiques pour servir d'étiquettes à des apophoreta. On les trouvera dans les livres XII t et XIV de ses Epigrammes.
SPORULE s. f. (spo-ru-le — dimin, de spore). Bot. Syn. de spore.
SPORULEUX, EUSE adj. (spo-ru-leu,eu-ze — rad. sporule). Bot. Se dit des champignons dont les périmions renferment une grande quantité de sporidies.
SPORULIE s. f. (spo-ru-lî — dimin. de spore). Forum. Genre de foraminiferes microscopiques, voisin des cristutelles, et réuni par quelques auteurs aux polystomelles.
SPORULIFÉRE adj. (spo-ru-li-fè-re — de sporule, et du lat. fero, je porte). Bot. Qui porte des sporules.
SPORULIGÈRE adj. (spo-ru-li-jè-re — de sporule, et du lat. gero, je porte). Bot. Qui porte ou qui renferme des sporules.
SPORBS, affranchi syrien, auquel l'attachement obscène de Néron a donné quelque célébrité. Il était très-joli garçon et ressemblait a Poppée, ce qui lui valut l'amour de l'empereur. C'était au moment ou Poppée, femme ou maîtresse d'Othon, n'avait pas encore cédé à la fantaisie de Néron et avivait son caprice par ses adroites résistances. « Néron, dit Dion, commença d'avoir un tel désir de Poppée, qu'il lit châtrer un jeune affranchi du nom de Sporus, dont la ressemblance avec cette femme était grande, et qu'il en usa comme d'une épouse ; un peu après, il l'épousa réellement, comme il avait épousé l'arfïanehi Pythagore. » Il faisait voyager avec lui cette femme d'un nouveau genre dans une litière, enveloppée d'une rol>e de femme teinte en pourpre et précédée de quatre coureurs. On a dit de ce Sporus qu'il eût été à souhaiter pour Rome que le père de Néron n'eût jamais eu qu'une fournie comme celle-là.
SPOTORNO (Jean-Baptiste), érudit italien, né en Ligurie en 1788, mort à Gênes en 1843. 11 prit de bonne heure l'habit de barnabite et enseigna la rhétorique à Bologne, à Livoume et à Gènes, où il l'ut professeur d éloquence latiue à l'université et directeur de la bibliothèque municipale. 11 a laissé plusieurs ouvrages sur Christophe Colomb, sur Gènes et sur lu Ligurie, dont le principal est une Histoire de la Ligurie (Storia litleraria delta Liguria), des matériaux pour mie histoire de l'ancienne peinture génoise et une histoire des Longobards.
SPOTSWOOD (John), (ils du réformateur écos^ais du même nom, né à Mid-Ca!der, comté d'Edimbourg, en 1565, mort à Londres en 1639. Après avoir fait ses études à Glasgow, il devint successivement pasteur de Cal- . der, chapelain du duc de Lennox, archevêque deGlasgow, membredn conseil privé d'Ecosse et primat de Saint-André. C'est lui qui couronna Charles Ie' & Holyrood. Déposé par l'assemblée des presbytériens de Glasgo-w, lors des troubles religieux qui éclatèrent en Ecosse (1638), déclaré infàmeet excommunié, il s'enfuit a Newcastle, puis à Londres. On a de lui une Histoire de l'Eglise d'Ecosse (Londres, 1655, in-fol.).
SPOTJLAGE s. m. (spou-la-je — rad. spoulin). TVohn. Envidage de la trame sur l'espolin ou spouiin.
SPOULIN s. m. (spou-lain). Techii. Autre forme du mot espolin.
SPOUT s. m. (spoutt — mot angl. signifiant canal, tuyau). Miner. Appareil servant
SPRÈ
à transborder la houille quand le transbordement se fait à des niveaux différents.
— Encycl. Quand la différence des niveaux de transbordement est considèrable,la houille, en tombant d'une grande hauteur, se briserait et perdrait une partie de sa valeur. C'est pour prévenir cet inconvénient qu'on a inventé le spout. L'appareil ainsi nommé est un simple canal ou conduit fait ordinairement en planches, et que l'on fixe, sous une inclinaison de 35° à 40», entre le point où sa trouve la marchandise à charger et le navire ou la voiture qui doit la recevoir. Pour amortir l'effet de la chute dans ce conduit, on le ferme au moyen d'une vanne mobile, de manière qu'il peut être rempli jusqu'à sa partie supérieure, et qu'on peut régler à volonté la sortie de la houille. Enfin, lorsque le transbordement a lieu dans un port, comme le niveau ûe f eau varie, comme les navires qui viennent charger sont plus ou moins hauts do bord et qu'au commencement de leur chargement la houille doit être en quelque sorte conduite dans leur fond, on ajoute a l'extrémité du spout uue caisse mobile en tôle qui permet d'abaisser ou de relever le niveau de versement. Un double treuil sert à régler la hauteur de cette caisse, ainsi que celle de la vanne qui ferme l'orifice de sortie.
SPIUGGE (sir Edouard), amiral anglais, mort en 1673. Nommé capitaine en 1665, il se distingua dans la guerre contre les Hollandais. En 1672, il assiégea Alger. La frayeur qu'il inspira aux assiégés fut telle qu'ils massacrèrent leur dey et demandèrent la paix. Spragge alla ensuite de nouveau combattre contre les Hollandais. Il mit deux fois eu fuite le célèbre Van Tromp dans l'année 1672; le 9 août de l'année suivante, il lui livra bataille et, après avoir lutté héroïquement et changé deux fois de vaisseau, connue l'amiral son adversaire, il périt englouti sur le Saint-George, qu'il montait au moment de passer sur un troisième vaisseau.
SPRAGUE (Charles), poète américain, né à Boston en 1791. U entra comme employé dans une maison de commerce, puis fut attaché comme caissier à une maison de banque à Boston (1825). Sprague employa ses loisirs à cultiver la poésie et les lettres. Il se ht connaître par des poésies intimes, par un poëine didactique et satirique, intitulé la Curiosité, par des écrits divers et par des discours qui ont été réunis sous le titre de : Poetical and prose-writlings (Boston, 1850, in-12). Depuis cette époque, il a publié, sous le titre d'Annales de ta chaire américaine (New-York, 1856 et suiv., ia-8°), une série d'étuues et de notices sur les plus remarquables prédicateurs de l'Union américaine.
SPRAiSGER (Barthèlemi), peintre flamand, né à Anvers en 1546, mort à Prague en 1628. Successivement élevé de Jean Aludyu, de Corneille van Dalen et de Mostaert, il se rendit en Italie, travailla sous la direction d'il Sojaro, se fixa à Rome et se coucilia la sympathie du cardinal Farnèse et de Pie VI, qui lui confièrent de nombreux travaux. Les empereurs d'Allemagne Maximilien II et Rodolphe II tinrent également à honneur d'attirer cet artiste à leur cour et lui témoignèrent uue constante bienveillance. Les œuvres de ce peintre sont presque toutes rassemblées au musée de Vienne.
SPRAT s. m. (spratt — mot angl.). Ichthyol. Un des noms de l'esprot, poisson du genre clupe ou hareng. Il On l'appelle aussi oulusu-
TiSSAKT.
— Pèche. Peau d'anguille qui sert d'appât. Il On dit aussi sprot.
SPRAT (Thomas), prélat et littérateur anglais, né dans le Devonshire en 1636, mort en 1713. U débuta dans la littérature par un poème en l'honneur de Uromwel), devint iors de la restauration chapelain du duc de Buckingham, puis évêque île ttochester, et écrivit pour la cour une Histoire du complot de Jtye-House, pleine de partialité et de passion. U tut un des fondateurs de la Société royale de Londres et fut chargé d'eu écrire l'Histoire (1667). Cette Histoire est encore estimée. On a aussi de lui une Vie de Cowley et plusieurs autres travaux remarquables.
SPRATELLE s. m. (spra-tè-le — dimin. de sprat), ichthyol. Genre de poissons inalacoptérygiens, de la famille des clupèoïdeij, comprenant deux espèces, dont une vit sur les côtes de Normandie.
SPRECH.ER ou SPRECCHER DE BEHNEli
(Fortmiat), historien suisse, ne à Davos (Grisons) en 1585, mort en 1647. On ue connaît qu'un seul détail sur son existence, c'est qu'il était, eu 1617, gouverneur du comte de Chiavenne. Ses principaux écrits sout : Patlas Wi£ticu (Bàle, 1617, in-4<>) ; Historia motuum et bellorum postremis hisce annis in Hlisiia exciiatovum et gesiorum (Genève, 1629, in-40J.
SPRÉE, rivière de l'Allemagne du Nord.
Elle prend sa source dans la Saxe royale, à 7 kiloin. S.-O. de Lobau, coule au N., baigne Bautzeu, entre dans la Silésie prussienne, puis dans lu province de Brandebourg, passe a Eottbus, Lubben, Berlin, Charlotteinbourg. Au-dessous de cette dernière ville, elle se jette diins le Havel, après un cours sinueux de 375 kilom. La Sprée est eu partie naviga-
SPRE
ble et communique par un canal avec l'Oder et l'Elbe.
SPRÉKÊLIE s. f. (sprê-ké-U — de Sprekelsen, botan. allem.). Bot. Section du genre amaryllis, érigée par plusieurs auteurs en genre distinct, et ayant pour type l'amaryllis superbe, vulgairement nommée lis de saint Jacques.
SPREMBERG, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence et à 106 kilom. S.-O. de Francfort-sur- l'Oder, ch.-l. du cercle de son nom; 5,091 hab. Filature de laine; fabrication considérable de draps, toiles, poteries; important commerce de laine.
SPRËNDONÈME s. m. (spran-do-nè-me).
Bot. Syn. de sporendqnems.
SPRENG (Jean-Jacques), littérateur suisse, né à Bâle le 31 décembre 1699, mort le 24 m;ii 1768. Il fut pasteur de l'Eglise réformée à Ludweiler, dans le duché de Nassau, puis, à partir de 1743, professeur de langue grecque, de poésie, d'éloquence et d'histoire à Bâle. On a de lui : une Traduction des psaumes de David (Bâle, 1741, in-8»; 2e édit., Bernbnrg, 1766, in-8") ; Poésies sacrées et profanes (Zurich, 1749, in-8») et quelques ouvrages «ur l'histoire du canton de Bàle, ouvrages dirigés contre le catholicisme.
SPRENGEL (Matthieu -Chrétien), historien allemand, né à Rostock en 1746, mort en 1803 à Halle, où il était, depuis 1778, professeur d'histoire et bibliothécaire de l'université. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande (Halle, 1783); Histoire des Mahraltes (Huile, 1786); Histoire des transformations politiques de l'Inde (Halle, 1788) ; Histoire des découvertes géographiques les plus importantes (Halle, 1792) ; Eléments de la statistique des principaux Etats de l'Europe (Halle, 1793); Choix de mémoires géographiques, statistiques et historiques (Halle, 1794-1800, 14 vol.); Hgder-AU et Tippoo-Saëb ou Coup d'oeil sur l'empire de Mysore (Weimar, l&Ol); Géographie des Indes orientales (Hambourg, 1802) , ouvrage qui forme le onzième volume de la Géographie de Busching. Sprengel avait en outre publié, avec Forster, les Documents pour le développement de la géographie et de l'ethnographie (Lepzig, 1781-1790, 14 vol.) et les Nouveaux; documents, etc. (Leipzig, 1790- 1794, 13 vol.).
SPRENGEL (Kurt-Polycarpe-Joachim), médecin et botaniste allemand , né à Voldekow, près d'Anklam (Poinéranie), en 1766, mort à Halle en 1821. Il commença ses études médicales en 1785 k l'université de Halle, fut' reçu docteur en 1787 et suivit quelque temps, comme élève, la pratique du docteur Daniel. Collaborateur, puis bientôt rédacteur principal d'un journal de médecine et d'histoire naturelle, il ouvrit en même temps des cours de médecine légale et d'histoire de la médecine et fut nommé professeur extraordinaire à l'université en 1789. Il professa ensuite avec succès la pathologie générale jusqu'en 1817, époque où il abandonna presque entièrement l'enseignement de la médecine pour celui de la botanique. Attaché à l'université en 1795 comme professeur ordinaire, il déclina les offres brillantes qui lui furent faites à diverses reprises pour l'attirer dans d'autres universités. C'est surtout comme historien que Sprengel occupe un rang élevé dans la littérature médicale moderne. Ce qui le distingue, k ce titre, de ses prédécesseurs, et même des historiens qui sont venus depuis, c'est son alliance intime de l'histoire de la médecine avec l'histoire de la civilisation et avec celle des sciences eu général. Il est le seul qui ail tenté de présenter, pour chaque époque, le tableau des efforts de l'esprit humain uans Ses recherches sur la médecine au milieu du mouvement général qui l'emportait vers l'étude des autres sciences. Ce point de vue est une importation nouvelle dans l'histoire de l'art médical et constitue pour Sprengel un titre solide de gloire. Nous citerons, parmi ses oeuvres : Historia doctrine medicorum organicm (Halle, 1790, in-8») ; De ulcerihus uiryx lentamen histarico-clururgicum (Halle, 1790, in-8"); Ue viribus medicaminum eorumque fa- Us (Halle, 1791, in-8<>) ; Medicina clinica (Berlin, 1797, in-8»); Anttquitates botauicae (Leipzig, 17U8, in-4°); Fiorx Haleusis teiUamen novum (Halle, 1806, in-8") ; Historia rei her- &un'a? (1808, iii-S°),ete.
SPRENGEL (Wilhelm), fils aîné du précédent, né à Halle le 14 janvier 1792, mort à Greifswalde en 1828. Après avoir achevé de fort bonne heure de solides études, il servit, en qualité de chirurgien, dans les armées prussiennes, puis il fut reçu docteur en médecine en 1816; il pratiqua quelque temps à Halle, à Berlin, à Vienne et fut nommé en 1818 professeur ordinaire de chirurgie à l'université de GreilsWalde. 11 venait de commencer la publication d'un grand traité de chirurgie, dont nous n'avons que le premier volume, quand il fut enlevé par une mort prématurée.
SPRENGEL (Charles), agronome allemand, né à Schillerslage, près de Hanovre, en 1787, mort en 1859. Après avoir administré pendant plusieurs années des propriétés en Saxe et en Silésie, il visita en 1817 l'Allemagne, les Pays-Bas, la France et la Suisse, établit
SPRE
en 1819 une manufacture de lin et y mit en oeuvre plusieurs machines de son invention. De 1821 à 1824, il étudia les sciences naturelles k l'université de Gœttingue, s'y fit recevoir, en l830,.agrégé d'économie rurale et de chimie et fut nommé, l'année suivante, professeur d'économie agricole au Carolinum de Brunswick. En 1839, il devint secrétaire gérai de la Société économique de Poméranie et s'établit à Regenwalde, où il fonda une école, qu'il dirigea lui-même, une fabrique d'instruments aratoires et plusieurs autres établissements aussi utiles. Il appliqua avec succès les théories do la chimie à 1 agriculture longtemps avant que Liebig inventât la chimie organique. On a de lui un grand nombre d'ouvrages estimés, entre autres : Chimie pour l'agriculture (Brunswick, 1831-1833); la Théorie du sot (Leipzig, 1844, 2<i édit.) ; la Théorie du fumier {Leipzig, 1845, 2e édit.); la Théorie des défrichements (Leipzig, 1845, S» t'dil.) ; Expériences sur le terrain de la culture des plantes générale et spéciale (Leipzig, 1S47-1850, t- I«r et II), etc. Il publiait en outre, depuis 1840, le Journal mensuel universel d'ëcocomie agricole.
SPREMGÉLIE s. f. (sprain-ghé-lt — de Sprengel, botan. allein.). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des épacridées, tribu des épacrées, comprenant des espèces qui croissent en Australie, 1) Syn. de brotèrb, genre de byttnériaeées.
SPRENGER (Balthasar), écrivain agricole allemand, né en 1724, mort en 1791. Il étudia la théologie à Tubingue et devint successivement adjoint k la Faculté de théologie de cette ville, pasteur k Gœppingen, pasteur et professeur au collège de Maulbronn, conseiller du duc de Wurtemberg, surintendant général e"t membre du comité permanent des états. Nous citerons, parmi ses écrits : Traité général sur 1'agricuttvre (Stuttgard, 1764, in-8o); Traité complet sur la culture de la vigne (Stuttgard, 1765, 3 vol. in-8<>); Eléments complets d agriculture (Stuttgard. 1772, 3 vol. in-8").
"SPRENGER (Placide), historien et littérateur allemand, né en 1735, mort k Lichtenfels en 1806. Entré chez les bénédictins, il devint successivement prieur des abbayes de Banz et de Saint-Etienne de Wurtzbourg. Ses principaux écrits sont : le Spectateur de la Francçnie (Francfort, 1772 in-8°); Littérature de l'Allemagne catholique (Cobourg, 1775, 8 voi. in-8°); Magasin littéraire pour les catholiques (Cobourg, 1792, in-8°).
SPRENGEB (Aloys), orientaliste allemand, né k Nassereut (Tyrol) eti 1813. Il se rendit en 1832 à Vienne, où, tout en suivant les cours de médecine et de sciences naturelles, il s'appliqua avec ardeur à l'étude des langues orientales. En 1836, il partit pour Londres et y trouva un protecteur dans le comte de Munster^ qu'il aida dans son grand ouvrage sur l'Histoire des sciences militaires chez tes mahométans, et qui, avant sa mort (1842), le recommanda à Lushington, président de la Compagnie des Indes orientales. Grâce à cette recommandation, Springer obtint en 1843 un emploi dans le service médical de la Compagnie à Calcutta; mais il y renonça pour suivre le goût qui 1 entraînait vers 1 enseignement, attaqua dans les journaux le système d'instruction publique alors eu usage dans l'Inde et proposa de nouvelles méthodes qui obtinrent l'assentiment de J. Thomason , gouverneur des provinces du Nord-Ouest. Nommé par ce dernier président de l'université de Delhi, Sprenger établit dans cette ville une presse lithographique, lit traduire de l'anglais en indoustani un grand nombre d'ouvrages historiques ou scientifiques et rit lui-même, dans cette dernière tangue, des cours fort suivis sur la physique, la logique, le calcul différentiel, l'économie politique, etc. 11 publia, en outre, des éditions classiques de l'Hamasa,des Extraits choisis des auteurs arabe* (Delhi, 1845) et de l'Histoire de Mahmoud de Gftazita d'Olby ! (L>e hi, 1847), et fit paraître, sous le titre de ' Kira A tsadain, un journal hebdomadaire dans ■ le genre du Penny-Magazine. A la recoin- ' maiidation d'Elliott, secrétaire d'Etat de l'intérieur, il fut en 1848 envoyé, avec le titre de I résident adjoini, k Lakuau, pour dresser le ' catalogue de la bibliothèque royale de cette ' ville, catalogue dont le premier volume a été publié k Calcutta en 1854. Après avoir fait par l'Himalaya uu voyage au Thibet, il revint en 1834 k Calcutta et fut nommé examinateur au collège du fort William, interprète du gouvernement, président des universités mahométanes de Calcutta et de Hougli et secrétaire-de la Société asiatique du Bengale. Des raisons de santé le forcèrent k prendre en 1854 un congé qu'il passa dans le Liban et à Damas. Il visita les localités les plus importantes de la Syrie et revint, dans les premiers jours de 1856, à Calcutta par Orfa, Muradin, MosSoul, Bassora, Maseaie, Bombay etCeylau; mais, pendant son absence, les adversaires de son système d'enseignement et les ennemis que lui avaient faus ses écrits l'avaient desservi. Tombé en pleine disgrâce, il obtint k grand'peine un nouveau congé de trois ans. 11 partit alors pour l'Europe avec sa famille, s'établit à Heidelberg, et, ayant été mis à la retraite avec une pension a l'expiration de son eongé, se rendit k Bonn, où il fut chargé d'une chaire de Jan-
SPRI
gués orientales. II a vendu à la bibliothèque royale de Berlin la riche collection de manuscrits et d'ouvrages écrits en arabe, en persan et en indoustani, qu'il avait rapportés d'Orient et dont le catalogue a été publié à Giessen en 1857. Il a, en outre, donné des éditions d'un grand nombre d'ouvrages orientaux, tels que : le Gulistan de Sadi (Calcutta, 1851) ; le Dictionnaire des termes techniques des sciences des musulmans (Calcutta, 1854) ; ttgan, sur les sciences exégétiques du Coran, par Soyouty (Calcutta, 1854-1850); la Liste des livres shya de Tusy (Calcutta, 1854); le Dictionnaire biographique des personnes qui connurent Mahomet d'Isaba (Calcutta, 1856), et la Logique des Arabes (Calcutta, 1856). Enfin, on lui doit une traduction anglaise des Prés d'or de Masoudi (Londres, 1841) , le premier volume d'une Vie de Mahomet en anglais (Allahabad, 1851); la Vie et la doctrine de Mahomet (Berlin, 1861- 1865, 3 vol.), en allemand, ouvrage très-remarquable, etc.
SPRENGPORTEN (Joram-Magnus, baron de) généra! suédois, né en Finlande vers le milieu du xvme siècie. Entré fort jeune au service et parvenu aux premiers grades dans l'armée suédoise, il concourut au rétablissement du roi Gustave III dans le pouvoir dont le sénat s'était emparé. Il conspira ensuite contre ce roi et se réfugia en Hollande, puis en Russie. Il intrigua pour faire réunir la Finlande k la Russie. Il tomba en disgrâce auprès de la cour de Russie vers la fin du règne de Catherine H. Paul 1er envoya Sprengporten k Paris pour y stipuler des conventions secrètes d'alliance.
SPRÉO s. m. (spré-o). Ornith. Genre d'oiseaux formé aux dépens des merles.
SPRESIANO, bourg du royaume d'Italie, province, district et mandement de Trévise; 3,307 hab.
SPKETI (Didier), historien italien, né à Ravenne en 1414, mort vers 1474. 11 a écrit une histoire de sa ville natale intitulée : De ampliludine,vastatiune et instauratione urbis ItavennX librilll (Venise, 1488 ou 1489,in-40; réimpr. k Ravenne, 1793, 2 vol. in-4°, fig.), avec la vie de Spreti, écrite par Carrari ; tr. . en italien par Bonifaee Spreti (Pesaro, 1754, in-4»). — Camille Spreti est l'auteur d'un ouvrage intitule : Compendio storico deli arte di comporre i mosaici antichi , colla descrizione de'mosaïci che trooansi nelle basiliche di Maoenna (Ravenne, 1804, in-40).
SPRING (Gardner), théologien américain, né k Newburyport (Massachusetts) en 1785. Il fit d'abord ses études de droit, puis se rendit aux Bermudes, où il dirigea une école. De retour aux Etats-Unis, Spring se fit avocat (1818) ; mais il abandonna bientôt la pratique du barreau pour étudier la théologie. Devenu pasteur, il s'adonna avec un grand succès k la prédication et se fixa à New- York, où il prit la direction d'une paroisse protestante. On lui doit un assez grand nombre de traités sur des matières de dévotion, des conférences, des discours, qui ont été souvent réédités et dont un certain nombre ont été traduits dans des langues étrangères. Nous citerons de lui : Attractions de la croix; la Gloire du Christ; te Pouvoir de la chaire; Pensées que suggère la prière du Seigneur; Courts sermons pour le peuple; Essai sur les caractères d'un vrai christianisme, traduit en fiançais (1844, in- 18); Mémoires de Hannah Murray, étude biographique, etc. Ses Œuvres ont été réunies (18 vol. in-8°).
SPRINGALLE s. f. (sprain-ga-le). Ane. art milit. Machine k jeter les pierres. Il On l'appelait aussi SPRINGARDB.
SPRINGBOK s. m. (sprin-gbok — du holl.
spring, sauteur ; bo/c, bouc). Mamin. Espèce d'antilope du C«p de Bonne-Espérance.
— Encycl. Le springbok est assez rapproché de la gazelle; mais il s'en distingue par sa taille d un tiers plus grande et ses formes plus trapues. Il a le pelage fauve en dessus et blaue en dessous ; la tête presque blanche; une raie de poils blancs, longue-de 0m,27, sur la partie postérieure du dos, et une ligne brune sur chaque flanc. Ses cornes, noires, annelées, assez longues, sont disposées en lyre. Il porte sur la croupe un repli longitudinal de la peau, formant une sorte do bourse, très- visible surtout quand l'animal baisse la tête, et qui lui u valu le nom d'antilope à bourse. Ce ruminant habite les environs du Cap de Bornie-Esperance. Il vit en troupes très-nombrou-es et qui changent souvent de résidence, a Elles sont, Oit V. de Bomare, accompagnées ou suivies par les lions, les onces, etc., qui en dévorent une grande quantité : elles n'approchent des colonies du Cap, que lorsque le manque d'eau ou d'herbage les force k changer de lieu. L'avant-gartle de la troupe a toujours de l'embonpuint; le corps d'armée est eu moins bonne situation, et l'arrière-garde est fort maigre et mourant de faim ; mais en s'en retournant, Tanière -garde devient k son tour plus grasse, parce qu elle part la première, trouve une pâture abondante; et l'avantgarde qui se trouve alors la dernière, devient très-maigre. « Les springboks paraissent être très-impressionnés par l'approche du mauvais temps; quand arrivent les vents du sud-est, qui sout très-orageux et très-violents, ils se mettent à sauter et à bondir; les plus vieux
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commencent et bientôt la troupe entière les imite; de la le nom vulgaire de chèvre sautante. Ces animaux, les mâles surtout, sont pétulants et méchants ; ils se défendent et attaquent à coups de cornes, et résistent ainsi aux bètes féroces; mais quand on les prend jeunes, ils s'apprivoisent aisément.
SPRINGER (Jean-Christophe-Eric de) jurisconsulte allemand, né k Sehwtibach en 1727, mort en 1798. Il fut nommé en 1761, par le dernier margrave d'Anspach, membre de la Chambra des finances. En 1766, il quitta la Franconie et professa l'économie politique à Gœttingue. L'année suivante, il fut nommé instituteur du comte de Schaumbourg- Lippe-Averdissen et, en 1771, professeur de droit public et d'économie k Erfurt. U prit en 1777, à Erlangen, le grade de docteur en droit et fut nommé directeur de la Chambre des finances du landgrave de Hesse-Darmstadt. 11 fut ensuite nommé par son ancien élève, le comte de Schaumbourg-Lippe-Averdissen, chancelier, directeur de la Chambre des finances, président de la cour de révision et du consistoire. A la mort du comte en 1787, le comté étant tombé aux mains du landgrave de Hesse-Cassel, Springer conserva ses fonctions et fut nommé conseiller intime. Le landgrave ayant retiré ses troupes du comté, Springer fut forcé de donner sa démission et de quitter le pays. En 1789, il fut nommé par ie landgrave chancelier de l'université de Rinteln et professeur d'économie politique. On a de Springer, outre divers opuscules, articles de revues ou de journaux et quarante gros volumes de manuscrits, environ 75 ouvrages imprimés, in-fol., in-40 et in-8°,sur divers sujets. Son portrait a été gravé par Raid, k Augsbourg, en 1794.
SPRINGER (Cornelis ou Corneille), peintre hollandais, né k Amsterdam en 1817. Elève de Gaspard Karssen, il s'est fait avantageusement connaître par un assez grand nombre de tableaux qui, pour la plupart «ont des vues de villes ou de monuments. M. Springer a exposé en France les toiles suivantes : I Bôlel de ville de Nimègue; Maison de Rembrandt, à Amsterdam (exposition universelle de 1855); Vue prise à Oudewater (1857); Vue prise dans ta ville de Veere (tS59) ; la Ville de Cucktenbourg ; IviVille de Veere ;Vue d'une partie de l'église de Zalt-Bommel, en Gueldre (1861); un Quai d'Amsterdam; un Canal d'Amsterdam. (1864); Vue prise dans ta ville de Kumpen (1865) ; Vue de Munster; la Maison aux télés, à Amsterdam ; le Marc/té aux fromages à Enkhuyzen (1867), etc. Cet artiste distingué a été décoré de divers ordres étrangers.
SPRINGER (Antoine-Henri) , historien et esthéticien allemand, né à Prague en 1825. I! fit ses études k l'université de sa ville natale, où il suivit de préférence les cours d'Exner et de Smetana, visita ensuite l'Allemagne et l'Italie, prit en 1848 ses grades k l'université de Tubingue et, la même année, se fit recevoir à celle de Prague, agrégé pour l'histoire moderne, qui n'avait pas encore été professée à cette université. Tout en faisant ses cours, il prit une part active aux débats de la presse politique ; mais, comme il défendait le principe des nationalités et demandait surtout que l'Autriche fût exclue de la Confédération germanique, le ministère Schwarzenberg - Thun lui retira l'autorisation d'enseigner et supprima le journal l'Union, dont il était rédacteur en chef, parce que cette feuille avait apprécié, tout k fait dans un sens favorable k la Prusse, les conférences d'Olmiltz. En 1832, M. Springer alla se faire recevoir agrégé d'histoire de l'art moderne k l'université de Bonn, où il a été nommé professeur extraordinaire en 1860. Le plus remarquable de ses travaux historiques est l'Histoire de l'Autriche depuis le traité de Vienne (Leipzig, 1863-1865, 2 vol.). : On a encore de lui : Histoire de l'époque de la révolution (Prague, 1849) ; l'Autriche après la révolution (Prague, 1850); l'Autriche et la Prusse eu Allemagne (Prague, 1851); Paris au xme siècle (Leipzig, 1856). Nous citerons parmi ses travaux d'esihéticjue, qui sont fort estimés : Lettres sur l'histoire de l'art (Prague, 1852-1857); l'Architecture du moyeu âge chrétien (Bonn, 1854); Histoire des beaux-arts au xix« siècle (Leipzig, 1859); Eludes iconographiques (Vienne, 1860) ; la Dispute de Raphaël (Bonn, 1860); De arli/icibus laicis et manachis medii asui (Bonn, 1862); Portraits empruntés à l'histoire de l'art moderne (Leipzig, 1867), etc.
SPR1NGF1ELD, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Massachusetts, sur le Connecticut, k 140 kilom. O. de Boston, cheflieu du comté de Hainpden; 14,500 hab. Arsenal, un des plus considérables de l'Union américaine, renfennaut une importante fabrique d'armes k feu et d'armes blanches; ! atelier de construction de machines k va- j peur, -wagons; fabriques de papiers peints, coton, tissus, etc. Cette ville s étend sur la I rive gauche du Connecticut, sur un terrain fertile et uni ; elle est bien bâtie et r» coin- ,' pose de larges voies coupées k angles droits, i La rue principale, Main-Street, est une belle . et large avenue de <t kilom- de longueur; au ' centre de la ville, on trouve un magnifique square, parfaitement ombragé et entoure de ! belles constructions. Parmi les monuments i
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publics, il faut citer l'hôtel de ville et plu sieurs belles églises. Sur la rive opposée du fleuve s'élève la petite ville de West-Spring* field, qui communique par plusieurs bacs avec Spiingfield,
SPRINGFIELD, ville des Etats-Unis, capitale de l'Etat d'Illinois, k 1,050 kilom. O. de Washington, par 390 48 de lutit. N., et 89° 33' de longit. O. ; 6,500 hab. Commerre actif. Cette ville est située dans une eontrée riche en prairies et en houillères abondantes ; elle est composée de rues bien bâties, larges et reliées au centre par un vaste square public, sur l'une des façades duquel s'élève la maison d'Etat et d'autres édifices publics.
SPR1NGF1ELD, ville des Etats-Unis, dam l'Etat de Vermont, sur le Connecticut, à 20 kilom. S.-O. de Windsor; 3,000 hab.
SPRINGFIEI.D, ville des Etats-Unis, dans l'Etat de i'Ohio, k 68 kilom. O. de Coiumbus, chef-lieu du comté de Clark ; 7,000 hab. Nombreuses écoles publiques ; fabriques d'étoiles de coton, de laine, papiers peints. Forges et fonderies de fer. u On trouve encore aux Etats-Unis 1 lusieurs bourgs et circonscriptions communales du nom de Springh'eld.
SPROPOS1TO s. m. (spro-po-zi-to — m, ital.). Chose dite hors de propos. Il PI. sproposiTr ; Le sel de ses gentillesses anéantissait mes lourds spropositi. (J.-J. Rouss.)
SPROT s. m. (sprott). Pèche. V. sprat.
SPROT (Rabbi Scem Tov ben Isaac ben) théologien juif, né k Tudela vers 1374. Il était médecin, philosophe et talmitdiste et il a écrit un ouvrage intitulé : Euen Bochen (Pierre de touche), dans lequel il attaque violemment le christianisme, expose les principaux articles de la foi judaïque et paraît très-préoccupé de réfuter l'ouvrage d un certain Alphonse que les uns croient être Pierre -Alphonse, d'autres Alphonse de Valladolid. L'Even Bochen n'a jamais été imprimé; mais la plupart des bibliothèques de l'Europe en possèdent des copies. Plusieurs autres ouvrages attribués k Sport ne sont pas de lui, mais d'un autre écrivain juif espagnol, appelé Rubbi Scem Tov ben Isaac Hattarisci, qui llorissait entre 1264 et 1267, époque k laquelle ils ont été composés.
SPROTTAU, ville de Prusse, province de Silésie, régence et k m kilom. N.-O. de Liegnitz, chef-lieu du cercle de son nom, au confinent de la Bober et de la petite rivière de Sprotta; 5,200 hab. Fabrication de draps, toiles, tissus imprimés, cuirs, cigares, filatures de laines.
SPRUCÉA s. f. (spru-sé-a — de spruce, botnn, angl.). Bot. Genre de mousses, de la tribu des trichostomées, connu aussi sous le nom de holomitrion, et comprenant deux espèces, des régions australes.
SPRt/CE-BEER 3. f. (sprou-se-birr — mot anglais). Sorte de bière fabriquée par les Américains, et qui est une décoction déjeunes branches de pin mêlée k de la mélasse.
SPRUCH-SPRECHER s. m, — Nom donné en Allemagne k des improvisateurs du xve siècle.
— Encycl. Semblables k la fois à nos trouvères et k nos jongleurs, les spruchsprechers couraient le pays, et moyennant un modique salaire, soit devant le noble auditoire des châteaux, soit devant l'auditoire populaire des villes, ils récitaient ou chantaient des vers plaisants et des bouffonneries. Leur succès tint particulièrement k la transformation qui s opéra k cette époque dans l'esprit de la littérature allemande. La poésie chevaleresque se trouva alors presque délaissée, et fit place k une tendance familière qui introduisit dans l'art un élément tout nouveau. > Bon sens populaire, allégories morales, satires joyeuses et acerbes, voilk les sujets qui plaisent k la foule, dit M. Saint- René-Taillandier ; on les retrouve partout dans la poésie, dans la prose, dans les traités des moines, dans les sermons des prédicateurs. » Les spruchsprechers favorisèrent cette tendance; ils furent les troubadours de la gaieté populaire, de la raillerie bourgeoise, de cet esprit bouffon et satirique qui se retrouvera même parmi les graves débats des réformateurs religieux du xvie siècle.
Tandis que les meistersœnger, qui existaient a la même époque, mais réunis en association, se distinguaient par la gravité de leurs compositions et la droiture de leur caractère, les spruch-sprechers, libres de tout lien, avaient au contraire une assez mau yaise réputation. Le mérite littéraire était k peu près le même ; cependant la versification des derniers était encore plus négligée et plus facile ; en revanche, la vivacité d ijsprit devait être plus grande, car le spruchsjjrecher était tenu de répondre en vers et d'une manière piquante k toute demande qui lui était faite.
Au xvio siècle, Guillaume Weber, fils d un improvisateur, effaça tous les spruchsprechers qui l'avaient précédé, et laissa quelques poésies, les seules de ce genre qui soient parvenues jusqu'à nous. Elles ont été publiées par M. Wagenseil, et donnent une laib.e idée des improvisations anciennes; pourtant il en est deux que l'on a remarquées. J.a 1 remière est une grossière raillerie di-
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rigic contre quelques habitants de Nuremberg, qui, pour se venger des satires du poète , l'avaient plongé nuitamment dans une pièce d'eau, nommée l'Etang aux poissons; la seconde fut écrite à l'occasion de la réception plaisante de Weber parmi les docteurs d'Altorf. Il paraît que ce petit poème eut un grand succès en son temps.
SPRUNER (Charles de), historien et géographe allemand, né à Stuttgard en 1S03. Elevé à l'école des cadets de Munich, il montra de bonne heure beaucoup de goût pour les études historiques, auxquelles il consacra plus tard tous tes loisirs que lui laissait la vie de garnison. Entré en 1825 dans l'armée bavaroise avec le grade do lieutenant, il se fit connaître par plusieurs travaux remarquables, tels que les Gaus (districts) de la Bavière (Bamberg, 1831), brochure dirigée contre M. de Lang, et la Carte des gaus du duché de la Franconie orientale (Bamberg, 1835). Deux ans plus tard il commença son Ouvrage le plus important, l'Atlas portatif, historique et géographique (Gotha, 1837-1852, trois parties renfermant 118 feuilles ; 1S53, et années suiv., 2e édit.), dans lequel il a réuni, avec un rare talent d'exposition, tous les documents que l'on possède jusqu'à ce jour sur l'histoire de l'Europe et des autres , parties de la terre. Chargé à différentes reprises d'importantes missions scientifiques par le prince royal Maximilien, M. de Spruner fut nommé, à l'avènement de ce dernier au trône, capitaine d'état-major et devint en 1855 major général, puis aide de camp du même souverain, qui, jusqu'à sa mort, eut pour lui une estime toute particulière. Le nouveau roi, Louis II, l'a nommé, en 1864, son aide de camp général. Parmi les travaux cartographiques dus à M. de Spruner, outre ceux que nous avons déjà cités, il faut mentionner : Atlas historique de Bavière (Gotha, 183S, 7 feuilles); Carte historique de l'Europe, de l'Asie occidentale et de V Afrique septentrionale (9 feuilles principales et 7 feuilles accessoires) ; Atlas élémentaire, historique et géographique (Gotha, 185G, 22 feuilles); Allas élémentaire, historique et géographique de l'Allemagne (Gotha, 1857, 12 feuilles); Allas élémentaire, historique et géographique de tout l'Empired'Autriche(Golh&, 1857, 13feuilles), et Atlas portatif, historique et géographique (Golha, 1861, 26 feuilles, en anglais). On a encore de lui divers ouvrages hisloriques, entre autres : Guide pour l'histoire de la Bavière (Bamberg, 1853, 2e édit); le Comte Palatin Ttupert le Cavalier (Munich, 1854); les Peintures murales du Alusée national de Bavière (Munich, 1868), pour servir de texte aux magnifiques photographies de Joseph Albert, etc.; deux tragédies historiques, la Mort héroïque du comte Arco et la Dernière lutte fratricide dans la maison de Witleisbach. Il a en outre publié avec Hœnle plusieurs guides de voyage dans le bassin du Mein et dans les montagnes de la Basse Franconie et avait entrepris avec le même auteur la publication de Tableaux pour servir à l'histoire des Etats allemands (Gotha, 1846-1848) et des châteaux de plaisance du Wurtemberg (Stultgardt, 1S47 et suiv.); mais ces deux ouvrages ne purent être terminés a cause des obstacles qu'apportèrent k leur exécution les événements politiques de l'époque. M. de Spruner- a reçu, en 1843, de l'université d'Erlangen le diplôme de docteur, et est devenu, en 1842, membre correspondant, puis, en 1853, membre actif de l'Académie bavaroise.
SPRUYT (Philippe Lambert-Joseph), peintre et graveur flamand, né à Gand en 1727, .mort dans la même ville en isoi. Il eut pour professeur d'abord Mile à Gand, puis Van Loo à Paris, et enfin Raphaël Mengs à Rome. De retour dans sa patrie, il peignit à Bruxelles des portraits et des tableaux historiques, devint en 1770 professeur de dessiu à l'Académie de Gand et dressa, par ordre de l'impératrice Marie -Thérèse, le catalogue des principales œuvres artistiques répandues dans les églises et couvents de Belgique, ouvrage qu'il orna de gravures à l'eau-forte. On cite parmi ces compositions plusieurs gravures, d'après Teniers et Rubens, et surtout le Christ montrant ses blessures à 'Thomas, d'après Rubens. — Spruyt (Charles), peintre, né à Bruxelles en 1769, a peint un grand nombre de tableaux, parmi lesquels on cite : Sainte Thérèse; Jean /er) électeur de Brabant, dans la prison de sa sœur Marie; le peintre François Francia mourant en regardant un tableau de Raphaël; Intérieur d'une église souterraine à home.
BPUCHES (Joseph de), prince Galati, littérateur italien, né à Païenne vers 1818. Il s'est fait connaître par ses travaux sur l'archéologie et l'épigraphie siciliennes, par de bonnes traductions de Sophocle, d'Euripide et d'autres auteurs grecs, et par des poésies pour la plupart patriotiques. On a, en outre, de lui : deux poèmes épiques, Adèle de Bourgogne et la Chute de Bérenger, le dernier roi italien du x" biècle; une nouvelle poétique en six chants, Gualtiero, tirée d'une' chrouique sicilienne des temps féodaux ; des Canzoni, dans lesquels il chante alternativement les douceurs et les amertumes de la vie intime, ou les malheurs et la liberté naissante de sa patrie, comme dans ses deux odes : A. la Sicile et Cavour et l'Italie.
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SPL'CHES (Joséphine Turrisi-Colonna , dame de), princesse GAI-ATl, femme de iettres italienne, épouse du précédent, née à Palerme en 1822, morte en 1848. Elevée à Florence, elle reçut les conseils et suivit les traces du poète Joseph Borghi et composa des poésies inspirées par la foi la plus vive dans l'avenir et dans le progrès de l'huma1 nité. Elle épousa, a, vingt-quatre ans, M. de Spuches, mais elle lui fut rapidement enlevée. Poète national, elle a chanté, en belles strophes, l'héroïne qui défendit Ancône contre les bandits de Frédéric Barberousse; on cite aussi ses deux Canzoni aux femmes siciliennes, son chant sur Octave d'Aragon, amiral sicilen du xvne siècle; ses beaux vers sur Byron, son poète de prédilection. Dans un autre genre, elle a écrit des poèmes pleins de beautés, tels que l'Hymne à Torquato Tasso; Sur le tombeau de 1560 à Termini, etc. Comme forme poétique, ces poèmes peuvent soutenir la comparaison avec ceux des meilleurs poètes modernes de l'Italie.
SPULLER (Eugène), pubiieiste et homme politique, né à Seurre (Côte-d'Or) le 8 décembre 1835, d'une famille d'agriculteurs et de commerçants. Il fut élevé à la campagne, auprès de son grand-père, et il v resta jusqu'à son entrée au lycée de Dijon en 1847. Cette libre et forte vie des champs développa en lui, avec une constitution robuste, dure au travail et k la fatigue, une profonde sympathie pour les travailleurs agricoles et les classes rurales. Comme Proudhon , l'un des maîtres auxquels il est le plus attaché, il tient à honneur d'être un paysan, un homme de la glèbe.
Nous notons ces détails parce que M. Spuller, qui a déjà joué un rôle important que son extrême modestie lui fait amoindrir et qui met à s'effacer autant de soin que d'autres à se produire, est un talent d'un ordre trèsélevé et qui est appelé très-probablement à une carrière d'éclat.
Il fit ses études de droit à Dijon, vint se faire inscrire au barreau de Paris en 1862, plaida quelques causes politiques et se lia avec un autre jeune avocat qui devait quelque peu faire parler de lui, Léon Gambetta. La conformité des idées, la convenance des âges, les affinités du talent rapprochèrent ces jeunes gens, et c'est de ce moment que date cette intimité étroite, cette collaboration constante et dévouée qui se sont maintenues à travers les événements et les années.
Mêlé dès lors au mouvement politique, il combattit aux élections de 1863 les candidatures officielles et entra dans la presse militante. Sa place était marquée dans les rangs de la démocratie républicaine. Mais dans ces temps de compression la lutte était difficile et l'on combattait comme on pouvait et où l'on pouvait. M. Spuller entra dans la rédaction d'une feuille qui se publiait à Francfort, l'Europe, et à la veille de la guerre entre la Prusse et l'Autriche, en 1866, il signalait sans relâche les dangers que pouvait faire courir û la France et à l'Europe l'insatiable ambition de la monarchie prussienne.
Un peu plus tard, il collabora activement au Nain jaune, feuille littéraire et satirique qui servit d'asile et de poste de combat à un groupe de républicains parmi lesquels on 'comptait Ranc, Frédéric Moria, Louis Combes, Castagnary, Siebecker et d'autres, qui, sous le prétexte de littérature, de critique et de philosophie, firent une guerre extrêmement vive à l'Empire, Ces campagnes ont eu un certain éclat.
Aux élections de 1869, ce fut lui qui rédigea la fameuse pièce signée de quinze cents électeurs et dans laquelle Emile Ollivier était déclaré indigne. Il eut donc la plus grande part à l'élection de Bancel.
M. Spuller, dont la polémique était d'ailleurs grave, mesurée, raisonnée plutôt que satirique, et dont le talent très-étoffé, nourri d'études persévérantes, était plus propre à la philosophie, aux affaires de la grande politique, à la haute critique, qu'aux escarmouches du journalisme courant, collabora au Journal de Paris, à \' Encyclopédie gêné- ' raie et devint un des principaux rédacteurs de la Heoue politique, avec Chalfemel-Lacour, Gambetta, Allain-Targé, Jules Ferry, Henri Brisson, Louis Combes, etc. Dans l'intervalle il fonda avec son frère une feuille hebdomadaire, le Journal de Langres , destinée à l'éducation politique des classes rurales, qu'il n'oubliait jamais dans ses préoccupations, et à laquelle il envoya de nombreux articles.
Lors du dernier plébiscite impérial, il publia, outre ses travaux journaliers, une Petite histoire du. second Empire , dans le but d'éclairer les électeurs sur ce règne néfaste. Ce petit écrit, qui se répandit à un grand nombre d'exemplaires, a servi de modèle à une foule, de publications du même genre.
Au 4 septembre, il suivit, sans titre officiel, M. Gambetta au pouvoir, devint son collaborateur de tous les instants, plus que son secrétaire, son aller ego, son inséparable compagnon de lutte, partit avec lui en ballon pour aller organiser la défense eu province et partager tous ses grands travaux, s'associa à tous ses efforts patriotiques avec autant de capacité que d'infatigable dévoue-
Dans sa déposition devant la commission d'enquête , il a lui-même expliqué sa situation.
• J'étais, dit-il, lié avec M. Gambetta d'une