‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 655 sur 1059 · AB · texte numérisé non relu

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OU ~ kO'

Il suffirait donc, pour conclure toutes les dîstunces comprises entre O et h, de diviser (JD en autant du parties égales qu'il y a de mètres de O en h, et de lire sur la mire le nombre de divisions interceptées pour chaque station entre les fils du réticule R, C'est cette mire ainsi divisée que l'on appelle un stadia. Le réticule R peut s'adapter à tout autre instrument de nivellement; on dispose généralement les deux fils horizontaux a et 6 à égale distance du fil horizontal du milieu, qui passe par l'axe optique ; cette égalité de distance s'obtient facilement, mais elle n'est pas rigoureusement nécessaire. Pour régler l'équidistance des fils mesureurs, on trace en grand sur le papier la figure du réticule, et on place cette image à 10 mètres en avant du réticule lui-même. Visant ensuite k cette figure à travers le réticule, on parvient, en faisant mouvoir les fils, à les amener en coïncidence exacte avec les fils homologues de l'image. On les fixe alors dans cette position avec un peu de cire. Les fils du réticule étant réglés comme précédemment et distants l'un de 1 autre de 0m,006 environ, on fait placer bien verticalement en, terrain horizontal, et successivement aux distances 100, 200, 300 mètres de la lunette, une règle en sapin d'environ 3 mètres de longueur, o^lS de largeur et 0m,03 d'épaisseur, sur la face de laquelle on marque chaque fois au crayon les deux extrémités de l'intervalle sous-tendu par les fils mesureurs, l'un d'eux affleurant 1 extrémité supérieure de la règle, tandis que l'axe optique est bien horizontal. On divise ensuite en vingt parties égales chacun des intervalles, lesquels doivent être égaux, et ces petites parties, qui correspondent à 5 mètres de distance horizontale, peuvent être encore subdivisées. Enfin , l'ou peint sur un fond blanc les divisions tracées en couleur et à l'huile par des traits diversifiés et un peu larges, afin de les distinguer à la plus grande distance ou 300 mètres. Telle est Ta méthode employée pour diviser et étalonner le stadia. Lorsqu'en terrain horizontal un obstacle s'oppose à ce que l'on voie toute la partie du stadia comprise entre les fils extrêmes du réticule, on remarque combien il y a de divisions entre le premier fil et celui du milieu, et on double ce nombre, ce qui ramène les choses au cas précédent. Si, entre la position de la lunette et celle qu'occupe le stadia, il y a une différence de niveau sensible, le stadia n'est aperçu qu'en raccourci et sous un angle * qu'on lit sur l'instrument qui porte la lunette ; A' étant l'intervalle sous-tendu sous cet angle a. par les fils du réticule, et h celui qui serait sous-tendu en terrain horizontal, on a clairement : h - A'cosa, et l'on conclut de cette relation la plus courte distance de la lunette au stadia. Mais cette distance d' n:est évidemment pas leur distance horizontale d; pour l'obtenir, on a

d=d'cosa = mh' cos'x,

;n fp.isant le rapport constant connu — = m.

A i-dessous de o = 5", la correction est peu importante, et l'erreur que l'ça commet en la

négligeant ne s'élève guère qu'à - — •. On

néglige toujours, parce qu'elles se compensent le plus souvent, les erreurs dues à la position du réticule qui ne se confond pas

avec celle de l'axe de rotation vertical de la lunette. Dans ces dernières années, M. Porro, officier supérieur du génie pièmontuis, a apporté des perfectionnements importants au stadia en adaptant à l'instrument une lunette spéciale. Par la disposition de cette lunette, qui, outre l'objectif, renferme deux lentilles constituant ensemble un oculaire de Runisden , et un diaphragme focal portant le réticule qui peut se mouvoir longitudinalement dans les tubes, les axes des faisceaux lumineux qui ont passé par le centre optique de l'objectif et se sont croisés sans se réfracter se trouvent parallèles entre eux et à l'axe de la lunette; 1 angle iniciométrique, émergeant de l'objectif, se trouve rendu constant, malgré les variations focales de la lunette et malgré la variation dans la force de la vue de l'observateur. Au lieu de rapporter l'angle microinétrique déterminé par les deux lils mesureurs au centre optique de l'objectif, ainsi que l'a vaitfaitGreen dans son stadia, 11. Porro rapporte cet angle au centre de rotation de l'instrument , sans altérer sa constance, à l'aide d'un système objectif composé de deux verres, tels que le foyer du système soit en dehors de la distance qui sépare les deux verres un peu au delà, du deuxième verre. Dans l'établissement d'un stadia , une question se. présente : c'est de savoir quel est le pouvoir auquel il convient de porter la lunette pour obtenir un degré d'exactitude donné, et quelle est ta limite des distances qu'il er,t possible d'obtenir. N'ayant jamais une grande épaisseur d'air à traverser, on peut faire abstraction de la modification qu il apporte dans la transmissibilité du rayon lumineux. On suppose aussi que la bonté relative de la lunette Soit la même dans les différentes lunettes, ainsi que le diamètre du faisceau lumineux émergeant de l'oculaire. D'après cela, il est clair que l'amplitude de l'angle diastimétrique, et par suite la portion de la mire comprise à une distance donnée dans les lunettes de différentes grandeurs, est en raison inverse de leur pouvoir amplificalif, qui, dans chacune d'elles, est rendu constant par cette construction. La grandeur des parties de la mire, représentant l'unité de distance, est donc en raison inverse de ce même pouvoir, et il s'ensuit qu'en augmentant les dimensions et le pouvoir de la lunette, on obtient seulement l'avantage de faire servir une mire plus courte, mais on n'a pas celui d'une plus grande exactitude. Il parait prouvé par l'expérience qu'il suffit , dans la plupart des cas, d'étendre à Î00 mètres la portée de l'instrument; on peut d'ailleurs, par le ni du milieu, doubler la portée en sacrifiant quelque chose sur l'exactitude. D'après cela, 1 amplitude de l'angle diastimométrîque serait de 1 grade 27 à peu près, et comme, d'autre part, la limite de la vi>ioii .parait pouvoir se fixer à 12 grades environ de distance à l'axe, il s'ensuit que la lunette peut supporter une amplification de vingt fois environ. Une lunette achromatique donnant ce grossissement est douée de beaucoup de clarté quand l'objectif a 36 à 40 millimètres d'ouverture. La longueur de la lunette est fixée d'après la qualité du flint et du crown qu'on emploie pour la formation de l'objectif, et d'après la courbure maxima que l'on peut admettre sans que les aberrations nuisent sensiblement à la netteté de la vue. D'après tes considérations, il serait facile de déterminer des lunettes pour une autre amplitude de l'angle micrométrique et une autre portée de la mire. L'expérience prouve, que si deux traits consécutifs, limitant une partie d'une échelle quelconque, se présentent à l'œil sous un écar-

tement de — ■ de grade environ , on peut ,

avec quelque peu d'exercice , estimer les

dixièmes de l'intervalle à — près, mais qu'on

n estime guère les cinquièmes qu a — près, quand l'angle visuel sous lequel l'œil perçoit

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l'intervalle donné se réduit à 0 grad., 15. Ceci met à même de déterminer jusqu'à quel point il est convenable de subdiviser les parties du stadia, et on voit facilement que, s'il est divisé en doubles centimètres, chaque division représentera 1 mètre de distance, ce qui revient à supposer le double du sinus du demi-angle micrométrique égal à 0nl,02 ; or, d'après ce qui est dit plus haut, on jugera fort bien les dixièmes de mètre à 100 mètres. De nombreuses expériences sur la visibilité des mires, par des lunettes de différentes dimensions, onteonduit a admettre, comme un maximum convenable dans la pratique, une lunette de 60 millimètres d'ouverture; les proportions suivies jusqu'à ce jour dans la construction des objectifs achromatiques ,

auxquels on ne donne d'ouverture que —

tout au plus de la longueur focale, fourniraient une lunette trop longue pour les usages ordinaires; il a donc fallu cherchera raccourcir les lunettes achromatiques en leur conservant leur pouvoir. MM. Amici et Porro ont résolu ce problème en construisant des objectifs à quatre verres avec du flint et du crown, auxquels ils ont donné le nom d'objectifs quadruples. Un objectif quadruple de 60 millimètres d'ouverture supporte aisément l'amplification de quatre-vingts fois. Un objectif de 60 millimètres d'ouverture donne, dans l'observation des distances par le micromètre à fils fixes et à double oculaire, un degré d'exactitude tel qu'on peut ne réclamer que de tolérauce, tandis que, dans

les opérations du cadastre, on est dans l'usage d'accorder aux géomètres — . Quel-

quefois, on emploie la mire à voyant comme sladia, après avoir, par divers essais, déterminé à quelles distances horizontales correspondent les cordes de l'angle visuel des fils de la lunette. La mesure des distances avec la mire à voyant est un peu plus longue qu'aveu le stadia ; mais elle est plus exacte, et lorsqu'on fait des nivellements, la distance des stations s'obtient ainsi fort rapidement en même temps que les cotes de niveau. Le voyant de la mire étant placé comme pour prendre une cote de niveau, et cette cote inscrite par le porte-mire , on lui fait élever le voyant jusqu'il ce que son horizontale soit couverte par l'un des fils du réticule; puis il inscrit cette hauteur dans une colouue disposée à cet effet sur son registre. On lui tait alors abaisser le voyant jusqu'à ce que l'autre fil recouvre la même horizontale ; la différence de ces deux cotes donne, à 1 millimètre près, l'espace embrassé sur la mire par les deux fils du réticule, et ou en conclut la distance comme avec le stadia.

STADïNGH s. m, (sta-dingh). Hist. relig.. Nom donné à des fanatiques du diocèse de Brème, qui professaient les croyances des manichéens.

— Encycl. Les stadinghs , qui habitaient des marais situés entre la Frise et la Saxe, formèrent vers lu fin du XIe siècle une secte religieuse qui admettait le dogme des deux | principes des manichéens. Ils rendaient un culte à Lucifer dans leurs assemblées. Cette secte se grossit insensiblement; ils tuèrent les missionnaires qu'on leur envoya et conçurent le projet de faire mourir tous les ministres du christianisme. Ils coururent la campagne, pillèrent les églises et massacrèrent les prêtres. Leurs progrès effrayèrentles catholiques ; on prêcha une croisade contre eux, et ils furent totalement défaits en 1233 par Henri de Brabant, chef de la croisade. Six mille de ces sectaires restèrent sur la place, et la secte fut éteinte.

STADIODROME s. m. (sta-di-o-dro-me — du gr, sladion, stade; dromein, courir). Antiq. Celui qui parcourait un stade à. la course.

STADION (Jean-Philippe-G'harles- Joseph, comte de), diplomate et ministre autrichien, né à Mayenee en 1763, mort à Bade en 1824. 11 étudia le droit à Gœttingue, fit preuve de talents précoces et attira sur lui 1 attention du prince de Kuuniiz, qui le nomma ambassadeur a Stockholm lorsqu'il n'avait encore que vingt-quatre ans (1787). Trois ans plus tard, il alla occuper le même poste à Londres ; mais, après le remplacement de son protecteur dans le poste de premier ministre, il se retira dans ses terres en Souabe (1793) et devint grand trésorier de l'evêque de W'urtzbourg. Ambassadeur à Berlin en 1801, puis à Saint-Pétersbourg en 1804, il négocia dans cette dernière ville la troisième coalition, qui se brisa à Austerlitz. Nommé ministre des relations extérieures en 1 806, Stadion, adversaire acharné de Bonaparte, prépara de longue main la levée de boucliers de 1809, et cette fois il vit encore ses espérances échouer dans les champs de Wagram. Napoléon le traita sévèrement dans ses bulletins et dans le Moniteur pendant toute cette campagne , et il fit de sa retraite une des conditions du traité de paix. M. de Stadion, à l'époque de nos revers, devait reparaître sur la scène. En effet, il eut une grande part à la quatrième coalition, conclue a Tœplitz en 1813, aux conférences de Châtillon tenues l'année suivante , enfin au congrès de Vienne en 1815. Après la paix, il eut le portefeuille des finances , qu'il conserva jusqu'à sa mort.

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STADLER (l'abbé Maximilien), compositeur allemand , né à Mœlk (Autriche) en 1748,

, mort en 1833. Son père, qui était boulanger, le fit élever chez les jésuites à Vienne. Tout en étudiunt la philosophie et la théologie, il se livra à son goût pour la musique. En quittant les jésuites, il entra chez les bénédictins de Mœlk, où il devint professeur de théologie, puis fut nommé curé, abbé de Lilienfeld (1786) et abbé de Kremsmunster (1789). A cette époque, Stadler était devenu un des plus grands organistes de son temps et il improvisait avec le plus grand art dans le style fugué sur un thème donné, S'étant démis de son titre d'abbé de Kremsmunster, Siadler alla habiter Vienne, où il acquit une grande réputation comme organiste et compositeur et entra en relation avec Haydn et Mozart, dont il prit avec vivacité la défense lors de la discussion soulevée par Godefroid Weber sur la part que l'illustre musicien avait eue dans le Requiem qui porte son nom. En 1806, Stadler devint curé d'un faubourg

: de Vienne, pui-s, en 1810, curé deBœhmisch- Kraut. A partir de 1815, il vécut complètement dans la retraite. Stadler s'est fait con naître par un grand nombre de morceaux de musique d'église, de chants à plusieurs voix, de fugues, par des messes et des motets que l'on compare aux plus belles pièces de Mozart et d Haydn en ce genre. Son oratorio la Jérusalem délivrée est populaire en Aile- . magne.

STADMANE s. f. (sta-dma-ne). Bot. Genre de plantes, de la famille des sapindées.

STADMANNIE s. f. (sta-dma-nî — de Stadmann, savant allein.). Bot. Syn. de cupanib, genre de sapindacèes.

STADNICKI (Michel), philologue et historien polonais, né en 1732, mort en 1789. Stadnicki, après avoir achevé ses études à Rome, fut nommé professeur d'éloquence ù l'université de Varsovie et devint, en 1781, recteur du collège de cette ville. Ex-, trêmement versé en histoire, familiarisé avec le grec et le latin, il entreprit, sur l'ordre de Stanislas-Auguste, roi de Pologne, la continuation de la Chronique polonaise de Kromer et mourut avant d'avoir pu la terminer. On a de lui : Oralio de taudibus sancti Thoms Aquinatis (Varsovie , 1761); Discours (Varsovie, 1767), etc.

STADNICKI (Alexandre), littérateur polonais, né en 1806, mort en 1861. Fils d'Antoine Stadnicki, qui s'est fait connaître par divers ouvrages, notamment par une histoire du peuple juif en Europe (Cracovie, 1834), il fit ses études à l'université do Vienne et obtint ensuite, dans l'administration de la Galiete, un emploi qu'il conserva jusqu'en 1841. il présenta, à cette époque, à la diète galicienne un projet pour l'Aôanrfon d'une propriété foncière suffisante aux serfs, qui demeura sans résultat immédiat, mais qui prouva, quatre ans plus tard, que l'auteur avait eu une juste prévision de l'avenir. Il ne s'occupa plus dès lors que de travaux scientifiques et littéraires, parmi lesquels nous citerons : Des villages appelés valugues sur te versant nord des Carpathes (Lemberg, 1848) ; Des Kniazies dans les villages valaques (Lemberg, 1853) ; Matériaux pour l'histoire des villes de la Galicie (Lemberg, 1856) ; Des excès commis par les paysans en Gaticie (1856); Coup d'œit critique sur les ordonnances connues sous le nom de statut de Wisliça (Lemberg, 1859), etc.

STADNICKI (Casimir), historien polonais, né en 1812. Il fit ses études à l'université do Vienne, où il obtint les grades de docteur en droit et en philosophie. De retour dans sa patrie, il se voua exclusivement à l'étude de l'histoire. On lui doit : les Piasls, esquisse historique (Paris, 1842, in-S°), ouvrage instructif et intéressant; les Fils de Giedymin (Lemberg, 1849-1853, 2 vol.) ; Commentaire sur ta famille de Stadnicki (Lemberg, 1361); la Généalogie de la maison de Stadnicki de 138G à 1861 (Lemberg, 1857-1861, in-fol.) ; \'£éruïsme (Lemberg, 1859, in-4°); Mémoires sur les gouvernements de ta Pologne- (Lemberg, 1856, in-4°), etc.

STADT-AJH-HOF, en latin Riparia, ville de Bavière, dans le cercle du haut Palatinat, ch.-l. du district de son nom, sur la rive gauche du Danube, vis-à-vis de Ratisbonne, à laquelle elle est unie par un pont et dont elle est comme un faubourg; 2,000 hab. Fabriques d'armes à feu, brasseries, navigation, construction de bateaux. Elle fut en partie brûlée par les Français le 23 avril 1809.

STADTBEBG, ville de Prusse. V. Mars-

BEHG.

STADTHAGEN, ville murée d'Allemagne, dans la principauté de Lippe-Schaumbourg, à 45 kilom. S.-O. de Hanovre, sur un petit affluent delà Leine; 1,670 hab. Ecole latine; exploitation de houille et sources minérales. Patrie du géographe Busching.

STADTLOHN, ville de Prusse, dans la province de Westphalie, régence de Munster, cercle et à 9 kilom. S.-O. d'Ahaus, sur la rive gauche du Berkel ; 2,250 hab. Fabrication et blanchissage da toiles, faïence et douves; fiûlisseries de fer.

STAECK (Joseph-Mugnus), peintre suédois, né à Lund eu 181Î. Il commença ses études de médecine à l'université de cette ville, mais

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ne les continua pas, préférant embrasser la carrière artistique. Il voyagea en Allemagne, en Italie, en France, et, de retour dans sa patrie, devint professeur à l'Académie de Stockholm , où il acquit de la renommée comme peintre de passage. Ses principales productions sont : un Paysage de Dalécarlie, dans la galerie de Stockholm; Vue de Genzaro, tableau qui figura à l'Exposition de Londres de 1862; Munich et Paysages des Alpes bavaroises. Ces deux derniers tableaux se trouvent dans le palais du roi de Suède.

STJSFA, bourg de Suisse, canton de Zurich, à 7 kilom. S.-E. de Meilen, sur la rive orientale du lac de Zurich ; 3,fiûû hab. Eaux minérales; filature importante de coton; fabriques de tissus de coton et de soie.

ST^GEMANN (Frédéric- Auguste von), homme d'Etat prussien et poète allemand, né à Vierraden le 7 novembre 1763, mort a Berlin le 17 décembre 1840. Devenu orphelin dès sa jeunesse, il termina ses études à Berlin et suivit les cours de droit à la Faculté de Halle. En 1785, il entra dans l'administration et devint, en 1806, directeur général des finances et, l'année suivante, conseiller référendaire auprès du chancelier d'Etat prince Hardenberg. En 1809, il fut nommé conseiller d'Etat Ct, en cette qualité, il accompagna successivement Harûenbeig à Paris, à Londres et, en 1815, au congrès de 'Vienne. Stœgemann a écrit, pendant les guerres de 18 13-1815, des poésies auxquelles il donna le titre de Souvenirs historiques en vers lyriques (Berlin, 1828). On a encore de lui plusieurs écrits politiques ou purement littéraires.

STjEHEI.IN ou STAHEL1N (Jean-Henri), médecin suisse, né k Bà<e en 166S, mort dans la même ville en 1721. 11 lit ses études à Leipzig et vint exercer la médecine dans sa ville natale. On lui doit : Thèses anatomico-botanicx (Bâle, 1711, in-4").

' ST-ffiHELlN ou STAHEL1N (Benoit), médecin et botaniste, fils du précédent, né à Bâle en 1695, mort dans la même ville en 1750. Il étudia la médecine sous la direction de son père, parcourut l'Europe pour perfectionner son instruction et revint occuper à Bâle une chaire de physique. Ses principaux ouvrages sont : De solidorum corporis humani adtritione et dissipaiione (Bâle, 1710, in-40); Thèses physico-anatomico-bolanicx (Baie, 1715, in-4"); De propagatione luminis (Bile, 1727, in -40 ) ; Observationes anatomico - botanicus (Bâle, 1728, in-4°); Epislola eucharistica (Bâle, 1742, in-40).

STiEHËLIN (Jean-Rodolphe), médecin et botaniste, fils du précédent, né à Baie en 1724, mort en 1796. Il enseigna duns sa ville natale l'anatomie, la botanique, la médecine, et il a publié : Spécimen observationum anatomicarum et bolunicarum (Bâle, 1751, in-40); Spécimen observationum medicarum (Bâle, 1753, in-4").

STjEHELIN (Jean), botaniste et médecin, frère de Jean-Henri, ne à Bâle en 1680, mort dans la même ville en 1755. 11 exerçait la médecine à Bâle, et on a de lui : Thèses medics,anatomicasel botanicx (Bâle, 175l,in-4<>); Spécimen observationum medicarum (Bâle, 1753, ia-40).

ST.3JHEl.lN (Benoit), médecin et naturaliste suisse. V. Stmhslin.

STJEHÉLINE S. f. (sté-é-li-ne ■— de Stœhelin, botun. suisse). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des earduacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans le midi de l'Europe : On trouve assez communément, sur les coteaux pierreux de nos départements méridionaux, la sTjEHÉline douteuse. (P. Duehartre.)

STiEHUN-STORKSBURG (Jacques de), savant et homme d'Etat russe, ué à Memmingen en 1710, mort le 10 juillet 1785. Il se rendit, on 1735, à Saint-Pétersbourg et y fut bientôt nommé professeur à l'Académie des sciences. II. fut ensuite attaché à la personne du grand-duc Pierre comme professeur et bibliothécaire, puis il fut nommé conseiller d'Etat et assesseur de la chancellerie impériale des monnaies au département des médailles et secrétaire de l'Académie des sciences. On a de lui : une Description de Ut principauté de Moldavie, des pays et des peuples situés entre la mer Noire et la mer Caspienne; un ouvrage Sur la Circassie et la Cabardie; un autre Sur le nouvel urchipel du Nord; {'Histoire de ta danse et de la musique en Ilussie, et un grand nombre de dissertations sur l'histoire, la statistique et la géographie du Nord, qu'il inséra dans le Calendrier géographique de Saint-Pétersbouig et dans le Magasin de A.-F. Busching. Stœnlin a, en outre, publié plusieurs traductions de l'italien, diverses poésies lyriques et quelques compositions dramatiques, entre autres Alexis Michaetowitseh et Natalie Narischkin, comédie en deux actes, en allemand, et qui a été traduite par Gustave III, roi de Suède (ûiuores, t. Ht). On a, en outre, de Slajlilm : les Anecdotes originales de Pierre le Grand, en allemand (Leipzig, 1785, iu-8°), traduites en français par Perrault et L.-J. Richou (Strasbourg, 1787, in-8°).

STAËL- Il OLSTE1N ( Eric-Magnus, baron de), diplomate suédois, né en Ostrogothie en 1749, mort à, Poligny, près de Lons.-le.-Sau-

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nier, en 1802. Sa famille était noble, mais possédait peu de fortune. De bonne heure il entra dans la diplomatie et fut envoyé comme conseiller d'ambassade à Paris. Instruit, ayant des idées très-ouvertes, du goût pour la philosophie, il sut se concilier à la fois les sympathies de la cour et des philosophes et fut accrédité comme ambassadeur, sur les instances de Marie-Antoinette (1783). Vers cette époque, il entra en relations suivies avec Neoker, fut très-frappé de la haute intelligence de sa fille et obtint sa main (1786) ; mais cette union ne devait point être heureuse. Lorsque la Révolution éclata, le baron de Staël s'y montra très-favorable et se lia avec plusieurs députés de la Constituante. Gustave III, à qui les idées de réforme étaient essentiellement antipathiques, fut irrité de l'attitude de son ambassadeur, qu'il rappela au commencement de 1792. Au momentoùce diplomate arrivait aStockholm, le roi de Suède venait d'être assassiné et le duc de Sundermanie était devenu régent. Ce dernier prince adopta une politique tout à fait contraire à celle de Gu.stave III. Le baron de Staël fut chargé d'aller reprendre possession de son poste d'ambassadeur à Paris, que venaient de quitter les représentants de toutes les puissances monarchiques. Lorsqu'il revint en France, Louis XVI avait péri sur l'écbafaud et son beau-père et sa femme s'étaient réfugiés à l'étranger. Pour se concilier les sympathies populaires, le diplomate suédois fit un don de 3,000 livres aux pauvres de la section de la. Croix-Rouge, puis il négocia un traité d'alliance avec le comité de Salût public; mais ce traité ne fut pas ratifié par son gouvernement. Il retourna en Suède, où il resta jusqu'au 9 thermidor. Renvoyé de nouveau en France, où il était le seul ministre d'un roi accrédité près de la grande République, il reçut le plus sympathique accueil, présenta ses pouvoirs à la Convention le 22 avril 1795 et prononça à cette occasion ces paroles : « Je viens de la part du roi de Suède au sein de la représentation nationale de France rendre un hommage éclatant aux droits naturels et imprescriptibles des nations. » A partir de ce moment, il eut sa loge dans l'Assemblée, dont il suivit assidûment les débats, et conserva son poste d'ambassadeur jusqu'en 1799, époque où le jeune roi Gustave-Adolphe le rappela. Depuis plusieurs années, le baron de Staël s'était séparé de sa femme. Leur caractère n'avait pu sympathiser. Pendant que Mme de Staël lui reprochait ses prodigalités excessives, il se plaignait de son côté de l'humeur dominatrice de sa femme. Toutefois, lorsque sa santé se fut profondément altérée, un rapprochement se fit entre eux. Il se proposait d'aller vivre dans la retraite, auprès de sa femme et de ses enfants, à Cop- . pet, lorsqu'il mourut pendant le voyage.

STAËL-HOLSTE1N (Anne-Louise-Germaine Nbckër, baronne du), célèbre femme de lettres, née à Paris en 1766, morte dans la même ville le 14 juillet 1817. Fille de Necker, le ministre populaire, dont l'avènement aux finances fut comme l'aurore de la Révolution, elle avait pour mère Suzanne Curchod, femme également distinguée, dont le salon réunissait toutes les célébrités de l'époque. Dans le livre de Mme Necker de Saussure, Notice sur le caractère et les écrits de Afme de Staël (Paris, 1820, in-12), on peut suivra les premiers pas de cette intelligence d'élite, qui se manifesta avec une précocité singulière. Il parait que, tout enfant , elle trouvait son amusement dans la conversation savante des amis de son père, Raynal, Bulfon, Marmontel, Grimm, Gibbon, et les charmait par ses reparties sérieuses. A onze ans, elle avait déjà l'intelligence assez cultivée pour s'essayer à composer des portraits et des éloges dans le goût académique de Thomas, autre commensal de la maison. A quinze ans, elle commentait {'Esprit des lois et adressait k Necker, sur son Compte rendu (1781), une lettre anonyme où son style la fit reconnaître ; puis successivement, jusqu'en 1785, elle écrivit plusieurs nouvelles : Mirza, Adélaïde et Théodore, Pauline, publiées dix ans après (1795, in-12). En 1786, elle composa un drame en vers, Sophie ou les Sentiments secrets; l'auteur manque d'expérience; mais à ce défaut son imagination supplée, et l'on trouve dans cette ébauche des pages élevées, des vers assen heureux. 1786 est l'année même de son mariage avec le baron de Staël-Ilolsteiti, ambassadeur de Suède à la cour de France. M""' Necker de Saussure cite un portrait d'elle à cet âge, tracé dans le goût cle l'époque par Guibert, et où elle est représentée sous le nom de Zulmé : ■ Zuhné n'a que vingt ans, et elle est la prêtresse la plus célèbre d'Apollon ; elle est celle dont l'encens lui est le plus agréable, dont les hymnes lui sont les plus chers... Ses grands yeux noirs étincellent de génie; ses cheveux, de couleur d'ébène, retombent sur ses épaules en boucles ondoyantes; ses traits sont plus prononcés que délicats, on y sent quelque chose au-dessus de la destinée de son sexe. » — • J'ai eu moi-même sous les yeux, dit à ce propos Sainte-Beuve, un portrait peint de Mlle Necker, toute jeune personne; c'est bien ainsi : cheveux épars et légèrement bouffants, l'œil confiant et baigné de clarté, le frout haut, la lèvre entr'ouverte et parlante, modérément épaisse en signe d'intel-

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ligence et de bonté, le tout animé par le sentiment; le cou, les bras nus, un costume léger, un ruban qui flotte k la ceinture, le sein respirant à pleine haleine; telle pouvait être la Sophie de VEmile. ■ J.-J. Rousseau fut, en effet, le maître et l'inspirateur de Mme de Staël ; son premier ouvrage sérieux est intitulé : Lettres sur le caractère et les écrits de J.-J. liousseau (1788, in-8°). Il révèle les tendances de l'écrivain, et on peut le prendre comme le point de départ de ses opinions. Voici comment Sainte-Beuve l'apprécie :

■ Les Lettres sur Jean-Jacques sont un hommage de reconnaissance envers l'auteur admiré et préféré, envers celui même à qui Mme de Staël se rattache le plus immédiatement. Assez d'autres dissimulent avec soin, taisent ou critiquent les parents littéraires dont ils procèdent; il est d'une noble candeur de débuter en avouant, en célébrant celui de qui on s'est inspiré, des mains duquel on a reçu le flambeau, celui d'où noua est venu ce large fleuve de la belle parole dont autrefois Dante remerciait Virgile; Mme de Staël, en littérature aussi, avait de la passion filiale. Les Lettres sur Jean-Jacques sont un hymne ; mais un hymne nourri de pensées graves, en même temps que varié d'observations fines, un hymne au ton déjà mâle et soutenu, où Corinne se pourra reconnaître encore après être redescendue du Capitole. Tous les écrits futurs de Mm« de Staël en divers genres, romans, morale, politique, se trouvent d'avance présagés dans cette rapide et harmonieuse louange de ceux de Rousseau, comme une grande œuvre musicale se pose, entière déjà de pensée, dans son ouverture. Le succès de ces Lettres, qui répondaient au mouvement sympathique du temps, fut universel. »

Bientôt après, la Révolution éclata, et elle aspira à y jouer un râle. Quelles furent ses idées en politique? Même aujourd'hui, il est encore difficile de les déterminer parfaitement. Repoussée par les républicains, reniée par les royalistes, on la plaça communément dans le parti qui voulait une monarchie constitutionnelle; on lui fait faire des vœux pour le triomphe du système anglais des deux Chambres, idéal de toute sa vie, a-t-on dit, idéal sans grandeur, mais qui était alors celui de beaucoup d'esprits élevés. En 1791, elle s'agita beaucoup ; on la désignait alors comme l'inspiratrice et, de plus, la maltresse de M. de Narbonne. Au commencement de 1792, elle adressa à M. de Montmoria un plan d'évasion pour le roi ; mais comme elle mettait pour condition que M. de Narbonne en serait l'exécuteur, on n'en t'ftt pas compte, la légèreté de celui-ci étant trop bien connue à la cour. D'un autre côié, M10" de Staël était en butte au persiflage des ennemis du parti dont elle s'était posée comme l'Egérie; les pamphlets se succédaient, tous irrespectueux et violents. Nous citerons seulement un petit in-S° intitulé : Intrigues de Ma^ de Staél. Mais dès lors, dit Grimm, l'objet de ces satires avait su se placer à une hauteur où de pareils traits ne portaient pas. Elle était encore & Paris lors des massacres de Septembre ; peu de temps après, elle quitta la France et gagna la Suède, où son mari était rappelé, puis vint s'établir dans le pays de Vaud, au château de Coppet, où Necker s'était retiré dès 1790 et qu elle a immortalisé. Elle était encore si troublée par les événements qui s'agitaient, que c'est à peine si elle prit la plume durant toute cette période. On ne connaît d'elle, comme ayant été composé à cette époque, qu'un seul écrit, un Mémoire pour la défense de Mûrie- Antoinette, qui ne fut pas imprimé. Après le 9 thermidor, qui parait avoir rendu le calme à son esprit, elle écrivit ses Réflexions sur la paix adressées à Pitt et aux Français (1795, in-8°), en faveur d'un rapprochement entre l'Angleterre et la France, et qui obtint en plein Parlement les éloges de Fox. « Un mélange de commisération profonde et de justice déjà calme, l'ap- Fel de toutes les opinions non fanatiques à oubli, à la conciliation, la crainte des réactions imminentes et de tous les extrêmes renaissant les uns des autres, ces sentiments, aussi généreux qu'opportuns, marquent à la fois, dit Sainte-Beuve, l'élévation de l'âme et celle des vues. Il y a une inspiration antique dans cette figure de jeune femme qui s'élance pour parler à un peuple, le pied sur les décombres tout fumants, t

Bientôt parut VEssai sur les factions (1795, in-811) , qui, lui-même, fut peu après suivi de l'ouvrage ayant pour titre : De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (1796, in-8°). Un changement profond signale ce nouvel écrit. Ce n'est plus une jeune tille intelligente qui conjecture plutôt qu'elle ne connaît le monde et effleure de graves questions au milieu des applaudissements d'une brillante société; c'est une femme qui a trouvé en elle-même et auprès d'elle la réalité qu'elle veut peindre.

Là se termine la première époque de la vie de Mme de Staël. Désormais les lettres ne seront plus puur elle l'expression de la sensibilité seule ; elle en va faire, en outre, l'organe d'une haute raison. A défaut du bonheur, qu'un mariage mal assorti lui refuse, elle va aspirer à la gloire. 1 Relevons-nous, dit-elle, sous le poids de»l'existeuce. Puisqu'on réduit à chercher la gloire ceux qui se seraient contentés des affections, eh bien, il faut l'atteindre ! »

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C'est avec cette résolution qu'elle prend la plume et écrit une de ses œuvres les plus remarquables : De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800). Ce qu'elle veut démontrer, c'est le dogme du progrès, celui de la perfectibilité indéfinie de l'espèce , la marche toujours ascendante de l'esprit humain. « Je ne pense pas , s'écrie-t-elle , que ce grand œuvre de la nature morale ait jamais été abandonné; dans les périodes lumineuses comme dans les siècles de ténèbres, la marche graduelle de l'esprit humain n'a point été interrompue. En étudiaut l'histoire, il me semble qu'on acquiert la conviction que tous les événements principaux tendent au même but : la civilisation universelle. » Ce que veut encore l'auteur, c'est renouveler l'esprit de la critique et poser ce principe : La littérature est l'expression de la société. Le livre fut critiqué amèrement par la Décade philosophique, le Mercure et les Débats. Un seul écrivain peut-être, tout en combattant les doctrines de l'auteur, sut ne pas oublier la plus parfaite urbanité; il est curieux de voir comment le futur auteur du Génie du christianisme juge un livre auquel on pourrait très-justement donner pour titre le Génie de l'humanité. L'article est adressé au citoyen Fontanes. « Mme de Staël, dit Chateaubriand, donne à la philosophie ce que j'attribue à la religion... Vous n'ignorez pas que ma folie k moi est de voir Jésus-Christ partout, comme Mme de Staël la perfectibilité... Je suis fâché que Mme de Staël ne nous ait pas développé religieusement le système des passions; la perfectibilité n'était pas, selon moi, l'instrument dont il fallait se servir pour mesurer des faiblesses... Quelquefois Mme de Staël parait chrétienne ; l'instant d'après, la philosophie reprend le dessus. Tantôt, inspirée par sa sensibilité naturelle, elle laisse échapper son âme; mais tout à coup l'argumentation se réveille et vient contrarier les élans du cœur... Ce livre est donc un mélange singulier de vérités et d'erreurs. En amour, Mul« de Staël a commenté Phèdre... Ses observations sont fines, et l'on voit, par la leçon du scoliaste, qu'il a parfaitement entendu son texte. Voici ce que j'oserais lai dire, si j'avais l'honneur de la connaître : « Vous êtes, sans doute, une femme supè- • Heure. Votre tête est forte et votre imagi- » nation quelquefois pleine de charme, té- » moin ce que vous dites d'Herminie déguisée » en guerrier. Votre expression a souvent de » l'éclat, de l'élévation... Muis, malgré tous 1 ces avantages, votre ouvrage est bien loin a d'être ce qu'il aurait pu devenir. Le style

> en est monotone, sans mouvement et trop » mêlé d'expressions métaphysiques. Le so- » phisme des idées repousse, l'érudition ne

■ satisfait pas, et le cœur est trop sacrifié k

■ la pensée.,. Votre talent n'est qu à demi dé- » veloppé, la philosophie l'étouffé. ■ Voilà comment je parlerais à Mme de Staël sous le rapport de la gloire. J'ajouterais : « ... Vous » paraissez n'être pas heureuse; vous vous » plaignez souvent, dans votre ouvrage, de » manquer de cœurs qui vous entendent. C'est » qu'il y a certaines âmes qui cherchent en » vain dans la nature des aines auxquelles < elles sont faites pour s'unir... Mais com-

> ment la philosophie remplira-t-elle le vide 1 de vos jours? Comble-t-on le désert avec » le désert?... »

De cette époque date 1 amitié de ces deux grands écrivains, dont les noms sont associés à la rénovation littéraire du xixe siècle : Mme de Staël, Chateaubriand. Rivaux parles doctrines, ils le sont aussi par le talent. 1 Ces deux esprits si digues l'un de l'autre, malgré leurs dissidences, inaugurent ensemble, remarque M. Demogeot, le mouvement intellectuel de notre époque. Les idées les plus fécondes que la littérature ait développées depuis la Restauration nous semblent déjà contenues en germe dans leurs ouvrages. Par eux, le xixe siècle a posé son programme ; par eux, la poésie s'affranchit des lois arbitraires de la formule; par eux commence l'insurrection contre la dernière autorité des âges précédents. Mais avec eux aussi renaissent, dans la liberté d'une forme nouvelle, les principes moraux et religieux qui doivent présider à la régénération sociale ; tous deux établissent, d'une manière plutôt diverse que contraire, le spiritualisme, la loi du devoir, la souveraineté de la justice et de la raison. «

Delphine parut en 1802. C'est un roman par lettres, un peu vague, un peu métaphysique ; mais ces défauts sont compensés par celte sensibilité, cette émotion dont Mme de Staël avait fait preuve dans ses premiers écrits. Delphine eut un grand succès, dû en partie aux préoccupations de .l'heure présente, livrée aux discussions religieuses que venait de réveiller le Génie du christianisme, et encore à cette particularité que l'on se plaisait à y reconnaître des portraits, entre autres ceux de Benjamin Constant, de Talleyrand et de M">» de Staël elle-même. Delphine, comme le livre De la littérature, souleva des critiques injustes. Dans un article publié par le Mercure de France et signe de l'initiale P., on lisait ces lignes : « Delphine parle de l'amour comme une bacchante, de Dieu comme un quaker, de la mort comme un grenadier et de la morale comme un sophiste. » Ginguené prit la défense de l'auteur dans la Décade. ■ Aucun ouvrage, dit-il, n'a depuis longtemps occupé le public autant que ce roman ;

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c'est un genre de succès qu'il n'est pas indifférent d'obtenir, mais qu'on est rarement dispensé d'expier. Plusieurs journalistes, dont on connaît d'avance l'opinion sur tin livre d'après le seul nom de son auteur, se sont déchaînés contre Delphine ou plutôt contre Mme de Staël, comme des gens qui n'f>nt rien à ménager... Ils ont attaqué une femme, l'un avec une brutalité de collège, l'autre avec le persiflage d'un bel esprit de mauvais lieu, tous avec la jactance d'une lâche sécurité, i

Dès 1797, M««e de Staël était revenue a Paris habiter son hôtel de la rue de Grenelle, prés de la rue du Bac. Son mari la suivit et reprit ses fonctions d'ambassadeur de la cour de Suède près la République française ; il devait mourir cinq années après, en 1802. Au sein de cette société qu'elle aimait, elle recommença à ouvrir un cercle. Bien que particulièrement liée avec Benjamin Constant, Camille Jordan et tous les membres du parti clichien.elle les abandonna, dit-on, au 18 fructidor. C'est à ce propos qu'on a dit d'elle : « Pour faire une révolution, elle ferait jeter tous ses amis dans la rivière, quitte à les re* pécher le lendemain par bonté d'âme. » Nous ne discuterons pas ici en détail la conduite de la fille de Necker ni la ligne politique qu'elle suivit. Ceux qui voudront l'étudier ne devront s'adresser ni aux royalistes ni davantage aux conventionnels, mais à ellemême et lire ses Considérations sur la Révolution française. On dit encore qu'elle fut l'àme du cercle constitutionnel créé pour soutenir la constitution de l'an III. Quoi qu'il en soit, elle eut assez d'influence pour faire donner le portefeuille de l'extérieur à Talleyrand, qu'elle estimait beaucoup alors et que depuis elle peignit dans Delphine sous les traits d'une vieille coquette égoïste et sèche. C'est que Talleyrand, qui devait tout à Mme de Staël, la paya de la plus profonde ingratitude. Du jour où il y eut danger pour lui, pour son portefeuille, il s'éloigna sans vergogne de son ancienne protectrice. Le 18 brumaire avait mis fin au crédit de M™e de Staël. Sur la scène politique du nouveau régime, i! n'y avait pas place pour les femmes. A partir de ce moment, il y eut une lutte sans merci entre elle et Bonaparte, lutte qui dura quinze années et qui n est pas l'épisode le moins curieux de la vie de Mme de Staël. Son salon devint le rendez-vous des mécontents, le lieu d'où partaient les propos hostiles dirigés contre le premier consul. Avertie par le ministre de la police, Fouché, des conséquences fâcheuses qui pourraient en résulter pour elle, elle n'en tint pas compte. Les fréquents voyages qu'elle faisait à Coppet, auprès de sou père, enfin la publication des Dernières vues de politique et de finances de M. Necker, k laquelle on suppose qu'elle avait pris une large part , achevèrent de faire prendre ombrage au pouvoir naissant, qui lui rendit le service de l'exiler. L'hostilité de Napoléon lui valut plus de sympathie qu'elle n'en avait jusqu'alors rencontré. Elle quitta Paris ou plutôt Saint-Brice, où elle demeurait avec Mme Réeamier, et partit pour l'Allemagne. A Weimar, où elle séjourna durant les années 1803 et 1804, elle se prit d'un vif enthousiasme pour Goethe et Schiller. Une lettre de celui-ci il Goethe montre combien ces deux illustres maîtres prirent plaisir k l'étudier, à l'analyser, pour ainsi dire. « Elle représente, lui écrit-il, l'esprit français sous un jour vrai et très-intéressant. Dans tout ce que nous appelons philosophie, par conséquent dans toutes les questions élevées et décisives, on se trouve en désaccord avec elle, et toutes les conversations n'y peuvent rien. Mais son naturel et son sentiment valent mieux que sa métaphysique, et sa belle intelligence touche à la puissance du génie. Elle veut tout éclaircir, tout comprendre, tout mesurer; elle ne vous concède rien d'obscur, d'inaccessible, et tout ce qu'elle ne peut pas éclairer de son flambeau n'existe point pour elle ; aussi a-t-elle une peur affreuse de la philosophie idéaliste, qui, à son insu, mène au mysticisme et à la superstition, et c'est là l'atmosphère où elle s'anéantit. Il n'y a pas en elle de sens pour ce que nous appelons poésie; d'une œuvre de ce genre elle ne s'assimile que la passion, l'éloquence et l'esprit général; mais si le bon lui échappe parfois, elle n'estimera jamais le mauvais. • De Weimar, Mme de Staël se rendit à Berlin et reçut a la cour de Prusse un accueil empressé. C'est alors que, rappelée à Coppet par la mort de Necker, après avoir fait, en 1805, une courte excursion en Italie, elle se fixa définitivement au château paternel et y tint une espèce de cour qui eut, sous l'Empire, une grande célébrité.

Mme de Staël avait mis à profit ses voyages en Allemagne et en Italie pour ébaucher deux grands ouvrages : De t' Allemagne et Corinne. Corinne parut d'abord (1807, 2 vol. in-12).Le succès de ce roman fut plus grand encore que celui de Delphine; il retentit dujis l'Europe entière. Jamais Mme de Staël n'avait atteint à une telle huuteur; jamais elle n'avait été plus profonde et à la fois plus poétique, plus éloquente. Corinne, c'est la glorification de l'Italie et en même temps la personnification idéale de la femme moderne. * C'est Delphine encore, dit Benjamin Constant, mais perfectionnée, mais indépendante, laissant à ses facultés un plein essor et tou-, jours doublement inspirée par le talent et par l'amour. » On raconte que Napoléon ressen-

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tit une profonde irritation du concert d'éloges qui s'éleva autour de cette œuvre. Est-ce parce qu'elle était l'œuvre de son ennemie, de celle qui depuis cinq ans le bravait, ou bien parce que cette image radieuse, idéale de Corinne couronnée de lauriers contrariait son but? S'il faut en croire une anecdote que rapporte Villemain, le dominateur de la France fut tellement blessé du bruit que faisait ce roman, qu'il en composa lui-même une critique insérée au Moniteur.

Après la publication de Corinne, Mme de Staël ne se crut plus momentanément en sûreté même en sa résidence de Coppet; elle dut fuir et, en 1808, retourna en Allemagne pour y terminer le livre qu'elle avait ébauché lors de son premier voyage en 1803 et 1804. C'est de Vienne qu'elle data la lettre suivante adressée à Talleyrand et par laquelle elle essayait, sinon de rentrer en grâce, du moins de se faire rendre par Napoléon 2 millions, prêtés autrefois par Necker à Louis XVI. Cette lettre, pleine de finesse et de réticences, a de l'importance au point de vue biographique :

« Vienne, ce 3 avril 1808.

» Vous serez étonné de recevoir une écriture dont vous avez perdu le souvenir. A la distance où nous sommes, il me semble que je m'adresse à vous comme d'un autre monde, et ma vie a tellement changé que je puis aisément me faire cette illusion. J'ai dit à mon fils d'aller vous trouver et de vous demander franchement et simplement de vous intéresser à la liquidation des 2 millions qui font plus de la moitié de notre fortune et de l'héritage de mes enfants. C'est une douleur cruelle pour moi de penser que je nuis à ma famille, qu'ils seraient payés si demain je n'existais plus; car cette dette a un caractère si sacré, que les préventions de l'empereur contre moi peuvent seules l'empêcher de statuer sur elle, et cependant il me semble qu'aux yeux de l'Europe, si Europe il y a pour moi, J'exil paraîtrait moins cruel si l'on se montrait juste envers la fortune. J'en ai assez dit sur ce sujet à vous qui devinez tout. Vous m'écriviez, il y a treize ans, d'Amérique : « Si ■ je reste encore un an ici, j'y meurs. » J'en pourrais dire autant du séjour de l'étranger : j'y succombe; mais le temps de la pitié est pusse , la nécessité a pris sa place. Voyez cependant si vous pouvez rendre Service à me3 enfants. Je le crois; si vous le pouvez, vous le ferez. Je n'ai aucun moyen quelconque de vaincre les préventions de l'empereur contre moi. S'il ne croit pas que six ans d'exil et six ans de plus sont un siècle pour la pensée, s'il ne croit pas que je suis une autre personne, ou du moins que la moitié de ma vie est éteinte et que le repos de la patrie me paraîtrait les champs Elysées, je n'ai aucun moyen, dans ma situation, de le lui prouver; mais vous, qui vous souvenez peut-être encore quelquefois de moi, ne pourriez-vous pas lui dire quelle personne je dois être à présent, quelle personue la reconnaissance envers lui me ferait; enfin, tout Ce que vous savez aussi bien que moi?

■ Adieu; ne causerai-je donc pas une fois avec vous avant la vallée de Josaphat? J'ai le projet d'aller en Amérique; il nie faut une patrie pour nies fils ; je demanderai à New- York où vous avez logé. Il y a des moments où, malgré mon dégoût profond de la vie, je suis assez aimable ; alors je pense que j'ai appris cette langue de vous ; mais avec qui la parler I Adieu. Etes-vous heureux? Avec un esprit si supérieur, n'allez- vous pas quelquefois au fond de tout, c'est-à-dire jusqu'à la peine? Moi, je voudrais ine distraire et je ne le puis. Ce qui ine fait mal surtout, c'est de ne pouvoir donner à mes enfants ni leur patrie ni l'héritage de mon père. Si vous me soulagez de cela, je joindrai ce moment-ci à notre dernier entretien, et l'intervalle sera comblé. Adieu, encore une fois; je ne sais finir qu'ainsi avec vous.

• Necker de Staël, »

Napoléon fit la sourde oreille, et M™e de Staël n'obtint le remboursement de sa créance que sous la Restauration, mais elle put revenir sans crainte à Coppet. iLa vie de Coppet, dit Sainte-Beuve, était une vie de château. Il y avait souvent jusqu'à trente personnes, étrangers et amis; les plus habituels étaient Benjamin. Constant, M. Auguste WilheJm de Schlegel, M, de Sabran, M. de Sismondi, M. de Bonstetten, les barons de "Voigt, de Balk, etc.; chaque année y ramenait une ou plusieurs fois M. Matthieu de Montmorency, M. Prosper de Barante, le prince Auguste de Prusse, la beauté célèbre désignée par Mme de Genlis sous le nom d'Athénaïs (Mme Réeamier), une foule de personnes du monde, des connaissances d'Allemagne ou de Genève. Les conversations philosophiques, littéraires, toujours piquantes ou élevées, s'engageaient déjà vers onze heures du matin, à la réunion du déjeuner; on les reprenait au dîner, dans l'intervalle du diner au souper, lequel avait lieu à onze heures du soir, et encore au delà, souvent jusqu'après minuit. Benjamin Constant et Mme de Staël y tenaient surtout le dé. C'est là que Benjamin Constant, que nous, plus jeunes, n'avons guère vu que blasé, sortant de sa raillerie trop invétérée par un enthousiasme un peu factice, censeur toujours prodigieusement spirituel, mais chez qui l'esprit à la fin avait hérité de toutes les autres facultés et pas-

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sions plus patentes, c'est là qu'il se montrait avec feu et naturellement ce que Mme de Staël le proclamait sans prévention, le premier esprit du monde. Il était certes le plus grand des hommes distingués. Leurs esprits du moins à tous les deux se convenaient toujours; ils étaient sûrs de s'entendre parla. Rien, au dire des témoins, n'était éblouissant et supérieur comme leur conversation engagée dans ce cercle choisi, eux deux tenant la raquette magique du discours et se renvoyant, durant des heures, sans manquer jamais, le volant de mille pensées entre-croisées. Mais il ne faudrait pas croire qu'on fût là de tout point sentimental ou solennel ; on y était souvent simplement gai : Corinne avait des jours d'abandon. On jouait souvent k Coppet des tragédies, des drames ou des pièces chevaleresques de Voltaire, Zaïre, Tancrède, si préféré de M™» de Staël, ou des pièces composées exprès par elle ou par ses amis. Ces dernières s'imprimaient quelquefois à Paris, pour qu'on pût ensuite apprendre plus commodément les rôles. L'intérêt qu'on mettait à ces envois était vif, et quand on avisait k de graves corrections dans l'intervalje, vite on expédiait un courrier et, en certaines circonstances, un second pour rattraper ou modifier la correction déjà eu route. La poésie européenne assistait à Coppet dans la personne de plusieurs représentants célèbres. Zacharias Werner, l'un des originaux de cette cour et dont on jouait l'Aflt'ia et les autres drames avec grand renfort de dames allemandes, Werner écrivait vers ce temps (1809) au conseiller Schneffer (nous atténuons pourtant deux ou trois traits, auxquels l'imagination, malgré lui sensuelle et voluptueuse, du mystique poëte s'est trop complue) : «M"1» de Staël est une reine, et tous les hommes d'intelligence qui vivent dans son cercle ne peuvent en sortir, car elle les y retient par une sorte de magie. Tous ces hommes-là ne sont pas, comme on le croit follement en Allemagne, occupés à la former; au contraire, ils reçoivent d'elle l'éducation sociale. Elle possède d'une manière admirable le secret d'allier les éléments les plus disparates, et tous ceux qui l'approchent ont beau être divisés d'opinion, ils sont tous d'accord pour adorer cette idole. Mme de Staël est d'une taille moyenne, et son corps, sans avoir une élégance de nymphe, a la noblesse des proportions... Elle est forte, brunette, et son visage n'est pas à la lettre fort beau, mais on oublie tout dès que l'on voit ses yeux superbes, dans lesquels une grande âme divine, non seulement étincelle, mais jette feu et flamme. Et si elle laisse parler complètement son cœur, comme cela arrive si souvent, on voit comme ce cœur élevé déverse encore tout ce qu'il y a de vaste et de profond dans son esprit, et alors il faut l'adorer comme mes amis A.-W. Schlegel et Benjamin Constant, etc.» » Il n'est pas inutile de se figurer l'auteur galant de cette peinture, Werner, bizarre de mise et volontiers barbouillé de tabac, muni qu'il était d'une tabatière énorme, où il puisait à foison durant ses longues digressions erotiques et platoniques sur I'androgyne ; sa destinée était de courir sans cesse, disait-il, après cette autre moitié de lui-même, et, d essai en essai, de divorce en divorce, il ne désespérait pas d'arriver enfin à reconstituer son tout primitif.

Le poëte danois Œhlenschlager a raconté en détail une visite qu'il fit à Coppet; nous emprunterons quelques traits à son récit : ■ Mme île Staël vint avec bonté au-devant de moi, raconte-t-il, et me pria de passer quelques semaines à Coppet, tout en me plaisantant avec grâce sur mes fautes de français. Je me mis à lui parler allemand ; elle comprenait très-bien cette langue et ses deux enfants la comprenaient et la parlaient trèsbien aussi. Je trouvai chez Mme de Staël Benjamin Constant, Auguste Schlegel, le vieux baron Voigt d'Altona, Bonstetten de Genève, le célèbre Simonde de Sismondi et le comte de Sabran, le seul de toute cette société qui ne sût pas l'allemand... Schlegel était poli à mon égard, mais froid... Mme de Staël n'était pas jolie, mais il y avait dans l'éclair de ses j'eux noirs un charme irrésistible, et elle possédait au plus haut degré le don de subjuguer les caractères opiniâtres et de rapprocher par son amabilité des hommes tout à fait vantipathiques. Elle avait la voix forte, le visage un peu mâle, mais l'âme tendre et délicate... Elle écrivait alors son livre sur l'Allemagne et nous en lisait chaque jour une partie. On l'a accusée de n'avoir pas étudié elle-même les livres dont elle parle dans Cet ouvrage et de s'être complètement soumise au jugement de Schlegel.

C'est faux. Elle lisait l'allemand avec la plus grande facilité. Schlegel avait bien quelque influence sur elle, mais très-souvent elle différait d'opinion avec lui et elle lui reprochait sa partialité... Schlegel, pour l'érudition et pour l'esprit duquel j'ai "tin grand respect, était en effet imbu de partialité. Il plaçait Calderon au-dessus de Shakspeare; il blâmait sévèrement Luther et Herder. 11 était, comme son frère, infatué d'aristocratie... Si l'on ajoute à toutes les qualités de Mme da Staël qu'elle était riche, généreuse, on ne s'étonnera pas qu'elle ait vécu dans son château enchanté comme une reine, comme une fée ; et sa baguette magique était peut-être cette petite branche d'arbre qu'un domestique devait déposer chaque jour Bur la table

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h côté de son couvert et qu'elle agitait pendant la conversation. »

En 1810, Mm» de Staël se hasarda à venir incognito à Paris pour y faire imprimer son livre De l'Allemagne. Koncbé eut vent de cette affaire, fît saisir l'édition entière chez l'imprimeur, et dix mille exemplaires, prêts à être mis dans le comrrçerce, furent détruits. Trois ans après seulement l'ouvrage parut à Londres. C'est en somme le meilleur titre littéraire de Mme de Staël ; il offre un tableau . complet et intéressant, malgré ses inexactitudes, de la philosophie et de la littérature d'outre-Rhin, « A l'époque où il parut, la littérature allemande, dit M. Demogeot, était encore pour nous un monde inconnu, bien plus, un monde dédajgnè et moqué. Voltaire se bornait à souhaiter aux Allemands plus d'esprit et moins de consonnes. Mms de Staël prit une glorieuse initiative. Elle osa pénétrer la première dans cette forêt hercynienne, et non-seulement elle y entra avant tous, mais encore elle en dressa le plan avec plus de vérité que ne l'ont fait ceux qui y sont entrés à sa suite ; la plus grande partie des ouvrages écrits en France sur 1 Allemagne restent fort au-dessous da ce premier essai, destiné à faire connaître l'Allemagne aux Français. Déjà, dans ses œuvres précédentes, M™» de Staël avait montré toute la force de son esprit; dans V Allemagne, elle s'élève au-dessus d'elle-même en s'arrachant aux préjugés français et en renonçant au point de vue sensualiste de la philosophie du xvme siècle. C'est peut-être là le plus grand service que ce généreux esprit ait rendu à la France et à la philosophie. La sphère où vivaient Goethe, Schiller, Kant et Hegel s'ouvrit à nos regards. Si l'auteur ne comprit pas toujours ces grands hommes, elle donna du moins le désir de les connaître. Ses erreurs même sont moins nombreuses qu'on ne s'est plu à le dire. L'instinct du vrai et du beau chez elle suppléait à l'imperfection nécessaire des connaissances. •

Cet ouvrage, cependant, est-il sans reproche? Il a un détaut capital, qu'il partage avec Delphine et Corinne. Dès le premier de ces romans, ne semble-t-il pas que Mme de Staël rende la France entière solidaire de l'oppression de Bonaparte et se venge en ia dénigrant? Cette tendance fâcheuse, blâmable chez un esprit si élevé, s'accuse davantage encore dans Corinne et définitivement dans l'Allemagne. Que de passages, en etfet, où elle rabaisse les gloires littéraires de sa patrie et la dénigre! Voyageant en Allemagne en 1808, elle disait souvent : «Tout ce que je vois ici est meilleur, plus instruit, plus éclairé que la France.» Il est vrai qu'elle ajoutait aussitôt : • Mais qu'un petit morceau de France ferait bien mieux mon affaire ! » C'était là au fond son vrai sentiment.

La destruction de son livre ne fut pas le seul châtiment infligé à l'auteur de l'Allemagne; Mme de Staël fut obligée de se retirer à Coppet, avec défense de s'en écarter de plus de deux lieues. De plus, on fit le vide autour de" la prisonnière. Schlegel reçut l'ordre de ne pas la voir, et Mme Réeamier et Matthieu de Montmorency furent exilés pour avoir mis les pieds chez elle. En 1812, elle parvint à s'échapper, parcourut leTyrol, l'Autriche, la Galicie, la Pologne,aIlaàSaint- Pétersbourg, à Stockholm, ranimant partout sur son passage l'ardeur des ennemis de Napoléon ; enfin, elle alla à Londres, d'où elle revint en France après les désastres de 1814.

Elle avait connu en Angleterre Louis XVIII, * et elle voyait volontiers en lui l'homme apte à doter la France de la royauté constitutionnelle à l'anglaise, qui avait été son rêve à l'aurore de la Révolution ; mais elle connaissait aussi ces émigrés qui rentraient avec elle, pleins d'arrogance et d'entêtement. «Ils perdront les Bourbons, » disait-elle. Ce qui ne manqua pas d'arriver. Durant les Cent-Jours, elle se retira en Suisse. Napoléon lui fit savoir qu'elle pouvait revenir à Paris et lui laissa espérer le remboursement par le Trésor des 2 millions qu'elle réclamait. Elle répondit : « Napoléon s'est bien passé de constitution et de moi pendant douze ans, et à présent même il ne nous aime guère plus l'un que l'autre.»

Mme de Staël avait, en 1810, contracté un second mariage avec M. de Rocca, jeune officier italien au service de la Krance. En 1816, M. de Rocca tomba malade àPise; elle s'y rendit pour le soigner, mais elle-même était atteinte d'un mal incurable; elle fut obligée de revenir à Paris, où elle mourut bientôt après, le 14 juillet 1817. Sainte-Beuve a donné sur ses dernières années des détails intimes, par lesquels nous compléterons cet article ; « L'amertume que lui causa la suppression inattendue de son livre (l'Allemagne) fut grande. Six années d'études et d'espérances détruites, un redoublement de persécution au moment où elle avait lieu de compter sur une trêve, et d'autres circonstances contradictoires, pénibles, faisaient de sa situation, à cette époque, une crise violente, une décisive épreuve, qui l'introduisait sans retour dans ce que j'ai appelé les années sombres. Jusque-là les orages mêmes avaient laissé jour pour elle à des reflets gracieux, à des attraits momentanés, et, selon sa propre expression si charmante, à quelque air écossais dans sa vie. Mais, à partir de là, tout devient plus âpre. La jeunesse d'abord, cette grande et facile consolatrice, s'enfuit. Mme de

STAE

StaSl avait horreur de l'âge et de l'idée d'y arriver; un jour qu'elle ne dissimulait pas ce sentiment devant Mme Suard, celle-ci lui disait : t Allons donc , vous prendrez votre parti, vous serez une très-aimable vieille. » Mais elle frémissait à cette pensée ; le mot de jeunesse avait un charme musical à son oreille ; elle se plaisait à en clore ses phrases, et ces simples mots : « Nous étions jeunes alors, » remplissaient ses yeux de larmes. « Ne voit-on pas souvent, s'écriait-elle (Essai sur le suicide), le spectacle du supplice de Meaence renouvelé par l'union d'une âme encore vivante et d'un corps détruit, ennemis inséparables? Que signifie ce triste avantcoureur dont la nature fait précéder la mort, si ce n'est l'ordre d'exister sans bonheur et d'abdiquer chaque jour, fleur après fleur, la couronne de la vie? » Elle se rejetait le plus longtemps possible en arriére, loin de ■ ces derniers jours qui répètent d'une voix si rauque les airs brillants des premiers. » Le sentiment dont elle fut l'objet à cette époque de la part de M. de Roccalui rendit encore un peu de l'illusion de la jeunesse ; elle se laissait aller à voir dans le miroir magique de deux jeunes yeux éblouis le démenti de trop de ravages. Mais son mariage avec M. de Rocca, ruiné de blessures, le culte de reconnaissance qu'elle lui voua, sa propre santé altérée, tout

I amena à de plus réguliers devoirs. L'air écossais, l'air brillant du début, devint bientôt un hymne grave, sanctifiant, austère.

Trop à l'étroit dans Coppet, elle sentait que, pour être heureuse, il lui fallait ressaisir l'air libre, l'espace immense. Le préfet de Genève, M. Capelle, qui avait succédé à M. de Barante père révoqué, lui insinuait d'écrire quelque chose sur le roi de Rome ; un mot lui eût aplani tous les chemins, ouvert toutes les capitales; elle n'y songea pas un seul instant, et, d;ms sa saillie toujours prompte, elle ne trouvait à souhaiter à l'enfant qu'une bonne nourrice. Les Dix années d'exil (1821, in-8») peignent au naturel les vicissitudes de cette situation agitée. Les Considérations sur la Uévolutioit française (1818, 3 vol. in-8°), dernier ouvrage de Mmo de StaSl, celui qui a scellé le jugement sur elle et qui classe naturellement son nom en politique entre les noms honorés de son père et de son gendre, la font connaître sous ce point de vue libéral, mitigé, anflais et un peu doctrinaire, comme on dit, eaucoup mieux que nous ne pourrions faire. Aussitôt après son retour en France, elle ne tarda pas à voir se dessiner les exigences des partis et toutes les difficultés qui compliquent les restaurations. Les ménagements, les mesures de conciliation et de prudence furent dès l'abord la voie indiquée, conseillée patelle. Dans son rapprochement de Mmo de Duras et de M. de Chateaubriand, elle cherchait à s'entendre avec la portion éclairée, généreuse, d'un royalisme plus vif que le sien. « Mon système, disait-elle en 1816, esc toujours en opposition absolue avec celui qu'on suit, et mon affection la p,lus sincère pour ceux qui le suivent. » Elle eut dès lors à souffrir incessamment dans beaucoup de ses relations et annotions privées par les divergences qui éclatèrent; le faisceau des amitiés humaines se relâchait autour d'elle. Jours pénibles et qui arrivent tôt ou tard dans chaque existence, où l'on voit les eues préférés, qu'on rassemblait avec une sorte d'art au sein d'un même amour, se refroidir, so déphiire, se rembrunir l'un après l'autre, se tacher, en quelque sorte, dans la fleur d'affection où ils brillaient d'abord.

Mme de StaSl n'eut pas d'enfants de son union avec M. de Rocca, qui ne lui survécut que six mois. De M. de Staël, elle avait eu deux fils et une fille; celle-ci épousa M. de Broglie, pair de France. Des deux fils, le puîné mourut fort jeune; l'autre fut le baron de Staël, l'écrivain philanthrope, dont la biographie suit.

Outre les ouvrages énumérés au courant de cet article, on a encore publié de Mne de StaËl : Essais dramatiques (1821, in-8°); (Entres inédiles (1830, in-8"); Lettres inédites (dans la Revue rétrospective, tome III).

STAËL-HOLSTE1N (le baron Auguste- Louis de), littérateur, philanthrope, fils altié dr.r, précédents, né à Paris en 1790, mort a Coppet en 1827. Il passa ses premières années :i Coppet, où Neckeret sa mère, M'°e de Staël, dirigèrent sa première éducation, suivit pendant quelque temps les cours d'une école protestante de Genève, puis vint avec sa mère à Paris, Lorsque sa mère fut exilée do France par Bonaparte, il retourna avec elle en Suisse, voyagea ensuite en Allemagne et reçut des leçons de Guillaume de Sehlegel. Pour obtenir la fin de l'exil de sa mère, il alla voir Napoléon à Chambéry et fit preuve dans cetio entrevue, dont le résultat fut négatif, de beaucoup de présence d'esprit et de dignité, De retour à Coppet, il s'occupa d'une façon toute particulière d'économie rurale. Après la chute de Bonaparte, le baron de Statil revint a Paris, où sa mère venait d'accourir,

II fit alors divers voyages en Angleterre et dans le midi de la France, et fit, comme un des chefs de la Société biblique, une active propagande protestante. Possesseur d'une grande fortune, il la consacra à des œuvres de bienfaisance, au perfectionnement des méthodes de culture, et s'occupa avec zc'-le do l'abolition de la traite des noirs. Ses Œti-

vres diverses ont été réunies en 1829 (3 vol. in-8Q), avec une notice biographique, par la duchesse de Broglie, sa sœur. Parmi ses écrits, inspirée par des idées essentiellement libérales, nous citerons : Du nombre et de l'âge des députés (Paris, 1819, in-8°); le Renouvellement intégral de la Chambre (1S18, in-8») ; Notice sur M. Necker (in-8°) ; Lettres sur l' Angleterre (1825, in-so); Elégies (1827, in-8»), etc.

STJELIE s. f. (sté-ll). Bot. Genre de plantes, de la famille des rubiacées, tribu des spermacocées, comprenant trois espèces, qui croissent au Brésil.

STJÎLIN (Christophe-Frédéric de), historien allemand, né k Kalw (Wurtemberg) en 1805. Il fit ses études à Tubingue et à Heidelberg, obtint en 1825 une place d'adjoint à la bibliothèque royale de Stuttgard ety devint successivement sous-bibliothécaire (1826), bibliothécaire (1828), professeur (1830) et bibliothécaire en chef et conseiller supérieur des études (18-46). Il est, en outre, chargé, depuis 1830, de la surveillance du cabinet des monnaies et des antiques de la même ville et collabore aux travaux du bureau de statistique. L'ouvrage qui a surtout établi sa réputation est son excellente Histoire du Wurtemberg (Stuttgard, 1812, et suiv., 6 vol.), qui peut, sous tous les rapports, être placée au premier rang parmi les livres qui donnent l'histoire particulière des différents Etats de l'Allemagne. Outre cette œuvre capitale, Siœlin a encore écrit la partie historique des Descriptions des grands bailliages du Wurtemberg, dont 48 parties avaient été publiées en 1867. Il a, de plus, fourni un grand nombre d'articles aux Annales du Wurtemberg et il est l'un des collaborateurs les plus actifs des Recherches sur l'histoire d' A tlemagne.Rn 1850, il a été créé chevalier de l'ordre de la Couronne de Wurtemberg, qui confère la noblesse personnelle.

STASIHPPLl (Jacques), homme d'Etat suisse, né à Schûpfen, canton de Berne, en 1820. Issu d'une famille peu aisée, il ne reçut qu'une éducation élémentaire etentraàl'âge de douze ans chez Un notaire comme petit clerc. Il vint ensuite en France, où, pour upprendre notre langue, il eut le courage de se faire domestique, et après un assez long séjour il regagna Berne-avec quelques économies quilùi permirent de faire son droit et de passer ses examens d'avocat en 1843. A partir de ce moment, on le vit se jeter dans les agitations de la politique, et il compta rapidement parmi les membres les plus ardents du parti radical. Il entra, en 1845, à la Gazette de Berne, le journal le plus avancé du canton, et ne cessa de demander la nomination d'une commission chargée de reviser le pacte fédéral. Sa réclamation fut accueillie, et il fut un des premiers nommé membre de cette commission, ainsi que M. Ochsenbein, dont il devait devenir l'adversaire. Au mois d'août 18*6, M. StœmpHi fut appelé au conseil d'Etat et s'y occupa de l'organisation d'une force militaire centrale; puis il représenta, en 1847, le canton do Berne k la .diète qui décréta l'anéantissement du Sonderbund. Durant la courte campagne contre les sept cantons révoltés, M. Stœmpfli exerça "les fonctions de trésorier de la guerre. 11 se prononça, en 1848, contre la constitution qui venait d'être promulguée, opposition qui l'empêcha tout d'abord de faire partie du conseil national ; mais il fut, l'année suivante, nommé président du canton de Berne. En 1850, après la chute de son parti, il reprit sa profession d'avocat, tout en participant à la rédaction de la Gazette de Berne, et continua avec la plume la lutte en faveur des idées radicales. En 1851, le parti qui les représentait obtint de nouveau la majorité, et AI. Stœmpfli fut élu président du conseil national, où il joua, grâce à ses talents et à son énergie, un rôle capital. Nommé, en juillet 185S, vice-président fédéral, il devint président l'année suivante. En 1860, il prit le département de la guerre dans le ministère de la confédération et fut, l'année suivante, nommé président de la confédération suisse. En 1863, il reprit le ministère de la guerre, dans lequel il fut remplacé par M. Fornerod à la fin de la même année. Depuis 1865, M. Stœmpfli a renoncé à la politique active pour s'occuper definances, et il est devenu directeur de la banque fédérale de Berne.

STAÎUDL1N (Charles-Frédéric), théologien protestant allemand, [né à Stuttgard le 25juin 1761, mort à Gœttingue le 5 juin 182S. Il étudia h Tubingue et Ait nomme, en 1790, professeur de théologie à Gœttingue. Son principal ouvrage est une Histoire universelle de l'Église chrétienne (Hanovre, 1806; 1833, 5e édit.). Il a, en outre, publié divers ouvrages de théologie et de philosophie, parmi lesquels nous citerons l'Histoire de la philosophie morale (Hanovre, 1822).

STJÎWA11TS ou STEVERTS (Palamède) , peintre hollandais, né à Londres en 1607, mort en 1638. Il apprit tout seul la peinture en étudiant surtout les œuvres d' isaïe van den Vcldo, dont il fut un des plus habiles imitateurs. Il excellait à représenter des échoppes de vivandière, des combats do cavalerie et d'infanterie. — Son frère aîné, Antoine-Palainède StjEWarts, né à Delft eu 1604, mort en 1GS0, avait moins de talent. Il a peint des tableuux représentant des couver-

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sations, des joueurs ou des concerts et un grand nombre de portraits.

STAFFA, lie d'Ecosse, une des Hébrides, à 8 kilom. O. de l'Ile de Mull, comprise dans le comté d'Argyle, par 56» 20' de latit. N. et 80 40' de longit. O, Staffa a une forme ovale, mais irtégulière; son étendue est de 5 kilom. de longueur et de 3 kilom. de largeur; elle présente un plateau inégal qui repose sur des falaises d'une hauteur variable , dont le point culminant, au S.-O., est de 44 mètres. On n'y voit ni arbres, ni arbustes, ni habitations; quelques maigres pâturages couvrent en partie sa surface, et des troupeaux viennent brouter cette herbe pendant les deux mois que dure l'été; le reste de l'année elle est abandonnée, l'hivery est très-rude. Mais les nombreuses et belles curiosités naturelles qu'elle renferme l'ont rendue depuis longtemps célèbre. Outre la grotte de Clam, longue de 40 mètres, large de 5 et présentant une hauteur perpendiculaire de 9 mètres, avec des parois formées de prismes recourbés comme les côtes d'un navire ; outre la curieuse et grande colonnade prismatique qui forme une partie des falaises de l'Ile, on y admire la fameuse grotte de Fingal ou la grotte Mélodieuse. Voici la description que M. Panckoucke fait de celte merveille de la nature : <■ La largeur de l'entrée de la grotte de Fingal, prise à l'ouverture et à fleur d'eau, est de 1101,36; la hauteur, prise depuis le niveau de la mer jusqu'au cintre du niveau de la voûte, est de 18m,19 ; la profondeur de la mer en face de la grotte, à 4 mètres de distance de l'entrée, est de 4m,87; l'épaisseur de la voûte, mesurée a l'extérieur depuis le cintre jusqu'au plus haut point de lu Voûte, est de cro,49; la profondeur intérieure de la grotte, depuis l'entrée jusqu'à son extrémité, est de 45nl,47 ; la hauteur des plus grandes colonnes vers le côté droit de l'entrée est de 14>n16i ; la profondeur de la mer dans l'intérieur de la grotte est de 3m,49, et de 2tn,59 dans certains endroits et un peu moins dans le fond.

» Le premier sentiment qu'inspire la régularité de tout ce que l'on voit est que Ton entre dans un édifice taillé par la main de l'homme ; cette longue voûte élevée dans une proportion élégante, ces colonnes droites, ces angles rentrants et saillants dont les arêtes sont si pures, tout semble indiquer que le ciseau d artistes nubiles s'y est exercé, car cette grotte n'est point basse comme les cavernes ordinaires, et on n'y distingue aucune pierre, aucun fragment qui ne soit prismatique, c'est-à-dire parfaitement et régulièrement taillé. Le fond de la grotte est fermé et obscur comme le chœur d'une église. Sur les deux côtés s'élèvent et se prolongent, en lignes parfaitement droites, deux grands murs composés de colonnes prismatiques hautes à peu près de 50 pieds ; ces colonnes présentent entre elles, de loin eu loin, quelques renfoncements de 3 a 4 pieds do profondeur au plus, et se succèdent ainsi dans une longueur de 140 pieds jusqu'au fond de la grotte; là se trouvent de plus petites colonnes prismatiques d'un seul jet. Ces prismes ont de 1 à 3 jiieds de diamètre; ils sont d'un noir de jais, les uns triangulaires, d'autres quadrangulaires, pentagones, hexagones, quelquesuns à sept ou huit pans, mais parfaitement soudés. Les colonnes sur lesquelles on marche différent entre elles, en hauteur seulement, de 3 à 4 pieds. Lorsque la mer est tranquille, on distingue parfaitement le fond de la grutle qui offre un beau parquet noir, composé de carreaux à quatre, cinq ou six pans bien découpés. La lumière du jour, en perdant graduellement son éclat, arrive jusqu'au fond de la grotte, et, lorsque l'œil est habitué à l'obocuritè de ces lieux, il peut y distinguer très-bien tous les objets. »

Du fond de la grotte, le regard tourné vers l'entrée découvre un tableau ravissant, formé r>arla mer et la petite lie d'iona qu'on aperçoit à peu de distance. L'Ile de Staffa possède encore deux autres grottes plus petites : la grotte du Bateau, ainsi appelée parce qu'on ne peut y entrer qu'en bateau, et ia grotte des Cormorans.

STAFFARDE, village du royaume d'Italie, dans la province de Coni, district et à 6 kilom. N. de Saluées, près du Pô. Il est célèbre par la victoire que Catinat y remporta sur le duc de Savoie, le 18 août 1690.

Staffnrde (bataillb de), gagnée par Catinat sur Victor-Amédée, duc de Savoie, le 18 août 1690. La ligue d'Augsbourg nous avait mis toute l'Europe sur les bras; cependant, le duc de Savoie ne s'était pas encore déclaré contre la France. Ce prince, peu redoutable par lui-même, tirait une grande importance de la situation de ses Etats, intermédiaires entre la France et l'Autriche. Ou devait donc le ménager; mais c'était un art qu'ignorait Louis XIV, Son orgueil et les hauteurs brutales de Louvois jetèrent le duc dans les rangs de nos ennemis. Au lieu de le rassurer, on l'effraya en menaçant de conquérir ses Etats. Catinat, qui commanduit une armée rassemblée en Dauuhiué, reçut ordre de marcher sur le Piémont et de faire au duc, dont on ne connaissait pas encore la défection, bien qu'on la soupçonnât, sommation d'avoir à livrer les meilleures places à l'armée française, puis de réunir ses troupes à celles du général français. Catinat soutint ces impérieuses dépêchas en descendaut des montagnes sur C'a-

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rignan , dans la vallée du Pô. Qu'il obéit on qu'il refusât péremptoirement, Victor-Amédée se sentit perdu; il recourut donc k la ruse, et, fidèle à la vieille tactique de son bisaïeul Charles-Emmanuel, il entama une négociation qu'il prolongea pendant un mois. Il profita de ce délai pour presser les secours que lui avait promis la ligue et pour se réconcilier avec les barbets, les vaudois de la montagne qu'il avait persécutés k l'exemple de Louis XIV. Quand il se vit en mesure d'agir, il changea brusquement de langage, intima au général français l'ordre d'évacuer immédiatement son territoire et de payer les dégâts commis par ses troupes, et lit arrêter l'ambassadeur du roi de France, ainsi que tous les Français qui se trouvaient à Turin ; violation odieuse du droit des gens, mais dont Louis XIV le premier avait donné i'exeinple envers Gênes. Le* hostilités commencèrent aussitôt. Catinat marcha sur Turin avec sa petite armée, qui ne comptait pas plus de 12,000 hommes; le duc en avait environ 1 5,000 ou 16,000 sous ses ordres. Ayant pris l'offensive avec des forces supérieures et contre un ennemi qui ne prévoyait pas un si brusque changement, il contraignit d'abord Catinat à reculer; mais le général français eut bientôt réduit le duc à la défensive. Il se porta sur Saluées par une marche de flanc en présence de l'ennemi, afin de l'attirer au combat. Les auxiliaires espagnols, que Victor-Amédée avait dans son camp, auraient voulu qu'il attendît les renforts allemands qui arrivaient k son secours; mais, se voyant supérieur en forces et espérant humilier l'orgueil de Louis XIV en battant un du ses meilleurs généraux, il voulut la bataille. A l'aspect de ses mouvements, qui révélaient assez son intention, les Français rirent volte-face. Le duc s'était établi dans un poste assez avantageux, situé près de l'abbaye de Staffnrde; mais il ne sut pas en tirer parti : autrement il eût été inaccessible ; ses deux ailes étaient couvertes par des marais, en avant desquels des cassiues ou maisons de campagne étaient garnies d'infanterie. Kien n'arrêta l'élan des Français ; k peine le signal de l'attaque eut-il été donné, qu'ils se précipitèrent sur les cassiues et en chassèrent les ennemis, malgré une vive résistance. Kn même temps, notre infanterie franchissait le marais de droite, et, s'a|ipuyant k une vieille digue du Pô que le duc de Savoie avait négligé d'occuper, elle prit en flanc la ligne ennemie et y jeta le désordre. Sur la gauche, l'ennemi opposait une résistance plus opiniâtre, grâce à une plus forte situation; mais enfin la cavalerie française réussit de son côté à franchir le marais. L'armée ennemie se trouva alors débordée et enfermée entre deux feux, malgré la supériorité du nombre; elle se rompit et se répandit précipitamment et en désordre dans les bois qui s'étendaient derrière sa position. Cette retraite allait même se changer en déroute, lorsqu'un jeune officier général, dont les talents militaires devaient être un jour si fatals à la France, le prince Eugène de Savoie, arrêta, par son habileté et son énergie, le flot des fuyards effarés et continua la retraite en bon ordre. Les ennemis laissaient 4 à 5,000 hommes sur le champ da bataille, le tiers de leur armée, et 11 canons. Voltaire ne porte pas a plus de 300 le nombre des tués du côté des Français; mais il reste sans doute au-dessous de la vérité. Voici, du reste, en quels termes il apprécie la bataille de Staffarde : « Lorsqu'il y a beaucoup de morts d'un côté et presque point de l'autre, c'est une preuve incontestable que l'armée battue était dans un terrain où elle devait être nécessairement accablée. L'armée française n'eut que 300 hommes tués; celle du duc en eut 4,000. ■ A part le chiffre, qui est discutable, la réflexion de Voltaira est pleine de justesse.

STAFFOLO, bourg du royaume d'Italie, province et district d'Ancône, mandement d lesi : 2,264 hab.

STAFFOHD , ville d'Angleterre, chef-lieu du comté de son nom, au confluent du So\y avec le Trent ut sur le chemin de fer de. l'Ouest, à 225 kilom. N.-O. de Londres, à 60 kilom S.-E. de Chester, par 52» 48' de latit. N et 40 30' de longit. O.; 11,829 hab. Fabrication importante et commerce de chaussures, cuirs, coutellerie. Stafford a la forme d'un ovale irrégulier, avec des rues bien pavées et des maisons bien bâties en brique ; les principaux de ses édifices sont : la salle du comté spacieux et beau monument moderne, contenant des appartements fort élégants; l'infirmerie du comté; les deux églises Sainte- Marie et Saint Chad, dont la première contient des fonts baptismaux fort curieux ; enfin, les ruines d'un château bâti par Guillaume 1er. Cette ville, dont l'origine remonte au xe siècle, était autrefois entourée d'une enceinte, fortifiée et a joui du titre de baronnie, da comté, puis de marquisat en 1786.

STAFFOBD (comté de), division administrative du centre de l'Angleterre, compris entre les comtés de Chester au N.-O., de Derby au N.-E., de Leicester à i'E., de Warwiek et de Worcester au S., et de Shrop à l'O. Sa superficie est de 2,900 kilom. carrés; 008,716 hati.. Chef-lieu, Stufford. Sa surface est générale^ ment unie, excepté dans la partie septentrionale, où quelques collines peu élevèesucciden. tent lesol, qui, au N.-E-, est pturseiué. de quelques marais. Les principaux, cours <l'euU qui

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l'arrosent sont : le Trent, la Dove , la Severn et la Tame ; il est, en outre, sillonné par plusieurs canaux, entre autres ceux de Stafford et de Birmingham. Le sol, d'une fertilité médiocre, produit blé, seigle, avoine, pois, pommes de terre, plantes potagères, chanvre et lin; un cinquième à peu près du sol est en bruyères, marais et forêts. Outre les prairies artificielles, qui sont assez nombreuses, on y trouve de vastes et beaux pâturages, principalement le long des cours d'eau ; aussi l'élève des bestiaux y est-elle importante. L'industrie minérale y est représentée par d'immenses houillères, des mines de fer, de cuivre, qui alimentent les fonderies de Wednesbury, Tipton, Bilston, Walsall, etc. On y fabrique de la quincaillerie, des tissus de coton, de soie, et une grande quantité d'articles en fer. Comme sur tous les points de l'Angleterre, le commerce y est favorisé par de belles voies bien entretenues, par des canaux, navigables et des chemins de fer qui se relient à tout le vaste réseau de la Grande-Bretagne:

Le territoire de ce comté était occupé dans l'antiquité par les Cornavii ; sous les Romains, il fut compris dans la province Flavie Césarienne, .et, pendant l'heptarchie anglosaxonne, dans le royaume de Mercie.

STAFFORD (Henri de), homme politique anglais, né vers 1450, décapité en 1483. Il descendait d'une ancienne famille normande alliée à Guillaume le Conquérant et était le petit-tîls de Humphrey, qui fut créé duc de Buckingham par Henri VI. Stofford succéda aux biens et titres de son aïeul et parvint à une grande faveur sous le règne de Richard III, qu'il aida dans le meurtre de ses neveux et l'usurpation de leur couronne. Plus tard, il se révolta contre lui et fut décapité. — Son fils, Edouard, qui lui succéda dans ses titres, fut accusé de haute trahison en 1521, condamné à la peine capitale, et eut également la tête tranchée.

STAFFOBD (Guillaume Howard, comte de), homme #Etat anglais, second fils de Thomas, duc de Norfolk, né eu 1611, décapité à Londres le 29 décembre 1680. H mena une jeunesse dissipée, fut admis de bonne heure à ta cour et gagna les bonnes grâces de Charles 1er, qui te créa, en 1640, comte de Stafford, après son mariage avec l'héritière de cette famille. Il donna à ce prince de grandes preuves de dévouement, pendant la guerre eivile, suivit Charles II dans l'exil et montra après la Restauration un grand attachement k la cause des Stuarts et à la religion catholique. Impliqué par les whigs dans la fameuse conspiration des poudres (1678) et désigné par Oates comme un des chefs du complot papiste, Stafford fut arrêté et enfermé à la Tour de Londres (30 octobre). Au bout de deux ans de détention préventive, il comparut avec ses coaccusés devant la Chambre haute, protesta avec énergie contre les accusations dont il était l'objet, mais n'en fut pas moins condamné à être pendu et écartelé comme coupable de haute trahison par 55 voix contre 31, k la suite de longs débats. Malgré l'évidence de son innocence, Charles II n'osa lui faire grâce, a Faiblesse infâme, dit Voltaire, dont son père avait été coupable, et qui perdit son père. » Ce prince se borna à substituer k la pendaison la peine de la décapitation. Au moment de marcher au supplice, Stafford demanda un manteau. « Je pourrai, dit-il, trembler de froid ; mais, grâce au ciel, je ne tremblerai pas de peur. > Un revirement se produisit alors en sa faveur dans l'opinion, et lorsque, sur l'échafaud, il protesta de son innocence, d9s voix s'élevèrent de la foule qui lui crièrent : ■ Dieu vous bénisse, mylord l nous vous croyons. •

STAGE s. m. (sta-je — bas latin stagium, mot formé du latin stare, rester, se tenir, avec le suffixe bas lalin ayium, qui représente le latin aticum). Espace de temps pendant lequel les avocats, les avoués et les notaires sont obligés de fréquenter le barreau ou l'étude, avaut d'être inscrits sur le tableau : Ce licencié fuit son STAGE à la cour royale. Pendant le stage, on a la faculté de plaider. (Acad.) Il Temps d'épreuve imposé k divers aspirants, avant d'être autorisés à exercer, à remplir certaines fonctions.

— Fig. Situation par laquelle on passe généralement avant d'exercer certaines professions : La bohème, c'est le stage de la vie artistique, de l'JUdtel-Dieu et de la morgue. (H. Murger.)

— Dr. canon. Résidence que doit faire chaque nouveau chanoine avant de pouvoir jouir des revenus attachés k la prébende dont il a pris possession.

— Encycl. Le stage est, pour l'avocat, une période d'épreuve morale et d'études professionnelles et pratiques. Un stage est également exigé des aspirants à la profession de notaire ou d'avoué par des lois spéciales et, pour les avoués, notamment par le décret du 6 juillet 1810; mais, pour ces officiers ministériels, le stage se borne à un certain nombre d'années de cléricature dont ils doivent justifier, et qui, d'ailleurs, ne les soumet pendant sa durée à aucune surveillance particulière et à aucun régime disciplinaire. La durée du stage chez un avoué pour les candidats à celte profession est généralement de cinq ans pour ceux qui n'ont obtenu que le certificat de capacité, et de trois ans pour les licenciés en droit. Pour le notariat, le stage doit être

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de six années entières et non interrompues, dont une des deux dernières au moins en qualité de premier clerc chez un notaire d'une classe égale à celle où se trouve l'étude dont on devient titulaire. Toutefois, le stage est seulement de quatre ans lorsque le cierc a passé trois ans dans une étude d'une classe supérieure à celle dont il prend possession et lorsque pendant la quatrième année il a été premier clerc. Pour être admis comme notaire de troisième classe, il suffit de prouver qu'on a travaillé pendant trois ans chez un notaire de première classe, ou bien qu'on a été pendant deux ans avocat ou avoué et qu'on a travaillé pendant un an chez un notaire.

L'institution du stage, relativement aux membres du barreau, est fort ancienne, et elle existait comme tradition et comme coutume bien avant d'avoir été réglementée par aucune loi générale. La durée du stage était d'abord variable dans le ressort des différents parlements; un arrêt réglementaire du 17 juillet 1693 fixa cette durée à deux ans ; elle fut portée au double par un arrêt ultérieur du 5 mai 1751. Enfin, le décret du 14 décembre 1810, concernant l'ordre des avocats, a fixé k trois ans ht durée du stage, et la même disposition a été reproduite par l'ordonnance du 20 novembre 1822, qui présente sur ce point le dernier état de la législation.

Pour être admis au stage, le candidat doit justifier qu'il a obtenu le grade de licencié en droit et qu'il a prêté le serment professionnel devant une cour d'appel. 11 doit de plus, et c'est la condition essentielle, être admis au stage par une délibération du conseil de l'ordre des avocats près le tribunal ou la cour devant laquelle il se propose d'exercer sa profession. Une question importante, et qui a été vivement débattue, est celle de savoir si la délibération du conseil de l'ordre qui repousse la demande d'un candidat tendant à se faire admettre au stage est une décision souveraine et omnipotente, non susceptible d'être réformée en appel par la cour du ressort. Le conseil de discipline du barreau de Paris a autrefois énergiqueinent soutenu l'affirmative. On peut résumer k peu près ainsi les arguments que l'on faisait valoir à l'appui de cette doctrine : l'ordre des avocats, disaiton, est maître absolu de son tableau, juge irréformable de la moralité des membres qui viennent recruter le corps du barreau. Cette maxime fait partie des traditions et des anciennes franchises de l'ordre, franchises que l'ordonnance du 20 novembre 1822 a déclaré, en termes généraux, maintenir et sauvegarder. Il est vrai, l'ordonnance ouvre la voie de l'appel à l'avocat déjà inscrit qui a été frappé, par une décision disciplinaire du conseil, soit de la peine de la radiation du tableau , soit même d'une simple Suspension temporaire de l'exercice de sa profession. Mais, répliquait-on, en ouvrant Ja voie de l'appel expressément pour ces deux cas, l'ordonnance refuse implicitement ce moyen de recours relativement à toute autre mesure de discipline intérieure prise par le conseil de l'ordre : lnclusio unius, excïusio allerius. La différence, d'ailleurs, est saillante, ajoutaiton ; l'avocat déjà inscrit est en possession de la plénitude de ses prérogatives professionnelles ; il a un droit acquis. L'arrêté du conseil de discipline qui prononce sa radiation, ou même la simple interdiction temporaire, atteint l'avocat dans un droit acquis; il y a là la matière d'un débat judiciaire évidemment, et le recours doit être ouvert devant une juridiction du degré supérieur, c'est-àdire devant la cour d'appel du ressort. Au contraire , l'aspirant au stage est encore étranger au barreau; il n'a que l'aptitude, il n'est pas investi du droit professionnel. La question du droit acquis se trouve ainsi écartée. Des raisons de haute convenance militent pour l'omnipotence de la décision du conseil en matière d'admission au stage. Le postulant éconduit a lui-même intérêt à ce qua les motifs de la mesure ne soient point divulgués dans un débat public. D'ailleurs, et cette dernière raison est plus spécieuse, le refus d'admission n'a jamais été considéré comme ayant le caractère définitif d'une décision judiciaire proprement dite. Le licencié évincé une première fois peut renouveler ultérieurement sa demande, et cette demande peut être accueillie plus tard, si les motifs d'exclusion ont disparu. On a fait remarquer enfin qu'il serait étrange que l'aspirant au stage voulût dès le début décliner en quelque sorte lu juridiction morale et disciplinaire des anciens de l'ordre, juridiction d'honneur à laquelle il Sera assujetti durant toute sa carrière d'avocat, et qu'il accepte sans doute, puisqu'il aspire à entrer dans les rangs du barreau.

Empressons-nous de dire que cette doctrine d'omnipotence a été repoussée par la jurisprudence des cours. 11 est peu exact de prétendre qu'il ne s'agisse point d'un droit acquis pour le candidat qui demande a être admis au stage. Ce qui lui est réellement acquis, et acquis a frais considérables, c'est son diplôme de licencié et l'a£titude aux travaux juridiques que le grade suppose. Paralyser et condamner à l'inaction cette aptitude obtenue, c'est très-certainement frapper le candidat dans ses droits acquis. Quant à l'inconvénient de l'appel devant une cour et de la divulgation qui doit en résulter pour certains faits intimes et probablement peu ho-

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norables, c'est affaire k la partie intéressée d'apprécier s'il lui convient ou non de braver le débat public. Le recours par voie d'appel n'offre, en somme, que des inconvénients d'un intérêt secondaire, et le refus de ce droit d'appel paraît injuste en principe.

Il reste k parler des droits et des devoirs des stagiaires. Ils ne sont point inscrits au tableau, mais ils appartiennent néanmoins au barreau du tribunal ou de la cour près desquels ils se sont fixés. Le stagiaire peut plaider et donner des consultations comme l'avocat inscrit. On ne lui conteste pas le droit de prendre le titre d'avocat au tribunal ou k la cour d'appel près laquelle il exerce sa profession. Sa situation diffère néanmoins de celle des avocats inscrits au tableau sur deux points essentiels : 1« il ne prend aucune part aux assemblées de l'ordre ayant pour objet la nomination annuelle des membres du conseil de discipline et n'a pas droit de suffrage dans ces élections annuelles; 2° il ne peut être appelé à siéger comme juge pour compléter le tribunal en cas d'insuffisance des magistrats présents. Ce droit est exclusivement attribué par la loi aux avocats inscrits. La participation d'un stagiaire pourrait avoir pour résultat la nullité du jugement auquel il aurait coucouru.

Les devoirs particuliers des stagiaires consistent principalement dans l'obligation de suivre les audiences et d'assister aux conférences où les jeunes avocats discutent des questions de droit sous la présidence du bâtonnier ou d'un membre du conseil. La conduite et les moeurs des stagiaires sont soumises à la surveillance du conseil de discipline sui van t la disposition de l'ordonnance de 1822. On a conclu avec raison, des termes de cette disposition, que le contrôle du conseil, relativement aux stagiaires, s'étend jusqu'aux actes de la vie privée, tandis qu'il est constant que l'avocat inscrit ne peut être atteint par le contrôle et la censure de ses pairs qu'en ce qui touche l'infraction aux devoirs professionnels. Du reste, il faut reconnaître que la surveillance du conseil sur les moeurs privées des stagiaires est aujourd'hui à peu près illusoire. Elle était effective, ou pouvait l'être, à l'époque où le tableau était divisé en colonnes, dans chacune desquelles les stagiaires étaient distribués par groupes. Chaque colonne avait un chef spécial, membre du conseil, et qui comptait sous sa juridiction particulière un certain nombre de stagiaires. L'ordonnance du 27 août 1830 ayant supprime la division du tableau en colonnes, et par conséquent les chefs spéciaux de colonne, a eu pour conséquence de rendre à peu près impraticable le cuiitrôle des anciens sur les faits et gestes des jeunes stagiaires. Le jeune avocat qui contrevient aux obligations du stage, en négligeant de suivre les audiences ou les conférences, s'expose avoir prolonger son stage au delà de la duïée légale des troi3 ans, par décision du conseil de discipline. La prorogation du stage a pour effet nécessaire de retarder l'inscription au tableau, et l'on a encore posé k cet égard la question de savoir si la décision du conseil est omnipotente sur ce point, ou si elle est sujette à appel devant la cour du ressort. Les auteurs inclinent k admettre la voie de l'appel. Cette doctrine parait juridiquement fondée, mais, en fait, la mesure a de soi trop peu de gravité et elle est, en général, trop sagement motivée pour qu'il ne soii pas infiniment rare que des décisions de cette nature soient déférées par appel à une juridiction de degré supérieur.

STAGIAIRE adj. (sta-ji-è-re — rad. stage). Qui fait son stage : Auocat stagiaire. Il Qui concerne le stage : Période stagiaire.

— Substantiv. Celui qui fait son stage : Les stagiaires de la cour d'appel.

— Encycl. V. stage.

STAG 1ER s. m. (sta-ji-é — rad. stage.) Dr. canon. Chanoine qui fait son stage.

STAG IRE, en latin Stagira, ancienne ville de la Macédoine, dans la (Jhalcidique, près du golfe Stryinonique. Elle fut fondée en 665 av. J.-C. et fut la patrie d'Aristote. Sur son emplacement s'élève le village turc de Stavros.

STAGIRITEs. et adj. (sta-ji-ri-te). Géogr. anc. Habitant de Stagire ; qui appartient a cette ville ou à ses habitants : Les Stagirites. La population stagirite.

— Hist. philos. Nom donné à Aristote, qui était né k Stagire : Le type du Stagirite est austère et recueilli ; il rêoe, il songe, il cherche. (Th. Gaut.)

STAGL1ENO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Gênes, ch.-l. de mandement; 2,664 hab.

STAGMAIRE s. m. (sta-gmè-re — du gr.

stayma, goutte), Bot. Genre d'arbres, de la famille des térébinthacées, tribu des anaeardiées, dont l'espèce type croit k Sumatra.

STAGMATOPTÈRE s. m. (sta-gma-to-ptère — du gr. stayma, goutte; piéton, aile), lintom. Syn. d'EPAPURODiTE , division des mantes, genre d'orthoptères.

STAGNAL, ALE adj. (sta-ghnal, a-le — rad. stagner). Hist. nat. Qui vit ou qui se plaît dans les marais.

STAGNANT. ANTE adj. (sta-ghnan, an-te — rad, stagner). Se dit des eaux qui ne cou-

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lent point : Une eau stagnante. Les eaux stagnantes, qui couorent des terres immenses, augmentent l'humidité et diminuent la chaleur. (Buff.) En exhaussant les billons, on se débarrasse des eaux stagnantes, qui nuisent aux récoltes. (M. de Dombnsle.) Les crêtes où il y a des flaques d'eau stagnantes sont très-malsaines. (Maquel.) Il Se dit du sang et des humeurs, lorsqu'ils cessent de circuler et s'accumulent dans quelque partie du corps: Une humeur stagnante. Il Se dit des fluides gazeux qui ne circulent pas, qui relent iinuiobiles dans le même lieu : S» l'air était stagnant, »7 ne tarderait pas à s'altérer.

— Fig. Inactif, privé de mouvement, d'action : Les richesses, les privilèges rendent stagnantes des facultés naturelles que le besoin eût stimulées. (Boiste.) Les idées ont un courant qui eniraine même tes populations les plus stagnantiss. (I.amart.) La politique sans courants et sans idées, la politique stagnante est mortelle. (E. de Gir.)

STAGNATION s. f. (sta-ghna-si-on — rad.

stagner). Etat de ce qui est stagnant : La stagnation des eaux. L'état de stagnation de l'air et de l'eau est bientôt suioi de la corruption. (Bulf.) La stagnation de l'air dans les gorges du Valais parait être la cause principale qui rend les goitres si fréquents dans ce pays. (Chomel.)

— Palhol. Etat du sang et des humeurs dont la circulation est arrêtée ou considérablement ralentie : La stagnation du sang, des humeurs. (Acad.)

— Fig. Inertie, langueur, suspension d'activité : La stagnation des affaires. Le commerce est dans un état de stagnation trèsaffligeant.

— Mar. Se dit de la rose des vents, quand il n'y a aucun vent appréciable.

STAGNÉLICS (Erik-Johan), poëte suédois, né en 1793, mort en 1823. Son père, éminent prédicateur, devint évêque de Calmar. Stagnélius fit ses études aux universités de J.und et d'Upsal. En 1815, il fut nommé chancelier et, k ce titre, attaché à la commission ecclésiastique royale, emploi qu'il remplit jusqu'à sa mort. De très-bonne heure, il s'adonna a la poésie et se prit d'une grande admiration pour les écrivains de l'antiquité, qu'il étudia assidûment toute sa vie. Atteint d'une cruelle maladie de cœur, il tomba dans une profonde mélancolie, augmentée encore par un amour malheureux. Mais ses douleurs morales et physiques n'altérèrent en rien la patience et la bonté de son caractère. Ses poésies sont fort nombreuses; leur principal mérite est dans le style, que les Suédois admirent extrêmement. On y trouve aussi une intensité de sentiment, une inspiration élevée, qui font de lui un poète lyrique fort remarquable ; mais elles manquent d'énergie et de virilité. Trop essentiellement tendre et mélancolique pour exprimer les passions dramatiques, Stagnélius a trop sacrifié au pur lyrisme dans son théâtre, qui, malgré de sérieuses beautés, manque de mouvement et de chaleur. Sa meilleure tragédie est les Martyrs; elle a été traduite en français par M. Louis Boutillier (1855, in-8°).

STAGNER v. n. ou intr. (sta-ghné — latin stagnare; de stagnum, étang). Former une espèce d'étang, séjourner, ne pas couler, ne pas se mouvoir, en parlant d'un fluide liquide ou gazeux : Les marais Pantins -stagnent de Sisterna jusqu'à Terracine. (L. Cruveilhier.) Le fluide atmosphérique ne STAGNE pas trèslongtemps dans les voies de la respiration ; il ne tarde pas à en être expulsé par l'expiration. (H. Cloquet.)

STAGNICOLE adj. (sta-ghni-ko le — du lat. stagnum, étang ; colo, j'habite). Hist. nat. Qui vit dans les étangs.

— s. m. Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des gallinules ou poules d'eau.

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes pulmonés, de la famille des lyinuéens.

STAGNIE s, f. (sta-glinî — du lat. stagnum, étang). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des museides, comprenant deux espèces, qui vivent dans les marais de la région pyrénéenne : Les stagnies sont voisines des potamies. (E. Desuiarest.)

STAGNO, petite ville maritime de l'empire d'Autriche, dans la Dàlinalie, sur la côte méridionale de l'isthme qui joint la presqu'île de Sabioncello au continent, avec un bon port de commerce, à 35 kilom. N.-O. de Ituguse; 2,000 hab. Evêché; pêche de sardines; cabotage important.

STAGNON s. m. (sta-gnon; yn mil.) Autre forme du mot ESTAGNON,

STAUliLIN ou ST./EHEL1N (Benoit), naturaliste suisse, né à Bàle en 1695, mort dans la même ville en 1750. Il fut élevé par son père, Jean-Henri, né en 1668, mort en 1721, et qui, tout en exerçant la médecine k Bàle, s'adonna k la botanique et publia Thèses anatomico-botauicx (1711, in-4°). Benoit alla compléter ses études médicales et scientifiques dans diverses villes de l'Europe, notamment k Paris, où il eut pour maître et pour ami le naturaliste Vaillant. De retour en Suisse, Stahelin s'adonna avec passion k son goût pour la botanique, étudia un grand nombre de plantes nouvelles et se lia intimement avec Haller, qu'il accompagna fré-

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quemment dans ses excursions' à travers les Alpes; il s'occupa principalement des plantes cryptogames et agîmes. Do 1727 jusqu'à sa mort, il professa la physique à Bâle et devint correspondant de l'Académie des sciences de Paris. On lui doit un certain nombre d'écrite : De solidorum corporis humani adtrilione «î dissipatione (Bàle, 1710, in-8o); Observaticnes anatomics et botanics (1721, in-4°), où l'on trouve d'intéressantes observations sur les plantes à fleurs composées'; De propagatione luminis (1727, in-40); Tentamen medïcum (1724, in-4°); Decloslris et partibus floris a stuminibus diversis, de subsaltu particularim equiseti (1731, in-4<>); Epistola eucharistica (1742, în-4°),- sur un remède proposé par MUe Stephens pour dissoudre les calculs biliaires et uriiiaires. — Son fils, Jean-Adolphe Stahelin, né a Bâle en 1724, mort dans cette ville en 1798, professa successivement l'anatomie, la botanique et la médecine à Bâle. On lui doit : Spécimen observaliotmm anatomicarum et botanicarum (Bàle, 1751, in-4°); Spécimen observationum medicarum (1753, in-4°). Linné a donné le nom de siahelina à un genre de composées, en l'honneur de cette famille de savants botanistes.

STAHL (Georges-Ernest), célèbre médecin et chimiste allemand, né à Anspach le 21 octobre 1660, mort à Berlin la 14 mai 1734. Il montra tout jeune un goût extraordinaire pour la chimie. Envoyé à léna pour y étudier ia médecine, Stahl s'y h't recevoir docteur en 1684. Il donna alors des leçons particulières, tout en exerçant son art avec succès, et attira sur lui 1 attention du duc de Saxe-Weiinar, qui le nomma son médecin ordinaire (1887). Peu après la fondation de l'université de Halle, Stahl fut appelé, sur la demande de Frédéric Hoffmann, qui avait apprécié son rare mérite, à y occuper une chaire (1694). Par son enseignement, par ses travaux, par ses ouvrages, il se plaça rapidement au premier rang "des savants de l'Allemagne. En 1716, le roi de Prusse l'appela a Berlin, le nomma son médecin et conseiller aulique ; l'Académie de cette ville le compta parmi ses membres, et il fit partie de plusieurs autres sociétés savantes, notamment de celle des Curieux de la nature, dans laquelle il prit le nom d'Olympiodore. Malgré ses erreurs, Stahl fut le plus grand médecin de son temps. On lui a reproché, non sans raison, ses idées systématiques, une tendance accusée au mysticisme et son dédain pour l'application de l'anatomie, de la physique et de la chimie à la médecine ; mais c'était un homme d'une vaste instruction. • Il joignait à une lecture immense, dit Formey, une pénétration exquise ; il ne s'amusait point à faire des recueils, mais, saisissant l'essentiel des ou • vrages qui tombaient entre ses mains, il se l'appropriait sans effort. Il était droit et franc dans ses procédés, n'ayant point d'égards à l'apparence des personnes. Il découvrit sans ménagement les fautes capitales dans lesquelles tombaient les plus grands médecins. L'opinion de la multitude lui fut toujours suspecte. ■

Stahl est en médecine l'auteur du système connu sous le nom d'animisme. D'après ce système, le corps est entièrement inerte et passif ; chaque phénomène de la vie et chaque maladie s'expliquent par l'intervention d un être immatériel, de l'âme; c'est l'âme qui est le principe de l'organisation, la "cause de l'a.:tivité vitale, qui veille à la réparation et à la conservation du corps, qui préside à tous les actes de la nutrition, des sécrétions, de la génération, des sensations, etc.; qui est chargée de gouverner l'économie animale et de maintenir l'intégrité et l'harmonie des fonctions, et qui, par sa lutte contre, les causes morbifiques, produit des congestions, des spasmes, des lièvres, des hémorragies. Stahl faisait consister la physiologie dans l'étude des mouvements vitaux considérés en euxmêmes et indépendamment de la forme et de la structure des organes et des actions physiques et chimiques qui s'y passent; dans son fameux livre intitulé : Theoria medica. vera (1707), il propose de bannir anatomie, chimie et physique de l'étude de la médecine. Ses principes thérapeutiques s'accordaient parfaitement avec ses idées physiologiques ; il attribuait a l'âme le grand rôle dans la guérison des maladies, repoussait l'intervention indiscrète et empressée, du médecin et pensait que l'art ne doit pas prétendre dominer la nature, mais s'efforcer de lui obéir, de la servir, en quelque sorte, en régularisant ses efforts. L'animisme était une réaction contre l'invasion de la physiologie, de la pathologie et de la thérapeutique par les théories grossières d'une physique et d'une chimie alors peu avancées. En chimie, Stahl est connu par la théorie du phlogistique. Il désignait sous ce nom un principe qu'il supposait combiné avec les corps combustibles et que la combustion leur faisait perdre. D'après cette théorie, les métaux étaient des terres ou oxydes phlogistiqués, et les terres ou oxydes des métaux déphlogistiqués. Stahl avait très-bien saisi l'analogie qu'il y a entre la combustion et l'oxydation, et compris que ces deux phénomènes doivent recevoir la même explication: seulement, il voyait un dégagement de phlogistique là ou nous voyons une fixation d'oxygène, et une fixation de phlogistique la où nous voyous un dégagement

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d'oxygène; son explication n'était, en quelque sorte, que l'image négative de la véritable théorie. « Stahl, dit Fourcroy, imagina un ingénieux système, qu'il accorda avec tous les faits connus jusqu'à lui, et qui, sous le nom de phlugistique, offrit pour la première fois une idée mère embrassant toute la science, en réunissant toutes les parties, digne, en un mot, de rapprocher tous les hommes doués d'un esprit philosophique. » • Stahl, dit M. Dumas, a été le précurseur nécessaire de Lavoisier, et s'il s'est borné à lui préparer les voies, il les a du moins préparées d'une manière qui n'appartient qu'au génie. »

Les idées de Stahl en médecine se sont perpétuées jusqu'à nous et ont compté un grand nombre d'adhérents remarquables en Europe. Ses doctrines, quelque peu modifiées et corrigées, sont celles qui dominent encore aujourd nui, sous le nom de vitalisme , parmi les représentants de recule de Montpellier. Outre des mémoires, des dissertations, des thèses, etc., Stahl a écrit un grand nombre d'ouvrages, au style incorrect, souvent obscur, et qui abondent en digressions. Les principaux sont : Fragmeniorum xtiolagix physiologicochemicx prodromus (léna, 1683, in-12); ûisputatio de intestinis eorumgue morbis (1684, in-4°), sa thèse de doctorat ; De sanguificatione in corpore semel formata (1684, in-4°); De molu tonico vitati (1692, in-4»), dissertation dans laquelle il expose sa théorie; Vindictée théorise vers medics (Halle, 1694, in-4<>); De autocratia natures (1696, in-40), sur le rôle de la nature et de l'âme dans la guéri- Son des maladies ; Zymotechnia fundamentalis (1697, in-8<>), sur la théorie de la fermentation ; Temperamenti physiologico-physiognomico-pathologico-mecanica enucleatio (1637, in-4°); Observationes chemico-physico-medicocurioss (1697-1698, in-40); De vens ports porta malorum (1698, in-4»), écrit dans lequel il considère les congestions sanguines de la veine porte comme la cause de beaucoup de maladies ; De morborum slatum fundamentis (1698, in-4°), un de ses meilleurs opuscules; Podagrœ nooa patholoijia (1698, in-40); Veux seciionis patrocinium (1698, in-8<>); Inflammationis vera pathologia (1698, in-8»); Pathologis fundamenta practics (1699, in-40); Mortis theoria medica (1702, in-4») ; Disputatianes medics epistolares et académies (1707- 1712, 2 vol. in-4°); De scriptis suis vindicise (1707, in-4°), écrit apologétique; Theoria medica vera (1707, in-4»), son ouvrage capital, l'exposé le plus complet de la doctrine de l'animisme; De uromantis abusu toltendo{mi, in-4°); De Deo vers medicins auctore (1712, in-4"); De medicina chirurgica in génère (1713, in-40); Thèses medies (L713, in-40); Opusculum physieo-chemico-medicum (1715, in-4°); Traité du soufre (1718, in-8°), publié en allemand, trad. en français par le baron d'Holbach (Paris, 1766, in-12); Observationes clinics (1719, in-8°); Negotium otiosum (Halle, 1720, in-4°), livre dirigé contre Leibniz, qui niait que l'âme fût le principe du mouvement ; Fundamenta chymis dogmaticx et experimmtalis (Nuremberg, 1723, 3 vol. in-4°), trad. en français par Demachy (1757, 6 vol. in-12) ; Ars sanandi cum expectatione (Offenbach, 1730, in-80), ouvçage dans lequel, tout eu se montrant partisan de la méthode expectante, il manifeste un goût particulier pour la saignée, qu'il déclare avoir pratiquée cent deux fois sur lui-même; Collegium casuale magnum ( Leipzig , 1728 , in-40 ) , contenant soixante-seize récits de maladies; Synopsis medicins Stahlians (1724, in-12), etc. Ses Œuvres médico-philosophiques et pratiques ont été traduites en français et commentées par M. Blondin (Paris, 1858 et suiv., 8 vol. in-80). On consultera avec fruit, sur ce savant : Progr. III de vita Stahl, par Strebel (Anspach, 1758, in-40) ; De Stahl et de la science médicale, par Lassègue (Paris, in-40) ; le Vitalisme et l'animisme de Stahl, par A. Lemoine (1864, in-12).

STAHL (Frédéric-Jules), philosophe, jurisconsulte et économiste allemand, né à Munich en 1802, mort en 1861. Il appartenait à la religion juive, mais il se convertit en 1819 au culte évangélique, et, après avoir étudié le droit, il se tit recevoir agrégé à l'université de Munich. Adonné d'abord à l'étude du droit romain, qui lui inspira son ouvrage intitulé Du droit d'accusation chez les anciens Romains (Munich, 1827), il se tourna, à l'instigation de Schelling, vers la philosophie du droit et se lit une autorité en cette matière ! par sa Philosophie du droit au point de vue historique (Heidelberg, 1830-1837, 2 .vol.). ' Nommé en juin 1832 professeur extraordi- ! naire à Erlangen, il fut envoyé peu après à i Wurtzbourg en qualité de professeur ordi- ; naire de philosophie du droit, de politique i et des paudectes, et revint, en 1835, occuper une chaire, analogue à Erlangen, d'où il fut 1 appelé en 1840 à 1 université de Berlin. Après les événements de 1848, il engagea une polémique des plus vives contre les théories de Hegel et chercha à faire de la révélation chrétienne les bases du droit et de l'Etat. De 1854 à 1856, il publia une troisième édition, beaucoup plus complète, de sa Philosophie du droit. Au début de l'ouvrage, il place cette proposition que le jugement ne suffit pas pour conduire à la connaissance positive, et qu'il doit s'appuyer sur la foi et sur les doctrines de la révélation. C'est là le développement de son mot si connu : « La science

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doit revenir en arrière. » Il fait l'application pratique de cette philosophie au droit politique, en voulant établir l'Etat sur la base des doctrines chrétiennes. Tout son système repose sur cette assertion que l'Etat est une institution divine, à cause de la doctrine biblique au sujet de l'origine divine de l'autorité ; d'où il conclut que les ordres de l'autorité ont le pouvoir d'un commandement divin, auquel chacun doit se conformer sans restriction. Stahl avait développé ces idées, tendant à justifier le despotisme le plus odieux et le plus dégradant pour l'humanité, dans sa brochure intitulée: De l'Etat chrétien et de ses rapports avec le déisme et le judaïsme (Berlin, 1847). Il se montra fidèle à ses doctrines dans sa carrière d'homme politique. Nommé en 1847 membre de la première Chambre de Berlin, il y figura bientôt au premier rang parmi les chefs du parti féodal, dont il passa longtemps pour l'orateur le plus remarquable. A partir de 1848, il collabora à des feuilles ultra-réactionnaires, la Gazette de la Croix , le Journal de l'Eglise évangélique. Au parlement d'Erfurt, en 1850, il s'opposa uu rétablissement de l'Etat confédéré germanique, et, dans les débats de la première Chambre, sa parole assura l'avantage à la petite noblesse propriétaire. Il chercha, en outre, à entraver l'œuvre de la constitution prussienne et entretint dans son parti la lutte contre l'organisation communale et la responsabilité ministérielle. Lorsque les tendances libérales eurent repris faveur sous la régence du

Îirince de Prusse, il s'opposa vivement, dans a première Chambre, à la loi sur le mariage et a l'impôt foncier. On a encore de lui un grand nombre d'opuscules et de brochures, notamment : Qu'est-ce que la révolution? (Berlin, 1853) ; Contre Bunsen (Berlin, 1856) et Dix-sept discours parlementaires (Berlin, 1862), publiés après sa mort. Les cours qu'il faisait à l'université, et qui roulaient en général sur le droit naturel et sur le droit politique, attiraient une nombreuse assistance ; car, bien qu'il parlât devant des auditeurs dont le plus grand nombre étaient hostiles à ses opinions, il savait les séduire par l'étendue de son érudition et par son talent.

STAHL (P.-J.), pseudonyme du littérateur et libraire Pierre-Jules Hetzel. V. ce nom,

STAHLIANISME s. m. (sta-li-a-ni-sme).

Système de Stahl.

STAHLIEN, IENNE adj. (sta-li-ain, i-è-ne). Méd. Qui a rapport à Stahl ou à sa dodtrine.

— s. m. Partisan de la doctrine médicale de Stahl.

STAH El (Adolphe-Guillaume-Théodore), littérateur allemand, né à Prenzlau en 1805. Il étudia la philologie classique à l'université de Halle et devint successivement maître adjoint (1826), puis professeur (1828) au Pœdagogium de cette ville, d'où, en 1836, il passa, en qualité de co-recteur et de professeur, au gymnase d'Oldenbourg. Il s'occupa surtout à cette époque de l'histoire, de la critique et de l'explication des œuvres d'Aristote, et publiasuccessiveraent : Arisiotelia (Halle, 1830- 1832, 2 vol); Aristote chez les Romains (Leipzig, 1834) et la première partie d'une traduction de la Politique du même philosophe (Leipzig, 1836-1838). Il prenait en même temps une part active à la rédaction des Annales de Halle, fondées en 1838 par Ruge et Eehtermeier, et les travaux qu'il y inséra, joints à l'intérêt de plus en plus vif qu'il prit aux progrès du théâtre d'Oldenbourg, le détournèrent peu à peu des études purement philologiques. A la suite d'un voyage qu'il tit en Italie, il publia ses impressions sous ce titre : Une année en Italie (Oldenbourg, 1847- 1850, 3 vol.), et un roman historique, les Républicains à Naples (Berlin, 1849, 3 vol.). Après avoir donné, en 1852, sa démission, il se rendit à Berlin, où il se remaria avec Fanny Lewald, connue par ses travaux littéraires, et jusqu'en 1859, où il revint à ses études sur • l'antiquité classique, il déploya une procli- ' gieuse activité littéraire. Outre les ouvrages que nous avons cités, on a de lui : Revue du théâtre d'Oldenbourg (1845, 2 vol.) ; le Caractère d'Immermann (Hambourg, ISA2); Deux , mois àParis (Oldenbourg, 1851, 2 vol.) ; Weimar et léna (Oldenbourg, 1852,2 vol.); la Révolution prussienne (Oldenbourg, 1852, 2 vol.); Torso ou l'Arf, les artistes et tes chefs-d'œuvre artistiques des anciens (Brunswick, 1854-1855, 2 vol.) ; Après cinq ans (Oldenbourg, 1856, 2 Vol.) ; G.-E. Lessing, sa vie et ses écrits (Berlin, 1852, 2 vol; 1858, 5« édit.); Mois d'automne dans la haute Italie (Oldenbourg, 1859) ; Aristote et l'action de la tragédie (Berlin, 1859); Portraits de l'antiquité {Berlin, 1863-1866), ouvruge divisé en quatre parties: Tibère, Cléopâtre, les femmes des empereurs et Agrippine, mère de Néron ; la première et la quatrième ont soulevé de vives polémiques, à cause du doute dont l'auteur y fait preuve au sujet de l'impartialité de Tacite. M. Stahr a encore publié une édition, précédée d'une excellente préface, d'un nouveau manuscrit de l'Iphigénie de Goethe, qu'il avait découvert dans la bibliothèque d'Oldenbourg, et des traductions de la plupart des œuvres d'Aristote, des Douze Césars de Suétone et de l'Histoire d'Hérodien ; enfin il a fourni le texte à la Galerie de Gosthe, publiée par le peintre Kaulbach (Berlin, 1865- 1866; 1" partie, les Femmes de Goethe),

STAJ

STAHREMDERG (Emest-Rudiger, comte de), général autrichien, né en 1638, mort en 1701. Sa famille, originaire de Styrie , avait produit un grand nombre de vaillants hommes de guerre, notamment Jean et Erasme de Stahremberg, qui avaient fait preuve d'une rare bravoure lors du siège de Vienne par les Turcs, en 1529. Héritier d'une fortune considérable, il devint successivement conseiller d'Etat, chevalier de la Toison d'or, président du conseil militaire, feld-maréchal et commandant de Vienne, qu'il défendit en 1683 contre les Turcs, commandés par Kara- Mustapha. Pendant plus de deux mois, du 9 juillet au 12 septembre, il soutint avec un petit nombre de soldats tous les efforts des Turcs, qui perdirent 48,000 hommes, répara les fortifications sous le feu de l'ennemi et donna le temps à Sobieski d'arriver à son secours. Celui-ci le combla d'éloges pour son héroïque résistance, et Léopold 1er lui conféra le litre de ministre d'Etat. Blessé devant Bade, Stahremberg quitta le service, s'occupa exclusivement de l'organisation de l'armée et mourut au château de Wesendorf.

STAHREMBERG (Guido-Ubalde, comte de), général autrichien, cousin du précédent, né en 1657, mort en 1737. Sa famille l'ayant destiné à l'état ecclésiastique, il commença des études théologiques, qu'il interrompit brusquement pour entrera» service. Après la délivrance devienne, délivrance à laquelle il prit une part glorieuse, il fit campagne en Hongrie et fut successivement, en raison du talent qu'il déploya, nommé feld-maréchal lieutenant et grand maître de l'artillerie. Il commanda en Espagne, lutta ensuite contre Vendôme, en Italie, réprima une révolte des Hongrois et se distingua dans la guerre de la succession d'Espagne. Stahremberg, après avoir battu deux lois les troupes de Philippe V, perdit la bataille de Villaviciosa, et, renonçant au service , gouverna la Catalogne comme vice-roi. Revenu à Vienne après la paix d'Utrecht, il fut nommé président du conseil aulique de la guerre , fonction qu'il .conserva jusqu'à sa mort.

STAIN (Charles-Léopold, comte de), général autrichien, né à Bruxelles le 24 décembre 1729, mort àNiederstozingen, eu Souabe, le 5 mars 1809. Entré jeune au serviee de l'Autriche, il était devenu lieutenant-colonel au début de la guerre de Sept ans, et il dirigea l'assaut de Schweidnitz en 1761. Après la paix de Hubertsbourg, il fut nommé major général et, en 1773, grand maître de l'artillerie. En 1778, dans la guerre de la succession bavaroise, il parvint à arrêter la marche du duc de Brunswick et reçut le titre de comte de l'empire. En 1781, il fut nommé commandant de la Lombardie ; ce fut lui qui fit construire la citadelle de Milan. A la suite des revers des armes autrichiennes il dut, en 1796, revenir en Autriche et fut forcé par l'âge à prendre sa retraite.

STAINER (Richard), marin anglais, mort en novembre 1662.11 avait, sous le protectorat de Cromwell, le commandement d'un vaisseau de guerre. En 1656, ayant trois frégates sous ses ordres, il fut surpris par une escadre espagnole. Il livra bataille, brûla l'un des bâtiments ennemis, en coula un second, en prit deux et força les deux autres à s'échouer sur la côte. Le trésor qu'il trouva sur ces deux prises s'élevait à 15 millions de francs. L'année suivante, il attaqua et détruisit, de concert avec l'amiral Blake, sous les ordres duquel il était placé, une flotte espagnole dans la baie de Santa-Cruz. En 1657, il fut nommé (11 juin), par Cromwell, chevalier, puis vice-ainiral. Sous Charles II, il fut nommé une seconde fois chevalier et devint contre-amiral.

STA1NES, ville et paroisse d'Angleterre, comté de Middlesex, à 20 kilom. S.-O. de Londres, sur la Tamise et le chemin de fer du Sud-Ouest; 2,435 hab,

STAIKS, village et commune de France (Seine), cant., arrond. et à 4 kilom. N.-E. de Saint-Denis ;1,280 hab. Blanchisserie de coton filé ; fabrication de fécule, perles et toiles cirées. On y voit un beau château entouré d'un parc, qui a appartenu aux familles de Thou et de Harlay, et au roi Jérôme Napoléon.

STAIR(Jean-HamiltonDAi.RYMPLE), homme d'Etat et général anglais, né en 1771, mort à Oxenford-Castle en 1S53. Entré dans l'armée en 1790, il se distingua en Hollande et en Flandre, pendant les campagnes de 1794 et de 1795, prit part à l'expédition de Copenhague en 1807 et fut nommé général-ma»

jor. Après la conclusion de la paix, il posa sa candidature au Parlement, à Lothian, comme adversaire des tories, et ne fut pas élu. Il fut plus heureux après le bill de réforme de 1832. En 1838, il fut nommé général et, le 20 mars 1840, il hérita de son oncle, Jean-Guillaume-Henri, du titre de comte de Stair. En 1841, il reçut le titre de lord Oxenford et entra à la Chambre des pairs. Sous le cabinet de 1840-1841 et en 1846-1852, il exerça les fonctions de garde des sceaux d'Ecosse.

STAIR (vicomte et comte de), V. Dalrym-

PLB.

STA.IO s. m. (sta-io). Ane. métrol. Mesure de capacité qui était usitée dans le Frioul, l'Istrie, l'Esclavonie, laDalmatie, en Italie, ât équivalait: à Raguse, l48iit,653; à Trieste,

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82'U,631; àFerrare, 3ll««-,281 ; à Mantoue, 35111^64; & Lucques, 24^1,12; à Modène, 70'it,4; à Parme, 5lHt,37 ; à Florence, S-llit,369 ; à Livourne, 72'it,672.

STAJOLO s. m. (sta-io-lo). Ane. métrol.

Mesure agraire qui était usitée en Toscane et qui valait 4ares,96.

STAKE s. m. (stè-ke — mot angl.). Turf. Mise de fonds de chaque concurrent. Il Trial stake, Poule d'essai. Il Triennal stake, Course dans laquelle les chevaux sont engagés pour courir sur le même hippodrome pendant trois années consécutives.

STALACTIFERB adj. (sta-la-kti-fè-re — de stalactite, et du lat. fera, je porte). Qui porte, qui contient des stalactites ; Grotte

STALACTIFÉRB.

STALACTIS s. m. (sta-la-ktiss — rad. stalactite). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides, comprenant plusieurs espèces, toutes exotiques.

STALACTITE s. f. (sta-la-kti-te) — du gr. stalaktos, adjectif verbal de stalazein, tomber par gouttes, lequel a donné encore le substantif stalat/mos, d'où nous avons aussi tiré stalagmite). Miner. Concrétion pierreuse qui se forme à la voûte des cavités souterraines, par l'amas lent et progressif des sels calcaires déposés par des eaux, qui filtrent goutte à goutte :

Dans les grottes Bans fin brillent les stalactites. Th. de Banville.

— Pathol. Nom donné a des prolongements osseux qui se forment à la surface des cals irréguliers.

— Encycl. V. stalagmite.

Stnioctitci (les), par M. Th. de Banville {1846, in-12). Ce recueil de petits pofimes, curieusement ciselés, irréprochables de forme, mais assez vides de fond, fuit pendant aux Cariatides du même auteur. Pourquoi l'un B'appelle-t-il Cariatides et l'autre Stalactites, les sujets étant à peu près les mêmes ? c'est un mystère. « Mon styîe, dit M. Th. de Banville dans sa préface, était primitivement taillé à angles droits et trop'polis; j'y ai apporté, cette fois, une certaine mollesse qui en adoucit la rude correction, une espèce d'étourderie qui tâche à faire oublier qu'un po8te, quelque poète qu'il soit, contient toujours un pédant. » Certains titres sentent en effet la mollesse et l'étourderie : Chanson à boire, la Chanson de ma mie, la Femme aux roses, etc., etc. M. de Banville appartient à celte école qui emprunte à Th. Gautier ses instincts jouisseurs. L'auteur des Stalactites nous montre, se déroulant • sur le col de lait » d'une femme, < les ors de sa chevelure, tandis que la bouilloire, éveillée à demi, ronfle tout bas et que le feu charmant

Mélange l'améthyste avec la chrysoprase,. spectacle qu'on a peine à se représenter. Ailleurs, M. de Banville veut aller « puiser au cœur d'un flacon » pour « boire à flots du soleil et des roses, » le tout sur l'air de lo pxanl II fait dire amoureusement par l'étoile à la rose : « Je puis, cher astre, au bout d'un rayon boire tous tes pleurs, sans que l'on en cause. »

Quelques pièces des Stalactites manifestent une grande habileté à manier le vers, mais le style en est affecté, contourné, et certains passages ressemblent plutôt à des tours de force de versification qu'à de la véritable poésie.

STALACTITIQDE adj. (sta-la-kti-ti-ke — rad. stalactite). Hist. nat. Qui ressemble à une stalactite.

STALAGMIE s. f. (sta-la-gmî — du gr.

slalagma, stalagmite). Moll. Genre de mollusques acéphales, de la famille des cardiacées.

STALAGMITE s. f. (sta-la-gmi-te — gr. stalagma; de stalazein, couler goutte à goutte). Miner. Concrétion pierreuse qui se forme en mamelons sur le sol des cavités souterraines, par l'accumulation des sels calcaires contenus dans les eaux qui dégouttent de la voûte.

— s. m. Bot. Genre d'arbres, de la- famille des clusiacées ou guttifères, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Inde.

— Encycl. Miner. L'eau de pluie qui filtre à travers les fissures des grottes calcaires arrive le plus souvent chargée d'acide carbonique libre; elle dissout une quantité notable de carbonute de chaux, puis vient s'évaporer goutte à goutte et perdre peu.à peu son acide aux parties les plus basses des voûtes, où elle dépose le calcaire sous forme de girandoles. Les concrétions pierreuses qui se forment ainsi aux voûtes des grottes portent, le nom de stalactites. La texture de ces carbonates est parfois laraelleuse ou rayonnée, mais elle est le plus souvent fibreuse. Il arrive fréquemment que l'eau qui découle des parois supérieures ne s'évapore qu'en partie avant de tomber sur le sol, où l'évaporation continue, ainsi que le dépôt de calcaire. Ces nouvelles concrétions ont elles-mêmes la texture fibreuse et rubanée dans le sens perpendiculaire aux. sections horizontales; ou les désigne sous le nom de stalagmites. Quelquefois les calcaires, déposés de cette manière pendant de longues années à l'intérieur des cavernes, constituent de véritables colonnes par la jonction qui se produit entre

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les stalactites et les stalagmites superposées. Ces colonnes, évasées à leurs extrémités et resserrées le plus généralement au-dessous du milieu de leur hauteur, sont formées par la réunion des troncs de cône calcaires accolés par leurs petites bases.

Dans le plus grand nombre des cas, les fibres des stalagmites sont déliées et la chaux, carbonates présente un aspect nacré et soyeux ; parfois elles sont colorées en jaune clair par la présence d'un peu d'hydrate de fer. Lorsque ces carbonates fibreux se partagent en zones successives de couleurs légèrement différentes, ils constituent l'albâtre calcaire ou oriental. Ils sont, en général, doués d'une assez grande dureté et susceptibles d'un beau poli.

Dans certaines cavernes, les stalagmites alternent avec des dépôts d'alluvion. Le docteur Buckland a remarqué, dans les différentes grottes qu'il visita en Allemagne, que de faibles croûtes de calcaire fibreux, déposé par évaporation, recouvrenedes dépôts de limon et de sable mêlés de cailloux roulés et de fragments anguleux de roches calcaires. Ce phénomène ne s'est pas produit dans les cavernes de l'Angleterre, mais on en a retrouvé des exemples en Belgique, et le docteur Schmerling a visité une grotte, près de Liège, où des magmas de limon et de cailloux quartzeux alternent avec trois lits distincts de stalagmites, qui renferment tous trois des débris d ossements de quadrupèdes. Le docteur Buckland a expliqué ce phénomène en faisant remarquer que les eaux provenant des diverses inondations qui sont capables d'entraîner des fragments de roches peuvent aussi se frayer un passage souterrain et déchirer les couches alternantes de stalagmites et d'alluvion formées précédemment, pour venir déposer leurs dépouilles à la surface. Il peut se faire aussi que, « dans ces grottes ouvertes pendant des laps de temps indéfini, dit sir Lyeli, les espèces qui habitent une région donnée subissent pendant ces intervalles de très-grandes modifications, et qu'ainsi les débris d'animaux appartenant à des époques très-différentes se trouvent mélangés dans une tombe commune. »

On peut observer à Cuba, dans le nord de l'Ile, un exemple très-curieux d'une formation récente de calcaire stalagmitique , dont Taylor a donné la description. Le sol est formé, dans ces grottes, de calcaire saccharoïde, analogue au marbre blanc , mais fissuré , dans lequel les cavités sont remplies d'un calcaire rouge. Ce dépôt renferme huit ou neuf espèces de coquilles terrestres et même des univalves marines entraînées par des crabes à l'intérieur de ces cavernes ; en même temps, l'eau qui s'infiltre à travers la montagne dépose du calcaire fibreux sur ces coquilles et sur les fragments de marbre qui se détachent de la voûte.

STALAGMITIQUE adj. (sta-la-ghmi-ti-ke — rad. stalagmite). Hist. nat. Qui ressemble aux stalagmites : Concrétions stalagmiti- QiffiS. Sous le revêtement stalagmitique, le sot des cavités souterraines offre fréquemment des dépôts limoneux et ferrugineux. (L, Figuier.)

STALAGMITIS s. m. (sta-la-gmi-tiss). Bot. Syn. de stalagmite : L'arbre auquel on donne particulièrement le nom de stalagmi- T18 est fort peu connu, (T. de Berneaud.)

STALAGMOMÈTRE s. m. (sta-la-gmo-mètre — du gr. stalagmos, goutte ; metron, mesure). Chim. Instrument destiné à mesurer le volume des gouttes.

— Encycl. Le stalagmomètre est un instrument imaginé par Guthrie. Une goutte peut être définie une masse plus ou moins petite et sphérique de matière liquide qui se sépare d'uue masse plus grande pat l'effet de la pesanteur. Cette définition est absolument nécessaire parce que le terme général goutte est souvent appliqué à toute une variété de matières liquides qui n'ont rien de commun que la forme avec les gouttes véritables, dont elles s'éloignent par leur origine ou par leur condition.

Les circonstances que l'on doit considérer dans la formation des gouttes sont : io la substance d'où la goutte tombe ; 20 la substance aux dépens de laquelle la goutte se forme; 3° le milieu dans lequel elle prend naissance. Si la goutte se forme au sein d'un liquide moyennement plus dense que la goutte, elle monte à la surface. Si le fluide qui forme la goutte est un gaz et que le milieu soit liquide, la goutte devient une bulle. Il n'y a donc aucune différence entre le mode de formation d'une bulle et le mode de formation d'une goutte, et par conséquent la même loi doit présider à la formation de l'une et de l'autre.

Les facteurs que l'expérience démontre devoir être pris en considération dans la détermination du volume des gouttes, dans le cas où c'est un liquide qui se détache en gouttes d'un solide au sein d'un milieu gazeux, sont les suivants :

îo L'espace de temps dans lequel lagoutto se produit, ou temps de croissance de la goutte gt; 2° la quantité et la nature chimique du solide que tient en solution le liquidu qui fournit la goutte ; 3» la nature chimique du liquide; 4<> le volume et la forme de lu

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partie de l'appareil d'où la goutte se détache ; 50 la nature chimique de la substance qui constitue cet appareil; 6° la température à laquelle la goutte se produit.

Dans le cas d'un liquide qui forme des gouttes dans un milieu liquide on doit ajouter les. facteurs suivants : 7° la nature chimique du liquide qui sert de milieu; 8° la densité de ce liquide.

Le stalagmomètre est formé de deux parties : la première de ces parties produit un courant très-uniforme du liquide qui s'égoutte; la seconde recueille et mesure ou pèse un nombre donné de gouttes formées

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dans des conditions variables. On trouvera les détails de ces expériences dans les Proceedings of the Royal Society (t. XIII, p. 444 et 457, et t. XIV, p, 22), Voici les lois que M. ..Guthrie a déduites des expériences faites avec son instrument.

— I. Lorsqu'on liquide se détache en gouttes d'un solide dans un milieu gazeux.

1» Le volume de la goutte dépend du temps qu'elle met k se former. Ordinairement, plus rapide est la succession des gouttes, plus grand est leur volume ; plus lente est la succession, plus petit est le volume. Exemple :

Volume d'une goutte d'huile de noix de coco, gt = 0,5" 80,17 Volume d'une goutte d'huile de noix de coco, gt = 12,0" 52,00

2" Le volume de la goutte dépend de la nature et de la quantité de la substance solide que le liquide tient en solution. Si le liquide et le solide ne sont pas chimiquement combinés l'un à l'autre, le volume de la goutte diminue d'ordinaire, à mesure qu'augmente la proportion du solide renfermé dans le liquide.

3° La grosseur de la goutte dépend de la nature chimique du liquide qui la fournit, et ne dépend pus ou presque pas de sa densité, ce qui s'explique, l'augmentation de densité se compensant par un accroissement de cohésion. De tous les liquides examinés, l'eau est

i les goût-

celui qui donne les gouttes les plus fortes, et l'acide acétique est celui qui donne " tes les plus faibles.

L'eau = 148,2

La glycérine = 102,8

L'acide butyrique = 58,0

Le mercure = 57,9

La benzine = 55,2

L'essence de térébenthine = 50,1

L'alcool = 49,6

L'éther acétique = 46,4

L'acide acétique = 43,0

4» Le volume des gouttes dépend de la relation géométrique qui existe entre le solide et le liquide. Si le solide est sphérique, les plus larges sphères sont celles qui fournissent les plus grosses gouttes. Les gouttes qui s'écoulent d'une surface plane sont les plus grosses. Une différence absolue de rayon produit plus d'effet sur le volume des gouttes formées aux dépens d'un liquide contenu dans une petite sphère que sur celles qui se forment aux dépens d un liquide contenu dans une grande sphère, ce qui s'explique, la différence relative étant plus grande dans le premier cas que dans le second. Avec un plan circulaire, dans certaines limites vers le volume minimum, le volume des gouttes varie avec la grandeur du plan. Le volume des gouttes d'eau s'écoulant :

d'une sphère d'un rayon infini. . = 26,5

— — de 113,1 = 24,8

— — de 47,2 = 22,0

— — de 10,0 = 14,3

— — de 7,1 = 12,8 d'un disque d'un rayon de . . 5 = 16,3

.— — de . . 4 = 14,9

— — de . . 3 = 9,6

— — de . . 2 = 7,3

— — de. . 1 = 4,1 50 La grosseur des gouttes dépend de la

nature chimique du solide d'où la goutté tombe, et ne dépend pas ou presque pas de sa densité. De tous les solides examinés, l'antimoine est celui qui donne les gouttes les plus petites, et l'étain est celui qui fournit les gouttes les plus volumineuses. Voici le résultat de quelques expériences. Le volume d'une goutte d'eau se détachant :

d'un appareil en antimoine. . = 119,8

— en soufre . . . . = 120,2

— en cadmium. . . = 121,8

— en zinc = 122,4

— en plomb. . . . = 122,6

— en phosphore. . = 122,7

— en bismuth . . . = 122,8

— en étain . . . . = 124,2

60 Le volume de la goutte dépend de la température. Ordinairement, il est d'autant moindre que la température est plus élevée. Le volume d'une goutte d'eau :

à la température de. . 200,4 = 132,6

— de. . 300,6 = 130,6

— de. . 400,3 = 129,8 — II. Lorsqu'un liquide se détache en

GOUTTliS D'UN SOLIDE AU SEIN D'UN AUTKE LI- QUIDE. 7» Le volume de la goutte ne dépend pas seulement de la densité du milieu et des différences qui en résultent entre le poids du milieu' et le poids du liquide qui s'égoutte.

8" S'il ya deux liquides A et B qui, s'écoulant dans l'air dans des conditions analogues, fournissent, le liquide A des gouttes plus grandes et le liquide B des gouttes moindres, et si l'on fait couler un troisième liquide C successivement à travers A et à travers B, la goutte de ce nouveau liquide sera plus volumineuse lorsqu'elle se formera au sein du liquide A que quand elle prendra naissance au sein au liquide B.

90 Si le volume de la goutte de A dans B est plus grand que le volume de la goutte de A dans C, le volume de goutte d'un quatrième liquide D sera également plus considérable à travers B qu'à travers C.

100 Si l'on fait tomber un liquide A dans les mêmes conditions et successivement à

j travers deux liquides B et C, puis à travers I un mélange de B et de C, on remarque qu'il I forme dans le mélange des gouttes dont le I volume est intermédiaire entre ceux des gout- ! tes qui se forment au sein des deux liquides | séparément. Il est probable que cela cesserait d'être vrai si les deux liquides exerçaient J une action chimique l'un sur l'autre, ce qui : fournirait un moyen de déterminer dans ceri tains cas s'il y a ou non action chimique. Plus le rapport de B à C est grand dans le mélange, plus le volume de la goutte se rapproche de ce qu'il serait dans B seul, et plus ce rapport est faible, plus le volume approche de ce qu'il serait dans C pur.

il» Le volume de goutte de tout mélange de deux liquides A et B s'écoulant à travers un troisième liquide C est intermédiaire entre le volume de A dans C et de B dans C. Plus la proportion de A est considérable dans le mélange, plus le volume sa rapproche de ce qu'il serait avec A pur; et plus la quantité de A est faible, plus le volume se rapproche de ce qu'il serait avec B pur. Cela est vrai aussi bien dans le cas où le liquide médium est plus lourd que dans celui où il est plus léger que le mélange qui s'écoule.

120 Si un liquide X a un volume de goutte plus grand qu'un autre liquide Y dans un troisième liquide Z, le liquide Z donne des

touttes plus grandes au sein de X qu'au sein e Y.

130 Si un liquide X a un volume de goutte plus grand dans l'air que dans un liquide Y, le volume de goutte de X à travers Y est plus grand quo le volume de goutte de Y à travers X.

140 Si le volume de goutte Xdans l'air est plus grand que le volume de goutte de Y, et que le volume de goutte de Y soit plus grand que le volume de goutte de Z, le rapport entre le volume de goutte de X dans un mélange de Y et de Z et le volume'de goutte de ce mélange de Y et de Z à travers X acquiert la valeur maximum lorsque, dans le mélange, le rapport de Y à Z est égal à l'unité.

Les loi3 10 et 11 peuvent être appliquées ti l'analyse quantitative. Ainsi, un mélange de benzine et d'essence de térébenthine donne lieu à des gouttes plus ou moins volumineuses d'eau suivant la proportion de ses constituants ; et l'on peut ainsi, au moyen du stalagmomètre, reconnaître des différences de 1 centième dans la composition du liquide.

Le terme bulle est appliqué, lui aussi, d'une manière commune à une série de choses trèsvariables. Nous en avons donné la définition vraiment scientifique en nous occupant des gouttes.

Dans la mensuration du volume des gouttes on trouve que la pression barométrique n'a, à peu près, aucune action. Dans la mesure du volume des bulles, la pression barométrique devient, au contraire , un facteur important. La température exerce aussi une plus grande influence sur les bulles que sur les gouttes. Les points les plus intéressants dans l'étude du volume des bulles sont ceux qui ont trait aux modifications dans la nature chimique du gaz et du liquide au sein duquel la bulle s'élève. Les principaux résultats obtenus jusqu'à ce jour relativement aux volumes des bulles sont les suivants :

^ 150 Le volume des bulles d'un même gaz s'écoulant dans les mêmes conditions varie avec la nature du liquide au sein duquel l'écoulement a lieu.

160 Si le volume des bulles d'un gaz est plus grand dans un liquide A que dans un liquide B, son volume de bulles dans tout mélange de A et de B sera intermédiaire entre son volume de bulles dans A et dans B séparément. Cette loi est tout à fait analogue à la loi 10. Le grand rapport qui existe entre les bulles et les gouttes est, en outre établi, par la loi suivante.

170 Si le liquide A présente un volume de goutte plus grand que te liquide B en tombant à travers le gaz C, le gaz C en s'élevant eu bulles k travers le liquide A donne des bulles plus grandes qu'en s'élevant à travers le liquide B.#

Les lois que nous venons de résumer n'ont pas encore reçu d'application, mais il est certain qu'elles en recevront, tôt ou tard, d'importantes au point de vue de la mécanique moléculaire.

STALAGMOSOME s. m. (sta-la-gmo-zo-me — du gr. stalagmos, goutte; soma, corps). Entom. Genre d'insectes coléoptères peatamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées mélitophiles, formé aux dépens

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des cétoines, et comprenant deux espèces, qui habitent la Russie méridionale et la Nubie

STALBENT (Adrien van) , peintre d'Anvers, né en 1580, mort dans la même ville en 1662, suivant d'autres en 1660. Aprèsavoir acquis delà réputation dans sa patrie comme peintre de paysages, il fut appelé en Angleterre par Charles II et travailla pendant plusieurs années à la cour de ce prince. Il revint ensuite en Hollande. Sa Vue de Greenwich passe pour être son chef-d'œuvre. On cite aussi, parmi ses tableaux : le Jugement de Midas et le Banquet des dieux, dans la galerie de Dresde; Vevtumneet Pomone, dans le château royal de Berlin; la Consécration, à Fruncfort-Sur-le-Mein. On a aussi de lui' une gravure à l'eau-forte représentant les Ruines d'une grande abbaye d'Angleterre, autour de laquelle on voit de nombreux troupeaux (in-tbl. en travers).

STALENS (Jean), théologien belge, né à Calcar en 1595, mort à Iievelaeren en 1681. Nommé chanoine et curé de Rees, il eut de nombreux démêlés avec les calvinistes et donna sa démission pour entrer dans la congrégation de l'Oratoire. Ses principaux écrits sont : Papissa rnonstruosa et niera fabula (Cologne, 1639, in-lï) ; Peregrinus ad laça sancta (Cologne, 1639. in- 12); Synlagma controversiarum fidei; Traité de ('eucharistie.

STAI.1MÈNE, lie de l'empire ottoman, dans l'Archipel, en face de Tonéilos et du mont Athos, à 105 kilom. O. de la côte d'Anatolie. Elle mesure 60 kilom. de longueur du N. au S., sur 24 kilom. de largeur de l'E. à l'O.; 11,000 hab. C'est la Lkmnos des anciens. V. ce mot.

STÀLLBAUM (Godefroi), philologue allemand, né à Zaach, près de Delitsch, en 1793, mort en 1861. Il lit ses études à Leipzig et s'établit en 1817 comme privat-docent à Halle. En 1835, il fut appelé à la direction du célèbre collège de Saint-Thomas, à Leipzig, et, à partir de 1840, il occupa une chaire à l'université de la même ville, Stallbaum, qui fut un des premiers hellénistes allemands, a publié plusieurs éditions des Dialogues de Platon, dont la première parut à Leipzig de 1821 a 1825, en 12 volumes; mais la plus complète et lajdus commode à consulter est l'édition qui fait partie de la grande collection des classiques grecs, publiée à Gotha (1827 et suiv.j-sous la direction de Jacobs et Rost. Les notes explicatives, en latin, sont excellentes, et le texte est établi d'après les meilleurs manuscrits. Quelques dialogues ont aussi été publiés à part, avec des commentaires encore plus complets, par exemple le Parménide (1839), qui est précédé d'un résumé de l'histoire de la philosophie grecque avant Platon (Prolegomen. libri I V) et suivi des explications de Proolus. On doit encore à Stallbaum des éditions du Commentaire d'Eustathe sur ffomére (1825-1830, S vol.) , de l'Institutio tinguz latins de Ruddimunn (1832, 2 vol.) et du Térence de NVesterhof (1830-1831, 6 vol.). Stallbaum n'était pas seulement un érudit ; c'était aussi un pédagogue fort habile et un musicien distingué. Sous ces deux rapports, il s'est fait connaître par divers écrits d'un but tout pratique; ainsi, notamment, par une brochure Sur l importance de l'éducation musicale de la jeunesse et son râle dans les collèges (1842) et par un article Sur l'enseignement du grec et du latin dans les gymnases (1846), Enfin, profondément attaché à l'établissement d'instruction secondaire qu'il dirigeait, il en a écrit l'histoire, fort intéressante à cause des professeurs et des élèves qui ont illustré l'école Saint-Thomas (Leipzig, 1839).

STALLE s. f. (sta-le — du germanique : ancien haut allemand stal, lieu, place, poste, situation, séjour, demeure: ancien allemand stal, stall, anglo-saxon stal, steal, Scandinave statlr, de l'ancien haut allemand Stella», staljan, gothique staldan, allemand slellen, placer, mettre, qui représentent le sanscrit sthalay, fixer fortement, faire tenir fortement, causatif de la racine sthal, se tenir fortement, qui est alliée à ta grande racine sthd, tenir, et qui a produit aussi le sanscrit sthala, lieu, site. Le français stalle est le même mot que estai, qui se disait dans l'ancienne langue avec le sens de place, position, situation, séjour, demeure, siège, tribunal, etc. Dans la basse latinité, stallum ou stallus se prirent dans un sens restreint, pour la place que chaque moine ou chaque chanoine occupait dans le chœur d'une église, une stalle. Ce mot était autrefois masculin). Chacun des sièges de bois qui sont autour du chœur, dans une église, et dont le fond se lève et se baisse : Occuper une stalle. Les stalles basses. Les stalles hautes. (Acad.)

— Théâtre. Siège isolé et numéroté : Un rang de stalles. Stalles de première, de seconde galerie. Stallk d'orchestre, w Billet de stalle : Acheter une stallk. Vendre sa

6TALLB.

— Manège, Compartiment pour un cheval, séparé par des demi-cloisons des compartiments contigus.

— Encycl. Archit. Les stalles , dans les premières basiliques chrétiennes, étaient taillées en pierre ou en marbre; on en voit encore aujourd'hui quelques-unes de ce genre dans les anciennes églises d'Italie ; en France, la rigueur du climat ce permettant x»as lu-

STAL

sage de sièges aussi froids, on adopta le bois pour leur construction et on en fit de véritables chefs-d'œuvre de menuiserie. Les plus anciennes stalles que nous possédions ne sont pas antérieures au xm» siècle; mais quand on les étudie, on remarque que depuis cette époque leur disposition n'a pas changé; il est probable que ce qui nous reste du xiiie siècle n'était que la copie de ce qui se faisait auparavant,curleursformes arrêtées, exemptes de tout tâtonnement, ne peuvent être que la conséquence d'une longue tradition. Les stalles de bois se composent d'Un dossier ou dorsal assez élevé et terminé à sa partie supérieure par une saillie en forme de dais ; d'accoudoirs ; d'une tablette servant de siège, tournant sur charnières ou pivots, et sous laquelle est fixée une console appelée miséricorde ou patience, qui permet de s'asseoir tout en paraissant être debout. Devant cha-

?ue stalle est un prie-Dieu. Lorsque les States sont établies sur deux rangs, on les divise en stalles hautes et en stalles basses. Les premières sont pour les chanoines et les religieux, et les secondes pour les membres inférieurs du clergé ou de la congrégation; dans ce cas, le prie-Dieu des stalles hautes sert de dossier aux stalles basses"; celles-ci reposent directement sur le sol, tandis que celles-là sont surélevées de deux ou trois marches au-dessus du pavé du chœur, afin de permettre aux personnes qui y sont placées de voir le sanctuaire. Pour y arriver facilement, on ménage dans les stalles basses des coupures appelées entrées.

Les dimensions des stalles, ainsi que leur construction, ayant peu changé depuis leur création et étant d'ailleurs soumises à certaines règles invariables, déduites des proportions moyennes du corps humain, nous donnons avec Rondelet les détails suivants sur leur établissement. Les divisions des stalles sont formées par des espèces de consoles doubles, appelées parcloses, dont le dessus sert d'appui. Les menuisiers désignent ces sortes d'accoudoirs sous le nom de museaux, à cause de leur forme singulière; on donne lm,05 de hauteur à ces accoudoirs, afin que l'assistant puisse s'y appuyer en étant debout. La largeur de chaque stalle, mesurée du milieu d'un museau à 1 autre, varie de 0m,595 à 0'°,676; la première de ces dimensions n'est guère admissible que pour les chœurs de religieuses. Les stalles de Notre- Dame de Paris, qui sont très-commodes, ont 0m,650 de largeur du milieu d'un museau à l'autre. La hauteur du dessus du siège mobile doit être, lorsqu'il est baissé, de on», 450. Lorsqu'il est levé, la hauteur du dessus du cul-de-lampe, appelé patience ou miséricorde, doit être de 0m,700. Les appuis qui terminent le fond des stalles sont des pièces d'environ om,054 d'épaisseur, formant couronnement des deux cotés, lorsque les stalles sont isolées. Lorsque les stalles du haut ne sont pas isolées et qu'il se trouve un lambris au-dessous, la largeur de cette pièce est d'environ Oro.lOS; si L'appui est isolé, on lui donne 0111,135 de largeur. On donne à l'appui des stalles basses, qui sont toujours isolées, O™, 160 à 0m,190 de largeur, afin qu'on puisse y déposer un livre. Les museaux qui s'assemblent dans ces appuis ont 011,160 dans leur plus grande largeur et om,095 dans la plus petite, avec la même épaisseur que les appuis. Le profil usité pour les museaux est une forte astragale par le haut et par le bas, avec un talon et un filet saillant qui se raccorde avec celui que l'on réserve sur les appuis. Les appuis s'assemblent à rainures et languettes avec les dossiers des stalles et le double lambris qui est derrière. Les parties formant museau s'assemblent avec les appuis et les parcloses ou doubles consoles qui formeut les séparations des stalles, en coupes avec tenons, mortaises, rainures et languettes de 0m,018 à 0m,022 de largeur. Les parcloses se font chantournées sur le devant, en deux pièces sur la largeur, pour former la profondeur des stalles; on y emploie des membrures ou des bois de 0m,054 d'épaisseur assemblés à rainures, languettes et clefs; par le haut, on leur fait porter deux tenons réunis par une languette de 0m,018 à 0m,022 d'épaisseur, afin de s'assembler plus solidement avec le dessus formant museau; par le bas, la pièce joignant le dossier porte un tenon passaut, qui traverse le sommier formant le fond du siège. Dans la largeur de ce tenon passant on pratique une mortaise de om,013 à 0m,0l8 de large, dans laquelle on fait entrer une clef pour joindre la parclose sur le sommier et la fixer solidement. Les sommiers, comme on le voit, sont des pièces sur lesquelles s'assemble le fond des parcloses; elles sont rainées en dessus pour recevoir le dossier et en dessous pour le soubassement des sièges. Cette pièce porte sur le devant une feuillure de 0m,029 à o-^OSl, sur 0m,018 de largeur pour les sièges mobiles qui se fer- { rent dessus. Ces derniers se font avec des planches unies de 0>a,270 de largeur sur 0^,029 à 0m,031 d'épaisseur; leur longueur est déterminée par la largeur des stalles, en laissant environ 0IO,002 de jeu. La saillie delà : miséricorde qui forme le faux siège est de ; 0"i,135 à 0m,145, sur om,487 de longueur et 0^,270 à 0°»,297 de largeur ou hauteur, prise | dans le milieu. Le dessous est orué de mou- ' lures avec des ornements de sculpture sur j le cul-de-lampe, qui est apparent lorsque le siège est levé. Le dessus de ces faux sièges '

STAL

doit plutôt pencher en avant lorsqu'ils sont levés, que d'être de niveau, et ils ne doivent jamais pencher en arrière. On évite d'orner les dossiers des sièges de panneaux à grands cadres, pour ne pas blesser le dos et lie pas couper le linge des ecclésiastiques. Quelquefois, au lieu des panneaux renfoncés , on forme des panneaux saillants, dont les arêtes sont arrondies dans le genre des coussins dont on garnit le dos des fauteuils. Les soubassements des stalles se font avec de petits panneaux embrevés dans des patins et le dessous du sommier entre les deux consoles. Les patins sont des espèces de plinthes de 0m,054 de hauteur, sur autant d'épaisseur, qui servent de base à tout l'ouvrage; ils régnent dans toute la longueur et sont rainés par-dessus pour recevoir le soubassement. Au bas de chaque console, on assemble de petits patins saillants de 0m,108, que l'on garnit de moulures poussées à bois debout. Lorsqu'on établit deux rangs de stalles l'un' au devant de l'autre, les stalles hautes doivent être élevées de 0m,350 à 0™,380 au-dessus des stalles basses, afin que les sommiers de ces dernières posent sur Je bord du plancher supérieur pour les empêcher de se déverser en arrière. La largeur du plancher du bas ou marchepied, lorsqu'on élève les stalles basses au-dessus du sol, doit être de Om,485 au moins, prise du nu de devant des stalles, à moins toutefois que l'on ne soit gêné par la largeur. Les stalles du haut doivent être espacées de manière qu'il y ait 1 mètre de passage entre elles et celles du bas; ainsi le plancher aura l mètre de largeur, plus ce qui est caché sous les armoires qui sont derrière les stalles du bas et la saillie de celles du haut, ce qui fait environ l'a, 650 de largeur. Les stalles se posent sur un bâti de charpente, ou pour mieux dire de grosse menuiserie. Les bois de ce bâti doivent avoir 0m,108 en carré au moins, pour les pièces principules; les solives ou lambourdes qui portent les planchers peuvent être plus minces, pourvu que, posées de champ, leur hauteur soit la même. Ce bâti est porté par d'autres pièces placées sur le pavé et dans lesquelles vont s'assembler les montants qui soutiennent le bâti du plancher. Les artistes du moyen âge ont déployé un grand luxe d'ornementation dans la composition des stalles; ils nous ont laissé quelques spécimens très- remarquables de ces oeuvres de menuiserie, parmi lesquels il faut cher les stalles do la chapelle de Notre-Dame-de-la- Roche (Seine-et-Oise), de la cathédrale de Poitiers et de l'église de Saulieu. Ces boiseries, qui datent du milieu du xvniE siècle, étaient surmontées d'un dais très-peu saillant, composé d'an madrier formant soffite inclinée. A partir de la fin du xm& siècle, les dais prennent plus d'importance; peu à peu ce plafond devient plus saillant, est porté sur des corbeaux, s'arrondit en voussure, puis se dispose, à la fin du xvs siècle, en autant de petites voûtes qu'il y a de sièges. Ces dais sont alors enrichis d'armoiries, de clefs, de nervures et d'arcatures suspendues au droit de la plus forte saillie des sièges; les jouées se couvrent de sculptures ajourées. D'après M.Viollet-le-Duc, il n'existe plus en France d'exemples assez complets de stalles de l'époque de transition entre le xitK et le xve siècle ; pour en trouver, il faut pénétrer dans les églises construites sur les bords du Rhin et en Allemagne, entre autres dans celle de Saint-Géréon, à Cologne, et dAnellau, dont les belles stalles datent du xivo siècle. Les exemples des stalles des xve et xvi« siècles sont assez fréquents en France ; on peut admirer celles de l'église de Flavigny (Côte-d'Or); de l'ancienne abbaye de Saint -Claude (Jura) [ces dernières ont été exécutées par Jehan de Viéry en 1455] ; du chœur de la cathédrale d'Amiens (au nombre de cent seize ; ces stalles ont été faites de 15C8 a 1522 par deux maîtres menuisiers, Alexandre Huet et Arnoult Bouilin, sous la direction de Jean Turpin, et par le tailleur d'images Antoine Avernier ; leur prix de revient total a été de 11,230 livres 5 sols; d'après M.Viollet-le-Duc, ces stalles coûteraient aujourd'hui plus de 500,000 francs) ; du chœur de la cathédrale d'Auch (commencées en 1520 et terminées en 1546); des cglises de Saint- Bertrand deComininges (Haute-Garonne), de Montréal (Yonne), qui datent du XVIe siècle, etc.

STALLCPŒNEN, ville de Prusse, dans la province de Prusse, régence et à 26 kilom. E. de Gumbinnen, chef-lieu du cercle de son nom, non loin de la frontière de Russie; 3,018 hab. Fabrication de toiles-, commerce de bétail. Bureau principal de douane,

STALPART VANDER WJEL (Corneille), médecin hollandais, né en 1620, mort à La Haye en 1699. Il exerça la médecine et l'art des accouchements dans cette dernière ville. Nous lui sommes redevables d'un recueil de cent cinquante observations, contenant un grand nombre de faits curieux tirés de la pratique de l'auteur, et l'indication de faits analogues puisés dans une foule d'ouvrages. Quelques-unes de ces observations out engagé Stalpait à faire sur divers sujets des dissertations, en général remarquables par l'érudition de l'auteur et par les réflexions judicieuses qu'il y a placées. L'ouvrage de Stalpart, publié d'abord en hollandais, en 1666, Fut depuis traduit sous ce titre : C. Stalpar-

STAM

Uni Vander Wiel medici Hagiensis obseruationum rariorum medico-anatomico-chirurgicarum centuria prior; accedit de uniconw dissert atio (Leyde , 1687, 2 vol. in-8°); ce recueil a été aussi traduit en français par Planque et a pour titre : Observations rares de médecine, d'anatomie et de chirurgie (Paris, 1758,2 vol. in-12).

STAMATY (Camille-Marie), pianiste et compositeur français, né à Rome en 1811. Son père était consul de France à Civita-Vecchia; sa mère, excellente musicienne, lui donna de bonne heure le goût de la musique et, devenue veuve en 1818 , l'amena en France.

M. Stamaty fit ses études classiques à Dijon, puis à Paris, devint à dix-sept ans bachelier es lettres et entra comme employé, en 1828, à la préfecture de la Seine. Pendant le cours de ses études, il avait appris le piano et la composition. Son professeur, Fessy, l'encouragea à se livrer sérieusement à l'étude du piano, et, en 1830, Kalkbrenner lui donna des leçons. Trois ans plus tard, ii suivit les Cours du Conservatoire, où il eut pour maître Reicha. En 1835, M, Stamaty se fit entendre pour la première fois en public dans un concert, où il joua un concerto de sa composition. L'année suivante, il se rendit eu Allemagne, se lia avec Mendelssohn et Schuinann, étudia les œuvres de Mozart, de Bach, de Beethoven, puis revint à Paris, où il a donné depuis lors presque chaque année des concerts et s'est établi comme professeur de piano. M. Stamaty a été nommé, en 1862, chevalier de la Légion d'honneur. Nous citerons, parmi ses productions : des Eludes musicales, des Etudes pittoresques, des Etudes progressives; ses Concertantes, études progressives; des Thèmes variés, des Fantaisies, des Romances, des Souvenirs, des Concertos, des Sonates; une Marche hongroise, la Sicilienne, la Savoyarde , la Sérénade espagnole, la Gigue écossaise, Rondo-Caprice, la Chasse au cerf, etc.

STAMBOUL et quelquefois fSTAMBOUL, nom donné par les Turcs à la ville de Constantinople. Le nom de.Stainboul s'est formé de la manière la plus singulière; voici comment. Les Grecs du Bas-Empire, asservis après la prise de Constantinople par Mahomet II, ont toujours entendu par «la ville par excellence «(en grec, itéli;, ville) la capitale de l'empire, de même que l'habitant de la campagne romaine par Ôrbs entendait Rome. En se rendant à Constantinople, les Grecs disaient : Je vais à la ville (riç -ri)v ndlw»). Or, les Turcs, entendant les Grecs désigner ainsi la ville de Constantinople, et n'ayant, comme les Arabes, point de jp dans leur langue (Jes labiales p et A d'ailleurs étant deux lettres que quelques peuples permutent aisément) , les Turcs, disons-nous, crurent que les Grecs désignaient' par eis tên polin ou eis tan polin la ville de Constantinople, et que c'était là un de ses noms, et s'accoutumèrent à l'appeler, en réunissante! en abrégeant ces mots, Js-tam-bol,tl'oii sont venues les trois formes Stambol, Stamboul et /Stamboul, dernier nom qui est le plus conforme à la puruté primitive de la langue grecque des meilleurs temps.

STAMBRUGES, bourg de Belgique, province de Hainaut, arrond. et à 29 kilom. E. de Tournai; 2,207 hab. Importante exploitation de grès et de calcaire ; fabrication considérable de gros lainages.

STAMETTE s. f. (sta-mè-te). Comm. Sorte de serge qui se fabriquait anciennement en Hollande et en Belgique, et que l'on employait habituellement pour la confection des vêtements.

STAMFORD, ville d'Angleterre, dans le comté et à 60 kilom. S. de Lincoln, sur la rive gauche du Welland : 8,201 hab. Ecole latine, commerce actif de bois, d roc fie, houille, pierre & bâtir. C'est une ville très-ancienne, qui possédait autrefois quinze églises, dont il ne reste plus que six, bien bâties à la vérité, mais ne renfermant rien de remarquable. Stamford possède un bel hôtel de ville, un théâtre et un hôpital ; il y avait autrefois une université qui a été réunie à celle d'Oxford. Aux environs, on voit la belle résidence du marquis d'Exeter, qui possède une des plus belles collections de tableaux du royaume.

STAMFORD, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Connecticut, à 64 kilom. S.-0. de New-Haven, dans Long-I.sland ; 5,000 hab. Belles forges et fonderie de fer.

STAMFORD • BRIDGE (WEST-), village d'Angleterre, dans le comté et à 12 kiloin. N.-E. d'York, sur le Derwent; 809 hab, Victoire d'Harold sur les Normands en 1066.

STAMFORD (Henri-Guiiiaurae de), littérateur allemand, d'origine hollandaise, né à Bourges en 1742, mort à Hambourg le 1S mai 1807. A l'époque de la guerre de Sept ans, il entra comme lieutenant au service du duc de Brunswick. Il quitta l'armée, devint en 1769 professeur de langue française et de géométrie pratique à l'école d'Ile i'eld, puis, en 1775, chargé d'un cours de sciences militaires pour les officiers du régiment du prince de Brunswick. Il servit ensuite en qualité de major dans l'armée prussienne, puis il passa au service de la Hollande, où il arriva au grade de lieutenant général. Après avoir pris sa retraite, il se fixa à Brunswick,.

STAN

On a de lui: Essai d'instructions pour apprendre au cavalier, en temps de paix, le service de campagne (Berlin, 1794, in-S°); plusieurs dissertations sur des sujets militaires, insérées dans les ouvrages périodiques qui traitent de ces matières ; des Poésies-, dan3 le Mercure allemand de Wieland et VAlmanach des Muses de Gcettingue (à partir de 1775) et des Poésies posthumes, avec préface et notice sur l'auteur (Hanovre, 1808, in-8°). '

STAM FORD RAFFLES , orientaliste anglais. V. Raffles.

STAM1NAIRE adj. (sta-mi-nè-re) . Bot.

Syn. de staminal, alb.

STAMINAL, ALE adj. (sta-mi-nal, a-Ie — du lat. stamen, étamine). But. Qui appartient ou qui se rapporte k l'étamine : Filets

STAMINAUX.

STAMINÉ, ÉE ftdj. (sta-mi-né — du lat.

slamen, étamine). Bot. Se dit des fleurs qui ne renferment que des étamines ou organes mâles.

STAMINETJX, EUSE adj. (sta-mt-neu, euze — du lat. slamen, étamine). Bot. Qui a des étninines longues et saillantes.

STAMIN1FÈRE adj. (stâ-mi-ni-fè-re — du lat. stamen, étamine; fera, je porte). Bot. Qui porte des étamines, qui ne porte que des étamines : Il est une multitude d'arbres el de plantes dont les fleurs staminifères et pisiillifères s'élèvent Sur deux pieds différents. (A. Martin.)

STAM1N1FORME adj. (sla-mi-ni-for-me — du lat. slamen, étamine, et de forme). Bot. Qui est en forme d'étamine.

STAMINODE s. m. (sta-mi-no-de — du lat. slamen, étamine, et du gr. eidos, aspect). Bot. Nom donné aux étamines latérales, le plus souvent rudimentaires, des orchidées, il Etamine incomplètement transformée en pétale.

STAMINO-PISTILLÉ, ÉE adj. (sta-mi-nopi-Stil-lé — du lat. stamen, étamine, et de pistil). Bot. Se dit des fleurs hermaphrodites, qui ont a la fois des étamines et des pistils.

STAMINULE s. f. (sta-mi-nu-le — dimin.

du lat. stamen, étamine). Bot, Etamine rudimentaire.

STAM1TZ (Chartes), compositeur allemand, né à Manheim en 1746, mort à Iéna en 1802. Musicien comme son père, Je:in-Charles (1719- 1761), et comme son oncle, Thadée (1721-1768), il étudia d'abord sous la direction paternelle, puis sous celle de Cannabich. En 1767, il fut attaché à la chapelle de Manheim. En 1770, il se rendit à Paris, où il se fit connaître comme un véritable virtuose sur le violon. Il entra au service du duc de Noailles. En 1785 , il revint en Allemagne et devint chapelain du duc de Hohenlohe- Schillingfùrst, Eu 1789, il vint à Casse!, donna des concerts, flt plusieurs voyages et, en 1794, se fixa à Iéna, où il mourut huit ans après. On a de lui : un opéra intitulé Dardanus, une opérette intitulée Der verliebte Normund et un grand nombre de petits morceaux de musique, symphonies, iiuartettos,ete. — Son frère , Antoine Stamitz , né à Manheim eu 1753, mort vers 1820, 1 accompagna à Paris en 1770, et on croit qu'il mourut dans cette ville. Ses compositions eurent beaucoup de succès à l'époque.

STAMPA (Gasparde), femme de lettres italienne, née a Parioue en 1524, morte en 1554. D'une famille distinguée, elle reçut une éducation toute virile, apprit le latin et le grec et s'adonna surtout à la poésie. Ses œuvres ont été imprimées par les soins de sa sceur Cassandre (Venise, 1554, in-8°).

STAM VM, nom latin ù'Etampes.

STAMPALIE, ï'Astypalée des Anciens, île de la Grèce moderne, dans l'Archipel, ran-

fée par quelques géographes dans le groupe es feporades, et par d'autres dans celui des Cyclades, entre l'Ile Amorgos au N.-O. et

.celle de Cos au N.-E. Superficie, 130 kilom. carrés; 1,500" hab. Forme très-irrégulière, coupée en deux parties par un isthme étroit ; sol montagneux et peu fertile. Elle fait partie de la nomarehie grecque des Cyclades. STAMPART (François), peintre hollandais,

. né en 1675, mort à Vienne en 1750. Il fut élève de Tyssens et prit pour modèles Van Dyck et de Vos. Ayant acquis de la réputation comme peintre dans son pays, il fut appelé à la cour de Vienne et reçut le titre de peintre du cabinet de l'empereur Léopold, titre que lui confirmèrent les successeurs do ce prince. Stampart eut une grande vogue à la cour dé Vienne. Sur la fin de sa vie, il se retira chez les frères minorités de cette ville STAMPE s. f. (stan-po). Miner. Intervalle d'une veine à l'autre, dans une mine.

STAMPFEN, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat et à 20 kilom. N.-O. de Presbourg, près de la March; 3,700 hab. Fabrication de draps ; himinerie de cuivre et de fer; carrière de marbre. Haras.

STANCARI (Francesco), célèbre théologien et unitaire italien, né à Muntoue en 1501, mortiiStobnitz en 1574. Banni d'Italie et d'Allemagne pour ses opinions, il se réfugia en Pologne, où il fut un des promoteurs de la Réforme, Après de longs démêlés avec Osiander, il fut condamné par plusieurs synodes. Son ouvrage le plus important pour la con-

STAN

naissance de son système est intitulé De Triititaleet mediatore Domino (Bâle, 1547, in-B°). Il était très-versé dans les lettres hébraïques.

STANCARI (Vittorio-Franeesco), mathématicien italien, né à Bologne en 1678, mort dans la même ville en 1709. A vingt-six ans, il était directeur de l'observatoire à Bologne, et il professa au collège des Nobles les mathématiques, la géographie et l'architecture militaire. On a de lui : Schedœ mathematiae (Bologne, 1713, in-40).

STANCARIANISME s. m. ( stan-ka-ri-ani-sme). Hist. relig. Doctrine de Stancari.

STANCARIEN, lEUHE s. (stan-ka-ri-nin, i-è-ne). Hist. relig. Partisan de la doctrine de Stancari.

STANCE s. f. (stan-se — italien stanza, d'un type latin stantia, arrêt, de slare, se .tenir, s arrêter). Littér. Période poétique formant un sens complet et suivie d un repos : La plupart des poèmes épiques italiens sont écrits en stances. La STANCE la mieux arrondie est celle dont le cercle embrasse une pensée unique. (Marmontel.) Si, à Venise, quelqu'un récite dans une barque une stance de la Jérusalem délivrée, labarque voisine lui répond par la stance suivante. (Volt.) Les stanci:s n'onf été introduites dans la poésie française que sous: le règne de Henri 111. (Sallcntiu.)

Les stances avec grâce apprirent a tomber, Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.

Boileau.

Or est passé ce temps où, d'un bon mot, Stance ou dizain, on payait son écot.

Mme DESilOULIÈRES.

— PI. Pièce de poésie composée d'un certain nombre de stances : Stances héroïques. De belles stancus. Faire des stanxes. Réciter des stances. (Acad.) D'Arnaud fait des stances à la glace, pour des beautés qu'on prétend être d la glace aussi. (Volt.) Il Stances irrégulières, Pièce de vers dont les stances diffèrent entre elles par le nombre ou la mesure des vers, ou par la disposition des rimes.

— Encycl. Dès les premiers temps de notre littérature, nos poètes se sont plu à composer 'des pièces de vers formées par une suite de stoices. Elles n'ont pas la vivacité, la gaieté de la chanson, ni les mouvements lyriques de l'ode. Que le sujet en soit grave ou enjoué , elles gardent toujours pour caractère principal la douceur et la tranquillité. Le nombre des vers de la stance dépend de la volonté du poëte; il varie entre quatre et dix. Pour la mesure des vers, la disposition et l'entrelacement des rimes, il n'y a d'autre règle que le goût. Mais, pour être régulières, tes stances qui se suivent doivent présenter même nombre de vers, même mesure et même disposition des rimes. Sans cette similitude, l'harmonie serait troublée, et l'oreille ne reconnaîtrait plus l'élégance ibylhmique qu'elle demande à ce genre de poésie. Les stances sont dites de nombre pair quand elles sont composées de quatre, de six, de huit ou de dix vers; elles sont de nombre impair quand elles ont cinq, sept ou neuf vers. On a dit que les stances ne se terminent jamais bien par une rime féminine; mais on trouvera cette assertion démentie chez plus d'un bon poëte.

Depuis longtemps, le titre de Stances, sans autre désignation, en tête d'une pièce de vers, est à peu près tombé en désuétude. Il était très-fréquent au xvio et au xvn« siècle. Quelques exemples choisis feront mieux connaître le ton et la forme de ce genre poétique. Nous ne citerons pas les stances si connues de Racan :

Tircis, il faut penser à faire la retraite... ; ni les stances du Cid de Corneille, ni celles du même A la marquise. Nous donnerons des passuges de stances plus généralement ignorées.

Amadis Jamin :

Pour estre bien aimée, il faut aimer aussi, C'est une antique loy par nature establie, Et de tout ce qu'on pense et qu'on désire icy, C'est la plus belle grâce et la plus accomplie. La dame qui ne suit cette divine loy Et conduit ses pensers, sans elle, à l'avanture. Outre qu'au nom d'ingrate elle expose sa foy, Fait un despit aux dieux et fasche la nature...

Philippe Desportes :

De toutes les fureurs dont nous sommes pressez, De tout ce que les cieux 'ardemment courrouces Peuvent darder sur nous de tonnerre et d'orage, D'angoisseuses langueurs, do meurtre ensanglanté, De soucis, de travaux, de faim, de pauvreté, Rien, n'&pproche en rigueur ï& lov de mariage...

Tabourot, seigneur des Accords : Il n'est rien si puissant que l'Amour et la Mort; La Mort destruit les corps, l'Amourdestruit les âmes, Mais encore l'Amour me semble le plus fort ; Car la Vie et la Mort reposent sous ses dames...

Mathurin Régnier :

Quand sur moi je jette les yeux, A trente ans nie voyant tout vieux ïlon cœur de frayeur diminue - Etant vieilli dans un moment Je ne puis dire seulement Que ma jeunesse est devenue.

Du berceau courant au cercueil Le jour se dérobe à mon œil.

STAN

Mes sens troublés s'évanouissent.

l^s hommes sont comme de» fleurs, Qui naissent et vivent en pleurs, Et d'heure en heure se fouissent.

Leur Age, Ô. l'instant écoulé, Comme un trait qui s'est envolé, Ne laisse après soi nulle marque ; Et leur nom, si fameux ici., Sitôt qu'ils sont morts, meurt aussi, Du pauvre autant que du monarque..

STAN

Maucroix

ChloriS, je vous le dis toujours, Ces faiseurs de pièces trafiques.

Ces chanteurs de gens héroïques Ne chantent pas bien les amours.

De beaux mots leurs œuvres sont pleines, Ils sont sages comme Catons, Ils sont discrets pour les Hélènes Et muets pour les Jeannetons !

Tout ce qu'on nomme bagatelle Dépl.nlt à ces rares esprits; On dirait qu'ils sont en quereïte Avec les Grâces et les Ris...

Montreuil :

C'est un amant : ouvrez la porte; Il est plein d'amour et de foi.

Que faites-vous? êtes-vous mortel Ou ne l'étes-vous que pour moi ?

Ha! vous ouvrez, belle farouche; J'entends la clef, c'est votre voix!

O belle main, 6 belle bouche.

Que je vous baise mille fois!

Segrais :

Comme un feu qui s'éteint faute de nourriture. Faute d'espoir, enfin, s'est éteint mon amour; Mais, tant qu'il put durer, sa flamme claire et pure Brilla, comme à midi brille l'astre du jour.

Du juste et vain regret de vous avoir aimée.

S'il allume en mon cœur quelque secret courroux,

Du feu de ce courroux la plus noire fumée

Ne noircit point un nom qui m'est encor si doux.

J'ai pu me repentir comme j'ai dû le faire, Mais sans murmure, enfin, je me suis retiré. Sans blasphémer les dieux, auteurs de ma misère. Ni profaner l'autel que j'ai tant adoré...

Boileau, k Molière, sur la comédie de YEcole des femmes :

En vain mille jaloux esprits, Molière, osent avec mépris Censurer ton plus bel ouvrage :

Sa charmante naïveté S'en va pour jamais, d'âge en âge, Divertir la postérité.

Que tu ris agréablement!

Que tu badines savamment!

Celui qui sut vaincre Numance, Qui mit Carthage sous sa loi, Jadis, sous le nom de Térence, Sut-il mieux badiner que toi?

Ta muse avec utilité Dit plaisamment la vérité; Chacun profite à ton école :

Tout en est beau, tout en est bon, Et ta plus burltsque parole Est souvent un docte sermon.

Laisse gronder tes envieux !

Us ont beau crier en tous lieux Qu'en vain tu charmes le vulgaire, Que tes vers n'ont rien de plaisant ; Si tu savais un peu moins plaire.

Tu ne Uur déplairais pas tant.

La Fare :

Je chante tes bienfaits, favorable paresse; Toi seule dans mon cœur as rétabli la paix. C'est par toi que j'espère une heureuse vieillesse , Tu vas me devenir plus chère que jamais.

Tu fais régner le calme au milieu de l'orage, Tu mets un juste frein aux pluB folles ardeurs; Tu peux même élever le plus ferme courage Par le digne mépris que tu fais des grandeurs...

Ducis :

Heureuse solitude, Seule béatitude, Que votre charme est doux !

"De tous les biens du monde, Dans ma grotte profonde, Je ne veux plus que vous !

Qu'un vaste empire tombe, Qu'est-ce au loin pour ma tombe Qu'un vain bruit qui se perd; Et les rois qui s'assemblent.

Et leurs sceptres qui tremblent, Que les joncs du désert?...

Siancci, de J. Manrique, poSte espagnol du xve siècle V Coplas.

STANCEL ou STANSEL (Vaientin), astronome allemand, né près de Brùnn (Moravie) en 1621, mort à San-Salvador (Brésil) en 1715. Entré dans la compagnie de Jésus, il enseigna la rhétorique et les mathématiques à Olmutz et à Prague, passa ensuite en fortugal, où il professa les mathématiques à Evora, et enfin se rendit au Brésil et occupa la chaire de théologie au collège de San- Salvador. On lui doit : Dioptra geodelicafjt'io.gue, 1653, in-8°) ; Orbis A Iphonsinus (Evora,

1658, in -12); Zodiacus divini doloris (Evora, 1675, in-8">); Legatus tirnm'ciis (Praçue, 1083, in -4°); Uranophilus cœlestis peregnnus (Anvers et Gand, 1685, in-40); Cursus philosoph.cus ( Prague, in-8° ) ; Mercurius Brasilicus (in-40).

STANCHO , autrefois Cos , lie turque de l'Archipel, dans le groupe des Sporades, près de la côte S.-O. de l'Asie Mineure et à l'entrée du golfe de Cos, par 36» 47' de latit. N., 24° 40' de longit. E. Elle mesure 40 kilom. de longueur, sur 10 kiloin. de largeur ; 20,000 hab. Chef-lieu, Cos ou Stancho, sur la côte N.-E. L'Ile est traversée dans toute sa longueur par une chaîne de montagnes, dont le sommet le plus élevé est le mont Christo, qui parait être un ancien volcan. Plusieurs sources d'eau limpide arrosent le sol, mais n'y forment aucune rivière. Climat chaud; sol fertile et assez bien cultivé, produisant principalement des raisins, citrons, oranges, vins, soie et grains. Salines sur la côte méridionale. Patrie d'Hippocrate,d'Apellesetde Polybe. V. Cos.

STAND s. m. (standd — mot angl.). Sport. Tribune où prennent place les spectateurs des courses.

Standard (the) [VEtendard], grand j'ournal anglais, politique, littéraire et commercial, fondé en 1627 comme journal du soir, changé en journal du matin en 1857, et depuis redevenu journal du soir. Indépendant, s'adressant à toutes 4es classes sociales, le Standard est neutre en religion. Sa politique se rapproche de celle du Morning Herald, mais il ne la soutient ni avec la même autorité ni avec le même talent.

STANDIA, autrefois Dia, tlot turc de l'Archipel, près de la côte septentrionale de l'île de Crète, long de 7 kilom. et large de 4, offrant sur la cote méridionale trois bons ports ou mouillages. Cet l!ot, haut et escarpé, est entièrement calcaire, inhabité et inculte. On y trouve de belles carrières de marbre et de pierres à rasoir.

STANDISH (Henri), prélat anglais, mort en 15S5. 11 était provincial de l'ordre des cordeliers; il prêcha contre les exemptions ecclésiastiques, fut nommé, en 1519, k l'évêché de Saint-Asaph et envoyé en ambassade en Danemark. Il se déclara contre le divorce do Henri VIII et fut conseiller de la reine Catherine. On a de lui un Recueil de sermons et un l'raité contre la version du Nouveau Testament d'Erasme, — Jean Standish, son neveu, mort en 1556, embrassa le protestantisme sous Edouard VI, redevint catholique sous Marie et fut nommé chapelain de cette reine et chanoine de Worcester. On a de lui divers ouvrages contre Robert Barnès, contru les traductions de la Bible en tangue vulgaire. et un Traité de l'unité de l'Eglise. Tous ces ouvrages sont écrits dans un esprit catholique.

STANDISH (Miles), le premier chef militaire des colons de Pljmouth, dans la Nouvelle-Angleterre, en Amérique, né en 1584, mort en 1656. C'était un homme hardi et déterminé, qui protégea la colonie naissante contre les attaques des Indiens. Il est resté populaire dans la Nouvelle-Angleterre.

STANDON, petite ville et paroisse d'Angleterre, comté de Hertford, sur la Rib et le chemin de fer des comtés de l'Est ; 2,600 hab. Ancienne commanderie de templiers.

STANF1ELD (Clarkson), peintre anglais, né à Sunderland, comté de Durham, en 1798, mort en 1867. IV a surtout excellé dans le paysage et les marines. Embarqué comme mousse sur un vaisseau de haut bord, il fit plusieurs voyages de long cours et se pénétra, tout jeune, de la poésie de la mer; ces. premières impressions laissèrent en lui des souvenirs ineffaçables, ainsi que l'ont prouvé les tableaux qu'il a exécutés depuis. En 1827, ayant déjà quitté la marine depuis longtemps, il débuta avec succès au Bricish Institution par une grande toile : Naufrage à la hauteur du fort liouge, dans laquelle on remarquait des qualités exceptionnelles , l'instinct du drame, le sentiment de la couleur, la sévérité d'une exécution savante et sobre. Gravée a la manière noire, cette composition mit l'auteur en vogue. L année suivante, le Calme en mer, d'un mérite aussi grand, reçut un accueil non moins favorable. 11 fut gravé comme le premier et vulgarisé par la plupart des publications illustrées anglaises. Ces deux tableaux et quelques autres moins importants avaient commencé la fortune du peintre, qui put se mettre à voyager. Il visita la France et la Suisse, à son retour exposa, en 1829, les Environs de Chdlons-sur- Mante, le M ont Saint- Michel (1S30), études d'après nature, d'un beau caractère, puis prit la route de l'Italie. Rentré à Londres vers la fin de 1833, Stanfield se révéla sous un aspect que rien encore n'avait fait pressentir. L'étude de Véronèse, de Corrége, de Titien avait élargi son horizon. L'instinct décoratif, qui était eu lui à l'état de germe, se développa subitement et vint se joindre aux qualités natives qu'il n'avait point perdues. Ainsi, ses Vues de Vernie, qu'il exposa d'abord à l'Académie royale , ont une mise en scène qui rappelle le grand style des maîtres de la Renaissance. Un tel point de vue, si peu en rapport avec le tempérament anglais, devait faire sensation. Les éloges de la presse ne s'adressèrent mémo

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qu'au seul côté décoratif de ces œuvres, et 1 artiste fut nommé décorateur en chef du théâtre de Drury Lane. Les Vues de Venise sont encore aujourd'hui dans la famille du marquis de Lansdowne. La Balai lie de Trafalgar, commandée par le gouvernement, fut exposée en 1836. La scène, très-dramatique, se déroule en un vaste cadre. Ses groupes, espacés et trés-accidentés, sont reliés à la masse du milieu par des motifs très-ingénieux. A la suite de ce brillant succès, Stanfleld fut nommé membre de l'Académie royale de Londres (1837). 11 quitta bientôt après l'Angleterre, pour aller parcourir une fois encore l'Itaie et la Suisse. Il visita aussi l'Espagne et exposa en 1841 le Château d'ischia vu du mâle, puis Lendemain d'un naufrage (1844) et, au Salon de 1847, une Vue du Texel, véritable réduction d'un décor d'opéra, les Troupes françaises passant à gué la Magra en 179e, œuvre sérieuse, que la gravure u popularisée en Angleterre, et le Vent contre marée, gravé par J. Wilhmore, reparut à l'Exposition de 1853, avec la Victoire remorquée à Gibraltar après la bataille de Trafalgar, grande composition que des gravures de tout genre ont fait connaître à toute l'Europe. Il ne restait plus à Stanfield, après les triomphes de sa brillante carrière, qu'à venir faire consacrer à Paris son beau talent. En 1855, il envoya à l'Exposition universelle : le Siège de Saint-Sébastieti, qui fait partie de la galerie de sir Samuel Peto; le Château d'ischia; le Passage de la Magra, que n'oils avons déjà nommé ; la Bataille de Hoveredo, le Fort de Tilbury, le Dogre hollandais. Le jury décerna au peintre une médaille de lre classe. La

Ïiresse française et le public rendirent égaement justice aux qualités de cette peinture robuste, de cette forme précise, savante et distingué©.

Stanrieid a encore exposé en 1855, à l'Académie de Londres, l'Abandonné, sujet tiré du Sketch-book, de \V. Irving, et les Bruyères d'Eampstead. Il a envoyé à l'Exposition de 1867 \a.Baie de Naples.

STANGÉRIE s. f. (stan-jé-rl — de Slanger, nom angl.). Bot. Genre de végétaux de Ja famille des cycadées, dont l'espèce type croît à Port- Natal : La stangérie paradoxale.

STAiNGlIELLA, bourg du royaume d'Italie, province de Padoue, district et mandement de Monselice; 2,910 hab.

STANGUE s. f. (stan-ghe. — Ce mot vient du germanique : ancien haut allemand stanga, long morceau de bois, barre, perche, bâton ; anglo-saxon stœg, steng, Scandinave stauny, allemand stahge, danois slang, suédois staaitg, hollandais slang, steng, toutes formes qui se rattachent à la racine sanscrite sthû, se tenir debout). Ane. mar.Tige d'une ancre.

— Blas. Meuble de l'écu qui représente la tige droite d'une ancre de navire, traversée en sa partie supérieure, vers l'anneau, d'une pièce que l'on nomme trabe • Dupastiz de Montcotlain : D'argent, à l'ancre de sable, la stangue et la trabe d'azur.

STANGUETTE 3. f. (stan-ghè-te — dirai», de stangue). Mus. Barre de mesure.

STANHOPE s. f. (sta-no-pe — njom de l'inventeur). Typogr. Nom d'une presse de fonte inventée par lord Stanhope. Il On dit aussi presse À la Stanhope.

— Encycl. V. presse (t. XIII, p. 95).

STANHOPE, ville d'Angleterre, comté et à 48 kilotn. S.-O. de Durhara, sur la Wear; 10,090 hab. Mines de houille. A l'O. de la ville, sur une érainence, on voit les ruines d'une forteresse, et aux environs une caverne curieuse remplie de stalactites. Dans le voisinage, belle résidence du comte de Carlisle.

STANHOPE (Jacques,' comte de) , homme d'Etat et général anglais, né en 1673, mort à Londres en 1721. Son père ayant été envoyé comme plénipotentiaire en Espagne, il l'y suivit, se familiarisa avec la lapgue de ce pays, puis voyagea en France et devint, à Paris, un des compagnons de plaisir du duc d'Orléans. De là, il se rendit en Italie et servit comme volontaire dans l'armée du duc de Savoie; Victor-Amédée II. En 1694, il alla prendre le commandement d'une compagnie anglaise, coopéra au siège de Namur, où il fut blessé, et attira sur lui par sa valeur l'attention du roi Guillaume, qui le nomma colonel. En 1702, Stanhope devint membre du Parlement, où il siégea pendant quinze ans et ne prit pendant longtemps que peu de part aux affaires publiques. Après avoir fait partie, en 1T02, de l'expédition de Cadix, il servit en Portugal, à la tête d'un régiment, sous les ordres du duc de Schomberg (1703), fut fait prisonnier, et, deux ans plus tard, il se distingua dans la campagne faite par lord Peterborough. Envoyé comme plénipotentiaire auprès de l'archiduc Charles en 1706, Stanhope négocia un traité avec ce prince (1707), fut nommé major-génëral et reçut en 1708 le commandement des forces anglaises dans la péninsule ibérique. Après avoir pris Port-Mahon et Minorque (1708), il fut fait prisonnier à Brihuega (1710), où il dut capituler après avoir repoussé à deux reprises l'armée du duc de Vendôme. De retour en Angleterre, il commença à s'occuper activement de politique, fit une guerre acharnée au parti tory, soit dans des articles de journaux, soit à lb tribune, et se lia intimement

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avec Horace "Walpole. Après l'avènement

de George Ier, les whigs étant arrivés au pouvoir, le comte de Stanhope devint membre du conseil privé et secrétaire d'Etat (1714). Ce fut à ce dernier titre qu'il négocia et arrêta avec Dubois les préliminaires du traité de la Triple Alliance (1717) et fit conclure celui de la Quadruple Alliance (1718). Nommé successivement, en 1717, premier lord de la trésorerie, chancelier de l'Echiquier, baron d'Elvaston', vicomte de Mahon,puis comte(l7l8), il reprit, cette dernière année, ses fonctions de secrétaire d'Etat. Il mourut subitement à la suite d'une discussion dans laquelle il avait défendu, devant le Parlement, la politique du cabinet avec une telle véhémence qu'il se rompit un vaisseau dans la poitrine. Le roi, dont il avait gagné la faveur, le fit enterrer à "Westminster. C'était un générai habile, un politique aux idées libérales, à qui l'on doit un Mémorial concerning the constitution of the roman senate (Londres, 1721, in-4°).

STANHOPE (Charles, vicomte de Mahon, comte de), savant et pair d'Angleterre, petit-fils du précédent, né à Londres en 1753, mort dans la même ville en 1816. Sous le nom de lord Mahon, il fit ses études au collège d'Eton, puis se rendit à Genève, où il prit des leçons de Le Sage, qui lui donna le goût des sciences, et remporta a l'âge de dixhuit ans le prix proposé par l'Académie de Stockholm à l'auteur du meilleur traité sur le pendule. Le jeune savant se fit ensuite connaître en publiant un Traité sur les moyens de prévenir les pratiques frauduleuses dans la monnaie d'or \mâ, in-4°) et Principes d'électricité (1779, in-4"), ouvrage rempli de vues nouvelles, notamment sur le choc en retour, et qui fut fortement loué par Priestley. En outre, il trouva un procédé pour brûler la chaux de façon à en faire Une sorte de ciment, inventa un nouveau procédé de stéréotypie, une presse typographique qui porte son nom, et imagina deux machines à calculer, l'une destinée à faire les opérations de l'addition et de la soustraction, l'autre pouvant résoudre les problèmes de la multiplication et de la division. Enfin, il s'occupa de perfectionner la navigation au moyen de la vapeur et de trouver un moyen de préserver les monuments de l'incendie. Doué d'un esprit curieux et trèsouvert, lord Stanhope porta dans la politique le mémo goût de progrès et de réformes que duns les sciences. Membre de la Chambre des communes de 1780 à 1786, il s'y prononça avec chaleur pour la réforme parlementaire, la liberté de la presse, l'abolition de la traite des noirs, et défendit l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique. Son père étant mort en 1786, il hérita de ses titres et entra à la Chambre des lords. Là, il continua U faire une vive opposition à la politique de son beau-père William Pitt, et, lorsque la Révoiution française eut éclaté, il se montra son enthousiaste partisan. Le comte de Stanhope fonda alors un club à Londres pour en propager les principes en Angleterre, envoya à la Constituante des adresses de félicitation, écrivit h Condorcet des lettres au sujet de la traite des noirs, dont il demandait l'abolition, et publia une Apologie de la Révolution française en réponse aux diatribes de Burke (1791). L'année suivante, il défendit k la Chambre haute la liberté de la presse, publia un remarquable écrit intitulé Essay on juries (1792), et lit tous ses efforts pour em-

f)êcher le gouvernement anglais de déclarer a guerre à la République française. Se voyant impuissant à empêcher son pays de se lancer dans une guerre qui devait être d'une si longue durée, il résolut de renoncer à la vie politique et, après avoir publiquement protesté contre la politique du cabinet Pitt, il vécut dans la retraite jusqu'en 1800. A cette époque, on vit le comte de Stanhope reprendre sa place à la Chambre des lords et y commuer sa campagne en faveur de la paix, des mesures libérales, contre la traite des noirs, etc. Peu de temps avant d'être emporté par une hydropisie de poitrine, il fit voter un bill sur le nouveau système de poids et mesures et demanda qu'on procédât à la codification des lois anglaises, devenues inextricables. De son mariage avec Esther Pitt, il avait eu plusieurs filles, dont l'une fut la célèbre et excentrique lady Stanhope, mais point de fils. H en eut trois de son second mariage avec Louise Grenville.

STAMIOPE (lady Esther), femme célèbre par son excentricité et son génie, fille du précédent, née à Londres en 1776, morte à Djihoun (Syrie) eu 1839. Elle était l'aînée des trois lidés issues du premier mariage de Charles, troisième comte Stanhope, avec Esther Pitt, fille du grand Chatham. Ni son père, absorbé par des préoccupations politiques, ni sa belle-mère, adonnée entièrement aux plaisirs du monde, ne surveillèrent son éducation ; reléguée à la campagne, entre les mains de gouvernantes et de domestiques, qu'elle traitait en esclaves, l'enfant s'éleva pour ainsi dire elle-même. A mesure qu'elle grandissait, on voyait se développer cette intelligence hardie, ce caractère despotique, cet indomptable orgueil qui devaient signaler cette femme extraordinaire et la jeter dans une existence irréguliôre et agitée. Les deux personnes qui lui plaisaient le pins étaient son cousin lord Camelford et sou oncle Pitt.

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L'admiration soutenue que lui inspira le premier peut laisser soupçonner chez elle l'existence d'un de ces sentiments tendres qui n'apparaissent nulle part ailleurs dans la vie de cette femme, « Quiconque osera s'attaquer à moi, disait-elle, me trouvera cousine de lord Camelford. C'est un vrai Pitt, celui-là ! » C'était en effet un homme impérieux, entêté, mais courageux et bienfaisant. Lady Stanhope voulut l'épouser; la famille Chatham s'opposa au mariage. A vingt ans, lady Stanhope avait près de six pieds, un développement proportionnel du buste et de la taille, et n'était ni jolie ni belle. • Trop virile, dit un contemporain, c'était néanmoins un de ces êtres dont le front, les yeux, la prestance semblent éclairer ce qui les entoure. Son front, très-haut et droit, surmontait deux sourcils arqués d'un contour régulier et d'une finesse singulière ; elle avait les dents petites et blanches: l'oeil d'un gris bleu, entouré par-dessous à un arc bleuâtre qui en rehaussait l'éclat; le nez recourbé et disproportionné, la bouche délicate et rentrée, le menton beaucoup trop long. Quant à l'ovale du visage, il était pur et admirablement dessiné. »

Pendant que Pitt, maître du pouvoir qu'il dirigeait d'une main ferme, faisait la guerre à la France et aux idées révolutionnaires, lord Stanhope suivait une route diamétralement opposée-, il se liait avec les démocrates, donnait asile aux meneurs de l'opposition. Esther, qui avait conçu pour son oncle une admiration profonde, quitta l'hôtel Stanhope de l'aveu de sa mère et alla vivre près du ministre, qui n'avait pas de femme et dont elle gouverna désormais la maison. Pitt ne dédaignait paB ses conseils et n'avait point de secrets pour elle. Elle était redoutée, et cependant on l'estimait; le vieux roi George fut un de ses plus ardents admirateurs.» Pitt, dit-il un jour, j'ai fait choix d'un nouveau ministre, et d'un ministre meilleur que vous.— Le choix de Votre Majesté doit être excellent. — Oui, Pitt, oui, je vous le répète, et excellent général par-dessus le marché! —Sire, dit Pitt embarrassé, Votre Majesté voudrat-elle me dire le nom de ce remarquable personnage?— Parbleu, vous lui donnez le brasl reprit le roi en montrant du doigt Esther. Je n'ai pas en Angleterre d'homme d'Etat qui la surpasse, ni de femme qui fasse plus d'honneur à son sexe. Soyez fier d'elle, monsieur Pitt, elle a toutes les grandes qualités de notre sexe et du sien I » C'était aussi l'avis de Pitt, qui se plaisait à la comparer aux héroïnes de Rome. Les tendances misanthropiquesde la jeune fille se développaient dans une situation si exceptionnelle; à vingttrois ans, elle savait tout ce que la vie de l'homme d'Etat peutapprendre,ceque pèse un patriote , ce que peut valoir un homme de cour. Elle fit des colonels, défit des secrétaires d'Etat, rallia des partisans et contre-signa plus d'une pension et d'une ordonnance à la place 'et sous les yeux de son oncle, qui riait en la regardant. Elle faisait une guerre à mort à tout ce que la société anglaise, prude et affeclée, tenait pour respectable; le sentimentalisme et la philanthropie étaient surtout l'objet de ses implacables sarcasmes. Un des rares hommes qu'elle estimait était Brummel, le chef des dandies, aussi impertinent qu'elle, chez qui elle aimait le dédain des préjugés et le mépris pour ses copistes de tout rang.

Elle vécut ainsi, toute-puissante, redoutée de tout le monde, jusqu'à la mort du grand ministre en 1808. Elle comprit alors qu'elle n'avait plus rien à espérer à la cour et que la société anglaise allait se venger cruellement. Elle se retira quelque temps à Builth, dans une chaumière du pays de Galles; puis, profondément dégoûtée et blessée, elle partit pour l'Orient en 1810. Jeune et impétueuse, elle avait vécu d'une vie trop forte pour sa raison. La mort du grand politique, que personne ne pleurait, avait violemment frappé cette ardente imagination. Elle n'était ni assez riche ni assez indépendante pour braver les inimitiés qu'elle avait soulevées, La haine de l'Angleterre devint chez elle, comme chez Byron, une maladie incurable.

Après avoir erré quelque temps en Grèce et en Egypte, lady Stanhope finit par planter sa tente au milieu de la Syrie. La situation anarcliique de cette contrée était pour cette femme aventureuse un attrait de plus. Pendant les vingt années qu'elle passa dans ce pays, elle assista aux luttes de l'émir Béchir contre la Porte, les1 Diuses, les Arabes, les Turcs et contre ses propres lieutenants, des diverses populations entre elles, du pacha d'Acre contre Ibrahim-Pacha , fils de Méhémet. Lady Stunhope se déclara en faveur de l'autorité de la Porte. Elle avait fait peu de bruit à son arrivée , et l'émir, croyant se faire d'elle un appui, lui avait concédé comme habitation un vieux couvent de grecs schismatiques, nommé Mar-Elias; elle y demeura quelques années ; puis changeant de retraite, elle choisitpour résidence définitive Djihoun, non loin de Saïda. C'est là, sur une des croupes les plus escarpées du mont Liban, qu'elle construisit son singulier palais, amas confus de maisonnettes basses, labyrinthe inextricable, où tout était disposé pour le mystère, semé de trappes et de cachettes. C'est là qu'elle vécut environnée d'esclaves barbares, auxquels elle imposait par la violence et l'habileié, entourée de po-

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pulations ennemies qui la respectaienteomme un être mystérieux, en proie aux douleurs morales et physiques les plus intenses, consultant les astres, interrogeant le sort, jouant à la fois la pythonisse et la reine asiatique. Elle avait renoncé définitivement aux habitudes européennes, adopté le costume et les mœurs orientales. A sa porte étaient plantés deux énormes pieux destinés à empaler ses ennemis, et elle s'était procuré un bourreau. Nous devons, pour rendre hommage à la vérité, reconnaître que lady Stanhope n'utilisa que rarement ce sinistre fonctionnaire, simple épouvantait destiné à faire respecter la maltresse de la population et de ses gens. On la nommait la reine de Tadmor. Elle ne se contentait point de passer pour prophétesse ; elle s'entoura d'une armée de devins, parmi lesquels on remarquait un Français nommé Loustaunau , vieillard à longue barbe blanche, qui errait de village en village la Bible à la main, prédisant la venue d'un nouveau Messie, et un Arabe, un docteur du nom de Metta, qui dans ses accès de frénésie prophétique annonçait que le trône d'Orient appartenait à cette étrangère et qu'elle deviendrait plus puissante que le sultan. La sibylle du Liban se déclara en faveur du sultan contre l'émir Béehir, contre Méhémet-Ali et la civilisation européenne. On peut la regarder comme l'un des principaux fauteurs de l'insurrection qui s'alluma dans la montagne. Elle anima les ûruses, leur fournit de l'argent et des armes et traita de puissance à puissance avec les pachas.

Lamartine a donné uu récit curieux d'une visite qu'il fit à cette femme extraordinaire en 1838. i II me parut, dit-il, que ses doctrines religieuses étaient un mélange habile, quoique confus, des différentes religions au milieu desquelles elle s'est condamnée à vivre, mystérieuse comme les Druses, résignée comme le musulman, et fataliste comme lui ; avec le juif attendant le Messie, et avec Je chrétien professant l'adoration du Christ et la pratique de sa morale. Ajoutez à cela les couleurs fantastiques et les rêves surnaturels d'une imagination échauffée par la solitude et la méditation. »

Lady Stanhope recevait peu de visiteurs européens; Lamartine fut un des rares voyageurs qu'elle vit avec plaisir. Le duc Maximilien de Bavière étant venu visiter Djihoun, elle se déroba à sa vue.

Les dernières années de lady Stanhope furent tristes. Ses machinations politiques avaient échoué ; ceux qu'elle avait soutenus étaient soumis ; elle se trouvait sans fortune, sans ami, n'ayant auprès d'elle que son médecin qui l'avait accompagnée lors de son départ de l'Angleterre. Une fièvre continuelle la minait; elle tombait dans des accès de rage qui ressemblaient à des attaques d'épilepsio ou d'hystérie, se roulant à terre, hurlant des jualédictions contre l'Angleterre et contre l'Europe. A la fin, la pension que lui faisait le gouvernement anglais ayant été placée sous le séquestre , pour donner un gage à ses nombreux créanciers, la reine de Tadmor arriva aux dernières limites de la détresse. Elle avait vendu tout ce qu'elle possédait de précieux ; il ne lui restait même plus as^ez de tusses pour offrir du café à ses hôtes ; ses vêtements tombaient en lambeaux. Elle renvoya alors son médecin, fit tuer ses chevaux, qu'elle ne pouvait plus nourrir, et seule, dans ce château qui tombait en ruine, n'ayant plus même de toiture à sa propre chambre, où la pluie et le vent pénétraient, elle mourut subitement. On l'enterra dans le couvent de Mar-Elias.

Stanhope (MÉMOIRES DE LADY). Ces mémoires sont des conversations entre lady Stanhope et le docteur M... Le docteur n'a pas suivi jour par jour l'existence exceptionnelle de « Ja reine de Tadmor. » Une assez longue séparation, suivie d'un retour presque définitif, explique une lacune asseii considérable qu'il a laissée subsister dans cette curieuse * histoire. Indigeste et diffus, ce livre est un trésor de faits et de détails caractéristiques, se rapportant non-seuleinent à l'héruïne. do l'ouvrage, mais encore à quelques personnages célèbres. C'est ainsi qu'on y trouve ce qui suit sur Napoléon I« : • Buonaparte avait ' quelque chose de naturellement grossier. Sa grandeur était empruntée tantôt a Ossian, tantôt à César, aujourd'hui à un livre, demain à quelque autre, et de tout cela il composait avec assez d'art un semblant de grand homme ; mais il n'avait pas de grandeur réelle. Quant au meurtre du duc d'Enghien, dont il a été fait tant de bruit, je ne partage pas l'horreur commune. Pour le bien de la Erance, le premier consul aurait bien pu immoler, s'il l'avait fallu, toute la famille des Bourbons. J'aurais trouvé cela fort simple ; mais, en trop d'occasions, Buonaparte a manqué de coeur. » Elle cite ces paroles de Put, prenant congé d'un grand personnage : «Toutes les fois que je pourrai faire la paix, soit avec un consul, soit avec tout autre représentant du gouvernement français, pourvu toutefois qu'il m'offre les garanties nécessaires, je n'y manquerai certes pas. » — i M. Put, ajoute lady Stanhope, professait pour les Bourbons un mépris souverain. • Les traits de mœurs, sur cette même époque, abondent dans les Souvenirs de la prophétesse du Liban. Un jour, le fameux Brummel eut la fatuité de lui de-

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mander, en parlant d'un jeune colonel sans naissance : « Qui diable connaît son père? — Et, dites-moi, qui connaît le vôtre? • répondit lady Esther. Cette réplique pouvait circuler dans le monde. « Ecoutez, chère créature, dit Bi'umniel en se penchant avec grâce à la portière de sa voiture, personne, il est vrai, ne connaît mon père, et personne ne me connaîtrait moi-même sans le rôle que j'ai su prendre. Ce rôle, vous le savez tout comme moi, ne réussit que par son absurdité. Que je cesse pendant huit jours de regarder les marquis du haut en bas, et de traiter les princes du sang comme autant de nigauds, il n'en faudra pas davantage pour me condamner à l'oubli le plus complet. Le inonde est bête, et j'use largement de sa bêtise. Nous nous comprenons à merveille. » Cette spirituelle franchise lui obtint la complicité muette de cette femme excentrique. Lady Stanhope énonce des jugements toujours caractéristiques sur les hommes célèbres du temps et sur les membres de la famille royale. Elle qualifie le prince de Galles (George IV) « d'ignoble individu. » Sur le compte de lord Wellington, elle s'exprime ainsi : « ...Sa capacité, il ne la doit qu'à lui-même, car sa jeunesse s'est passée dans une dissipation qui excluait toute étude sérieuse... Depuis lors, son étoile a tout fait pour lui; car, à vrai dire, ce n'est point un grand général. Les connaissances du tacticien lui manquent absolument, et il n'a aucune de ces grandes qualités qui font les César, les Pompée, voire les Buonaparte. Pour ce qui est de Waterloo, Anglais et Français se sont toujours accordés à me dire qu'un hasard heureux lui a fait gagner cette bataille, sans qu'il puisse en revendiquer autrement la gloire. , Je ne vois pas qu'a Paris il ait beaucoup mieux fait, et je sais pertinemment qu'il n'a pas l'affection du soldat. » Nous laissons à l'auteur la responsabilité de cette opinion et nous n'avons tenu à la mettre sous les yeux du lecteur que pour lui permettre de se faire une idée du ton sur lequel lady Stanhope traite ses compatriotes.

La valeur de ces mémoires est en somme assez mince, et la vogue qu'ils ont eue un moment n'avait pour cause que la singularité du personnage.

STANHOPE (Philippe -Henry, comte), homme d'Etat anglais , frère de la précédente, né près de Londres en 1781, mort en 1855. Il puolia a Dresde, à peine âgé de vingt ans, un ouvrage ascétique, sous ce titre : Livre de prières à l'usage des croyants et des incrédules, des chrétiens et des antichrétiens. En politique, lord Stanhope, qui s'appelait d'abord lord Mahon, du second titre de sa famille, se montra aussi réactionnaire que son père était libéral et suivit la même ligne que son oncle le fameux Pitt. En 1816, à la mort de son père, il porta au Parlement ses convictions antilibérales, Son esprit étroit et sa baine contre la France. Le comte Stanhope prononça, en 1818, un discours fameux dans lequel il demandait simplement le partage de la France, dans le but, disait-il, d'assurer la paix universelle. Il resta tory, dans toute l'acception du mot, jusqu'à la lin de sa vie, et fut l'adversaire déclaré des réformes de Robert Peel. On connaît l'histoire du malheureux Gaspard Hauser; lord Stanhope s'intéressa tellement au sort de cet infortuné, qu'il voulut un moment l'adopter et publia un écrit intitulé Matériaux pour servir à l'histoire de Gaspard Hauser (Heidelberg, 1835, in-8»). Mais il se lassa rapidement de son protégé et rit paraître contre Hauser une brochure injurieuse.

STANHOPE (Philippe-Henry, comte), historien anglais, fils du précédent, né à'Walmer-Castle en 1805. Sous le nom de lord Manon, qu'il porta jusqu'à la mort de Son père (1855), il lit ses études à Oxford, où il prit, en 1834, le diplôme de docteur"eu droit. Envoyé, en 1830, à la Chambre des communes par le bourg de Wooton-Basset, il vota avec les tories et quitta son siège lorsque le bill de réforme eut passé, maigre sa violente opposition. Mais il fut réélu en 1835 par le bourg d'Hertford, qu'il représenta jusqu'en 1852. Après avoir été sous-secrétaire dEtat des affaires extérieures de 1834 à 1835, il devint, en 1845, secrétaire du bureau des Indes, sous le ministère Peel, avec lequel il vota l'abolition des corn-laws. En 1852, lord Mahon ne fut pas réélu député à la Chambre des communes; mais trois ans plus tard, à la mort de son père, il hérita, avec son titre, de son siège à la Chambre des lords , où il a continué à faire partie du parti conservateur. Lord Stanhope doit sa réputation à ses travaux historiques, dans lesquels il a fait preuve d une remarquable érudition, d'une sérieuse étude des sources, d'un style simple et sobre, mais où, entraîné par l'esprit ue parti, il porte fréquemment sur les événements et sur les hommes des jugements qui donnent une large prise à la critique. Lotd Stanhope a été nuimné recteur de l université d'Aberdeon, président de la Société des antiquaires d'Angieterre (1846) et membre correspondant, puis, le 10 mai 1872, associé de l'Académie des sciences morales et politiques de Paris.

Nous citerons, parmi ses ouvrages les plus importants : Histoire de la succession d'Espagne (1834, in-8«), pour laquelle il a consulté les mémoires manuscrits laissés par son grand-

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père ; Histoire de l'Angleterre depuis la paix d'Utrecht jusqu'à la paix de Versailles (1836- 1854, 7 vol.); En quarante-cinq , histoire partielle de l'insurrection jacobite de 1745 (1851); la Vie du grand Condé (1840) ; Correspondance du grand comte de Chesterfield (1845,' 4 vol.) ; Vie de Bélisaire (1848); Essais historiques (1848), recueil d'articles insérés dans la Quarterly Éeview. Lord Stanhope a publié les Mémoires de sir Robert Peel (1856 et suiv.), en collaboration avec M, Caidwell.

STANHOPE (Philippe Dormer), comte de

CHESTERFirjLD. V. ChESTERFIELU.

STANHOPÉEs. f. (sta-no-pé — deSlanhope, lord. angl.). Bot. Génie de plantes, de la famille des orchidées, tribu des vandôes, comprenant plusieurs espèces épiphytes, qui croissent dans l'Amérique tropicale.

STANIGRADE s. m. pi. (sta-ni-gra-de).

Groupe d'insectes hémiptères, de la famille des réduviens, Correspondant aux hydrométrites.

STANISLAS (saint), patron de la Pologne, évêque de Cracovie, né à Szczopanow, village près de Cracovie, en 1030, tué par le roi de Pologne Boieslas II en 1079. Il étudia à Gnesen et compléta son instruction a Paris. De retour en Pologne, il fut sacré évêque en 1071 ou 1072. Déjà depuis longtemps la cour de Rome songeait, dit M. Forsier, à ressaisir son ancienne influence sur le royaume et elle avait en cela un auxiliaire zélé dans tout le clergé étranger, privé par Boieslas des prélatures polonaises, jusqu'alors si fructueuses pour lui. Ils mirent donc leurs ressentiments en commun et l'on n'attendit plus qu'une occasion favorable pour punir le téméraire. L'évêque de Cracovie, Stanislas, dévoué au saint-siége, sut la faire naître. Oubliant sa mission toute de paix, il souleva l'esprit du peuple en admonestant publiquement devant l'autel le roi, qu'il menaça d'excommunication s'il ne changeait de conduite. L'audacieux prélat, qui comptait à bon droit sur l'appui du Vatican, exécuta ensuite cette menace, et lança l'interdit suv toutes les églises de Cracovie. Boieslas envoya des soldats à l'église de Skalka (près de la ville), où l'évêque célébrait la messe, avec ordre de la tuer ; mais, à son aspect, ces émissaires n'eurent pas la force de remplir leurs instructions. Alors, de plus en plus irrité, le roi se rendit lui-même au temple et tua de sa propre main l'ambitieux qui, sous un habit saint, cachait une âme dévouée à l'intrigue et h la rébellion.

Les historiens, induits en erreur par les moines chroniqueurs, se sont déchaînés contre Boieslas, en représentant le meurtre de Stanislas comme un acte de vengeance privée. Seul, Gallus, le plus ancien chroniqueur, et qui écrivait de llio à 1135,- donne la preuve que l'évêque Stanislas, canonisé par le pape et patron de la Pologne, non-seulement ne fut pas martyr de son patriotisme, mais que sa mort fut une suite de la trahison qu'il méditait, sou projet étant de rendre le pays tributaire de la Bohème. Les copistes des xme, xive et xv» siècles ont rejeté tout ce que Gallus rapportait sur la forfaiture de Stanislas et falsifié toutes ses éditions, en substituant à son témoignage les paroles de la bulle papale. Mais Czaeki découvrit un manuscrit original de cet historien, et le savant Bandkie le publia à Varsovie en 1824. « Le crime de haute trahison d'Etat, dit positivement Gallus, fut puni de mort par Boieslas. «Saint Stanislas a été canonisé en 1253.

Passons maintenant du domaine de l'histoire à celui de la légende théologique. L'Encyclopédie de Varsovie déclare que l'histoire de saint Stanislas, telle que nous venons de la rapporter d'après Forster et Podezaszynski, est 1 œuvre « de scribes ignoti nominis, de princes et de pharisiens de notre siècle,» et il parait qu'en la publiant on ■ fait subir à saint Stanislas un second martyre. » Au reste, ceux qui doutent de l'innocence de saint Stanislas peuvent lire pour leur édification sa réhabilitation par l'évêque de Plock, Prazmowski. D'après les traditions catholiques, l'évêque de Cracovie faisait des miracles et s'il attira sur lui la colère du roi Boieslas, c'est uniquement parce que le roi était un tyran et que Stanislas, homme pieux et dévoué aux intérêts populaires, tachait de le ramener sur le sentier de la vertu. Ainsi, entre autres miracles hors ligne, Stanislas serait allé un beau jour réveiller dans son tombeau un certain Piotro-win, qui était mort depuis trois ans. Le témoignage de Piotro- Win était nécessaire à l'évêque pour un procès qu'il soutenait contre les neveux dudit Piotrowin. Ressuscité par l'évêque, le défunt le suivit à travers la villa, traversa miraculeusement la Vistule et lit une déposition favorable à Stanislas; seulement, malgré les prières des assistants, il refusa de donner aucun renseignement sur le monde extraterrestre, et parut très-pressé de mourir une seconde fois. Stanislas, disent encore les écrivains orthodoxes, était scandalisé de ce que le roi menait une vie peu exemplaire et opprimait ses sujets. Les évèques n'ont guère l'habitude de se montrer si zélés pour la liberté des peuples. Mais Stanislas crut devoir faire des observations au roi, et comme celui-ci faisait la sourde oreiile, il le retrancha de la communion des fidèles. Le roi, furieux de la mesure prise à son égard par l'é-

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vêque, le tua de sa propre main, et lui procura ainsi les palmes du martyre, que lui décernèrent tous les écrivains catholiques. Mais il ne suffisait pas à saint Stanislas d'avoir fait des miracles pendant sa vie, il en fit après sa mort. Son corps avait été coupé en morceaux par les soldats de Boieslas. Des aigles veillèrent sur ces restes, et, les chanoines les ayant rassemblés, ils se recollèrent spontanément, y compris un doigt qui, dit 1 Encyclopédie de Varsovie, avait été avalé par un poisson. Saint Stanislas fit encore bien d'autres miracles : après sa mort, il ressuscita un mort dans 1 église des franciscains d'Assise, etc. Sa vie a été écrite en latin par le célèbre historien polonais Dlugosz, et traduite en 1496 en polonais. Cette traduction a été publiée en dernier lieu à Cracovie en 1865. André-Stanislas Kostka a également publié une vie de saint Stanislas, en polonais (Cracovie, 1753). Il a paru à Rome, en 1753 et 1766, un ouvrage sur saint Stanislas, intitulé : Compendio délia vita, virlute, miracoli di S. Stanislao vescova di Cracoùa.

Stanislas (ordre de Saint-), fondé par le roi de Pologne, Stanislas-Auguste Poniatowski, le 7 mai 1765, en l'honneur du patron de la Pologne et dans le but de se faire des partisans parmi la noblesse. A sa création, le nombre des chevaliers fut fixé à cent, non compris les chevaliers de l'Aigle blanc, qui le recevaient de droit, et les étrangers, qui pouvaient en être décorés. Chaque chevalier devait payer 4 ducats par an à l'hôpital de l'Enfant-Jésus de Varsovie. A l'époque du partage de la Pologne, l'ordre fut prodigué; il tomba en désuétude et ne put se relever qu'en 1807, après la création du duché de Varsovie. L'émpèreur Alexandre Ier le reconnut solennellement le 1er décembre 1815, et le distribua en quatre classes. A la suite des nombreuses insurrections de la Pologne, il fut incorporé par l'empereur Nicolas aux ordres russes, mais garda sa dénomination particulière. Par un ukase de 1839, les membres furent réduits à trois classes et l'ordre fut destiné aux personnes qui ont contribué au bien général de la Russie et de la Pologne. La décoration consiste en une croix émaillée rouge, pommetée d'or, anglée d'aigles à deux têtes couronnées ; elle a quatre branches et huit pointes. Le médaillon du centre est entouré d'une couronne de laurier, et porte sur fond blanc l'effigie de saint Stanislas; sur le revers les initiales du fondateur. Le ruban, liséré rouge, a deux raies blanches et le centre rouge. La première classe le met en écharpe, avec une plaque sur le côté gauche de la poitrine; la deuxième classe le porte en sautoir et la troisième à la boutonnière. Les chevaliers de l'ordre de l'Aigle blanc portent de droit la décoration de la troisième classe.

STANISLAS KOSTKA (saint) , jésuite polonais, né à Kostkow en 1550, mort à Rome en 1568. A l'âge de quatorze ans, il fut envoyé à Vienne avec son frère Jean pour y faire ses études dans le collège des jésuites. Il ne faisait que prier et jeûner et il compromit sa santé par ce régime. Il eut des hallucinations ou, pour parler le langage théologique, des visions. Un jour qu'il se croyait près de mourir, il prétendit que sainte Barbe entra dans sa chambre avec deux anges, portant le saint sacrement, et que, dans une autre circonstance, la sainte Vierge «lui fit diverses caresses en l'assurant que Dieu le voulait dans la compagnie de Jésus. • Stanislas voulait satisfaire à ces exigences divines en se faisant jésuite. Sa famille s'y étant opposée, il s'enfuit K Augsbourg, puis à Dillingen, où il fut accueilli par le Père Canisius, et enfin se rendit à Rome, où il fut admis dans la société de Jésus, le 28 octobre 1567, au plus grand chagrin de son père, impuissant à exercer sur lui sa légitime autorité. Stanislas continua à Rome à martyriser son corps par un ascétisme estagéré et poussa si loin cette folle dévotion qu'il en tomba malade et mourut à l'âge de dix-huit ans. Il a été béatifié en 1604 et canonisé en 1714. L'Église catholique célèbre sa mémoire le 13 novembre. Il y a une biographie espagnole de Kostka par Joseph Cassani, Vida, virtutesy milagros de S. Stunislao Kostka (Madrid, 1715), et un sermon sur saint Stanislas Kostka (Séville, 1727, en espagnol ; deux biographies en polonais, Relacya albo Krotkie opisunie cudow, etc., bl. Slanislawa Kuslki (Cracovie, 1630) et Lilia nicba i ziemi wdzieczna, to jest zywot S. Stainsiuwa Koslki, par Ig. Raczynski (Cracovie, 1673); une biographie italienne par Cepari, traduite en français par Calpin, enfin une biographie allemande par Fr. Sacchino (Ingolstadt, 1611 ; traduction italienne, Rome, 1620).

STANISLAS 1er LESCZYMSKI ou LEC- ZINSKI , roi de Pologne, né à Léopol le 20 octobre 1677, mort à Lunéville le 23 février 1766. 11 appartenait à une famille originaire de Bohême, qui s'était fixée en Pologne vers le x« siècle et dont plusieurs membres s'étaient fait remarquer dans les fastes de ce pays. Son père, Raphaël, grand trésorier de Pologne , dirigea d'iibord son éducation, s'attacha à développer à la fois son intelligence et son corps quelque peu débile, et parvint, par des exercices corporels, à fortifier le tempérament du jeune homme, pendant qu'il lui faisait étudier les sciences, les arts et les langues étrangères.

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Stanislas compléta cette forte éducation par des voyages, s'arrêta pendant quelque temps en France, et à son retour en Pologne, bien qu'il n'eût que dix-neuf ans, il fut nommé staroste de Odolunow. Cette même année (1696), le grand Sobieski étant mort, Stanislas fut délégué par sa province à la diète préparatoire pour l'élection d'un roi , puis à la diète d'élection. Comme son père, il désirait voir monter sur le trône de Pologne Jacques Sobieski, fils du dernier roi; toutefois, il repoussa avec indignation l'accusation portée contre lui par Grudzinski d'être le partisan aveugle de ce prétendant, prononça à ce sujet un éloquent discours, et força son accusateur à se rétracter. Outre Jacques Sobieski, de nombreux compétiteurs étaient sur les rangs, notamment l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, et le prince de Conti. Ce fut ce dernier qui obtint ta grande majorité des suffrages et qui fut proclamé ; mais ce prince étant alors en France, l'électeur Auguste profita de cette circonstance pour se livrer à des intrigues qui finalement déplacèrent la majorité, et il prit possession du trône sous le nom d'Auguste II. Stanislas se rallia alors à ce prince, qui le nomma grand échanson de ta couronne, puis palatin do Posnanie (1703). Auguste II ayant eu l'imprudence de s'allier, sans consulter la diète, à la Russie pour combattre le roi de Suède Charles XII, ce dernier pénétra avec une armée en Pologne , mit en fuite les troupes d'Auguste et s'établit à Heilsberg. Les nobles polonais se réunirent alors en confédération a Varsovie, proclamèrent la déchéance. du roi (15 février 1704) et chargèrent Stanislas Lesczynski de se rendre auprès de Charles XII pour traiter de ta paix. L ambassadeur s'attira les bonnes grâces du vainqueur et obtint les conditions les plus avantageuses. La diète de Varsovie, enchantée de son négociateur , lui vota des remercîments et- lorsque , le 12 juillet 1704, la diète, chargée d'élire un nouveau roi, se réunit k Wola, ce fut Stanislas qui fut proclamé à une énorme majorité. L'influence du roi de Suède avait, du reste, beaucoup contribué à ce choix, et Charles XII manifesta sa satisfaction en faisant complimenter le nouveau roi et en lui promettant son appui. Cependant Auguste II ne restait pas inactif. Par une marche hardie, il essaya d'enlever Stanislas, qui était à Varsovie, et il s'en fallut de peu qu'il ne réussît. Ce dernier alla rejoindre Charles XII à Léopol, puis ils marchèrent contre les Saxons et les partisans d'Auguste, et forcèrent ce dernier à abandonner la Pologne et k se retirer en Saxe. Débarrassé de son rival, Stanislas se fit couronner en grande pompe à Varsovie avec sa femme, Catherine Opalinska, et s'attacha à réparer par une bienfaisante administration les maux de son pays. Mais Auguste II était loin d'avoir renoncé à ses prétentions. 11 se rendit auprès de Pierre le Grand, signa av,ec lui un nouveau traité, et la guerre recommença. Charles XII accourut aussitôt, battit les Russes, envahit la Saxe et contraignit Auguste à signer le traité d'Alt-Ranstadt, par lequel ce dernier s'obligeait à reconnaître Stanislas comme roi de Pologne (24 septembre 1706). Celui-ci espérait pouvoir enfin gouverner paisiblement, lorsque le czar Pierre envahit à son tour la Pologne , déclara qu'Auguste et Stanislas étaient également déchus du trône, et imposa aux Polonais une résolution dans le même sens. Stanislas résista et parvint, grâce à l'appui des Suédois, à contraindre les Russes à évacuer le pays pour aller défendre leurs frontières (1708) ; mais la défaite que Charles XII essuya à Pultava (4 juillet 1709) porta un coup terrible au roi de Pologne, qui se trouva entraîné dans le désastre de son protecteur. Après avoir vainement lutté contre les Russes et l'électeur de Saxe, qui annonça qu'il allait reprendre possession du trône de Pologne, il se réfugia en Suéde, où il attendit le résultat des événements. Le czar ayant imposé aux Polonais pour première condition de paix l'abdication de Stanislas, celui-ci partit pour la Turquie, où se trouvait alors Charles XII, afin de lui demander son acquiescement à son abdication. • Mais, en traversant la Moldavie, il fut arrêté (février 1713) ot envoyé prisonnier à Bender. Grâce k d'habiles négociations, le comte Poniatowski parvint à persuader au sultan qu'il avait tout intérêt à prendre en main la cause de Stanislas contre Pierre le Grand ; et il fut décidé que Stanislas rejoindrait l'armée turque réunie à Choczim et que cette armée opérerait contre les Russes de concert avec Charles XII. Le roi de Pologne venait de partir pour Choczim, lorsque les ministres du sultan, gagnés par l'or du czar, firent changer subitement le sultan de résolution. Stanislas continua à être retenu prisonnier jusqu'au 23 mai 1714. Dépourvu d'ambition, il refusa de prendre part aux nouvelles entreprises du roi de Suède et se borna à aller prendre possession de la petite principauté de Deux-Ponts , que Charles XII lui avait donnée. Ce fut là qu'il passa paisiblement quatre années, que vint seul troubler un complot avorté, dirigé contre sa vie. Trois des conjurés furent arrêtés (15 août 1716) au moment où ils venaient de tirer sur une voiture qu'ils croyaient être la sienne. Ils allaient être massacrés lorsque Stanislas leur fit grâce et ordonna de les relâcher, en leur recommandant de devenir meilleurs. Après la mort do

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Charles XII (décembre 1718) , il se vit contraint d'abandonner au comte palatin Gustave la principauté de Deux-Ponts, où son excessive bonté l'avait rendu très-populaire. Ne sachant où se réfugier, il s'adressa au régent île France, le duo d'Orléans, qui l'autorisa a s'établir à Wissembourg, en Alsace, et lui accorda une pension. Stitnislas vivait obscurément et presque misérablement dans cette ville, car su pension lui était fort mal et très-irrégulièrement payée, lorsque le jeune Louis XV épousa sa nlle Marie Lesczynska (5 septembre 1725). Le beau-père du lui de France quitta alors Wissembourg et alla habiter successivement les châteaux de Chainbord et de Meudou.

La mort d'Auguste II en février 1733 rendit vacant le trône de Pologne. Stanislas, qui vivait en paix, conformément à ses guûts, et qui savait qu'il ne pouvait avoir aucune confiance dans l'appui des Polonais en cas de danger, n'avait nulle envie d'essayer de recouvrer un frêne qui lui avait attiré tant de déboires. Toutefois, il finit par céder à la sollicitation de Louis XV, qui lui promit son appui et des secours. Comme la Russie et l'Autriche, favorables k la candidature du fils d'Auguste II, étaient déterminées à fermer tout passage, soit par terre, soit par mer, à Stanislas, celui-ci trompa leur active surveillance par un déguisement, quitta la France le 26 août, et, après avoir traversé l'Allemagne avec le chevalier d'Andelot, il arriva à Varsovie le 8 septembre. Accueilli avec une grande joie parle peuple, il fut acclamé roi le 11 du même mois, à la suite d'une élection dans laquelle il n'eut contre lui que treize voix. Mais bientôt une année russe, à laquelle se joignirent les partisans d'Auguste III, entra en Pologne et s'empara de Varsovie, Stanislas, ne disposant que .d'une armée de 8,000 hommes, dut se replier et alla s'enfermer dans la forteresse de Dantzig, en attendant les secours de la France. Mais, au lieu d'une armée, il ne reçut qu'uu petit corps de 1,600 hommes commandés par le comte de Bélo et se vit assiégé par les Russes le 20 février 1734. Grâce au courage de la garnison et à l'énergie des habitants, il soutint pendant quatre mois les attaques de l'ennemi; mais, assiégé par terre, bloqué par mer, dans l'impossibilité de se ravitailler en vivres et en munitions, il renonça a continuer une résistance dont le résultat ne pouvait être que fatal, engagea les habitants à capituler, parvint à s'échapper, le 87 juin, déguisé en paysan, et, après avoir couru mille dangers, il arriva entinàKœnigsberg, où il put prendre quelque repos. Le 30 octobre de l'année suivante, Louis XV signa avec l'empereur d'Allemagne le traité de Vienne, par lequel il fut convenu que Stanislas renoncerait à toute prétention ultérieure sur le trône de Pologne , recevrait en échange, sa vie durant, la possession des duchés de Lorraine et dé Bar qui, après sa mort, feraient retour à la couronne de France, et enfin qu'il conserverait le litre de roi. Après avoir solennellement abdiqué à Kœnigsberg le 28 janvier 1736, Stanislas revint en France, puis se rendit, le 3 avril 1737, dans la Lorraine. Pendant vingt-huit ans ce prince gouverna la Lorraine avec une bonté et une sagesse qui lui méritèrent le surnom de Bi«uraisant. Au milieu de ce pays tranquille, il montra toutes les vertus d'un homme qui n'avait aucun des vices des rois. Véritable philosophe pratique, en relation avec les philosophes et les hommes les plus distingués du temps, il employa la pension annuelle de s millions, pour laquelle il avait renoncé aux revenus des deux duchés à créer une Académie à Nancy (1750), à fonder dans cette ville et à Lunéville des collèges, des hôpitaux, des établissements utiles, des monuments, a favoriser les lettres et les sciences et à faire de sa petite cour une réunion de lettrés et d'hommes éminents. Le roi Stanislas avait conservé sa santé et toute son intelligence à l'âge de quatre-vingt-neuf ans, lorsqu'un matin, se trouvant près d'une cheminée, sa robe de chambre prit feu. En voulant l'éteindre, il tomba dans le foyer, ne put se relever et fut trouvé quelques instants après couvert d'affreuses brûlures. Deux jours plus tard, il expirait. 11 fut enterré auprès de sa femme, non loin de Nancy, dans la chapelle de Bon-Secours, où, deux ans plus tard, on déposa le coeur de sa tille. Ce prince avait composé en français divers écrits, notamment l' Incrédulité combattue par le simple bon sens (Nancy, 1760, iti-S°), qui ont été réunis sous le titre à'Œuores du philosophe bienfaisant (Paris, 1703, i vol. in-12). Ses Œuvres choisies ont été publiées par Mlle je Saint-Ouen (1855, in-8°). Il avait, en outre, fait en vers polonais un version de la Bible (Nancy, 1761, in-fol.) et écrit quelques autres ouvrages dans cette langue.

— Iconogr. Une statue en bronze du roi Stanislas a été érigée, en 1831, h Nancy, au centre de la belle place qui porte le nom de ce monarque, à l'endroit même où s'élevait autrefois celle de Louis XV. Celte statue, modelée par Jacquot et coulée d'un seul jet (la- tête excepiée) dans les ateliers de MM. Soyer et Ingé, à Paris, est de grandeur colossale : la main droite est tendue vers l'arc de triomphe érigé à Louis XV ; la tête est nue, avec une perruque du temps; le manteau royal et les autres pièces du vê-

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temont sont peu pittoresques et l'ensemble de la ligure est un peu lourd ; mais la physionomie a une belle expression de noblesse, de majesté et en même temps de bonté. La fonte de cette statue échoua une première fois par suite d'une gerce qui s'était faite dans le conduit portant sur lenterrage; la matière incandescente s'y étant introduite produisit une explosion qui blessa grièvement plusieurs des spectateurs, entre autres l'archéologue Quatremère de Quincy et le peintre Forestier. Une statue de pierre du roi Stanislas a été sculptée, en 1852, par M. Georges Clère pour la décoration du palais de la Faculté , à Nancy. L'église de Bon-Secours, érigée dans cette même ville par Stanislas en 1738, renferme son mausolée, sculpté par Vassé, et celui de sa femme, sculpté par Sébastien Adam, L'œuvre de ce dernier est remarquable ; elle représente Catherine agenouillée, à laquelle un ange vient annoncer le terme de ses épreuves ; l'aigle polonaise, sortant du tombeau, semble soutenir le groupe sur ses ailes éployées. Le mausolée consacré à Stanislas se compose d'une pyramide au devant de laquelle on voit sur un socle la statue de ce prince debout entre les figures de la Lorraine et de la Charité, douloureusement affaissées. Le dessin de ce monument fut exposé par Vassé au Salon de 1771; Diderot critiqua la maigreur de l'ordonnance et le mauvais effet des trois figures formant un triangle. Le tombeau de Stanislas est un but de pieux pèlerinage pour les réfugiés polonais. Dans le grand salon de l'hôtel de ville de Nancy, le plafond peint par Girardet représente VApolhéose de Stanislas, Des portraits de ce prince ont été gravés par Nicolas de Larmessin le jeune (d'après Vanloo), par Bart. Forlino (d'après iiaceiarelli, 1767), etc. Rémond a exposé au Salon de 1831 un paysage historique représentant le Soi Stanislas distribuant des secours aux habitants de Saint-Dié, après l'incendie de 1757.

STANISLAS H (Stanislas-Auguste PoNUtowski) , roi de Pologne , né à Wolezyn (Lithnanie) le 17 janvier 1732, mort h Saint- Pétersbourg le 12 février 1798. Son père , le comte Stanislas Poniatowski, avait été l'ami et Je compagnon d'armes de Charles X!I , et sa mère, Constance Czartoryska, dont il était le huitième enfant, descendait des Jugellons. Le jeune Stanislas-Auguste, doué de l'extérieur le plus agréable, élevé avec le plus grand soin, se lit remarquer de bonne heure pur son goût pour les lettres. Après avoir servi quelque temps dans l'armée russe, il fut malgré sa jeunesse nommé staroste et assista comme nonce à la diète de Grodnô (1752). En 1753, il se rendit avec son père a Paris. Le comte Poniatowski devint un dos habitués du salon de Mmo Geoffrin, qui avait alors cinquante-quatre ans, et, en retournant plus tard en Pologne, il laissa Stanislas à Paris, en le recommandant à son amie d'une façon toute particulière. Mme Geoffrin prit son rôle au sérieux et prodigua de sages conseils au jeune homme, tout en fermant les yeux sur ses fredaines et en payant ses dettes. A la suite de certaines aventures galantes, Stanislas-Auguste dut quitter la France et Mme Geoffrin, à qui il donnait le nom de mèrj et avec laquelle il entretint depuis lors une longue correspondance. Après avoir fait une excursion à Londres, où il se lia avec le diplomate sir Hunbury Williams, il retourna en Pologne, se mêla aux grandes affaires de son pays et fut nommé grand panetier de Lithuanie. En 1755, Stanislas-Auguste se rendit a Saint-Pétersbour?. Présenté à la cour par son ami Hanbury Williams, ambassadeur d'Angleterre, il y reçut un excellent accueil, se fit remarquer par son esprit et par l'agrément de ses manières, et sut inspirer une violente passion à la grande-duchesse hériritiére, qui devait être plus tard Catherine II. De la part de cette dernière, l'amour fut vif, mais ne survécut point à l'absence, tandis que l'affection que ressentit pour elle Stanislas Poniatowski fut aussi sincère que durable. Les relations intimes des deux amants furent encouragées par la famille de Czartoryski, qui espérait en tirer parti pour ses vues ambitieuses. Par leur crédit, Stanislas obtint d'être envoyé en qualité d'ambassadeur près la cour de Saint-Pétersbourg; mais, au bout de quelque temps, le cabinet de Versailles, qui le trouvait trop favorable aux Anglais, demanda son rappel, et l'impératrice Elisabeth, favorable à la France, voyant, du reste, que les assiduités du jeune diplomate auprès de la grande-duchesse Catherine indisposaient le grand-duc, ugit dans le même sens auprès d'Auguste 111, roi de Pologne. Ce fut avec le plus vif chagrin que Stanislas dut quitter Saint-Pétersbourg et Catherine. Celle-ci lui remit alors pour son père une lettre dans laquelle se trouvait ce passage : a Charles XII a distingué votre mérite ; je saurai distinguer celui de votre dis et l'élever peut-être audessus de Charles XII lui-même. > Irrité contre le roi Augustj III et encore plus contre son ministre Bruhl, Stanislas se jeta dans l'opposition, dont il devint un des principaux chefs. L'avènement de Catherine au trône de Russie, en 1672, vint augmenter encore sa situation, car en ce moment la mort d'Auguste III semblait prochaine , et il n'était point douteux que Catherine ne fit tout pour donner le trône de Pologne ù son ancien amant.

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Lorsque Stanislas apprit l'assassinat de Pierre III et l'avènement de Catherine II, « il était couché, dit M. L. Chodzko, ayant de chaque côté de son lit un portrait de Catherine, l'un en Bellone, l'autre en Minerve. A cette nouvelle, il se leva brusqueinentet, dans sa joie, se jeta à genoux, s'adressant tout ensemble à l'émissaire, au ciel et aux deux portraits. «Il allait se rendre à Saint-Pétersbourg lorsqujl recul de Catherine une lettre, datée du 2 août 1762. « J'enverrai bientôt, disait-elle, le comte de Keyserling, mon ambassadeur, pour vous faire roi dès qu'Auguste III aura cessé de vivre. En cas qu'il ne puisse réussir h vous faire élire, je veux que ce soit le prince Adam Czartoryski, votre cousin. » Ayant représenté avec chaleur à l'impératricequ'étant auprès d'elle il serait beaucoup plus utile à sa patrie qu'en occupant le trône, elle lui lit comprendre qu'elle ne désirait plus sa présence à la cour, que d'ailleurs » il ne fallait pas choquer Alexis Orloff, dont la passion pour elle était publique. • Poniatowski se résigna donc à différer son voyage, bien que l'amour fût bien près, chez lui, d'imposer silence ii l'ambition. • Quoique l'inconstance de Catherine fût notoire, Stanislas-Auguste n'en conserva pas moins sur elle toutes ses illusions, et ce ne fut que bien plus tard, après la série de mécomptes et d'humiliations qu'il subit à l'occasion du premier partage de la Pologne, que l'indignation la plus réelle mit fin à son grand amour. Du reste, en 1762, Catherine II lui témoignait encore une sollicitude assez vive pour qu'il pût croire a son affection. Peu après arriva a Varsovie l'envoyé de la czuriue, qui était un ancien professeur de grammaire de Poniatowski.

Ce personnage était chargé de fournir à la famille Czartoryska les sommes nécessaires pour lever des troupes et de tout préparer pour amener l'élection au trône de Stanislas dès qu'Auguste III aurait cessé de vivre, La Pologne fut alors divisée en deux partis : le parti national, ayant à sa tête les Radziwill, les Potocki, les Braniki, et le parti des Czartoryski, s'appuyant sur la Russie et disposant dès cette époque de toutes les charges.

Auguste III étant mort à Dresde le 5 octobre 1763, les diètes polonaises furent convoquées pour élire la diète suprême qui devait choisir un roi. Voulant, malgré les cabinets de Vienne et de Versailles, assurer le trône à son ancien amant, Catherine envoya à Varsovie un agent actif, le prince Repnin, puis des troupes au moment où la diète venait île s'y réunir. • Les Russes entourèrent le château royal où était assemblés les députés, dit M. Chodzko, et les Cosaques formèrent la haie le long des rues qui menaient au camp moscovite, afin de faciliter l'entrée des troupes en ville au premier signal de Repnin et de la famille (c'estninsi qu'on appelait le parti des Czartoryski et de Stanislas). Les lois et usages furent alors renversés; on passa outre k l'opposition nationale; le président légal, AdaniMalachowski, fut ex puisé, et Adain- Casimir Czartoryski prit sa place. » Ces violences accomplies, il fallut exécuter les instructions secrètes de Catherine II; c'est Poniatowski qui s'en chargea, et, dans une harangue artificieuse, il s exprima ainsi : « Les bons citoyens peuvent être alarmés; mais nous devons tous nous confier dans les vertus de S. M. l'impératrice de Russie. Je puis affirmer que ses troupes qui nous entourent ne sont venues que pour maintenir la paix, rétablir l'ordre et empêcher les citoyens de se massacrer. Je propose que la diète écrive à l'impératrice pour remercier cette auguste, vertueuse et magnanime princesse des services qu'elle rend a notre république. » Il est inutile d'ajouter que le parti dominant fît voter tout ce qu'il voulut; tout du reste était préparé d'avance. Lorsque la dièle d'élection se réunit le 27 août suivant, on eut soin d'écarter tous les patriotes; la candidature de Stanislas-Auguste fut posée au nom de la czatïne, et les partisans de ce dernier, au nombre de quatre à cinq mille seulement, débarrassés d'adversaires gênants, proclamèrent i'oi de Pologne Stanislas (7 septembre 1764). Deux jours plus tard, le nouveau roi écrivait à Mme Geoffrin : i J'ai eu .a satisfaction d'être proclamé par la bouche de toutes les femmes comme par celle de tous les hommes de ma nation présents à cette élection ; car l'archevêque-primat, qui recueillait les suffrages, en passant devunt leur carrosse, leur a réellement fait la gentillesse de leur demander qui elles désiraient pour roi. Que n'éliez-vous là, ma chère maman, vous auriez nommé votre lils 1 < Le 25 du mois suivant eut lieu la cérémonie du couronnement. Stanislas acheva d'indisposer con'lre lui les patriotes en substituant au costume national porté par les princes dans cette cérémonie un costume de pure fantaisie.

Devenu maître du pouvoir, Stanislas essaya de se concilier l'opinion eu introduisant des réformes utiles, en créant une fonderie de canons, une école militaire, en restreignant le liberum veto aux questions politiques, en réduisant les privilèges des grands dignitaires, en augmentant l'armée, de concert avec la diète de 17G6. Toutefois, quelques-unes des innovations de Stanislas déplurent au parti patriote, qui, à l'appel de Charles Radziwill, forma la ligue de Radoiu. L'impératrice Catherine II , sous le pré texte de dissiper celte ligue, fit entrer une

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armée russe en Pologne, enlever de force trois sénateurs , qu'on déporta en Russie , et força la diète de 1768 à reconnaître la liberté des cultes pour tous les dissidents, membres de l'Eglise grecque, luthériens, calvinistes, avec la faculté pour tous d'arriver ù tous les emplois. Les catholiques se joignirent alors au parti hostile à la Russie, pour combattre la liberté de conscience qui venait d'être proclamée et s'opposer à un ensemble de mesures législatives udoptées sous la pression de la Russie. Ce fut alors que se forma la célèbre confédération de Bar, ayant pour chef l'évêque Krusinski (29 février 1768). La guerre civile éclata. Dans un manifeste, la confédération déclara le trône vacant et décida que Stanislas serait enlevé, livré à Pulawski, général des confédérés, ou mis à mort si l'enlèvement ne pouvait s'exécuter. Le 3 septembre 1771, quelques hommes armés enlevèrent Stanislas h Varsovie, le blessèrent à la tête et l'entrulnèrent hors des murs. Conduit dans une forêt, le roi se trouva bientôt seul avec Kosinski, chargé de le tuer s'il tentait de fuir. Mais Stanislas parvint à, émouvoir son gardien, qui lui rendit la liberté, et il fit partir celui-ci pour l'Italie, où il lui envoya pendant longtemps une pension. Depuis quatre ans, les confédérés luttaient contre les troupes de Stanislas et les Russes, lorsque, privés de tout secours, ils Unirent par succomber. Ce fut alors que Catherine II conclut avec Frédéric II et Marie-Thérèse d'Autriche un traité par lequel les trois autocrates procédèrent au premier partage de la Pologne (18 septembre 1772). Chacun des trois souverains spoliateurs s'empara de ce qui lui convenait, et le reste de ce malheureux pays fut laissé à Stanislas, qui dut reconnaître solennellement la cession des territoires envahis. Quant à l'Europe, elle assista impassible au démembrement de ce pays tombé dans ta situation la plus misérable. En même temps que Stanislas se trouvait réduit h une ombre de pouvoir, le cabinet de Saint- Péiersbourg introduisait de force de grandes niodilications dans la constitution polonaise. Devenu l'humble vassal de son ancienne maltresse, le roi de Pologne n'eut jamais la pensée de secouer son joug. Il n'eut même pas l'idée d'abdiquer pour protester contre le plus odieux des attentats de la force. Il continua à exercer un pouvoir précaire sur les possessions dont les trois puissances lui avaient garanti l'intégrité, sans se douter que cette garantie était nu leurre. Toutefois, il manifesta quelques bonnes intentions, s'occupa d'encourager les lettres, le commerce, l'industrie et consacra à l'instruction publique les biens enlevés u l'ordre des Jésuites, qui venait d'être supprimé. En 1787, Stanislas no rougit point d'accompagner Ja czurine dans son voyage eu Tauride et de lui donner les' témoignages de la plus plate adulation, tandis que calle-ci le traitait avec la plus grande indifférence. L'année suivante, la guerre ayant éclaté entre la Russie et la Turquie, Catherine II demanda à la diète polonaise de lever en Pologne 30,000 hommes de cavalerie; mais cette demande fut repoussée et, dans l'espoir de secouer le joug moscovite, les Polonais conclurent, le 29 mars 1790, un traité d'alliance défensive avec la Prusse. La diète de Varsovie, qui devait devenir célèbre sous le nom de grande diète et de dièle constituante, crut pouvoir alors rédiger une constitution nouvelle, malgré la représentation de Stanislas, qui affirmait qu on indisposerait la grande impératrice, a si sincèrement attachée k la Pologue, » La diète n'en continua pas moins sou œuvre et promulgua la constitution du 3 mai 1791. Par cet acte, la couronne était déclarée héréditaire dans la maison de Saxe ; le pouvoir exécutif appartenait au roi, assisté d'un conseil privé composé du primat, de cinq ministres et de deux secrétaires; le pouvoir législatif appartenait aux états divisés en deux Chambres; le liberumveto, le conseil permanent et les confédérations étaient supprimés. La religion catholique, bien que religion d'Etat, n'empêchait en rien la liberté des autres cultes; la noblesse conservait ses privilèges, mais elle était imposée du dixième de son revenu et les paysaus se trouvaient placés sous la protection de lois spéciales-, des droits politiques étaient conférés k la bourgeoisie; enfin on élevait à 100,000 hommes le contingent de l'armée. Pendant que Stanislas faisait à cinq reprises le serinent de maintenir la constitution, les nobles prenaient la résolution de la renverser et formaient dans ce but la confédération de Targowicz. Sur ces entrefaites, Catherine U signait la paix avec les Turcs, déclarait ta guerre à la Pologne, sous prétexte de secourir les confédérés, et amenait, par la promesse d'un nouveau partage, le roi de Prusse à. rompre son traité avec les Polonais. Vainement, dans ce péril extrême, la diète supplia Stanislas de se mettre à Ja tète de l'armée, que commandait l'héroïque Kosciusko ; ce prince, oubliant tous ses serments, commit la lâcheté d'obéir à Catherine en reconnaissant la confédération de Targowicz (25 août 1792). L'année suivante, la czariue procéda, de concert avec le roi de Prusse et l'Autriche, au second partage de la Pologne (22 juillet-25 septembre 1793) et réunit la diète de Groduo. Cette assemblée, terrinée par la présence de l'armée russe, consentit à abroger la constitution de 1701 et a. reconnaître l'acte odieux qui démembrait

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le pays; mais les patriotes polonais protestè- ■ rent avec énergie. Résolus à secouer le joug odieux qu'on leur imposait et à sauver la patrie et 1 honneur, ils s'insurgèrent à Craeovie le 24 mars 1794 et proclamèrent Kosciusko dictateur. Pendant que, durant sept mois, malgré l'écrasante infériorité de leurs forces, ils faisaient de suprêmes efforts pour reconquérir leur indépendance, Stanislas, qui se trouvait à Varsovie au milieu des Russes, content de régner sur un lambeau de terre et de posséder encore le titre de roi, Stanislas obéissait aveuglément aux ordres de Catherine et poussait la bassesse jusqu'à déclarer criminel, dans une proclamation, le grand Kosciusko, La victoire de Maeiéjoviee et la prise de Varsovie par les Russes (octobrenovembre 1794) consommèrent la ruine de la nationalité polonaise. Vainement Stanislas accueillit presque comme un sauveur le farouche Som'arow; il reçut de Catherine l'ordre de quitter Varsovie et de se retirer à Grodno (7 janvier 1795), et, le 25 novembre suivant il était contraint de signer son abdication. II. put mesurer alors à quel degré d'abaissement l'avaient conduit ses lâches condescendances envers Catherine, et la dernière de ses illusions s'évanouit, lui 1797, sur l'ordre de Paul 1er, il dut se rendre à Saint- Pétersbourg;, où il vécut d'une pension de 2,350,000 francs que lui firent les trois puissances spoliatrices. Stanislas, qui ne s'était point marié, fut emporté par une attaque d'apoplexie a l'âge de soixante-six ans.

STANISLAVOW, ville de l'empire d'Autriche, dans la Galioie, à 130 kilom. S.-E. de Lemberg, sur la Bistritza, chef-lieu du cercle de son nom; 10,800 hab. Tribunaux, gymnase. Commerce de grains et de tabac. Cette ville, bâtie dans une plaine fertile et agréable, possède une assez belle église paroissiale et, sur la place principale, une statue de l'empereur François Ier.

STANKAR (François), théologien polonais d'origine italienne, né à Mantoue en 1501, mort en. 1574. 11 était médecin dans sa ville natale, lorsqu'il fut obligé de la quittera cause des persécutions que lui attirait son penchant pour les doctrines de la Réforme. Il se réfugia d'abord en Suisse, puis à Vienne, d'où il lut appelé, en 1547, comme professeur de langue hébraïque à l'université de Cracovie ; mais là, on le jeta en prison sous" prétexte d'hérésie. S'étant échappé, il alla prendre la direction de l'école de Pinczow et y introduisit les dncirines de Zwingle. En 1551, Albert, prince de Prusse, nomma Stankar professeur de théologie à Kœnigsberg, où il devint l'adversaire le plus opiniâtre d'Osiander. Obligé dès l'année suivante de quitter Kœnigsberg, il se rendit à Francfort-sur-l'Oder, où il s'occupa d'enseignement et de controverse religieuse et se brouilla avec Mélanolttbou et Bugenhagen. De retour en Pologne, il y prêcha la Réforme. 11 trouva de nombreux partisans parmi les membres de l'aristocratie, mais il se vit repoussé par les synodes de Slomniça (15D4) et de Sandoinir (1559). Les protestants, ayant peu de confiance en lui, demandèrent l'avis de l'Eglise de Genève. Eu 1560, Calvin entreprit de réfuter les doctrines de Stankar; mais celui-ci se défendit avec une violence furieuse, qui ne fit qu'accroître la haine de ses adversaires ; ceux-ci, il est vrai, ne se montraient pas plus modérés que lui dans leu" langage, et Calvin et de Bàze l'accusèrent amèrement de répandre le sociniauisine en Pologne. On a de lui, entre autres écrits : Canunes reformationis Ecetesiarum polonicarum (Francfort, 1552), ouvrage contre lequel Mêlanchttion écrivit une fiesponsio de coittroversiis- Stancari (1553) ; De Triai tate et mediatore Domino nostro Jesu Clirislo advenus Henricum Uullinyrrwn, Petrum Itlurturem et Joumiem Caloinam (15S2) ; Libri duo quorum primus est opolouia adversus eos gai eum et morosilalis et iracundis accusant; aller de vera et recta inter Stanistaum Sarnicium Potonum et Franciscum Stanearttin Manltianum ineundse concordix in fi.de ratione (1507); De trinitale et unitate Dei (1567); Tria papistorum fundamenta (1571), etc.

STANLEY (Thomas), philologue anglais, né a Cumberlow, comte d'Hcrtford, en 1625, mort à Londres en 1778. Il compléta ses études» Cambridge, voyagea ensuite sur le continent et revint se fixer à Londres, au milieu des jurisconsultes de Middle-Temple, partageant son temps entre l'étude du droit et celle des classiques de l'antiquité. Stanley était intimement lié avec le poète Edward Sherburne et avec Joseph Mar?ham. Grâce à ses talents et à sa naissance ( il était petit-fils d'un enfant naturel du comte Edouard Derby), i! contracta un riche mariage qui lui permit de s'adonner entièrement à ses goûts favoris. On lui doit : Poems and translations (Londres, 1649, 2 vol. in-SO); History of philosop/iy (1655, 3 vol. in-fol.), ouvrage dans lequel il expose les doctrines par des citations, sans porter de jugements critiques; JEschyli tragœdix Vil, cum scholiis (1064, in-fol.), édition estimée; des traductions anglaises d'ouvrages italiens, espagnols, français, entre autres d'Aurore Ismènie et le prince, de Perez de Montalvan ; du Discours sur l'amour, de Pic de La Mirandole (1 G51); ù'Oronte de Chypre, de Preti (1650); des Poésies de Viaud, etc.

STANLliY (Thomas-John r/ALDERLEY, ba-

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ronnet), voyageur et homme politique anglais, né à Alderley en 1766, mort en 1850. Il dirigea en 1789 un voyage scientifique en Islande. Elu membre de la Chambre des communes, il ne siégea que dans le Parlement de 1790-1796. Il devint ensuite doyen des juges de paix de Cheshire et fut élevé à la pairie le 9 mai 1839. On a de lui une traduction du roman Leonora, de G.- A. Burger, et deux lettres écrites au docteur Black pendant le voyage d'Islande, au sujet des eaux minérales de cette île. Ces deux lettres se trouvent dans le tome III des Transactions philosophiques de la Société royale et sont reproduites par G. Maekensie dans son ouvrage sur l'Islande (1811). La relation écrite par Stanley de son voyage scientifique en' Islande en 1789 est conservée à Alderley-Park, mais presque^ rien n'en a été publié,

STANLEY (Edouard), écrivain et évêque anglais, né à Londres le l«r janvier 1779, mort au château de Brabow, en Ecosse, en 1849. Il étudia la théologie à Cambridge et devint recteur d' Alderley, où il resta pendant trente-deux ans. Il devint évêque de Norwich et soutint à la Chambre des lords les idées libérales, qu'il avait toujours hautement professées. Il faisait partie de plusieurs sociétés savantes et iia inséré divers articles dans le Blackioood's Magazine et dans plusieurs autres revues. On à, en outre, de lui : Histoire familière des oiseaux, de leurs mœurs et de leurs instincts (1S35, î vol.).

STANLEY (Henri), journaliste et voyageur américain, né vers 1840. El s'est acquis une grande célébrité en accomplissant une longue et périlleuse exploration dans l'Afrique centrale à la recherche du docteur Livingstone. En 1871, le bruit ayant couru de la mort du célèbre voyageur, dont on n'avait plus de nouvelles précises depuis trots ans, deux expéditions, parties l'une d'Angleterre, l'autre des Etats-Unis, furent envoyées à sa recherche. A la tête de la seconde, dont un journal américain, le Nelo-York Herald, avait fait les fiais à lui seul, fut placé M. Henri Stanley, l'un des rédacteurs du journal. L'expédition gagna Zanzibar, où elle s'aboucha avec le consul anglais, et, pénétrant dans l'intérieur du continent africain, parcourut, au prix de fatigues inouïes et au milieu de périls sans cesse renaissants, la vaste région baignée par le Zambèze, où le docteur Livingstone avait laissé ses dernières traces. La caravane s'achemina, le drapeau américain en tète, à. travers des pays inconnus dont aucun de ses membres ne savait la langue, et eut à souffrir non-seulement de la faim, de la soif, des fièvres, mais encore de l'hostilité des indigènes. A Mamyena, il fallut livrer un combat sérieux ; les Arabes que M. H. Stanley avait emmenés de Zanzibar lâchèrent pied honteusement", quatre Aiuéri- • cains perdirent la vie dans la lutte. Enfin l'expédition rencontra par hasard le docteur Livingstone sur la rive orientale du lac Tanganyika, dans le village d'Ujiji, où il était depuis quelques mois en proie au plus extrême dénûment et dangereusement, malade.

H. Stanley était arrivé de nuit, a-t-il raconté, dans un village situé sur la rive orientale du Tanganyika. C'était à la lin de novembre 1871. Il fit tirer quelques coups de feu pourréveiller les indigènes ; l'un d'eux aussitôt le salue d'un Good morning, sir, en excellent anglais : c'était un domestique de Livingstone. 11 courut avertir son maître qu'une caravane, conduite par un blanc, le demandait, et, peu de temps après, M. Stanley se trouvait en présence de celui que les natifs désignaient sous le nom d'Homme blanc. Le récit de cette rencontre presque miraculeuse fut d'abord accueilli en Europe avec une certaine incrédulité. En même temps que M. Stanley en donnait connaissance aux autorités anglaises de Bombay et au New-York Herald, il faisait parvenir cinq lettres du docteur Livingstone, relatant les péripéties des dernières explorations du voyageur. Sir Henry Rawlinson, président de la Société royale de géographie de Londres, traita l'expédition de M. H. Stanley de o vaste et immoral humbug (blngue),» imaginé par les Américains pour se donner de l'importance, et déclara que les lettres de Livingstone avaient été fabriquées par de mauvais plaisants; que la fausseté en était de toute évidence. A la Société de géographie de Ber- ' lin, M. Kiepert soutint la même opinion en termes encore plus tranchants. Or, les lettres étaient parfaitement authentiques, et la rencontre de M. H. Stanley avec le docteur Livingstone, si fortuite qu'elle eût été, était non moins incontestable. Les deux éminents géographes durent baisser la tête. Voilà comment il faut se lier aux autorités les plus compétentes. Depuis, !e docteur Livingstone adressa plusieurs lettres amicales à M. G. Bennett, directeur du New- York Herald, qui avait fourni les sommes considérables nécessaires à l'expédition et auquel il se considérait comme redevable de la vie.

L'expédition avait atteint le but désiré; elle laissait a Livingstone des vivres, des instruments, 1,000 livres sterling et renouait, par une série de postes qu'elle avait établis, les communications de l'explorateur avec la côte. II. Stanley revint à Zanzibar et de là passa en Europe, où il fut accueilli, à Londres et à Paris, par de chaleureuses ovations. Des banquets furent organisés en sa faveur par les sociétés de géographie ; la reine Vie-

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toria lui fit présent d'une tabatière en or enrichie de diamants; lord Granville le félicita du zèle et de la prudence qu'il avait déployés dans une entreprise considérée comme presque impossible ; à Paris, M. Washburne, ministre des Etats-Unis, salua en lui un voyageur intrépide destiné à couvrir de gloire sa patrie.

A la suite de ces premiers succès, le JVew- York Herald et le Daily Telegraph résolurent de faire les frais d'une seconde expédition, à la tête de laquelle serait encore placé M. H. Stanley, et destinée à poursuivre les travaux d'exploration des sources du Nil, sur les traces de Speke, de Grant et de Livingstone. La mort de ce dernier, arrivée en avril 1874, donna un nouvel élan à ces recherches. M. H. Stanley partit de Zanzibar le 19 octobre 1874, à la tète d'une caravane composée d'environ 300 indigènes et d'un petit nombre d'Américains, et reprit la route qu'il avait précédemment parcourue. Au mois de décembre suivant, il atteignait le district de Mponapona, dans le pays d'Usagaut, puis Mgongo- Tenibo, et les dernières nouvelles, parvenues en Europe à la fin d'octobre 1875, relataient la reconnaissance opérée d'un lac immense, le Victoria-Nyanza. De Mponapona à Mgongo l'expédition avait déjà perdu 120 hommes, dont 2 Européens, morts de fatigue ou tués par les indigènes; elle en perdit encore 26 de Mgongo au lao Victoria. Cette première partie du voyage accomplie, pour une fraction sur les traces de Speke, de Burton et de Grant, pour l'autre dans des régions restées jusqu'à présent inconnues, pourra avoir pour la science géographique des résultats importants. La suite de l'exploration promet d'être encore plus fructueuse.

La traduction complète du voyage de II. H. Stanley à la recherche du docteur Livingstone a paru à la librairie Hachette (1873, in-8° illustré); des extraits en avaient déjà été donnés dans le Tour du monde.

STANLEY (Edouard-Henry Smith, lord), puis comte de Derby, homme d'Etat anglais. V. Dkrby, au Supplément.

STANLEYB s. f. (stau-lè — de Stanley, lord angi.). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, groupe des notorhizées, dans l'Amérique du Nord.

STANNAGE s. m. (sta-na-je — du lat.

stannum, étain). Techn. Opération qui consiste à imprégner une étoffe d'une dissolution d'étain, avant de la teindre.

STANNATE s. m. (stnnn-na-te — du lat.

stannum, étain). Chim. Sel résultant de la combinaison de l'acide stannique avec une base.

STANNEUX, EUSE adj. (sta-neu, ou stannneu — du lat. stannum, étain). Chiin. Se dit d'un des oxydes de l'étain. Il Sulfure stanneux, Premier degré de sulfuration de l'étain,

STAHNIGO-PHOSPHOBIQUE adj. (stannni-ko-fo-sfo-ri-ke — de stannique, et de phosphorique). Chim. Se dit d'un chlorure d'étain et de phosphore.

— Encycl. Chlorure stannico-phosphorique.

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