V. PHOSPUORIQUB
STANNIDE adj. (starm-ni-de — du lat.
stannum, étain; eidos, aspect). Miner. Qui ressemble à l'étain.
— s. m. pi. Famille de minéraux, qui comprend l'étain et ses combinaisons.
STANNIFÈRE adj. (stann-ni-fè-re — du lat. stannum, étain ; fero, je porte). Techn. Qui contient de l'oxyde d'étain, qui est à base d étain : Gtaçitre stannifère. Email STANNIFÈRE. La faïence commune est une poterie STANNIFÈRE.
STANNIFÉRER v. a. ou tr. (stann-ni-fé-ré — rad. stannifère). Techn. Recouvrir d'une glaçure stannifère.
STANNINE s. f. (stann-ni-ne — du lat.
stannum, étain). Miner. Substance qui contient des sulfures d'étain et de fer.
•— Encycl. La stannine, appelée aussi étain pyriteux, est une substance d'aspect métalloïde, gris jaunâtre, compacte, à cassure granulaire ou un peu conchoïdale. Sa densité est environ 4,5 en moyenne. C'est un sulfure triple d'étain, de cuivre et de fer. Elle fond au chalumeau et recouvre le charbon d'une poussière blanche non volatile. Elle se dissout dans l'acide azotique avec un précipité blanc immédiat. La solution laisse déposer un peu de cuivre sur une lame de fer, bleuit par l'ammoniaque et précipite en même temps de l'oxyde de fer. Ce minéral présente deux variétés principales, l'une laminaire, l'autre massive. On le trouve en petites masses dans diverses localités du comté de Cornouailles, notamment à Huel-Rock et au Mont-Saint-Michel.
STANNIQUE adj. (stann-ni-ke— du lat.
stannum, etain). Chim, Se dit d'un acide qui s obtient en précipitant un stannate soluble par un acide. Il Sulfure stannique, Second degré de sulfuration de l'étaiu.
— Encycl. V. ÉTAIN.
STAMNOÏDE adj. (stann-no-i-de — du lat.
stannum, étain, et du gr. eidos, aspect). Miner. Qui ressemble à l'étain : Métaux stan-
HOÏDES.
— s. m. pi. Famille de métaux comprenant l'étain, l'antimoine et l'osmium. .
STAN
STANOSTHÊTE s. m. (sta-no-stè-te). Enlom. Syn. d'EUPLECTE.
STANOVOÏ ou IABLOSOÏ (monts), immense chaîne de montagnes duN.-E. de l'Asie, dans la Sibérie. Cette chaîne, qui se rattache nu système de l'Altaï, commence au S. du lac Baïkal, près de Kiakhta, s'avance au N.-E., à travers le territoire du Trans-Baïkal et le gouvernement de Iakoutsk, jusqu'au cap Oriental, sur une étendue de 6,000 kilom., séparant au S.-E. le bassin de l'Amour da celui de la Lena. Elle envoie un contre-fort dans la presqu'île du Kaintchaïka et donne naissance à de nombreux cours d'eau, dont les plus importants sont la Koliina, l'Indigirka et I'Anadyr. Elle ne présente pas da sommets très-élevés; le Tchokondo, point culminant de la chaîne, ne dépasse pas 2,500 mètres. Les monts Stanovoï renferment des mines d'or, de cuivre, de fer et de zinc; dans la partie S.-O. de la chaîne sont les riches mines de Nertschinsk. Cette partie des monts Stanovoï porte aussi le nom de montagnes de Daourie.
STANS PEDE IN UNO (Debout sur un seul pied), Fin d'un vers d'Horace (Satires, I. le', stv, v. 10). » Lucilius avait ce défaut : dans l'espace d'une heure, il dictait deux cents vers debout sur un seul pied. »
L'expression d'Horace répond à notre locution familière : Au pied /eue.
« Je voulais vous écrire une lettre plus digne de vous; mais sachez, monsieur, que je vous écris stans pede in uno, dans une maudite auberge, entouré de bruit et d'importuns. »
P.-L. Courier.
o De la colonne où il était perché stans pede in uno, voyant quelques marchands français qu'une pieuse curiosité attirait vers lui, saint Siméon Stylite les pria de faire ses compliments à sainte Geneviève et de le recommander à ses prières. »
Arnault.
• C'est un ouvrage de beaucoup de temps qu'une bonne traduction. Il en coûte souvent moins d'être auteur de son cru, Putru a été quatre ans à traduire la première période de \'0raison de Cicéron pour le poëte Arehias. Nos traducteurs, aujourd'hui, sont beaucoup plus expéditifs, et ils vous traduiront un auteur quelconque en moins de quinze jours, slantes pede in uno.
Cousin d 'A vallon.
STANTÉ , ÉE adj. Autre orthographe du mot STENTÉ.
STANTON (Edwin-M.), homme d'Etat américain, né à Steubenvilie, Etat d'Oliio, en 1815, mort en décembre 1869. Après avoir terminé, en 1834, ses études au collège de Kenyon, il entra dans une librairie de Columbus, mais renonça bientôt au commerce pour s'adonner à l'étude du dmit, et exerça la profession d'avocat dans différentes villes de l'Etat d'Ohio et de la Pensylvanie. 11 obtint de nombreux succès au barreau et acquit en outre la réputation d'un jurisconsulte éininent. En 1857, il alla s'établir à Washington, afin de se trouver plus rapproché du siège de la cour suprême des Etats-Unis (United States Suprême court). Il y mena k bonne tin un grand nombre de procès importants, dont la plupart étaient relatifs à des délimitations de propriétés. Aussi, en 1858, l'attorney général Black l'envoya-t-ii en Californie pour y défendre les intérêts de l'Union dans un procès d'une haute importance, au sujet de terres appartenant antérieurement au Mexique. Black ayant succédé, en 18G0, à Lewis Cass comme secrétaire d'Etat, le président Buchanan appela aux fonctions d'attorney général Stanton, qui lit beaucoup de difficultés pour accepter; car, bien qu il appartînt au parti libéral, il était un adversaire décidé de la politique sécessioniste de Buchanan, et bien des fois, dans le conseil des ministres, il éleva la voix en faveur du maintien de. l'Union. Abraham Lincoln ayant été élevé à la présidence choisit d'abord Simon Cameron pour ministre de la guerre; mais Caineron était plutôt au courant de la politique intérieure que des affaires militaires, et il devint bientôt évident qu'il n'était pas à la hauteur de ses fonctions, surtout au milieu des difficiles circonstances qu'avait créées la guerre civile. Lorsqu'en janvier 1862 il résigna son portefeuille, ce fut Edwin Stanton qu'après de longues tergiversations Lincoln appela à ce poste, qui entraînait une responsabilité extraordinaire. S:anton n'était pas un soldat de profession, mais il possédait une rare énergie et de grands talents administratifs. Sa nomination causa, du reste, un étonnement général aux Etats-Unis; car rien jusqu'alors n'avait pu faire prévoir que Lincoln lui donnerait un poste si peu en rapport avec ceux qu'il avait remplis jusqu'à cette époque. Le nouveau ministre entreprit aussitôt, avec une ardeur infatigable, la réforme radicale de l'administration militaire, et son activité produisit bientôt les meilleurs résultats dans toutes les branches de ce service. C'est à lui surtout que revient l'honneur de l'initiative de la brillante et décisive expédition que le général Buttler et l'amiral Karragut exécutèrent contre la Nou-
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velle -Orléans; ce fut aussi par son ordre que le gouverneur du Massachusetts, Andrew, forma, au commencement de l'année 1864, le premier régiment de nègres; enfin, dès qu'il eut pris en main les rênes de l'administration, le système indécis suivi jusqu'alors changea complètement; le Nord ne fit plus la guerre « avec l'épée dans une main et la palme de la paix dans l'autre, • comme on le disait emphatiquement; il la fit, an contraire, avec une grande énergie et d'une façon tout aussi meurtrière que le Sud l'avait faite dès le commencement des hostilités. Peu de temps avant la mort de Lincoln, Stanton voulut résigner son portefeuille; mais il le conserva sur les instances pressantes du président. On comprendra facilement qu'au milieu des circonstances difficiles dans lesquelles Stanton se trouvait placé, il se trouva plus d'une fois en désaccord avec certains généraux, dont la fierté se pliait difficilement à l'idée de se voir sous la dépendance d'un avocat; tel fut, entre autres, son différend avec Sherman, lorsque ce vaillant général régla d'une façon un peu partiale les conditions de la reddition du général sudiste J.-E. Johnston. Mais, en résumé, l'administration de l'ex-attorney général se distingua surtout par une grande énergie, une activité féconde en heureux résultats, un patriotisme incontestable et un courage que rien ne put jamais ébranler. Stanton possédait la confiance.entière de Lincoln, qui lui en donna, à différentes reprises, les preuves les plus éclatantes. Lorsque, après le meurtre du président, Andrew Johnson eut pris en main le pouvoir, les meilleurs rapports existèrent au début entre le ministre de la guerre et son chef immédiat. Cependant Johnson se rapprocha graduellement, de plus en plus, du parti démocratique, tandis que Stanton demeurait fermement attaché au parti républicain, qui l'avait toujours compté parmi ses membres. Le président voulait éloigner le ministre indisciplinable, qui lui était devenu odieux par la résistance invincible qu'il opposait à ses plans contre la réorganisation du congrès, et, en août 1S67, il le suspendit de ses fonctions; mais Stanton fut rétabli bientôt après par le sénat de l'Union, et le résultat final de cette mesure arbitraire fut le procès, unique dans l'histoire des Etats-Unis, entamé contre le président. Ce dernier ayant été acquitté, faute d'une voix pour compléter la majorité des deux tiers du Sénat, nécesbaire pour sa condamnation, Stanton déposa son portefeuille en mai 1S6S et vécut a l'écart des affaires publiques. Mais, lorsque le général Grant posa sa candidature à la présidence, il n'hésita pas à se prononcer de la manière la plus déoisive en faveurde son élection. Peu de temps avant sa mort, il fut nommé, par le nouveau président, juge à la cour suprême de l'Union. La république américaine a perdu en lui un de ses hommes d'Etat les plus éminents.
STANTZAÏTE s. f. (stan-tza-i-te). Miner.
Variété d'andalousite.
STANVHURST (Richard), érudit irlandais, né à Dublin vers 1548, mort h Bruxelles en 1618. Il lit ses humanités à Oxford, étudia le droit civil à Londres, retourna à Dublin et, après la mort de sa femme, alla se fixer dans les Pays-Bas, où il prit les ordres et devint chapelain de l'archiduc Albert. Ses principaux ouvrages sont : Traduction des quatre premiers livres de /'Enéide (Londres, 1583, in-8°) ; De rébus in Hispania gestis libri I V (Anvers, 158*, in-4°) ; Hebdomada Mariana (Londres, 1609, in-12); Hebdomada Eucharistiea (Douai, 1614, in-16).
STANYHURST (William), théologien irlandais, né à Bruxelles en 1601, mort dans la même ville en 1663. Entré chez les jésuites, il se fit un nom comme prédicateur. On a de lui, entre autres écrits : Jtegio mortis (Anvers, 1652, in-12) ; Dei irnmortalis in mortali corpore historia (Anvers, 1660, in-12); Quotidiana christiani militis fessera (Anvers, 1661, in-4»).
STANZ, ville de Suisse, canton d'Unterwalden, chof-lieu du Nidwalden, près de l'Aa, à 13 kilom. N.-E. de Sarnen; 2,000 hab. Ecole latine tenue par des capucins; bibliothèque. Fabriques d'armes, savonneries, tanneries , teintureries. Cette ville est située dans une vallée profonde, tellement encaissée, que, pendant les solstices d'hiver, les habitants ne voient le soleil que le matin, pendant quelques instants. L'hôtel de ville, où, au mois de décembre H8l, Nicolas de Elue apaisa les dissensions qui s'étaient élevées entre les confédérés, possède un beau tableau de Valraar, représentant le pacificateur. Dans une prairie voisine de la ville, on voit ia maison qu'habita jadis Arnold de Winkulried, originaire de Stanz. Cette localité fut, le 9 septembre 1T98, le théâtre d'un combat entre les troupes du général Brune et les habitants du canton d'Unterwalden, qui furent contraints de se soumettre.
STANZANI (Agostino), peintre et sculpteur italien de l'école de Bologne, né à Battedizza, près de Bologne, en 1609, mort à Madrid en 1660. Son père, Jean, qui était peintre aussi, était surnommé Mitelti; on appliqua aussi ce surnom à Augustin. 11 était tres-habile dans la peiliture décorative, architecturale et de perspective. On trouve de ses compositions a Bologne, à Parme, à Forli, à Florence, a, délies, à Rome et à Modène. Il a travaillé
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souvent de concert avec Michel Colonna.
Appelé en 1606 à Madrid par Philippe IV, Stanzani y décora le palais royal. Il gravait aussi à leau-forte. Cette dernière circonstance l'a fait confondre à tort avec Joseph- Marie Stanzani, graveur italien, né en 1634, mort en 1718.
STANZIONT (Massimo), peintre italien, né à Naples en 1585, mort dans la même ville en 1656. Il eut pour maîtres Caracciolo et Lanfranc, puis il étudia successivement les œuvres du Corenzio, de Santa-Fede, du Titien, d'Annibal Carrache et du Guide. Stanzioni jouissait à son époque d'une grande notoriété et il amassa une belle fortune. On cite parmi ses fresques celles du Giesu-Nuovo et de la chartreuse de Saint-Martin. De ses tableaux, le plus célèbre est le Saint Bruno donnant la régie d ses moines. Le Louvre possède un Saint Sébastien de ce peintre.
STAOUÉL1, village d'Algérie, duns la plaine de son nom, à 24 kilom. S.-O. d'Alger, situé sur l'emplacement d'un camp près duquel se livra la première bataille qui suivit le débarquement des Français en 1830. Les trappistes y ont formé, depuis 1845, un magnifique établissement agricole.
STAPÈDE s. m. (sta-pè-de — du lat. stapes, étrier; de stare, se tenir debout; pes, pied). Antiq. rom. Nom donné par les archéologues à un prétendu étrier des cavaliers romains, il On dit aussi stapib s. f.
STAPÉDIEN, IENNE adj. (sta-pé-di-ain, i-è-ne — du lat. stapes, étrier). Anat. Se dit d'un muscle qui appartient à l'étrier de l'oreille interne.
— Substantiv. : Le stapédjen.
STAPEL (Jean BodjEUS a), botaniste hollandais. V. Bodjsvs.
STAPÉLIE s. f. (sta-pé-11 — de VanStapel, méd. holland.). Bot. Genre de plantes grasses, de la famille des asclépiadées, tribu des pergulariées, comprenant une centaine d'espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance : Les diverses espèces de stapélies se cultivent en serre, dans une terre forte. {P. Duchartre.) Les Mottentols mangent les rameaux, êcorcés et piles des stapélies. (T. de Berneaud.)
— Encycl. Les stapélies, vulgairement nommées aussi crapandines, sont des plantes charnues, à rameaux dépourvus de feuilles et présentant ordinairement quatre angles dentelés; les fleurs, généralement grandes et belles de forme, ont un aspect bizarre, des nuances sombres et tristes, Je plus souvent tachetées ou marbrées de brun rouge foncé; elles exhalent fréquemment une odeur forte, désagréable , stercoraire ou cadavérique , comme celle des matières organiques en état de décomposition avancée; le fruit consiste en follicules presque cylindriques, libres et dressés, renfermant des graines munies d'aigrettes. Ce. genre renferme une centaine d'espèces, qui croissent toutes au Cap de Bonne-Espérance, Beaucoup sont cultivées dans nos jardins, moins pour leur agrément que pour la singularité de leur port. Sous le climat de Paris, elles exigent la serre tempérée; elles préfèrent une terre forte et redoutent beaucoup l'humidité ; aussi les arrosements, .très-modérés en été, doivent-ils être complètement suspendus en hiver. On les multiplie facilement, comme toutes les plantes grasses, par le bouturage des rameaux. Toutes les stapélies laissent écouler, quand on les blesse, un suc laiteux trés-àcre; elles sont généralement regardées comme suspectes et même vénéneuses. Néanmoins ces propriétés sont très-peu développées dans certaines espèces, qui passent pour être complètement inotfensives et pouvoir servir à l'alimentation. C'est ainsi que les Hottentots mangent les rameaux êcorcés et piles des stapélies articulée, incarnate, pitifère, etc., qui croissent dans les lieux déserts, sur les collines sèches et arides. La stapêlie panachée est l'espèce la plus répandue dans nos jardins; ses fleurs exhalent une odeur fétide et attirent de loin les insectes qui vivent sur les corps en putréfaction.
STAPFER (Jacques), sénateur zurichois et commandant des troupes suisses dans les guerres d'Italie du xvie siècle, né à Zurich en 1466. Véritable condottiere, il commença par combattre sous les drapeaux français, fut élu sénateur en 1509 et conduisit ensuite, à l'insu et en dépit de son gouvernement, un corps auxiliaire suisse auprès du duc Ulric de Wurtemberg. Stapfer fut puni de cet acte d'insubordination par une amende et dut renoncer aux privilèges de la bourgeoisie de Zurich. En 1525, il entra au service du prince abbé de Saint-Gall. Il assista, en qualité de président laïque, au colloque de Baden, institué pour pacifier les dissensions soulevées entre les cantons par les questions de religion.
STAPFER (Jean-Frédéric), théologien et pasteur protestant suisse, né à Brugg, canton d'Argovie, en 1718, mort à Diesbach, canton de Berne, en 1775. 11 fit de fortes études eu Hollande et en Allemagne, et étudia surtout la théologie et la philosophie. Revenu en Suisse, il pubiia des ouvrages qui révélèrent en lui un ardent partisan des idées de Leibniz et de Wolff. Nommé pasteur de la paroisse de Diesbach, il sut, par le charme de sa parole, y maintenir la concorde. On lui
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doit : Instituliones théologies polemicm (Zurich, 1743-1747,5 vol. in-80; réimpr. en 1752); Fondements de la vraie religion, en allemand (1746 - 1753, 12 vol.); la Morale chrétienne, en allemand (1756-1766, 6 vol. in-8<>).
STAPFER (Jean), théologien et prédicateur protestant suisse, frère du précédent, né en 1719, mort en 1801. Il prêcha à Berne avec succès. Ses ouvrages sont : Sermons ( Berne, 1761-1781, 45 vol. in-8°); on y a ajouté un volume de supplément publié en 1805 pur son frère Daniel ; TUeologia analytica(\l63, in-4°). Stapfer a retouché, en outre, la version des Psaumes, en usage alors dans les églises de la Suisse,
STAPFER (Philippe-Albert), diplomate et écrivain suisse, né à Berne en 1766, mort à Paris en 1840. 11 étudia à Berne et à Goettingue, devint en 1792 professeur de philosophie et de théologie et membre du conseil des écoles. En 1798, il fut nommé ministre de l'instruction publique. En 1801, il fut envoyé à Paris comme ministre plénipotentiaire. En 1804, il rentra dans la vie privée et se fixa à Paris, où il se livra à de nombreux travaux littéraires. En 1815, il fut nommé membre du grand conseil d'Argovie. Il revint à Parts en 1817. Outre des articles de revues et de nombreux ouvrages philosophiques en allemand et en français, on a de lui : Voyage pittoresque dans l'Oberland bernois (Paris, 1812, in-4°, avec pi. color.) ; Berne, son histoire et sa description (Paris, 1835, in-4<>, avec 4 pi.).
STAPHILIER s. m. Bot. V, staphylier.
STAPH1SAIGRE s. f. (sta-n-zè-gre — du gr. staphis, raisin; agrios , sauvage). Bot. Nom vulgaire d'une espèce de dauphinelle, et nom scientifique d'une section du même genre.
— Encycl. La staphisaigre, vulgairement nommée herbe aux poux, herbe à ta pituite, pituitaire, etc., est une plante bisannuelle, à tige haute d'environ 0m,60, cylindrique, velue, peu rameuse, portant des feuilles palmées, longuement pétiolées, d'un vert foncé en dessus, plus pâle en dessous, quelquefois tachées de blanc, à fleurs d'un bleu terne ou gris de lin. Elle habite le midi de l'Europe et croît surtout dans les terrains maritimes et sablonneux, de préférence dans les lieux ombragés. Elle n est guère cultivée que dans les jardins botaniques. Elle demande une terre légère et se propage facilement de graines, qu'on sème en pots ou en terrines, aussitôt après leur maturité, pour repiquer les jeunes plants au printemps suivant.
Les graines, qui sont d'un brun noirâtre, anguleuses, rudes au toucher, sont employées en médecine; leur odeur est des plus désagréables. Elles renferment un principe brun, amer, une huile volatile, une huile grasse, de l'albumine, une matière animalisée, une substance mucoso-sucrée, un principe organi-' que jaunâtre, pulvérulent, d une saveur acre et amère, appelé delphine. Elles sont caustiques et vénéneuses; introduites dans l'estomac, elles y déterminent une inflammation violente, et leur action s'étend sympathiquement sur le système nerveux. A haute dose, elles produisent des vomissements, une agitation extraordinaire, la prostration, l'immobilité, des convulsions, la paralysie et enfin la mort. Pour remédier à ces accidents, on provoque le vomissement, non avec de l'émétiqueoutout autre vomitif irritant, qui ne ferait qu'aggraver le mal, mais en chatouillant la luette avec le doigt ou la barbe d'une plume; on administre des boissons mucilagineuaes et, à défaut, de l'eau sucrée ou même de l'eau simple; on fait prendre du café noir, une émulaion de camphre dans un jaune d'oeuf, et, si le malade les rejette, on les donne en lavement; enfin, comme dernière ressource, on a recours aux émissions sanguines générales ou locales.
Les semences de la staphisaigre sont regardées comme éméliqnes, drastiques, antnelminthiques, odontalgiques, sialagogues, rubéfiantes, stimulantes, révulsives, propres à faire périr les acarus et autres animalcules qui attaquent la peau. Leurs propriétés tresactives étaient bien connues des anciens. Dioscoride les prescrit comme vomitives; mais il recommande d'avoir toujours de l'eau miellée à portée pour tempérer l'action trop énergique de ce médicament sur l'estomac. On s en servait, de son temps, contre lavermine, les maladies cutanées, les affections des gencives, les maux de dents, les ulcères sanieux de la bouche; on les appliquait encore en épithème comme rubéfiant. Galien les ordonne comme purgatives et détersivea. Au moyen âge, on regardait, mais bien à tort, les feuilles de cette plante comme un spécifique contre la morsure des serpents.
Aujourd'hui, on s'accorde à reconnaître que la sluphisaiyre, comme remède interne, même simplement comme masticatoire, présente de graves dangers. Aussi ne l'emploie-t-on qu'a, l'extérieur. On ia mec dans les cheveux, soit eu poudre, soit en Uniment avec de l huile, pour faire périr les poux. Ou la recommande aussi comme un caustique propre à consumer les chairs baveuses des vieux ulcères, ainsi que comme un excellent vulnéraire; ou la fait entrer dans les collyres fortifiants. On l'emploie en décoction, en lotion ou en collutoire. La poudre dite contre les poux se coinpose de parties égales de staphisaigre et de piment; elle est préférable à ia cév«dille,qui
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peut provoquer de graves accidents. On emploie encore, dans le même but, un onguent composé de 1 partie de staphisaigre avec 3 d'axonge; on fait infuser à chaud et on passe en exprimant.
Ou ne récolte les graines de staphisaigre que lorsqu'elles sont parfaitement inùres; après les avoir fait bien sécher, on les renferme en un vase clos ; on peut les conserver ainsi pendant deux ans, mais il faut ne les pulvériser qu'à mesure du besoin. La médecine hoinoaopatbique en fait assez d'usage. On s'en sert encore quelquefois avec succès pour enivrer le poisson. On les employait autrefois en médecine vétérinaire; mais on n reconnu que cts graines sont aussi dangereuses pour les animaux que pour l'homme, et qu'ingérées à haute dose elles peuvent occasionner la mort. Du reste, à. l'exception des chèvres, qui eu broutent quelquefois les jeunes tiges sans les rechercher, tous les bestiaux refusent de toucher a cette plante. Il est bien rare qu'on la voie dans les jardins d'agrément, car le peu d'effet qu'elle produit par ses fleurs ne saurait compenser les graves accidents qu'elle pourrait provoquer si on ne la connaissait pas.
STAPHISAIN s. m. (sta-fi-zain — rad. staphisaigre). Chim. Substance jaunâtre, extraite des semences de la staphisaigre.
STAPHYLÊACÉ, ÉE adj. (sta fi-lè-a-sé — rad. staphylier). Bot. Qui ressemble ou qui su rapporte au staphylier.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre staphylier.
— Encycl. La famille des staphylcacëes renferme des arbres et des arbrisseaux, à feuilles opposées, imparipeiinées et munies de stipules. Les fleurs, disposées en grappes ou en punicules axiilaiies et terminales, présentent un calice coloré, à cinq divisions; une corolle à cinq pétales; cinq etumines insérées, comme la corolle, sur un disque hypogyne ; un ovaire à deux ou trois curpnlles uinloculaire.s, plus ou moins soudés entre eux et surmontés chacun d'un style terminé par un stigmate simple. Le fruit est un drupe ou une capsule membraneuse et enflée, à deux ou trois loges, contenant une ou plusieurs graines globuleuses, tronquées vers le hile, à tégument osseux et luisant, à embryon entoure d'un albumen charnu très-mince. Cette famille, voisine des rhamnées et des célastrinées, comprend les genres staphylier, euscaphis et turpinie. Ces végetau.% sont répandus dans les régions chaudes et tempérées de l'hémisphère nord.
STAPHYLIER s. m. (sta-fl-lié — du gr, staphaté, grappe), Bot. Oenre d'arbrisseaux, type de la famille des stuphyléacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent surtout dans les régions tempérées de l'Amérique du Nord : Le staphylier penne est indigène de l'Hurope méridionale. (P. Duchartre.) Les abeilles sont attirées sur le staphylîkr a feuilles ailées, lorsqu'il est en pleine floraison, (Th. de Berneaud.) C'est en automne qu'il faut relever les rejetons du staphylier penné. (Bosc.) n On du aussi staphilier et Stapuy-
LOOEWRON.
— Encycl. Les staphyliers sont des arbrisseaux à feuilles trifoliolees ou imparipennées, à fleurs blanches en grappes, à fruits capsulaires renflés et vésicuieux. Le staphylier penné, appelé aussi vulgairement faux pistachier, nez coupé ou patenôtrier, atteint 5 mètres de hauteur et croit dans l'Europe méridionale. Ses graines ont un peu le goût de la pistache ; mais elles sont un peu acres et nauséeuses. On en retire, par expression, une huile douce, comestible et résolutive. Ou en fait aussi des colliers etdeschapelets. Les abeilles vont butiner sur ses fleurs et y récoltent un miel abundant, mais d'une saveur nauséeuse. Ses racines servent k teindre eu rouge. Cet arbrisseau est souvent plante dans les jardins et les bosquets, parce qu'il vient k peu près partout et se multiplie très-facilement; mais il fait mieux en buisson qu'en tige. Le staphylier trifolié, de l'Amérique du Nord, a les mêmes propriétés et se cultive de même.
STAPHYLIN, 1NE adj. (sta-fi-lain, i-ne — du gr. stu/tliulê, luette, proprement grain de raisin). Anat. Qui appartient à la luette :
MuSCle STAPHYLIN.
— s. m. Muscle staphylin.
— Eutom. Genre d'insectes coléoptères pentatnères, de la famille des brachéiytres, type de la tribu des staphylinieus, comprenant plus de cent espèces, réparties sur tous les points du globe : Le staphïlin est sembtabte aux spondyles que l'on trouve dans tes maisons, (H. Lucas.) Quand on touche ta queue du staphylin, il ta redresse en l'air comme s'il voulait se défendre. (V. de Boinare.) Il Syn. de PHlLONTHU, autre genre d'insectes.
— s. m. pi. Syn. de STAPHYLiNtENS,
— Encycl. Entoin. Les staphylins sont caractérises par un corps long et. étroit; la tèto ordinairement ovoïde ; les antennes droites, grenues, monilifonnes; les mandibules avancées, pointues et croisées ; les pulpes maxillaires filiformes ; la languette échaucrée a l'extrémité ; le corselet plus ou moins long, arrondi postérieurement en demi-cercle; l'écusson bien distinct; les élytres très-courts, durs, ne couvrant qu'une partie de l'abdomen, dont les anneaux solides se recourbent ou peuvent se relever en dessus ; les pieds intermédiaires
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distants a la base ; les tarses antérieurs souvent dilatés, du moins chez les mâles, les tarses postérieurs cylindriques. Ce genre, malgré les démembrements qu'il a subis, renferme encore plus de cent espèces, réparties sur tous les points du globe. Leurs couleurs varient beaucoup, de même que leur aspect général. Parmi les staphylins, les uns sont lisses et très-brillants par le poli de leurs diverses parties; les autres sont couverts de poils plus ou moins abondants; il en est même qui sont absolument velus, comme des abeilles bourdons, avec lesquelles on serait tenté de les confondre à première vue. Ce genre paraît avoir été bien connu des anciens, et Aristote donne des détails assez exacts sur l'une de ses espèces principales.
Les staphylins se reconnaissent parfaitement à leur aspect et surtout à la brièveté de leurs élytres. Sous ce rapport, ils ressemblent assez aux forficules ou perce-oreilles. Leurs ailes membraneuses sont repliées plusieurs fois sur elles-mêmes, de manière a pouvoir se cacher entièrement sous ces élytres; mais elles ne se replient pas en éventail, comme celles des forficules. Elles sont assez solides et épaisses, et les staphylins s'en servent assez souvent; néanmoins leur vol est lourd, bien qu'il leur permette de se transporter rapidement à l'eridroit où ils trouveront un aliment à leur choix, ce qui porte à croire qu'ils sont doués d'un odorat très-subtil.
Ces insectes se trouvent le plus souvent sur la terre, où Us se retirent dans les crevasses, sous les pierres, les mousses, les écorces, qu'ils semblent choisir de préférence dans les lieux humides. Leurs jambes antérieures, élargies, solides, dentelées ou crénelées sur le bord externe, leur permettent de pénétrer facilement dans le sol. Ils se nourrissent de matières animales mortes ou vivantes. Quelques-uns se trouvent sous les charognes et les cadavres des petits animaux, sans doute pour y attaquer les larves des diptères, notamment celles des mouches de la viande. Leurs longues mandibules, croisées dans l'état de repos, agissent alors comme des ciseaux pour entamer et couper en travers le corps de ces larves, dont ils sucent .avidement la sanie. Ces insectes sont donc doublement utiles, en ce qu'ils font disparaître les matières animales putréfiées et qu'ifs détruisent beaucoup de petits animaux nuisibles aux cultures.
« Les staphylins, dit C. Duméril, courent avec vitesse, et dans le danger ils montrent, pour la plupart, de la hardiesse et du courage. 11 est vrai qu'ils sont munis de deux sortes d'armes offensives: de mandibules fortes et acérées, avec lesquelles ils blessent profondément leurs victimes; ensuite leur abdomen, qu'ils ont la faculté de recourber en dessus et de tenir relevé pour le porter à droite ou à gauche, comme font les scorpions, est armé de deux tubercules sortant des bords du cloaque et qui laissent suinter une vapeur acide, acre, dont l'odeur vivo, souvent agréable, a quelque rapport avec celle des éthers. » Parmi les nombreuses espèces de ce genre, nous citerons particulièrement les suivantes. Le staphylin odorant ou lisse est un des plus grands; Il est long de 0™,03, d'un noir mat ut sans taches, avec la tête plus large que le corselet et les ailes membraneuses fauves ou rousses. On le trouve fréquemment aux environs de Paris, surtout au bord des chemins; il court rapidement et répand une odeur agréable. La larve présente, dans sa manière de vivre, quelques particularités intéressantes. < Cette larve, dit M. H. Lucas, est essentiellement carnassière ; elle est souvent errante pour chercher sa proie et ne se réfugie jamais que sous les pierres. Elle est très-courageuse, car, lorsqu'on la prend, loin de chercher à fuir, elle s'arrête, redresse sa tête et l'extrémité de son abdomen, ouvre ses larges mandibules et cherche ainsi h pincer celui qui veut s'en emparer. Ces larves se dévorent quelquefois entre elles; l'une attaque l'autre, la provoque et la saisit, non pas à telle ou telle partie du corps, mais toujours à la jonction de la tête avec le premier anneau, de manière que la victime ne puisse taire usage de ses défenses; alors elle la perce de ses mandibules acérées, la suce ensuite, puis la dévore.
i On rencontre ces larves très-communément depuis le mois de novembre jusqu'à ia lin de mai, époque à laquelle elles subissent leur transformation. Peu de temps avant cette époque, elles deviennent entièrement stationnuires, creusent sous une pierre un trou oblique et placent Ja tête du côté de l'ouverture. Peu de jours après, elles se changent en nymphes, pour rester dans cet état quinze à seize jours. Au bout de ce temps, l'insecte est parfait; mais, en sortant de son enveloppe, il est jaunâtre et ne devient entièrement noir qu'au bout de viDgt-quatre heures. »
Le staphylin dilaté est long de 0">,025, d'un noir mat, quelquefois un peu brunâtre sur lu tête et le prothorax, avec les élytres finement ponctués, ainsi que l'abdomen, qui est couvert d'un long duvet. Cet insecte se trouve, mais rarement, aux environs de Paris; il vit sous les écorces des chênes, ne sort que la nuit et dévore les chenilles processionnaires, ainsi que les larves des frelons, dans le nid desquels il s'introduit. Il répand une odeur de musc très-forte et presque infecte. Le stnphylù; valu ou bourdon est à peu
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près de la taille du précédent, d'un noir bleuâtre en dessus, avec des poils longs et épais d'un jaune doré, noir bronzé en dessous; les élytres sont d'un gris cendré , noirs a la base et les pattes de cette dernière couleur. C'est un des plus communs dans nos environs ; il se jette avec avidité sur les charognes. Nous citerons encore : le staphylin à grandes mâchoires, commun dans les voiries; le staphylin à ailes rousses, qui se trouve dans les prairies, sous les bousçs de vache desséchées ; le staphylin éclatant, qui vit sous les pierres, dans les lieux humides; le staphylin bronzé, long de om,01 environ, etc.
STAPHYLINIDE adj. (sta-fi-li-ni-de). Entom. Syn. de staphtjlinien,
STAFHYLINIEN, 1ENNE adj. (sta-fi-li-niain, i-è-ne — rud. staphylin). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au staphylin.
— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des brachélytres, ayant pour type le genre staphylin.
STAPHYLIN1FORME adj. (sta- fi - li - nifor-me — de staphylin, et de forme). Entom. Dont la forme rappelle celle du staphylin.
STAFHYLODENDRON s. m. (sta-ti-lo-daindron — du gr. stuphulê, grappe; dendron, arbre). Bot. Syn. de stapkylikr.
STAPHYLOMATEUX, EUSE adj, (sta-filo-ma-teu, eu-ze — rad. staphylôme). Pathol. Qui a rapport au staphylôme.
STAPHYLÔME s. m. (sta-fl-lô-me — gr.
stapliuloma; de staphulé, grain de raisin). Chir. Tumeur qui se forme sur le globe de l'œil, et qui a 1 apparence d'un grain de raisin : StaphylOmk de la cornée, de la sclérotique, de t'iris. il Staphylôme rameux, Tumeur qui semble formée de plusieurs grains agglomérés. Il Staphylôme de la cornée, Convexité très-sailla;-te que présente la cornée distendue par l'humeur aqueuse, sans perte de sa transparence. Il Staphylôme de l'iris, Amincissement de la cornée avec adhérence à. l'iris; saisie de l'iris à travers une perforation de la cornée, il Staphytome de la sclérotique ou du corps ciliaire, Bosselures bleuâtres qui se forment à la surface de la sclérotique, autour de la circonférence de la cornée.
— Encycl. On décrit, sous ce nom, toutes les tumeurs de l'œil qui se forment sur la cornée ou sur la sclérotique, par suite de l'affaiblissement de ces membranes. Ce sont de véritables hernies d'un ou de plusieurs éléments, du globe oculaire. Demours comparait les phénomènes qui se passent dans le cas de staphylôme à ceux qu'on observe lorsqu'apres avoir raclé une vessie de bœuf, de manière à enlever un lambeau de la tunique externe, on l'insuffle fortement; on voit paraître à l'instant, sur le point aminci, une tumeur qui ressemble à une petite vessie superposée à une grande.
Le staphylôme transparent de la cornée se développe presque toujours lentement; quelquefois pourtant il apparaît tout à coup à la suite d'efforts ou de cris. Lorsqu'il est formé, il peut rester stationnaire pendant plusieurs années ou faire des progrès. Les troubles dont il s'accompagne le plus souvent sont la myopie ou la diplopie. Mais si la tumeur augmente au point de déborder les paupières, elle ne tarde pas à s'enflammer au contact de l'air, à s'ulcérer et à devenir opaque; la vision se trouve alors perdue. C'est cette circonstance gui rend le pronostic fâcheux.
Jusqu'à ce jour, il a été impossible de faire disparaître le staphylôme transparent sans amener la cécité. Toute opération se trouve, par là même, inutile, et le parti le plus sage consiste à se contenter de l'usage des doubles verres concaves qui serviront k cacher la difformité et à aider la vision.
Le staphylôme opaque de la cornée comprend dans son épaisseur une portion de l'iris; sa cause la plus fréquente est l'inflammation, surtout celle qui est de nature morbilleuse, varioleuse, scrofuleuse ou blennorrhagique. Sa couleur est très- variable. U affecte, en général, Un développement plus rapide que le staphylôme transparent. Il a tendance à s'ulcérer, à suppurer, à entraîner la perte totale de l'œil et quelquefois sa dégénérescence sarcomateuse. Aussi convient-il de l'opérer de bonne heure, c'est-à-dire de l'ouvrir avec le caustique, le séton, l'aiguille ou le kératotome.
Les staphylômes de la sclérotique sont des tumeurs molles, circonscrites, de couleur bleuâtre, placées sous la conjonctive. Elles sont presque toujours le résultat d'une sclérotite chronique ou d'une lésion traumatique du globe oculaire. Leur volume varie depuis celui d'un grain de blé jusqu'à celui d'un grain de raisin. Il y en a quelquefois plusieurs autour de la cornée. S'ils deviennent gênants à l'excès, s'ils s'accroissent au point de dépasser les paupières, il faut les enlever avec l'instrument tranchant ou les caustiques avant qu'ils s'ulcèrent d'eux-mêmes ou qu'ils subissent une dégénérescence maligne à laquelle il serait plus tard difficile de remédier.
STAPHYLO- PHARYNGIEN, IENNE adj.
(sta-li-lo-fa-rain-ji-ain, i-è-ne — du gr. staphulé, luette, et de pharyngien). Anat. Qui appartient à la luette et au pharynx.
— s. m. Muscle staphylo-pharyngien.
STAPHYLOPLASTIB s. f. (sta-fi-lo-pla-stl
— du gr. staphulé, luette ; plassô, jo forme).
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Chir. Restauration du voile du palais aux dépens des tissus voisins.
— Enoycl. Dans cette opération, indiquée dans les cas de division considérable du voile du palais, on a employé la méthode ancienne, à laquelle peuvent se rapporter les procédés de Roux, de Dieffenbach et de Bonflls, le dernier tiré de la méthode indienne.
— Procédé de Roux. Après avoir placé les trois ligatures et avivé les bords de la division à l'ordinaire, seulement jusqu'au bord adhérent du voile du palais, l'opérateur pratique avec le bistouri boutonné, parallèlement au bord postérieur de l'os palatin et immédiatement au-dessous de ce bord, une section transversale de chaque côté du voile du palais, comprenant toute l'épaisseur da cet organe et s étendant en dehors un peu au delà de la ligne verticale sur laquelle sont placées les trois ligatures. On parvient par ce moyen, sans exercer avec les fils une eonstriction trop forte, à mettre en contact immédiat dans toute leur étendue les deux moitiés de la division.
— Procédé de Dieffenbach. Il consiste à pratiquer de chaque côté de la division et à 0ii,009 en dehors une incision longitudinale qui permet aux bords de la plaie un allongement très-marqué et qui se ferme également d'elle-même. On reconnaît ici les incisions ■conseillées par Celse pour d'autres parties.
— Procédé de Bonfits. Dérivé de la méthode indienne, il consiste à tailler sur la voûte palatine un lambeau d'étendue suffisante, qu'on dissèque d'avant en arrière, qu'on, renverse et qu'on tord sur son pédicule pour l'adapter, au moyen do la suture, à la perte de substance du voile du palais.
STAPHYLOPTÉRIDE s. f. (sta-ft-lo-ptéri-de — du gr. staphulé, grappe; pteris, fougère). Bot. Genre de fougères fossiles, dont l'espèce type se trouve dans les terrains tertiaires des environs de Narbonne.
STAPHYLORRHAPHIE s. f. (stâ-fi-lo-ra-fî — du gr. staphulé, luette ; rhaphein, coudre). Chir. Suture du voile du palais divisé accidentellement ou congénitalement.
— Encycl. Cette opération est toute moderne ; elle a pour but de remédier à la division congénitale ou accidentelle du voile du palais, en pratiquant une reprise des bords de la solution de continuité, reprise qui devient, quand l'opération réussit, une greffe de ces deux bords l'un contre l'autre. On avive ces bords, on les rapproche au moyen de fils, on les maintient en contact, et l'inflammation adhésive qui Suit en détermine la réunion. La staphytorrâaphie fut d'abord essayée sans succès en Prusse, puis pratiquée pour ia première fois chez nous en 1819 par le chirurgien. Roux, qui obtint une réussite complète. Cette conquête de la chirurgie moderne présente de l'intérêt et mérite une étude quelque peu détaillée.
La solution de continuité du voile du palais peut exister depuis la naissance; elle est alors dite congénitale. Dans ce cas, elle offre plusieurs degrés : si la luette seule est divisée, c'est la lésion lu moins grave; d'autres fois, il y a en même temps division du voile du palais dans tout ou partie de son étendue; enfin, dans les cas les plus graves, la diiformité s'étend non-seulement au voile du palais, mais encore à la voûte palatine. Les incommodités produites par co vice de conformation sont proportionnées à son étendue. Les enfants tettetit difficilement ou même ne tettent pas du tout ; il faut les nourrir au biberon ou à l'aide d'une petite cuiller. Plus tard, la déglutition des aliments solides et liquides est fort difficile ; l'exercice de la parole est altéré, la voix présente un timbre nasillard fort désagréable, et la prononciation se fait avec une grande difficulté.
Les divisions accidentelles du voile du palais sont de deux espèces : les unes ont été le résultat de l'action d'un instrument tranchant sans perte de substance; les autres sont consécutives à une ulcération syphilitique ou autre, à la gangrène et sont alors accompagnées d'une perte de substance plus ou moins considérable.
Pendant bien longtemps, les chirurgiens n'ont pas songé à remédier, par une opération, à ces solutions de continuité du voile du palais. Les premiers essais paraissent avoir été faits par Le Morinier, qui rafraîchit d'abord avec un instrument tranchant les deux bords de la fente et les réunit ensuite avec plusieurs points de suture. On trouve aussi daDS Jourdain une observation de réuuion avec des lames de plomb ; c'était pour combattre la déchirure qu'avait faite un morceau de roseau. Plus tard, en 1817, le professeur Grneffe, de Berlin, pratiqua sa première opération de staphylorrhaphie et il en publia les détails dans le Journal de Hufeland ; il y avait eu insuccès.
Ces faits étaient restés ignorés et avaient à peine frappé l'attention des chirurgiens, lorsque, en 1819, le professeur Roux obtint sur un jeune médecin, le docteur Stephenson, un succès éclatant. D'autres observations vinrent bientôt s'ajouter à celle-ci ; Rous y joignit la description du procédé qu'il avait employé, détailla avec Soin toutes les circonstances délicates de l'opération. Si donc le célèbre chirurgien de Paris n'a réellement pas fait le premier la inphylorrhaphie, il est juste de
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reconnaître qu'il a le premier bien posé les régies de cette opération et qu'enfin à lui appartient l'honneur de l'avoir introduite définitivement dans la médecine opératoire.
La staphylorrhaphie se pratique dans le fond de la bouche, où la manœuvre est difficile, sur des tissus très-sensibles et doués d'une grande mobilité. Elle exige de la part du malade beaucoiio de patience et de courage; aussi ne doit-on pas la pratiquer avant l'âge de quatorze ou quinze ans; il serait imprudent de la tenter sur des sujets plus jeunes, dont la raison n'est pas assez développée pour qu'ils puissent sentir les inconvénients du mal et le désir de s'en débarrasser. Il faut, après l'opération, que le voile du palais reste aussi immobile que possible ; il serait donc imprudent d'opérer quand le malade a un rhume, une angine ou un gonflement des amygdales qui détermine des irritations fréquentes dans la gorge. Pour conserver l'immobilité du voile du palais, il faut suspendre la déglutition, même celle des liquides, pendant quelques jours. L'état général doit être dans de bonnes conditions de forces et de santé; autrement, il faudrait l'améliorer par une bonne nourriture, l'exercice et tous les soins hygiéniques sagement combinés. Avant de procéder à l'opération, il est bon de faire au malade toutes les recommandations sur les soins qu'il devra prendre pour faciliter le succès, et de le prévenir da la gène à laquelle il sera soumis pendant quelques jours. Il faut aussi habituer le voile du palais au contact de corps étrangers, tels que sondes et autres instruments. On renouvellera ce contact plusieurs fois dans la journée, et si on doit, après l'opération, injecter par une sonde des liquides dans l'estomac, il sera prudent eaeore d'habituer à l'avance le malade au passage de cet instrument.
Voici le manuel opératoire. L'opération se compose de trois temps : 1° aviver; 2» passer les fils ; 30 les nouer. Les instruments dont on se sert habituellement consistent en une pince à pansement ou à dents de souris, un porte -aiguille, des aiguilles courbes et plates, un bistouri droit pointu, des ciseaux à branches très-longues et dont les lames, assez courtes, sont coudées à angle obtus sur l'un des côtés, près de l'articulation, et du cordonnet plat ou des fils cirés réunis de manière à former un ruban de on^OOl de largeur. Le procédé qui va être décrit est celui du professeur Auguste Bérard, qui avait modifié et simplifié celui de Roux.
Le malade est assis sur une chaise en face du jour et du chirurgien, la bouche naturellement ouverte ou écartée à l'aide d'un coin de liège, selon qu'on peut ou non se fier à sa docilité, et un aide placé derrière soutient la tête. Le chirurgien commence l'avivement ; il saisit la luette avec la pince à pansement ordinaire ou la pince a dents de souris de Graefe et l'attire un peu en bas; puis il enlève avec le bistouri une petite portion de l'un des bords libres de la fissure. Roux faisait l'avivement de bas eu haut; mais Auguste Bérard avait constaté qu'il était plus commode de le faire en sens inverse, c'està-dire du bord adhérent vers le bord libre, le voile du palais se trouvant alors fixé pendant, presque tout le temps que l'on incise. On commence donc par plonger la pointe du bistouri vers la partie supérieure; l'instrument est conduit en bas, et, pour terminer, le chirurgien revient couper ce qui adhère encore à la voûte palatine ; dès que l'avivement est fait d'un côté, on permet au malade de se gargariser, on le laisse reposer quelques instants; ensuite on avive de l'autre côté et de la même manière ; les deux lambeaux enlevés doivent avoir chacun environ o^OO? d'épaisseur; on laisse encore reposer le malade et on s'occupe de placer les fils au nombre do deux ou de trois, suivant l'étendue de la solution de continuité. L'instrument auquel on donne en général la préférence pour ce temps de l'opération est celui de Depierris ; l'aiguille dont il est muni traverse bien le voile du palais d'avant eu arrière et, va chercher le fil en arriére pour le ramener ensuite en avant. Les fils doivent être placés à 0m,005 environ du bord de la fissure; il doit y avoir eu tro chaque fil un écarteraent de om,008 à 001,010 et il vaut mieux commencer d'abord par le fil inférieur. Le fil une fois placé, on noue ses extrémités ensemble pour le retrouver plus tard ; on fait de môme pour le deuxième, que l'on confie k un aide, et enfin pour le troisième, qui est le plus élevé. Dans toutes ces manœuvres, qui sont pénibles et gênautes pour le malade, il n'est pas nécessaire de se presser; il faut le laisser se reposer souvent et le faire gargariser, afin d'enlever le sang, les mucosités et la salive, qui gêneraient le reste de l'opération. Enfin oa noue les fils en commençant par le fil supérieur, parce que là l'écartement est moins considérable. Pour ce temps de l'opération, ou agit comme le professeur Rou.\, c'est-à-dire que l'on fait d'abord un premier nœud, que l'on serre convenablement en portant les doigts indicateurs jusque sur le voile du palais; un aide saisit alors avec une pince ce premier nœud, qu'il lâche au moment où le chirurgien est sur le point de serrer le second.
Quant aux soins consécutifs, le malade est placé dans son lit; on lui recommande le repos le plus absolu ; il ne doit point parler, rire ni cracher; on lui défend de boire et on se contente de rafraîchir la bouebe au moyeu
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de quelques tranches d'orange. On peut, au besoin, nourrir le malade en introduisant une sonde dans l'œsophage pur le nez et injectant du bouillon, du lait. On peut aussi rendre la faim et la soif supportables avec des lavements, les uns a l'eau, les autres avec du bouillon et des œufs, et en les faisant garder le plus longtemps possible. On n'examine la bouche que le quatrième jour, et alors on peut enlever un des iils, celui du milieu; le fil supérieur est enlevé le cinquième jour; celui d'en bas doit rester jusqu'au sixième ou septième jour. La stapliylorrhapkie échoue souvent malgré l'habileté et les soins avec lesquels elle peut avoir été faite; mais on peut y revenir à diverses reprises, et, après plusieurs tentatives, elle finit quelquefois par réussir.
La.rfup/it/forrAfl/iAteest habituellement sans danger. Cependant le chirurgien doit savoir que des accidents peuventsurvenir et ont été observés. Ainsi, il se développe quelquefois dans la gorge une violente inflammation qui peut se propager dans les voies aériennes, et on a observé des érysipèles de la face d'une gravité inquiétante. Mais, en général, ces accidents sont fort rares.
Dans les cas compliqués, lorsque l'écartement est très- considérable, comme cela a souvent lieu dans la division de la voûte palatine, et qu'il faudrait tirailler fortement pour affronter les bords avivés, ce qui pourrait déterminer la déchirure des points do suture, DiefTenbach a conseillé de faire de chaque côté de la division, et à Om,0Û9 en dehors, une incision longitudinale qui permît un rapprochement plus facile. Roux conseille eîe pratiquer avec le bistouri boutonné, parallèlement au bord postérieur de l'os palatin et immédiatement en arrière de ce bord, une section transver.-ale de chaque côté, de 011,007 à 0™,008 de longueur, qui comprenne toute l'épaisseur du voile du palais et qui permette de rapprocher les bords sans exercer une traction trop forte.
STAPHYLOBRHAPHIQDE adj. (sta-fi-lora-fi-ke — rad. slaphylorrliapitie). Chir. Qui appartient à la staphylorrhaphie : Procédé sta-
PHYLORRHAPHIQUE.
STAPHYLOTOME s. m. (sta-fl-lo-to-ine — du gr.staphulé, luette; tome, section). Chir. Instrument dont on se sert pour exciser la luette et inciser le voile du palais,
STAPHYLOTOMIE s. f. (sta-ti-lo-to-m! — rad. slaphylotome). Chir. Excision de la luette.
STAPHYLOTOM1QUE adj. (sta-fl-lo-tomi-ke — rad. staphylatomie). Chir. Qui appartient à la staphylotomie.
STAP1E S. f. (sta-pl). V. STAPÈDIS.
STAPLEAUX ( Michel -Ghislain), peintre belge, né à Bruxelles en 1798. Son père, imprimeur ordinaire du roi Guillaume de Nassau, libraire à la tête d'une maison de commerce importante, voulait le voir prendre la suite de ses affaires. Mais il fallut compter avec la vocation de l'enfant; David, alors proscrit, offrit ses leçons, et le père de Michel Stapleaux se laissa gagner. Le fils se mit dès lors tout entier à l'étude, et son labeur opiniâtre lui valut, en 1822, le grand prix de peinture à Anvers, en 1823, le grand prix, de portrait a Gund, Stapleaux devint dès lors l'ami et le collaborateur de son maître, et avec lui il créa Mars et Vénus, tableau qu'il exposa au Salon de 1827. David était mdrt ; mais, avant de rendre le dernier soupir, l'illustre peintre des Satines, nu milieu d'une foule empressée et tout émue, avait appelé son disciple et, devant tous, l'avait proclamé l'héritier de sa gloire et l'avait chargé expressément de dessiner et d'éditer k's gravures célèbres : le Couronnement, le Serment du Jeu de paume, etc.
Pour exécuter les volontés dernières de son protecteur, M. Stapleaux dut venir a Puris ; il se rendit ensuite en Italie, près de la famille Bonaparte, où on le reçut comme on aurait reçu David lui-même. Sur-le-champ, il se mit à (leindre les portraits de la Comtesse de Survillicrs, de la Princesse Charlotte, femme du prince Napoléon-Louis ; de la Princesse Carnerata, des Enfants du prince Jérôme, etc. Ces portraits lui valurent d'aller retrouver les autres membres de la famille à la cour de ^Vurioinborg (1834). Il y passa deux années, durant lesquelles il peignit le portrait de iarPrincesse Marie etde la Princesse Sophie, tilles, du roi. Il exécuta aussi trois ou quatre grandes compositions pour la ville de Stuttgard. Ces travaux lui valurent des sommes considérables et le titre de chevalier du Mérite. Revenu à Bruxelles en 1836, il y fut installé dans les fonctions de membre et de professeur de l'Académie des beaux-arts, qu'il a longtemps remplies fort honorablement. Parmi ses plus grandes peintures de cette dernière époque, il faut mentionner : la Mort de Cléopâtre, Saint Vincent de Paul prenant les fers d'un tjalérien, le Retour de l'enfant prodigue, Napoléon à Sainte- Hélène, etc. Des innombrables portraits qu'il a laissés un peu partout, deux ont ligure a l'Exposition universelle de 1855. On y voit trop les elfurts impuissants de l'artiste pour arriver au giund style de David.
Telle est, d'ailleurs, la physionomie générale de la peinture de Michel Stapleaux : l'imitation de David poussés jusqu'au servilisine, une couleur d'un gris froid, sans vi-
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gueur, sans air, sans lumière ; des ombres lourdes, dans lesquelles dominent le noir et le bitume. Malgré ces défauts, on est forcé de reconnaître que les œuvres de M. Stapleaux ne sont pas celles d'un peintre ordinaire.
STAPLEAUX (Guillaume-Léopold), littérateur et auteur dramatique, de la famille du précédent, né à Bruxelles le 16 octobre 1831. Descendant d'une génération de libraires et d'imprimeurs hollandais et belges, ayant perdu sa mère dès sa plus tendre enfance, il fut élevé par son aïeule paternelle et, placé d'abord à l'Ecole centrale, il termina ses études a l'université de sa vilie natale. Doué de beaucoup d'imagination et de facilité, il composa, au sortir des bancs du collège, le Château de Jioquemure, drame qui fut joué en 1848 au théâtre de Verviers. Il donna ensuite en 1850, au Vaudeville de Bruxelles, Ni l'une ni l'autre, petite pièce en un acte, et l'année suivante, aux Galeries-Saint- Hubert, l'Alliance, comédie en deux actes , en prose, tirée d'une nouvelle de Jules Sandeau. Tout en se livrant à la littérature, M. Léopold Stapleaux occupait à l'imprimerie de son père une place importante, qui lui permit de faciliter par des échéances à long terme les opérations commerciales de l'éditeur Hetzel. Bientôt il fit jouer, en collaboration avec M. Marc Leprevost, la Comète de Bruxelles, revue en plusieurs tableaux, dont le succès fut très-vif, et le Sorcier de Liège, drame en cinq actes, qui obtint un accueil moins favorable (1854). Vers la même époque, il dirigeait une feuille de mode intitulée la Sylphide, dans laquelle il inséra Jeanne la gardeuse, son premier roman. Quand son père vendit son établissement, il vint à Paris pour tâcher de se créer une position indépendante. Paul d'Ivoy le fit entrer au Messager de Paris, où, sous le nom de Louis Lambert, il signa la chronique de ce journal. Après avoir fait jouer au Palais- Royal le Piège au mari, comédie en un acte (1661), il s'adonna au roman et prit rang parmi les écrivains les plus féconds de notre temps. 11 a publié : les Cents francs du dompteur, dans le journal la Presse (1863); la Chasse au blanc (1863, in-18) ; Fabio, dans le Monde illustré (1861); les Amours dorées, dans V International (1865); le Château de la rage, un des grands succès de l'auteur (1866, in-18); la Nuit du mardi gras, dans le Petit Figaro (1868); le Fiacre 777 (1868, in-S°), etc. Il a donné au théâtre . les Loups et les Agneaux, comédie en cinq actes, avec Henri Crisafulli (Vaudeville, 1868); Paris ventre à terre, comédie en trois actes, avec Théodore Barrière {Palais-Royal, 1868).; Mademoiselle de Cerdec, comédie en ua acte (Galeries- Saint-Hubert (1872); la Famille iienaud, comédie en quatre actes (théâtre du Parc, 1872); Y Article 324, drame en cinq actes (Galeries-Saint-liubert, 1872) ; la Nuit du mardi gras, drame en cinq actes (théâtre du Parc, à Bruxelles, 1872); le Roman d'un père, comédie eu trois actes (théâtre Cluny, 1873); Ouye , ouye, ouye! revue en trois actes et huit tableaux, avec Flor O'Squarre (Galeries-Saint- Hubert, 1874); l' Idole, drame en quatre actes, avec Henri Crisafulli (théâtres des Arts et de Cluny, 1874 et 1875). On lui doit encore, comme romancier : la Stratégie du général, nouvelle, dans le Correspondant (1870); Une panthère blonde, dans le Petit Moniteur (1870); les Compagnons du glaioe (1873, 2 vol. in-18); les Mouches du coche, dans la Liberté (1875); Chaîne de fer, dans le Petit joui naf(1875), etc.
M. Léopold Stapleaux a collaboré, en outre, à la France, au l'emps, k l'Univers illustré; il a été pendant dix ans le critique dramatique de V Echo du commerce.
STAPLETON (Thomas), théologien anglais, né à Henfield (Sussex) en 1535, mort à Louvain en 1598. 11 fit ses études k Cautorbéry et au collège de Winchester, et il venait d'être doté d'un canonicat à Chichester, lorsque l'avènement d'Elisabeth, qui menaçait les catholiques d'une sévère persécution, le décida à se réfugier en Belgique avec sa famille. Après une excursion à Rome, il professa l'Ecriture sainte à Douai, puis entra chez les jésuites et enfin accepta une chaire à Louvain. Clément VIII se proposait de conférer la cardinalat à Stapleton lorsque celui-ci mourut. Ou cite, parmi ses ouvrages : De universa justificationis doctrina; Promptuarium ca*/io//'cum(f aris, 1589, in-8°); Promptuarium morale (Anvers, 1591, ;n-8°); Antidata upostolica (Anvers, 1595, 2 vol. in-40); Vere admiranda (Anvers, 1599, in-40).
STAPLETON ou STAPYLTON (Robert), écrivain anglais, né àcharleston (Yoikshire), mort en 1669. Il a publié des tragédies et une traduction 'du Panégyrique de Trajan, avec des notes; une édition de Juvénal, également avec des notes; une traduction des Amours de Léandre et de Héro; Y Histoire des guerres des Pays-Bas, traduite de Strada, et d'autres traductions.
STAPLETON, antiquaire anglais, né en 1806, mort en 1850. Les détails intimes sur son existence font défaut; on sait seulement qu'il était, en 1846, vice-président de la Société des antiquaires «le Londres. Ses principaux ouvrages sont : Magui Rotuli Scaccarii Normnnuim sud reyibtts Aitglim (1841 et 1S44, 2 Vol.) ; Liber de antiquis legibus (1846).
STAPPE s. ni. (sta-pe). Min. Pilier qu'on laisse dans une mine, pour soutenir le toit.
STAP
STAPSS (Frédéric), jeune patriote allemand, né a Naumbourg, en Thuringe, le 14 mars 1792, fusillé pour tentative de meurtre sur Napoléon, à Vienne, le 17 octobre 1809, a l'âge de dix-huit ans. Fils d'un ministre luthérien d'Erfurt, le jeune Stapss avait terminé de bonne heure ses études classiques sous la direction de son père et se destinait an commerce; il était employé a Leipzig dans une fabrique de nankin, lorsque, en 1809, voyant l'Allemagne tout entière couverte par les armées de Napoléon, et vivement impressionné par les manifestations de haine et d'exécration qu'il voyait se multiplier autour de lui contre le despote ambitieux qui venait asservir et ruiner la patrie allemande, il conçut le projet de le tuer et se dirigea seul, dans ce dessein, vers la capitale de l'Autriche, où se trouvait alors l'empereur des Français, après la victoire de Wagram. Stapss était à peine âgé de dix-huit ans; son oeil était remarquablement beau. Au moment d'une parade à Schœnbrunn , il chercha à s'approcher de Napoléon, ne put le joindre, excita les soupçons de ses officiers, fut arrêté, fouillé et trouvé possesseur d'un grand couteau de cuisine. 11 avoua résolument son dessein. Napoléon, instruit de l'arme qu'on avait trouvée sur Stapss et de l'aveu, fait sans hésitation, qu'il avait voulu s'en servir pour le tuer, le fit venir dans son cabinet. En le voyant si jeune et si doux, il s'écria : « C'est impossible, c'est un enfant. » 11 l'interrogea et reçut de Stapss les mêmes réponses résolues qu'il avait faites aux 0 f li ciers qui l'avaient d'abord questionné.
Voici comment le général Rapp, témoin oculaire et acteur dans ce drame, raconte dans ses Mémoires les scènes de cette tragédie, qui se termina pur la mort de Stapss.
■ Un jeune homme, dit -il (Mémoires, ch. xix), égaré pur un amour aveugle de la patrie, forma le dessein de la délivrer de celui qu'il regardait comme la cause de ses maux. Il se présenta à Schœnbrunn, le 12 octobre, pendant que les troupes défilaient. J'étais de service. Napoléon était pia'cé entre le prince de Neuchâlel et moi. Ce jeune homme s'avança vers l'empereur. Berthier, s'imuginant qu'il venait présenter une pétition, se mit au-devant et lui dit de nie la remettre. Il répondit qu'il voulait parler à Napoléon. On lui dit encore que, s'il avait quelque communication à faire, il fallait qu il s'adressât à l'aide de camp de service. 11 se retira quelques pas en arrière, en répétant qu'il ne voulait parler qu'à Napolèou. Il s'avança de nouveau et s'approcha de très-près : je l'éloignai et lui dis en allemand qu'il eût à se retirer; q^ue, s'il avait quelque chose à demander, on 1 écouterait après ta parade. Il avait la main droite enfoncée dans la poche de côté, sous sa redingote; il tenait un papier dont l'extrémité était en évidence. 11 me regarda avec des yeux qui me frappèrent; son air décidé me donna des soupçons. J'appelai un officier de gendarmerie qui se trouvait là; je le fis arrêter et conduire au château. On vint bientôt m'annoncer qu'on avait trouvé un énorme couteau de cuisine sur Stapss. Je prévins Duroc ; nous nous rendîmes tous deux au lien , où il avait été conduit. Il était assis sur un l lit où il avait étalé le portrait d'une jeune 1 femme, son portefeuille et une bourse qui contenait quelques vieux louis d'or. Je lui demandai son nom. ■ Je ne puis le dire qu'à ' Napoléon. — Quel usage vouliez-vous faire » de 00 couteau? — Je ne puis le dire qu'à » Napoléon. — Vouliez-vous vous en servir » pour attenter à sa vie? — Oui, monsieur. » — Pourquoi? — Je ne puis le dire qu'a lui » Seul. •
» J'allai prévenir l'empereur de cet étrange événement; il me dit de faire umener ce jeune homme dans sou cabinet. Je transmis ses ordres et je remontai. Il était avec Bernadotte, Berthier, Savary et Duroc. Deux gendarmes amenèrent Stapss, les mains liées derrière le dos. 11 était calme; la présence de Napoléon ne lui fit pas la moindre impression; il le salua cependant d'une manière respectueuse. L'empereur lui demanda s'il parlait français. 11 répondit avec assurance : 0 Très-peu. » Napoléon me chargea de lui faire en son nom les questions suivantes :
1 D'où êtes- vous? — De Naumbourg. — » Qu'est votre père? — Ministre protestant. » — Quel âge avez-vous? — Dix-huit ans. — » Que vouliez-vous faire de votre couteau? » — Vous tuer. — Vous êtes fou, jeune
■ homme; vous êtes illuminé? — Je no » suis pas fou, je ne sais ce que c'est qu'il- » luininé. — Vous êtes donc malade? — Je ne
• suis pas malade; je me porte bien. — Pour- , > quoi vouliez-veus me tuer? — Farce que 1 » vous faites le malheur de mon pays. — Vous
• ai-je fait quelque mal? — Comme à tous les
• Allemands. — Par qui étes-vous envoyé? ' qui vous pousse à ce crime? — Personne; » c'est l'intime conviction qu'en vous tuant » je rendrai le plus grand service à mon » pays et à l'Europe qui m'a mis les armes à » la inain. — Est-ce la première fois que vous » me voyez? — Je vous ai vu à Erfurt, lors » de l'entrevue. — N'avez-vous pas eu l'in- » tention de me tuer alors? — Non, je croyais » que vous ne feriez plus la guerre à l'Alle-
■ magne. J'étais un de vos plus grands udmi-
• rateurs. — Depuis quand êtes- vous à Vienne? » — Depuis dix jours. — Pourquoi avez-vous
• attendu si longtemps pour exécuter votre
■ projet? — Je suis venu à Schœnbrunn il y
STAP
» a huit jours avec l'intention de vous luerî » mais la parade venait de finir, j'avais re-
I mis l'exécution de mon dessein à aujour- > d'hui. — Vous êtes fou, vous dis-je, ou vous » êtes malade. — Ni l'un ni l'autre. — Qu'on
• fasse venir Corvisart. — Qu'est -ce que ■ Corvisart? — C'est un médecin, lui répon- » dis-je. — Je n'en ai pas besoin. » Nous restâmes sans rien dire jusqu'à l'arrivée du docteur; Stapss était impassible. Corvisart arriva. Napoléon lui dit de tâter le pouls du jeune homme; il le fit. « N'est-ce pas, mon- » sieur, que je ne suis point malad ■? — Mon-
• siuur se porte bien, répondit le docteur en » s'adressant à l'empereur. — Je vous l'avais
• bien dit, » reprit S'apss avec une sorte de satisfaction.
■ Napoléon , embarrassé d'autant d'assurance, reprit ses questions.
« Vous avez une tète exaltée, vous fe- » rez la perte de votre famille. Je vous ac- » corderai la vie, si vous demandez pardon » du crime que vous avez voulu commettre, » et dont vous devez être fâché. — Je na » veux pas de pardon, J'éprouve le plus » vif regret de n avoir pu réussir, — Diable I » il parait qu'un crime n'est rien pour vous? » — Vous tuer n'est pas un crime-, c'est un de- » voir. — Quel est ce portrait qu'on a trouvé ' sur vous? — Celui d'une jeune, personne que » j'aime. — Elle sera bien affligée de votre » aventure. — Elle sera affligée de ce que je » n'ai pus réussi; elle vous abhorre autant » que moi. — Mais enfin, si je vous fais » grâce, m'en saurez-vous gré? — Je ne vous
• en tuerai pas moins. >
» Napoléon fut stupéfait, dît Rapp. Il donna ordre d'emmener le prisonnier. Il s'entretint quelque temps avec nous et parla beaucoup d'illuminés, •
Rapp ajoute que, le soir, Napoléon le fit appeler et ne laissa pas de paraître préoccupé de l'aventure. 0 Napoléon trouvait, dit-il, les Viennois plus exaliés que dans nos campagnes précédentes ; il m'en fit la remarque. Je lui répondis que le désespoir y était pour beaucoup ; que partout on était f;itigué de nous et de nos victoires. Il n'niraait pas ces sortes do réflexions. » Il parut accuser les cours de Berlin et de Vienne, les femmes surtout de ces cours, d'avoir armé le bras de ce jeune homme. La froide intrépidité do Stapss l'avait étonné. Lui, qui croyait avoir un regard fuscinateur et capable d'intimider les plus hauts caractères, il était presquo honteux de n'avoir pu intimider un enfant.
II fut évidemment très- préoccupé de cet étrange événement, et il écrivit le même jour la lettre suivante :