‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 657 sur 1059 · AU COMTE FOUCHÉ · texte numérisé non relu

AU COMTE FOUCHÉ

'Ministre de ta police à Paris.

■ Schœnbrunn, 12 octobre 1800.

• Un jeune homme de dix-sept ans, fils d'un ministre luthérien d'Erfurt, a cherché, à la parade d'aujourd'hui, à s'approcher da moi. Il a été arrêté par les officiers; et, comme on a remarqué du trouble dans ce petit jeune homme, cela a excité des soupçons; on l'a fouillé et on lui a trouvé un poignard. Je l'ai fait venir, et ce petit misérable, qui m'a paru assez instruit, m'a dit qu'il voulait m'assassiner pour délivrer l'Autriche de la présence des Français. Je n'ai démêlé en lui ni fanatisme religieux ni fanatisme politique. Il ne m'a pas paru bien savoir ce que c'était que Brutus. La fièvre d'exaltation où il était a empêché d'en savoir davantage. On l'interrogera lorsqu'il sera refroidi et à jeun. Il serait possible que ce no fût rien. Il sera traduit devant une commission militaire.

» J'ai voulu vous informer de cet événement, afin qu'on ne le fasse pas plus considérable qu'il ne paraît l'être, j'espère qu'il ne pénétrera pas; s'il en était question, il faudrait faire passer cet individu pour fou. Gardez cela pour vous secrètement, si l'on n'en parle pas. Cela n'a fait à la parade aucun esclandre : moi-même je ne m'en suis pas aperçu.

» P. S. Je vous répète de nouveau et vous comprenez bien qu'il faut qu'il ne soit aucunement question de ce fait. • (D'après la minute. Archives de l'Empire, t. XIX, p. 669.)

Conduit â Vienne et livré à une commission militaire, dont faisait partit) Rovigo, Stapss montra toujours la même fermeté diins ses réponses. On lui demanda, dit Rovigo (t. IV, p. 221), quelle lecture il aimait. Il répondit : « L'histoire, et dans toutes celles que j'ai lues, il n'y a que la vie de la vierge d'Orléans (la Pucelle) qui m'ait fait envie, parce qu'elle avait délivré la France du joug de ses ennemis, et je voulais l'imiter. » Condamné à mort, il fut exécuté le dimanche 17 octobre 1809 à sept heures du matin. Il marcha à la mort avec la même fermeté et la même sérénité qu'il avait montrées en présence de Napoléon, dans sa prison et devant la commission de soldats chargée de le condamner. Son dernier cri fut : ■ Vive la liberté 1 Vive l'Allemagne 1 Mort à Son tyran I » et il tomba sous les balles. Napoléon quitta Schœnbrunn deux jours après, et c'est en vain qu'un de ses apologistes a avancé que cet enfant n'eût pas été fusillé si l'empereur eût été encore présent à Schoonbrunn.

Ainsi mourut Frédéric Stapss, sous des balles françaises, condamné à mort par une commission militaire française pour intention de meurtre sur la personne d'un homme qui,

• !:r « son testament, a fait un legs de 10,000 fr.

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