V. Valkhs
STAUKENBACH , en bohémien Silemnice , ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle et à. 25 kilom. N.-E. de Gitschin, sur la petite rivière de son nom. Centre d'une importante fabrication de toiles et de batistes renommées. Beau château des comtes de Harrach.
STARKENBURG, province du grand-duché de Hesse-Darmstadt, dans la partie S.-K. de cet Etat, comprise entre le Rhin k l'O. qui la sépare de la Hesse rhénane , la province prussienne de Hesse (ex-duché de Nassau)
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au N.-O., dont elle est séparée par le Mein, la 'Bavière h l'E., et le duché de Bade au S. Elle mesure 80 kilom, de longuewr sur 6û kilom. de largeur; superfb-ie, 301,400 hectares; 319,702 hab., ch.-l., Darnnstadt. Le sol est ondulé par quelques collines peu élevées ; au S.-O., dans l'Odenwald, on rencontre quelques montagnes plus élevées, entre autres le -Malclenberg. Industrie agricole très-développée ; exploitation de grès et de sel, Exportation de grains et farines, graines, plantes oléagineuses, tabac, fruits, bois et écorces, draps, lainages, bonneterie. Importation de vins, métaux travaillés, tissus fins et articles de luxe.
STARKIE s. f. (star-kî — de Stark, nom d'homme). Bot. Section du genre liabum.
STARKIE (Thomas), jurisconsulte anglais, né en 1780, mort en 1849. Il fut reçu, en 1810, au barreau de la cour des plaids communs. Il fut ensuite nommé conseiller royal à Lancastre, puis conseiller de la reine à la haute cour , et enfin professeur de législation à Downing Collège. Ses principaux ouvrages sont : Traité des lois sur les pamphlets (1813, in-8»}; Traité de la plaidoirie au criminel (1814, 2 vol.), etc.
STAR MIE KG, lac de Bavière, cercle de la haute Bavière, à 20 kilom. S.-O. de Munich. Il mesure 22 kilom. de longueur, 6 kilom. de largeur et 48 kilom. de circonférence. Sur la rive septentrionale, on trouve un petit village du même nom ; au milieu du lac s'élève la petite île de W'orth. Bords pittoresques, garnis de jardins et de villas. Le Starnberg reçoit la petite rivière de Wurm, ce qui lui fait donner ce nom par quelques géographes.
STARNE s. f. (star-ne). Ornith. Genre d'oiseaux gallinacés, formé aux dépens des perdrix et ayant pour type la perdrix grise.
STARN1NA (Gherardo), diminutif de Siarun, peintre florentin, né en 1354, mort dans les premières années du xv" siècle. 11 eut pour maître Antonio Veneziano. Les peintures qu'il exécuta sur la voûte de la chapelle Castellani, dans l'église de Sainte-Croix, commencèrent sa réputation. Appelé en Espagne, il y fut chargé de travaux importants. A son retour, il travailla pour la chiipelle de Saint- Jérôme, dans l'église des Carmes, et le tableau d'autel, qui représente la mortde saint Jérôme, existe encore aujourd'hui. Starnina avait de l'originalité dans l'invention et du naturel dans l'expression; ses draperies étaient disposées avec beaucoup d'art.
STARNŒNAS s. m. ( star-né-nass — de starne, et de cenas). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des pigeons.
STARODOUB, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et a 170 kilom. N.-E. de Tchernigov, sur la Labtntza; 12,042 hab. Fonderie de cloches. Commerce de grains et de bétail.
STAROF (Ivan-Iegorovitch) , architecte russe, né vers le milieu du xvme siècle, mort à Saint-Pétersbourg en 1808. Il étudia à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg et compléta son instruction par des voyages à l'étranger. On lui doit la plus grande partie du palais'de Tauride, k Saint-Pétersbourg, la cathédrale du couvent Nefski, le palais Pella, près de Saint-Pétersbourg, etc. Il mourut conseiller d'Etat et vice-recteur de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg.
STARON s. m. (sta-ron). Moil. Nom vulgaire d'une coquille du genre volute.
STAROSTE s. m. (sta-ro-ste — du slave starii, vieux, ancien, dignitaire, qui appartient peut-être à la même famille que le lithuanien slyru, engourdi, roide, sterva, cadavre, storas, solide, ferme; moyen haut allemand star, roide; grec stéréos, storros, solide, duc-, sanscrit sthiras, solide, ferme, dur, toutes formes qui se rattachent probablement à la racine sanscrite sthà , rester debout). Hist. Gentilhomme polonais jouissant d'une starostie.
STAROSTIE s. f. (sta-ro-stJ — rad. staroste). Fief faisant partie des anciens domaines de Pologne, cédé par les rois k des gentilshommes, pour les aider à soutenir les frais des expéditions militaires.
STAROWOLSK1 (Simon), dit Sturovulnin», historien polonais, né en 1588, mort à Cracovie en 1656. Après plusieurs excursions à l'étranger, il entra dans les ordres et devint chanoine de Turnow et de Cracovie. Il succomba, dit-on, au chagrin qu'il ressentit en voyant les Suédois profaner le tombeau de saint Stanislas. Ses principaux écrits sont : Eques Polonus (Venise, 1628, in-4°) ; Dectamatio contra obtrectatores Poionise (Cracovie, 1631, in-4°); Polonia sive status regni Polonix descriptio (Cologne, 1632, in-t'ul.) ; Breviarium juris pontificii (Rome, 1653); Epitome conciiiorum (Rome, 1653, in-fol.) ; Sur les réformes des mœurs des Polonais (1652).
STARTER s. m. (star-teur). Turf, Celui qui est chargé de donner, dans les courses, le signal du départ, en abaissant un drapeau qu'il tient à la main.
STARTI s. m. (star-ti). Comm. Sorte de myrrhe. V. stacté.
STASE s. f. (sta -ze — gr. stasis; de staâ, je m'arrête). Pathol. Séjour du sang ou des humeurs dans quelque partie du corps, par
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suite de la cessation ou du ralentissement de leur mouvement : L'automne affecte les individus mélancoliques, dont le sang veineux ou noir éprouve des stases dangereuses dans les vaisseaux hémorroïdaux et te système de la veine porte. (Virey.) La compression exercée sur un seul point de la longueur d'un membre détermine la stase du sang dans la partie située au-dessous de l'endroit comprimé. (Chôme].)
— Fig. Cessation d'activité : Il y a dans les nations, comme chez les individus, des époques inflammatoires et des stasks d'atonie. (Virey.)
STAS1NUS DE CYPRE, poète grec qui vivait dans le vme ou le vue siècle av. J.-C. On lui attribue les Cypriaques, qui forment l'introduction à l'Iliade. Une légende absolument erronée veut que Stasinus ait été le gendre d'Homère, qui aurait donné pour dot à sa fille ce poëine composé par lui-même. Les fragments qui nous restent des Chmits cypriaques se trouvent à la suite de l'édition d'Homère publiée par A.-F. Didot.
STASSART (Henri -Ignace -Philippe de), écrivain ecclésiastique, né k Gand en 1640, mort dans la même ville en 1691. Elève du collège des jésuites de Douai, il entra dans l'ordre a l'âge de dix-huit uns et professa la rhétorique. Le seul de ses écrits qu'on ait imprimé porte pour titre : Réflexions sur te sacrifice de la messe, dernière édition (Bruxelles, 1777, in-lï).
STASSART (Jacques-Joseph, baron de), magistrat, petit-neveu du précédent, né k Charleroi en 1711, mort en 1801. 11 fit son droit à Louvain et devint un des meilleurs avocats de Bruxelles. Nommé conseiller fiscal du bailliage de Namur en 1741, et ensuite procureur général au conseil, de cette ville, il rendit de grands services k la province, surtout en 1746, au moment de l'invasion française. En 1757, il entra au conseil privé k Bruxelles, présida ensuite, en 1761,1e conseil de Namur et, quelque temps après, le conseil d'Etat. En récompense de ses nombreux services, l'empereur Léopold II lui avait conféré le titre de baron (1791). M. de Stassart émigra.en J792 et rentra dans sa patrie l'année suivante. Ce magistrat n'a laissé que des ouvrages manuscrits, qui sont : Précis des affaires traitées au conseil privé, de ni! à 1764, (4 vol. in-fol.); Mémoires et litres relatifs aux discussions avec la France et les autres pays limitrophes (4 vol.); Hecueil des causes jugées au conseil de Namur (5 vol. in-fol.) ; Correspondance (2 vol,)
STASSART (GosVm-Joseph-Augustin, baron de), littérateur et homme d'Etat belge, petit-tils du précédent, né à Matines en 1780, mort h Bruxelles eu 1854. Après avoir fait à Paris, en 1802, son cours de droit, il devint auditeur au conseil d'Etat, régit comme intendant diverses provinces allemandes occupées par les armées françaises et, après avoir éié sous- préfet d'Orange, devint préfet de Vaueluse , puis préfet des Bouches-de-la- Meuse. La Hollande ayant recouvré son indépendance, il vint :t Paris (1814) et fut choisi comme officier d'ordonnance par Joseph Bonaparte. Maître des requêtes en service extraordinaire pendant les Cent-Jours, il revint dans son pays après la reconstitution du royaume des Pays-Bas, fut élu membre des états généraux et gouverneur de la province de Numur. Eh 1834, il passa au gouvernement de Brabant et conserva ces fonctions jusqu'en 1839. Le baron de St.assart fut représentant des électeurs de Namur au congrès qui, lors de la constitution de la Belgique en État indépendant séparé de la Hollande, se prononça pour une monarchie constitutionnelle et héréditaire. De 1831 à 1S37, il fit partie de la Chambre haute (Sénat) et présida cette assemblée. Une mission diplomatique qu'il remplit à Turin, en 1840, lui valut lo rang et le titre de ministre plénipotentiaire.
Cet homme distingué cultivait la littérature et il a légué une belle collection d'autographes k l'Académie royale de Belgique, où il fonda un prix. Ses principaux ouvrages sont; Bagutelles littéraires (Bruxelles, 1800, in-32 ; 2e édition sous le titre de Bagatelles sentimentales, Bruxelles, 1802, in- 13) ; Dieu est l'amour le plus pur, morceaux choisis d'Eckartshausen, traduit de l'allemand (Paris, 1804, in-18; nouvelle édition, Paris, 1832, in-18); Géographie élémentaire (Paris 1804, 2 vol. in-80; 2e édition, Paris, 1S06, 3 vol. in-8"); Analyse de ('Histoire de Belgique, par M. Deviez (Avignon, 1810, in-8°j, tiré k 20 exemplaires ; Pensées, maximes, réflexions, observations, etc. (Paris, 1814, in 8°; 2^ édition, Bruxelles, 1815, in-12), traduit en allemand ; Promenade à Tervueren ( Bruxelles , 1810 , in-4<>); Fables (Bruxelles, 1818, in-12 ; se édition, Paris, 1852, in-18). Le baron de Stassart a collaboré k un grand nombre de recueils, tels que : la Statistique de la France (Paris, 1803, 7 vol. in-8o) ; la Biographie universelle de Michaiid; V Annuaire nécrologique de Mahul ; la Revue encyclopédique; les Archives du nord de la France; la Nouvelle biographie générale de Didot; les Bulletins de V Académie royale de Belgique; le Journal de la Belgique; la Revue de Liège; le Bulletin du bibliophile belge, etc. Ses œuvres complètes ont été publiées à Paris (1S55, gr. in-8»).
STASSF0RT, ville de Prusse, province de Saxe, régence de Magdebourg, cercle et k
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13 kiiom. S.-O. de Kalbe , sur la Bode; 3,356 hab. Fabrication de sucre de betterave ; saline.
STASZOW, vilie de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 48 kiloiti. S.-O. de San- (iorair, sur la Czarna; 4,000 h»b. Fabrication, de draps, toiles j usines à cuivre.
STASZYC (Xavier-Stanislas), homme d'Etat et littérateur polonais , né à Pila en 1755, mort en 1886. Il fit ses premières études à Leipzig et à Gcettingue, et se rendit ensuite à Paris, où il se lia avec d'Alembert, Rainai et Buffon, pour lequel il conçu, de prime abord une grande admiration, qui le poussa à traduire en polonais les Epoques de la nature (Varsovie, 1786). Mais il ne tarda pas à reconnaître que la théorie de Buffon était plus ingénieuse que profonde. Il s'adonna alors exclusivement aux études géologiques, parcourut les Alpes, les Pyrénées, les Karpathes et publia une géologie de la Pologne, intitulée : Structure géologique des montagnes de l'ancienne Sarmalie et de la Pologne moderne (Varsovie, 1805). A son retour dans sa patrie, il entra comme précepteur chez le chancelier André Zamojski et, après la création du grand-duché de Varsovie, fut nommé conseiller d'Etat par le roi de Saxe. Il prit aussi paît, en qualité de référendaire, aux débats de la diète, devint, à la mort d'Albertrandi (1808), président de la Société royale des amis des sciences, qui lui fut redevable d'une foule d'améliorations, et fut plus tard nommé, par Alexandre 1er, directeur général du comité d'instruction publique. Il profita de la grande influence que lui donnaient ces fonctions pour créer en partie ou réorganiser les écoles secondaires et élémentaires, pour fonder une école des mines et une école polytechnique, une institution de sourds-muets et une école d'agriculture, pour encourager le commerce et l'industrie, la construction dos routes et des ponts, etc. I) prit sa retraite en 1824, à cause de son âge, et reçut du czar le titre de ministre d'Etat, puis, plus tard, celui de président de la commission d'examen des fonctionnaires publics. A sa mort, il légua toute sa fortune aux écoles qu'il avait fondées à Varsovie et partagea sa propriété de Rubieszow entre ses paysans. Nous citerons, parmi ses autres écrits : Avertissements résultant pour la Pologne dés événements actuels en Europe, etc. (Varsovie, 1792, 2 vol.); Réflexions sur la vie de Jean Zamojski (Varsovie, 1806); Statistique de la Pologne (Varsovie, 1807) ; Balance politique de l'Europe, etc. La biographie de Staszyc a été écrite par Zawadzki (Lemberg, 1860).
STATAN et STATYNA, dieu et déesse qui, chez les anciens Slaves, étaient chargés de veiller sur les enfants au berceau. Lorsque ceux-ci commençaient à marcher, on offrait un sacrifice à ces divinités.
STATEN-1SLAND, île des Etats-Unis d'Amérique, dans la baie et l'Etat de New-York, à 9 kilom. S.-O. de la ville de ce nom. Elle a 16 kilom. de longueur sur 7 kilom, de largeur, et forme le comté de Richeuiont, dans l'Etat de New- York. Près de la cote orientale s'élève le fameux phare Prince's-Bay, tandis que lu rive occidentale est occupée pur de belles résidences des habitants de New-York.
STATE R s. m. (sta-tèr). V. statère.
STATÈRE S. m. (sta-tè-re — gr. statêr; de staâ, je suis fixe). Antiq. gr. Monnaie d'argent qui valait 4 drachmes. Il Monnaie d'or qui valait 23 drachmes. Il On dit aussi stater,
— s. f. Antiq. rom. Balance semblable à celle que l'on appelle encore aujourd'hui romaine, et qui est en usage dans tout le Midi.
— Eucycl. Antiq. gr. Les statères étaient en or et en argent. Les statères d'or de Cyzique étaient particulièrement très -estimes pour leur beauté. Le type était, d'un côté, une tète de femme, et, de l'autre, une tête de lion. Ces statères pesaient 2 drachmes et valaient 28 drachmes d'argent d'Athènes. Cette dernière ville avait aussi son statère d'or qui valait 20 drachmes d'argent, dans le rapport de l'or à l'argent dans ce temps-là (de 10 à i), c'est-à-dire quel drachme d'or valait 10 drachmes d'argent. Le statère de Cyzique valait un peu plus de 45 de nos francs. Pour le statère d'argent, il pouvait valoir une de nos pièces de 5 francs.
STATHMÉTIQUE S. f. (sta- tmé-ti-ke — gr, stathmêtikus ; de stathmê, unité de longueur). Emploi des poids et mesures,
STATHMOS s. m. (sta-tmoss — mot gr.
formé de istêmi, je m'arrête). Antiq. Sorte de caravansérail, chez les Grecs.
STATHOUDER s. m. (sta-tou-dèr — mot holland. formé de slat, Etat, et de houder, qui dent). Titre que l'on donnait au chef de 1 ancienne république des Provinces- Unies. Il Titre donné primitivement au chef de chacune des provinces unies.
— Fam. Chef autocratique d'une république : Les monarchistes réduits à subir la république en confieraient votontiers te gouvernement à Un STATUOUDEK.
— Encycl. Ce titre désignait dans l'origine Ses gouverneurs de chaque province des Pays-Bas sous la domination de l'Autriche. La république des Provinces-Unies conserva cette fonction, mais en limitant ses attributions. Chacun des Etats avait son stathouder. Ceux de la province de Hollande, tirés de la
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maison d'Orange-Nassau, parvinrent à réunir plusieurs provinces et à former un stathoudérat général, qui tendit de plus en plus à la monarchie et devint héréditaire avec Guillaume IV (1747). Dans l'intervalle, cette dignité avait été plusieurs fois abolie par le parti républicain, et elle disparut définitivement en 1795. V. HOLLANDE.
STATHOUDÉRAT s. m. (sta-tou-dé-ra — rad. stathouder). Dignité du stathouder. Il Exercice des fonctions du stathouder.
— Fam. Autorité autocratique d'un chef de république : Un stathoudérat a tous les inconvénients d'une monarchie.
Statboudéral (ADRESSE AUX BATAVES SUR
le), opuscule de Mirabeau, écrit en avril 1788, Depuis longtemps, les états généraux des Pays-Bas étaient en lutte ouverte avec le stathouder, président héréditaire de la république. On sait que les Hollandais avaient par reconnaissance, dès les premiers jour^de leur affranchissement, assuré cette dignité à la famille d'Orange. Cette famille avait été de tout temps l'ennemie plus ou moins avouée de l'indépendance de la république et du pouvoir des états généraux. Tandis que les de Witt, les Ruyter se dévouaient au service désintéressé de leur pays, les fils du Taciturne essayaient sans cesse d'empiéter sur cette liberté, au moyen des armées don t ils se faisaient décerner le commandement. C'est ainsi que Guillaume III , beaucoup plus surveillé en Angleterre qu'en Hollande, avait pu être appelé la stathouder d'Angleterre et le roi de Hollande. A la fin du xvme siècle, ie pouvoir des stathouders devint plus oppressif que jamais; dès 1784, les états généraux se mirent en rébellion contre Guillaume V et le suspendirent de ses fonctions de capitaine général. Le stathouder eut recours pour se défendre à la populace d'abord, puis aux troupes mercenaires et enfin aux Prussiens. C'est au moment de cette lutte que Mirabeau écrivit l'adresse aux Bataves. C'est un morceau historique, dont le ton oratoire s'élève parfois jusqu'à l'éloquence. Le début est une belle apostrophe à ce peuple courageux qui de tout temps a donné au reste de l'Europe le signal de l'affranchissement. « Ce petit peuple est un phénomène parmi les nations, ilii-il dans un langage magnifique. On dirait un chêne robuste à qui la sève de la liberté conserve sa force et sa vertu, tandis que le reste de l'Europe ne présente que l'aspect d'une vaste forêt, dont le souffle impur et impétueux de la tyrannie aristocratique a dépouillé, flétri, déraciné tous les arbres. » Il faut citer, parmi les morceaux éloquents de ce petit livre, un portrait de Philippe II, qui est un peu déclamatoire, mais qui n'en est pas moins d'une puissante inspiration : o Maître d'un empire dont la plus petite partie eût excédé les bornes de son intelligence, il épuisa les trésors de l'Espagne dans l'espoir d ajouter à sa monstrueuse puissance la France et l'Angleterre. Des milliers d'hommes devinrent les instruments, les victimes de son despotisme. Implacable dans ses haines, impitoyable dans ses vengeances, incestueux, adultère, banqueroutier, empoisonneur, ennemi d'un père qui l'avait trop aimé, assassin de son fils et de son épouse, digne de tous les supplices puisqu'il avait commis tous les crimes, il mourut sans remords, croyant avoir glorieusement régné parce qu'il avait dépouillé ses sujets de leurs antiques prérogatives; il mourut plein de confiance dans le Dieu de l'univers, lui qui avait envié à Charles IX le massacre de la Saint-Barthélémy 1 lui qui, non content d'avoir immolé pendant quarante-trois ans à des dogmes inintelligibles des milliers de ses semblables, s'était fait un besoin d'animer de la voix et du geste le fer de leurs bourreaux! » Citons aussi cette pensée d'une application trop fréquente et trop facile : « Malheur, malheur aux peuples reconnaissants 1 Us cèdent tous leurs droits à qui leur en a fait recouvrer un seul. Ils se forgent des fers, ils corrompent par une excessive confiance jusqu'au grand homme qu'ils eussent honoré par leur ingratitude. » Il faut remarquer enfin une énumération des droits de tout peuple qui veut la liberté ; c'est le code des droits de l'homme avant 1789 : a Tous les hommes sont nés libres et égaux. — Tout pouvoir étant émané du peuple, les différents magistrats ou officiers du gouvernement, revêtus d'une autorité quelconque, législative, executive ou judiciaire, lui doivent compte en tous les temps. — Le peuple, pour le bonheur de qui le gouvernement est institué, a le droit inaliénable de le réformer, de le corriger, de le changer totalement lorsque son bonheur l'exige. — Le peuple a le droit de s'assembler pour s'entendre sur le bien commun ; il a le droit de donner des instructions à ses représentants.
— La liberté des délibérations dans les assemblées est si essentielle, qu'aucun des discours qui y sont tenus ne doit servir de prétexte à aucune action ou plainte devant aucun tribunal. — Aucune personne ne peut exercer à la fois plus d'un emploi lucratif.
— Le droit de suspendre les lois ou d'en arrêter l'exécution ou de les annuler ne peut être exercé que par le pouvoir législatif. » Nous sommes loin encore de réaliser ce programme.
STATHOUDÉRIEN, IENNE adj. (sta-toudé-ri-ain, i-è-ne — rad, stathouder). Qui ap-
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partient au stathoudérat : Dignité stathou-
DÉRIENNE.
— Substantiv. Partisan du stathoudérat.
STATICE s. m. (sta-ti-se — lat. statice, gr. statikë, de statikos, astringent). Bot. Genre de plantes, de la famille des plombaginées, type de la tribu des staticées, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère nord, et dont une vingtaine se trouvent sur nos côtes, notamment sur celles de la Méditerranée : Les statices forment l'une des bases principales de la flore de nos côtes. (P. Duchartre.) Le statice nain croit en Espagne, sur les rochers des bords de la mer. (Bosc.) La plupart des statices peuvent se cultiver en pots. (Vilmorin.) Il On trouve quelquefois ce mot employé au féminin : La statice est estimée vulnéraire. (V. de Bomare.) Il Syn, d'ARMÉRiE et de ooniolimon, autres genres de plombaginées. Il On dit aussi statice et stasicée s. f.
— Encycl. Les statices ou statices sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux, à feuilles généralement toutes radicales, à tige ou hampe nue, ramifiée, portant des fleurs réunies en épis terminaux et accompagnées de bractées ; le fruit est un utricule membraneux, monosperme, enveloppé par le calice, qui finit par s'ouvrir en se déchirant à la base et forme une sorte de coiffe. Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les régions tempérées de l'Europe et de l'Asie. Elles croissent en générât sur le littoral des mers, sur les plages sablonneuses que les flots recouvrent pendant les gros temps, dans les marais salants ou dans les terrains imprégnés de sel marin. Souvent ce sel se dépose en efiiorescence à la surface de leurs feuilles. Cette circonstance engage les bestiaux, notamment les moutons, à brouter ces plantes, que sans cela ils rechercheraient peu, car elles sont pour la plupart dures et coriaces. Elles sont aussi plus ou moins riches en principes astringents, et quelquesunes présentent sous ce rapport' assez d'avantages pour être recueillies avec soin et même cultivées dans certains pays. Une vingtaine d'espèces croissent sur les plages maritimes de la France.
Beaucoup de statices sont recherchés comme plantes d'ornement; ce sont, pour la plupart, des plantes vivaces, rustiques, qui croissent dans toutes les bonnes terres de jardin, mais mieux dans les sols siliceux et frais; on favorise encore leur végétation en ajoutant à la terre un peu de sel, d'eau salée ou des engrais de poisson. Les statices aiment le grand air et le soleil, mais ils réussissent rïéaunoins dans les parties demi-ombragées et même à l'ombre; on en tire un bon parti pour orner les plates-bandes, les massifs, les pelouses, les terrains en pente, les roeailles, les parties accidentéesaux abords des rivières et des pièces d'eau, etc. Ils forment de belles touffes, remarquables par l'élégance de leur port et de leur feuillage et par la délicatesse de leurs fleurs; celles-ci ont d'ailleurs l'avantage de se dessécher en conservant leurs couleurs, soit qu'on les laisse sur la plante, soit mieux encore qu'on les coupe lorsqu'elles commencent à s'épanouir et qu'on les suspende la tête en bas, dans un lieu abrité et ombragé ; elles peuvent servir alors, en plein hiver, à faire des bouquets ou à orner les vases dans les appariements; on les désigne sous le nom vulgaire d'immortelles bleues. Les espèces de petite taille font de charmantes bordures ; la plupart de ces plantes peuvent d'ailleurs être tenues en pots, comme les œillets.
La culture des statices est assez simple et facile ; voici ce que dit à ce sujet M. Vilmorin : « On pourrait les multiplier d'éclats; mais ce procédé, qui réussit quelquefois, ne donne pas toujours des résultats aussi certains que le semis. Les graines doivent être préalablement débarrassées des bractées et des enveloppes florales persistantes qui les entourent, ce qui facilite et hâte leur germination ; elles sont ensuite semées d'avril en juin, en pépinière en planche, en terrines ou en pots à fond drainé et en terre sableuse, celle de bruyère par exemple ; ou arrose modérément; on repique le plant en pépinière d'attente, et on les met en place en octobre ou de préférence en mars. On pourrait aussi les semer sur couche ou en pots sur couche, en mars-avril, pour activer la germination de quelques espèces, qui, sans cela, serait quelquefois lente et capricieuse. Dans les départements du nord, quelques espèces de statices sont parfois sujettes à périr par l'humidité ou par suite des transitions subites de la température en hiver ; on devra donc, par prudence, conserver quelques pieds en pots qu'on hivernera au besoin sous châssis à froid, en les Hèrant le pius souvent possible et en les arrosant avec beaucoup de modération. »
Le statice monopëtale atteint la hauteur de 1 mètre ; il porte des feuilles ovales oblongues ou lancéolées, un peu ihoinues, et des fleurs roses, groupées en épi terminal. On le trouve sur le litior.il de la Méditerranée. Très-riche en principe astringeni, il est employé avec succès pour le tannage des peaux, et on a proposé de le cultiver en grand dans ce but; mais les essais, quoique très-satisfaisants, n'ont pas eu de suite. C'est une jolie plante d'ornement. Le slatice limonium s'en distingue par ses feuilles toutes radicales,
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très-grandes, et ses fleurs d'un lilas bleuâtre, disposées en épis dont l'ensemble constitue un large corymbe terminal. Il croit sur les bords de l'Océan et de la Méditerranée et dans les terrains salés de l'intérieur. L'ancienne médecine le regardait comme vulnéraire et antidyssentérique; desséché et réduit en poudre, il servait à déterger les plaies et les ulcères malins. On le désignait a tort sous le nom de béhen rouge, qui appartient à l'espèce suivante.
Le statice à larges feuilles, qui habite le Caucase, se reconnaît à ses grandes feuilles veloutées et couvertes de poils étoiles, et à ses fleurs à calice blanc et à corolle rose ou pourprée, disposées en une large panicule terminale. Su racine, compacte, d'un rouge noirâtre, a une odeur aromatique, une saveur astringente et styptique, qui se rapproche un peu de celle du tabac ; elle renferme une forte proportion de tannin. On l'a employée contre les hémorragies, les crachemeuts de sang, la dyssenterie, les maux de gorge, les angines, les aphthes, etc. Cette racine, qui était connue au moyen âge des Gi'ecs et des Arabes, et qu'on tirait de l'Orient, ne se trouve que bien rarement aujourd'hui dans le commerce de la droguerie. On l'a aussi employée pour le tannage. Le statice des corroyeurs, originaire de la Russie, et le statice de Tartarie servent aussi à ce dernier usage. En Amérique, on emploie le statice de la Caroline comme astringent. Dans quelques pays, le statice élégant est un remède populaire contre le relâchement de l'utérus.
Le statice arméria ou maritime, vulgairement nommé gazon de Hollande ou gazon d'Olympe, est une jolie petite plante gazonnante, à souche rameuse, brunâtre, à feuilles persistantes, fascieulées, d'un beau vert, du milieu desquelles s'élèvent des hampes hautes de 0m,10 à 0m,15, terminées par des capitules serrés et globuleux de fleurs roses dans le type, rouges ou blanches dans quelques variétés. Cette plante, originaire du midi de l'Europe, croît à peu près dans tous les terrains légers, mais de préférence dans ceux qui sont sablonneux et un peu frais. On en fait des bordures naines, très-jolies, de longue durée et qui ne demandent presque aucun soin. On l'emploie aussi pour tapisser et gazonner les talus et les glacis, même dans les sables des dunes, qu'elle peut jusqu'à un certain point servir à maintenir; pour décorer les rocailles, pour faire des gazons ou des pelouses de peu d'étendue et d'un bon effet. Elle se propage par semis, comme nous l'avons vu plus haut; mais, de plus, il est très-facile de la multiplier par éclats de pied.
Parmi les autres espèces ornementales, nous citerons le statice de Bonduelle, à feuilles pennatifides comme celles des chicorées, à fleurs d'un beau jaune doré, originaire de l'Algérie; le statice sinueux, ii feuilles élégamment découpées, à fleurs d'un bleu plus ou moins foncé, variant au blanchâtre ou au jaune clair, et le statice œillet, pituite indigène, guzonnante, glabre, à fleurs d'un blano nacré, variant d'ailleurs pour la couleur.
STATICE s. m. (sta-ti-sé). Bot. Syn. de statice : Le statice gazon a les feuilles linéaires. (Th. de Berneaud.)
STATICE, ÉE adj. (sta-ti-sé — rad. statice). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au statice.
— s.' f. pi. Tribu de la famille des plombaginées, ayant pour type le genre statice.
STAT1CÉE s. f. (sta-ti-sé). Bot. Syn. de statice.
STATIF, IVE adj. (sta-tiff, i-ve— rad. station). Qui appartient à une station.
— Hist. rom. Camp slatif. Camp où une armée demeurait quelque temps. Il réries statives, Fêtes célébrées par tout le peuple, et dont le jour était fixé par les fastes.
STATILIUS (Titus Taurus), délégué (legatus) d'Octave. 11 combattit, l'an 36 av. J.-C, au nom de celui-ci contre Pompée le jeune, battit Lcpidus en Sicile et remporta plusieurs victoires en Afrique. Eu 34, il lit lu guerre aux Dalmates et eu 31 à Antiochus. Après la bataille d'Aetium , il construisit un amphithéâtte à Rome. En 29, il vainquit les Cantabres en Espagne. En £6, il fut nommé consul.
STATION s. f. (sta-si-on — latin statio, arrêt; de stalum, supin du verbe stare, s'arrêter. Le latin statio est aussi le type du mot saison). Pause, demeure de peu de uurée qu'on fait dans un lieu : Je ne suis pas resté longtemps dans cet endroit, je n'y ai fait qu'une station. Diane de Poitiers, maitresse de Henri II, ordonna par son testament qu'on lui fit faire une STATION dans l'église des Fittes- Repenties avant d'être transportée à l'église d Anet, qu'elle avait choisie pour sa sépulture. (Ste-Foix.)
— Lieu, place où se tiennent les voitures publiques pour prendre les voyageurs : Il y a sur cette place une station d'omnibus, une station de voitures, il Kndroit où s'arrête un convoi de chemin de fer pour prendre et pour déposer des voyageurs.
— Station thermale, Etablissement thermal fréquenté pendant une certaine partie de l'année : Station d'été. Station d'hiver.
— Antiq. rom. Relais de poste sur tino route militaire : Il existait du temps des Ru-
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mains, sur le lerritoire de Dieppe, une station et même une ville. (Vitet.) Il Garnison établie sur les frontières de l'empire ou dans les provinces dont on suspectait la fidélité. Il Sentinelle.
— Relig. catbol. Chacune des douze pauses que lit Jésus, selon la tradition, en allant au Calvaire. Il Chacun des douze tableaux qui représentent les douze pauses, et devant lesquels on récite certaines prières. Il Suite de sermons prêches pendant un avent ou un carême : Station d'avent, de carême. Prêcher une station à Notre-Dame. Il Eglise, chapelle ou autel désigné par nu supérieur ecclésiastique pour aller faire certaines dévotions auxquelles sont attachées des indulgences : Les stations des sept églises à Borne, il Faire ses stations, Visiter les églises désignées pour y gagner les indulgences.
— Liturg. Jeûne du mercredi et du vendredi, qui ne durait que jusqu'à dix heures.
— Physiol. Position debout, sur les pieds : Station bipède, quadrupède. Dans la station, les musctes de la partie postérieure du cou se contractent pour maintenir la tête en équilibre sur ta colonne vertébrale. (Robin.)
— Mar. Etendue de mer assignée à des vaisseaux, pour y établir leur croisière, pendant un temps déterminé : Les stations du Levant.
— Astron. Etat du repos apparent d'une planète, lorsqu'elle passe dé son mouvement direct à son mouvement rétrograde, ou vice versa : Entre la direction et la rétrogradation, il y a toujours une station. (Acad.)
— Géod. Lieu où l'on se place, dans les opérations de trigonométrie et de nivellement, pour faire ses observations; chacun des sommets du triangle du réseau : Un coup de niveau est compris entre deux stations. (Acad.) Il Disposition que l'on donne à un instrument pour qu'il puisse servir à certaines observations : Mettre une lunette en station.
— Hist. nat. Milieu dans lequel vit un animal ou un végétal : Les montagnes, les rochers, tes bois, les étangs, les terres cultivées, les cavernes, etc., constituent autant de stations distinctes. (A. Dupuis.)
— Encycl. Liturg. Les premiers chrétiens avaient coutume de faire station ou de prier debout le dimanche depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte inclusivement, en mémoire de la résurrection de Jésus-Chirst. Cette coutume, au temps du concile de Nicée, était tombée en désuétude en plusieurs contrées, où l'on avait pris l'habitude de prier à genoux, incliné ou prosterné, pendant le temps pascal comme pendant le reste de l'année ; c'est ce qui motiva le vingtième canon de ce concile qui, après avoir fixé le jour où la pâque devait être célébrée dans toutes les églises, sans exception, ordonna de prier debout suivant l'ancien usage. Il ne paraît pas, au reste, que ce règlement ait été observe dans l'Occident avec autant d'exactitude que dans les églises d'Orient. C'était encore la coutume de se tenir debout pendant la lecture de l'évangile, pendant les sermons et durant le chant des psaumes. On ne se donnait poiut alors dans les églises les commodités que la tiédeur, la mollesse, la vanité y ont introduites dans la suite des siècles. Ce fut probablement pour la même raison que, dès le me siècle, on nomma stations ou jours stationnai/es le mercredi et le vendredi de chaque semaine parce que, dans ces deux jours, les fidèles s'assemblaient aussi bien que le dimanche pour célébrer l'office divin et pour participer à la communion.
Par analogie, on a nommé station, dans l'Eglise do Rome, l'office que le pape, à la tête de son clergé, allait célébrer dans les églises de cette ville, et comme il les visitait ainsi successivement, on a marque dans le missel romain les jours auxquels il devait y avoir station dans telle église. A la fin de chaque office, l'archidiacre annonçait à l'assemblée le lieu ou il y aurait station le lendemain. On croit que ce fut saint Grégoire qui fixa et distribua ainsi les stations à Rome ; aussi sont-elles marquées dans son Sucramcntuire. On appelait diacre stationnnire celui qui était chargé de lire l'évangile à la messe que le pape devait célébrer. A présent, il n'est presque aucun jour de l'année auquel le saint sacrement ne soit exposé dans une des églises de Rome, avec une indulgence accordée à ceux qui iront prier dans cette église, où il y a station.
Pendant le jubilé, lorsque l'indulgence est étendue a toutes les églises de la chrétienté, on désigne les églises particulières dans lesquelles les fidèles seront obliges d'aller faire leurs prières ou leurs stations pour gagner l'indulgence.
On appelle aussi stations les endroits où les processions s'arrêtent pour y dire des prières, chanter des antiennes, etc. Enfin, ou nomme quelquefois station la commission donnée à an prédicateur de faire des sermons pendant le carême ou pendant l'avent dans une église particulière.
— Chem. de fer. Les stations de tête ou de point de départ et d'arrivée sont généralement appelées gares, parce que c'est là par le fuit qu'a lieu le garage du matériel de de traction. Les stations se divisent en plusieurs classes, suivant l'importance de leur trafic; ainsi, on distingue les stations hors classai qui sont généralement placées en tête
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des lignes d'embranchement; les stations de première, de deuxième, de troisième et de quatrième classe, et les stations de bifurcation ; toutes ces stations sont appelées stations intermédiaires. Dans le service de l'exploitation, tous les convois s'arrêtent aux stations de première classe, et une partie seulement d'entre eux au* stations de deuxième et de troisième classe. Au point de vue de la disposition des voies dans les stations, on a adopté différentes méthodes qui proviennent de la différence des opinions qui existent entre les ingénieurs chargés de leur construction et de leur établissement. Anciennement, l'usage était de ne lier, dans les stations intermédiaires, les voies latérales aux voies principales que par une de leurs extrémités, de manière que les machines marchant sur la voie principale ne pussent jamais passer sur la voie latérale qu'en reculant, quelle que fût la position des aiguilles du changement de voie. Depuis que l'usage des changements de voie à contre-poids s'est répandu, on s'est écarté assez souvent de cette règle, surtout dans les stations de première classe où tous les convois stationnent; on adopte aujourd'hui pour règle générale de placer la pointe des aiguilles dans le sens opposé à la marche du convoi, même dans les stations principales. Dans quelques chemins de fer anglais, on trouve entre les trottoirs d'arrivée et de départ quatre voies; les deux du milieu sont les voies principales, et les deux voies latérales sont reliées par leurs extrémités aux deux précédentes. Les convois de marchandises s'arrêtent seuls sur les voies principales, et les convois de voyageurs passent toujours sur les voies latérales, le long des trottoirs de départ et d'arrivée. Cette disposition n'est pas sans quelque danger; aussi doit-on la prohiber dans les stations de deuxième et de troisième classe, où les convois passent souvent à de grandes vitesses sans stationner. Dans les stations intermédiaires, on donne généralement aux voies de garage pour les trains de marchandises assez de longueur pour qu'elles puissent porter deux trams de marchandises en même temps; l'une des voies est juxtaposée à la voie montante, l'autre à la voie descendante, et les trains ne peuvent y entrer qu'à reculons. Sur certains chemins, on pose des voies obliques coupant les voies principales; Sur d'autres, les ingénieurs reculent devant rétablissement de croisements de voie interrompant les voies principales, à cause de la difficulté que pré- Sente leur entretien et des accidents qu'ils peuvent occasionner s'ils sont en mauvais état. Cependant, on pense généralement qu'on peut admettre ces traversées sur les chemins d'une importance secondaire, consacrés plutôt au transport des marchandises qu'à celui des voyageurs. Quelquefois on a remplacé les deux voies par une voie unique, placée interinédiairement aux voies principales; il semble préférable de rejeter sur le côté, toutes les fois que cela peut se faire, les voies de garage des convois de marchandises ; la gare est moins obstruée et le chef de gare exerce son inspection beaucoup plus facilement. Lorsqu'on établit une troisième voie intermédiaire, elle sert au dégagement des machines et, dans le cas particulier de convois spéciaux, au garage des trains de voyageurs, A côté des voies de garage pour les trains de marchandises, on pose une voie do dégagement pour les wagons vides, et dans les stations intermédiaires de premier ordre on établit une voie spéciale pour l'alimentation des machines et des voies pour le garage des wagons de voyageurs communiquant avec la remise. Les voies d'arrivée et de départ sont établies entre les trottoirs ; le bâtiment des salles d'attente pour le départ est ordinairement placé du coté de la ville que dessert la station, et les voyageurs qui arrivent sont obligés de traverser les deux voies pour se rendre en ville. Sur quelques lignes très-fréquentées, telles que celle de Versailles, on a obvié à cet inconvénient, qui présente quelques dangers, en établissant des ponts ou passerelles sur lesquels les voyageurs montent pour traverser les voies. Sur la ligne d'Auteuil, on a adopté, dans le même but, une disposition assez ingénieuse; ce chemin, se trouxant presque entièrement en tranchée, le bâtiment des salles d'attente est placé au-dessus des voies, à une hauteur telle que les locomotives peuvent passer dessous. On accède aux salles d'attente de plai:i-pieô, et l'on descend pour le départ sur les irottoirs par des escaliers qui, partagés *>n deux parties égales par une main courante, servent également aux voyageurs arrivant. Sur d'autres chemins, le trottoir est placé entre les deux voies; de cette façon, les voyageurs n'ont qu'une voie à traverser pour se rendre au bâtiment de la station; mais les graves inconvénients qui résultent de cette disposition ont fait abandonner ce mode de construction,qui obligeait à cintrer les voies aux abords des stations et à diminuer la vitesse des trains directs. Sous le rapport de l'installation pour le service, les stations renferment le bâtimunt des salles d'attente, qui doit toujours contenir, outre les salles d'attente, un vestibule, un bureau pour la distribution des billets, une salle pour le déj.ôt des bagages ou des marchandises expédiés à granue vitesse, un magasin pour les bagages ou marchandises adressés Dureau restant, un bureau pour le chef de station, un bureau pour le
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sous-chef, un cabinet pour le commissaire de surveillance, un logement pour le chef de station et même, s'il est possible, pour le sous-chef. Des lieux d'aisances et des urinoirs pour les voyageurs sont établis dans un petit bâtiment séparé ou dans l'intérieur même du bâtiment. La lampisterie, un cabinet pour la préparation des chaufferettes et le bureau des employés de la voie sont placés tantôt dans le bâtiment des salles d'attente, tantôt dans un bâtiment séparé. On y joint quelquefois une salle pour les facteurs. Quand le chemin est en déulai, le bâtiment contenant le bureau pour la distribution des billets est placé arbitrairement sur le côté, au sommet du talus, sur le talus même, au pied du talus, ou enfin entre les deux talus à une certaine hauteur. Si le chemin est en remblai, on le place également au pied du remblai, sur le talus ou sur la crête du remblai. Enfin, si le chemin est en viaduc, on peut l'établir sous les voies ou à côté du viaduc. En général, lorsque la station est de quelque importance et que le bâtiment ne peut être établi audessus des voies, il faut le placer au pied du talus dans les tranchées, ou sur la crête des remblais, en ménageant des rampes pour y parvenir en voiture. En Angleterre et en France, les voies, sur une grande partie de la longueur des stations intermédiaires, sont toujours bordées de trottoirs. On a adopté, autant que possible, des dispositions telles, que les voyageurs puissent descendre de voiture ou y monter à couvert. Lorsque la station intermédiaire se trouve au point de croisement ou de réunion de plusieurs chemins de fer, les bâtiments pour les bureaux de distribution des billets et les salles d'attente se trouvent quelquefois compris entre deux systèmes de voies. Le trottoir longeant le bâtiment des voyageurs et celui compris entre les deux voies principales sont spécialement affectés aux voyageurs, quels que soient les points d'où ils viennent et ceux où ils se rendent. Les voies juxtaposées sont des voies de garage pour le cas où un train aurait besoin de devancer ceux qui le précèdent. Les stations intermédiaires de première classe contiennent toujours, outre le bâtiment des salles d'attente avec ses dépendances, un réservoir d'eau et des grues hydrauliques; une remise pour deux locomotives au moins, une remise de wagons ; des urinoirs; souvent un embarcadère pour les chevaux et voitures ; un embarcadère pour marchandises, un embarcadère pour les charbons et des magasins et hangars divers pour le service des marchandises et .des charbons. Quelquefois on y établit des ateliers de réparation plus ou moins vastes. Dans les stations où le trafic du charbon de terre a quelque importance, on construit des 'estacades pour le déchargement des wagons à trappes, ou des quais élevés pour transborder facilement le charbon des wagons à bords tombants dans d'autres wagons ou dans des tombereaux stationnant le long du quai. Généralement ce service se place à l'extrémité des hangars de marchandises, parée qu'il nécessite très-souvent un grand développement de -voies. Les bâtiments des stations intermédiaires doivent avoir une étendue suffisante pour satisfaire aux exigences d'un mouvement continu. Comme il est excessivement difficile de se rendre à l'avance un compte exact du mouvement d'une station, et par suite de déterminer les dimensions qu'il est nécessaire de lui donner, on établit généralement un bâtiment central aux extrémités duquel on accole des parties couvertes que l'on peut agrandir au besoin, et dans lesquelles on place les salles d'attente et les bagages. Pour déterminer l'importance qu'il faut, donner aux bâtiments des stations pour un mouvement connu, M. Perdonnet a fait faire un relevé des dimensions de toutes les stations des chemins de fer de, l'Est et du mouvement moyen journalier des voyageurs, des bagages et des marchandises, ainsi que du nombre maximum des voyageurs et de la quantité maxima des bagages et des marchandises se présentant tlans un moment donné. De ce relevé, il résulte, les stations hors darse exceptées, que ces bâtiments peuvent se rapporter à six types : le plus grand couvre une superficie d environ 403 mètres carrés, le second de 2B0 à 275 mètres carrés, le troisième de 220 à 235 mètres carrés, le quatrième de 200 à 220 mètres carrés, le cinquième de 120 à 155 mètres carrés, et le sixième de 85 à 105 mètres carrés. Dans ces bâtiments, la superficie totale des salles d'attente des trois classes est : pour le premier type, de 100 mètres carrés; pour le second, de 80 mètres carrés; pour le troisième, de 60 mètres carrés ; pour le quatrième, de 60 mètres carrés; pour le cinquième, de 40 mètres carrés, et pour le sixième de 25 mètres carrés. Le premier type peut suffire à un mouvement journalier de 200 voyageurs et pour un nombre maximum de 450 se présentant à la fois. Le second type admet un mouvement journalier de 100 voyageurs et un mouvement maximum en un moment do^né de 300. Le troisième, un mouvement journalier moyen de 90 voyageurs et un maximum de 260 voyageurs. Le quatrième, 45 voyageurs par jour et 160 au maximum. Le cinquième varie de 12 à 25 voyageurs par jour, et le maximum de 30 à 40. Pour le sixième type, on ne compte pour le mouvement journalier que de 12 à 20 voyageurs, et le mou-
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veinent maximum a varié en un moment donné de 12 à 57. La surface du bâtiment central pour ces divers types est : pour le premier de 175 mètres carrés ; pour le second, de 125 mètres carrés; pour le troisième, de 97 mètres carrés ; pour les quatrième, cinquième et sixième types, de 90 à 50 mètres carrés. Le mouvement maximum des voyageurs en un moment donné est le principal élément du calcul des dimensions à donner aux salles d'attente, si l'on admet que les voyageurs resteront renfermés dans ces salles; mais si, au contraire, on suppose qu'une partie peut trouver place sur le trottoir, la surface des salles doit être seulement suffisante pour renfermer le nombre de voyageurs que 1 on suppose devoir y séjourner, celui qui, par exemple, formera le maximum en un moment donné en hiver. Il faut aussi tenir compte, pour les stations intermédiaires, du nombre de voyageurs qui se présentent par un train et du nombre des trains qui passent à la même heure ou à une petite distance les uns des autres; ainsi, dans les stations de bifurcation, on est souvent obligé de réunir dans une même salle les voyageurs des trois classes. De même que les voyageurs se placent sur les trottoirs lorsque la salle d'attente est insuffisante pour les contenir, de même une partie des bagages y est déposée sous une marquise ou un abri spécial. Pour le calcul des dimensions des salles de bagages, on a égard à cette circonstance, car ce n'est pas la totalité des bagages qui doit être manutentionnée, mais une partie seulement. Pour se rendre compte, au moins approximativement, de l'espace nécessaire pour déposer et manutentionner une certaine quantité de bagages et de messagerie, M. Perdonnet a fait accumuler sur mi mètre carré la plus grande quantité de bagages de diverses natures que l'on est dans l'habitude d'y loger, et il a doublé cet espace pour déterminer celui qui est réellement nécessaire à la manutention. De cette manière, il a trouvé que, pour déposer et manutentionner convenablement 1,000 kilogrammes de bagages, il fallait un espace de 20 à 25 mètres carrés, ce qui donne 40 à 50 kilogrammes par mètre carre. Pour les articles de messagerie, on réduit de moitié l'espace nécessaire au dépôt, ce qui produit 80 à 100 kilogrammes par mètre carré. En ayant égard à ces diverses considérations, la surface des salles de bagages et de messagerie est : pour lo premier type, de 63 à 75 mètres carrés ; pour le deuxième, de 50 mètres carrés; pour le troisième, tle 25 à 30 mètres carrés; pour le quatrième, de 20 à 25 mètres carrés; pour le cinquième, de 16 à 20 mètres carrés , et pour le sixième, de 16 mètres carrés. Le rapport k établir entre les surfaces des bagages et des messageries dépend du rapport qui existe entre les quantités manutentionnées; tantôt ces surfaces, sont égales ; tantôt elles sont dans le rapport de 1 à 4 ou 1 à 3, c'est-à-dire qu'étant 1 pour les messageries, elles sont 4 et 3 pour les bagages; cela tient à ce que le plus souvent on n'a à manutentionner qu'une trèsfaible quantité de messagerie comparativement aux bagages. Dans les quatre derniers types, les bagages et les articles de messagerie sont renfermés dans une seule et même salle, qui, dans le troisième, le quatrième et le cinquième type, sert aussi à la distribution des billets; le sixième type comprend encore la lampisterie. Le bureau du chef de station a une surface de 25 à 26 mètres carrés dans les stations du premier et du second type, s'il contient l'appareil du télégraphe, et de 16 mètres carrés pour les autres types. Les locaux affectés à la distribution des billets ont, dans les stations du premier type, 12 mètres carrés; dans celles du deuxième et du troisième, 10 mètres carrés; dans celles du quatrième et du cinquième, 8 à 9 mètres carrés. Dans les stations où le télégraphe est confié aux soins d'un employé de l'Etat, on donne au cabinet qui renferme l'appareil les mêmes dimensions qu'au bureau du chef de station. Le cabinet du commissaire de surveillance, dans tes grandes stations, a également de 15 à 16 nlèires carrés de surface. Le vestibuie, dans les stations du premier type, a 50 à 55 mètres carrés de surface; dans celles des deuxième, troisième et quatrième types, 25 à 28 mètres carres ; dans celles du cinquième, 21 à 24 mètres carrés, et dans celles du sixième, 10 mètres carrés. La lampisterie, dans les grandes stations, a 16 mètres carrés; dans celles de deuxième, de troisième et de quatrième ordre, elle n'a que 10 à 13 mètres et elle sert quelquefois de magasin; dans celles du cinquième et du sixième type, elle est réunie à la salle des bagages et de la messagerie. Le magasin, quand il en existe un, a à peu près les mêmes dimensions que la lampisterie. La surface des bàiimenU des latrines est, dans les grandes stations, de 25 à 40 mètres par chaque pavillon. Dans les Mations de moindre importance, où le temps d'arrêt est toujours fort court, elle n'est que da 20 à 25 mètres. La surface des quais pour les ■voyageurs est, pour les deux côtés de l'arrivée et du départ, dans les stations du premier type, 916 mètres ;a. -és; du deuxième, 336 mètres carrés ; du troisième, 676 mètres carrés; du quatrième, 705 mètres carrés; du cinquième, 546 mètres carrés; du sixième, 740 mètres carrés. Ces quais ont une longueur de 80 à 100 mètres et une largeur de' 3, 4 et 5 mètres. Les buffets occupent une
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superficie de 351 iiètres pour le premier type et de £80 mètres pour le second. Il est des stations, telles que celle d'Epet nay, où s'arrête un nombre considérable de trains, pour lesquelles on donne au buffet une surface de 750 à 800 mètres carrés, Quant aux stations hors classe, on donne aux diverses parties qui les composent les dimensions sui vii n tes, variables suivant leur importance : veat.bule, de 93 à 228 mètres carrés; bureau des billets, de 10 à 14 mètres carrés; salles d'attente, de 103 à 242 mètres carrés ; bureau du chef de gare, de II à 24 métrés carrés; bureau du souschef de gare, de 5mq.93 k 22m<t,20; du commissaire de surveillance, de 10 à 39m<I,!>5; du commissaire de police, 14 mètres carrés; du télégraphe, de 8 à 25>™q,20 ; salle des bagages, arrivée, de 19 à 284 mètres carrés; départ, de 39 a 286 mètres cariés; salle de visite, de 40 à 107 mètres carrés; bureaux de la messagerie, de 23 a 4 17 mètres carrés ; de la douane, de 9"iq,60 à 125 mètres carrés; lampisterie, de 13 à 39 mètres carrés; latrines, de 42 k 95 mètres carrés ; buffet et dépendances, de 95 à 210 mètres carrés. La superficie totale occupée par les stations intermédiaires varie de 3 à G, 5 hectares pour le premier type; de 2,5 à 3 hectares pour le deuxième; de 1,5 à 2 hectares pour le troisième ; de 0,5 à 1 hectare pour le quatrième, le cinquième et le sixième, sans jamais atteindre l hectare. Le prix des stations sur les grandes lignes de France, y compris les bâtiments de toute nature, les doubles voies, le mobilier et le matériel des ateliers et d'alimentation, s'élève à 1,200,000 francs pour les stations de première classe ou principales; a 1,080,000 francs pour celles de bifurcation; à 465,000 francs pour celles de deuxième classe ; à 170,000 francs pour celtes de troisième classe; k 85,500 francs pour celles de quatrième classe. Sur la ligne de Mulhouse, où les stations sont en général assez éloignées, la dépense affectée à cet article de la construction a varié de 12,000 à 14,000 francs le kilomètre de longueur de chemin. Pour les chemins du Nord et de l'Est, où les stations sont plus rapprochées, ceite dépense s'est élevée à 32,000 francs le kilomètre. Pour les grandes lignes de chemin de fer établies en France, la moyenne du prix de revient des stations (bâtiments, ateliers, dépenses diverses) a été de 48,000 francs par kilomètre, l'our les lignes de moindre importance, elle a été seulement de 22,000 francs, M. Ferdonnet admet que cette dépense moyenne serait pour les lignes qui restent a construire, de 20,000 à 15,000 francs, suivant qu'elles seraient de second ou de troisième ordre. Les statistiques de l'Etat sur les chemins de fer indiquent que le nombre des Gazions est moyennement de 1,4 par myriamètre, ce qui correspond k un espacement moyen de 7 kilomètres entre deux stations. Cet intervalle varie de 2 à 22 kilomètres, suivant que les chemins desservent les banlieues des grandes villes ou qu'ils traversent des contrées moins favorisées. Sur 100 stations de toutes classes, les stations bois classe entrent pour 2 pour 100, celles de première pour 10,5 pour 100 avec un espacement moyen de 68 kilomètres, celles de deuxième pour 10,05 pour 100 avec un intervalle de 68 kilomètres , celles de troisième pour 77 pour 100 avec un espacement de 9 kilomètres. Sur toutes les stations existantes, 21 pour 100 sont pourvues de dépôts de machines et de remises de voitures, et sur 5 stations il y en a 2 dans lesquelles sont établies des prises d'eau. Les dépenses pour les bâtiments sont en moyenne de 6,000 francs par kilomètre pour les stations de première classe, de 1,500 francs pour celles de deuxième ciasse, de 4,400 fr. pour celles de troisième, et enfin pour toute classe de 11,900 francs par kilomètre. En Angleterre, l'espacement moyen des stations est de 5,5 kilomètres; en Belgique, il varie entre 4, 5, 7 et 9 kilomètres, suivant les lignes; en Allemagne, cet espacement est de 8 kilomètres; il eat de 7 sur le réseau autrichien, de 9 sur le réseau des Etats divers ' d'Allemagne et de 10 sur le réseau prussien, j Dans les chemins écossais, qui passent à juste [ titre pour avoir été exécutes à bon marché, puisque pour la plus grande partie le prix de revient total ne dépasse pas 100,000 francs par kilomètre, les stations entrent pour une dépense qui varie de 8,600 à 11,000 francs par kilomètre. 11 serait à désirer que les chemins départementaux français atteignissent dus ehitl'i es aussi bas, pour faciliter leur exécution, que l'on réclame avec tant d'msi-slance depuis de longues années.
— Hist, Pendant le moyen âge, on désignait parle nom du station les points d'un chemin où s'étaient arrêtes les pèlerins -ou les cortèges qui transféraient les reliques des corps saints, A l'endroit où ces halles avaient lieu, on construisait un petit monument, une pierre, une croix ou un reposoir. On rencontre encore un grand nombre de ces stations aux angles des chemins ou ii l'entrée des villages. La Bretagne, la Normandie. l'Auvergne possèdent un grand nombre de ces croix, et le passant de ces contrées penserait faire un sacrilège s'il ne se signait pas devant ces restes du moyen âge. Si. Vioilet-le-Duc, dans sou Dictionnaire de l'architecture du xi" au svio siècle, cite le passage suivant de Cor- "rozet, auteur des Antiquités de Paris (1586), au sujet de la translation à l'abbaye de Saint-
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Denis des restes du roi saint Louis, mort à Tunis, par Philippe le Hardi, son fils : Le cortège fun^bre/H le trajet à pied et s'arrêta plusieurs fois en chemin, et « furent édifiés des stations et reposons, en façon de pyramides, à chacune desquelles sont les effigies des trois roys et l'image du crucifix à la poincte, ainsi qu'on les voit encores de présent. Aucuns les appellent mont'-joyes. » On voit encore aujourd'hui un fragment de ces stations sur le bord de la Seine, à Saint-Denis même.
— Astron. Lorsqu'on rapporte le mouvement d'une planète aux étoiles, il parait tantôt direct, c'est-à-dire dirigé dans le même sens que celui du soleil et de la lune, tantôt rétrograde, c'est-à-dire dirigé dans le sens du mouvement diurne; mais le passage ne se fait pas brusquement. Avant de changer de signe, la vitesse de l'astre décroît, puis devient nulle, le mouvement parait s'arrêter, la planète parait stationnaire. Le point de jonction de deux arcs parcourus dans dos Sens différents est une station. Les stations des planètes inférieures ont lieu un peu avant et un peu après la conjonction inférieure; celles des planètes supérieures ont lieu un peu avant et un peu après l'opposition; du reste, l'.i.rc parcouru dans le sens rétrograde est toujours divisé en deux parties égales par le point de conjonction ou d'opposition. V. rétrogradation.
— Géod. On choisit les stations gèodésiques aux points les plus élevés du pays, sur des édifices qui puissent servir d'observatoires et où 1 on puisse établir des signaux. En l'absence d'édifices convenables, on fait ériger des tours quadrangulaires en charpente, renfermant des escaliers à vis et terminées par des plates-formes sur lesquelles on dresse les signaux et où s'établit l'observateur. Les instruments doivent reposer sur mie plate-forme secondaire, supportée par des pièces indépendantes de celles que les mouvements de 1 observateur pourraient faire dévier.
— Physiol. On peut définir la station l'immobilité active et volontaire du corps en équilibre sur sa base de sustentation. La condition première pour que cet équilibre existe est que la ligue verticale passant par le centre de gravité de notre eorps (qui correspond chez l'homme au milieu du bassin) tombe sur la base de sustentation, c'est-àdire les pieds et l'espace compris entre eux; mais ht causa de l'étroitesse relative de cette base de sustentation, à cause de l'élévation du centre de gravité de notre corps, à cause enfin de son défaut de rigidité absolue, nous somme" toujours à l'état d'équilibre instable. Nous ne pouvons pas nous tenir debout immobiles sans le concours continu de certaines forces musculaires agissant dans des sens divers et se balançant réciproquement pour maintenir le corps dans la verticale. H y a là, de notre part, un travail incessant d'autant plus difficile que la base de sustentation est plus étroite. Quelle différence sous ce rapport entre la station sur la pointe du pied et celle qui a lieu sur les deux pieds reposant largement à terre 1 Si nous les écartons l'un de l'autre, nous élargissons notre base de sustentation dans le sens transversal et il nous devient facilo de nous pencher à droite et à gauche sans risque de tomber. Si nous en plaçons un en avant et l'autre en arrière, la chute en avant ou en arrière est rendue trèsdifficile et le tronc peut se déplacer sans danger dans le sens antéro-posterieur.
C'est pour maintenir toujours leur centre de gravité dans la verticale qui passe par la base de sustentation que les gens obèses et ceux qui portent un éventaire ou un autre fardeau devant eux se rejettent plus oumoins en arrière. C'est pour la même raison que le portefaix chargé se penche en avant, tandis que l'homme qui porto uu fardeau de la main droite se renverse un peu à gauche, etc.
Lorsque l'homme est immobile et dans la station verticale proprement due, sa tête repose presque en équilibre sur la colonne cervicale. Toutefois, comme elle a une faible tendance à tomber en avant en raison de son poids, il faut, pour qu'elle demeure dans sa direction naturelle , que les muscles de la partie postérieure du cou so contractent ai viennent en aide à l'action des ligaments jaunes placés entre les vertèbres cervicales. De même les muscles situés derrière la colonne dorsale et lombaire entrent en jeu pour l'empêcher de fléchir en avant sous le poids des membres supérieurs, du thorax, de l'abdomen et des viscères que contiennent ces deux grandes cavités. Le poids du corps so trouve ainsi tran>mis uu bassin, qui repose lui - même sur les fémurs. La disposition anatouiique des parties dans cette région tendant surtout à favoriser le mouvement de rotation des os coxaux en avant sur les fémurs, les puissants muscles fessiers sont placés en arrière pour s'y opposer. Ces derniers os transmettent le poids du corps sur l'extrémité supérieure du tibia. Ici, c'est la flexion du genou qui tend surtout à s'opérer mais les muscles extenseurs de la jambe sur la cuisse (droit antérieur de la cuisse en particulier ) sont des puissances antagonistes suffisantes pour maintenir la rigidité néces* saire des deux colonnes de sustentation. Plus bas , les muscles du mollet empêchent la flexion intempestive du pied sur la jambe. La charge du corps est ainsi transmise fina-
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lement au sol par une voûte osseuse dont le contour est marqué par le talon, l'extrémité des métatarsiens et le bord externe du pied. En résumé, la station exige la contraction active des muscles, et particulièrement des muscles des membres ; c est pour cette raison qu'elle est fatigante à la longue.
Ia station des animaux est essentiellement active et exige un déploiement de forces musculaires, qui ne peut être prolongé longtemps dans la plupart de3 animaux, à moins que des | dispositions mécaniques spéciales ne vienj lient se substituer en grande partie aux ef- I forts des puissances contractiles.
! La station a été distinguée, chez les solipèdes, en libre et en forcée, suivant que les quatre membres ou trois d'entre eux seulement supportent le corps; cette distinction, fort juste, du reste, ne s'applique qu'à ces seuls animaux. Dans la station libre, le corps est appuyé sur trois membres; le quatrième, qui est toujours un membre postérieur, se trouve légèrement fléchi ; il n'appuie sur le sol que par la pince et ne supporte point sa part du poids du corps; mais, après avoir occupé cette position pendant un certain temps, il revient à l'appui, et le second vient prendre la même situation pour se reposer à son tour, et ainsi successivement. C'est à cette particularité remarquable que les solipèdes doivent, en grande partie, l'aptitude k rester debout pendant fort longtemps, et elle paraît n'exister que chez eux. Dans la station forcée, les quatre membres sont appuyés sur le sol et chacun supporte proportionnellement sa part du poids du corps.
La station quadrupède est celle dans laquelle la base de sustentation est la plus étendue et l'équilibre le plus Stable. Elle est d'autant plus difficile que le poids du corps est plus considérable , que les rayons des membres sont plus fléchis les uns sur les autres, qu'enfin il y a moins do dispositions mécaniques pour remplacer les efforts musculaires. « Pour peu qu'on réfléchisse sur l'état de l'appareil locomoteur dans la station, dit M. Colin, il est facile de voir que cette attitude nécessite des efforts musculaires plus ou moins considérables, et que, par conséquent, elle ne peut être indéfiniment prolongée, si des dispositions mécaniques ne viennent au secours des puissances musculaires. En effet, les rayons des extrémités étant, pour la plupart, fléchis les uns sur les autres, l'épaule sur le bras, le bras sur l'avant-bras, la cuisse sur la jambe, celle-ci sur le pied, il en résulte que le poids du corps tend à augmenter cette flexion et à affaisser le tronc sur les extrémités. Or, pour prévenir cet affaissement, maintenir les membres dans leur fixité et leur donner une rigidité convenable, il faut une contraction plus ou moins énergique de la part des extenseurs ; c'est là ce qui rend la. station fatigante. Mais la contraction des muscles n'étant pas continue ou incessante, la station ne saurait être que moiueutanée. Néanmoins, cette attitude peut ne prolonger fort longtemps , parce que, d'une part, les extenseurs étant multiples dans chaque région, ils peuvent agir et se reposer tour k tour, et parce que, d autre part, diverses dispositions mécaniques habilement combinées viennent en aide à l'action musculaire. » Ainsi, les membres antérieurs, par le fait de leur direction à peu près verticule , se trouvent dans de trèsbonnes conditions pour dispenser les muscles d'un grand déploiement de force; mais leurs rayons supérieurs sont, au contraire, dans une inclinaison défavorable. En effet, l'angle seapulo- humerai tend toujours à se fermer; mais cette action est limitée par des muscles nombreux : le rhomboïde, les trapèzes, le releveur "propre de l'épaule, l'angulaire de l'omoplate ; ces cinq muscles s'opposent à l'abaissement et a la projection eu arrière de l'extrémité supérieure de l'épaule et lui donnent une grande fixité. Quant à la projection en avant de l'angle scapulo-huméral, elle est empêchée surtout par le grand pectoral, le sus-epineux et le coraco-radial. A portée de l'humérus, les rayons osseux présentent une direction à peu près verticale, si ce n'est cependant k la région digitée. L 'avant-bras, qui tend à se fléchir en avant, est maintenu Uans sa situation pur cinq extenseurs. Le métacarpe continue la colonne reciiligue et verticale dont l'avaut-bras for. ne le seyuient supérieur. Sa flexion en arrière est empêchée par un énorme extenseur. Quant à la région digitée, qui est oblique de haut en bas et d arrière en avant, son obliquité, normalement tres-pronoiicee, tend sans cesse à augmenter par le fait du poids que supporte chaque extrémité; néanmoins, elle ne dépasse jamais 'certaines limites, grâce à la présence d'un appareil fibreux ires-solide, appelé le ligament suspenseur du boulet.
Quant aux membres postérieurs, dont les régions s'éloignent beaucoup de la direction verticale, ils exigent des etforts musculaires considérables et des dispositions mécaniques encore plus multipliées que dans les membres thoraciques, pour que leur obliquité reste daus ses limites pendant la station. Le bassin, très-oblique relativement au troue, tend à devenir horizontal et obéirait k cette tendance ri le long vaste, le demi-tendineux et le demi-membraneux ne venaient s'y opposer. La cuisse est aussi oblique sur le bassin et son extrémité inférieure tend h se porter en avant et à s'élever; niais ce mouvement
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est empêché par le fa=cia lata, le droit antérieur, le triceps crural et le grand fessier. Quant à la flexion du métatarse sur la jambe, elle est limitée d'ubord par legastro-cnémien, ensuite par le fléchisseur superficiel d<:s phalanges qui passe uu sommet du calcanéum. Enfin, l'inclinaison de la région digitée sur le métatarse est borjnée par un appareil ligamenteux suspenseur, semblable à celui du membre antérieur.
Tous les grands efforts musculaires qu'exige la station se passent dans les membres; le tronc se repose presque autant quand l'animal est debout que lorsqu'il est couché. Seulement, l'élévation de la tète exige de la part des muscles extenseurs de la tête sur l'encolure une contraction d'autant plus pénible que la tête est plus lourde. Mais ces muscles, étant nombreux, peuvent se contracter tour à tour et, par conséquent, se reposer les uns apiès les autres. Néanmoins, comme ils finissent par se fatiguer, ils ont pour auxiliaire passif le vaste ligament cervical qui part des apophyses épineuses du garrot pour se terminer en arrière de la protubérance occipitale, après avoir pris des points d'implantation sur les vertèbres du cou. Quant aux autres parties du tronc, elles peuvent se maintenir immobiles sans le secours d'efforts bien considérables.
Quant à la station bipè.lc, elle est propre h l'homme et aux oiseaux. Elle s'effectue chez ces derniers par un mécanisme spécial.
Le corps de l'oiseau étant oblique et le centre de gravité placé en avant des articulations coxo-fémorales, il faut, pour que l'équilibre soit possible, ou que le corps se redresse et devienne presque vertical, ou que les pieds se projettent assez en avant de manière à arriver sur la ligne de gravitation. Or, chez la plupart des oiseaux, le fémur est fortement (téohi sur le bassin et les tarses très-élevés en avant, les doigts très-longs et écartés les uns des autres.
Il y a dans les oiseaux, comme dans les mammifères, des dispositions mécaniques qui viennent en aide aux puissances musculaires et rendent la station aussi peu pénible que possible; elle sont relatives aux os et aux muscles eux-mêmes. ■ Dans la station bipédale des oiseaux, dit M. Colin, la base de sustentation étant très - étroite , l'équilibre doit avoir peu de stabrl.tù; aussi, pour que la ligne de gravitation tombe toujours sur cette base, il est indispensable que le troue conserve une certaine inclinaison relativement aux membres, et que le cou, les aile3, la queue se maintiennent dans une situation déterminée. Or, on voit, en effet, d'abord que les pattes s'écartent plus ou moins l'une de l'autre, notamment chez les gallinacés; ensuite que le cou se ploie en S, de manière à ramener la'tête en arrière. Lorsque l'équilibre est menacé, le corps oscille sur les membres, la queue s'élève et s'abaisse alternativement à la manière d'un balancier; mais les mouvements de cet appendice tiennent à ceux do la partie postérieure du corps et n'en sont jamais indépendants, à moins qu'ils ne se bornent à un simple déplacement des plumes. « Enlin, il est des oiseaux, tels que la cigogne, le héron, la grue, dont la station devient momentanément unipédale. Dans ce cas, l'oiseau, appuyé sur une seule patte, tient l'autre relevée et fléchie sous le corps, tout le reste du tronc demeurant immobile; il reste ainsi fort longtemps dans cette attitude, qui est propre à plusieurs èchassiers.
STATIONNAIRE udj. ( sta-si-o-nè-re — rad. station). Qui reste dans le même lieu, qui ne change pas de place : La mouche exécute toute sorte de vols, et, quand il lui plait, elle s'arrête en fuir et y devient stationnaire. (B. de St-P.) Plus l'homme est voisin de l'état sauvage, plus il est stationnaire. (B. Const.) Les peuples stationnairks sont tous des peuples graves. (Proudh.)
"— Qui ne varie pas, qui ne change pas : La température ne reste pas toujours stationnaire. A quelques mètres au-dessous du sot, le thermomètre demeure stationnaire pendant toute l'année. (A. Maury.)
— Fig. Qui ne progresse pas : La science w peut être stationnaire. Duns l'Inde, la civilisation est stationnaire. /; faut remonter assez haut dans l'histoire de la société française pour y trouver les causes de l'état STAtionnaire dans lequel l'agriculture est ies/ée. (M. de Dombasie.) Jiien dans la vie ne doit être stationnaire. (Mme Je Staël.) En fait de doulauis, l'espèce humaine est stationnaire. (Chateaub. ) Les gouvernements ne voudraient que des peuples stationnaires. (Ballanclie.) Les animaux ne diffèrent de nous essentiellement que par une intettigence stationnaire, tandis que la notre est indéfiniment perfectible. (A. Fée.) Les gouvernements sont, par nature, stationnaires, immobilistes, (Proudh.) La société n'étant pas stationnaire, la toi ne saurait être immuable, (J, Simon.) Lorsque la propriété est limitée au sol, elle est stationnaire comme le sot lui-même. (Iï. lJclletan.)
— Antiq. rom. Soldats stationnaires, Soldats qui étaient distribues en différents lieux pour avertir leur chef de ce qui s'y passait.
— Pathol. Se dit des maladies qui régnent plus généralement et plus constamment que les autres rendant une ou plusieurs années.
— Astron, Se dit d'une planète, lorsqu'elle
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semble n'avancer ni ne reculer dans le zodiaque : Jupiter était alors stationkaire et Mercure rétrograde. (Acad.)
— Substantiv. Ennemi du progrès, partisan de ce qui est établi : Les sta.tk>nnmres se pincent entre tes réactionnaires et les progressistes,
— s. m. Mar. Petit bâtiment de guerre mouillé en tête d'une rade, pour exercer une sone de police sur les bâtiments qui entrent ou qui sortent : Le capitaine du stationnaire.
Il Navire en station.
— Hist. ecclés. Diacre qui était de semaine pour chanter l'évangile à la messe que le pape disait dans les stations.
— Administr. Employé chargé de la direction d'une station télégraphique.
STATIONNAIREMËNT adv. (sta-si-o-nère-niaii — rad. stationnaire). D'une manière stationnaire. Il Peu usité.
STATIONNAI-, ALE adj. (sta-si-o-nal, a-le
— rad. station). Qui a rapport à une station.
— Eglise stationnale, Eglise désignée par l'autorité ecclésiastique pour être une station jubilaire ou autre, pour recevoir les visites indiquées à ceux qui veulent gagner les indulgences.
STATIONNARITÉ s. f. (sta-si-o-na-ri-té
— rad. stationnaire). Etat de ce qui est stationnaire. || Peu usité.
STATIONNÉ. ÉE (sta-si-o-né) part, passé du v. Siiiiiiiun.-r. Qui est en station : Des voitures stationnées sur une place.
STATIONNEMENT s. m. (sta-si-o-ne-man
— rad. stationner). Action de stationner, de rester en station : Interdire le stationnement des voitures, des piétons sur la voie publique.
STATIONNER v. n. ou intr. (sta-si-o-né — rad. station). Faire une station, s'arrêter, se fixer momentanément : Des voitures gui stationnent sur la voie publique. Notre triste héros .l'adressa à un commissionnaire qui stationnait au coin de la rue Montesquieu. (Ad. Paul.)
— Mur. Tenir une station.
STATIQUE adj. (sta-ti-ke — du gr. statikê, sous-entendu technê, proprement science de l'équilibre, féminin de statikos, qui se tient debout, en équilibre. Cet adjectif provient du verbe staâ, istémi, se tenir debout, qui se rattache à la racine sanscrite sthâ, même sens, restée vivante avec une foule de dérivés dans toutes les langues de la famille indo-européenne). Mécan. Qui a rapport à l'équilibre : Mécanique statique.
— Physiq. Electricité statique, Celle qu'on développe par le frottement.
s. f. Partie de la mécanique qui a pour
objet l'équilibre des systèmes de forces.
— Statique chimique, Théorie sur l'équilibre des corps dans les combinaisons.
— Encycl. La statique se décomposait autrefois en deux sections : l'hydrostatique, qui avait pour objet l'équilibre des fluides, et la statique proprement dite, qui avait trait aux corps solides ou aux systèmes de corps solides; la théorie de l'équilibre des solides naturels, c'est-à-dire flexibles, compressibles et extensibles, est venue depuis se placer entre les deux; malheureusement cette théorie toute moderne, dont l'intérêt pratique est immense, n'a encore pu faire que bien peu de progrès. Nous ne nous occuperons ici que de la statique des solides supposés indéfiniment résistants. On trouvera aux articles élasticité, COMPRESS1BILITB, FLEXIBILITÉ, RÉSIS- TANCE, etc., ce que l'on sait de l'équilibre des solides naturels.
La statique est naturellement pins simple que la dynamique, en ce que les idées de temps et de masse y sont étrangères ; elle n'en est, du reste, qu'une subdivision, puisque l'équilibre s'exprime par l'absence de mouvement. Cette simplicité relative a naturellement donné le pas k la statique sur la dynamique dans le développement de nos connaissances. Les théories de statique datent, en effet, d'Archiniède, tandis que la première découverte rudimentaire en dynamique est due à Galilée. Toutefois, il est remarquable que la statique est restée absolument stationnaire depuis Archimède jusqu'à Galilée, et il est facile de comprendre pourquoi. Les anciens errements ne pouvaient évidemment pas conduire à la découverte de la loi de composition de deux forces concourantes. On a bien pu, après coup, donner une foule de démonstrations de cette loi, conformes aux anciennes méthodes; mais les détours singuliers par lesquels il faut passer pour arriver au but indiquent bien que l'invention ne devait pas se produire par cette voie. D'un autre côté, l'étude isolée des phénomènes statiques dispose naturellement l'esprit à des préjugés dangereux en l'habituant à omettre l'idée de masse qui joue un si grand rôle dans toute la mécanique. C'est pourquoi de bons esprits ont jugé utile de ramener la statique à l'état de simple corollaire de la dynamique, et c'est ainsi, vraisemblablement, que l'enseignement restera constitué. La composition des forces parallèles par la méthode d'Archimède a dû ellemême disparaître; elle se déduit aujourd'hui de la composition des forces concourantes, le point de concours étant supposé à l'infini.
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Les premiers principes de la dynamique fournissent les trois équations du mouvement d'un point matériel libre rapporté à trois axes rectangulaires. Ce sont, par exemple
dl*
dl'
m désignant la masse de ce point matériel, et x, y, z les composantes de la force qui y est appliquée, prises parallèlement aux axes, ou les sommes des composantes des forces qui agissent sur ce point, s'il y en a plusieurs. Si, au lieu d'un point matériel, il s'agit d'un système quelconque, on peut le décomposer par la pensée en points matériels libres et isolés les uns des autres, pourvu qu'on introduise pour chacun d'eux toutes les forces qui naissent de ses liaisons aux autres. Les équations des mouvements de tous les points du système, ou les équations du mouvement de ce système, Se trouvent trées dans 1 équation de d'Alem-
alors concen bert :
I équation d'y
qui doit rester satisfaite, quelques valeurs indépendantes que l'on donne aux variations des coordonnées de tous les points du système; mais l'équation peu s'écrire aussi
= tX.$x-\-Y&y + ZSz.
Or, X.$x + Y$y -\- ZBz représente le travail de la force dont les composantes sont X, Y et Z, correspondant au déplacement virtuel dont les projections sur les axes sont Sx, Sy et Sz. Mais s il s'agit d'un système de solides invariables, reliés entre eux par des tiges rigides, ou assujettis à glisser ou à rouler les uns sur les autres, sans toutefois qu'il résulte de ces déplacements relatifs aucun frottement, on démontre aisément que les travaux des forces nées des liaisons, actions et réactions fournissent des sommes partielles nulles. Il en résulte que, si, dans la mise en pratique de l'équation de d'Alembert, on ne considère que des déplacements virtuels compatibles avec les liaisons du système, pourvu qu'on raisonne dans les hypothèses abstraites qui viennent d'être indiquées , les forces intérieures disparaissent d'elles-mêmes. Cette équation, alors jointe à celles qui traduisent les conditions géométriques résultant des liaisons, fournit toujours un nombre d'équations triple du nombre des points considérés, de sorte que le problème se trouve complètement posé, sans introduction d'inconnues intermédiaires.
Cela posé, pour tirer de l'équation de d'Alembert les conditions d'équilibre du système, il suint d'exprimer qu'il ne se produit aucun mouvement, c'est-à-dire que
11'' dt1 et
dt' sont identiquement nuls pour un point quelconque, d'où résulte la condition générale
eXSx + Tffy 4- Z4î = 0,
qui doit rester satisfaite pour tout déplacement virtuel compatible avec les liaisons du système. Pour appliquer cette équation à un cas particulier, on met en usage ces deux principes, que le travail d'une force pour un déplacement virtuel quelconque de son point d'application est égal à la somme des travaux de ses composantes, et que pour un déplacement composé de plusieurs autres le travail de la force est égal à la somme de ces travaux pour chacun des déplacements composants. C'est ainsi, par exemple, qu'on parvient aux six équations d'équilibre d'un solide libre. Ces six équations expriment que les sommes des projections des forces extérieures appliquées au corps, sur trois axes rectangulaires, sont séparément nulles, et que les sommes des moments de ces forces par rapport aux mêmes axes sont aussi nulles. Comme elles sont suffisantes pour l'équilibre, puisque leur ensemble exprime que la somme des travaux des forces appliquées au corps est nulle pour tout déplacement quelconque de ce solide, il en résulte que l'existence constatée de ces six équations entre les forces appliquées à un système quelconque entraîne celle des équations analogues qui se rapporteraient, pour les mêmes forces, à trois nouveaux axes rectangulaires quelconques.
Lorsqu'un système variable est en équilibre, toute nouvelle liaison qu'on y introduirait ne pourrait tendre qu'à rendre cet équilibre encore plus stable, et, par exemple, la solidification de tout le système ne peut que maintenir l'équilibre. Il eu résulte que les équations à zéro des sommes des projections sur trois axes rectangulaires et des sommes des moments, par rapport à ces axes, des forces appliquées à un système quelconque, doivent toujours au moins faire partie des conditions d'équilibre de ce système; mais ces six équations ne sont généralement pas suffisantes ; les autres ne peuvent résulter que de considérations spécialement propres au système en question.
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Lorsque des forces remplissent lessix conditions générales de l'équilibre, si on les divise en deux groupes et que l'on renverse celles de l'un d'eux, on a deux systèmes
S (F), S (F,) qui donnent la même somme de projections sur un axe quelconque et la même somme de moments par rapport à cet axe. Deux pareils systèmes de forces sont dits équivalents : ils pourraient se substituer l'un à l'autre sur un solide invariable en équilibre, mais non sur tout autre système. Toutefois, la substitution est légitime lorsqu'on n'a en vue que d'établir, par rapport au système variable considéré, tout ou partie des six conditions générales de l'équilibre. C'est à ce point de vue ?ue l'on se propose souvent de composer les orces appliquées à un système déformable, de les réduire à deux, ou à une force et à un couple ; de trouver la résultante de translation, ou le couple de rotation; de déterminer la condition pour qu'il y ait une résultante unique, etc. La considération des S3'Stèmes équivalents fournit un moyen rapide d'arriver à la composition des couples par leurs axes. V, coufLB.
Lorsque, dans l'établissement des conditions d'équilibre d'un système de solides naturels, lies les uns aux autres d'une manière quelconque, on veut tenir compte des résistances dues aux frottements des parties, l'équilibre ne s'exprime plus par des équations, mais par des inégalités. Kn effet, les équations de l'équilibre établies dans l'hypothèse où le déplacement relatif des surfaces en contact ne devrait faire naître aucune résistance, ces équations, disons-nous, peuvent ne pas être satisfaites sans que pour cela le mouvement naisse, les résistances constituant par elles-mêmes des conditions de stabilité. Si les équations sont satisfaites d'elles-mêmes, les liaisons ne donnent naissance qu'à des actions et réactions normales aux surfaces en leurs différents peints de contact; si elles ne sont pas satisfaites, le mouvementqui tendrait à naître peut être arrêté par les réactions tangentielles des appuis qui entreraient en jeu pour le moindre déplacement. L'équilibre des solides naturels comporte donc des questions entièrement nouvelles, d'une nature fort délicate. Pour résoudre ces questions, comme les réactions tangentielles dépendent, suivant des lois connues, des pressions normales, il faut introduire comme inconnues les pressions normales et les forces de frottement, celles-ci liées aux autres, restituer la liberté aux différents solides qui composent le système, exprimer séparément les conditions d'équilibre des parties et calculer au moyen des équations ainsi posées les réactions normales et tangentielles : si les valeurs trouvées pour les réactions tangentielles n'excèdent pas les produits des réactions normales conjointes par les coefficients de frottement, en ayant égard à la nature des surfaces frottantes, il y aura équilibre ; sinon, le mouvement commencera à naître.
Mais s'il en est ainsi, une nouvelle question se présentera : on pourra, en effet, se proposer de savoir si ce mouvement une fois acquis s'accélérera ou s'il restera uniforme. La seconde alternative se rapporterait encore à la statique. Les conditions de cet équilibre d'un nouveau genre s'exprimeront en •égalant les valeurs des réactions tangentielles aux produits des réactions normales par les coefficients de frottement.
Souvent la condition d'équilibre se réduit à celle de la résistance des matériaux, parce que, quoique les parties soient virtuellement mobiles les unes par rapport aux autres, cependant le mouvement ne peut pas naître, quelle que soit l'intensité des forces extérieures, les réactions tangentielles restant toujours supérieures aux composantes des forces extérieures qui y sout opposées.
Statique chimique (essai de), par Berthollet (1803, 2 vol. in-8>>). C'est la première tentative de systématisation des lois générales de la chimie publiée depuis la rénovation de cette science par Lavoisier. Cet ouvrage a été lu avec avidité par plusieurs générations de chimistes qui tous en ont tiré le plus grand profit. M. Dumas, entre autres, dans ses leçons de philosophie chimique, rend un magnifique hommage uBerthollet. « L'Essai de statique chimique, dit M. Dumas, m'a occupé presque constamment pendant trois à quatre années; depuis l'âge de dix-sept ans jusqu'à celui de vingt et un, je l'ai lu, relu et médité. Souvent je m'accusais de ne pouvoir le comprendre; mais, je le vois maintenant, c'était autant la faute de l'auteur que la mienne. Je le lisais la plume à ta main, extrayant, réfléchissant, commentant; ce travail, ces efforts, je dois en convenir, m'ont été fort utiles. C'est avec Berthollet quejemesuis formé à l'élude de la chimie, et je puis dire en quelque sorte que si aujourd'hui j'ai le droit d'élever ma voix dans cette enceinte (au collège de France), c'est à l'étude que j'ai faite de la Statique de Berthollet queje le dois. »
La Statique chimique de Berthollet devrait
plutôt être intitulée Dynamique chimique, car,
à la vérité, il y envisage aussi bien les corps
en mouvement qu'à l'état de repos. Les lois
qu'il établit s'appliquent aux métamorphoses
plutôt qu'à l'état statique des corps. Plusieurs
j de ces lois, entre autres celles qui sont rela-
i tives à l'action des sels les uns sur les autres,
I ont conservé le nom de Berthollet. On dit
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lois de Berthollet comme on dit lois de Kepler. Elles ont eu une influence considérable sur le développement de la science, et tous lus ouvrages de chimie les ont reproduites à peu près suivant le texte de celui qui a formulé ces lois. Les nombreuses questions de la dissolution, des proportions chimiques, de l'influence des milieux extérieurs sont traitées dans ce livre célèbre, qui est un livre de pensée et de doctrine autant qu'un livre de science. L'œuvre de Lavoisier n'a été mise réellement en lumière que quand des hommes comme Berthollet, Berzélius, l'ont eu développée de manière à mettre en évidence la fê condité des germes qu'elle recelait.
Le premier germe de la Statique chimique de Berthollet a été conçu en Egypte. Berthollet avait accompagné Napoléon lors de son expédition dans cette contrée, et c'est là qu'il a arrêté dans son esprit les bases de sa Statique. Cet ouvrage, au surplus, est écrit d'une façon un peu obscure. Les idées y sont belles et nettes, mais leur exposition est confuse et embarrassée. Il faut de la réflexion pour arriver à en sonder toutes les profondeurs et à en comprendre les beautés.
Statique sociale OU les Conditions essentielles au bonheur humain spécifiées et développées, ouvrage de philosophie morale et sociale, publié en 1850 par M. Herbert Spencer. C'est le premier ouvrage important de ce philosophe anglais aujourd'hui célèbre. Il comprend une introduction en quatre parties. Dans cette introduction, M. Spencer met en parallèle la doctrine de l'expédient ou de l'utilité (doctrine of expediency) et la doctrine du sens moral. Il se prononce très-nettement pour cette dernière et réfute avec force le benthamisme. Nous y signalerons le passage suivant, qui nous a frappé et où M, Spencer montre que les utilitaires sont réduits, pour peu qu'on les presse, à faire reposer leur propre principe, leur formule du plus'grand bonheur sur ce même sens moral qu'ils rejettent avec dédain :
• La meilleure preuve que l'on puisse donner du sens moral sort des lèvres mêmes de ceux qui le nient. 11 est assez bizarre que Benthain tire sa maxime fondamentale de l'oracle dont il ne reconnaît pas l'existence et qui mérite ses railleries lorsqu'il est invoqué par les autres. Nous nous apercevrons vite qu'il en est ainsi, en soumettant cette maxime à l'épreuve d'une discussion critique. Voyons.
— Ainsi, vous pensez que l'objet de notre règle de conduite devrait être le plus grand bonheur pour le plus grand nombre?
— Telle est notre opinion,
— Fort bien. Maintenant examinons ce que renferme votre principe. Supposons, ce qui arrive très-ordinairement, que les hommes soient en désaccord dans leurs désirs sur un point donné ; supposons que ceux qui forment la plus grande partie trouvent chacun une Certaine somme de bonheur dans l'adoption d'une ligne de conduite, tandis que ceux qui forment la. plus petite partie trouveront chacun la même somme de bonheur dans l'adoption d'une ligne de conduite opposée : il suit nécessairement de la formule du plus grand bonheur, n'est-it pas vrai, que c'est le désir commun au plus grand nombre qui doit prévaloir?
— Certainement.
— C'est-à-dire que, si vous êtes cent et si nous sommes quatre-vingt-dix-neuf, votre bonheur doit être préféré au nôtre, en supposant nos désirs en conflit et l'égalité parfaite des satisfactions individuelles qui de chaque coté se trouvent en jeu.
— Exactement; c'est bien ce qu'implique notre axiome.
Comme vous décidez entre les deux parties par la majorité numérique, vous admettez, il semble, que l'on doit accorder au bonheur d'un membre quelconque d'une partie la même importance, la même valeur qu'au bonheur d'un membre quelconque de l'autre partie?
— Naturellement.
— Par conséquent, votre doctrine, réduite à sa plus simple forme , finit par conduire à cette assertion que tous les hommes ont des droits égaux au bonheur, on, si nous en faisons une application personnelle, que vous avez le même droit au bonheur que moi.
— Je n'en doute pas.
— Et qui vous a dit, je vous prie, monsieur, que vous ayez le même droit au bonheur que moi?
— Qui me l'a dit? Mais j'en suis sûr, je le sais, je le sens, je...
— Ca n'est pas répondre. Donnez-moi votre autorité. Dites-moi qui vous a appris cette vérité, comment vous y êtes arrivé, d'où vous l'avez tirée.
d Sur quoi, après quelques paroles évasives, notre benihaniiste est forcé de convenir qu'il n'a pas d autre autorité que son propre sentiment, qu'il possède une perception innée du fait, ou, en d'autres termes, que son sens moral le fait juger de la sorte. Si son sens moral l'éclairé bien ou mal dans la circonstance^ nous n'avons pas à le considérer maintenant. Tout ce qui appelle en ce moment l'attention, c'est ce fait que les disciples de Betitham euxmêmes, lorsqu'on \es pousse sur leur terrain en les interrogeant, sont ramenés rinalement à une intuition de ce sens moral, objet do leurs plaisanteries, et n'ont pas d'autre base à donner à leur propre système. »
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On voit par le passage que nous venons de citer que M. Spencer se montre dans sa Statique sociale disciple de Shaftesbnry et non de. Bentham. On peut aussi juger, d'après cet échantillon, deson ingéniosité dialectique, du tour vif et original qu'il donne à l'expression de sa pensée , disons même de la clarté toute française, de son style.
Dans la première partie de l'ouvrage , M. Spencer sépare la morale pure de la morale appliquée ou, comme il dit, thérapeutique. La morale pure envisage les hommes à l'état de perfection, tels qu'ils devraient être; elle ignore le mal, lequel d'ailleurs tend à disparaître en vertu de la loi du progrès, c'esi-k-dire en vertu de l'adaptation de plus en plus parfaite des croyances aux sentiments et au caractère, des institutions aux croyances; elle montre les règles de conduite qui seraient suivies et les droits qui seraient respectés dans une société idéale. La morale appliquée régit le3 rapports des hommes dans l'état d'iiiiperfeciion où ils vivent, rapports qui donnent naissance à l'établissement de l'Etat, aux fonctions du gouvernement, aux. contraintes et pénalités sociales.
La seconde partie de la Statique sociale est consacrée à la recherche et aux applications du primipe fondamental de la morale. Comment déterminer ce principe? M. Spencer le montre contenu en deux faits essentiels de la nature humaine : 1° l'instinct des droits personnels; 2U le principe de sympathie analysé par Adam Smith. « L'instinct des droits personnels, remarque-t-il,conduit chaque homme à a>surer et à défendre sa propre liberté d'action ; mais c'est un instinct purement égoïste ; reste donc la question : d où nous vient la perception des droits des au très? Adam Smith, dans sa Théorie des sentiments moraux, a. ouvert la voie à la solution de cette difficulté en appelant l'attention sur une faculté qui assure la direction convenable de notre conduite à l'égard des autres. Cette faculté, appelée ordinairement sympathie, a pour office d'exciter en chaque être les émotions manifestées par ceux qui l'entourent... En attribuant nos actions bienfaisantes à l'influence de cette faculté ; en concluant que nous sommes conduits à soulager les misères des autres par le désir de nous délivrer de la peine qui nous est causée par la vue de ces misères, que nous sommes poussés a rendre les autres heureux parce que nous participons à leur bonheur, Adam Smith a mis en avant une théorie qui semble tout à fait satisfaisante. Mais il a négligé une de ses plus importantes applications. Ne reconnaissant pas l'impulsion qui porte les hommes à maintenirleiirs droits, il n'a pus vu que leur respect pour les droits des autres peut être expliqué de la même manière. Il ne s'est pas avisé que le sentiment de la justice n est rien autre chose qu'une affection sympathique de l'instinct des droits personnels, une sorte de fonction réflexe de cet instinct. » On peut faire de trèssolides objections à cette théorie de l'origine du sentiment de la justice j mais il faut reconnaître qu'elle est très-ingénieuse. Quoi qu'il en soit, M. Spencer déduit de l'instinct des droits personnels généralisé par la sympathie le principe fondamental de la morale qu'il formule de la manière suivante : «Tout homme a la liberté de faire tout ce qu'il veut, pourvu qu'il ne viole pas l'égale liberté de tout aune hoiume^tfue'y man lias freedom to do ail that lie wills, provided he infringes not the equal freedom of any other man).
Il développe ensuite les applications de ce principe de l'égale liberté en une suite de chapitres dont vo.ci les titres : les Droits de la vie et de la liberté personnelle ; le Droit à l'usage de la terre; le Droit de propriété; le Droit de propriété appliqué aux idées; leûroit de propriété appliqué à taréputation ; le Droit d'échange ; le Droit de libre discours ; les Droits des femmes; les Droits des enfants. Deux de ces chapitres nous ont paru spécialement intéressants : celui où l'auteur traite du droit à l'usage de la terre et celui qui est consacré aux droits nés femmes. M. Spencer soutient que le droit dé chaque homme à l'usage de la terre n'a d'autres limites que les mêmes droits de ses semblables ; que cette conséquence qui se tire immédiatement de la loi de l'égale liberté exclut nécessairement la propriété foncière exclusive (necessarily forbids private property in land); que tous les titres existants à celte propriété, quand on les examine, se trouvent être, en résultat, invalides; que même un égal partage de la terre entre ses habitants ne pourrait engendrer une appropriation légitime; que le sol est le patrimoine commun des générations, et que cette théorie de euhérédité de tous les hommes est en harmonie avec la plus haute civilisation ; qu'il peut être, il est vrai, difficile de la faire entrer dans les faits, de la réaliser, mais que l'équité la commande impérieusement. • Autrefois, dit-il, on supposait aussi universellement que l'esclavage était une institution naturelle et tout à fait légitime, une condition dans laquelle un certain nombre d'hommes étaient et à laquelle ils devaient se soumettre comme a un ordre divin ; même aujourd'hui encore une partie du genre humain conserve cette opinion. Un plus haut développement social .cependant a fait naître en nous une foi meilleure, et nous reconnaissons maintenant dans une mesure considérable les droits de l'humanité. Mais notre civilisation n'est que partielle. On arrivera peu à peu h
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se convaincre que l'équité dicte des préceptes auxquels nous n'avons pas encore prêté l'oreille, et les hommes pourront alors apprendre que priver tes autres de leurs droits à l'usage de la terre, c'est commettre un crime qui ne le cède en perversité qu'au crime de leur ôter la vie ou de les dépouiller de la liberté personnelle. »
Dans le chapitre sur les droits des femmes, M. Spencer montre que les droits des femmes sont dérivés de la même autorité, impliqués dans le même axiome, démontrés par les mêmes arguments que ceux des hommes; que la loi de l'égale liberté s'applique également aux deux sexes, et que toute autre hypothèse entraîne d'inextricables difficultés. Il signale une sorte de parenté entre cette idée que les droits des femmes ne sont pas égaux à ceux des hommes et ce dogme oriental que les femmes n'ont pas d'âme. La position dans laquelle se trouve aujourd'hui le sexe le plus faibie lui paraît nécessairement inju.-te, parce que le même égoïsine qui vicie nos institutions politiques doit inévitablement vicier nos institutions domestiques. Une cause qui lui fait répudier la subordination des femelles aux mâles, c'est l'usage du commandement que cette subordination implique et qui témoigne de son origine barbare. [I prouve que l'attitude de domination, d'un côte, et de soumission, de l'autre, est essentiellement en désaccord avec la délicatesse des sentiments qui devraient exister entre l'époux et l'épouse. Il prétend que l'égalité dans le mariage deviendra possible dans la mesure où elle sera reconnue juste. Enfin, il fait voir que les objections ordinairement élevées contre l'attribution des droits politiques aux femmes sont fondées sur des notions et des préjugés qui ne supportent pas l'examen.
La troisième partie de l'ouvrage traite de la politique, c'est-à-dire de l'Etat et de ses .attributions. M. Spencer réduit l'office de l'Etat à la défense et à la protection des droits des citoyens. Il lui interdit d'administrer la religion, la charité, l'éducation. Il repousse le droit à l'assistance et l'éducation obligatoire. Selon lui, les lois des pauvres Sont non-seulement impuissantes à diminuer les souffrances populaires, mais très-propices à augmenter ces souffrances. Quant k la négligence que mettent des parents à élever leurs enfants, elle est sans doute contraire à la morale de bienfaisance, mais elle n'est pas contraire au principe de l'égale liberté; elle ne viole pas de droit, et, par conséquent, l'Etat n'a pas à s'en occuper. Il est difficile de se prononcer avec plus de rigueur logique en faveur de ce qu'on a appelé le nihilisme administratif. M. Spencer se plaît à faire remarquer que la morale et l'économie politique s'accordent à diminuer le domaine de l'Etat et à accroître le domaine de la liberté individuelle, la première au nom du juste, la seconde au nom de l'utile.
La quatrième et dernière partie de la Statique sociale présente des considérations générales tres-iutéressautes sur le progrès, ses caractères, ses conditions, sur les phases passées de la civilisation, son point de départ, sa marche et son terme nécessaires. L'auteur juge que l'esclavage a joué, dans le passé, un rôle favorable à la civilisation. ■ On a observé, dit-il, et, ce semble, avec vérité, que la faculté nécessaire d'une application, continue ne pouvait être développée que par une dure contrainte, comme celle qui est exercée sur des hommes tenus en esclavage.
Privé de cette faculté, comme l'était nécessairement l'homme primitif d'après ses habitudes de vie, il fallait sans doute que cette terrible discipline fût continuée à de nombreuses générations pour l'amener à se soumettre paisiblement aux nécessités de son nouvel état. Et ainsi le barbare égoïsme qui a maintenu longtemps cette discipline doit être considéré comme ayant produit un bien, quoique si radicalement mauvais en luimême. » Le fatalisme historique de M. Spencer se résume en cette phrase caractéristique : « Il fut nécessaire que l'homme du commencement cherchât et trouvât le bonheur aux dépens du bonheur des autres; la même nécessité fera que l'homme de la lin pourra obtenir un bonheur parfait sans rien retrancher du bonheur des autres. «
STAT1RA, princesse perse, femme de Darius III (ive siècle av. l'ère moderne). Elle tomba entre les mains d'Alexandre, avec ses enfants et la mère de Darius, Sisygambis, à la bataille d'Issus (333). Elle mourut peu de temps après des fatigues qu'elle éprouva à suivre le conquérant dans ses marches rapides. Alexandre, qui avait traité ses prisonnières avec beaucoup d'égards, lui fit faire des obsèques eplendides, où furent observées toutes les cérémonies funéraires en usage chez les Perses.
STATIRA, princesse perse, fille de la précédente et de Darius III, épouse d'Alexandre, morte en 383 av. J.-C. Tombée, comme sa mère, au pouvoir du vainqueur, elle fut épousée par Alexandre quatre ans après, en 319, lorsque celui-ci revint de son expédition dans l'Inde et voulut fonder sur des bases stables un empire asiatique. La cérémonie eut lieu a Suse. Alexandre y épousait en même temps Parysatis, fille d'Ochus; Héphestioh eut en partage une sœur de Statira, Drypatis; Cratère et quatre-vingts des principaux officiers de l'armée grecque reçurent la main d'autant
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de princesses, filles des principaux satrapes; enfin neuf mille soldats macédoniens épousèrent dans la même journée neuf mille jeunes filles perses. Alexandre fit présent aux neuf mille couples d'une magnifique coupe d'or. Statira fut étranglée, sur l'ordre de Roxane, autre femme d'Alexandre, quelques jours après la mort du conquérant.
STATISTICIEN, IENNE s. (sta-ti-Sti-siain, i-è-ne — rad. statistique). Personne qui étudie la statistique, qui se livre à des recherches statistiques.
STATISTIQUE s. f. (sta-ti-sti-ke — du verbe grec sttttizein, établir, constater, rattaché par Eiehhoff à la racine sanscrite sthas, pincer, fixer, d'où aussi le latin itatntre, l'allemand statten, l'anglais to stay, le lithuanien stattau et le russe staiu, même sens). Science qui déduit la situation générale du dénombrement et de la comparaison des faits particuliers : Statistique commerciale. Statistique juridique. Statistique criminelle.. Statistique agricole. Statistique médicale. La statistiquk de la France, de l'Europe. La statistique proteste contre l'efficurité des procédés sanguinaires. (L. Blanc.) La statistique a pour base le dénombrement de tous les résultats, de tous les objets similaires qui peuvent être utiles aux membres de la société. (Ch. Dupin.) La statistique ne voit que les chiffres et n'en recherche pas ta moralité. (Ledru-lîdllin.) S'il fallait ajouter foi à la statistiquk, ce serait parmi les cockers de fiacre que viendraient se réfugier les déclassés du sacerdoce. (E. Texier.) Les statistiques judiciaires constatent que ce sont surtout les illettrés qui alimentent nos échafaud». (L. Jourdan.)
— Adj. Qui a rapport à la statistique ; Mémoires statistiques. Rapports statistiques.
— Encycl. I. Historique et division de la statistique. C'est Achenwall, professeur de droit public à l'université de Gœttingue, qui a donné à la statistique son nom vers le milieu du xvme siècle. Il la définissait « la connaissance approfondie de la situation (status) respective et comparative de chaque Etat. » Sclilœser, qui lui succéda a l'université, écrivait que « la statistique a pour but de faire connaître tous les objets dont so compose la puissance d'un Etat. » Et il ajoutait : • L'histoire est la statistique en mouvement, et la statistique est l'histoire en repos.' Plusieurs auteurs qui vinrent ensuite, élargissant outre mesure le champ de cette science, y firent entrer la géographie et l'économie poliique. Aujourd'hui, on distingue soigneusement la statistique de ces autres sciences, dont elle est l'utile auxiliaire, et qui 1m fournissent également leur secours. • l,asMtistique, dit M. Villermé, est l'exposé de l'état de la situation ou, pour employer l'expression d'Achenwall, de tout ce qu'on trouve d'effectif dans une société politique, dans un pays, dans un lieu quelconque. Mais cet exposé, dégagé d'explications, de vues théoriques, de tout système, et consistant, pour ainsi dire, en un simple inventaire, doit être rédigé de telle façon que l'on compare aisément tous les résultats et que les effets généraux des institutions, le bonheur ou le malheur des habitants, leur prospérité ou leur misère, la force ou la faiblesse d'un peuple puissent s'en déduire.*» M. Moreau de Jonnes, dans ses Eléments de statistique, a défini la statistique par cette formule, qui nous semble la meilleure : > La statistique est la science des faits sociaux exprimée par des termes numériques. »
On peut diviser la science de la statistique en deux parties susceptibles do se diviser elles-mêmes : 1<> la statistique proprement dite; 2° la partie plus essentiellement mathématique, qui comprend, d'une part, la théorie et le calcul des probabilités et, d'autre part, ce qu'on a appelé la statistique morale.
La statistique proprement dite a pour but de recueillir et de grouper méthodiquement les faits sociaux susceptibles d'être exprimés numériquement.
La théorie et le calcul des probabilités se proposent de déterminer le nombre de chances qui peuvent amené/ une éventualité donnée, ou, en d'autres termes, de formuler les chances calculables des événements humains.
Enfin, la statistique morale est une application de ces calculs et des autres moyens arithmétiques à la détermination des phénomènes moraux de l'espèce humaine.
— II. Méthodes de la statistique, ire méthode : méthode naturelle ou d'exposition. Il y a deux raanières**i'obtenir l'expression numérique des faits sociaux : une qui consiste a recueillir un k un tous les faits numériques
?ui constituent les éléments de l'ordre de aits que l'on se propose de connaître, à les grouper ensemble, k les coordonner, et au besoin à les réduire pour en avoir la mesure sous une formule plus commode, le tout sans les altérer; l'autre qui consiste à obtenir tes résultats à l'aide des ressources qu'offre le calcul.
« La méthode naturelle , qu'on pourrait nommer méthode d'exposition, dit M. Moreau de Jonnès, est la seule qui soit digne de l'avenir promis à la statistique. Elle est trèssimple, et c'est pourquoi elle n'a prévalu qu'après les autres. On a fait de la botanique
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pendant deux mille ans avant d'arriver à la méthode que nous devons à Juvsieu. Cette méthode consiste, pour la statistique, à engistrer dans un ordre régulier tous les faits numériques qui constituent les éléments d'un sujet quelconque. Ainsi, lorsqu'il s'agit des établissements de bienfaisance ou de répression, on prend pour unité les malades nu les . détenus de chaque hôpital ou de chaque prison, et l'on fait l'histoire de leur destinée, en suivant de mois en mois, d'année en année, la situation et les mouvements de chacun de ces établissements. Faut-il entreprendre la tâche épineuse d'une statistique de l'industrie, chaque manufacture . chaque exploitation devient une unité absolue. Les matières premières, les produits fabriqué», les quantités, leur valeur, le nombre des ouvriers, leur salaire, les machines et toutes les parties du mobilier de l'établissement sont énumérés d'abord en détail, et ce n'est que postérieurement qu'en groupant les chiffres ainsi posés on en forme des tableaux collectifs pour les localités et suivant la nature des produits.
» Sans doute, cette méthode d'exposition exige de longs développements, qui peuvent paraître oiseux à beaucoup de personnes ; mais elle a cet avantage immense que chacun peut apprécier la certitude des é émeiits, procéder k la vérification, refaire les calculs d'ensemble et s'assurer de l'exactitude de toutes les opérations. La statistique exécutée de cette façon est véritablement expérimentale : elle met sous les yeux du public les témoignages complets de ses assertions. »
je métlvde ; méthode d'induction. Cette seconde méthode consiste à obtenir les expressions numériques des faits sociaux à l'aide des procédés arithmétiques ou algébriques appliqués à un petit nombre d'observations, et a admettre, par voie d'analogie, de proportionnalité et de probabilité, des résultats qui ne sont pas directement constatés, qui ne sont pas pris sur la réalité des choses. C'est cette méthode que M. Moreau de Jonnès désigne sous le nom de méthode d'induction et à laquelle J.-H. Say donnait le nom d'arithmétique politique. ■ La méthode d'induction, dit J. Garnier {Eléments de statistique), ne présente pas les difficultés de la méthode naturelle , mais aussi elle offre infiniment inoins de garantie; et c'est tout au plus si les résultats auxquels elle conduit doivent être considérés comme des informations sommaires. Dans celte méthode, on fait un fréquent emploi du procédé de la règle de troi3 ou des calculs analogues, pour arriver, d'un petit nombre de faits connus, k des totaux et à des résultats que l'on cherche; mais on conçoit que ce petit nombre de faits, si bien observés qu'on les suppose, n'aboutissent que bien rarement à donner l'expression exacte de l'ensemble des faits qui se produisent sur une certaine échelle de population, de temps ou de produits. » Cette méthode abrégée fut employée souvent : Vauban, au commencement du xvme siècle, calculait la production agricole et le revenu de la France sur des investigations faites dans un petit nombre de localités; Lavoisier, en 1790, déduisait du nombre des charrues l'étendue des terres en culiure, la production et la consommation de la France ; Lagrange calculait la consommation nutritive de toute la population sur celle du soldat, en admettant que le cinquième des habitants n'a pas dix ans d'âge et que deux enfants et une femme consomment autant qu'un homme fait; Necker, n'osant entreprendre un recensement général en 1784, déduisait le nombre des habitants de celui des naissances, en adoptant le rapport d'une naissance pour 25 habitants 3/4; Cnaptal, en 1818, donnait l'étendue des terres arables, des vignes, des prés et des bois du royaume, d'après le septième du territoire cadastré, en partant par conséquent de cette hypothèse que les six autres septièmes étaient identiques avec le premier, tant dans la nature que dans la destination des propriétés; supposition complètement erronée. « Cet exemple de la méthode d'induction, dit à ce propos M. de Jonnès, montre comment des hommes recommundables se laissent entraîner sur la pente qui conduit du connu k l'inconnu, et comment, pour la satisfaction de compléter quelques chiffres vrais par des chiffres déduits, spécieux e*. trompeurs, ils s'exposent à la dure alternative de faire douter de leur sincérité ou de la rectitude de leurs jugements. •
Nous n'aurions pas tout dit sur la méthode de \a statistique, si nous omettions de parler du calcul des moyennes. L'usage des moyennes est fréquent dans les sciences d'observation; on le rencontre aussi très-fréquemment dans les travaux des statisticiens. Simple et d'un très-grand secours, ce procédé est fécond en illusions quand on ne prend pas toutes les précautions nécessaires pour établir les véritables limites ma xi mu et niiniina qui doivent entrer dans le calcul. On peut consultera ce sujet les observations délicates de M. Quetelet, duns ses Lettres sur ta théorie des probabilités. Cet auteur s'est efforcé de montrer le secours que la théorie des probabilités pouvait fournir aux statisticiens. Il distingue d'abord deux sens qu'il faut attacher à cette expression de moyenne, et il fait comprendre sa pensée de la façon suivante. On mesure un monument dix fois, et dix fois on obtient un nombre diffèrent ; ou bien on mesure dix monument*. D jus les deux
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cas, on calcule une moyenne par le mêm# procédé ; mais la première moyenne n'est
fies de même nature que la seconds. C'est à a moyenne de la première espèce que M. Quetelet entend réserver le nom de moyenne. Il donne le nom de moyenne arithmétique à la moyenne du second cas, qui ne représente pas une chose existant réellement et qui donne, sous forme de nombre abstrait, une idée de plusieurs choses essentiellement distinctes quoique homogènes. Quelquefois la moyenne se calcule d'après des éléments encore plus divers, sans qu'on puisse en conclure que l'idée générale qu'elle doit représenter soit sans utilité ou sans importance. M. Quetelet cite pour exemple la vie moyenne, dans laquelle on fait entrer l'âge d'individus qui sont dans des conditions différentes, l'âge de l'homme muret productif, et l'âge de l'enfant qui esta la charge de sa famille, o Qu'on enlève, dit M. Quetelet, dix ans de la vie des
Ijères pour les ajouter à la vie des enfants: a moyenne arithmétique restera la même, mais elle exprimera des choses bien différentes. » Ainsi donc le chiffre de la vie moyenne ne donne qu'un aperçu général de la mortalité et ne peut être employé qu'avec circonspection. On partage la conviction de M, Quetelet en lisant les observations qu'il fait au sujet de l'application des moyennes au prix des grains, comme exemple pris dans les sciences morales et politiques; au degré de la température, comme exemple pris dans les sciences naturelles. Après des recherches mathématiques dont le détail ici est impossible, M. Quetelet a dressé une Table de possibilité qui est la représentation de la manière dont tous les résultats se groupent autour de la moyenne , quand ils sont suffisamment nombreux. De cette table il en a déduit une autre qu'il a ppeW&^Table île précision. Il donne ces deux taules comme pouvant servir, si elles sont convenablement maniées, à fixer les limites de l'erreur probable et à reconnaître si une moyenne arithmétique est véritablement une moyenne.
Au reste, sans entrer dans la théorie des probabilités, et en s'en tenant au sentiment sommaire qu'on peut avoir sur ces matières, il est facile de concevoir que la moyenne est une quantité fictive donnant de la réalité une idée d'autant plus exacte que les éléments dont elle se compose sont plus rapprochés entre eux, que les séries sur lesquelles on les calcule sont plus courtes, que les conditions de climat, de temps, etc., dans lesquelles se sont produits les faits, sont plus semblables.
— UI. Opérations db la. statistique. La première série de faits qui se présente naturellement aux statisticiens est celle des faits relatifs au territoire et à la population.
En ce qui concerne la statistique territoriale, l'opération fondamentale est le cadastre, c'est-à-dire le levé des plana de la surface du pays, avec détermination de la nature des 'terres, de leurs distinctions, des produits qui en sont tirés. La statistique territoriale comprend encore ce qui concerne les mines, les forêts, les cours d'eau, la pêche. En ce qui concerne la population, il est nécessaire de déterminer d'abord le nombre des habitants, et de les classer en grandes catégories indiquant le sexe, l'âge et l'état civil, les professions, le culte, la capacité politique, le degré d'instruction, etc. On arrive à ce résultat au moyen d-> recensement. Eu comparant les résultais relatifs à la surface du territoire et les résultais relmifs k la population, on obtient la densité de la population. Une autre série de faits que constate la statistique, c'est le mouvement de la population, c'est-à-dire le relevu des mutations perpétuelles qui la renouvellent, la maintiennent ou l'accroissent. Les naissances, les mariages et le's morts, constau-s par les registres de l'état civil, les émigrations et les immigrations forment tou-- les éléments de ce mouvement.
Les lubies de mortalité ou de survie sont encore une des plus importantes opérations de la statistique, relativement à la population. Ces tables ont surtout une importance très-grande dans toutes les questions qui se rapportent aux sociétés d'iissurance sur la vie et aux sociétés d'assurance mutuelle.
Les autres opérations de ia. statistique sont toutes les investigations administratives ou privées, relatives aux diverses industries, à la condition des populations, etc. Voici, d'après M. J. Garnier, la série de toutes lus catégories de faits que se propose de recueillir la statistique.
A. Territoire :
Cadastre des terres. Nature ; culture ; production ; mines et carrières; houilles et tourbes; amendements; engrais.
B. Faits relatifs à la population :
a. Recensement ou dénombrement des habitants, classés par catégories (sexe, âge, état civil, profession, etc.).
b. Densité de la population.
c. Mouvement de la population. Naissances (enfants légitimes, naturels, trouvés, mortsnés) ; mariages ; morts.
d. Emigrations et immigrations. Emigrations des campagnes aux villes, et réciproquement ; hoi s le territoire national ; accroissement ou diminution ; période de doublement.
e. Tables de mortalité. Constatation de la mortalité, du nombre des survivants ; calcul
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de la vie moyenne et de la vie probable, selon les sexes, les lieux, les professions.
f. Condition des populations dans les villes et les campagnes; selon les professions, les épargnes, les législations économiques ou sociales.
g. Charité ou Bienfaisance publique. Hôpitaux, hospices, maisons ou colonies de travail; mode des secours; monts-de-piété ou autres établissements de prêts de charité ; aveugles; sourds-muets; fous; enfants trouvés.
à. Justice. Répression; tribunaux criminels, civils, commerciaux; justices de paix, prud'hommes, arbitres; prisons, bagnes, transportions; police; prostitution.
i. Instruction publique et privée.
j. institutions préventives de la misère. Caisses d'épargne ; sociétés de secours mutuels.
0. Faits relatifs a la production et aux diverses branches d'industrie :
a. Industrie extractive. Mines et carrières; forêts; pêche.
b. Agriculture. Productions diverses; conditions de la population,
c. Industrie, arts et métiers. Importance delà production; mise en œuvre dus produits; conditions de la population.
d. Commerce. Commerce extérieur (importations , exportations , résultats des tarifs douaniers) ; commerce intérieur.
e. Voiturage. Circulation ; circulation terrestre; navigation, cabotage.
f. Professions diverses. Libérales et autres, composant l'ensemble des arts agissant sur l'homme.
D. Kaits relatifs à. l'administration et aux services publics :
a. Administration générale. Police ; administrations diverses et spéciales (postes, télégraphes); faits relatifs à la population ; faits relatifs aux divers ministères , aux provinces et aux départements, aux communes, aux colonies ou possessions lointaines.
6. Force publique. Armée de terre et de mer ; places fortes, arsenaux maritimes, établissements divers; faits relatifs aux contingents annuels, etc.
E. Faits relatifs aux travaux publics :
a. Voies de communication. Routes et chemins; chemins de fer; canaux; amélioration des fleuves et rivières.
b. Travaux pour prévenir les inondations; travaux à la mer; plantations de dunes, etc.; dessèchements, etc. ; ports; monuments; travaux dans les villes.
F. Faits relatifs aux dépenses publiques :
Statistique des dépenses annuelles et par périodes; statistique des recettes; faits relatifs aux ventes de propriétés, aux impôt3, aux emprunts, etc.
G. Faits relatifs à des entreprises diverses :
Grandes associations pour la construction des voies de communication ou leur exploitation ; pour l'exploitation de houillères, de mines, etc.; pour toute autre exploitation agricole, manufacturière ou commerciale; pour assurances; banques, etc.
— IV. Nature des chiffres; moykns de