‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 662 sur 1059 · CC · texte numérisé non relu

CC

27,30C iectol.

Moyenne.

ou 13 hectol, 65,

Depuis la publication de cette circulaire, la statistique, en France, est incontestablement en voie de progrès, comme dans les autres Etats européens. La statistique est une véritable nécessité des constitutions repré-

sentatives. « Il y a, dit M. Michel Chevalier, une liaison si intime entre le système représentatif et la statistique, que l'amélioration de l'un doit provoquer nécessairement le perfectionnement de l'autre... Qui dit régime

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représentatif dit publicité. Je ne pré ternis pas que la statistique soit toute la publicité; mais l'on m'accordera qu'elle en forme le matériel. »

Lu statistique a aussi reçu une heureuse impulsion des congrès spéciaux qui se sont tenus depuis 1853 à Bruxelles, il Paris, à Vienne, a Florence. Ces réunions périodiques des statisticiens des différents pays sont dues à l'initiative de MM. Joseph Flechter, Wischers, Quetelet ; elles ont pour résultat de rapprocher les amis de la science, de faire connaître les sources et les modes d information dans chaque pays et de provoquer des recherches utiles et profitables au progrès et U la civilisation.

' Staii»tii|ue de la France, par M. Maurice Block (1860, in-8°). Cet ouvrage a été couronné par l'Académie des sciences. Une seconde édition, dans laquelle l'auteur a entièrement refondu et renouvelé son premier travail, a paru en 1874 (2 vol. in-S°). Les faits recueillis dans ces deux volumes so rapportent: au territoire et à la population; à l'administration et à la justice; aux cultes, à l'instruction publique et à la bienfaisance; aux institutions de prévoyance et aux assurances; aux finances; à l'armée et à la marine ; à l'agriculture, à l'industrie et au commerce; aux voies de communication, aux postes et aux télégraphes. « L'auteur, dit M. Joseph Garnier. a compris dans son cadre toutes les parties d'une statistique complète. 11 a condensé les documents qu'il a élaborés en tableaux bien disposés, suivis d'explications, de rapprochements et de commentaires qui en rendent la lecture attachante. Il ne s est pas contenté de présenter beaucoup de faits clans un ordre logique et avec toute la clarté désirable ; il a souvent cherché à en tirer toutes les conséquences, et c'est ainsi que, chemin faisant, il a signalé plusieurs erreurs généralement accréditées et présenté des raisons plus satisfaisantes sur des résultats économiques, financiers et sociaux insuffisamment expliqués jusqu'à présent. » M. J. Garnier signale ensuite les trois principales innovations par lesquelles se distingue cette Statistique de la France : 1° elle remonte aux périodes antérieures, souvent jusqu'au commencement du siècle; 2° elle établit de fréquentes comparaisons entre la France et les pays étrangers; 3" elle résume la législation administrative de la France et s'en sert pour expliquer et commenter les chiffres. Cet excellent ouvrage, composé avec un soin minutieux, atteste la plus vaste érudition et une rare aptitude a manier et à grouper les éléments de la statistique de manière a leur donner toute leur valeur.

STATOR s. m. (sta-tor — mot lat. dérivé de siare, être debout, stationner). Antiq. rom. Officier au service d'un magistrat de province. Il Soldat faisant partie de la garde de la tente impériale.

STATOR (quiarréte), surnomque donnaient les Romains à Jupiter, quand ils le considéraient comme le dieu qui conservait l'ordre des choses ou qui arrêtait les fugitifs.

STATOR (Pierre), théologien français, né kThionville, mort en Pologne en 1570. Il fit ses études à Genève, et, voyant la liberté religieuse entravée en Suisse, il crut prudent de s'éloigner lorsque ses idées sur la Trinité se trouvèrent en complète divergence avec celles que professait son maître, Théodore de Bèze. Il alla en Pologne et fut nommé recteur du collège de Piuczow. Dans sa nouvelle position, il continua à attaquer la Trinité et donna libre carrière à ses opinions dans un synode assemblé en 15SI à Pinczo'w; mais, sur la fin de sa vie, il parait être revenu à l'orthodoxie calviniste. On a de lui : Liber contra Fr. Siancari dogma (Pinczow, 1560), où il combat l'opinion de Staneuri, que Jésus-Christ n'est médiateur que selon sa nature humaine ; Epislola ad ftemiyium Chelmium (Pinczow, 1561); Grammaire polonaise; Traduction polonaise de la Dible (1563, in-fol.).

STATOR (Pierre), théologien protestant, fils du précèdent, mort en 1605. Il exerça les fonctions pastorales en divers lieux et embrassa avec ardeur les principes du socinianisme. On a de lui des Sermons, une Oraison funèbre de Soein, une Défense de l'opinion de Socin sur le Christ et divers écrits de controverse.

STATUAIRE adj. (sta-tu-è-re — lat. statuarius; de statua, statue). Qui a rapport aux statue3 : Art statuaire.

— Marbre statuaire, Marbre blanc, propre à faire des statues.

— Archit. Colonne statuaire, Colonne qui porte une statue.

— s. m. Sculpteur qui fait des statues : Un habile statuaire. La fortune sans l'amour, c'est le marbre sans le statuaire. (Custine.)

Un bloo de marbre était ai beau, Qu'un ttatuaire en fit l'emplette.

La Fontaine.

— s, f. Art de faire des statues : La sta- Tb'Alnz grs-que. Avant Phidias, ta statuaire avait produit en Grèce des ouvrages remarquables et dignes d'étude. (G. Planche.) Sous le ciseau des Grecs, la statuaire perdit sa roideur; elle acquit de la souplesse et de l'harmonie, elle devint plus vivante. (Lainenn.) Le christianisme primitif » se souvenant encore

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des idées iconoclastes judaïques, avait pour la statuaire une aversion instinctive. (Th.

Gant.)

STATUE s. f. (sta-tû — du lat. statua; de stare, être debout). Figure en pied, de plein relief : Statue de marbre, de bronze, d'or, d'argent, de bois, d'argile. Statue de grandeur naturelle. Statue colossale. Statue équestre. Statue curule. Statue antique.

Dresser, élever, ériger des statues. Les monuments publics de la piété des princes font plus d'honneur à leur mémoire que les statues et les inscriptions. (Mass.) On demandait un jour à Calon pourquoi on ne lui avait point érigé de statues, dans un temps où Rome en était pleine. « J'aime mieux, dit-il, qu'on me demande pourquoi je n'ai pas de statues que pourquoi j'en ai. t (Rollin.) L'empereur Domitien était si jaloux du respect dû à ses statues, qu'il fit condamner à mort une femme qui s'était déshabillée devant l'une d'elles. (Sallentin.) Les premières statues furent droites, les yeux en dedans, les pieds joints, les jambes coltées et tes bras pendants de chaque côté. (Grijnm.) Les hommes sont comme tes statues, il faut les voir en place. (De Ségur.) Après de grands échecs ou de grands malheurs, les Bomains fouettaient les statues de leurs dieux. (H. Rigault.) Carnot n'a pas de statue en France. (Ch< Habeneck.)

— Fig. Froide et vaine image : L'ordre social, même le plus splendide, sans la liberté ne serait qu'une statue. (Le P. Félix.)

— Fam. Personne froide, sans énergie, sans activité : C'est une statue, une vraie statue. Il a épousé une belle statues.

— Drott comme une statue, Droit et roide, sans mouvement :

Te voila sur tes pieds, droit comme une statue.

Racine.

— Archit. Statue persique, Cariatide: statue d'homme ou de femme qui sert de colonne ou de pilastre. Il Statue hydraulique, Statue qui jette de l'eau.

— Allus. littér. Lu statue du Commandeur, Allusion a l'apparition de la statue du père d'une des victimes de don Juan, invitée railleusement à souper par le séducteur, et qui vient répondre à l'invitation. Cette apparition est un des effets les plus dramatiques du théâtre , et les écrivains s'en souviennent d'ordinaire lorsqu'ils ont & peindre l'entrée subite et inattendue d'un personnage sinistre, l'imminence d'une catastrophe méritée. La statue du Commandeur, c'est le châtiment venant exiger l'expiation de crimes longtemps impunis.

i La catastrophe du cinquième acte de Don Juan est alors (1789) comprise de tous et appliquée aux événements. Cette statue du Commandeur, qui, à la fin du souper, saisit avec une majesté sombre et terrible le bras du seigneur libertin qu'elle entraîne, c'est la Révolution après la Régence; entendant les pas lourds de ce fantôme de marbre, le peuple dit : ■ C'est moi qui viens! ■

Alph. Esquikos.

■ N'importe, ce fut un émouvant et rare spectacle, ce premier acte, cette tragédienne (Rachel) qui entrait dans le drame, cette morte qui voulait vivre, ce marbre qui s'avançait vers les hommes et vers les femmes. Ce fut quelque chose de l'entrée du Commandeur au souper de don Juan; seulement, ici, c'était la statue qui avait peur, »

A. Vacquerie.

« Pâle et terrible comme la statue du Commandeur au festin de Juan, Desdicado entraîna Mariani sur une terrasse voisine, et, rejetant en arrière les blonds cheveux qui tombaient sur ses yeux : > Monseigneur, de- » manda-t-il gravement, me recounaissez-

» vous?

J. Sandeau.

• Un matin, le nouveau préfet venait de se mettre à table avec quelques conviés. Il s'agissait d'un déjeuner de connaisseurs, accompagné de vins lins et de primeurs délicates. Les fourchettes jouaient déjà, lorsqu'on annonça l'arrivée inattendue d'un commissaire général. Il entra, prit un siège et foudroya du regard cette table chargée de mets succulents. Il appartenait à cette classe de républicains austères qui veulent mettre la société au régime du brouet noir. Quant aux convives, ils se groupèrent à l'écart, dans un respect mêlé de crainte, comme si la statue de marbre du Commandeur fût venue prendre place à leur banquet. »

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