‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 663 sur 1059 · L. Eeybaud · texte numérisé non relu

L. Eeybaud

« On sait ce que fut à Versailles la fête donnée par la reine, le jeudi 1« octobre, dans la salle d'opéra. Ce ne fut qu'un cri,, cri de folie, cri d'amour. Il y eut un succès d'enthousiasme insensé. Les temps de la chevalerie furent évoqués, et la noblesse y invoqua le passé. Ainsi que don Juan dans sa dernière orgie, elle avait invité la Mort; la Mort fut exacte au rendez-vous 1 »

Louis Blanc. •

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■ Toutes les fois que, durant ma vie, il m'est arrivé d'avoir cru pendant longtemps avec confiance soit à un ami, soit à une maîtresse, et de découvrir tout d'un coup que j'étais trompé, je ne puis rendre l'effet que cette découverte a produit sur moi qu'en la comparant a la poignée de main de la statue. C'est véritablement l'impression du marbre, comme si la réalité, dans toute sa mortelle froideur, me glaçait d'un baiser ; c'est le toucher de l'homme de pierre. Hélas 1 l'affreux convive a frappé plus d'une fois à ma porte, plus d'une fois nous avons soupe ensemble ! • Alfred de Musset.

— Allus. hiSt. Statue de Meuiuon. ' V.

Memnon.

— La statue de Nabuchodonoior. V. Na-

BUCHODONOSOR.

Statue merveilleuse (la), opéra-comique en trois actes, de Le Sage et d'Orneval (théâtre de la foire Saint-Laurent, 1720). Zéyn, roi de Cachemire, après une guerre glorieuse, revient dans ses Etats et consulte le vieux vizir Mobarec sur un songe extraordinaire dans lequel il a vu un vieillard lui annoncer que son palais renferme un trésor dont Mobarec peut lui donner connaissance. Ce trésor consiste en six statues de diamant et en un piédestal prêt & en recevoir une septième, plus précieuse encore, qui lui sera donnée si le roi peut offrir au vieillard une fille de ses Etats qui ait vingt ans, qui n'ait rien à se reprocher, et pour laquelle il ne ressente point d'amour. Mobarec évoque le vieillard. C'est Féridou, le roi des génies, qui vient Confirmer la promesse du vizir et qui apporte à Zéyn un miroir magique pour éprouver la sagesse des jeunes filles de son royaume. Celle qui pourra se regarder dans la glace sans la ternir par son haleine sera la seule digne du sort qu'on lui destine. Zéyn charge Arlequin et Pierrot, ses deux confidents, de publier cette nouvelle, de promettre 1,000 sequins d'or à qui amènera lajeune fille désirée et de faire subir à toutes celles qui se présenteront l'épreuve du miroir. Arlequin le tait d'abord sur sa maîtresse, Aminé, suivante de la sœur du roi ; sur deux Cachemiriennes, et même sur une troisième qui n'a pas encore treize ans; sur une paysanne des environs de Cachemire, et ensuite, aidé de Pierrot, sur toutes les filles de cette ville et de ses faubourgs. Toutes ternissent la glace. Cependant, il reste encore à éprouver Rézia, fille de Mobarec et élevée par lui avec un grand soin. Elle vient; le roi tente lui-même l'épreuve, et la glace reste dans toute sa netteté. Rézia est si belle que Zéyn ne peut s'empêcher de l'aimer et de regretter d'être forcé de la céder au génie qui vient la chercher. Celui-ci dit au roi d'aller voir la septième statue sur son piédestal. Zéyn obéit et est agréablement surpris en y trouvant Rézia que Féridon lui destinait pour épouse, au grand contentement du vizir. Arlequin s'unit aussi à Aminé, malgré la peu satisfaisante épreuve qu'elle a faite do la glace, et Pierrot fait sa femme de Zélis, autre suivante de la sœur du roi. Ce triple mariage est célébré par un divertissement que forme une troupe d'esclaves des deux sexes et qui termine la pièce. Cet opéra , tiré des Mille et une nuits, obtint un très-grand succès. Le stylo pétille de malice et à esprit, et les situations piquantes se succèdent avec une rapidité et une habileté peu communes. Pittenec, fils de Le Sage, la réduisit a un acte et la rit reparaître a. la foire Saint-Germain le 7 avril 1731, sous le titre du Miroir véridique, et Fleury, qui y fit encore quelques ehanrements, la donna au théâtre de l'Opéra-Comiqjie le 25 juillet 1752, sous le litre du Miroir magique. Enfin, elle a inspiré les auteurs du poème de la Statue, opéra en trois actes, musique de Reyer, représenté avec succès au Théâtre -Lyrique.

Statue (la) ou la Femme avare, Opéra-CO» inique en un acte, paroles d'Hoffmann, musique de Nicolo (Opéra-Comique , 25 avril 1802). Cet ouvrage est largement imité du précédent. Une femme avare a perdu son mari sans savoir où il a caché ses trésors. Elle gémit nuit et jour du secret que lui a gardé le défunt. Elle se plaint surtout de ce que son fils Alassan a recueilli chez lui un vizir disgracié, et sa fille Aminé, dont le jeune homme est amoureux. Alassan est protégé par le génie Mamouth, qui lui a donné une bague enchantée, à l'aide de laquelle il découvrira les immenses richesses enfouies par son père. Il éprouve en diverses occasions la vertu de sa bague ; mais le génie a mis une condition à la jouissance des trésors. Il faut qu'Alassan lui trouve une jeune fille innocente et chaste dont il puisse faire sa femme. Il lui a donné en conséquence un miroir magique, dont la glace reste pure lorsqu'elle rédécliH les traits de l'innocence, et se ternit devant celle qui a oublié un instant les lois de la pudeur. Alassan jure au génie d'obéir à sa volonté et s'adresse à un marchand qui lui amène une foule d'esclaves; mais le miroir se ternit plus ou moins lorsque chacune de ces femmes parait devant lui. Aminé s'avance et la glace reste pure. Le génie somme alors Alassan de remplir son serment; Alassan refuse. Le génie ordonne qu'on immole la mère du îeune homme. Celui-ci vole à la

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dfcfense de celle qui lui a donné le jour et laisse «nlever sa maîtresse. Tout à coup la scène change, et la demeure d'Alassan se transforme en un palais magnifique : au milieu est une statue ; c'est Atnine elle-même, que le ^énie rend à son amant pour récompenser sa vertu. Malgré tous les traits d'esprit dont le dialogue est semé, ce poème fut jugé sévèrement. II sembla basé sur une idée peu en rapport aveu le genre de l'opéracomique. En revanche, on trouva la musique de Nicolo agréable et souvent originale.

Statue (la), opéra-comique en trois actes et cinq tableaux, paroles de MM. Michel Carré et Jules Barbier, musique de M. Ernest Reyer ; représenté au Théâtre-Lyrique le 11 avril 1861. La couleur orientale du livret et l'originalité des situations convenaient parfaitement à la nature du talent de M. Reyer ; aussi est-ce son meilleur ouvrage. Admirateur passionné de Weber, il est souvent son imitateur; mais son propre fonds est riche eu idées élégantes, colorées et rhythmées avec un talent qui devient de jour en jour plus rare. Nous rappellerons particulièrement le chœur des voisins de Kaloum- Barouch, relui des musiciens et l'air de Sôlim. Les rôles ont été créés par Munjauza, Balanqué, Wartel, Gïrardot et M"» Baretti.

STATUER v. a. ou tr. (sta-tu-ê — lat. sta~ tuere, mot qui représente, selon Eichhoff, le grec statizeiu, l'allemand siatten, l'anglais to stay, le lithuanien stattau, le russe statu et le sanscrit slhas, fixer, placer). Ordonner, régler, déclarer avec autorité : L'assemblée n'A rien statue sur cet objet. Nous avons statué et ordonné. Le juge n'A rien statué sur ce chef, sur celte requête. (Acad.)

— Absol. : La question est pendante, les tribunaux statueront. La loi ne doit statuer que sur des événements à venir. (L. Pinel.)

STATUETTE s. f. (sta-tu-è-te — dimin. de statue). B.-arts. Petite statue :

On voit de tous cotés briller la statuette.

Angelot.

Sur un BOcle de plâtre 11» ont leurs statuettes.

VlENNET.

STATU QUO s. m. (sta-tu-ko — mots lat. qui signif. en l'état où....). Situation actuelle, état où sont actuellement les choses : Maintenir le statu quo. Le progrès, dans la justice théorique et pratique, est un état dont il ne nous est pas donné de sortir et de voir la fin ; nous sommes nés perfectibles, nous ne serons jamais parfaits .• la perfection, comme le statu quo, serait notre mort. (Proudh.)

— Dr. des gens. Statu quo ante bellum, Situation semblable à celle qui existait avant les hostilités, et qui est convenue ou proposée comme base des négociations ou des stipulations entre les belligérants.

— Loc. adv. In statu quo, Dans l'état où sont actuellement les choses: Laissons les choses in statu quo.

STATURE s. f. (sta-tu-re — lat. statura ; de staluere, établir, placer, mettre debout). Hauteur de la taille d'une personne ou d'un animal : Il est de grande stature, de moyenne stature. Il est d'une stature colossale. L'homme de courte stature a te pouls plus fréquent et plus rapide que les individus de haute taille. (Virey.) Vergniaud était de taille moyenne; sa stature robuste et carrée avait l'aplomb de la statue de l'orateur: an y sentait le lutteur tde paroles. (Lamart.) Lu stature du nègre est généralement au-dessus de la moyenne. (A. Maury.) En même temps que la statistique dénonce une augmentation de la vie moyenne, elle dénonce une diminution de stature. (Proudh.) Noua sommes a peu près de stature pareille.

A. ne Musset.

La nuit! ne craias-tu pas d'entrevoir la stature Du brigand dont un sabre a chargé Ja ceinture ?

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