V. Huao
On exposait une peinture
Où l'artisan avait tracé
Un lion d'immense stature
Par un seul homme terrassé.
La Fontaine.
. — Fig. Elévation morale : En haine des honneurs supérieurs, l'envie fait un élotje outré des petits talents, croyant àter ainsi à la statuRB du géant ce qu'elle ajoute à la taitte du nain. (Petit-Senu.)
— Syn. Stature, taille. Le mot stature ne s'applique ordinairement qu'à l'homme; il désigne proprement la hauteur de son corps quand il se tient debout, surtout lorsque cette hauteur dépasse la mesure ordinaire: Goliath, ce Philistin d'une stature énorme. (Bourd.j Taille se dit souvent de la hauteur du corps humain quand elle est petite ou moyenne, mais il se dit aussi par rapport aux animaux. Se plus, appliqué a l'homme, taitte peut renfermer dans sa signification non-seulement la hauteur, mais la grosseur et même la conformation générale du corps.
STATUT s. m. (sta-tu — lat. statutum; de statuere, statuer). LegUl. Loi. règlement, ordonnance : En vertu de ce statut, te pauvre fut spolié. (Montesq.) il Statut personnel, Loi, règlement qui, daus le droit international, établit directement et pnneipa eineutla capacité ou l'incapacité des personnes pour contracter. Il Statuts réels, Lois qui, dans le
STAT
droit international, ont principalement pour objet la manière de disposer de» biens ou de certaines espèces de biens. Il Statuts locaux, Statuts qui régissaient autrefois les diverses punies du territoire.
— Règle établie pour la conduite d'une compagnie, d'une communauté, d'un ordre, d'une association quelconque : Les statuts d'une confrérie. Les statuts des chevaliers du Saint-Esprit. Les statuts de l'Académie française, Faire des statuts. Dresser des statuts. Statuts synodaux. Les corps des métiers avaient des statuts.
— Hist. Constitution donnée au Piémont par Charles-Albert le 8 février 1848 : Le Statut est devenu la base de l'organisation poliligue de i'/la£î'e.l)Nom donné en Angleterre aux lois faites par le Parlement. Il Statut du sang, Nom donné par les dissidents d'Angleterre au bill de Henri VIII, plus connu sous le nom de Bill des six articles, il Statut d'Alextntdre, Loi par laquelle il était défendu au roi de Pologne de disposer des revenus de la couronne sans le consentement des Etats et de la diète,
— Comm. Ensemble des droits et obligations résultant de la réunion de plusieurs personnes en société civile et commerciale.
— Encycl. Législ. Le mot statut s'applique, en général, à toutes sortes de lois et règlement. Ainsi, chaque disposition d'une loi est un statut qui permet, ordonne ou défend quelque chose. Mais ce .mot est plus particulièrement employé dans les questions de droit international privé, pour désigner les lois des différentes nations qu'il s'agit d'appliquer soit quant aux personnes, soit quant aux biens; les mots statut réel, statut personnel sont alnrs synonymes de loi réelle, loi personnelle. « Les statuts personnels, dit Merlin, sont ceux qui ontprincipalement pour objet la personne et qui ne traitent des biens qu accessoirement. Tels sont ceux qui regardent la naissance, la légitimité, lu liberté, les droits de cité, la majorité, l'incapacité de s'obliger, de tester, d'ester en jugement, etc. Les statuts réels sont ceux qui ont pour objet principal les biens et qui ne parlent de la personne que relativement aux biens : tels sont ceux qui concernent les dispositions qu'on peut faire de ses biens, soit entre-vifs, soit par testament. » A la différence des statuts personnels, les statuts réels sont dépourvus de toute sanction au delà du territoire, clauduntur lerritoria; mais, d'autre part, ils obligent indistinctement tous ceux qui y résident; tous sont égaux devant la loi.
La disposition en vertu de laquelle les statuts personnels, c'est-à-dire ceux qui règlent' l'état et la capacité, suivent le Français partout où il se trouve, sans distinction de territoire, est éminemment sage. Ainsi, « il serait fâcheux, dit Dalioz, pour le commerce en général, qu'un individu considéré chez lui comme majeur redevînt mineur par cela seul qu'il aurait franchi la frontière et pénétré dans un pays où la minorité se prolonge plus que dans son pays natal ; il serait étrange de voir un individu considéré dans sou pays comme père de famille, ayant à ce titre des droits et des devoirs k exercer, perdre subitement cette qualité par cela seul qu'il quitterait momentanément sa patrie; il serait enfin k la fois bizarre et ridicule de reconnaître aujourd'hui en France, par exemple, la capacité d'une personne arrivée à tel âge et de la déclarer demain incapable parce qu'elle se trouverait seulement à quelques lieues de la France, où elle rentrera aprèsdemain peut-être. » Mais nous devons remarquer que, si cette disposition, en vertu de laquelle les statuts personnels suivent le Français partout où il va, est obligatoire pour nos tribunaux, elle ne saurait l'être pour les tribunaux étrangers sur le territoire desquels la capacité des personnes serait régie d'une manière différente. Néanmoins, comme chaque nation a voulu que ses sujets fussent régis par leurs statuts personnels, il est généralement admis que chacune d'elles tolère que l'étranger résidant sur son territoire soit régi par le statut personnel de son pays. C'est ainsi que nous trouvons clans le code civil autrichien ; ■ La capacité personnelle des étrangers aux actes de la vie civile doit, en général, être jugée par les lois auxquelles . l'étranger est soumis, soit comme étant celles du lieu de son domicile, soit, lorsqu'il n'a pas de domicile, parce qu'il se trouve par sa naissance sujet du pays régi par ces lois, k moins que la loi n'en ait autrement ordonné dans des cas particuliers. » L'après le code général de Prusse, la qualité et la capacité personnelles d'un individu sont également jugées d'après les lois de la juridiction dans le res-ort de laquelle son domicile réel se trouve. A Berne, la capacité personnelle des étrangers est aussi jugée d après les lois de leurs paui.is respectives. Le code du canton de Fribourg, celui du canton d'Argovie et le code bavarois admettent les mêmes dispositions. La jurisprudence anglaise et celle des Etats-Unis reconnaissent encore cette règle.
— Statut local. On appelait autrefois statuts locaux ceux qui régissaient les diverses parties du territoire. Ils sont aujourd'hui tombés en désuétude; néanmoins, dans les circonstances où les lois s'en réfèrent aux usages (l'une contrée, les statuts locaux sont encore suivis.
En droit commercial, le mot statut sert à
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désigner l'ensemble des droits et obligations résultant de la réunion de plusieurs personnes qui forment une société.
Il sert très-souvent encore k désigner l'ensemble des règles imposées k une compagnie, à une communauté,
— Hist. On donne aussi le nom de statut k la charte constitutionnelle qui fut accordée au Piémont par Charles-Albert et qui depuis 1860 régit le royaume d'Italie. V. Italie (t. IX, p. 827).
— Statuts d'Oxford. V. Oxford.) STATUTAIRE adj. (sta-tu-tè-re — rad.
statut). Qui a le caractère ou la valeur d'un statut : Décision statutaire.
STATUTAIREMENT adv. (sta-tu-tè-reman — rad. statutaire). Conformément aux statuts : Difficulté statutairement résolue.
STATYRE s. f. (sta-ti-re). Entom. Genre d'insectes coléoptères hètéromères, de la famille des trachélides, tribu des lagriaires, comprenant une trentaine d'espèces, toutes américaines, sauf trois, qui vivent à Madagascar.
STATZ (Vincent), architecte contemporain allemand. Pendant les récentes réparations faites k la cathédrale de Cologne, il s'éleva du rjmg de maître maçon à celui d'architecte de premier ordre et sut se faire apprécier à tel point, qu'on lui contia dans l'espace de vingt années lu construction d'environ 60 églises en style gothique, dontà peu près 40 dans le seul archevêché de Cologne. Outre cela, il construisit de nombreux châteaux et villas, fit des plans d'églises et dessina des modèles de peintures sur verre, tapis, ornements d'église, etc. Il a fait paraître, en outre, des projets d'églises en 70 planches, toujours en style gothique pur. En 1863, il fut nommé architecte de l'archevêché de Cologne. Un de ses derniers ouvrages est l'église de Linz.
STÀUDEMHAIER (François-Antoine), théologien et philosophe allemand, né à Dunzdorf (Wurtemberg) en 1800, mort à Fribourg-en- Brisgau en 1856. Après avoir étudié à l'université de Tubingue, il exerça le vicariat à Eilvangen et k Heilbronn, devint professeur titulaire à Giessen, puis alla enseigner à Fribourg. On lui doit : Histoire des élections épiscopales (Tubingue, 1830) ; Encyclopédie des sciences ihéologiques (Mayence, 1834) ; Esprit du christianisme (Giessen, 1837); Philosophie du christianisme (Mayence, 1840, 1 vol.); Exposé et critique de la philosophie hégélienne (Mayence, 1844) ; Dogmatique chrétienne (Fribourg, 1844, 4 vol.); le Protestantisme dans son essence et dans son développement (Fribourg, 1846, 1 vol.); Questions fondamentales du temps présent (Fribourg, 1850), etc.
STAUDIGL (Ulric), théologien allemand, né en 1644, mort en 1720. Il étudia la philosophie k Dillingen, puis entra chez les bénédictins et se fit recevoir ensuite docteur en médecine et docteur en théologie. Son principal ouvrage a pour litre : Omnium scientiarum et artium organon universale, seu logica practica (Rome, 1686, iii-8").
STAOFEN, petite ville du grand-duché de Bade, dans le cercle du haut Rhin, bailliage et k n k'uom. S.-O. de Fribourg; 2,000 hab. Tanneries, récolte de vins estimés. Près de là sont les ruines du château de Staufen, berceau de la dynastie des Hohenstaufen.
STAUFFACHER, un des trois libérateurs de la Suisse, avec Furst et Arnold de Melchthal, V. Mklchthal (Arnold de).
STAUNTON (sir George-Léonard), voyageur et diplomate anglais, né à Galway (Irlande) en 1737, mort en 1801. Après avoir étudié la médecine à Montpellier, il s'adonna quelque temps k la littérature, k Londres, partit en 1762, en qualité de médecin, pour les Indes occidentales et y acquit l'amitié de lord Macartney, gouverneur de l'Ile de Grenade , qui le prit pour secrétaire et qui , ayant été nommé gouverneur de Madras, l'emmena avec lui dans les Indes orientales. Chargé k diverses reprises de missions importantes, Staunton contribua k la conclusion d'un traité de puis avec Tippoo-Safib en 1784 et reçut â cette occasion le titre de baronnet, avec une pension annuelle de 500 livres sterling que lui accorda la compagnie des Indes. Revenu en 1785 dans sa patrie, il accompagna de 1792 à 1794, comme secrétaire de légation, la célèbre ambassade de lord Macartney en Chine. De retour en Angleterre, il publia, d'après les papiers de Macartney, d'après ses propres observations et d'après le journal de bord de sir E. Gower, commandant naval de l'expédition, la Relation authentique d'une ambassade du roi de la Grande-Bretagne à l'empereur de la Chine (Londres, 1797, 2 vol., avec cartes et planches). Il mourut quatre ans plus tard et fut enterré à l'abbaye de Westminster, où l'on voit encore aujourd'hui son tombeau. De Candolle a donné, en son honneur, a une plante le nom de stauntonia.
STAUNTON (sir George-Thomas), voyageur et orientaliste anglais, fils du précédent, né k Salisbury en 1781, mort en 1859. A l'âge de onze ans, il suivit son père en Chine, fit, à son retour, ses études k l'université de Cambridge et, en 1799, fut attaché à la factorerie de la compagnie des Indes orientales k Canton. Il devint successivement secrétaire et président du comité de
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la factorerie et fut adjoint, en qualité de commissaire royal, à lord Amherst, envoyé en ambassade k Pékin. Sa connaissance profonde de la langue et du caractère des Chinois lui permit de rendre d'importants services dans les -négociations avec les représentants du Fils du ciel, et il apaisa k différentes reprises de violentes querelles entre les Anglais et les Chinois. En 1817, il quitta définitivement la Chine et entra en 1818 au Parlement anglais, dont il fit partie, à quelques interruptions près, jusqu'en 1852, époque k laquelle il se retira de la vie publique. Il a considérablement contribué k agrandir le cercle des notions que l'on possédait sur la littérature chinoise, par ses traductions du Code criminel de {'empire chinois (Londres, • 1810 ; traduction française, avec remarques, par F. Renouard de Sainte-Croix, Paris, 1812, 2 vol.) et du Récit de l'ambassade chinoise au kan des Tartares Tourgovth pendant les années 1712, 1713, 1714 et 1715 (Londres, 1821). On lui doit encore : des Notices diverses relatives à la Chine et aux relations commerciales de la Grande-Bretagne avec cette contrée, suivies de quelques traductions du chinois (Londres, 1822); une biographie de son père (Londres, 1823); une édition, publiée aux frais de la Société d'Haktuyt, de la traduction faite .en 1588, par Parke, de l'ouvrage de Mendoza intitulé : Histoire du grand et puissant royaume de Chine (Londres, 1853), et un journal de voyage sur l'ambassade de lord Amherst, tiré seulement k un petit nombre d'exemplaires pour ses amis. La brochure en langue chinoise qu'il écrivit sur la vaccination eut pour résultat de propager en Chine l'usage de ce procédé de médeciue préventive.
STAUNTON (Howard), littérateur anglais, né en 1810, mort k Londres en 1874. Lorsqu'il eut terminé ses études k Oxford, il alla se fixer k Londres, écrivit dans les journaux et s'occupa de divers travaux littéraires. S'étant passionné pour le jeu d'échecs, il en lit une étude toute particulière, devint d'une grande force et, lorsque, en 1843, Saint-Amant, qui s'intitulait « le champion de l'Europe, » porta à Paris un défi k tous les joueurs d'échecs, Staunton entra en lice, battit son redoutable adversaire et acquit la réputation du plus habile joueur de l'Angleterre. Il a publié sur son jeu favori plusieurs écrits estimés : Vade-mecum du joueur d'échecs (1842); Guide du joueur d'échecs (1842): Manuel du joueur d'échecs (1S47); Tournoi d échecs (1852); Supplément au manuel (1860), etc. Comme littérateur, on lui doit une édition estimée de Shakspeare, avec des illustrations, et les Grandes écoles d'Angleterre (1865).
STAUNTONIE s. f. (stônn-to-nl — de Staunton , voyag. angl.). Bot. Genre d'arbustes grimpants, rapporté, suivant les divers auteurs, k la iainilie des lardizabalées ou k celle des ménispermées, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent en Chine et au Népaul.
STAUPITZ (Jean), vicaire général des augustins en Allemagne, doyen de la faculté de théologie de Wittemberg, né en Misnie à la fin du xve siècle, mort k Salzbourg en 1527. Ce fut lui, en quelque sorte, qui provoqua le mouvement de la Réforme en appelant Luther d'Erfurt et en lui confiant /importante mission de défendre son ordre contre les dominicains. Au reste, il ne suivit point le réformateur dans les voies où il s'engagea. Il se retira k Salzbourg et devint abbé du couvent de Saint-Pierre de cette ville , où il termina son existence. On a de lui : De amore Dei (Leipzig, 1518, in-4°) et De sancta fide chrisiiana.
STAURACANTHE s. m. (stô-ra-kan-te — du gr. siauros, croix ; akantha, épine). Bot. Genre d'arbustes épineux, de la famille des légumineuses, tribu des lotées, voisin des ajoncs, et dont l'espèce type croît en Portugal.
STAURANTHÈRE s. f. (stô-ran-tè-re — du gr. stauros, croix, et de anthère). Bot. Genre de plantes, de la famille des gesnéracées, dont l'espèce type croît dans l'Inde.
STAURASTRE s. m. (stô-ra-stre — du gr, siauros, croix; aslér , étoile). Bot. Genre d'algues, du groupe des desmidiées, comprenant une cinquantaine d'espèces, qui habitent les eaux douces : Les staukastres présentent des corpuscules géminés. (Brébisson.)
STAURIDIE s. f. (stô-ri-di — du gr. siauros, croix; eidos, aspect). Zool. Genre de polypes bydraires, qui constitue un état particulier des cladonèmes , genre d'acaléphes médusaires : La stauridie a une tige trèsmince, diaphane. (Dujardin.)
— Bot, Genre d'algues microscopiques, du groupe des desmidiées.
STAURIDION s. m, (stô-ri-di-on). Bot.
Syn. STAURIDIE.
STAUROBARYTE s. m. (stô-ro-ba-ri-te — du gr. stauros, croix, et de baryte). Miner. Harinotome barytique.
STAUROCARPE s. m. (stô-ro-kar-pe — du gr. stauros, croix; karpos, fruit). Bot. Syn. de staurospekme, genre d'algues.
STAUROGYNE s. m. (stô-ro-ji-ne — du gr, stauros, croix ; yuné, femelle). Bot. Genre de plantes de la fauflUe des acaulhacées, dont l'espèce type croît dans l'Inde,
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STAUROLÂTRE s. m. (stô-ro-lâ-tre — du gr. stauros, croix; latria, culte). Hist. relig. Adorateur de la croix,' celui -.ni rend à la croix un culte idolâtrique. Il Membre d'une ancienne secte d'Arménie qui ue voulait pas adorer d'autre image que la croix.
STAUROLÂTRIE s. f. (stô-ro-lâ-trî — rad. staurolâtre). Relig. Culte idolâtrique rendu k la croix.
STAUROLITHE s. m. (stô-ro-li-te — du gr. stauros, croix; liihos, pierre). Miner. Nom donné à l'harmotome et k la slau.rotide.
STAURONÉIDE s. f. (stôro-né-i-de — du
gr. stauros , croix; naus , nacelle; idea , forme). Bot. Genre d'algues, de la tribu des . diatomées ou bacillariées, formé aux dépens des navicules, et comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent les eaux douces de l'Europe et de l'Amérique.
STAUROFE s. m. (stô-ro-pe — du gr.
stauros, croix; ops, œil). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des notodontides,dont l'espèce type habite l'Allemagne.
STAUROPHALLE s. m. (stô-ro-fa-le — du gr. stauros, croix; phallos , phallus). Bot. Genre de champignons.
STAUftOPHORE s. m. (sto-ro-fo-re — du gr. staurophoros ; de stauros, croix, gibet, et de phoros, qui porte). Ane. liturg. Porte-croix.
— Acal. Genre d'acaléphes médusaires, du groupe des bérénices , dont l'espèce type habite l'océan Pacifique septentrional.
— Encycl. Ane. liturg. L'usage de porter les croix était déjà en vigueur au ive siècle, témoin la vie de saint Porphyrius, évéque de Gaza, dont la traduction latine p;tr Hervet est insérée au 26 février dans la collection des bollandistes. Lors de l'élection de saint Chrysostome au siège de Constantinople en 398, comme les ariens, privés d'églises
ftar Théodose , se rassemblaient dans les ieux publics et parcouraient la ville en se moquant des catholiques et de la foi de Nicée, saint Chrysostome crut devoir repondre k la démonstration de ceux-ci pur une procession en tête de laquelle marchaient des staurophores portant des croix avec des flambeaux allumés. L'historien Sozomène nous a conservé ce détail. Les Pères du cinquième concile, dans leurs décrets contre les acéphales et les sévériens, et en outre ceux du deuxième concile de-Nicée, érigèrent en loi la discipline, libre jusque-là, de faire porter dans les processions, en tête des fidèles, la croix, « comme l'étendard de la réparation du monde. ■ Les croix ainsi portées n'étaient point, comme l'usage s'en est établi plus tard, fixées k de longues hampes; elles n'avaient aucun support. C'est ce qu'on peut voir dans le méiiologe de saint Basile , au 28 octobre et au 26 janvier, où sont représentées des processions qui avaient eu lieu en mémoire de deux tremblements de terre, arrivés l'un sous le règne de Théodose le Jeune, l'autre sous celui de Justinien.
Souvent des flambeaux étaient fixés aux bras de la croix, et nous apprenons de Socrate (Hist. ecciés., vi, 8) qu'il en était aiDsi dans la procession organisée parles soins de Chrysostome contre Tes ariens. • Les croix . d'argent, dit l'historien, imaginées par Jean, devant être portées dans des supplications nocturnes, étaient munies de cierges allumés, fournis par l'impératrice Eudoxie. • On peut se faire une kiée de ces croix avec flambeaux par une belle croix gemmée et fleurie qui est peinte k fresque dans une crypte du cimetière de Pontien et dont la traverse supporte deux cierges allumés.
Nous n'avons parle que de l'Eglise orientale; mais il est a présumer que le rit dont il est ici question était observé k Rome à peu près k la même époque. M. de Rossi a fait connaître un fragment d'inscription du commencement du v<= siècle, qui semble en établir la preuve. C'est l'épitaphe d'un stauropltore nommé Jean, selon une restitution probable : Locus loannis stauroforis. .. Il paraît cependant qu'à Rome le nom de draconarius était plus communément donné au porte-croix.
Ces croix processionnelles sont plus communément appelées stationnales. Charlemagne, après son couronnement, avait fait don a la basilique du Sauveur d'une croix de ce genre, tout enrichie de pierreries, et qu'il destina expressément k être .portée dans les litanies publiques.
Le titre de stationnale est affecté d'une manière positive a la croix de saint Pierre qui était portée par le sous-diacre regmnnaire en tête de la procession qui se dirigeait vers les stations. Elle est désignée par ces mots : Crux stalionulis sancti Pétri, dans l'ordre romain de Benoît, chanoine de la basilique Vaticane. Ciumpini donne plusieurs croix stationnales dans le second volume de son ouvrage : Vêlera monumenta. Alais aucun monument de ce genre n'égale en intérêt celle du Vatican et cède de Velietri, dont le cardinal Etienne tîorgia a longuement parié dans des ouvrages spéciaux.
STAUROPHRAGME s. m. (stô-ro-fra gme — du sr. staurus, uroix ; phrugma, cloison). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu des verbaseôes, dont l'espèce type habite la Natolie.
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STAUROPHYLAX s. m. (stô-ro-fl-lakss — gr. staurophulax ; de stauros, croix, et de phulax, gardien). Hist. ecclés. Dignitaire ecclésiastique, qui était préposé à la garde du bois de la croix qu'on conservait dans l'église de la Résurrection, k Jérusalem, et qui passait pour avoir servi au supplice de Jéa us.
STAUROPHYLLE adj. (stô-ro - fl-le — du gr. stauros, croix ; phullon, feuille). Bot. Qui a les feuilles opposées en crois.
STAUROPTÈRE adj. (stô-ro-ptè-re — du gr. stauros, croix; pteron, aile). Entom. Qui a les ailes marquées d'une croix.
— Bot. Genre d'algues, de la tribu des diatomées ou baeillariées, voisin des navienles, réuni par plusieurs auteurs aux stauronéides, et renfermant une trentaine d'espèces, la plupart habitant les eaux douces et quelques-unes fossiles.
STAUROSOME s. m. (stô-ro-so-rae — du r. stauros, croix ; soma, corps). Crust. Genre e crustacés purasites.
STAUROSPERME s. m. (stô-ro-spèr-me — du gr. stauros, cruix; sperma, graine). Bot. Genre d'algue», de la tribu (les conjuguées ou zygnémées, formé aux dépens des mongeoties, et comprenant un petit nombre d'espèces, qui presque toutes habitent l'Europe : Les STAUROSPKHME8 vivent dans les eaux douces. (Brebisson.) q Syn. de mitracarpe, genre de rubiacées.
STAUROTIDE s. f. (stô-ro-ti - de — du gr. stauros, croix). Miner. Silicate d'alumine qui se présente ordinairement en cristaux prismatiques affectant la forme d'une croix. Il On l'appelle vulgairement pikrrb diî croix.
— Encycl. La staurotide ■ a pour formule minérulogique A\%Sfi. Elle est presque toujours associée au disthène, chaque cristal de ce dernier étant en quelque sorte doublé dans certains gisements d'un cristal de staurotide, accolé à lui daus toute sa longueur. Ltustmtrotide est toujours cristallisée en prisme rhomboldal droit; au chalumeau, elle est, in fusible; les variétés foncées, a la flamme réductrice, se fritlent, noircissent et deviennent parfois auirables nu barreau aimanté. Avec le borax, on a, à un moindre degré, les réactions du fer : a, la flamme extérieure, une perle jaunâtre k chaud, incolore à froid; à la flamme intérieure, une perle verte, dont la nuance pâlit par refroidissement. La staurotide possède un clivage ; sa cassure est concholdale et inégale, quelquefois un peu lamelleuse; sa dureté est très-grande, elle raye le quartz. Elle a généralement une couleur brun rouge foncé; elle e»t opaque, quelquefois transparente en petits Iragments.
Cette substance présente un dichroïsme remarquable; les variétés brunes, transparentes, paraissent d'un rouge de sang par transmission. La staurotide, lorsqu'elle est isolée, offre presque toujours des macles , formées par l'accolement de deux cristaux qui sont disposés en forme de croix ; d'où le nom de pierre de croix; tantôt les cristaux sont accolés sous un angle presque droit , tantôt la macle est oblique.
La staurotide, même dans les cristaux qui sont les plus simples, est pour ainsi dire toujours maclee. Elle est, en général, facile à • reconnaître à ses macles, à sa couleur et, dans les cas de cristaux simples, à son association ou à son accotement avec des cristaux de disthène.
La staurotide, surtout la variété maclée et formant une croix assez régulière, a été l'objet de quelques superstitions; on lui a attribué des vertus merveilleuses; elle a été préconisée contre bien des maux. En Espagne, les joailliers l'enchâssaient dans l'or ou l'argent et en faisaient des amulettes que les dévots portaient précieusement sur eux. Les pèlerins qui revenaient de ce pays en faisaient uuM$i le commerce.
STAUROTIQCJE adj. (stô-ro-ti-ke — rad.
Staurotide). Miner. Qui contient des cristaux disséminés de staurotide.
STAUROTYPE s. m. (stô-ro-ti-pe — du gr. stauros, croix ; tupos, image). Ecpét. Genre de reptiles chélouiens, de la famille des élodites, tribu des cryptodères, voisin des émydes, et comprenant deux espèces qui habitent les marais et les fleuves de l'Amérique du nord.
STACTON, ville des Etats-Unis d'Amérique dans l'Etat de Virginie, à 160 kiloiu. S.-O. de Washington,'sui le chemin de fer central de la Virginie; 3,709 hab.
STACTON, rivière des Etats-Unis d'Amérique. Elle prend sasource dans la partie méridionale de l'Etat de la Virginie, aux monts Alleghany, coule à l'E. et ensuite au S.-E., et se jette dans ia rivière de Dan, àClarks, après un cours sinueux et rapide de S55 kilom,
STAVANGER, ville maritime de la Norvège, cbef-lieu de l'amt ou bailliage de son nom, dans le diocèse de Christiansand.au fond d'une petite anse de la côte S. du golfe de Bukke ou Bukkefiord, formé par la mer du Nord, à 577 kilom. S.-O. de Christiania, par58o 58' de latit. N., 30 36' de lungit. E.; 12,000 hab. Bon port; chantiers de construction; pèche et commerce de harengs. Belle cathédrale. Agents consulaires de France et d'Angleterre. Les importations du port de Stavanger consistent
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principalement en céréales de Prusse , de Russie, de Suède et de Danemark; en sel, chanvre, huiles, cordages, riz, sucre raffiné, vins et spiritueux. Stavanger étant une ville riche, où les besoins du luxe se font sentir, les vins, les soieries, les draps de France et les articles de Paris y ont obtenu une faveur croissante. La valeur totale des importations est évaluée annuellement à 4 millions et demi.
STAVANGER (amt de), division administrative de la Norvège, comprise entre l'amt de Sud-Bergenhuus au N., ceux de Nœdeness et de Lister-Mandal à l'E., la mer du Nord au S. et à l'O. Superficie, 903,875 hectares; 92,000 hab.
STAVELEV (Thomas), théologien anglais, né à Cussington, comté de I.eicester, mort* en 1683. Après avoir fait ses humanités à Cambridge, il se fit recevoir avocat, puis il devint conservateur des archives du Leicester et, vers la fin de sa carrière, se retira a Belgrave, où il s'adonna aux études historiques. Ses principaux écrits sont : Romish Èorseleech (1674) ; Histoire des Eglises d'Angleterre (1712).
STAVELOT, en latin Stabulum, en flamand Stablo, ville de Belgique, province et à 36 kilom. S.-E. de Liège, sur l'Amblève, entre des montagnes arides et couvertes .de bruyères ; 4,375 hab. Eaux minérales; tanneries importantes; fabriques de colle-forte, de draps, de finettes et de crayons ; ardoises. Elle doit son origine h un monastère fondé en 631 par Sigebert II, roi d'Austrasie; dans la suite, l'aubé fut prince du .saint empire et souverain de la ville de Stavelot. Aux environs, belle cascade du Grand-Coo, formée par la Salm.
STAVELOT (Jean de), chroniqueur belge, né à Stavelot en 1388, mort à Siiint-Laurent, près de Liège, en 1449. Il appartenait à l'ordre de Saint-Benoit et il a laissé une Chronique, publiée pour la première fois à Bruxelles (1861, in-4<>).
STAVOREN, ville de Hollande, province de Frise, en hollandais Staveren ; 580 hab. Stavoren, aujourd'hui simple village, eut jadis toute l'importance d'une grande ville industrielle et commerçante. Ancienne capitale des rois frisons (elle conserva ce titre jus-
?u'en 1119), Stavoren tire sou nom du dieu rison Stavo, idole païenne dont le culte était exclusif dans la province avant l'introduction du christianisme. L'Evangile y fut apporté par saint Odulphe dès 830. Au xne siècle, la ville était devenue florissante et cette prospérité, due principalement & l'excellence île son port, ne fit que s'accroître. Les navigateurs partis de Stavoren entretenaient avec les autres contrées d'Europe un commerce actif, et un instant la ville passa pour une des plus riches du Nord : son luxe était proverbial. Le subit ensablement du port de Stavoren arrêta tout à coup brusquement l'essor de cette prospérité, de cette richesse grandissante. Cet ensablement, qui remonte, suivant toute probabilité, au xiv° siècle, a sa légende. M. du Pays la résume en ces termes : « Une veuve, puissamment riche, ayant un jour frété un navire pour Uantzig, ordonna au capitaine de lui rapporter, en échange de ses marchandises, ce qu'il trouverait de plus précieux. Le capitaine, arrivé à sa destination, ne trouvant rien de plus précieux que du froment, en chargea son navire et revint à Stavoren. La veuve, trompée dans son attente, ordonna par dépit de jeter tout ce blé dans la mer à l'entrée du port, et cet amas de blé, que vint recouvrir le sable, finit par intercepter l'entrée du port. ■ C'est pour cela que le Dune de sable qui obstrue aujourd'hui encore le port de Stavoren porte le nom de Wrouwensand, sable de la dame. C'est avec la plus grande difficulté que les navires marchands parviennent à tourner ce banc de sable, sur lequel un grand nombre sont déjà venus échouer. On a essayé de parer à ce danger par la création d'un môle ; cette mesure n'a pas produit les résultats qu'on en attendait. En 1825, une tempête, qui a fait époque dans les sinistres maritimes, a détruit un grand nombre de maisons de Stavoren. Aujourd'hui, l'ancienne cité des rois frisons, l'ancienne capiuile de la province, entourée de marais, ne conserve plus de sa grandeur passée que des débris de murailles et de bastions.
STAWURSR1 (Ignace-François), jurisconsulte polonais, né en 1776, mort en 1835. De 1798 k 1806, il fut traducteur de la chambre militaire économique de Varsovie, exerça ensuite la profession d'avocat près la cour d'appel du grund-duché de Varsovie, fut élu député aux diètes de 1809 à 1812 et, à dater de 1821, vécut dans la retraite, uniquement occupé de travaux littéraires. On a de lui : Voie pour connaître l'ordre et la marche des intérêts publics dans le royaume de Prusse (Varsovie, 1805, iu-8°) ; Constitution générale judiciaire pour tes Etats de Prusse (Varsovie, 1807-1809, 2 vol.); le Dr il criminel prussien (Varsovie, 1811-1813, 2 vol.); Pensées d'un député sur l'acte de confédération générale (Varsovie, 1812); Inventaire du code civil français; Du besoin ''élaborer un code de commerce (Var.-uvie. 1809); Par quoi et comment se montre la volonté universelle (Varsovie, 1830) ; Lettre sur les gentilshommes et tes serfs (Varsovie, 1831), etc. Il avait, en outre, traduit en polonais : l'Ami des hommes
STEA
I de Gellert, les Aventures de Télémaque, Catilina ou Rome sauvée de Voltaire, etc.
STAY (Benoit), poète latin, né à Raguse en 1714, mort le 25 février 1801. S'étimt fait connaître par un poème philosophique, imité de Lucrèce quant k la forme, et dans lequel il exposait le système de Descartes, il vint à Rome, où il obtint, grâce à la protection du cardinal Valenti, secrétaire d Etat de Benoît XIV, une chaire d'éloquence et d'histoire au collège de la Sapience. Il fut ensuite appelé au Vatican en qualité de secrétaire des lettres latines. Sous Clément XIV, il fut placé à la tète de la secrétairerie des brefs pour les princes et reçut les titres de chanoine de Sainte-Marie-Majeure, de prélat domestique, de consulteur de V Index et de dataire de la pêniteiicerie. On a de lui des discours latins et deux poèmes latins : Philosophie (de Descartes) versibus traditiB libri VI (Venise, 1744, in-80*, réimprimé à Rome et à Venise); PhitosophiB recenlioris (de Newton) versibus traditx libri X, cum adnotationibus et supplemeniis liog. Boscovich (Rome, in-8», t. 1, 1755; t. II, 1760; t. III, 1792; 2" édition, 1792). Il était ridicule, au xviit<; siècle, de traiter des sujets de philosophie moderne en vers latins. Cette innocente distraction est réservée aujourd'hui aux collégiens et aux pédants. N'oublions pas d'ajouter cependant que Stay, dont le nom est profondément inconnu de nos jours, a quelques admirateurs frénétiques. A l'un d'eux, collaborateur rie la Biographie générale de Miehaud,«il semble que Stay n'est pas au-dessous de Lucrèce comme poète et lui est supérieur comme philosophe. »
STEAMBOAT ou STEAM - BOAT s. m.
(stimm-bétt — de l'angl. sleam, vapeur ; boat, bateau). Mar. Bateau à vapeur : Il comptait devenir propriétaire et capitaine d'un des stbamboats du Mississipi. (Ph. Chasles.) Les Américains semblent avuir été prédestinés à ne se servir que de steam-boats et de chemins de fer. (X. Eyma.)
STEAMER s. m. (sti-meur — mot angl. dérivé de steam, vapeur). Mar. Navire à vapeur : Les compagnies anglaises, par le nombre de leurs steamers, laissent loin derrière elles tout ce qui a été tenté en France. (Proudh.)
STÉARATE s. m. (stê-a-ra-te — du gr.
stear, graisse (v. stéarine). Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide stéarique avec une base.
— Encycl. L'acide stéarique se dissout k froid dans les solutions des carbonates alcalins, en formant probablement un stéarate et un bicarbonate alcalin; il ne chasse point en effet l'acide carbonique de cette solution audessous de la température de 10o°. D'un autre côté, les stéarates sont décomposés par presque tous le3 acides. A chaud, l'acide stéarique se sépare sous la forme d'une huile qui gugne la surface du liquide. Les stéarates ont la consistance de savons durs et d'em-
? litres, fresque tous sont insolubles dans eau. L'acide stéarique étant monoatomique et monobasique, la formule générale de ses sels est C^H^M'Oîou (C'i8HS5o2^M". Toutefois, il forme aussi des sels acides analogues aux biacetates, vraies combinaisons moléculaires, qui résultent de l'union d'une molécule d'acide libre avec une molécule de sel neutre, d'après la formule