‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 665 sur 1059 · C18H5SM'0«, C1SH · texte numérisé non relu

C18H5SM'0«, C1SH

— Stéaratb d'ammonium. L'acide stéarique, soit à l'état solide, soit a l'état de fusion, absorbe le gaz ammoniac sans éliminer d'eau. La quantité d'ammoniaque absorbée s'élève à 6,68 parties par 100 parties d'acide (l molécule = 5,9). Le composé ainsi produit est solide, blanc, inodore et présente une saveur alcaline. On peut le sublimer dans le vide. Il perd alors son ammoniaque, mais l'absorbe de nouveau en se refroidissant. Chauffe dans un vase qui renferme de l'air, il répand de l'ammoniaque et de l'eau et donne un sublimé de sel acide mêlé d'une huile empyreuuiatique. Le sel neutre, à l'abri de l'air, se dissout dans l'eau chaude, surtout dans l'eau ammoniacale, et la solution, en se refroidissant, laisse déposer le »el en lamelles nacrées. La solution de l'acide stéarique dans l'ammoniaque aqueuse étendue et chaude laisse déposer de pelilesaiguilles par le refroidissement. Chauffée pendant quelque temps, lasolution de ce sulse truuble et ne redevient pas limpide par une nouvelle aild.tkin d'ammoniaque. Les aiguilles se dissolvent dans l'alcool et dans l'éther.

— Stéarate d'argent C'8HS8AgO*. On l'obtient en ajoutant une solution de 20 grammes de stéarate de sodium dans 150-200 grammes d'alcool concentré à une solution également alcoolique de 12à 13 grammes d'azotate d'argent pesant aussi 150-200 grammes. C'est un précipité amorphe, très-lâche, qui devient fortement électrique par le frottement. Exposé à la lumière à l'état humide, ce sel devient pourpre ; mais la lumière ne l'altère pas lorsqu il est tout à fait sec. Il est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther ; l'ammoniaque le dissout, au contraire, avec facilité.

— Stéarates du potassium, a. Stéarate neutre C18HÏSKO*. Lorsqu'on dissout 1 partie d'acide stéarique et 1 partie d'hydrate potassique dans 10 parties d'eau chaude et qu'on laisse refroidir la liqueur, le stéarate neutre de potassium se dépose en granules blancs et

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opaques. On peut le purifier en Vexpriinnntb la presse et en le dissolvant ensuite dans 18 parties d'alcool de 0,821 do densité. Il se sépare des aiguilles qu'on recueille et qu'on lave à l'alcool froid. Suivant lleimz, toutefois, on préparerait plus aisément ce sel en versant une solution alcoolique bouillante d'acide stéarique dans une solution aqueuse également bouillante de carbonate de potassium en excès. On évapore le liquide a siecité, on épuise le résidu par l'alcool absolu bouillant et on laisse refroidir la solution afin que le sel cristallise. Celui-ci forme de dé.hrsites aiguilles brillantes, des écailles ou* des lames qui s'agrègfnt en un savon dur. Il possède une saveur alcaline faible. A l'uir suture d'humidité, il absorbe — de son poids d'eau.

1 partie du sel et 10 parties d'eau froide forment une gomme opaque , qui fond à 99° et qui se prend en une gounne nacrée

fiar le refroidissement. 25 partiea d'eau buuiN ante dissolvent, au contraire, complètement ce sel, en formant un liquide encore limpide à 920 qui se prend en une masse nacrée par le refroidissement.

Lit solution de 1 partie de stéarate de potassium dans 100 parties d'eau chaude luisse déposer, par le refroidissement, un mélange de sel neutre et de sel acide, et le quart du potassium reste dans la liqueur à l'étui d'hydrate. Lorsqu'on ujciute 1,000 parties d'eau bouillante ou 5,000 parties d'eau froide à une solution du sel dans l'ak-oul ou dans 20 fois son poids d'eau bouillante, tout l'acide stéarique se dépose k l'état de sel acide et lu moitié du métal demeure dans la liqueur h l'état "d'hydrate de potassium. De même, le sel neutre, traité directement par 5,000 parties d'eau froide, abandonne directement à cette eau la moitié de son potassium à l'état d'hydrate et * se convertit en sel acide, mais alors sous forme de masse gotnmeuse. Dans ce cas , l'eau alcaline retient une trace d'acide stéarique en solution. Le stéarate neutre potassique se dissout à 10» dans 231 parties d'alcool do 0,794 de densité, et dans 10 parties du même liquide à 66°. Cette dernière solution se trouble à 54° et se solidifie à 38". Le sel se dissout enfin dans 6,7 parties d'alcool bouillant de 0,794 de densité, eu formant un liquide qui se gelatinise par le refroidissement. Le mélunge d'étlier et d'alcool le dissout ; il y cristallise même. L'éther bouillant soustrait du sel neutre une certaine quantité d'acide stéarique et laisse un sel plus riche en potasse. Son action est inverse de celle de l'eau.

p. Sel acide Cl8H3ïKO*,G«SHS60*. On l'obtient en décomposant le sel neutre par mille fois son poids d'eau bouillante ou par cinq mille fois son poids u'eau froide. Exprimé à la presse, desséché et dissous dans l'alcool bouillant, il se dépose, par le ^efruidis^elnent, en écailles argentées, inodores et inodes au toucher. Il ne fond pas à 100*. L'eau froide ne l'altère pas; mais lorsqu'on le fuit bouillir aveu 1,000 parties d'eau, il donne un liquide laiteux, consistant en une solution du sel neutre daus luquelle est suspendu un >el suracide.Vers 75°, ce liquide s'écluircit pour se troubler de nouveau k 67°. Si l'on filtre le liquide à la température de l'ébullition , le sel sur-acide reste sur le filtre et peut être recueilli, lavé, séché et analysé.

100 parties d'uloool absolu bouillant dissolvent 27 parties de stéarate acide de potassium, mais n'en retirniiuui plus que 0,36 parties à la température de 24°. En conséquence de la tendance que possède l'ulcool à décomposer le sel acide eu sel neutre et en acide steariq .e, la portion qui reste dissoute dans l'alcool à 24» est plus riche en acide stéarique que les cris tuux formés. Quand le stéarate acide est dissous dans l'ulcool aqu«ux et que l'on ajoute goutte k goutte à la solution une infusion de tournesol bleu, le liquide rougità cause de l'excès d'acide que le sel renferme; mais si l'on introduit dans le mélange une plus grande quantité d'i au, de manière à précipiter le sel sur-acide et k mettre une certaine quantité d'alcali en liberté, la couleur redevient bleue.

Y. Sel sur-acide C18H3BK0*>3C18H360*. Ce sel se produit dans la décomposition du sel acide B par l'eau bouillante. Il fond dans l'eau bouillante et se solidifie par le refroidisse-ment. Dans l'eau froide, il se gonfle. Dissous dans l'ulcool bouillant, il se sépare en sei acide qui se dépose et en acide stéarique qui reste dissous.

— Stéarates du sodium, a. Sel neutre ■ C'8fiS8NaO».

On l'obtient, comme le sel de potassium correspondant, eu traitant une solutiou alcoolique chaude d acide stéarique par un excès de carbonate sodique, évaporant à sec la solution, reprenant le résidu par l'alcool absolu bouillant et laissant refroidir la liqueur filtrée à chaud pour qu'elle cristallise, après l'avoir mélangée avec 1/8 de son volume d'eau chaude. Lu plus grande partie du stéarate sodique se sépare alors, par le refroidissement, sous la forme d'une gelée, et l'eau retient en dissolution une petite quantité de carbonate de sodium qui avait été entraînée en solution par l'alcool. On recueille le stéarate sodique ainsi séparé, on le comprime à la pressa entre des doubles de papier buvard et on le dessèche entre 100» et 120».

Le stéarate neutre de sodium ressemble

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beaucoup au sel potassique , mais il est plus dur. Ses sdutions alcooliques concentrées à chaud l'abandonnent par le refroidissement en une gelée qui, par le repos, se convertit en lames transparentes douées d'un vif éclat. Francis l'a obtenu, au moyen de l'acide steariqne du eocculus (acide stéarophanique), en petits cristaux prismatiques et nacrés. Il est d'abord insipide; mais au bout de quelque temps il a une saveur alcaline distincte. A l'air, il ne s'altère pas, pourvu que l'atmosphère ne soit pas très-humide; et, même dans une atmosphère saturée d'humidité, il n'absorbe que 7,5 pour 100 d'eau en douze jours; au delà de cette, période, l'absorption cesse à peu prè.s complètement. 11 se dissout dans 10 parties d'eau bouillunte en formant une masse épaisse et semi-transparente qui se solid.fle et devient opaque k 62°. Recouvert de don parties d'eau, il prend une opacité plus grande en quatorze jours, par suite de l'absorption d'une certaine quantité d'eau, et il abandonne une trace de soude k la liqueur. Avec 10 parties d'eau à 90°, il forme une solution épaisse presque transparente, qui se solidifie en une masse blanche à 62<>; celle-ci, chauffée avec encore 40 parties d'eau, forme une solution qui est encore fUtvable à 100° et qui, mêlée avec 2,000 parties de nouvelle eau, abandonne le set acide en se refroidissant, tandis que la moitié de la soude reste dissoute en même temps que des traces d'acide stéarique. C'est cette décomposition du stéarate de sodium et du stéarate de potassium par l'eau qui rend le savon si avantageux pour laver. I.e stéarate de sodium se dissout à 10» dans 499 parties d'alcool de 0,821 de densité et dans 20 parties d'alcool bouillant. Cette dernière solution se trouble k 70» et se prend eu une gelée transparente par le refroidissement. Cette gelée se convertit par le repos en une musse opaque, formée par une quantité considérable de petits cristaux brillants. L'éther bouillant extrait de ce sel une certaine quantité d'acide stéarique et des traces de soude, en formant une solmion qui donne un léger dépôt par le refroidissement. p. Set acide C18H3SNaO*, C18H380*. Ce sel

ftrend naissance, comme nous l'avons vu plus mut , lorsqu on ajoute 2,000 parties deau bouillante ou 5,000 parties d'eau froide à une dissolution du stéarate sodique neutre dans 40 parties d'eau bouillante, ou en laissant refroidir simplement une solution aqueuse du sel faite avec 1 partie de sel pour 2,000 ou 3,000 parties d'eau bouillunte. Il se sépare en lamelles nacrées. L'alcool le dissout en formant une liqueur qui rougit le tournesol, mais qui redevient bleue par l'udditiou d'une grande quantité d'eau, parce qu'alors il se dépose un sel sur-acide, et de la potasse est mise en liberté.

— Stéarate de baryum (C'8l]35oî)SBa".

On l'obtient en précipitant la solution alcoolique chaude d'un stéarate alcalin par une solution aqueuse chaude de chlorure de baryum, ou une solution alcoolique chaude d'acide stéarique par une solution aqueuse chaude d'acétate de baryum. C'est une poudre cristalline blanche qui consiste eu lamelles microscopiques d'un éclat nacre quand elles sont sèches. Il est insoluble dans l'eau et Se décompose sans fondre par la chaleur.

— Stéarate de strontium (C'8H'502)23t".

On le prépare par précipitation, comme le sel de baryum, auquel il ressemble sous tous les rapports.

— Stéarate de calcium (Ci8H3B02)2Ca".

On l'obtient par précipitation, au moyen du chlorure de calcium et d'une solution bouillante de stéarate potassique. On lave le précipité k l'eau froide. Ce sel forme une poudre blanche, infusible et sans saveur.

— Stéarate de magnésium

(C>8H3502)*Mg".

On le prépare en précipitant le stéarate neutre de sodium par le sulfate de magnésium, ou en sursaturant une solution alcoolique chaude d'acide stéarique par l'ammoniaque, et en ajoutant à la liqueur une quantité suffisante de sel umuionac d'abord, puis un excès de sulfate de magnésium eu solution aqueuse. Après avoir subi une cristallisation dans l'alcool, il forme des flocons blancs, brillants, composés de lamelles microscopiques. Ces flocons se dessèchent en une poudre légère et fusible.

— Stéarate de cuivre (Ci8H3502)SCu".

C'est une poudre amorphe, volumineuse, d'un bleu tendre, .qui fond, lorsqu'on la chauffe, en un liquide vert, et sa décompose.

— Stéarates de plomb, a. Sel monoplombique (Clsriâ5Us)ïl-'b''. Ce sel prend naissance lorsquon précipite une solution alcoolique chaude de stéarate neutre de sodium par une solution aqueuse chaude soit d'azotate de plomb, soit d'acetatede plomb renfermant un léger excès d'acide acétique. On lave le précipité à l'alcool d'abord, à l'eau ensuite. Une fois sec, il forme une poudre lourde et amorphe que l'eau ne mouille pas. 11 tond à 125» environ en un liquide incolore, et il se solidifie en une musse opaque par le refroidissement. L'éther ne le dLsout pas, ce qui permet de séparer l'acide stéarique de l'acide oléique.

— B. Seldiplûmbique(Ci»H^O^PV',Pb"0 oulCiSH^O^tPbOPb)". On l'obtient en fai-

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sant bouillir en vase clos de l'acide stéarique avec l'acétate triplombique et en lavant le produit d'abord avec de l'eau bouillante, puis avec de l'alcool bouillant. U forme un savon, blanc, transparent, friable, liquide k 100°.

— Stéarates de mërcurk. Le sel raercurique se précipite lorsqu'on traite l'azotate mercurique par un stéarate neutre alcalin. C'est une poudre blanche, facilement fusible, qui se ramollit entre les doigts. Le sel mercureux s'obtient aussi par précipitation, mais au moyen de l'azotate mereureux. A l'état humide, il constitue une masse blanche grenue ; mais il devient gris par la dessiccation. Il est insoluble dans 1 eau et dans l'alcool froid; un peu soluble dans l'alcool chaud, plus soluble dans l'éther, et facilement fusible.

— Stéarates alcooliques. Nous désignons sous le nom dû stéarate* alcooliques les corps que l'on désigne ordinairement sous te nom d'elhers stéariques, pour indiquer que ce sont de véritables sels analogues aux stéarates métalliques, dont ils ne différent que par la substitution d'un radical d'alcool, tel que l'éthyle, etc., au métal.

— Stéarate de méthylb ou éther méthylsléarique CiSHS&(CH3)Oï. Ca corps prend naissance quand on chauffe 2 parties d'alcool méthylique avec 8 parties d'acide sulfurique et l partie d'acide stéarique , ou lorsqu'on chauffe pendant uu jour, dans un tube scellé à la lampe, uu mélange d'acide stéarique et d'esprit de bois. C'est un corps neutre, cristallisuble, semi-transparent, insoluble dans l'eau, fusible à 85» (Lassaigne), k 88° (Hunhurt).

— Stéarate d'éthyle ou éther stéarique C18H35(«.2115)iA I. Modes de formation. Cet étber se produit: i« lorsqu'on chauffe l'alcool avec l'acide stéarique à 200»; il s'en forme également, mais en faible quantité, quand-on chauffe seulement à 100° en prolongeant l'action de ia chaleur pendant cent deux heures, et même lorsqu'on fait bouillir l'acide stéarique avec f alcool ; 20 lorsqu'on fait passer un courant de gaz chlorhydrique k travers une solution alcoolique d acide stéarique, lorsqu'on chauffe l'acide stéarique à 100° avec de l'éther acétique; l'acide stéarique prend alors complètement la place de l'acide acétique uu bout de cent deux heures; 3° par l'action de l'alcool sur le produit qui résulte de l'action du pentachiorure de phosphore sur l'acide stéarique ; 4" lorsqu'on fait bouillir la tristéarine avec de l'ethylate de sodium dissous dans l'alcool absolu, ou lorsqu'on chauffe la tristéariue avec de petites quantités de potasse en dissolution dans l'alcool,

— II. Propriétés. Le stéarate d'éthyle est une masse cristalline, semi-transparente, qui ressemble à de la cire blanche. Il fond a 33«,7 (lleiiitz), à 270 (Lassaigne), entre 30«-31° (Redtenbacher), à 31» (Hanhart),à 32" (Francis), à 320,9 (Pebai), à 33°, 3 (Orower). Cette divergence n'est pas grande, si l'on excepte le chiffre de M. Lassaigne qui probablement a opéré sur un produit impur. Fondu, il se solidilie, d'après Lutfy, en une masse translucide. D'après Heimz, il se prend en une masse cristalline molle d'abord, qui devient ensuite dure et cassante. Il se volatilise un peu à la chaleur du bain-marie. Il bout à 224° en se décomposant en partie et laisse un résidu de charbon, Il est insipide; il fond sur la langue en produisant une sensation de fro.d. A froid, il est inodore ;k chaud, il prend une légère odeur. Suivant Francis, il serait faux de dire û ue le stéarate d'éthyle n'a pas

I de saveur; il aurait une saveur rappelant i celle du beurre. Ce corps se dissout trés-iacilement dans l'alcool et dans l'éther. L'eau ne le dissout pas. Sa solution alcoolique l'abandonne en cristaux; il n'en est pas de même de la solution éthéree.

— III. Décompositions. Nous avons déjà dit comment le stéarate d éthyle se décompose pur la chaleur; nous n'y reviendrons pas. L'eau le saponifie à 100° dans le cours de cent deux heures et le résout partiellement en alcool et en acide stéarique. La saponification est plus rapide et plus complète si l'on iijoute k l'eau un tiers ou la moitié de son volume d'acide acétique, et cependant il ne se forme pas trace il'ether acétique dans ce cas. Lucide chlorhydrique fumantoonvertitk 100° le stéarate d'éthyle, dans le cours de cent deux heures, en acide stéarique et en chlorure d'éthyle. La potasse alcoolique saponifie également cet eiher; mais la potasse aqueuse ne le saponifie pas, probablement parce que les deux liquides ne peuvent pas se mélanger. La baryte caustique chauffée k 200° avec l'éther stéarique en vase clos décompose complètement cet éther. Le produit traité par l'eau donne de l'alcoolate et du stéarate de baryum :

ïC18H35((J2H5JOS + 2Ba"0

Ëther stéarique. Baryte.

= a& \ i>C*H5 + *a j OL.1SH350- Aleoolate Stéarate

de baryum. de buryum.

Ces produits sont même les seuls. II ne se forme pas trace d'oxyde d'éthyle. Chauffé k 100° avec la glycérine, le stéarate d thyje ne fournit pas de stéarine, même en présence de l'acide chlorhydrique.

— Stéarate d'amyle C18H350,0CBH«. On l'obtient en chauffant à 200» l'acide stéarique avec l'alcool amylique pendant un jour

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dans un tube scellé, ou en dirigeant un courant de gaz chlorhydrique k travers une solution amylique d'acide stéarique. On peut encore fuire bouillir la tristéarine avec de l'amylate de sodium dissous dans l'alcool amylique. C'est une masse transparente, molle, neutre et visqueuse. Il fond k 25°-25°,S. La potasse alcoolique le saponifie ; mais la potasse aqueuse est sans action sur lui. L'alcool le dissout légèrement et donne une solution

?ui se prend en gelée quand on la laisse reroidir. Les solutions éthérées ne cristallisent pas.

— Stéarate d'octylb C18HSSO.OC8H". On l'obtient en chauffant à 200°, pendant un jour, dans un tube scellé à la lampe, un mélange d'acide stéarique et d'alcool amylique. Il est incolore, inodore, neutre et fusible k la température de 450. il B été surtout étudié par le chimiste allemand Hanhart.

— Stéarate de cétyle C*8HS5o,OCi6H*3.

Ce corps prend naissance lorsqu'on chauffe, pendant huit ou dix heures k 200°, dans un tube scellé à la lampe, un mélange d'éthol (1 partie) et d'acide stéarique (3 ou 4 parties). On mêle d'abord le produit avec un peu d'éther, puis avec de la chaux éteinte qui s'empare de l'acide stéarique resté libre. On chauffe ce mélange pendant quelques minutes k 100O; après quoi on le faii'boiiillir avec Un excès d'éther, qui laisse la stéarate calcique et dissout l'éthol et le stéarate cétylique, qu'il laisse pour résidu en s'évaporaui. On fait bouillir ce résidu pendant cinq ou six fois consécutives avec 6-10 parties d'alcool qui dissout l'éthol et laisse le composé cétylique. Ou redissout celui-ci dans l'éther, et on le fuit cristalliser. Il forme de grosses lames brillantes qui ressemblent au spermacéti. Il fond entre 55» et 60» en un liquide qui se solidilie k l'état cristallin, en se refroidissant. Le stéarate de cétyle est neutre. Lorsqu'on cherche à le réduire eu vapeurs, à le distiller, il se décompose partiellement avec mise en liberté d'un peu d acide stéarique.

— Stéarate d'éthylène

l°,n*J I OC18H3SO-

Ce corps a été découvert par M. Wurtz, qui lui a douné le nom de glycol distéarique. Ou l'obtient par l'action du bromure d'éthylene sur le itéarate d'argent. On épuise le produit par l'éther, on traite la solution éthérée par l'hydrate potassique et l'on évapore après avoir filtre. Ce stéarate cristallise en légères lames brillantes qui fondent k 76». Il est très-Semblable k la tristéarine, chose naturelle, vu l'analogie de la glycérine et du glycol.

— Ethers stéariquiîs renfermant des radicaux qui ne soient pas nettement alcooliques ou qui soiiïnt.dus a des alcools

D'UNE ATOMICITÉ ELEVEE. Nous plaçons ici les dérives sieanques des sucres, du bornéol, de la mècoiune, de t'orcine; ces trois derniers corps, les deux derniers surtout, ne sont pus de véritables alcools. Lorsqu'on chauffe l'acide stéarique avec la glucose, la inaumte, la uulcite, la piuite et la queroite et qu'on "purifie les produits au moyen de la chaux et de 1 éther, comme nous l'avons diten parlant du stéarate de cétyle, on obtient une série de corps gras analogues k la stéarine et à la pulmiline. Tous ces corps, traites par l'hydrate de baryum, se résolvent eu acide stéarique et en leurs sucres respectifs. Nous ne donnons pas leurs formules, parce qu'elles nous paraissent mal établies.

— Stéarate cutnpMque ou bornéol stéarique CiSHSSo.oCtOH". On l'obtient en chauffant k 200°, dans des tubes scellés, pendant huit ou dix heures, un mélange de bornéol et d'acide stéarique. De l'eau s'élimine, et il se forme une masse d'où il faut rapidement extraire l'acide non combiné au moyen de l'éther et de la chaux sodée. Pour retirer ensuite le bornéol libre, on évapore 1» solution éthérée et l'on maintient le résidu à la température de 150° pendant douze heures ou plus.

Le bornéol stéarique est une huile épaisse, incolore, inodore, qui devient cristalline au bout de plusieurs jours ou de plusieurs mois. Fraîchement préparé, il est neutre. Il est volatil. Les alcalis le décomposent en acide stéarique et en bornéol. L'alcool et l'éther froids le dissolvent un peu; il y est plus soluble à chaud.

— Stéurate d'opianyle ou méconine stéarique Cl0U8(Cl8H»5o;2i)i. Ce corps se forme lorsqu'on chauffe pendant plusieurs heures la méconine k 100° avec de l'acide stéarique. On fait bouillir le produit avec l'eau pour en extraire la méconine inaltérée, et l'on purifie le résidu au moyen de l'éther et de la chaux éteinte, qui eu extrait l'acide sté..rique libre. C'est un corps neutre, blanc, solide, qui fond facilement quand on le chauffe et qui se solidilie avec beaucoup de lenteur,

— Orcvie stéarique C7fI7(Cl8H3SO)0*. Lorsqu'on chauffe pendant quelles heures à 201)0, dnns uu tube scelle, un mélange d'acide stéarique etu'orciue, ou obtient une combinaison stéarique que l'on purifie au moyen d'un traitement a l'eau bouillante destine à éliminer l'orciue non combinée, et d'un traitement k la chaux éteinte et k l'éther, destiné k extraire l'acide stéarique libre. La solution éthéree laisse en s'évaporant l'orcine stéarique à l'état impur. On achève de purifier ce

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corps par dissolution dans le sulfure de carbone. C'est un corps neutre, inodore, légèrement coloré, de l'apparence de la cire, qui dégage, lorsqu'on le chauffe, une odeur d acide stéarique et d'orcine et qui se volatilise. Il est combustible. L'ammoniaque lui communique une couleur rouge. Chauffé à 100» pendant quelques jours avec de l'hydrate de calcium humide, il donne du stéarate calcique et une substance soluble dans l'eau et dans l'alcool. Cette dernière substance se colore comme l'orcine par l'ammoniaque, mais ne forme pas de cristaux.

Le stéarate d'orcine est insoluble dans l'eau. 11 est facilement soluble dans lesulfure de carbone et dans l'éther.

STÉARATE s. m. (sté-a-ra-té — rad. stéarate). Fharm. Préparation contenant un savon soluble ou insoluble, comme les emplâtres. *

STÉARINE s. f. (sté-a-ri-ne — du grec steav, graisse, suif, qui, selon Curtius, est pour sieFar et correspond au sanscrit slhavaras, solide, fixe, ferme, fort, de la même racine que sthira, sthira, ferme, fort, solide, immobile, savoir : ia racine sanscrite sthét, rester, se tenir. Le grec slear désignerait ainsi proprement le suif comme ce qui est figé. Le latin sébum, sevum, pour stebum, stemm, appartient peut-être à la même racine). Chim. Nom donné auxéthersglycériques dérivés de l'alcool triatomique connu sous le nom de glycérine : La stéarine peut servir aux mêmes usages que le suif. (Chevreul.) La chair du mouton est plus solide et contient plus de stéarine que celle du bœuf. (L. Cruveilhier

— Encycl. Les éthers stéariques, qui dérivent de la glycérine

OH

OH

par la substitution du stéaryle Ct»H350 au tiers, aux deux tiers ou k la totalité de l'hydrogène typique de cet alcool, portent le nom de stéarines. Tous sont susceptibles d'être préparés artificiellement par l'action de l'acide stéarique sur la glycérine. La tristéarine est, en outre, un des principes immédiats les plus répandus dans les graisses animales et dans les huiles végétales. C'est de la qu'on l'a extraite dès le début.

— Monostéarine

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