‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 666 sur 1059 · OH OH OC18H35Q · texte numérisé non relu

OH OH OC18H35Q

On prépare ce corps en chauffant un mélange k parties égales d'acide stéarique k 200° dans un tube scellé pendant trente-six heures et en laissant ensuite le tout se refroidir. A l'ouverture du tube, on trouve, (loi tantk la surface de la glycérine, une couche solide qui renferme de la monostéarine et de l'acide stéarique non combiné. On fond cette substance avec son volume d'éther, on la met ensuite en pâte avec de la chaux éteinte et on porte le tout à ISO». Au bout d'un quart d'heure, tout l'acide stéarique libre est converti en stéarate de calcium. Ou épuise alors la niasse par l'éther, qu'on évapore ensuite. La monostéarine forme de très- petites aiguilles blanches, groupées en grains arrondis. Elle fond k 61<> et se solidifie a 60" en une masse dure et friable qui a l'aspect extérieur de la oire. Sa solution alcoolique est tout k fait neutre. Elle se volatilise dans le vide sans se décomposer. LVlher froid la dissout, mais la dissout très-peu. Chauffée dans nu tube fermé par un bout, la niouostéarine se décompose avec production d'acroléine. Sur une feuille de platine, elle s'évapore en partie, taudis que le reste se colore en jaune et brûle ivec une flamme blanche très-lumineuse. Chauffée pendant onze heures k 100° dans un tube scelle à la lampe, avec de l'acide chlorhydrique fumant, elle se résout presque complètement en glycérine et en aei'ie stéarique. 11 se forme en même temps des traces d'un liquide neutre chloré. La monostéarine se décompose quand on la maintient pendant quelques heures k 100° avec du protoxyde de plomb humide, en donnant 25 pour 100 environ de glycérine (la théorie exigerait 25,56). L'acide acétique eu dissolution dans l'aicool ne la saponifie pas k 100", même après un contact prolongé pendant vingt-six heures. — Distéarine

I OH (CSH5)"' 0,C18HS50.

On l'obtient : 10 en chauffant pendant trois heures, k 260», 1 partie de monostéarine avec 3 parties d'acide stéarique ; 2° en chauffant à 100° pendant cent quatorze heures un mélange k parties égales de glycérine et d'acide stéarique, ou en chanttant le même mélange k 275° pendant sept heures ; 3» en chauffant la aténrine retirée de~ graisses naturelles (tristéarine) à 200" pendant vingt-deux heures, avec un excès de glycérine. Ou la purifie comme la monostéarine. Elle forme des lamelles microscopiques biauches, qui fond. -m à 58° et qui se solidifient k 55° de la même manière que hi monostéarine. Par évaporution spontanée de sa solution éthéree, on l'obtient en aiguilles. Elle est neutre. L'oxyde de plomb humide la décompose k 100" en glycérine et en stéarate de plomb; il lu saponifie.

STEA

— TniSTBARWB (C3H5)"'(0,Cl8H3ïO)». ffistçrique. Ce composé a été d'abord extrait p*r Chevreul des graisses animales et végétales , mais à l'état impur. Braconnot l'a obtenu k l'état de pureté. Les recherches de Benhelol ont démontré depuis lors l'identité de la stéarine naturelle aveu la tristéarine artificielle. La stéarine se rencontre dans un grand nombre de graisses solides du règne animal, comm« le lard et le suif. La stéarophanine, que Francis disait avoir extraite des graines de cocculus, n'est au fond que de la stéarine, parce qu'elle se résout par la saponification en glycérine et acide stéarique. Mais elle diffère de la* tristéarine par son point de fusion.

— Préparation. On chauffe pendant trois heures à 270°, dans un tube scellé à la lampe, la monostéarine avec 15 à 20 fois son poids d'acide stéarique, et on la purifie par la même méthode que la monostéarine et la distéarine. Il est bon de chauffer de nouveau le produit avec un excès d'acide stéarique, puis de le purifier une seconde fois et de répéter une fois encore cette série d'opérations. Ce procédé est celui de M. Berthetot..Hehitz chauffe k 200° pendant vingt-quatre heures un mélange d'acide stéarique et de glycérine dans un tube scellé à la lampe, rempli d'une atmosphère de gaz carbonique. Il ouvre ensuite le tube, décante la glycérine libre, fait subir au produit le traitement à la chaux éteinte et dissout le mélange des divers glycérides dans l'éther. La masse ainsi obtenue renferme de la monostéarjj e et de la distéarine; mais on la convertit intégralement en tristéarine en la chauffant a 270» pendant huit heures avec un grand excès d'acide stéarique, et en ré-

C étant une seconde fois cette opération, si esoin est, après avoir purifié le produit comme à l'ordinaire, au moyen de la chaux éteinte et de l'éther.

Chevreul obtenait sa stéarine naturelle en dissolvant le suif de mouton dans l'alcool bouillant, laissant refroidir, recueillant les cristaux formés et les faisunt recristalliser dans l'alcool bouillant jusqu'à ce qu'ils eussent un point de fusion constant. Le produit ainsi préparé, moins pur que celui de Braconnot, que ce chimiste obtenait en dissolvant à plusieurs reprises le suif dans l'essence de térébenthine, était surtout moins pur que celui de Lecanu. Ce dernier, pour préparer la stéarine, faisait fondre du suif au bainmarie, y ajoutait son volume d'éther, agitait, laissait refroidir, comprimait la masse solide et lu faisait recristall.seï' dans l'éther jusqu'à ce qu'elle fondit à 62°. Au-dessus de cette température, le point de fusion ne parait plus s'élever par les cristallisations dans une petite quantité d'éther; mais il s'élève encore lorsqu'on fait cristalliser le corps gras dans 10 à 100 fois son volume d'éther. Après trente-deux cristallisations opérées dans ces conditions, le point de fusion s'élève à 69»,7, et cependant ie produit est encore un mélange de tristéarine et de tripalmitine, comme on le reconnaît d'après la nature des acides qui prennent naissance lorsqu'on le saponifie par les alcalis. Les points de fusion des acides gras obtenus par la saponification de différentes variétés de stéarine sont les suivants : la stéarine de Chevreul, solidifialile à 44°, donne un mélange d'acides gras fusible à 53° ; celle de Braconnot, se soliuitiuiit à 61°, donne un mélange d'acides solidiflable à 62<>,3; celle de Lecanu, solidifiable à 62°, donne un mélange d'acides solidifiable à 66°"; Celle qu'ont obtenue Liebig et Pelonze, solidifiable k 60°-62°, donne un mélange d'acides fusible à 64*>-65u ; celle île Heiniz enfin, solidifiable à 62°, fournit un mélange d'acides fusible à 64». MM. Bouis et Pimentel ont extrait des graines de brindonier une substance grasse qui, par plusieurs cristallisations et expressions successives, donne de la tristéarine pure, susceptible de se résoudre par la saponification eu acide stéarique également pur.

— Propriétés. La tristéarine forme des nodules blanc*, nacrés, brillants, en même temps que de très-peines aiguilles, suivant Bouis et Pimentel.

D'après Lecanu, elle formerait des lames nacrées, petites, brillantes, assez semblables aux cristaux d'acide stéarique ou de spernia- Céti ; elle est inodore, insipide et neutre, IJauS le viiie, elle se volatilise sans décomposition. Elle ne conduit pas l'électricité.

La stéarine des graisses naturelles, aussi bien que celle que 4'oti prépare artificiellement, présente deux points de fusion différents : quand on la chauffe, en effet, elle commence par devenir fluide et transparente ; puis, si l'on continue à chauffer, de nouveau solide et opaque; puis enfin, par l'application d'une chaleur plus forte, une seconde fois fluide. Lorsqu'on la chauffe, elle se dilate ; mais en fondant la première t'ois elle se contracte de 2 1/4 pour 100. Aux environs de sou second point de fusion.au contraire, elle se dilate de nouveau et en fondant son Volume s'accroît de 5 nour 100 environ. La stéurine du suif fond la première fois à 51°-52" et la seconde fois à 62° ; à 58°, elle est tout a fait solide et opaque. Toutefois, les températures varient un peu avec le degré de pureté ou produit.

Ce phénomène curieux ne peut point être expliqué par un dédoublement de la stéarine

STEA

en acide stéarique et distéarine. Car ce produit ne cède pas d'acide stéarique k l'alcool à la température de 56°. Duffy suppose que la véritable explication consiste à admettre pour la stéarine trois modifications allotropiques.

«. Première modification. Cette première modification se produit lorsqu'on maintient a 73°, 7 ou au-dessus de la tristéarine fusible k 690,7 jusqu'à ce qu'elle se solidifie à 51°,7. Elle est solide au-dessous de 52°, fond à cette température et passe alors à la seconde modification. Elle forme de petits nodules d'une densité de 0,9867 à 15<>, de 0,9600 à 510,5 et de 0,987 à 100.

B. Seconde modification. Elle se produit par l'action d'une température de 52» sur la tristéarine a, prolongée jusqu'à ce que la masse d'abord fondue ait repris l'état solide. Elle est lamellaire, fond à 64°,2 et présente une densité de 1,0101 à la température de 15°, suivant Duffy.

f. Troisième modification. Ce sont les cristaux de stéarine qui se séparent des dissolutions éthérées. On l'obtient aussi en maintenant pendant quelque temps la tristéarine fondue entre 65° et 66°. Elle se solidifie alors lentement entre 620 et 63" en une masse opaque, friable, à structure nettement cristalline qui ne fond plus qu'à 69»,7. Sa densité à 150 = 1,0179; = 1,009 à 51",5; = 0,9931 à 650,5 et = 0,9740 à 680,2.

La densité de la tristéarine fondue à 65», 5 est 0,9245. La seconde modification de Duffy ne peut pas être obtenue au moyeu de la stéarine pure, qui renferme, au contraire, toujours un mélange de la première et de la troisième modification, même après plusieurs cristallisations; on ne peut donc pas- considérer cette seconde modification comme formée par de la stéarine pure. La stéarine du suif, fusible à 60°, possède à 50°, sous sa première modification, un volume de 1,008,1e volume à 0° étant considéré comme égal à l. Près du point de fusion, ce volume s'accroît jusqu'à 1,076 et, par la fusion, il devient égal à 1,127.

La stéarine fondue se solidifie, par le refroidissement, en une niasse indistinctement cristalline et remplie de soufflures; elle est semi-transparente et très-blanche dans d'autres portions. La température de la stéarine fondue tombe de quelques degrés au-dessous du point de solidification avant que la solidification ait lieu, puis remonte, au moment même de la solidification, à 44° (Chevreul) à 540 (Lecanu). Elle se prend en une masse semi-transparente à surface inégale, dont la partie centrale, celle qui a été la dernière û prendre l'état solide, forme de petits cristaux rayonnes.

La tristéarine est k peine soluble dans l'alcool à 30o Baume; elle ne se dissout guère

mieux à froid dans l'alcool de — — , mais elle se

dissout abondamment dans l'alcool bouillant, d'où elle se dépose par le refroidissement sous la forme de flocons blancs. 100 parties d'alcool bouillant de 0,795 de densité dissolvent 15,04-16,07 parties de la stéarine de Chevreul, extraite du suif de mouton; 15,48 de celle du suif de bœuf; 18,25 de celle du lard de cochon; et 36 de celle de graisse d'oie. 100 parties d'alcool bouillant de o,805 de densité dissolvent 6,63 parties de stéarine naturelle. 100 parties d'alcool de 0,822 de densité dissolvent 1,45 parties de stéarine extraite du beurre et l'abandonnent en presque totalité par le refroidissement.

La stéarine précipitée de sa solution alcoolique retient toujours de l'alcool, qu'elle conserve même après avoir été maintenue quelque temps en fusion.

La tristéarine est très-soluble dans l'éther

bouillant, qui en retient - — de son poids ,

après refroidissement. L'acétone la dissout mieux à chaud qu'à froid et la laisse déposer soit par le refroidissement, soit par une aJdition d'eau. Elle est facilement soluble dans les huiles volatiles et se mêle avec le camphre fondu, ainsi qu'avec les huiles fines, siccatives ou non. Une solution de 1 partie de stéarine dans 160 parties d'huile d'amandes douces abandonne des flocons blancs de stéarine lorsqu'on y ajoute 170 parties d'éther. L'addition de l'éther aux huiles n'en accroît donc pas la solubilité.

— Décompositions. 10 A la distillation sèche, la stéurine donne les mêmes produits de décomposition que l'acide stéarique et la glycérine ; c'est-à-dire de l'anhydride carbonique, des carbures d'hydrogène liquides et gazeux, de l'acroléine, de l'acide acétique, de l'eau et du carbone libre. Une partie de la stéarine distille cependant inaltérée. Les hydrocarbures liquides bouillent entre 190« et 245° et sont polymères de l'éthylène.

20 La stéarine pure ne s'altère point au contact de l'air; la stéurine impure rancit, m«is seulement lorsqu'elle contient de l'oléine ou des huiles siccatives.

3° La tristéarine est facilement saponifiée par les alcalis, l'oxyde de plomb et les autres bases, avec production d'acide stéarique fusible à 700 et de glycérine dans la proportion

STFA

de 1 molécule de glycérine pour 3 molécules d'acide, suivant l'équation suivante :

OC18H330 (C3HB)'" OC181I330 OC18H350 Tristéarine. Eau.

+ 3(ÎU0)

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