OC18H3SO (C3H5)"' OH
Ce corps se produit lorsqu'on dirige un courant de gaz acide chlorhydrique à travers un mélange d'acide stéarique et de glycérine maintenu & la température de 100°. On laisse déposer, on lave le produit avec une dissolution de carbonate de soude, et on le dissout a plusieurs reprises dans l'éther. Ce corps forme une masse solide, fusible à 28°.
STÉARINEEUE s. f. (sté-a-ri-ne- ri — rad. stéarine). Fabrique de stéarine.
STÉARINIER s. m. (sté-a-ri-nié — rad. stéarine). Fabricant de stéarine.
STEARIQUE adj. (sté-a-ri-ke — rad. stéarine). Chim. Se dit d'un acide découvert dans les graisses et les huiles, où il existe à l'état de glycéride. Il Se dit de l'anhydride du même acide.
— Encycl. L'acide stéarique, découvert par Chevreul et étudié depuis par un grand nombre de chimistes, est un élément constituant de presque tous les corps grus, végétaux et animaux, et particulièrement de ceux dont le point de fusion est le plus élevé. Il est surtout très-abondant dans la graisse de bœuf et dans la graisse de mouton. Les corps gras plus fusibles en contiennent cependant aussi; il y est mêlé à l'acide myristique et à l'acide palniitique. On le trouve, par exemple, dans le beurre de vache, dans la graisse humaine, dans la graisse d'oie, de serpent et de cantharide, dans le sperraacéti, etc. 11 existe également dans les corps gras d'origine végétale, tels que le beurre de cacao, l'huile d'olive, l'huile fine de inoutarde noire, l'huile du brindonia indica et plusieurs autres. L'acide stéarophaitique, que Francis a préparé au moyen des bains de cocculus indicus, et l'acide bassique, extrait par M. Hardwick de l'huile de bassia, ont été reconnus identiques entre eux par Cro'wder et identiques a l'acide stéarique retiré de la graisse de mouton par M. Hemtz. L'acide stéarique paraît donc être un des principes constituants les plus répandus des graisses animales ou végétales. Ajoutons cependant qu'on le rencontre trèsrarement à l'état de liberté, mais presque toujours à l'état de glycéride tristéarique, dans la matière grasse des graines de cocculus indicus. Toutefois, une partie de l'acide est libre, probablement k la suite d'une fermentation produite par un ferment spécial.
— I. Préparation. On extrait généralement l'acide stéarique de la graisse de bœuf ou de mouton, ou mieux du beurre de cacao. A cet effet, on saponifie cette graisse par une lessive concentrée de soude; on sépare le savon, on le décompose par l'acide sulfurique étendu bouillant, on retire la masse grasse solide qui vient se former à la surface après le refroidissement, on soumet cette masse à la presse à la température ordinaire d'abord, puis à une température de 30° ou 400 pour en extraire les acides gras moins fusibles, et l'on dissout le résidu dans la plus faible quantité possible d'alcool bouillant. Par le refroidissement, la plus grande partie de i'acide stéarique se sépare. Oa ie recueille, ou le soumet de nouveau à une forte pression, on le reuissout une seconde fois dans l'alcool d'où on le laisse encore se déposer par refroidissement et on l'exprime de nouveau k
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la presse. La masse ainsi obtenue n'est point d« l'acide stéarique pur : c'est un mélange d'acides gras, solides, d'où .Ton peut séparer de l'acide stéarique à peu prés pur par une série de cristallisations dans une grande quantité d'alcool, en ayantsoin de reçue Uir seulement chaque fois les portions d'aride qui cristallisent les premières. Il est préférable cependant, pour séparer l'acide stéarique de l'acide palmitique, avec lequel il «st mélangé, de soumettre la solution alcoolique à des précipitations fractionnées au moyen des acétates de plomb, de baryum ou de magnésium. Le stéarate se précipite le premier.
Heintz opère de la manière suivante : il dissout l'acide stéarique impur du commerce, qui fond à 60° environ, dans une assez grande quantité d'alcool pour que tout reste dissous après refroidissement, même à 0°, et il ajoute une solution alcoolique d'acétate magnésique au liquide bouillant; par le refroidissement, il se sépare un sel magnésique qu'il recueille, qu'il exprime à la presse et qu'il fait bouillir pendant quelque temps avec une grande quantité d'acide chlorhydrique étendu. Si l'on n'a employé qu'un tiers de l'acétate de magnésium qui aurait été nécessaire pour tout précipiter, l'acide stéarique qui résulte de cette première opération est déjà assez p^ur pour qu'on puisse achever de le purifier par cristallisation, llest cependant préférable de répéter un certain nombre de fois la précipitation fractionnée jusque ce que l'on obtienne un point de fusion fixe, situe entre 69» et 70°. On peut aussi extraire l'acide stéarigué de la stèarophanine (tristéarine) des baies de cocculus indicus en saponifiant ce corps par la potasse, séparant le savon de la solution au moyen de Veau salée, le décomposant par l'acide chlorhydrique et faisant cristalliser à plusieurs reprises l'acide dans l'aicool. L'acide ainsi préparé cristallise en petites aiguilles fusibles k 68°. Il n'est donc pas absolument pur, mais il se rapproche beaucoup de la pureté, puisque le point de fusion de 1 acide tout k fait pur est à 70».
D'après MM. Buff et Oudemans, le beurre de shea [shea butter) est la matière prt-mière la plus avantageuse pour la préparation de l'acide stéarique. L'acida gras qu'on en retire renfermerait 30 pour 100 d'acide oléique, 70 pour 100 d'acide stéarique et aucun autre acide solide.
On prépare l'acide stéarique impur sur une grande échelle pour la fabrication des bougies, en saponifiant les graisses les moins fusibles. Généralement on opère cette saponification au moyen de la chaux. Le savon de chaux, décomposé par l'acide sulfurique, fournit un mélange d acides gras que l'on exprime d'abord à froid, puis a une température plus élevée, k la presse hydraulique, afin de séparer aussi complètement que possible l'acide oléique des acides solides. Une autre méthode, appliquée surtout à l'huile de palme et qui permet d'obtenir du môme coup la glycérine pure, consiste à décomposer le corps gras' par la vapeur d'eau surchautlee. Voici comment cette méthode est mise en pratique en Angleterre, dans les ateliers de M. Tilgman : ou émulsionne la graisse avec la moitié environ de son volume d'eau tiède et l'on fait passer cette émulsion, au moyen d'une pompe, dans un tube de fer coudé maintenu a la température du plomb fondu. La pompe fonctionne avec une rapidité calculée pour que le liquide mette dix minutes à traverser le tube de fer coudé. Au moment où la masse sort de ce tube, elle se sépare en deux couches, dont l'une, qui surnage, est formée par le mélange des acides gras fondus, tandis que l'inférieure est une solution aqueuso de glycérine. Quand la couche supérieure est refroidie, on la retire et on la soumet à la pression comme dans le cas où l'on opère au moyen de la chaux. Les liqueurs aqueuses servent à la préparation de la glycérine pure.
Une troisième méthole consiste k saponifier les graisses au moyen de l'acide sulfurique et k distiller le produit. Lorsqu'on met un corps gras en contact avec l'acide sulfurique concentré à chiud, le corps gras se résout immédiatement en acide gras et en glycérine qui se combine à l'acide sulfurique pour former de l'acide glyceryl-sulfurique. Dans le premier procédé, pour lequel Gwigne, Wilson et Jones prirent un brevet, on employait 37 pour 100 d'acide sulfurique à 60° Baum ;, qu on introduisait dans la graisse en fusion, et l'on maintenait le tout pendant 24 heures entre 90° et 92°; mais on a reconnu depuis que la proportion d'acide sulfurique peut être considérablement diminuée. 5 k 9 pour 100 suffisent avec la plupart des graisses, pourvu qu'on ait soin de porter la température plus haut, jusqu'à 155°, par exemple, quand la proportion d acide est ticsfaible. L'acide devenu libre est lavé à l'eau, puis exprimé à la presse hydraulique comme dans les deux autres méthodes que nous avons décrites.
— II. Propriétés. L'acide stéarique pur cristallise dans l'alcool en lames nacrées ou en aiguilles. Il est insipide, inodore et présente une réaction acide bien nette, A basse température, il est plus lourd que l'eau, sa densité, à oo, étant égale à 1,01 ; mais entre 90 et 10°, la densité devient égale k celle do l'eau. Il fond entre 690-690, 2, suivant Heintz, en une huile incolore; celte huile se prend, par le refroidissement, en une masse blan-
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che, écailleuse, cristalline, dont la surface récemment cassée est lamellaire. L'acide impur se solidifie en masse à cassure arieufaireou •wavellitique. Chevreulavaildonné la chiffre 75° comme représentant le point de fusion de l'acide stéarique, et le chiffre 70° comme représentant son point de solidification; Duffey il.-. e le point de fusion a 68° et le point de ïolidinYation à 65°,8 ; Stenhouse donne 69° pour le point de fusion ; Redteiibaiher, Kopp et d'autres donnent 70° ; Hardwick donne 70°, 5 ; Pebos a trouvé que l'acide le plus pur possible fond à 69°,2.
Lor.-qu'on fond l'acide stéarique avec des acides plus fusibles que lui, le point de fusion de la masse n'est point une moyenne entre les points de fusion des corps qui forment ie mélange ; il est beaucoup moins élevé ; il peut arriver même qu'il soit inférieur a celui de l'acide le plus fusible. Ce phénomène est analogue à celui qu'on observe avec plusieurs ■ alliages métalliques, comme l'alliage de plomb efd'étain ou d'étain et de bismuth. Heîntz a construit des tables très-complètes qui font connaître les points de fusion et de solidification de mélanges en proportions diverses d'acide stéarique, d'acide palmitique, d'acide myristique et d'acide laurique.
L'acide stéarique pur se dilate considérablement lorsqu'on le chauffe, surtout au moment où il fond ; sa dilatation s'élève alors à 11 pour 100 environ ; sa contraction, par contre, est si forte quand il se refroidit, que les morceaux qui résultent d'un refroidissement brusque sont poreux. Si l'on prend pour unité le volume que le corps occupe à zéro, ce volume devient 1,038 a 50°; 1,054 à 60°; 1,079 a 70" et 1,198 à la méine température de 70" après fusion. Le volume de l'acide solide aux iliverses températures est exprimé par la formule
V = l -f- 0,0013490/ + 0,000034007(2 + 0,00000044 180<3, et celui de l'acide liquide par la formule V = 1,19SO + 0,001009S
OU
Dans ces formules, la lettre V est le volume de l'acide solide, qvvi est égal à lào»; V est le volume de l'acide liquide pris égal à 1 à 70°; t indique la température au-dessous de 70° et S la température au-dessus de 70°. La densité de r acide fondu égale 0,854. Par le refroidissement, ce corps se solidifie en une masse cristallisée, feuilletée ou en aiguilles brillantes.
L'acide stéarique distille dans le vide ; on peut aussi le distiller à la pression ordinaire de l'atmosphère, pourvu que l'on n'opère pas sur des portions supérieures à 15 ou 20 grammes. Dans ce cas, presque tout pusse sans altération. Chauffé entre 300° et 330° dans des tubes scellés à la lampe pendant plusieurs heures, l'acide stéarique ne s'altère ni dans son aspect ni dans son point de fusion et ne dégage ni eau ni substances gazeuses.
L'acide stéarique est insoluble dans 1 eau, modérément soluble dans l'alcool, plus soluble encore dans l'éther, la benzine, le sulfure de carbone et les huiles, soit fixes, soit volatiles. De nombreuses analyses de ce corps ont été faites; ces analysesavaient conduit Chevreul à le représenter par la formule COH'ïOO7 ( anc. nol. ), Redteubacher à admettre la formule C68H6S07 (anc. not.) et Stenhouse à adopter la formule • C68H66(yi(anc.iiot.); mais Gerhardta fuit définitivement prévaloir la formule C36H3Go*,qui, dans notre notation, est devenue C'Siiaao2, en collaboration avec Laurent. Cette formule a été mise hors de doute par les séries d'analyses et de recherches consciencieuses que nous devons à Heintz.