V. STÉNÉOSAURB
STENOSE s. f. {sté-nô-ze — du gr. stenosis, resserrement). Pathol. Resserrement d'une partie quelconque,
STÉNOSIDE s. m. (sté-no-zi-de — du gr. stenôsis, rétrécissement; ados, aspect). Entom. Genre d'insectes coléoptères nètéromères,de la iribu des asidites, dont l'espèce type vit au Mexique, il Syn. de tagknie , autre genre d'insectes.
STÉNOS1PHON s. m. (sté-no-si-fon — du pref, sténo, et du gr. siphon, tube). Bot. Genre de suu-.-arbrisse:Uix de la famille des onagrariées, dont l'espèce type croît au 1|exas.
STÉNOSIPHONIE s. f, (sté-no-si-fo-nî — du préf. sténo, et du gr, siphân, tube). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des acantharées, comprenant quatre espèces, qui croissent dans l'Inde.
STÉNOSOLÉNIE s. f. (sté-no-so-lé-n! — du préf. sténo, et du gr. solén, tube). Bot. Genre de plantes, de la famille des borraginées, dont l'espèce type croit en Asie, sur les rochers.
STÉNOSOME s. m. (sté-no-so-me — du prêt, stéuu, et. dugr. sôma, corps). Crust. Syn. d'iDOTÉE, genre de crustacés : Le STÉnosome linéaire se trouve sur les bords de l'Océan. (H. Lucas.)
STÉNOSPHÈNE s. m. (sté-no-sfè-ne — du préf. sténo, et du gr. spltên, coin). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des cérambycins. comprenant six espèces, qui habitent le Mexique et les Etats-Unis.
STÉNOSTACHYÉ, ÉE adj. (sté-no-sta-ki-é
— du préf, sieno, et du gr. stachus, épi). Bot. Dont les tleurs sont disposées en épis grêles.
STÉNOSTÊME s. m. (sté-no-stè-me). Bot, Syn. de STÉNOSTOME.
STÉNÛSTÉPHANE s. m. (sté-no-sté-fa-ne
— du pref. sténo, et du gr. stephanos, couronne). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des acanihaeées, comprenant deux espèces, qui croissent au Brésil et au Mexique.
STÉNOSTÈTHE s. m. (sté-no-stè-te — du préf. sténo, et du gr. stêthos, poitrine). Eutom. Syn. d'euESTÉTHU ou évestèthe, genre d'insectes.
STÉNOSTOLE s. m. (sté-no-sto-le — du préf, sténo, et du gr. stolè, vêtement). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des lamiaires, Comprenant trois espèces, dont deux habitent l'Allemagne.
STÉNOSTOME adj. (sté-no-sto-me — du préf. sténo, et du gr. stoma, bouche). Zool. Qui a la bouche étroite.
STEN
— Erpét. Genre de reptiles ophidiens, da la famille des scolocophides, comprenant cinq ou six espèces, qui habitent l'Afrique et l'Amérique. Il Syn. deTYPHLOPS, autre genre de reptiles ophidiens.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des lépturètes, tribu des rhynchostomes, comprenant deux espèces, qui habitent le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique.
— Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des hélices, il s. m. pi. Section du groupe des hélices, comprenant les espèces dont la coquille a une ouverture étroite,
— Bot. Genre d'arbres, de la famille des rubiacées, tribu des cofïéacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent aux Antilles. Syn. de sténostème.
STÉNOTAPHRE s, m. (sté-no-ta-fre — du préf, sténo, et du gr. taphros, gouttière). Bot. Genre déplantes, de la famille des graminées, tribu des panicées, comprenant quatre espèces, qui habitent les régions chaudes des deux continents.
STÉNOTARSE s. m. (sté-no-tar-se — du préf. sténo, et de tarse). Entom, Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille [ des charançons, tribu des entimides, comprenant deux espèces, qui habitent la Cafrerie.
STÉNOTARSIE s. f. (sté-no-tar-sî -Mu préf. sténo, et dé tarse). Entom. Genre d'insectes coléoptères petuamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées mélitophiles, comprenant quatre espèces, qui habitent Madagascar.
STÉNOTE s. m. (sté-no-te — du préf. sténo, et du gr. ous, oreille). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astéréea, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent sur les montagnes de 1 Amérique du Nord.
STÉNOTÉNIEs. f. (sté-no-té-nl — du préf. sieno, et du gr. tainia, bandelette). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu dus peucédanées, comprenant des espèces qui croissent en Perse.
STÉNOTÉTRADACTYLE adj. (sté-no-tétra-dak-ti-le — du préf. sténo, et de tétradactyle). Ornith. Qui a quatre doigts rapprochés et unis par une membrane étroite.
— s. m. pi. Famille de palmipèdes, comprenant les pingouins et les manchots, qui présentent le caractère indiqué ci-dessus.
STÉNOTRACHÈLEs.m.(sté-no-tra-kè-le— du préf. sténo, et du gr. trachêlos, cou). Entom. Genre d'insectes coléoptères hetéroinères, de la tribu des hélopiens, formé aux dépens des dryops, dont l'espèce type habite le nord de l'Europe.
STÉNOTBIDACTYLE adj. (sté-no-tri-dakti-le — du préf. sténo, et de iridactyle). Ornith. Qui a trois doigts grêles.
— s.m.pl. Famille d'échassiers, comprenant les genres qui ont trois doigts.
STENTÉ, ÉE adj. (stain-té — de l'ital.
stenlato, laborieux). B.-arts. S'est dit des tableaux où l'on s'aperçoit du travail pénible de l'artiste. Il On écrit aussi stanté.
STENTERELLO ou STENTÀRELLO, l'un des types de la comédie italienne que 1 on appelle caratteristà, rôles tranchés, qui, souvent inutiles à l'action d'une pièce, y viennent cependant jeter de la vie et de la gaieté.
Le nom de Stenterello dérive de stentare, souffrir, c'est-à-dire qu'il est souffre-douleur de son état; c'est le Jocrisse italien. Son costume est toujours bariolé de couleurs voyantes : veste de bouracan bleu clair, gilet jaune serin, une culotte dont une jambe est noire et l'autre vert pomme; bas de coton, l'un uni ou chiné, l'autre rayé. Stenterello conserve ainsi la tradition des costumes rai-partis du xvi° siècle.
Stenterello est tantôt valet, tantôt maître; souvent il parodie les personnages à la mode, les héros de roman et de théâtre. Il n'est pas brave; il ne veut tuer personne, mais il a grand'peur qu'on ne le tue. Maigre et leste, il est toujours pi et à fuir le danger. Très-prompt à s'enflammer, il manque de patience dans ses entreprises auprès des dames, et la table lui fait oublier l'amuur; mais il est encore plus paresseux qu'il n'est gourmand.
A Bologne , ce personnage perd quelque chose de sa naïveté de terroir pour devenir quelque peu niais et fantastique. Ce type est, d'ailleurs, tout de fantaisie: « Il n'y a pas, disent les Italiens, deux Stenterelli qui se ressemblent, <
STENTOR s. m. (stan-tor — n. pr. d'homme, dérivé du grec stenein, qui vient de la racine sanscrite stan, retentir, gronder, d'où aussi l'allemand stôhnen, lithuanien stenu, russe steniu, même sens, et le sanscrit sthunantin, murmure, grec stonos, allemand stôhnen, russe stenanïe, plainte). Homme qui a une voix retentissante : C'est un STENTOR, un vrai STEN- TOR. Comment discuter avec un pareil stentor ?
Les stentors de salons sont pour nous un supplice. C. Délavions.
— Voix de stentor. "Voix forte et retentissante.
— Mamm. Nom scientifique des hurleurs, genre de singes.
— Infus. Genre d'infusoires, delà famille
STEN
des urcéolariens, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les eaux douces : Les stentors sont du nombre des plus grands infusoires, (Dujardin.) Il On dit aussi stentorinh.
— Encycl. Infus, Les stentors sont de trèsgrands infusoires , remarquables par leur forme en entonnoir allongé ou en porte-vnix, ce qui leur a mérité le nom qu'ils ont aujourd'hui. Ces animaux sont garnis de cils sur toute la surface de leur corps, qui est essentiellement contractile et polymorphe. Tantôt les stentors se fixent par le.ur exirémité postérieure, qui est amincie; ils forment alors en s'épanouissant une sorte de porte-voix, dont le pavillon est fermé par une membrane convexe et dont le bord est garni d'une rangée de cils très-forts et implantés obliquement. Tantôt ils nagent librem nt à l'aide des cils vibrantes dont ils sont recouverts et, dans ce cas, leur corps change de forme très-facilement, se présentant successivement en boule, en ovoïde, en massue ou en fuseau. Les sten~ tors, nous l'avons dit, doivent être comptés nu nombre des plus gros infusoires ; la plupart sont visibles à l'œil nu et laissent voir facilement ce que l'on peut connaître de leur structure. Ces infusoires sont communs dans les eaux douces, stagnantes, parmi les herbes aquatiques; si l'on met ces herbes dans un bocal plwin d'eau, les stentors ne tardent pas à s'attacher aux parois du vase et à y étaler leurs formes élégantes. Parmi les espèees de stentors, on peut signaler : le stentor Mulleri, qui a été depui-, longtemps indiqué par tous les anciens micrographies sous le nom d'autmal-trom/ielte; il est blanc, demi-transparent, long de 8 à 10 dixièmesde millimètre a l'état d'extension ; le stentor vert, ou stentor polymorphus, diffère du précédent par sa couleur. M. Ehrenberg l'a vu former une belle teinte verte sur les plantes submergées dans des tourbières, aux environs de Berlin. II l'a vu également recouvrir des morceaux de bois sous la glace. Enfin, il ajoute qu'on peut facilement confondre cette e^pèoe avec le stentor Mulleri, quand elle s'est décolorée par suite de la disparition des granules verts, qu'il nomme des œufs. Plusieurs autres espèces sont remarquables par leur coloration bleue, rouge ou noire.
STENTOR, un des Grecs qui prirent part à l'expédition du siège de Troie. Homère l'appelle le Guerrier A la voix d'airain. Cette voix était si éclatante qu'il se faisait entendre de plus loin que cinquante hommes des plus robustes. Aussi remplissait-il dans l'armée les fonctions de trompette. Dans l' Iliade, on voit Junon emprunter ses traits pour appeler les Grecs au combat. La vanité — car elle se niche partout — causa la perte de Stentor : ayant voulu lutter contre les puissants poumons de Mercure, il perdit lu vie dans ce nouveau genre de combat; heureusement pour lui, car s'il eût été assez malheureux pour rester vainqueur, Mercure eût bien pu imiter Apollon et l'écorcher tout vif.
Tons les exploits de Stentor ont consisté dans la force élastique de son gosier, et cependant, de parle privilège du génie, qui a, comme Midas, le don de changer en or tout ce qu'il touche, le nom de Stentor ne périra jatn.ds: il restera toujours une qualification proverbiale dont on gratifie ceux qui ont une voix forte et retentissante, ou, au figuré, ceux qui fatiguent les oreilles par l'expression répétée d'une opinion.
o Les journalistes étaient, aux yeux de Loustalot, les rois d'armes de la nation, selon la belle expression de M. Clootz, les Stentors de l'opinion, qui se faisaient entendre de tout le camp des Grecs; les tribuns du peuple, qui avaient la véritable initiative de son veto ; les précurseurs intrépides de la volonté générale, qui fait les plébiscites et à qui seule il appartient de faire des lois immuables, d
Camille Desmoulins.
STENTORÉ, ÉE adj. (stan-to-ré — rad, stentor). Eclatant comme la voix de Stentor : Le peuple s'étonna en entendant sa voix stëntorée. (Rabel.)
Criant : Louvel ! d'une voix stentorêe.
Il Vieux mot.
— Infus.- Genre d'infusoires, formé aux dépens des vorticelles, et qui doit être réuni aux stentors.
STËNTOR1NE s. f. (stan-to-ri-ne — dimin.
de stentor). Infus. Syn. de stentor.
STENTOROPHONIQUE adj. (stan-to-ro-foni-ke — de stentor, et du gr. phdné, voix). Tube stentorophonique , Porte -voix, il Peu usité.
STÉNUREs.m. (sté-nu-re— du préf.sté<to, et du gr. aura, queue). Entom. Genre d'insecies coléoptères tétramères, de la tribu des lepturètes, comprenant une trentaine d'espèces, répandues en Europe, en Asie et en Amérique.
— Helminth. Genre de vers nématoïdes, du groupe des sclérostomiens, dont l'espèce type vit en parasite dans le sinus veineux de la tête du marsouin.
STENYCLAROS, ville de la Grèce ancienne, dans la Messéuie, au S. de Messène^ sur le Pamisus, dans une plaine au S. de l'Ithoma et à l'E. du Taygète. Un combat sanglant y
STËP
tut livré pendant la guerre de Messénie. Le ©ourg moderne de Nisi s'élève sur son emplacement.
STÉNYGRE s. m. (sté-ni-gre — du gr. stenugros, étroit). Entom. Genre d'insectes Coléoptères tétramèi es, de la famille des longicornes, trilm des cérambycins, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent 1 Amérique équiitoriale.
STENZEL (Gustave-Adolphe-Harald), historien allemand, né à Zeibst en 1793, mort en 1854.11 étudiait depuis 1810 la philosophie et l'histoire à l'université de Leipzig lorsque éclata la guerre de l'indépendance allemande. I! courut aussitôt se ranger parmi les chasseurs volontaires, assista à plusieurs combats jusqu'à l'assaut du village de Séhestedt, près de Kiel, où il reçut une blessure qui le força à quitter le service. Après sa gnérison, il reprit ses études à Leipzig, s'y fit repevoir agrégé en 1815 et y ouvrit aussitôt des cours sur l'histoire, qui attirèrent un grand nombre d'auditeurs. Deux ans plus tard, il en fit à Berlin qui n'eurent pas moins de succès, devint en 1820 professeur extraordinaire à l'université de Breslau, l'année suivante directeur des archives provinciales deSilésîe, puis, en 1827, professeur ordinaire, et reçut en 1832, en récompense de ses services, le titre de conseiller intime des archives. On a de lui : Histoire de ta constitution militaire de l'A llemagne (Berlin, 1819); Manuel de l'histoire du duché d'Anhalt (D^ssau, 1820; Supplément, Leipzig, 1824); Histoire de l'Allemagne sous les empereurs franconiens ( Lei pzig, 1827-1828, 2 vol.); Histoire de la Prusse (Hambourg, 1830-1837, 2 vol.), ouvrage qui fait partie de la collection des H istoires des Etats européens publiée par Heeren et Ukert; Recueil de documents pour l'histoire de l'origine des villes, de l'introduction et de la dispersion des colons allemands et des lois allemandes dans la Silésieet dans la haute Lusace (Hambourg, 1832); Plan et bibliographie pour servir à des leçons sur l'histoire politique et juridique de l'Allemagne (Breslnu, 1832); histoire de la Silésie (Breslau, 1853), son principal ouvrage, que la mort ne lui permit | as de continuer. Il avait en outre édité, aux frais de la siociéié silesienne pour la civilisation nationale, les Scriplores rerum Silesicarum (Bri:>lau, 18231840, 2 vol.), et seul les Documents pour l'histoire de l'évéché de Breslau au moyen âije (Breslau,1845).
STEPHAN (Martin), né à Siramberg (Moravie) le l3aoûtl777,mortle 21 février 1846. Il adopta de bonne heure les principes des piétistes. Kn 1816, il devint curé du petit groupe des Tchèques établis à Dresde, lit parmi eux des prosélytes et alla répandre ;.es doctrines à Mnlda et à Alteuhourg. Su propagande zélée et certaines pratiques de dévotion nocturnes attirèrent .sur lui l'attention de l'autorité. I! allait être soumis à une enquête, lorsqu'il s'enfuit à Brème, d'où il s'embarqua avec sept cents de ses disciples pour l'Amérique. Il acheta des terrains sur le Mississipi et se fil élire évéque. Le 30 mai 1839, il fut chassé de son siège épiscopul par ses propres ouailles et dut partir pour l'IllitioU, où il mourut.
STÉPHANANDRE s. m. (sté-fa-nan-di e — du gr. siephuno--, couronne ; unêr, mâle). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des rosacées, tribu des spiréées, dont l'espèce type croît au Japon.
STÉPHANE s. m. (sté-fa-ne — du gr. stephanos, couronne). Entom. Genre d'insectes Hyménoptères, de la famille des ichneumonieus, tribu des ichneumonides, dont l'espèce type habite l'Europe centrale : Le Stéphane couronné se trouve sur le tronc des arbres. (H. Lucas.)
STÉPHANHYDRE s. f. (sté-fa-ni-dre). Er-
pét. V. STÉPHANOHYDRE.
STÉPHANIDlE s. f. (sté-fa-ni-dî — du gr. slephnnos, couronne; idea, forme). Zooph.. Genr- de polypiers, rapporté, suivant les divers auteurs, aux groupés des alcyoniens, des bryozoaires ou des luniciers.
STÉPHANIE s. f. (sté-fa-nl — du gr. slephunos, couronne). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des niénispermées, comprenant une duuzaine d'espèces, qui croissent dans l'Asie tropicale.
STÉPHANIE, Italienne célèbre du x«siècle. Ella eiaii femim* de ce dernier des Romains, Crescence ou Crescentius, qui entreprit de faire secouer à l'Italie le joug des empereurs d'Allemagne et des papes, chassa de Ruine Grégoire V et, ayant rétabli la république, se lit nommer consul (980). En 998, après que Ci escentius eut administré l'Etat avec autant de sagesse que de fermeté, Othon 111 rentra à Rome avec une armée pour rétablir Grégoire V, sou parent, qu'il avait fait élire, etassiegea sans r>uceès lechâieau Saint-Ange, où Crescentius s'était retiré et se défendait avec la plus grande vigueur; il résolut alors d'employer la trahison pour eu finir avec la répubi.que. Il lit proposer à Cresoeniius une ea-
f)ituiation honorable. Crescentius se liant à a parole impériale sortit nu château avec ses partisans. Il fut arrêté aussitôt, et l'empereur lui lit trancher la tète. Ses partisans furent imissueies ou faits prisonniers. Stéphanie tut abandonnée à la brutalité des soldats allemands. Trois années après, ayant su qu'Othon était revenu malade d'un pèlerinage au mont Gargan , elle lui fit parler de
STEP
son habileté dans l'art de la médecine, et réussit à l'approcher; puis, sa beauté aidant, elle gagna la confiance d'Othon et, devenue à la fois sa maltresse et son médecin, elle lui versa un poison qu'elle avait préparé et qui le lit mourir dans de longues et horribles souffrances.
Voltaire, dans ses Annales de l'empire, raconte autrement ce sanglant épisode. Suivant lui, Crescentius mourut en combattant et sembla jusqu'au bout mériter le nom de consul qu'il portait. L'empereur prit sa veuve pour maîtresse et lit couper la langue et arracher les yeux d'un pape que Crescentius avait fait élire. Il alla ensuite avec sa maîtresse, pour faire pénitence, en pèlerinage à un monastère, où ils couchèrent tous deux sur une natte de jonc. Un peu plus tard, en 1002, les Romains l'assiégèrent à leur tour dans son palais, et tout ce qu'il put faire, ce fut de s'enfuir avec le pape et avec Stéphanie, sa maîtresse. Il mourut à Paterno, petite ville de la campagne de Rome, à l'âge de près de trente ans. Voltaire rapporte ici que, d'après certains auteurs , sa maîtresse l'empoisonna, parce qu'il n'avait pas voulu la faire impératrice; d après d'autres, il fut empoisonné par les Romains, qui ne voulaient point d'empereur.
STÉPHANITE adj. (sté-fa-ni-ts — du gr.
stephanos, couronne). Autiq. gr. Se disait des exercices dont le prix était une simple couronne.
— Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au Stéphane.
— s. m. pi. Groupe d'insectes hyménoptères, de la famille des ichneumoniens, ayant pour type le genre Stéphane.
STÉFHAN1TJM s. m. (sté-fa-ni-omm — du gr. stephanos, couronne). Bot. Syn. de palicourba, genre rie rubiacèes.
STÉPHANOCÉROS s. m. (sté-fa-no-sé-ross
— du gr. stephanos, couronne; keras, corne), Infus. Genre d'infusoires systolides ou rotateurs, de la famille des floseuluriens, dont l'espèce type vit dans les eaux douces ou saumàtres de l'Europe centrale.
STÉPHANOCOME s. m. (sté-fa-no-ko-me — du gr. stephanos, couronne; komé, chevelure). Bot. Genre de plantes, de lu famille des composées, tribu descarduacées, comprenant deux espèces, qui croissent au Cap de Bonne- Espérance.
STÉPHANOCORE s. m. (sté-fa-no-ko-re — , du gr. stephanos, couronne; korê, prunelle de l'œil), Zooph. Genre de polypiers, de la famille des ocelliens, voisiu des cyathmes.
STÉPHANOCRINE s. m. (sté-fa-no-kri-ne
— du gr. stephanos, couronne; kriuon, lis). Echiii. Genre d'échiuoderines, du groupe des criuoï'ses.
STÉPHANOHYDRE s. f. (sté-fa-no-i-dre — du gr. stephanos, couronne, et de hydre). Erpét. Genre de ivptiles ophidiens, dn groupe des couleuvres. Il On dit aus-i STÉPHANHïmiii.
STÉPHANOIDE adj. (sté-fa-no-i-de — du gr. stephanos, couronne; eidos, aspect). Hist. mu. Qui a la forme d'une couronne.
STÉPHANOIS, OISE s. et adj. (sté-fa-noi, oi-ze). tieugr. Habitant de Saint-Etienne; qui appartient ù celte ville ou à ses habitants : Les Stéphanois. L'industrie stépbanoise.
STÉPHANOMÉRIE s. f. (sté-fa-no-mé-rî — du gr. stephanos, couronne-, meros, partie). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des chicoraeées, comprenant cinq ou six espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord.
STÉPHANOMIE s. f. (sté-fa-no-mî — du gr. stephanos, couronne). Acal. Genre d'acalèphes siphouophores, de la famille des physophorides, comprenant deux espèces, qui habitent l'Océan austral : Les stéphakomius sont pourvues d'organes sexuels distincts. (Dujardin.) La stÉphanomie hérissée est très-remarquable par ses bettes couleurs. (A. Rousseau.)
— Eocycl. Les stéphanomies sont des animaux transparents, gélatineux, agrégés, composés, adhérents à un tube commun et formant une masse libre, très-longue, flottante, qui imite une guirlande feuillee, garnie de longs filets, mais ne rappelant, pour ainsi dire, en rien lu forme rayonuee. Ces animaux vivent dans la mer, où ils flottent lib. ement, mais entraînés pur les courants; on pense qu'ils agitent leurs suçoirs et leurs tentacules pour saisir leur proie; ils sont si longs et si peu consistants qu'il est difficile de s'en procurer des individus entiers. La sléphanomie hérissée a le corps allongé, d'un bleu d'azur, hérissé d'un grand nombre d'appendices foliacés, aigus, et de tentacules roses, peu nombreux , qui s'étendent au loin pour envelopper leur proie; elle habite l'océan AtlaruiMue austral et figure une guirlande cristalline, remarquable par ses belles couleurs.
STÉPHANOMIE, ÉE adj. (sté-fa-no-mi-é
— rad. stéphuuomie). Acal. Qui ressemble ou qui se rapporte a lu steplianumie.
— s. f. pi. Groupe d'acalèphes, comprenant les genres stephanomie et sarcocoue.
STÉPHANOPE s. m. (stè-fa-no-pe — du gr. stephanos, couronne; ops, œil). Infus. Genre d'animalcules infusoires,
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STÉPHANOPHORE s. m. (sté-fa-no-fo-re — gr. stephanophoros; de stephanos, couronne, et de phoros, qui porte). Aniiq. gr. Nom donné à des prêtres d'un ordre particulier, qui portaient une couronne de laurier, et quelquefois une couronne d'or, dans les cérémonies publiques.
— Ornith. Syn. ou section du genre tangara, correspondant en partie aux tangaras-bouvreuils.
STÉFHANOPHYLLIE s. f, (sté-fa-no-fil-lî — du gr. stephanos, couronne; phullon, feuille). Zooph. Genre de polypiers, du groupe des fungies on fongies, comprenant plusieurs espèces fossiles des terrains subapeunins.
STÉPHANOPHYSE s. m. (sié-fa-no fi-ze — du gr. stephanos, couronne; phusa, enflure). Bot. Genre d'arbrisseaux , de la famille de3 acanthacées , voisin des tnellies, comprenant une quinzaine d'espèces, qui croissent au Brésil.
STÉPHANOPODE s. m. (sté-fu-no-po-de — du gr. stephanos, couronne; pous, pied), Bot. Genre d'arbres, de la famille des chaillétiacées, dont l'espèce type croit au Pérou.
STÉPHANOPS s. m. (sté-fa-nopss — du gr. stephanos , couronne; ops, œil). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétranières, de la famille des longieornes, trilm d>-s eérambycins, dont l'espèce type habite l'Australie.
— Infus. Genre d'infusoires systolides ou rotateurs, de la famille des polytroques cuirassés.
STÉPHANORHINE s. m. (sté-fa-no-ri-ne — du gr, stephanos, couronne ; rhin, nez). Entom. Genre d'insectes coléoptères peiïtamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées mélitophiles , dont l'espèce type habite l'Afrique équatoriale.
STÉPHANORHYNQUE s. m, (sté-fa-noraiu-ke — du.gr. stephanos, couronne ; rhugchos, bec). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, dont l'espèce type habite la Nouvelle-Zélande.
STÉPHANOTIS s. m. {sté-fa-nrio-tiss — du gr. stephanos, couronne ; ous, oreille). Bot. Genre d'arbustes grimpants, de la famille des aselupiadées, tribu des pergulariées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent à Madagascar.
STÉPHANOTRIG s. m. (sté-fa-no-trik — du gr. stephanos, couronne; thrix, poil). Bot. Genre d'arbusies, de la famille des mélastomacées, dont l'espèce type croît à la Nouvelle-Grenade.
STÉPHANUCHE s. f. (sté-fa-nu-che — du gr. stephanos, couronne; ouuX, ongle). Entom. Genre d'insectes coléoptères pen.umeres, de la famille des lamellicornes, iribu des scarabées mélitophiles , dont l'espèce type habite l'Améiique du Nord.
STÉPHANURE s. m. (sté-fa-nu-re — du gr. stephanos, couronne; aura, queue). Heluiiiith. Genre de vers nématoïiies,
STÉPHÉGYNE s. m. (sté-fé-ji-ne — du gr. slep/ios, couronne; guné, femelle). Bot. Genre d'arbres, de la famille des rubiacèes, tribu des cinchonées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Inde.
STEPHEN (sir James), historien anglais, né »ers 1788, mon en 1864, Il étudia le droit à Londres, et, tout en exerçant la profession d'avocat, il s'adonna à des travaux historiques. Des études qu'il publia dans la Revue d' Edimbourg attirèrent sur lui l'utteution. Nommé en 1839 sous-secrétaire d'Etat aux colonies, il remplit ces fonctions jusqu'en 1848, avec autant de zèle que ne talent. Stephen fut alors anobli et nommé membre du conseil de commerce. L'année suivante, il accepta une chaire d'histoire à l'université de Cambridge et s'y fit remarquer par la solidité de ton enseignement autunt que par le libéralisme de ses idées. Un lui doit, entre auires ouvraj.es : Essais sur l'histoire ecclésiastique (8 vol.) et une Histoire de France, également en 2 volumes.
STEPHEN DE LA MADELAINE (Etienne- Jeuu-Bapuste-Nieola- Madiùlaine, dit), musicien et littérateur français , ne à Dijon en 1801, mort en 1868. Il fit ses études à Metz, puis vint Parii (1821), dans l'intention ue s'y faire recevoir docteur è.-> lettres; mais comme il était doué d'une voix de basse-taille tort belle, les circonstances décidèrent auti ement de sa destinée; il entra cuuime réciiani. dans la chapelle et dans la musique particulière de Charles X, en même temps qu'il suivait les cours du Conservatoire, où il reçut des. leçons de Plantade. Déjà, pendant un premier séjour de quatre mois" à Paris (1821), il avait reçu des conseils de Lays et de Garât ; il eut le bonheur d'être pris en affection par Paër et Lesueur, qui complétèrent sou éducation. Cependant, au bout de quelques années (1833), il abandonna la carrière musicale pour la carrière administrative et entra au ministère de 1 intérieur comme chef de la statistique. C'est alors que, profitant des loisirs que lui laissait sou emploi, il se 'auça dans les lettres, publia des feuilletons dans quelques journaux, nés articles duns plusieurs revues et fit paraître quelque^ romans d'éducation ; Scènes de la vie adolescente (Paris, 1836, in-12) ; Après le travail (1837, in-12) ; lé Curé de campagne (Tours, 1842, in-12); l'Arc
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de triomphe (2 vol. in-8° illustrés) et quelques autres écrits. Plus tard , M. Stephen de La Madelaine revint à l'art auquel il devait ses premiers succès, mais cette fois pour se livrer à l'enseignement, et il devint un de nos meilleurs professeurs de chaut, professeur non seulement pratique, m:iis théorique, qui avait le double avantage de pouvoir joindre l'exemple au précepte. Il publia une Physiologie du chant (Paris, 1840, in-18), ouvrage remarquable, qui fut traduit en Angleterre, en Allemagne et en Italie, puis des Théories complètesdu chant (Paris, 1852, in-8">), dont deux éditions sont loin d'avoir épuisé le succès. Pendant ce temps, M. Stephen de La Maiielaine devenait l'un des collaborateurs assidus de la France musicale et prenait ensuite la direction de l'Univers musical, journal que son talent ne put sauver d'une fin malheureuse. Enfin M. de La Madelaine a publié des Etudes pratiques de style vocat (Ptiris, 1868, 2 vol. in-12), ouvrage dont un fragment, publié d'abord séparément et présenté par l'auteur à l'Institut, lui avait valu de la part de la section de musique de l'Académie des beaux-arts une approbation des plus flatteuses.
STEP1IENS (Alexandre), biographe anglais, né à Elgin en 1757, mort à Chelsea en 1821. Après avoir failses études à Abeideen, il acheta un brevet d'officier d'infanterie, puis il étuiia le droit et enfin, ayant fait un riche mariage, il s'.-. donna" à la poésie et à la littérature. Ses principaux écrits sont : Letlers from a noblitnmi lo his son (,n 8°J; Public churacters (Londres, 1798, in 8") ; History ofthr tours oflhe french révolution (Lonores, 1803. 2 vol. iu-40) ; Anntwl biography and obitnury (Londres, 1817, 5 vol. in-su).
STEPHEKS (James-Francis), entomologiste anglais, lié à Shoreham en 1792, mort en 1852. Employé dans les bureaux de l'amirauté, il consacrait ses rares loisirs à l'étude de l'histoire naturelle et for.ua une des plus belles collections connues des insectes vivant dans la Grande-Bretagne. Plus tard, on le nomma adjoint au conservateur des galeries entomologiques du musée Britannique. Ses principaux ouvrages sont : Illustrations de t'entomoloyie britannique (1829-1846, 12 vol. iii-8°j; Actes de la Société eutumoloyique; Catalogue des insectes britanniques ; Manuel des coléoptères britanniques.
STEPHKNS (Henri), savant agronome anglais, né Keerpoy (Bengale) en 1795. Il étudia l'agronomie à l'université d'Edimbourg et fit ensuite un stage de trois années dans une ferme pour se livrer a la pratique de l'agriculture. Après avoir voyagé ensuite eu Europe pour se familiariser avec les différentes méthodes de culiure, il devint en 1820 propriétaire d'un vaste domaine, dont il augmenta rapidement la valeur par d'habiles et savantes améliorations. Englobé dans une faillite, il fut obligé de vendre cette terre, qui lui rapporta le iluuble du prix qu'il l'avait payée. Eu 1832, il prit la direction de la Mevue trimestrielle d'agriculture et des Transactions de ta Société agricole des montagnes de l'Ecosse. Le principal et le plus utile ouvrage de M. Stephens est le Livre de ta ferme, manuel pratique d'agriculture, pub.ié pour la première fois en 1844 (8 vol. in- 8°), dans lequel il explique avec autunt de clarté que de précision les travaux qui cou viennent a chaque saison de l'année, et dont il a publié, en 1852, une uouvetle éûiiutn dans laquelle il faii connaître les progrès de la science agronomique et les travaux ue Lieb.g sur I application de la- chimie à l'agriculture. Nous citerons encore Ue lui : le Ùrainuge des terres (18it>)-, le Catéchisme d'ayricuiture pruliç^e (185ti) et la Culture profonde d'ïester (185. ;, où l'nuteur explique les procédés employés par ie marquis de Tweeddule pour fertiliser les laudes de ses terres, etc.
STEPHENS (George), auteur dramatique anglais, ne à Chelsett eu 1800, mort en 1851. Il n'est connu que par ses ouvrages, dont les principaux sont : le Vampire, tragédie (1821) ; Atontesuma , tragédie (1822); Gvrtrude et Béatrice; le Patriote (1849); Âlaitiimszi ou la Jeune Hongroise, sa meilleure tragédie Citons encore de lui : le Père La Chaise (1838, 3 vol.) et la Guerre envisugee comme moyen de cioUisation.
STEPHEJSS (Aunali), femme de lettres américaine, uee dans le Conneciiout vers I8u5. Elie se maria fort jeune et vint demeurer dans l'Etat du .Maine, à Portiutid, nu elle fonda un journal linéraire, dont elle conserva quelque temps la direction. En 1837, elle alla habiter New-York, où elle publia une nouvelle, Mary Ùerwent, qui la signala à l'attention publique. Elle fut, dès lors, uttachèe aux recueils littéraires les plus répandus en Aîné- . rique. Parmi ses productions littéraires, nous citerons : Opulence et misère (1854), un de ses meilleurs ouvrages, traduit nuis fois en français, puis le Vteu-i: foyer de ta famille (New-York, 1856), quia obtenu un succès égal à celui de 1 ouvrage précèdent,
STEPHENS (John-Lloyd), écrivain et voyageur américain, lié en 1805, mort à NeW- Yurk eu 1852. Il fit ses études de droit à New-York jt exerça pendant huii ans la profession d'avocat dans cette ville. Il voyagea ensuite pendant deux ans en Egypte, en Palestine, etc., et fit paraître en 1837 ; Incidents of travel in Egypt, Arabia Petrxa «»*
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the Holy Lani. En 1838, il publia un autre récit de voyage : Incidents ofiravel in Greece, Turkey, Itussia and Poland (2 vol.). Ces deux ouvrages eurent un grand succès. En 1839, Stephens visita l'Amérique centrale et lit une étude spéciale sur les antiquités de cette partie du nouveau continent. De retour a New-York, il publia une relation de ce voyage, intitulée : Incidents af travet in Central America, Chiapas and Yueatan (1841, 2 vol.). A la suite d un nouveau voyage au Yueatan en 1842, il publia encore : Incidents of travel in Yueatan (1843, S vol.). Les illustrations ui accompagnent ce dernier ouvrage sont
ue Catherwood, un des compagnons de voyage de l'auteur. Slephens fut administrateur de la Société des paquebots de l'Océan et lit, comme représentant de cette société, la première traversée sur un navire à vapeur qui ait eu lieu d'Amérique en Europe.
STEPHENS (Alexandre-Hainilton) , homme d'Etat américain, né en Géorgie en 1812. Orphelin tout enfant et sans fortune, il trouva clés protecteurs qui l'envoyèrent an collège et lui fournirent les moyens d'étudier le droit. Reçu avocat en 1834, il exerça sa profession en Géorgie avec un talent qui le ht aussitôt remarquer. M. Stephens avait trente ans lors-
3ue ses concitoyens le nommèrent membre u sénat géorgien et, en 1843, député au congrès de Washington. Sa facilité de parole, son entente des affaires lui acquirent en peu de temps unes grande autorité parmi les conservateurs. Hostile à l'émancipation des noirs, il contribua à faire adopter, en 1854, le bill qui admettait l'esclavage dans les territoires du Nebraska et du Kansas, en violation de la convention célèbre en vertu de laquelle il était interdit d'étendre cette institution barbare an delà du 36e degré de latitude. Deux ans plus tard, il fut un des promoteurs de lu candidature de M. Buchanan à la présidence de la république. En 1859, il ces-.u de faire partie du congrès; l'année suivante, il se montra un adversaire acharné de la candidature de Lincoln comme président et déclara hautement que, si le représentant du parti républicain arrivait au pouvoir, il en résulterait une séparation violente entre les Etats du Nord et ceux du Sud. Ces menaces ne tardèrent pas à se réaliser. Les démocrates , partisans de l'esclavage , brisèrent le pacte d'union et déchaînèrent sur leur pays les horreurs d'une longue guerre civile. Lors de la réunion en congrès des représentants des Etats séparés, M. Stephens fut élu provisoirement vice-président des Etats du Sud et maintenu dans ces fonctions sous la présidence de Jefferson Davis. Il se montra un des plus acharnés dans cette lutte fratricide et mit tout en œuvre pour faire triompher la plus inique des causes. Lorsque les séparatistes commencèrent à comprendre, à leur épuisement, que l'issue de la guerre leur serait fatale , M. Stephens fut designé pour faire partie d'une conférence où les représentants des deux grands partis belligérants, réunis au fort Moriroe (2 février 1865), négocièrent, mais sans succès, des conditions de paix. Deux mois plus tard, la prise de Richmond portait le dernier coup aux esclavagistes, et peu après M. Stephens était fait prisonnier avec Jefferson Davis. Mais au bout de quel-
Sues mois, le nouveau président de l'Union, ohnson, lui rendit la liberté sans qu'il eût été jugé, et, k partir de ce moment, il a vécu dans la retraite.
STEPHENSON (George), célèbre ingénieur anglais, né k Wylura, prés de Newcastle-sur- Tyne, le 9 juin 1781, mort kTaptou le 12 août 1848. Il était le fils d'un ouvrier chauffeur, employé à la pompe k feu d'une houillère. A peine âgé de sept ans, Stephenson fut obligé d'aller garder les vaches dans la campagne pour gagner 2 shillings par mois. Il avait déjà le goût des inventions et s'amusait ù faire de petits moulins et une foule de petits ouvrages de mécanique. Lorsqu'il eut quatorze ans, son père le fit admettre auprès de lui comme aide chauffeur. Trois ans après, poussé par un vif désir de s'instruire, après uvofr étudié dans toutes ses parties le jeu de li machine confiée à ses soins, il eut lu courage d'aller k l'école, où il apprit k lire, à écrire et k calculer en très-peu de temps. Quelques-années plus tard, il obtint une place de mécanicien dans une mine des environs de Newcastle. Comme ses ressources étaient des plus modiques, il se reJigna, pour pouvoir acheter des livres, à raccommoder, dans les heures prises sur son sommeil, les habits et les chaussures de ses camarades. Bientôt il essaya de réparer une vieille horloge et réussit si complètement que de toutes parts on lui apporta des montres ou des horloges à régler. Grâce k son habitude du travail, h son économie, le jeune ouvrier se trouva k la tête d'une petite somme qui lui permit d'épouser une jeune Bervante qu'il aimait, Fanny Henderson. Cette dernière mourut en 1803, lui laissant un (ils, Robert Stephenson. Presque en même temps, son père devint aveugle et il fut appelé par la voie du sort à entrer dans la milice lors des guerres contre la France. Il se fit remplacer ; mai* ces événements suci easifs avaient épuisé sa bourse et il se trouva plus pauvre que jamais. Désirant cependant donner a son fils l'éducation qui lui avait manqué, il redoubla de travail, menant de front son humble profession et l'étude de la mécanique. Cependant, en 1810, il n'était en-
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core qu'un simple surveillant à la houillère lorsqu'un fait inattendu vint le mettre en évidence. Ayant appris qu'une machine atmosphérique de Newcomen, installée pour épuiser l'eau d'un puits, ne pouvait fonctionner malgré tous les efforts des ingénieurs et des mécaniciens des environs, il alla l'examiner et déclara que, si on lui permettait de réparer cette pompe, l'eau du puits serait épuisée avant huit jours. Le directeur de la houillère, à qui ces paroles furent répétées, donna carte blanche a Stephenson, qui modifia la construction de la machine, la remonta et la mit au bout de cinq jours en état de fonctionner. Cette preuve d'habileté fit grand bruit. Stephenson reçut une gratification de 250 francs, fut nommé mécanicien, puis devint en 1812, après avoir pris des leçons de mathématiques, de mécanique et de chimie, ingénieur de la mine de Willington aux appointements de 2,500 fr. Continuant ses inventions, George Stephenson remplaça par des rails en fer les rails en bois et, au moyen de plans inclinés, parvint à réduire au sixième environ le nombre des chevaux employés dans la mine. Sa position d'ingénieur, en augmentant ses appointements, lui permit d'envoyer son fils au collège et, en lui laissant plus de loisir, lui donna les moyens de perfectionner ses études. On songeait à cette époque à employer la vapeur comme moyen de traction. En 1804, les constructeurs Trevithick et Vivian eurent l'idée de remplacer les chevaux, sur les chemins de fer des mines, par une locomotive à vapeur qui, placée sur des rails, pût traîner, outre son propre poids, quelques wagons chargés de houille. George Stephenson, après avoir suivi-les divers essais faits lorg de cette première tentativ%, entreprit k son tour de construire une locomotive perfectionnée, qu'il termina au bout de dix mois, après mille épreuves et grâce à lord Ravensworth, qui lui en fournit les moyens. « Quelque lourde et grossière qu'elle fur, dit M. Hughes, elle fonctionnait; le chemin de fer était inventé. Stephenson fut le premier à comprendre le système de l'adhérence des roues et à écarter les diverses inéthodesd'engrenage imaginées parceuxqurTavaient précédé; enfin, le25 juillet 1814, la machine fut placée sur les rails de la houillère et entraîna huit wagons pesant 30 tonnes avec une vitesse de quatre milles à l'heure. On se moqua de ce résultat ; mais Stephenson répondit aux railleurs : « Elle o marche, c'est tout ce qu'il nie faut. » H nu tarda pas à reconnaître ce qu'elle avait de défectueux et, en 1815, il prit un brevet pour une locomotive améliorée, qu'on doit regarder comme le prototype de toutes celles qui ont été construites depuis. Un examen attentif lui ayant démontré que la vapeur s'échappait du tuyau de décharge avec une force et une vitesse de beaucoup supérieures à celles de la fumée qui sortait de la cheminée, il eut l'heureuse idée de faire aboutir ce tuyau dans la cheminée même. Grâce k cette innovation, la vapeur entraîna la fumée, augmenta le tirage et doubla la force de la machine sans exiger une plus grande dépense de combustible. Celte méthode avait en outre l'avantage de rendre les explosions presque impossibles. En 1816, il prit un second brevet pour un nouveau genre de rails et de coussinets ainsi que pour une locomotive à ressorts. » Cette grande découverte, qui devait être le point de départ de toute une révolution économique, fit du bruit, mais on n'en entrevit pas d abord toute la portée. On crut qu'elle serait tout au plus utile pour transporter à une faible distance le charbon extrait des mines, et encore les dépenses que devait occasionner ce moyen de traction parurent-elles i un obstacle insurmontable à son emploi. Pendant près de dix ans, l'invention de Stephenson passa donc pour ingénieuse, mais sans utilité pratique.
Le 21 octobre Î815, l'habile ingénieur imagina pour les mines une lampe de sûreté qu'il essaya lui-même et qui réussit complètement. Vers la même époque, Davy inventait celle qui porte son nom.
Depuis plusieurs années, on avait reconnu combien les moyens de communication entre Liverpool et Manchester étaient devenus insuffisants, à tel point que le travail des manufactures de cette dernière ville était souvent arrêté faute de cocon, tandis que les docks de Liverpool étaient encombrés de cette matière première; en revanche, les expéditions des produits fabriqués k Manchester ne pouvaient s'effectuer que difficilement. Les négociants intéressés pensèrent à relier les deux cités par un chemin de fer k rails de bois et à traction de chevaux, dont ils tirent commencer les études ; mais les propriétaires ' des canaux, les fermiers et les paysans opposèrent sur tous les points une telle résistance aux ingénieurs, souvent attaqués et maltraités, que le projet dut être abandonné. Peu de temps après, le Parlement, sur la demande de M. Pease, autorisa la construction' d'un chemin de fer entre Darlington et Stockton. George Stephenson, chargé d'abord de diriger les travaux, fut nommé, en 1823, ingénieur en chef de la ligne, avec 7,200 francs de traitement annuel. Le chemin fut inauguré le 27 septembre 1825, et l'entreprise eut un succès des plus éclatants.
Voici en quels termes le Times du 2 octobre 1825 rendait compte de l'inauguration de cette ligne :
■ Les habitants du comté de Durham ont
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joui, le 27 septembre, d'un spectacle extrêmement curieux : la voie ferrée entre Darlington et Stockton a été ouverte en grande pompe. Trois machines à vapeur, de la force de cinquante chevaux chacune, ont servi à amener treize wagons chargés de marchandises et de produits divers sur la hauteur du plan incliné qui ferme la voie. Là, on a attelé ' a une machine mobile appelée l' Expérience ces wagons et un certain nombre d'autres qui contenaient les autorités, les invités, les actionnaires, etc. ; il y avait en tout trente-quatre voitures, dont une remplie de musiciens, qui exécutaient de joyeuses fanfares; une autre était décorée d une bannière où on lisait :
Pericuhtm privatum, utilitas publiai.
Sur un signal donné, le convoi se mit en marche; la foule poussa des cris d'allégresse. Des cavaliers à cheval essayent de suivre les wagons, mais ils sont bientôt distancés; là où la pente était la plus forte, la vitesse du convoi atteignit jusqu'à 26 milles (40 kilomètres) à l'heure, •
En peu de temps le nouveau chemin de fer développa d'une manière incroyable le commerce et la richesse du pays traversé, et le transport des voyageurs, sur lequel on n'avait pas compté, prit un tel accroissement qu'il donna rapidement autant de bénéfices que celui des marchandises. Bientôt on reprit les études du chemin de fer de Liverpool à Manchester. George Stephenson futchargé de les diriger et réussit, à force de persévérance et de volonté, à surmonter les nombreux obstacles qui entravèrent ses travaux et qui venaient soit des préjugés populaires, soit d'ingénieurs incrédules et routiniers, opposés à toute innovation. La voie terminée, l'ingénieur conseilla aux directeurs de la ligne d'adopter les locomotives comme moyen de traction.
° En 1829, dit M. Figuier, eut lieu à Liverpool l'événement qui détermina la création des chemins de fer européens. Les directeurs du chemin de fer de Liverpool se décidèrent, non sans peine, à adopter pour le service de ce chemin l'usage des locomotives, au lieu de machines à vapeur fixes, destinées k remorquer les wagons, comme on l'avait d'abord projeté. Ils ouvrirent alors un concours public, où tous les constructeurs d'Angleterre furent invités à présenter des modèles de locomotive. Le prix (500 livres sterling) fut décerné k la locomotive la Fusée (ihe Rocket), de George Stephenson et Robert son fils. La supériorité que cette machine montra sur les autres locomotives qui figuraient dans ce concours tenait à ce que le constructeur avait adopté les chaudières à tube, inventées en 1829 par un Français, M. Seguin aîné d'Annonay. » Grâce à l'invention de Seguin (v. ce nom), la locomotive de Stephenson devenait une machine capable de fournir une vitesse de traction considérable et inespérée.
Toutes les locomotives destinées au chemin de fer de Manchester à Liverpool furent construites sur le modèle de la Fusée. Les avantages de ce système se manifestèrent dès lors avec une telle évidence, que ce chemin de fer, qui n'avait été construit que pour transporter les marchandises, fut bientôt consacré au service des voyageurs. Le grand succès du chemin de fer de Liverpool k Manchester décida l'adoption générale du système des voies ferrées dans toute l'Europe. L'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne, enfin la France se couvrirent, dans l'espace de dix ans, d une immense étenaue de ces voies nouvelles, destinées k produire une si profonde révolution.
Les magnifiques résultats obtenus par Stephenson le tirent appeler aussitôt de tous côtés pour étudier ou diriger la construction des lignes qui allaient être construites. Ce fut ainsi que l'on confia k Stephenson et k son fils Robert, qui partageait ses travaux, la ligne de Liverpool k Birmingham , hérissée de difficultés naturelles et qui exigea un grand nombre d'ouvrages d'art. On peut encore citer, parmi les lignes k l'exécution desquelles coopéra George Stephenson, celle de Sheftield k Rotterham, terminée en 1838 ; celle de Birmingham à Derby, achevée l'année suivante ; les lignes de Derby à Newoastle, de Manchester à Leeds, de Leeds k Bradford, de Chester à Crewe, de Manchester à Birmingham et de Maryport k Carliste, qui furent ouvertes en 1840, sans compter plusieurs lignes en Ecosse et en Irlande, dont il surveilla la construction, aidé par de jeunes ingénieurs qu'il avait formés lui-même, MM. Vignollos, Locke, John Dixon, Thomas Goocb,Swanwick, Birckenshau, Cabrey, etc.
Vers 1810, Siephenson se démit, en faveur de son fils Robert et de quelques-uns de ses élèves, des fonctions qu'il avait à remplir auprès d'un grand nombre de compagnies. Il alla vivre k son cottage de Tapton, dans le comté de Derby, où il s'occupa, pour utiliser ses loisirs, à de nouvelles et utiles découvertes. C'est ainsi qu'il inventa un frein qui, manié par un seul employé, peut arrêter un train composé d'un grand nombre de voitures. Il fut ensuite nommé président de la compagnie des chemins de fer d'Yarmouth et de Norwich et de la Société des ingénieurs. Appelé en Belgique lors de la création du réseau des voies ferrées, il se vit trailé avec la plus grande bienveillance par le roi Léopold, qui le décora de son ordre. Cependant sa santé
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fut très-ébranlée à la suite d'un voyage en Espagne et en France, au retour duquel il fut atteint d'une pleurésie. Dès lors il ne quitta plus son cottage, où il se livrait au jardinage et anx divers plaisirs de la campagne. Au milieu de ses maux, il conservait une admirable sérénité et montrait aux nombreux amis qui le venaient visiter une gaieté qui contrastait avec son épuisement prématuré. Enfin, il fut atteint d'une fièvre intermittente que rien ne put arrêter et s'éteignit en peu de temps.
• En 1844, dit M. Systermans, les négociants de Liverpool lui élevèrent une statue; une souscription ouverte k la même époque, pour lui offrir un tribut d'admiration et d encouragement, demeura k peu près sans résultat, et ce fut seulement le 2 octobre 1862 qu'une deuxième statue fut consacrée k sa mémoire par sa ville natale. Mais le puKsant développement de son œuvre parle plus haut que tous les monuments, et le monde entier se couvre de chemins de fer qui donnent k George Stephenson des titres impérissables k la reconnaissance de l'humanité. »
Le 27 septembre 1875 a eu lieu k Darlington un meeting international pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'inauguration du premier chemin de fer, dû k Stephenson, et celui-ci a été surnommé pur les Anglais le
Roi <!«• rniliTfiys.
M. Samuel Smiles, l'auteur du bel ouvrage intitulé Self Help, a publié uieVie de George Stephenson, fort détaillée et fort intéressante. On trouvera encore d'utiles renseignements sur lui dans les œuvres de MM. de Triquettv, Figuier, Flachat, Ritchie , Seguin, Pouillet, etc.
' STEPHENSON (Robert), célèbre ingénieur anglais, fils du précédent, né k Willington, près de Newcastle, le 16 décembre 1803, mort k Londres le 12 octobre 1859, Son père, voulant lui faire donner l'instruction qui lui avait manqué, l'envoya d'abord chez un maître d'école de Long-Ben ton, puis chez un muftre de pension k Newcastle. Comme il demeurait k une faible distance de la ville, chaque matin, monté sur un âne, Robert Stephenson se rendait k la pension, et le soir il travaillait auprès de son père qui, tout en profitant des connaissances théoriques de l'enfant, l'initiait k ses travaux, k ses recherches <'t k ses inventions. Au bout de trois ans, Robert, dont les progrès avaient été extrêmement rapides, connaissait l'arithmétique, la géométrie, l'algèbre, 1» géographie, 1 astronomie et le français. Par la douceur de son caractère et par sa passion pour l'étude, il avait su se concilier les sympathies de tous, et un secrétaire de la Société scientifique de Newcastle, le voyant passer toutes ses récréations k étudier dans la salle de lecture de la Société, s'était pris d'amitié pour lui, lui avait prêté des livres et était devenu en quelque sorte son répétiteur. En 1818, Robert quitta sa pension et revint k lu mine où travaillait son père. 11 y futt bientôt employé comme Sous-inspecteur et s'attira la reconnaissance du directeur, nommé Wood, en le sauvant pendant une explosion de feu grisou. Deux ans plus tard, son père l'envoya k l'université d'Edimbourg, où il étudia avec son ardeur habituelle la physique, la chimie et remporta le prix de mathématiques. En 1822, il entra comme employé dans une fabrique de machines k vapeur que son pore dirigeait h Newcastle. Le climat et l'excès de travail ayant altéré sa santé, il accepta avec empressement l'offre qu'on lui fit de se rendre dans l'Amérique du Sud pour examiner des mines d'or et d'argent. Il visita la Colombie, constitua une société pour l'exploitation des mines d'argent de ce pays et revint en 1S27 en Europe, k l'appel de son père qui s'occupait en ce moment de la création du chemin de fer de Liverpool k Manchester et qui voulait le charger de diiiger l'usine de machines k vapeur de Newcastle. A son arrivée, cet établissement, fort négligé, était dans une situation financière déplorable. Il y rétablit l'ordre, régla les comptes, lui donna une activité nouvelle et le mit en pleine voie de prospérité. Lorsqu'on 1828 on agita la question de savoir si on emploierait sur le chemin de fer de Liverpool des machines fixes ou, comme le proposait sou père, des locomotives, il rédigea k ce sujet un rapport qui détermina les directeurs de la compagnie k mettre k l'essai l invention de George Stephenson. U aida sou père k construire la Fusée, qui remporta le prix au concours de Rainhill (1829), puis fabriqua une autre locomotive, la Planète, k laquelle il ajouta de nouveaux perfectionnements et qui, grâce k l'emploi de la chaudière tubulaire de Seguin, franchit en deux heures treiue-neuC minutes la distance de Livei pool à Manchester, en remorquant un train de marchandises considérable. Quelque temps après, il construisit une locomotive destinée aux chemins de fer présentant des courbes très-sensibles. A partir de ce moment, il partagea son temps entre la construction de chemins du fer en Angleterre, en Suéde, en Italie, aux Etats-Unis, en Egypte et celle de ponts tubulaires, qui l'ont rendu justement célèbre et dont il est l'inventeur. C'est k lui qu'on doit l'admirable viaduc en fer et en pierre qui s'élève k Newcastle, sur la Tyne, et qui, y compris le pont haut de 130 pieds anglais construit pour livrer un libre passage aux vaisseaux^ une longueur de plus d'un kilomètre. On lui doit également le pont Victoria, k Ber-
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wick sur la vallée de Tweed ; le pont de Conway, le gigantesque pont Britannia, son chefd'œuvre, reliant l'Angleterre à l'île d'Anglesey, en faisant franchir au chemin de fer de ChesteràHolyheadledétroitde Menai (v. Menai) ; les deux ponts tubulaires construits à Manchester, puis envoyés en Egypte et placés, l'un sur la branche du Nil dite de Damiette, l'autre sur le grand canal , près de Besket-al-Saba; enfin le magnifique pont Victoria, le dernier de ses ouvrages, sur le fleuve Saint-Laurent, près de Montréal. Dans ces travaux gigantesques, Stephenson s'est montré un constructeur de génie.
En 1847 , Richard Stephenson entra à la Chambre des communes, où l'envoyèrent les électeurs de "Whitby ; mais il siégea parmi les conservateurs et n'y joua qu'un rôle effacé. Président de la Société des ingénieurs civils d'Angleterre, il était en outre membre d'un grand nombre de sociétés scientifiques et littéraires. Sesenvois à l'Exposition universelle de Paris en 1855 lui valurent une médaille d'or. Lorsqu'il fut question de percer l'isthme de Suez, cet éminent ingénieur, craignant sans doute que le canal ne fit une désastreuse concurrence aux chemins de fer égyptiens dont il était le créateur, se montra J adversaire déclaré de l'entreprise et la déclara impraticable, en se basant sur des faits matériels reconnus faux depuis. Sa santé, usée par ses travaux constants, par la surveillance de chaque heure qu'il apportait à ses gigantesques entreprises, s'ultéra profondément, surtout après la chute qu'il lit dans lu Tamise lorsque, avec des machines de son invention, il parvint a opérer le lancement du Great- Eastern que Brunel n'avait pu mettre à flot. Un voyage qu'il fit en Norvège acheva de ruiner sa santé. Atteint d'une maladie de foie, compliquée d'hydropisie, i! mourut à Londres, à cinquante-six ans, et fut enterré dans l'église de Westminster, avec la |>lus grande pompe. Marié en 1829 avec la fille de John Sanderson, il était devenu veuf en 1842 sans avoir eu d'enfant. Comme son père, il joignait aux plus hautes facultés de l'jngénieur une rare noblesse de caractère et une extrême bonté. Devenu possesseur d'une fuituno de 12 millions, il employait une grande partie de ses revenus en œuvres de bienfa.sance et lorsqu'il trouvait que les compagnies récompensaient trop largement ses services, il partageait avec les employés ce qu'on lui donnait. Constamment serviable, ennemi de l'intrigue, il savait gagner l'affection de tous ceux qui l'entouraient. Il faisait élever à, ses frais les enfants de ses anciens camarades, de ceux qui avaient aidé sa fiimille dans les mauvais jours, encourageait les jeunes inventeurs et procurait des positions et des emplois aux jeunes ingénieurs ses élèves. En mourant, il légua 600,000 francs à son district natal et laissa des sommes importantes à divers établissements utiles.
A l'époque où Robert Stephenson était au
filus haut point de sa renommée, il était telemeut accablé de visites partout où il allait, qu'il se décida à vivre dans une maison sans sonnette ou. sans marteau, c'est- li-dire dans son yacht Titania n» 1, Cette embarcation ayant été détruite par un {incendie, dans le port de Cowes, son ami Scott Russell lui construisit Titania. n» 2, sur lequel Stephenson passa en partie les dernières et les pins heureuses années de sa vie. Outre deux rapports remarquables sur les services hydrauliques de Londres et de Liverpool, on lui doit deux ouvrages estimés : De la machine à vapeur locomotive ; Du système atmosphérique appliqué aux chemins de fer.
STEPNEY (George), poète anglais, né à Londres eu 1663, mort en H07. 11 embrassa la carrière diplomatique et fut successivement envoyé auprès de l'électeur de Brandebourg en 1692 et auprès de l'empereur d'Allemagne et de l'électeur de Saxe en 1694. 11 assista en 1696 au congrès de Francfort et passa successivement à Varsovie, a Vienne et a La Haye. On a de lui, entre autres poésies, une ode latine sur le mariage delà princesse Anne et du prince Georges de Danemark (1683) et des traductions d'auteurs anciens. 11 fut l'un des collaborateurs de Dryden pour la traduction de Juvénal publiée en 1693.
STEPNIE-BARANI s. m. (stèp-nï-ba-ra-ni).
Mamm. Nom vulgaire du mouflon, en Sibérie.
STEPPE s. m. (stè-pe — root russe qui signif. lande). Nom donné, en Russie et dans le nord de l'Amérique, à de vastes plaines incultes : Les steppes de la Tartarie. La vue se repose ou foin sur des stkppes qui paraissent s'élever à l'horizon. (Humboldt.) Il Nom que l'on donne, dans l'Ukraine, aux terres en friche. Il Quelques auteurs fout ce mot, du genre féminin : Transportons-nous au milieu des steppes arides et salés de la haute 'Tartarie, que parcourt te Mongol sur son coursier. (Virey.) Les steppes de l'Asie sont généralement formées pur des terrains argileux, de vastes couches de sable qu'échauffent les rayons du soleil. (A. Maury.)
— Encycl. Ce mot de la langue russe sert a désigner les vastes plaines qui, s'étendent depuis l'Europe orientale jusque vers le milieu de l'Asie septentrionale. Les premiers steppes se trouvent dans la Valachie, la Moldavie et la Bessarabie ; Us courent jusqu'aux collines qui bordent le Volga, en Europe. En Asie, les steppes comprennent tout le
STEP
Î>ays au nord et à l'est de la mer Caspienne , a Tartarie indépendante, la Sibérie à l'est de l'Oural et au nord de l'Altaï. Les cours d'eau y sont rares, presque toujours encaissés au fond de ravins étroits; le sol et le climat ne comportent guère la croissance des arbres, qui sont en général très-petits. On attribue ce phénomène au peu de profondeur des terres végétales, au-dessous desquelles se trouve un banc argileux qui ne permet pas aux racines d'acquérir tout leur développement. Ces régions sont donc exposées sans défense à la violence des vents et difficilement habitables durant les sécheresses de l'été et les froids de l'hiver ; aussi les nomades qui les parcourent incessamment doivent-ils, en général, se retirer dans quelques districts mieux abrités que les autres, et surtout près des montagnes qui y confinent ça et là. En revanche, il s y développe au printemps une luxuriante végétation. Les steppes produisent naturellement une espèce d'iris à feuille de chiendent, la giroflée des montagnes, une sorte de julienne , l'astragale , le crambe à feuilles rudes, la véronique d'Autriche, la renoncule drapée , la renoncule d'Illyrie, le géranium, l'immortelle, le liseron de Perse. On y cultive presque toutes nos plantes des jardins, et le blé y vient en si grande abondance, que les peuples occidentaux en tirent une partie de leur consommation. Du reste, pas un arbre fruitier, excepté dans la partie orientale où l'on rencontre le poirier sauvage. On y trouve aussi, suivant les régions, le myosotis, la moutarde, le raifort, l'asphodèle, la joubarbe, l'amandier nain, une espèce d'églantier, le chèvrefeuille tartare , la rhubarbe, etc. *
Les animaux sont : le rat, le lièvre, le hérisson, le blaireau, les martres, dont la four» rure est recherchée, les renards, la belette, le putois, le lézard et des serpents. On y rencontre, mais rarement, la marmotte, la gerboise et la musaraigne. Parmi les oiseaux, on compte le geai, les becs-tins, le moineau, la bergeronnette, le pluvier à queue blanche. Tous ces animaux ne sont point répandus uniformément sur la surface des steppes. Telle espèce ne se rencontre que sous une certaine latitude; d'autres, au contraire, se trouvent partout.
Au printemps, le steppe offre un charme incomparable. L'herbe, d'un vert éùncelaiit, est cachée sous les fleurs qui y croissent avec une telle abondance que, dans de grands espaces, elles couvrent le sol d'un tapis de jacinthes, de crocus et d'oeillets sauvages. L'air est frais et parfumé, et les oiseaux y fourmillent. Puis quand le vent agite ces grandes herbes, où les chevaux, les bœufs sont à demi plonges, le steppe ressemble à un océan tumultueux de fleurs et de verdure. C'est un des plus beaux spectacles naturels dont il soit donné à l'homme de jouir. II a été souvent célébré par les poètes de ces contrées, et nous citerons, parmi les plus modernes, Koltsof, la poète marchand de bestiaux.
L'été vient ensuite tarir les sources et les marais ; t la terre devient aride et noire, dit un voyageur, la chaleur est accablante. Le soleil se lève et se couche comme un globe de feu. Dans le milieu du jour, la lumière est obscurcie et comme enfumée par les flots de poussière brûlante qui flottent dans l'air et qui donnent aux habitants de ces régions les tons cuivrés des races africaines. Les troupeaux maigres et sauvages errent tristement dans la plaine ardente... (Ce tableau est spécial aux steppes de la Russie méridionale,)
» En automne, la chaleur diminue, l'épaisse poussière n'est plus qu'une vapeur; le soleil couchant répand au ciel la splendeur de ses teintes d'or et de pourpre. Avec septembre cette phase finit, et lorsque les hautes herbes desséchées sont cassées par les vents et transportées d'une place à l'autre , on les voit rouler par pelotes énormes ayant quelquefois un diamètre de plus de 30 pieds. Pas uu champ de blés mûrs, pas un bouquet d'arbres aux feuilles rougeâtres ne jettent leur charme mélancolique sur les derniers jours de la saison. Puis octobre arrive avec son cortège de pluies et d'orages, précurseurs de l'hiver froid et rigoureux, qui remplit les plaines, de rafales de neige. »
Les Russes ont entrepris- de cultiver les steppes, et, poury parvenir, ils y ont établi des colonies militaires, qui sont devenues florissantes. Les moins cultivables des steppes sont certainement ceux qui s'étendent entre le Dnieper et le Bug, en Europe, et cependant les colonies qu'on y a fondées n'ont point été abandonnées. Entre le Don et le Volga s'étend une autre plaine aussi peu fertile, mais riche en charbon de terre; les Cosaques de ces pays ne vivent déjà, plus comme les Scythes, leurs pères; ils commencent à cultiver, et tout fait supposer que le pays, changeant d'aspect, finira par ne plus mériter le nom de désert. tt
Dans le steppe du Baraggan, à l'est de la Valachie, on pratique surtout le système de culture pastorale pure. A l'annonce du printemps, les pâturages des montagnes se couvrent d'animaux qui, au 1« septembre, descendent dans les plaines pour y passer l'hiver. Le manque d'eau dans le steppe a. fait surgir l'idée de puits artésiens. D'innombrables troupeaux et surtout des bœufs et des brebis paissent duran t tout l'été dans ces plaines immenses, où l'œil ne saurait voir de tous côtés que de l'herbe épaisse, sillonnée par
SXER
des bandes de vautours, de grues, d'outardes, de canepetières, de cailles et d'autres gibiers volatiles. Pendant l'hiver, le* séjour dô ces steppes est dangereux, car les vents violents qui s'y élèvent entraînent souvent des troupeaux entiers, les ensevelissent sous les neiges ou les jettent dans les grands lacs de la Èortcha, qui est à l'est du Baraggan.
Dans ces steppes, les vautours noirs, gris et blancs sont très-communs et se nourrissent des nombreux corps morts qui se trouvent répandus sur les pâturages.
Le sol primitif des steppes se compose d'une épaisse couche argileuse, produite, sans doute, parle séjour prolongé des eaux. Depuis des milliers d'années, il s'est formé, par suite de la décomposition des végétaux et des animaux qui y sont morts, un dépôt d'humus d'une extrême fertilité. Sur le territoire de la Russie, ce dépôt occupe une superficie de plus de 65,000 lieues géographiques carrées, c'est-à-dire un espace plus étendu que celui de l'Espagne, de la France et de l'Italie réunies ensemble.
STEPPEDR s. m. (stè-peur — de l'angl.
to step, marcher). Turf. Cheval qui a de l'action, de la vivacité.
STÉRAGE s. m. (sté-ra-je — rad. slérer). Action de stérer : Le stérage du bois à brûler.
STÉRASPIS s. m. (sté-ra-spiss — du gr.
stéréos, solide; aspis-, ècusson). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricorne.s, tribu des buprestides, comprenant sept espèces, qui habitent l'Afrique.
STERBEECK (François), botaniste et ecclésiastique séculier flamand, né à Anvers en 1631. Son principal ouvrage est un traité sur les champignons intitulé : Theatrum fungorum of het Touneel der campernoelien (1675). La prétendue édition de 1712 de cet ouvrage n'est autre que celle de 1675 dont on a changé le titre. On doit encore à Sterbeeck un petit essai, Sur les champignons, où il est surtout question des champignons nuisibles, et qu'il joignit a un livre sur le jardinage intitulé: Verstandigen hooenier ou le Parfait jardinier (1654); un traité de cuisine intitulé Kook boek (1668) et un ouvrage sur la culture des citronniers et autres hespérides intitulé : Citri cullura ofte regeering des uytheemsc/te boomen te weten orangen, cilroenen, limoenen, granaten, laurieren, etc.
STBRBINI (Pierre), homme politique et littérateur italien, né à Frosinone, Etats romains, en 1795. Il étudia la médecine et fut reçu docteur à Rome. En même temps, il cultivait la poésie et fit représenter dans cette dernière ville, en 1827, une tragédie, la Vestale, qui dut en grande partie son succès aux allusions qu'elle renfermait contre les abus du gouvernement pontifical et qui fut bieutôt prohibée. Une ode sur la bataille de Navarin acheva de rendre suspect Sterbini et le fit expulser de Rome. Lois de l'insurrection de 1 Italie centrale (1831), il s'efforça de pousser les libéraux romains à s'emparer du gouvernement de la métropole et à proclamer la déchéance du pape. La révolution vaincue, il dut s'éloigner des Etats de l'Eglise, ou il rentra par suite de l'amnistie accordée sur les instances du gouvernement français. Il fut dès lors un des agents les plus actifs de la Jeune Italie. Dénoncé, il put s'enfuir à temps, habita la Corse quelque temps, puis se fixa à Marseille, où il exerça la médecine jusqu'à l'avènement de Pie IX (1846). Il rentra alors dans son pays pour prendre part au nouveau mouvement de réforme. Principal rédacteur, pendant près de trois ans, du journal 11 Contemporaneo, il fut président du Cercle populaire, député à la Chambre et entiu imposé comme ministre à Pie IX par l'opinion lors des événements de novembre 184S (assassinat de liossi). Chargé du portefeuille du commerce et des travaux publics, il le garda, après la fuite du pape et sous la république, à la proclamation de laquelle il contribua puissamment comme membre de l'Assemblée constituante. Au mois de mars 1849, après la démission du ministère, Sterbini fut nommé conservateur des musées, bibliothèques et archives publiques. 11 prit bientôt après une part active à l'organisation de la défense de Rome, et, par ses discours à l'Assemblée, par ses harangues au peuple, ce fut lui qui entraîna la garde nationale à partager les périls de la garnison. Après la chute de la république romaine, il émigra en Suisse, d'où il passa pius tard en France. Aussitôt après la restauration pontificale, Sterbini fut impliqué dans le procèa de l'assassinat de Pellegrino Rossi, l'une des énigmes judiciaires les plus inextricables que l'on connaisse et sur laquelle, malgré une instruction et un procès qui a duré plusieurs années, malgré plusieurs exécutions capitales, le jour ne s'est pas encore fait et ne se fera peut-être jamais. Sterbini a prétendu avoir fait, au contraire, tout pour empêcher les excès d'alors, et il publia à ce sujet dans les journaux de Paris une protestation commençant ainsi : « Une causa qui a recours à l'assassinat est une cause perdue. ■ [1 oroposa de se constituer prisonnier, mais à là condition d'être jugé selon les formes usitées cliez les peuples civilisés. Sterbini s'est depuis occupé de littérature; il a publié un poème sur la prise de Sébastopol (1855> et d'importants
STER
travaux de philosophie. Ses Poésies ont été publiées en France en 1835.
STERCOLOGIE s. f. (stèr-ko-lo-jl — du lat. stercus, fumier, et du gr. logos, discours). Traité qui a pour objet les excréments.
STERCOLOGIQUE adj. (stèr-ko-lo-ji-ke — rad. stercologie). Qui a rapport à la stercologie.
STERCORAIRE adj. (stèr-ko-rô-re — du rad. stercus, fumier). Qui a rapport aux excréments.
— Pathol. Fistule stercoraire. Celle qui est entretenue par le passage continuel des matières fécales.
— Entom. Qui vit sur les excréments.
— Bot. Qui croît sur les excréments.
— s. m. Ornith. Syn. de Labbk.
STERCORAL, ALE adj. (stèr-ko-ral, a-le
— du lut. stercus, excrément). Qui concerne les excréments.
— Pathol. Fistule stercorale, Syn. de fis.
TULB STERCORAIRE.
STERCORAHJSMEs. m. (stèr-ko-ra-nî-sme.
— V. stercoraNiste). Hist. reiig. Doctrine des stercorunistes.
STERCORANISTE s. m. (stèr-ko-ra-ni-ste
— du lat. stercus, excrément). Hist. relig. Membre d'une secte qui soutenait que les espèces de l'eucharistie étaient digérées et transformées en excrément, comme les autres aliments. Il Nom de ceux qui prétendaient que la communion rompait le jeune.
— Adjectiv. : Doctrine stbrcoranistb.
— Encycl. On a désigné, dans le xie siècle, sous le nom desfercoruiusfes, les théologiens qui niaient que la substance du pain et du vin fût changée dans l'eucharistie au corps et au sang de Jésus-Christ, et qui, alléguant, ces paroles de Jésus-Christ : «Tout ce qui entre dans la bouche descend dans le ventre et va au retrait, » prétendirent que, si le corps et le sang de Jésus-Christ avaient pris la place de la substance du pain et du vin, ils devaient subir les mêmes accidents qui seraient arrivés à cette substance si elle avait été reçue par le communiant,
STERCORATION s. f. (stèr-ko-ra-si-on — du lat. stercus, excrément). Physiq. Production des matières fécales.
— Agric. Emploi des excréments pour amender les terres.
STERCORIN, INE adj. (stèr-co-rain, i-ne
— du lat; stercus, excrément). Qui a rapport aux excréments. Il Peu usité.
STERCORISTE s. m. (stèr-ko-ri-ste). Hist. relig. Syn. de stercoraniste.
STERCORVTE s. f. (stër-ko-ri-te — du lat." stercus, excrément). (Jhiui. Phosphate d'ammoniaque et de soude qui existe dans certains guanos.
STERCULIACÉ, ÉE adj. (stèr-ku-li-a-sé — rad. sterculier). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sterculier.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre sterculier : Les STeRcuuacéks tiennent te milieu entre tes iituluacées et les byttnériacées. (F. Hœfer.)
— Encycl. La famille des sterculiacées renferme des arbres et des arbrisseaux, a feuilles alternes, pétiolées, ordinairement munies de stipules caduques. Les fleurs, généralement régulières, solitaires ou réunies en grappes axillaires, munies de bractées, présenteut un calice monosépale, à cinq divisions groupées comme en deux lèvres, coriace, souvent coloré; une corolle il cinq pétales onguiculés, quelquefois irrégulière, dautres fois nulle ; des étamines en nombre indéfini, à filets libres ou soudés en plusieurs faisceaux ou en tube, à anthères munies d'un large connectif ; un ovaire sessile, formé de deux à cinq carpelles ordinairement pluriovulés, groupés en verticille, et surmonté d'uu nombre égal de styles plus ou moins soudés, terminés par autant de stigmates libres ou soudés. Le fruit est une baie ou une capsule déliisceute ou non, offrant une à cinq loges et renfermant de nombreuses graines, assea petites, à tégument crustacé ou membraneux, a embryon entouré d'un albumen charnu ou mucilagineux, quelquefois très-petit ou même nul.
Cette famille, qui a des affinités avec, les malvacées et les byttuériacées, comprend les genres suivants groupés en trois tribus. I. Sterculiées : sterculier, hèritièra, ptérygote. — IL Bombacées .• (adansonie baobab), pachirier, chorisie, bombax (fromager), érioihèque, èriodeudron, su.lma.sie, cavani lésie cheiranthère, durio, ochroma. — III. Béticté* rées : plagianthe, hohérie, mathisie, inélhoriuin, hélictère, ungérie, révésie.
I. aA sterculiacées habitent presque exclusivement les régions tropicales des deux continents. Quelques-unes se recommandent par les qualités de leur bois, par leurs fruits ou leurs graines alimentaires, ou par les produits qu'elles fournissent a la médecine ou à l'industrie. Plusieurs sont cultivées comme, végétaux d'ornement.
' STERCDIjIE s. m. (stèr-ku-lî). Entom. Geura d'infectes coléoptères peniamères, de la fa« mille des brachélytres, tribu des staphylius comprenant cinq espèces, qui habitent l'Aiué.i rique équatoriale,
STER
STERCULIÉ, ÉE adj. (stèr-ku-li-é — rad.
sierculier). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sterculier.
— s. f. pi. Tribu de la famille des malvacées, élevée par plusieurs auteurs au rang de famille distincte, sous le nom de sterculiacées.
Il Une des tribus de la famille des sterculiacées, ayant pour type le genre sterculier.
STERCULIER s. m. (stèr-ku-lié — du lat. stercus, excrément ; par allusion à l'odeur). Bot. Genre d'arbres, type de la famille des sterculiacées et de la tribu des sterculiées, comprenant environ soixante-dix espèces, qui croissent dans les régions tropicales, surtout de l'Asie et de l'Afrique : Le sterctlieh à feuilles de platane vient très-bien dans nos départements méridionaux. (T. de Berneaud.)
— Encyci. Les sterculiers sont des arbres à feuilles alternes, pétiolées, tantôt simples, entières ou lobées, tantôt composées ou digitées, couvertes de poils étoiles et munies de stipules ; les fleurs, groupées en panicules, unisexuêes, sont dépourvues de corolle et ont un calice coloré, jaune ou rouge, quelquefois panaché, campanule ou tubuleux, à cinq divisions profondes étalées ou réfléchies, plus ou moins cotonneux à l'extérieur; le fruit se compose de follicules de consistance variable, «'ouvrant par leur suture ventrale et s'étalant de telle sorte que les graines mûrissent à découvert. Les nombreuses espèces de ce genre sont répandues dans les régions tropicales, notamment en Asie et en Afrique; quelques-unes présentent un intérêt particulier, tant par leurs applications économiques que par la beauté de leur végétation, qui les fait rechercher comme espèces monumentales.
Le sterculier fétide, vulgairement nommé bois caca, bois de merde, bois puant, cavalam, bois de corne fétide, etc., est un grand arbre à tige droite, rameuse, à feuilles amples, pétiolées, groupées surtout vers l'extrémité des rameaux, divisées en sept ou neuf folioles digitées, lancéolées, d'un vert foncé et accompagnées de stipules courtes, larges et aiguës; ses fleurs, d'un rouge pâle, sont groupées en panicules et exhalent une odeur des plus désagréables, qui rappelle celle des excréments humains. Cet arbre croit dans l'Inde et les lies voisines. Son bois est d'un brun rougeàtre, moiré de jaune, dur, compacte, pesant, d'un grain fin, susceptible d'un beau poli. Quand il est fraîchement coupé, ou même
?uand on le travaille sec, il répand une odeur étide et nauséabonde qui disparaît ensuite. On l'emploie pour l'ébénisterie, la marqueterie, la tabletterie, etc. 11 nous arrive des Indes en bûches de toute grosseur. On lui attribue aussi dans le pays quelques propriétés médicales ; d'après Thunberg, sa dé- -coction guérit des affections cutanées chroniques. Les graines, remplies d'une substance blanche et féculente, sont bonnes à mander; elles ont un goût d'amande. On en retire une huile douce et comestible qui fait l'objet d'un commerce assez important.
Le sterculier à feuilles de platane est un arbre très-élevé dans son pays natal, mais qui, dans nos cultures, ne dépasse pas 7 ou 8 mètres; sa tige droite, couverte d'une écorce brune, se divise en rameaux étalés en forme de parasol, portant de grandes feuilles palmées, d'un beau vert, très-rapprochées, longuement pétiolées; ses fleurs jaunâtres forment une grande panicule; ses fruits sont comestibles. (Jet arbre, originaire de la Chine et du Japon, où il porte le nom de bupariti, croit assez bien en pleine terre dans le midi de la France, pourvu qu'on le place à une exposition chaude et abritée. Sous le climat de faris, il faut le rentrer en prangerie durant l'hiver. On le multiplie facilement, et on lui donne la même terre et les mêmes soins de culture qu'aux orangers.
Le sterculier balanghas est encore un assez grand arbre, mais qui n'atteint chez nous que 3' ou 4 mètres;. ses feuilles sont ovales, lancéolées, entières, glabres, d'un beau vert ; ses fleurs d'un blanc verdâtre, très-nombreuses, formant par leur réunion une élégante panicule, s'épanouissent en mars et avril et, par une heureuse exception dans le genre, exhalent une odeur de vanille des plus agréables. Cette espèce, originaire du Malabar, a été introduite en Europe vers Ja un du siècle dernier; on la cultiv.e dans nos serres, qù on la multiplie assez facilement de marcottes ou de boutures.
Le sterculier acuminé, vulgairement nommé cola ou kola, croît dans les régions chaudes de l'Afrique occidentale, d'où il a été introduit dans l'Amérique centrale. Ses fruits sont d'un rouge violacé; ses graines, à peu près du volume d'une châtaigne, sont âpres et acides ; mais elles ont la propriété de faire paraître douces et sucrées les matières de saveur désagréable qu'on mange après les avoir mâchées, et même à l'eau saumâtre qu'on boirait dans les mêmes conditions. Elles sont fort recherchées dans le pays sous les noms de noix de gourou ou du Soudan.
Le sterculier tomenteux a des graines qui jouissent des mêmes propriétés et sont d'un usage journalier chez les nègres. Celles du sterculier noble, d'Asie, et du sterculier chicha, du Brésil, se mangent comme ies châtaignes. Le sterculier brûlant, d'Asie, et le sterculier adrojan^d'Afrique, fournissent de la gomme.
• STERCUS D1ABOLI s. m. (stèr-kuss-di-a-bo-, li — mots lat. qui signif. excrément Uu diable).'
STER
Mat. méd. Ancien nom pharmaceutique de Tassa fœtida.
STÈRE s. m. (stè-re — du grec stéréos, storros, solide, dur, qui appartient à la même famille que le moyen allemand star, roide; lithuanien storas, solide, styra, engourdi, roide, sterva, cadavre; sanscrit sthira, solide, dur, toutes formes qui se rattachent probablement à la racine sanscrite slhà, rester debout). Métrol. Mesure de volume équivalant au mètre cube, et employée particulièrement pour les bois de chauffage.
' STÉREBECKIE s. f. (sté-re-bè-kî — de Sterebeck, savant hoiland.).Bot.Syn. de sinqane, genre de végétaux.
STÉREMNIE s. m. (sté-rè-mnî — du gr.
steremnios, solide, dur). Entora. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, dont l'espèce type habite l'Australie.
STÉRENSINE s. f. (sté-ran-si-ne — du gr. stéréos, solide). Chim. Nom donné à la partie concrète et cristalline des huiles volatiles.
STÉRÉO, préfixe qui veut dire fixe, solide, et qui vient du grec stéréos, même sens, qui représente le sanscrit sthira, fort, ferme; lithuanien storas, même sens, de la racine sanscrite *st/td, se tenir debout, qui est restée avec une foule de dérivés dans toutes les. langues de la famille aryenne.
STÉRÉOBATE s. m. (sté-ré-o-ba-te — du préf. stéréo, et du gr. batês, qui va). Arehit. Mur qui porte les colonnes sans base.
— Encyci. Le stéréobate est un mur élevé au-dessus du rez-de-chaussée et destiné à porter les colonnes sans base telles que sont celles de l'ordre dorique et de l'ordre toscan. Vitruve , au troisième chapitre du troisième livre, donne des explications sur cette partie des édifices, sur leur proportion et leur décoration. Mais l'antiquité employait rarement le stéréobate dans les dispositions architectoniques des édifices. Dans le plus grand nombre des cas, le monument n'avait pas d'étage; les colonnes reposaient directetement sur le sol pour monter jusqu'à la frise ; quand elles étaient posées sur un plan plus élevé que le sol, c'est que le rez-dechaussée de l'édifice était lui-même à une hauteur semblable et placé sur une élévation soit en terre ou roc, soit en maçonnerie, entourée de marches qui conduisaient au niveau du péristyle. lJans le style gothique, quoique les monuments aient acquis une hauteur considérable, il en est de même; rarement les colonnes sont placées à l'extérieur; mais quand cela se rencontre, elles reposent sur le plan du rez-de-chaussée ou s'appuient sur les contre-forts, qui sont les véritables soutiens de l'édifice. Sous la Renaissance, quand on construisit des palais à plusieurs étages en prenant pour modèles les édifices de l'antiquité, tout en leur faisant subir certaines modifications nécessitées par la différence des destinations , on eut recours au stéréobate, et alors on en généralisa l'emploi. Tantôt les colonnes étaient posées au-dessus du rez-de-chaussée pour monter jusqu'au second étage, où elles recevaient une frise ou un entablement; tantôt elles étaient divisées elles-mêmes en deux étages, la colonnade inférieure supportant les piédestaux ou le stéréobate de la eolonnade supérieure. Mais dans ces agencements il n'est rien de rixe; on rencontre en parcourant les modèles de ce temps toutes sortes de combinaisons ingénieuses, variant suivant le génie des architectes d'alors, qui, tout en s'inspirant de l'antiquité, conservaient encore dans la construction les traditions du gothique, auquel ils firent de nombreux et heureux emprunts.
C'est surtout sous Henri IV et Louis XIII, quand le retour vers l'antique et surtout vers l'architecture romaine se fut très-nettement prononcé, qu'on ne fit plus qu'un étage de colonnes, c est-à-dire une colonnade appuyée sur le stéréobate au-dessus du rez-de-chaussée et montant jusqu'à l'entablement de l'édifice. A partir de cette époque, les exemples de l'emploi du stéréobate sont nombreux et on le retrouve dans presque tous les monuments construits sous Louis XIV, appartenant à l'ordre dorique et dont les colonnes, commes celles de Saint-Sulpice, à Paris, ont leur base placée sur un plan beaucoup plus élevé que le sol. Sous Louis XVI, où les ordres dorique et toscan furent en faveur et où les colonnes furent tantôt posées au ras du mur, tantôt prises dedans, de manière à ne présenter qu une demi-circonférence de saillie, le stéréobate fut encore employé pour leur servir do piédestal en même temps que de base à l'édifice. Aujourd'hui qu'on l'ait usage de tous les styles et qu'on les amalgame, le stéréobate, tel que l'ont connu les anciens et les architectes du temps de Louis XIV, n'entre plus guère dans la disposition des diverses parties de l'architecture, à moins que l'édifice construit ne soit une copie plus ou moins fidèle des modèles du xvii« siècle. De plus, l'usage ou la nécessité d'ouvrir des baies au rez-de-chaussée font que le stéréobate ne peut être ce qu'il était autrefois; on ne peut donner pour base à un édifice un inur percé de fenêtres. Là où on l'emploie encore dans les constructions modernes et civiles, il se réduit & un avancement du mur formant la ceinture extérieure du rez-de-chaussée, s'élevaut en gé-
STÉR
néral à une hauteur relativement petite, lm,20 environ, et n'offrant qu'une assez légère saillie, tantôt à arête vive, tantôt terminée par une mouture large et simple. Quand le stéréobate supporte des colonnes, des demicolonnes ou des pilastres, c'est naturellement la largeur de la base de ces pièces qui détermine l'épaisseur de la saillie.
STÉRÉOCAULE s. m. (sté-ré-o-kô-le — du préf. stéréo, et du gr. haulos, tige). Genre de Cryptogames, de la famille des lichens.
STÉRÉOGAULON s. m. (sté-ré-o-kô-lon — du préf. stéréo, et du gr. kaulos, tige). Bot. Genre de lichens, de la tribu des lécidinées, comprenant une quinzaine d'espèces, qui croissent sur la terre ou Sur les rochers.
STÉRÉOCÈRE s. m. (sté-ré-o-sè-re — du préf. stéréo, et du gr. Itéras, corne). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des féroniens, comprenant cinq ou six espèces, qui habitent l'Amérique du Nord.
STÉRÉOCHROMIE s. f. (sté-ré-o-kro-ml — du préf. stéréo, et du gr. chroma, couleur). Chim. Méthode de fixation des couleurs, dans les peintures murales, qui consiste à recouvrir les surfaces peintes d'une solution de silicate de potassium.
— Encyci. V. siucique.
STÉRÉOCHROMIQUE adj. (sté-ré-o-kromi-ke — rad. stëréochromie. Qui appartient, qui a rapport à la stëréochromie : En Prusse et en Angleterre, on commence également à abandonner la peinture à fresque, et les pein-. tares murales aujourd'hui en vqie d'exécution se font d'après les procédés stéréochromiques de F&chs. (Th. Château.)
STÉRÉODERME s, m. (sté-ré-o-dèr-me — du préf. stéréo, et du gr. derma, peau). Bot. Genre d'arbres, de la famille des oléinées, dont l'espèce type croit à Java.
STÉRÉODYNAMIQUE s. f. (sté-ré-o-di-nami-ke — du préf. stéréo, et de dynamique). Mécan. Dynamique des solides.
— Adjectiv. Qui a rapport à la stéréodynamique : Lois stéréodynamiques.
STÉRÉOGRAPHE S. m. (sté-ré-O-gra-fe — du préf. stéréo, et du gr. graphe, je décris). Celui qui pratique la stéréographie.
— Instrument servant à dessiner les formes des solides de peu d'étendue.
STÉRÉOGRAPHIE s. f. (sté-ré-o-gra-fï — du préf. stéréo, et du gr. graphô,je décris). Art de représenter les solides,
STÉRÉOGRAPHIQUE adj. (sté-ré-o-gra-fike — rad. stéréographie). Qui a rapport à l'a stéréographie.
— Se dit d'un mode de projection dans lequel la partie de sphère à représenter est projetée sur le grand cercle dont le point de vue choisi est le pôle. ,
STÉRÉOGRAPHIQUEMENT adv. (sté-ré-ogra-fi-ke-man — rad. stéreographique). D'une manière stéreographique.
STÉRÉÛLOGIE s. f. (sté-ré-o-lo-jî — du préf. stéréo, et du gr. logos, discours). Etude des parties solides des corps vivants.
STÉRÉOLOGIQUE adj. (sté-ré-o-lo-ji-ke — rad. stéréologie). Qui a rapport à la stéréologie.
STÉRÉOME s. m. (sté-ré-o-me — du préf.
stéréo, et du gr, àmos, épaule). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des chrysomélines, comprenant une douzaine d'espèces, qui habitent l'Amérique centrale et surtout le Brésil.
STÉRÉOMÈTRE s. m. (sté-ré-o-mè-tre — du préf, stéréo, et du gr. metron, mesure). Géoin. Instrument dont on se sert pour mesurer les solides.
STÉRÉOMÉTRIE s. f. (sté-ré-o-mé-trî — du préf. stéréo, et du gr. metron, mesure). Géom. Science qui traite de la mesure des solides : Traité de stéréométrie.
— Encyci. Géom. Tout corps possédant une forme géométrique porte le nom de solide. On peut étudier les solides en s'occiipnnt de leurs volumes, des surfaces qui les terminent, des lignes tracées sur leur contour.
Le volume d'un solide est la portion limitée de l'espace occupée par ce corps; la surface d'un solide est le lieu des points de passage du volume occupé par le corps à l'espace ou aux volumes environnants. La géométrie s'attache spécialement à l'étude de ces surfaces- et des lignes que l'on peut y tracer; mais elle donne aussi ie moyen d'evaiuer le volume d'un solide lorsque la forme en est donnée.
Les solides les plus simples sont les polyèdres, dont toutes les surfaces terminales sont des plarfs(v. polyèdre). Lorsque ces surfaces ou faces de polyèdre se coupent deux h deux, suivant des droites parallèles et se terminent d'autre part à deux plans parallèles, le solide est un prisme (v. prisme). Lorsque les faces du polyèdre se coupent en un. même point et se terminent d'autre part à un même plan, le solide est une pyramide (v. ce
STER
mot). Parmi les autres solides géométriques, il faut encore citer les cônes, les cylindres et les sphères, qui portent le nom de corps ronds, et les conoïdes. La mesure des volumes de ces corps purement théoriques ne peut conduire qu'à une approximation pour la mesure des volumes des corps réels, qui ne sont jamais doués de formes exactement géométriques.
Mais dans les sciences pratiques, on est souvent conduit à évaluer, au moyen de formules qui conduisent à des résultats suffisamment approchés, les volumes de certains solides qui affectent des contours plus ou moins irréguliers ; c'est ce qui arrive lorsqu'il s'agit de mesurer le volume d'un tas de pierres ou lorsqu'on a à faire un cubage de bois ou de terrassements.
On assimile les bois en grume dont les branches sont enlevées à des troncs de cône; il suffit alors de connaître les rayons r, R, des circonférences extrêmes et la hauteur h du tronc pour évaluer le volume de ces solides par la formule
V^isAfR' + Rr+r»),
Le plus souvent, on se contente de prendre pour ce volume le produit de la section de l'arbre au milieu de la longueur par cette longueur elle-même. Si D est le diamètre moyen de l'arbre, H sa longueur, le cube de ce solide est donné par la formule
Un arbre ne peut être utilisé que lorsqu'on l'a èquarri, ce qui diminue d'une portion notable le volume primitif. On admet que l'équarrissage se fasse en prenant comme côté celui du carré inscrit dans la section moyenne; le cube de l'arbre équarri est alors
et le rapport des deux volumes est environ
-. C'est au moyen d'une formule conduisant
aux mêmes résultats qu'on fait, dans les transactions commerciales, le cubage des bois équarris. On suppose généralement qu'il faut in)c,650.de bois en grume pour fournir 1 mètre cube de bois équarri.
Pour la cubature des terrassements, on considère dans le terrain diverses sections définies par des lignes polygonales différant le moins possible de la ligne courbe, intersection du plan de la section et de la surface de ce terrain, et on définit géométriquement la surface du sol entre deux sections consécutives.
On admet qu'entre deux profils consécutifs le relief du sol se confond avec la surface gauche engendrée par une droite s'appuyant sur les contours de ces profils et parcourant sur ies différents côtés correspondants des longueurs proportionnelles.
« On voit, dit à ce sujet M. Baron dans son Cours de construction de routes, que l'on obtiendra par un tel mode de représentation des résultats d'autant plus exacts qu'on aura choisi plus judicieusement la position des profils transversaux, qu'on aura multiplié davantage ces profils et qu'on les aura définis eux-mêmes par un plus grand nombre de points convenablement déterminés. » On voit aussi que par ce procédé on arrive à évaluer le cube des terrasses en sommant les volumes d'un nombre défini de solides géométriques; ces solides sont généralement de forme prismatique, terminés latéralement par dos plans verticaux et à leurs bases inférieures et supérieures par des surfaces généralement réglées, non développables, mais qui.peuvent être planes dans certains cas particuliers. Si on coupe un pareil solide par un plan perpendiculaire aux arêtes latérales, on le décomposera en deux autres solides prismatiques ; une des bases sera horizontale, l'autre seule pouvant être gauche. C'est donc à la cubature d'un pareil solide que se réduit la question.
Considérons la face supérieure du solide ; c'est un quadrilatère gauche, et si par deux des côtés consécutifs on mène un plan, il rencontrera le plan des deux autres côtés suivant une droite située dans le pian vertical de deux arêtes Verticales opposées. Comme les plans peuvent être menés de deux manières, il y a deux droites d'intersection, et la surface du sol est tout entière comprise à l'intérieur du tétraèdre formé par ces droites et par les côtés de la base supérieure du solide. 11 est facile de voir que, si l'on considère les quatre prismes formés deux à deux par les faces verticales du solide et le plan de deux arêtes verticales opposées, Je volume du solide est la moyenne des volumes de ces quatre prismes.
Si l'on mène dans le quadrilatère de base les deux diagonales et si l'on désigne par bib,b,bk les surfaces de3 triangles qu'ulles déterminent, hih1hthk étant les longueurs respectives des arêtes marquées par le même indice que le triangle à l'un des sommets duquel elles n'aboutissent pas, le cube du solide sera exprimé par
V = g &<*, +A. + AJ + h(kt ■+• A. + 4.) + M*. + *. + A.) + *.(*. + h, + ht)]. Ce cas général se présente rarement; le plus \ souvent les profils consécutifs sont parai-
STER
lêles , la base du solide est trapézoïdale ; dans ce cas, l'évaluation du volume se fnit plus rapidement d'après l'expression sui-
STER
vante, où l'on a supposé le plan des arêtes A,A4 parallèle au plan des arêtes A,A4;
V = ; [MïA, + 8A. + A4 + A,) + b,(2hk + 2A, + A, + A.)].
Il se présente le plus souvent une nouvelle simplification qui tient à ce que la base du solide est un parallélogramme, que des diagonales décomposent en quatre triangles équivalents; on 'obtient alors l'expression du volume en faisant dans la formule (2) bt = b„ ce qui donne
Dans quelques cas, la base se réduit à un triangle, et le cube du solide peut être évalué par la formule suivante que 1 on déduit de la formule (2) correspondant à une base trapézoïdale en y faisant a la fois bt = i, et ' b, = b, = 0 :
Le solide se réduit, en effet, à un tronc de prisme.
Lorsque l'un des profils est un profil de passage dans lequel on passe du déblai au remblai, le volume précédent peut se réduire aune pyramide; l'une des arêtes devenant nulle, 1 autre demeure la hauteurdu volume, et l'on a bien pour mesure du solide
Ces formules suffisent pour la mesure de tous les solides qui se présentent dans les travaux de terrassement; mais elles sont quelquefois d'une application longue et pénible, et on a dû chercher des méthodes expéditives pour faire l'évaluation de ces volumes.
La méthode généralement employée est la suivante : Supposons que l'on considère trois profils consécutifs, F,;, P„ + lt P„ + 2 ;
soient ln la longueur horizontale de l'entreprofil précédent P„; l„ + x, ln+i, ln + 3 les longueurs horizontales des entre-profils suivants-, on admet que le terrain est formé d'une suite de parallelipipèdes à arêtes horizontales, dont les bases sont les différents profils et les hauteurs la demi-somme des largeurs des deux entre-profils successifs ; on a ainsi pour longueur d'application des profils
Proai».
Longueurs d'application.
In + ln + 1
rn + 1
'jj + 1
et ainsi de suite. Lorsque l'on passe du déblai au remblai, on considère au point de passage un profil intermédiaire de surface nul et auquel on donne comme longueur d'application la demi-somme des largeurs des entre-profils consécutifs qu'il détermine, c'està-dire la demi-largeur de rentre-profil dans lequel a lieu le passage du déblai au remblai ; on tient ainsi compte, dans une certaine mesure, de l'erreur qu'occasionnerait l'application de la méthode directe de cubature à ces entre- profils singuliers.
STÉRÉO MÉTRIQUE adj. ( sté - ré-o-métri-ke — rad. stéréométrie). Qui appartient à la stéréométrie : Procédés stéréo-métriques.
— Miner. Caractères stéréométriques, Caractères que l'on tire de la structure des corps.
— Encycl. Tableau stéréométrique. M, Ch. Baillairgé, ingénieur à Québec, a imaginé une formule unique pour la solution d une importante série de questions relatives à la cubature de certains solides. Cette formule remarquable est ainsi établie par.son auteur : A ta somme des surfaces ou extrémités opposées et parallèles du corps à évaluer, ajouter quatre fois la surface d une coupe ou section parallèle d ces bases et également éloignée de chacune d'elles, et multiplier le toui par la sixième partie de la hauteur du solide. La Série des corps auxquels cette formule est applicable est nombreuse ; elle comprend les pyramides, les prismes, les corps qui en dérivent par transformation des faces, leurs troncs à bases parallèles, les solides de révolution et leurs sections proportionnelles. M. Baillairgé a appliqué sa formule à une suite de deux cents solides, dont il a fuit construire des modèles en bois, et à laquelle il donne le nom de tableau stéréométrique. Pour donner une idée de cette ingénieuse formule, nous allons l'appliquer à quelques solides. La sphère a, comme on sait, pour formule
4irr«
La formule de M, Baillairgé donne (0 + 0 +i*r>)j,
qui se réduit en effet à la précédente. L'application aux prismes n'est pas inoins remar-
quable. La théorie donne pour le volume du prisme Bh; la formule de M. Baillairgé
(B + B + 4B) - = Bh.
La formule théorique de la pyramide et du cône est
Bh
celle de M. Baillairgé
/„ , , . B\ A BA x (B + o + 4 J-=T,ete.
On peut douter que cette formule ait toute l'utilité pratique que son auteur a voulu lui attribuer; mais on ne saurait contester l'intérêt que donne à cette solution son singulier caractère de généralité.
STÉRÉONÈME's. m. (sté-ré-o-nè-me — du prêt', stéréo, et du gr. nêma, filament). Bot. Genre d'algues, de la tribu des phéonémées, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent dans les eaux corrompues ou dans les infusions.
STÉRÉOPE adj. (sté-ré-o-pe — du préf.
stéréo, et du gr. pous, pied). Hist. nat. Qui a le pied ou le stipe plein et dur.
STÉRÉORAMA s. m. (sté-ré-o-ra-ma — du préf. stéréo, et du gr. ôrama, vue). Carte topographique en relief.
STÉRÉOSCOPE s. m. (sté-ré-o-sko-pe — du préf. stéréo, et du gr. shopeà, j'examine). Physiq. Instrument d'optique qui donne le sentiment du relief, au moyen de deux images planes superposées par la vision binoculaire : A l'aide du stéréoscope, nous voyons les objets exactement comme s'ils existaient devant nous. (Babinet.)
— Encycl. Quand nous regardons un objet avec nos deux yeux, nous le voyons saillant, solide et en relief; la sensation de ce relief est due à la superposition des deux images planes et dissemblables qui se forment sur la rétine de chacun de nos yeux. Une expérience très-simple met ce principe en évidence : devant les deux yeux placez votre main droite dans la position verticale, de manière que le pouee et l'index soient seuls visibles; fermez l'œil droit et ouvrez le gauche, vous apercevrez la face antérieure de la main • fermez maintenant l'œil gauche et ouvrez le droit, l'image sera totalement changée; ce n'est plus la face antérieure de la main que vous verrez, ce sera la faceinterne. Ouvrez les deux yeux, et vous ne verrez plus qu'une seule image qui représente une partie des deux faces antérieure et postérieure de votre main.
Si, aux deux images distinctes que tout objet envoie à nos deux yeux, nous substituons deux dessins qui soient la représentation de chacune de ces images, nous nous placerons dans les conditions de la vision naturelle et. nous aurons non-seulement la sensation du relief, mais encore celle de la couleur, de ia dégradation des teintes, en un mot la même sensation que si nous avions la nature elle-même devant les yeux. C'est ce que fait le stéréoscope. La première idée de cet instrument n'est pas neuve, puisque nous la trouvons dans les écrits du géomètre grec Euclide, qui vivait à Alexandrie l'un 280 avant Jésus-Christ. On pourrait même supposer qu'on exécuta un instrument analogue au stéréoscope vers l'an 1630, en se fondant sur deux dessins qui ont été retrouvés au musée T/icar, à Lille, et qui ont été exécutés vers 1640 par un peintre florentin; ces dessins sont absolument les dessins droit et gauche d'un stéréoscope. Cependant cette idée était totalement oubliée, quand, en 1838, Wheatstone construisit le premier stéréoscope; c'était un stéréoscope à réflexion. Il "consistait en une boîte sans fond qui portait sur ses deux cloisons verticales deux dessins préparés conformément aux principes de la vision stéréoscopique; au milieu de la boîte on plaçait deux miroirs plans réunis à angle droit; le dessin gauche et le dessin droit venaient se refléter sur les miroirs, et les images arrivant dans l'œil de l'observateur lui donnaient ia sensation du relief. Quoiqu'en apparence fort simple, ce stéréoscope était i un emploi difficile. Ce n'était qua, fo d'habitude que l'on pouvait arriver à adap
d un emploi difficile. Ce n'était qu'a, force
ter les miroirs au point voulu ; il avait, en outre, l'inconvénient d'être très- volumineux et, par conséquent, peu portatif. M. Brewster rendit l'instrument beaucoup plus usuel en substituant les prismes aux miroirs. C'est en 1844 qu'il construisit le premier stéréoscope à prisme. Après avoir essayé pendant six années de triompher de l'ignorance et du mauvais vouloir des opticiens anglais qui, d'accord avec les photographes, se refusaient à fabriquer des vues stéréoscopiques, M. Brewster vint apporter son invention à Paris ; la France fut pour lui plus hospitalière, et en peu de temps il popularisa son invention. Le stéréoscope de Brewster se compose d'une boite de substance opaque, ayant à peu près 010,10 de largeur à sa par-
STER
tie inférieure sur 010,13 de hauteur. Il porte à sa partie supérieure deux tuyaux de lorgnette par lesquels on regarde l'objet. Dans chacun de ces tuyaux est placé l'un des prismes produisant la réfraction de l'une des deux images. Sur le devant est une porte garnie de papier d'étain, qui sert à refléter la lumière sur les images, que l'on place en regard des prismes et que l'on introduit par une fente située à la partie latérale. On peut aussi, grâce à cette ouverture, nettoyer les verres. Pour que l'observateur puisse voir sans fatigue 1 effet stéréoscopique produit par la combinaison des deux images, on a placé au milieu de la boite une cloison qui isole chacune des images. Ce stéréoscope a été modifié p«r M. Duboscq, qui a commencé par en ôter la paroi postérieure et la remplacer par une glace dépolie afin de permettre le passage de la lumière ; puis il adapta une lorgnette avec crémaillère par-dessus les prismes, afin de rendre l'effet du relief plus saisissant et de permettre à l'observateur de régler l'appareil selon sa vue. M. Brewster a construit encore d'autres stéréoscopes, tels que le stéréoscope à réflexion totale, qu'on a lieu de s'étonner de ne pas voir plus répandu; car il est très-simple et il n'exige qu'un seul dessin. M. Duboscq a construit aussi un stéréoscope panoramique assez ingénieux. La difficulté tenait à la grandeur des images, qui ne peuvent pas se mettre dans leur sens naturel, l'une à côté de l'autre. M. Duboscqprend deux épreuves stéréoscopiques et les'place l'une au-dessous de l'autre. L'appareil dont il se sert est composé d'un écran que l'observateur tient à la main. Derrière cet écran sont placées les épreuves dans le sens indiqué. La face antérieure de l'écran est garnie de tuyaux de lorgnette qui ne contiennent aucun verre et ne servent qu'à diriger la vue dans l'espace resté libre entre les deux épreuves. De la partie postérieure de l'écran se détache un bras qui supporte sur des pivots deux miroirs mobiles et inclinés de telle façon que l'un réfléchisse l'épreuve stéréoscopique supérieure et l'autre l'épreuve inférieure ; les rayons réfléchis sont dirigés dans les yeux par les tuyaux de lorgnette, et la sensation du relief se produit. M. Duboscq a construit un autre stéréoscope panoramique dans lequel l'œil droit regarde librement l'image, tandis que devant l œil gauche sont placés deux prismes, dont l'un est mobile sur |un pivot et par la rotation duquel on amène sur le même plan l'image supérieure et l'image inférieure. C'est lorsque ce résultat est atteint que l'on obtient l'effet du relief. M. Elliot, qui avait en même temps que Wheatstone fait des recherches sur la vision binoculaire, fit aussi construire un stéréoscope qui est totalement dépourvu d'appareil soit de réflexion, soit de réfraction.
Beaucoup de savants se sont préoccupés de construire des appareils qui permissent à un grand nombre de personnes à la fois de jouir de l'effet stéréoscopique. En 1858, M. Claudet présenta un appareil qui, au moyen d'une image projetée sur un verre dépoli et résultant de la fusion en une seule de deux images semblables, produit la sensation du relief. M. Claudet prend deux objectifs et, au moyen de ces objectifs, il projette deux images identiques d'un objet quelconque sur le même point de l'écran, afin que celles-ci, se rencontrant au même point, se fondent et n'en forment plus qu'une seule. L'écran est formé par une surface noire, au milieu de laquelle il y a une plaque de verre dépoli, sur laquelle on projette les images." Quand on regarde cette image sans le secours d'aucun instrument, on perçoit la sensation du relief. Un grand avantage qu'a cet instrument sur le stéréoscope Brewster, c'est que l'on peut contempler l'image comme un tableau, soit à 0m,30, soit à 3 mètres, sans la moindre fatigue. L'image projetée est plus grande que l'image photographique. On peut encore rendre l'effet plus sensible en regardant l'image avec de fortes lentilles convergentes. M. Ch. d'Almeida, professeur de physique, a fait connaître deux procédés trèsingénieux pour obtenir des images stéréoscopiques d'une grande dimension. Voici le premier de ces procédés. On projette sur un écran les images de deux épreuves stéréoscopiques ; on rapproche les deux images projetées sur l'écran de manière à les mettre à peu près dans la position où se serait présenté l'objet. Ces deux images, avant de se peindre sur l'écran, ont été colorées l'une en rouge, l'autre en vert par l'interposition de verrexde couleur, et, pour les regarder, on arme l'un des yeux d'un verre rouge, l'autre d'un verre vert. L'image rouge se montre seule à l'œil qui est recouvert de rouge et l'image verte à celui qui est recouvert du carreau vert, et tout aussitôt le relief apparaît. Dans son second procédé, M. d'Almeida laisse les images incolores. C'est en interrompant tour à tour le rayon visuel qui irait à chacun des yeux qu'il arrive à obtenir le résultat voulu. On commence par concentrer la lumière en un même foyer au moyen de lentilles convergentes; puis, avec un carton percé de trous et qui tourne sur son axe, on intercepte d'une façon intermittente la vue de l'écran alternativement à chaque œil. H
Un débat s'est élevé sur la priorité de l'invention de la vision stéréoscopique par les
STER
verres colorés ; M. Hollmann, physicien allemand, s'en est dit l'inventeur. Il aurait décrit cette méthode stéréoscopique en JS53, dans les Annales de Poggendorff.
Il y a encore beaucoup d'autres stéréoscopes, parmi lesquels : le stéréoscope à colonne de Ferrier, le téléstéréoscope de M. Helmhotz, le stéréoscope omnibus de M. Faye, le ■sfeVe'(McopediaphragmatiquedeVolpieelli,etc. On sait que les épreuves photographiques destinées à être regardées au stéréoscope doivent être doubles, concorder mathématiquement dans leurs parties centrales, mais différer d'une certaine quantité sur leurs parties latérales. L'angle qui représente ces différents aspects varie selon que les objets sont rapprochés ou éloignés. Cet angle doit être beaucoup plus grand pour la vue d'un paysage que pour un buste ou un portrait. On fait donc usage de deux appareils différents pour photographier dés sujets qui rentrent dans ces deux classes. Quand on photographie un buste ou un portrait, on se sert de deux chambres noires; dans le second cas, un seul objectif suffit. Les procédés photographiques sont les mêmes que dans la photographie ordinaire; la seule précaution a prendre est de bien placer les objectifs.
STÉRÉOSCOPIQUE adj. '( sté -ré- o-skopi-ke — rad. stéréoscope). Physiq. Qui a rapport au stéréoscope ; qui est destiné à être vu au stéréoscope : Appareil stéréoscopique. Images stéréoscopiques.
STÉRÉOSCOPIQUEMENT adv. (sté-ré-osko-pi-ke-man — rad. stéréoscopique). A l'aida du stéréoscope : Un dessin vu stéréoscopiquement. (Babinet.)
STÉRÉOSPERME s. m. (sté-ré-o-spèr-me
— du préf. stéréo, et du gr. sperma, graine). Bot. Genre d'arbres, de la famille des bignoniacées, comprenant sept espèces, qui croissent dans les régions chaudes de l'ancien continent.
STÉRÉOSPHÈRE s. f. (sté-ré-o-sfè-re — du préf. stéréo, et de sphère). Astron. Globe passé à l'état solide.
STÉRÉOSTATIQUE s. f. (sté-ré-o-sta-ti-ke
— du préf. stéréo, et de statique). Mécan. Statique' des solides.
— Adj. Qui appartient à la stéréostatique :
Lois SXERÉOSTATIQOBS.
STÉRÉOTHALAME adj. (sté-ré-o-ta-la-rae
— du préf. stéréo, et du gr. thalamos, lit). Bot. Se dit des lichens dont les expansions redressées ou fruticuleuses sont solides et pleines.
STÉRÉOTOMIE s. f. (sté-ié-o-to-mî — du préf. stéréo, et du gr. tome, section). Science de la taille, de la coupe des solides employés dans l'industrie.
— Encycl. L'architecte doit être à la fois un homme d"e goût et un savant pour créer des oeuvres stables et remarquables. Les matériaux qui sont k sa disposition ne. peuvent être amassés et placés les uns à côté des autres sans que leur nature même oblige à des règles générales, ù des habitudes rigoureuses pour tout ce qui concerne la coupe et les dispositions relatives de ces diverses matières. La science de ces règles, la loi de ces habitudes constituent ce qu'on appelle la stéréotomie. « La stéréotomie , a dit Leroy dans l'avertissement de son traité, est l'art de tailler les matériaux solides, comme la pierre et le bois, de telle sorte que leurs diverses portions, réunies dans un certain ordre, présentent un ensemble qui ait une forme assignée d'avance et qui offre, en outre, une grande stabilité dans l'usage auquel il doit servir. Toutefois, il ne faut pas croire que cet art se réduise au travail manuel du compagnon qui taille la pierre ou le bois pour en tirer des pièces qui n'ont plus qu'à être assemblées ou disposées les unes au-dessus des autres. » C'est là, en effet, que le talent de l'architecte, que le goût de l'artiste doivent agir; il faut se rendre compte, pour une pièce, de telle /orme générale ou de détail qui la fera se raccorder agréablement avec les autres parties de l'ouvrage ; il faut éviter telle disposition, telle coupe qui heurtera l'ensemble des différents morceaux de l'appareil ou se garder d'employer un mode de construction qui détruirait la stabilité ou qui produirait des tassements inopportuns. C'est encore à la stéréotomie que se rapportent les études préalables faites dans le but de combiner les pièces de charpente, de manière à rendre les assemblages invariables, ou dans le but d'adopter pour ia maçonnerie une division en voussoirs, une épaisseur de murs capables d'éviter que la charge ne produise de poussée au vide.
L'architecte qui étudie, l'ingénieur qui doit . construire ne sont pas obligés à un talent manuel très-développé, car ils ont les ouvriers chargés d'exécuter les divers travaux matériels auxquels donne lieu l'usage des pierres et des bois; il faut, cependant, qu'ils connaissent les procédés par lesquels' chaque manœuvre accomplit sa tâche, afin de pouvoir la diriger ou la corriger au besoin. « Quelquefois même, dit à ce sujet Leroy, l'ingénieur est obligé, à défaut d'un conducteur de travaux bien entendu, de tracer luimême l'épure de l'ouvrage projeté, ainsi que les panneaux, les cerces nécessaires pour la taille des voussoirs; surtout quand la question présente des combinaisons de voûtes un
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peu compliquées, comme il srrive dans certains travaux du fortification permanente. ■ C'est à deux ingénieurs français, Frézier et Moiige, que l'on doit les premiers traités de stéréotomie. Avant eux, les tailleurs de pierre et les charpentiers employaient, il est vrai, la méthode des projections pour déterminer les formes de leurs pièces ou les laces des pierres taillées ; mais chacun d'eux apprenait de son maître un ensemble de procédés qu'il transmettait k ses élèves, en leur enseignant la suite des opérations graphiques à exécuter sur les épures; en sorte que toutes ces méthodes, relatives à quelques cas particuliers, n'avaient jamais été réunies en corps de doctrine, et 1 ouvrier n'était nullement aidé dans son travail par les considérations géométriques générales applicables à tous les cas. Plusieurs truites furent publiés, qui étaient conçus dans la mémo manière etoù
I on ne saurait rencontrer d'autres règles que celles de la routine, à laquelle on s'attachait pour la solution des divers problèmes. Parmi ces écrits, nous mentionnerons : un l'raité d'architecture, de Philibert Delorme, qui parut en 1576; les Secrets de i architecture, de Mathurin Jousse (1042), dont Lahire lit publier une nouvelle édition en 1702, et le Traité de ta coupe des'pierres (1728), de Delarue.
Dix ans plus lard, un ingénieur des fortifications de Bretagne expliquait le premier, u'après les principes de géométrie et dans un Traité de stéréotomie (3 vol. in-4°), les combinaisons des lignes et des surfaces qui constituent les pierres des maçonneries et les pièces de charpente. Il exposait aussi, dans ce traité, les méthodes rationnelles qu'il convient de suivre pour procéder à la taille de ces divers matériaux. Quoique fort remarquable pour l'époque, de s» production, cet ouvrage contient encore l'indication de méthodes longues et embrouillées ; muis il a le grand mérite de donner pour la première fois la représentation des voussoirs adoptée encore de nos jours et obtenue au moyen de deux projections sur des plans perpendiculaires entre eux. Bien qu'un grand succès eût accompagné l'apparition du ce livre, eu 1786 un charpentier fort habile, mais encore imbu des vieilles idées de ses devanciers et mal dégagé d'une routine de plusieurs siècles, publiait un Traité de t'arl du trait, où il s'en tenait aux anciennes méthodes, décrites, du reste, dans un style assez embrouillé pour que l'intelligence en fût rendue très-difficile au lecteur.
Monge devait bientôt s'emparer des idées émises par Frézier et utiliser ce qu'il y avait de raisonnable dans les coutumes des ouvriers du temps pour former une science qui donnât le moyen de traiter tous les problèmes de construction et de taille des matériaux.
II fit plus et trouva le moyen de réunir les méthodes différentes qui servaient a l'établissement des ouvrages de fortification, k la création des canaux et dus routes, a l'appareil des voûtes en pierres et des charpentes ; il sut extraire de ces procédés les principes généraux 'd'une science purement mathématique, la géométrie descriptive, k laquelle on rapporte aujourd'hui les règles graphiques de la stéréotomie et de la construction.
Nous nous occuperons seulement ici de la taille du bois et de lu pierre.
Deux principes régissent les constructions en bois ; le premier eat qu'une pièce de char-
t tente ne doit être soumise qu'à des efforts ongitudinaux prévus d'avance, l'expérience ayant prouvé que le bois résiste beaucoup moins bien a la flexion qu'à la traction (v. RKsistancb) ou même à la compression, pourvu que, dans ce cas, on empêche la pièce de fléchir, l.e second principe porte ie nom de principe des réseaux triangulaires; les charpentes forment des polygones dont la forme ne serait pas suffisamment assurée par la longueur de leurs cotés ; il est donc nécessaire d'assurer l'invariabilité des angles par l'adjonction de pièces en écharpe formant une suite de triangles. Lorsqu'on a affaire k des trapèzes, on peut rendre le système invariable de forme au moyen de pièces obliques placées aux angles et qui portent ie nom a'aisseliers, ou bien au moyen de pièces dirigées suivant les diagonales; cette dernière disposition porte le nom de croix de Saint- André.
Ces principes furent appliqués a toutes les époques de l'histoire , 1 art du charpentier étant un de ceux dont les homme» se servirent tout d'abord pour la satisfaction de leurs besoins. Nous retrouvons chaque jour des charpentes solides dans les habitations des peuplades non civilisées, et si les charpentes des Grecs étaient d'une grande simplicité, on sait, k n'en pas douter, qu'ils connaissaient déjà l'assemblage fondamental de la charpenterie, les fermes.
Chez les Romains, la charpenterie prit de très-grands développements, et l'on peut en juger ^ar les constructions voûtées si nomoreuses qu'ils ont élevées et dont 1 édification dut exiger des combinaisons de charpente très-compliquées. Comme, dans leurs ouvrages militaires, les Romains employaient de très-grandes quantités de bois, les peuples conquis apprirent bientôt à se servir habilement de cette matière, et l'art du charpentier ne fit que progresser et étendre ses applications jusqu'au xvo siècle. Les arbres séculaires dont on faisait usage à l'origine
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étant devenus plus rares à mesure que l'on construisait davantage, il fallut songera remplacer la solidité naturelle de ces troncs énormes par un agencement adroit de matériaux moins résistants et par un judicieux emploi de leurs qualités. On créa peu à peu de nouvelles combinaisons capables d'utiliser en plus grande partie la résistance des pièces de faible équarrissage, et la charpenterie en vint au xve siècle à son complet développement. ■ Le bois, à cette époque, écrit M. Viollet-le-Duc, entrait pour beaucoup dans les constructions civiles, publiques et privées, et les charpentiers formaient une corporation puissante, instruite dans l'art du trait, qui conserva longtemps ses anciennes et bonnes traditions. En effet, des diverses branches de la construction, l'art de la charpenterie se plia moins que tout autre aux idées émises par la Renaissance, et, pendant le cours du xvie siècle, on suivit sans presque les modifier les principes développés au xvo siècle. Un architecte seul apporta une modification fort importante aux systèmes conservés jusqu'alors. Philibert Delorme inventa le mode de charpente qui a conservé son nom et qui présente de notables avantages dans un grand nombre de cas, en ce qu'il permet de couvrir des vides considérables sans le secours des entraits, sans poussée et en n'employant qu'un cube de bois relativement minime. Pendant le xvite siècle, l'art de la charpenterie déclina; les charpentes que cette époque nous a laissées sont souvent mal tracées, lourdes et exécutées avec une négligence inexcusable après de si beaux exemples laissés par les siècles précédents. »
Tous les bois employés dans les ouvrages de charpente sont préalablement équarris, c'est-à-dire qu'on leur donne la forme d'un paraUêlipipède rectangle dont lu base plus ou moins grande est à proprement parler l'équarrissage de la pièce. Toutefois, on donne souvent ce nom à la longueur de chacun des côtés de la base qui s'écarte plus ou moins de la forme carrée.
Les arbres de plaine, qui subissent de toutes parts l'influence des rayons solaires et l'action de l'air, prennent en grandissant une forme sensiblement conique et portent des branches à partir d'une taible hauteur. La partie utile du tronc devient dès lors assez restreinte, et i'on coupe habituellement ces arbres un peu au-dessous des grosses branches. Les arbres qui poussent dans les forêts sont le plus fréquemment à l'abri du vent et ne reçoivent que difficilement, et seulement aux tètes, les rayons du soleil; aussi s'élèvent-ils à d'assez grandes hauteurs en conservant la forme cylindrique et ne se divisent-ils en branches que brusquement à leur partie supérieure; il y a donc avantagea couper ces arbres au-dessous des premières ramifications importantes, le reste du tronc ne portant que de petites branches très-rares.
L'arbre une fois abattu et dépouillé de ses branches, on procède k l'équarrissage. Cette opération doit être -faite avec grand soin ; ce ne fut pas toujours l'opinion dus charpentiers qui, au xviir» siècle, pendant une assez longue période, se contentaient d'équarrir grossièrement les pièces des charpentes qui devaient être non apparentes. Pourtant, ainsi que le recommande Leroy, • quand il s'agit d'une construction importante, dont la charpente doit être visible, ou k laquelle on veut donner une solidité durable, il faut que toutes les pièces soient équarries k vive arête et leurs faces bien dressées avec le rabot, afin que les assemblages puissent être tracés et exécutés avec une précision qui ne laisse point de jeu aux diverses pièces du système ; car autrement il y aurait là une cause de dégradation continuelle, surtout dans la charpente qui aurait une grande portée. D'ailleurs, cette bonne façon des bois laisse moins de prise k l'action corrosive de l'humidité et des insectes, et elle permet d'y appliquer plus efficacement une peinture k l'huile, qui est encore un excellent moyeu de préservation. ■ Les charpentiers de nos jours se conforment entièrement k ces idées et mettent tous leurs soins k l'aplanissement et au polissage des pièces de leurs charpentes.
L'arbre est placé sur des chantiers, pièces de bois entaillées à leur partie supérieure et espacées k des intervalles suffisants pour que l'arbre n'éprouve en aucun point de tiVxion par sou propre poids. On introduit des coins qui consolident le système et on commence par donner deux traits de scie aux extrémités de l'arbre, perpendiculairement k sa longueur. On détermine cette direction en plaçant aux extrémités deux rils aplomb qui passent sensiblement par l'axe du tronc, et en donnant le trait de scie suivant le second côté d'une équerre dont le premier côté rencontre les directions des deux fils; le plan vertical passant par le second côté est, en effet, le plan de la section droite normale k l'axe que l'on veut obtenir k chacune des extrémités, et on en marque la trace sur l'arbre au moyen d'un fil à plomb.
Quel que soit le lieu de production de l'arbre en chantier, la base supérieure du tronc est de dimensions plus faibles que la base voisine du sol. Pour établir l'équarrissage, on trace doue dans la base supérieure un rectangle le plus grand possible, en tenant compte de certaines conditions qui peuvent exclure une partie du bois. Autour de la moelle centrale, qui est très-peu apparente
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si l'arbre est vieux, s étend le ligneux, dont les zones concentriques sont d'autant plus dures qu'elles sont plus rapprochées du centre. Les couches les plus rapprochées de la circonférence forment l'aubier, qui se reconnaît à sa couleur blanche, à sa texture spongieuse et à sou peu de dureté. L'aubier est enveloppé d'écorce : celle-ci favorise la pourriture du bois, et on ne doit jamais en conserver. On doit aussi se débarrasser, autant que faire se peut, de l'aubier, bois informe que les insectes et l'humidité attaquent rapidement. On tâche donc d'en introduire la plus faible quantité possible dans le rectangle de section droite ; puis, une fois ce rectangle obtenu, on en détermine le centre et on y lixe une règle parallèlement k l'un des côtés. Vers le centre de l'autre section, on place une seconde régie fixée à l'axe par un clou et on la fait tourner jusqu'à, ce qu'elle devienne parallèle à la première. Sa direction est celle d'un côté du rectangle égal au premier et que l'on inscrit dans la grande base. On s arrange de manière que deux des cotés de chaque rectangle soient verticaux ; puis, l'arbre étant écorcé, on prolonge ces cotés jusqu'à la surface extérieure et on bat le cordeau entra les points correspondant aux mêmes côtés, ce qui donne les plans verticaux dans lesquels ils sont contenus. Lorsque la pièce est longue, on repère la ligue au cordeau par des clous intermédiaires et on bat entre deux clous successifs. On donne quartier à la pièce et on bat les deux autres plans de la même manière. Ce cordeau est imprégné d'une craie noire et laisse une marque très-nette sur le bois. L'équarrissage se fait à la scie ou à la hache.
■ L'équarrissage k la scie, dit M. Mannheim {Stéréotomie de l'Ecole polytechnique), permet d'utiliser les segments de bois appelés dosses, que l'on enlevé sur toute la longueur de l'arbre; mais il coûte plus de temps et de main-d'œuvre: aussi ne 1 emploie-t-on que dans les environs des grandes villes, où le bois est rare et où il en faut tirer le plus de profit possible. La scie est miinceuvrée par trois ouvriers appelés scieurs de long : l'un est plitcé sur lu pièce convenablement élevée, il donne la direction à iu scie et la relève ; deux autres, placés sur le sol, attaquent le bois en abaissant la scie. Quand on equarrit le bois k la hache, on commence par faire, perpendiculairement k la longueur de la pièce, des entailles atteignant en profondeur le plan de face qui doit rester après l'équarrissage, et l'ouvrier monté sur l'arbre s'assure avec un til k plomb que la ligne d'intersection des faces de l'entaille est une verticale s appuyant sur la ligne tracée au cordeau-, puis l'ouvrier, d'un coup de cognée et par un tour de main où l'adresse fuit plus que la force, fait sauter un éclat de bois d'une entaille à l'autre. Cette première opération laisse des surfaces assez brutes et irrégulières -, on les polit un peu avec l'herminette ou lu doloire. »
Les bois équarris sont payés au mètre cube; les madriers et les planches au mètre superficiel, et souvent même au mètre linéaire. Les bois du commerce contiennent d'ailleurs des flaches assez sensibles, et lorsqu'on a besoin de bois équarris k vives arêtes, on doit les refaire ou les laver k la scie.
Lorsqu'on doit faire subir des opérations k une pièce de bois, soit lorsqu'il s'agit de tailler un tenon, une mortaise, soit lorsqu'il faut la couper de manière k lui donner la forme convenable pour son assemblage bout k bout, il convient en général de faire paraître sur les faces Les projections de l'axe de la pièce. C'est ce qui constitue le lignage et le contrelignage.
On commence d'abord par tracer les lignes médianes des deux faces adjacentes, en prenant le milieu, non pas k partir des faces latérales, mais k partir de deux règles appliquées sur ces plans et qui font disparaître les inégalités et les erreurs qui en résulteraient, dues aux flaches de l'équarrissage ; puis on bat le cordeau entre les divers points de ces lignes médianes : la pièce est lignée.
Le contre-lignage consiste àdéterininersur les deux autres faces les intersections de deux plans rectangulaires passant par les lignes et qui déterminent l'axe.
Pour cela, sur la face lignée actuellement verticale, on applique le long de la ligne médiane une règle et sur cette règle un niveau de charpentier. On cale la pièce de manière que la médiane soit parfaitement horizontale : la pièce est alors dite de niveau. On la met ensuite de devers : on rend k cet effet parfaitement horizontale une ligne perpendiculaire k La médiane de la face supérieure ; cette ligne est obtenue sur un petit plan dressa à. la varlope qu'on appelle plumée, au moyen de deux arcs de cercle décrits de deux points de la ligne médiane. Lorsque la pièce est k la fois de niveau et de devers, il suffit de mener des verticales et des horizontales pâlies extrémités des lignes médianes dans les plans des sections droites extrêmes, ce qui se fait au fil à plomb ; on achève le Peintrelignage eu battant au cordeau entre ies extrémités des médianes cherchées.
Les pièces de charpente subissent différentes tailles, suivant qu'elles doivent être employées k la construction des combles ou des escaliers, des pans de murs en bois, des planchers, des ponts, des cintres ou autres
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échafaudages qui Servent k monter les constructions en pierre, ou enfin de la charpenterie navale.
L'exactitude des assemblages qui servent k relier les différentes parties d une charpente influe d'une manière très-remarquable sur la stabilité et la durée du système ; il convient de les tailler avec le plus grand soin. « Lorsqu'il s'agit, dit M. Mannheim, d'une ferme simple, on fait sur ie sol l'épure linéaire de la charpente dans laquelle les pièces ne sont représentées que par leur ligne de voie. On monte alors sur des chantiers chacune des parties de la charpente, de niveau et de devers, de manière que la projection de sa ligne coïncide avec celle de 1 épure qui lui correspond. Pour cela, une petite règle étant placée suivant la ligne de la pièce, de manière à la dépasser un peu, on promène contre elle un til k plomb dont la pointe doit constamment rester sur la ligne du tracé linéaire. > Cette opération se- continue pour , les autres pièces, que l'on place toutes de niveau et de devers au-dessus des lignes correspondantes dans l'épure.
Les diverses pièces se superposent en projection horizontale, et il convient de marquer sur chaque pièce les points où sa projection rencontre les arêtes projetées de la pièce supérieure, c'est ce qu'on appelle piquer les bois. Ce travail se fait au moyen d'un fil k plomb qui glisse le long des arêtes de la pièce supérieure et vient battre sur celles de la pièce inférieure : on marque une piqûre pour chacune des arêtes rencontrées par la même verticale.
« Un maître charpentier, ajoute M. Mannheim, procède au relevé des piqûres, les réunit par des lignes droites et donne par des marques connues les indications nécessaires pour chaque assemblage; ce sera, par exemple, dans un assemblage à tenon et mortaise, la largeur et la protondeur du tenon et de la mortaise. Des chiffres inscrits sur les pièces qui doivent être assemblées montrent tes points correspondants de celles-ci. Dans toute la France, le chiffruge adopté par les charpentiers est le même. Ces chiffres sont :