II
■ Dans la plupart des charpentes peu compliquées, la simple mise sur ligne des pièces qui les composent, suivie du piqué, suffit parfaitement pour déterminer tout ce qui est nécessaire à la taille des pièces. Ces dessins linéaires ou étalons ne suffisent plus lorsque les pièces sont compliquées; il faut Une seconde épure sur laquelle sont tracés les détails de la pièce, et, après avoir mis celle-ci sur ligne, sur le tracé linéaire, avec un fil k plomb, on relève les divers points et k partir des ligues milieux de la pièce, lignes que le lignage et le contre-lignage ont déterminées, ou porte des longueurs indiquées sur Lu seconde épure. Enfin, si l'assemblage est encore plus compliqué, on pratique la coupe sur trait ; on ne se sert que d'une épure et on relève les points à mesure qu'on taille les différents plans de la pièce. »
Lorsqu'une pièce doit faire partie de plusieurs pans de charpente distincts, on la met sur ligue dans les différents pan3, et pour ne pas commettre d'erreur sur les dispositions relatives de ces portions de la charpente, on marque sur celte pièce un repère ou trait de raroènement, répété sur les étalons des pans auxquels elle appartient.
Dans la coupe des pierres, la stéréotomie n'enseigne pas k l'architecte quelles seront la forme et ies dimensions les plus avantageuses k donner k la construction dont il s'occupe, parce que cet édifice offre les meilleures conditions de stabilité ou de conve nance. C'est k son art proprement dit et k la mécanique que doit recourir l'architecte pour la solution de ces difficultés; mais, une fois que la tonne et les dimensions de l'ouvrage sont assignées dans leur ensemble, le problème de stéréotomie consiste dans trois opérations, dont Leroy donne la description suivante :
« Trouver le mode de division le plus avantageux pour partager la voûte eu voussoirs (ou l'ouvrage en pierres d'assises successives) , c'est-à-dire en parties d'un volume 'assez faible pour qu'où puisse les tailler chacune dans une seule pierre, et qui soient d'une forme telle que, réunies dans un certain ordre et simplement juxtaposées, elles se soutiennent mutuellement comme si elles ne faisaient qu'un seul corps; c'est ce qu ou appelle tracer l'appareil de la voûte.
• Déterminer les contours et les dimensions de toutes les faces de chaque voussoir ou do chaque pierre, faces dont ies limites sont les intersections de diverses surfaces connues par ce qui précède.
» Appliquer ie trait sur la pierre, c'est-àdire parvenir k donner aux matériaux bruts que i'on emploie les formes qui viennent d'être trouvées pour les faces des voussoirs. »
La première et la seconde de ces opérations sont du ressort de l'architecte et de l'appareilleur; celui-ci trace l'épure et dirige l'application du trait sur la pierre. Toutefois, la première de ces opérations ne saurait être faite sans exiger l'application de certaines règles générales ; il est bien certain, en effet,
STER
qu'elle doit varier avec la nature de l'ouvrage, mais que, dans chaque cas parti"ulier, il y a un système préférable à tout autre et qu'il convient d'adopter. Ce sont ces différents systèmes, convenables pour chaque espèce de construction, qu'exposent les traités de stéréotomie; mais par leur essence même, qui est d'être particuliers k telle ou telle construction, ils ne sauraient être expliqués ici et nous ne les développerons pas.
La seconda opération est le tracé des épures. Il peut se faire sur parquet horizontal ou, comme cela a lieu plijs généralement, sur une aire en plâtre bien dressée à la règle et appliquée sur Un mur vertical.
Dans la construction des parquets à épures, on emploie des planches reliées et dressées avec soin ; on évite l'usage du sapin, dont les fibres se déchirent facilement sous l'action ries pointes d'acier, on préfère de minces planches de chêne ; on trace les épures en grandeur d'exécution, par les procédés de la géométrie descriptive; on détermine les lignes qui forment le contour de toutes les faces, d'abord en projection, puis en vraie grandeur, en rabattant les faces qui sont planes et en développant celles qui sont développables. Pour tracer les lignes droites courtes, on se sert de la règle, lorsque la règle ne suffit pas, on bat au cordeau. Les cercles se tracent au simple compas ou au compas à verge, quelquefois même par points. Dans ces épures, le tracé se fait à la craie, au charbon ou au crayon rouge, pour les lignes de construction; quant aux lignes qui doivent être utiles dans la taille, on les repasse au traceret, qui est une pointe d'acier. Lorsque l'épure est finie, on balaye le parquet et les lignes menées au traceret subsistent seules; on conserve ainsi l'épure jusqu'à l'achèvement de la construction ; celle-ci une fois terminée, on rabote légèrement le parquet, qui peut être utilisé une seconde fois. A Paris et dans les grandes villes, où l'espace est cher, on préfère tracer les épures sur un mur vertical, et on se sert beaucoup, dans le tracé, du niveau pour les horizontales et du fil k plomb pour les verticales.
L'épure faite, on construit les panneaux; le menuisier est chargé de ce travail. ■ Il construit ces panneaux, dit M. Mannheim, avec des règles minces assemblées à mi-bois et retenues par des pointes. Les panneaux étant achevés, on les cloue sur l'épure même. L'appareilleur qui est chargé de l'épure a représenté les lits par une ligne aussi fine que possible; mais il a eu soin de prévenir le menuisier de l'épaisseur qu'on voulait donner au mortier interposé entre les liis; cette épaisseur n'est jamais inférieure k 0m,003 ou à 0m,004. Le menuisier ménage donc cette épaisseur. Les panneaux étant cloués sur l'épure, l'appareilleur les vérifie et examine surtout si on a laissé les dimensions nécessaires aux lits. Pour cela, il est muni souvent d'une tige qui a même épaisseur et qui doit pouvoir glisser entre les panneaux et ne pas avoir de jeu. On marque les panneaux et on les enlève pour les porter au chantier. On met en général une couche de peinture à l'huile sur la partie du panneau qui correspond au parement, afin que l'ouvrier la soigne d'une manière particulière. Quand la construction dure longtemps, il importe de faire rentrer de temps en temps les panneaux à la salle d'épurés afin de les vérifier de nouveau. ■
Lorsqu'une pierre de taille doit être décorée de moulures, on en découpe le profil sur une plaque en bois ou en métal qui porte le nom de contre-panneau. Cette planchette est appliquée normalement à la pierre, et les creux du bois indiquent les saillies qui doivent subsister sur la pierre. Lorsque la saillie ou le creux de la pierre doit être courbe, le contrepanneau prend le nom de eerce.
L'appareilleur surveille l'application du trait sur les pierres et marque par un signe particulier le lit de dessus et le lit de pose de chaque pierre , ce dernier devant être taillé beaucoup plus exactement que le premier. La taille de la pierre peut être faite par la méthode de l'équarrisseinent ou par la méthode directe.
Dans la première de. ces deux méthodes, on prend un bloc de pierre assez volumineux pour qu'on y puisse tailler la pierre lorsqu'on a donné au bloc une forme de parallélipipède rectangle, et on obtient les diverses faces de la pierre en tronquant les arêtes de ce parallélipipède et en retranchant successivement les portions de matière qui ne doivent pas être conservées. Pour tailler directement la pierre, on travaille sur un bloc assez volumineux, mais de forme irrégulière, celle qu'il a au sortir de la carrière, et on commence par tailler une des faces, de laquelle on passe a une face voisine au moyen de panneaux et de biseaux, instruments composés de deux règles qu'on amène k faire entre elles l'angle des plans des deux faces voisines.
Les panneaux employés diffèrent suivant la taille appliquée-, les eerees ne sont pas utiles dans cette première opération ; si la pierre présente une face courbe, on lui substitue dans la première taille un plan passant par les extrémités de la douelle; ce plan porte le nom de douelle plaie; Ce n'est que j.,lus tard qu'on creuse la douelle courbe.
« La méthode par équarrissement, fait remarquer M. Munnheim, est plus exacte et ne
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présente pas plus de travail lorsque la pierre est déjà grossièrement èquarrie et qu il y a peu de chose»à faire pour l'équarrir parfaitement. A Paris, toutes les pierres arrivent presque équarries, parce qu'on évite ainsi !e transport d'un poids considérable, ce qui augmenterait le prix du transport sans augmenter le prix de la pierre.
» Mais il arrive souvent qu'on ouvre ou du inoins qu'on exploite une carrière uniquement pour un ouvrage; alors l'équarrissement augmente énormément le travail et on peut même dire qu'il le double ; il faut y renoncer. C'est l'affaire des maîtres tailleurs de juger à vue d'oeil si un bloc pourra contenir tel ou tel voussoir, et, grâce à l'habitude, ils ne se trompent jamais; la taille est un peu moins rigoureuse, mais avec des soins on arrive à d'excellents résultats. »
Il convient de tailler les pierres d'un ouvrage quelconque de manière que les pressions qu'elles auront k subir, et qui seront généralement normales aux lits de pose et de dessus, agissent aussi perpendiculairement aux strates de la pierre. Les bancs dont on extrait la pierre de taille présentent, en effet, le plus souvent une stratification; la niaiière se compose de feuilles minces superposées, et l'on conçoit que la résistance soit bien moindre parallèlement à ces feuilles. Si la pierre fait partie d'une suite d'assises parallèles, il conviendra le plus souvent de tailler les lits dans le plan des strates ; si, au contraire, la pierre fait partie d'une voûte, les lits ne sont pas parallèles si, comme it convient, ils sont normaux aux pressions qui les sollicitent, et il sera bon de les faire à peu près également inclinés sur le plan de Stratification, l'angle de chaque pression avec la normale au lit correspondant demeurant ainsi très-petit. On donne le nom de pierres en délit à celles qui ne satisfont pas à Ces conditions.
Lorsqu'on fait appareiller les piètres d'un ouvrage, la convention constamment observée consiste à payer les tailles de la pierre au mètre superficiel. Quelquefois, on paye séparément les surfaces de lits et celles de joints; mais le plus souvent, ces lits et joints sont compris dans le sous-détail établi pour la parement vu.
Avant de tailler les pierres, celles surtout qui sortent de carrières peu employées, il faut faire des abatages, dont le prix se paye rarement k part; il appartient eu effet k l'entrepreneur de faire grossièrement équarrir des pierres en carrière et de les faire ébaucher suivant les dimensions qu'elles doivent avoir, s'il le juge plus avantageux.
Lorsque la taille nécessite des refoulements ou des évidements, on en comprend généralement le prix dans les faux frais nécessaires pour la taille ; mais quelquefois aussi on les paye k part, au mètre cube, suivant la dureté de la pierre, et il est bon de disposer l'appareil général de manière à éviter le plus possible ces évidements.
Dans le métrage des maçonneries, la pierre de taille est comptée pour le cube réel eu œuvre; mais il faut se garder de chercher k cuber isolément chaque pierre, et l'on doit admettre des queues moyennes pour toutes les pierres d'un même appareil. Les pierres qui ont nécessité des évidements considérables sont généralement cubées suivant le plus petit rectangle circonscrit.
Les voûtes présentent parfois des tailles de voussoirs très-délicates et assez compliquées ; nous signalerons les tailles par équarrissement ou par la méthode directe des appareils suivants: arche biaise en plein cintre, berceau tournant, arrière-voussures, voûte d'arêtes en tour ronde, voûte d'arêtes k lunettes, vis Saint-Gilles.
Les voûtes sphériques donnent lieu k une manière nouvelle de tailler, qui est analogue à la méthode directe et qu'on appelle taille par l'éeuelle.
Un voussoir d'une pareille voûte a pour douelle un quadrilatère sphérique dont les quatre sommets sont sur un même plan et situés sur une circonférence dont on détermine facilement le rayon. On commence dès lors par dresser exactement sur la pierre une face plane du côté qui sera tourné vers l'intrados ; puis on décrit sur cette face le cercle de rayon connu et on détermine sur la circonférence quatre points correspondant au sommet de la douelle; on taille alors une eerce dont la courbe ait le rayon de la voûte et dont l'arête droite ait le diamètre du cercle déjà employé. On creuse la pierre, ce qu'on appelle vider l'éeuelle, jusquk ce que la cerce puisse, dans une série de positions, se pincer les deux extrémités sur le cercle et bien d'équerre en contact avec la douelle taillée.
STÉRÉOTOMIQUE adj. (sté-ré-o-to-mi-ke
— rad. stéréotomie). Qui a rapport k la stéréotomie : Procédés STÉréotomio.ues.
STÉRÉOTYPAGE s. in. (sté-ré-o-ti-pa-je
— rail, stéréotype). Typogr. Action, art ou manière de steréotyper : Procédé de stéréotypagb. Le stékéotypage va doubler le bienfait de l'imprimerie, en faisant pénétrer jusque dans les plus pauvres chaumières le résultat des méditations des sages. (Cuv.)
STÉRÉOTYPE adj. {sté-ré-o-ti-pe — du préf. stéréo, et de type). Typogr. Imprimé avec des planches dont les caractères ne sont pas mobiles, et que l'on conserve pour de
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nouveaux tirages : Avec le temps, les éditions stéréotypés deviennent parfaitement correctes. (Aead.)
— s. m. Ouvrage stéréotype : Les stéréotypes rfe Didot.
STÉRÉOTYPÉ, ÉE (sté-ré-o-ti-pé) part, passé du v, Steréotyper, Imprimé par les procédés de la stéréotypie : Ouvrage STÉRÉO- TYPÉ.
— Fig. Qui ne se modifie point, qui reste toujours de même : On se demande où est le type cache' sous lequel l'Angleterre s'est trouvée ainsi stéréotypée. (De Custine.) Le sourire du comte, stéréotypé sur les lèvres, annonçait toujours la même bienveillante curiosité. (Alex. Dum.) On ne peut se figurer l'influence des phrases stéréotypées : elles font notre malheur depuis soixante ans. (Privatd'Anglemont,)
STERÉOTYPER v. a. ou tr. (sté-ré-o-ti-pé — rad. stéréotype). Typogr. Reproduire en planche solide : Steréotyper une page, une feuille. |] On dit aujourd'hui clicher.
— Imprimer avec des planches" stéréotypées : Steréotyper un ouorage.
— Fig, Rendre inaltérable : Steréotyper les idées d'un grand écrivain. Il Rendre fixe, immuable, toujours le même : StéréotïpkR ses gestes, ses paroles.
8TÉRÉOTYPEUR s. m. (sté-ré-o-ti-peur — rad. steréotyper). Typogr. Celui qui stéréotype. Il On dit aujourd'hui clicheur.
STÉRÉOTYPIE s. f. (sté-ré-o-ti-pl — rad. stéréotype). Typogr. Art de steréotyper : De nos jours, MM. Firmin Didot et Herhan, chacun par des procédés divers, ont porté à une grande perfection l'art de la stéréotypie auquel Foulis, de Glascow, Hoffmann, de Strasbourg, avaient déjà consacré d'heureux essais. (L. Lenonnant.) H Atelier où l'on stéréotype. Il On dit aujourd'hui clicherik.
— Encycl. Tout le monde sait, dit M. Paul Dupont, que les ouvrages né s'écoulent pas toujours rapidement. H en est, et ce sont quelquefois les meilleurs, dont le placement ne s'opère qu'avec lenteur. Il importait done de chercher les moyens d'éviter les frais d'une nouvelle composition. La première pensée qui vint à l'esprit fut de conserver des planches toutes composées. On essaya ensuite d'imprimer avec des caractères mobiles soudés ensemble. Ces procédés ayant été trouvés défectueux, on dut chercher d'autres moyens, et c'est seulement depuis le commencement de ce siècle que la stéréotypie est réellement devenue un art d'une application facile.
Vers 1735, Valieyre imprima, par un procédé stéréotype, le calendrier d'un livre d'heures. De 1725 k 1739, un orfèvre écossais nommé Ged imprima par le même procédé plusieurs livres, notamment une édition de Salluste. En 1783, Hoffmann, imprimeur k Schlestadt, rit, avec la planche composée eu lettres mobiles, une empreinte dans une terre grasse ramollie, mêlée de plâtre et apprêtée avec une colle gélatineuse. Il coula sur cette empreinte une composition de plomb, d'étant et de bismuth, et obtint ainsi des planches stéréotypées. En 1785, Carez, imprimeur k Toul, employa les mêmes procédés que ses devanciers; seulement, aux moules en argile, il substitua du métal chaud et imagina de frapper un coup vif sur le métal en fusion, pour le faire pénétrer plus exactement dans le moule. Grassal, un des artistes attachés k la fabrication des assignats, imagina de réunir les matrices isolées de toutes les parties de l'assignat pour en former une matrice unique que l'on pût cliiher. Il inventa aussi la machine k clicher nécessaire pour porter la matrice sur la matière en fusion. Enfin, en l'an VI, Gaéteaux proposa d'enfoncer k froid, k l'aide du balancier, la planche composée de caractères mobiles dans une planche de métal. Gengeinbre, ingénieur mécanicien k Pa- • ris, inventa un procédé qui avait pour but d'obtenir, au moyen de l'écriture simple sur une plaque de cuivre, une planche que l'on pût imprimer comme une gravure en tailledouce. L'encre dont il se servait était composée d'éthiops martial mélangé avec du coaltar que l'on broyait avec de l'huile de lin. Apres avoir écrit avec ce liquide, il faisait sécher d'abord k froid, puis il plaçait la plaque au-dessus d'un fourneau, mais il ne chauffait pas assez fortement pour détruire lo poli du cuivre; puis on appliquait cette plaque sur du plomb ou de l'étain un peu re- IVoidi et on appuyait fortement avec une presse de graveur ; on avait ainsi une planche avec laquelle on pouvait imprimer comme avec une gravure en taille-douce. Vinrent eusuite MM. Firmin et Pierre Didot et Herhan. Voici; d'après Partington, la description du mode de stéréotypie employé par ces habiles typographes. Les types sont fondus d'après le procédé ordinaire, mais le métal est une composition particulière, dont la dureté est assez grande pour supporter sans danger le coup nécessaire à l'impression de la matrice. Lorsque la page est composée, on l'enferme dans une boite d'acier, où elle se trouve comprimée de manière que la surface devienne parfaitement plane, La page ainsi préparée sert d'emporte-pièce. Le métal destiné k la matrice doit réunir deux qualités essentielles ; îo être susceptible de recevoir une impression pure et nette; 2" n'être sujet k aucune altération au commencement de la fu-
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sion, lorsque, par l'action d'une presse, on le met en contact avec le métal brûlant. La page en caractères mobiles est alors placée au-dessus de la matrice, et on la soumet, à. l'aida d'une machine, k une pression égale. Cette machine a quelque analogie avec celle qui sert k frapper la monnaie. On fixe ensuite la matrice dans un châssis, et on la soumnt k une nouvelle pression. On obtient alors la planche solide dont on se sert pour l'impression.
En 1801, Herhan fit connaître son stéréotype en matrices de cuivre creuses. MM. Manie frères, ses successeurs, suivirent et perfectionnèrent plus tard cette invention. Les caractères creux ou matrices mobiles sont frappés au lieu d'être fondus. La page se compose absolument de la même manière que dans la composition en caractères mobiles en relief; mais le clichage a lieu sur la page même. « On voit, dit M. Paul Dupont, que ce procédé exige une opération de moins que celui que nous avons exposé plus haut. Il est vrai que les caractères creux demandent dans la fabrication beaucoup d'adresse et de soin, et qu'ils entraînent des frais considérables. » Aussi la supériorité est-elle restée au procédé de Firmin Didot, auquel on doit réellement la stéréotypie, ou du moins les moyens de l'appliquer avec succès k l'art typographique.
Plus tard, on améliora encore ces procédés; aux alliages métalliques pour prendre les empreintes des caractères mobiles, on substitua le plâtre; puis on eut recours au clichage au papier. V. empreinte et clichagb.
La galvanoplastie a aussi prêté son concours à la stéréotypie. Les matrices sont en gutta-percha enduite de plombagine, et l'on y fait déposer du cuivre. > Le moulage k la gutta-percha, dit M. Henri Fournier dans son excellent •Traité de la typographie, comporte une certaine épaisseur de cuivre pour qu'on le sorte du moule sans déchirure. L'électricité met le cuivre en dissolution ; il se forma alors un courant métallique qui couvre l'empreinte dans toutes ses parties et acquiert toute la solidité dont ce métal est susceptible. Ce cliché s'appelle coquille. Pour lui donner la consistance et le niveau requis par le tirage, on le double ou on le garnit, suivant l'expression reçue, avec de la matière k caractères, au moyen d'une presse construite pour cet usage, et l'on termine le cliché k la scie et au rabot, comme les clichés en plomb. On le met de hauteur; puis on le monte sur bois ou on le pose sur des blocs mobiles pour le tirage. «
STÉRÉOXYLE s. m. (sté-ré-o-ksi-le — du prêt", stéréo, et du gr. xuton, bois). Bot. Syn. d'uscALLONiK, genre de saxifragêes.
STÉRER v. a. ou tr. (sté-ré — rad. stère). Mesurer au stère : Stérer du bois.
STÉRIGMATE s. m. (sté-ri-gma-te — du gr. stêrigma, étai). Ane, méd. Organe qui consolide un autre organe. Il Bandage servant k consolider une partie.
STÉRIGME s, m. (sté-ri-gme — du gr.
stêrigma, étai). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des anohoniées, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent en Orient et dans l'Asie centrale : La siiique des stérigmes est allongée, inarticulée. (P. Duohartre.)
STÉRIGMOSTÉMON s. m. (sté-ri-gmo-slëmon — du gr. stêrigma, étai ; slêmàn, étaniine). Bot. Syn. de stérigmk.
STÉRILE adj. (sté-ri-le — latin sterilis, mot qui appartient k la même famille que le grec stéréos, sterros, solide, dont sleira, stérile). Qui ne porte point de fruit : Champ stérile. Terre stérile. Arbre stérile. La terre, qui jusque-là avait conservé quelque verdure, se dépouille; les flancs des monts s'élargissent et prennent à ta fois un air plus grand et plus stérile. (Chateaub.)
Une herbe parasite, abondamment ttérite.
De la sève égarée épuise l'aliment;
Esuenard, Il Où les fruits manquent, où les récoltes sont nulles ou peu abondantes : Année stérile.
— Impropre k la génération : Homme stérile. Femme stérile. Jument stérile. Les géants sont toujours stériles et impuissants. (Maquel.) fi» voit des femmes qui avaient été stériles pendant un grand nombre d'années devenir fécondes dans ta suite. (Virey.) On a vu des individus qui avaient été stériles pendant leur union donner l'un et l'autre des preuves de fécondité si, après avoir été séparés, ils contractaient un nouveau mariage. (Virey.) La vache et ta jument trop bien nourries perdent leur lait et deviennent stériles. (Toussenel.) Défiez-vous de l'homme qui u'a jamais trouvé que des femmes stériles I (E. du (îir.) El D'où il ne résulte pas d'enfants : Hymen stérile. Union stérile.
— Fig. Qui ne produit pas, qui ne fait aucun ouvrage ou qui fuit peu d'ouvrages : Auteur stérile. Poète stérile. Esprit stérile. Nous sommes stériles faute de repos, plus encore que faute de travail. (Gralry.) Les esprits stériles sont tes plus féconds en paroles. (S.-Dubay.) Il y a des esprits si stériles qu'il n'y pous:e pas même de bêtise. (Lameun.) Oht que l'imagination des hommes est stérile auprès de l'intelligence de la nature! (B. de St-P.) Il Qii est sans effets, sans résultats, sans fruits : Par une grande pensée de discer-
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nement, on distinguera les pensées stériles des idées fécondes. (Buff.) L injustice est une mère qui n'est jamais stérile et gui produit des enfants dignes d'elle. (Thiers.) Les tyrans, les méchants, pleurent au théâtre, et c'est peutêtre un malheur, car ils se croient absous par cette sensibilité stérile et passagère. (Lemontey.) Toute science dont l'objet n'est encore ni sérié ni circonscrit est une science stérile et fausse. (Proudh.) La confiance des hommes est féconde, leur défiance est stérile. (E. de Gii-0 Par de stériles vceux pensez-vous m'honorer?
Racine.
L'argent, l'argent, dit-on ; sans lui tout est stérile.
Boileau.
Renonçons au stérile appui Des grands qu'on implore aujourd'hui.
J.-B. Rousseau.
Il Où il se produit peu de chose ou rien : Ce siècle a été stérile en grands hommes, il Qui fournit peu d'idées, qui ne se prête pas aux développements : Sujet stérile.
— Langue stérite, Langue qui contient peu de mots, qui offre peu de ressources.
— Bot. Fleur stérile, Celle où ne s'opère
Sas la fécondation. H Anthère stérile, Celle ont les loges ne contiennent point de pollen, il Brome stérile, Celui dont la finesse des graines les a fait regarder longtemps comme nulles.
— Min. Filons stériles, Ceux qui ne contiennent que des matières non exploitables.
il s. m. Partie du minerai dont l'exploitation, dont la valeur ne paye pas les frais d'extraction : La plus grande partie du stérile est éliminée par le scheidage Ou premier triage à la main, sur le banc de cassage.
— Syn. Stérile, Infécond, infertile, etc. V. INFÉCOND.
STÉRILEMENT adv. (sté-ri-le-man — rad.
stérile). D'une manière stérile :
Elle ne produit plus, stérilement fertile, Que d'importuns chardons ou qu'une herbe inutile. * Rosset.
STÉRILISATION s. f. (sté-ri-li-za-si-on — rad. stériliser). Action.de stériliser, production de la stérilité : De la destruction des forêts résulte la stérilisation des montagnes.
STÉRILISER v. a. ou tr. {sté-ri-li-zé — rad. stérile). Rendre stérile, frapper de stérilité : Les monceaux d'or stérilisent le sol sur lequel on les entasse. (Ferrand.) Quand te pillage cessa de stériliser les champs, le commerce retrouva son activité et les lois reprirent leur empire. (Ségur.) Partout j'entends hurler la publique misère; Ses- pieds nus et sanglants stérilisent la terre.
A. Barbier.
— Rendre impropre à être fécondé : Stériliser une femme, un homme, un animal, une plante. Certaines potions abortives ont quelquefois pour résultat de stériliser à jamais une femme.
— Fig. Rendre infécond, impropre k produire ses effets naturels : Le faux désespoir stérilise l'âme, au lieu de l'échauffer et de la vivifier. (St-Marc Gir.) La paix n'a pas été jusqu'ici une paix assez pacifique pour qu'elle ait stérilise toutes les espérances des caporaux. (L. Ulbach.)
Se stériliser v. pr. Etre stérilisé, devenir stérile ; Les champs se stérilisent par la permanence des mêmes cultures.
— Fig. Devenir impropre à produire ses effets naturels : Quittons donc ce débat où court risque de se stériliser l'esprit même de ta France. (E. Quinet.)
STÉRILITÉ s. f. (sté-ri-li-té — lat. sterilitas; de sterilis, stérile). Etat, nature de ce qui est stérile : La stérilité du sol. Des campagnes frappées de stérilité. La stérilité suivie de la disette avait amené la famine. (Buff.) Les rochers sont l'excuse et l'ornement de la stérilité. (J. Joubert.) Chez la race des enfants de Sem, l'imagination participe de la sécheresse et de la stérilité du désert où ils habitent. (Maury,) La stérilité régna partout où régna l'esclavage. (P. Leroux.)
— Etat de la femme ou de la femelle qui la'rend impropre à concevoir : Chez les anciens, la stérilité d'une femme était une espèce d'opprobre. (Acad.) La stérilité est ou un vice de la nature ou un attentat contre la nature. (Volt.) Il Etat des plantes impropres à produire des semences.
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tre en bien des hommes. (Rollin.) La stérilité de l'esprit produit l'entêtement. ( Latena. ) Il Nature de ce qui est impropre à fournir des développements: La stérilité d'un sujet vient souvent de l'impuissance de son auteur. (Et. Pasq.) Des découvertes nouvelles et inattendues fécondent parfois des sujets qui pouvaient paraître frappés de stérilité. (A. Maury.) — Encycl. Physiol. humaine. La stérilité est assez fréquente chez la femme; d'après les recherches de Simpson et de Spencer Wells, on trouverait en moyenne une femme stérile sur huit. Quelquefois cependant le manque d'enfants dans les mariages tient à l'impuissance de l'homme, mais c'est le cas le plus rare; neuf fois sur dix, c'est la femme qui est impropre à la reproduction. La stérilité résulte de trois conditions distinctes ;
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1° l'inaptitude au coït ou impuissance ; 2° l'inaptitude a l'imprégnation ou infécondité ; 3o l'inaptitude a la germination ou stérilité proprement dite. Ces diverses inaptitudes, dit Courty, peuvent être passagères ou permanentes, relatives ou absolues, curables ou incurables, et chacune d'elles l'est à des degrés différents.
— I. Inaptitude au coït ou impuissance. L'inaptitude au coït est plus rare chez la femme que chez l'homme. Pour elle, le rôle qu'elle joue dans l'accouplement et les préludes de l'acte vénérien est à peu près entièrement passif. Il suffît, en effet, que la vulve et le vagin soient suffisamment ouverts pour permettre l'introduction du pénis et la copulation. II peut arriver néanmoins que, par suite d'un vice de conformation congénital ou accidentel, une femme soit passagèrement ou définitivement impuissante. La stérilité est due dans ce cas k une lésion d'origine presque toujours accidentelle et qui consiste dans 1 adhérence des grandes ou des petites lèvres. Cette adhérence est quelquefois congénitale; I mais, quelle que soit son origine, on peut assez ' facilement la détruire avec le bistouri, quand j elle ne s'étend pas jusqu'au vagin. Ce dernier j organe est assez souvent une cause d'impuissance ; car, quoique la vulve existe, le vagin peut manquer en totalité ou en partie; il peut être bifide ou s'ouvrir en un point anomal. L'absence totale ou partielle du vagin exista par manque de formation ou par arrêt de développement. Quelquefois ce canal existe, mais il se trouve oblitéré par la membrane hymen imperforée. Dans ce cas, il est trèsfacile de remédier à l'impuissance. Il n'en est pas ainsi lorsque le vagiii consiste simplement eu un canal du volume d'une plume d'oie, ou bien en un cordon fibreux sans aucune cavité. On peut réussir néanmoins, si le conduit existe, à le dilater au point de le rendre apte h la copulation. Mais, dans les cas où il n'y a aucune trace de vagin, il faut le créer dans toute son étendue, et cette opération n'est point sans danger pour la femme. Si le canal est bifide, c'est-à-dire s'il y a cloisonnement longitudinal, la stérilité n existe qu'autant que le calibre de chacun des deux conduits vaginaux est considérablement rétréci, au point de ne pouvoir permettre l'intromission, ou bien que la moitié d'organe dans lequel le coït est praticable aboutit à une moitié d'utérus atrophié. Quel que soit le cas, il y a toujours une ressource, c'est de dilater l'un des deux conduits ou d'opérer l'excision de la cloison. Une anomalie assez fréquente, et qui produit nécessairement la stérilité, est l'ouverture du vagin dans le rectum. Louis crut devoir conseiller en pareil cas le coït par les voies extra-naturelles {postera parle); mais il est plus logique et plus moral de faire intervenir la chirurgie en créant un canal vul vo-utérin et en oblitérant l'ouverture anale. Enfin, dans certaines circonstances, malgré l'intégrité anatomique et la bonne conformation des organes génitaux, la copulation est impossible par suite d'une contractiun spasmodique du vagin. Cet état peut persister de longues années et même toute la vie. L'introduction d'un corps étranger d'un très-petit volume suffit pour donner lieu aune syncope, à plus forte raison l'introduction du pénis. On conçoit facilement que la stérilité subsistera tant qu'on n'aura pas détruit la cause de la sensibilité extrême de la femme. Le meilleur moyen de traitement consiste dans une brusque dilatation du vagin.
— IL Inaptitude a l'imprégnation ou infécondation. Cette cause de stérilité peut se rapporter à des obstacles en quelque sorte mécaniques ou physiologiques. Les obstacles mécaniques ont leur siège dans les trompes de Fallope ou dans l'utérus. Ces organes sont quelquefois remplis de liquides de sécrétion morbide qui détruisent la vitalité des spermatozoïdes ouïes empêchent d'aller k la rencontre de l'ovule. Chez certaines femmes, l'utérus fait complètement défaut. Cet état est rare ;raais, quand il existe, la stérilité est incurable. Dans d'autres cas, ce même organe se trouve à l'état rudimentaire, ou bien si peu développé qu'il conserve tous les caractères du jeune âge. La stérilité est encore la conséquence de ces vices de conformation, mais on peut en triompher en combattant l'atrophie utérine par l'électricité ou le pessaire galvanique intra-utérin de Simpson, , dont l'introduction serait favorisée au besoin par une dilatation préalable. Quelquefois l'utérus, quoique développé comme à l'état normal, est totalement dépourvu de cavité, ou bien les trompes sont imperforées dans tout leur parcours en même temps que l'utérus. Dans les deux cas, la stérilité est absolue et incurable. L'im perforation simple ou compliquée u/i col de la matrice est une cause de stérilité qu'on peut traiter efficacement; il en est de même des diaphragmes placés dans le vagin, plus ou moins près du col, imperforés ou percés d'un trou, ou bien encore de l'étroitesse congénitale et des rétrécissements accidentels qui sont un obstacle à la menstruation et k la fécondation. Dans tous ces cas, le traitement consiste dans la dilatation et la double incision du col.
Les flexions de la matrice sont des causes
de stérilité lorsqu'elles sont très-prononcées,
et la stérilité est incurable si la flexion est
entretenue par des adhérences, des brides ci-
I catricielles qui rendent le redressement ira-
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le. Il y
fécondité : la première est l'obstacle mécanique, l'éperon qui nuit a la facilité de communication entre les cavités vaginale et utérine; la seconde, l'altération du tissu, l'état morbide, le ramollissement, sous l'influence, duquel la flexion s'est produite et se maintient. Ici la première indication dans le traitement est de détruire les adhérences et de s'efforcer ensuite de redresser l'utérus. Enfin, dans bien des cas, il suffit d'une simple déviation de la matrice pour empêcher la fécondation. En effet, pendant le coït, l'extrémité du gland ne se trouvant jamais en contact direct avec l'orifice utérin, le sperme aura d'autant plus de difficulté à pénétrer dans l'intérieur de l'utérus, que la déviation de celui-ci sera plus grande. La conception n'est pas impossible, mais elle est toujours trèsdifficile et l'on ne doit pas négliger le redressement. L'hypertrophie du col de la matrice est une cause de stérilité, et celle-ci est d'autant plus certaine que cette hypertrophie est accompagnée habituellement d'une altération des trompes ou des ovaires. Lisfranc a signalé encore eomine cause de stérilité la conicité du col utérin, parce qu'en pareil cas le pénis glisse sur le cône et, au moment de l'éjaculation, la liqueur spermatique est déposée dans une poche adventive au-dessus de la circonférence qui limite le niveau de l'orifice utérin.
L'hypertrophie sous -vaginale considérable, soit avec élongution, soit avec gonflement de la partie inférieure du col en massue ou en champignon, est aussi une cause de stérilité. Cette cause n'est pas absolue ; mais elle ne cède guère qu'au traitement chirurgical, c'est-à-dire à la résection de la partie hypertrophiée. Il en est de même de l'hypertrophie bornée a une seule lèvre, ce qui se conçoit aisément, puisque l'orifice est alors nécessairement dévié, ou en partie oblitéré, ou bien masqué par la lèvre excédante.
Cette fois encore on peut combattre avec succès la stérilité en réséquant la lèvre hypertrophiée.
Les tuméfactions non hypertrophiques du corps de la matrice peuvent, devenir des causes accidentelles de stérilité, comme l'hypertrophie elle-même. La congestion, l'inflammation, les granulations, les fongosités constituent parfois des obstacles mécaniques à la fécondation ; les orifices, la cavité cervicale elle-même peuvent être oblitérés par l'emboîtement des excroissances ou des parties tuméfiées avec les portions du col placées vis-à-vis, occlusion comparable à l'occlusion naturelle de l'orifice cervico-utérin. Le traitement de ces maladies consiste dans l'usage des scarifications, dans les débridements, les dilatations, les excisions des tissus excédants, la cautérisation , en ayant soin de prévenir la formation d'un tissu cicatriciel qui pourrait être lui-même une cause de stérilité.
Il est inutile de dire que les altérations organiques de l'utérus, telles que les corps fibreux, les polypes, les cancers, sont des causes absolues de stérilité. Enfin, les sécrétions surabondantes ou viciées peuvent empêcher la fécondation de deux manières différentes: mécaniquement et chimiquement. Mécaniquement , parce que la leucorrhée abondante, par exemple, remplissant la cavité utérine, ou bien si elle est visqueuse, cohérente, tenace, formant bouchon, empêcha le sperme de pénétrer dans l'intérieur de la cavité utérine ou l'entraîne au dehors par suite des contractions utérines qui poussent le tout vers le vagin. Chimiquement, parce que les sécrétions anomales du fluide uterovaginal étant douées de propriétés acides ou alcalines peuvent tuer les spermatozoïdes.
Les maladies des trompes de Fallope causent la stérilité en empêchant l'œuf d'être recueilli, le sperme d'être transporté par ces canaux, ou ces deux éléments de s'y rencontrer et d'y subir leur influence réciproque qui constitue la fécondation.
— Obstacles physiologiques à la fécondation. Ces causes de stérilité dépendent d'une imperfection physiologique native ou accidentelle, ou bieu de l'altération qu'un état morbide quelconque apporte à l'accomplissement de la fonction. Relativement à l'altération de l'acte physiologique normal, il peut y tiroir défaut ou excès. Pendant le coït, comme pendant la menstruation, l'appareil génital île la femme doit se trouver dans certaines conditions de contraction et d'érection, qui sont favorables à la rencontre de l'œuf et du sperme. Or, ce défaut d'orgasme, indiqué généralement par l'absence de toute sensation voluptueuse, peut être pendant longtemps une cause de stérilité, quoiqu'il soit ■ avéré, dit Courty, que certaines femmes ont conçu malgré elles, à la suite d'un viol, ou à leur insu, pendant l'ivresse et le sommeil, ou même à la suite d'un coït consenti, mais auquel elles ne prenaient aucune part de sensation voluptueuse.... Bien que ces faits ne doivent être accueillis qu'avec une grande réserve, je puis affirmer, ajoute le même auteur, avoir connu des femmes qui, sans avoir jamais éprouvé la moindre volupté, et même n'ayant jamais ressenti que de l'éloignement ou du dégoût pour un acte auquel elles ne se prêtaient que par complaisance ou par devoir, n'en ont pas moins eu plusieurs grossesses, et même ont donné des preuves d'une grande
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fécondité. Cela tient, sans doute, à ce que l'orgasme vital, l'érection, les mouvements involontaires de l'utérus et des trompes peuvent échapper à la sensibilité et à la perception, comme ils échappent à la volonté, à ce qu'ils peuvent se produire indépendamment à la fois de toute participation volontaire et de tout sentiment voluptueux. Mais ces cas n'en sont pas moins exceptionnels. La preuve même qu'ils le sont, c'est que, chez la majorité des femmes, le sentiment voluptueux ne s'éveille que peu à peu, comme par l'éducation progressive d'un nouveau sens, et que ce n'est aussi qu'un certain temps après le mariage, k une époque qui coïncide souvent avec l'éveil de ce sentiment voluptueux, que se produit la première conception. Ainsi, même chez les femmes fécondes ou aptes h le devenir, l'aptitude k l'imprégnation ne se développe ou ne se révèle qu'après une pratique suffisante de la copulation.... Aussi voit-on parfois la stérilité coïncider avec l'intégrité apparente et la santé la plus parfaite de l'appareil génital, et ne pouvoir être attribuée qu k lu froideur, au defuut absolu de spasme, du sentiment voluptueux et probablement de l'orgasme ou de l'érection féminine qui y correspond, même chez les femmes très-désireuses de devenir mères (Roubaud). Bien plus, on voit la fécondité naître avec l'éveil du sentiment voluptueux, après un sommeil qui a duré quelquefois plusieurs années, et poursuivre dès lors le cours normal de son évolution. On peut même déterminer parfois les conditions auxquelles est dû cet éveil du sentiment voluptueux, en analysant les circonstances au milieu desquelles il se produit. Quelques-unes de ces conditions sont-elles purement morales, sontelles le résultat de l'imagination, de la passion pour un nouvel époux ou pour un amant et de l'impression qui en retentit sur l'orgasme utéro-ovarienî Quelques exemples peuvent le faire supposer; mais, si ces influences morales sont obscures, certaines influences mécaniques ou purement vitales semblent plus évidentes. Parmi celles-ci, il n'y en a pas de plus avérées que les excitations clitoridiennes, ou la pratique du coït dans certaines positions, variables d'une femme à l'autre, mais seules capables de donnera certaines la plus grande somme de volupté, ou de faire naître l'orgasme vénérien. J'ai reçu, sous ce rapport, de la part de bien des maris avides de progéniture de nombreuses confidences, desquelles il résulte que le sentiment roluptueux n'avait commencé à être perçu par leurs femmes que lorsqu'elles étaient placées dans le décubitus latéral, ou qu'elles subissaient le congrès more bestiarum, ou plus souvent lorsqu'elles renversaient les rôles et jouaient vis-à-vis de l'époux le rôle d'incube, soit sur le lit, soit sur une chaise, etc. Ce qu'il y a d'important à rechercher, ce sont les causes de ces particularités, qui sont d'ailleurs plus fréquentes qu'on ne pense. Or, à part quelques cas où l'imagination paraît jouer le plus grand rôle, et où il s'établit une telle relation entre certaines impressions, certaines positions et l'éveil de la volupté, que les deux faits, surtout chez des natures d'un nervosisme spécial, ont dû se trouver ensuite indissolublement rattachés l'un à l'autre, dans la plupart des circonstances, ces attitudes extranaturelles dans l'accomplissement du coït ont abouti surtout à déterminer le contact du pénis avec le col de l'utérus ; ce contact aurait suffi pour éveiller chez plusieurs femmes une sensation voluptueuse qui ne s'est reproduite ensuite chez un certain nombre que dans les mêmes conditions, •
Si, pour que le coït soit fécondant, il faut un certain degré d'excitation chez la femme, il peut arriver, par contre, qu'une trop grande agitation, un orgasme trop violent, dépassant toutes les limites, comme chez quelques hystériques, puissent donner aux organes sexuels et à l'appareil uféro-ovarien en particulier, une habitude de spasme, une irrégularité de contraction, un état convulsif tonique ou clonique, qui parviennent peu à peu a user et à émousser la sensibilité. Roubaud, dans un cas de ce genre, a triomphé de la stérilité en condamnant la malade k la privation absolue du coït et en electiisant l'utérus deux fuis par semaine pendant un mois. Quoi qu'il en soit de l'état de la femme, il faut combattre les écarts de l'action nerveuse, tantôt l'excès de froideur ou d'insensibilité, tantôt l'excitabilité extrême, la nymphomanie, l'hystérie. Ces divers états sont quelquefois sous la dépendance d'une cause morbide, comme les inflammations, les scrofules, les dartres, etc. Dans tous ces cas, la stérilité n'est pas définitive; on en triomphera toujours par un traitement approprié.
— III. Inaptitude a la germination ou k l'ovulation. Cette inaptitude est celle qui produit le plus sûrement la stérilité. On conçoit, en effet, qu'une femme chez laquelle les œufs se forment régulièrement dans l'ovaire, arrivent à la maturité et sont périodiquement expulsés, puisse être temporairement Stérile par suite d'un obstacle quelconque qui empêche la fécondation de l'ovule; et le jour où l'on parviendra à lever l'obstacle, la stérilité disparaîtra. Mais il en sera bien autrement si la femme ne peut pas même produire les œufs, si l'organe germinateur est absent ou atrophie. Ce cas de stérilité est toujours incurable si l'ovaire n'existe pas ; s'il est seu«
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lement atrophié ou le siège d'une altération quelconque, la stérilité peut n'être que relative ou passagère; elle disparaîtra si l'ovu-' lation se rétablit. Les affections des ovaires sont très-nombreuses (v. ovaire) et toutes entraînent, au moins temporairement, la stérilité.
En résumé, les causes de stérilité sont très-nombreuses, et la plupart se traduisent par une modification plus ou moins grands du flux menstruel. Il faut tout d'abord s'informer auprès d'une femme stérile s'il y a absence, anomalie OU régularité de cette fonction. L'absencede la menstruation est presque toujours d'un fâcheux pronostic en ce qui concerne la fécondité de la femme. Elle peut coïncider cependant avec une bonne conformation des organes génitaux et constituer alors une simple anomalie physiologique.
Dans ce cas, on a vu des femmes, quoique non réglées, concevoir et accoucher douze et même dix-huit fois. Mais, en général, l'absence des menstrues est accompagnée d'infécondité.
— Physiol. végétale. On applique, en botanique, 1 épithète de stérile à tout organe qni ne possède pas les éléments nécessaires à la reproduction. Tels sont les tiges ou les rameaux dépourvus de fleurs , les étamines rudimentaires et qui ne possèdent pas d'anthères pourvues de pollen, les pistils ou les ovaires dont les ovules sont atrophiés ou imparfaits, etc. Dans une acception plus pratique, on dit qu'une plante est stérile quand elle ne fructifie pas et ne peut par conséquent Se reproduire de graines. On observe divers degrés ou divers états de stérilité dans les végétaux, surtout les espèces exotiques, que l'on cultive dans nos serres ou nos jardins. Les uns, en effet, ne fleurissent pas dans nos cultures, d'autres portent des fleurs qui ne nouent jamais, d'autres enfin produisent des fruits qui n'arrivent pas à maturité. L'habileté de l'horticulteur consiste à leur faire franchir tous ces degrés intermédiaires, pour leur faire produire des fruits qui renferment des graines aptes à germer. Mais ce résultat est loin d'être facile à obtenir.
La stérilité tient souvent à l'essence même du végétal. Ainsi, les espèces dioïques dont on ne possède que des individus mâles ou femelles, en un mot qu'un seul sexe, sont constamment stériles; tels sont, chez nous, le peuplier d'Italie, dont on n'a que le mâle, et le saule pleureur, exclusivement représenté par des individus femelles. Tel a été pendant longtemps l'aucuba du Japon, dont le mâle n'a été introduit que dans ces dernières années. Quand la stérilité tient à cette cause, on peut souvent y remédier par la fécondation artificielle, ou bien en greffant un rameau , mâle sur un pied femelle, et réciproquement, et rendre ainsi une espèce monoïque, de dioïque qu'elle était. C'est ce qu'on a fait avec succès pour le gingko, à Montpellier et dans quelques autres localités.
Voici encore à cet égard un fait assez curieux rapporté par M. A. Dupuis, au sujet du muscadier : « Les Sexes étant séparés sur ces arbres, il arrive que beaucoup d'entre eux sont stériles ; car, lorsqu'on sème une graine, on ne sait pas si elle produira un individu mâle ou femelle. Cette stérilité, depuis longtemps remarquée par les Hollandais aux Moluques mêmes, sans qu'ils pussent alors y porter remède, est une des causes qui se sont opposées à la multiplication du muscadier. On y obvie facilement en le propageant par boutures prises sur les pieds femelles, ou par le marcottage de ceux ci; mais Joseph Hubert a employé un procédé bien meilleur encore, qui consiste à greffer des femelles sur tous les muscadiers dont le sexe est inconnu. On obtient ainsi des pieds femelles ou monoïques à sexes réunis sur le même individu, et il y a toujours assez de fleurs mâles pour assurer la fécondation, et, par conséquent, la production des noix. >
D'autres fois, la stérilité dépend aussi de la conformation des organes, ou des modifications qu'ils ont subies par suite d'une culture longtemps continuée et qui les rendent inaptes à remplir leurs fonctions génératrices ; il se forme même ainsi des races complètement stériles, et qu'on ne peut propager de serais. Telles sont les plantes à fleurs doubles, ou plutôt à fleurs pleines, dans lesquelles toutes les étamines, et quelquefois aussi les pistils, se sont convertis en pétales ou en organes foliacés. Telles sont encore les variétés stériles de la boule de neige et de l'hortensia ; on cite comme très-rares les cas où cette dernière a produit, dans nos cultures, des fruits mûrs et des graines fertiles. Un fait tout aussi remarquable est celui d'un cœlébogyne femelle, qui a produit accidentellement, et sans le concours d'aucun mâle, des fruits et des graines fertiles. On peut l'expliquer en admettant que ce pied a pu produire par exception une fleur mâle. Il n'est pas rare de voir des fleurs femelles dans les panicules mâles du maïs..
La stérilité n'est pas toujours un mal; souvent même on cherche a l'obtenir pour les plantes d'agrément. Elle permet de jouir plus ' longtemps du coup d'œil d'une fleur ; la fécondation n'ayant pas lieu, la corolle et les autres organes ne se flétrissent pas aussi vite. Il en est de même pour quelques plantes potagères, comme certaines variétés cultivées pour leurs parties souterraines ou fo-
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liacées,'qui se développent en raison inverse des organes reproducteurs. Dans quelques fruits, tels que diverses variétés de bananes ou de raisins, l'avortement de la graine favorise le développement du péricarpe. D'un autre côté, la stérilité paraît intimement liée a d'autres phénomènes de coloration ou de végétation ; ainsi, depuis qu'on obtient des aucubas fertiles, ils tendent à perdre les panachures de leurs feuilles. Enfin, les variétés franchement stériles ne sont pas pour cela destinées à s'éteindre, car on peut les propager par boutures, par greffes, par marcottes ou par éclats.
a Les accidents atmosphériques qui peuvent occasionner la stérilité, dit Léveillé, sont : le froid trop intense, qui gèle les organes de la fructification ; la chaleur, qui des-. sèche le stigmate et l'empêche de retenir le pollen ; les pluies trop abondantes, qui l'entraînent et empêchent qu'il n'exerce son action fécondante. On dit alors que les fruits sont coulés, comme on l'observe souvent sur les arbres fruitiers, les vignes, les céréales. Cette cause, malheureusement trop fréquente, se rencontre dans les champignons parasites, comme l'ergot, la carie, le charbon et d'autres urédinées, qui compromettent quelquefois les intérêts des cultivateurs. Enfin, cela tient quelquefois à la mutilation du pistil par les ins«ctes. •
En général, les causes qui tendent à affaiblir outre mesure la végétation influent aussi défavorablement sur la prodnetion des graines. Toutefois, on ne saurait formuler ce fait comme une loi absolue. Il est souvent nécessaire d'affaiblir les végétaux, notamment les arbres fruitiers, pour les mettre à fruit. D'un autre côté, un excès de vigueur active la production des organes foliacés, mais au détriment de celle des fruits. C'est ce qu'on observe assez souvent sur les pommiers, les poiriers, les abricotiers, etc. On donne dans les campagnes le nom pittoresque de porte-feuilles aux arbres qui sont atteints de celte sorte de stérilité relative. Quand elle se produit sur les céréales, elle cause souvent de grandes pertes ; lorsque des hivers doux sont suivis, au printemps, de
f pluies tièdes et prolongées, le développement uxuriant des feuilles affaiblit les pieds, qui donnent alors peu d'épis et des grains petits et maigres. Le remède, dans ce cas, est bien simple; il consiste à rogner les feuilles, afin d'affaiblir la végétation. Quelques agriculteurs font faire cette opération par les moutons, qui ont toutefois le défaut de pincer l'herbe de trop près. Enfin , quand il y a surabondance de fruits, ceux-ci restent petits et mûrissent mal; c'est encore un autre cas de stérilité relative.
— Agric. On dit qu'une terre est stérile lorsqu'on ne peut y semer ou y planter avantageusement les végétaux qui font l'objet de la culture ordinaire. Cette stérilité n'a rien d'absolu ; une terre peut n'être pas réellement stérile, bien qu'elle paraisse telle aux yeux des cultivateurs; pour peu qu'elle soit d'une certaine étendue, elle produit toujours quelques plantes qui lui sont propres. La stérilité du sol peut tenir soit au sol luimême, soit au défaut de culture ou aux vices de l'exploitation , soit enfin aux accidents météoriques.
Les terres stériles par elles-mêmes sont celles qui ne sont pas assez profondes, ou qui sont pauvres en humus ou plus généralement en matières minérales ou organiques nécessaires à la végétation, ou bien enfin qui ont trop ou pas assez d'humidité. Dans la première catégorie se trouvent les sols assis sur des roches, des tufs ou des argiles ; dans la seconde, les sables, les craies, les granits, les argiles, les terres inertes retirées des coucheâ inférieures; dans la dernière, d'une part les sols dont nous venons de parler et qui sont généralement arides, d'autre part les terrains marécageux, les marais salants, les tourbières, etc.
Il est bien peu de terres stériles qui ne puissent être rendues fertiles si on leur donne ce qui leur manque; mais les dépenses sont souvent considérables et rarement couvertes par l'augmentation des produits. Cette circonstance arrête souvent, et avec raison, les cultivateurs. « Il est donc, dit Bose, une infinité de terres stériles qui ne seront améliorées que lorsqu'un homme très-riche voudra y sacrifier des capitaux ou lorsqu'un homme pauvre y mettra beaucoup de son travail, et beaucoup d'entre elles deviennent de nouveau stériles dès qu'on cesse de les travailler. L'état actuel des sociétés politiques, qui met une grande quantité de propriétaires de terres dans le cas de ne pas cultiver par eux-mêmes , qui répartit fort inégalement les richesses, qui nécessite l'établissement d'impôts directs ou indlreets, très-onéreux aux cultivateurs , qui enlève annuellement à l'agriculture une quantité de bras qui deviennent improductifs, etc., rend impossible la culture de beaucoup de terres stériles qui, sans ces circonstances, pourraient être facilement fertilisées. »
Quant aux moyens matériels à employer pour cela, ils sont des plus simples, du moins en théorie. On apporte des terres sur les sols peu profonds ; on donne des engrais à ceux qui manquent d'humus ; les terrains argileux ou compactes sont améliorés par des labours, des marnages ou par le mélange de matières
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très-divisées , telles que sables, graviers,' pierres, plâtras, pailles, etc.; à ceux qui sont trop meubles, on ajoute, au contraire, de l'argile ou d'autres matières analogues. On re*raédie à l'excès de sécheresse par des arrosements ou des irrigations, et à l'humidité surabondante par les travaux d'assainissement, le drainage, les fossés d'écoulement, etc.
On peut rendre productif un terrain stérile, sans que pour cela il change de nature, en y semant ou y plantant des végétaux peu exigeants et, par conséquent, susceptibles de réussir. C'est ainsi que les craies de la Champagne, les sables des Landes, les terrains incultes de la Sologne ont été mis en valeur par des plantations de pins sylvestres ou maritimes. Les cultures forestières ou arbustives sont ici d'une grande ressource. Quand un domaine est assez considérable, on en boise la plus grande partie, et on peut alors, en concentrant ses ressources sur un petit espace, gagner peu à peu tous les ans à la culture quelques parcelles, qui, d'ailleurs, ont déjà été, pendant ce temps-là, améliorées par les détritus des arbres. On ne doit négliger aucun moyen, grand ou petit, de vaincre la stérilité, qui est, en définitive, ce que les cultivateurs doivent le plus redouter.
La stérilité, avons-nous dit, peut aussi provenir des vices de la culture ou de son absence complète. Cette cause n'est ni aussi puissante ni aussi durable que celles qui tiennent au sol lui-même, et ses effets peuvent n'être que relatifs, en ce sens qu'un terrain ne donnera pas des produits aussi abondants que ceux qu'on espérait. On diminue la fertilité d'un sol et, par suite, on la rend dé plus en plus stérile si on cesse de le labourer, de le fumer ou de l'irriguer ; si, par un assolement vicieux, on lui fait porter plusieurs années de suite des récoltes épuisantes; si on cesse d'entretenir les plantations d'arbres, les. abris de toute sorte, les travaux d'assainissement; si on fait les semis à contre-temps ou si on ne les enterre pas à la profondeur convenable; si le sol, par sa nature, est impropre aux cultures adoptées, etc. Enfin, la stérilité peut être causée par les accidents météoriques, les inondations, les alluvions de sable ou de gravier, la persistance ou la rareté des pluies, etc.
STÉRIPHE s. m. (sté-ri-fe — du gr. steriphos, solide). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, dont l'espèce type habite l'Australie.
STÉRIPHOME s. m. (sté-ri-fo-me). Bot.
Genre d'arbustes, de la famille des capparidées, dont l'espèce type croît aux environs de Caracas.
STERLET s. m. (stèr-lè). Ichthyol. Nom vulgaire du petit esturgeon.
— Encycl. Le sterlet ou strelet est beaucoup plus petit que l'esturgeon ordinaire: il atteint rarement la Iongueurdelraetre.il s en distingue aussi par la forme de son museau, qui est trois ou quatre fois plus long que la largeur de la bouche; par ses boucliers latéraux plus nombreux, carénés, tandis que ceux du ventre sont presque entièrement plats ; enfin, par ses couleurs agréables : le dos est noirâtre, avec des rangées longitudinales de boucliers d'un beau jaune ; la partie inférieure du corps blanche, tachetée de rose ; les nageoires pectorales, dorsales et caudale sont grises, les ventrales et l'anale rouges. Ce poisson se trouve dans la mer Caspienne et dans le Volga; on le rencontre aussi, mais rarement, dans la Baltique. Enfin, il a été introduit à diverses époques dans les lacs de la Suède, ainsi que dans les eaux de la Poméranie et du Brandebourg.
C'est vers la fin du printemps que le sterlet remonte dans les fleuves et les grands cours d'eau, et, comme le temps de la ponte et de la fécondation des œufs n'est pas trèslong, on le voit, avant la tin de l'été, redescendre ces mêmes cours d'eau et gagner, même avant l'automne, les asiles d'hiver que la mer lui présente. Cette espècee est trèsféconde et facile à nourrir; elle s'accommode de très-petits poissons et même des œufs des espèces communes.
STERLING adj. (stèr-lingh — de l'anglosaxon easterling, hommes de l'Est, nom par lequel on désignait jadis en Angleterre les marchands des villes hanséatiques et les Néerlandais. Ces derniers ayant été employés à l'hôtel des monnaies sous le roi Jean, on appliqua leur nom aux nouvelles pièces de monnaie auxquelles ils travaillaient). Métrol. Livre sterling, Monnaie de compte d'Angleterre, ayant la valeur du souverain : Il vous fallait de bonnes terres, de bons bailliages, de bons châteaux et de bons revenus en bonnes livres sterling. (V. Hugo.) Cinquante mille livres sterling, votées au roi pour les frais de son retour, se trouvèrent fournies du jour au lendemain. (Guizot.) 11 Sou sterling, Sou ou vingtième de la livre sterling.
— s. m. Livre sterling, il Peu usité.
STERLING (John), poëte anglais, né à Kaimes-Castle, dans l'île de Bute (Ecosse), en 1806, mort en 1844. II fit ses études aux universités de Glascow et de Cambridge et se lia dans cette dernière ville avec différents jeunes gens qui devinrent célèbres dans
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a suite, tels que Richard Trench, Spedding, J. -Marie Kemble, Venables, Charles Buller, Monckton, Milnes, etc. Ce fut dans leur société que se développèrent les goûts littéraires qui l'amenèrent h acheter, en 1828, YAthen&um, récemment fondé par Buckingham. Bien que les premiers essais qu'il y publia eussent été accueillis avec succès, cette entreprise ne réussit pas et le journal fut revendu. Jusqu'alors, Sterling avait fait preuve d'un grand scepticisme; mais Coleridge, dont il fit la connaissance à cette époque, le ramena aux idées religieuses et exerça sur lui une influence dont l'effet persista jusqu'à la mort de Sterling. En 1830, ce dernier épousa une belle Irlandaise, fille du général Barton, et, peu de temps après, il se rendit à l'Ile Saint-Vincent, dans les Antilles, pour rétablir sa santé, fortement compromise. A son retour, en 1833, il publia son roman intitulé Arthur Coningsby, qu'il avait écrit, de 1829 à 1830, sous 1 influence des idées nouvelles que Coleriflge avait éveillées en lui. Ce fut sous l'empire des mêmes idées qu'il sa fit ordonner prêtre en 1834. Nommé ministre d'Hurstmonceaux, dans le Sussex, il renonça à ses fonctions en 1835 pour se livrer exclusivement aux travaux littéraires, en particulier à l'étude de la littérature allemande. L'état toujours languissant de sa santé le força de voyager de nouveau, et, de 1836 a 1841, il parcourut successivement la France, l'Ile de Madère, la Suisse et l'Italie. La mort de sa femme, qu'il perdit en 1843, vint encore ajouter à, ses souffrances, et il succomba lui-même au bout de quelques mois. Parmi les ouvrages qu'il avait publiés à part, il faut encore citer un recueil de Poésies (1839); l'Election, poème en sept livres (1841) et Stra/ford, tragédie (1843). L'archidiacre Hare fît paraître, en 1848, un recueil des Essais et récits qu'il avait écrits pour VAthensum, le Blackwood's Magazine et la London and Westminster Beview. Sa Vie a été écrite par Carlyle (1851).
STERN (Dietrich ou Théodore van), graveur et dessinateur hollandais, né vers 1500. 11 a gravé, pendant l'époque comprise entre les années 1520 et 1550, un grand nombre de pièces, parmi lesquelles on cite : la Pèche miraculeuse; Jésus marchant sur les eaux ; Saint Pierre, près d'enfoncer dans l'eau, appelant Jésus-Christ ; Saint Luc faisant le portrait de la Vierge; la Samaritaine ; le Déluge universel.
STERN (Ignace), peintre allemand, né en Bavière vers 1698, mort 'à Rome en 1746. Il reçut à Bologne des leçons de Cignani et peignit des tableaux et des fresques dans les églises de plusieurs villes d'Italie et, outre cela, de petites compositions représentant des sujets d'histoire, des conversations et autres scènes du même genre. Parmi les tableaux de Stern, on cite une Annonciation, dans l'église de l'Annonciade, à Plaisance ; les fresques de la sacristie de Saint-Paulin, à Rome, et plusieurs tableaux qui se trouvent dans 1 église Sainte-Elisabeth, dans la même ville.
STERN (Daniel), pseudonyme de la comtesse d'Agoult. V. Agodlt.
STERNACANTHE s. m. (stèr-na-kan-te — du gr. sternon, poitrine ; akantha, épine). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des prioniens, dont l'espèce type habite la •Guyane.
STERNAL, ALE adj. (stèr-nal, a-le — rad. sternum). Anat. Qui a rapport au sternum. [| Cotes sternales. Côtes qui s'articulent directement sur le sternum.
STERNALGIE s. f. (stèr-nal-ji — du gr.
Sternon, poitrine; algos, douleur). Pathol. Angine de poitrine, ainsi appelée à cause de la douleur violente que le malade ressent sous le sternum.
STERNALGIQUE adj. (slèr-nal-ji-ke — rad. sternalgie). Pathol. Qui a rapport à la sternalgie.
STERNAQUE s. m. (stèr-na-ke). Ichthyol.
Syn. de sternarque.
STERNARQUE s. m. (stèr-nar-ke). Ichthyol. Syn. d'APTÉKONOTK.
STERNASPIS s. m. (stèr-na-spiss — du gr. sternon, poitrine; aspis, écusson). Zool. Genre d'animaux vermiformes , rapporté, suivant les divers auteurs, aux annélides ou aux échinodermes, et dont l'espèce type habite la Méditerranée.
— Entom. Syn. d'oxYSTERNON.
STERNBERC, ville de l'empire d'Autriche, dans la Moravie, cercle et à 17 kilom. N.-E. d'Olmutz; 12,400 hab. Fabrication de draps, toiles, eau-de-vie, raffinerie de sucre. Beau château des princes de Liohtenstein. Près de cette ville, les Mongols furent défaits, en 1241, par laroslov de Sternberg.
STERNBERG (Joachim, comte de), savant d'origine tchèque, mais dont les ouvrages sont en allemand, né à Prague le 13 août 1755, mort dans une de ses terres, en Bohême, le 18 octobre 1808. H manifesta dès son enfance beaucoup de goût pour les sciences et cultiva les mathématiques, l'astronomie, la musique et même l'alchimie. A l'étude de cette dernière science il substitua plus tard celle de la chimie. Il entra dans l'armée autrichienne et servit jusqu en 1784. La même'
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année, il fonda à Darov une fabrique de fer. En 1790, il fit avec Blanchard une ascension en ballon k Prague. En 1792, il entreprit un voyage en Danemark et en Suéde, se rendit à Saint-Pétersbourg' et voulut aller en Chine ; mais il dut renoncer k ce projet. De retour en Bohême, il s'occupa de perfectionner l'exploitation des raines et l'industrie métalluifique en général. En 1800, sur l'invitation e l'archiduc Charles, il lit une carte stratégique des frontières de la Bohème. En 1802, il se rendit à Paris et de là en Angleterre, où il étudia les progrès de l'industrie et les détails des nouvelles inventions. Kn 1807, il fit un voyage dans la Hongrie et dans les Karpathes. En 1808, il visita la Carinthie, Trieste, etc. Il consacra un capital de 10,000 florins a l'encouragement des jeunes gens sans fortune qui se vouaient aux. sciences. Ses principaux ouvrages sont les suivants : Reise von Moskau Uber Sophia nach Kœnigsberg (Berlin, 1793); Bemerkung ûber Russland auf einer Reise im Jahre 1792-1793 (Dresde, 1794); Versuch ûber Uns vortheilhafteste Ausschmelzen des lioheisens, etc. (Prague, 1795, avec grav.) ; Reise nach den ungarischen Bergstaedten (Vienne, 1808). On a encore de Sternberg un grand nombre d'ouvrages sur la physique, 1 économie politique, la métallurgie, etc. Il faisait partie d'un grand nombre de sociétés savantes.
• STERNBERG (Gaspard, comte de), frère cadet du précédent, botaniste tchèque, né à Prague le 6 janvier 1761, mort au château de Brezina le 20 décembre 1838. 11 étudia la théologie en Bohême et alla compléter ses études à Rome en 1779, puis, en 1783, à Ratisbonne. Il embrassa la carrière ecclésiastique et fut nommé successivement par le prince-évêque conseiller de cour et d'Etat, conseiller intime, chanoine a latere à Freisingen et ambassadeur à Vienne. En 1805 et 1806, il accompagna le prince-évêque k Paris, où il fit la connaissance de plusieurs naturalistes célèbres. En 1807, il se démit de ses fonctions. Il présida le congrès des naturalistes et des médecins qui se tint à Prague en 1837. Quoique appartenant k une famille tchèque, il a écrit ses ouvrages en allemand. Voici les titres des principaux d'entre eux : Galaanische Versuche in manche» Krankheiten; Herausgegeben mit einer Einleitung in Bezug auf die Erregungstheorie von J.-U.-G. Schsffer (Ratisbonne, 1803); Reisen in die rhmtisehen Alpen, vorzùglich in botunischer Uiusicht, und botanische Wanderungen in den Bœhmerwald (Nuremberg, 1808); Reise durch Tyrol nach Italien (Rati3lionne, 1806, avec grav.) ; Revisio saxifragarum iconibus illustrata (Ratisbonne, 1810 1822); Versuch einer geographisch-botanischen Darstetlung , der Flora der Vorioelt (Leipzig et Prague, 1810- 1833, 6 parties, grav.); Ùmriss einer Geschichte der bôhmischen Bergwerke (Prague, 1836 et 1838, 2 vol.). Son autobiographie a été publiée par F. Palacky, à Prague, en 1868.
STERNBERG (Jean-Henri), conseiller aulique et professeur de médecine, né à Goslar le 15 avril 1772, fusillé a Cassel le 19 juin 1809. 11 fut nommé, en 1804, professeur de médecine et directeur de l'hôpital de l'université k Marbourg. Compromis dans les tentatives insurrectionnelles de 1809 contre le gouvernement du roi Jérôme, ir fut jugé par une commiission militaire, condamné k mort et fusillé. Il a publié en allemand : Suites maladies des enfants et tes rhiunatismes ; Défense de la doctrine de Brown contre Marcard (Berlin, 1803, in-8°).
STERNBEUG (Alexandre de), baron d'UNcern, romancier allemand, né a Noistfer, près de Revel (Esthonie).en 1806, mort en 1868. Il était destiné k la magistrature ; niais, à l'université, il montra plus de goût pour la poésie que pour l'étude de la jurisprudence et renonça bientôt nu droit pour se livrer à la culture des lettres. Après uvoir réiidé quelque temps à Saint-Pétersbourg, il parcourut toute l'Allemagne, revint, en 1841, se fixer k Berlin et .passa plus tard à Dresde. Sternberg est incontestablement l'un des écrivains les plus féconds de l'Allemagne contemporaine. Outre un grand nombre de nouvelles, de récits et de légendes qui ont paru dans les annuaires et dans les journaux, et qui ont été réunis par l'auteur en différents recueils, tels que :iVoHfe//es(Stuttgard, 1832-1834, 5 vol.); Récits et nouvelles (Dessuu, 1844, 4 vol.); le Liore des trois sœurs (Leipzig, 1847, 2 vol.); la Lampe nocturne (Berlin, 1853-1854, 4 vol.); Petits romans et récits (Leipzig, 1862, 3 vol.), etc., on a encore de lui : les Usés [Die Zerrissenen) [Stuttgard, 1832], roman dont le titre a donné lieu a une épigraimne d'une application fréquente en Allemagne, et qui fut suivi de plusieurs autres que nous nous abstiendrons de mentionner, car ils ne s'élèvent guère au-dessus de la littérature la plus légère ; Lessiug (Stultgard, 1834) et Molière (Stuttgard, 1834), études biographiques et littéraires; Saint-Sytvan, roman en forme de mémoires (1839, 2 vol.); plusieurs autres romans assez remarquables, tels que : Gaorgette (18 to); Alfred (1841); le Missionnaire (1842); Diane (1842), le meilleur de tous; léua et Leipzig (1844); Paul (1845); les Royalistes (184S); lu Comtesse Jaune (1848); Guillaume (1849); les Deux archers (1849), suite des Royalistes; l'Election de l'empereur (1850); Conies bruns '1850; 3<*édit., 1864); le Gil Bios allemand
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(1851) ; Un carnaval à Vienne (1851); Uncarnaval à Berlin (1851); Macargon (1853); les Chevaliers de Murienboitrg (1853); la Maison tranquille (1854); Elisabeth- Char lot te, duchesse d'Orléans (Leipzig, 1861); Dorothée de Courtaude (1859), ouvrage qui, comme le précédent, est une sorte de biographie romanesque, etc. C'est plutôt au genre esthétique qu'appartiennent : la Galerie de Dresde (Leipzig, 1857-1858, 2 vol.); les Portraits d'artistes (Leipzig, 1861, 3 vol.). et Pierre-Paul Rubens (Leipzig, 1862). Les Feuilles du souvenir (Leipzig, 1855-1860, C vol.), du même auteur, renferment d'intéressants tableaux empruntés aux sociétés politiques, littéraires et artistiques au milieu desquelles il a vécu. Les qualités principales de Sternberg sont la grâce et l'élégance du -style, la vivacité de l'esprit, la puissance de 1 imagination et un rare talent à faire mouvoir ses personnages au gré de sa fantaisie.
STERNBERGIE s. f. (stèr-nbèr-ji — de Sternberg, botan. alleui. ). Bot. Genre de
fiantes bulbeuses, de la famille des amarylidoes, formé aux dépens des amaryllis, et comprenant plusieurs espèces de petite taille, qui croissent dans l'Europe méridionale. Il Genre de végétaux fossiles des terrains houillers, rapporté avec doute k la famille des liliacées, et appelé aussi artiste.
sternbergite s. f. (sfèr-nbèr-ji-te — de Sternberg, nom d'homme). Miner. Double sulfure d'argent et' de fer, cristallisé en prismes rhombiques, qui se trouve dans les mines de Joachimsthal, en Bohème.
STERNE s. m. (stèr-ne). Ornitb. Genre d'oiseaux palmipèdes, de la famille des longipennes, comprenant un grand nombre d'espèces répandues dans toutes les régions du globe, et connus sous le nom vulgaire d'Htrondblles DU mer : Peu d'oiseaux sont aussi criards que les sternes. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Les caractères de ce genre sont ; bec aussi long ou plus long que la tête, presque droit, comprimé, effilé, tranchant, pointu ; mandibules d'égale longueur, la mandibule supérieure un peu inclinée vers la pointe; les narines médianes, iongitudinalenient fendues, percées de part en part; des pieds petits, des tarses courts; des doigts au nombre de quatre, les doigts antérieurs réunis par une membrane découpée; une queue plus ou moins fourchue et des ailes très-longues, suraiguBs. Les sternes sont également connus sous le nom d'hirondelles de mer. Cette dénomination, dit Vieillot, transportée d'oiseaux terrestres à des oiseaux de mer, quoiqu'ils différent par leurs mœurs et essentiellement par lu conformation du bec et du pied, paraît indiquer des rapprochements entre les deux familles. En effet, les hirondelles de mer ont, comme les hirondelles de terre, l'aile très-longue, échancrée, et presque toutes la queue fourchue; ainsi que celles-ci, elles volent constamment : tantôt elles s'élèvent très-haut dans les airs; tantôt elles se rabaissent k la surface de l'eau, la rasent avec rapidité et saisissent leur proie au vol. Les sternes jettent en volant des cris aigus et perçants, surtout lorsque, par un temps calme, ils s'élèvent à une grande hauteur et qu'ils s attroupent pour faire de grandes courses. On a remarqué qu'ils ne sont jamais si criards et si inquiets et qu'ils ne se donnent jamais autant de mouvement que dans le temps des nichées. Ainsi que les hirondelles de terre, celles de mer arrivent au printemps, époque où elles fréquentent nos côtes maritimes. Au commencement de mai, on les y voit en grand nombre; la plupart y restent pendant l'été, et les autres se dispersent Sur les lacs et les grands étangs. Partout elles vivent de petits poissons, qu'elles pèchent ou en volant, ou en se laissant tomber comme une balle de 20 à 30 pieds de hauteur, ou en se posant un instant sur l'eau pour les poursuivre a la nage, car elles n'aiment point l'eau. Elles mangent aussi les insectes, qu'elles saisissent en volant k la surface des herbes. Elles déposent leurs œufs dans (es rochers ou à terre, dans de petites cavités sans apparence de nid. Comme les sternes ont l'habitude de nicher en bandes nombreuses dans un même lieu, il en résulte que les nids sont souvent três-ritpprochés et que les couveuses se touchent. La ponte est rarement de plus de trois œufs. La distribution géographique des hirondelles de mer n'a pour ainsi dire pas de limites. Elles sont répandues dans toutes les contrées des deux continents, aux terres australes et dans les lies de la mer Pacifique. Les espèces européennes sont très-nombreuses, et nous ne pouvons nous dispenser de donner une description de quelques-unes.
Le sterne à bec rouge, que l'on connaît aussi sous le nom vulgaire de pierre-gonin, est long de Qm,35; il est assez commun au printemps sur nos eaux douces. Il a le front, le sommet de la tête et les longues plumes de l'occiput d'un noir profond; la partie postérieure du cou, le dos et les ailes d'un blanc cendré; les parties inférieures d'un blanc pur, à l'exception de la poitrine, qui- est nuancée de cendré; les rémiges d'un cendré blanchâtre ; la queue blanche, les deux pen nés latérales seules étant lisérées de brun noirâtre sur les barbes extrêmes; le bec d'un rouge cramoisi. Cet oiseau, qui est très-répandu sur une grande étendue des côtes maritimes du globe, arrive en France au prin-
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temps et en part vers le milieu du mois d'août. , Il remonte dan3 les terres en suivant les { fleuves et s'arrête sur les lacs et les grands étangs. La. ponte est de deux ou trois oeufs d'un cendré olivâtre.
Le petit sterne ou petite hirondelle de mer ne diffère de l'espèce précédente que par sa taille, qui est de plus d'un tb;rs moindre, et par son front, qui est d'un blanc pur au lieu d'être noir. Il vit jusque fort avant dans le Nord et se trouve abondamment sur les côtes maritimes de la Hollande, de l'Angleterre et de la France. Il se nourrit du frai des poissons et de petits insectes ailés. 11 niche en grandes bandes, parmi les coquillages des grèves.
Le sterne épouvantait offre de nombreuses variétés; il a, dans son plumage d'hiver, la tête et la partie postérieure du cou d'un noir profond ; le front, l'espace entre le bec et les yeux, tout le devant du cou et les couvertures inférieures de la queue d'un blanc pur; ■la poitrine, le ventre et l'abdomen d'un noirâtre cendré; toutes les parties supérieures couleur de plomb. Dans son plumage de noces, le blanc pur du front, du devant du cou et des côtés de la tête est remplacé par du noirâtre cendré. Il fréquente les rivières et les bords des lacs d'eau douce, mais particulièrement les marais, s'avance jusqu'au cercle arctique et niche comme le précédent, mais parmi les roseaux ou sur les grandes feuilles du nénufar.
On trouve encore : le sterne leucoptëre, le sterne moustac , le sterne hansel, le sterne arctique. Parmi les espèces étrangères, nous citerons ; l'hirondelle de mer à aigrette, qui vit au Pérou; l'hirondelle de merde Cayenne, le sterne à ventre noir, l'hirondelle de mer fuligineuse.
STERNE (Laurence), célèbre écrivain anglais, né k Clonvne! (Irlande) le 24 novembre 1713, mort à Londres le 18 mars 1768. Il était l'arrière-petit-fils de Richard Sterne, évêque de Carlisle, et son grand-père, Richard Sterne, mort en 1683, avait été archevêque d'York. Pendant sa première enfance, il suivit, de garnison en garnison, son père, simple officier d'infanterie, puis il fut confié, .à l'âge de huit ans, à un maître d'école habile qui demeurait près d'Halifax. 11 resta avec lui jusqu'en 1731 , époque k laquelle mourut son père. Dn de sses cousins d'Elvington, du nom de Sterne, le prit alors sous sa protection et l'envoya, en 1732, à l'université de Cambridge, où il se distingua par de brillantes compositions. Il alla ensuite à York, reçut les ordres avec la plus grande docilité, et un de ses oncles, Jacques Sterne, docteur en droit, lui procura le bénéfice de Stutton. Il épousa, en 1741, Elisabeth Lumley, qui passait pour la plus belle fille de Ssalfordshire et qui avait allumé chez lui une passion romanesque. Cette passion s'éteignit rapidement; Sterne s'aperçut que la plus belle fille du comté n'était qu'une ménagère bornée, apte seulement à confectionner des rosbifs et des confitures, et tout k fait incapable d'apprécier l'originalité d'esprit de son mari. Il la planta là pour chasser au renard et boire sec avec les gentlemen des environs, ou pour faire des parties de débauche avec une bande de mauvais sujets dont le centre de réunion était le château de Skelton, propriété d'un de ses vieux amis, John Hall. La bibliothèque du château, pleine de vieux livres moisis, l'attirait, il est vrai, à Skelton tout autant que les joyeux banquets, et il est k croire qu'il puisa dans ces livres , dont les plus récents dataient du xvie siècle, sa prodigieuse érudition. 11 y put lire non-seulement Shakspeare, Rabelais et Béroalde de Verville, qui paraissent avoir été ses principaux inspirateurs, mais les vieux conteurs, les recueils de fabliaux qui leur avaient servi k eux-mêmes de sources inépuisables. Sterne avait l'esprit porté à la bouffonnerie, ou tout au moins k l'originalité à outrance et ne pouvait même s'affranchir de cette tendance en remplissant les devoirs sérieux de sa cure. Il débitait en chaire, kses paroissiens, des homélies farcies de rapprochements grotesques, de comparaisons bizarres, k l'instar des prédicateurs du moyen âge, et il obtint bientôt dans le comté le renom d'un excentrique.
Vers 1755, une maladie de sa femme le ramena avec plus d'assiduité au foyer conjugal ; il avait d'ailleurs eu d'elle, en 1747, une fille, Lydie, qu'il aimait passionnément, et, sans cesser de courir encore après les bonnes fortunes, il adopta un genre de vie plus régulier. Sa maîtresse en titre étaitalors une jeune Française protestante , Catherine de Fourmentelle, avec laquelle il entretint une longue et spirituelle correspondance. Il travaillait aussi, à bâtons rompus, à son chef-d'œuvre, Tris tram Shandy, jetant sur le papier tout ce qui lui passait par la tête, sans aucun plan tracé à l'avance, mais accumulant tant d'observations fines, tant de pages bouffonnes ou délicates, que ce livre décousu est resté l'un des monuments de l'humour britannique.
Sterne avait déjà essayé de faire imprimer quelques-uns de ses sermons sans trouver d'éditeur; il en publia deux kses frais: Examen du cas d'Elisée et de la veuve de Zéréphath, sermon prêché le vendredi saint, le 17 avril 1747, au profil de deux écoles de charité à York (1747, in-8"); les Abus de conscience, tirés d'un sermon prêché dans l'église de Saint-Pierre d'York, aux assises d'été, de-
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vant l'honorable baron Clive et l'honorable baron Smythe, le dimanche 29 juillet 1750 (1750, in-so). De l'avis même de Sterne, ni l'un ni l'autre ne trouvèrent d'acheteurs ni de lecteurs. En 1759, il vint pour la>remière fois k Londres essayer de vendre le manuscrit de la première partie de Tristram Shandy; les éditeurs n'en voulurent pas plus que de ses sermons, et l'auteur fut encore obligé de se faire son propre éditeur; mais les libraires s'étaient trompés sur la valeur de cette œuvre singulière qui, k peine paruo quoique inachevée^ mit en rumeur toute la république des lettres. Le manque d'achèvement ou de proportions ne pouvait nuire k un pareil livre qui, en réalité, n'a pas de conclusion. Sterne lui a donné successivement une dizaine de suites et aurait pu pousser jusqu'à la vingtaine. Tristram Shandy devint rapidement le livre à la mode, et son auteur passant subitement de l'obscurité la plus profonde k une éclatante renommée, fut le lion du jour. On reconnut alors que ses sermons étaient aussi des chefs-d'œuvre, et Sterne entremêla habilement la publication de -ses homélies aveccelledes diverses parties de son roman : Vie et opinions de Tristram Shandy, tomes 1er et n (York, 1759, in- 12); Sermons, sous le pseudonyme d'Yorick, un des personnages de Tristram Shandy, tomes Ier et II (Londres, 1760, in-12); Tristram Shandy, tomes 111 et IV (Londres, n&O, in-12) ; tomes V et VI (Londres, 1762, in-12); tomes VII et VIII (Londres, 1765, in-12); Sermons, tomes III, IV, V et VI (1766, in-12) ; Tristram Shandy, tome IX (Londres, 1767, in-12).
Dans l'intervalle de ces publications, en 1762, Sterne vint séjourner quelques années en France; cette excursion fut l'origine de son Voyage sentimental (Londres, 1768, in-12), qui a peut-être plus fait pour sa renommée européenne que Tristram Shandy lui-même.
Sterne, tout en accusant une originalité aussi vive, une verve aussi capricieuse, y est, en effet, plus accessible à la masse des lecteurs. Il avait entrepris ce voyage dans un but médical ; phthisique de naissance et ayant de plus ruiné sa santé pan des excès, il espérait trouver sa guérison dans le raidi de la France. Il quitta le presbytère de Coxwoid, cure importante que lord Falcondbrige lui avait fait attribuer en 1760, et, comme il était toujours sans argent, emprunta 100 écus à Garrick pour venir à Paris. Sa réputation y était déjà faite. Les encyclopédistes accueillirent en lui un libre penseur, et Crébillon fils un collègue en grivoiseries. De là, il se rendit k Montpellier, où sa femme et sa fille le rejoignirent; mais son mal empira malgré la Faculté, et on lui conseilla de revenir en Angleterre. Au lieu de se soigner en valétudinaire qu'il était, il vint k Londres jouir de la liberté que lui laissait sa famille, restée sur le continent. On • le vit dans tous les lieux de plaisir, au Ranelugh, au théâtre, chez les actrices à la mode, dans les salons, qui se disputaient la présence de l'écrivain en vogue. Une grande dame, lady Percy, eut même la faiblesse de l'écouter. Les conséquences de cette passion furent, pour Sterne, une rechute dangereuse. Au printemps de 1764, les médecins lui conseillèrent de retourner en France. Il s'installa cette fois k Avignon et y restu près d'une année. Sa santé se rétablissait; aussitôt qu'il sentit ses forces renaître, il revint k Londres pour y tomber éperdument amoureux d'une femme qu'il désigne sous le nom d'Elisa dans le Voyage sentimental. C'était la femme d'un conseiller de Bombay, qui se rembarqua pour l'Inde en 1767, laissaut Sterne ploi:gé dans la plus noire mélancolie. 11 acheva la dernière partie de son Tristram Shandy et publia son Voyage sentimental (1707-1768, 2 vol. in-12); mais, dès cette époque, il n'était plus, comme ii le dit lui-même, qu'un squelette ambulant. "* Ne pouvant rester en place, il errait sans cesse de son presbytère de Coxwoid à Londres, et la mort le surprit dans un de ses voyages. Il mourut dans l'hôtel où il descendait d'ordinaire, entre les mains d'un valet de pied qui lui apportait une invitation k souper et d'une servante de l'bôiel qui lui frictionnait les jambes d'une main, tandis que, de l'autre, elle lui volait ses boutons de manchettes. Ou l'enterra, sans aucune pompe, dans le cimetière de Tyburn , où des résurrectionnistes exhumèrent le cadavre pour la vendre au professeur Collignon, k Cambridge. Des élèves, qui connaissaient de vue Sterne, le reconnurent positivement; mais le professeur n'en acheva pas moins la dissection commencée.
On connaît les traits et la physionomie de Sterne. Lui-même en parle souvent dans ses ouvrages. Il était grand et maigre , avec toutes les apparences de la phihisie pulmonaire. Quoique ses traits exprimassent, avec une mobilité particulière et comme involontaire, quelquefois malgré lui, les émotions et les sentiments divers qu'il éprouvait, ils avaient habituellement l'expression fine, plaisante et moqueuse qui annonce un esprit satirique. Sa conversation était d'ordinaire animée et spirituelle, quelque fù.t le sujet sur lequel on s'entretint. Mais Johnson, bien que revenu des préventions que lui avaient causées d'abord quelques passages graveleux de Tristram Shandy et gagné à la. fia par l'esprit original de Sterne, Ta trouvait trop libre pour un ecclésiastique. Un a dit, et probablement avec vérité, qu'il avait un caractère inégal, conséquence naturelle d'un tempéra-»
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ment irritable et d'une mauvaise santé habituelle. Mais il est difficile de croire que le créateur de l'oncle Tobie fût, comme on s'est plu à le dire, un homme d'un caractère réellement fâcheux et presque habituellement de mauvaise humeur. Les lettres de Sterne à ses amis, et particulièrement celles qu'il a adressées à sa fille, respirent l'affection la plus tendre; sa bourse était sans cesse mise k sec par les pauvres. Dans son voyage en France, il avait à son service un domestique, du nom de Lafleur, qui, tout fier plus tard d'avoir eu un maître célèbre, a consigné sur lui quelques particularités touchantes, recueillies dans \ Olla de Davis. • M. Sterne se trouvait souvent à court d'argent, raconta Lafleur à l'auteur de ce recueil. La guerre avait interrompu les communications; il avait mal calculé ses dépenses, il n'avait compté que sur eelles de la poste et des auberges et n'avait pas fait entrer en ligne de compte les misères que la bonté de son cœur le porterait à soulager sur la route. Je me souviens que, presque à chaque poste, mon maître se tournait vers moi, les larmes aux yeux, et tue disait : • Ces » pauvres gens m'affligent profondément , » Lafleur. Comment pourrai-je les soulager? ■
On a aussi, injustement, accusé Sterne de plagiat. Un certain docteur Ferriar, de Manchester, s'est attaché, avec une patience rare, à découvrir Us sources cachées où Sterne a puisé quelques-uns de ses traits les plus frappants par la vivacité et l'originalité de la pensée et de l'expression. D'après lui l'auteur de Tristram a mis successivement a contribution Rabelais, dont les ouvrages, dit-il, sont beaucoup moins lus que cités, le Moyen de parvenir, attribué à Béroalde de Verville, le Baron de Feneste, de d'Aubigné, et beaucoup d'autres auteurs oubliés du xvie siècle; enfin, il aurait imité Burton, son contemporain, écrivain d'ailleurs fort médiocre. Nous ne relèverons point cette allégation. Comme Molière, Sterne prend son bien où il le trouve. On n'a pas appelé l'auteur du Misanthrope plagiaire pour avoir transporté, dans une de ses comédies, presque une scène entière du Pédant joué de Cyrano de Bergerac, et l'on n'a pas fait un crime à Virgile d'avoir tiré quelques perles du fumier d'Knnius, qui valait mieux que Burton. Ou peut donc passer i'éponge sur cette puérile accusation de plagiat dont on a fait tant de bruit.
Le style de Sterne, quoique bizarrement orné, est toujours vigoureux et plein de cette chaleur et de cette force qu'il n'avait pu acquérir que par une grande familiarité avec les anciens prosateurs anglais. Nul ne l'a surpassé, ni peut-être même égalé dans la peinture des sentiments les plus délicats du cœur. On peut le mettre au nombre des écrivains & la fois les plus simples et les plus affectés.
Sterne, comme homme et comme écrivain, n'a ressemblé k personne au monde, et il est impossible que personne au monde lui ressemble. Un écrivain si riche eu sensations doit être aimé en tous pays , car partout on aime à vivre et à sentir beaucoup. Cette organisation si délicate, et dont la plus légère impression, le moindre souffle, en quelque sorte, met tous les ressorts en jeu ; cette sensibilité si vive, qui est attirée par tous les objets à la l'ois, et pour laquelle l'émotion la plus fugitive semble être l'intérêt de toute la vie au moment qu'elle l'éprouve; cette imagination qui a l'air d'errer dans les espaces; ce contraste de petitesse d'esprit et de grandeur; cette tyrannie avec laquelle des riens s'emparent de toute son attention, tourmentent et épuisent toute sa sagacité, et cette rapidité ensuite avec laquelle il traverse les plus grandes questions en homme qui n'a pas besoin de les traiter pour les éclaireir et les résoudre ; cette bouté et cette mélancolie touchantes, qui se mêlent à tous les accès de sa gaieté et de sa folie et qui le font ressembler tantôt à un être souffrant et malheureux, tantôt au génie tombé en délire dans ses sublimes rêveries : tous ces caractères, qui sont ceux de Sterne, ne peuvent être qu'à lui, et on sera puni toutes les fois qu'on voudra les affecter.
Tel est cet homme, qui a mérité que Voltaire dit de lui i qu'il ressemble k ces petits satyres de l'antiquité qui renferment des essences précieuses. ■ Lui-même en a traduit deux ou trois passages, tant il avait été frappé de leur mérite; et il a dit des portraits qui abondent dans l'œuvre de l'original curé « que ce sont des peintures supérieures k celles de Rembrandt et aux crayons de Callot. •
Nous reproduisons le jugement qu'a porté M. L. Mézières sur cet homme illustre.
• Sterne, comme écrivain, se distingue par plusieurs genres de mérite. Son style est habituellement flexible, animé, pittoresque. Il ne se pique pas de pureté ni de correction, il ne s'embarrasse guère de l'harmonie et il se permet volontiers le néologisme. Il affecte quelquefois les tournures et les locutions vieillies, ou bien encore la simplicité des formes bibliques ; mais il rencontre au besoin des expressions d'une douceur et d'une délicatesse dont on trouverait ailleurs peu d'exemples. Aussi, quoiqu'on ne puisse l'offrir comme un modèle, et que l'imitation de sa manière soit même plus dangereuse que profitable, on ne saurait douter qu'il ait dû une bonne partie de sa vogue au charme et k l'originalité de sa diction... Son succès a enfanté uue foule de copistes subalternes ; mais il est aussi le chef d'une école qui compte parmi ses rangs
STER
Idusieurs disciples illustres... On en trouve es traditions jusque dans les romans de Walter Scott, et on peut dire que, depuis l'apparition de Sterne, il n'y a presque pas d'écrivains anglais dans le genre badin qui ne portent plus ou moins son empreinte. Son influence ne s'est pas bornée à la Grande- Bretagne ; elle a lait le tour de l'Europe. Elle s^;st fait sentir en France, et plus encore en Allemagne ; elle a même franchi l'Atlantique, et, de nos jours, un des plus spirituels moralistes américains, Washington Irving, est évidemment un imitateur de Sterne, avec une forte dose d'originalité propre et de talent individuel. L'esprit de Sterne, renouvelé et rajeuni sous toutes les formes, fait presque seul les frais de cette littérature légère qui, • à l'heure qu'il est, ■ donne le ton à la plupart de nos feuilles périodiques. On reconnaît Son origine k son allure leste et familière, à son air d'aisance et d'abandon, au désordre piquant de sa causerie, k ses boutades, k ses distractions, à ses privautés de plus d'un
fenre ; enfin à toutes ses manières fort aimales sans doute, fort amusantes, fort à la mode surtout, mais qui peut-être ne devraient pas sortir du feuilleton, sous peine de ridicule. ■
Après la mort de Sterne, on a publié une partie de sa correspondance : Letters to /lis friends (Londres, 1775, 3 vol. in-8°); cette publication est due à sa fille, Lydie, qui avait épousé un Français, M. de Médalle; et Letters to Eliza (Londres, 1776, in-12), réimprimées depuis à la suite du Voyage sentimental. Les premières ont été traduites en français par Griffet de La Baume (Paris, 1789, 3 vol. in-8°), les secondes par tous' les traducteurs du Voyage sentimental. Parmi les traductions de ce dernier ouvrage et de Tristram S/iandy, nous ne citerons que les premières, celles de Fresnais (1787, 6 vol. in-12), de Crassons (180S, 6 vol. in-S<>), toutes deux peu exactes, faites d'après le système de suppressions et d'adoucissements <jui était alors en vogua, et la dernière, celle de M. de Wailly, qui est s absolument littérale (1841-1842, 5vol. in-8»). STERNÉBRÉ, ÉE adj. (stèr-né-bré — contract. de sternum et de vertèbre). Anat. Syn. d'ANNELÉ, -dans le système de ceux qui considèrent les anneaux des annelés comme des transformations des pièces sternales.
STERNÈQUE s. m. (stèr-nè-ke — du gr.
sternon, poitrine ; echôn, qui a). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Amérique équatoriale,
STERNICLE s. m. (stèr-ni-k!e — dimin. du gr. sternon, poitrine). lohthyol. Syn. de sërpu, genre de poissons : Linné a rangé le Sternicle parmi les dupes, (V. de Bomare.)
STERNICORNE adj. (stèr-ni-kor-ne — de sternum, et de corne). Zool. Dont le sternum se prolonge en forme de corne.
GTERNINÉ, ÉE adj. (stèr-ni-né — rad.
sterne). Ornilh. Qui ressemble ou qui se rapporte au sterne.
— s. f. pi. Tribu d'oiseaux palmipèdes, de la famille des laridées, ayant pour type la genre sterne.
STERNITE s. f. (stèr-ni-te). Entom. Nom de l'une des pièces de l'organe génital femelle, chez les insectes.
STERNO, préfixe qui désigne le sternum.