I.BONIE
STÉVARTIE s. f. (sté-var-sl — de Stewart, botan. angl.). Bot. Syn. de siï>&, genre de malvacées.
STEVÉME s. f. (sté-vé-nî — de Steoen, natural. russe). Entom. Genre d'insectes hy» ménoptères, de la famille des tenthrédiniens, formé aux dépens des pristiphores. il Genre d'insectes diptères, de la tribu des rauscides, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Europe.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des arabidées, dont l'espèce type croît en Sibérie.
STÉVÉNISTE s. m. (sté-vé-ni-ste — de Steoens, n. pr.). Hist. relig. Membre d'une secte fondée en Belgique par Corneille Stevens.
— EdcïcI. En 1802, Corneille Stevens, qui
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avait administré le diocèse de Namur en qualité de vicaire général, reconnut la légitimité du concordat et la mission des nouveaux évêques; mais comme on demandait aux ecclésiastiques de souscrire une formule de soumission , non pas au concordat seulement, mais à la loi du 18 germinal an X, es qui comprenait les articles dits organiques, il protesta contre les peines ecclésiastiques dont le nouvel évêque de Namur menaçait ceux qui refuseraient de se soumettre. Lorsqu'il eut cessé ses fonctions de vicaire apostolique par suite de la prise de possession des nouveaux évêques de Namur et de Liège, il ooatinna, comme docteur particulier, d'adresser au clergé et aux fidèles des lettres, des avis et des instructions où il condamnait tout ce qui avait la moindre apparence d'une approbation tacite de la loi de germinal.
En 1803, quelques fidèles du diocèse de Namur, qui avaient à leur tête trois prêtres, ayant fait un schisme véritable, Stevens blâma leur opposition schismatiqne, et comme ils ne voyaient qu'en lui leur chef spirituel, à raison de son ancienne qualité de grand vicaire, il déclara aux prêtres qu'il leur retirait tous leurs pouvoirs. Quoiqu il eût toujours rejeté ces sebismatiques, on les appela stévénistes, par une méprise qui a été la source de jugements erronés portés sur Stevens. Plus tard, les trois schisinatiques s'appelèrent les son-communicants.
Stevens traita d'illicite le serment de la Légion d'honneur, comme reconnaissant îa loi de germinal. Quand le catéchisme de l'empire parut, non-seulement il enseigna que les curés ne pouvaient l'adopter, mais il voulait qu'un curé auquel on l'envoyait déclarât ouvertement son opposition. Lors du décret du 18 février 1809 sur les hospitalières, il soutint que les anciennes hospitalières ne pouvaient en conscience accepter les statuts impériaux. Il s'éleva avec force contre les décrets de 1809 qui établissaient l'université. Après la bulle d'excommunication contre l'empereur, i! écrivit qu'il ne comprenait pas comment un curé qui continuait les prières publiques pour Napoléon pouvait être tranquille devant l'Eglise.
Les écrits de Stevens fomentèrent le mécontentement en Belgique; aussi la police mit-elie sa tête à prix. Il échappa aux recherches en vivant, depuis la fin de 1802, dans une profonde retraite à Kleurus, et l'année 1814 lui apporta sa délivrance; mais il ne reprit point ses fonctions et continua, dans sa résidence de Wavre, une vie simple et modeste qu'il termina en 1828.
STEVENS (George-Alexandre), auteur dramatique et comédien anglais, né à Londres, mort à Baldock, comté d'Hertford, en 1784. Sa jeunesse fut des plus orageuses et il mena à peu près constamment une existence désordonnée. Stevens débuta dans une troupe ambulante, puis vint à Londres et joua au théâtre de Covent - Garden avec un médiocre succès. Il quitta alors cette scène et se mit à composer des chansonnettes . des saynètes bouffes et des parodies , au il interprétait avec une grande verve dans les cafés. Voyant dans ce genre une veine à exploiter, il parcourut l'Angleterre, l'Kcosse, les colonies de l'Amérique du Nord, l'Irlande et amassa une jolie fortune. On a de lui : un poème intitulé Religion (1751, in-8"); un roman, Bistory of Tom Foot {n60,Z voi.in-iî) ; Lecture on Iteads (1763, in-12) ; Songscomic and satirical (Oxford, 1772, in-12). Il avait commencé en 1761 la publication d'un recueil périodique intitulé The beauties of the magazines.
STEVENS (Thadée), homme politique américain, né dans le comté de Calédonie (Vermont) en 1703, mort le 12 août 1868. Il étudia le droit à Dartmouth, se rendit ensuite en Pensylvanie et fut, pendant les années 1833, 1834, 1835, 1837 et 1841, membre do l'Assemblée législative de cet Etat. En 1858, il fut envoyé au 31° congrès. Il siégea aussi dans les 32e, 36e, 37e, 38» et 39e Congrès. 11 entreprit ensuite plusieurs opérations commerciales et fonda une fabrique de fer. La guerre de sécession arrêta l'essor de sa fortune. Stevens fut un des chefs du parti ultra-radical et l'adversaire passionné du président Johnson, dont il demanda et obtint la mise en accusation. Il eut également l'initiative de la loi en vertu de laquelle les citoyens qui avaient participé à la guerre contre l'Union n'étaient pas éligibles au congrès.
STEVENS (Joseph), peintre belge ? né a Bruxelles en 1819. Il s'est surtout fait connaître par de petits tableaux de genre pleins d'humour et d'observation. Après avoir séjourné quelque temps à Paris pour se perfectionner, il débuta au Salon de 1844 , il Bruxelles, par la Lice et sa compagne et les Mendiants ou Bruxelles le matin, dont la lithographie s'empara aussitôt. Au Salon de 1846, Plus fidèle qu'heureux, un Temps de chien, le Porteur eurent un succès qui engagea l'artiste & aborder les Expositions françaises. II envoya, en 1847, le Chien qui parle à son cou le dîner de son maître; en 1849, le Supplice de Tantale; en 1852, un Métier de chien et Souvenir des rues de Bruxelles. On rendit pleine justice aux mérites divers de cette peinture saine et vigoureuse, de cette observation malicieuse et hardie; on applaudit aussi aux progrès du peintre, qui se montrait toujours plus fort qu'on ne l'avait vu antérieurement. M. Stevens prit dès lorg
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place parmi les maîtres de la jeune école. Hn 1853, la Surprise et le Taureau flamand poursuioi par un chien vinrent affirmer plus énergiquement encore la valeur incontestable du
Îieintre, belge par la naissance, français par e talent. En 1855, il produisit une véritable sensation, malgré les nombreux et brillants concurrents qu'il avait en ce tournoi solennel. II y 'avait de lui, outre le Métier de chien et la Surprise, précédemment exposés : Un épisode du marché aux chiens, à Paris, l'Intrus, la Bonne mère, le Philosophe sans le savoir, dont l'idée est tirée de ce passage de Rabelais : s Veites-votis oneques chien rencontrant quelque os médullaire. C'est, comme dit Platon, lu lieste du monde la plus philosophe. Si vau l'avez, vous avez peu noter de quelle dévotion il le guette, de quel soing il le garde, de quelle ferveur il le tient, de quelle prudence il l'entame, de quelle alïec tion il le brise et de quelle diligence il le sugee. Qui l'induit à ce faire? Quel est l'espoir de son estude? Quel bien prétend-il î Rien plus qu'un peu de mouêlle ! »
Le succès le plus franc accueillit ces petits tableaux excellents, les meilleurs peut-être de son œuvre. Deux ans plus tard, il exposa: Y Intérieur du saltimbanque, le Chien et la mouche, le Chien de La douairière, Distrait de son travaille Repos. En 1859, M. Stevens, dessinateur de plus en plus habile et savant, voulut donner une preuve de sa force technique dans les Bœufs, Une pauvre bête, Un heureux moment, études consciencieuses, d'un modelé puissant et hardi, d'une grande finesse de sentiment. En 18G1, la Cuisine, le Coin du feu, Chien criant au perdu se distinguèrent dans un ordre d'idées peut-être inférieur, mais k coup sûr intéressant. En 1863, la Protection et les Solliciteurs fuient les adieux de l'artiste au Salon ; depuis cette époque , il n'a plus rien envoyé à Paris, sauf un petit tableau, l' Intervention (Salon de 1870). Chevalier de Léopold depuis 1851 , M. Stevens a reçu a Paris, en 1852, une 2» médaille, rappelée en 1855 et 1857, Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1861.
STEVENS (Alfred), frère du précédent, peintre belge, né à Bruxelles en 1828. D'un talent à peu près identique à celui de son frère, il a cultivé le même genre et s'est fait néanmoins un renom plus bruyant. Après avoir ébauché ses études en Belgique, dans l'atelier de M. Navez, il vint à Paris travailler plus sérieusement sous les 3'eux de Roqueplan. A vingt et un ans, il exposa Un soldat malheureux et le Matin du mercredi des cendres, spirituelles peintures qui promettaient beaucoup. En 1850, les Bourgeois et manants trouvant à la pointe du jour le cadavre d'un seigneur vinrent montrer un progrès véritable. En 1853, le peintre se révéla sous un nouveau jour dans le Découragement de l'artiste, l'Assassinat et l'Amour de l'or. Le sentimentalisme de la première de ces créations et la portée philosophique des deux autres donnent certainement une haute idée de l'artiste, mais ces sujets rappellent des thèmes déjà traités par l'école romantique. La critique lui reprocha de sacrifier des mérites réels, dans le dessin, l'arrangement et la couleur, à la poursuite d'un art démodé; M. Stevens, mettant à profit ces sages conseils, prit en 1855 une éclatante revanche. 11 envoya à l'Exposition universelle : Ce qu'on appelle le vagabondage, le Premier jour de dévouement, la Lecture, Méditation, la Sieste, souvenir de la patrie. Le Salon de 1857 ne fut pas moins favorable à l'artiste : Consolation, Petite industrie, Chez soi, l'Eté sont autant d'oeuvres excellentes, de même que : Une mère, le Bouquet, Une veuve , Un fâcheux , la Nouvelle (Salon de 1861). Un temps incertain, les Rameaux, Bonheur (Salon de 1863) lui valurent la croix de la Légion d'honneur. Il était officier de l'ordre de Léopold depuis 1862. L'Exposition de 1867 fut pour l'artiste comme le couronnement de sa carrière ; il y envoya dix-huit toiles, toutes exquises : la Visite, la Dame rose, Tous les bonheurs, Rentrée du monde, Innocence, Pensive, Miss Fauvette , Ophélia, Fleurs, Y Inde à Paris, Temps incertain, la Consolation, Une douloureuse certitude , Une mutinée à la campagne , Une bonne lettre, la Mendicité tolérée , Une duchesse , Amours éternelles. « On a reproché à M. Alfred Stevens, dit M. E. Chesneau, de n'avoir point d'invention et de trouver prétexte à peinture dans l'action la plus futile. Le reproche me parait profondément injuste. Qu'entend -on par invention? Il ne peut y avoir d'invention que dans les oeuvres d'imagination pure. Ici, M. Stevens fait acte d'observation , et de la plus précise; que veut-on qu'il invente? Quant à la seconde partie du blâme qu'on lui inflige, je la trouve, s'il est possible, moins fondée encore que la première. L'artiste s'est arrêté à ce thème inépuisable, la femme moderne, mais inépuisable dans les nuances. 11 l'étudié successivement dans ses gestes, dans ses attitudes familières, qui sont le plus souvent toute une révélation de caractère, qui la trahissent dans ses émotions les plus intimes. Sans doute, Y Attila et l'Entrée des croisés à Constantinople, d'Eugène Delacroix, attestent plus d'invention et nous montrent des actions plus dramatiques, Mais est-il légitima de demander à un sonnet la grandeur tragique d'un drame shakspearien ? Et combien de sonnets dans notre littérature , depuis un
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demi-siècle seulement , qui contiennent en leurs quatorze vers plus d'émotion, plus de vie que maints poèmes et maintes tragédies aux proportions, aux prétentions monumentales! C'est ce qui nous arrive avec les pages exquises qui composent l'œuvre de M. Stevens. Qui nedonnerait tous les vastes héros, tous les saints nimbés, qui reviennent chaque année garnir les grandes salles du palais des Champs-Elysées, pour la plus insignifiante de ces toiles de M. Stevens, si éloquentes à mon gré? Que voulez-vous inventer de plus jeune, de plus frais que Miss Fauvette? »
STÉVENSIE s. f. (sté-vain-si — de Stevens, botan. allem.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des rubiacées, tribu des cinchonées, dont l'espèce type croit à Saint-Domingue.
STÉVIE s. f. (sté-vl — de Estève, sav. espagn,). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des eupatoriées, comprenant plus de cent espèces , qui croissent dans les régions chaudes de l'Amérique.
STEVifi (Simon), mathématicien du prince d'Orange et ingénieur des digues de Hollande, né a Bruges vers le milieu du xvic siècle, mort k Leyde en 1633 ou 1635. 11 s'est principalement occupé de mécanique et d'hydrostatique; toutefois, il aurait déjà employé en algèbre la notation des puissances à l'aide des exposants numériques et, suivant M. Budan de Boislaurent, étendu même cette notation au cas des exposants fractionnaires; c'est peut-être à lui qu'est due la connaissance de la génération de l'ellipse au moyen du cercle dont les ordonnées seraient raccourcies dans un rapport donné; il avait indiqué quelques propriétés de la loxodroinie, appliqué d'une façon intéressante, à la construction de certaines expressions algébriques, le théorème de Ptolémée relatif aux segments déterminés par une transversale sur les côtés d'un triangle et porté ses études de perspective assez loin pour oser se poser ce problème général, qu'il résolvait dans quelques cas particuliers : deux figures qui sont perspectives l'une de l'autre étant données, placer l'une par rapport à l'autre de manière que la perspective ait lieu, et déterminer ta position de l'œil.
Stevin résolut le premier le problème de l'équilibre d'un corps placé sur un plan incliné et celui, beaucoup plus important, de l'équilibre de trois forces appliquées à un même point. On trouve à ce sujet, dans ses ouvrages, l'énoncé complet de la règle du parallélogramme des forces.
L'hydiobiatique lui doit l'explication du fameux paradoxe sur la pression exercée par un liquide sur le fond d'un vase conique. 11 démontre successivement, par l'expérience et par un raisonnement juste, que la pression est toujours égale au poids du liquide que contiendrait un cylindre ayant pour base le fond du vase et pour hauteur la distance de ce fond au niveau. On lui attribue encore la connaissance de la pesanteur de l'air. Ses ouvrages ont été traduits en latin parSnellius et réunis sous ce titre : Hypomnenxata, id est de cosmographia, de praxi gtometrim, de statica, de optica, etc. Albert Girard en a donné une édition française comprenant : le Traité d'arithmétique, les Six livres d'algèbre de Diophante, la Pratique de l'arithméli- ?<ue et l'Explication du Ae livre d'Euclide, a Cosmographie, la Géographie et YAstronomie, la Pratique de géométrie, la Statique, l'Optique, la Castvamélation, la Fortification par écluses et le Nouveau système de fortification. Stevin a été incontestablement un géomètre très-distingué.
STEW ART (miss), maîtresse de Charles IL On raconte que, lorsqu'il fut question du divorce de Charles avec Catherine , qui restait stérile malgré ses nombreux pèlerinages à Tyburn, tous les regards se tournèrent vers miss Stewart. Le comte de Clarendon prétend dans ses Mémoires que, nouveau Sully, il détourna son maître de ce projet de mariage.
Les Mémoires du chevalier de Graiumont nous parlent Souvent de miss Stewart.» Elle avait, dit Hamilton, un caractère d'enfance dans l'humeur qui la faisait rire de tout, et son goût pour les amusements frivoles, quoique naturel, ne semblait permis qu'à l'âge de douze et treize ans; le colin -maillard était un de ses passe-temps les plus doux; elle faisait des châteaux de cartes quand on jouait les plus gros jeux ches elle, et l'on n'y voyait que des courtisans empressés autour d'elle qui lui en fournissaient les matériaux, ou de nouveaux architectes qui lâchaient de l'instruire; elle ne laissait pas de se plaire à la musique et d'avoir quelque goût pour le chant; le duc de Buckingham, qui faisait les plus beaux bâtiments de cartes qu'on pût voir et chantait agréablement, faisait des vaudevilles, inventait des contes de vieille dont elle était folle; mais son talent particulier était d'attraper les ridicules et les discours des gens et de les contrefaire en leur présence sans qu'ils s'en aperçussent. Bref, Buekinghain savait faire toute sorte de personnes avec tant de grâce et d'agrément, qu'il était difficile de se passer de lui. 11 s'était donc rendu si nécessaire aux amusements de Ml'» Stewart, qu'elle le faisait chercher partout lorsqu'il ne suivait pas le roi chez elle. •
Miss Stewart avait d'autres qualités que la beauté et la grâce : elle était musicienne et
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poète, et personne mieux qu'elle ne savait réciter les vers d'Otway, le favori du roi, celui qui avait, pour ce prince, imité Molière dans les Fourberies de Scapin etRacine.dans Bérénice. Enfin, a côté de toute cette naïveté coquetie, à côté de cette grâce, il y avait ia force, il y avait la santé.
Miss Stewart avait vu grandir Vainour du roi, sa faveur, son crédit uu point, nous l'avons dit, de voir vers elle se tourner les yeux des courtisans, qui croyaient deviner en elle leur future souveraine, lorsque (c'était en 1670) parutàlaeûurd'AngleterreMJ'e Louise de Kéroual, et cette jeune Bretonne, par sa figure ravissante, par les grâces de sa personne, attira à elle Charles II, que bientôt elle retint. Le règne de miss Stewart était fini; elle s'en consola vite en donnant sa main à un amoureux d'une constance exemplaire , le duc de Richmond, un des plus grands noms d'Angleterre.
STEWART (Mathew), mathématicien écossais, père du célèbre philosophe Dugald-Stewart, né à Rothsay (lie de Bute) en 1717, mort à Edimbourg en 1785. 11 appartenait à une famille de gens d'Eglise, qui l'avait destiné, dès son enfance, a l'état ecclésiastique. II fît avec succès ses études au collège de Glascow, où il reçut les leçons d'Iintcneson et de Simson. Il alla prendre ses grades à l'université d'Edimbourg. Simson lui avait communiqué son goût exclusif pour la géométrie ancienne. La longue correspondance scientifique qu'il entretint avec Simson , son ancien maître , roule principalement sur les Loci ptani et les Porismcs d'Euclide.
Il entra dans l'Eglise, en 1745, comme pasteur de Rosencath. L'année suivante, Muclaurin , son protecteur à l'université d'Edimbourg, étant mort, on lui offrit sa chaire, qu'il garda jusqu'en 1775, où il In résigna en faveur de son fils, Dugald Stewart, pour se retirer dans le comté d'Ayr. Il mourut huit ans après. La Société royale de Londres l'avait admis au nombre de ses membres.
Ses principaux ouvrages sont : Geomelrical theorems (Edimbourg, 174«); Quatre iraités de physique et de mathématiques (Four tracts, phy3icalandmaihematical[\ii\\mbo\ir£, 1761, 1 vol. in-40]); Propositions more veterum demonstratx (Edimbourg, 1762, 1 vol. in-4<>); Essai de la distance du soleil à la terre (Essayon the sim's distanceVR'ûrabonrg, 1763, in-4»j); dans les Essais de la Société philosophique /l'Edimbourg, une Solution du problème de Kepler.
Nous ne dirons rien des travaux de Stewart en physique et en astronomie ; il n'a fait faire â ces deux sciences aucun progrés notable-, mais ses recherches géométriques ont une valeur dont les travaux modernes de ! Carnot, du général Poncelet et de M. Ciiasies ont considérablement accru l'importance. Stewart est resté complètement oubàé durant la période où l'analyse était seule en possession de présider aux progès des Sciences mathématiques ; mais sou nom a repuru honorablement lorsque la géométrie pure a, dans ces derniers temps, reconquis le terrain
■ qu'elle paraissait avoir complètement perdu.
Le livre des Théorèmes généraux d'un grand
usage dans les hautes mathématiques [Geome-
! trical theorems) contient les énoncés de
■ soixante-quatre propositions et les démon- | strations des huit premières seulement. Celj les des autres ont été données depuis par différents auteurs. Ces théorèmes ont rapport soit à la théorie des transversales, soit à celle des polygones inscrits et circonscrits au cercle. Ceux du premier genre peuvent être résumés dans cette proposition remarquable, que la somme des carrés des distances d'un point quelconque à trois points situés en ligne droite, multipliés chacun par Ja distance des deux autres points, prise avec un signe convenable, est égale au produit des distances des trois points deux à deux. Cette proposition a été utilement invoquée, dans diverses circonstances, par Robert Simson, Thomas Simson, Euleret Leslie. Les théorèmes du second genre fournissent les expressions de la somme des puissances semblables et entières, de degré quelconque, des distances d'un point de son plan aux côtés d'un polygone régulier , et de la somme des puissances paires du même point i< tous les sommets du même polygone. Stewart généralisait ensuite les résultats obtenus et les étendait à un polygone quelconque.
Les Propositiones geometricx forment deux livres, dont le premier contient soixante propositions et le second cinquante-deux. Ces propositions se rapportent à la ligne droite et au cercle. Les premières appartiennent à la théorie des transversales et sont des conséquences de ces deux théorèmes, que toute droite coupe les côtés et les diagonales d'un quadrilatère en six points ayant entre eux la relation d'involution.etque le lieu du troisième sommet d'un triangle dont les côtés passent par des points rixes, en ligne droite, et dont les deux premiers sommets décrivent euxmêmes des lignes droites, est aussi une ligne droite.
Les propositions relatives au cercla concernent la description de sa circonférence par l'intersection de deux droites assujetties à passer par des points fixes et dont le mouvement est réglé par une loi à laquelle doivent satisfaire tes segments qu'elles déter-
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minent sui une droite fixe à partir d'an point fixe de cette droite.
STEWART (Dugald) , philosophe écossais, fils du précédent et l'un des chefs de i'école dite écossaise , né à Edimbourg en 1753, mort en 1828. Il commença ses études sous la direction de son père, Matthieu Stewart, mathématicien distingué, dont les leçons contribuèrent à donner au fils cette rectitude d'esprit qu'on remarque dans ses ouvrages. A l'université d'Edimbourg , son intelligence et sa facilité attirèrent vite l'attention d'Adam Ferguson, une des lumières du temps, et àa docteur Steventon, son professeur de logique. Il quitta cependant 1 université d'Edimbourg en 1771, pour aller à celle de Glascow suivre le cours de Thomas Reid. Reid fut émerveillé de son élève et lui dédia bientôt le plus important de ses ouvrages , l'Essai sur les pouvoirs de l'esprit humain. « Pour vous, lui disait-il , qui êtes à la fleur de l'âge, vous ferez faire les plus grands progrès à la science traitée dans ce livre ou à toute autre science à laquelle vous appliquerez vos talents. » Dugald Stewart débuta par quelques dissertations composées pour une société d'étudiants dont il faisait partie. Une d'entre elles, Y Essai sur tes songes, forma plus tard le chapitre v de sa Philosophie de l'esprit humain, 11 revint en 1772 à Edimbourg, où une maladie de son père le força de le suppléer dans sa chaire de mathématiques. Le succès de son cours le fit choisir deux ans plus tard comme suppléant et successeur éventuel de Matthieu Stewart, auquel il ne succéda qu'en 1785. Cependant il avait presque abandonné la philosophie pour les sciences. 11 ajouta en 1778 à la matière de l'enseignement paternel un cours d'astronomie. Il remplaçait à l'occasion n'importe lequel de ses collègues de l'université, même le professeur de langue grecque et le professeur de belles-lettres. Adam Ferguson, qui tenailla chaire de philosophie morale, ayant été envoyé en Amérique en 1778, pria le jeune homme de le remplacer durant son absence. Trois jours après y avoir consenti, Dugald Stewart était en état de donner Sa première leçon de métaphysique. Elle fut brillante, et le professeur, qui n était pas indifférent à la renommée, vit que pour lui l'avenir était dans cette direction. Il continua donc de suppléer Ferguson, qui se démit de sa chaire en 1785. La mort de Matthieu Stewart venait précisément de rendre Dugald titulaire de la chaire de mathématiques-, mais il obtint de l'échanger contre celle de philosophie morale. Il l'occupait depuis quinze ans, quand les événements politiques accomplis en Europe lui suggérèrent la pensée de joindre à son enseignement des leçons d'économie politique (1800), qui furent également bien accueillies. Depuis 1789, à l'exemple des philosophes de l'antiquité qui avaient chacun leur école, Dugald Stewart avait également réuni dans sa maison un petit groupe de personnes distinguées dont il dirigeait la conduite en même temps que les études. On comptait parmi eux lord Ashburton , le marquis de Lothian, le comte de Warwick, le comte Dudley, lord Palmerston et son frère le chevalier Temple, et d'autres arrivés depuis à la célébrité ou à une grande situation politique de l'autre côté du détroit. Il vint à Paris en 1806 avec lord Lauderdale, chargé d'une négociation politique avec le gouvernement français. Dugald Stewart y fit la connaissance de plusieurs écrivains et penseurs, avec lesquels il conserva depuis des relations qui ne se terminèrent qu à sa mort. A son retour dans la Grande-Bretagne, il obtint une sorte de sinécure dont le produit, joint à celui de sa chaire, le mit dans une situation de fortune qu'il n'avait pas encore connue.
En 1808, la perte d'un de ses enfants et un dérangement momentané de sa santé le forcèrent d'interrompre son cours. Un de ses élèves,ThomasBrown, le suppléa et, en 1810, lui fut adjoint, ce qui lui procura quelque repos. Il ne remonta point dans sa chaire, qu il résigna définitivement en 1820. Il s'était retiré dès 1810 à Kinneil-House, maison de campagne située sur le Firth of Forth, à 20 milles d'Edimbourg, et appartenant au duc d'Hamilton. C'est là que furent écrits la plupart de ses livres et qu'il mourut en 1828. Il avait été atteint d'une attaque de paralysie en 1822, ce qui ne l'avait pas empêché de continuer ses travaux; il ne survécut que quelques semaines à la publication de sa dernière œuvre, la Philosophie des facultés morales et actives de l'homme. Dugald Stewart avait été marié deux fois et était membre de la Société royale d'Edimbourg, de l'Académie de Saint-Pétersbourg et de la Société philosophique de Philadelphie.
SeB principaux écrits sont : Eléments de la philosophie de l'esprit humain ( Londres , 1792, 1 vol. in-4°), traduits en français par Prévost {Genève, 1808, 2 vol. in -8°) ; Esquisses de philosophie morale à l'usage des étudiants de l'université d'Edimbourg (Edimbourg, 1793, 1 vol. in-8°), traduits en fiançais par JoufTroy, avec une préface célèbre (1826, 1 vol. in-8°); Essais philosophiques (Edimbourg, 1810, 1 vol. in-4"), traduits par M. Huret (Paris, 1828, 1 vol. in-8») ; Eléments de la philosophie de l'esprit humain, deuxième partie (Edimbourg, 1814, 1 vol. in-4°), traduits par M. L. Peisse (1843, 1 vol. in-so); Elément» de la philosophie de l'esprit humain,
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troisième partie (Londres, 1827, l vol. in-40), également traduite en français par M. L. Peisse; Philosophie des facultés actives et morales de l'homme (Edimbourg, 1828, 2 vol. in-8°), traduite en français par L. Simon (Paris, 1834, 2 vol. in-8°) ; Notice sur la vie et les écrits d'Adam S/ni<A(Édimbourg, 1793, in-4°), trailuite en français par Pjr é vost, sous le titre : Précis de la vie et des écrits d'Adam Smith; Notice sur la vie et les écrits de W. Robertson (Edimbourg, 1796, in-8°), traduite par Imbert (Paris, 1806, in-8u); Notice sur la vie et les écrits de Thomas Heid (Edimbourg, 1803), traduite en français par Jouffroy, en tête de sa traduction des œuvres de Reid (1836); Pamphlet relatif à l'élection d'un professeur de mathématiques à l'université d'Edimbourg (1805), brochure à laquelle Dugald-Stewart ajouta un Postscriptum et un Appendice l'année suivante; Dissertation préliminaire pour le supplément de l'Encyclopédie britannique, présentant le tableau général du progrès de ta métaphysique, de la morale et de la politique depuis la renaissance des lettres en Europe (Edimbourg, 1816 et 1821, in-40), traduite en français par Buclion, avec le titre suivant : Histoire abrégée des sciences métaphysiques, morales et politiques (Paris, 1820-1823, 3 vol. in-8")- Dugald Stewart a de plus édité les Œuvres d'Adam Smith (Edimbourg, 1812, 5 vol. in -8°); cette édition est restée la meilleure qu'on ait donnée des écrits du célèbre économiste.
Toute la philosophie do Dugald Stewart est contenue dans ses trois principaux ouvrages : les Eléments de la philosophie de l'esprit humain , la Philosophie des facultés intellectuelles et morales de l'homme et les Esquisses de p/iitosophie morale. Dans les Esquisses, il ne fait que préciser les devoirs et démontrer la légitimité des facultés dont le devoir est la donnée spéciale. Dans la Philosophie des facultés intellectuelles, il décrit la volonté, ses effets et ses causes, ainsi que les principes moraux dont elle est le fondement. Les Eléments ont pour but de déterminer l'objet de la philosophie et l'analyse des facultés. A l'exemple de l'école écossaise tout entière, l'auteur a une tendance constante à réduire la philosophie à l'étude de l'esprit humain, et cette étude elle-même consiste dans une exposition presque empirique des phénomènes du sens intime. • Quand on a bien reconnu, dit-il au début de la Philosophie de l'esprit humain, un fait général et que la vérité en est solidement établie, par exemple les lois de l'association des idées, la dépendance où est la mémoire de l'espèce d'effort que l'on nomme attention, nous avons fait tout ce que l'on peut exiger de nous , tout ce à quoi Ton peut prétendre dans cette branche de la science. 1
On a vu plus haut que Dugald Stewart avait fuit une étude spéciale de l'association des idées, et de la mémoire, qui est une faculté voisine de celle d'associer des idées. Non content de décrire le fait de l'association des idées, il en recherche les lois. Il y en a de deux sortes suivant lui : ou nous laissons nos idées s'associer comme elles l'entendent, ou nous faisons intervenir dans cet acte la volonté et l'attention. Les rapports de ressemblance, d'analogie, de contrariété, de contiguïté, dans le temps et dans le lieu, appartiennent suivant l'auteur à la première classe. Il range dans la seconde les rapports de cause et d'effet, de moyen et da fin, de prémisses et de conclusion. Quant au pouvoir que l'homme possède d'intervenir dans l'association de ses idées, il n'est ni direct ni absolu. Nul effort de l'esprit ne saurait évoquer une pensée absente; nous n'avons que la faculté de profiter des circonstances qui se présentent pour appliquer notre attention aux idées que le hasard met en contact dans notre âme. Dans VEssai sur les rêves, Dugald Stewart démontre que les idées se succèdent pendant le sommeil dans notre esprit de la même manière que pendant la veille. Seulement, pendant le sommeil, la volonté est paralysée et n'a pas le pouvoir de les saisir au moment de leur apparition, de concentrer sur elles notre attention, d'évoquer à leur égard les souvenirs propres à eu éclairer les contours et à mieux nous les montrer. En un mot, pendant le sommeil, notre mémoire est passive, tandis qu'à l'état de veille la volonté peut la diriger dans une certaine mesure. La fatalité qui préside à l'association des idées peut nous égarer de trois manières : 1<> en nous faisant confondre des choses distinctes; 2» en nous faisant user mal du principe d'induction; 3" en nous faisant confondre des opinions erronées avec des vérités certaines. Elle peut de même nous fuusser le goût, surtout eu matière lit-^ téraire.
Dugald Stewart s'occupe ensuite de la mémoire et de l'association des idées. Selon lui, dans la simple association des idées, il n'y a que de la fatalité, combinée avec plus ou moins d'imagination; dans la mémoire,. il y a de plus la foi dans l'existence objective de l'idée présente par 1? souvenir. Il étudie en détail un côté de la mémoire qu'on n'avait pas assez mis en relief : c'est que les mémoires faciles manquent de ténacité, et récipvoquement les mémoires tenaces manquent de facilité. Il remarque, en outre, que les mémoires tenaces sont les meilleures et n'existent que chez les hommes doués d'un jugement solide et d'une intelligence perspicace et étendue.
STEW
Le style de Dugald-Stewart est peu coloré et manque de vivacité ; mais il est clair, logique et toujours égal.
STEWART (Charles), marin américain , né à Philadelphie en 1778, mort en 1869. Il entra à treize ans dans la marine commerciale, où il parvint rapidement au grade de capitaine, et, en 1798, il passa, comme lieutenant, dans la marine militaire des Etats-Unis. Il commença à se faire connaître pendant la guerre avec la France, et, en 1800, il prit ou détruisit un grand nombre de petits bâtiments français, qui causaient de sérieux dommages au commerce américain. Pendant la guerre avec les Barbaresques, il reçut le commandement du brick la Sirène et prit une part brillante au bombardement de Tripoli. Promu capitaine en 1806, il n'eut plus d'occasion de se distinguer jusqu'en 1812, où, lors de la guerre avec l'Angleterre, il prit part à différents engagements et exécuta de nombreuses croisières, qui cependant ne produisirent pas grand résultat. Le 20 février 1815, il lit voile au nord-ouest du cap Saint-Vincent, et, le soir du même jour, la frégate qu'il commandait fut attaquée à l'improviste par deux vaisseaux de guerre anglais. Bien que sou bâtiment fût inférieur en force à chacun de ses deux adversaires, il ne chercha pas à éviter la lutte, et aussitôt, à la lueur indécise des rayons de la lune , s'engagea un combat acharné, dont les annales maritimes offrent peu d'exemples. Au bout de trois heures, les deux bâtiments anglais, complètement désemparés, amenèrent leur pavillon ; Stewart avait si habilement fait manœuvrer sa frégate, qu'elle n'avait éprouvé que des avaries insignifiantes, et son équipage n'avait eu que deux- hommes tués et douze blessés. La nouvelle de ce glorieux fait d'armes excita aux Etats-Unis un enthousiasme indescriptible. Le capitaine Stewart fut reçu partout en triomphe à son retour; le conseil municipal de New- York lui conféra le droit de bourgeoisie et lui envoya une tabatière d'or; l'Etat de Pensylvanie lui fit don d'une épée, avec la garde en or; enfin , le congrès lui vota des remerclmsnts publics au nom de la nation et fit frapper une médaille d'or en commémoration de sa victoire. Stewart appartint encore pendant vingt ans au service maritime actif et exécuta en 1843 son dernier grand voyage sur mer. Il occupa ensuite différents postes importants dans l'administration maritime et, lors de la guerre de sécession, fut promu au grade de contre-amiral. Il était, & sa mort, le doyen des officiers de la marine américaine.
STEWART (Alexandre-T.), célèbre financier américain, né en Irlande vers 1815. Il arriva à New-York fort jeune et sans aucune fortune, entra dans le commerce, fut bientôt, grâce à son intelligence des affaires, mis à la tète de sa maison et, par d'habiles spéculations, acquit une de ces fortunes auxquelles on a peine à croire. Son revenu annuel est évalué actuellement à la somme fabuleuse de 40 millions de dollars (plus de 200 millions de francs). Lors de l'élection du président Grant à la présidence des Etats-Unis, il fut question de l'appeler au ministère des finances, bien qu'il n'eût pris jusqu'alors que peu de part aux affaires politiques; mais il avait eu, pendant la guerre civile, l'occasion de prouver son patriotisme et avait avancé des sommes énormes aux Etats du Nord, dont il ne cessa pas, pendant toute la durée des hostilités, d'être le banquier désintéressé, bien que ceux de ses associés qui habitaient les Etats du Sud l'eussent menacé de ne pas acquitter les dettes qu'ils avaient contractées envers lui et qui se chiffraient par centaines de millions, s'il continuait à soutenir le parti fidèle à l'Union. Mais il ne voulut pas céder à cette prétention et acquit ainsi une popularité qu'il a conservée depuis lors. Les incontestables capacités financières qu'il possède l'avaient donc désigné tout naturellement au choix de ses concitoyens pour le portefeuille des finances ; mais une loi, rendue par Alexandre Hamilton le 2 septembre 1789, déclarait incompatibles les fonctions de ministre avec la profession de négociant; Grant n'en eût pas moins passé outre, sans la vive opposition qu'il rencontra dans le sénat, de la part surtout du sénateur Sumner. Stewart proposa alors un accommodement, qui semblait devoir amener la solution de la difficulté. Il offrit de confier à des commettants la direction de ses affaires commerciales et d'en abandonner, pendant tout le temps que durerait sa gestion, le produit annuel (10 millions de francs environ) aux établissements philanthropiques de New-York. Cette proposition si avantageuse pour le bien-être public ayant été rejetee, Stewart n'hésita pas à renoncer au portefeuille des finances, qui fut alors donné à George Boutwell.
STEWART-DENHAM (sir Jacques), économiste anglais, né à Edimbourg en 1713, mort en 1780. 11 prit part aux affaires de 1745, s'enfuit ensuite en France et fut exclu nominativement du bill d'amnistie. A la paix de 1763, il obtint la permission de se rendre à Londres incognito; enfin, en 1767, il fut rétabli dans ses droits de .citoyen. Ses ouvrages sont: Principes d'économie politique; Apologie du sentiment de sir Isuac Newton sur l'ancienne chronologie des Grecs, contenant des réponses à toutes les objections qui y ont été faites jusqu'à présent (Francfort-sur-le-