‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 682 sur 1059 · STI1É · texte numérisé non relu

STI1É

Mein, 1757) ; Principes de ta monétisation appliqués à l'état présent du monnayage de Bengale; un travail publié sous le voile de l'anonyme dans YEdinburgh Evening Courant sur l'état des distilleries et des brasseries en Ecosse et sur le projet d'augmentation de la taxe sur la distillation des esprits dans cette contrée; enfin un ouvrage intitulé : Hecherches sur les principes d'économie politique (1767, 2 vol. in-40), réimprimé en 1805 avec d'autres ouvrages du même auteur (6 vol. in-8"). Lord Buchan a inséré une notice sur Stewart, son oncle, dans les Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ecosse.

STEWART1E s. f. (sté-ouar-sl — de Stewart, botan. angl.). Bot. Syn. da stuartie, genre d'arbrisseaux.

STEWARTON, bourg d'Ecosse, comté d'Ayr, à 8 kilom. N.-O. de Kilmarnoch; 3,636 hab. Fabrication de chapeaux de paille. Restes d'un château qui fut une des résidences des Stuarts.

STEYAERT (Martin), théologien belge, né à Somerghem le 16 avril 1647, mort le 17avril 1701. Après avoir fait de brillantes études à l'université de Louvain, il fut nommé professeurde philosophie, puis chanoine d'Ypres, et prit le bonnet de docteur à Louvain en 1675. Deux ans après, il fut envoyé avec deux autres théologiens, par l'université, à Rome et y obtint le décret du 5 mars 1679, par lequel Innocent XI condamnait soixantecinq propositions de morale relâchée. Steyaert vint ensuite à Ypres et combattit énergiquement le gallicanisme et le jansénisme. En 1687, il se démit de son canonicat. Il revint ensuite à Louvain , y fut admis dans le conseil de l'université et fut nommé successivement président du collège de Baïus, professeur de théologie, doyen de la Faculté et lecteur de l'université. Enfin il devint, en 1791, vicaire apostolique de Bois-le-Duc, et, en 1696, doyen du chapitre de Saint-Pierre, à Louvain. Il a écrit un grand nombre d'ouvrages de théologie. Van de Welde, dans le Synopsis monumentorum... archiepiscopatus Mechtiniensis (Gand, 1822,3 vol. in-8°), donne une vie de Steyaert, ainsi que le titre et le sujet des écrits de ce théologien.

STEYER ou STE1ER, ville de l'empire d'Autriche, dans la haute Autriche, à 100 kilom. S.-O. de Vienne, 6 kilom. S.-E. de Linz, au confluent de l'Ens et de la petite rivière de son nom; 1 1,270 hab. C'est une des villes les plus industrielles de l'Autriche. Fabrication de velours de coton, articles de fer et d'acier, forges, fonderie de fer, coutellerie, limes, armes blanches, etc. La ville est b.ea bâtie: on y remarque ia place du marché, ornée d une fontaine monumentale ; l'église paroissiale', l'hôtel de ville, le théâtre et les casernes. Steyer fut autrefois la résidence des margraves de Styrie. Le 25 décembre 1800, après la victoire d'Hoheniinden, Moreuu y signa un armistice avec les Autrichiens.

STHANÉWE s. f. (sta-né-li).Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalénides, dont l'espèce type vit en Europe, dans les bois de châtaigniers.

STHÉNÉLUS; nom commun à plusieurs personnages de la Fable. Le premier, fils dePersée et d'Andromède, était roi de Mycènes et d'Argos. Il déclara la guerre à Amphitryon, roi de Tirynthe, qui avait tué son frère Electryon, le vainquit et s'empara de ses Etats. Sthénélus avait épousé Nicippe, fille de Pélops; il en eut deux filles et un fils, le célèbre Éurysthée, que Junon fit naître deux mois avant le terme ordinaire, afin qu'Hercule lui fût soumis (v. Hercule et Eurysthée). — Un autre Sthénélus, fils de Capanée, fut un des Epigones qui assiégèrent Thebes. Il prétendit à la main d'Hélène, combattit devant Troie, sous les ordres de Diomède,.et entra dans le fameux cheval de bois. Dans la répartition du butin, il lui échut un Jupiter à trois yeux, qu'il consacra dans un temple d'Argos. Il accompagna ensuite Dioinède en Italie et l'aida à chasser Agrius, qui avait usurpé le sceptre. Les Argiens montraient sa statue et son tombeau. — un troisième Sthénélus, fils d'Androgée et frère d'Alcée, fut fait prisonnier par Hercule dans l'Ile de Paros. Il devint ensuite l'ami du héros, qu'il suivit dans son expédition contre les Amazones et qui, en récompense, lui fit don de l'Ile de Thasos. — Enfin, un quatrième personnage de ce nom, fils d'Actor, fut aussi un des compagnons d'Hercule dans son expédition contre les Amazones. Il y périt d'un coup de flèche et fut enterré sur la côte de Paphlagouie. Lorsque les Argonautes débarquèrent en ce lieu, Sthénélus obtint de Proserpine la permission de leur apparaître pour réclamer d'eux l'érection d'un tombeau sur le rivage.

STHÉNIE s. f. (sté-nl — du gr, slhenos, force, qui est formé de ia même racine que le sanscrit sthira, sthûra, ferme, fort, solide, immobile ; slhâoara, ferme, fort, savoir la racine sanscrite sthd, se tenir debout). Méd. Excès de force, exaltation de l'actiou orgaganique.

STHÉN1EN adj. m. ;(sté-ni-ain — gr. sthenios; de slhenos, force). Mythol. gr, Epithète de Jupiter.

— Antiq. gr. Jeux Sthéniens, Jeux qu'on célébrait en Phonneur de Jupiter Sthénien.

— Encyol. Antiq. gr. Jeux Sthéniens, Ces

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jeux furent institués par les Argiens, en l'honneur de Damiùs, neuvième roi d'Argos. Tombés en désuétude, ils furent rétablis en l'honneur de Jupiter. Pausanias témoigne que, de son temps, on voyait encore sur le chemin qui menait de Trézène à Hermione un rocher appelé autel de Jupiter Sthénien et que l'on nommait quelquefois rocAe de Thésée, parce que ce prince ravnil remué dans sa jeunesse, pour tirer de dessous la chaussure et l'épée qui devaient le faire connaître k Egée, son père, et que celui-ciy avait cachées dans ce but.

STHÉNIQUE adj. (sté-ni-ke — rad. sthénie). Méd. Qui a rapport à la sthénie : Brown ne reconnaissait que deux sortes de maladies : les maladies sthéniqbes ou par excitation, et les maladies asthéniques ou par affaiblissement. (Mignet.)

STHENNIS, sculpteur grec qui vivait k Olynthe dans la cxive olympiade. Il avait sculpté, selon Pline, les statues de Cérès, de Jupiter et de Minerve dans le temple de la Concorde, à Rome, et des Matrones pleurant, priant et sacrifiant. Une de ses plus célèbres statues était celle du héros Aulolycus, fondateur de la ville de Sinope. Pour sculpter cette statue ainsi que le Tombeau d'Andactos et de Pasiclès, dans l'acropole d'Athènes, Sthennis se fit aider par le sculpteur Leocharis.

STHÉNONIE s. f. (sté-no-nî — du gr. stkenos, vigueur). Acal. Genre d'acalèphes médusaires, dont l'espèce type vit sur les côtes du Kamtchatka.

STHÉNYO s. f. (sté-ni-o). Acal. Genre d'acalèphes médusaires, de la famille des océanides, qui n'est qu'un état particulier d'une syncoryne : L'ombrelle hémisphérique de la sthényo est diaphane. (Dujardin.)

— Encycl. Les sthémjos sont de très-petites méduses, dont l'ombrelle diaphane, hémisphérique, large de 0m,001 a 0m,002,.est formée intérieurement par un diaphragme membraneux, contractile, qui laisse sortir, par un orifice central, l'extrémité de la trompe attachée au sommet de la cavité de l'ombrelle ; de ce point partent quatre canaux en croix, terminés par quatre tentacules simples, glanduleux ou hérissés , à l'origine de chacun desquels se trouve un point oculiforme. Elles naissent, par bourgeonnement, sur la syncoryne trompeuse, dont elles forment comme la base de fructification. A l'époque de la maturité des œufs, la sthényo se retourne complètement; son diaphragme se rompt, et la face interne de son ombrelle devient externe; alors elle ne peut plus nager dans le liquide et rampe seulement k l'aide de sa trompe.

STI s. m. (sti). Gramm. Caractère grec (ç), qui équivaut à <rr (st), et qu'on appelle aussi

ST/GMA et SIGMA TAU.

ST1A, bourg du royaume d'Italie, province et district d Arezzo, mandement de Poppi; S.871 liab.

STIBADIUM s. m. (sti-ba-di-omm — mot lat. dérivé du gr. stibadion, dimin. de stibas; rad. stibazô, je foule). Antiq. Lit d'herbes et de joncs sur lequel les anciens Grecs dormaient ou prenaient leurs repas. [[ Lit romain bourré de paille ou d'herbes sèches. Il On dit aussi STIBADION.

— Encycl. Ce fut, k l'origine, une couche rustique, faite d'herbe et de feuillage, la couche des gens de la campagne dans l'Attique et la Béotie, et probablement dans toute la Grèce. Les Romains, en empruntant aux Grecs le mot stibadium, lui donnèrent d'abord la même signification ; puis ils appelèrent de ce nom tout lit rembourré de paille ou de foin.

Au temps de l'empire, ce mot, qui avait désigné primitivement la plus simple et la plus grossière des couches, fut appliqué à un lit- de festin et à l'un des plus riches de ce genre. Il était demi-circulaire, et il fut imaginé pour accompagner une table de forme nouvelle. Les tables avaient été d'abord, chez les Romains, rondes et à trois pieds, puis quadrangulaires et à quatre pieds. Cneius Manlius apporta d'Asie, vers latin de la république, la mode des tables rondes à un seul pied, nommées monopodium. Sous les empereurs s'introduisirent les tables demicirculaires ou en forme de demi-lune, menste lunalx. C'est pour asseoir les convives autour de ces dernières tables qu'on inventa le Ut ou sofa de la même forme, auquel on donna le nom de stibadium, et qui pouvait donner place à sept ou huit personnes. Le stibadium des festins ayant existé à l'époque où le luxe était k un haut degré de raffinement, il fut en général riche et somptueux, d'autantplus que su graDdeurledestinait surtout aux banquets d'apparat. Le bois d'érable ou celui de citronnier étaient ordinairement employés dans sa fabrication ; il était garni d'ornements d'airain ou d'argent, d'incrustations d'ivoire ou d'écaillé. La pourpre, la soie, la tapisserie de Babylone recouvraient les matelas et les oreillers. Nous voilà bien loin du stibadium primitif, composé seulement d'herbe et de feuillage, et pourtant l'herbe (stibas, en grec) a donné son nom k ce sofa où s'étalaient toutes les recherches du luxe.

STIBARE s. t. (sti-ba-re — du gr. stibaros, épais, robuste). Entom. Genre d'insectes co-

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léoptères tétramères, de la fam.i.e des longicornes, tribu des lamiaires, comprenant deux espèces, qui habitent l'Inde.

STIBIAL, ALE adj. (sti-bi-al, a-le — rad. stibié). Qui appartient, qui a rapport à l'antimoine, qui contient de l'antimoine : Préparation STIBIALE.

STIBIATE s. m. {sti-bi-a-te — rad. stibié). Chim. Syn. d'ANTiMONUTE,

STIBIATION s. f. {sti-bi-a-si-on — rad.

stibié). Méd. Emploi du tartre stibié à haute dose.

STIBIÉ, ÉE adj. (sti-bi-é — du lat. stibium, gr. stibi, antimoine; mot égyptien, s'il faut en croire les étymologistes anciens). Chim. Qui contient de l'antimoine, où il entre de l'antimoine : Tartre stibié. Pommade stibiée.

STIBINE s. f. (sti-bi-ne — rad. stibié). Miner. Sulfure d'antimoine.

— Encycl. La stibine est une substance métalloïde d'un gris de plomb, cristallisant en prismes rhomboïdaux, terminés souvent par des pyramides à quatre faces. Elle tache le papier en noir, fond très-facilement et donne, par le grillage dans un tube ouvert, des vapeurs blanches d'abord très-abondantes, mais

ui Unissent par disparaître entièrement. Sa ensilé moyenne est 4,5. Elle se compose de 1 équivalent d'antimoine et de 3 de soufre. Attaquée par l'acide azotique, elle donne un précipité blanc abondant, soluble dans l'acide chlorhydrique ; l'eau en sépare ce précipité, et les sulfures le précipitent en jaune. La stibine présente plusieurs variétés; elle peut être cristallisée en prismes tels que nous les avons décrits plus haut, mais susceptibles d'être modifiés de diverses manières; cylindroïde, en cristaux prismatiques déformés; aciculaire, en cristaux très-minces; capillaire, en petits filaments très-ténus, droits ou contournés, quelquefois comme feutrés ; bacillaire, en cristauxdivergents,groupésentre eux ; fibreuse, en cristaux allongés, contournés et déformés par leur pression naturelle; lamellaire, en cristaux enchevêtrés et formant des masses à cassure lamellaire; compacte, k structure cristalline ou fibreuse k peine perceptible. La stibine est répandue dans des localités assez nombreuses, mais sans constituer nulle part de dépôts trèsabondants; elle forme des filons peu étendus dans les gneiss, les granits et les micaschistes des terrains primitifs ; on en trouve dans presque toutes les contrées de l'Europe ; en France , les principaux gisements sont groupés surtout dans la région du Sud ; ils existent, en effet, dans les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal, de la Haute- Loire, de l'Ardèche, de la Lozère, du Gard, etc. C'est la stibine que l'on exploite surtout pour en extraire l'antimoine métallique; il suffit pour cela de griller le minerai et de le traiter ensuite par le charbon.

STIBÎTE s. m. (sti-bi-te. — V. stibié). Ane. Chim. Antimoine.

STIBIURE s. m. (sti-bi-u-re — du lat. stibium, antimoine). Chim. Alliage en proportions définies de l'antimoine avec un autre métal.

ST1CHART (Franz-Otto), littérateur allemand, né à Werdau en 1810. Il étudia, de 1828 k 1831, la théologie à Leipzig et à Halle, fut, de 1832 k 1814, professeur dans sa ville naiiile, puis, jusqu'en 1852, pasteur k Jœhstadt, enfin pasteur à Reinhardsgrimnie. On a de lui : Mandviœrterbuch der Synonymen der deutschenSpruche (Grimm, 1841) ; Chronik der Stadt Werdau (Grimm, 1841); JuOelchonik der Einfùhrung der Ita formation (Grimm, 1&40); JYameiisbùchtein (iwickuu, 1849); bas Kônigreich Sachsen und seine Fûrs.'en (Leipzig, 1854) ; Sàchsiscfies Vuterlandsbuch (Dresde, 1855); Gallerie der sàchsischen Fùrsten{Leinzig, 1857); Die Kirchliche Légende ùber die heiligen Apostel (Leipzig, 1861), etc.

STICHASTRE s. m. (sti-ka-stre — du gr.

stichos, rang; aster étoile). Echin. Genre d'astérides ou étoiles de iner.

STICHÉE s. m. (sti-ké —du gr. slichao, je marche en ordre). Ichthyol. Genre de pois- Sons osseux, du groupe des blennioïdes.

STICHOCARPE adj. (sti-ko-kar-pe — du gr. stic/tos, rang; Icarpos, fruit). Bot. Dont les fruits sont disposés sur une ligne en spirale.

ST1CHODACTYLE s. m. (sti-ko-da-kti-le — du gr. stichos, rang; dalctulos, doige). Zooph. Genre de polypes, du groupe des actinies.

ST1CHODE s. m. (sti-ko-de — gr. stichàdés; de stichos, vers, et de adà, je chante). Antiq. gr. Nom donné à des espèces de rapsodes ou aux rapsodes en général.

— Encycl. Ce nom, dans l'ancienne Grèce, était presque synonyme de rapsode. Suivant l'étymologia la plus probable, les rapsodes étaient des chanteurs, des récitateuis de vers cousus ensemble, c'est à-dire des chanteurs de morceaux détachés qu'ils reliaient l'un k l'autre, sans divisions ou pauses notables. La dénomination de stickodes était donnée aux rapsodes, selon quelques-uns, tout simplement parce qu'ils chantaient ou récitaient des vers; selon la plupart des critiques, parce qu'on pouvait dire qu'ils chantaient des poèmes dont toutes les ligues étaient isolées, indépendantes les unes des autres; et effectivement, c'est là le sens réel du mot stichos (ligne isolée, d'où vers). Quel-

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ques philologues sont d'un avis différent; ils ont pensé que le mot stichode s'appliquait à des rapsodes chantant des vers simples, non combinés en systèmes, purs de tout alliage avec des vers d'autres mesures. Quoi qu il en soit du plus ou moins de probabilité de ces opinions diverses, il est certain que le mot stichode fut d'un emploi bien moins fréquent que le mot rapsode, et l'on ne voit pas qu'il ait été attribué k Homère ou k Hésiode, ni qu'il ait été pris par les homérides, qui s'appelaient toujours rapsodes.

STICBOMANCIE s. f. (siko-man-st — du gr. stichos, vers ; manteia, divination). Antiq. Divination au moyen de petits fragments d'un poème jetés dans une urne et tirés au hasard.

STICHOMANCIEN, IENNE adj. (sti-komansi-ain, i-è-ne — rad. stichomancie). Antiq. Personne qui pratiquait la stichomancie.

STICHOMÉTRIE s. f. (sti-ko-mé-trî — du gr. stichos, vers, verset; metron, mesure). Philol. Division d'un ouvrage par versets. Il Action de compter les lignes d'un manuscrit.

— Encycl. Ce motadeux sens, et l'on verra ici, par un rapide coup d'oeil jeté sur quelques points de l'histoire bibliographique, qu'il y a entre ces deux sens une analogie difficile h reconnaître sans une explication, et que les deux faits dont il s'agit dérivent de causes presque semblables.

La plupart des manuscrits de l'antiquité ne portaient pas de signes de ponctuation. La manière la plus connue d'y suppléer l'ut d'écrire par versets et de distinguer ainsi les membres et les sous-membres du discours. Chaque verset se trouvant contenu dans une ligne, que les Grecs nommaient stichos, on appela stichomélrie cette manière de diviser les ouvrages. Les versets des œuvres de Cicéron étaient numérotés, et nous voyons Asconius, son commentateur, en citer plusieurs par leurs numéros. Saint Jérôme introduisit cette distinction par versets dans l'Ecriture, pouren faciliter la lecture etl'intelligence aux fidèles. Souvent on mit au commencement d'une nouvelle phrase une lettre un peu plus grande et qui avançait plus que les autres lignes. Les vides en blanc suppléaient aussi aux interponctuations.

On n'a pas trouvé de trace de pagination chez les anciens, et, les pages n étant pas numérotées, on n'avait pas d autre moyen de désigner la longueur d'un ouvrage qu en indiquant le nombre des lignes qu'il contenait. La plupart des manuscrits du moyen âge ne sont pas non plus paginés. Dans plusieurs des livres d'images qui précédèrent de fort peu de temps la découverte de Gutenberg, on marqua la suite des feuillets par les lettres de l'alphabet, en mettant un A sur le premier, et sur les suivants les autres lettres à tour de rôle jusqu'à l'U ; puis on reprenait l'A suivi de deux points, et ensuite les autres lettres. La pagination ne fut pas usitée dans les premiers livres imprimés en caractères mobiles; mais, pour faciliter l'assenfblage des feuilles et la reliure des livres, on se servit du registre, petite table rappelant les premiers mots des feuillets qui composaient la moitié de chaque cahier; des signatures, ou lettres servant de numéros au bas de la page de chaque cahier, et des réclames, mots mis au bas du verso des pages et répétés en haut du recto de la page suivante. L'ouvrage qui est regardé généralement comme le premier où les pages aient été numérotées fut l'édition de Tacite faite k Venise en 14G9, par Jean de Spire. Il fallut donc jusqu'alors compter le nombre de lignes des ouvrages ; cette numéiation, ainsi que nous l'avons dit, porta le nom de stichométrie. Quand l'ouvrage était divisé en versets, et que ces versets étaient numérotés, la slichométrie était évidemment une opération des plus faciles.

STICHOMÉTRIQUE adj. (sti-ko-mé-tri-ke — rad. slichométrie). Qui a rapport à la stichométrie.

STICHOMYTHIE s. f. (sti-ko-mi-tî — gr.

stichomythia ; de stichos, vers, et de muthos, récit). Littér. aue. Dialogue tragique dans lequel les interlocuteurs se répondent vers pour vers.

— Encycl. La tendance k la régularité, k la symétrie, qui caractérisait l'art antique se manifeste là pleinement. On dirait que les opinions et les volontés opposées, qui sont en conflit les unes avec les autres, se trouvent, dans ces occasions, pesées comme sur une balance jusque dans 1 étendue matérielle des phrases. Vers la fin seulement, une expression un peu plus forte fait pencher la balance du coté qui doit l'emporter. 11 en résulte parfois des scènes où les int^rlucutions se succèdent vers à vers comme des coups de marteau. Ailleurs, ce sont des couples de vers qui sont opposées les unes aux autres; quelquefois, ce sont des séries plus considérables de Vers qui alternent, mais toujours avec una égalité patfaite dans le nombre et la mesure. Souvent même on allait jusqu'à mesurer sévèrement et k équilibrer strictement l'étendue de scènes entières qui se composaient de dialogues et de parties lyriques et produisaient ainsi l'effet de strophes et d'antistiophes. Mais la dénomination de stichomythie était spécialement ré-

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servée au dialogue vers pour vers. On er. trouve de beaux exemples surtout chez Sophocle; on en voit aussi dans les tragédies d'Eschyle et d'Euripide. Partout il en ressort une vivacité et une énergie singulières.

La stichomythie des anciens a été imitée par les tragiques français. Corneille, en particulier, a prodigué ce genre de dialogue, qui convenait si bien au caractère de son génie.

La stichomythie se présente quelquefois dans les œuvres de Racine, par exemple dans ce passage d'un dialogue entre Néron et Britannicus.

BK1TANNICUS.

Ainsi Néron commence a ne se plu» forcer.

NÉRON

Néron de vos discours commence a se lasser.

EtUTANNlCUS.

Chacun devait bénir le bonheur de snn règne.

NÉRON

Heureux ou malheureux, it suffit qu'on me cruigne.

BRITANNICU3.

Je connais mal Junie, ou de tels sentiments Ne mériteront pas ses applaudissements.

NÉRON

Du moins, si je ne sais le secret de lui plaire, Je sais l'art de punir un rival téméraire...

Ce genre de dialogue a été imité par Boileau, dans le Chapelain décoiffé, parodie de quelques scènes du Cid. Chapelain et La Serre se disputent au sujet de la faveur du roi :

LA SERRE

Ce que je méritais, tu me l'as emporté.

CHAPELAIN

Qui l'a gagné sur toi l'avait mieux mérité.

LA SERRE

Qui sait mieux composer en est bien le plus digne.

CHAPELAIN

En être refusé n'en est pas un bon signa.

LA SERRE

Tu Tas gagné par brigue, étant vieux courtisan.

CHAPELAIN

L'éclat de mes grands vers fut seul mon partisan.

LA SERRE

Parlons-en mieux : le roi fait honneur a ton âge.

CHAPELAIN

Le roi, quand il en fait, ie mesure a l'ouvrage.

LA SERRE

Et par là je devais emporter les ducats.

CHAPELAIH.

Qui ne les obtient point ne les mérite pas.

Pour en revenir k la stichomythie dans la tragédie grecque, nous remarquons qu'elle ne se rencontre presque jamais dans le langage du chœur. C'est que le chœur engage assez rarement des conversations avec les personnages de la scène, et que les choreutes ne parlent jamais entre eux, si ce n'est chez Eschyle, ou, dans Agamemnon par exemple, les douze membres du chœur donnent leur avis particulier comme s'ils étaient autant d'acteurs. Mais, chez Eschyle même, il est extrêmement rare que les choreutes expriment individuellement, et dans la forme du dialogue, leurs opinions relativement k un personnage de la scène. Quand le chœur manifeste son sentiment, il le fait par la bouche de son chef, et il y a, en général, dans les paroles de celui-ci, une sagesse calme qui s'accommoderait peu d une forme vive et passionnée.

A l'origine , le mètre employé dans les stichomythies fut le tétramètre trochaïque. Les belles œuvres de l'art tragique qui nous ont été conservées ne présentent cette sorte de mesure que dans les passages animés d'une vive passion; il est même des tragédies entières où on ne la trouve point. La tragédie des Perses d'Eschyle, probablement la plus ancienne que nous possédions, est aussi celle qui renferme le plus de parties trochaïques. Le trimètre ïambtque, ce vers créé par Archiloque pour en faire une arme de colère et de satire, devint, grâce aux changements ingénieux qu'on lui fit subir sans en altérer le caractère fondamental , la forme métrique la meilleure pour le discours énergique, vif et pourtant réfléchi, quand on négligea Ja forme trochaïque, et l'on en usa fréquemment dans les stichomythies.

La stichomythie a été étudiée par Ottfried Millier, dans son Histoire de la littérature grecque, et plus spécialement par M. Henri SVeil, dans le Journal de l'instruction publinue (1860, no» 24, 25 et 26).

ST1CHOPE s. m. (sti-ko-pe — du gr. stichos, nttig; pous, pied). Echin. Genre d'échinodenues, du groupe des holothurides.

STICHOPHORE s. m. (sti-ko-fo-re — du gr. stichos, rang ;phoros. qui porte). Zooph. Genre de polypes, du groupe des actinies,

STICHOPORE s. f. (sti-ko-po-re — du gr. stichos, rangée, et de spore). Zool. Genre d'escharoïiles. V. IiSchariuN.

STICHOSTÈGUE adj. (sti-ko-stè-ghe — du gr. stichos, rang; siégé, toit). Forain. Qui a les loges disposées eu files ou rangées régulières.

— s. m. pi. Ordre de foraminifères, com-

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prenant les genres dont la coquille a des loges disposées en files régulières.

Stichus, comédie de Plaute, une de celles où le comique latin a donné le pins complètement carrière à sa verve bouffonne. Elle fut représentée vers 210 av. J.-C. Le début de la pièce est gracieux et semble promettre un de ces drames familiers où Térence excelle. Deux jeunes femmes, Panegyris et Pinacium, parlent de l'absence de leurs époux, qui, partis depuis trois ans pour aller refaire au loin leur fortune, n'ont pas donné signe de vie pendant ce long intervalle. Elles s'entretiennent du dessein que leur père Antiphon a. formé de faire prononcer leur divorce et de leur donner de nouveaux maris ; Panegyris, bien qu'elle n'ait cessé d'aimer Epi-

fnome, son mari, parait assez décidée à céer aux volontés paternelles, t Quoi 1 lui dit Finaeium, sa sœur, femme de Pamphilippe, es-tu fâchée, parce qu'ils ne font pas leur devoir, de faire le tien? » Anliphon, qui survient, essaye de décider ses filles a oublier les absents. » Je ne souffrirai pas, leur dit-il, que vous ayez des mendiants pour maris! — Mon mendiant me plaît comme un roi plaît à sa reine, » répond admirablement Pinacium. L'entretien se continue sur ce ton noble et touchant. Il semble que Plaute va enfin dans cette pièce mettre sous nos yeux ce qu'il fait si rarement, l'intérieur de la maison romaine et les plus délicates scènes de famille. Mais, tout à coup, le tableau change, et la bouffonnerie apparaît sous les traits du parasite Gelasime, une des plus amusantes créations du grand comique. Voici comment le parasite entre en scène : « Je soupçonne que j'ai pour mère la faim, car jamais, depuis ma naissance, je n'ai pu me rassasier, et personne ne témoignera autant de reconnaissance à sa mère que je n'en ai témoigné à la mienne, bien à mon corps défendant , car elle me porta dix mois dans son sein; moi, dans mon ventre, je la porte depuis plus de dix ans... Les douleurs de mes entrailles renaissent tous les jours sans que je puisse accoucher de ma mère. » Et il met aux enchères tous ses petits talents, propos risibles, quolibets, flatteries : o Qui veut acheter un parasite vide pour y déposer les restes? »

Mais voici que Dinacion, l'esclave de Panegyris, vient annoncer à sa maîtresse le retour d'Epignome; il enveloppe cette. nouvelle d'un emphatique préambule et de recommandations bouffonnes :

• Apportez ici des balais avec le boussoir, que je détruise tout ce travail des araignées, que je déclare non recevables leurs tissus, que je mette à bas toutes leurs toiles. Gelasimk. Les pauvrettes auront froid.

Dinacion. Penses-tu qu'elles soient comme toi, qu'elles n'aient qu un seul habit? »

Enfin parait Epignome lui-même et, bientôt après, son frère Pamphilippe. Antiphon,. qui les traitait naguère de mendiants, n'a pas assez de cajoleries pour eux, car ils rapportent au logis la richesse, d'habiles esclaves et de belles joueuses de lyre. Le vieillard a déjà jeté son dévolu sur l'une de ces dernières et il essaye de faire comprendre à son gendre son caprice sénile par un apologue : « Il y avait autrefois, lui dit-il, un vieillard, comme je suis, qui avait deux filles, comme celles que j'ai, mariées à. deux frères. Le plus jeune avait une joueuse de lyre qu'il avait amenée des pays étrangers, comme toi. Et le vieillard, qui était célibataire, comme je suis à présent, lui dit, comme je te dis maintenant : > Il me semble juste que tu me • donnes une compagne pour passer la nuit i avec moi. » Pamphilippe laisse espérer la chose au vieillard sans rien lui promettre positivement. Puis les deux frères s'amusent aux dépens du parasite qui, berné partout, veut se pendre pour échapper à la honte de mourir de faim. Enfin parait celui qui donne son nom à la pièce, Stichus, l'esclave d'Epignome, qui a obtenu de son maître congé pour toute la nuit et qui a résolu de remployer tout entière à boire avec Sagarmus, esclave de Pamphilippe, et Stéphanie, leur maîtresse commune. Il entre, tenant une cruche de vin : « 0 dieux immortels, que de plaisirs je porte là 1 que de bons rires, que de saillies, que de baisers, que de danses, de caresses, d'aimables empressements 1 » Et les voilà aussitôt attablés, partageant amicalement les caresses de Stéphanie et célébrant dans une suite de couplets très-amusants les agréments de cette camaraderie. A la fin, les deux esclaves tirent de force sur la scène le joueur de lyre, l'obligent à boire de compagnie, puis à leur jouer des airs de danse lascifs. Ainsi se«termine cette comédie, qui n'a en réalité qu'une ébauche d'intrigue et point du tout de dénoùment. Elle commence par des peintures graves et chastes, où le poète montre toutes les délicatesses de son génie, et se termine par une scène d'orgie, où Plaute a l'occasion de produire toute sa verve plaisante et licencieuse. «Le Stichus, dit spirituellement M. Naudet, le traducteur de Plaute, pouvait être une école de vertus conjugales; l'auteur semble en avoir voulu faire le triomphe de la gastronomie. > Après les trois premières scènes, en effet, ce ne sont que festins ou projets de festins, et le dernier mot de la pièce, mia dans la bouche de Stichus, est : « Vous, spectateurs, applaudissez, et allez chez vou9 faire bombance 1 i STICK s. m. (stik — mot angl.). Badine ; pe-

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tite canne flexible qu'on porte, non pour s'appuyer, mais pour se donner un maintien : Gentilshommes de bon aloi, vicomtes de contrebande, tiers d'agents de change, coulissiers, journalistes, étalaient à gui mieux mieux les splendeurs de leurs cache-nez tunisiens, de leurs sticks et de leurs puros. (X. de Montépin,)

Voici leur troupe frivole Qui s'envole

Cigare aux dents, stick en main.

Th. de Banville. STICOTT1 (Antonio), auteur dramatique et comédien italien, mort en Prusse en 1772. On ignore les particularités de son existence ; on sait seulement qu'après avoir figuré sur les scènes de Paris il passa en Prusse à la cour de Frédéric IL On a imprimé de lui, leplus souvent sous le voile de l'anonyme, des parodies à'Alys, de Roland, de Mérope , d'Amadis; les Ennuis de Thalie , les Noms changes, les Faux devins, comédies ; Alsaïde, tragédie ; Y Art du théâtre (Berlin, 1760, in-s°); Œuvres d'un paresseux bel esprit (Berlin, 1760, in -S») ; Dictionnaire des passions, des vertus et des vices (Paris, 1769) ; Dictionnaire des gens du monde (Paris, 1770, 5 vol. in-8°).

ST1CTE s. f. (sti-kte — du gr. stiktos, ponctué). Bot. Genre de lichens, de la tribu des parméliées , comprenant un grand nombre d'espèces, qui croissent sur les rochers et le tronc des arbres, et dont une dizaine se trouve en Europe.

— Encycl. Les sliclcs sont caractérisées par une fronde (ou thalle) membraneuse, cartilagineuse ou coriace , foliacée , lurgement lobée, velue en dessous et munie de sporidies en forme de taches ; des apothécies arrondies, un peu épaisses, appliquées sur la fronde, fixées au centre et libres vers les bords, à marge s'élevant au-dessus du disque ; la lame prolifère lisse. On distingue aisément ce genre de lichens de tous les autres par la présence de petites cavités glabres, blanches, au milieu du duvet de la face inférieure; mais ce caractère n'est visible qu'à la loupe. Les stictes exhalent d'ailleurs une odeur forte, plus ou moins désagréable, souvent fétide. Ce genre comprend de nombreuses espèces. La sticte pulmonacée, vulgairement pulmonaire de chêne, a eu quelque réputation en médecine, comme béchique et pectorale ; on l'emploie encore, dans le Nord, pour la fabrication de la bière.

STICTÉ, ÉE adj. (sti-kté — rad. stictis). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au stictis.

— s. m. pi. Groupe de champignons, de la tribu des cyathidés, ayant pour type le genre stictis.

ST1CTIQUE adj. (sti-kti-ke — du gr. stiktos, ponctué). Hist. nat, Qui est ponctué.

— Chim. Acide stictique, Acide amer qu'on trouve associé avec la cétrarine.

STICTIS s. m. (sti-ktiss — du gr. stiktos, ponctué). Bot. Genre de champignons épiphytes, de la tribu des cyathidés, type du groupe des stictés.

STICTOPÉTALE adj. (sti-kto-pé-ta-le — du gr. stiktos, ponctué, et de pétale). Bot. Qui a des pétales ponctués.

STIEFEL ou STIFEL (Michel), en latin Siifelin*, mathématicien allemand, né à Ësslingen (Saxe) en i486, mort à léna en 1567. Il était moine dans l'ordre des augustins, lorsqu'il se convertit au protestantisme, se fit pasteur et exerça successivement son ministère en Saxe, en Autriche et en Prusse. Stiefel, après avoir combiné les lettres numérales de certains passages de la Bible, annonça la fin du monde pour L'année 1533. Des naïfs, qui avaient cru à cette prédiction et avaient agi en conséquence, furieux d'avoir été trompés, s'emparèrent de Stiel'el et le conduisirent dans la prison de Wittemberg j mais Luther le fit relâcher. Malgré ses mécomptes, Stiefel n'en continua pas moins, jusqu'à la fin de sa vie, à croire que la fin du monde était proche. C'était un mathématicien très-distingué, qui, le premier, dit-on, se servit des signes -f- et — pour désigner plus et moins et employa les lettres de l^lphabet pour exprimer les quantités inconnues. Stieffd est principalement connu par son Arilhmetica intégra (Nuremberg, 1544, in-4»), dans laquelle on a voulu voir l'invention des logarithmes. Il est vrai qu'il y compare les progressions arithmétique et géométrique, comme nous le faisons aujourd'hui, et qu'il constate la relation fondamentale qui sert de base à la théorie des logarithmes; mais il n'a pas eu l'idée de compléter les deux progressions par l'insertion de moyens en nombre illimité, et il ne songea d'ailleurs aucunement à faire servir sa remarque à l'établissement d'un nouveau mode de calcul arithmétique. Il supprima à regret, ditil, plusieurs autres propriétés du système des deux progressions comparées , suppression qui prouve que l'auteur n'avait pas entrevu la révolution qu'allait susciter Neper. Outre cet ouvrage, on a de lui, en allemand : Trèsmerveilleux calcul de mots avec quelques nombres indicateurs de Daniel et de TApocalypse de saint Jean (1553) ; un Traité d'algèbre et un poème sur la Doctrine de Luther.

STIEGLITZ (Chrétien-Louis), esthéticien et poète allemand, né à Leipzig en 1756, mort en J836. Il commença à l'université de sa

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ville natals l'étude de la jurisprudence, mais y renonça bientôt pour se livrer à celle du dessin et de l'architecture. Elu, en 1792, membre du conseil municîpalde Leipzig, il y devint successivement juge urbain (1801), architecte (1804) et proconsul (1823). Parmi ses écrits relatifs aux beaux-arts, il faut mentionner : Essai sur l'architecture (léna, 1786) ; De l'emploi des grotesques et des arabesques (Leipzig, 1792); Histoire de l'architecture des anciens (Leipzig, 1792) ; Encyclopédie de l'architecture des anciens (Leipzig, 1792-1798, avec 118 gravures sur cuivre) ; Tableaux de jardins dessinés dans le goût moderne (Leipzig, 1795) ; l'Architecture des anciens, manuel pour les amis des arts (Leipzig, 1796) ; Archéologie de l'architecture des Grecs et des Romains (Weimar, 1801, 2 vol.); Dessins de la belle architecture (Leipzig, 1801); Essai d'un arrangement des collections de monnaies anciennes pour l'éclaircissement de l'histoire de l'art antique (Leipzig, 1809): Entretiens archéologiques (Leipzig, 1820); De l'ancienne architecture allemande (Leipzig, 1820); Histoire de l'architecture depuis les temps les plus anciens jusqu'aux temps modernes, le principal ouvrage de l'auteur (Nuremberg, 1827; 1836, 20 éJit.) ; Sur l'église de Saiute- Cunégonde, à Rochlitz (Leipzig, 1829); Documents pour l'histoire des progrès de l'architecture (Leipzig, 1834, 2 vol.), etc. Stieglitz avait débuté de bonne heure dans la poésie par ses Chants de guerre (1772), écrits au moment de l'explosion de la guerre de Ja succession de Bavière. On lui doit encote : Romances chevaleresques; Almanach pour l'année 1802; la Wariburg , poème en huit chants (1801) et la Légende du docteur Faust dans Y Almanach historique de Raumer (1834).

STIEGLITZ (Israël-Jean) , médecin allemand, né à Arolsen, dans la principauté de Waldeck, en 1767, mort en 1840. Il appartenait à une famille israélite et, après avoir étudié la philosophie à Berlin, suivit Ses cours de l'université de Gœttingue, où il fut reçu docteur en 1789. Il alla exercer la pratique de son art à Hanovre et, après sa conversion au protestantisme en 1800, devint successivement médecin de la cour (1802), premier médecin du roi (1806), conseilleraulique (1820) et conseiller supérieur médical (1832). On a de lui plusieurs ouvrages, dans lesquels il soumet à une critique aussi ingénieuse que profonde les idées médicales de son époque. Tels sont, entre autres, les suivants : Essai d'un examen et d'une amélioration du traitement employé actuellement pour la fièvre scarlatine (Hanovre, 1806) ; Du magnétisme animal (Hanovre, 1814) ; Recherches pathologiques (Hanovre, 1832,2 vol.); De l'homeeopathie (Hanovre, 1835).

STIEGLITZ (Louis, baron dk), cousin du précédent, fondateur et chef d'une célèbre maison de commerce et de banque à Saint- Pétersbourg, né à Arolsen en 1778, suivant d'autres en 1768, mort à Saint-Pétersbourg le 18 mars 1843. Il se rendit en Russie, y fit fortune dans le commerce et devint un des banquiers les plus puissants de l'empire. On lui doit la création de la ligne de paquebots à vapeur entre Lubeck et Saint-Pétersbourg. Il reçut du czar, en 1825, le titre de baron.

STIEGLITZ (Nicolas), frère du précédent, né à Arolsen en 1772 ou 1774, mort en 1837. Il vint en Russie comme son frère et fit fortune aussi. Entre autres distinctions, il reçut le titre de conseiller de la cour et fut anobli. Il fut directeur de la commission d'amortissement des dettes de l'Etat,

STIEGLITZ (Bernard), frère des précédents, né en 1774, mort en 1846. Il fonda une importante maison de commerce dans la Russie méridionale et reçut de l'empereur Nicolas ,1e titre de conseiller d'Etat.

STIEGLITZ (Henri), poëte allemand, neveu, des précédents, né à Arolsen en 1803, mort en 1849. Il alla suivre, en 1820, les cours de l'université de Gœttingue; mais la part qu'il prit aux agitations politiques de l'époque le força, bientôt aprèa, de quitter cette ville et de se rendre à Leipzig, où il commença des études de philologie, qu'il continua plus tard à Berlin. 11 obtint en 1828 un emploi à la bibliothè- ?ue de celte ville, y devint peu après proesseur au gymnase et s'y maria la même année. Stieglitz n'était pas satisfait de la position qu'il occupait; il craignait que son génie poétique ne fût annihilé par le travail presque mécanique auquel il était forcé de se livrer; d'un autre coté, ses œuvres, tout en obtenant beaucoup de succès, n'arrivaient pas à. la vogue qu'il avait rêvée. Sa femme estimait trop haut le talent de son mari et contribuait ainsi à entretenir en lui les idées mélancoliques auxquelles il était en proie. Stieglitz su démit enfin de sa chaire et parcourut, en 183», une partie de la Russie ; mais les distractions de ce voyage ne purent lui rendre ni la santé ni le Contentement. Mme Stieglitz résolut alors de mettre fin d'une manière violente à cette situation ; se figurant qu'un chagrin profond aurait pour effet de guérir la mélancolie de son mari, elle se donna elle-même la mort le 29 décembre 1834. Cet acte, inspiré par un dévouement qui touchait à la folie, excita une admiration et un attendrissement universels ; mais il n'eut pas le résultat qu'en espérait la victime volontaire : la verve poétique de Stieglitz fut éteinte, et il mena une vie errante u travers

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l'Allemagne et l'Italie, jusqu'au jour où il mourut du choléra à Venise.

Les Œuvres de Stieglitz décèlent un talent poétique des plus rares ; mais l'excentricité l'empêche toujours d'atteindre le but qu'il vise. Parmi ses premières productions, nous citerons : Poésies au meilleur des Grecs, en collaboration avec Ernest Grosse; Almanach des Muses de Berlin (1829), en collaboration avec plusieurs autres poètes; Tableaux Je l'Orient (Leipzig, 1831-1833), l'ouvrage dans lequel éclatent le plus ses facultés poétiques et qui renferme aussi plusieurs œuvres dramatiques, entre autres la tragédie intitulée : le Sultan Sélim III; Voix du temps en chansons (Leipzig, 1834, 2e édit.). Sa tragédie lyrique intitulée la Fêle de Bacchus (Berlin, 1836), qui avait été écrite avant la mort de sa femme, charme surtout par l'harmonie, la richesse et la variété des rhythmes. Après la mort de sa femme, il publia encore les ouvrages suivants : Salut à Berlin, songe de l'avenir (Leipzig, 1838), histoire versifiée, mais non poétique, de l'état littéraire de Berlin ; Salut de la montagne aux monts de Salzbourg, du Tyrol et de la Bavière (Munich, 1839) ; le Monténégro et les Monténégrins (Stuttgard, 1841); l'Jstrie et la Dalmalie (Stuttgard , 1845) ; Souvenirs de Rome (Munich, 1848). Son neveu, Louis Curtze, a encore publié récemment, d'après ses manuscrits : Lettres de Stieglitz à sa femme Charlotte (Leipzig; 1859, 2 vol.); Autobiographie de Stieqlitz (Gotha, 1865); Souvenirs à Charlotte (Marbourg, 1865), Les lettres et les impressions de voyage de sa femme avaient été réunies par Mundt sous ce titre : Charlotte Stieglitz, un monument (Berlin, 1835).

ST1ELER (Adolphe), géographe allemand, né à Gotha en 1775, mort en 1836. Il étudia le droit aux universités d'Iéna et de Gœttingue, obtint ensuite un emploi au département ministériel de sa ville natale et devint, en 1829, conseiller intime de régence. La science géographique lui est redevable de progrès importantset notamment d'améliorations fondamentales dans la cartographie. Son ouvrage le plus remarquable est V Atlas portatifqu'il publia de 1817 à 1823, en collaboration avec Reichard, chez Justus Perthes, à Gotha, et qui n'a pas cessé de tenir le premier rang parmi les ouvrages de ce genre, grâce aux modifications et aux additions qu'y ont faites successivement les meilleurs géographes allemands et, en dernier lieu, A. Petermann et H. Berghaus. A côté de cet ouvrage, il faut mentionner l'Atlas élémentaire de Stieler, qui, depuis 1851, obtient presque chaque année de nouvelles rééditions, ainsi que sa carte de l'Allemagne en vingt-cinq sections.

STIELER (Ch.-Jos.), peintre de portrait, né à Mayence en 1781, mort en 1858. Il apprit sans maître la peinture au pastel et en miniature et, eu 1805, apprit la peinture à l'huile sous Fuger, «Vienne. Il entreprit ensuite des voyages en Hongrie, en Pologne, en France, resta deux ans à Paris, puis se rendit à Rome, ou il peignit un grand tableau qui se trouve aujourd'hui dans l'église Saint-Léonard, à Munich, ville où Stieler vint se fixer en ISIS. Eu 1816, il fut appelé à Vienne et y peignit un portrait en pied de l'empereur François. Il alla plus tard habiter Munich. 11 a peint des portraits dans un grand nombre de villes d'Allemagne, On cite, entre autres, celui de Gcetlte dans la nouvelle pinacothèque de Munich, le portrait de Beethoven et la Famille de Maximilien, roi de Bavière.

ST1ENTA, bourg du royaume d'Italie, province de Rovigo, district et mandement d'occhiobello ; 2,699 mtb.

ST1ÉPAN ( Etienne-Siinéon karsowski , dit), orateur sacré et théologien russe, né en Pologne, à Léopol, mort à Moscou le 27 novembre 1722. Il fit ses éludes en Pologne, entra dans les ordres et alla, en 1700, k Moscou, où il obtint la faveur de Pierre le Grand. En 1701, il fut nommé métropolitain de Riazan et, en 1721, président du saint synode. Il a revisé, en 1712, les corrections faites à la Bible slavonne. On a de lui un ouvrage intitulé : ilocAer de 2a foi de l'Eglise orthodoxe catholique orientale, publie en 1728, et des Allocutions, discours religieux et sermons funèbres, publiés à Moscou, en

ST1EK (Guillaume), architecte allemand, né à Blonie, près de Varsovie, en 1799, mort à Berlin le 19 septembre 1856. D'une famille riche et aimant les arts, il reçut d'abord une brillante éducation littéraire et fut ensuite envoyé à l'Académie de Berlin. En 1821, après avoir reçu son diplôme d'architecte, il vint faire un séjour de quatre années à Paris et alla ensuite à Rome passer un laps de temps a peu près aussi long. Son érudition s'accrut et son goût s'épura dans ces voyages. Aussi, quand il revint à Berlin, vers 1828, fut-il aussitôt considéré comme l'un des architectes les plus savants de toute l'Allemagne. Quelques travaux exécutés d'après ses dessins, à Venise et à Vienne, avaient déjà, donné une grande idée de son talent, et la plupart des élèves dispersés dans les diverses écoles spéciales de l'Allemagne, vinrent se grouper autour de lui; ils formaient, tant ils étaient nombreux, une Borte de génération d'artistes fatigués des anciennes traditions et aspirant à un enseï-

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gnement nouveau. Guillaume Stier se mit à j fa tête de cette école naissante, qui, en se développant, prit le nom d'école dé Berlin. C'est k elle que l'on doit la physionomie toute moderne, toute parisienne de Berlin.

Les monuments construits sur les plans et dessins de Stier sont fort nombreux et en général très-remarquables. Citons, entre autres : le palais d'hiver de Saint-Pétersbourg, la cathédrale de Berlin, la Chambre de Pesth, etc. Ses dessins, plans et projet de YAtheneum, couronnés dans un concours provoqué par le roi de Bavière, Maximilien, n'ont pas été exécutés. Mais, à sa mort, sa famille les a publiés en album. La Bibliothèque nationale en possède un exemplaire que les jeunes architectes consultent uvec fruit.

STIERNH1ELM (George), savant suédois, né en 1598, mort en 1672. Après avoir fait de nombreuses excursions en Europe, pour augmenter ses connaissances, il revint se fixer h Stockholm et fut nommé conseiller militaire, puis directeur du collège d'antiquités. Ses principaux écrits sont : A/agcg Arameo- Gothicus (Upsal, in-4«); Lexicon vocubutorum antiquorum Gùtkicorum (Stockholm, 1643 , in-4°): Archimedes reformants (Stockholm, 1644, in-40) ; Poésies (Upsal, 1653, iu-4°); Promptuarium lingus sueo-gothics; Anticlaverius sive de originibus sueo-golhicis (Stockholm, 1C85, in-8°).

ST1ERNHOEK (Jean), jurisconsulte suédois, né dans la province de Dalécarlie en 1596, mort k Stockholm en 1675. Il professa le droit k Vesteras, à Upsal et k Abo, fut nommé membre de la cour de justice de cette dernière ville, puis conseiller de cour du roi de Suède, et fut investi de plusieurs fonctions importantes. Il a écrit un traité De jure Sueonum et Gothorum vetusto (Stockholm, 1672, in-40), et plusieurs autres ouvrages, dont les titres sont indiqués en détail dans la Biblioth. Sueo-GotA. de Stiennan (t. II, p. 538).

ST1EKNSKOLD (Nils-Gœransson), général suédois, mort en 1627. Il suivit en 1601 le roi Charles dans une expédition en Livonie et cembattit ensuite successivement en Hollande, clans l'armée de Maurice de Nassau, contre les Espagnols, et en Hongrie, dans l'année impériale, contre les Turcs. De retour en Suède, il suivit de nouveau le roi en Livonie, assista au siège de Riga et fut nommé maréchal de camp. Il fit ensuite la campagne de Russie et fut blessé au siège d'ivanogorod, puis il combattit contre les Danois. Après la paix conclue entre le Danemark et la Suède, il se rendit en Hollande pour y acheter une escadre et enrôler des matelots. A son retour, il dirigea les opérations de l'armée suédoise en Livonie et reprit les places de Diinamunde et de Pernau. En 1627, il commanda la flotte suédoise, attaqua devant Dnntzig une flotte russe plus considérable que la sienne et fut tué par un boulet au moment où, se voyant cerné par l'ennemi, il donnait l'ordre de mettre le feu aux poudres.

ST1ÉVENARD (Simon-Pierre), chanoine de Cambrai et théologien français du xvnie siècle, mort le 19 août 1735. Il fut secrétaire de Fénelon, fut nommé, en 1703, chanoine de Cambrai et publia plusieurs écrits théologique», consacrés les uns à défendre Fénelon contre les attaques de ses adversaires, les autres à confondre les jansénistes. On doit en outre à Stiévenard la. publication, en 1715, de V Instruction pastorale de Fénelon, en forme de dialogue, sur le système du jansénisme.

ST1ÉVENART (Jean-François), helléniste français, né à Commercy (Meuse) en 1794, mort ù Paris en 1860. Il étudia d'abord le droit, puis entra à l'Ecole normale, professa ensuite la littérature grecque à Strasbourg, puis à Dijon, où il devint professeur titulaire et doyen de la Faculté des lettres. On a de lui des traductions d'Horace, de Démoslhène et d'Eschine, de Tbéophraste; Examen de cinq comédies d'Aristophane (1848); Etude sur Eupolis (1850); Idée du théâtre de Ménandre et de la société athénienne (1856).

ST1FEL (Michel), géomètre allemand. V.

Stikfel.

Stifellio, opéra italien en trois actes, livret de Piave, musique de Verdi, représenté au grand Théûtre-Civique de Trieste, dans l'automne de 1850. Le rôle de Stifellio a été créé par Fraschini. Le sujet a été tiré d'un drame d'Emile Souvestre et de Bourgeois, intitulé Slifellius. Dans le livret italien, le drame, assez obscur du reste, met en scène le prêtre Stifellio. Il est marié à Lina. Sa femme est adultère. Stifellio la répudie, puis lui pardonne. C'est une pièce absurde, qui ne pouvait réussir même aveu la meilleure musique, surtout en Italie. L'ouverture se compose des principaux motifs empruntés à i'opéra lui-même. Les passages les plus saillants sont le finale du premier acte : Non solo ail' iniquo ; le quartetto : O eccesso inaudito, dont la phrase principale : Un uccento proferite, est fort- belle, et la cabaleue chantée par Stankur. Verdi, peu satisfait de l'accueil fait à sa partition, retira son œuvre, la remania entièrement et l'adapta k un autre livret, celui d'Arotdo. Cette seconde tentative ne réussit pas mieux que la première.

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• STIFFT (André-Joseph), médecin allemand, né en 1760, mort le 16 juin 1837. Il étudia la médecine à Vienne^ obtint en 1784 le grade de docteur, en 1796 le titre de médecin de la cour et en 1803 celui de médecin de l'empereur, titre qu'il conserva sous Ferdinand 1er. Il devint en même temps directeur des études médicales, premier médecin et président de la Facullé de Vienne. Il contribua aux réformes médicales qui eurent lieu en Autriche et fut l'un des principaux fondateurs de l'institul polytechnique de Vienne. En 1831, il contribua à faire supprimer les douanes et cordons sanitaires à l'aide desquels on croyait préserver les populations de l'Autriche du choléra. On a de lui : Traité de matière médicale pratique (Vienne, 1790 et 1792, 5 vol. in-8°) et quelques articles insérés dans les Annales médicales des Etats autrichiens, dont la publication a commencé en 1811.

ST1FTER (Adalbert), littérateur allemand, né à Oberplan, Bohème méridionale, en 1806, mort en 1SG3. Elevé k l'abbaye des bénédictins de Krems, il alla, en 1826, suivre les cours de droit à l'université de Vienne, mais il ne tarda pas à y renoncer pour étudier les sciences politiques, la philosophie, l'histoire, les mathématiques et les sciences naturelles. Après avoir été ensuite précepteur du prince Richard de Metternich, il fut nommé eu 1849 conseiller des écoles pour l'instruction publique dans la haute Autriche, k Linz, et remplit ces fonctions jusqu'en 1865, où l'état de sa santé le força de prendre sa retraite. On a de lui des poésies, telles que : Fleurs champêtres (1840); la Condor; Etudes (Pesth, 1844-1851, 6 vol.; 1867, 3 vol. 7» édit.), qui renferment, outre les pièces précédentes, un grand nombre d'autres poésies; Pierres bigarrées (Pesth, 1853, 2 vol.), uinsi que deux romans, VEté tardif (Pesth, 1857, 3 vol.) et Witiko (Pesth, 1865-1867, 3 vol.). Par la délicatesse aussi bien que par l'énergie de son style, Stifter se range parmi les meilleurs prosateurs de l'Allemagne, immédiatement au-dessous de Léopold Scheffer et de Jean- Paul Rtchter, et il sait mêler aux scènes de la vie réelle qu'il ruconte des peintures et des tableaux de la nature aussi imagés qu'originaux.

STIFTIA s. m. (sti-fti-a — de Stift, savant allera.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des mutisiées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Brésil.

STIGAND, archevêque de Cantorbéry, du xie siècle. Il fut nommé par le roi Edouard archevêque de Winchester. Ayant à opter en cette qualité entre Benoit X et Nicolas II, qui tous deux se prétendaient légitimes successeurs de saint Pierre, il se soumit à Benoît. Guillaume le Conquérant, s'étunt emparé de l'Angleterre, fit destituer Stigund par le concile de Winchester en 1070, comme coupable d'illégalités, de parjures, d'hoinicides, etc. L'Eglise catholique ayant rangé Nicolas II au nombre des papes, Stigand sa trouvait avoir obéi a un antipape et n'être qu'un évêque hérétique. Aussi les écrivains ecclésiastiques ne ménagent nullement ce prélat et le représentent comme un homme avide de cumuler des traitements et méprisable à tous les égards.

STIGEL (Jean), poète latin, né à Gotha ou à Friemar le 13 mai 1515, mort le 11 février 1562. Il rit ses humanités à Leipzig et à Wittemberg, acquit une grande renommée comme poète et devint l'ami de Mélanchtlion et de Luther. En 1547, il reçut la couronne de poète des mains de l'empereur, à Ratisbonne. La même année, il se rendit à Weiniar. L'année suivante, ii fut nommé professeur de l'académie qui venait d'être créée à léua. Parmi ses productions, on cite : Carmina (léna, 1660, 4 vol.). Goetlling a publié une Vie de Stiget (léna, 1858).

STIGLIAM (Thomas), poète italien, né k Matera, royaume de Naples, en 1545, mort à Rome en 1625. La première partie de son existence est restée dans l'omore ; le poste n'apparaît dans l'histoire littéraire qu'a partir de ses discussions avec Marini et Davila. Blessé en duel par ce dernier, il quitta Parme et se réfugia à Rome, où il se fit de puissants protecteurs, le cardinal Scipiou Borghèse, le duc de liracciano et le prince de Gallieano. On doit à Stigliani ; Rime (Venise, 1001, iu-16); Il Mondo nuovo (Plaisance, 1617, in-12j; Canzoniero (Rome, 1623, in-12); Dell' occhiule upera difen&iva (Venise, 1627, in-12) ; Arte del verso iiulitino (Rome, 1658, in-8°); Leitere (Rome, 1661, in-12),

STIGL1ANO, ville du royaume d'Italie, province de la Basilicate, district et à 40 kiloin. S.-O. de Matera, chef-lieu de mandement; 5,116 hab. Commerce d'excellent vin, huile et bestiaux.

ST1GLMAYER (Jean-Baptiste), célèbre fondeur allemand, né à FùrstenfeldbruL-k, près de Munich, le 18 octobre 1791, mort à Munich le 2 mars 1844. Placé par ses parents chez un orfèvre, il se iil remarquer pendant l'inspection des écoles du dimanche par Leprieur, directeur de la Monnaie. Celui-ci le lit entrer, en 1810, à l'académie (école) des beaux-arts et l'attacha, en 1814, comme graveur; à la Monnaie. Eu 1819, Siiglmayer fut envoyé en Italie pour y étudier la science du fondeur. Il y exécuta le buste du roi Louis 1er

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de Bavière, d'après le modèle de Thorwaldsen, puis le buste du sculpteur Haller. Ces travaux lui firent une grande réputation. De retour dans sa patrie en 1822, Stiglmayerfut

elucé en 1824 à la tête de la fonderie en ronze qui venait d'être créée. En 1826, il exécuta des candélabres de 14 pieds de haut, pour le monument de la constitution de Gatbucli. De 1829 à 1833, il fondit l'obélisque, de 100 pieds de haut et composé de quinze pièces, qui s'élève sur la place Caroline, k Munich. En 1835, il exécuta, d'après le modèle de Ruuch. le monument élevé à Munich en l'honneur de Maximilien I", et l'année suivante une statue équestre du grand-duc Maximilien, sur la place Wittelsbach, d'après Thorwaldsen. Il commença en 1836 ou en 1838 l'exécution de douze, suivant d'autres de quatorze statues colossales des princes de la Bavière, sur le modèle de Schwanthaler. Ces statues se trouvent dans la salle du trône du palais, à Munich. En 1839, il fondit, d'après Thorwaldsen, le monument de Schiller qui fut élevé sur la place du château, k Stuttgard. On lui doit encore les statues de Jean-Paul, k Baireuth ; de Mozart, à Salzbouig ; du margrave Frédéric de Brandebourg, k Erlangen, et du grand-duc Louis de Hesse-DarmstaJt, à Dartnstadt. Son ouvrage le plus gigantesque est une statue de la Bavière, d'après Schwanthaler, haute de 54 pieds et qui se trouve dans la salle de la Renommée, construite sur une colline, près de Munich. Le dernier ouvrage de Stiglmnyer fut une statue de Goethe à Francfort-sur-le- Mein.

STtgma s. m. (sti-gma). V. sti.

STIGMA1RE s. m. (sti-gmè-re — du gr.

sligma, marque). Bot. Genre de végétaux fossiles, de la famille des sigillariées, comprenant quelques espèces, qui se trouvent dans les terrains houillers.

STIGMANTHE s. m. (sti-gman-te — du gr.

sti-gma, tache ; anihos, fleur). Bot. Genre d'arbustes grimpants, de lu famille des rubiacées, tribu des cotféacées, dont l'espèce type croît en Cochinchine.

ST1GMAPHYLLE s. m. (sti-gma-fi-le — du gr. sligma, tache ; phullon, feuille). Bot. Genre d'arbustes grimpants, delà famille des malpighiacées, comprenant une cinquantaine d'espèces, qui croissent en Amérique.

STIGMARIAs. m. (sti-gma-ri-a). Bot. Syn.

de stigmàirh : Les STIGMArias sont des tiges cylindriques, quelquefois déprimées. (Ad, Brongniart.)

STIGMAROTE s. m. (sti-gma-ro-te — du lat. stigma, stigmate ;rota, roue). Bot. Arbre de la Cochinchine, peu connu, et rapporté avec doute k la famille des flacourtianées.

STIGMATAIRE adj. (sti-gma-tè-re — rad.

stigmate). Bot, Qui est marqué de points enfoncés.

STIGMATE s. m. (sti-gma- te — lat. stigma, gr. stigma, inarque que laisse le fer imprimé sur la peau des esclaves, proprement piqûre, du verbe stizô, estigmai, je pique, qui se rattache k une racine stig, piquer, qui a été trèsféconde dans les langues classiques : latin instigare, pousser, exciter, proprement piquer avec un aiguillon ; stimulus, aiguillon, stilus pour stiglus, aiguillon, poinçon; gothique ftilcan, piquer, allemand stechen, anglais ta stick, russe stegaiu, etc.). Antiq. rom. Marque qu'on faisait au bras des recrues.

— Cicatrice, marque durable que laisse une plaie : Il vient d'avoir la petite vérole; il en porte encore les stigmates. (Acad.) Les chameaux portent toutes les empreintes de la servitude et les stigmates de la douleur. (Buff.)

— Marque imprimée sur le corps, comme châtiment.

— Marque déshonorante, trace honteuse ou funeste : Les stigmates du vice. Au' nombre des stigmates que la guerre a laissés, il faut compter l'esclavage et l'aristocratie. (F. Bastiat.) O papauté! plaie toujours saignante de l'Italie, tu as empreint de siècle en siècle ton stigmate de sang, de fange et d'ignorance sur le front humilié de ta grande mère latine! (M1"* L. Colet.)

— Hist. relig. Nom donné aux marques semblables à celles des cinq plaies de Jésus, dont saint François d'Assise fut, d'après ia tradition catholique, marqué aux mains, aux pieds et à la poitrine, et k d'autres marques du même genre.

— Ichthyol. Poisson du genre persègue, qui vit dans l'Inde.

— Entom. Orifice extérieur des trachées ou tubes respiratoires des insectes, ordinairement marqué par une tache colorée.

— Bot. Organe spongieux qui se trouve à l'extrémité supérieure du style : Distinguer le stigmate d'avec te style est une chose facile dans ta plupart des /leurs. (P. Duehartre.) Vans les plantes, le stigmate est une des parties sexuelles. (V. de Boinare.) Il Petit mamelon qui surmonte les globules verdâtres qu'on observe dans l'iuvolucru des équisétums. || Pointe caduque qui termine la eoluraelle des mousses.

— Encycl. Physiol. végét. Le stigmate est un des organes les plus intéressants de la fleur femelle ; il forme une ouverture k l'extrémité supérieure du pistil et il a pour fonc-

STIft

tions: 1» de recevoir et de retenir les grains de pollen après leur sortie des étamines ; 2o de déterminer dans ces grains la formation et la sortie du boyau pollinique ; 3» de livrer passage k ce boyau et au liquide fécondant qu'il contient pour sa descente dans l'ovaire. Le stigmate retient le pollen au moyen de papilles dont sa surface est hérissée et par une matière visqueuse qu'il sécrète au moment de la fécondation. Il détermine la sortie du boyau pollinique par un gonflement graduel qu'il éprouve sous l'action du même liquide visqueux. Enfin il livre passage au boyau jusqu'à l'ovaire, tantôt en l'y poussant immédiatement, ce qui arrive quand il est sessile, tantôt en l'y transmettant par un tube plus ou moins long, qu'on appelle le style.

Les stigmates peuvent varier de forme ; tantôt ils ressemblent a des barbesde plume; c'est le stigmate ptumeux de la plupart des graminées. Souvent ils présentent autant de divisions qu'il y a de carpelles; ainsi le stigmate trilobé ou quinquéflde des campanules correspond à trois ou cinq loges. D'autres fois, les stigmates se soudent eux-mêmes en un seul corps, ou parfaitement uni, ou marqué d'autant de sillons superficiels qu'ii entre de stigmates partiels dans sa composition. On dit que le stigmate est en tête lorsqu'il est obtus et plus large que le style qu'il surmonte. Il peut être globuleux, hémisphérique, ovoïde, polyédrique, en massue. Dans le pavot, ie stigmate est pelté et sessile.

— Physiol. anim. Les stigmates, chez les insectes , sont ordinairement au nombre de ■deux paires, placées pour l'entrée et la sortie de l'air dans les trachées, de chaque côté du thorax. De ces deux paires, la première est située sur les côtés du prothorax et la seconde sur les côtés du mésothorax. Les stigmates thoraciques sont surtout caractérisés par deux espèces de volets mobiles qui s'opposent k la sortie île l'air au gré de l'insecte, et ces volets mobiles distinguent les stigmates thoraciques des stigmates abdominaux, qui ne sont formés que par des poils ou des cils croisés. Les stigmates du thorax sont nommés péritrèmes par Audouin, de péri tréma, autour du trou.

Pour l'abdomen, il y a, en général, autant de paires de stigmates qu'il y a de segments. C'est en appliquant de l'huile avec un pinceau sur les stigmates de la chenille, que Maipighi et Réaumur tranchèrent définitivement la question de la respiration des insectes. La chenille, privée d'air, tomba aussitôt en convulsions et mourut asphyxiée. Si l'on couvre d'huile las stigmates seulement de la partie antérieure du corps, cette partie est seule paralysée ; il en est de même pour les stigmates de la partie postérieure.

■ — Théol. Certains théologiens s'occupent beaucoup des stigmates et des stigmatisés. Il y en a même qui prétendent en uppuyer la réalité miraculeuse sur le témoignage de saint Paul disant aux Gulates : • Je porte sur mon corps les stigmates de Jésus-Christ. • C'est pousser loin, ce nous semble, la simplicité. Saint Pau!, fun>ant allusion aux coups de verges qu'il avait reçus pour avoir prêché l'Evangile de son maître, se glorifie des traces qu'il en conserve comme un soldat se glorifie de ses blessures. Ces théologiens distinguent les stigmates magiques (stigma maglcum), qui auraient le diable pour auteur et qui jouèrent un si grand rôle dans les procès des sorcières, et les stigmates miraculeux, qui devraient leur existence k une action immédiate de Dieu. Us citent, comme stigmatisés célèbres de cette dernière espèce, saint François d'Assise en tête, et, de nos jours, la fameuse religieuse d'Ulm, Anne-latherine Emmerich, et, plus récemment encore, Louise Lateau, dont nous raconterons plus loin l'histoire. Le phénomène consiste en ce que certaines parties- du corps, principalement les piedset les mains, portent des cicatrices représentant, dit-on, les plaies du Christ sur la croix, et surtout en ce que ces cicatrices s'ouvrent après des extases, deviennent semblables à une plaie vive et répandent du sang en plus ou moins grande abondance. Tholuck et Steflen ont soutenu que ces stigmates sont, chez les femmes, des suites naturelles de la suppression des menstrues. Le docteur Debreyne croit que ces extatiques font naître leurs stigmates en se grattant jusqu'au sang aux endroits des cinq pluies du Seigneur, dans desmoments d'exaltation telle qu'ils perdent conscience d'euxmêmes. MM. Mœhlar et A. Maury attribuent la stigmatisation à des haljjucinations ayant pour cause un excès de wystieLine. 11 est vrai qu'il parait k ces auteurs fort difficile d'expliquer la plaie matérielle par la seule influence de l'imagination ; mais en y ajoutant l'action matérielle souvent répétée des ongles, n'arrive-t-on pas k une explication plausible ? Pour nous, il ne nous parait nullement impossible que des plaies se cicatrisent et se ravivent sous l'influence d'uclions physiologico-pathologiques, jointes k celles d'une imagination délirante on de l'hystérisme élevé k son paroxysme. Eu tout cas, si l'on nous citait des faits avérés qui seraient inexplicables dans l'état présent de la science, nous répondrions en disant qu'il y a dans la nature beaucoup d'autres énigmes dont on est encore loin d avoirtrouvé le mot.

Pour l'édification des lecteurs du Grand

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Dictionnaire, nous allons rapporter maintenant l'histoire la plus récente des stigmatisées, dont le nom a fait, en 1875, beaucoup de bruit en Belgique :

Louise I.ateRU naquit le 30 janvier 1851), à Bois-d'Haine, petit village de 1,500 habitants, situé dans le populeux arrondissement de Charleroi, en Belgique. C'était la troisième fille d'un ouvrier d'usine, robuste et laborieux. A l'âge de trois mois, Louise fut atteinte de la variole, en même temps que son père, qui succomba après quelques jours de maladie, le 17 avril 1850. La veuve Lateau éleva ses trois enfants avec beaucoup de peine. Souvent, pendant l'hiver, la maison restait sans feu, et la faim s'y faisait sentir. La petite Louise arriva jusqu'à l'âge de huit ans sans offrir aucune particularité digne d'être notée. C'était une enfant frêle, chétive, souffreteuse, qu'on n'osait même pas envoyer à l'école. A peine eut-elle atteint sa onzième année, qu'on la plaça auprès d'une vieille femme impotente, pour faire ses commissions. On la jugea, par la suite, capable de recevoir un peu d'instruction, mais elle ne put suivre les leçons de l'institutrice du village que pendant cinq mois, au bout desquels elle avait appris avec peine un peu de cathéchisme, de lecture et d'écriture. Elle lit sa première communion à onze ans et fut aussitôt engagée comme domestique, ou plutôt comme garde-malade , chez une veuve Coulon,âgéedesoixame-dix-huitans, qui vivait à Manaye, à une demi-lieue de Boisd'Haine. Après la mort de celte femme, Louise fut dirigée sur Bruxelles, pour y soigner une dame malade. 0e là, elle enira en service dans une petite ferme de sa commune, d'où elle retourna bientôt chez sa mère pour se livrer, avec sa sœur aînée, à la profession de couturière et surtout pour s'adonner plus librement et plus complètement qu'elle n'avait pu le faire jusque-là à toutes les pratiques de la religion romaine.

Louise Lateau atteignit ainsi l'Age de seize ans.

Voici le portrait qu'en a tracé le docteur Hubert Boëns, de Charleroi, qui l'a longtemps observée: « Petite, blonde avec des yeux bleu clair, d'une expression nianse ; teint mat, légèrement coloré aux joues ; ligure ronde, joufflue ; dents d'un blanc laiteux ; démarche lente, aspect maladif. » Tout révélait donc en elle l'existence d'une santé faible et d'une constitution lymphatieo-serofuleuse. Dans le cours de l'année 1867, sa santé s'altéra de plus en plus. Klle devint tout à fait chlorotique. Dans cet état maladif, elle fut atteinte d'une angine grave qui rit craindre pour ses jours, mais dont elle guérit au bout de trois semaines, en conservant un appauvrissement du sang qui résista à toutes les médications du docteur Gonne, de Fayt. Un peu plus tard survinrent des névralgies multiples, rebelles, et des abcès ganglionnaires au creux de l'aisselle gauche, qui furentaccoinpagnés d'une éruption eczémateuse aux bras. La diathèse scrofuleuse se manifestait de toutes parts.

En 1SC8, vers le milieu du mois de mars, tous ces symptômes s'aggravèrent, et, de plus, l'appétit se perdit complètement. C'est alors que Louise rejeta pour la première fois une certaine quantité de sang par la bouche. Du 29 mars au 16 avril, ce phénomène se renouvela à diverses reprises. Evidemment c'était l'annonce d'une puberté difficile, laborieuse, avec perversion des fonctions utérines, 'c'est-à-dire d'une déviation de l'hémorragie cataméiiiale, fait assez commun chez les jeunes filles affligées d'une mauvaise constitution. Louise passa plus d'un mois dans ces tristes conditions, observant une diète complète et ne prenant que de l'eau et les médicaments toniques qui lui étaient prescrits. Elle arriva bientôt à. un tel degré de faiblesse, qu'on jugea bon de lui administrer les derniers sacrements de l'Eglise. M. le curé Niels l'administra le 15 avril. Ce jour-là et jusqu'au 18, elle prit du bouillon, du vin et suça un peu de viande. A partir de ce moment, elle seleva, et, le 21 du même mois, elle put se rendre à pied à l'église de sa commune, distante de sa demeure de 700 à 800 mètres. Les règles apparurent pour la première fois le 19 avril et durèrent àpeine deux jours. Elles furent suivies bientôt d'hémorragies cutanées supplémentaires qui se produisirent sur diverses parties du corps. C'est à ces hémorragies de la peau qu'on a donné le nom de stigmates.

La vue des écoulements sanguins frappa vivement l'imagination de la jeune malade. Elle redoubla de ferveur et n'eut bientôt plus d'autre préoccupation que d'imiter la passion de Jésus Christ.

Tous les vendredis, Louise fut prise d'accès d'hystérie dans lesquels elle simulait les scènes principales de la passion. Spasmes convulsifs, extase momentanée, écoulements de sang aux mains, au côté et au front, rien ne manquait à ces imitations grotesques. Au bout de quelques années, la christomane prétendit pouvoir vivre sans manger ni boire quoi que ce fût ; et, selon elle, au moment où nous écrivons cette biographie, il y a plus de quatre années qu'elle vivrait, circulant et travaillant dans sa maison et dans sa commune, menstruée tous les mois et perdant cimque semaine une centaine de grammes de sang par la peau, sans prendre aucune es- Siv.

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pèce d'aliments solides ou liquides, et sans éprouver ni satisfaire aucun besoin naturel. Les membres du clergé belge, sous les auspices du curé Niels, Savaient pas tardé de prendre au sérieux les manies de Louise Lateau. Bientôt M, Lefebvre, professeur à l'université de Louvain, fut envoyé à Boisd'Haîne avec la mission d'examiner ce sujet et d'en faire un rapport. En disciple fidèle et dévoué de l'Aima Mater, ce médecin, après avoir longuement exposé les faits et gestes de la jeune christomane, en vint à déclarer que la science ne pouvait les expliquer et qu'il fallait laisser aux théologiens la tâche d'interpréter « ces phénomènes extraordinaires qui côtoyaient le domaine du surnaturel. »

La réfutation du rapport complaisant de M. Lefebvre ne se fit pas attendre. Le docteur Hubert Boens publia, sous le titre: Louise Lateau, ou les Mystères de Boisd'Haine dévoilés, un travail assez étendu, qui eut un grand succès et dont il communiqua une analyse très-détaillée à l'Académie de médecine de Belgique, dans la séance du 27 juillet 1874. Il résulte des faits rapportés par M. Bc-gns que le clergé s'est opposé à ce que les hommes de science fussent admis à constater l'abstinence complète de Louise Laleau, sous prétexte que la liberté, la dignité humaine s'y opposaient. Quant au don de seconde vue et à la faculté divinatoire de Louise Lateau, une expérience a été faite par M. Schwann, ancien professeur de l'uni- ■ yersité, en présence de 1 évêquedeFournay, i de plusieurs chanoines et prêtres , et M. Schwann a déclaré que les facultés surnaturelles do cette fille étaient une invention ridicule. Sur le fait même des stigmates, il n'y a paseu d'observations directes, sérieuses ; on ne sait pas' comment les stigmates sont venus, car le récit de Louise Lateau et de sa sœur est nécessairement suspect ; on a le droit de soupçonner qu'ils sont provoqués par des pratiques artificielles. On ne peut donc qu'approuver le3 paroles suivantes, prononcées par M. Boens dp.vant l'Académie de Bruxelles: « Louise Lateau est une idiote si elle croit sincèrement à ses audacieuses allégations; elle est une fieffée menteuse si, prétendant qu'elle ne mange pas, elle sait qu'elle boit, mange et satisfait aux besoins naturels qui résultent de l'alimentation. •

STIGMATIDION s. m. (sti-gma-ti-di-on — rîimim. de stigmate). Bot, Genre de plantes cryptogames, de la famille des lichens.

STIGMATIFÈRE adj. (sti-gma-ti-fè-re — de stigmate, et du lat. fero, je porte). Bot. Qui porte le stigmate.

STIGMATIFORME adj. (sti-gma-ti-for-me

— de stigmate, et de formé). Hist. nat. Qui a la forme d'un stigmate.

STIGMATION s. m, (sti-gma-ti-on — rad.

stigmate). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentainères, de la tribu des clairones, dont l'espèce type habite l'Inde.

STIGMATIPHORE adj. (sti-gma-ti-fo-re — de stigmate, et du gr. pltoros, qui porte). Bot. Qui porte des stigmates.

STIGMATIQUE adj. (sti-gma-ti-ke — rad. stigmate). Bot. Qui appartient on qui se rapporte au stigmate : Le râle des papilles stigmatiques est de retenir le pollen. (Vilmorin.)

STIGMATISATIONS, f. (sti-gma-ti-za-si-on

— rad. stigmatiser). Action de stigmatiser; résultat de cette action.

STIGMATISÉ , ÉE (sti-gma-ti-zé) part, passé du v. Stigmatiser. Marqué de stigmates : On représente saint François stigmatisé aux pieds, aux mnins et au côté. (Acad.)

— Fig. Noté d'infamie : Il est demeuré stigmatisé par la honte de cette méchante action.

— Substantîv. Personne qui est ou se prétend marquée de stigmates semblables aux plaies qu'on représente sur le corps de Jésus : Louise Lateau, la stigmatisée belge.

STIGMATISER v. a. ou tr. (sti-gma-ti-zé — rad. stigmate). Marquer de stigmates : On stigmatisait autrefois les esclaves fugitifs. (Aead.)

— Imprimer des cicatrices, des traces sur : La petite vérole I'a. stigmatisé.

— Fig. Imprimer une flétrissure, un blâme public sur : On l'*. cruellement stigmatisé dans ce pamphlet, dans celte satire. (Acad.) Personne m'a stigmatisé peut-être avec plus d'énergie que l'écrioain français la manie de l'empanachage. (Toussenel.) Il Marquer d'une note d'infumie, imprimer un souvenir de honte sur : Les vices les plus honteux ont stigmatisé son front.

STIGMATOCÛQUE s. m. (sti-gma-to-koke

— du gr. sligma, marque; kokkas, grain). Bot. Genre d'arbustes, rapporté avec doute à la famille des solanées, et dont l'espèce type croit au Brésil.

STIGMATOGRAFHIEs. f. (sti-gma-to-gra-fi

— du gr. sligma, marque; graphe, j'écris). Art d'écrire avec des points. Il Peu usité.

STIGMATÛGRAPHIQUE adj. (sti-gma-togra-fi-ke — rad. atigmatographie). Qui a rapport à la stigmalographie : Méthode sti-

GMATOGRAPHIQUË.

ST1GMATOPHORE adj. (sti-gma-to-fo-re

— du gr. siigma, inarque ; phoros, qui porte). Hist. nat. Qui porto des trous.

STIL

— s. m. Bot. Partie du pistil qui porte le stigmate.

STIGMATOPHYLLE s. m. (sti-gma-to-fi-Ie

— de stigmate, et du gr. phullon, feuille). Bot. Genre d'arbrisseaux, grimpants, de la famille des malpighiacées, tribu des notoptérygiées, dont l'espèce type croit dans l'Amérique du Sud.

STIGMATOPNÉ, ÉE adj. (sti-^ma-to-pné

— de stigmate, et du gr. pneo, je respire). Zpol. Qui respire par des stigmates.

STIGMATOSTÉMONE s. m. (sti-gma-tosté-mo-ne — du gr. sligma, stigmate ; slêmân, étamine). Bot. Dontles étamines sont implantées sur les stigmates.

STIGMATOTHÈQUE S. m. (sti-gma-tolè-ke — de stigmate, et du gr. thêkè, étui). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des sénécionées, formé aux dépens des chrysanthèmes, et comprenant deux espèces, qui croissent à Madère.

STIGMATOTRACHÈLE S. m. (sti-gma-totra-kè-le — de stigmate, et du gr. trachêlos, cou). Entoin. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des brachidérides , comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitant Madagascar.

STIGMÉ s. m. (sti-gme — du gr. sligma, marque). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la tribu des crabronides.

STIGMÉE s. m. (sti-gmé — du gr. sligma, stigmate). Arachri. Genre d'arachnides, de l'ordre des aearides, famille des rhyneholophides, réuni par plusieurs auteurs aux rhyncholophes.

— s. f. Bot. Genre de champignons, de la tribu des sphériacées.

STIGMELLE s. f. (sti-gmè-le — diinin. du gr. stigma, tache). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tinéites.

— Bot. Genre de champignons, de la section des sphéronémés.

ST1GMODÈRE s. ni. (sti-gmo-dè-re — du gr. stigma, marque; dêrê, cou). Entom.

Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des sternoxes, tribu des buprestides, comprenant plus de cinquante espèces, qui habitent l'Australie.

STIGMONYME s. m. (sti-gmo-ni-me — gr.

stigma, point; onuma, nom). Bibliogr. Nom d'auteur remplacé par des points.

STIGMULE s. m. (sti-gmu-le — dimin. du gr. stigma, stigmate). Bot. Chacune des divisions d'un stigmate.

STIGONÈME s. m. (sti-go-nè-me — du gr.

stigôn, flétri; nêma, filament). Bot. Genre d'algues terrestres, rangé par quelques auteurs parmi les lichens, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent sur les rochers humides ou fréquemment, arrosés : Les stiqonèmes forment des touffes de filaments bruns. (Brébisson.)

STILAGE s. m. (sti-la-je). Bot, Genre de plantes, de la famille des antidesmées, ou type de celle des stilaginées, formé aux dépens des antidesmes.

STILAGINÉ, ÉE adj. (sti-la-ji-né — rad.

stilage). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au stilage.

— s. f. pi. Syn. d'ANTiDESMÉES, famille de plantes dicotylédones, comprenant les genres antidesme et stilage.

ST1LAGO s. m. (sti-la-go). Bot. Syn. de stilagh.

STILBE s. m. (stil-be — du gr.siïtté", éclat). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, do la famille des chrysidiens, comprenant plusieurs espèces, qui habitent les régions chaudes du globe : La stilbk splendide se trouve dans le midi de la France. (H. Lucas.)

— Bot. Genre d'arbrisseaux, type de la famille des stilbinées, originaire du Cap de Bonne-Espérance, il Genre de champignons épiphytes, de la tribu des sarcopsidés.

STILBÉ s. m. (stil-bé). Bot. Syn. de

STILBli.

STILBÈNE s. m. (stil-bè-ne — dugr.^iïftd je brille). Chim. Nom donné à un hydrocarbure dont la formule est double de celle du benzylène. Il On l'appelle plus rarement ay-

DRURE DE STILBYLE et PICRAMVLE.

— Encycl. Le stilbène, hydrure de stilbyle ou picrainyle, est un hydrocarbure découvert par Laurent. Il répond à la formule Cl»Hi* qui le place, vis-à-vis des dibetizyles, dans là même position que l'éthylène vis-à-vis de l'hydrure d'éthyle. Le dibenzyle répond en effet à la formule

CIHin = 2(C7H7) = C1HI12 -f HS.

Laurent a obtenu lo stilbène en chauffant le sulfobenzoj CIISS. Ce composé, qui est solide, comme on sait, fond, dégage de l'acide sulfhydrique et du sulfure de carbone, et enfin, si ta température s'élève davantage du stilbène qui distille et qui cristallise ensuite en écailles, puis du thiouewal.

8CWS = 2CS» + 3H*S Sulfobeiizol. Sulfure Acida

<l3 aulfhy-

carbone. drique.

+ 2CH1112 4. C2GJit8s Stilbène. ThionewaL

STIL

Dans ces derniers temps, M.Wnrtz a obtenu le stilbène comme produit secondaire de la préparation de l'acide stilbhydrocarboxylique (v. ce mot) en faisant réagir le sodium sur un mélange de chloroxycarbonate d'éthyle et de chlorure de benzyle. Le produit renfermait du stilbène et du dibenzyle, outre l'acida stilbhydrocarboxylique. On conçoit la formation du dibenzyle par l'élimination de 1 molécule d'acide chlorhydrique aux dépens de 2 molécules de chlorure de benzyle C7H7C1 et par la réduction, au moyen du'sodium,du dibenzyle chloré ainsi produit. Quant au stilbène, il se formerait par l'élimination pure et simple de 2 molécules d'acide chlorhydrique aux dépens de 2 molécules de chlorure de benzyle. 2 molécules de ce chlorure, C7H?C1, donnent en effet Ci*Hl*Cl*, et par suite

CltHlï, si on leur fait perdre deux fois HC1, c'est-àdire H2CI2. C'est là toutefois un simple modo de formation du stilbène qu'il importe de connaître ; mais, comme mode de préparation de cet hydrocarbure, c'est toujours au procédé adopté par Laurent qu'on a recours, parce que c'est celui qui fournit le produit le plus abondamment et de la manière la moins compliquée.

Pour purifier le stilbène, on fait bouillir avec de l'alcool les premières portions du produit distillé; on filtre le liquide pour séparer le thionewal qui refuse (te se dissoudre ou à peu prés, et l'on abandonne le liquide au refroidissement. Le stilbène se dénose alors en cristaux, qu'on fait reeristulliser dans l'éther.

On peut encore retirer le stilbène du produit brut qui résulte de l'action du stilfhydrate d'ammonium sur l'essence d'amandes amères, ces substances étant abandonnées en contact pendant deux ou trois semaines.

Le stilbène cristallise en plaques incolores qui appartiennent au système monoclinique. Ses cristaux se réunissent généralement par les angles aigus des rhomboèdres. L'alcool froid dissout fort peu le stilbène; l'alcool chaud le dissout modérément; l'éther le dissout mieux encore. Cet hydrocarbure fonda quelques degrés au-dessus de 100°, bout à 202O environ et distille entièrement sans subir la moindre altération. Sa densité de vapeur est égiile à S,i.

Le stilbène se dissout dans l'acide sulfurique fumant à une température modérée, et la liqueur, étendue d'eau et saturée par le carbonate de baryum, donne un sel solublo dérivé d'un acide sulfoconjugué. Cet hydrocarbure n'est point décomposé par les solutions étendues d'acide chromique; mais les sslutions concentrées du même réactif agissent sur lui avec violence, sous l'influence de la chaleur, et le convertissent en aldéhyde benzoïque C'H^O. Avec l'acide azotique bouillant, il donne plusieurs produits, parmi lesquels on remarque le nitroitilbéne

Ci*H«(AzO»), lequel est une substance résineuse jaune, et l'acide ritrostilbique, poudre jaunâtre, presque insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, plus soluble dans l'éther dont la formula parait être Ct4H9(Az02)0\2H20.

Lorsque le chlore gazeux est dirigé sur du stilbène en fusion, il se forme deux composés isomériques : le chlorure de stilbyle et d'hydrogène, ou plutôt le dichlorure de stilbène que l'on écrivait autrefois CIWCl.HUl, et que nous écrivons CUH,2CI2, et un autre corps de même formule, que l'on nommait chlorure de sdlbène , pour le distinguer du chlorure de stilbyle et d'hydrogène. Nou3 préférons désigner ces deux oorps sous les noms de chlorure de stilbène a. et de chlorure de stilbène p. Ces deux composés sont cristallins. L'un d'eux est peu soluble dans l'éther et presque insoluble dans l'alcool bouillantl'autre, au contraire, est facilement soluble dans l'alcool et plus soluble encore dans l'éther. La potasse les résout, l'un comme l'autre, en deux chlorures de stilbyle isomères

C1*H"C1 et en chlorure de potassium. Ces chlorures de stilbyle, que nous préférons nommer chlorostilbènes, en suivant la nomenclature adoptée dans la série de l'éthylène, avaient reçu de Laurent les noms de chlorostilbase a et 0.

Les chlorosttlbènes o et p se combinent directement à 2 atomes de brome en donnant naissance a deux composés isomères CHimciBi-s,

qui tous deux se dissolvent dans l'éther et y cristallisent.

Lorsqu'on soumet le stilbène il l'action prolongée du chlore, il se dégage de l'acide chlorhydrique et il se forme du chlorure de stilbène chloré ou triclilorure de stilbyle

CUHHC13, absolument comme, lorsqu'on fait a"-ir le chlore sur l'éthylène. il se forme des dérivés de substitution du cliiorure d'ethylène.

Quand on verse du brome sur du stilbène il se forme une poudre blanche, insoluble* dans l'éther, qui consiste en bromure de stilbène Cl*H<2Bi2, que quelques auteurs appellent encore à tort bromure de stilbyle et d'hvdrogène CHH»Br,HBr. J

Il est probable qu'en substituant deux oxhydryles aux deux bromes dans le bromure de stilbène, on obtiendrait le glycot dibenzyliquo

C«Hi*0* = C«Hi*{22,

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dont la benzoïne C'WSO2 serait la première aldéhyde, et dont l'acide benzilique C1UU203 serait le premier acide.

Le stiibène fait partie d'une série d'hydrocarbures dont il est le seul terme actuellement connu.

STILBHYDROCARBOXYLIQUE adj. (stilbi-dro-kar-bo-ksi-li-ke — do stiibène, et de bydrocarboxylique). Chim. Se dit d'un acide produit par l'union de deux groupes benzyliques.

— Encycl. L'acide stilbhydroearboxylique C1BH>*0* a été récemment obtenu par M. Wurtz. Ce chimiste ayant précédemment obtenu de l'acide toluique normal en faisant agir le sodium sur un mélange de toluène monobromé et d'éther chloroxycarbonique, il avait espéré obtenir l'acide toluique « par une méthode semblable en substituant le chlorure de benzine au toluène monobromé. Son espoir a été déçu, et, au Jieu de l'acide toluique a c'est l'acide dibenzylcarboxyliqua , beaucoup plus complexe, qu'il a vu se former par 1 union des deux groupes benzyliques. Voici comment on opère pour préparer et pour isoler cet acide : on distribue entre deux matras à fond plat 250 grammes de chlorure de benzyle, 100 grammes d'éther carboxy carbonique et 100 grammes d'amalgame de sodium à 1 pour 100 de sodium. On surmonte chacun des matras d'un réfrigérant à reflux et on le chauffe ensuite dans un bain d'eau salée jusqu'à ce que la masse devienne complètement soluble.

La réaction terminée, on ajoute de l'eau, on décante le mercure et l'on agite le reste avec de l'éther. Ce dernier liquide se rend à la surface de l'eau et tient en solution le stilbhydroearboxylate d'éthyle dans la réaction. On décante cette couche éthérée, on en distille l'éther, on chauffe le résidu à 180° et on le saponifie en le chauffant avec une solution alcoolique de potasse. Quand on juge que la saponification doit être complète, on étend d'eau la liqueur, on en chasse l'alcool par l'ébullition, on la laisse refroidir et on y ajoute un excès d'acide chlorhydrique. Il se sépare alors une masse visqueuse, insoluble dans l'eau, qui renferme un nouvel acide. Pour en retirer ce dernier, on épuise la masse dont il s'agit par une grande quantité d'eau bouillante. La solution aqueuse, abandonnée au refroidissement, se trouble et abandonne dans l'espace de vingt-quatre heures des cristaux en forme d'aiguilles qui constituant un nouvel acide. L'eau mère bouillie de nouveau avec le résidu visqueux lui enlève une seconde quantité d'acide qui cristallise au bout de quelque temps. Ce traitement étant répété un certain nombre de fois, on finit par obtenir une certaine quantité d'acide que 1 on achève de purifier d'abord par une nouvelle cristallisation dans l'eau, ensuite par une nouvelle cristallisation dans l'alcool.

L'acide slilb/iydrocarboxylique ainsi obtenu est presque insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eau bouillante , très-soluble dans l'alcool et dans l'éther. Sa solution aqueuse bouillante se trouble par le refroidissement en déposant des gouttelettes qui finissent par se concréter en fines aiguilles. Il fond à 84°. Chauffé sur un verre de montre, il émet des vapeurs à la fois aromatiques et d'une saveur brûlante. Lorsqu'on le chauffe dans un tube, il se volatilise à unu température très-élevée et distille.

L'analyse de l'acide cristallisé a fourni de 79,17 à 79,74 de carbone et de 6,49 à 6,50 d'hydrogène. Ces nombres conduisent à la formule C'*H1*Oï, laquelle exigerait 79,64 de carbone et 6,19 d'hydrogène. L'équation suivante exprime la formation de cet acide :

ï(CWCl) + C0|gcsn5 + 3Na

Chlorure de Ether chloroxy- Sodium,

benzyie. carbonique.

= 3NaCl + H + CHI113,C02,C2H8

Clilorura Hyilro- Stilbhydrocarboxy-

de sodium. gène. Jate d'ëihyJe.

On voit que 2 molécules de chlorure de benzyle C6H6,CH2C1 s'unissent probablement eu perdant HC'l sous l'influence du sodium, et que le dibenzyle ou hydrure de stiibène chloré ainsi formé (CSCH&Oï), (C6H5,CI!C1) se convertit sous l'influence du sodium et de l'éther chloroxycarbonique en l'éther {CBH5CHÏ), (C0H5CH,CO2[C2H5]),

que M. Wurtz a nommé éther dibenzyloarboxylique parce qu'il provient du dibenzyle par la substitution du groupe C02H à l'hydrogène, exactement comme l'acide benzoïque provient de la benzine. A ce nom, nous avons substitué celui d'éther stilbhydrocarboxyligue, parce que l'hydrocarbure C1&H1* étant susceptible de réactions d'ensemble, il nous paraît plus rationnel de l'appeler hydrure de stiibène, d'après la nomenclature usuelle, que de l'appeler dibenzyle. Si ce dernier nom prévalait en effet, il faudrait appeler le corps connu sous les noms d'hydrure de butyle ou d'bydrure de butylène diéthyle, c'est-k-dire moditier notre nomenclature suivant une règle qui donnerait des noms très-compliqués pour les corps des séries supérieures.

L'interprétation de la réaction dont il s'agit repose, comme on le voit, sur la transformation du chlorure de benzine en hydrure de stiibène chloré dans les conditions indiquées.

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Il eût donc été intéressant de réaliser directement cette transformation. Malheureusement, M. Wurtz n'y est point parvenu ; il s'est assuré toutefois que le chlorure de benzyle perd de l'acide chlorhydrique quand on le chauffe à une température élevée. En outre, M. Wurtz a trouvé de l'hydrure de stiibène parmi les produits de l'action du sodium sur le mélange de chlorure de benzyle et d'éther chloroxycarbonique.

Les sels de 1 acide stilbhydroearboxylique ne montrent qu'une faible tendance a cristalliser. Celui de calcium est soluble et se couvre de pellicules pendant l'évaporatioti. Il renferme, à l'état sec, (C™Hi30î)2Ca". Le sel de plomb (Ct8H'302)Pb" est insoluble et s'obtient par double décomposition sous la forme d'un épais précipité. Il fonda 146°. Le sel d'urgent Cl!Hl'U*,Ag s'obtient de même par. une double décomposition sous la forme d'un précipité blanc.

Lorsqu'on distille du dibenzylcarboxylate de calcium avec son poids de chaux vive, il passe dans le récipient une masse cristalline, mélange de dibenzyle et de stiibène. On peut séparer ces deux hydrocarbures par des cristallisations. Le stiibène, de beaucoup le moins soluble, se dépose le premier sous la forme de lamelles rhomboïdales. Il fond entre 115° et 118". Sa formule est C^H'*. M. Wurtz a constaté l'identité de ce corps avec le stiibène de Laurent, non-seulement par la coïncidence des points de fusion, mais encore par l'analyse et par l'action du réactif de Fritz- Sehe, qui donne avec le stiibène des lamelles allongées, très-faciles à reconnaître au microscope, à leur forme et à leur couleur orangée.

Le dibenzyle a été obtenu sous forme de lamelles cristallines, fusibles entre 52°,5 et 53°, 5. Ce point de fusion est supérieur de 1<> à celui du dibenzyle pur; cette circonstance est due à la présence d'une trace de stiibène qui y a été découverte à l'aide du réactif de Fritzsche.

La formation de ces deux hydrocarbures est très-facile à expliquer. Le dibenzyle se forme par une perte pure et simple d'acide carbonique CO*, exactement comme la benzine se forme aux dépens de l'acide benzoïque. Quant au stiibène, sa formation est analogue U ce qui se passe lorsqu'on distille l'acide butyrique avec de la chaux. Ou sait en effet que, dans ce Cas, il Se forme du propylène au lieu d'hydrure de propyle. La cause en est dans l'oxydation partielle de l'hydrure de propyle, qui cède 2H à l'acide carbonique, lequel perd 1 atome d'oxygène et se transforme en oxyde de carbone. On peut expliquer de même que, dans la décomposition de 1 acide stilbhydrocarboxylique, la moitié de l'acide carbunique forme perd 1 atome d'oxygène, lequel enlève 211 à l'hydrure de stiibène pour le convertir en stiibène.

STILBIE s. f. (stil-bî— du gr. stilbe, éclat). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, delà tribu des orthosides, dont l'espèce type habite la France.

— Encycl. Les stilbies ont pour caractères : une tête grosse; des antennes ciliées ou à peine dentées chez le mâle, filiformes chez les femelles; les palpes courtes, écartées ; la trompe longue ; le corselet petit, arrondi, lisse; les ailes antérieures plus épaisses et plus étroites que les autres, en toit incliné dans le repos; l'abdomen grêle, cylindrique, terminé carrément chez les mâles, gros et en pointe chez les femelles. Les chenilles sont cylindriques, atténuées aux deux bouts, vertes ou brun grisâtre, avec des raies longitudinales d'un blanc jaunâtre ; elles vivent sur les graminées et deviennent des chrysalides relativement petites, placées en terre dans une loge ovoïde. La stilbie des étangs, qui compose à elle seule ce genre, a des caractères assez équivoques pour que les auteurs ne soient pas d'accord sur la place qu'elle doit occuper dans la classification. Eile habite le centre de la France, ainsi que diverses parties de l'Europe. Son envergure est de om,03. Le mâle a les ailes antérieures d'un gris cendré luisant, rayées et bordées de noir brunâtre , les postérieures d'un gris roussâtre pâle. La femelle se distingue par sa teinte générale plus foncée et surtout par ses ailes antérieures bien plus étroites et presque noires, comme par le volume énorme de son abdomen. File pond une vingtaine d'œufs, relativement très-gros, globuleux, un peu aplatis aux deux bouts et cannelés en longueur, d'un rose jaunâtre ; elle les dépose sur la terre, entre les herbes, mais sans les fixer à aucune de celles-ci. Les chenilles, qui présentent, suivant l'âge et les individus, de nombreuses variations de couleur, habitent les clairières des bois et se cantonnent dans certaines localités qu'elles paraissent affectionner particulièrement; elles vivent sur les graminées, se tiennent sur les feuilles les plus basses et se laissent tomber au moindre choc. Dans le repos, il leur arrive souvent de soulever et d'arrondir la partie antérieure du corps, en tenant la tête haute et en avant, au lieu de la replier sous le ventre; cette singulière habitude les fait aisément reconnaître. Eu février, parvenue à tout sou développement, elle s'enfonce dans le sol, où elle forme une petite cavité avec de la terre agglutinée, mais sans enveloppe soyeuse; là elle passe à l'état de chrysalide. L'insecte parfait en sort vers la lin de l'iUé ; il se tient le plus souvent

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dans les herbes, prés de la terre et voltige faiblement pour s'abattre presque aussitôt ; la femelle surtout, gênée par le poids de son abdomen, ne vole guère que pour pondre; le mâle seul s'élève assez haut sur les jeunes arbres; muis, en secouant ceux-ci, on le fait aisément tomber.

STILBINÉ, ÉE adj. (stil-bi-né— rad. stilbe). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au stilbe.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, comprenant les genres stilbe et eampylostachyde.

STILBITE s. f. (stil-bi-te — du gr. stilbe, je brille). Miner. Nom donné à plusieurs silicates naturels d'alumine et de bases protoxydées, qui sont tous doués d'un grand éclat : Stilbite desmine. Stilbite heulmidite. Stilbitk feuilletée.

— Encycl. «Sous le nom de slilbite, dit Delafosse, on a confondu plusieurs substances minérales, qui ont, comme les feldspaths et les micas, des caractères communs qui les rapprochent et en forment un groupe assez naturel. Elles ont toutes, en effet, un clivage fort net, joint a un éclat nacré des plus vifs ; elles offrent peu de différence sous le rapport de la dureté et de la densité; elles sont composées des mêmes éléments et présentent les mêmes circonstances da gisement. Cependant, on peut y reconnaître plusieurs espèces, dont la distinction repose sur des différences de forme et de composition rigoureusement appréciables. » Selon Bettdanc, ces espèces sont au nombre de cinq ; mais la plupart des autres minéralogistes n'en admettent que trois, savoir : la aesmine ou stilbite desmine, qui est la stilbite proprement dite; la heulandite ou stilbite heulandite, et l'épistilbite. V. ces mots.

STILBOSPORE s. m, (stil-bo-spo-re — du gr. stiibos, brillant, et de spore). Bot. Genre Ce champignons, de la tribu des sarcopsidés, comprenant plusieurs espèees, qui croissent sur les plantes mortes.

STILBYLE s. m. (stil-bi-le). Chim. Radicnl qui se trouve dans le stiibène.

— Encycl. Hydrure de stilbyle. V. stilbènb.

STIL-DE-GRAIN s. m, { stil-de-grain ).

Techn. Matière colorante jaune, fournie par les baies du nerprun tinctorial.

— Encycl. Le stil-de-grain est prépaie avec les fruits d'un nerprun, le nerprun des teinturiers , rkamnus frangula. Ces fruits, connus dans le commerce sous lo nom de graine d'Avignon, renferment une matière colorante jaune très-belle, mais qui, malheureusement, manque de solidité. Le stil-degrain s'obtient de la même manière que toutes les autres laques, c'est-à-dire en précipitant une décoction de graines par un mélange de craie et d'alun. Dans le commerce, le stil-degrain est le plus souvent falsifié; c'est alors un mélange de différents jaunes. D'ailleurs, quand il est bien fabriqué, c'est plutôt une teinture qu'un produit défini. Lorsqu'on emploie pour le préparer de la graine de Perse au lieu de graine d'Avignon, il est d'un jaune à la fois plus pur, plus éclatant et plus solide.

STILICON (Flavius), célèbre général et homme d'Etat romain, né vers le milieu du ive siècle, mis a mort en 408. Il était Vandale d'origine, et son père avait commandé, sous Valens, les troupes auxiliaires de la Germanie. Claudien, dans un panégyrique dont la sincérité est douteuse (De laudibus Stilichonis), puisqu'il fut composé du vivant même du tout-puissant ministre, trace de lui le portrait le plus brillant et lui accorde les plus éminentes qualités. Elevé à Rome, il manifesta dès l'enfance une vive intelligence, le goût des lettres et la passion des aimes. Distingué par Théodose, il s'attacha à la fortune de ce prince, qui le nomma ambassadeur auprès du roi de Perse (384), maître des milices, généralissime, patriee, et lui donna la main de sa nièce Serena. Théodose, en mourant (395), lui confia la tutelle de son (ils Honorius, héritier de l'empire d'Occident. Stilicon voulut étendre également son autorité de régent sur l'empire d'Orient, où dominait son ennemi Rulin, ministre d'Aroadius. Avant d'agir sur Constuntinople, il crut devoir s'assurer des barbares de la Germanie, soumit les peuplades belliqueuses des bords du Rhin jusqu'à l'Elbe, arrêta les brigandages des Saxons, dompta les Francs et porta la terreur de son nom jusque chez les Pietés de la Grande-Bretagne, qui redoutèrent un moment de lui voir franchir la mer. Rufin, épouvanté des succès de son rival et dans le but de lui fermer le chemin de Coustantinople, appela à son secours Alaric. Celui-ci dévastait la Grèce et l'illy rie et menaçait l'Italie, lorsque Slilicon le joignit en Thessalie. Il allait écraser les Goths, quand Rulin, par sa trahison, sauva les barbares d'une destruction complète. Lo tuteur d'Arcadius paya de sa vie ses intrigues avec Alaric. L'année suivante, Stilicon joignit les Wisigoths dans le Péiopouèse, les cerna et se croyait encore cette fois sûr d'exterminer ses ennemis, quand Eutrope, successeur de Rufin, lui arracha encore cette gloire. A son retour à Rome, le Vandale se vit accueilli par une accusation de trahison ; àConstantinoplc, Arcadius confisqua ses domaines, qu'il donna

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à Eufrope. Stilicon dut, pou après, réprime, en Afrique la révolte de Gildou, suscitée par Eutrope. Ambitieux et voulant conserver son autorité, il fit épouser, en 398, sa fille Mario à l'empereur Honorius, devint consul en 400 et entra en charge avec une grande pompe ; mais s'il était ambitieux, s'il se montra trop souvent avide, perfide et Cruel ; si on peut lui reprocher d'avoir, sur l'ordre de Théodose, fait brûler, en 399, ces fameux livres sibyllins dont la perte est vivement sentie par la critique de l'histoire, on ne saurait méconnaître, d'une part, qu'il fut le plus grand homme de guerre de son temps; de l'autre, qu'il fit de suprêmes efforts pour sauver l'empire romain de sa ruine. Il rendit au sénat une partie de son ancienne autorité, le consulta sur toutes les affaires graves, et, en prévision d'une attaque prochaine d'Alaric, il mit Rome en état de défense, en même temps qu'il constituait une armée capable de lui résister.

Cependant il fut victime d'une ruse d'Alaric. Après avoir poussé les populations du haut Danube à pénétrer en Rhétie, où les légions imuériules furent aussitôt expédiées, le Wisigoth envahit l'Italie dégarnie de troupes et marcha sur Milan. Stilicon partit en toute hâte pour la Rhétie, acheta à prix d'argent les barbares, qui passèrent sous ses ordres, et revint à leur tête atteindre, dans les champs de Pallencia, Alaric, qu'il défit (402). Trois ans plus tard, Stilicon écrasa une armée de Germains qui envahissait l'Italie sous les ordres de Radagaise. La fin de sa carrière approchait. Eu butte aux attaques des catholiques et des païens, il vit eontieciirrer et ruiner tous les projets qu'il formait pour prolonger l'existence de J'empire d'Occident. Les Alains, les Suèves et les Vandales ravagèrent la Gaule sans qu'il pût les en empêcher. En vain, pour parer à un nouvel envahissement des barbares, signa-t-il un traité avantageux avec Alaric, qu'il sut attacher à ses intérêts; Honorius, à l'instigation d'Olympius, ennemi déclaré de Stilicon, refusa de ratifier le traité. Quelques jours après, tous les fonctionnaires amis du Vandale étaient massacrés. Ses ennemis J'accusèrent auprès d'Honorius de conspirer pour le renverser et obtinrent un ordre de mort. Craignant justement pour les jours de leur général, les soldats auxiliaires accoururent auprès de Stilicon; mais celui-ci refusa leur aide, ne voulant point provoquer une guerre civile. Il attendit à Ravenne les envoyés de l'empereur et se livra lui-même au bourreau. Trois mois après, Alaric forçait les portes de Rome.

Nous reproduisons le jugement qu'a porté M. Amédée Thierry sur cet habile général :

« Ce dernier des Romains était Vandale. Il se crut Romain, il s'obstina à vouloir l'être en dépit de Rome ; ce fut son ambition, ce fut sa généreuse folie. Il lui rendit la paix intérieure, il restaura son sénat, il lui donna la gloire des armes, il lui donna la gloire des lettres, fit fleurir à sa couronne poétique un dernier laurier, et Rome Je repoussa tout en l'adulant. Il la sauva deux fois, comme pour la fléchir, et elle le repoussa toujours. Elle avait accueilli jadis avec empressement de moins grands services et de bien moindres renommées; mais elle devenait plus exclusive à mesure qu'elle vieillissait, semblable à ces nobles maisons qui s'ouvrent au mérite roturier dans la vigueur de leur puissance et se referment arrogamment quand elles ne sont plus rien et qu'elles passent de la réalité de la vie à la prétention des souvenirs. Au contraire, les barbares, que Slilicon avait reniés, s'obstinèrent à voir en lui un frère ; ils voulurent le sauver malgré lui; ils l'aimèrent, ils le pleurèrent. La politique qu'il essaya de fonder pouvait seule opérer sans secousse le passage de la société romaine à sa dernière et plus féconde transformation, celle qui devait donner naissance aux nations modernes. Après lui, il ne se trouva plus de barbare qui voulût abdiquer son origine et la force qu'il tirait d'elle au profit de cette société ingrate. Rome ren contra encore parmi les fils des Germains des admirateurs involontaires ou des protecteurs intéressés ; mais celte ambition d'être à elle, cet amour filial, cette abnégation passionnée de la barbarie, elle ne méritait plus de les revoir.».

Stilicon ( éloge dk) [De laudibus Slilichonis], poëme héroïque de Claudien (400 de l'ère moderne). Ce poème est divisé en trois livres et fut écrit à l'occasion du consulat de Stilicon, protecteur de Claudien. Pour chanter ce barbare, qui fut le dernier rempart uo Rome contre d'autres barbares, le poëca a retrouvé quelques-uns des accents héroïques de Lueain. Sa composition est malheureusement monotone; ses vers sont admirablement bien faits, au point de vue de la prosodie; la richesse du coloris, les ressources de l'imagination, qui trouvent sans cesse de nouvelles figures pour orner toujours le même thème, peuvent jusqu'à un certain point faire illusion; mais au tond cette poésie est vide. Le héros dont Claudien avait la vie sous les yeux méritait autre chose que de3 périodes sonores. On aurait pu s'attendre à ce que, se trouvant, par Un bonheur inespéré, en face d'un modèle digne ue son pinceau, il rencontrât des touches plus vigoureuses et plus brillantes. Il n'en fut rien. Le pli était pris; Claudien laissa

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échapper l'occasion de devenir poëte pour rester versificateur. Plus jaloux de plaire à l'oreille qu'à l'esprit et se souciant peu du mérite de l'invention, de la grandeur des idées et des caractères, il ne s'occupa que de la forme et ne s'attacha qu'à prouver qu'il excellait dans l'art d'ennoblir las plus petits détails par la pompe de l'expression. Faute de ;roût et de mesure, il n'atteignit qu'une fausse grandeur, et son éloquence dégénéra en enflure; aussi, malgré quelques expressions frappantes et des images heureuses, semblet-il prendre plaisir à aspirer à la monotonie. Stilicon méritait mieux ; car, tandis qu'il ne laissait ni trêve ni repos aux ennemis de l'empire, son chantre oubliait que Un style trop égal et toujours uniforme En vain brilleà nosyeux, il faut qu'il nous endorme.

Le poème de Claudien n'en est pas moins fort curieux à divers points de vue; les détails qu'il donne sur la cour d'Honorius, les intrigues dont elle était le foyer, les divers personnages qui v figuraient, offrent un véritable intérêt historique. Les défauts du style paraissent énormes si on compare l'Eloge de Stilicon à \' Enéide ou même à la P/iarsaie; mais si on songe qu'il écrivait au vc siècle, ù la veille du sac de Rome par Alaric, on lui sait gré d'avoir conservé a une époque de ténèbres et de barbarie un reflet de la grande époque des lettres latines.

L'Eloge de Stilicon a été traduit en excellente prose par M. Artaud, dans la Collection des classiques latins de Lemaire, et en vers médiocres par Dutheil (1832, in-8°).

STILI. Pour les mots qui commencent par ces lettres et qui ne se trouvent pas ici,

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