‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 683 sur 1059 · V. STYLI · texte numérisé non relu

V. STYLI

STILIFÈRE s. m. (sti-li-fè-re — du lat. stilus, style; fera, je porte). Moll. Genre de mollusques gastéropodes peotinibranches, voisin des mêlâmes, et comprenant deux espèces, qui vivent dans les mers de l'Amérique.

ST1LIGÈRE s. m. (sti-li-jè-re — du lat. stilns, style; gero, je porte). Moll. Syn. de

STIL1FÈRH.

ST1L1QUE s, m. (sti-!i-ke). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des pédiriuiens, comprenant une quinzaine d'espèces, qui habitent l'Europe et l'Amérique.

STILKE (Hermann), peintre allemand, né à Bt rlin en 1803, mort à Dusseldorf en 1860. Elève de Cornélius et plus tard son collaborateur, il marcha sur ses traces avec toute l'énergie de son admiration pour lui. Le premier travail qui le signala à l'attention publique, ce fut la restauration et l'achèvement du Jugement dernier dans la salle des assises de Coblentz. Sous les yeux de son maître, qu'il avait accompagné à Munich, il peignit ensuite à fresque le Couronnement du roi Louis et ie Sac de Godesberg par Ernest de Bavière. Ces deux pages de grandes proportions, qu'on dirait peintes par quelque maître du xve siècle, furent très-admirees en Allemagne et valurent à l'auteur un riche subside pour aller en Italie. 11 y passa cinq années à étudier surtout les œuvres des peintres primitifs.'Uette tendance, si opposée aux aspirations modernes, efface peut-être un peu trop son originalité, mais ne peut rien lui enlever de ses qualités brillantes. Il faut citer, parmi les plus heureuses de ses créalions : les Pèlerins dans ie désert, les Derniers chrétiens de Syrie c/tassés par les Turcs, les Chrétiennes prisonnières au harem, etc. Dans ces tableaux d'une correction parfaite, et qui révèlent une science véritable de la figure et de l'arrangement, l'auteur déguise à plaisir sa scienc« et son goût sous les naïvetés ignorantes des vieux maîtres. Comme eux, il finit en hachures patientes des draperies qui n'eussent rien perdu à être enlevées a pleine pâte ; il donne aussi à ses têtes l'expression et la physionomie des têtes de Giotto et de Cimabue. Stilke aborda la peinture moderne et les sujets de genre dans la Faction du matin, le Chevalier blessé, le Chevalier parmi les moines; mais il resta dans ces choses légères le peintre solennel des grandes fresques précédentes, et ces tableaux sont les moins bons de son œuvre; il ne réussit pas davantage dans le portrait. En revanche, il est toujours intéressant dans les sujets d'un ordre élevé. Ainsi la Jeanne Darc en prière devant une Madone, la Jeanne Dure victorieuse à la bataille de Patay sont deux œuvres excellentes, où brillent des qualités de premier ordre au point de vue du dessin et de l'arrangement. Il en faut dire à peu près autant du Saint Georges portant l'étendard de la victoire, de Henaud prenant congé d'Armide, du Vieux Jean de Bohême, aveugle, se faisant co/iduire au combat par deux chevaliers. Stilke a, de plus, exécuté pour le roi de Pi usse la décoration a. fresque du château de Stolzenfelds, salle des Chevaliers. Il y a peint avec autant de goût, que de science, malgré l'archaïsme du parti pris, la Fidélité, la Bravoure, l'Amour, le Chant, la Reconnaissance et l'Equité, allégories que de nombreuses gravures ont fait connaître à l'étranger.

STILLANT, AMTE adj. (stil-lan, an-te — du lat. stillare, couler goutte à goutte ; qui est formé de stilla, dimin. de stira, goutte). Qui tombe goutte à goutte, il Peu usité.

STILLATION s. f. {stil-la-si-on — lat. stil-

STIL

latio; de stillare, tomber goutte à goutte; formé de stilla, dimin. de slira, jjoutte). Ecoulement goutte à goutte : Les stalagmites se forment por stillatION. (Acad.)

STILLATOIRE adj . (stil-la-toi-re. — V. STILlant). Qui tombe goutte a goutte.

STILLICIDE adj. (stil-li-si-de — du lat. stilla, petite goutte; cadere , tomber). Qui tombe goutte à goutte.

— s. m. Eau qui tombe goutte à goutte. STILLING (corps de). Nom donné en ana-

tornie à deux noyau* de substance grise situés au-dessous de chaque couche optique, et qui deviennent les foyers d'origine de nouvelles fibres nerveuses qui vont de là se perdre au milieu du corps strié. y

STILLING, écrivain allemand. V. Jung.

STILL1NGFLEET (Edward), théologien anglais, né à Cranbourn (Dorset) en 1635, mort à Wesminster en 1699. Après avoir fait ses éludes à Cambridge, il se fit précepteur, puis devint successivement pasteur de Saint-André, à Londres, prédicateur du Temple, chapelain ordinaire de Charles II , chanoine , doyen de Saint-Paul et évoque de Worce'-iter. Ses principaux ouvrages sont : Irenicum (Londres, l659,iii-4°); Origines sacre (Londres, 1662, in-4°); Grounds of the protestant religion (Londres, 1681, in-fol.); Origines Britanniem (Londres, 1GS5, in-fol.); Answer to Locke (Londres, 1697, in-8°); Ecclesiastical cases (Londres, 1785, in-s°).

STILL1NGFLEET (Benjamin), littérateur anglais, petit-fils du précédent, né en 1708, mort à Londres en 1771. Ses études terminées à Cambridge, il entra comme précepteur chez un propriétaire campagnard qui, après vingt ans d'enseignement, lui fit une pension de 100 livres sterling. On doit à Stillingfleet : AJiscellaneous tracts on natural history (Londres, 1759, in-8°) ; Treatise on the principles and power of harmony (Londres, 1771, in-4°) ; General history of husbandry (6 vol.).

STILLINGIË s. f. (stil-lain-iî — de Stilling, botan. angl.). Bot. Genre d arbres et d'arbrisseaux, de la famille des euphorbiacées, type de la tribu des stillingiées, comprenant plusieurs espèces qui croisent surtout dans les régions tropicales : Quelques auteurs attribuent aux stillingies l'arbre à suif de l'Inde. (T. de Berneaud.)

— Encycl. Les stillingies sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes, munies de deux glandes à l'extrémité du pétiole ; à fleurs monoïques, les fleurs mâles groupées en épis terminaux, les fleurs femelles solitaires; le fruit est une capsule globuleuse, composée de trois coques monospermes. Tous ces végétaux, qui croissent dans les régions tropicales du globe, laissent écouler un suc laiteux. La stillingie sébifère ou porte-suif, vulgairement nommée arbre à Suif, est, en effet, un grand arbre, dont le port rappelle celui du peuplier noir. Sa tige droite, couverte d'une écorce gris blanchâtre, se divise en rameaux longs et flexibles, portant des feuilles alternes, ovales, rhomboïdes, plus larges que longues, et des fleurs réunies en épis terminaux. Le fruit est une capsule brunâtre, renfermant trois graines, qui sont couvertes d'une matière sébacée blanche et ferme. Originaire de la Chine, où il croit surtout au bord des ruisseaux, cet arbre est presque naturalisé dans quelques parties de l'Amérique du Nord et même dans le midi de la France, aux environs de Perpignan ; d'après quelquesessais,il paraltaussi pouvoir supporter le climat de la Bretagne. On le cultive en Chine dans les champs; on le plante en échiquier. A la maturité, les graines qui persistent sur l'arbre après la chute des capsules sont entourées d'une matière très-blanche et forment de petites grappes qui contrastent agréablement avec la teinte d'un rouge vif que prennent alors les feuilles. Sous le climat de Paris, cet arbre exige la serre tempérée; il se propage facilement de graines.

La décoction de ce végétal, mêlée avec de l'huile de moutarde, est employée, en Chine, pour frictionner les malades atteints de fièvres nocturnes. Les graines donnent, par l'expression à chaud, une huile concrète trèsemployée dans ce pays. La matière sébacée qui les entoure y sert aux mêmes usages que chez nous la graisse de porc. « L'arbre à suif, dit V. de Bomare, fournit aux Chinois la matière de leurs chandelles ; ils tirent, en outre, de ses graines beaucoup d'huile pour les lampes. Pour obtenir ce suif végétal, on broie ensemble la coque et les graines, on les fait bouillir dans l'eau, on écume la graisse ou l'huile à mesure qu'elle s'élève, et, lorsqu'elle se refroidit, elle se condense d'ellemême comme le suif. Sur dix livres de cette graisse, on en met quelquefois trois d'huile de lin, avec un peu de cire, pour lui donner de la consistance. Les chandelles qu'on en faitsont d'une grande blancheur; mais l'on en fait aussi de rouges eu y mêlant du vermillon. On assure qu'on trempe ces chandelles dans une sorte de cire qui vient aussi d'un arbre en Chine, ce uni forme autour du Suif une croûte qui l'empêche de couler. »

La stillingie des bois est un sous-arbrisseau à racines épaisses, à tiges droites, portant des feuilles sessiles, ovales ou lancéolées, dentées, luisantes et des fleurs petites, jaunâtres, en épi terminal, les fleurs mâles à peine plus longues que la bractée qui les ac-

STIM

t compagne. Elle croît dans les forêts de la Caroline et de la Floride; on la regarde, aux Etats-Unis, comme un excellent spécifique contre les maladies syphilitiques. On l'emploie aussi comme fébrifuge. Son suc laiteux est visqueux et presque dépourvu d'àcreté. La stillingie troène croît dans les mêmes pays; ses propriétés sont peu connues, mais il est probable qu'elle est employée concurremment avec la précédente, avec laquelle elle est souvent mélangée ; on la trouve surtout dans les forêts de pins. Au reste, les stillingies présentent, en général, la plus grande analogie avec la plupart des euphorbiacées, notamment avec le genre crotont dont elles sont fort rapprochées.

STILLINGIE, ÉE adj. (stil-lain-ji-é — rad. stillingie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la stillingie.

— s. f, pi. Tribu de la famille des euphorbiacées, ayant pour type le genre stillingie.

STILLYARD s. m. (stil-li-iard). Hist. Association commerciale de marchands étrangers établis à Londres.

STILO. Pour tous les mots commençant par ces lettres et qui ne se trouvent pas ici ,

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