‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 684 sur 1059 · V. STYLO · texte numérisé non relu

V. STYLO

STILO, le Consulinum des Romains, bourg du royaume d'Italie, dans la Calabre Ultérieure Ire, district de Gi-race, à 40 isilom. S. de Squillace.ch. -l.de mandement; 2,162 hab. Mines de fer aux environs. Patrie de Campanella. Stilo est une ville très-ancienne, fondée par les Ausones, devenue siège d'évêché dans les premiers siècles du christianisme, puis détruite par les Sarrasins au x» siècle; elle se releva peu à peu, mais fut dévastée en 1783 par un tremblement de terre.

STILODE s. m. (sti-lo-de — du gr. stulàdês, en forme de stylet). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des chrysomélinesj comprenant cinq ou six espèces qui habitent la Guyane.

STILPNE s. m. (stil-pne — du gr. stilpnos, brillant). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des ichneumoniens, comprenant plusieurs espèces de très -petite taille.

STJLPNOGYNE s. m. <stil-pno-ji-ne — du gr. stilpnos, luisant; gunê , femelle). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit ai; Cap de Bonne-Espérance.

STILPNOPAPPE s. m. (stil-pno-pa-pe — du gr. stilpnos, luisant; pappos, aigrette). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des vernoniées, comprenant huit à dix espèces qui croissent au Brésil.

STILPNOPHYTE s. m. (stil-pno-fi-te — du gr. stilpnos, brillant; phuion, plante). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant quelques arbrisseaux qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.

STJLPNOSIDÉRITE s. f. (stil-pno-si-déri-te — dugr. stilpnos, brillant; sidêros, fer). Miner. Minerai de fer recueilli dans le Westerwald.

STILPON, philosophe grec de l'école de Mégare, né en cette ville vers le milieu du ive siècleav. J.-C. IlfutlediseipledeDiogèneetl'un des maîtres de Zenon le Stoïcien et de Timon le Pyrrhonien. Les anciens s'accordent à représenter sa vie comme un modèle de force, de noblesse et de douceur. Il niait la réalité des idées abstraites et considérait un esprit sans passion comme le bien souverain. Suivant lui, on ne devait pas seulement dominer la douleur, mais encore ne pas la ressentir. L'impassibilité, voilà la suprême sagesse. Trop éclairé pour admettre les superstitions du polythéisme, mais trop sage pour heurter de front les croyances populaires, il répondit à quelqu'un qui lui demandait si les prières sont agréables aux dieux : o Imprudent! ne me fais point de pareilles questions en public. » 11 jouissait d'une telle considération que Démétrius Poliorcète, en ordonnant Je pillage de Mégare (30G), voulut qu'on respectât la maison do philosophe. Diogène Laerce rapporte qu'il avait écrit neuf dialogues, qui ne sont point parvenus jusqu'à nous.

ST1LTON, village d'Angleterre, dans le comté et à 22 kilotn. N.-O. de Huntingdon; 897 hab. Ce village a donné son nom à un fromage trés-estimé, qui se prépare dans plusieurs localités environnantes.

STIMULANT, ANTE adj. (sti-mu-lan, an-te — rad. stimuler). Qui est propre à éveiller à exciter, à stimuler : Des reproches stimulants.

— Méd. Qui a la propriété d'exciter l'action organique des divers systèmes de l'économie animale : Potion stimulante. L'avoine blonde contient un principe stimulant gui relève les forces abattues des bestiaux et leur rend la gaieté. (H. Berthoud.)

— s. m. Ce qui excite, qui aiguillonne, stimule : Nos éducations modernes sont dangereuses, puisqu'elles tendent sans cesse ù donner l'essor à l'é nulation, ce stimulant des passions naissantes. (B. de S. -P.) U ne faudrait pas livrer l'enfant à ce penchant dans lequel il s'engourdirait tout à fait, mais lui administrer un stimulant qui l'éveille. (J.-J.

STIM

Rouss.) L'émulation eit un stimulant d'une étrange espace : nous ne nous servons pas d'elle, c'est file qui se sert de nous. (Ch. N<>d.) Le fonctionnaire est dénué du STIMULANT qui pousse au progrès. (F. Bastiat.) La concurrence est le stimulant le plus puissant du progrès et de l'industrie. (Mich. Chev.)

— Méd. Substance stimulante ; Employer les stimulants. Les stimulants diffusibles ont une action prompte et de peu de durée; les stimulants persistants ont une. action moins prompte quelquefois, mais toujours plus durable. (Nysten.) Le calorique, guelle que soit Sa nature, est le premier et le plus important des stimulants. (Broussais.)

— Agric. Substance à laquelle on attribue la propriété d'exciter la végétation, sans nourrir les plantes.

— Encycl. Hyg. et morale. Il y a des stimulants naturels, comme la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme; diverses substances minérales, par exemple l'éther et l'ammoniaque. Mais les stimulants propremen t dits sont presque tous d'origine végétale; ce sont, entre autres, les alcools, les vins, le café,' le thé, les narcotiques, tels que l'opium, le tabac, le bétel , le baschich, un grand nombre de plantes pharmaceutiques et tous les parfums.

L'effet des stimulants est uniformément le même; mais il varie d'intensité suivant la dose, l'espèce, la manière de les préparer, les organes sur lesquels ils agissent, l'âge, le Sexe et le temps. Les stimulants naturels, comme la chaleur et la lumière, ne sont pas à notre disposition et dépendent du climat qu'on habite. Leur action débilite à. la longue. Sous l'équateur on ne trouve que des races d'homme abâtardies, sans énergie physique et sans valeur intellectuelle ni caractère. L'extrême froid des contrées polaires produit des effets analogues. L'homme n'acquiert son développement normal que dans les régions tempérées et, là même, les habitants des montagnes et des hauts plateaux sont de beaucoup supérieurs, au moral et au physique, à ceux qui habitent les plaines basses et humides.

L'électricité et le magnétisme sont employés en médecine comme stimulants, mais dans des circonstances spéciales seulement.

Les stimulants végétaux sont devenus, au milieu de notre civilisation raffinée, presque une nécessité de premier ordre. Leur usage immodéré agit comme le climat sous les tropiques.

Parlons d'abord des stimulants qui opèrent par le moyen des organes digestifs. Ce sont les alcools, les vins-, le café, le thé, les viandes noires ou faisandées. Si la somme d'excitation développée n'est pas supérieure a l'excitabilité des tissus, c'est-à-dire à la puissance vitale dont on est capable, une chaleur pénétrante et douce, qui commence par l'estomac, se répand de proche en proche dans l'économie entière. On a conscience immédiatement d'un progrès de force physique et morale. A un plus haut degré d'excitation, le cœur bat plus vite, la figure s'anime, la température géuérale du corps augmente sans être incommode. Le système nerveux participe lui-même à l'émotion du sang. L'irritabilité s'accroît; l'esprit n'a pas plus d'étendue, mais il acquiert une plus grande facilité; il est gai, pétulant; l'imagination, hantée par des fantômes riants, envisage la vie et les objets environnants sous des couleurs brillantes. Les conditions sociales, le métier qu'on fait rendent utiles ou nuisibles certains si imulants. Ceux qui se livrent à des travaux mécaniques se trouvent bien de l'usage des alcools pris avec modération. L'homme de cabinet trouve un auxiliaire puissant dans l'usage du café et du thé.

Il resterait néanmoins à rechercher si l'organisme humain n'est pas pourvu par la nature d'une quantité de force vitale déterminée, et si l'usage des excitants n'en provoquo point une dépense extraordinaire qui, une fois faite, ôte à l'avenir des ressources précieuses. On a observé que l'usage immodéré des stimulants tue la force de caractère, et ù la longue le corps lui-même.

L'eflet des narcotiques est beaucoup plus terrible. En peu d'années l'opium et le bétel produisent en Orient, particulièrement en Chine et dans l'Inde, un abêtissement définitif. Le hasebieh, sous l'influence duquel l'aine comme débarrassée des liens du corps, voyagé à travers les inondes et, suivant les récits de ceux qui en usent, semble vivre une éternité en quelques heures, laisse au réveil le corps et 1 esprit dans un tel état de prostration que plusieurs jours ne suffisent point à réparer les forces. L'habitude d'en prendre mène d'ailleurs à une mort .prompte et effroyable.

Les stimulants ont servi de thèmes à plusieurs systèmes. Brown les considère comme nécessaires à l'entretien de la vie, qui s'éteindrait en leur absence ; Broussais les regarde comme la cause de presque toutes les maladies de l'irritation et de la folie, et propose de les combattre par des émollients. Les deux illustres physiologistes ont évidemment donné chacun dans un excès contraire.

— Méd. En médecine, on donne le nom de stimulants aux médicaments qui ont la propriété d'augmenter immédiatement, mais d'une manière passagère, l'action organique et l'énergie vitale des divers systèmes de l'économie. « A petites doses, et au premier

STIP

abord, dit M. Bouchardat, leur manière d'agir se rapproche beaucoup de celle des toniques ; mais si on les administre à doses plus élevées, les distinctions s'établissent facilement : l'action des toniques n'est qu'augmentée ; de locale, elle peut devenir générale sans produire d'accidents remarquables; les stimulants, au contraire, réagissent énergiquement sur le système nerveux et peuvent produire ou des spasmes cloniques, ou l'ivresse. L'action des toniques administrés à dose modérée ne se manifeste qu'à la longue et persiste longtemps; celle des stimulants est immédiate et ne dure pas. > A peine sont-ils introduits dans l'économie qu'ils augmentent la force et la fréquence des contractions du cœur et des baUements artériels, en même temps qu'ils animent le teint et qu'ils élèvent la chaleur animale.

On divise assez généralement les médicaments stimulants en stimulants généraux, qui agissent sur toute l'économie sans paraître intéresser d'une façon particulière certains organes plutôt que d'autres, et en stimulants spéciaux. Les stimulants généraux sont appelés diffusibles lorsque leur absorption stomacale est rapide et leur influence presque instantanée ; tels sont l'alcool, l'éther, l'ammoniaque, le camphre et les huiles volatiles. Ceux dont l'action est moins prompte, mais plus durable, sont dits par opposition persistants. On range parmi ces derniers les semences, des ombellifères, les sommités des labiées aromatiques, la cannelle, le girofle, la muscade, la vanille, la myrrhe, les térébenthines et les résines.

Les stimulants spéciaux sont : les aphrodisiaques, les emménogogues,les diurétiques, les sudorifiijues, les sialagogues, les expectorants et les sternutatohes. V. ces mots.

STIMULATEUR. TRICE adj. (sti-mu-lateur, tri-se — rad. stimuler). Qui stimule, qui excite : Agent stimulateur des phénomènes organiques.

STIMULATION s. f. (sti-mu-la-si-on — rad. stimuler). Action de stimuler ; L'émulation est la stimulation de l'amour-propre.

— Méd. Action stimulai! te des médicaments: Pour l'exercice des fonctions, il faut que les liquides concourent avec les solides ; dans toute stimulation, il y a donc impulsion, appel ou attraction des fluides vers les sotides. (Broussais.)

STIMULE s. m. (sti-mu-le — du lat. stimulus, aiguillon). Bot. Poil fin, un peu roide, dont la piqûre cause une douleur cuisante accompagnée de démangeaison.

STIMULER v. a. ou tr. (sti -mu-lé — latin stim>ilare, proprement aiguillonner; de stimulus pour stigmulus, aiguillon, d'une racine stiff, piquer, qui est dans le composé instigare, pousser, stimuler, proprement aiguillonner, et dans stilus pour£/»</(uî,aiguillon, poinçon, de même quedaiislegree stizô, estigmai, je pique, le gothique stikan, piquer, l'allemand stechen, l'anglais lo stick et le russe stegaiu. Cette racine stig est étroitement apparentée à la racine Sanscrite stach, heurter, piquer, dont elle est cependant distincte, et qui n'existe pas en grec sous forme de verbe et n'a laissé après elle, dans la langue classique, que le seul dérivé stochos, marque, point, but que l'on vise, d'où sont vernis stochazomai, je vise, et autres dérivés analogues. Une racine semblable se trouve daus le gothique sliggan et l'anglais lo sting, piquer). Aiguillonner, exciter : Il a de bonnes intentions, mais il faut te stimuler. Il suffit de son inéiérêl pour le stimuler. (Acad.) Les richesses, les privilèges rendent stagnantes des facultés naturelles que le besoin EÛTSra«uLÉES.(Boiste.)

— Méd. Accroître l'action, aeliver lus fonctions de : Ce remède est propre à stimuler des intestins paresseux, il ne faut stimuler l'estomac qu'avec précaution. (Acad.)

STIMuLEUX, ËUSE adj. (sti-mu-leu, eu-ze — rad. stimule). Bot. Se dit des surfaces i|ui sont garnies de stimules : Feuilles stimuli:u-

SliS.

STIMULUS s. m. (sti-mu-luss — mot lat.

qui signifie aiguillon). Méd. Ce qui peut produire quelque excitation dans l'organisme : Un puissunt stimulus.

■STIHC s. m. (stuink).Erpét. Nom vulgaire d'une espèce de sciuque.

STIPACÉ, ÉE adj. (sti-pa-cé — rad. stipe). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la stipe.

— s. f. pi. Tribu de la famille des graminées, ayant pour type le genre stipe.

STIPAGROSTIS s. m. (sti-pa-gro-stias — de stipe et à'ayrvslis). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des siipacées, dont l'espèce type croît au Cap de Bonne-Espérance.

STIPE s. m. (sti-pe — lat. stipes, mot qui appartient probablement a, la même familie que le sanscrit stamblia, tronc, tige, pilier, colonne ; de la racine stab/i, slambh, établir, fixer. Comparez le gveciteibô,siephô, stuphd, même sens, stempM, fouler, ancien allemand stamp/iôn, stemp/ian, même sens, Scandinave steinma, presser, allemand slopfen, anglais to stop, lithuanien stabdau, siimpu, russe stawliti, stupaiu, etc. La fonce sanscrite stambha est parfaitement conservée dans le lithuanien stambas, tige de la plante, dans l'ancien allemand slam, pluriel stamma pour

STIP

stamba. L'anglo-saxon stemn, le Scandinave stofn, tronc, tige, offrent un suffixe n particulier, et l'ancien allemand stab, anglo-saxon staf, Scandinave stafr, bâton, verge, ne présente plus que la racine simple. Une autre formation s observe dans le russe stebeli, bohémien stebto, tige, illyrien stablo et stabar, arbre, dont le suffixe correspond au grec staphulê, cep de vigne. Il faut ajouter le lithuanien stebis, diminutif si ebelis, pilier, màt, l'irlandais stumpa, pilier, et l'erse stob, tronc.) Bot. Tige cylindrique des plantes monocotylédones arborescentes, qui se termine par un faisceau de feuilles : Les lianes forment de magnifiques guirlandes qui enlacent des ST'PES élevés, à la manière w* anneaux d'un serpent. (A. Maury.) il Partie des champignons qui supporte le chapeau. Il Support cylindrique d'un organe quelconque.

— Encycl. Bot. Le stipe a pour caractères d'être droit, cylindrique et de porter à son sommet un bouquet de feuilles ordinairement très-grandes et entremêlées de fleurs. L'organisation des stipes est tout à fait différente de celle du tronc des arbres de nos forêts. Pour en donner une idée exacte, nous allons résumer en quelques lignes les beaux travaux de Hugo Mohl sur ce sujet. Si l'on examine une coupe transversale faite sur Je stipe d'un palmier, au lieu de couches circulaires et concentriques emboîtées les unes dans les'autres, on voit une niasse de tissu cellulaire au milieu de laquelle des faisceaux fibreux sont disséminés sans ordre, d'autant plus nombreux et serrés qu'ils sont plus rapprochés de la circonférence de l'arbre. Examinons maintenant une tige de palmier coupée suivant sa longueur; au premier abord, on ne distingue que des faisceaux se courbant et se croisant dans tous les sens, sans ordre apparent. Si l'on suit un des faisceaux dans tout son trajet, par une dissection attentive, on ne tarde pas à reconnaître sa marche véritable. Parti d'un point quelconque de la surface du stipe, le faisceau décrit un arc de cercle et Se divise obliquement en dedans, puis, arrivé plus ou moins près du centre de la tige, il prend une direction verticale. En le poursuivant plus bas, on le voit bientôt se diriger très-obliquement en sens inverse de sa première direction, e'est-a-dire en dehors, et se rapprocher de plus en plus de la surface à mesure qu'il descend, jusqu'à ce qu'il arriva sous l'écorce. 11 a donc décrit un long arc, tournant sa convexité vers le centre, convexité qui, nous l'avons dit, est beaucoup plus prononcée a la partie supérieure qu'à la partie inférieure. Dans cette course, il a dû croiser successivementtous les faisceaux situés au-dessous de lui, c'est-à-dire de formation plus ancienne ; les faisceaux les plus récents sont donc en définitive les plus extérieurs. Ajoutons que l'arc décrit par chaque vaisseat: n'est pas compris dans un même plan, et qu'ainsi une section verticale de la tige ne peut pas montrer un même faisceau tout entier dans sa longueur totale. Ainsi s'expliquent, et la difficulté de recherche pour un même faisceau, et l'apparence de lacis présenté par une coupe verticale de palmier.

Page 1