‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 692 sur 1059 · V. Campasi (Nicolas · texte numérisé non relu

V. Campasi (Nicolas

STRASS ou STRAS s. m. (strass — de Sti'ass, l'inventeur). Composition qui imite le diamant et les pierres précieuses.

— Fig. Ce qui brille d'un faux éclat :

C'est grand dommage que Delille , Du F'indc bijoutier charmant, Ait joint le strass au diamant Et brillante l'or do Virgile.

Lebruh.

— Encycl. Le strass, ainsi appelé du nom de 1'inveuteur, est le verre avec lequel on imite les pierres précieuses et principalement le diamant. L'art de produire ces imitations est fort ancien ; Pline en parle comme d'un métier qui, de son temps, était très-lucratif, et Trebellius Pollion confirme Pline. Cet ait était venu à Rome de l'Egypte, depuis longtemps déjà célèbre dans la joaillerie par ses fabriques de Thèbes, qui livraient au commerce des Phéniciens et des Carthaginois une multitude de bijoux en verre coloré. On continua dans le moyen âge de fabriquer avec du verre des imitations de pierres fines, ainsi que le prouvent et les mélanges de ces faux joyaux avec les véritables que nous remarquons dans les châsses les plus anciennes, et les témoignages de Zosime de Panopolis et du moine Théophile. Au temps de Louis XIV, la France possédait une fabrique, en activité, de diamants faux. En Allemagne, on a toujours contrefait à lVjde de verres blancs et colorés les perles , ,es saphirs, les émeraudes, les rubis. Au commencement de ce siècle, le joaillier allemand Strass inventa la composition du cristal, parfaitement incolore, qui porte son nom, et, depuis 1819, Donault-Weiland, bijoutier de Paris , a dépassé les Allemands dans cette

STRA

Autre

recette.

fabrication et laur a même enlevé cette branche d'industrie; beaucoup d'autres Français, en effet, ont marché sur ses traces et sont parvenus à faire des pierres artificielles aussi belles que les gemmes naturelles; le connaisseur habite peut seul les reconnaître pour ce qu'elles sont en réalité. La joaillerie de Paris est aujourd'hui, dans ce genre, la première d'Europe.

Le strass blanc, pour le diamant, est un verre parfaitement diaphane, composé de silice, de potasse, d'oxyde de plomb, do borax et d'arsenic, à l'état de pureté la plus parfaite ; le sable blanc convient pour les pierres de couleur avec les oxydes colorants convenables.

La fabrication des pierres précieuses artificielles a beaucoup d analogie avec celle des émaux , du moins au point de vue de la chimie. On évite seulement l'emploi des oxydes d'étain,qui ôtent la transparence, et on donne l'éclat par le plomb, qui a, d'ailleurs, l'inconvénient de rendre la dureté moindre. Les précautions à prendre pour la réussite sont très-minutieuses : pureté excessive des matières ; ténuité extrême pour obtenir un mélange complet; excellence du creuset; fusion à feu gradué ; conservation au feu pendant vingt-quatre à trente heures; refroidissement très-lent impliquant une espèce de recuit. On arrive ainsi, à force de soins, à obtenir des masses homogènes sans stries ni bulles.

Voici les recettes de fabrication des divers strass, d'après les meilleurs joailliers.

Pour le diamant (strass incolore), le tableau suivant en donne quatre :

Cristal de roche ou

sable blanc. ... 300 300 300 300 Minium (oxyde de

plomb, meilleur

que la litharge) , 470 » 462 »

Ceruse „ 5U , 5I2

Potasse a 1 alcool. . 163 95 168 96

Borax 22 27 18 27

Acide arsenieux . . i i 0 5 1

Pour la topaze (strass jaune) :

Recette deDonault.

Strass très-blanc . . 1000

Verre d'antimoine. . 40

Pourpre de Cassius 1

Oxyde de fer .

Pour le rubis (strass rouge) ;

Matière topaze opaque (le mélange pour la topaze donne quelquefois cette matière) t

Strass !..'.'!!!!! 8

Ce mélange , fondu dans un creuset de Hesse et tenu pendant trente heures au feu d un four à potier, donne d'abord un beau cristal jaunâtre, puis, refondu au chalumeau, la plus beau rubis d'Orient. On obtient un rubis moins beau avec :

Strass incolore 1000

Oxyde de manganèse . 25

Pour l'émeraude (strass vert) :

Strass incolore. .... 1000 Oxyde de cuivre pur . 8

Oxyde de chrome. , . o,2

On imite soit le péridot, soit l'émeraude foncée, en variant les proportions et ajoutant de l'oxyde de fer.

Pour le saphir (strass bleu) :

Strass incolore iooo

Oxyde de cobalt très-pur 15 Pour l'améthyste (strass violet) :

Strass incolore inoo

Oxyde de manganèse. ... 8

Oxyde de cobalt 5

Pourpre de Cassius 0,2

Pour l'aigue-marine (strass bleu de mer) «

Strass incolore 1000

Verre d'antimoine ... 7 Oxyde de cobalt 0,4

Pour l'escarboucle ou grenat tyrien (strass rouge foncé) :

Strass incolore 1000

Verre d'antimoine . . . 500 Pourpre de Cassius. . . 4

Oxyde de manganèse. . 4

Ces pierres artificielles, si bien réussies qu'elles soient , se reconnaissent à leur peu de dureté. Aussi sont-elles faciles à tailler. On remédie souvent, dans le montage, à cet inconvénient en les recouvrant d'une pierre naturelle incolore de peu de valeur, mais plus dure, que l'on taille de manière à envelopper l'autre et que l'on colle sur elle avec un peu de térébenthine. C'est à Paris, aujourd'hui, que se fait la taille et le montage de ces faux bijoux ; mais leur fabrication est l'objet d'un commerce très-considérable dans toutes les cristalleries de France, de Saxe et de Bohême. V. verre et émail.

STRASS ( Jean-Frédéric ) , écrivain allemand, né à Grunberg en 1765, mort à Erfurt en 1845. Après avoir terminé ses études, il devint en 1803 directeur de l'institut pédagogique de Iiloster-Bergen, en 1S12 directeur du gymnase de Nordhausen,et enfin, en 1810, directeur du gymnase d'Erfurt. On a de lui : Der Strom der Zeiten oder bildliche Darstellung der Weltgeschichte (Berlin, 3<> éd. 1828); Ursprung und Wachstkum der preus-

STRA

sischen Staates (Berlin, 1818); Handbuch âer Weltgesc.hichte (léna, 1S30-1837, 3 vol.).

STRASS (Charles-Frédéric), fils du précédent, né en 1803 à Berlin , où i! est avocat depuis 1834. 11 a publié, sous le pseudonyme d'Otto von Deppen, les ouvrages suivants : Verkehrtes (Berlin, 1826); Démagogie der Jejuiten (182G); Schachpohlik (Leipzig, 1826); ^Erzahhmgen (Leipzig, 1838); Gedichte (Berlin, 1838).

STRASSBURG, en polonais Drodnitzo, ville de Prusse, province de Prusse, régence et a 63 kilom. S.-K. de Marienverder, ch.-l. du cercle de son nom, sur la Brewenz; 3,792 hab. Fabrication de draps, encre et tabac.

STRASSBURG, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence de Potsdam, cercle et à 20 kilom. N.-O. de Prenzlow; 4,500 hab. Fabrication de toiles, draps, bonneterie; mégisseries.

STRASSBURG, ville de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie. Y. Enyed (Nagy-).

STRASSBURG, nom allemand de Strasbourg.

STRASSE s. f. (stra-se — de l'ital. straccio, provenç. strassa; de l'ital. stracciare, provenç. strassar, déchirer). Comm. Bourre ou rebut do la soie; partie du cocon qui enveloppe immédiatement la chrysalide, et qui fournit une soie grossière. H Gros papier d'emballage.

STRASSN1TZ, ville (le l'empire d'Autriche, dans la Moravie, cercle et à 21 kilom. S.-O. d'Ungariscli-Hradisch , sur un bras de la March; 4,700 hab. Gymnase. Château des comtes de Magnés.

STRATA (Zanobi da), littérateur italien.

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