‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 70 sur 1059 · PARADISIER OU OISEAU DE PARADIS · texte numérisé non relu

PARADISIER OU OISEAU DE PARADIS

SAMANA, ville de l'Amérique centrale, dans l'île d'Haïti (république dominicaine), au fond d'une baie et sur la côte méridionale d'une presqu'île de même nom qui renferme de magnifiques forets et une mine de houille ; la baie, vaste échancrure-de la partie N.-E. de l'Ile, forme le plus beau port d'Haïti. Importante exploitation d'acajou. La presqu'île de Samana, regardée par quelques géographes comme une île parce qu'elle est séparée du reste d'Haïti par une rivière très-étroite, mesure 32 kitont. de l'O. à l'E. et se termine à l'orient par un cap qui porte le même nom.

SAMANAP, ville de l'Océanie, dans la Malaisie, sur la côte S.-E. de l'île de Madura, archipel de la Sonde, par 7» s' de latit. S. et 111° 40' de longit. E. Commerce de riz et de bois.

SAMANÉEN s. in. (sa-ma-né-ain). Hist.

Nom donné par les écrivains grecs à des solitaires de l'Inde distincts des gymnosophistes.

SAMANHOUT, en copte DJemnouti, ville de la basse Egypte, sur la rive gauche de la branche orientale du Nil, à 4 kilom. E. de Mehallet-el-Kékir, 17 kilom. S.-O. de Mansouraji; 4,500 hab.

SAMANI (Abou-Ibrahim-Ismael AL-), fondateur de la dynastie des Samanides en Perse, mort en 907; H gouvernait le pays de Transoxiane plutôt comme souverain que comme lieutenant de son maître, le calife Al-Mamoun. Sous Motassem, successeur de ce dernier, Samani conquit le Khoraçan et reçut de ce calife le titre de padischah (empereur)et la cession de tous les pays qu'il avait assujettis; il soumit ensuite une partie de l'Irak et du Turkestan. Samani fut à sa mort si regretté de ses sujets, qu'ils le surnommèrent Emir Ai-Dlndbi (le prince dont la perte est irréparable).

SAMAîVIDES, dynastie persane, qui régna dans le Turkestan, le Khoraçan, le Sigistan, le Mazenderan, le Tabaristan et le Diordjan. Elle eut pour fondateur Ismaël, petix-fils de Saman, qui, sous le califat d'Al-Mamoun, renversa, en 902, la dynastie des Soffarides. Les Samanides perdirent , en 932 , le Fars et l'Irak-Adjemi, que leur enlevèrent les BouïdeSj et se virent enlever toutes leurs possessions en 999, Ces princes encouragèrent les lettres et les sciences et attirèrent k leur cour des savants, notamment le célèbre Avicenne et Rhazès. Les souverains de cette dynastie sont : Ismaël (Samani), Ahmed, Nasser, Abdel-Melek 1er, Mansor 1er, Nouh, Mansor II et Abdel-Melek II.

La dynastie des Samanides dura un siècle entier et s'éteignit avec Monthasser.

SAMAN1EGO (Félix-Maria de), poSte espagnol, né à Bilbao vers 1745, mort à Madrid vers 1806. C'était un gentilhomme riche, qui donna une part de son existence aux lettres et l'autre part à la propagation de l'instruction dans la classe populaire. Il écrivit pour les enfants du royal séminaire Bascongado : Fabulas en verse eastiltano (1787, 2 vol. in-8°). Samaniego a été surnommé le La Fauiaine

espagnol.

SAMANKA s. f. (sa-man-ka). Bot. Un des noms delà pastèque,

SAMAH ou IBABAO, île de l'Océanie, dans la Malaisie, archipel des Philippines, a 20 kilom. S.-E. de l'île de Luçon, dont elle est séparée par le canal de San-Bernardino, au N.-E. de l'île de Leyte. Elle a la forme d'un quadrilatère irrégulier de 660 kilom. de périmètre; les côtes sont ttèséchancrées, surtout au S.-O. Sol montagneux, couvert en grande partie par de vastes forêts d'où l'on tire du bois pour les constructions navales. Nombreuses plantes médicinales; récolte de miel et de cire; coco, huile de coco. Les Espagnols y possèdent Cathalogon, ville de 6,000 hab.; le reste de l'île est habité par des peuplades indépendantes.

SAMARA s. m. (sa-ma-ra). Bot. Nom scientifique du genre samarier.

SAMARA, rivière de la Russie d'Europe, nommée Ssiataïa-Rèka (rivière Sainte) par les Cosaques.. Elle prend sa source dans le gouvernement de Karkov, près de Britvin, coule à l'E., entre dans le gouvernement d'Ièkatérinoslav, coule à l'O. en décrivant un grand nombre de circuits, baigne Pawlograd et se jette dans le Dnieper, un peu audessous d'Ièkatérinoslav, après un cours de 270 kilom.

SAMARA, rivière de la Russie d'Europe.

Elle prend sa source dans le gouvernement d'Orenbourg, à environ 40 kilom. O. de la ville de ce nom, coule au N.-O., baigne Bouzoulouk, entre dans le gouvernement de Samara et se jette dans le "Volga, a Samara, après un cours d'environ 475 kiloin. Les bords de cette rivière sont couverts de belles forêts.

SAMARA, ville de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvernement de son nom, sur le sommet et le penchant d'une hauteur, au confluent de la rivière de son nom et du Volga, par 530 io' de latit. N. et 47<> 44' de longit. E., à 200 kilom. S.-E. de Simbirsk; 35,231 hab.

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Tanneries importantes ; fabriques de savon ; commerce de poisson, suif, farine, céréales, caviar et bestiaux. C'est une des principales places de commerce du bassin du Volga, sur lequel elle a un port. Cette ville, construite au xvie siècle comme défense contre les Baskirs et les Nogaïens, fut ravagée, en 1850 et 1854, par de violents incendies.

SAMARA (gouvernement de), division administrative de la Russie d'Europe. Compris naguère dans le gouvernement de Simbirsk, il fut formé en 1850 aux dépens de ceux d'Orenbourg, de Simbirsk et de Saratov; il confine à l'O. et au N. à ces trois gouvernements, tandis que le Volga le sépare à l'E. du territoire des Kirghis. 11 mesure 168,310 kilom. carrés de superficie et renferme une population de 1,868,242 hab. C'est un pays généralement ondulé par les ramifications des monts Obtchel-Syrt. Le Volga, la Samara, le Klmel sont les principaux cours d'ean qui le traversent, La partie voisine du Volga est très-fertile; les principales productions agricoles sont le froment, l'avoine, le seigle, l'orge, lé sarrasin et le tabac. Pèche importante. En 1870, le gouvernement de Samara comptait 225 fabriques, avec 6,362 ouvriers; 812,000 chevaux, 562,000 bêtes à cornes, 1,728,000 moutons, 250,000 porcs.

SAMARA, nom ancien de la Somme.

SAMARADAHNA s. m. (sa-ma-ra-dâ-na).

Nom donné dans l'Inde à de grands festins publics.

— Encycl. Les brahmes sont souvent convoqués à des samaradahnas par les personnes de haut parnge, telles que les rajahs, les gouverneurs de province et autres officiers publics et par de riches particuliers, qui tous se font un grand mérite des dépenses dans lesquelles leur fastueuse prodigalité les entraîne on ces cas-la. La dédicace d'un nouveau temple, l'inauguration d'une idole, la célébration d'une fête, d'un ' mariage, de la naissance d'un héritier, etc. ; la cérémonie expiatoire des péchés du défunt, pour lui procurer un séjour de félicité; les solennités votives pour obtenir la victoire en temps de guerre, pour détourner les effets d'une mauvaise constellation, pour obtenir de la pluie dans un temps de grande sécheresse, etc., sont autant d'occasions de donner des samaradahnas. Il est inutile de dire que les brahmes, qui trouvent leur compte à de pareilles institutions, en recommandent la pratique avec une chaleur extrême et leur assignent le premier rang parmi les actions louables. Lorsqu'un samaradalma est annoncé, tous, hommes et femmes, y accourent de7à8 lieues à la ronde, quelquefois au nombre de plus de deux mille, et chacun y apporte un estomac disposé à faire largement honneur a la cuisine de l'amphitryon. Comme ces réunions se composent uniquement de brahmes et qu'ils s'observent les uns les autres, c'est à celui qui s'y montrera le plus familiarisé avec les usages de sa caste et leur plus zélé observateur. Assis à terre sur de longues files, ils chantent à tour de rôle des hymnes sanscrits en l'honneur de leurs dieux, ou des couplets galants à la fin desquels tous les assistants, quoique la plupart n'y entendent rien, s'écrient, en signe d'approbation : « Hara! hara! Govindah! » Celui qui fait les frais du samaradahna n'est pas admis à manger avec ses convives, à moins qu'il ne soit brahme lui-même. S'il est d'une autre caste, il se présente après que le repas est fini, se prosterne humblement devant ces dieux de la terre qui lui ont fait l'honneur de dévorer ses mets, et ils lui donnent ,en retour leur assirvadtta ou bénédiction. Si leur hôte couronne la fête par une large distribution de cadeaux en toiles ou eu argent, cette générosité fait pleuvoir sur lui les éloges et l'on va jusqu'à l'élever au-dessus des dieux, dédommagement dont il est excessivement flatté et qu'il ne croit jamais avoir payé trop cher, car on connaît le goût particulier des Indous pour la flatterie. Les sectateurs de Siva et de Vichnou ont aussi leurs samaradahnas ou repas publics, qui leur sont donnés par les plus riches d'entre eux. Les simples sudras des diverses castes se donnent aussi quelquefois entre eux des repas, mais qui n ont aucun rapport, quant aux motifs, avec les samaradahnas des brahmes; leur unique but est de se régaler et de faire la débauche ensemble. Dans les galas des brahmes, tout se passe avec décence et dans le plus grand ordre, tandis que les repas des sudras sont de véritables orgies.

SAMAHANG, ville de l'Océanie, sur la côte septentrionale de l'île de Java, où elle a un port de commerce au fond d'une baie et à l'embouchure d'une petite rivière de son nom, par 6" 59' de latit. S. et 108° 8' de longit. E., à 420 kilom. E. de Batavia, ch.-l. d'une résidence hollandaise; 41,000 hab. Résidence d'un gouverneur; tribunal de lre instance; école .militaire,, observatoire astronomique. Samarang est une place forte entourée d'un rempart en pierre bastionné, avec fossé rempli d'eau ; un marais qui s'étend entre la côte et les fortifications rend l'approche de cette ville très-difficile. L'ensemble de la ville présente une belle apparence ; on y voit quantité de jolies maisons particulières et d'édifices publies élégants, entre autres une belle église et un hôtel de ville. Aux environs, on trouve

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plusieurs maisons de campagne et quelques tombeaux de princes javanais.

SAMARATE, bourg du royaume d'Italie , province de Milan, district et mandement de Gallarate; 2,855 hab.

SAMARCANDE, ville de la Boukharie. V.

Samarkand.

SAMARE s. f. (sa-ma-re). Hist. relig. Syn.

de SAN-BENITO.

SAMARE s. f. (sa-ma-re — du lat. samara, graine d'orme). Bot. Sorte de fruit sec et indéhiscent, à péricarpe prolongé en aile membraneuse, comme dans l'orme et le frêne.

SAMAR1DIE s. f . (sa-ma-ri-dî — de samare, et du gr. idea, forme). Bot. Fruit composé de deux ou plusieurs samares, comme celui de l'érable.

SAMARIE, ville de l'ancienne Palestine, fondée par Amri vers 913 av. J.-C. Elle devint plus tard la capitale du royaume d'Israël a la place de Siehem. Elle fut détruite en 721 par Salmanasar, roi d'Assyrie, et relevée plus tard par les Cuthéens qui, mêlés avec les Israélites, formèrent le peuple samaritain, V. Cutha, province d'Asie.

SAMARIB ou SAMARITIDE, nom donné pendant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne à l'une des quatre grandes divisions de la Palestine, dont elle occupait à peu près le centre, entre la Galilée au N., le Jourdain à l'E., la Judée au S. et la Méditerranée à l'O. Elle correspondait à peu près au territoire occupé autrefois par la demi-tribu de Manassé et parla tribu d'Ephraïm. De nos jours, le livah de Naplouse occupe le territoire de l'ancienne Samaritide.

SAMARIER s. m. (sa-ma-rié — rad. samare). Bot. Genre d'arbres, de la famille des rhamnées, dont l'espèce type croît dans l'Inde.

SAMARITAIN, AINE s. et adj. (sa-ma-rifain, è-ne). Géogr, anc. Habitant de Samarie ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Samaritains. La population samaritaine. La langue et l'esprit des Samaritains représentent dans l'histoire l'esprit individuel de la tribu d'Ephraïm. (Renan.)

— s. m. Linguist. Langue samaritaine.

— Numism. Médaille portant des caractères samaritains.

— Encycl. Linguist. V. juif.

— Hist. Roboam , fils et successeur de Salomon, ayant refusé d'accéder au conseil des vieillards qui lui conseillaient de diminuer les impôts, que le luxe et les grands travaux de son père avaient portés à un chiffre excessif, dix tribus se retirèrent de son obéissance et se donnèrent un roi particulier, Jéroboam, qui fixa sa résidence à Samarie. Ce nouveau royaume fut appelé le royaume d'Israël ; les deux tribus de Juda et de Benjamin , qui demeurèrent fidèles à Roboam , portèrent le nom de royaume de Juda. Par des raisons politiques, les rois d'Israël entraînèrent Ieur3 sujets dans l'idolâtrie, afin d'établir entre les

■ deux royaumes une inimitié profonde, basée sur la religion, qui rendît la réunion à jamais impossible, et ils y réussirent complètement ; les deux peuples, quoique sortis d une iiièin'1 origine, furent continuellement en guerre et préparèrent mutuellement leur ruine.

Deux cent cinquante -neuf ans après ce schisme, Salmanasar et Assaraddon, rois d'Assyrie, vinrent dans la Judée, prirent et ruinèrent Samarie, emmenèrent en captivité les habitants de cette contrée et détruisirent poui toujours le royaume d'Israël. Pour repeupler ce pays' dévasté, on y envoya des Cuthéens, tirés d'au delà de l'Euphrate. Ces nouveaux colons, idolâtres d'origine, portèrent dans la Samarie leurs idoles et leurs superstitions. L'historien sacré nomme leurs dieux Nergel, Asima, Nebahaz, Tarthac, Adramalech et Anamelech ; vainement les critiques se sont épuisés en conjectures pour deviner quels étaient ces êtres mythiques et quels personnages historiques ils pouvaient représenter; rien de certain n'est sorti de ces recherches. Mais Dieu, dit l'auteur sacré, ayant puni les Cuthéens de leur idolâtrie par une irruption de bêtes féroces, le roi d'Assyrie leur envova un prêtre israélite, pour leur enseigner "le culte et les lois du Dieu des Juifs. Dès ce moment, ils mêlèrent ce culte avec celui da leurs dieux.

Les Juifs, à leur tour, non moins infidèles à Dieu que les anciens sujets des rois d'Israël; furent punis de même cent vingt-trois ans après. Nabuchodonosor, roi d'Assyrie, irrité contre eux, assiégea et prit Jérusalem, brûla le temple, emmena le roi de Juda et ses sujets captifs à Babylone et ne laissa dans la Judée qu'un petit nombre d'habitants pau* vres et misérables. Mais après soixante-dix ans les Juifs obtinrent de Cyrus , roi de Perse, devenu maître de Babylone, un édit qui leur permettait de rebâtir Jérusalem et le temple, de remettre en vigueur leur religion et leurs lois. Les Samaritains offrirent da s'unir à eux pour cette reconstruction; mais comme ils étaient étrangers d'origine et que leur religion était fort corrompue, les Juifs refusèrent cette association ; les Samaritains, irrités, employèrent tout leur crédita la cour de Perse pour traverser l'entreprise et fuire cesser les travaux des Juifs, et ils en vinrent a. bout pendant quelque temps.

Lorsque Esdras et Nehémie vinrent en Ju

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dée pour achever de rétablir Jérusalem , rebâtir le tem[ile et faire observer lu loi de lluï'iû dans ta rigueur, les Juifs qui r,e voulurent pus accepter la réforme des moour» se retirèrent chez les Samaritains et devinrent une nouvelle cause d'inimitié entre les deux peuples. Enfin , la haine réciproque fut poussée à son comble lorsque les Samaritains bâtirent, sur la montagne de Garizim, voisine de Samarie, un temple semblable à celui de Jérusalem, et élevèrent ainsi autel contre autel. Il paraît, du reste, que de ce moment ils renoncèrent a leur première idolâtrie ; c'est du moins l'opinion commune.

L'aversion mutuelle était excessive lorsque Jésus-Christ parut dans la Judée; il n'y avait aucune relation entre Jérusalem et Samarie; la plus grande injure que les Juifs pussent dire a un homme était de l'appeler Samaritain.

La croyance et la pratique des Samaritains étaient différentes de celles des Juifs sur trois articles principaux : 1° ils ne reconnaissaient pour Ecriture sainte que les cinq livres de Moïse j 2° ils rejetaient les traditions des docteurs juifs et ils s'en tenaient a la seule parole écrite; 3° ils soutenaient qu'il fallait rendre le culte a Dieu sur le mont Garizim, où les patriarches l'avaient adoré, tandis que les Juifs voulaient qu'on ne lui offrit des sacrifices que dans le temple de Jérusalem.

Au commencement de sa prédication, Jésus-Christ avait défendu à ses disciples d'aller chez les gentils et d'entrer dans les villes des Samaritains; mais, dans la suite, il no dédaigna pas de les convertir lui-même à sa doctrine. C'est dans ce dessein qu'il lia conversation avec la Samaritaine ; il voulut se servir de cette femme pour apprendre aux habitants de Samarie qu'il était le Messie; l'Evangile rapporte qu'd demeura deux jours chez eux et qu'un grand nombre crurent en lui.

Après la descente du Saint-Esprit, saint Philippe alla prêcher l'Evangile dans Samarie ; saint l'ierre et saint Jean y furent encore envoyés, et un grand nombre des habiants do cate contrée reçurent le baptême. Quelques-uns, dans la suite, devinrent ennemis de l'Eglise; tels furent Simon le Magicien, Dosithée et Ménandre, qui formèrent des sectes hérétiques. D'autres persévérèrent dans le judaïsme , et c'est chez eux que s'est conservé le Pentateuque samaritain.

Les Samaritains, chassés de la Sumarie par Alexandre, se retirèrent à Siehem, aujourd'hui Nuplouse, dans la Palestine; c'est là qu'ils se sont conservés en plus grand nombre et qu'ils ont continué d'esLter jusqu'à nos jours, conservant toujours leur texte samaritain des livres de Moïse.

SAMARITAIN (le bon), personnage d'une des paraboles de l'Evangile.

Un docteur de la loi, qui voulait passer pour juste, dit à Jésus : « Qui est mon ptochuin?» Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho; il tomba entre les mains des voleurs, qui le dépouillèrent et lu laissèrent à demi mort. Un prêtre, qui suivait le même chemin, vit cet homme et passa outre; un lévite, qui survint, le vit et passa de même. Mais un Samaritain (homme d'une classe méprisée il Jérusalem), qui suivait la même route, fut ému de compassion ; et, s'approohant, il versa de l'huile et du vin sur ses plaies et les banda ; puis, le mettant sur son cheval, il le conduisit dans une hôtellerie et en prit soin. Le lendemain, il tira deux deniers de sa bourse et, les donnant à l'hôte, il lui dit : <t Ayez soin de cet homme, ■ et tout ce que vous dépenserez de plus, je > vous le rendrai à mon retour. » Lequel des trois vous semble le prochain de celui qui tomba entre les mains des voleurs? — C'est, répondit le docteur, celui qui a usé de miséricorde envers lui. <■ Jésus lui dit : « Allez donc et faites dû même. » (Saint Luc, ch. x.)

Les écrivains font souvent allusion au bon Samaritain, Hégésippe Moraau le rappelle d'une manière touchante dans les vers suivants du Myosotis:

lion cœur, ivre à seize ans de volupté céleste, S'emplit d'un chaste nmour dont le parfum lui reste. J'ai rêvé le bonheur, maia le rêve fut court... L'arec qui me berçait trouva le fardeau lourd, Et, i>our monter à Dieu dans son vol solitaire, Me laissa retomber tout meurtri sur la terre, Où, depuis, laon regard dans l'horizon lointain Plunyeait sans voir venir le bon Samaritain-

a On voit avec quelle délicatesse de sentiment et d'expression Pierre le Vénérable ramène, jusque dans la mort, l'image de ces noces éternelles , impérissable aspiration tl'llcloïse I L'huile du Samaritain ne coulait pas plus onctueusemeiit sur les blessures du corps, que la parole de ce saint homme sur celles du cœur. «

Lamartine.

• Dans les premières années du xvii° siècle, le cardinal Frédéric Borromée étant archevêque de Milan, deux femmes assassinées et à demi mortes furent trouvées sur la route de Monza, en Milanais... Telle était à cette époque la terreur causée dans le Milanais et dans toute l'Italie par la domination espagnole, que les paysans n'osèrent d'abord re-

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cueillir les infortunées. Deux bons Samaritains se présentèrent enfin. »

Charles Asselineau.

a La douleur impitoyable qui brisait Me ugeot n'éveillait plus en lui de jaloux res'itntiinent; c'était un compagnon de misère qr'il visitait. L'organisation du jeune homme, sa nature modeste, candide, rencontraient dans son cœur de merveilleuses sympathies. Audessus de ces lois vulgaires de l'honneur qui entravent dans le monde l'élan des plus belles âmes, il venait lui-même apporter le baume du Samaritain aux blessures saignantes de son ennemi. >

Roger de Beauvoir.

h On le force (l'exilé) à continuer sa route vers de nouveaux déserts : le ban qui l'a nis hors de son pays semble l'avoir mis hors du monde, Il meurt et il n'a personne pour l'ensevelir. Son corps glt délaissé sur un grabat, d'où le juge est obligé de le faire enlever, non comme le corps d'un homme, mais corr me une immondice dangereuse aux vivants. t\.h ! plus heureux lorsqu'il expire dans queljue fossé au bord d'une grande route, et que la charité du Samaritain jette en passant un peu de terre étrangère sur ce cadavre ! à Chateaubriand.

— Iconogr. La parabole du Bon Samrritain est une des plus touchantes de l'Evangile. Un grand nombre d'artistes l'ont représentée; nous consacrons ci-après des articles spéciaux aux compositions qu'elle a inspirées a Rembrandt et à Delacroix. Le Bassan l'a retracée plusieurs fois, notamment dans un tableau qui est à laNathnal Gallery et dans un autre qui est au musée du Belvédère, à Vienne, et qui a été gnvé par \V. Kilian ; il n'a pas craint de s écarter du texte biblique dans cette deru ère composition , en y plaçant un domesti ]ue près du Samaritain ; il a bien exprimé, d' tilleurs, l'empressement du voyageur miséricordieux et l'affaissement du blessé et il a groupé ses ligures dans un paysage vigoureusement peint. Q. tëoel a gravé, en ](,70, une dos compositions de Bassan sur ce sujet. Dans un tableau d'Elzheimer qui est au Louvre, le bon Samaritain tire d'un coffre une fiole et, aidé de son serviteur, s'appiéto à panser les plaies de l'homme étendu à Urre et presque nu; on aperçoit, dans le fond, le prêtre et le lévite qui ont passé do van; le blessé sans lui porter secours. Un autre tableau d'Elzheimer sur le même sujet a figuré à la vente de la galerie Pôreire en IS72. Dans un tableau de Domenico Feti qui est au i,iusée de Dresde, c'est sur un âne et non sur un cheval que le Samaritain place le blessé. Au même musée est un tableau de Paul Véronèse, où l'on voit le Samaritain accompagné d'un chien et occupé à verser l'huile sur la blessure.

Un artiste contemporain, M. Ribot, a exposé au Salon de 1870 un Samaritain traité sinon avec beaucoup d'élévation et de noblesse, du moins avec une vigueur extrê ne. Au premier plan, parmi les broussailles et les cailloux, l'hutnme dévalisé et assoit iné par les voleurs est étendu, la bouche ouverte, la langue tendue, les membres meurtris ; à quelque distance, le Samaritain à i heval, suivi de son serviteur, accourt au secours du blessé. Un ciel chargé d'orjge ajoute à l'effet dramatique et saisissant de cette composition. Un tableau remarquable de M. Henner sur le même sujet a paru au Salon de 1874. Le blessé est ici un jeune homme presque nu, renversé sur un roc! er; auprès est ivccroupi le Samaritain, vieillard chauve, à longue barbe, qui se penche sur la victime et lui met la main sur le cœur \. our voir s'il bat encore. Cette peinture se distingue par la simplicité à la fois naïve et forte de la composition, par l'harmonie gravo et caressante du coloris.

A l'exemple d'Elzheimer, MM. Cabat (Salon de 1840) et Aliguy (Salon de 1844) ont retracé l'épisode du Bon Samaritain dans des tableaux où le paysage a beaucoup plus d'importance que les ligures. Le tableau de M. Çabat a été gravé par E. Aubert. Ce sujita été traité par W. Hogarth dans un tableau d'assez grande dimension qui appartiei t à l'hôpital Saint-Barthélémy de Londres, et qui est loin d'être une des meilleures œuvres du célèbre artiste ; Hogarth en a donné luimême une gravure. Entre autres compositions retraçant cette même scène, nous citerons les tableaux de Henri de BLes (musée du Belvédère ), Franz Dreber ( musée de Dresde), Forestier (Salon do 1835), S. Er jstâ (musée d'Orléans), Jean-Sèb. Bourdon, Gigoux (Salon de 1857), Pierre Lacour (musée de Bordeaux), Ch. Lafond (Salon de 1804), Th. Philippe (Salon de 1842), Punthus-Cinier (Exposition universelle de Lyon de 1872), M.-J. Sohinidt (gravé par Ferd. Lauderer, 1760), Oeser (gravé par J.-Fr. Blause, 1777), le ïintoret, Simon Vouet, etc. ; les estampes de H. Aldegrever (quatre pièces datéet. de 1554), P. van de Berge (d après Gérard de Lairesse), Bergeret, Abraham Bosse, l..ans Collaert, J. Goupy (d'après Salvator Ri sa), J. Granthomme (quatre pièces d'après Martin de Vos), Adolphe Gusmand (gravure sur bois

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d'après Gustave Doré), Martin van Iloomskerk (1549), Nicolas Lastman, Marco de San- Martiiio, W. van Nieulautlt (euu-forlr), G. Priiez (1543), J. van de Velde, etc. ; un basrelief de M. Idrac (envoi de Route, 1875), etc.

Samnriini» (le bon), chef - d'œuvre de Rembrandt ; au Louvre (n° 403). Comme nous l'avons vu dans l'iconographie que nous avons consacrée à la parabole du Samaritain, la plupart des artistes ont choisi l'instant où l'homme charitable se penche vers le voyageur blessé pour le secourir, ou bien celui où, après l'avoir pansé, il le charge sur sa monture. Rembrandt a conçu tout différemment sa composition ; il a représenté le Samaritain arrivant à l'hôtellerie, montrant à l'hôtesse, qui se tient sur le seuil, le blessé que deux serviteurs viennent de descendre de cheval et transportent. Le Samaritain tire sa bourse et est en train de dire k l'hôtesse : « Ayez soin de lui; tout ce qu'il dépensera de plus que celte somme, je vous le rendrai a mon retour. » A gauche, un valet d'éeuria tient par la bride le cheval du généreux voyageur; plus loin, deux autres chevaux sont vus de croupe contre la maison , audessous d'une fenêtre d'où trois personnes regardent ce qui se passe. Ce tableau, daté de 1048, est regardé avec raison comme un des plus beaux ouvrages de Rembrandt. « I! est bien composé, dit Emeric David ;•!' action de chaque personnage est naturelle et expressive ; toutes les têtes sont pleines d'âme ; on voit, dans les traits du Samaritain, la satisfaction que lui fait éprouver une bonne action et la sollicitude que lui inspire encore l'infortuné auquel il a conservé la vie; sur le visage de l'homme blessé se peignent à la fois la reconnaissance et la douleur; sur ceux des valets, la pitié et la curiosité. Le coloris est vraiment admirable par la transparence des ombres et des demi-teintes. Le ton général est peut-être un peu brun; mais, parmi tous les chefs-d'œuvre de l'art qui offrent ce même caractère, il n'en est pas de plus remarquable par la vigueur, l'accord et la transparence des tons locaux. » Cette superbe . peinture a été gravée par V. Denon a l'eau-forte, par Jacob de Frey (1798), par Giuseppe I.ongbi {Musée Napoléon, 1808), par J.-J. Oorunan (Musée Filhol, V, pi. 314).

Rembrandt a fait sur le même sujet un autre tableau, de plus petites dimensions, qui a figuré successivement dans les ventes de M. de Jullienne (17G7), du duc de Choiseul (1772), du prince de Coilti (1777), de M. do Calonne (1795), de M. Edward Coxe (1813) et qui a été acquis en dernier lieu par lord Hertford. La scène diffère par quelques détails de celle du Louvre; elle est composée comme l'eau-forte que Rembrandt lui-même a faite sur ce sujet; elle offre en plus quelques plantes, un chien, un tonneau renversé contre une cloison. Elle a été gravée par C- Evrard et, dans la galerie Choiseul, par L. Binet. Elle a été payée 3,500 francs à la vente Coxe en 1813; aujourd'hui, ce prix serait plus que décuplé. L'eau-forte est datée de 1633.

Samaritain (le bon), tableau d'Eugène Delacroix ; salon de 1850. Le Samaritain compatissant soulève, avec force et sollicitude à la fois, et charge sur son cheval le voyngeur blessé ; celui-ci a repris connaissance et l'expression de sa gratitude se lit sur son visage décoloré. Ce tableau de petites dimensions joint k la vérité et à la profondeur du sentiment des qualités d'exécution vraiment magistrales. • La composition, l'expression des physionomies, le ton des chairs et des draperies, l'effet du tout ensemble ne laissent guère à désirer, a dit M. Paul Rouhery. La fermeté de la touche donne à la tête du cheval un relief étonnant. Et quel autre peintro que Delacroix aurait trouve sur sa palette les rubis et l'or dont il a fallu faire usage pour peindre la tunique du Samaritain? » Le paysage, où brille l'eau d'une cascade, est d'une fort belle couleur aussi.

Samaritain» (HISTOIRE DES) [Commenlarii

in kistoriam gentis samaritanx], par Juynboll (l.eyde, 1846, l vol. in-4°). Cet ouvrage contient tout ce que l'on peut savoir sur l'histoire des Samaritains. Dans une introduction très-développée, M. Juytiboll passe d'abord en revue et caractérise les travaux des savants qui, avant lui, s'étaient appliqués à traiter le même sujet. Il indique les recherches de Cellarius, de Hottinger, Reland, Ed. Bernard, Huntington, Basnage. Ce dernier et Cellarius sont appréciés peut-être avec un peu de sévérité. Le dernier érudit qui ait écrit sur cette matière avant M. Juynboll est M Hengstenberg , dont l'ouvrage mérite beaucoup d'estime, mais dont les- assertions on t été plus d'une fois combattues par M. J uy nboll. Ce savant soutient que ce qui concerne l'histoire de ce peuple ne mérita pas d'être regardé comme indifférent et doit intéresser les amateurs de la critique historique. Après des réflexions sur l'état des deux royaumes de Juda et d'Israël et sur celui où se trouvait la religion parmi ces deux divisions du peuple hébreu, il arrive a ce qui concerne les Samaritains, expose d'abord les différents noms par lesquels ce peuple a été désigné ou s'est désigné lui-même et aborde ensuite une question importante, celle de l'origine des Samaritains. M. Hengstenberg avait soutenu que ce peuple était composé en totalité

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de colons étrangers que les rois d'Assyrie avaient fuit transporter dans la Palestine. M. Juynboll, sans nier le fait de cet établissement qui est d'une vérité évidente, assure, toutefois, qurtees colons formaient seulement une part de la population de la Palestine et que le gros des habitants se composait d'Israélites qui étaient restés dans le pays après les invasions successives des conquérants assyriens. M. Juynbollexnmineaveoun grand soin la question qui concerne les différents exils subis par les habitants du royaume d'Israël et passe en revue les conquêtes opérées successivement dans ce pays par les rois d'Assyrie. Il traite en-iuite des colonies envoyées par les rois d'Assyrie dans le royaume d'Israël pour combler le vide qu'avaient laissé dans ce pays les fléaux de la guerre et l'exil d'une partie des habitants. 11 indiqua avec beaucoup do soin 1rs divers établissements qu'ont formés, à différentes époques, les Samaritains dans la Palestine, la Syrie, l'Egypte, et discute ensuite quel fut l'état dos Samaritains sous la domination des empereurs romains, des souverains musulman'!.

Pour cette partie de son travail, ainsi qu'il n soin d'en faire la remarque, il a mis k contribution les travaux de ses devanciers et, en particulier, une dissertation de M. Levyssohn. Il y a joint la résultat de ses propres recherches. Enfin, il donne de nombreux détails sur les travaux littéraires auxquels se sont livrés, à diverses époques, les Samaritains. Dans la secondj partie de son ouvrage, M. Juynboll traite ex professa de l'histoire des Samaritains, depuis le moment où les Juifs revinrent de la captivité de Babyloue. Il reconnaît que, pour ce qili concerne cette époque et les suivantes, les traditions indigènes des Samaritains ne méritent aucune confiance, n'offrent que des récits incohérents, où un peu de vérité se trouve noyé dans une multitude de fables. C'est aux livres de la Bible et quelquefois à. l'hU- ■ torien Josèphe que nous pouvons uniquement avoir recours, Malheureusement, les rédacteurs de la Bible ne craignent poirt d'enregistrer les fables les plus ridicules, ot n'ont d'ailleurs que par occasion traité ce qui concerne les Samaritains, en sorte que nous sommes loin de pouvoir réunir sur cette matière des renseignements tant soit prn complets. Nous ne suivrons point M. Juynboll dans tous 1rs détails qu'il donne sur l'oint des Samaritains depuis la captivité- de Babylone jusqu'au règne des empereurs de Rome, sur les lois rendues, à diverses époques, pour ou contre ce peuple. L'auteur, en composant cet ouvrage, a eu poar objet d'offrir, sur ce qui concerne cette nation, une monographie aussi complète que possible. Il s'est acquitté de cette tâche importante avec le savoir et l'exactitude que le sujet pouvait réclamer. Sans doute, sa narration pré ente de grandes lacunes, beaucoup moins de faits que l'on ne désirerait en trouver; mais in faute en est au sujet lui-même ou aux historiens de l'antiquité, pour qui les Samaritains, comme les Juifs, paraissaient mériter une faible attention. Quoi qu'il en soit, il est certain que, dans l'état de nos connaissances, il serait difficile d'ajouter aux recherches do M. Juynboll.

SAMARITAINE, femme de la race des Samaritains aveu laquelle Jésus-Christ s'entretint sur le bord d'un puits connu sous le nom de puits de Jacob. Ce puits était situé non loin de la ville de Sichein, appelée plus tard Nénpolis et aujourd'hui Naplouse. La legendo de la Samaritaine est une des plus importantes et des plus célèbres du Nouveau Testament. On en tire très-fréquemment des textes de serinons, aussi bien chez les protestants que chez les catholiques. Jean, le seul des quatre évangélistes qui rapporte le fait (iv, 5), nous montre le Christ venant s'asseoir au bord de la fontaine, vers la sixième. heure du jour. Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. « Donne-moi à boire, » lui dit Jésus (ses disciples étaient allés à la ville acheter des provisions). La Samaritaine lui répondit : « Comment se fait-il que, toi qui es Juif, tu me demandes a boire, à moi qui suis de Samarie? Les Juifs et les Samaritains n'ont pas de rapports ensemble. » Jésus reprit : » Si tu connaissais le don de Dieu et si tu savais quel est cjlui qui te demande à boire, tu lui demanderais peut-être à ton tour qu'il 'te donne à boire de l'eau vive. » On connaît la réponse naïve de la pauvre femme, qui voudrait bien connaître cette eau merveilleuse qui pe>it désaltérer pour toujours et qui en demande le secret à Jésus, « Va appeler ton mari et tes enfants, s lui répond le jeune docteur. « Mon mari 1 je n'en ai point. — Non, tu n'en as pas un, mais dix, et l'homme avec lequel tu vis en ce moment n'est pas ton mari, t La pécheresse est effrayée de cette double vue du jeune Israélite, j Maître, lui dit-elle, je vois bien que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, mais vous nous dites que c'est à Jérusalem qu'il faut adorer. — Femme, le temps vient où vous n'adorerez plus le Père ni sur cette montagne ni k Jérusalem..., mais où voua l'adorerez en esprit et en vérité. Voilà les vrais adorateurs que le l'ère réclame pour lui. Dieu est 1 esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. » L'étoniienient de la Samaritaine se chango en admiration et en pieuse vénération. Elle

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parle du Messie qui doit venir : « C'est moi qui suis le Messie, » lui dit Jésus. A ces mots, la pauvre femme s'enfuit, oubliant sa cruche, et va conter aux Samaritains qu'elle a vu un homme qui lui a dit tout ce qu'elle faisait.

• N'est-ce pas le Messie? » Cette légende, une des plus admirées de l'Evangile, a soulevé bien des contestations et des disputes. Sans parler de l'interprétation qu'en donnent les critiques modernes, tels que Strauss et M. Renan, les théologiens eux-mêmes ne s'accordent pas toujours sur le sens symbolique qu'ils voudraient donner à cette histoire. Il était naturel qu'un si intéressant sujet fût reproduit souvent par les artistes chrétiens. On en a retrouvé quelques représentations sur les monuments des catacombes; les principales sont deux bas-reliefs et deux fresques dont il est parlé au paragraphe suivant.

— Iconogr. La scène de la Samaritaine a été retracée par une foule d'artistes. Elle est figurée dans deux bas-reliefs de sarcophages et deux fresques des catacombes. Ce qu'il y a de singulier dans ces antiques représentations, o est que Jésus y apparaît debout, bien que le récit de saint Jean nous le montre assis et se reposant près de la fontaine. Dans l'un et l'autre bas-relief, la Samaritaine tire la corde à laquelle est suspendu son seau et qui s'enroule autour d'une poulie, en forme de quenouille, au-dessus de l'orifice du puits; le Christ montre le seau de la main droite et semble dire, comme dans l'Evangile : Da miki bîbcre. Une des fresques des catacombes, publiée par M. Perret (les Catacombes de Rome, I, pi. SI), montre la Samaritaine vêtue d'une tunique longue et flottante, ayant une attitude pleine de noblesse et de dignité et présentant une tasse pleine d'eau à Jésus.

Le Louvre possède un tableau du Guide qui représente la Samaritaine debout, tenant un seau à la main et écoutant la parole du Christ assis et appuyé sur le bord du puits.

• La pose de Jésus est simple et naturelle, dit M. Guizot; sa tête, pleine de douceur, de calme, de conviction et de noblesse, se tourne vers la Samaritaine, qui écoute avec l'incertitude d'un étonnement où percent déjà son plaisir à entendre et sa disposition k croire. Les regards de Jésus sont animés de cette compassion sérieuse et tendre, caractère de sa mission et de sa doctrine... Les draperies sont du plus bel effet, les plis en sont larges, souples ; le paysage qui remplit le fond esc riche. »Ce tableau a malheureusement poussé au noir. Il a été gravé dans le Musée royal par Luigi Fabri, dans le Musée Filkol par Coiny et Bovinet et dans le recueil de Landon (VII, pi. 8).

Au musée du Belvédère, à Vienne, il y a des tableaux de Lorenzo Lippi, de Biliverti, de Paul Véronèse et d'Annibal Carrache représentant Jésus et la Samaritaine. Dans lo tableau de Lippi, la Samaritaine-est accompagnée d'un enfant qui se range près d'elle avec une sorte de timidité effarée. Il y a aussi un petit garçon dans le tableau de Biliverti ; il est placé dans l'ombre derrière le puits ; la femme, vue de profil, a. une tournure pleine d'élégance et une physionomie attentive et passionnée, La Samaritaine de Véronèse est une jeune et belle Vénitienne, à-la chevelure blonde, au riche costume ; le paysage est vaste. Dans le tableau d'Annibal Carrache, le Christ assis parle, l'index tendu ; la femme, au visage noble et beau, incline légèrement la tète et écoute avec une attention profonde. Cette dernière composition a été gravée plus ou moins fidèlement par J.-B. Corneille, Ch. Simonneau , Carie Maratte (1640), Jan de Bishop (1609), R. van Audenaerde, Jean Audran, Théodore van Kessel.

Dans un tableau de Philippe de Champagne, qui est au musée de Caen et qui a été gravé par Edetinck en 1670, le Christ, assis près du puits, montre le ciel k la Samaritaine, qui a la main sur la poitrine. On croit que les deux personnages sont des portraits du eê.èbre Arnauld et de sa sœur Angélique, abbesse de Port-Royal. D'autres compositions sur le même sujet ont été peintes par Bonifazio (autrefois dans la galerie Aguado), Abraham Bosse (musée d'Orléans), Noël Coypel (autrefois dans l'église des Chartreux, à Paris), G. de Crayer (gravé par A. Bissel), Be'nvenuto Garofalo (au palais Torrigiani, à Florence), G. Gimignani (au palais Corsini, à Florence), Ulrich Mayer (église Sainte-Anne, k Augsbourg), le Poussin (gravé par J. Haiuzelmann et par F. Andriot), Stella (autrefois dans l'église des Carmélites, à Paris), Bernardo Strozzi (au palais Spinola, k Gênes), Villequin (gravé par E. Baudet), Federigo Zuccaro (gravé par Augustin Carrache et par C. Cort).

Un tableau do Rembrandt, qui faisait autrefois partie de la collection J. Blaek- -wood, a été gravé par R. Houston en 1794 et par Ltvens. On a de Rembrandt lui-même une eau-forte différemment composée et dont il y a une copie par Campion do Tersan. D'autres estampes ont été exécutées par Hans-Sebald Beham, Jacob Bink, Cornelis Bos (1548), P.-H. Brinckmann (xvme siècle), Abraham de Bruyn , Giulio Campagnols , J. Goltzius (1586), CI), de La tiaye (d'après R. de La Fage), Ch. Maeret, Giov.-Fr. Marchetti (1G88), Michel Mierevelt, Pier-Francesco Mola, F.-I. Oefele,. Beruardo Passari, N. Beatrizet (d'après Michel-Ange), etc.

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Plusieurs peintres de notre siècle ont traité ce sujet. Nous citerons, entre autres : Alphonse Perin (Salon de 1827), Charles Chasselat (Salon de 1838), Jules Jollivet (Salon de 1839), J. Bellel (Salon de 1841), Revel (Salon de 1842), Auguste Leloir (Salon de 1844), Etienne Meslier (Salon de 1844), Emile Loubon (Salon de 1844), Aligny (gravé par Ransonnelle), E. Signol (lithographie par Léon Noël), A.-F. Caminade (Salon de 1852), C. de Balthasar (Exposition universelle de 1855), W. Cooper (Exposition universelle de 1855), G. Hensel (Exposition universelle de 1855), Théodore Maillot (Salon de 1S63), Savinien Petit (Salon de 1864), Eugène Leygne (Salon de 1870). M. Ch. Landelle a exposé, en 1873, une figure isolée de la Samaritaine vêtue du costume oriental moderne, tenant de la muin gauche une cruche.

Samaritaine (la). Ancienne fontaine, aujourd'hui détruite et qui a longtemps joui d'une certaine célébrité. La Samaritaine formait une construction assez vaste, sur pilotis, près de la seconde arche du pont Neuf, du côté du Louvre. Sa création remontait k 1603. Les eaux fournies par les aqueducs des Près-Saint-Gervais et de Belleville ne pouvant suffire à la consommation des fontaines de Paris, la ville chercha le moyen de procurer de l'eau aux palais du Louvre et des Tuileries. Un sieur Jean Lintlaër, Flamand d'origine, proposa d'élever au moyen d'une pompe les eaux de la Seine à une hauteur suffisante pour que de là elles pussent être conduites à volonté, à l'aide d'un réservoir fixe. Henri IV, et c'est à tort que certains historiens attribuent à Henri III sinon l'idée du moins la mise à exécution de la Samaritaine, Henri IV, disons-nous, adopta le projet. Les travaux furent commencés et le pilotis était déjà en partie élevé, quand le prévôt des marchands, arguant de l'empêchement grave que cette construction allait apporter à la navigation, y mit opposition. Le roi Henri IV, prévenu de cet arrêt, écrivit à Sully une de ces lettres de bonne encre comme le Béarnais savait les écrire et où on lisait, entre autres phrases incisives et surtout décisives, la suivante : « Je vous prie de les envoyer quérir de ma part (le prévôt et les échevins) et leur remontrer en cela ce qui est de mes droits, car, à ce que j'entends, ils les veulent usurper, attendu que ledit pont est fait de nos deniers et non des leurs. » Les travaux repris furent achevés en 1608. La Samaritaine devint bientôt un objet de curiosité. Le bâtiment se composait de trois étages, dont le second se trouvait au niveau du pont; cinq croisées s'ouvraient sur les faces latérales ; quant à la façade regardant le pont Neuf, elle était fort ornée. Au-dessous d'une horloge sonnant les heures, et dont la sonnerie était régulièrement accompagnée des sons joyeux d'un carillon qui exécutait les airs les plus variés, on voyait un groupe en plomb doré représentant Jésus-Christ et la Samaritaine auprès du puits de Jacob. De là le nom de l'édiiiee. Le puits était figuré par un bassin également doré dans lequel tombait une nappe d'eau jaillissant d'une vaste coquille. Au-dessous se lisait cette inscription, tirée de l'Ecriture sainte :

FONS HORTORUM, PUTEUS AQUARUM VIVENTIUM.

Inscription heureuse et qui trouvait son application dans ce fait que l'eau élevée par le mécanisme de la Samaritaine allait précisément faciliter l'irrigation du jardin des Tuileries. En I7l5,lamachine fut renouvelée. Plus tard (1772), le bâtiment proprement dit subit d'importantes réparations ; le groupe de ligures fut redoré ; mais depuis près de soixantedix ans le carillon tant aimé des badauds du pont Neuf était devenu muet, comme nous l'apprend une pièce de vers intitulée : Complainte de la Samaritaine sur la perte de son jacquemart et les débris de la musique de ses cloches, par le poète d'Assoucy. Restauré depuis à plusieurs reprises, le joyeux carillon ne cessa, pendant le dernier siècle, d'égayer les plaideurs qui passaient sur le pont pour aller au palais.

La Samaritaine appartenait à l'Etat; le gouverneur en était nommé par le roi, et cette sinécure était fort ambitionnée. La Samaritaine traversa intacte la Révolution, puis une partie de l'Empire. En 1813, les nouveaux procédés imaginés pour l'alimentation d'eau des Tuileries et du Louvre la rendaient superflue. D'ailleurs , elle menaçait ruine; au lieu de la réparer, on l'abattit. Ce fut un tort. La Samaritaine était un témoignage naïf de l'état des arts mécaniques k la fin du xvic et au commencement du xvue siècle ; c'était une sœur aînée de la machine de Marly. Il devrait y avoir pour nous quelque chose de sacré dans ces vestiges de la science de nos aïeux, dont la comparaison ferait ressortir d'ailleurs les progrès de la science actuelle et qui formeraient, par leur contraste, une variété de jour en jour plus rare dans nos cités qu'envahit une fastidieuse monotonie. Sur l'emplacement de l'ancienne pompe do la Samaritaine, dont nous venons de résumer l'historique, se tiennent aujourd'hui des bains chauds qui en ont gardé le nom jadis célèbre.

SAMARKAND ou SAMARCAÎS'DE, ville du Turkestau, dans le kanat et k 200 kilom. E. de Boukhara, près du Sogd ou Zer-Afchan, par 40» do latit. N. et 66° de longit. E.

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La population, autrefois plus importante, s'élève encore de nos jours à environ 34,000 hab,, qui fabriquent des artic es en cuir, des cotonnades et surtout du papier de soie. Entrepôt du commerce de caravanes entre l'Inde et l'Asie orientale, Samarkand, bâtie dans la vallée du Sogd, au milieu d'une contrée entrecoupée de npmbrèux canaux qui la fertilisent, est entourée d'une double enceinte ; la première a 48 kilom. de circonférence; le mur qui la forme a des galeries et des tours pour défense et est percé de douze portes de fer. L'espace qui sépare cette première enceinte de la deuxième renferme des jardins, des parcs et des faubourgs. L'enceinte intérieure est en terre et est percée de quatre portes; elle renferme le temple principal et la citadelle ou palais du souverain. La ville est assez bien bâtie; plusieurs dé ses maisons sont en pierre, les autres sont en pisé; les fontaines, en assez grand nombre, y sont alimentées par tes eaux de la rivière conduites dans de petits tuyaux de plomb que soutiennent de hautes colonnes de pierre. On y compte 250 mosquées avec 40 medressées ou collèges, dont l'antique réputation attire encore un grand nombre d'étudiants. Dans l'une de ces mosquées en marbre blanc, on remarque le tombeau de Timour-Lenk, très-beau monument en jaspe, surmonté d'une immense coupole. Samarkand possède plusieurs bazars importants et trois grands caravansérails pour les marchands qui arrivent de l'intérieur de la Boukharie.

La plaine dans laquelle est située Samarkand était considérée autrefois comme un dos quatre paradis. Rien de moins probable que la tradition qui attribue la fondation de cette ville à l'un des plus anciens rois do l'Arabie Heureuse. Ce qu'il y a de plus certain, c'est qu'elle fut fondée sous les monarques persans de la première race ou dynastie; elle fit partie d'abord de l'Iran, puis du Touran, qui en était un démembrement et qui en devint tributaire. Un roi de Perse de la seconde dynastie fit brûler le château de Samarkand (appelée alors Maracanda) l'an 329 av. J.-C. Il fit bâtir aussi un mur de 150 lieues de longueur pour défendre la Sogdiane contre l'invasions des Tourans ou Turcs: Alexandre, poursuivant les assassins de Darius, prit Samarkand l'an 329 av. J.-C. Après la dissolution de l'empire macédonien, Samarkand passa successivement sous la domination des Séleucides, des Purthes, des rois grecs de la Bactriane. Un roi de Samarkand, ayant fait périr des ambassadeurs chinois vers l'an 25, fut détrôné et rois à mort par une armée qu'envoya l'empereur de la Chine. Plusieurs peuples ont tour à tour pris Samarkand, qui appartient aujourd'hui au kan de Boukhara qui, à son avènement au trône, se rendit au collège d'Oulough-Beg et s'assit sur le Koukb-Thasch, pierre carrée de marbre bleuâtre et recouverte d'un feutre blanc, sur lequel il est élevé trois fois par un ulema, un docteur, un seid, ou descendan t de Mahomet, et par un pauvre. On dit que cette pierre a été remplacée dernièrement par un trône. Le kan vient camper tous les étés dans les environs de Samarkand. Dans ces derniers temps, Samarkand a été prise par les Russes, qui l'ont abandonnée après avoir rendu tributaire lo kart de Boukhara.

Aux détails qui précèdent, nous ajouterons le rétit suivant, emprunté à M. Grég. Garabed et dont nous lui laissons toute la lesponsabilité. • Lors de l'invasion de la Perse par Tameilan, ses généraux, sur son ordre exprès, dévastèrent et brûlèrent de fond en comble les villes et les villages et coupèrent les arbres au niveau du sol; mais le conquérant barbare commanda de rassembler avec le plus grand soin les livres et les manuscrits des Arméniens, des Géorgiens, des Syriens et des autres peuples qu'il avait soumis et de les réunir k Samarkand, où ils furent déposés dans un château fort; défense fut faite, sous les peines les plus terribles, d'en laisser jamais sortir un seul. On comprend de quelle ressource serait pour le monde savant la connaissance de cet immense trésor enfouipendant des siècles au centre de l'Asie et religieusement respecté, grâce à la crédulité superstitieuse des habitants musulmans. Un Arménien, natif d'Ispahan, M. Khatcadour, qui connaissait à fond non-seulement son idiome national, mais encore ceux des Arabes, des Persans, des Syriens, des Afghans, et qui s'était, dans de fréquents voyages parmi ces peuples, si bien familiarisé avec leurs mœurs, leur littérature, leurs usages les plus intimes, que jamais ces peuples fanatiques n'auraient pu deviner en lui un chrétien, entreprit, il y a quelques années, d'aller fouiller cette mine vierge et féconde. Revêtu d'un costume de- cheik et manifestant les signes extérieurs de la plus profonde piété, il pénétra jusqu'à Samarkand et apprit que les livres en question étaient entassés dans un château gardé avec la plus grande vigilance, car personne ne pouvait les visiter sans une permission des ministres, et qu'il était fort difficile de l'obtenir. Le château fort était, disait-on, hanté par des esprits malins qui tuaient ou rendaient fous ceux qui tentaient d'y pénétrer. M. Khatcadour, se faisant fort de vaincre tous ces obstacles à l'aide des tout-puissants amulettes qu'il avait rapportés de La Mecque, obtint la permission de se rendre vers cet endroit re-

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douté, et, après une marche longue et pénible, il arriva au caveau où sont déposés les livres et dont la porte était défendue par des serrures et des cadenas énormes. A ce moment son escorte le quitta, en l'avertissant qu'elle viendrait ie reprendre dans une heure. Abandonné à lui-même, le courageux explorateur, après avoir à grand'peine ouvef t les portes massives de la salle, parvint à se glisser dans l'intérieur; il entra. Quel spectacle! Des milliers de livres de diverse1* grandeurs entassés pêle-mêle les uns sur les autres ou gisant ça et là sur la poussière! N'ayant qu'une heure devant lui, M. Khatcadour se met immédiatement à l'œuvre ; il commence à ouvrir un énorme volume en caractères grecs intitulé : Histoire des anciens héros de toutes les nations, par les pontifes du temple de Diane et de Mars; puis il feuillette un livre syriaque en dialecte arménien, sans titre, puis un manuscrit géorgien, puis plusieurs livres arabes, grecs, tous inconnus jusqu'ici pour la plupart; enfin il s'empare d'un livre arménien, écrit par Elisée, intitulé : Soulèvement national de l'A rménie chrétienne au v» siècle contre la loi de Z 'oroastre, qui fut plus tard traduit en français. Malheureusement le retour de l'escorto vint couper court à ces fructueuses recherches, ot M. Khatcadour, afin de ne pas éveiller les soupçons de ses dangereux surveillants, se vit obligé de renoncer k pousser plus loin ses investigations. »

SAMAUOBMVA, ville de la Gaule, dans la Belgique Ile, capitale des Ambiani, sur la Samara (Somme). Aujourd'hui Amiens.

SAMARRA, ville de la Turquie d'Asie, dans le pachalik et à 117 kilom. N.-O. de Bagdad, sur la rive gauche du Tigre; 2,100 hab.

SAMARY (Philippe), ecclésiastique français, né à Carcassonne en 1731, mort en 1813. Nommé par le clergé député aux états généraux de 1789, il commença par se réunir au tiers état avec plusieurs de ses collègues. Il changea bientôt de politique, parla à la tribune contre les lois restrictives des privilèges du clergé et refusa de prêter serment à la constitution, ce qui le força da fuir à l'étranger. Il gagna Rome. Revenu, en 1801, dans son diocèse, il trouva sa place occupée par un curé constitutionnel. Peu do temps avant sa mort, Samary fut nommé (sept. 1803) chanoine et curé de la cathédrale de Saint-Nazaire.

SAMASSI, bourg du royaume d'Italie, dans la Sanlaigne, province et district de Cagliat i, mandement de Serramanna, sur la rive gauche du Manna; 2,433 hab.

SAMATAN, bourg de France (Gers), ch.-l.

de cant., arrond. et à 3 kilom. N.-E. de Lombez, sur la rive gauche de la Save ; pop. aggl., 1,375 hab. — pop. tôt., 2,34s hab. Briqueteries, tuileries ; fabrication de chapeaux, coton, cuirs ; commerce de laine, bestiaux, grains et autres produits du sol. Ce bourg se forma au xne siècle, autour d'un château des comtes de Comminges; on y voit une bulle place, autour de laquelle s'élèvo une halle, et un hôtel de ville de construction moderne.

Silmn-Véclo. V. VÉDAS.

SAISIBA ou SCMBA, île de l'Océanie, dans la Malaisie, archipel de la Sonde, à 80 kilom. S. del'île Florès, par9°35ret 10» 15' do latit. N. et ll-o j 3' et 1 18«de lon^it. E. Elle mesure 125 kilom. del'E.kl'O. et 50 kilom. chiN au S. Elle est partagée entre plusieurs chefs indigènes vassaux d«s Hollandais, qui lui donnent le nom de Sandelbosch, a, cause de la grande quantité de bois d^ sandal qu'on y trouve.

SAMBACH (Gaspard-François), peintre et sculpteur allemand, né à Breslau en 1719, mort k Vienne en 1798. Mandé dans cette dernière ville par son collègue Donner, Sambach se fit rapidement une belle réputation et devint professeur à l'Académie des beauxarts de Vienne, puis directeur de cette institution. On cite ses bas-reliefs en ronde bosse, dont les principaux sont conservés dans les églises de la Hongrie, de la Croatie et de la Moravie. Son chef-d'œuvre, qui représente neuf enfants, est au Belvédère de Vienne.

SAMBAS, ville forte de l'Océanie, sur la côte occidentale de Bornéo, à 40 kilom. de l'embouchure de la petite rivière de Sambas, par lo 22' de latit. N. et 107° de longit. E,, U 150 kilom. N. de Pontiana. Elle est la capitale d'un petit royaume du même nom, tributaire des Hollandais et situé entre le royaume de Bornéo au N. et k l'E. et celui de Pontiana au S., baigné k l'O. par la mer de Chine . Récolte d'opium; exportation d'or, diamants, antimoine, camphre, cire, fer, ébène, poivre, bézoards.

SAMBIASE, bourg du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure lie, district de Nicastro, mandement de Catanzaro; 6,797 hab. .

SAMB1ASI (François), jésuite italien, né à Coscnza en 1582, mort en Chine eu 1649. Il entra dans l'ordre de Jésus à l'âge de vingt ans et fut, sur sa demande, envoyé commo missionnaire aux Indes, puis en Chine. Il sut gagner les bonnes grâces du gouvernement chinois et réussit k obtenir, vers 1637, l'autorisation de reconstruire -à Nankin l'églisecatholique, qui avait été détruite pendant une émeute. Il fut nommé mandarin par l'em-

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pereur Houng-Kouang, qui l'envoya comme ambassadeur à Macao pour solliciter les secours des Portugais. Sambiasi n publié, en langue chinoise : De anima tripiiee, uegetativa, sensitivaet spirituali (2 vol. in -fol.), dont on conservait un exemplaire dans la bibliothèque des jésuites a Rome. 11 a écrit deux autres traités: De somno, De pictura.V. Sou th- ■well (Bibi. scriptor. soc. Jesu , p. 252).

EAMBIEU interj. (san-bieu — par corrupt. de sang de £ieu).Sovt& d'ancien jurement qui était une corruption euphémique de sang dr dieu.

SAMBIN (Hugues), architecte français, né a Dijon. Il vivait au xvie siècle. On croit qu'il fut éleva de Michel-Ange. Ses principaux travaux, exécutés dans sa ville natale, sont: le portail et les dômes de l'église Saint-Michel, !e bas-relief du Jugement dernier, dans la même église ; le plafond de la chambre des comptes, les formes de l'abbaye de Sainte- Bénigne et de l'église Saint-iïtienne. On lui doit, en outre : Œuvre de la diversité des termes dont on use en architecture {Lyon, 1&72, in-fol.).

SAMBLANÇAY ou SEMBLANÇAY, village et commune de France (Indre-et-Loire), canton de Neuillé-Pont-Picrre, arrrond. et k 1G kilom. N.-O. de Tours; 1,164 hab. Ruines d'un ancien château bâti par foulques Nerra , reconstruit et habité par le surintendant Samblançay. Charles VII et Henri II y habitèrent.

SAMBLANÇAY, ancien receveur général.

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