STUC
Vitruva a laissé des détails très-circon • stanciés sur la manière de préparer et d'appliquer le stuc. Il n'est pas sans intérêt de connaître quelques-uns des passages où il traite de cette matière, d'autant plus que les procédés de préparation alors en usage sont, a peu de chose près, les mêmes que ceux qu on emploie de nos jours.
Les stucs les meilleurs et les pins solides sont faits avec de la chaux; on trouve, dans les ruines de plusieurs édifices de Rome, des parties de stucs encore bien conservées, quoique exposées depuis plus de quinze siècles à 1 humidité et à toutes les intempéries de l'air. « Pour bien faire ces sortes d ouvrages, dit Vitruve, il est essentiel de se pourvoir longtemps à l'avance de chaux en pierre de la meilleure qualité, qu'on fera éteindre tout de suite, afin que, si quelques morceaux n'avaient pas reçu au four le degré de cuisson convenable, une macération prolongée puisse déterminer leur effervescence, et que l'action corrosive de celle qui se trouve en fusion achève ensuite de les dissoudre entièrement. On ne doit se servir que de chaux bien éteintes et qui ont longtemps reposé dans des bassins de réserve. En se servant de chaux nouvellement éteinte, la dissolution tardive des parties dont la calcination n'est pas parfuite et que n'a pu résoudre la durée de la macération occasionnerait, dans la suite, de petites soufflures dans les enduits et corromprait l'unité et la beauté des stucs. »
La meilleure matière que l'on puisse mêler avec de la chaux bien éteinte, pour faire de beau stuc, solide et durable, est la poussière de marbre de Carrare, parce qu'il est le plus blanc et le plus briilant; c'est ce que faisaient d'ailleurs les Romains. A défaut de cette poussière, on peut se servir d'autres marbres blancs. On pourrait encore faire usage de certaines pierres blanches dont le grain est très- fin, comme la pierre de Tonnerre et la craie de Champagne ; mais le stuc n'est pas si beau. Certains stucateurs ont employé avec succès de la poudre d'albâtre gypseux cru ou de beau plâtre; seulement, ce stuc résiste mal à l'humidité.
On ne prépare le stuc pour les ornements que lorsque l'on est prêt à l'employer. On le forme de portions égaies de poudre de marbre et de chaux, que l'on broie sans y mettre d'eau. Lorsqu'au lieu de poudre de marbre on se sert de quelque autre, la quantité de chaux peut varier selon que la poudre est plus au moins grosse ou absorbante. On ne cessera pas de broyer que le mélange ne soit parfaitement opéré.
Lorsque les ouvrages en stuc doivent avoir beaucoup de saillie, comme des chapiteaux, des trophées, des corniches, on commence par faire l'ébauche ou l'ossature de la manière suivante : On fiche sur l'emplacement de l'ouvrage, pour le soutenir, des clous plus ou moins grands, ou d'autres ferrements, selon la saillie. On mouille, puis on ébauche avec de bon plâtre gâché serré, et très-rapidement. On continue avec an mélange de plâtre et de mortier, et enfin avec du mortier de chaux et du sable très-fin. On donne au modelé la forme définitive avec des râpes, raclettes, etc. On laisse bien sécher et on recouvre avec le stuc dur formé de chaux et de marbre. On commence par mouiller l'ébauche, puis on l'enduit au pinceau de stuc trèsliquide. On étend ensuite, sans perdre de temps, le stuc à l'état pâteux ; puis, lorsqu'il commence à sécher, on lui donne le modelé définitif et on le polit avec des ébauchoirs d'acier et des linges mouillés un peu rudes, entortillés autour du doigt. Il y a même des contours que l'on traite avec le doigt seul pour arriver à un moelleux que l'ébauchoir ni la spatule ne sauraient leur procurer. Ces instruments ne sont bons que pour des ouvrages terminés par des lignes droites. On unit les grandes surfaces avec des tampons de linges mouillés un peu rudes. Il faut surtout avoir soin de rendre les arêtes bien nettes et bien franches, autrement le travail, quoique bon et solide, ne plaît pas à l'œil.
Pour les ornements en bas- relief dans les encadrements, il est inutile de faire l'ébauche en plâtre et mortier. It suffit de bien mouiller le fond, qui doit être un peu rude ; ou étale dessus une couche mince de stuc, que l'on unit a la truelle, puis avec un linge. C'est, du reste, de cette façon que l'on étend le stuc sur les surfaces lisses des murs et des voûtes. C'est sur ces fonds unis que l'on trace les dessins des ornements peu saillants; on masse rapidement avec le stuc pâteux, puis on donne le modelé, en ayant soin de mouiller de temps en temps pour empêcher le durcissement trop rapide, afin que le tout ne fasse qu'un même corps.
Pour les moulures, telles que corniche, pilastres, caissons, etc., d'une grande étenslue, on se sert de deux calibres : l'un un peu plus petit pour terminer l'ébauche en plâtre et mortier, et l'autre définitif pour modeler le stuc qui, dans ce cas, doit être plus liquide que pour les ornements et plus riche en chaux.
Ces calibres doivent être garnis d'une lame de fer, afin de rendre les moulures nettes et franches et les arêtes bien vives.
Lorsque les stucs sont exposés, à l'extérieur, à toutes les intempéries, il est prudent de ne pas y faire entrer de plâtre du tout, même pour le massage de l'ébauche. On le remplace par de la pouzzolane ou des tuileaux