SAME
la construction : C'est une échelle de la largeur de 4 pieds, qui, étant dressée, est aussi haute que les murailles. Les deux côtés de cette échelle sont garnis de balustrades et de courroies de cuir qui régnent jusqu'à son sommet. On la couche en long sur les côtés des deux galères jointes ensemble, de sorte qu'elle passe de beaucoup les éperons; et, au haut des mâts de ces galères, on attache des poulies et des cordes. Quand on doit se servir de cette machine, on attache les cordes à son extrémité, et des hommes l'élèvent audessus de la poupe par le moyen de poulies ; d'autres, sur la proue, aident aussi à l'élever avec des leviers, puis, lorsque les galères ont été poussées à terre par les rameurs des deux côtés extérieurs, on applique cette machine k la muraille. Au haut de l'échelle est un petit plancher bordé de claies de trois côtés, sur lequel quatre hommes repoussent en combattant ceux qui, des murailles, s'opposent k l'opération. Quand la sambuque est appliquée et que les hommes sont arrivés sur la muraille, ils jettent bas les claies, et, à droite et à gauche, se répandent sur les murs ou dans les tours. Le reste des troupes les suit sans crainte, parce que la machine est fortement attachée avec des cordes aux deux galères. »
SAMBUQUIER s. m. (san-bu-kié — du lat.
sambucus, même sens. V. sambuque). Bot.
Nom vulgaire du sureau, dans le raidi de la France.
SAME s. m. (sa-me). Ichthyol. Un des noms vulgaires du muge.
SAME, nom donné par Homère à l'Ile de Céphalénie et à la ville principale de cette lie. Les Romains prirent et détruisirent cette ville en 189 av. J.-C.
SAMEDI s. m. (sa-me-di — du lat. sabbati dies, le jour du sabbat ; le provençal, retournant les termes, dit dissapte, comme on dit en français dimanche). Septième jour de la semaine ; Je partirai samedi prochain. Le Samedi est, chez les juifs, le jour du sabbat. (Acad.) Un concile de Béziers tenu en 1351 exhorte les ecclésiastiques et surtout les bénéficiers à ne point manger de viande le samio»!. (Sallentin.) Il Samedi saint, Samedi de la semaine sainte.
— Loc. fam. Il est né le samedi, il aime besogne faite, Se dit d'un paresseux, parce que le samedi est le dernier jour de travail de la semaine. Il Cela sent le samedi, C'est là une besogne faite à la hâte, comme on fait le samedi une besogne qui doit être achevée le dimanche. U Locution vieillie.
— EncycL Relig. Samedi saint. De nos jours, le samedi saint est marqué, dans beaucoup de localités, par des coutumes et des fêtes toutes particulières. C'est ainsi qu'en Normandie, par exemple, il se forme des compagnies de jeunes gens qui vont, un violon en tête, chanter durant la nuit, par les maisons, où on leur donne des œufs, un chant ù' Alléluia sur la résurrection. Mais c'est surtout en Italie que la population s'émeut le samedi saint. INous ne saurions mieux faire que de transcrire la description suivante qu'en a donnée M. F. Rizzelli dans le Petit Moniteur .•
< Dès l'aube, les villes sont envahies par de robustes paysannes aux fraîches toilettes. Elles portent sur leurs têtes de grandes cages remplies de colombes et de petits oiseaux. Riches et pauvres font provision de cette fringante marchandise; il y en a pour toutes les bourses. On en acheté pour son compte, pour faire des cadeaux aux églises, pour en envoyer aux familles amies. Les cloches se taisent toujours ; les riches voitures de maître, les modestes fiacres, qui, par ordre de police, ont été remisés le jeudi saint après le Gloria, n'ont pas repris leur course effrénée ; on continue à entendre le bruit sec et agaçant des crécelles ; l'Eglise est encore en deuil Mais à midi les cloches se réveillent, le canon gronde, des fanfares joyeuses parcourent les rues, carrosses et cabriolets s'élancent dans tous les sens, on tire des coups de fusil des fenêtres et des rues, des bandes de gamins parcourent la ville en lançant des pierres contre les portes cochères qui sont fermées. Le Christ est ressuscité, Alléluia; chant, tapage. Dans les églises, sur les places, des balcons pavoises. On donne immédiatement la liberté à ces charmants prisonniers ailés, achetés une heure avant. On voit alors des milliers d'oiseaux voltiger pendant quelques minutes au-dessus des maisons, étonnés de ce bonheur inattendu, incertains sur le chemin qu'ils vont prendre...; puis ils se dispersent dans les airs en poussant de petits cris d'allégresse. A ce moment, des prêtres en surplis, suivis des enfants de chœur portant l'eau bénite, sortent des églises. Ils vont bénir toutes les habitations chrétiennes. A la brune ils rentrent, le prêtre son aumônière pleine , l'enfant de chœur pliant sous le poids des grappes de saucisses et de mortadelles, qui seront plus tard vendues au bénéfice de l'Eglise.
» Le samedi saint est un jour ou l'on fait une débauche d'humour à. Rome. La statue de Pasquin en sait quelque chose. Les noms les plus illustres, les sujets les plus sérieux sont affichés à ce pilori sarcastique.
» Dans plusieurs villes des Romagnes, les maîtres aristocratiques permettent à leurs domestiques de les tutoyer, respectueusement, pendant la journée.
SAMI
» A Florence, an quart d'heure avant midi, un grand char traîné par quatre boeufs blancs s'arrête sur la place du Dôine, entre la façade de l'église et celle du baptistère. Sur ce char s'élève une haute pyramide hérissée de fusées et autres pièces pyrotechniques. Un bout d'une longue corde, qui part d'un petit feu d'artifice préparé dans l'église, est noué sur le sommet du char. Lorsque les prêtres entonnent le chantde la résurrection, on lance le long de cette corde une colombe mécanique qui allume le feu d'artifice du char, puis l'autre de la basilique. Le char de la colombe a de vieux panneaux dont les peintures sont attribuées à Daniel de Volterre. Quant à la colombe, elle a dans son sein un petit morceau de silex qui, au moyen d'un mécanisme, fournit l'étincelle. Ce fragment de silex fut détaché du saint sépulcre, dit-on, et rapporté à Florence par un chevalier de la famille Pazzi, au temps des croisades.
• Le lendemain, après la grand'messe de Pâques, du haut du Vatican, le pape donne cette bénédiction solennelle qui enveloppe, dans la même pensée de grâce et de paix, les catholiques et les hétérodoxes, la ville éternelle et le monde entier. >
Samedis et Nonveaux samedis, par M. de
Pontinurtin. V. Causeries littéraires.
SAMEK s. m. (sa-inèk). Philol. Nom de la quinzième lettre de l'alphabet hébraïque, qui correspond k notre s. u Lettre numérale hébraïque qui vaut 60, et 6,000 quaud elle est surmontée de deux points.
SAMEN ou SEM IN, district de l'Abyssinie, au S.-O. du Tigré, couvert par une chaîne de montagnes qui porte le même nom. Cette chaîne se dirige du S.-O. au N.-E. et encaisse k gauche le cours supérieur du Tacazô ou Astaborus.
SAMEQU1N s. ro. (sa-me-kain). Mar. Sorte de vaisseau turc.
SAMER, bourg de France (Pas-de-Calais), ch.-l. de cant., arrond. et à 1G kilom. S.-E. de Boulogne; pop. aggl., 1,428 hab. — pop. tôt., 1,976 hab. Elève de moutons et de chevaux. Ruines d'une abbaye fondée en 668 par saint Walmer.
SAMESTBE s. m. (sa-mè-stre). Comra. Corail rouge de Smyrne.
SAMGAR , fils d'Anath. Il est compté généralement comme un des juges d Israël. La Bible ne lui donne pas ce titre, mais bien celui de Liiiérnieur d'UraSl, parce qu'il « défit les Philistins au nombre de 600, avec un aiguillon de bouvier. » Le seul verset du livre des Juges qui parle de Saingur semble ou bien n'être pas à sa place, ou bien être interpolé. Samgar, qui vient après Ehud, ne rendit pas la tranquillité et la paix aux Israélites par l'exploit unique et tout à fait fantastique que nous venons de citer. Le cantique do Déborah nous dit, en effet, que :
Aux jours de Samgar, fils d'Anath, Aux jours de Jae!, les routes restaient désertes, Et ceux qui jadis suivaient les chaussées Pratiquaient les chemins tortueux (c.-à-d. détournés),
SAMIIAR, région montagneuse de l'Afrique orientale, entre l'Abyssinie propre à l'O. et la mer Rouge à l'E. Elle est couverte de forêts peuplées de bêtes féroces, où vivent quelques tribus indépendantes.
SAMHIRI (Ignace-Antoine), patriarche catholique de Syrie, né à Mossoul en 1801, mort en 1864. 11 appartenait à la secte des jacobites et était secrétaire de leur patriarche, lorque ce dernier le choisit, en 1826, pour éveque coadjuteur; mais, dès l'année suivante, il rentra dans le sein de l'Eglise romaine et son exemple trouva beaucoup d'imitateurs parmi ses coreligionnaires. Le patriarche des jacobites, désireux de mettre un terme aux progrès de ces conversions, obtint du sultan que Samhiri fût emprisonné à Mardin ; mais, au bout de huit mois, il recouvra la liberté, grâce à l'intervention de l'ambassadeur de France, et se mit alors k parcourir la Syrie en prêchant partout la religion catholique. De nouvelles persécutions l'obligèrent à se réfugier à Constantinople, où, toujours grâce à l'appui de notre représentant, il réussit k arranger ses affaires au gré de ses désirs. De retour en Syrie en 1841, il prit possession de trois églises des jacobites, bien que le nombre de ces derniers fût supérieur à celui des catholiques, et le patriarche furieux essaya vainement de soulever contre lui les mahoraétans. En 1853, Pie IX nomma Samhiri vicaire apostolique et patriarche d'Antioche, en résidence à Mardin. Deux ans plus tard, il fit, dans l'intérêt de son Eglise, un voyage à Roinu, puis à Paris, où son secrétaire, le prêtre Jean Mamarbaschi, publia un ouvrage intitulé : les Syriens catholiques et leur patriarche monseigneur Samhiri (1S5G).
SAMICUM, ancienne ville du Pélupunèse, depuis longtemps ruinée. On trouve des vc^ti'fos de son acropole à l'extrémité du lac Katpha, pros du fort KJJi.
SAMIEN, IENNE s. et adj. (sa-mi-ain, i-èiii'). Uéogr. anc. Habitant de Samos; qui appartient k Sainos ou k ses habitants : Les S.miiuns. La population samienne.
— l'iiilol. Lettre samienne ou de Pythagore, Upsilon (Y), que l'on considérait comme l'era-
SAMM
blême de la vie humaine partagée en deux routes.
— Mat. méd. Terre samienne, Sorte de terre bolaire qu'on tirait de l'île de Samos.
— Techn. Pierre samienne, Pierre qu'on tirait autrefois des mines de Samos, et dont les orfèvres se servaient pour brunir l'or.
* SAMIER s. m. (sa-mié). Moll. Nom vulgaire d'une espèce de murex du Sénégal.
SAMIS ou SAM1T s. m. (sa-mi. — Quelques-uns tirent ce mot du grec examitos, composé de six fils; mais cette étymologie n'est rien moins que certaine). Comtn. Ancienne étoffe de laine ou de soie, qui était tramée de lames d'or : Les plus beaux samis étaient ceux de Venise, de Florence, de Bologne et de Naples. Li barons et li chevaliers furent en robes de soie et de samit. (Joinville.) L'oriflamme était de samis vermeil. (Bouillet.)
SAM1SAT ou SEMISAT, autrefois Samosate, ville de la Tinquie d'Asie, dans le pachalik d'Alep, sur l'Euplirate, à 40 kilom. N.-O. d'Ourfa (l'ancienne Edesse).
SAMLAND, ancienne division de la Prusse orientale, qui avait pour chef-lieu Kœuigsberg.
SAMMARTINO (Matthieu), comte de Visché, poëteet grammairien italien, né en 1494. Il a publié vers 1540 des églogues (Pescatorie ed eglophe, Venise, in-8°), mélange de prose et de vers à l'imitation de l'Ameto de Boccace, de VArcadie de Sannazar et des Asolani de Bembo. Sammartino a été, après Rota, lo premier représentant en date de la poésie italienne dite pescatoria. Quoi qu'en ait dit Zéno, c'est, en réalité, Rota et non Sammartino qui a le mérite d'avoir le premier fait des poésies de ce genre. Sammartino a publié aussi des Observations grammaticales et poétiques sur la langue italienne ( Osservaîioni, etc., Rome, 1555, in-S°).
SAMMICHEL1 (Michel), architecte et ingénieur italien. V. San-Micheli.
SAM-MIRZA, biographe persan du xe siècle de l'hégire. Il était un des quatre fils de Schah-Ismaël, le fondateur de la d\pnastie des Sophis et le premier chef couronné des chiites ou séparés (schah-sheah) , doctrine opposée à celle des sunnites ou traditionnaires, que suivent les Turcs. Il descendait par son bisaïeul, Séphi ou Suphi, ou Sophi, le restaurateur de la secte d'Ali, en Perse, de Seid- Imam-Moussa-Cadhem, le septième des douze imans issus d'Ali, quatrième calife ; c'était, par conséquent, jusqu'à Mahomet lui-même, père de Fatime, que remontait l'illustration de sa race. Le frère aîné de Sam-Mirza, Thamar, était l'héritier présomptif du trône glorieusement conquis par son père. Mais Schah- Ismaël ayant réuni le Khorassan à ses vastes domaines le donna en apanage à son fils cadet, et Sam-Mirza se dédommagea en se vouant tout entier aux douceurs d'une vie facile et au culte des lettres. Hâtons-nous de dire qu'il s'était épris de bonne heure d'un goût très- vif pour les choses de l'esprit, avant eu pour maître, comme il ne manque point d'en prévenir le lecteur, le célèbre poëte Khodja-Schéhabeddin-Abdallah-Béyani , surnommé, à cause de la beauté de ses vers, Merwaridi (le marchand de perles), et auteur d'une histoire de Schah-Ismaël, ainsi que d'un roman de Khosrau et Schirin. Sam-Mirza, reconnaissant des leçons de Merwaridi , se lia d'amitié avec son fils Mirza-Moumen qu'il promut à une des plus hautes dignités ecclésiastiques de son gouvernement; et, comme il rassemblait, dès cette époque, les maté-riaux de son Histoire des poêles , sa plus chère préoccupation, dès l'installation de sa petite cour à Hérat,. fut d'y attirer tout ce que le royaume de Perse renfermait alors d'écrivains distingués. C'est ainsi qu'il put se renseigner sur les faits principaux, ou s'instruire des circonstances ignorées , des traits curieux , des nombreuses anecdotes consignés dans son ouvrage , consultant tour à tour, avant de mettre la main à la plume, soit le conteur charmant Oustad-Deust-Mohammed, qui était un excellent joueur de flûte, soit 1 ancien commensal du savant émir Ali-Schir, le tendre et sublime poète Hélali, dont les Metlmevis (odes religieuses) rivalisent d'inspiration avec le Bostan de Saadi. « Le peu que je sais, je le dois à ces grands hommes, dit Sam-Mirza modestement; je leur dois de savoir distinguer le blanc d'avec le noir. •
L'Histoire des poètes de Sam-Mirza (Teskirat-al-Schoaraï) porte en premier titre celui de Tohfahi-Sami (le présent sublime). Elle est divisée en sept livres (sahifa). Dans le premier, l'auteur raconte assez brièvement les faits et gestes de son père Schah-Ismaël, avec ceux des princes ses contemporains. Le second a deux parties et pour titre général : Des séids (hommes pieux, sortis de la famille du Prophète) et Des ulémas (docteurs de la loi). La première partie est consacrée au* séids, la seconde aux ulémas et aux eadhis (juges). Le troisième livré contient la biographie des vizirs ou autres personnages qui , suivant l'expression même de Sam-Mirza, ont exercé quelque ministère de plume. Le quatrième fait mention de tous les hommes qui, sans être poëtes, ont composé cependant quelques poésies (quarante-quatre noms). A ce livre est joint un appendice parlant de