‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 74 sur 1059 · SAMN · texte numérisé non relu

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ritoire forme actuellement dans le royaume d'Italie les provinces de Molise, de la Principauté Ultérieure et une partie de celle de l'Abruzze.

Samnium (GUERRE DU). On désigne SOUS Ce nom la longue lutte que les Samnites, alliés avec plusieurs petits peuple d'Italie, soutinrent contre les Romains, de l'an 343 à l'an 290 av. J.-C, pour garder leur indépendance. Les Samnites avaient un traité de' paix avec les Romains lorsque, ayant attaqué les Gampaniens, ceux-ci implorèrent le secours de Rome. Capoue s'étant donnée aux Romains (343), le consul Cornélius Cossus partit avec une armée pour la défendre contre les Samnites. Enveloppé par l'ennemi dans un défilé près de Saliculn, il fut sauvé grâce à l'intrépidité du tribun légionnaire Decius Mus. L'année suivante, Marcus Valerius Corvu3 battit les Samnites sur le mont Ganrus et à. Suessula, et la paix fut conclue en 341. Malgré cette défaite , les Latins se soulevèrent, mais ils furent vaincus près du Véséris par Decius Mus et Manlius Torq'uatus, en 340. La guerre du Samnium recommença en 326. Dans cette seconde guerre, les Samnites eurent pour alliés les Apuliens, les Lucaniens, puis les Péligniens et les Marses. Battus d'abord par Quintus Fabius Rullianus, par Lucius Papirius Cursor, par Aulus Cornélius Arvina, et chassés de la Campanie, ils se rejetèrent sur l'Apulie et remportèrent une éclatante revanche, l'an 321, sous les ordres de Pontius Herennius aux Fourches Caudines. Moins heureux ensuite, ils furent battus dans le Samnium et à Luceria par Lucius Papirius Cifrsor et par Quintus Publins Philo. Dans cette ville, les Romains trouvèrent 600otages, les armes et les enseignes perdues aux Fourches Caudines et firent passer sous le joug 7,000 prisonniers samnites , avec Pontius Herennius. A la suite de cette campagne, pendant laquelle Straticum fut repris et l'Apulie reconquise, les Samnites demandèrent une trêve de deux ans (318). A l'expiration de la trêve, les Samnites reprirent l'offensive, appelèrent aux armes tous les hommes en âge de combattre et vainquirent dans les gorges de Laututes le dictateur Fabius (313). La Campanie se prononça alors contre les Romains, qui rentrèrent peu après dans le pays, écrasèrent les Aurunces et remportèrent près de Caudium une victoire complète sur les Samnites, qui y perdirent 30,000 hommes (314) et furent rejetés dansl'Apennin.

La guerre contre les Samnites recommença en 311 et entra alors dans une nouvelle phase. Effrayés de la fortune croissante de Rome, les Etrusques, les Ombriens et les Herniques formèrent une ligue avec les Samnites. Pendant que les Romains assiégeaient la capitale des Pentres, une armée d'Etrusques alla assiéger Sutrium , à quelques heures de marche de Rome, pendant que les Samnites se jetaient sur l'Apulie. Fabius, après avoir fait couvrir Rome par une armée de réserve, traversa la forêt Ciminienne, pénétra dans l'Etrurie qu'il ravagea, tua, près de Pérouse, 60,000 Etrusques et Ombriens et força Pérouse ( Cortone et Arretium à demander une trêve de trente ans. Cette campagne , qui contraignit les Etrusques à abandonner à la hâte le siège de Sutrium, amena la dissolution de la confédération. Pendant ce temps, les Samnites battaient Marcus Rutilius. Fabius , sur la demande du sénat, nomma alors dictateur Papirius Cursor, qui écrasa les Samnites (309); puis Fabius entra dans le Samnium, battit les Marses et les Péligniens qui venaient de se soulever, .soumit Micérie, révoltée depuis sept ans, remporta une nouvelle victoire sur les Ombriens et força une armée samnite à" mettre bas les armes. Les Herniques, soulevés k leur tour de concert avec les Samnites , firent pendant quelque temps trembler Rome ; mais enfin le consul Quintus Marcius les battit à trois reprises , puis marcha contre les Samnites, à qui il fit éprouver le même sort et ravagea entièrement le Samnium (307). Cependant les Sam- I nites résistaient encore avec une héroïque ! opiniâtreté. Mais ils furent écrasés de noui veau à la à la bataille de Bovianum et ils du- ! rent demander la paix, ainsi que les Marses, les Péligniens, les Marrueins et les Frentans (305) et reconnaître la suprématie romaine.

La paix qui fut alors signée ne devait être qu'une trêve, car une haine implacable existait entre les vaincus et les vainqueurs. Les Samnites parvinrent à former une nouvelle ligue dans laquelle entrèrent les Etrusques et les Ombriens, et la guerre recommença en 300. Valerius Corvus pénétra alors dans l'Etrurie, qu'il dévasta (299). L'année suivante, le consul Scipion battit près de Volaterra les Etrusques, qui demandèrent des secours aux Gaulois. En 297, les consuls Fabius Rullianus et P. Decius pénétrèrent dans le Samnium, qu'ils dévalèrent systématiquement. Quittant alors leur pays , les Samnites, sous les ordres d'Egnatius, se jetèrent dans l'Etrurie, soulevant les villes qui hésitaient, entraînant les Ombriens et appelant les Gaulois. Rome mit alors cinq armées sur pied pour briser la formidable coalition qui la menaçait. Fabius marcha contre l'armée gallo-samnite, qu'il rencontra àSentinum (295). Le choc fut terrible et la victoire, longtemps disputée, se pronoDçaen faveur des Ro-

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mains, qui firent 8,000 prisonniers; 25,000 cadavres gaulois et samnites couvraient le champ de bataille ; Egnatius avait péri et 5,000 Samnites seulement purent regagner leurs montagnes. La coalition était dissoute et Fabius, -après avoir battu une nouvelle armée près de Pérouse, alla recevoir à Rome les honneurs du triomphe. Pendant que les Etrusques demandaient une trêve de quarante ans, les Samnites continuaient chez eux la guerre et avaient formé une armée de 40,000 hommes sous les ordres d'Ovins Paccius. Attaqués par le consul Papirius, ils furent encore une fois écrasés à Aquilonie, malgré des prodiges de bravoure (293). Les débris de ce peuple mirent alors à leur tête Pontius, le héros des Fourches Caudines. Pontius obtint quelques avantages ; mais Fabius gagna sur lui une bataille décisive dans laquelle Pontius fut vaincu, fait prisonnier, et où 20,000 Samnites trouvèrent la mort. Curius Dentatus, après avoir anéanti ce qui restait de l'armée samnite, imposa à ce peuple un traité par lequel les Samnites firent définitivement leur soumission (290), et les Romains, pour empêcher toute nouvelle révolte, établirent à Venouse une colonie de 20,000 hommes.

SAMNOU , ville d'Afrique, régence de Tripoli, dans le Fezzan, à 52 kilom. N.-E. de Sebha. Elle est entourée de collines et renferme trois mosquées avec minarets; jardins et palmiers nombreux autour de la ville.

SAMOA (îles), îles de l'Océanie. V. Hamoa.

SAMOCHON1T1S LACUS ou AQILE ME-

ROM,lacde la Palestine ancienne, au N., entre la tribu de Nephtali et la demi-tribu orientale de Manassé, traversé par le Jourdain supérieur. Josué vainquit sur ses bords Jabin et d'autres chefs chananéens. Ce lac porte aujourd'hui le nom de El-Houla; ses eaux sont bourbeuses, malsaines, mais trèspoissonneuses.

SAMOËNS, bourg de France (Haute-Savoie), ch.-l. de cant., arrond. et à 31 kilom. E. de Bonneville, à l'entrée de la vallée de Clévieux; pop. aggl., 1,311 hab. — pop. tôt., 2,536 hab. Aux environs, sites très-pittoresques et beaux points de vue sur le mont Blanc et le lac de Genève,

SAMOGITIE, en lithuanien Ssamait , ancienne contrée de l'Europe septentrionale, entre la Baltique et la Courlande au N., la Prusse à J'O., la Lithuania au S. et l'E. ; capitale, Rossieny. Cette contrée fut au pouvoir de l'ordre Teutonique de 1404 à mi; le christianisme n'y fut établi qu'en 1431. Elle forma plus tard une province de l'ancien royaume de Pologne; elle est comprise de nos jours dans le gouvernement russe de Kowno et donne son nom k un évêchô dont le siège est à Rossieny.

SAMOIÈDES, peuple de Russie. V. Sa-

MOYÈDKS.

SAMOILOWITZ, médecin russe, qui vivait dans la seconde moitié du xvine siècle. Il fut assesseur des collèges de l'impératrice de Russie, chirurgien-major du sénat de Moscou et membre de la commission formée pour étudier les moyens de combattre la peste dans la même ville. Samoilowitz observa la peste qui ravagea la Russie en 1771 et en éprouva lui-même les atteintes jusqu'à trois fois. Outre la description assez complète, bien qu'un peu confuse, qu'il donne de la maladie, ses ouvrages renferment quelques particularités notables ; la plus importante est relative au traitement do la peste et prescrit les frictions pratiquées avec de la glace sur toute la surface du corps des malades. Nous ne mettrons pas sur la même ligne la proposition faite par Samoilotniz de pratiquer, au fort d'une épidémie pestilentielle, l'inoculation de la maladie pour l'avoir moins dangereuse. Malgré la force de sa conviction sur ce point, conviction qui allait jusqu'à lui faire proposer de s'inoculer lui-même la peste s/il ne trouvait pas de criminels qui voulussent se soumettre à son expérience, il ne parait pas que Samoilowitz ait jamais pratiqué cette opération. On a de lui : Lettre sur les expériences des frictions glaciales pour la guérison de la peste et autres maladies putrides (Paris, 1781, in-S°); Mémoire sur l'inoculation de la peste, avec la description des trois poudres fumigalives antipestilentielles (Paris, 17S2, in-8°); Mémoire sur la peste gui, en 1771, ravagea l'empire de Russie, surtout Moscou, et où sont indiqués les remèdes pour la guérir et les moyens pour s'en préserver (Moscou, 1783, in-8°).

SAMOIS , village et commune de France (Seiue-et-Marne), cant., arrond. et à 7 kilom. N.-E. de Fontainebleau, sur un coteau, près de la rive gauche de la Seine, dans la forêt de Fontainebleau; 1,085 hab. Tuilerie; commerce de bois. Aux environs, ancien ermitage de la Madeleine, transformé en maison de campagne.

SAMOLE s. m. (sa-mo-le. — Ce nom est probablement d'origine celtique , car Pline nou3 apprend que les Gaulois nommaient cette herbe samolum, qu'ils s'en servaient contre les maladies des porcs et des bœufs et la faisaient cueillir de la main gauche par des gens qui devaient être à jeun. Celui qui la cueillait ne devait pas la regarder. Le samole de Pline nous est d'ailleurs inconnu, et la plante à laquelle les botanistes ont donné ce nom n'a très-probablement aucun rapport

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avec lui). Bot. Genre de plantes, de la famille des primulacées, type île la tribu des samolées, dont l'espèce type croit dans les lieux humides de presque tout le globe.

— Encycl. Le samole de Valerand, vulgairement nommé mouron d'eau, pimprenelle aquatique, etc., est une plante bisannuelle, très-glabre dans toutes ses parties, à tige dressée, peu rameuse, portant des feuilles alternes, ovales, obtuses ou arrondies, et terminée par une longue grappe lâche de fleurs blanches. Cette plante est répandue sur toute la surface du globe; elle semble attachée en quelque sorte aux pas de l'homme. Elle croît dans les lieux humides, au bord des eaux, et fleurit en été. Dans quelques paj's, on la mange en salade. En médecine, elle passe pour antiscorbutique, apéritive, rafraîchissante et vulnéraire; mais on ne sait rien de bien certain à ce sujet. Il est fort douteux aussi que notre samole soit la plante si célèbre sous le même nom chez les Gaulois, qui allaient la recueillir avec des cérémonies superstitieuses.

SAMOLE, ÉE adj. (sa-mo-lé — rad. samole). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au samole.

— s. f. pi. Tribu de la famille des primu- i lacées, ayant pour type le genre samole.

SAMOLOÏDE s. f. (sa-mo-lo-i-de — de samole, et du gr. eidos, aspect). Bot. Nom donné à la véronique mâle ou thé d'Europe.

SAMON, souverain d'un empire slave du vue siècle après J.-C. Ii était, à l'origine de sa puissance, un des chefs des Vénedes ou Slaves des Pays-Bas, peuple soumis alors à Dagobert, roi des Francs. Quelques auteurs font de Samon un Franc né à Sens ou à Soignies (Hainaut): mais il paraît beaucoup plus probable que c était un Slave. En 622, Samon vint au secours des Slaves de Bohême contre les Avares, sur lesquels il remporta plusieurs victoires; il affranchit tous les Slaves de l'Europe centrale du joug des Avares et fut proclamé roi en 627. L'empire de Samon s'étendit, au nord, au delà de la Havel et de la Sprée, jusqu'à la Baltique et à la mer du Nord ; à l'est, jusqu'aux monts Tatry (Carpathes); à l'ouest, jusqu'au cœur de l'Allemagne actuelle ; au sud , jusqu'aux Alpes Styriennes. Ce vaste empire, dont la Bohème était le noyau, avait pour capitale Vyshegrad , faubourg de Prague. En 630 commença la guerre entre Samon et Dagobert. Ce dernier avait envoyé à Samon un ambassadeur qui avait insulté le roi slave et avait traité ses sujets de chiens, a Ces chiens, avait répondu Samon, mordent les insolents qui manquent de respect à un peuple libre et au roi que ce peuple a élu librement. «Les Francs envahirent la Bohème et furent vaincus à Touhostie (aujourd'hui Damajlitsi ou Vogastisburk) et forcés de battre précipitamment en retraite. Victorieux des Francs, Samon s'efforça de réunir à son empire tous les Slaves de l'Europe. Le prince des Slaves qui habitaient entre l'Elbe et la Saale, nommé Dervan, se reconnut pour vassal de Samon, qui chercha aussi à soumettre les Slaves de lOder et de la Vistnle, dont une partie vint alors s'établir dans la Hongrie d'aujourd'hui et au delà, au sud et à l'ouest, jusqu'à l'Adriatique. Les Avares furent dépossédés de ces contrées , oui plus tard formèrent les royaume des Serbes. A partir de C4l, l'histoire se tait sur Samon. D après le chroniqueur Frèdégaire, il régna pendant trente-cinq ans, c'est-à-dire jusqu'en 662, et eut de ses douze femmes vingt-deux fils et quinze filles. L'empire de Samon ne survécut pas à son fondateur et fut morcelé entre divers princes. La Bohême seule devint la possession d'un descendant de Samon, nomme KrukusouKrokus.

Los panslavistes parlent quelquefois de reconstituer le fameux empire de Samon ; les Bohèmes voudraient to reconstruire tel quel ; les panslavistes russes demandent qi:e lj nouveau Samon soit l'empereur de Russie. Pour justifier cette prétention, on déterre avec zèle dans le3 vieilles chroniques l'histoire de cet antique empire slave si éphémère, auquel Samon a attaché son nom.

SAMOREAU s. m. (sa-mo-rô). Vitic. Cépage qu'on cultive dans l'arrondissement do Sens.

BAMOREUX s. m. (sa-mo-reu). Mar. Bâtiment long et plat, en usage sur le Rhin et sur les canaux de la Hollande.

SAMOS, actuellement Samo, nommée par les Turcs Sousam-Adasi, île de l'Archipel, une des Sporades, près de la côte occiilemale de l'Asie Mineure, dont elle n'est séparée que par un détroit de 4 kiloin. de largeur, par 37° 43' de latit. N. et 24° 18' de longit. E. Elle mesure 56 kilom. de l'E. à l'O., sur 20 kilom. du N. au S.; suparficie, 608 kilom. carrés; 50,000 hab. Chef-lieu, Chora. La forme topographique générale de l'île de Saruos est celle d'un ovale dont le contour est découpé pan de nombreuses anfractuosités, Surtout au S. et à, l'E. Au N.-E., la côte présente une large baie, nommée Port-Vathy, du nom du principal village qui s'élève sur ses bords. Le cap Samos termine l'Ile à l'O. et le cap Praso au N.-E. L'île est montagneuse; elle est traversée à l'O. et à l'E. par la chaîne de l'Ampelox, dont la partie occidentale, le Kerki, ancien Cercetius, souvent, couvert de ueige, s'élève à 1,570 mètres. Cette partie de l'île,

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au dire du voyageur Guérin, offre les contrastes les plus frappants : " Ici , le mont Kerki, dont les horribles pentes et les immenses précipices semblent faire croire que l'île n'est qu'un prodigieux chaos de rochers entassés; là, des ravins profonds, dont les uns, privés de verdure, ressemblent l. des canaux taillés à pic entre deux murs de rochers, et les autres, bordés d'arbres, qui s'entrelacent et semés de lauriers-rosîs et d'agnus-castus, sont comme autant de fraîches oasis qui invitent le voyageur à s'arrêter. » Les pentes de plusieurs montagnes sont couvertes de pins, de cyprès, de thuias 3t de chênes; mais le déboisement, commencé depuis quelques années et poursuivi avec une grande imprudence par les indigènes, menace incessamment l'île de modifications cliinatêriques peu favorables à la santé des Saniens. Samos, en effet, célèbre jadis par la douceur de sa température, est exposée aujou.'d'hui aux vents du nord et aussi aux miasmes provenant des marais environnants, miasmes que n'interceptent plus les forêts détruites. Comme dans l'antiquité, la zone cultivée de l'île est encore d'une grande fertilité : l'olivier, l'oranger, le figuier, le grenadier, le mûrier, le citronnier, le châtaignier, le cotonnier, la vigne (muscat renommé) y creissent et y prospèrent; il en est de même des céréales, notamment du blé et du maïs. Samos produit encore de la cite, du miel et un certain nombre de plantes médicinales. Elle possède des mines d'ocre, de fer, d'émeri et des carrières de marbre blanc. Les Samiens nodernes se livrent à l'agriculture et à la navigation ; ils se dispersent dans une vingtaine^de villages, dont les principaux, après Chora* le chef-lieu, sont Vathy et Mitylini. Il ne. reste plus de l'antique Samos, capitale de l'île aux temps antiques, que des ruines qui couronnent la hauteur de Kastro, à 2 kilom. E. de la capitale actuelle. Strabon résume i.insi la description de l'ancienne Samos : " La ville et le. port regardent le midi; le mouill îge est sûr. La plus grande partie de la cité s'étend dans la plaine et est baignée par la mer; une autre partie monte le long de la montagne qui la domine. » Quant aux ruines, ellis consistent dans les suivantes, classées dais l'excellent travail analytique de M. Joani.e, travail conçu sur les ouvrages de M. Beulé : la grande enceinte, de 8 kilom. de circu.t, flanquée de tours carrées de distance en distance; l'acropole, spécimen remarquable d'architecture militaire hellénique ; la peti .e acropole, à l'E. .flanquée de fortes tours; les restes sous-marins de la jetée, longue de 2 stiides, qui abritait le port, et une autre jetée plus petite, de 180 mètres, coupant le )ort en deux. « A l'extrémité de cette jetée, ajoute M. Joanne, on voit un amas de blocs renversés, qui semblent à M. V. Guérin les ruines d'un' phare. Des ruines de temples, celles d'un théâtre mesurant environ 100 pas de diamètre et celles d'un aqueduc romain, à l'O., complètent cet ensemble. »

— Histoire. Le nom de Samos vient d'un mot phénicien qui signifie élevé, et se justifie aisément par l'escarpement de ses rives et le nombre de ses collines ; mais ce non ne fut pas le premier de l'Ile, appelée d'abord Stéphane, h cause de l'abondance de ses fleurs et do ses arbres. Habitée en premier lieu par les Pélasges, qui y établirent le eul.e de la déesse Héra (Junon), Stéphane reçut ensuite une colonie de Cariens ; enfin , lors de la grande migration ionienne, une colonie venue de l'Attîque et conduite par Prx:lès s'y installa l'an 1138 environ av. J.-C. Proclès et ses héritiers conservèrent la souveraineté de l'Ile jusqu'en 680 environ. Après la mort d'Amphicrate, qui fut le dernier de ;es héritiers, Samos se déclara libre et choisit pour son administration des magistrats élus. Un siècle plus tard, le célèbre Polycrate, que tua anneau légendaire a rendu fameux, confisqua le pouvoir et, sous le titre de tyran, que la postérité lui a maintenu, n en donna pat moins à Samos une prospérité florissante. Après sa mort, due à la trahison des Perses (524 environ), plusieurs factions se disputère it l'autorité suprême, après quoi la république fut de nouveau proclamée et consacrée d ifinitivemetit en 449, après la paix de Citium, Ici commence la nouvelle ère de grandeur de Samos ; mais cette ère fut de courte durée. Une querelle avec tes Milésiens ayant engagé Samos dans une lutte contre Athènes, Périclès débarqua dans l'île et la soumit. Les Samiens durent plus tard suivre, en qualité de sujets, les Athéniens dans leur regrettable expédition de Sicile et assistèrent à la bataille rt'jEgos- Potamos. En 403, a la suite de nom elles luttes intestines, le parti aristocratique de Samos ayant noué des intrigues avec Lacédêmone, Lysandre accourut, se reut.it maître de l'île et donna le pouvoir au parti qui l'avait appelé. Ce nouveau gouvernenent, renversé par Cotion, fut d'ailleurs de tourte durée. Samos passa plus tard, en vertu du traité d'Antalcidas, sous la domination des Perses. Reconquise et colonisée par les Athéniens Chabrias et Iphicrate, elle fit part.e du domaine d'Alexandre, fut disputée entre les héritiers du conquérant, dépendit un instant des rois do Pergame et enfin fut soumise par les Romains l'an 129 av. J.-C. Après avoir été ruinée par les exactions successives de Sylla, de Verres et d'Antoine, Samos fut érigée en république libre par Augus'.e et conserva cette forme de gouvernement jusqu'en

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70 après J.-C, c'est-à-dire jusqu'au règne de Vespasien. Au temps de sa puissance, Samos avait fondé de nombreuses colonies : iSamotlirace, Bisanthe, Cydonie (La Canée) en Crète, etc. Elle s'acquit une grande renommée pour avoir été non-seulement la patrie de Pythagore, mais encore le siège d'une école particulière d'artistes qui se distingué- i rent par leurs œuvres architectoniques. L'art du potier y fut porté à un très-haut degré de perfection et les vases de Samos [vasa samiu) étaient tres-recherchés. Au ive siècle de l'ère chrétienne, Samos eut beaucoup à souffrir do la famine, de la peste, de plusieurs tremblements de terre et des ravages des pirates. Après avoir passé tour à tour, à l'époque du moyen âge, sous la domination des Arabes, des Vénitiens, des Génois, puis des Turcs, l'Ile devint tributaire d'un aga du capitan-pacha. Elle se prononça, au début de l'insurrection grecque, en faveur de l'indé- I pendance hellénique, mais, malgré des efforts | héroïques, elle ne réussit pas à être comprise dans la monarchie qui fut créée après le triomphe. Suivant une transaction encore en vigueur aujourd'hui, transaction qui rappelle celle qui régit l'Egypte, le gouverneur de Sainos, nommé par la Porte, est choisi parmi les Grecs. L'île paye un tribut annuel de 400,000 piastres; elle a, depuis 1852, un sénat, une constitution, une chambre des députés ; en un mot, une administration propre.

Samoa (vaisselle be). On désignait sous ce nom chez les anciens Romains des plats et des vases en terre cuite qu'on employait pour les repas. C'était une vaisselle trèscoiumune dont se servait le peuple du temps de la république et de l'empire. Les gens riches ne faisaient point figurer sur leur tabla les vasa samia.

SAMOSATE, ville de la Syrie ancienne, capitale de la Comagène, sur l'Euphrate. Patrie de Lucien.

SAMOSATIEN s. (sa-mo-za-ti-ain). Hist.

relig. Nom donné à des hérétiques des premiers siècles de l'Eglise.

— Encycl. Les samosatiens, hérétiques du m» et du ivo siècle, étaient disciples de Paul de Samosate, évêque d'Antiooho vers 260. Ce prélat ayant entrepris la conversion de Zénobie, reine de Pahnyre, enseigna l'unité d-' Dieu, suutint que le Saint-Esprit est un simple attribut de Dieu et que Jésus-Christ ne fut qu'un homme doué d'une sages.se extraordinaire par don particulier de Dieu. Le nombre des partisans de cette doctrine devint promptement considérable; les autres évêques s'en alarmèrent et le concile d'A Mioche, réuni en 264, somma Paul de Samosate d'expliquer sa conduite et sa doctrine. 11 le fit à la satisfaction des évêques, qui blâmèrent la doctrine, mais ne prononcèrent aucune censurecontre Paul. Celui-ci continua donc à professer les mêmes opinions; mais les évêques, moins irrités contre la doctrine que ja- | loux de la richesse et de «^considération do Paul, se réunirent de nouveau en concile à Antioche en 270 et prononcèrent sa dèposi- I lion.

Les sectateurs de Paul de Samosate, désormais séparés de l'Eglise, se constituèrent en , secte et professèrent les doctrines du maître ! pendant plus de deux siècles. On les appela | samosatiens ou paulianisles. Ils baptisaient | les enfants au nom du Père seulement ; aussi i le concile de Nicée ordonna-t-il que ceux I qui reviendraient à l'Eglise seraient rebaptisés.

Théodoret nous apprend qu'au milieu du vo siècle les samosatiens avaient complètement disparu. Si cette secte cessa d'exister alors, ses doctrines furent reprises par d'autres ; car, depuis lors jusqu'à nos jours, il a sans cesse existé des sectes qui ont nié la divinité de Jésus-Christ et qui ont affirmé l'unité de la personne divine. j

SAMOTHRACE, aujourd'hui appelée Samo- ' Iraki ou Semendrek, île de la mer Egée, tituée non loin des côtes du la Thrace, entra Imbros, au S.-E., et Thasos, au N.-O., par 40» 30' de latit. N. et 23° 20' de longit. E. Cette lie, qui fait partie du pachalik turc des , îles de la mer Egée, a S2 kilom. carrés et : compte au plus 2,000 habitants. Elle est peu ! fertile, arrosée par l'Ilissus dans toute sa ! longueur et dépourvue de bons ports. Sui- ' vant M. Lacroix, « Samothrace n'est à. pro- I prement parler que la base de l'immense cône qui la surmonte et que l'on appelle le mont Saoce, dont la cime, plus élevée, dit-on, que celle de l'Athos, domine de sa hauteur de 2,000 mètres environ toutes les îles, toutes les mers et toutes les côtes environnantes. » Cette île, jadis célèbre par ses sanctuaires religieux, ne possède aujourd'hui que quelques villages dont le plus important est Pyros. Les ruines de l'ancienne Samothrace se trouvent sur la côte N.-O. Une mission scientifique, envoyée dans cette île par le gouvernement autrichien en 1873, pour explorer les ruines des anciens temples do Samothrace, a mis à nu le sanctuaire du temple dorique, reconnu la place où la statue du dieu était installée, constaté l'existence de peintures rouges sur la muraille et trouvé des fragments de sculpture très-détériorés.

Samothrace fut tout d'abord connue sous le nom de Saonèse, de Saon, son premier roi ; puis appelée /.eucosw ou Leueania, à causo de la blancheur de ses rochers ; enfin, Samos

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do Thrace, d'où, par abréviation, Samothrace, lorsqu'elle eut reçu une colonie de Samiens. Ses premiers colons avaient été les Pélasges j ils établirent à Samothrace les célèbres mystères des Cabires auxquels cette île dut, dans l'antiquité, sa grande renommée. La tradition rapporte que Jason, Hercule et Orphée, débarqués dans cette île après l'expédition des Argonautes, sa tirent initier à ces mystères qui passaient, en effet, pour un préservatif contre les dangers qu'on courait en mer. L'initiation attirait d'ailleurs à Samothrace un grand nombre d'étrangers. Rappelons ici qu'on trouve dans les mystères des Cabires une trace du dogme de la trinité, venu da l'extrême Orient. Suivant les historiens antiques, Dardauus, Jason et Harmonie, enfants de Jupiter et d'Electre, auraient eu pour patrie Samothrace. L'Ile de Samothrace resta indépendante jusqu'à l'époque des guerres médiques, et stjs habitants conquirent pendant cette longue période plusieurs villes de Thrace, entre autres Salé et Mesambrie. Soumis momentanément par Darius, ils passèrent ensuite sous le joug d'Athènes, qui leur imposa un tribut de ï,400 drachmes, l'hilippo de Macédoine conquit Samothrace, qui lit partie de cette province jusqu'à la défaite Je Persée (168 av. J.-C). Le vaincu chercha un refugo dans le grand temple de Samothrace. Par un sentiment de respect pour l'idée religieuse que représentaient Samoihrace et lo culte tout spécial qui y était en honneur, les Romains, devenus maîtres de l'île, lui laissèrent la plupart de ses antiques privilèges. Ello appartint à l'empire grec jusqu'en 1201, puis aux Vénitiens, puis aux princes géuuis do Lesbos, sur lesquels Mahomet II la conquit en 14C2. Elle n'a cessé depuis cette époque de faire partie de l'empire ottoman. Pendant la guerre de l'indépendance hellénique, cette île a été complètement ravagée.

SAMOUN (grottes de). V. Crocodiles (grottes des).

SAM OU R s. m. (sa-mour). Comm. Nom donne U la martre zibeline dans les Echelles du Levant.

SAMOYÈDE adj. (sa-mo-iè-de). Qui appartient aux Samoyèdes, peuple de la Sibérie : Les tantjues samoyèdes.

— Encycl. Linguist. Le» l;mgue3 samoyèdes forment une famille appartenant au gruupe des langues sibériennes. On y comprend les idiomes que parlent les Samoyèdes, uulioii nomade et qui paraît très-ancienne ; une partie vit encore dans le centre do l'A-io, tandis que l'autre est répandue dans les régions boréales, depuis l'Olenek jusqu'à la mer Blanche en Europe. Les Samoyèdes disent étro venus des contrées de l'Est. Leur nom signifie mangeur de saumon, et on le trouve dans les chroniques russes dès l'année 1006. To is les peuples de cette race, à l'exception des Soyotes, ont une taille très-petite et la plupart n'ont d'autre culte qu'un fétichisme grossier. Quelques-unes de leurs tribus ont une espèce d'écriture qu'on pourrait comparer à celle qu'on dit avoir été anciennement en usage chez les Tou-liioueï, et qui consiste en un certain nombre de signes tailles sur des morceaux de bois. Toutes ces langues sont plus ou moins rudes, remplies de sons gutturaux, et les phrases y sont mal liées. Elles offrent toutes plusieurs mots dont les racines sont communes à d'autres idiomes sibériens, à quelques-uns do l'Asie centrale et occidentale, et même aux langues hongroise, finnoise et arménienne.

Voici, d'après Balbi, la nomenclature des idiomes de la famille sumoyède : \o lo khassowo ou sumoyède propre, parlé en trois dialectes différents par les Samoyèdes occidentaux, qui se nomment eux-mêmes KIuissùwo, c'est-à-dire « hommes. » Ces dialectes sont : le vaitoïta, parlé par la branche do ce nom" qui habite te long des fleuves Mezen et Pctchora, dans le gouvernement d'Arktiangi'l, en Europe, et dans les terrains bas de l'Obi, en Asie, aux environs d'obdorsk ; le lyssiajloyhei, par celle qui demeure dans l'intérieur du gouvernement d'Arkhangel , et le khijryoutchi, par les Khyryoutchi, que lus Russes nomment Karatcheya et qui séjournent dans les cercles d'Obdorsk et do B.uesow, dans la gouvernement de Tobolsk. On pourrait ajouter comme un dialecte du khassowo l'idiuine que parlent les Yourazes, qui errent le long de la côte, depuis l'embouchure du lenissei jusqu'à celle de l'Obi.

2° Le touroukhansk, langage des Samoyèdes qui errent dans les environs de Maugaseya, ville du gouvernement de Tom>k, appelée Tuuroukhansk depuis 1782. D'autres Samoyèdes, qui demeurent plus à l'occident, parlent un dialecte très-different, connu sous le nom impropre de manguscya.

3° Le tawyhi, parlé par les Samoyèdes surnommés Taw^hi ou Taugi, répandus depuis l'Iénisséi jusqu'au Lena. Les Tawghi paraissent être plus nombreux que les autres peuplades samoyèdes. Ils sont les habitants indigènes les plus septentrionaux de tout l'ancien continent, puisqu'ils poussent quelquefois leurs courses jusqu'à l'extrémité de leur territoire, formée par le cap Sacré ou Severovostokhnoï, qui est la pointe la plus boréale de toute l'Asie.

4° Le tas, parlé par les Samoyèdes qui demeurent, sur les bords du Tas, rivière qui sa jette dans le golfe de ce nom; ou les appelle

SAMP

improprement Ostiaks du Tas. Il parait qu'on peut regarder comme un dialecte de cette, langue l'idiome des prétendus Ostiaks de Tomsk, qui sont réellement des S.imoyèdes et non pas des Ostiaks; ils demeurent dans les environs de Tomsk et sur le bord septentrional du bas Tchoulym, affluent de l'Obi.

5» Le narym, parlé par les Samoyèdes du gouvernement de Tomsk, connus sous les noms impropres d'Ostiaks de Narym, de Kct et de Tym, parce qu'ils habitent dans la ville de Narym et sur les bords du Ketet du Tym, affluents droits de l'Obi. On peut considérer cette langue comme divisée en trois dialectes : celui de Narym, celui de Ket et celui de Tym.

6» Le taak, usité par des Samoyèdes qui demeurent sur le golfe d'Obi et ù l'est du fleuve de ce nom, et qui sont improprement appelés Laak-Ostiaks.

70 Le karassa, idiome des Karasses qui demeurent à l'est des Samoyèdes de Touroukhansk, à la droite de l'Ienisseï et à l'ouest des tribus tc-un couses.

80 Le kamasche-koïbale, parlé dans le gouvernement de Tomsk, en deux dialectes trèsdifférents : 1° le kaniasche, par les Kamasches, Knngmasches ou Kamaschinzi.'qui demeurent dans le voisinage d'Abakansk et de Kanak; ils sont réduits à un très-petit nombre et paraissent avoir été autrefois un peuple assez puissant; 20 le koïbale, par les Koïbales qui vivent le long de l'Iénisséi, depuis Abukansk jusqu'aux monts Sayansk; ils sont presque tous chrétiens. Quelques-uns cultivent le sol. Avant l'arrivée des Russes en Sibérie, ils étaient très-nombreux et divisés en plusieurs branches.

9° Le soyote, langage des Soyotes ou Soyètes, descendants des anciens Toubinzes, peuple samoyède jadis puissant et nombreux qui demeurait sur la rive orientale de l'Iénisséi, dans le voisinage duTouba, et dont un prince nommé Soït donna le nom aux tribus qui exis-, tant encore. Les Soyètes demeurent à la pointe sud-ouest du lac Baïkal, dans le gouvernement d'irkoutsk. Cette peuplade se distingue des autres Samoyèdes par une taille plus haute.

10° l/oiiriangkhaî, parlé par les Ouriangkhaï, nommés aussi Soyotes; ils sont les plus méridionaux, de tous les Samoyèdes et ils vivent sur le territoire chinois, entre ies monts Sayansk, qui forment la frontière de la Sibérie, et les monts Khangaï et Altaï, et autour du lac Ilosso-Gol. Les Ouriangkhaï étaient sujets des Dsonngars, et, lors de la dissolution de l'empire de ces derniers, ils passèrent sous la domination chinoise. Ils sont divisés en quatre branches principales, savoir : les Bagari ou ies Baïgari et les Matlar ou Mattar, qui demeurent près des contins do la Sibérie, dans les environs de Kemtscliyk-Bom; les Tojin, qui vivent la long des fleuves Toditt, Kamsara et Systyghem, et les Oulek, qui séjournent le long des ruisseaux Alasehou, B.vyandjouteckou et Kemtschyk. On pourrait considérer comme deux sous-dialectes de la branche mattar le taïgi et le maiti, le premier parlé par les Taïgi, qui demeurent sur l'Iénisséi supérieur, entre Abakansk et Krasuogarsk ; le second par les Matti, nommés aussi Matorzi, Modori ou Motori par les Russes, et qui vivent le long de la Touba.

SAMOYÈDES, nommés Sameanda dans la langue russe, et Kkasova dans la langue indigène, peuple de la partie Septentrionale de l'empire russe, d'origine assez douteuse, répandu en Europe dans le gouvernement d'Arkhangel, et en Asie dans ceux de Tobolsk et d'iénisséisk. Ils sont petits et laids, habitent sous des tentes (yourtes) , ont des mœurs douces, vivent du produit de la pèche et de l'élève du renne et ne subissent que d'une manière fort peu sensible l'influence de la civilisation russe et du christianisme. Ils payent au czar un tribut annuel en fourrures et pelleteries. Dans ces dernières années, le voyageur Castren a donné quelques renseignements positifs sur les langues et les peuples samoyèdes.

SAMOZONKI s. f. (sa-mo-zon-ki — de deux mots slaves sam, seul, et zona, épouse). Amazone de la mythologie slave.

SAMPAs. m. (san-pa). Bot. Espèce de palmier qui croît à lu Guyane, dans les lieux inondes : Le SaMpa et te pineau donnent des graines dont les oiseaax sont fort friands. (V. de Bômare).

Encycl. Le bois du sampa s'emploie dans tes constructions, soi t pour faire des planchers, soit pour fournir des lattes propres à supporter les bardeaux ; on s'en sert aussi pour rendre les chemins praticables. Mais ce qui le recommande par-dessus tout, c'est l'avantage qu'il présente de fournir des tuyaux en quelque j>orte naturels voue les conduites d'eau. 11 suffit, en effet, d'enlever avec un bâton noueux la moelle qui occupe sa partie centrale et qui offre un grand diamètre et une faible consistance ; on l'emploie aussitôt, sans quoi il fendrait par la dessiccation. Il se conserve très-bien dans l'eau, et même dans la terre, pourvu qu'elle soit constamment humide. Cet arbre produit des fruits dont les oiseaux, surtout les gros-becs, sont trèstriands.

SAMPAC 3. m. (san-pak). Bot. Syn. de mi-

SAMP '

ciiÉLiB, genre de niagnoliacées. Il On écrit aussi CHAMPAC.

i SAMPA10 (Adriaô Pereira-Tokjaz dp;), écrivain portugais, né en 1810. Il se lit recevoir docteur en droit et obtint une chaire à l'université de Coïmbre. M. de Sampaio est membre de l'Académie des sciences de Lisbonne et de l'Institut de Coïinbre. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages et de mémoires, parmi lesquels nous citerons : Mémoires de Bussaco (1838) ; Voyage à Serra-da- Louza, pensées, mémoires et sentiments, fruit de mes lectures (1838); Eléments d'économie politique (1839); Premiers éléments de la science statistique (1839); Géographie de l'enfance (1850); Grammaire de l'enfance (1850); Arithmétique de l'enfance (1850); Petit abrégé d'histoire sacrée (1853); Introduction de l'ami des enfants (1854); Petit catéchisme (1854) ; Etudes sur les premiers éléments de la théorie de la statistique (1855) ; Grammaire française de l'enfance ( 1856 ) ; Des sœurs de charité (1857), etc.

SAMPAIO (Antonio-Rodrigues), journaliste et homme d'Etat portugais, né à Esposende, près de Braga, le 25 juillet 1806. Sa famille le destina à suivre la carrière ecclésiastique. M. Sampaio avait reçu les ordres mineurs lorsqu'il quitta le séminaire en 1828. Cinq ans plus tard, il s'enrôla dans le régiment de dona Maria et prit part aux dernières opérations de guerre qui amenèrent l'expulsion de dom Miguel du Portugal. Ennemi de l'absolutisme, il entra, en 1834, pour défendre les idées libérales, à la rédaction de la Vedette de la liberté, qui paraissait il Porto. Deux ans plus tard, il alla occuper ie poste de secrétaire général de la préfecture de Bragance. d'où, il passa, en qualité de préfet, à Castellobranco en 1836. Peu après, M. Sampaio donna sa démission et devint, en 1837, rédacteur de la Révolution de septembre, journal dans lequel il défendit constamment les idées libérales. En 1844, il se vit pour cajnotif l'objet de persécutions de la part du pouvoir. Lors de la guerre civile de 1847, il lit paraître le Spectre, pamphlet périodique qui eut un grand succès et se répandit partout en Portugal malgré l'administration. Nommé député de Lisbonne en 1851, il devint à la Chambre un des chefs du parti progressiste, se lit le promoteur de nombreuses réformes et acquit une popularité méritée. Après avoir fuit longtemps partie de l'opposition constitutionnelle, il est devenu, en 1872, ministre de l'intérieur.

SAMPANE s. f. (san-pa- ne). Embarcation sur laquelle certaines courtisanes de l'Indo- Chine vont rôder autour des navires pour tenter les matelots.

— Encycl, Les sampanes sont de petites embarcations étroites où deux personnes seulement peuvent prendre place : la moitié du bateau est recouverte d'un roof soigneusement clos avec des tentures et tapissé de nattes fines et de coussins. Elles sont ordinairement montées par deux femmes seules; Ue ces deux femmes, l'une est jolie, tandis que l'autre est laide et vieille. Aussi u'a-t-on pas de peine à comprendre, quelque peu préparé que l'on soit à ce spectacle et a ces mœurs spéciales) quel genre d'industrie exercent les matelots des sampanes. Ces pauvres filles, vendues le plus souvent à des misérables qui spéculent sur leur prostitution, sont parfois jolies à ravir; la finesse de leurs extrémités surtout est remarquable. En outre, les femmes des sampanes n'ont pas la difformité des pieds imposée par la tyrannie de l'usage à toutes les femmes chinoises des hautes classes et même des classes bourgeoises, et qui donne à celles-ci la démarche ridicule que l'on sait. Mais, jolies ou non, les immorales promenades de ces pauvres femmes sur le fleuve, où, de navire en navire, elles vont offrir leurs caresses, disent assez combien est grande leur misère. Dans tous les ports ouverts de la Chine et dans ceux de la péninsule Indo- Chinoise, on voit chaque soir quantité de sampanes venirlouvoyerautour des bâtiments de toutes sortes k l'ancre dans la rade. Les courtisanes agacent et provoquent du geste et du regard les matelots qui prennent le frais sur le pont du bateau, et bien rarement elles trouvent des cruels. Aussi le matin, au lever du jour, la première chose que l'on aperçoit, si 1 on est matinal, en montant sur le pont, ce sont les légères embarcations rapportant à la ville leurs propriétaires qui ont trouvé une hospitalité à quelque bord.

SAMPATI, oiseau fabuleux de la mythologie indienne, qui ligure dans le Râmayana, roi des vautours et fils de Garouda, d'autres disent d'Arouna, et frère de Djatàyou. C'est lui qui indiqua au dieu-singe Hanouman la retraite où Sita, épouse de Raina, était tenue enfermée par Ràvana, son ravisseur. Voulant un jour essayer avec l'oiseau Djatàyou la force de ses ailes, il avait volé vers le soleil, et ses ailes avaient été brûlées.

SAMPEYRE, ville du royaume d'Italie, province de Coni, district et à 24 kiloin. S.-O. de Saluées, chef-lieu de mandement; 5,091 hab.

SAMPI s. m. (san-pi). Philol. Caractère grec figurant un sigma et un pi, et valant 900, comme lettre numérale.

SAMPJERDAREZSA, gros bourg du royaume d'Italie, province, district et à 6 kilom. de Gènes, mandement de Rivaroio; 14,008 hab.

SAMPIERO D'OHNANO , célèbre patriote

SAMP corse, connu également sous le nom de Sam-

picro Corio et SOUS Celui de Sampictro, né k

Basteiica en 1497, mort le 17 janvier 1567. Il était fiis de Guillaume d'Ornano, seigneur de Sampiero, qui l'envoya de bonne heure à Rome, où il fut élevé dans la maison du cardinal llippolyte de Médicis. Après avoir servi dans les troupes de Médicis et s'y être fait remarquer par sa brillante valeur, il passa au service de François I»1", roi de France (1533). 11 reçut alors le commandement d'un régiment corse qu'il avait formé et fut l'ami de Bayard. Charles de Bourbon disait de lui : o Un jour de bataille, le colonel des Corses vaut 10,000 hommes. » Il se signala dans un grand nombre de combats et de sièges. S'étant rendu, en 1547, en Corse pour épouser une de ses compatriotes, Vannina Ornano, le gouverneur de la banque génoise à'Bastia le fit jeter en prison contre toute espèce de droit. Il fut réclamé par l'ambassadeur de France et mis en liberté; mais cette injure ajouta le levain d'une rancune personnelle à la haine qu'il nourrissait depuis longtemps contre Gênes, qui opprimait sa patrie. La guerre entre la France et Charles-Quint, dont Gènes était l'alliée, lui fournit l'occasion de tenter la délivrance de la Corse. En août 1553, une escadre française, commandée parle maréchal de Termes et par l'amiral Paulin, jointe à la flotte turque commandée par Dragut, jeta sur la côte, près de Bastia, Sampiero, Giovanni Ornano, Altobello et quelques autres exilés altérés de vengeance. A leur approche, la population de Bastia força les portes ; la ville se rendit. L'île tout entière s insurgea. L'expédition ne fut qu'un triomphe. Le maréchal de Termes à la tête des troupes françaises enleva San-Firenze; Sampiero prit Corte.et Ajaccio; mais Caivi et Bonifazio résistèrent avec obstination ; cette dernière ville, assiégée par le Turc Dragut, ne tomba entre ses mains que grâce à la trahison ; Dragut voulait piller la ville, mais il en'fut empêché par les autres chefs, et il sa rembarqua. Caivi fut la seule place de guerre qui resta entre les mains des Génois. L'empereur et Côme de Médicis envoyèrent des secours à Gènes, qui confia le commandement d'une expédition considérable à l'illustre André Doria, âgé alors de quatre-vingt-six ans. San- Firenze retomba entre les mains des Génois et Bastia succomba pareillement. Sampiero, dont ies rapports avec l'incapable de Termes s'étaient aigris, fut l'âme et le chef de la défense et pendant cinq ans organisa dans les montagnes une guerre de partisans dans laquelle il eut presque toujours l'avantage ; malheureusement, des renforts arrivaient perpétuellement kl ennemi. Enfin, en 1559, par un manque de foi insigne, Henri II s'engagea, en signant le traité de Cateau-Cambrésis, k rendre la Corse aux Génois et remit en effet entre leurs mains les places qu'il occupait encore. Ce fut un coup de foudre pour les patriotes.

Sampiero, durant quatre ans, parcourut l'Europe, demandant des secours aux puissances les plus lointaines. 11 vint en France auprès de Catherine de Médicis, passa en Navarre, puis chez le duc de Florence, allant d'une cour de l'Italie àl'autra, s'embarqua pour Alger et courut à Constantinople auprès de Soliman. Pendant ce temps, Gênes, qui avait en vain essayé du poison et du poignard contre cet ennemi implacable, essaya de le dompter en mettant les affections du père et de l'époux aux prises avec le patriotisme. Vannina, sa femme, qu'il avait laissée à Marseille sous la protection de la France, fut entourée d'espions et d'agents génois qui lui persuadèrent de venir k Gênes avec ses enfants et de solliciter de la république la grâce de son mari, Sampiero, se trouvant, k Alger, apprit les intentions de sa femme. Ne pouvant partir lui-même, i! envoya son fidèle ami, Antonio de San-Firenze, à Marseille. Antonio trouva la maison vide. Vannina venait de- s'embarquer pour Gênes. Réunissant à la hâte quelques amis, Corses d'origine et bien armés, Antonio se jeta dans un brigantin, atteignit le vaisseau génois et reprit la fugitive qu'il ramena en France. Sampiero arriva enfin, retrouva Vannina à Aix, la conduisit à Marseille dans sa demeure déserte et bouleversée, et là tua de sa propre inain celle qui avait voulu le déshonorer en demandant grâce pour lui à ceux qu'il poursuivait d'une haine si terrible. Ce meurtre resta impuni. Sampiero fit enterrer magnifiquement sa femme dans l'église Saint-François, puis alla k Paris solliciter encore une fois Catherine et Charles IX; mais il n'en obtint que de belles paroles. Comprenant alors qu'il ne devait plus compter que sur lui-même et sur ses concitoyens, il écrivit k ses ainis, en Corse, qu'il allait venir délivrer son pays ou se faire tuer.

Sampiero débarqua le 12 juin 1564 dans ie golfe de Vuliuco avec deux navires et une petite troupe de 37 Corses et Français. Avec ce peu d'hommes, il se jeta sur le château d'Istria, dont il s'empara, et courut de là sur Corie. Telle était la terreur de son nom, qu'à sa vue les troupes génoises s'enfuyaient sans même tenter le combat. Nicola Nigri engagea cependant la lutte contre lui à Vescovato et à Caccia ; il fut battu et tué. Alors les Génois envoyèrent en Corse leur meilleur général, Stefano Doria, avec 4,000 mercenaires allemands et italiens. La guerre se ralluma avec une nouvelle fureur. Doria s'étant

SAMP

emparé de Basteiica, le lieu de naissance de Sampiero, l'incendia et rasa toutes les maisons. Ce général dépassait tous ses prédécesseurs en cruauté; il proposait d'égorger tous les habitants au-dessus de quatorze ans et de repeupler l'Ile d'une colonie génoise. ■ Pourvu qu'on nous craigne, disait-il, c'est tout ce que je demande. Je fais plus de cas du jugement de Gênes que de celui de la postérité. Ce mot creux de postérité n'arrêta que les hommes timides ou irrésolus. » La moitié de la Corse fut mise à feu et à sang par cet homme impitoyable. Sampiero, de son côté , exerçait de terribles représailles. A la lin, Doria fut entièrement défait et ne dut son salut qu'à une fuite précipitée.

La république de Gênes remplaça Doria par Vivaldi, puis par l'astucieux Foruari , mais elle renonça it l'espérance d'en finir avec Sampiero par une guerre ouverte. Contre cet homme qui avait débarqué dans l'île avec quelques compagnons dévoués, proscrits comme lui, elle avait dirigé successivement toutes ses forces , sa flotte et la flotte espagnole, ses mercenaires, des Allemands, 15,000 Espagnols, ses plus grands généraux, Doria,SpinolaetCenturione,etles vainqueurs des Fiians et de Venise ne purent soumettre une misérable bande de montagnards, abandonnée du monde entier, qui entrait eu campagne affamée, déguenillée, sans chaussures, mal armée. Dans cette extrémité, on comprit qu'il n'y avait plus qu'une ressource contre 1 indomptable Sampiero, c'était de l'assassiner.

Sampiero était le chef du parti populaire; il avait contre lui les nobles; de plus, quelques-uns de ceux-ci avaient à lui faire payer la dette du sang; c'étaient les parents de Vannina. Trois d entre eux, trois Irètes, Antonio, Francesco et Michel-Angelo Ornano, s'entendirent avec Fornari, le général génois. Un piège fut tendu k Sampiero; on l'attira pendant la nuit dans une embuscade, au fond d'une gorge. Attaqué de toutes parts, voyant les troupes qui garnissaient les hauteurs, Sampiero ordonna à son fils Alfonso de l'abandonner, de fuir, de se conserver pour la patrie. Quant à lui, il se jeta dans la mêlée, essayant de s'ouvrir un passage les armes à la main. Les trois Ornano le guettaient; ils se jetèrent sur lui. Sampiero se battit comme un lion ; il blessa l'un d'eux d'un coup de pistolet, mais son arme rata ensuite. Son capitaine d'armes, Vittolo, vendu a ses ennemis, avait mis d'abord la balle , puis la poudre. Sampiero chargea alors avec son épée , mais Vittolo lui tira une balle par derrière, et le héros tomba. Les Ornano se précipitèrent sur lui et lui coupèrent la tète, qu'ils portèrent au gouverneur génois, à Ajaccio.

« Digne de l'immortalité par la grandeur de son caractère, par la noblesse de ses sentiments et son patriotisme, dit Gregoroviua, grand capitaine, d'un esprit inépuisable en ressources, devant tout à lui-même et k son âme extraordinaire, ne recevant aucun secours de la fortune qui favorise la plupart des parvenus , en butte, au contraire, à toutes ses disgrâces, il ne succomba, comme Viriathe, que par l'assassinat, exemple admirable de ce que peut un homme Ue cœur quand il reste, sans fléchir, fidèle à une grande passion... Ses ennemis l'accusèrent d'ambitionner la royauté de son île; il n'ambitionnait que sa liberté. Il menait la vie primitive d'un pâtre, portait le pilone en laine grossière de son pays, couchait sur la dure. H avait vécu dans les cours les plus raffinées de l'Europe, à Florence et à Paris, et n'avait pris ni la corruption de leur mœurs ni la fausseté de leurs principes. Le rude héros put tuer sa femme, parce qu'elle était traîtresse, envers lui et envers son pays, mais il ignorait les vices qui pervertissent la nature et qui érigent en système perfectionné de philosophie pratique les outrages qu'ils lui font. Il était simple, grand, sans frein dans sa violence,, terrible ; homme d'un seul jet, portant la forte empreinte d'une nature fruste. Les Corses lui accordèrentl'honneur le plus grand qu'un peuple puisse rendre à l'un de ses fils; ils le nommèrent et ie nomment encore jusqu'à ce jour, de leur propre nom, Sampiero Ca»a {Sampiero le Corse), l'instinct populaire , toujours infaillible , ayant reconnu dans Sampiero le type de sa nationalité. 1

Casoni dit de lui : « Doué de beaucoup d'intelligence et d'un esprit très-fin , il reunissait, ce qui se voit rarement, la vivacité de l'esprit à la solidité du jugement. Prompt à prendre un parti, ferme dans son exécution, résigné aux fatigues, intrépide dans le danger, il savait profiter de toutes les chances de la fortune et faisait tourner à son avantage les fautes de ses ennemis. Soutenant par sa propre valeur et sa sagesse le poids de la guerre, quoiqu'il n'eût ni vivres, ni munitions, ni argent et qu'il n'eût sous ses ordres que des gens indisciplinés, il tint toujours à distance l'ennemi et battit souvent des troupes aguerries, commandées par de vieux capitaines. »

SAMPI ETRO, célèbre patriote corse. V.

l'article précédent.

SAMPIGNY, village et commune de France (Meuse), canton de Pjerretitte, arrond. et à 10 kilom. N.-O. de Commercy, sur la Meuse ; 1,128 hab. Fabrication de châles et de broderies; commerce de grains, navette^ boiSi

SAMS

Ce village fut érigé en comté en 1750 pour le financier Paris de Montmartel. Aux environs de Sampigny, sur une colline, s'élevaient autrefois l'église et le monastère de Sainte-Lucie-du-Mont, près desquels croissait et croît encore' l'arbre ou cerisier de Sainte-Lucie (cerasus mahaleb). « Ce lieu, dit Giraud de Saint-Fargeau, doit lui-même son nom de Sainte-Lucie à une fille d'un roi d'Ecosse qui, pour se dérober aux séductions de la cour de son père, passa sur le continent et, après avoir traversé une partie de la France, vint se fixer près de Sampigny, où l'opulent Thiébaut lui confia la garde de ses troupeaux. Sainte Lucie mourut, dit la légende, en odeur de sainteté et fut enterrée sur la colline qui domine Sampigny, et sur le lieu de" sa sépulture fut bâtie une église dans laquelle on voyait une grotte où la sainte avait coutume de se retirer pour prier. Les miracles qui s'opéraient, dit-on, en ce lieu y attirèrent un immense concours de pèlerins qui ne manquaient pas, en s'en allant, d'emporter des chapelets , des étuis et d'autres petits objets fabriqués avec le cerisier ou bois de Suinte- Lucie, dont toutes les parties ont une odeur agréable. »

SAMPSÉEN s. m. (sam-psé-ain). Hist. ecclés. Nom donné k des sectaires orientaux dont la doctrine n'est pas bien connue.

— Eucyci. Saint Epiphane dit qu'on ne peut mettre les sampséens au rang des juifs, ni des chrétiens, ni des païens; que leurs dogmes paraissent avoir été un mélange des dogmes des uns et des autres. Leur nom vient de l'hébreu schemesch, le soleil, parce que l'on prétend qu'ils ont adoré cet astre ; ils sont appelés par les Syriens cltcmtsi et par les Arabes shemsi ou shamsi, les solaires. D'autre côté, on prétend qu'ils admettaient l'unité de Dieu, qu'ils faisaient des ablutions et suivaient plusieurs autres pratiques de la religion judaïque. Saint Epiphane a cru que c'étaient les mêmes que les esséniens et les elcésaïtes.

Beuusobre pense que cette accusation d'adorer le soleil, que l'on intente à plusieurs sectes orientales, est injuste; qu'elle est uniquement venu'.- de la coutume qui règne parmi ell.'S d'adorer Dieu au commencement du jour en se tournant vers le soleil levant. 11 dit que les sampséens reconnaissent un Dieu, un paradis, un enfer, un dernier jugement; qu'ils honorent Jésus-Christ et qu'ils se sont réunis aux jacobites de Syrie ; qu'ils Sont humains, hospitaliers et vivent entre eux dans une grande concorde et une véritable fraternité.

SAMPS1CEHAMUS, souverain des villes d'Emése et d'Aréthuse,en Syrie. Il fut vaincu par Pompée l'an 63 av. J.-C. et conserva cependant ses Etats. — L'histoire fait encore mention d'un Sampsiceraimis qui régna à Ephèse en 43 après J,-(J., etd'un autre Sampsiepramus, grand prêtre de Vénus, a Emèse, en 358, qui repoussa, à l'aide dus Arabjs, une invasion de Sapor l^r, roi de Perse.

SAMSCRIT, ITE adj. Autre orthographe du mot sanscrit.

SAMSÛE, Ile de l'archipel danois, a l'entrée du grand Belt, entre le Jutland et l'Ile de Seeîand; elle mesure 36 kilom. du N. au S. et 10 de l'E à 1*0.; 112 kilom. carrés de superficie; 5,000 hab. Ch.-l.,Norrobye. Surface ondulée, sol ferliîe en céréales, pommes de terre; élève de bestiaux et de chevaux.

SAMS0EE (Ole-Jean), littérateur danois, né en 1759, mort en 179C. Il fit ses études à l'université de Copenhague et s'y lia avec Rahbeck , qu'il accompagna en 1782 dans un voyage en Allemagne, à la fin duquel les deux amis visitèrent Paris (1784). A son retour, en Danemark, Samsœe fut nommé précepteur des pages de la cour; mais, cinq ans plus tard, il se démit de cet emploi, dont le salaire continua k lui être payé à titre de pension. En 1793, il devint l'un des professeurs de l'école latine de la capitale et renonça, nu bout de quelques mois, h cette chaire, pour se consacrer exclusivement à la littérature: Outre ses nouvelles Scandinaves, dont la première, Frilhiaf, fut écrite pendant qu'il était encore à l'université, il entreprit une traduction du De of finis de Cieéron et de l'ouvrage deGawe sur la morale. 11 s'essaya ensuite dans un nouveau genre de littérature et écrivit sa tragédie de Dyvecke , qui devait donner à son nom la popularité la plus rapide et la plus brillante; mais il ne lui était pas réservé d'en jouir, car il mourut une semaine avant la représentation de cette pièce, oui eut lieu le jour même de ses funérailles. La tragédie de Dyvecke fait époque dans l'histoire du théâtre danois. Ecrite en prose et dégagée de toute cette pompe de convention qui ne sert qu'à cacher la faiblesse d'un drame, elle séduit surtout par l'intérêt soutenu du dialogue et des situations , ainsi que pap l'énergie du style; et, bien que la critique y ait relevé plusieurs défauts , elle a été le premier modèle vraiment digne de ce nom que la littérature dramatique ait produit en Danemark. Les œuvres posthumes de Sams<ee, qui se composent de cette tragédie et de ses nouvelles, furent publiées par son ami Rahbeck.

SAMSON s. m. Homme qui possède une grande force must-ulaire. Se dit par allusion au personnage biblique.

— Loc. fam. S'escrimer des <irmes de S«m~ son, Jouer des mâchoires, manger vigoureu semant, par allusion à l'exploit de Samson,

SAMS

qui tua, dit la Bible, mille Philistins avec une mâchoire d'âne.

SAMSON (SAINT-) s. m. Arboric. "Variété de poire.

SAMSON, un des juges d'Israël, né d'une manière miraculeuse vers U55 av. J.-C. Sa mère, en effet, était restée jusqu'alors jtérile; mais un jour un ange lui apparut tendant l'absence de Manué, son mari, et lui annonça qu'elle allait concevoir et enfanter un tils. Il faut croire qu'à cette époque les anges avaient surtout pour attribution de prévenir les femmes stériles qu'elles étaient à 1* vbille de devenir enceintes. Mais n'approfondissons point ces mystères et honni soit qui mal y pense.

Samson, qui devait être chez les Israélites le symbole de la force matérielle , comme Hercule chez les Grecs, fut consacré au Seigneur dès son enfance et s'abstint en conséquence de vin et de toute liqueur fernentèe ; il laissa croître sa chevelure, acquit une force de corps extraordinaire, et, pour premier exploit, déchira un jeune lion qui s'avançait contre lui en rugissant. Quelques jours après, passant par le même endroit, il remarqua que la gueule du lion renfermait un essaim d'abeilles et de l'excellent miel, dont il fit un repas exquis. Ici se place un des plui beaux traits de la vie de Samson, un de ceux où se révèle avec le plus d'éclat la sublimi'.ê de la morale alors en cours chez le peuple i.e Dieu. Il s'agit des noces de Samson avec une jeune Philistins ; nous traduisons littéralement : « Samson leur dit (aux jeunes gens [ résents au festin) : • Je vais vous proposer une » énigme; si vous la devinez dans un inter- » valle de sept jours, je vous donnerai trente » sindons et autant de tuniques.

» Si, au contraire, vous ne parvenez pus à » la deviner, vous me donnerez trente sindons » et des tuniques en même nombre. > Ils lui répondirent ; « Propose ton énigme, que nous » l'entendions. »

» II leur dit : « La nourriture est sortie du » dévorant et la douceur est sortie di. fort. » Pendant trois jours, ils ne purent leviner l'énigme.

» Quand le septième jour fut venu, ils dirent à la femme de Samson : « Caresse ton » mari et tâche de tirer de lui le st>cret de » l'énigme ; autrement , nous te brûlerons » ainsi que la maison de ton père. Nous avez- » vous donc invités à vos noces pour nous » voler? »

» Elle donc de répandre des larmes et de gémir devant Samson en lui disant : i Tu me » hais, tu ne m'aimes point; voilà pourquoi » tu ne veux pas m'expliquer l'énigme que tu ■ as proposée aux fils de mon peuple, »

» Il lui répondit : » Je n'ai pas voulu le p faire pour mon père et ma mère, et je pour- » rais le faire pour toi? »

» Pendant les sept jours donc elle jleurait devant lui; enfin, comme elle le tourmentait le septième jour, il lui donna le mot. Elle s'empressa aussitôt de le révéler a sîs compatriotes.

» Et ils lui dirent le septième joui, avant le coucher du soleil : i Qu'y a-t-il de plus » doux que le miel et de plus fort que le » lion?... »

» C'est pourquoi l'esprit du Soigne ar l'envahit; il descendit à Ascalon et y tua trente hommes, dont il prit les vêtements qu'il apporta à ceux qui avaient deoiné l'énigme. •

Nous ne nous attacherons pas à relever les incohérences qui régnent dans c<; récit; nous nous contenterons de demander humblement à M. le procureur de la république s'il se contenterait de voir dans l'individu qui appliquerait cet ingénieux procéic pour payer ses dettes un homme-envahi par l'esprit du Seigneur?

Mais venons aux autres exploits de Samson. Pour se venger des Philistins, il détruisit les moissons de ce peuple eu lâchant k travers la campagne trois cents rent.rds liés deux à deux et à la queue desquels il avait attaché des torches enflammées. Liv -é à ses ennemis, il brisa ses liens, saisit une mâchoire d'âne, assomma 1,000 Philisth s et se désaltéra ensuite à une source d'eau claire que Dieu avait fait jaillir de l'une des dents ue la mâchoire. Le vaillant jeune homme fut alors revêtu de la judicature sur Israël et l'exerça pendant vingt ans. Comme il était allé à Gaza chez une courtisane, les habitants voulurent le retenir prisonnier ; mai» il emporta les portes de la ville sur ses épai les. Cependant, comme dans tous les mythes Je cette nature, Samson, que la force n'avait je mais pu dompter, fut k la fin vaincu par l'amour. Il se passionna pour une femme nommée Dalila, de la vallée de Sorec, chez les Plilistins. Comme il se rendait fréquemment chez elle, les Philistins résolurent ue tirer parti de cette circonstance. Ils promirent à Dalila 1,100 pièces d'argent si elle parvenait k découvrir le secret de la force de cet homme ex.raordinaire. Pressé par les vives instances de Dalila, Samson lui répondit : « Si on me liait avec des cordes faites de nerfs enecre frais et humides, je deviendrais faible comme les autres hommes. » Dalila fit mettre das gens en embuscade dans sa chambre et garrotta Samson pendant son sommeil ; puis jlle s'écria : « Samson, voici les Philistins! • Aussitôt Samson rompit ses liens aussi fatiiemenfr qu'on rompt un fil qui a senti le feu. Comme Dalila se plaignait d'avoir été trompeté, il lui

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dit : * Si on me liait avec des cordes toutes neuves, dont on ne se serait jamais servi, je deviendrais faible et semblable aux autres hommes. » Dalila le fit et s'écria de nouveau : « Samson, voici les Philistins! > Et il rompit les cordes comme il avait brisé les liens. Alors Dalila recommença ses plaintes avec plus d'importunité, et Samson lui dit : « Si tu tresses les touffes de mes cheveux autour d'un rouleau de tisserand fixé à terre au moyen d'un clou, je perdrai toutes mes forces. Dalila le fit et s'écria encore : « Samson, voici les Philistins! • Aussitôt, Samson s'é veillant se débarrassa du clou et du rouleau. Dalila, se voyant trompée pour la troisième fois, se plaignit amèrement et lui reprocha de n'avoir pour elle aucun amour. Enfin, elle l'importuna tellement, que sa fermeté finit par céder et qu'il lui révéla la vérité tout entière : n Je suis Nazaréen, dit-il, dès le ventre de ma mère ; si on me rase la tête, toute ma force, qui est dans mes cheveux, m'abandonnera, et je deviendrai faible comme le reste des hommes. » Dalila s'aperçut alors que Samson lui avait ouvert son cœur. Elle manda les chefs des Philistins, qui apportèrent l'argent convenu. Elle fit endormir Samson sur ses genoux, appela un homme à qui elle commanda île raser les sept touffes de cheveux, puis elle le réveilla en criant : « Samson, voila les Philistins!» Samson, s'éveillant, dit en lui-même : « J'en sortirai comme j'ai fait auparavant, et je me dégagerai d'eux; • car il ne savait pas que le Seigneur s'était retiré de lui. Mais les Philistins s'emparèrent de sa personne, lui crevèrent aussitôt les yeux, le menèrent à Gaza, chargé de chaînes, et l'enfermèrent dans une prison, où ils lui firent tourner la meule d'un moulin. Redevenu faible comme les autres hommes, Samson gémissait entre les mains des Philistins.

Cependant sa chevelure commençait k repousser et ses forces croissaient en même temps. Un jour que les Philistins célébraient, dans le temple de Dagon , leur idole , une grande fête en réjouissance de la prise de Samson , ils rirent amener leur prisonnier, comme pour insulter k son malheur. Samson dit au jeune enfant qui lui servait de guide de le conduire entre les deux colonnes qui soutenaient le toit de l'édifice. Invoquant alors le Seigneur, il le pria de lui rendre son ancienne force, pour se venger d'un seul coup de ses ennemis, et, secouant en même temps avec violence les deux colonnes, il ébranla l'édifice, qui écrasa dans sa chute plus de Philistins qu'il n'en avait tué durant sa vie. Ainsi mourut Samson (1U7 av. J.-C).

Ou a remarqué que les actes de la vie de Sainson qui nous sont rapportés dans le Livre des Juges sont au nombre de douze. Ce chiffre ue peut pas être fortuit ; mais de là k faire de la légende de Samson une contrefaçon hébraïque et sémitique du mythe grec des travaux d'Hercule , ainsi que l'ont voulu quelques critiques, ou bien une version hébraïque du mythe phénicien de Melkarth, il y a loin. Samson est un héros foncièrement israélite. Originaire de la tribu de Dan, une des moins importantes, il est dès son enfance consacré au naziréat (v. ce mot), et toute son histoire est marquée d'une empreinte hebraïque très-caraeterisée ; on retrouve en lui une grande partie des défauts et des qualités de son peuple. Dureste, l'existence d'un guerrier israélite, vivant k une pareille époque et reproduisant les principaux traits de la vie de Sainson telle que nous la trouvons dans nos documents, n'a en soi rien d'impossible. Nous sommes donc conduits k penser qu'à la base de la légende a dû se trouver un fond historique, devenu presque méconnaissable par suite des additions de la tradition et de la fantaisie populaire. Tous les peuples ont leur Hercule, et c'est Sainson qui est devenu l'Hercule des Hébreux ; il faut bien avouer que Sa vie offre des traits tout aussi peu édifiants que celle de l'Hercule grec. Les documents bibliques donuent à Samson le titre de juge et ajoutent qu'il jugea Israël pendant vingt ans.

Les commentateurs se sont épuisés en hypothèses plus ou moins ingénieuses au sujet de ce personnage; nous ne nous lancerons pas sur leurs traces, cela nous mènerait loin. Nous voulons signaler néanmoins les efforts tentés de nos jours par les exégetes, dans un ordres d'idées tout différent, pour expliquer la nature et le rôle du héros biblique.

La tribu belliqueuse des fils de Dan paraît avoir célébré anciennement sur son territoire un culte solaire, riche en mythes étranges, qui a donné lieu au cycle de légendes dont Samson est le héros; selon M. Réviile, en effet, Samson, l'Hercule danite, dont la force réside dans les cheveux, qui brûle les moissons des Philistins en y lançant trois cents renards porteurs de torches, dont le nom hébreu scltimschéu vient du mot sclièmeseh, soleil; Samson, amoureux de Dalila, l'endorineuse, belle et perfide comme une lune d'hiver qu'elle est , dépouillé par elle de ses cheveux et de sa force, puis livré aux Philistins, et qui se venge d'une terrible manière quand ses cheveux ont repoussé, Sainson est bien évidemment un héros solaire ramené aux proportions terrestres par la tradition monothéiste qui s'établit en Judée vers le viik siècle av. J.-C. L'histoire des trois cents renards rappelle a M. Reville un mythe tressemblable qui prévalait dans le vieux Lm.um, ou l'on s'efforçait do conjurer en avril le

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fléau du renard rouge (robigo, la rouille des blés). On immolait aux rnbigalia de jeunes chiens roux, et aux fêtes de Cérès on simulait dans le cirque une chasse au renard, après avoir attaché une torche enflammée k la queue de l'animal. « Il n'est p.'is, continue M. Réville, jusqu'à la fameuse mâchoire d'âna d'où jaillit une source rafraîchissante au hébéfice du guerrier altéré, qui ne trouve son explication naturelle dans la forme d'un amas de rochers ressemblant de loin k une mâchoire d'âne et à cause de cela nommé Banal Lechi (le mont Mâchoire), comme nous avong des dents à'Ocfie (ou du Midi), des Scheidecken (ou dos d'âne). Dans une des cavités de la montagne sourdait une eau k laquelle on attribuait probablement des vertus miraculeuses, car, dit le narrateur de la légende, on l'appelle ensore aujourd'hui Hen-lhtkkorès (la fontaine du priant). De son temps, on montrait donc au passant la source ijue Ji>hovah avait fuit jaillir d'une des grosses dents du mont Mâchoire. ■ Dans une étude consacrée k la légende de Samson, M. de Steintlial rappelle qu'en face de Cythère se trouvait un sanctuaire d'origine phéuiciennrt, sur un promontoire laconien, qui portait le nnin d'Onognathos (mâchoire d'âne). On y adorait uno déesse très-semblable k l'Onka de Thèbes, modification de l'As tarte sidonienne.

Pour nous, si nous étions appelé k donner notre humble avis, nous nous retrancherions derrière l'opinion de Voltaire, qui l'exprime ainsi ironiquement en l'attribuant au curé Meslier :

» La mâchoire d'âne avec laquelle Samson tua 1,000 Philistins, ses mnlires, est ce qui enhardit le plus Meslier dans ses Muvar.nics aussi insolents qu'impies. Il vit jusqu'à dire (nous le répétons avec horreur) qu'il n'y a de mâchoire d'âne dans cotte fable que celle de l'auteur qui l'inventa. •

Quoi qu'il en soit, diverses circonstances de la vie de Samson sont restées légendaires et l'on y fait de fréquentes allusions,

1° La mâchoire d'Ave.

< De tous ses rivaux , le chevalier n'en haïssait pas un plus que le prince de Marsillac, tant parce qu'il le croyait le mieux traité, que parce qu'il lui semblait qu'il le méritait le moins. Il appelait les amants de M">u J'olonne les Philistins, et disait que le prince de Marsillac, k cause qu'il avait peu d'esprit, les avait tous défaits avec une mâchoire dilue. » Bussy-Rabutin.

« Moi qui viens d'accuser M. Pommier d'excentricité, j'en suis cruellement puni et le châtiment ne s'est pas fait attendre, puisque je me vois bien et dûment convaincu d'être un cuistre, un pédant, et, qui plus est, un Philistin.' Encore, si j'étais un Philistin avant la mâchoire, je me consolerais peutêtre; mais, après un pareil coup, je ne dois pas me dissimuler que je suis bien bas et que j'ai peu de chances de m'en relever. •

Victor Chauvin.

• Quelquefois le pamphlétaire s'embusquera aux abords du Palais-Bourbon, et là, s'armant comme Samson d'une mâchoire d'âne il lui plaira d'abattre k ses pieds trois cents Philistins. Ou bien il ébranlera de ses robustes épaules les colonnes du temple, et il renversera sous leur chute les ministres et leurs projets, dût-il périr avec eux dans les décombres. ■

'Cormenin.

2° Saumon «nleTaut le» porte* do Gain.

« Nos grands poètes ont encore su faire jaillir leur génie k travers toutes ces gênes. C'est souvent en vain qu'on a voulu les murer dans les dogmes et dans les règles. Comme le géant hébreu, ils ont emporté avec eux sur la montagne les portes de leur prison, n

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