‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 745 sur 1059 · SUCE · texte numérisé non relu

SUCE

terprété, lorsque ce grand observateur s'en occupa. Pour pratiquer la succussion^ on suit encore le procédé indiqué par Hippocrate, qui semble surtout l'avoir mis en usage pour reconnaître tes cas dans lesquels il fallait pratiquer la ponction du thorax. On fait autant que possible asseoir la malade sur son Ut, on le saisit par les épaules, en appliquant les mains sur les muscles deltoïdes ; on pousse en avant l'épaule droite pendant que l'on retire ta gauche en arrière, puis on imprime aussitôt à ces parties un mouvement brusque eu sens inverse, pour les ramener à leur position première. C'est pendant cette double secousse reçue par le thorax que le bruit formé par la collision du liquide et du gaz qui se trouvent dans la poitriiie se fuit entendre à distance ou à l'oreille appliquée sur la poitrine, avec ou sans stéthoscope, La plupart des médecins préfèrent maintenant ne pas se servir de cet instrument. On pratique quelquefois la succussion autrement que nous venons de l'indiquer. Ainsi, tantôt on incline fortement le thorax sur l'une des parties latérales, puis on le reporte avec vitesse sur l'autre; tantôt on le pousse rapidement en avant, puis on le ramène avec promptitude en arrière. Ces différents mouvements produisent toujours un effet analogue; leur succès respectif dépend seulement des diverses dispositions que les gaz, les liquides et les lésions anatomo-pathologiques de la cavité thoractque peuvent présenter. Il n'est pas toujours besoin d'opérer la succussion pour entendre la fluctuation dû liquide. Quelquefois, en effet, le malade, en marchant ou en se remuant dans son lit, produit une fluctuation assez bruyante pour qu'il l'entende lui-même ou qu'elle soit entendue des assistants. La succussion du thorax est le meilleur moyen de diagnostic pour reconnaître à la fois la présence d'une collection de guz et de liquide séreux ou purulent dans la poitrine,

SUCÉ, ÉE (su-sé) part, passé du v. Sucer. Aspiré par succion; soumis à la succion: Toute l'antiquité se servait des charmes contre la morsure des serpents, et, quand la plaie n'était pas mortelle, elle était heureusement SU- CÉE par des charlatans nommés psylles. (Volt.)

— Fig. Dont on a nourri son esprit :

Tes divines leçons, avec le lait sucées, Allumèrent l'ardeur de ses nobles pensées.

Boileau.

N'es-tu pas dans ces lieux

Où la haine des rois, aveu le lait stteee,

Par crainte ou par amour ne peut être effacée?

Racine.

— Fam. Epuisé : /Hélène est pâle, blafarde, tirée, sucée, l'air d'une catin usée et malsaine. (Dider.)

— Techn. Qlaçure sucée, Glaçure trop complètement absorbée par la pâte, pendant la cuisson. Il Poterie sucée, Poterie dont la glaçure est sucée.

— s. m. Techn. Défaut des poteries sucées.

SUCÉ, bourg et commune de France (Loire- Inférieure), cant. du La Chapelle-sur-Erdre, arrond. et a 16 kilom. de Nuntes , sur la rive droite de l'iîrdre ; pop. "ggl-, 407 hab. — pop. tôt., 2,295 hab. Restes d'uu ancien château ; maison qu'habita Descartes.

SUCE-BŒUF s. m. Ornith. Syn. de fiq.ukbojup.

SUCE-FLEUR s. in. Ornith. Espèce d' oiseau-mouche.

SUCEMENT s. m. (su-se-man — rad. sucer). Action de sucer. '

SUCE-PIN s. m. Bot. Nom vulgaire du monotropa hypopitys.

SUCER v. a. ou tr. (su-sé — d'un type latin suctiare, tiré de suctus, participe de sugere, sucer, qu'Eichhoff rattache à la racine sanscrite sic, sik, mouiller, humecter, arroser, répandre. Prend une cédille sous le c devant a et 0 : Je suçai; nous suçons). Aspirer, attirer dans sa bouche en y faisant le vide : Sucer le jus d'un fruit, la moelle d'un os. Sucer le lait de sa nourrice. Pour sucer quelque liqueur, les lèvres servent de tuyau, et la langue sert de piston. (Boss.) La belette, au lieu de mordre, suce le sang de l'endroit entamé. (Buff.) Les parasites sont les petits animaux qui s'établissent sur les grands pour sucer sans travail le sang que les autres ont [abrique. (J. Macé.)

. . . Pour sucer la moelle il faut qu'on brise l'os. Pour savourer l'odeur il faut ouvrir le vase, Du tableau que l'on cache il faut tirer la gaze.

Th. Gautier..

Il Soumetre a une pression prolongée des lèvres; aspirer avec la bouche le suc de : Sucer un fruit. Sucer le sein de sa nourrice. Sucer an bâton de sucre d'orge. Sucer ses doigts, ta pomme de sa canne. Je n'ai jamais pu remarquer quelle sorte de becquée la mère leur apporte, sinon qu'elle leur donne à sucer sa tangue encore tout emmiellée du suc tiré des fleurs. (Buff.) L'abeille et la guêpe sucent les mêmes fleurs; mais toutes deux ne savent pas y trouver le même miel. (J. Joubert.) . . . . Vois-tu cette Juive fidèle Dont tu sais bien qu'alors il suçait la mamelle f

Racin'b.

— Fig. Nourrir son esprit, être imbu de; se dit par une comparaison explicite ou implicite avec le lait d'une nourrice : Sucer la

SUCH

venge/t lee avec le lait. Sucer le lait des saines doctrines. Je suis accouchée d'un garçon à gui je vais faire sucer In haine contre vous avec le lait. (M">e de Sévigné.)

Mais pour toi qui, nourri bien en deçà de l'Oise, A* sucé In vertu picarde et champenoise...

Boileau.

Il Écouter avec avidité : Tallard, la tête en avant, Suçait pour ainsi dire toutes les paroles du régent à mesure qu'elles étaient proférées. (St-Simon.) il Attirer k soi par une sorte d'absorption progressive : Il vous SU- CEEA jusqu'au dernier sou. (Mol.) Il xj a des hommes qui font le métier de vampires, qui vous sucent de l'argent, le sang et jusqu'à la pensée. (Chatt-anb.) il Tirer à soi l'argent de : Les hommes d'affaires, avide engeance qui vous pille, qui vous gruge et vous SUCE jusqu'à la moelle. (L. Enault.)

— v. n. ou intr. Techn. Adhérer à la baudruche, en termes de batteur d'or : Ce quartier SUCE,

Se sucer v, pr. Etre sucé : Ces fruits doivent se sucer, car ils sont juteux mais coriaces.

— Sucer à soi : Se sucer les doigts.

SUCE- SANG s. m. Annél. Ancien nom de la sangsue.

SUCET s. in. (su-sè — rad. sucer), Ornith. Nom vulgaire du roitelet.

— Iehthyol. Nom donné a divers poissons, dont la bouche est conformée pour sucer, tels que le rémore, la petite lamproie de rivière, une espèce de cyprin, un sycidion, etc.

— Encycl. Iehthyol, On confond sous ce nom divers poissons qui ont la propriété de sucer ou de s'attacher, en faisant le vide avec leur bouche, à divers objets ou même à des animaux vivants, et qui n'ont d'ailleurs de commun entre eux que la conformation de leur bouche ou quelque trait particulier de leur organisation ou de leurs mœurs. Tel est, entre autres, le lamprillon (petite lamproie ou lamproie de Planer), qui vit toujours dans les eaux douces; dans son jeune â^e ou k l'état de larve, il présente de telles différences avec l'adulte, que les anciens auteurs en avaient fait un {renre particulier, sous le nom à'ammocète. Tel est encore l'échénéis ou rémore, auquel on a jadis attribué des propriétés merveilleuses; on a cru notamment que ce poisson, dont la taille ne dépasse pas 0m,25, pouvait arrêter seul un vaisseau en pleine mer, quand même un veut en poupe le ferait voguer à pleines voiles,

SUCETTE s. f. (su-sè-te — rad. sucer).

Techn. Appareil servant, dans les raffineries de sucre, à opérer rapidement l'égouttage des pains.

— Encycl. Cet appareil se compose de tuyaux en fonte placés dans les greniers et portant des tubulures munies de robinets. Les tubulures se terminent par des entonnoirs garnis d'une rondelle de caoutchouc qui rend la fermeture hermétique. On place dans ces entonnoirs la pointe des pains encore en forme, puis, mettant en mouvement jne pompe aspirante unique en communication avec tous les étages, on fait le vide dans les tuyaux, et, en peu de minutes, toute la clairce se trouve extraite et réunie dans un réservoir commun.

SUCEUR, BUSE s. (su-seur — rad. sucer). Personne qui suce : Les suceurs de sang, tels que l'ichneumon, la nodule, n'ont que deux fois leur longueur d'intestins. (Virey.J II Personne qui fait profession de sucer les plaies, ff Vieux en ce sens.

— Ornith. Suceur de miel, Nom vulgaire d'une espèce de colibri.

— s. m. pi. Iehthyol. Famille de poissons cartilagineux à branchies fixes , comprenant les lamproies et les genres voisins, et plus connue sous le nom de cyclostomes.

— Entora. Syn. d'AFHANlPTÈRKS, ordre d'insectes.

— Myriap. Syn. de polyzonides, famille de myriapodes.

SUCHAR s. m. (su-kar). Moll. Syn. de sy-

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