V. SUKOTÏHO
SUÇOTER v. a. ou tr. (su-so-té — fréquentde sucer). Fam. Sucer longtemps ou à diverses reprises : Suçoter un bonbon.
SUCQUET (Antoine), écrivain ascétique, né à Malines le 15 octobre 1574, mort à Paris la 15 février 1626. II entra dans la compagnie de Jésus, érigea à Malines, en 1611, un noviciat pour les jésuites flamands et y établit un collège en 1615. 11 enseigna dans ce collège pendant plusieurs années, fut ensuite deux ans recteur du collège de Bruxelles, quatre ans provincial de Flandre, puis procureur de cette province. Il se rendit en cette qualité il Rome en 1625. On a de lui : Via vitx xternx..., iconibus illustrala per Boetium a Bolswert (ire édit,, Anvers, 1620, in-8°, avec 32 grav.), ouvrage traduit en français sous ce titre :1e Chemin de la vie éternelle, etc., par le Père Morin (Anvers, 1623, in-8°), en flamand par Pierre Maillard et en polonais par Stanislas Kisynokolski ; Testamentum christiani hominis et prasparalio ad cousequendam salutem (Anver.s, 1625, in- 16 ; Pontà-Mousson, métneunnée, in-12 ; Luxembourg, 1631, in-12). Cet ouvrage a été traduit en français par Jean Rousselet (Pont-à-Mousson, 1624, in-16 ou petit in-s<>), en flamand et en italien ; De purgatorio, libellus vivis utilis ac defunclis; Parvum psalterium beats Virainis Marin.
SUCR
SUCQUET (Charles), de la même famille que le précédent, né vers 1508, mort en 1536. Il a publié un ouvrage de jurisprudence intitulé De inlerdiciis (impr. à Turin vers 1535, in-fol., suivant Lipénius). — Antoine Sucquet, son père, et son oncle, Jean Sucquet, étaient amis d'Erasme. Jean Sucquet fut membre du conseil privé de l'empereur Charles-Quint et son chargé d'affaires en diverses cours. Erasme , après la mort d'Antoine , adressa à Jean Sucquet, son frère, une lettre de condoléance très - flatteuse pour la mémoire du défunt.
SUCRATE s. m. (su-kra-te— rad. sucre).
Tech. Nom donné par les fabricants aux divers saccharates qui se forment pendant la fabrication du sucre, et notamment au saccharate de chaux qui Se produit lorsqu'on introduit un excès de chaux pendant la saccharification.
SUCRE s. m. (su-kre. — Le mot qui désigne le sucre nous est, comme la matière ellemême , parvenu primitivement de l'Orient. On retrouve dans presque toutes les langues la même racine pour désigner cette substance. Pour arriver à la signification primitive, il faut remonter jusquau thibétain, où l'on trouve le mot composé sa-kar, terre, poussière blanche, qui a donné postérieurement naissance à la plupart des appellations des autres langues. Nous nous bornerons à citer : en sanscrit, scharkara ; en grec, sakcharon; en latin, saccharum; en persan, chekèr; en arabe, soukker; en allemand, zucker ; en français, sucre; en anglais, sugar, etc. Quelques étymologistes font venir le sanscrit scharkara de çarkara, caillou, qui aurait la même racine que karkara, dur, savoir kara, blesser). Principe cristalltsable, très- répandu dans la nature, surtout dans les végétaux, notamment dans la canne à sucre et la betterave : Sucre de canne, de betterave, de raisin, de sorgko. Un morceau de sucre. Un baril de sucre. Des épinards, une omelette au sucre. Je dois mon sucre et mon café aux pauvres nègres d'Afrique, qui les cultivent en Amérique, sous les fouets des Européens. (B. de St-P.) C'est principalement au moyen de véritables friandises, et surtout du sucre, qu'on parvient à maitriser les animaux, (Cuv.) Il n'arrive point en Europe un baril de sucre qui n'ait abrégé la vie à plus d'un esclave. ((Jerutti.) Les anciens remplaçaient le sucre par te miel. (A. Rion.) Sotiî Louis XIV, les apothicaires seuls vendaient du sucre. (Brill.-Sav.) Le sucre vaut infiniment mieux que sa réputation. (L. Cruveilhier.) Le sucre est à la fois le vin et le pain du malade. (L. Cruveilhier.) Sous une atmosphère un peu humide, le sucre tombe peu à peu en déliquescence. (Ruspuil.) Le sucre est toute lapharmacie dupauvre. (Proudh.) La betterave donne un sucre cristallisa-blé absolument semblable à celui de canne. (F. Pillon.) il Matière liquide, non cristallisable, qui a la composition et les propriétés du sucre cristallisable, et qui lui est associée dans les fruits : Sucre de raisin.
— Fam. Fruit très-doux : C'est un sucre que cette poire.
— Sucre raffiné, Sucre blanc et compacte que l'on obtient en décolorant et faisant fondre le sucre ordinaire. Il Sucre royal, Sucre deux fois raffiné. Il Sucre brut, Celui qui n'a
fias été raffiné, li Sucre rouge, Ancien nom de a cassonade, il Sucre candi, Sirop de sucre cuit dans l'eau à consistance de sirop et cristallisé par une évaporation lente. Il .Sucre rasai, Sucre blanc cuit dans de l'eau rose et réduit en tablettes. Il Sucre tors, Ancien nom d'une préparation sucrée de jus de réglisse, mise en petits bâtons tortillés. Nom donné aujourd'hui aux anciennes pénides, bâtons de sucre très-blanc, tordus deux à deux. Il Sucre d'orye, Sucre préparé k l'eau d'orge, et qui se vend le plus souvent en petits bâtons cylindriques. Il Sucre de pomme, Sucre semblable au précédent, mais dans lequel l'eau d'orge est remplacée par du jus de pomme.
— Sucre de lait, Matière sucrée qu'on trouve dans le lait des mammifères. It On l'appelle aussi LACTOSE et LACTINB.
— Plein sucre, Manière de confire les fruits ! en employant autant de sucre que de fruit.
Il Mi-sucre, Façon de préparer les cojilii tures, dans laquelle on ne met que la moitié
de la quantité ordinaire de sucre : Confitures
à mi-sucre, n Ftg. A mi-sucre, D'une douceur ' médiocre, fort tempérée : Les autres ne lui
donnaient que des louanges pour ainsi dire À
mi-sucre. (Le Sage.)
— Pain de sucre, Masse de sucre blanc, de forme conique, qui a été coulée daus des moules de cette forme. Il Objet de forme conique : Une montagne en pain de sucre. Un bonnet en pain de sucre. Etre coiffé d'un pain dk SUCRK.
— Apothicaire sans sucre, Personne qui manque des choses les plus nécessaires à sa profession. Il Vieille loc. qui vient du temps où les seuls apothicaires vendaient du sucre.
— Etre tout sucre et tout miel, Etre fort doucereux : Il fallait me voir et m'entendre parler .- /étais tout sucre et tout miel. (Le Sage.)
— Se faire sucre, Expression adoucie par laquelle on remplace la locution grossière