‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 750 sur 1059 · SUDE · texte numérisé non relu

SUDE

fine et délicate. Leur siège de prédilection est le voisinage des aines et des aisselles, le tronc et très-rarement les membres supérieurs. Les maladies qu'elles accompagnent le plus souvent sont la fièvre typhoïde, le rhumatisme, les fièvres éruptives et la péritonite puerpérale. Leur apparition n'est jamais critique-, elle n'a aucune valeur pronostique et ne réclame pas de traitement spécial. Le plus souvent, les sudamina sont tout simplement le résultat d'une diaphorèse abondante. C'est vraisemblablement pour cette raison qu'on les voit très-rarement manquer dans la suette miliaire.

SUDARIUM s. m. (su-da-ri-omm — mot lat. formé de sudare, suer), Antiq. rom. Linge dont les Romains se servaient pour s'essuyer le visage.

— Encycl. Le sudarium des Romains était un vrai mouchoir. Il y avait de ces linges qui étaient en coton et d'autres en lin. Parmi les derniers, on estimait surtout ceux qui avaient été fabriqués à Sœtabis, ville d'Espagne, dans la Tarraconaise. Catulle, dans sa douzième pièce contre Asini us, qu'il accuse de lui avoir volé ses sudariums, a soin de noter ce détail : « Ces sudariums, venus de Saetabis en Espagne, m'ont été envoyés en présent par Fabullus et Veranius;

Nam sudaria Sœtaba ei Iberis

Misemnt milti muneri Fabullus

Et Veranius

Le sudarium se portait dans un pli de la toge qui, croisant sur la poitrine en descendant de 1 épaule gauche et passant sous le bras droit, faisait la fonction d'une poche. Les soldats le portaient noué autour du cou et pendant sur la poitrine.

La femme que la légende catholique nous représente essuyant le visage de Jésus, et qui est connue sous le nom de Véronique, aurait fait usage, dans cette circonstance, d'un sudarium. On rapporte que l'image de Jésus y resta empreinte. Mais c'est justement cette image de Jésus, réputée authentique dans les premiers siècles, vera icon, qui a fait inventer la légende de Véronique. Cutte effigie, empreinte sur étoffe, est vénérée par l'Eglise sous le nom de sainte face ou de saint suaire. Le mot suaire vient, en effet, du mot sudarium; mais il prit un sens bien différent et signifia le linge à ensevelir les morts. De là même il est résulté une confusion assez singulière. On a confondu avec le sudarium de la prétendue Véronique le suaire dans lequel avait été enseveli Jésus, et cette dernière relique porterait aussi l'empreinte de sa figure. Il serait difficile, d'ailleurs, de mettre les croyants d'accord sur ce point, et principalement les fidèles des villes de Rome, Turin, Besançon, Compiègne, Aix-la-Chapelle, Lisbonne; car toutes ces villes prétendaient posséder le véritable saint suaire. Il est probable même que d'autres villes affichent la même prétention.

SUDATION s. f. (su-da-sion — lat. sudatio; de sudare, suer). Méd. Action de suer ou de déterminer la sueur par des moyens médicaux,

SUDATOIRE adj. (su-da-toi-re — lat. sudatorius; de sudare, suer). Méd. Accompagné de sueur : Fièvre sudatoirb.

— s. m. Espèce de douche de vapeur propre à. déterminer la transpiration.

— Antiq. rom. Partie des thermes où l'on prenait des bains de vapeur.

— Encycl. Antiq. rom. Le sudaloire {sudalorium) était une partie importante des thermes romains; il se trouvait placé a côté du tepidarium. Eh sortant du tepidarium, où la température était modérée et où l'on pouvait prendre des bains tièdes, on entrait, après s'être fait parfumer tout le corps, dans la salle destinée aux bains chauds. La porte qui conduisait de l'une à l'autre salle se fermait par son propre poids, afin de prévenir l'introduction d'un air dont la température n'aurait pas été assez élevée. Cette salle, dans laquelle on pénétrait, contenait d'un côté le bain chaud (balneum) et de l'autre le bain de vapeur, de forme semi-circulaire {laconicum). L'espace compris entre le balneum et le laconicum était deux fois plus long que large. Il était approprié h des exeicices gymnastiques consistant a soulever des poids, à remuer vivement les bras et les jambes ; c'était là le sudaloire. Dans les établissements très-considérables, la salle dont nous parlons était remplacée par deux salles : l'une, appropriée au bain chaud, s'appelait caldarium ou balneum; l'autre comprenait le bain de vapeur et le sudatorium ou, comme le dit Vitruve, laconicum sudationesque, et portait le nom de concamerata. sudatio. Cette dernière disposition existait dans les thermes de Titus.

SGDBURV, ville d'Angleterre, comté de Suffolk, à 30 kilom. O. d'Ipswick, sur la Stour, que l'on traverse sur un beau pont en pierre; 6,207 hab. C'est dans cette ville que Jurent établis par Edouard IU les Flamands qui apprirent aux Anglais l'art de travailler la laine au métier. On y trouve encore quelques fabriques de crêpes et de soieries.

SUDERMAMB, nommée Sudermanland en suédois, ancienne province de la Suède, au S. de l'Upland. Subdivisée en Sudermanie propre, Sœdœrtœrn et Rekarna, elle formait

SUDO

un duché qui fut possédé par Charles XIII avant son avènement au trône. Elle fait aujourd'hui partie du l&n de Nykoping et de Stockholm.

SUDEROÈ, lie du Danemark, dans l'Atlantique, la plus méridionale de l'archipel des FéroB, par 61o 30' de latit. N., 9« 5' de longit. O.; 1,000 hab. Chef-lieu, Qvalboë. Elle a 225 kilomètres carrés de superficie et produit de l'orge, du seigle, des légumes, des pâturages qui nourrissent quelques chevaux et d'autres bestiaux,

SUD-EST s. m. Direction qui s'écarte autant du sud que de l'est: Aller au sud-est. Il Contrée située dans cette direction : Le Sud-est de l'Europe. Il Vent qui souffle de cette direction : Un sud-est violent,

— Adjectiv. Qui est au sud-est; qui souffle du sud-est : La région sud-est de la France, Le vent est sud-est.

SUD-EST-QUART-EST s. m. Direction qui s'éloigne autant du sud que de l'est-sud-est. Il Contrée située dans cette direction. Il Vent qui souffle de cette direction.

— Adjectiv. : Vent SUD-est-quart-est. ' SUD-EST-QUART-OUEST s. m. Direction

qui s'écarte du sud autant que de l'est-sudouest. Il Contrée située dans cette direction, n Vent qui souffle de cette direction.

— Adjectiv, : Vent sud-est-quart-ouest.

SUD- EST-QUART-SUD ou SUD-QUART - SUD-EST s. m. Direction qui s'écarte du sud autant que du sud-sud-est. Il Contrée située dans cette direction. Il Vent qui souffle de cette direction.

— Adjectiv. : Vent sud-est-quart-sud,

SUDET (Jean-Mathias de), dit aussi Sudètes (a Sudet!»), professeur k l'université de Prague au xviie siècle. Il fréquenta plusieurs universités allemandes, voyagea en France, en Hollande, en Suisse et en Italie (1593-1603). De retour en Bohême, il fut nommé, en octobre 1611, professeur de droit à l'université de Prague et fit paraître un traité, De consuetudinilus feudorum (Prague, 1613; se édit., Amberg, 1615). En i«», il posa la thèse suivante (en latin) : « Nous établissons et nous soutiendrons comme- trèsprobable que la nation bohème tire son origine non des Slaves, comme l'ont assuré /Eneas Sylvius et Jean Dubraw, mais de la Russie ou Roxoianie. » En 1615, il publia à l'appui de cette thèse une brochure intitulée : De origine Bohemorum et Stavorum (Leipzig, in-4<>). Sudet eut à soutenir à cette occasion une polémique très-vive contre Troïle, et ce fut en réponse à l'un des écrits de Troïle qu'il publia ses Qusstiones très (1615), Nous ne raconterons pas les incidents des discussions acharnées que soutinrent les deux savants. Le progrès des sciences historiques a fait perdre tout intérêt h ces débats puérils. Mais, si personne ne s'avise, plus aujourd'hui de soutenir que les Bohèmes descendent des Roxolans, il y a encore des écrivains (Biogr. génér. Michaud) qui ne savent pas distinguer les Bohèmes ou Tchèques des Bohémiens ou Tsiganes, et qui paraissent croire que Sudet s est occupé de recherches relatives à l'origine des Bohémiens.

SUDlîTES (monts), en allemand Sudeten, dénomination générale par laquelle on désigne la longue chaîne de montagnes d'Allemagne qui s'étendent des Karpithes aux rives de l'Elbe et prennent différents noms entre leurs points extrêmes. La longueur totale des Sudètes, qui se dirigent du S.-E. au N.-E., est de 600 kilom. sur une largeur de 32. Leurs principales divisions sont, en partant du S.-fi., près des sources de la Vistule : 1» les Geisenkergebirge (montagnes abaissées), entre les liarpathes et les sources de laMarch; 2» les Sudètes proprement dites, entre les sources de la Marche et celles de laNeisse; 30 les Reisengebirge (montagnes des Géants), formant la masse principale du système et se terminant au cours de l'Elbe, qui les sépare de l'Erzegebirge (monta métalliques), que certains géographes comprennent parmi les Sudètes, de même que les monts de la Lusao;. Le point culminant des Sudètes est le Schneekoppe, en Silésie (1,G44 mètres), dans le Reisengebirge. Les autres principaux sommets sont: le Borenberg (1,530 mètres); le Giand-Rad (1,530 mètres). Comme chacune des subdivisions des Sudètes est le sujet d'un article particulier dans ce dictionnaire, nous renverrons le lecteur aux mots Reisengebirge, Erzegebirgb, etc.

SUDIS s. m. (su-diss — de Sudis, n. pr.). Ichthyol. Genre de poissons mulacoptérygiens, de la famille des clupéoïdes, plus connu sous le nom de vastrés.

SUDISTE adj. (su-di-ste — rad. sud). Hist. Qui appartient aux Etats sécessionnistes du Sud, dans la guerre des Etats-Unis d'Amérique : L'armée sumste. Un général sudiste.

— s. m. Citoyen ou partisan des Etats du Sud : L'armée des sudistes.

SUDORATE s. m. (su-do-ra-te — du lat.

sudor, sueur). Chim. Sel formé par la combinaison de l'acide sudorique avec une base.

SUDORIFÈRE adj. (su-do-ri-fè-re — du lat. sudor, sueur; fero, je porte), Anat. Qui conduit la sueur: Vaisseaux sudorifères,

— Méd. Qui provoque la sueur : Infusions

STJDÏt

SUdorifères. il On'ditplus ordinairement sc-

DORIFIQUE.

SUDORIFIQUE adj. (su-do-ri-fi-ke — du ]at. sudor, sueur; facere, faire). Méd. Qui provoque ou augmente la sueur : Tisane su-

DORIF1QUE,

— s. m. Remède qui provoque la sueur :

Les SUDORIFIQUES.

— Encycl. Comme les sudorifiques agissent d'autant mieux qu'ils sont administrés dans un véhicule aqueux plus chaud et plus abondant, certains médecins ont prétendu qu'ils ne devaient leurs propriétés diaphoniques qu'à l'eau et au calorique qu'ils introduisent dans l'économie. Il y a là une exagération évidente, et il est certuiu que plusieurs de ces substances ont sur la peau une action manifeste due à leur composition spéciale. Les sudoriftques s'emploient avec avantage dans les affections dartreuses et autres maladies chroniques de la peau, contre les rhumatismes, la goutte, les hydropisies et certaines affections catarrhales. On les ad' ministre aussi dans la syphilis constitutionnelle comme adjuvants des mercuriaux et de l'iodure de potassium. Ils sont utiles dans tous les cas où on peut espérer chasser par la voie des sueurs les principes septiques introduits dans l'économie.

Les remèdes sudoriftques se rencontrent dans les trois règnes de la nature. Le règne minéral fournit le soufre, les sulfures et Us antimoniaux. Le règne végétal offre un trèsgrand nombre de plantes dont les infusions chaudes sont diaphoniques, pourvu que la peau se trouve placée en même temps dans des conditions anatomiques et physiologiques qui permettent la sueur. Les principales sont : le gaïac, la salsepareille, la squine, le sassafras, les fleurs de sureau, la plupart des labiées et des ombellifères aromatiques en infusion. Le règne animal fournit le musc, le castoréum et l'ammoniaque avec ses sels. Mais ces derniers médicaments ont, ainsi que ceux qui sont tirés du règne minéral, une action plus complexe que les précédents.

SUDORIPARE adj. (su-do-ri-pa-re — du lat. sudor, sueur; pario, j'enfante). Anat. Se dit des glandes qui sécrètent la sueur ; Glandes SUDOR1PARBS.

— Encycl. Les glandes sudoripares existent dans l'épaisseur de la peau de toutes les régions et sont situées dans la couche graisseuse sous-cutanée, au milieu de pelotons graisseux. Elles sont très-abondantes, surtout à la paume de la main et à la plante du pied. Le corps de ces glandes est jaunâtre; son diamètre est de 0^^,5 à 2mnJ. Le tube qui les constitue par son enroulement est de ûmnijûs à 0™ro,06. Leur canal excréteur s'élève au-dessus de la glande en décrivant des sinuosités, puis il traverse perpendiculairement le derme jusqu'à l'épidevme ; arrivé là, il décrit des tours de spire, surtout vers les couches superficielles, et vient s'ouvrir à la surface de la peau entre les pupilles. Ces glandes sont formées par un tube en cul-de-sau enroulé sur lui-même vers son extrémité fermée. Le nombre de ses replis vavie depuis six jusqu'à, douze. D'une extrémité à 1 autre, ce tube est formé par une membrane propre, épaisse de omia,03 au plus, résistant à l'action de l'acide acétique, de l'acide nitrique, de l'acide tartrique étendu, tapissée à l'intérieur d'une couche d'épithélium nucléaire, qui remplit complètement le fond de la glande. Cet épithélium devient pavimentetix dans le canal excréteur. Dans le creux axillaire, on trouve des glandes sudoripares plus volumineuses, qui contiennent, dans l'épaisseur de la paroi du conduit excréteur, un certain nombre de fibres musculaires de la vie organique disposées circulairement; l'épithélium qui le tapisse est pavimenteux dans toute l'étendue du tube.

SUDORIQUE adj. (su-do-ri-ke — du lat.

sudor, sueur). Chim. Se dit d'un acide trouvé dans la sueur.

SUD-OUEST s. m. Direction qui s'écarte du sud autant que de l'ouest : Aller au sudouest. Il Contrée située dans cette direction : Le sud-ouest de la France. Il vent qui souffle de cette direction : Un sud-ouest assez fort.

— Mar. Chapeau à ailes rondes, relevées, à fond bas et plat, couvert de toile cirée, u On l'appelle aussi tapkbord.

— Adjectiv. Qui est au sud-ouest, qui vient du sud -ouest : Vent sud-ouest.

SUD-OUEST-QUART-SUD ou SUD-QUART- SUD-OUEST s. m. Direction qui s'écarte du sud autant que du sud-sud-ouest. U Contrée située dans cette direction. Il Vent qui souffle de cette direction.

— Adjectiv. : Vent Sud-ouest-quart-sud.

SUDRA s. m. (su-dra). Autre forme du mot soudra.

SUBRE (Jean-Pierre), lithographe français, né à Albi en ;783, mort à Paris vers 1867. Il prit d'abord des leçons de Vigan, professeur de dessin à l'Ecole centrale d'AIbi ; puis, envoyé à l'Académie de Toulouse, il y travailla quelque temps sous la direction de Suau. Vi vint enfin à Paris en 1802, dans l'atelier de David. Des relations de famille l'ayant mis en rapport avec Ingres, les deux compatriotes se mirent à étudier de compagnie. Plus de dix années s'écoulèrent avant que Pierre Sudro songeât à utiliser sa science

SUE

profonde du dessin; un hasard l'y décida. Ferdinand de Lasteyrie venait d'introduire en France la lithographie (1818). Sudre s'enthousiasma pour la simplicité de cet art nouveau, et, de 1820 à 1823, il lithogruphia, souvent d'après ses propres dessins, 120 portraits pour le Panthéon français, entre autres ceux de Chauveau-Lagarde et de Lanjuinais, d'après Rouillard, qui furent tirés à part et exposés en 1827, avec ceux de Michel-Ange, de Raphaël, de Poussin et les deux Odalisques d Ingres. Parmi ses Portraits, on compte des têtes dessinées et modelées comme les eût dessinées et modelées Ingres lui-même. Quant à ses Odalisques, elles sont trop connues pour qu'il soit m-cessaire d'en indiquer la finesse et l'éiéganee. En 1831, P. Sudre exposa les Baigneuses de Rioult et Alain C/iartier, d'après Beaume; en 1837, la Chapelle Sixline d'Ingres, la plus grande lithographie faite jusqu'alors ; en 1838, plusieurs Portraits; en 1839, Roger et Angélique ; en 1842, le Christ et la Vierge; en 1844, Cherubini et la Muse d'Ingres Ces reproductions, d'une exactitude merveilleuse, rappellent l'original aussi complètement que les meilleures gravures. En U45, le Comte de Rambuleau, d'après M. Henry Scheffer ; en 1850, la Vierge à la chaise de Raphaël furent également remarqués comme des modèles du genre. En 1853, P. Sudre se présenta au Saion avec Œdipe et le sphinx et Angélique, deux superbes lithographies d'après les tableaux d'Ingres, admirablement reproduits. En 1855, il envoya une seule planche nouvelle, la Vierge au silence d'Annibal Carrache. A cette époque, Sudre n'était déjà plus jeune, et la lithographie, transformée depuis 1830 par Mouilleron, Soulanga-Teissier et d'autres, avait fait d'énormes progrès. Il y eut néanmoins pour lui, dans le rapport que publia le Moniteur, une mention spéciale. Il y était constaté que Sudre, tout en n'ayant pas à son service les procédés nouveaux introduits dans l'art de dessiner sur la pierre, d'en obtenir les noirs profonds, les clairs vaporeux, etc., n'en continuait pas moins à affirmer son talent par des productions d'autant plus remarquables qu'il manquait, pour le faire valoir, des moyens employés par ses concurrents. En 1861, dernier Salon ou il parut, Sudre exposa le Christ en croix, d'après Le Brun, et la Muse de la musique d'Ingres, figure dont il aimait la poésie grandiose, la forme austère, et qu'il a interprétée plusieurs fois. Cet artiste a obtenu une 2« médaille en 1828, une 1™ en 1834, une médaille d'or à Toulouse en 1840 et la grande médaille de Prusse en 1848.

SUD-SUD-EST s. m. Direction qui s'écarte autaut du sud que du sud-est. Il Contrée située dans cette direction, il Vent qui souffle de cette direction.

— Adjectiv. : Ven* sud-sud-est.

SUD - SUD - OUEST s. m. Direction qui s'écarte autant du sud que du sud-ouest. Il Contrée située dans cette direction. Il Vent qui souffle da cette direction.

— Adjectiv, : Vent sud-sud-ouest.

SCE (Jean-Joseph), anatomiste français, né à La Colle-Saint-Poîl, dans le département du Var, en 1710, mort à Paris le \0 décembre 1792. Il commença sous un chirurgien du pays ses premières études et vint à Paris, où son frère, Jean Sue, qui fut depuis membre de l'Académie royale de chirurgie, tenait un rang honorable parmi les médecins, Joseph Sue se rit inscrire au nombre des élèves del'Hôtel-Dieu et se mit en pension chez l'anatomiste Verdier. Il profita des leçons de cet habile maître et fut bientôt en état de le suppléer dans ses leçons. Il lui succéda, en 1754, comme professeur d'anatornie au collège royal de chirurgie. En 1761, il fut nommé substitut du chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité, place qu'il occupa près de vingt-cinq ans. Il était membre de 1 Académie royale de chirurgie, de la Société royale de Londres, de celie de Philadelphie et de plusieurs autres. Il était aussi professeur d'anatornie à l'Académie royale de peinture et de sculpture. On lui doit les ouvrages suivants : Traité des bandages et des appareils (Paris, 1746, in-12); Abrégé d'anatornie (Paris, 1748, 2 vol. in-12); V Anlhropotomie ou Y Art d'injecter, de disséquer, d'embaumer et de conserver toutes les parties du corps humain (Paris, 1749, in-12); Discours prononcé aux écoles de chirurgie en 1750 (1750, in-8°) ; Eléments de chirurgie (Paris, 1755, in-12).

SUE (Jean-Joseph), médecin, fils du précédent, mort en 1831. Il succéda à son père dans les places de chirurgien de l'hôpital de la Charité et de professeur d'anatornie à l'Académie de peinture et de sculpture. Outre une traduction de VAnatomie comparée de Monro , il a publié les ouvrages suivants : Eléments d'anatornie à l'usage des peintres et des sculpteurs (Paris, 1788, in-4°); Essai sur la physionomie des corps vivants, considérés depuis l'homme jusqu'à laplante (Paris, 1797, in-8") ; Opinion sur le supplice de la guillotine et sur la douleur qui survit à la décollation (Paris, 1796,in-80); Recherches physiologiques et expérimentales sur la vitalité, suivies d'une nouvelle édition de l'Opinion sur le supplice de la guillotine (Paris, 1797, in-8«).

SUE (Marie- Joseph, dit Eugène), célèbre romancier, fils du précédent, né à Paris le 10 décembre 1804, -^ort à Annecy (Savoie)

SUE

le 3 juillet 1857. Il eut pour parrain le prince Eugène Beaubarnais et pour marraine l'impératrice Joséphine; mais son parrain, par une singularité, ne voulut pas lui donner son prénom', suivant l'usage ; le romancier le prit de sa propre autorité. Dès qu'Eugène Sue fut en âge, son père l'envoya faire ses études au lycée Bonaparte. « Il en sortit, dit M. Ernest Legouvé, avant sa rhétorique terminée, sachant par hasard un peu de dessin et de mathématiques. Il flotta longtemps entre plusieurs carrières, entra chez Gudin,où il fit de la marine en peinture, étudia la médecine sous son père, lança quelques articles dans le Figaro et dans la Mode, et fut même le père de deux vaudevilles qui sont aujourd'hui aux Enfants trouvés; vivant largement en jeune homme, dépensant au hasard et sans compter l'esprit qu'il avait, la fortune qu'il aurait, moqueur insoucieux, véritable enfant de Paris, faisant toujours rire autour de lui, et, avec cela, profondément ennuyé et portant dans son cœur un inconcevable fonds d'amertume et de mélancolie.,,. Son père le rit enfin partir, comme chirurgien, sur un vaisseau de l'Etat (le Breslau) -( il avait vingt-trois ans à peu près. Le jour ou il arriva abord, il manda ses deux aides et leur dit: Messieurs, je ne sais rien, comme vous vous en apercevrez bientôt; par conséquent, vous ferez tout, et moi je me charge de l'hygiène du bâtiment.. Puis, après cette étrange confession, il les congédia et alla dormir. Ses voyages durèrent six ans: il alla en Espagne, aux Iles; il courut l'Océan et la Méditerranée; il séjourna à Toulon, à Brest, à Lorieivt; il toucha à presque tous nos ports et revint enfin à Paris, la tête pleine d'images et d'idées nouvelles. » Peu de temps après son retour en France, en 1830, son père mourut, le laissant possesseur d'une fortune de l million, et, dès lois, Eugène Sue ne songea plus à reprendre la mer. U avait, cependant, trop d'intelligence et d'activité pour consentir à laisser reposer sa tête sur l'oreiller de luxe et de paresse que lui faisaient ses titres de rente. Il pensait bien à la littérature, mais vaguement et sans savoir quel genre il devait choisir de préférence. C'est le hasard, raconte encore M. E. Legouvé, qui fit écrire à Eugène Sue sa première scène maritime. Il se trouvait un soir au foyer de l'Opéra, causant littérature et voyages avec un ami de son âge, Aylîc Langlé, qui dirigeait, à cette époque, un journal de théâtre, intitulé la Nouveauté. « Vous devriez, dit celui-ci à Eugène Sue, m'écrire quelque scène maritime. — Volontiers, mais quel sujet prendre ? — Tenez, je me rappelle un trait assez curieux : j'ai un cocher qui a été longtemps matelot, et, l'autre jour, il me disait qu'en. 18., son vaisseau ayant attaqué un brick de corsaire, et celui-ci manquant de munitions, le pirate chargea ses canons de piastres et se défendit bravement avec l'argent qu'il avait volé. — C'est un trait fort caractéristique, reprit Sue, et j'essayerai d'en faire un combat. ■ Huit jours après, le combat était fait, et l'article parut. Il fut beaucoup remarqué, et c'est alors que Sue songea à exploiter le bagage de connaissances maritimes et d'observations de toutes Fortes qu'il avait rapportées de ses voyages U écrivit Plick et Plock (1831, in-8°), roman d'un genre tout à fait neuf chez nous, et qui eut un grand succès, par la manière piquante et parfois trop vraie dont les moeurs des matelots y sont peintes. Immédiatement après, et presque coup sur Coup, paruient Atur-Gull (1S3L, in-S°), la Salamandre (1832, 2 vol. in-S") , la Coucaratcha (1832-1834, 4 vol. n-8°), la Vigie de Koat- Ven (1833, 4 vol. in-811), dont la vogue alla toujours en croissant. C'est alors qu Eugène Sue, se voyant adopté par le public et proclamé le Cooper français, voulut se livrer à une étude vraiment sérieuse de la science maritime et acquérir en cette matière une érudition qui fît autorité. Il obtint de travailler aux archives de la marine et publia, de 1835 à 1837, Son Histoire de la marine française (5 vol. in-8°), qui contient d'utiles renseignements et présente un habile résumé de tous les ouvrages de même nature précédemment connus. Cependant le succès fut médiocre. C'est que par malheur, comme le fait très-finement observer M. Sainte-Beuve, « l'historien, doit être comme la femme de César, ne pas même pouvoir être soupçonné d'infidélité. Or, M. Sue avait été trop évidemment et trop habilement conteur pour ne pas mériter un premier soupçon. » Mais l'hésitation que mit le public à ajouter foi à l'historien n était, en définitive, qu'un nouvel éloge indirectement envoyé à l'adresse du romancier. « A celui-ci, du moins, ajoute M. Sainte-Beuve, l'honneur d'avoir, le premier, risqué le roman français en plein Océan, d'avoir le premier découvert notre Méditerranée en littérature 1 » Les premiers romans d'Eugène Sue témoignent d une imagination puissante, amoureuse, peut-être à l'excès, de l'étrange, du pathétique et de l'horrible. Le style eu est généralement vif, animé, riche en images, rehaussé de couleurs brillantes; parfois aussi, il est négligé, incorrect et affecté. Mais ce qui apparaît dès le début et revient constamment dans les premiers ouvrages de l'auteur, c'est l'expression d'un amer scepticisme qui s'obstine à n'assigner à toutes les actions humaines qu'un mobile, la vanité, qu'un but, l'intérêt. Kernock mou-

SUE

rant marguillier, Atar-Gull recevant le prix de vertu, Vaudrey expirant béat, en rêvant d'anges et de paradis, l'abbé Cillery, Falmouth et les autres, autant de types dans lesquels s'incarnaient le pessimisme de l'auteur et son mépris de l'humanité. On pense bien qu'avec de telles idées Eugène Sue ne devait pas se renfermer longtemps dans le cadre étroit du roman maritime. Ea effet, il aborda bientôt le roman de mœurs, dans lequel il se signala par diverses productions, la plupart très-bien accueillies, et parmi lesquelles il faut citer en première ligne Arthur (183S, 2 vol. iu-8"), le Marquis de Létorière (1839, in-8°), le Morne au di'ible (1842, 2 vol. in-8û) et surtout M athilde (1841, e vol. in-8°), dont le nom seul rappelle un des plus grands succès littéraires de notre époque. Dans ce qu'on pourrait appeler sa seconde étape, Eugène Sue, ayant reconnu, comme il le dit luimême dans une préface, « le néant des idées absolues, à mesure qu'il avait expérimenté la vie, ■ se débarrassa de ses idées pessimistes, de sa philosophie fataliste, et, accordant un peu plus à l observation calme et froide, il s'efforça de peindre la société telle qu'elle était, avec ses qualités et ses défauts, ses vertus et ses vices, sans aucun parti pris de passer à côté du bien sans le voir et de ne regarder que le mal. Cette transformation dans les idées de l'auteur- devait influer d'une façon très-sensible sur son talent. C'est ce qui arriva, en effet, et au lieu de toujours peindre, avec une obstination systématique, le mauvais côté des hommes et des choses, au lieu de forcer le ton et de dépasser sans cesse la mesure, il s'appliqua à fondre les nuances, à opposer les couleurs, à montrer les faces aussi bien que les revers de ses médailles, à être vrai enfin. En même temps, il abordait l'histoire, l'étudiait, la fouillait dans tous les sens et faisait part au public de ses découvertes ou, si l'on préfère, de ses impressions, dans deux romans historiques, Latréaumont (1837, 2 vol. in-8°) et Jean Cavalier (1840, 4 vol. in-8°). Jusque-là, cependant, Eugène Sue n'avait guère paru se préoccuper de peindre la société qu'au point de vue de l'art; son mépris de la corruption qu'il avait signalée, sa haine des vices dont il avait donné d'effroyables tableaux étaient, si l'on peut dire ainsi, platoniques, sans but généreux ni fécond ; en d'autres termes, il avait fait de l'art pour l'art. Mais une transformation nouvelle allait se produire dans son talent, transformation radicale, cette fois, et qui devait avoir pour résultat d'assigner à Eugène Sue une des places les plus honorables dans l'histoire politique et morale de son époque. On était en 1842, et depuis quelque temps déjà uu bruit sourd semblait partir des couches inférieures de la société pour monter jusqu'aux brillantes régions de la fortune et du privilège; il y avait à la fois de la plainte et de la menace dans ces murmures avant-coureurs, et la société tout entière, ou du moins tout ce qu'elle renfermait dans son sein d'esprits hardis et généreux, se prit à réfléchir. On se ressouvint que la monarchie de Juillet avait laissé sans solution la plupart des problèmes sociaux qu'elle s'était donné pour mission de résoudre, et dès lors ce fut à qui déploierait le plus d'intelligence, le plus d'activité, le plus de dévouement à la recherche de la vérité politique, philosophique et sociale. Eugène Sue ne put se défendre de la maladie qui, à cette époque-là, saisissait tous les hommes de cœur, de cette maladie qui s'appelle l'amour du bien, du droit et de la justice *, il sentit qu'il avait une autre mission à remplir que celle d'amuser les oisifs; il comprit qu'il devait, lui aussi, apporter sa pierre à l'édifice nouveau qu'on s'occupait à construire sur les ruines de celui dont on préparait le renversement. Il entra résolument dans la voie qu'il n'avait pas soupçonnée jusqu'alors et dans laquelle il rencontrait, pour se guider, ce qui lui avait toujours manqué : un idéal, un but. C'est ce but qu'il a poursuivi dans les Mystères de Paris (1842-1843, 10 vol. in-8"), dans le Juif errant (1844-1845, 10 vol. in-8°) et dans toutes ses autres productions jusqu'à la fin de sa vie. L'analyse détaillée que nous avons donnée, dans le courant du Dictionnaire, de chacun de ces ouvrages auxquels le nom d'Eugène Sue doit sa plus éclatante notoriété nous dispense d'en parler plus longuement ici. Dès la publication des Mystères ae Paris, le parti démocratique avait ouvert ses rangs au puissant auxiliaire qui lui avait ainsi spontanément offert l'hommage de son cœur et.de son talent. En 1848, la publication du Républicain des campagnes et du Berger de Kravan (1848-1849, 2 parties in-32), sorte de manifeste révolutionnaire, acheva de cimenter l'union d'Eugène Sue avec l'école socialiste, et, le 28 avril 1850, il fut nommé à une très-grande majorité, par le peuple de Paris, membre de l'Assemblée législative. Deux ans après, le Deux-Décembre l'envoyait en exil, et il pariait pour Annecy, d'où il ne devait pas revenir.

Si la postérité n'accepte pas sans réserve l'immense réputation, la popularité prodigieuse dont a joui Eugène Sue, il est un point qu'elle ne saurait du moins méconnaître, c'est la part très-grande d'influence qu'a eue l'auteur des Mystères de Paris sur Jes idées et la littérature de son temps. Eugène Sue, il ne faut pas l'oublier, était riche, entouré d'amis, adulé par les hautes classes

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dont il faisait l'ornement et l'orgueil ; il pouvait, mieux qu'aucun écrivain de son époque, n'obéir, en littérature, qu'aux caprices et aux fantaisies de son imagination. Il aima mieux, possédant déjà la célébrité, en fiiire le sacrifice pour s'efforcer de la reconquérir dans une voie nouvelle, plus difficile et plus ardue, mais plus noble et plus digne de lui ; il ne recula ni devant les inimitiés qu'il était bien sûr de s'attirer, ni devant les calomnies qui ne pouvaient manquer de l'assaillir; il mit son talent au service de la seule cause qu'il reconnût digne d'un esprit honnête et éclairé, la cause du progrès ; il étudia cette société qu'il n'avait fait jusque-là qu'entrevoir; il sonda les abîmas dont il n'avait jamais soupçonné l'existence; il mit k nu les plaies sociales, dont il ne pouvait réclamer la guétison qu'en les faisant connaître dans toute leur atrocité ; il toucha du doigt toutes les misères; il dévoila tous les vices, tous les crimes, toutes les hontes de l'humanité ; et si, en présentant au public le résultat de ses investigations, il ne sut pas toujours s'arrêter k temps pour éviter le dégoût et les nausées, il réussit du moins à mettre un fer. ment dans les esprits ; il contraignit son époque k regarder en face le problème dont elle s'efforçait de détourner les yeux. Telle est la part qui revient à Eugène Sue dans l'histoire de nos agitations sociales. C'est, selon nous, son meilleur, son plus précieux titre k la réputation. Il en a cependant un autre. Sans être un observateur aussi profond que Balzac, il a souvent fait preuve d'une vigueur d'analyse peu commune. Un critique a dit que c'était un puissant anatomisle de l'épiderme, mais que son scalpel n'allait pas au delà des premiers muscles. L'éloge est aussi mérité que la restriction est juste. Mais ce qu'on ne saurait trop admirer dans Eugène Sue, c'est son imagination exubérante, sa prodigieuse fécondité et, par-dessus tout, l'art infini avec lequel il sait agencer son récit, faire mouvoir ses personnages et dramatiser les situations les plus simples.

Le romancier a publié, outre les ouvrages indiqués dans le courant de cet article : Kernock le pirate (1830, in-8°) ; Cénile (JS35, in-12); Deleytar (1839, 2 vol. in-8°); Deux histoires (1840, 2 vol. in-8°); le Commandeur de Malte (1841, 2 vol. in-8°); Paula Monti (1842, 2 vol. in-go); Thérèse Dunoyer (1842, 2 vol. in-8») ; Martin ou Y Enfant trouvé (1847, 12 vol. in-80); les Sept péchés capitaux (1847- 1849, 16 vol. in-8«); les Mystères du peuple ou Histoire d'une famille à travers les âges (1849-1856, 16 vol. in-80), ouvrage condamné et supprimé par la cour d'assises comme séditieux et immoral, en 1857; les Enfants de l'amour (1850, 4 vol. in-8°); la Bonne aventure (1831, 6 vol. in-S°). Pendant son exil en Suisse, E. Suc continua de travailler avec une ardeur que l'âge ne ralentit pas. Il publia encore : Fernand Duplessis (1852, 6 vol. in-s°); la Marquise d'Amalfi (1853, 2 vol. in-8°); Gilbert et Gilberte (1853,7 vol. in-8°) ; la Famille Jouffroy (1854, 7 vol. in-8<>); les Fils de famille (1856, 9 vol. in-8°). Les Secrets de l'oreiller parurent après sa mort (1858, 7 vol. in-8o); un autre roman, les Filles de Coin, a paru anonyme dans le feuilleton de la Presse en 1865. Dans sa retraite d'Annecy, Eugène Sue avait eu l'idée de ce roman et en avait communiqué le plan détaillé à M. Aylic Langlé en le lui abandonnant. C'est sous l'inspiration d'Eugène Sue que M. Langlé a commencé cet ouvrage ; c'est d'après ses conseils qu'il l'a terminé, et un sentiment de louable modestie l'avait engagé à publier les Filles de Caïn(SOus la signature d'E. Sue. La famille a réclamé, s'est opposée à l'insertion, dans la Presse, d'un roman d'E. Sue dont elle n'avait pas connaissance; et M. Langlé, ne voulant pas signer seul une œuvre qu'il ne considérait pas suffisamment comme sienne, a préféré la laisser anonyme.

Eugène Sue a très-peu travaillé directement pour le théâtre. Citons, cependant, quelques vaudevilles auxquels il a collaboré dans sa jeunesse: M. le marquis (1829), le Fils de l'homme (1830), le Secret d'Etat (1831); quelques drames, faits également en collaboration : lu Prétendante (1841), lesPon- Johs (1841), Pierre Le Noir (1842), le Trésor du pauvre (1848); il a aussi tué de ses romans les drames de Latréaumont (1840, avec Goubaux), des Mystères de Paris (1843, avec Eélix Pyat) j Mathilda (1842, avec M. Desnoyers), Martin et Bamboche (1847), le Morne au diable (1848), le Juif errant (1849).

SUE (Pierre), médecin remarquable, né k Paris le 28 décembre 1739, mort dans cette ville le 28 mars 1816. Reçu maître en chirurgie en 1763, il succéda a son père dans l'emploi de chirurgien de la ville de Paris. En 1767, il fut nommé professeur et démonstrateur à l'Ecole pratique, puis, en J790, succéda k Hévin dans la chaire de thérapeutique ; enfin, il devint prévôt du collège rie chirurgie, et, après la îuort de Louis, il fut nommé secrétaire par intérim dp l'Académie royale de chirurgie. Lors de l'institution de l'Ecole de santé de Paris, Sue obtint la place de bibliothécaire. Il fut, en même temps, chargé de l'enseignement de la bibliographie médicale. Après la mort de Leclerc, il passt. de cette chaire à celle de médecine légale et d'histoire de la médecine. Suo fut un homme de cabinet; mais il s'en faut de beaucoup que

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ses ouvrages soient propres k lui assurer la réputation d'érudition remarquable qu'on lui a trop légèrement attribuée. Tout ce qu'on peut dire de lui, c'est qu'il fut un écrivain laborieux et que quelques-uns de ses ouvrages ne sont pts sans utilité. Les principaux sont: Institutions de pathologie (Paris, 1770, in-8<>); Précis historique sur la vie et les ouvrages de Jean Devaux (Paris, 1772, in-8°); Essais historiques, littéraires et critiques sur les accouchements (Paris, 1779, 2 vol. in-8°); Histoire du galvanisme et analyse des différents ouvrages publiés sur celte découverte (Paris, 1802, 4 vol. in-8°); Mémoire sur l'état actuel de la chirurgie en Chine (Paris, 1802, in-so); Eloge historique de X. Bichal (Paris, 1803, in-80).

SUÉ, ÉE (su-é) part, passé du v. Suer. Emis, sécrété sous forme de sueur : La sueur suék par le malheureux travailleur accroît la masse du sang du riche oisif. (***.)

— Techn. Fer sué, Fer soumis à une chaude suante.

SUECA , ville d'Espagne , province et à 28 kiloin. S. de Valence, près de la rive gauche du Xucar; 8,900 hab. Tuileries, briqueteries; commerce de soie, riz, fruits, etc.

SUEC1A, nom latin de la Suéde.

SUÉCO. Préfixe qu'on ajoute à un nom de peuple, pour exprimer l'alliance de la Suède avec ce peuple ; Le royaume SuÉco-noruegien.

SUECO, nom ancien de la ville d'ÂLCiHA.

SUÉDA s. m. (su-é-da). Bot. Genre de plantes, de la famille des cliénopodêes, type de la tribu des suédinées, comprenant une trentaine d'espèces, dont plusieurs croissent sur notre littoral.

SUÈDE, en latin Suecia, en suédois Sverige, Etat de l'Europe septentrionale , uni k la Norvège sous la même dynastie, et occupant la partis orientale et l'extrémité méridionale de la presqu'île Scandinave. Comprise entre 55« 20' et 69» 5' de latit. N. et entre 8° 46' et 210 50' de longit. E., la Suède est bornée à l'O. et au N.-O. par la Norvège, dont la sépare la chaîne des Alpes Scandinaves ; au N.-E.par la Laponie russe, dont la séparent les rivières de Jlouonio et de Tornea; a l'E. par la mer Baltique, qui forme sur ses côtes le golfe de Bothnie; au S. par cette même mer et au S.-O. par les détroits du Sund et du Cattégat, qui la séparent du Danemark. Ainsi délimitée, cette contrée mesure dans sa plus grande longueur , des sources du Mouonio au N. k la petite ville de Falsterbo au S., 1,424 kilom. et dans sa plus grande largeur 360 kilom. de l'E. k l'O. Superficie, 450,000 kilom. carrés. En 1751, la population était de 1,785,727 hab.; en 1830, elle s'élevait k 2,871,252 hab.; en 1850, k 3,482,000 hab.; entin, le dernier recensement officiel, celui do 1872, porte cette population à 4,250,512 hab. La Suède ne possède qu'une colonie, l'ilo Saint-Barthélémy, dans les Antilles, avec une population de 9,000 hab., dont les deux tiers sont nègres. Capitale, Stockholm.

— Hydrographie et orographie. Il est peu de pays au monde dont les côtes soient aussi découpées que celles de la Suède; d'innombrables petits bras de mer, parsemés d'Ilots, au milieu desquels la navigation est trèsdangereuse , échancrent celle côte depuis la golfe de Bothnie jusqu'au golfe de Christiania, dans la Norvège. La côte orientale décrit dans la Baltique deux courbures considérables ; l'une est marquée par un renflement vers le canal d'Aland; l'autre, dessinée en sens inverse, forme au S. le golfe sur lequel sont situées les villes de Carlscrona, de Carlshamm et de Cunbnshamm. La côte occidentale, sur le Sund et le Cattégat, se dirige généralement au N. - O. et forme les golfes d'Enyelholro et de Laholm. Des côtes aussi sinueuses que celles de la Suède doivent nécessairement projeter dans la mer des caps nombreux; peu d'entre eux sont très-saillants. Nous ne citerons que la pointe de Kallon a l'entrée septentrionale du Sund ; le cap Falsterbo, à l'extrémité S.-Û. de la presqu'île Scandinave, et le cap Kasebevga, à l'extrémité S.-E. Outre les nombreuses petites lies et Ilots qui bordent les côtes de la Suède, indépendamment du groupe ou archipel de Stockholm, deux des plus importantes lies de la Baltique, celles de Gottland et d'ŒIatid, d-épendent de la monarchie suédoise.

Le littoral de la Suède ne s'élève guère k plus de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur uue profondeur de 60 à 75 kilom., couverts de prairies et de cultures variées. Au delà de cette zone du littoral, le sol s'exhausse insensiblement vers l'O. pour rejoindre les Alpes Scandinaves, qui s'étendent entre la Suède et la Norvège, dont elles forment la limite. Cette chaîne envoie quelques ramifications vers les provinces septentrionales de la Suède, dans les provinces de Jemtland, Kopparberg et Herjedalen, tandis que d'autres contre-forts s'abaissent insensiblement jusqu'aux grands lacs Wener, Wetter , Mcelurn bt Hjelmar. Leur hauteur moyeune est de 900 k 1,000 mètres au-dessus du niveau do la mer. Le point culminant est le Sylr'jell (2,033 mètres), dans la Laponie suédoise; dans la province de Jemtland, l'A. reskulan s'élève à 1,663 mètres. Dans la partie méridionale de la Suède, on ne rencontre

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que quelques collines, comme le Kullen et le Hallandos (100 à 120 mètres d'altitude), et quelques pics isolés, comme le Taberg, en Smaland, et le Kinekulle, en Vestrogothie (300 mètres). La constitution zoologique de ces montagnes est généralement granitique ; mais, entre les masses de granit, on rencontre des sédiments de gneiss. La houille fait défaut; on ne trouve qu'une houillère peu considérable en Scanie. En revanche, la formation calcaire se retrouve presque partout, et, du N. au S., on trouve dans le sol d'immenses quantités de fer excellent. Le seul mont Gellevare, en Laponie, haut de£S0 mètres, est entièrement formé d'un minerai renfermant 70 à 80 pour 100 du meilleur fer. Lo sol suédois renferme aussi en abondance du cuivre, du plomb, du soufre, du cobalt, de l'étain, du zinc, du nickel et de l'argent. Sur quelques points, on a constaté la présence de l'or.

Presque tous les cours d'eau qui arrosent la Suède appartiennent au bassin de la Baltique ; cependant le Gotha, qui prend sa source en Norvège sous le nom de CÏara-Elf, traverse les lacs ï'œmund et Wener et se jette dans la mer du Nord, entre le Cattégat et le Skager-Rack. La plupart des cours d'eau, qui descendent du versant oriental des Alpes Scandinaves ou Dofrines et qui vont se jeter dans le golfe de Botnie, se dirigent du N.-O. au S.-E.; les plus importants sont la Tornéa, le Calix, le Lulea, le Pitea, l'Umea, l'Angermona, la Liusne et le Dal - Elf. La Motala est la rivière la plus importante parmi celles qui se jettent dans la Baltique proprement dite. En général, tous ces cours d'eau sont fort peu navigables; heureusement la Suède est entrecoupée d'un grand nombre de lacs magnifiques, qui offrent une grande facilité de communication. Ces lacs, dont nous avons déjà nommé les plus importants, sont reliés entre eux par d'admirables travaux de canalisation. Le canal de Trolhatta , par exemple, avec ses quatorze écluses percées dans des rochers d'une hauteur de 37 mètres, réunit l'Atlantique au lac Wener j ce lac est k son tour réuni au lac Wetter par le canal de Gotha qui, se prolongeant par les lacs Boren, Boxen et A^plongen, débouche dans la Baltique. Ainsi s'ouvre au cœur même de la Suède une communication entre les deux mers. Citons encore les canaux inoins importants de Wcedœ, d'Akers, de Carlstad, de Stromsholm et celui de Sodertelje, qui unit le Mselarn à la Baltique. Ce système de communications commodes et peu dispendieuses est complété par un réseau de chemins de fer qui se développe depuis quelques années avec une rapidité extraordinaire. Le total des lignes exploitées en 1873 était de 2,570 kilomètres, dont 533 avaient été ouverts celte année même. Les travaux, activement poursuivis depuis lors, doivent donner , avant 1880, au pays 5,565 kilomètres, dont k peu près 5/12 appartiendront à l'Etat et le resta à des compagnies particulières. La création de ces nouvelles voies de communication a sur le développement de la richesse publique une influence dont les effets sont déjà tout à tait extraordinaires.

— Climat. Jiessoiircvs agricoles, minérales et industrielles. Quoique moins rigoureux et moins âpre que celui de la Norvège, le climat de la Suède est rigoureux k certaines époques. Cependant la régularité de la température, l'absence presque complète de ces brusques transitions du froid au chaud, la douce chaleur qui régne pendant la courte saison d'été font de ce pays une contrée excessivement salubre, dans laquelle les maladies épidémiqnes sont presque inconnues. Nous devons cependant ajouter que, vu l'immense étendue de la Suède qui ne compte pas moins de 850 kilom. du N. au S., ou y observe une grande diversité de climats et de végétation. Au S., la Scanie a uue température moyenne de 8°, tandis que celle de Paris est de 10° 34' ; l'île de Gottland jouit d'une température moyenne de 8° 66'. Dans ces deux contrées suédoises, le mûrier, le châtaignier et le noyer poussent en pleine terre, et la vigne y donne même, en espalier, des grappes qui arrivent souvent k la maturité. Au N. de la Scanie, à Stockholm, sous le 59e parallèle, la température moyenne descend jusqu'à 5° 5e', et le hêtre ne supporte plus 1 hiver. Ces différences de température expliquent comment, tandis que le sud de la Suède produit plus de céréales qu'il n'en consomme, la partie septentrionale, au-dessus du fit0 parallèle, donne k peine la quantité de céréales nécessaire k la consommation locale. Le froment et le houblon ne mûrissent que jusqu'au 62« degré; le cerisier fleurit, mais ne donne plus de fruits mûrs au delà du S3c, et la culture de l'avoine est impossible au delà du 64*. Le seigle et l'orge seuls mûrissent jusqu'en Laponie.

Sur les hauteurs de la partie occidentale, on trouve des sommets couverts de neiges perpétuelles ; mais là encore, la limite de ces neiges varie avec la latitude. Ainsi, an PO» degré, la limite de ces neiges est k 1,930 met. tandis qu'au 69e degré elle est k 1,200 met. d'altitude. A Stockholm, lu fonte des neiges commence vers la fin d'avril, et, peu dp jours après, on voit avec surprise la terre se couvrir de verdure. La végétation est surtout rapide pendant la saison d'été dans les régions voisines du pôle. Au mois de juin la

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nuit est presque nulle, et la terre, toujours échauffée sans déperdition nocturne de calo rique, produit l'orge en six ou septsemaines. A l'extrémité N. du golfe de Botnie, k Tornéo, le plus long jour est de vingt et un» heures et demie, et le plus court de deux et demie. A Stockholm, le plus long est de dixhuit heures et demie et le plus court de six heures. En Scanie, la différence avec Stockholm sur les jours et les nuits est d'une heure.

Des variations assez importantes se font sentir dans le nombre des espèces de plantes qui composent la flore de la Suède, Ainsi, dans le gouvernement de Malmo, qui forma l'extrémité méridionale de la Suède, on trouve neuf cent quinze variétés de plantes par lieue carrée, tandis que, entre le 65e et le 69e degré, on ne rencontre sur la même surface que quatre-vingt-treize variétés végétales.

L'agriculture, négligée pendant fort longtemps, a reçu de sensibles améliorations depuis environ un demi-siècle. Les provinces méridionales, dont le sol est naturellement très -fertile, ont aujourd'hui l'aspect riant et plantureux des plus riches plaines du centra de l'Europe. En 1825, la production en céréales ne suffisait pas à la consommation des habitants; il fallait importer annuellement 200,000 à 300,000 tonneaux de blé. Vers 1834, la Suède a commencé k exporter du blé et des farines ; en 1849, l'exportation s'est élevée à 500,000 tonneaux; en 1860, elle atteignait le chiffre de 1,750,000 tonneaux, et elle a augmenté encore depuis cette époque. En 1869, on a récolté en Suéde 582,019 tonnes de froment, 3,738,917 tonnes de seigle, 2,798,631 tonnes d'orge, 7,322,652 d'avoine, 7,671,492 do pommes de terre. Les forêts couvrent 175,698 kilomètres carrés, dont le sixième appartient à l'Etat et le reste à des particuliers ut k des compagnies qui les exploitent. Cette exploitation, facilitée aujourd'hui par de nouveaux moyens de transport, est une source de richesses considérable pour le pays. La consommation annuelle dos produits forestiers de la Suède, en y comprenant les quantités exportées, s'élève à 28,000,000 de stères environ.

Les pâturages couvrent aussi une grande étendue de territoire, 180,000 kilomètres carrés, et nourrissent un nombreux bétail. En

1869, on comptait en Suide 420,859 chevaux, 1,874,360 bêtes k cornes, 1,539,079 bêtes k laine , 140,000 rennes apprivoisés , 339,248 porcs et 121,911 chèvres. Les moutons sont en général d'une fort chétive espèce, quoique de grands efforts aient été faits pour améliorer la race au moyen de croisements avec celles de l'Angleterre, de l'Allemagne et de l'Espagne. La production des laines ne suffit pas aux besoins du pays.

Les richesses métallurgiques de la Suède sont connues, et tout le inonde sait combien les fers de Daléearlie sont recherchés sur les différents marchés de l'Europe. Depuis 1830, l'industrie des fers a pris un nouvel essor. En 1833, la production du fer en barres était de 452,000 skepputids (le skeppund vaut 135 kilogrammes) ; eu 1856, le chiffre s'élevait k 840,000 skeppunds; eu 1862, 1 million; en

1870, la production s élevait à 4,559,331 quintaux. D'autre part, la production du cuivre, qui donnait, en 1833, 5,519 skeppunds; en 1862, 15,000 skeppunds, soit 2,025,000 kilogrammes, était, en 1870, de 43,853 quintaux, La fabrication suédoise s'étend k presque toutes les branches de l'industrie : draperie, soierie et fils tissés, cotons filés, sucres raffinés, tabac, papier, etc. Stockholm fournit des instruments de mathématiques et de physique très-recherchés; Faklun est renommé par ses fabriques de cordages ; Elfewedal excelle dans la confection des vases et d'autres objets d'ornement en porphyre ; les fabriques de gants, les fonderies et les tanneries jouissent d'une réputation méritée dans le pays. Eu résumé, la valeur de tous les produits réunis de l'industrie du royaume, qui s'élevait, en 1860, k 41,242,000 risdales (la risdale vaut 1 l'r. 41), s'est élevée, en 1870, k 92,281,084 risdales et, en 1871, k 105 millions.

L'accroissement du commerce a été en Suède la conséquence naturelle de l'augmentation do la population et du progrès de l'industrie. Le mouvement de l'importation était, en 1852, de 43,373,000 risdales et celui de l'exportation d<- 41,487,000 risdales. D'après un document publié dans le Journal officiel français du 18 septembre 1875, la valeur totale ue l'importation et de l'exportation de la Suède, calculée d'après les prix moyens ayant cours dans les pons suédois, avec déduction, en ce qui concerne l'importation, des droits de douane pour les marchandises soumises aux droils, s'est élevée, en 1873, k 690,681,000 fi'., dépassant de 108 millions 1 ensemble du commerce de 1872 , qui n'avait atteint que 582,653,000 francs. L'importation de 1873 ligure dans le total pour 380,016,000 francs et l'exportation pour 310,065,000 francs. Le tableau suivant résume les résultats obtenus pendant la période 1869-1873 :

Importation. Exportation.

Dans ces chiffres est comprise la valeur de l'or et de l'argent importés et exportés. L'Augleterre est le pays avec lequella Suède

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entretient les relations commerciales les importantes. L'exportation de Suède en Angleterre dépasse la moitié de la valeur totale et l'importation est de plus du tiers. Les principales marchandises importées des ports de la Grande-Bretagne dans ceux de la Suède sont : la houille, 15,458,917 risdales ; le café, 9,178,500 risdales; le coton, 7,437,064 risdales*. les rails, 4,946,890 risdales; les tissus de laine, 4,887,397 risdales, ete. Les principaux articles d'exportation sont : les planches et madriers , .40,334,480 risdales; l'avoine, 25,244,356 risdales; le fer en barres, 16,037,827 risdales; les poutres et poutrelles, 6,475,441 risdales; le fer en gueuses, 6,309,948 risdales , etc. Après la Grande- Uretagne, les échanges avec le Danemark sont les plus élevés. La valeur totale de l'importation et de l'exportation s'élève à plus de 59 millions de risdales (82 millions de fi ancs). Parmi les articles les plus importants figurent, à l'importation, le café, 5,313,497 risdales; la farine de froment, 4,617,855 risdales. Les principaux articles d'exportation sont: les bétes à cornes, 3,909,760 risdales; le beurre, 3,102,160 risdales; les planches et madriers , 2,776,624 risdales , etc. Les transactions commerciales avec Lubeck, ou pour mieux dire par la voie de Lubeck, sont d'une grande importance et atteignent à l'importation le chiffre de 42 millions de risdales. Elles se composent presque exclusivement de marchandises en transit, venant de France, d'Angleterre, d'Allemagne el des pays transatlantiques. Par contre, les marchandises exportées de Lubeck se composent principalement de planches et de madriers, valant 2,306,914 risdales; de poutres et poutrelles, 447,403 risdales, etc. L'importation de la Russie, qui est évaluée à 13,435,000 risdales, se compose, entre autres articles, de céréales, 5,600,000 risdales; de farine de seigle, 4,111,604 risdales; de chanvre, 1,002,297 risdales. L'exportation , qui n'a atteint que Se chiffre de 3,500,000 risdales, consiste principalement en fer en barres, en acier, en fils de ter, en faïence, etc., etc. Le commerce de la Suéde avec la France s'est chiffré, en 1873, par39, 970,000 francs, dont 13,113,000 francs à l'importation en Suède et 26,865,000 francs à l'exportation. Les principales marchandises importées directement de France en Suède sont: les sucres raffinés, 2,377,490 risdales; les vins en bouteilles, 1,485,772 risdales; les vins en cercles, 841,902 risdales; les eauxde-vie de raisin en cercles, 1,032,233 risdales, etc. A l'importation figurent : les planches et madriers, 15,598,160 risdales; le fer forgé ou laminé en barres, 927,069 risdales ; le fer en barres plates, 570,504 risdales; les poutrelles et esparts, 856,018 risdales, etc. Il faut également noter des planches et madriers d'une valeur de 959,145 risdales qui ont été exportés en Algérie.

Un nouveau tarif de douane, mis en vigueur à partir du 1er janvier 1876, affranchit Je tous droits à l'importation l'acide sulfurique , les caractères d'imprimerie , la farine de ri?, les instruments scientifiques, les légumes frais, les livres et imprimés, les marteaux, enclumes, outils, souliers, meubles ayant servi, réduit les droits d'entrée des aiguilles et épingles, cuirs, montres, papiers de couleur, portes, voitures à deux roues, mais augmente le tarif d'entrée des voitures ù quatre roues.

Le mouvement maritime de la Suède, en 1873, s'est effectué de la manière Suivante quant aux navires chargés :

Navires. Tonneaux français.

Entrée .... 7,422 1,288,304

Sortie 14,913 2,998,040

Total.

La marine marchande de la Suède comptait, à la fin de l'année 1873 : 3,900 bâtiments jaugeant ensemble 132,817 nylasters. Ce chiffre, comparé à celui de 1872, fait ressortir pour 1873 une augmentation de 236 bâtiments et de 13,913 nylasters ; c'est la plus forte augmentation qui se soit produite pendant les vingt-cinq dernières années.

La valeur des marchandises exportées par navires suédois s'élevait, en 1873, à 96,202,008 risdales , représentant plus de 44 pour 100 de l'exportation générale. La valeur de l'importation par navires suédois est évaluée à 145,743,000 risdales, soit environ B4 pour 100 de l'importation générale.

Le montant total des droits de douane, d'entrepôt et de transit s'est élevé, en 1873, à 46,562,058 francs. Ce chiffre est supérieur de 6,500,000 francs à celui de 1872.

Les principaux ports du royaume, après Stockholm et Gothembourg, sont Gèfle, Uddcwalla, Calmar ; comme villes de commerce, on peut citer aussi : CErebro, Linkceping, Norrkoping,Ystad, Upsala; toutefois, aucune de ces localités n'offre, en outre, d'affaires considérables.

Nous avons dit plus haut que les chemins de fer exploités en 1873 comprenaient 2,570 kilomètres. Ils sont complétés par un vaste réseau télégraphique. Ce réseau avait, en 1871, un développement de 7,057 kilomètres et était desservi par 306 bureaux, qui ont expédié cette même année 418,161 télégrammes à l'intérieur et reçu du dehors ou expédié à l'étranger 190,853 télégrammes.

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— Gouvernement et constitution politique de la Suède; divisions et organisation administrative et judiciaire. Le gouvernement de la Suède est une monarchie héréditaire et constitutionnelle. Les sources du droit politique actuellement en vigueur sont : 1° la constitution {Regeringe - Formen) du 6 juin 1809; 20 le règlement de la diète du 10 février 1810 ; 30 Ta toi de succession du 26 septembre 1810; 4° le règlement de la liberté de la presse du 16 juillet 1812; 5« l'acte du royaume (rigsact) du 16 août 1815, réglant les rapports constitutionnels entre la Suède et la Norvège ; 6° la loi sur la représentation du 22 juin 1866. Aux termes de la constitution de 1809, la couronne est héréditaire suivant l'ordre de primogéniture, mais seulement dans la descendance maie. Le roi doit toujours être de la pure doctrine évangélique (confession d'Augsbourg) ; il est irresponsable, mais il doit prendre l'avis du conseil d'Etat, composé de dix membres, dont trois conseillers et sept ministres (justice, extérieur, marine, intérieur, finances, cultes et guerre). Le rpi est majeur a dix-huit ans accomplis; sans compter les revenus des domaines de la couronne, il a une liste civile de 1,661,400 fr. pour la Suède et 213,800 fr. pour la Norvège. Le roi conclut les traités et les alliances avec les puissances étrangères; il a le commandement des forces de terre et de mer; il peut déclarer la guerre ou faire la paix après avoir pris l'avis du conseil d'Etat. Toutefois, il ne peut faire de guerres agressives qu'avec le consentement de la diète, et nul impôt ne peut être levé, nul emprunt ne peut être contracté sans le vote préalable de la diète. Le roi a le droit de faire grâce, mais après avoir entendu le tribunal suprême; il nomme aux emplois publics, auxquels n'étaient admissibles, avant 1870, que les individus faisant partie de l'Eglise de l'Etat (luthéranisme pur). Depuis cette époque, tous les chrétiens dissidents et les israélites ont le droit d'arriver à tous les emplois, celui de ministre excepté, et de siéger à la diète. Lorsque le roi voyage à l'étranger, ou en cas de maladie, la régence revient au prince le plus rapproché de la couronne, s il est majeur, ou, à son défaut, à un gouvernement intérimaire composé des dix ministres de Suède et des dix ministres de Norvège. Avant 18S6, le pouvoir législatif était exercé par les états généraux du royaume, sous la réserve du veto royal qui, en tuute matière, est absolu. Les états, ou Jiiksdag, formant la diète se composaient des députés des quatre ordres : noblesse, clergé, bourgeoisie et paysans (\\ diètb db Suéiie). Cette organisation a été profondément modifiée par la loi du 22 juin 1866, qui a supprimé la représentation par ordres. Depuis lors, la diète suédoise se compose de deux Chambres également élues et qui ont la même autorité. • Les membres de la première Chambre, dit M. Geoffroy, sont élus pour neuf ans par les landstingen (sorte d'assemblées provinciales) et par les stadsfullmâktige (conseillers municipaux) des villes qui ne siègent pas dans le landsting. Un membre est élu par 30,000 habitants (127 membres en tout en 1868, 140 membres à partir de 1875). Sont éligibles, sans condition de domicile, les candidats âgés de trente-cinq ans accomplis et qui possèdent ou ont possédé, depuis trois ans au moins avant l'élection, des immeubles évalués, pour l'assiette de l'impôt, à 80,000 risdales au minimum , ou bien ceux qui, pendant la même période, ont payé l'impôt, soit pour leur capital, soit pour leur travail, sur un revenu annuel de 4,000 risdales au minimum. Si, après l'élection, le membre de la diète vient à se trouver dans une position de fortune où il no serait pas éligible, • il doit se démettre de ses fonctions. Les membres de -la première Chambre ne reçoivent pas de traitement. Les membres de la seconde Chambre sont élus pour trois ans, un membre par chaque juridiction (domsaga) à la campagne, si la population n'y dépasse pas 40,000 âmes, auquel cas on partage en deux circonscriptions; un membre par 10,000 habitants dans les villes, celles qui ont moins de 10,000 âmes étant groupées en districts électoraux d'au moins 6,000 habitants et de 12,000 au plus. Dans les villes assez peuplées pour envoyer à la diète un ou plusieurs membres, l'élection est directe; dans les autres, ainsi qu'à la campagne, elle se fait a deux degrés, à moins que les électeurs eux-mêmes n'aient résolu par un vote de faire l'élection directe. On n'est électeur et éligible pour la seconde Chambre que dans la commune où l'on est domicilié ; est électeur quiconque possède, en toute propriété ou en usufruit, un immeuble à la campagne ou a la ville, évalué pour l'assiette de l'impôt à 1,000 risdales au moins; celui qui a affermé un immeuble agricole évalué à 6,000 risdales au froins ; enfin , celui qui paye l'impôt pour un revenu annuel d'au inoins 6,000 risdales. Pour être éligible à la seconde Chambre, il fan' être âgé de vingtcinq ans accomplis et posséder depuis un an au moins le droit d'élire dans la commune ou dans une des communes où l'on se porte candidat. Les membres de cette Chambre reçoivent une indemnité de 1,200" risdales par an. En 1868, elle comptait m membres, 54 pour les villes et 137 pour les campagnes. ■> La diète, dont les députés sont inviolables et ne sauraient être poursuivis pour leurs

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opinions émises à la Chambre, se réunit le 15 janvier de chaque année. Les présidents des deux Chambres sont nommés par le roi, qui peut dissoudre le parlement pour faire un nouvel appel aux électeurs. L'initiative des lois appartient également au roi et aux députés. Les deux Chambres, en se réunissant, élisent par moitié cinq comités permanents (constitution, finances, impôts, banque, législation), qui sont chargés de préparer les affaires, d'élaborer ou de modifier les projets de loi présentés aux délibérations de la diète. Un comité, dit comité d'occasion, est chargé d'étudier toutes les questions qui n'entrent pas dans la compétence des cinq comités précités. Enfin, la diète élit un comité secret quia pour mission de donner au roi son avis sur les propositions que lui fait ce dernier. S'il y a désaccord entre les deux Chambres en matière d'impôts et de banque, l'opinion qui réunit le plus de voix dans la diète suffit pour la transformer en loi. Sur les autres questions, lorsqu'une Chambre a repoussé une mesure adoptée par Kautre, on doit renvoyer le projet de loi à une autre session. La diète vote les impôts et les lois, nomme le régent et au besoin le roi, contrôle le gouvernement, les fonctionnaires au moyen du procureur général de la diète, élu chaque année par 24 membres de chaque Chambre, désignés à cet effet. En outre, par son comité de constitution, elle se fait rendre compte de l'administration des ministres, peut demander leur renvoi, et, en cas d'illégalité ou de violation de la constitution de la part des ministres, elle charge son [procureur général de les poursuivre devant une haute cour de justice, composée ad hoc, La diète a la haute main sur la direction de la Banque nationale et le Comptoir de la dette publique. Tous les trois ans, elle nomme 6 membres chargés de veiller , conjointement avec son procureur général, sur la liberté de la presse. Lorsqu'un écrit leur est déféré et que les membres de ce comité ont donné l'autorisation de publier, l'auteur et l'imprimeur sont à l'abri de toute responsabilité en cas de poursuite. Les délits de presse sont déférés au jury.

Au point de vue géographique, la Suède se partage, comme la Norvège, en trois grandes régions : le Nordland, le Svealand ou Suède proprement dite, occupant la partie centrale, et le Gottland ou la Gothie, qui s'étend sur la partie méridionale. Ces trois régions sont divisées, au point de vue administratif, en 24 gouvernements ou lan, qui se subdivisent en districts, lesquels sont subdivisés à leur tour en cantons, composés généralement de 8 à 10 paroisses. Ces 24 lan, ayant presque tous un chef-lieu de même nom, sont : 1<> dans la Suède proprement dite, ceux de Stockholm, Upsal, \Vrcsteras, Nykœping, Œrebro, Carlstad ; Stora-liopparberg, che ffieu Falun, et Gefleborg; 2° dans la Gothie, Linkoaping, Calmar, Jonkoping; Krortobcrg, cheflieu Vexio; Blekinge, chef-lieu Carlsciona; Skaraborg, chef-lieu Mariestad ; Goteborg, Halmstad, Christianstad, Malmo; Gottland, chef-lieu Visby ; Elfsborg, chef-lieu Wenersborg; 30 dans le Nordland , Norbotten , chef-lieu Piteo; Westerbotten , chef-lieu Umea; Wester-Nordland, chef-lieu Hernosand; Jeintland, chef-lieu Œstersand. Chacun de ces gouvernements est administré par un landshcefding, sorte de préfet nommé par le pouvoir exécutif et chargé de la perception des impôts. Ces gouverneurs ont sous leurs ordres dans chaque district un sousgouverneur et dans chaque chef-lieu de canton un agent subalterne, dont les attributions consistent à faire la police de sa circonscription et à poursuivre les contribuables récalcitrants. Dans les villes , l'administration municipale est confiée à un bourgmestre. Depuis 1862, il existe dans chaque lan ou département une diète provinciale {lansdting), dont les attributions embrassent tout ce qui se rattache à l'examen et au règlement des affaires particulières du département.. Ces diètes correspondent à nos conseils généraux.

L'organisation judiciaire de la Suède diffère peu de celle des autres Etats européens. Dans les villes, les causes civiles et criminelles sont portées devant un tribunal de ire instance composé de trois juges; l'appel des jugements de cette cour est porté, en matière criminelle, devant l'une des trois cours supérieures du royaume (Stockholm, Jonkoping, Christianstad) et en matière civile devant le bourgmestre, assisté de citoyens élus qui siègent comme assesseurs. Dans les districts ruraux, en première instance, les affaires sont soumises à un seul juge assisté de douze paysans élus. Les appels sont portés devant une des cours supérieures du royaume. Au-dessus de ces cours siège, comme dernier degré de juridiction, la cour suprême du royaume, composée de seize membres et divisée en deux chambres. Le roi a droit de prendre part aux travaux de la cour suprême et d'y donner deux votes.

— Instruction publique; cultes; finances; armée et marine. La Suède doit être comptée au nombre des pays où l'instruction primaire est dans un état satisfaisant.

Dès 1637, dans le Warmland, on eût à peine trouvé un enfant de paysanne ne sachant ni lire ni écrire. Cet heureux résultat, la province le devait à son duc, plus tard roi sous le nom de Oharles IX. En 1640, la reine Christine,

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avec l'assentiment du conseil et des états, établit une école dans chaque ville de son royaume.

Quarante-six ans plus tard, le roi Charles XI obligea les chapelains et bedeaux a enseigner aux enfants les principes de la lecture; en même temps, il rendit une ordonnance d'après laquelle nul ne pouvait se marier s'il ne savait par cœur le petit catéchisme. L'impulsion était donnée. Cependant l'Etat ne pouvait trouver d'un seul coup les ressources nécessaires ; et les intéressés , c'est-à-dire les paysans, soit k cause de leur pauvreté, soit en raison de la dispersion des chaumières et du petit nombre d'habitants, ne pouvant se concerter ni, par conséquent, agir en commun, restaient sans écoles.

La nécessité fit recourir à un expédient tel quel, c'est-à-dire aux écoles villageoises ambulantes, dont il existe encore un grand nombre en Suède et en Norvège. Un pédagogue suédois, M. le docteur Broden, a expliqué comment les choses se passaient dernièrement encore dans ces établissements : i Le local, dit-il, était une chambre de paysan, où les habitants continuaient à vaquer à leurs occupations journalières; les instituteurs, souvent des ignorants, quelquefois de mauvais sujets, des ivrognes. Au bout de la grande table à manger siégeait un de ces instituteurs qu'on appelait le maître; près de lui , sur des escabeaux ou sur des bancs sans dossier, les enfants qui apprenaient Y Abc; un peu plus loin, selon le degré de leur instruction, les autres écoliers avec leurs livres sur leurs genoux. Ceux-là seuls qui apprenaient à calculer et à écrire, une infime minorité, pouvaient s'asseoir k la table du maître ; les autres n'avaient rien où poser leurs livres. Et ces livres scolaires, quels étaient-ils? Un abécédaire avec l'image du coq traditionnel, un catéchisme et un livre de cantiques; et c'était tout. L'enfant savait-il lire dans ces ouvrages, il était renvoyé; ses études étaient finies. »

A la fin du siècle dernier, le nombre des écoles fixes, en Suède, s'élevait à 165; en 1842, il était de 786. Cette augmentation, très-importante, était encore loin de répondre à toutes les exigences. L'étendue si vaste du pays était cause que beaucoup de districts manquaient d'écoles. Celtes qui existaient n'avaient pas de programme fixe imposé par l'autorité. Depuis 1824, où la méthode Bell- Lancastre avait été introduite, on trouvait bien une certaine uniformité extérieure, mais aucun règlement relatif à la fréquentation des écoles, au but de l'enseignement, au traitement des instituteurs, etc. De là, l'urgence d'une loi sur les écoles élémentaires, promulguée en 1842, et qui est encore aujourd'hui celle qui règle l'instruction primaire en Suède.

D'après cette loi, chaque commune urbaine, chaque. paroisse de campagne doit posséder au moins une école fixe autant que possible, avec un instituteur diplômé. Dans les cas seulement où la population n'est pas assez dense, ou bien quand les circonstances ne le permettent pas, plusieurs communes ou paroisses peuvent se réunir pour une école commune. Dans les districts pauvres, vu les obstacles locaux, il est permis de conserver et même d'établir des écoles ambulantes, de même que de petites écoles, dans les districts peu peuplés, peuvent être dirigées par des instituteurs non diplômés. Dans chaque district scolaire est institué un conseil pour les écoles. Le district scolaire doit pourvoir, à. ses frais, à l'aménagement et à l'entretien des écoles. Les instituteurs ont des traitements fixes. Tous les enfants en état de fréquenter l'école sont tenus à le faire. Chaque cheflieu d'évêché doit être pourvu d'une école normale.

Ces dispositions ont, par suite des temps, subi des modifications , suivant les besoins et les circonstances. Eu-1858, les petites écoles (kleinsclmlen) ont été changées en établissements préparatoires, en quelque sorte, aux écoles fixes et remplissant le rôle attribué dans les écoles primaires d'Allemagne k ce qu'on appelle les divisions élémentaires.

Les écoles fixes ont donc leur base dans les petites écoles; mais on a cherché à leur donner un couronnement par la création d'écoles primaires d'un degré supérieur, où le programme des cours est plus avancé et l'instruction des maîtres plus développée, se rapprochant plus des exigences académiques. Le nombre de ces écoles n'est pas encore fort considérable, bien que l'Etat en favorise l'établissement par ses subventions.

D'après les relevés statistiques, il existait en 1871, dans le pays, Stockholm excepté, 7,118 établissements d'instruction, parmi lesquels 10 écoles primaires du degré supérieur; 2,268 écoles primaires fixes ; 1,164 ambulantes et 2,676 petites écoles.

Un autre changement apporté à la loi de 1842 concerne les écoles normales, dont le nombre a été considérablement diminué. Il n'en existe plus actuellement que huit , dont six pour instituteurs et deux pour institutrices. Cette diminution semblera d'abord singulière, du moment qu'on veut développer l'instruction primaire. Mais la mesure a pour but de concentrer une force trop éparpillée. Il avait été reconnu qu'une bonne organisation des écoles normales et le bienfait d'un enseignement avancé, approprié aux besoins

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du temps, n'étaient possibles qu'avec la centralisation.

Quant au traitement du personnel enseignant, il est, pour les instituteurs des écoles primaires du degré supérieur, de 1,000 à 1,500 risdales (la risdale suédoise à 100 œre équivaut à 1 fr. 40) , outre le logement et le chauffage ; les instituteurs de l'école primaire du degré ordinaire reçoivent 500 risdales, sans compter le logement, le chauffage et le produit d'une pièce de terre. Dix ans de service donnent droit aune augmentation de 100 risdales. La pension, prélevée sur une caisse établie et entretenue par la commune, avec l'aide de l'Etat, varie entre 375 et 750 risdales. Les directeurs d'école normale ont, selon leur temps de service, des traitements de 3,000 à 4,000 risdales; ceux des adjoints à ces établissements ( professeurs titulaires ) sont de 1,000 à 3,000 risdales.

Le district scolaire a le droit de prélever sur chaque enfant qui fréquente l'école une contribution modérée; mais il use rarement de cette faculté.

La Suède possède deux collèges spécialement consacrés a l'enseignement de l'agriculture : celui d'Alnarp, près de Lund , où l'on s'occupe principalement de l'élevage du bétail, et celui d'Ultuna, dans le voisinage d'Upsal, où les élèves sont initiés à tous les détails de la direction des grandes fermes. A la fin des cours, les élèves subissent un examen, et des certificats ou diplômes de capa-. cité sont accordés aux plus méritants. Ces collèges sont subventionnés par l'Etat sous le contrôle direct de l'Académie d'agriculture de Stockholm,

Les établissements d'instruction secondaire, appelés écoles latines ou écoles savantes, sont sous la direction à peu près exclusive des évêques. L'enseignement y est à peu près le même que dans nos lycées, avec la différence notable que l'étude des langues allemande, française et anglaise y est l'objet d'une sollicitude toute particulière. L'enseignement supérieur se donne dans les deux universités d'Upsal et de Lund, divisées chacune en quatre Facultés, savoir : théologie, droit, médecine et philosophie.

Jusqu'en 1860, la liberté des cultes avait été complètement méconnue en Suède ; deux lois promulguées en 1860 ont ouvert la voie à la liberté religieuse, et la loi de 1870 a abrogé les dispositions par lesquelles tout fonctionnaire qui abandonnait 1 Eglise nationale perdait son emploi, sauf décision contraire du roi. Tout sujet suédois a le droit depuis lors d'embrasser la religion qui lui plaît. Aucun ordre religieux ne peut être établi en Suède. Le royaume a un archevêque, celui d'Upsal, et onze évêques, qui sont nommés par le roi sur une liste de candidats dressée par le clergé. Les curés ou pasteurs des villes sont également nommés par le roi. Les ministres des paroisses rurales sont élus par le peuple.

Pour donner une idée de la situation financière de la Suède, nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs la proposition royale relative au budget pour l'année 1875.

Les revenus sont calculés comme suit, en couronnes ou risdales :

Revenus ordinaires.

Impôts fonciers 450,500

Dîmes 1,618,300

Chemins de fer de l'Etat 14,000,000

Télégraphes 1,180,000

Forêts de l'Etat 1,000,000

Phares et fanaux 800,000

Capitation 575,000

Fermages 451,200

Autres revenus 398,500

Total 25,020,000

Revenus extraordinaires.

Douanes. 19,500,000

Postes 3,400,000

Timbre 1,880,000

Impôt sur l'eau-de-vie ...... 12,000,000

Impôt sur le sucre de betterave. 60,000

Contribution générale 2,800,000

Total 39,640,000

Total des revenus . ...... 64,660,000

Les dépenses sont calculées comme suit :

Dépenses ordinaires 52,582,000 00

Dépenses extraordinaires . . 18,051,305 69

Total. . 70,633,305 69

La dette publique était à peu près insignifiante en Suède lorsqu'on commença, en 1854, a y établir des chemins de fer; depuis cette époque, on a dû recourir à diverses reprises à l'emprunt, et la dette ne tarda pas à s'élever à 240 millions; mais des amortissements successifs l'ont réduite en 1874 à 160 millions.

Pour expliquer le chiffre minime auquel s'arrête le budget des dépenses, nous devons faire remarquer que la plus grande partie des troupes de terre, ainsi qu'un grand nombre de fonctionnaires civils et ecclésiastiques reçoivent comme traitement ou comme supplément de traitement les produits de certaines terres domaniales dont la jouissanca leur est abandonnée.

L'armée suédoise comprend : l« les trou-* pes enrôlées (vœrfvade), se recrutant de volontaires engagés pour six ans. Elles forment 2 régiments d'infanterie de la garde, 1 régiment de chasseurs, 1 régiment de la garde h

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cheval , 1 régiment de hussards , dit du prince royal, 3 régiments d'artillerie ; total, 7,692 hommes; 2» les troupes indelta (c'est-à-dire partagées); on entend par troupes indelta des troupes réparties, cantonnées sur le sol et obligées, en compensation, au service militaire. Elles reçoivent en partie des propriétaires, en partie des biens de la couronne affectés a cet usage, outre Une maison et une terre, une paye annuelle, Soit en argent, soit en nature. Une fois par an, elles sont exercées pendant quatre semaines. Ces troupes constituent une colonisation militaire, et le soldat indelta exerce ses fonctions par tenure viagère. Depuis le général jusqu'au sous-officier, chacun jouit d'une bostelte ou domaine, dont le revenu est, autant que possible, proportionné à son grade; le simple soldat jouit d'un petit domaine nommé torp, muni de ses instruments aratoires; il est aidé pour ses semailles et sa récolte par le propriétaire, qui lui doit en outre un petit uniforme tous les deux ans. Les troupes indelta s'élèvent à 33,405 hommes; 3" la milice de Gottland, pour le service intérieur de l'île, 7,621 nommes; 4° le bevœring, ou les troupes levées par la conscription. Tout citoyen suédois doit le service de vingt à vingt-cinq ans. Le bevœring fournit 95,295 hommes. Total de l'armée suédoise : 144,013 hommes. Les grands arsenaux de l'armée se trouvent à Stockholm, Gotebourg et Christiansand; les manufactures d'armes à feu à Sœderhamn, Eskilstuna, Nordrtelgeog ; les fabriques d'armes blanches à Vira et à Eskilstuna. 11 y a, en outre, une Académie des sciences militaires, une Ecole militaire à Carlsberg et une école d'artilerie à Marieberg.

La marine royale . de Suéde est en voie d'augmentation et de transformation. La flotte k vapeur se compose de 2 vaisseaux de ligne, de 1 frégate à hélice, de 3 corvettes et de 12 chaloupes canonnières; la flotte à voiles compte 6 vaisseaux de ligne, 5 frégates, 4 corvettes, 22 bricks ou schooners et 76 chaloupes canonnières. On compte, en outre, 6 petits vapeurs, 112 yoies canonnières à rames et 12 petits transports. Ce qui donne un total de 24 vapeurs et 237 bâtiments à voiles, portant ensemble 1,215 canons.

— Histoire. Les annales réellement historiques de la Suède ne commencent qu'à l'époque de l'établissement du christianisme dans cette contrée, sous le roi Olof Skotkonung, en UOl. Antérieurement à cette date, l'histoire de ce pays présente beaucoup d'obscurité et d'incertitude. On ne sait rien de positif sur ses populations primitives, peut-être celtiques. L'immigration Scandinave lui arriva environ 300 ans av. J.-C, et même, selon certains écrivains danois, vers 500 ans avant l'ère chBétienne, à la suite de l'expédition de Darius contre les Scythes. Cette immigration avait traversé le territoire de la Russie actuelle du S.-E. au N.-O., la Finlande et la côte septentrionale de la Baltique, et aurait d'abord peuplé les provinces d'Upsal et de Stockholm. La principale tribu Scandinave de cette importante immigration serait celle des Suiones, qui aurait donné son nom à la Suède. Au commencement du xie siècle, Sigurd et quelques prêtres, venus d'Angleterre pour propager le christianisme dans la Suède encore barbare, convertirent le roi Olof Skotkonung et fondèrent un évêché à Skaara, dans la Westrogothie. Les successeurs d'Olof, Anund Jakobet Emund le Vieux, répandirent la nouvelle religion et facilitèrent son action civilisatrice. 11 convient de dire que l'établissement du christianisme en Suède ne se fit pas toujours par la douceur et la persuasion ; là, comme presque partout où s'est établie cette religion de mansuétude, on eut à comprimer par la force les derniers éléments du paganisme expirant; à la période de résignation succéda la période de domination, quand le chef de l'Etat eut été conquis aux nouvelles idées religeusea. Enlin, après plusieurs luttes intestines entre les partisans de la religion nouvelle et de la religion païenne,, les chrétiens reprirent le dessus, et, sous le roi Sverker (1132-1155), un légat du pape Adrien IV divisa le royaume en quatre diocèses; Upsal, Skaara, Linkœping et Wœsteras. Ces évêchés relevaient de l'archevêque de Lund.

A la mort de Sverker, Erik le Saint, appelé le saint Louis du Nord et canonisé comme le prince faançais, fut élu par les Suédois; les Goths élurent pour roi Charles Sverkerson, fils de Sverker; mais ce prince consentit à laisser régner paisiblement Erik, à la condition qu'il lui succéderait.. Après lui, un descendant d'Erik devait monter sur le trône, et ainsi alternativement, de telle sorte que la couronne serait portée tour k tour par un prince de ces deux races. Erik, après avoir repoussé les incursions des Finnois dans le Nord, eut à combattre les prétentions du roi de Danemark, Magnus Eriksson. 11 marcha contre lui ; mais, étant tombé au pouvoir de son ennemi, il eut la tête tranchée. Charles Sverkerson lui succéda (1160) et, par la victoire d'Œrebro, vengea la mort d'Erik le Saint; niais bientôt il périt assassiné (1168), dans une lie du lac Wener. Knut Eriksson, l'instigateur du meurtre de Charles, ne jouit pas paisiblement de la couronne; plusieurs prétendants essayèrent de soulever les provinces de son royaume ; mais Knul en triompha à ta bataille de Bioelbo. Après avoir pa-

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cifié ses Etats, il s'occupa d'en améliorer l'administration, fonda plusieurs monastères et finit même par se faire recevoir dans l'ordre de Cîteaux. Sverker Carlsson ou fils de Charles, fut proclamé son successeur (1210). La guerre civile, les luttes contre ses compétiteurs remplirent le règne de ce prince, qui alla périr au milieu d'un combat dans le Gottland. Sous les quatre rois qui lui succédèrent et qui régnèrent successivement jusqu'en 1250, le pays fut moins agité que sous les règnes précédents. A cette dernière date, Valdemar 1er, descendant de la famille des Folkungs, fut appelé au trône de Suède par suite de l'extinction de celles d'Erik et de Sverker. Tant que le nouveau roi régna sous la tutelle de sou père, Birger de Biœlbo, le pays fut tranquille et relativement prospère. Birger fonda Stockholm, pour fermer l'entrée du lac Mœlarn aux pirates russes et esthoniens, et donna à cette ville des statuts qui devinrent le fondement du droit commun en Suède. Mais comme, avant sa mort, Birger avait assigné aux frères du roi des apanages très-importants, Valdemar, en 1266, prit les armes pour dépouiller ses frères. Ce prince impopulaire échoua dans son entreprise et sacrifia son trône à l'amour que lui avait inspiré Sophie de Danemark, sa femme. Magnus Ladulas (serrure) lui succéda en 1275 et régna jusqu'en 1290. Ce prince favorisa l'agriculture, l'exploitation des mines de fer, embellit Ba capitale de plusieurs édifices et chargea un architecte de Paris, Etienne Bonceil, de décorer la cathédrale d'Upsal dans le style de Notre-Dame de Paris. Son fils, Birger, n'avait que dix ans lorsqu'il lui succéda, sous la tutelle de Thorkel. Ce règne fut rempli de meurtres, de guerres civiles et de trahisons. Birger fut déposé en 1321 et Magnus Eriksson mis à sa place. Ce dernier, mauvais administrateur, obérâtes finances du royaume, indisposa ses sujets contre lui et finalement fut déposé en 1363 et remplacé par Albert de Mecklembourg. Albert commit hi faute d'introduire des Allemands dans son armée et même dans le pays, de les combler de faveurs et d'épuiser ainsi les finances du royaume. Comme les revenus de l'Etat ne suffisaient pas pour ses favoris, il fit main basse sur les revenus du clergé et des laïques. Cette conduite irrita la noblesse suédoise, qui prit les armes et réclama l'appui de la Sémiramis du Nord, Marguerite, reine de Danemark. C^tte princesse reçut la couronne de Suède avec l'autorisation de la transmettre à ses héritiers. Toutefois, cette reine ne put accomplir son rêve ambitieux, l'union des trois couronnes de Suède, de Norvège et de Danemark sur la tête de son fils Erik de Poméranie (1397), qu'après une longue et sanglante lutte contre Albert et ses partisans. L'acte d'union des trois royaumes fut signé à Calmar en 1397 ; mais les jalousies mutuelles qui divisaient les trois royaumes Scandinaves, l'intervention de l'influence allemande étaient des obstacles insurmontables pour une telle union. Brisée une première fois en 1448, sous le règne de Christophe de Bavière, renouvelée en 1454-1467 et une dernière fois en 1520, sous Christian II le Tyran, elle disparut entièrement en 1523.

Christian II, roi de Danemark et gendre de Charles-Quint, était jaloux d'étendre sa domination sur toute la contrée du Nord. La fortune des combats lui avait livré le trône de Suède -, sa tyrannie cruelle le lui fit perdre. Gustave "Wasa eut la gloire de venger la nationalité suédoise en renversant le tyran Christian, et il fut proclamé roi de Suèue le 6 juin 1523. Ce fut pendant le règne de ce prince que la religion réformée fut introduite en Suède et que la liturgie luthérienne suédoise fut réglée par le concile d'Œrebro (1529). Ce prince, libérateur de son pays et réformateur religieux, administrateur éclairé et créateur de la marine suédoise, eut un pouvoir à peu près absolu; mais l'égarement et les malheurs de son fils Erik XIV, déposé en 1569, les troubles excités par une réaction catholique et la domination du roi de Pologne Sigismond sur la Suède ruinèrent de nouveau l'autorité royale. Nous devons ajouter que les apanages que Gustave Wasa avait donnés à ses trois autres fils avaient contribué à diminuer sensiblement l'autorité de son successeur. Les brillantes conquêtes de Gustave -Adolphe relevèrent le prestige de l'autorité royale. La Suède convoitait depuis longtemps lu domination absolue de la Baltique; il fallait pour cela posséder les provinces du littoral de cette mer; la plupart des expéditions des Suédois Sous Gustave-Adolphe tendirent à ce' but. La Russie n'avait pas encore eu son Pierre le Grand, et sa puissance future, encore à l'état embryonnaire, ne put empêcher la Suède de s emparer de la Finlande (1617). Gustave enleva ensuite à la Pologne Riga, la Livonie, Elbinget Marienbourg (auj. à la Prusse) ; puis éclata la fameuse guerre de Trente ans, dont il fut un des plus brillants généraux. La mort l'enleva en 1632, au milieu de ses victoires, au moment où il allait sans doute constituer dans le nord de l'Allemagne une forte puissance protestante, qui aurait équilibré la puissance autrichienne. Toutefois, la gloire de Gustave-Adolphe ne fut pas stérile pour son pays. Sous le règne de sa fille Christine, la paix de Westphalie fit de la Suède une puissance continentale, en lui donnant Brème, "Werden, Rugen,

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Stettin, Wismar, le littoral de la Poméranie, les trois embouchures de l'Oder, enfin, à cause de ses possessions sur le sol allemand, trois voix dans la diète germanique. En outre, par le traité de Bromsebro (1645), la Suède avait acquis les provinces ûe Jemtland et de Herjedale, les lies d'Œsel et de Gottland, occupées jusqu'alors par le Danemark.

Charles-Gustave (1654-1660), qui succéda à Christine, avait les qualités et les talents nécessaires pour marcher sur les traces de Gustave-Adolphe. Il tourna d'abord ses armes contre les Polonais, et après la bataille de Varsovie, qu'il gagna après trois jours de combats, il vit se former contre lui une puissante ligue, composée du czar, de l'empereur Léopold, du roi de Danemark et de l'électeur de Brandebourg. Charles-Gustave, sans se laisser effrayer par le nombre de ses ennemis, tourna ses principales forces contre le Danemark, qu'il contraignit, en quelques jours, à lui céder pour toujours la Scanie, les pro-> vinces de Halland, de Bleking et de Bohus. Ce moment fut l'apogée de la grandeur de la Suède, devenue complètement maîtresse de la Baltique et puissance continentale. Le traité d'Oliva (1660) lui valut la Livonie et l'Esthouie, cédées par la Pologne. Sous le règne de Charles XI, quelques guerres malheureuses furent comme le prélude d'une décadence qui ne fut que trop rapide après le règne de Charles XII, dont les folles entreprises eurent pour principal effet d'éveiller la Russie, qui devint dès lors l'ennemie mortelle de la Suède. A la mort de Charles XII, les Suédois proclamèrent reine sa sœur, Ulrique-Eléonore, qui s'associa, du consentement des Etats, son époux Frédéric de Hesse- Cassel. Ce règne fut marqué par un amoindrissement considérable de l'autorité royale, par les dissensions des bonnets et des chapeaux et par les conquêtes des Russes, à qui la paix de Nystad (1721) donna la Livonie, l'Esthonie, l'Ingrie et la Carélie ; un peu plus tard (1743), la Suède perdit encore une partie de la Finlande. Gustave III, qui monta sur le trône en 1771, après quelques expéditions heureuses contre les Russes, parvint a rétablir l'autorité royale; mais il périt assassiné au milieu d'un bal masqué, le 16' mars 1792, au moment où il se préparait à intervenir dans la question européenne età prendre la défense de Louis XVI. Gustave IV, son successeur, n'était âgé que de quatorze ans ; la tutelle fut déférée à son oncle, le duc de Sudermanie. Dès que Gustave IV eut atteint sa majorité, il déclara son intention de rétablir la maison de Bourbon sur le trône de France, parcourut même, en 1803, l'Allemagne pour former une coalition contre ce pays et peu après (1809) fut obligé lui-même de dé-

fioser sa couronne en faveur de son oncle, e duc de Sudermanie, qui prit le titre de Charles Xllt. Ce prince était sans héritiers ; il mourut subitement, et la Suède dut se préoccuper du choix de son successeur. Le général Bernadotte, prince de Ponte-Corvo, dont les Suédois avaient apprécié la modération ainsi que la bravoure, fut élu roi de Suède en juin 1810. Il prit part à la lutte des puissances européennes conjurées contre Napoléon 1er et contribua, par ses conseils et par sa conduite, à la chute de ce despote. Cela lui valut l'annexion de la Norvège, mais lui coûta la perte de la Poméranie (1814). Depuis lors, toute la presqu'île Scandinave se trouve réunie sous sa dynastie, qui a fait entrer ce pays dans la voie du progrès.

Sous le règne de l'ancien maréchal de France et de ses successeurs, la Suède devait jouir de la paix extérieure et marcher dans la voie des réformes en développant sa prospérité. Bernadotte, devenu Charles XIV, s'attacha particulièrement à développer le commerce et l'industrie, à rendre à la culture de vastes territoires, à faire exécuter des routes et des canaux, à créer des écoles pour l'industrie et la navigation. Mais, connaissant mal l'esprit et la langue du pays que le hasard l'avait appelé à gouverner, gâté du reste par le contact et le détestable exemple de Bonaparte, il froissa les justes susceptibilités nationales en voulant y implanter l'omnipotence de la couronne, en établissant la censure, une police qui se rendit odieuse, et en s'inféodant à la politique russe, contrairement aux traditions de la Suède. Cette conduite était peu faite pour effacer les restes de sympathie que le peuple avait encore pour la dynastie déchue et pour le prétendant, le prince Wasa. Il en résulta entre la diète et le roi de vifs tiraillements, qui ne tirent qu'irriter Bernadotte, rendirent toutes les réformes politiques presque impossibles, notamment le projet présenté par la diète en 1840 pour modifier la constitution, et amenèrent un surcroît de rigueurs contre la presse. La mort de Charles XIV (8 mars 1844) vint mettre un terme à cette situation difficile. Son fils et son successeur, Oscar 1er, élevé en Suède, joignant à un esprit trèséclairé les goûts d'un véritable roi constitutionnel, sut, dès son avènement, s'attirer les sympathies populaires. Au lieu de résister k la nation et de l'attarder, il se mit à sa tête et prit l'initiative de réformes qu'il obtint non sans lutte et par de persévérants efforts. Le projet de réforme constitutionnelle présenté et abandonné en 1840 fut alors repris et soumis aux délibérations de la diète. Voté par l'ordre de la bourgeoisie et par celui des

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paysans, il fut rejeté par le clergé et la noblesse, de tout temps hostiles à tout progrès. Oscar fit déclarer par ses ministres qu'il considérait la réforme proposée comme nécessaire ; toutefois, pour ne pas provoquer un conflit, il ajourna la remise en délibération du projet, s'occupa de propager l'instruction, de réformer la législation criminelle (1845), d'établir un droit de succession uniforme pour tous les ordres, d'améliorer par là la condition des femmes et d'abolir le droit d'aînesse. Après avoir fait remettre à l'étude la question relative aux modifications à apporter à la constitution (1846), en se prononçant pour l'unité de représentation et la liberté de conscience, il demanda lui-même qu'on enlevât au gouvernement le droit de supprimer les journaux et fit abolir le système des corporations. En même temps, la Suède, grâce aux encouragements donnés au commerce et à l'industrie, à une liberté plus grande, à la douceur de son gouvernement, voyait se développer sa prospérité. La révolution qui éclata à Paris en 1848 provoqua en Suède une certaine agitation, non contre le prince, mais en faveur des réformes entravées par les deux ordres privilégiés. La lutte qui éclata peu après entre le Danemark et l'Allemagne vint raviver les tendances des Suédois vers l'unité Scandinave. Oscar le, qui était favorable à cette union, envoya en Fionie un corps d'armée, à titre de médiateur armé, pour empêcher l'Allemagne d'absorber le Danemark. Toutefois, la Suède ne voulut pas se jeter dans la lutte, et, malgré les vives sollicitations du roi de Danemark pour qu'elle lui donnât une coopération active, elle se borna à conserver une attitude de neutralité. Aussi, après l'armistice du 10 juillet 1849, fut-elle chargée d'occuper la partie nord du Slesvig. En 1850, le projet de révision de la constitution, repris et ajourné de nouveau en 1848, échoua encore une fois, et ne trouva de partisans que dans l'ordre de la bourgeoisie ; le gouvernement dut se borner à développer les intérêts matériels du pays. On vit alors commencer à s'établir en Suéde des chemins de fer, des télégraphes électriques, s'introniser le système décimal, l'uniformité de taxe pour les lettres. En outre, le gouvernement améliora le système de défensedu pays etproposa l'abolition des droits duSund. Lors du conflit qui éclata en 1853 entre la Russie et la Turquie, la Suède lit des armements pour le cas où la guerre viendrait à s'étendre, signa avec le Danemark un traité de neutralité, puis, lorsque, en 1854, les flottes anglo-françaises se montrèrent dans les eaux de la Suéde pour aller attaquer la Russie dans la Baltique, le cabinet de Stockholm continua son attitude de neutralité, tout en manifestant ses sympathies pour les nations alliées. En 1855, la Suède, la France et l'Angleterre signèrent un traité par lequel la première de ces puissances s'obligeait à ne permettre à la Russie d'occuper aucune partie de son territoire pendant que les deux autres puissances promettaient de garantir la Suède contre toute attaque de la Russie, et, dans ce dernier cas, de lui assurer leur concours pour reconquérir la Finlande. Le rétablissement de la paix, par suite du traité de Paris (1856), empêcha de se réaliser aucune des éventualités prévues. Atteint par une douloureuse maladie, Oscar 1er remit, en 1857, les soins du pouvoir à son fils aîné, qui, à sa mort, lui succéda sous le nom de Charles XV (1859). Ce prince marcha sur les traces de son père et prit comme lui l'initiative de plusieurs réformes. Sous sa sage administration, le pays continua à prospérer et à se développer matériellement et intellectuellement. Trois grandes réformes marquèrent son règne : celle de 1862, relative à la réorganisation de l'administration départementale et municipale; celle de 1866, depuis si longtemps réclamée, qui modifia la représentation du pays en supprimant les quatre ordres, formant chacun une Chambre de députés séparée, et en leur substituant deux Chambres nommées par tous les électeurs; enfin, la loi de 1870, qui établit la liberté de conscience et rendit les fonctions publiques accessibles à tous, sauf celles de ministres, réservées encore aux seuls luthériens. Malgré la loi de 186S, la noblesse ne fut pas moins maintenue comme institution sociale et conserva le privilège de ne point être citée, dans certains cas, devant les tribunaux ordinaires. Une loi, votée en 1869, étendit considérablement le droit de suffrage et décida que la diète aurait des ses- ■ sions annuelles. Cette même année, a l'ouverture de la nouvelle diète, le roi Charles XV annonça la présentation d'un nouvel acte d'union avec la Norvège, demanda qu'on modifiât l'organisation de l'armée sur de nouvelles bases, qu'on élaborât un nouveau code militaire, etc. Personnellement hostile à la peine de mort et n'en pouvant obtenir l'abrogation, ce prince refusa, a partir de 1868, de signer aucun arrêt de mort, de sorte que cette peine se trouva abrogée, sinon eu droit, du moins en fait Jans le royaume. En 1870, lors de la guerre sntre la France et l'Allemagne, le gouvernement suédois déclara qu'il conservait une neutralité complète. Après les triomphes de la Prusse, craignant ses projets contre la Suède, il demanda à la diète de réorganiser complètement le système militaire de la Suède et de la Norvège, en prenant pour

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modèle le système allemand, et de voter des crédits pour acheter des armes de guerre perfectionnées et achever des ouvrages de fortification d'une importance majeure. Mais ce projet fut rejeté par la diète (août 1871) et dut être ajourné. Charles XV mourut le 18 septembre 1872, sans laisser d'enfant mâle, et eut pour successeur son frère, Oscar II, qui avait été régent du royaume pendant sa longue maladie. En prenant possession du trône, ce prince demanda à la diète de réformer le eode criminel, le système pénitentiaire, l'enseignement secondaire, d adopter une nouvelle organisation militaire, de voter des fonds pour commencer la construction de nouveaux chemins de fer (janvier 1873).

Cette même année, la vice-royauté de Norvège fut supprimée, et le prince royal de Prusse se rendit a Stockholm pour faire à Oscar II une visite qui eut un grand retentissement dans le monde diplomatique. En janvier 1874, à l'ouverture des Chambres, Oscar II demanda qu'on augmentât le traitement des employés, annonça qu'une enquête était commencée sur la question de 1 abolition des impôts fonciers et qu'il faisait élaborer les bases d'une nouvelle organisation de l'armée, en conformité des principes indiqués par la diète dans sa dernière session et imposant le service obligatoire jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Les principales lois votées par la diète suédoise depuis lors sont celles qui augmentent le budget de l'instruction publique, qui règlent les rapports de commerce et de navigation entre la Suède et la Norvège, qui accordent aux femmes mariées le droit de disposer librement et sans le contrôle du mari de l'argent gagné par leur travail et de tout ce qu'elles peuvent acquérir pendant le mariage (décembre 1874) ; enfin, le nouveau tarif de douane libre échangiste, destiné à être mis en vigueur le l«rjanvier 1876.

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