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d'une façon approfondie et qui lui fit décerner par 1 université de Kiel le diplôme honoraire de docteur-en droit. Une lettre publique du roi de Danemark ayant proclamé en 1846 l'égalité de succession à la souveraineté du Danemark et des duchés, il protesta vivement contre cette prétention dans deux autres brochures, et, après le soulèvement des duchés à l'occasion de l'incorporation du Slesvig au Danemark, il s'établit comme avocat à Kie!. Il prit dès lors une part importante aux événements politiques, conduisit à l'attaque de la forteresse de Rendsbourg (24 mars 1848) les volontaires de la garde .civique de Kiel, fut chargé, dans le nouveau ministère de la guerre du SIesvig-Holstein , de l'organisation des corps francs et lit une partie Se la campagne de 1848. Avant la lin de cette campagne, il fut élu député par une circonscription du Holsteïn, et, peu de temps après, le gouvernement provisoire l'envoya à Londres, Nommé en octobre 1848 chef de bureau au ministère des affaires étrangères, il prit part, pendant les deux années suivantes, comme représentant du gouvernement holsteinois, aux négociations qui eurent lieu avec le Danemark à Londres d'abord, puisa B8rlin. Ce fut à cette époque qu'il écrivit, en collaboration avec Droysen, l'ouvrage intitulé : les Duchés de Slesvig-Holstein et le royaume de Danemark (Hambourg, 1850, lro et 2* édit.), dans lequel il exposait toutes les tentatives faites depuis 1806 par le Danemark pour arriver k s'emparer des duchés. La guerre s'étant rallumée, il fut, à différentes reprises , envoyé à Berlin pour y sauvegarder les intérêts des duchés, demeura dans cette ville après l'intervention des deux grandes puissances allemandes, et publia contre la politique dominante en Allemagne à cette époque une brochure intitulée : les Conférences de Dresde. Vers le milieu de l'année 1851, il devint professeur de droit national du Slesvig-Holstein à Kiel, mais perdit cette chaire en 1852, après le rétablissement de !a domination danoise et passa alors au service du duc Ernest de Cobourg-Gotha, qui le nomma successivement bibliothécaire de Gotha, conseiller rapporteur au ministère d'Etat, et en 1859, membre du cabinet. A la mort du roi de Danemark (1863), il se rendit à l'appel du prince héritier Frédéric d'Augus^enbourg, qu'il suivit à Kiel en décembre 1863 et près auquel il demeura jusqu'en juin 1866. Lorsque la Prusse mit en avant les stipulations dites Stipulations de février, il se prononça pour leur acceptation, dans le conseil du prince. Vers la fin de 1866, il alla reprendre à Gotha ses anciennes fonctions et fut, en outre, chargé par le duc Ernest de l'administration d'une partie des biens de la maison de Cobourg.
SAMYDA s. m. (sa-mi-da). Bot. Genre d'arbrisseaux , type de la famille des samydées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Amérique tropicale.
SAMYDÉ, ÉE adj. (sa-mi-dé — rad. samyda). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au samyda.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédo- " nés ayant pour type le genre samyda.
— Encycl. La famille des samydées renferme des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes, distiques, simples, persistantes, le plus souvent ponctuées translucides, munies de deux stipules. Les fleurs, axillaires, pédonculées , solitaires ou groupées en corymbes , en glomérules ou en ombelles, présentent un calice de trois à sept (le plus souvent cinq) sépales, soudés à leur base en tube plus ou moins allongé ; pas de corolle ; des étamines, tantôt en nombre égal à celui des sépales, tantôt en nombre double, triple ou quadruple, monadelphes et insérées a la base des sépales, parfois alternativement fertiles et stériles ; un ovaire libre, à une seule loge multiovulée, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate en lète ou lobé. Le fruit est une capsule, s'ouvrant en trois ou cinq valves, à une seule loge renfermant, dans une pulpe abondante et colorée, de nombreuses graines à test crustacé, k embryon très - petit , entouré d'un albumen charnu.
Cette famille, qui a des affinités avec les violariées, les flacourtianées et les rosacées, comprend les genres samyda, caséaria, anavinga, eucersea et piparéa. Les samydées appartiennent aux régions tropicales et sont plus nombreuses en Amérique. Quelques espèces sont employées en médecine, dans leur pays natal; mais elles sont k peine connues en Europe, où on ne les cultive que dans les serres chaudes des jardins botaniques.
SAN, rivière de l'empire d'Autriche, dans la Gallicie. Elle descend du versant méridional desKarpathes, coule au N.-O., baigne Sanok, Przeinysl et se jette dans la Vistule, au-dessous de Sandomierz, après un cours de 890 kilom.
SAN (Gérard-Xavier), peintre flamand, né à Bruges en 1754, mort à Groningue en 1830. Après avoir appris les éléments de son art dans sa ville natale, il alla se perfectionner en Italie, puis revint k Bruges, où il futnomnié directeur de l'Académie de peinture et d'architecture. Ses principaux tableaux sont : Enlèoement du Palladium de Troie par Ulysse; Fuite de Clélie ; Alexandre recevant la coupe des mains de son médecin; Cléopâtre
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mourante; Trahison de Dalila; Martyre de sainte Barbe,
SANA, ville forte de l'Arabie, dans l'Yémen, capitale de l'imanat de son nom, à 245 kilom. N.-E. de Moka, près de la source de la Shah, par 15° 21' de latit. N. et 4l<> 39' de longit. E. ; 40,000 hab. Commerce de transit des marchandises des Indes, de la Perse et de la Turquie. C'est une des plus belles villes de l'Orient; elle est entourée de murs en brique et défendue par une citadelle. On y remarque quelques beaux palais et de nombreuses mosquées ; plusieurs fontaines, alimentées par des canaux qui conduisent à Sana les eaux des montagnes voisines. Cette ville joua un grand rôle en Arabie avant Mahomet; elle avait un temple rival de la Kaaba. Sous Soliman II, elle devint nominalement, sujette des Turcs.
SANADON (Noôl-Etienne), humaniste français, né à Rouen en 1676, mort à Paris en 1733. Entré chez les jésuites, il professa la rhétorique k Caen, puis fut nommé successivement professeur de rhétorique au collège Louis-le-Grand, préfet des classes à Tours et enfin bibliothécaire du collège Louis-le-Grand. Sanadon était un des plus éminents latinistes modernes. On a de lui, entre autres ouvrages : Traduction d'Horace (Paris et Amsterdam, 1728,2 vol. in-4<>); Traduction du Pervigilium Veneris (Paris, 1728, in-12); Carminum libri quatuor (Paris, 1715, in-12).
SANADON (David Duval), né à la Guadeloupe en 1748, mort à Amfreville-ln-Campagne en 1816. Il était avant la Révolution un des plus riches colons de Saint-Domingue. Il servit dans les armées françaises, retourna en France, où, de 1784 k 1789, il prit la défense de l'esclavage, et retourna dans les colonies. En 1792, il combattit contre sa patrie dans les rangs des émigrés; il en fut récompensé sous la Restauration par l'ordre de Saint-Louis. Sanadon a fait paraître : Tableau de la situation actuelle des colonies, présenté à l'Assemblée nationale (1789; 3° édit., 1814); plusieurs brochures (anonymes) en faveur de l'esclavage; des poésies, etc.
SANADROUG, roi d'Arménie. V. Sanatrocès.
SAN-ANTONI s. m. (sann-an-to-ni). Vitic.
Cépage des Pyrénées-Orientales,
SANAS s. m. (sa-nass). Comm. Toile de coton des Indes.
SANATOIRE adj. (sa-na-toi-re — du lat.
sanare, guérir). Qui est propre k guérir; qui contribue à la guérison.
SANATROCES ou SANADROUG, roi d'Arménie ou d'une partie de l'Arménie au ier siècle ap, J.-C. Userait, dit-on, le même personnage que le roi d'Adiabène mentionné par les auteurs grecs et latins sous le nom d'Izatès. Sanatrocés était le neveu du roi Abgarus, célèbre par sa soi-disant correspondance avec Jésus-Christ et par le tableau qu'il en aurait reçu et dont plusieurs exemplaires, plus authentiques les uns que les autres, sont conservés aujourd'hui dans diverses églises catholiques. Sanatrocés ou Izatès, souverain de quelques villes d'Arménie, a combattu contre les Parthes. C'est le seul fait important qu'on puisse relever dans l'histoire de cet obscur principi'cule asiatique, en dehors de ses prétendues relations avec le fondateur du christianisme, relations qu'on ne peut appuyer sur aucun témoignage digne de foi. — Un autre Sanatrocés ou Sanadrodq fleurit au commencement du iv* siècle. Il voulut s'emparer de la couronne d'Arménie et fut vaincu par la coalition de Chosroès, des Romains envoyés par Licinius et commandés par Antiochus, du roi d'Ibérie Mihran et de Pagarad, prince des Pagratides. Sanatrocés se réfugia en Perse.
SANBACn, ville d'Angleterre, comté et à 35 kilom. E. de Chester ; 6,400 hab. Fabrication de lainages et d'ale renommée.
SAN BEN1TO s. m. (san-bé-ni-to — de l'espagn. san, saint, et Benito, Benoit, parce que la forme de ce vêtement rappelait celle de l'habit des bénédictins). Sorte de casaque de couleur jaune dont on revêtait ceux que l'inqursition faisait conduire au supplice.
SANDOBNTON, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-Hampshire, à 40 kilom. N.-O. de Portsmouth ; 2,695 hab,
SAN-CALPA s. m. (san-kal-pa). Sorte de méditation k laquelle les brahmes doivent se livrer avant tout acte religieux,
— Encycl. Lorsque le san-calpa a été fait avec recueillement, tout ce que l'on entreprend réussit; mais son omission seule suffit pour faire, des cérémonies qui viennent ensuite, autant de sacrilèges qui ne resteraient pas sans punition. Voici les points sur lesquels portent les méditations préliminaires du brahme; il doit penser: 1<> àVichnou; 2° à Brahma ; 3° à Vavatara ou incarnation de Vichnou en cochon blanc; 4» k Manouvouj 50 au cahly-youga, c'est-à-dire à la partie du youga où l'on est; 6° au Djambou-Douipa, c'est-à-dire au continent dans lequel l'Inde est située; 7» au grand roi Baratta, dont le règne forme une des ères indiennes; 8" au côté du Maha-Mérou, ou de la montagne sacrée qui lui fait face; 9» au coin du inonde appelé Agny-Dikou, qui est la partie du globe où se trouve l'Inde ; 10° au pays Dravida, où l'on parle Varava (le tamoul) ; lio au cours
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de la lune et à la révolution d'une lune k l'autre ; 12° à l'année du cycle dans laquelle on se trouve ; 13° à l'ayana, ou semestre dans lequel on est; 14» au rontou ou k la saison; 15° a la lune; 16° au jour de la semaine; 17" à l'étoile du jour; 18" au youga du jour; 190 au carna. Tous ces divers objets sont autant de personnifications de "Vichnou, ou Vichnou lui-même sous différents noms. Cette introduction pieuse à toutes les cérémonies éloigne par sa vertu les obstacles que les démons et les géants apporteraient sans cela à leur heureux accomplissement.
SAN-CABLOS (don Joseph-Michel de Carvajal, duc de), homme politique espagnol, né à Lima en 1771, mort k Paris en 1828. Il entra dans la carrière militaire comme colonel en second d'un régiment d'infanterie et fut promu au grade de colonel, puis de brigadier. Plus tard, San-Carlos fut nommé maréchal de camp et chambellan du prince des Asturies, puis, en 1797, gouverneur du prince des Asturies et des intants. Il perdit cette dernière fonction quelques années après et fut nommé en 1801 majordome de la reine, eu 1805 majordome du roi Charles IV, et en 1807 vice-roi de Navarre. Quelques mois après cette dernière nomination, San-Carlos fut arrêté, compromis dans le procès de l'infant Ferdinand VII et disgracié. Mais Ferdinand VII étant monté sur le trône, San-Carlos devint grand maître de la maison royale et membre du conseil privé. Après l'intervention de Napoléon Ier en Espagne, San-Carlos resta fidèle a Ferdinand VU et noua à Paris des intrigues diplomatiques entre l'ancien souverain et les puissances ennemies de la France. San-Carlos fut interné pour ce motif à Lons-le-Saunier, pendant que Escoïquiz, compromis dans les mêmes intrigues, était interné k Bourges. Chargé par Napoléon 1er, eu novembre 1813, de conclure un arrangement avec Ferdinand VII, San-Carlos se rendit en Espagne, où il eut à lutter contre les cortès. Nommé, le 3 mai 1814, ministre secrétaire d'Etat, il inaugura une politique de réaction et de violence. 11 fut chargé par intérim du ministère de la maison du roi et de celui de la guerre, et reçut diverses décorations de souverains étrangers. Il dirigea en outre la banque de Saint-Charles. Il donna sa démission en 1814, continua d'administrer la maison du roi jusqu'en 1815 et fut ambassadeur à Vienne en 1815, k Londres en 1817. Lors de la révolution de 1820, San-Carlos se retira à la cour de Lucques, et fut nommé par le prince de Lucques, qui était un infant d'Espagne, ministre plénipotentiaire près la cour de France. Après le retour de Ferdinand VII k Madrid, le duc de San-Carlos fut nommé ambassadeur d'Espague à Paris.
SANCASSAM ou SANCASSÀNO (Denis-André), médecin italien, né k Bresello en 1659, mort a Spolète en 1738. Il fit ses premières études dans sa ville natale, puis à Bologne, où il fut reçu docteur en philosophie et en médecine à l'âge de vingt ans. Après avoir passe deux ans k Florence, il se fixa à Reggio eu 1682, où, malgré ses succès,. il séjourna fort peu de' temps. Il changea plusieurs fois de résidence, se fixa à Comacchio, qu'il abandonna encore après un séjour de trente ans, et s'établit à Spolète, où il mourut. Saucassani fut un chaud admirateur de Magati et travailla toute sa vie k développer et k répandre ses principes sur le traitement des plaies. Il combattit l'usage des tentes de charpie et l'abus des injections, et préconisa la simplicité des pansements. Parmi les ouvrages qu'il a laissés, nous citerons les suivants : Aforismi generali délia cura délie ferite col modo diMagati (Venise, 1713, in-8°) ; Cinque disinganni per ta cura délie ferite (Venise, 1713, in-8<>) ; Cinque disinganni per la cura délie ulcère (i714, in-8û); Ûilucidazioni fisico-mediche (Rome, 1731-1738, 4 vol. in-fol.J.
SANCERGUES, bourg de France (Cher), ch.-l, de canton, arrond. et à 26 kilom. S. de Sancerre, sur la Vaumoise; pop. aggl., 626 hab. — pop. tôt., 1,167 hab. Exploitation importante de minerai de fer.
SANCERRE, en latin Sacrum Cssaris, ville de France (Cher), ch.-l. d'arrond., sur une colline couverte de vignobles, près du canal latéral k la Loire, k 47 kilom. N.-E. de Bourges; pop. aggl., 2,792 hab. — pop. tôt., 3,707 ha.b. L'arrond. comprend 8 cantons, 76 communes et 81,873 hab. Tribunal de ire instance ; collège communal, société d'agriculture. Tanneries, bonneteries, carrières de marbre. Commerce de grains, vins, noix, bestiaux, laines et inarbres.
— Histoire. Quelques historiens n'hésitent pas k voir dans Jules César le fondateur de Sancerre, et dans cette ville la cité sacrée du conquérant (Sacrum Cssaris). Il ne paraît pas néanmoins que l'origine en soit si ancienne ; en effet les Commentaires n'en font aucune mention. D'autres donnent pour étymologie à Sancerre les deux mots Saxiacus Vicus (bourg saxon); mais les chroniques du temps de Charlemagne n'en parlent pas plus que les Commentaires ne parlent du Sacrum desaris. Il faut donc se résoudre k laisser les origines de Sancerre dans une pénombre indécise.
Vers 463, on voit le comte Gilles (iEgidius) assiéger et prendre un château fort nommé Castrum Gordonis par la chronique et qui paraît avoir occupé remplacement delà ville
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actuelle. C'est probablement cette même forteresse, ou quelque autre élevée dans le voisinage, qui reçut plus tard le nom de Castrum Cssaris. Enfin, plusieurs chartes la désignent sous celui de Castrum Sincerum, tiré vraisemblablement du caractère de son fondateur, et c'est là, suivant nous, l'étymologio la plus rationnelle de la dénomination du Sancerre actuel. Quoi qu'il en soit, dès !a fin du xie siècle la seigneurie de Sancerre était un des trois grands fiefs du Berry, dépendant des comtes de Champagne. En 1152, Etienne, troisième fils de Thibaut le Grand, le reçut en apanage et prit le titre de comte. A peine majeur, il s'éprit de la fille d'un seigneur de Donzy promise à Ancel de Trainel, favori de Thibaut , l'enleva et courut s'enfermer dans Sancerre ; le sire de Trainel demanda justice à Louis le Jeune, qui marcha contre le ravisseur; mais les vassaux portèrent seuls, suivant la coutume, le poids de la colère royale, et Etienne en fut quitte pour transiger avec Ancel (1153). Le comte de Sancerre ligure en 1180 parmi les principaux instigateurs de la ligue formée par les princes de sa maison dans Te dessein de détruire l'influence du comte de Flandre sur le jeune Philippe de France et d'assurer le triomphe de la reine mère, Alix de Champagne. Il commence par envahir la vicomte de Bourges. Repoussé, il s'allie au comte de Flandre, qu'il avait d'abord combattu. Philippe-Auguste châtie cette conduite en livrant le Sancerrois au pillage des troupes brabançonnes k sa solde ; mais la médiation du roi d'Angleterre parvient k sauver à temps le domaine du comte, qui, à bout d'entreprises, se croise et va périr sous les murs de Saint-Jean -d'Acre. Son fils Guillaume 1er suit son exemple, afin de soutenir les prétentions de Pierre de Courtenay au trône de Constantinople, et périt également dans l'expédition. Sous ces deux seigneurs, Sancerre jouit d'une charte de commune assez libérale. Saint Louis ne tarda pas à racheter ce tief important, moyennant quarantemille livres, à Thibaut le Chansonnier, comte de Champagne, et le Sancerrois fit désormais partie du domaine royal. En 1364, au plus fort de la guerre de Cent ans, plusieurs chevaliers français s'enfermèrent dans Sancerre pour surveiller les mouvements des Anglais, qui, maîtres de La Charité-sur-Loire, ravageaient les environs. Us réussirent, dans une incursion aventureuse, à enlever un des principaux chefs ennemis, nommé Aymery, et ne le relâchèrent que moyennant une lourde rançon de 30,000 livres. Aymery, exaspéré de cet affront, s'empressa de rassembler des forces pour eu tirer vengeance. De leur côté, les courageux défenseurs de Sancerre appelèrent à eux du renfort; un grand nombre de chevaliers et d'écuyers accoururent à leur appel et ne tardèrent pas k y former un corps imposant de quatre cents lances. Au lieu d'attendre paisiblement l'ennemi derrière les murailles, ce corps se partagea en deux escadrons, dont l'un commandé parles frères du comte se porta au-devant des Anglais. Ceux-ci venaient de traverser la Loire k Tracy, quand les Sancerrois fondirent sur eux avec impétuosité, au cri de iVotre-Came Sancerre. « Une mêlée s'engagea, dit Froissart, en ung chemin lequel aux deux oostés estoit enclos de haultes hayes et de vignes, » et ce fut, dit l'impartial chroniqueur, ° une bataille très-dure et très-félonneuse. Le capitaine Aymery, criblé de blessures « seigna tant qu'il en mourut. ■ Sa troupe fut presque tout entière taillée en pièces et cette victoire des chevaliers sancerrois amena la capitulation de La Charité et de toutes les garnisons environnantes. Le héros de cette rencontre fut Louis de Sancerre, frère puîné du comte Jean, qui accepta en 1397 l'épée de connétable, retusée longtemps par lui. Il mourut sans enfants, et son frère Jean III n'ayant laissé que des filles, le comté de Saucerre, dot de 1 aînée, Marguerite, passa par son mariage sous l'obéissance de Béraud II, dauphin d'Auvergne. Cependant les Anglais, alliés aux Bourguignons, mettaient continuellement San- ' cerre en alerte. En 1420, ils s'avancèrent jusque sous les murs de la ville et en tentèrent le siège; mais les habitants firent une sortie, leur tuèrent 300 hommes et obligèrent le reste k une fuite précipitée. Cette résistance héroïque de Sancerre aux tentatives anglaises sauva la monarchie ; l'ennemi ne se dissimulait pas, en effet, que cette place était la véritable clef du Berry, qui se trouvait couvert au nord, au sud et k l'ouest par des provinces demeurées françaises. Charles VII ne se méprit pas davantage sur l'importance capitale qu'il y avait à conserver une pareille position, ail assembla, dit Monstrelet, environ 20,000 combattants de divers pays, avec lesquels il se retira k Sancerre (1422) et s'y tint de sa personne assez long espace. » Devenu roi, il somma Béraud III de mettre sous sa main toutes les places de son apanage, afin qu'il pût y établir des garnisons royales jusqu'à la lin de la guerre. Le comte obéit, et le Berry, protégé désormais contre ses ennemis, put enfin respirer. Les succès de Jeanne Darc firent le reste, et pendant près d'un siècle, c'est-k-dire jusqu'à François II, Sancerre jouit d'une paix profonde. Le seul fait important de cette période est le passage du comté dans la maison de Bueil, par suite de l'extinction de la précédente. Sancerre embrassa de bonne heure le calvinisme (1534) et la Réforme y lit des progrès
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tellement rapides que ses adhérents, se trouvant en majorité, ouvrirent les portes de la place aux dissidents persécutés par la cour. Ils ne s'en tinrent pas là, et bientôt s'emparant des églises ils expulsèrent les prêtres et les religieux, dont ils confisquèrent les biens (1567). En même temps, prévoyant une lutte prochaine, ils ajoutaient de nouveaux ouvrages aux remparts de la ville, et Sancerre devint en peu de temps une des places fortes les plus redoutables du calvinisme. En 1568, des troupes envoyées de Bourges en tentèrent le siège; mais elles furent accueillies avec une telle vigueur qu'elles durent battre en retraite dès le premier choc. Un an plus tard, les gouverneurs réunis de Gien, Orléans et Bourges marchèrent de nouveau contre Sancerre à la tête de 3,000 fantassins et d'un gros d'artillerie; ils tentèrent deux fois l'assaut, mais sans succès, et durent se retirer au bout de cinq semaines. Sancerre, maîtresse de la province, abusa bientôt de sa force. Une partie de sa garnison alla occuper le petit port de Saint-Thibaut, sur la Loire, et* se mit à rançonner la province. Malgré le traité de Saint-Germain (1570), la ville trouva moyen de gagner du temps et de ne pas livrer ses clefs aux catholiques ; la nouvelle de la Saint-Barthélémy (1572) la confirma dans cette résolution; mais les circonstances prenant une gravité imprévue par suite du refus des Sancerrois d'admettre dans leurs murs une garnison royale, ils essayèrent une transaction qui fut repoussée. Ils résolurent alors do continuer la résistance qui leur avait si bien réussi jusque-lù, déjouèrent une tentative de surprise des royalistes et s'apprêtèrent à soutenir un nouveau siège. Ce siège commença, en effet, le 3 janvier 1573 et se prolongea jusqu'au 8 octobre suivant. 11 fut conduit par La Châtre, ayant sous ses ordres près de 18,000 hommes. Les assiégeants battirent les remparts de Sancerre d'une telle grêle de boulets, qu'ils parvinrent à se présenter à l'assaut sur trois points différents à la fois. La mêlée fut terrible. Les femmes calvinistes, auxiliaires courageuses de la garnison, faisaient pleuvoir Sur les catholiques une grêle de pierres. On combattit corps ii corps pendant deux heures entières, au bout desquelles La Châtre, désespérant d'emporter ta place de vive force, fit sonner la retraite. Les Sancerrois célébrèrent leur triomphe par un hymne d'actions de grâce dont l'écho porta les vibrations jusqu'au camp royal. Mais ce triomphe devait être de courte durée. La Châtie convertit le siège en blocus rigoureux et attendit patiemment que la famine fit ce que l'assaut n'avait pu faire. La garnison eut beau tenter des sorties fréquentes, Sancerre fut bientôt, réduite à une disette affreuse; on y vit pour la première fois depuis le moyen âge le retour d'horreurs oubliées : une famille, à bout de vivres, tua et mangea un enfant. On fit nourriture de tout, des peaux, du cuir, de l'ardoise pilée. Les Sancerrois épuisés décidèrent d'envoyer demander des secours à leurs coreligionnaires du Languedoc. Trois hommes se dévouèrent, entre autres le cupitaine Latteur, un des meilleurs officiers de l'époque ; tous trois furent arrêtés par les catholiques et mis à mort. La place se résigna alors & capituler. La Châtre accueillit les premières ouvertures avec empressement : il accorda, aux Sancerrois le libre exercice de leur religion, et ceux d'entre eux qui voulurent quitter la ville eurent le droit d'en sortir l'arquebuse sur l'épauie. Mais cette clémence préalable n'empêcha pas l'héroïque avocat Johanneau, gouverneur de la ville, de périr assassiné dans un guet-apens et les fortifications de la place A être complètement rasées. En outre, Sancerre fut frappée d'une contribution de 40,000 livres, et le bailli de Berry, son nouveau gouverneur, acheva do la ruiner en lui imposant des taxes énormes. Ce sinistre exemple ne corrigea pas les Sancerrois qui, en 1576, contribuèrent de tout leur pouvoir k la révolution qui mit La Charité aux mains de leurs coreligionnaires. Plus tard, Sancerre se rapprocha de Henri III quand ce prince se fut allié au roi de Navarre, La ville devint encore une fois le rendez-vous de la noblesse protestante. Tout au contraire, et par un curieux intervertissement de rôles, La Châtre, son ancien vainqueur, avait embrassé le parti de la Ligue et ravageait le pays qu'il avait protège naguère. Ces luttes ne prirent fin qu'à l'avènement de Henri IV. Sous Louis XIII, les Sancerrois, alarmés de certaines mesures prises par leur seigneur, essaj'èrent de recommencer leur ancienne résistance ; mais le prince de Condé, Henri II de Bourbon, accourut et sans retard ordonna la destruction des nouvelles fortifications élevées par les habitants. Cette destruction, à laquelle contribuèrent les populations environnantes, jalouses de la cité héroïque malgré ses désastres, fut au surplus la seule vengeance de la cour, et Louis XIII laissa aux Sancerrois la jouissance des droits qu'ils tenaient de l'édit de Nantes. En 1610, René de Bueil se trouva réduit à vendre son héritage; le prince de Condé l'acquit, malgré les efforts des habitants de Sancerre qui allèrent jusqu'à se cotiser pour le racheter à leur ancien seigneur; le premier soin de l'acquéreur fut de fermer le temple protestant. Les réclamations de la population n'obtinrent satisfaction de cette violation de l'édit de Nantes qu'en 1653, et la révocation de cet édit vint
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bientôt, en 1685, leur enlever leur dernière es-
Eérance. t L'archevêque de Bourges, dit un istorien, vint accompagné de dragons s'installer alors dans la ville; il fit citer les calvinistes à une assemblée générale 3t leur déclara qu'il fallait se convertir de par le roi. En peu de jours, plus de 1,000 personnes cédèrent aux menaces de ce prélat. » Néanmoins, en 1710, la population de Ssncerre comptait encore 2,200 protestants sur les 5,000 que renfermait le Berry. Sous Louis XV, de nouvelles persécutions furent organisées par l'archevêque de Bourges, M. de La Rochefoucauld, qui fit enlever de Sancerre et enfermer dans des couvents un grand nombre de jeunes protestantes. La Révolution vint enfin mettre un terme à cette intolérance barbare. Ses principes, chose étrange, n'en furent pas moins repoussés tout d'abord par les Sancerrois, et une tentative réactionnaire dut être vigoureusement réprimée par le général Désenfants (1796). Cette tentative avait pour objet de faire pénétrer et d organiser la chouannerie dans les départements du Centre. Sancerre resta pendant huit jours au pouvoir des royalistes. Depuis lors, aucun épisode remarquable ne signale la vieille cité calviniste a l'attention de l'histoire.
Sancerre domine pittoresquement une montagne de plus de 130 mètres d'élévation dont le plateau, presque inaccessible, commande une vaste étendue du val de la Loire et le fleuve lui-même. « De là, dit un historien moderne, vous voyez d'abord des vignes qui vous entourent de toutes parts, puis, dans un vaste et profond bassin, des terres, dos bosquets, des prés coupés par mille ruisseaux, des hameaux, des bourgs, dont quelques-uns sont sous vos pieds et les autres se perdent dans le lointain. La vue n'est bornée au nord et au sud que par les montagnes de l'Auxerrois et par celles du Morvan. Ce qui ajoute au charme de cette perspective, c est la Loire qui passe presque au pied de la montagne et dont on peut suivre le cours depuis Lu Charité jusqu'à Briare. » On peut s'explique: aisément par cette brève description la situation presque inexpugnable de 1 antique place forte. Aujourd'hui ses murailles ont disparu , mais les remparts ont été plantés d'arbres qui forment une belle promenade en ferme d'ovale autour de la ville nouvelle. Au nordest, non loin des remparts se trouve une grosse tour, dernier débris de l'ancien thâteau des comtes. Quant aux églises de £!ancerre, la plus ancienne est celle de Saint- Jean, qui servit pendant longtemps de temple calviniste; encore a-t-elle été presque entièrement réédifiée depuis. Son architecture fort simple n'offre rien de particulièrement digue de remarque, non plus que celle des autres églises de la ville, toutes modernes.
Sancerre a vu naître Thaumas de La Thaumassière, auteur d'une très-complète Histoire du Berry. Le maréchal Macdouald y passa les premières années de sa vie, mais cest à tort que certains historiens le font naltro à Sancerre.
SANCERRE {Louis de), connétable de France, né vers 1343, mort en 1402. Il fit ses premières armes k l'âge de dix-sept aas, contre les Anglais, pendant la captivité du roi Jean, et se distingua au siège de Melun, A l'avènement de Charles V, il contribua, avec Du Guesclin, son frère d'arraesj Clisson, ; Coucy, La Trémoille, à ramener la victo re I sous les drapeaux de la France et fut nommé maréchal en 1369. C'est eu cette qualité qi 'il < fit les glorieuses campagnes de 1372, 1373 et , 1375, dont les résultats furent de reconquérir | le Poitou, la Saintonge et une partie de la , Guyenne. Au commencement de 1380, il fit, avec Clisson et Du Guesclin, le noble voju ; d'armes de vuider toute la Guyenne des Anglais. On sait que c'est dans cette expédition i que Du Guesclin trouva la mort, Sancer:e l s'empara de toutes les places fortes du Péiigord, fut nommé connétable en 1397, chassa les Anglais du comté de Poix et mourut eonblé do gloire.
SANCERRE (Jean de Bueil, comte de). V.
Bueil.
SANCHE Ier, dit Sancbe Garcia, roi de Navarre, mort en 926. 11 succéda à son frère Fortunio en 885 et illustra son règne en reculant les bornes de ses Etats et en luttant presque constamment contre les Arabes.
Ayant traversé les Pyrénées, il s'empara da la basse Navarre, puis revint en Espagne, sur la nouvelle que les Arabes assiégeaient Pampelune. Sanche tomba sur eux à I'improviste, les battit complètement et entra dans cette ville, capitale de son petit royaume (907). Poursuivant ses succès, il rejeta les Maures au delà de l'Ebre, puis franchit co fleuve (909), prit Najera et la province dt> Rioja et protégea ses frontières en faisant, construire des places fortes. Des infirmités l'ayant forcé à prendre du repos, Sanche lei se retira dans le monastère de Leyre, laissant à la tête de son armée son fils, don Garcia. Mais, en 921, il reprit les armes pour venger les défaites de son fils, tailla en pièces l'armée d'Abdérame, au retour de l'expédition qu'elle avait faite en France, et recouvra tout ce que les Maures avaient conquis. Les Navarrais donnèrent à ce prince le surnom de Restaurateur.
SANCHE II, roi de Navarre, mort en 994. Il succéda en 970 à son père Garcia II, se
signala dans plusieurs combats contre les Maures et eut de son mariage avec Urraque, héritière d'Aragon, un fils qui fut Garcia III.
SANCHE 111, dit le Grand, roi de Navarre, mort en 1035. Il succéda en 1000 à son père Garcia III et réalisa presque l'unité de 1 Espagne chrétienne en chassant les Maures de leurs possessions, en étendant ses conquêtes jusqu'aux frontières de la Catalogne et en opérant la réunion des royaumes de Castille et de Léon à la Navarre. Joignant la prudence au courage, il fit autant de conquêtes par la politique que par les armes. Ce fut lorsqu'il vit les Maures affaiblis par leurs dissensions qu'il tomba sur eux et les chassa de l'Aragon et de la Navarre. Pur sa femme, il hérita de la couronne de Castille, où il prit le nom de Sanche 1er, Le roi de Léon ayant pris les armes contre lui, il envahit ses Etats et s'empara de la plus grande partie. Il s'occupa alors de l'administration intérieure de son triple royaume, donna de sages règlements et fonda des établissements utiles. Lorsqu'il mourut en 1035, Sanche III commit la faute trop commune d'affaiblir ses Etats en les partageant entre ses quatre fils, ce qui divisa les princes chrétiens et leur enleva la force nécessaire pour expulser les Maures de la péninsule.
SANCHE IV, roi de Navarre, mort en J075. Il succéda à son père Garcia IV en 1054 et mourut assassiné. Son cousin Sanche Ramirez, roi de Navarre, s'empara alors du trône, dont il dépouilla le frère de Sanche IV, et prit le nom de Sanche V.
SANCHE V , roi de Navarre. V. Sanche Ramirez, roi d'Aragon.
SANCHE VI, roi de Navarre, mort en 1194. Il régna sans éclat depuis 1 1 50 jusqu'à sa mort.
SANCHE Vil, roi de Navarre, mort en 1234. Il monta sur le trône eu 1194, combattit à diverses reprises les Arabes et remporta sur eux la bataille de Tolosa en 1212. Ce prince eut pour héritière sa sœur Blanche, qui épousa le comte de Champagne, Thibaut IV, et partagea avec lui le trône de Navarre.
SANCHE I°r, roi de Castille, mort en 1035. C'est le même que Sanche III le Grand, roi de Navarre. V. plus haut.
SANCHE II, dit le Fort, roi de Castille, fils de Ferdinand 1", né en 1035, mort en 1072. En mourant, son père avait partagé ses Etats entre ses enfants et donné à Sanche II la Castille (1065). Mécontent de ce partage, Sanche conçut le projet de s'emparer des Etats de ses frères, mais il dut d'abord entrer en lutte avec les rois d'Aragon et de Navarre. Ayant vaincu ces princes, il tourna ses armes contre son frère Garcia, roi de Galice, qu'il détrôna (1069), puis il attaqua son autre frère Alphonse et lui prit le royaume de Léon, Ces succès ne firent qu'accroître son ambition. Il résolut alors de conquérir toutes les Ïiossessions des Maures, de soumettre tous es rois chrétiens de l'Espagne et de rester seul maître de la péninsule. Ce vaste dessein n'était au-dessus ni de son bonheur ni de sa puissance. Jeune, vaillant, actif, ambitieux, il était de plus suivi de l'élite des chevaliers espagnols et de l'illustre Cid, le plus grand capitaine de son temps. Mais tous ses projets furent anéantis par la trahison d'un officier, qui l'assassina au siège de Zamora. Son frère, Alphonse VI, lui succéda alors comme roi de Castille et de Léon.
SANCHE 111, roi de Castille, mort en 1158. Il était fils d'Alphonse VIII et monta en 1157 sur le trône, qu'il n'occupa qu'un an. Son fils, Alphonse IX, lui succéda.
SANCHE IV, dit le Brave, roi de Léon et
de Castille, fils d'Alphonse X, né en 1258, mort en 1895. Il se révolta contre son père en 1282 et monta sur le trône en 1284. isanche IV eut sans cesse à lutter contre ses frères et contre les plus puissants seigneurs du royaume, châtia sévèrement les factions de l'intérieur, puis tourna ses armes contre les Maures et leur reprit l'importante place de Tarifa (1273). C'était un prince courageux, mais ambitieux, implacable et qui fit couler le sang à flots.
SANCHE RAMIREZ, roi d'Aragon, mort en 1094. 11 était fils de Ramirez 1", Monté sur le trône en 1063, il s'empara de Barbestro en 1064, et, après l'assassinat de son cousin Sanche IV, roi de Navarre, il se fit proclamer roi de ce pays sous le nom de Sanche V (1076). Sancbe Ramirez trouva la mort au siège de Huesca.
SANCHE (dona), infante de Léon et reine d'Aragon, morte en 1179. Fille d'Alphonse VIII, roi de Léon, de Castille et de Tolède, et de Riche de Pologne, sa seconde femme, elle fut, dès l'enfance, destinée à devenir l'épouse d'Alphonse, lui-même encore enfaut, fils de Raiinond, prince d'Aragon, comte de Barcelone, et de Pétronille, reine d'Aragon.
Raimond meurt en 1162, et Alphonse, devenu comte de Barcelone, est bientôt après, quoique n'étant pas encore majeur, placé par sa mère sur le trône. Mais alors, soit que Pétronille rêvât pour son fils quelque ulliatice plus haute, soit que doBa Sanche ne plût pas au jaune roi, l'union projetée fut oubliée. Alphonse même, afin d'avoir un prétexte de rupture définitive, se brouilla, eu 1173, avec Alphonse III, roi do Castille, neveu de dofia Sanche, et avec lequel il avait fait autrefois
SANC
un traité d'alliance par lequel les deux rois s'étaient engagés à se donner réciproquement du secours contre leurs ennemis.
Don Alphonse envoie des ambassadeurs à Constantinople pour demander une des filles de l'empereur Manuel Comnène. La princesse Eudoxie lui est accordée et déjà se font les préparatifs du mariage, lorsque le roi de Léon, Ferdinand II, frère de dona Sanche, et son neveu le roi de Castille réclament et somment le roi d'Aragon de se conformer aux intentions du prince son père. Alphonse comprit que sa couronne était l'enjeu de la partis qu'il allait tenter; il recula, et le 18 janvier 1174 avait lieu, a Sarngosse, son mariage avec do3a Sanche.
Cinq années après, le 13 août 1179, la reine d'Aragon succombait, après avoir donné six enfants à son mari, dont l'aîné, Pèdre II, succéda à son père.
SANCHE 1er, dit le Gros, roi de Léon et des Asturies, mort en 967. 11 était fils de Ramirez II et frère d'Ordogno III. A la mort de ce dernier (955), il s'empara du trône au détriment de son neveu. Ayant été atteint d'une hydropisie, il se rendit à Cordoue pour s'y faire traiter. Pendant son absence, son neveu Ordogno IV parvint à ressaisir la couronne; mais Sanche 1er, s'étant allié avec le roi de Navarre Garcia et avec Abdérame III, ex-
ulsa de nouveau son neveu et remonta sur
e trône.
SANCHE 1er, roi de Portugal, né à Coïmbre en 1154, mort en 1212. Il était fils d'Alphonse- Ileiiriquez, premier roi de ce pays. Dès l'âge de treize uns, il fit ses premières armes contrôle roi de Léon. Sanche combattit ensuite les Maures qui pénétraient dans l'Alentejo, se distingua à diverses reprises, entra dans les vastes territoires qu'ils occupaient, les chassa de Beja et remporta sur eux une grande victoire. Assiégé par les Maures dans Santarem en 1184, il se défendit vaillamment et, grâce à des secours, il les contraignit à lever le siège après leur avoir fait subir do grandes pertes. Son père étant niortl'unnée suivante, il lui succéda comme roi de Portugal. Doué de qualités qu'on trouve rarement chez les rois, il sut se faire aimer et mérita les surnoms de Laboureur et de FoudatGiir par les encouragements qu'il sut donner à l'agriculture et par les établissements d'utilité qu'il créa. Une flotte d'aventuriers danois et flamands ayant été poussée par une tempête dans le port de Lisbonne en 1188, doin Sanche proposa à ces hommes de faire avec lui la conquête des Algarves. Sa proposition fut acceptée et cette contrée, ainsi que sa capitale Silvès, tomba au pouvoir des alliés en 1189. Après avoir fait un riche butin, les aventuriers reprirent la mer et Sanche se rit proclamer roi des Algarves. Ce prince avait fait une campagne contre les Maures d'Andalousie et assiégé Serpn, lorsqu'une fonn.dable armée mauresque, sous les ordres du calife Abou-Yousouf Yacoub, envahit et ravagea le Portugal (1190). N'ayant que des forces insuffisantes à leur opposer, dom Sanche se borna à les harceler, et bientôt l'ennemi décimé quitta le pays. A cette invasion succédèrent pour le Portugal d'autres calamités, l'inondation, la famine et la peste, puis une nouvelle invasion arabe. Dom Sanche parvint à chasser encore une fois les Maures et s'efforça de réparer tant de désastres accumulés. En 1195, il dut reprendre les armes pour repousser le roi de Léon, Alphonse IX, qui s'était allié contre lui aux musulmans. Grâce à sou énergie, Sanche 1er vainquit ses ennemis et enleva plusieurs places au roi de Léon. Par la suite, il fit de grands efforts pour mettre un terme aux déplorables divisions qui existaient entre les seigneurs portugais et pour faire régner l'ordre par une sage et ferme administration. A partir de 1200, époque où il prit aux Maures la ville d'Elvas, jusqu'à sa mort, le Portugal vécut en paix et vit renaître sa prospérité intérieure. De son mariage avec Douce d'Aragon, Sanche 1er avait eu plusieuis fils, dont l'aîné lui succéda sous le nom d'Alphonse II.
SANCHE II, fils d'Alphonse II, roi de Portugal, ne à Coïmbre en 1207, mort en 1248. Il monta sur le trône eu 1223, fit la guerre aux Maures et remporta sur eux une grande victoire. Il chercha eu même temps à faire parmi eux de la propagande chrétienne et alla, dans son zèle religieux, jusqu'à faire don aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jacques, à Alcazar, des villes d'Aljastral, d'Alfaïiir, de Pemt et de plusieurs autres dont il s'était emparé. Bientôt il voulut restreindre les privilèges du clergé, et, chuse qui fut considérée comme un bacrilége, il déclara les juifs admissibles aux empluis publics. Il recommença la guerre contre les Maures (1241) et remporta de nouveaux succès. Son général Correa conquit plusieurs places, notamment Tavira et Silvès; tout le reste des Algarves fut réuni au royaume de Portugal. Le mécontentement provoqué parle mariage de Sanche avec Mencia, fille de Lopez do Haro, seigneur de Biscaye, et de doîia Urraque, bàturde du roi de Léon, Alphonse IX, fut exploité par les mécontents et notamment par le cierge. Excommunié par le pape Grégoire IX, Sanche vit bientôt ses sujets sa révolter ouvertement contre lui ; une armée de bourgeois courut au palais du roi et en arracha la reine, qui fut conduite en Castille. Le nouveau pape Innocent IV assena-
bla on concile à la suite duquel il cassa le mariage de Sanche et imposa Alphonse, frère du roi , pour régent aux Portugais. Sanche quitta le Portugal en 1246 et se retira auprès du roi de Castille, à Tolède. Le Gouverneur de CoTmbre, Martin de Freitas, éfendit loyalement la cause de Sanche contre le régent. La mort du roi excommunié fit triompher Alphonse. Aucun roi de Portugal n'avait, autant que Sanche, servi la cause du christianisme par d'immenses conquêtes faites sur les infidèles. Il en avait été récompensé par une excommunication, et il continue aujourd'hui d'être traîné dans la boue pur les historiens ecclésiastiques, qui ne peuvent lui pardonner de n'avoir pas suivi aveuglément les caprices du clergé.
SANCHEZ (Alonso), fils naturel du roi de Portugal Denis, né en 128B. Il a composé un grand nombre do petits poèmes qui ne nous sont point parvenus, mais qui, d'après Machudo, n'étaient pas dépourvus de valeur.
SANCHEZ (Alonso), de Huelva, marin espagnol du xv« siècle. S'il faut en croire Marmontel, il a instruit Christophe Colomb de l'existence de l'Amérique. Cet auteur prétend que Sanchez avait été jeté en 1484, par une tempête, vers une Ile à l'ouest, île qu'on a supposé depuis être Saint-Domingue. Echappé au naufrage avec cinq cle ses compagnons, Sanchez serait arrivé a Tercère, capitale des Açores, ou à Madère, y aurait rencontré Christophe Colomb et aurait passé le reste de sa vie au service de ce grand homme, qui aurait profité des renseignements de Sanchez et des papiers que ce dernier lui aurait laissés en mourant.
SANCHEZ (François), célèbre grammairien espagnol, né à Las Brozas (Estramadure) en 1523, mort à Salamanque en 1601. Il occupa la chaire de grec, puis celle de rhétorique à l'universjté de Salamanque et publia un grand nombre d'ouvrages classiques qui lui firent une renommée européenne. Le plus célèbre est la Minerva, seu De causis lingue latinte (Salamanque, 1587), où il explique avec une clarté jusqu'alors inconnue les règles de la syntaxe latine-, c'est une mine abondante de remarques et d'observations dont ont. profité les meilleurs grammairiens, notamment Scioppius, Vossius et l'auteur de la Méthode dite de Port-Royal (Lancelot).
SANCHEZ (Miguel), né à Valladolid, mort vers 1609. Il fut secrétaire de l'évêque de Cuença et a composé un grand nombre do comédies dont Lope de Vega parle avec éloge. Une seule de ces comédies nous est parvenue ; c'est U Guardia cuidadosa, qui se trouve comprise dans la cinquième partie des Comedias de Lope de Vega y otros au tores (Madrid, 1616).
SANCHEZ (François), philosophe et médecin, né à ïuy, sur les frontières du Portugal, de parents juifs, si l'on en croit le Patiniana, vers le milieu du xvie siècle, mort en 1C32. Il voyagea en Italie, puis vint à Montpellier étudier la médecine. Il professa a Toulouse la philosophie pendant vingt-cinq ans et la médecine pendant onze ans. Le recueil des œuvres de Sanchez a paru sous ce titre : Opéra medica; his juncti sunl traclalus quidam philosopkici non insubtiles (Toulouse , 1636 , in-40). Ses traités philosophiques ont pour titres : Quod nihilscitur; De divinations per somnum ad Aristotelem; In librum Aristotelis p/iysiognomicum commentarius , et De longitudine et brevitate vitœ (Toulouse, 1636, in-4«).
SANCHEZ (Thomas), jésuite espagnol, célèbre casuiste, né à Cordouo en 1550, mort à Grenade en 1G10. Il est auteur du fameux traité Disputaiiones de sancto mairimonii sacramento, ouvrage spécialement destiné aux confesseurs et aux personnes chargées delà direction des âmes, mais dans lequel les détails les plus scabreux sont exposés avec une liberté de langage qui touche à l'obscénité. C'est k tort qu on a dit que cet ouvrage avait été condamné a Rome.
SANCHEZ (Antoine-Nuflez-Ribeiro), célèbre médecin portugais, né à Pegnan-Maca en 1699, mort à Paris en 1783. Il lit ses études médicales à Coïmure et à Salamanque et fut reçu docteur dans ia dernière de ces universités. Il entreprit ensuite un voyage scientifique et visita successivement Londres, Paris, Leyde. Dans cette dernière ville, il se lia d'amitié avec Boerhaave dont il suivait les leçons. Aussi, lorsque l'impératrice de Russie pria l'illuhtre Hollandais de lui désigner trois médecins propres à, occuper des postes éminents dans son empire, le célèbre professeur de Leyde lui désigna en première ligne Sanchez qui, dès son arrivée en Russie, fut investi du titre de protomédecin de Moscou, avec charge d'examiner les médecins et chirurgiens aspirant à exercer dans cette ville. En 1733, Sanchez, appelé à Saint-Pétersbourg et nommé membre du collège de médecine et médecin des armées impériales, devint ensuite médecin de l'impératrice. Lorsque celle-ci mourut, Sanchez quitta la Russie et vint à Paris, où il se livra à la pratique. Nous n'avons de lui que quelques opuscules dont voici les titres : Dissertation sur l'oriine de lu maladie vénérienne, dans laquelle auteur s'efforce d'établir qu'elle n'a point été apportée d'Amérique et qu'elle a commencé en Europe par une épidémie (Paris,
1752, in-12); Examen historique sur l'apparition de la maladie vénérienne en Europe et sur lanature de cette épidémie (Lisbonne, 1774, in-12); Observations sur les maladies vénériennes (Paris, 1785, in-8»).
SANCHEZ (Thomas -Antoine), biographe espagnol, né a Burgos en 1732, mort à. Madrid en 1798. Il fut bibliothécaire des rois Charles III et Charles IV et lit réimprimer les œuvres de différents classiques espagnols, comme Boscan, Garcilasso, Quevedo, Cervantes, dont les éditions anciennes étaient depuis longtemps épuisées. Il est surtout connu par sa Collection de poésies castillanes antérieures au xv<= siècle, précédée de Mémoires relatifs à la vie du premier marquis de Sanli liane (Madrid, 17Î5 et années suiv., 5 vol. in-S°). Il a publié en outre une Apologie de Cervantes (Madrid, 1788, in-8°) et une Lettre adressée à Joseph Berni sur sa Dissertation en faveur du roi don Pierre le Cruel (Madrid, 1788, in-8«).
SANCHEZ (le docteur Pierre-Antoine), ecclésiastique et écrivain espagnol, né à Vigo, en Galice, en 1740, mort en 1800. Il fut professeur de théologie à l'université de Saint- Jacques-de-Compostelle, puis chanoine de l'église métropolitaine de cette ville. 11 contribua a faire supprimer les corvées et autres servitudes en Galice, fut la bienfaiteur des pauvres de cette province et mérita le nom de Per© do* malheureux. Il dépensait en œuvres charitables les 80,000 francs de revenu de son canonicat et ne laissa pas en mourant de quoi payer ses funérailles. Ses principaux ouvrages sont : Annales sarri (Madrid, 1784, 3 vol. in-40); Histoire de l'Eglise a" Afrique (Madrid, 1784, in-s°); Discours sur l'éloquence sacrée en Espagne (Madrid, 1788, in-8°) ; Traité de la tolérance en matière de religion (Madrid, 1785, 3 vol. in-4°) ; Mémoire sur les moyens d'encourager l'instruction en Galice (1782, in-8»).
SANCHEZ (Luis-Sergio), littérateur espagnol, né dans la province de Badajoz en 1803. Il embrassa la carrière de l'enseignement et, après avoir professé dans différents collèges, obtint en 1832, à l'institut de Cacérès, une chaire de littérature, dans laquelle il succédait au célèbre Donoso-Cortès. Seize ans plus tard, il devint directeur de cet institue. Il a publié un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Exposition critique et philosophique des principes de la littérature; Cours de rhétorique et de poétique; Poésies, recueil qui renferme, outre plusieurs pièces détachées, deux comédies et quelques autres essais dramatiques, etc.
SANCHEZ DE AREVALDO (Rodriguez), dit Sauclua, érudit espagnol. V. Rodriguisz.
SANCHEZ DEL ARCO (Francisco), publiciste et auteur dramatique espagnol, né à Cadix en 1816. Il débuta fort jeune dans le journalisme et montra dans la défense des idées du parti libéral une hardiesse qui lui attira de nombreuses persécutions et le fit •condamner à plusieurs mois de prison, successivement en 1840, en 1843, en 1848 et en 1851. En 1848, il fut même déporté aux !les Philippines, d'où il revint en 1849. Elu député de la province de Malaga aux cortès constituantes de 1854, il y prit une part active aux débats et continua en même temps de défendre dans la presse politique les opinions de son parti. Outre les nombreux articles qu'il a publiés dans ['Echo du Midi de Malaga, le Défenseur du peuple et le National de Cadix, etc., on a de lui les œuvres dramatiques suivantes: El Abenamo, drame ; Vrgande ta dissimulée, drame magique; la Teigne des partis, comédie ; le Beau Francisco Esteban, drame; le Sel de Jésus, drame; les Taureaux du port ; Lola ta Gaditane; la Corne d'or, féerie, etc.
SANCHÉZIE s. f. (san-ché-zi — de Sanchez, savant espagnol). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute à la famille des personnées, et dont les espèces principales croissent au Pérou.
SANCHO (Ignace) , écrivain nègre, né à bord d'un négrier en 1729, mort en 1780. Krnniené eu Angleterre, il fut laissé chez des demoiselles âgées qui lui donnèrent le surnom de Sancho; il fut ensuite attaché, en qualité de sommelier, à la maison de la duchesse de Montagu, se livra au jeu et y perdit jusqu'à ses vêtements. Après avoir essayé en vain de devenir acteur dans un théâtre, Sancho retourna au service de la famille Montagu. Sur la fin de sa vie, il monta une boutique d'épicerie, et ce fut alors qu'il composa ses oeuvres littéraires. Ce sont : une Epitre à Sterne, qui fut l'origine de la liaison de Suncho avec Sterne; des poésies, deux pièces de théâtre, une théorie de la musique et des Lettres, précédées d'une vie de l'auteur (1782, 2 vol. in-8°; 2e édit., 1783, avec portrait de l'auteur).
SANCHO PANÇA, le bon et fidèle écuyer de Don Quichotte. V. Don Quichotte.
Snnclio l'ançu (LE GOUVERNEMENT DE), Comédie en cinq actes, en vers, de Guérin du Bouscal (Théâtre-Français, 1642). Le véritable titre est le Gouvernement de Sanche Panse, l'auteur ayant jugé à propos de franciser les noms des personnages, jusqu'au pauvre Don Quichotte, qu'il appelle Don Quichot. Il a mis en scène d'une façon assez
SANC
heureuse l'épisode final du chef-d'œuvre de Cervantes et montré Sancho Pança au faite des grandeurs, gouverneur de l'île de Bitrataria. L'intérêt de la pièce est surtout dans les mésanventures de ce fidèle écuyer, qui se console de tout en défilant des chapelets de proverbes. La scène capitale est la première du deuxième acte, où se trouve même un vers emprunté par Molière à cet auteur inconnu. Don Quichot donne à Sanche des conseils pour bien gouverner, et entre autres celui de renoncer à sa manière de débiter des proverbes à tout propos.
Bannis de tes discours ces proverbes antiques, Dont tu te sers si mal dans toutes tes répliques.
Sur quoi Sanche de se récrier :
Quant a ce dernier point, pourne vous pointmentir, Monseigneur Don Quichot, je n'y puis consentir. De toute ma maison je n'eus d'autre héritnge ; J'en sais plus qu'un gros livre, et quand je veux parler Ils veulent tous sortir jusqu'à se quereller. C'est pourquoi quelquefois j'en mets en évidence Qui n'ont aucun rapport avec ce que je pense. Pourtant, à l'avenir, j'en pèserai les roots. Et n'en citerai point qui ne soit à propos.
Et le voilà qui se met à en lâcher qui, du reste, vont assez bien à son sujet.
Qui ne sait son métier, qu'il ferme sa boutique. La science partout vaut mieux quu la pratique. Jamais sans l'appétit on ne fit bon repas. Sans la peur tous seraient de courageux soldats, Et j'ai toujours tenu pour maxime assurée Que bon renom vaut mieux que ceinture dorée.
BON QOICIIOT.
Eh bien! voilà-t-il pas un discours bien suivi? Tu fais bien ton profit de ce que je le dl.
sanche.
En quoi manquai-je donc!
DON QUICIIOT.
Dis-moi, je t'en conjure, Pourquoi vas-tu parler de renom, de ieinture, De soldats, d'appétit, de métier, de repas?...
SANCnE.
Je vous jure, ma foi, que je n'y pensais pas, Et que dorénavant j'aurai soin de me taire Pour ne rien alléguer qui vous puisse déplaire.
Mais il repart :
Aux seigneurs les honneurs ; souvent trop parler nuit. La parole fait l'homme; on connaît l'arbre au fruit. Avec le temps toujours toutes choses se changent; Il fait mauvais au bois quand les loups s'entre-man-
[gent ; Qui se contente est riche ; aux princes tout sied bien ; Tel maître, tel valet; qui bien fait ne craint rien.
DON QOICHOT.
Courage !
SANCHE
Il est certain, quoi que l'on puisse dire, C'est mal fait de choisir et de prendre le pire. Rien ne peut obliger au delà du pouvoir; La plus grande finesse est de n'en point avoir. Il ne faut qu'un seul fou pour en amusir mille. Qu'onn'aitpassé les ponts, on n'est pas dans la ville. La nuit donne conseil ; la nuit tous chats sont gris. Jamais chat emmouflé ne prit belle souris.
DON ftUICHOT.
Achevez à. votre aise, et puis fermez la porte,
banche {continuant).
La fortune n'est pas toujours de même sorte. Mais, quoique l'on ait dit que Tonne nuit aux fous, Qui se fera brebis sera mangé des loups. II est vrai que le bien ne s'acquiert pas sans peine ; Qui frappe du couteau doit mourir de la gaine. La tin couronne l'œuvre; a beau jeu, beau retour; Le temps découvre tout, et chacun a son tour. Il n'est pas toujours fête; au port on fait naufrage. Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Mais je trouve après tout, ayant bien contesté, Que l'âne du commun est toujours mal bâté.
Molière n'est pas le seul qui ait emprunté à Guérin du Bouscal. En 1721, Dancourt lit représenter a la Comédie-Française un Sancho Pança, comédie en cinq actes et en vers qui n'est qu'une reproduction de la pièce précédente avec quelques scènes remaniées et diverses corrections. « Parmi plusieurs pièces sur le même sujet et qui portent le même titre que la mienne, j'en ai trouvé une, dit Danuourt, dont la versification m'a paru assez bonne : je m'en suis approprié les meilleurs morceaux. » On n'y met pas plus de sans gêne et de franchise. Deux autres pièces peuvent être encore citées : Sancho Pança dans son ile, comédie en un acte, en prose, de Poinsinet (Théâtre-Italien, 1762), et Sancho gouverneur ou la Bagatelle, opéra-comique de Gilliers, paroles de Thierry (Théâtre de la foire Saint-Laurent, 1727}.
SANCHONIATHON ou SANCHONIATON,
historien phénicien du me ou du ne siècle av. J.-C. D'après les fragments du livre qui nous est parvenu sous son nom, V Histoire phénicienne, il aurait été contemporain de Sémiramis (x»a siècle av. J.-C.) et son livre remonterait par conséquent à une antiquité fabuleuse. C'est là une fraude imaginée probablement par les copistes, et quelques autres supercheries, comme la dédicace de l'Histoire phénicienne à Abibal, prétendu contemporain du siège de Troie, ont même induit quelques critiques à penser que Sancboniathon était un personnage entièrement mythique. Movers, rendant à son nom la forme phénicienne San-Chon-Iath, qui veut dire, d'après lui, Loi entière de Chon, divinité pro-
tectrice de la ville de Tyr, assimilée k Hercule, ne voyait pas autre chose qu'un mythe dans le personnage ainsi désigné. Il est depuis revenu sur cette opinion et il admet, avec !a plupart des auteurs qui se sont occupés de l'histoire phénicienne, que Sanchoniathon, en retranchant dix-sept ou dix-huit siècles de son antiquité, a pu être, comme Vgisa dans l'Inde, le compilateur de documents théogoniques et historiques très-anciens et transmis jusqu'à lui soit par la tradition, soit même par l'écriture, puisque l'alphabet phénicien, adopté par les Grecs, est le plus ancien que l'on connaisse. Le travail du compilateur est resté visible dans l'Histoire phénicienne, où sont réunies des cosmogonies de provenances diverses, des traditions particulières aux villes de Byblos, de Béryte, de Tyr, de Sidon, parfois contradictoires entre elles et rattachées les unes aux autres sans aucune critique.
Sanchoniuthon et son livre ont été mis en lumière par Porphyre, d'après une traduction grecque de Philon de Byblos (jer siècle de l'ère chrétienne). Porphyre s'en était fait une arme contre les chrétiens pour prouver que Moïse tenait ce qu'il a écrit dans la Genèse, non d'une révélation, mais de la connaissance qu'il avait des annales phéniciennes. Eusèbe réfuta Porphyre et, pour le combattre, reproduisit les principaux passages de l'Histoire phénicienne; c'est à cette polémique que l'on doit la conservation de ces précieux fragments, seuls restes d'une littérature perdue, car non-seulement l'original phénicien, mais la traduction grecque de Philon de Byblos ont péri. Nous n'avons que ce qu'Eusèbe a bien voulu nous transmettre dans sa Préparation évangélique et tel qu'il lui a plu de le copier pour les besoins de sa cause. Eusèbe prétend, au reste, que Sanchoniathon n'a jamais. existé et que le livre en question est tout entier de son prétendu traducteur, Philon, qui l'a composé pour faire pièce aux chrétiens et lui a supposé une antiquité fabuleuse, pour détruire l'autorité de Moïse. « De graves difficultés, dit M. E. Renan, me semblent devoir être opposées à ce sentiment. Tout ce que nous savons du caractère de Philon repousse l'hypothèse d'une supercherie. Grammairien habile et bibliophile érudit, Herennius Philon n'est pas de la famille des faussaires. Sou caractère, autant qu'on en peut juger par ses propres écrits, fut celui d'un polygraphe consciencieux. Les passages qui, dans le texte de la Préparation évangélique, appartiennent certainement à Philon, ont un ton de bonne foi qui frappe tout d'abord. L'auteur expose avec simplicité le désir qu'il avait de connaître la vérité, les peints qu'il s'est données pour cela, la masse de livres qu'il a lus, les doutes que lui a causés le désaccord des divers témoignages. Il est évident qu'il prenait au sérieux Sanchoniathon et que, s'il y a fourberie dans l'Histoire phénicienne, la fourberie lui est antérieure. Les témoignages de l'antiquité confirmant ce résultat d'une manière frappante. Si Sanchoniathon était une invention de Philon, l'antiquité ne l'eût connu que par Philon et ne lui attribuerait pas d'autres ouvrages que ceux de Philon. Or, il n'en est point ainsi ; Suidas, au mot Sanchoniathon, nomme trois ouvrages. Des preuves directes établissent d'ailleurs que l'Histoire phénicienne a été traduite du phénicien ; une foule de jeux de mots et d'étymologies n'ont de sens qu'en se reportant à un original écrit dans cette langue. » Des indices d une autre sorte et des traces de doctrines helléniques ne permettent pas de reporter la composition de l'ouvrage en deçà de l'ère des Séleucides, en admettant toutefois que l'auteur a utilisé des documents bien plus anciens, notamment des inscriptions, et rédigé ainsi un vaste répertoire de mythologie et d'histoire, dont ce qui reste peut à peine donner l'idée.
SANCIR v. n. ou intr. (san-sir. — On a fait venir ce mot du provençal sumsir, submerger, dérivé du latin submergere, même sens). Mar. Couler bas. Ce navire a. sanci sous voiles'x sanci à l'ancre, sous ses amarres. (Acad.) Lorsque le bâtiment navigue par une grosse mer qui vient devant lui, il plonge son extrémité antérieure dans les vagues qui le recouvrent sur cette partie; il ne peut se relever sous le poids de cette masse écrasante, il sancit. (J. Lecomte.)
SANCOINS, bourg de France (Cher), chefde cant., arrond. et à 37 kilom, N.-E. de Saint-Amand-Mont-Rond, sur la rive gauche de l'Allier et sur le canal du Berry ; pop. aggl., 3,413 hab. — pop. tôt., 3,833 hab. Taillanderie, chaudronnerie, briqueterie; exploitation de plâtre et de chaux. Commerce de bestiaux, houille, bois et grains. Près du hameau de Jouy, ruines d'un château dont il reste quatre grosses tours.
SANCODRT, village et commune de France (Eure), cant. de Gisors, arrond. et à 30 kilom. des Andelys; 171 hab. Cette commune, dont le nom vient de Sana-Curia ou Saxonis Curia, fut donnée par Philippe le Bel à Enguerrand deMarigny. Un seigneur huguenot nommé Leriche possédait la terre de Sancourt au moment où fut révoqué l'édit de Nantes; il s'expatria avec la plus grande partie des habitants, qui le suivirent dans l'exil. Le marquis de Bongard y fut arrêté en 1793 et conduit à Paris, où il mourut sur l'échafaud.
SANC
SANCROFT (Guillaume), prélat anglais, né à Fresinyfield (comté de Suffolk) en 161C, mort en 1693. Il fit ses études à l'université de Cambridge, où il obtint au collège Emmanuel une fellowship (bourse), qu'il penlit en 1643 pour avoir refusé d'adhérer à la ligue solennelle et au covenant. On manque de renseignements sur sa vie depuis cette époque jusqu'à la Restauration. Peu de temps avant le retour de Charles II, il devint l'un, des prédicateurs de l'université de Cambridge, puis fut nommé successivement chanoine de Durhara, maître du collège Emmanuel (1662), doyen d'York (1663) et de Saint-Paul (1664), archidiacre de Oantorbéry (1668) et enfin archevêque de cette ville (1678). Lorsque Jacques II entreprit de rétablir la religion catholique en Angleterre, l'archevêque de Gantorbéry ne lui prêta pas son concours, ainsi que le roi l'avait espéré; bien plus, quand ce prince eut écrit sa déclaration pour la liberté de conscience et eut donné au clergé l'ordre de la publier, Sancroft refusa et, accompagné de six autres évoques, vint lui présenter une pétition contre cette déclaration. Les sept prélats furent enfermés à lu Tour, mais leur procès aboutit à un acquittement. La même année, Sancroft déploya la plus grand aciivité pour empêcher 1 oppression des dissidents et de l'Eglise anglicane, et, lorsque Jacques II eut pris la fuite, il se rangea parmi ceux qui voulaient un libre Parlement ; niais, après la proclamation du prince et de la princesse d'Orange comme roi et reine d'Angleterre, il refusa, comme beaucoup d'autres membres du clergé, de prêter les serments exigés et fut, en conséquence, privé de la dignité épiscopale. Il passa le reste de ses jours dans une retraite absolue. On a de lui : Dialogues sur la prédestination (1651, in-12); Politique moderne, d'après Machiavel, Borgia, etc. (1652, in-12); Traités divers sur l'histoire et les antiquités d'Angleterre et d'Irlande (1781, 2 vol. in-8°); plusieurs Sermons et quelques autres ouvrages entièrement oubliés aujourd'hui.
SANCTIFIANT, ANTE adj. (san-kti-li-an, an-te — rad. sanctifier). Qui sanctifie ; qui produit la sanctification, la sainteté : La grâce sanctifiante. On croit chez les Indiens que les eaux du Gange ont une vertu sanctifiante. (Montesq.)
SANCTIFICATEUR, TRICE adj. (san-ktifl-ka-teur, tri-se — rad. sanctifier). Qui sanctifie les hommes, qui produit la sanctification, le salut : L'action sanctificatrice de la grâce.
— Substantiv. Personne qui sanctifie, qui produit la sanctification : Les prêtres doivent être les sanctificateurs des brebis de Jésus- Christ; que sera-ce donc d'en avoir été les corrupteurs? (Bourdal.)
— Absol. Le Sanctificateur, Le Saint-Esprit : Dieu envoie le Sanctificateur dans l'âme du juste. (Boss.)
SANCTIFICATION s. f. (saii-kt'i-fi-ka-si-ou — rad. sanctifier). Action de sanctifier, effet de ce qui sanctifie : La sanctification des fidèles. Travailler à la sanctification des âmes. Que ne pouvons-nous pas attendre de votre bonté, Seigneur, si nous faisons notre félicité de la sanctification de votre peuple.' (Buss.) C'est toujours l'ouvrage de lamain de Dieu et un effet de sa puissance que ta sanctification des hommes. (Fléch.) Dieu n'élève les pêcheurs que pour les fuire servir à la sanctification des justes. (Mass.) Le mariage est institué pour la sanctification de l'amour. (Proudh.)
— Célébration selon les rites religieux : La sanctification des dimanches, des fêtes, du sabbat.
SANCTIFIER v. a. ou tr. (san-kti-fi-é — lat. sanctificare ; de sanctus, saint, et de facere, faire. Prend deux i de suite aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de l'indie. et du subj. prés. : Nous sanctifiions, que vous sanctifiiez). Rendre saint : La grâce nous sanctifie. La grâce sanctifie nos âmes, nos acliorrs. La descente du Suint-Esprit sanctifia les apôtres. Ces vertus humaines, que sont-elles devant Dieu, quand la foi ne les a pas sanctifiées? (Mass.)
— Mettre dans la voie du salut : Ce prélat sanctifie tous ses diocésains par son exemple. (Acad.) Il Servir à la sanctification de : Les provinces les plus florissantes doivent au Père iiuurgoing l'établissement de tant de maisons qui ont console les pauvres, humilié les riches et sanctifié leurs prêtres. (Boss.)
— Rendre conforme à la loi divine : S'appliquer à sanctifier sa vie. (Boss.) Sanctifions par le désir de la paix nos actions de grâces pour nos victoires. (Mass.)
— Rendre sacré, vénérable : Ici notre Sauveur reçut le baptême des mains du Précurseur, et sanctifia les eaux du Jourdain. (Boss.)
Puisqu'à ma loyauté candide elle se fie, Elle que l'innocence à mes yeux sanctifie, Ai-je droit d'accepter ce don de son amour, Et de mêler ma brume et ma nuit il son jour?
V, Hugo.
— Gélébrer suivant les rites religieux : Sanctifier le jour du dimanche. Dans l'ancienne lui, les Juifs sanctifiaient le sabbat.
Se sanctifier v. pr. Etre sanctifié : La
SANC
morale, pour se sanctifikr, a besoin de devenir générale. (E. Littré.)
— Faire son salut : Les grands doivent se sanctifier en travaillant au salut et es peuples. (Mass.)
SANCTION s. f. (san-ksi-on — lat. .-.anctio ; de sandre, établir, sanctionner, qu'Liehhoff rapporte à la racine sascrite sali, teni •, fixer ; Pictet pense que ce verbe a la raêuu racine que sanctus, saint, et le rattache au sanscrit sac, vénérer, proprement suivre ; Po.t invoque avec doute le sanscrit cank, caindre, puis il propose comme plus probable un composé de sa, avec, et anc, honorer, vénérer). Acte souverain qui donne à une loi la force exécutoire : Attribuer à une puissante quelconque le droit de veto et de sanction est le comble de la tyrannie. (Proudh.)
— Par ext. Confirmation, approbat on considérée comme nécessaire : Le public n'a pas donné sa sanction à cet établissement. Ce mot n'a pas reçu la sanction de l'usage. (Acad.) La légitimité politique a pour première origine la justice, la vérité; puis vient la sanction du temps. (Guizot.)
— Clause, condition, circonstance qui empêche ou punit la violation et assure l'exécution : Sanction pénale. Sanction ■.•émunératoire. Cette disposition prohibitive de la loi manque de sanction. (Acad.) Un conh at privé de sanction n'est bon que pour les sots. (Colins.) La vérité n'a pas d'autre sanction que le témoignage intime de la conscience (E. Alletz.) La loi morale a sa sanction et sa raison en elle-même. (V. Cousin.) La juslict restant privée de sanction, la violence et le crime seraient maîtres. (Proudh.)
— Hist. Pragmatique sanction, Règlement d'un souverain touchant des matières ecclésiastiques.
— Encycl. Philos. Le législateur qui édicté un commandement édicté en même temps une peine contre quiconque viendrait à l'infreindre ; cette peine sanctionne le commandement, c'est-à-dire le rend effectif, l'empêcte d'être une lettre morte, en garantit l'exécution. Mais ce que fait le législateur humain dans l'intérêt de la société et au nom de l'utilité publique, les philosophes spiritualistes affirment que Dieu le fait d'une manière beaucoup j. lus parfaite et par une nécessité liée à sa justice absolue. Point de vertu qui ne doive être récompensée, point de vice qui ne doive être puni, soit dans cette vie, soit dans ur.e autre, par l'effet d'une justice inévitable,, nécessaire, infaillible. Bans le cours même de la vie humaine, telle que nous la voyons se réaliser sur la terre, les sanctions de la loi morale forment un vaste système de peines et de récompenses qui varient selon la naiure des devoirs : 1° certains devoirs importent à la vie même de l'homme : ils ont pour sanction naturelle l'état favorable ou fâcheix de la santé; 2° certains devoirs importent à l'existence de la société : ils ont pour sanction les lois rémunératrices et pénales en vigueur chez les différents peuples; 3"> d'autres devoirs naissent des rapports des hommes entre eux, devoirs quotidiens de probité, de charité, etc. : ils ont pour sanction Vopïnicti publique, qui se traduit en sympathie, en es time, en respect, en enthousiasme, en gloire oj en mépris ; 40 une sanction supérieure de ce s mêmes devoirs et de ceux qui échappent à l'estime ou au mépris public est dans l'âme do l'agent libre, qui trouve sa récompense dans les plaisirs de la conscience, sa peine dans les tourments du remords. Mais toutes ces si notions, telles que l'expérience nous les ino itre icibas, sont insutrisantes au point de vue de la justice absolue. A ce point de vue, on effet, toute sanction doit être parfaitemei t juste, proportionnée et efficace. Or, ici-bas : 1° la sanction naturelle, celle qui nous fait trouver la récompense ou la punition d'un acte moral dans les suites naturelles qu'il entraîne, est très-juste sans doute, mais elle manque de proportion et d'universalité. Combien de libertins, par exemple, conservent eur vigueur jusqu'à la vieillesse, tandis ]ue peu d'excès détruisent la santé chez d'autres 1 20 La sanction légale est incomplète, puisqu'elle punit et ne récompense pas. Je plus, elle ne punit qu'une espèce d'infracion aux devoirs, ceux de l'homme envers ses semblables, et même, parmi ceux-ci, elle n'atteint que la violation des devoirs de justice, laissant les hommes fouler aux pieds les devoirs de charité et d'amour. En outre, elle frappe quelquefois l'innocent, très - souvent elle ignore ou épargne le coupable. Enfin, appliquée par des hommes et procédant jar catégories générales, elle ne saurait êtrs exactement proportionnée aux intention.;. 30 La sanction de l'opinion publique est plu s incomplète encore. Quoi de plus incertain que les jugements d'une foule frivole, distra.te, passionnée, variable? Que d'hypocrites t onorés I que de criminels inconnus I que d'hommes vertueux méconnus 1 40 La sanction intérieure, qui est ou le remords ou la satisfaction de soi, est toujours juste. Mais, d'abord, elle dépend de la sensibilité de chacun, d'où elle tire un caractère relatif et variable. Ensuite, elle manque de proportion, puisqu'on voit les coupables s'endurcir à mesure qu'ils s'enfoncent dans le mal et souffrir moins à mesure qu'ils méritent de souffrir davantage. La loi morale n'a donc pas sur la terre la sanction qu'elle doit nécessairemer t avoir,
disent les spiritualistes, et il n'en faut pas davantage pour prouver la réalité d'une vie future où la justice trouvera son parfait accomulissement.
Il n'est pas difficile de trouver le défaut du raisonnement que nous venons d'exuoser. Il part de la notion d'une justice absolue et aboutit k la nécessité d'une sanction également absolue, c'est-à-dire d'une sanction qui atteint tous les actes de l'homme sans en laisser échapper un seul et qui les punit ou les récompense d'une manière parfaitement proportionnée à leur démérite ou à leur mérite. Mais l'absolu, en quoi que ce soit, n'est point à la portée de l'homme. Les philosophes spiritualistes ont raison de dire qu'il faut une sanction à la loi morale; mais ils reconnaissent eux-mêmes que cette sanction existe sur la terre sous quatre formes différentes : sanction naturelle, sanction légale, sanction de l'opinion, sanction intérieure; seulement ils prétendent que ces sanctions sont insuffisantes, parce qu'elles restent en deçà de la justice absolue. Us auraient encore raison s'ils commençaient par prouver que l'homme peut atteindre la justice absolue ou même que la justice absolue existe ; mais jamais ils ne prouveront cela, et il sera toujours facile, au contraire, de leur prouver qu en toute chose l'homme est forée de se contenter d'une perfection relative. Quoi qu'il en soit, si nous reconnaissons que, dans 1 organisation sociale actuelle, la loi morale n'a qu'une sanction quelquefois insuffisante, rien ne nous empêche de chercher les moyens de fortifier cette sanction, et ces moyens nous les trouverons dans un meilleur système d'éducation publique, dans des lois sagement établies pour détruire, non pas tout d un coup, mais l'un après l'autre, tous les abus qui tendent à fausser l'opinion publique et à l'aire douter de la justice.
SANCTIONNATEUR adj. (san-ksio-na-teur
— rad. sanctionner). Néol. Qui sanctionne :
Pouvoir SANCTIONNATEUR. (J. officiel.)
SANCTIONNER v. a. ou (r. (san-ksi-o-né
— rad. sanction). Donner la sanction à : Sanctionner une loi. Le prince a sanctionné ta promesse faite par son représentant. (Acad.)
— Approuver : Dieu, s'il intervient dans les choses humaines, ne sanctionne que la justice. (B. Const.) Il Etre la confirmation de : Tant que l'exemple ne sanctionnera pas la leçon, celle-ci restera sans effet. (Livry.) Le temps ne sanctionne pas l'injustice. (B. Const.)
SÀNCTIS (François de), littérateur italien. V. De Sanctis.
SANCTORICS, en italien Santorio, célèbre médecin italien, né à Capo-d'Istria en 1561, mort à Venise en 1636, Il professa pendant treize années à Padoue et composa de nombreux ouvrages, entre autres : Ars de staiica medica. Peu d'ouvrages ont atteint un degré de célébrité comparable à celui dont jouit longtemps ce traité, et il la méritait à plus d'un titre. Ce n'est pas qu'on eût ignoré jusqu'au xvne siècle l'existence de la transpiration cutanée; mais on peut dire que Sanctorius est le premier qui se soit livré a des recherches sur ce point important. Pendant une longue série d'années, il se pesait chaque jour, afin de se rendre compte de la quantité de fluide qui s'était échappée par la transpiration insensible. Sanctorius avait l'esprit fort inventif pour ce qui concernait les choses de la mécanique. Il imagina des instruments pour extraire les calculs urinaires, un lit pour les blessés, un appareil commode pour les bains, un sphygmometre et un thermomètre. Outre son Traité de médecine statique, nous citerons encore : Methodus vitandorum errorum omnium, qui in arte medica contingunt (Venise, 1602, in-fol.); Commentaria in artem medicinalem Galeui (Venise, 1612, in-fol.); Commentaria in primam sectionem aphorismorum Hippocratis (Venise, 1629, in-8°) ; Liber de remediorum inventione (Venise, 1629). Tous les ouvrages de Sanctorius ont été réunis et publiés sous ce titre : Opéra omnia (Venise, 1660, 4 vol. in-40).
SANCTUAIRE s. m. (san-ktu-è-re — lat.
sanctuarium ; de sanctus, saint). Lieu le plus saint du temple des Juifs, où était placée l'arche, et qu'on nommait aussi le saint des saints : Le grand prêtre seul pouvait entrer dans le sanctuaire. (Acad.)
Retirons-nous à l'ombre salutaire Du redoutable sanctuaire.
Racine.
— Endroit d'une église où est le maltreautet, et qui est ordinairement enfermé d'une balustrade : Les pénitents demeuraient autrefois prosternés aux portes des temples sacrés avant que d'oser approcher du sanctuaire. (Fléch.)
Ne nous endormons pas sur la foi de nos prêtres, Au pied du sanctuaire il est souvent des traîtres.
Voltaire.
— Temple, édifice consacré aux cérémonies d'une religion : Un sanctuaire vénéré. Elever un nouveau sanctuaire.
— Eglise, sacerdoce : Les droits, les prérogatives du sanctuaire. La science s'est faite laïque; elle a déserté le sanctuaire. (Michon.) Saint Bernard avait pour tous des prières, des menaces, des larmes et des châtiments; il faisait, sous la bure, la police du troue et du sanctuaire. (Ch, de Rémusat.)
SANC
— Lieu saint en général :
Qui pourra, grand Dieul pénétrer
Ce sanctuaire impénétrable, OùteB saints inclinés, d'un œil respectueux. Contemplent de ton front l'éclat majestueux! J.-B. Rousseau.
— Fig. Asile sacré : La famille est le vrai sanctuaire de la femme. (Mme Roniieu.) La liberté, la vraie liberté est dans le sasctvaiub de notre âme. (De Gérando.) Le sanctuaire de la conscience doit être respecté dans tous. (Ballanche.) La famille est le sanctuaire où se développe la sensibilité naturelle à l'homme, ce principe vivifiant de toutes les vertus. (Portalis.) Le coeur d'une jeune femme éprise est un sanctuaire d'or où règne souvent une idole d'argile. (P. Limayrac.) La solitude est le doux sanctuaire de ceux qui ont la paix de l'âme et le refuge de ceux qui souffrent. (X. Marmier.)
— Nom donné anciennement aux linges qu'on faisait toucher aux tombeaux des saints, et qu'on plaçait ensuite avec respect dans les églises comme des reliques.
— Sanctuaire des lois, de la justice, Tribunal, lieu où l'on rend la justice.
— Poids du sanctuaire, Poids de pierre que les prêtres juifs gardaient dans le sanctuaire, pour servir d'étalons. [| Fig. Peser une chose au poids du sanctuaire, Dans le langage des écrivains ecclésiastiques, L'exuminer avec toute l'exactitude possible, l'apprécier selon les règles de la plus sévère conscence.
— Prov. Il ne faut pas essayer de pénétrer dans le sanctuaire, Il ne faut pas tenter de s'initier aux secrets des autres, de se mêler aux affaires dont ils nous dérobent la connaissance.
Sanctuaire (le), tableau de M. Landseer. Tout le monde a pu admirer à l'étalage de MM. Goupil et Vibert la gravure intitulée le Sanctuaire (The Sanctuary). C'est la reproduction du plus justement célébra des tableaux du Potter anglais : un grand cerf arrêté au milieu d'un étang, immobile et l'oreille tendue aux bruits lointains de la chasse, tandis qu'une bande de canards effarouchés s'envole derrière lui. C'est une des compositions les plus simples et les plus dramatiques que les peintres d'animaux aient jamais inventées. Chose rare! la gravure est à la hauteur du tableau ; c'est un chef-d'œuvre. Rien ne peut rendre ht poésie du cette scène silencieuse, où le calme de la nature n'est troublé que par le bramement plaintif du cerf tout dégouttant d'eau. C'est une des plus belles descriptions de Walter Scott, ce grand peintre de l'Ecosse, rendue visible par le génie de l'artiste. La répututiun de ce tableau est européenne. H a été exposé en 1855.
SANCTUM SA.NCTOB.UM (le Saint des saints), Nom de cette [rartie intérieure du temple de Jérusalem qui était regardée comme plus sucrée que les autres, parce que l'arehe d'alliance y était déposée. Le grand sacrificateur seul pouvait y entrer et seulement une fois pur an. Dans l'application, ce nom se donne, le plus souvent par plaisanterie, à tout endroit retiré, à tout Sanctuaire fermé aux profanes :
« Des casiers de bois noir remplis de cartons étiquetés, quelques chaises de merisier recouvertes de velours d'Utrecht jttine, une pendule d'acajou, un carrelage humide, glacial, un plafond sillonné do crevasses et orné de guirlandes de toiles d'araignée, tel était le sanctum sanctorum du notaire. >
E. Sue.
< C'est ce qu'on appelle le petit hôtel du ministère, le sanctum sanctorum où notre homme d'Etat se retire loin du bruit et des profanes. >
E. Sue.
« Venez, que je vous montre mon sanctum sanctorum, ma cellule, puis-jedire; car, excepté deux fainéantes de la gent femelle qui, sous un sot prétexte do parenté, se sont établies dans mon logis, je vis ici en cénobite tout aussi bien que mon prédécesseur John de Geruell. »
Walter Scott.
On emploie souvent aussi la forme française, le saint des saints.
SANCTUS s. m. (san-ktuss — mot lut. qui sign.lie saint). Partie de la messe qui se trouve entie la préface etle canon, et oùl'on chante le mot sanctus trois fois répété.
— Mus. Chant composé sur les paroles du Sanctus.
— Loc. fam. Je l'attends au Sanctus, Je l'attends au véritable point de difficulté.
— Encycl. Mus. Le Sanctus est l'un..' de:-. parties importantes de la messe chantet:; c'est l'invocation qu'on adresse au Soignent immédiatement avant le canon. C'est lui que les Grecs nommaient jadis Trisugion; mais on ne doit pas cependant confondre le Sanctus qui termine la préface avec le Trisayion qui, dans l'Eglise latine, se chante le vendredi saint pendant l'adoration de la croix. On trouve aussi le Sanctus désigné sous le nom d'tfpiHî'cî'on, ou chant de la victoire, et il en est parlé dans les consti tu lions apostoliques ainsi que dans saint Cyrille, ce qui est une preuve qu'il existait dès les premiers
SANC
temps du christianisme. Dès le vie siècle, le pape Sixte 1er ordonna que le peuple chanterait le Sanclus simultanément et de concert avec le prêtre. Lorsque l'on commença à donner à c.ette partie de la messe un chant différent de celui de la préface, le prêtre prit l'habitude de le réciter tout bas; mais il attendait, pour commencer le canon, que le chant fût terminé.
Dans les messes en musique, le Sanctus trouve place, naturellement, entre le Credo et VAgnus Dei. • Le Sanctus et VAgnus Dei, dit Castil-Blaze, sont deux prières : l'une a le caractère imposant et pompeux, l'autre est d'une expression pleine de suavité. »
SANCY, village et commune de France (Meurthe-et-Moselle), cant. d'Audun-le-Roman, arrond. et à M kilom. N. de Briey; B46 hnb. Au sommet d'un plateau qui domine le village, on voit les ruines d'un château tort pris par Piccoloniini en 1639.
SANCY (puy de), la plus haute montagne du centre de la France (Puy-de-Dôme), à 5 kilom. des bains du Mont-Dore. Le puy de Sancy, haut de 1,886 mètres, donne naissance à plusieurs rivières importantes : au N., à la Dordogne; à l'O., à la Burande; au S-, à la Tarentaire. De son sommet, on jouit d'une belle vue sur les prés des monts Dore et des monts Dôme et sur presque toute l'Auvergne.
SANCY (Nicolas Harlay de), magistrat, diplomate et capitaine français, issu de la branche cadette de la maison de Harlay, né en 1546, mort en 1629. D'abord conseiller au parlement de Paris, il devint ensuite maître des requêtes. A ce titre, il assistait au conseil du roi lorsque Henri III cherchait un moyen de soutenir la guerre contre la Ligue ; Sancy proposa de lever une armée de Suisses; mais Je conseil, qui connaissait le mauvais état des finances, accueillit avec moquerie cette proposition. « Messieurs, dit alors Sancy, puisque, de tous ceux qui ont reçu du roi tant de bienfaits, il ne s'en trouve pas un qui veuille le secourir, je vous déclare que ce sera moi qui lèverai cette année. « Commission lui fut donnée à cet effet, mais il n'obtint pas le moindre secours, et il partit néanmoins pour la Suisse (1589). Voici comment manoeuvra cet adroit négociateur. Il poussa les Genevois et les Suisses à faire la guerre au duc de Savoie qui, depuis quelque temps, avait envers eux une attitude hostile, leur promit le concours de la France, parvint à leur faire lever 10,000 hommes d'infanterie et même à leur faire avancer 100,000 écus. Sancy, ayant pris le communmandement de cette |jetite aimée, entra dans le duché de Chablais, qui appartenait au duc de Savoie (1589), ravagea le pays que baigne le Léman, combla le port de Ripaille, brûla les galères ducales qui s'y abritaient et déînohtl'ermilage princier et le château de Concise. Cette campagne n'avait, au fond, d'autre but que de cimenter la fraternité d'armes entre Sancy et les Suisses, tout en donnant satisfaction aux vieilles rancunes que les Genevois nourrissaient contre la Savoie, autrefois leur suzeraine. Sancy, ayant acquis de l'ascendant sur ses compagnons d'armes, les décida. à venir au secours du roi de France, en leur promettant de grands avantages pécuniaires. Ceux-ci, se laissant encore une fois duper, le suivirent près de Paris où se trouvait Henri III. Après l'assassinat de ce prince, Sancy prit parti pour Henri IV et détermina les Suisses à suivre son exemple. Comme les finances du Béarnais étaient dans un piteux état, pour solder les mercenaires étrangers, Sancy mit en gage chez les juifs de Metz un superbe diamant; ce bijou, après avoir passé par diverses mains, Unit par appartenir au duc d'Orléans, qui l'ajouta aux joyaux de la couronne Sous le nom de Sancy. Pour récompenser ses services, Henri IV le nomma successivement surintendant des finances (1504), ambassadeur en Angleterre (159S), colonel général des Suisses (1596) et son premier maître d'hôtel. Mais ses prodigalités et l'inimitié de Gabrielle d'Estrees, maîtresse du roi, le firent tomber en disgrâce. 11 perdit la surintendance des finances, qui passa à Sully. Alors Sancy reprit l'épée. Il assista, à la tête des Suisses, au siège d'Amiens en 1597, puis fit la campagne de Savoie en 1600. A partir de 1605, il vécut complètement dans la retraite. Très-dévoué à Henri IV, mais sans convictions sérieuses en matière de religion, il était vu de mauvais oeil par les protestants et par les catholiques. On lit, à ce sujet, dans Le Duchat : » Après avoir changé et rechangé de religion plusieurs fois, depuis qu'il se fut fait catholique à Orléans lors des massacres de l'an 1572, il professait la religion réformée lors de la trêve entre Henri III et le roi de Navarre, en avril 1589, et, depuis, il ne cessa point de faire des trahisons à son parti, jusqu'à ce que, Henri IV ayant embrassé la religion catholique romaine en juillet 1593, Sancy, qui s'était bien proposé de l'imiter dès que cela pourrait contribuer à sa fortune, attendit pour cela le temps et l'occasion propres a servir ses desseins.» En effet, il redevint catholique à la suite de son maître, justifiant sa conversion intéressée par ceue maxime commode qu'il faut être de la religion de son prince, La versatilité de ce personnage a fourni à Agrippa d'Aubigné le sujet de sa critique aussi vive qu'ingénieuse intitulée : la Confession catholique de Sancy.
■ Malgré son caractère naturellement inconstant, dit un écrivain, il fut toujours fidèle à la cause royale; il donna, dans plus d'une circonstance, des preuves d'un véritable désintéressement, témoin, entre autres, la somme de 20,000 écus dont il fit présent au malheureux roi de Portugal dom Antonio et le sacrifice du superbe diamant qu'il avait acheté de ce prince fugitif. » On a de lui un Discours sur l'occurrence des affaires et quelques Remontrances à la reine Marie de Médicis, qu'on trouve dans les Mémoires de Villeroy.
Sancy (le), fameux diamant qui appartient aujourd'hui à la famille Demidoff. L histoire de ses transmissions depuis quatre siècles est curieuse. Apporté des Indes orientales en Europe vers le milieu du xv« siècle, il eut, pour premier possesseur connu, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui d'ordinaire le portait à son casque les jours de bataille. Charles ayant disparu dans la bataille de Morat, uu soldat suisse trouve le diamant au milieu dVutres dépouilles et, n'en soupçonnant pas . % valeur, le vend un florin (2 fr. 50) à un prêtre ; celui-ci le revend un florin et demi. En M89, il figure dans les joyaux d'Antoine, roi de Portugal, qui, dans un moment de gêne, le met en gage entre les mains d'un gentilhomme français, Harlay de Sancy, pour 40,000 livres tournois, et le lui cède ensuite définitivement pour une somme de 100,000 livres. Il resta près d'un siècle dans cette famille, qui lui donna son nom et à laquelle un événement singulier faillit le faire perdre prématurément. Henri III, étant prisonnier à Soleure et voulant acheter des recrues suisses, demanda à son ministre, Nicolas Harlay de Sancy, possesseur alors du fameux diamant, de le mettre en gage pour une grosse somme. Harlay y consentit; mais le domestique de confiance chargé de le porter à quelque argentier disparut, et il se passa bien du temps avant qu'on sût ce qu'il était devenu. A la fin, cependant, on apprit qu'il avait été arrêté par des voleurs et assassiné. On finit aussi par découvrir l'endroit où on l'avait enterré; son corps fut exhumé et le diamant trouvé dans son estomac, car il l'avait avalé quand il s'était vu aux mains des brigands. Plus tard, le baron de Sancy disposa de ce diamant en faveur de Jacques II d'Angleterre pendant son séjour à Saint-Germain; du roi Jacques II, il passa au roi Louis XIV et à ses descendants. Louis XVI le portait à sa couronne le jour du sacre ; Napoléon 1er le reçut avec les autres diamants royaux et le transmit de même à Louis XVIII lors de la Restauration. A cette époque, il passa, on ne sait à que) titre, des mains de la duchesse de Berry dans celles d'un marchand, Jean Fridalein, qui le céda à la famille Demidoff pour une somme de 25,000 livres sterling (625,000 fr.). Ce prix est au-dessous de sa valeur. Le Sancy est un diamant de très-belle eau, sans aucune tache et ayant la forme d'une petite poire ; il pèse 50 carats et demi.
SANCY (Charlotte Harlay de), en religion sœur, puis mère Marie de Jésus, seconde grande prieure du couvent des Carmélites, riUe du précédent, née à Paris en 1579, morte en 1652. Elle faisait partie de la cour de Henri IV lorsqu'elle épousa, à dix-huit ans, le marquis de Bréauté. Devenue veuve moins de deux ans après, elle se retira dans une terre qu'elle possédait en Normandie et se livra à la lecture des folles élucubrations de sainte Thérèse. Bien qu'elle eût un fils, elle l'abandonna en 1604 pour entrer dans l'ordre des Carmélites, s'enferma dans le couvent de la rue Saint-Jacques, à Paris, et prononça ses vœux en 1605. Charlotte de Sancy se lit remarquer par son ardent prosélytisme pour amener des protestants à se faire catholiques. Ayant dépouillé tout sentiment humain, elle apprit sans éprouver ia moindre douleur la mort de son fils, tué a vingt-quatre ans au siège de Bréda, et, si elle éprouva quelque trouble à cette nouvelle, ce fut en pensant qu'il était mort sans s'être confessé. D'abord infirmière de son couvent, elle devint successivement sous-prieure et grande prieure.
SANCY (Achille HARLAY de), diplomate et prélat français, frère de la précédente, né en 1581, mort en 1646. Il étudia successivement le droit et la théologie, devint évêque de Lavaur, et, à la mort de son frère, il suivit la carrière militaire (1601). Après avoir fait campagne en Italie, en Flandre, en Angleterre et en Allemagne, il fut nommé ambassadeur à Constantinople (1611) et y commit de telles actions, que le sultan indigné lui fit appliquer la bastonnade. Harlay n'insista point pour que le gouvernement français tirât vengeance de l'outrage fait à son ambassadeur. A sou retour en France (1618), il entra dans la congrégation de l'Oratoire et se voua à la fortune de Richelieu, pour lequel il osa signer une consultation sur ce point: iQue laloideDieu n'obligeait pas les enfants à garder près d'eux leurs parents, » consultation soumise à Louis XIII et à la suite de laquelle celui-ci exila sa mère. Harlay, qui avait suivi Bassompierre nommé ambassadeur en Angleterre, se rendit odieux par l'excès de son zèle et fit envelopper Bassompierre dans l'antipathie qu'il inspirait. Rappelé en France, il fut nommé évèque de Saint-Malo (1631). Si, dans ce prélat, l'homme ne mérite aucune
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estime, l'érudit a droit à quelque considération. Harlay connaissait le latin et le grec et quelques langues vivantes; il s'adonnait avec succès aux mathématiques et aux sciences naturelles. Enfin , il a consacré une partie de la fortune qu'il avait extorquée à l'acquisition de manuscrits orientaux, qu'il laissa à la congrégation de l'Oratoire et qui font aujourd'hui partie de la Bibliothèque nationale. On attribue à ce prélat les écrits suivants : Relation des persécutions éprouvées par les prélats français de la part du duc de Buckingham (Mercure de 1626) ; Discours d'un vieux courtisan désintéressé (Paris, 1631, in-8<>); Réponse au libelle intitulé : Très-humble, très-véridique et trèsimportante remontrance au roi (1632, in-8°).
SAND (Christophe von der), en latin Snndius, théologien allemand, né à Kœnigsberg (Prusse) en 1644, mort à Amsterdam en 1680. Son père, conseiller de l'électeur de Brandebourg, secrétaire du conseil suprême, lui avait inculqué en secret la doctrine des deux Socin. Le jeune homme manifesta ouvertement ses idées religieuses, et cette franchise imprudente perdit son père qui, en 1668, se vit enlever tous ses emplois. Christophe Sand, craignant qu'on n'attentât à sa liberté, se réfugia en Hollande. Là, il se fit, pour vivre, correcteur d'imprimerie, ce qui lui donna la facilité de mettre au jour ses ouvrages. On a prétendu que, vers la lin de sa vie, il avait adopté les idées des arminiens. Ses principaux écrits sont : Nucleus historis ecclesiasiicx cui prsfixus est tractatus de veteribus scriptoribus ecctesiasticis (Cosmopoli [Amsterdam], J668, in-12). C'est un abrégé de l'histoire ecclésiastique pour ce qui a trait aux ariens. « Le but de Sand est de prouver, dit M. Weiss, que les Pères des trois premiers siècles, en admettant que l'existence du Verbe a précédé celle des créatures, n'ont point reconnu sa consubstantialité. 1 Cet ouvrage a été réédité avec une préface du père de l'auteur et des additions (1676, in-40); Centuria epiyrammatum (Amsterdam, 1669, in-8°) ; Interprelationes paradoxm quatuor Evangeliorum, quibus affixa est dissertatio de Verbo divino (Amsterdam, 1670, in-8») ; Tractatus de origine anims (Amsterdam, 1671, in-S°); Nots et animadversiones in Q.-J. Vossii libros de historicis latinis (Amsterdam, 1677, in-12), etc.
SAND (Karl-Ludwig), patriote allemand, né à Wonsiedel en 1795, décapité à Manheim le 20 mai 1820. Il était fils d'un ancien magistrat prussien. Sa mère, pendant son enfance qui fut maladive, l'éleva dans les principes d une religion austère. Il fit de bonnes éludes au gymnase de Hof, et l'on raconte de lui, dès cette époque, un fait assez significatif: Ayant appris que Napoléon, de passage à Hof en 1809, allait passer une revue, il quitta aussitôt le gymnase, revint chez ses parents, et, comme ceux-ci lui demandaient la raison de sa fuite : « Je n'aurais pu, répondit-il, me trouver dans la même ville que Napoléon sans essayer de le tuer, et je ne me sens pas encore la main assez ferme pour cela.-u Sand avait alors quatorze ans; il était généralement aimé de ses condisciples et de &es maîtres ; son caractère était d'une grande douceur et il avait fait preuve en diverses occasions de résolution et de courage. A l'âge de onze ans, on l'avait vu se jeter dans ua étang, au péril de sa vie, pour sauver un de ses camarades ; mais ce qui le distingua surtout dès ses plus jeunes années, c'était un patriotisme enthousiaste et la haine de l'oppression étrangère. Lors des événements de 1813, il écrivait à sa mère : « C'est à peine si je puis vous exprimer combien je commence maintenant à être calme et heureux depuis qu'il m'est permis de croire à l'affranchissement de ma patrie, que j'entends dire de tout côté devoir être si prochain, de cette patrie que, dans ma confiance en Dieu, je vois d'avance libre et puissante ; de cette patrie, enfin, pour le bonheur de laquelle j'accepterais les plus grands maux et même la mort. »
- La bataille de Leipzig et les événements de 1814 arrivèrent; Sand était alors à l'université de Tubingue, où il achevait les éludes théologiques nécessaires à l'état de pasteur qu'il voulait embrasser; il se fit recevoir membre d'une association d'étudiants, la Teutonia* Survint le retour de l'île d'Elbe; aussitôt toute la jeunesse allemande en état de porter les armes se réunit sous les drapeaux. Sand s'enrôla, à Manheim, dans les chasseurs volontaires placés sous le commandement du major Falkenhauseu. a Nous ne pouvons nous revoir bientôt que si nous sommes vainqueurs, écrivait-il à ses parents; et, si nous étions vaincus (ce dont Dieu nous garde 1), alors mon dernier vœu que je vous prie, que je vous conjure d'accomplir, mon dernier et suprême vœu serait que vous, mes chers et dignes parents allemands, quittassiez un pays esclave pour quelque autre qui ne serait point encore sous le joug. » 11 assista à la bataille de Waterloo et fit partie du corps prussien d'occupation. Revenu en Allemagne à la fin de 1815, il reprit le cours de ses études à Erlangen. Le journal personnel qu'il tint à partir de cette époque, pour régler ses actions et la inarche de ses idées, le montre tombant de, temps à autre dans des accès de mélancolie ou tourmenté par des idées de suicide. La situation politique de
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l'Allemagne était peu faite pour contenter les patriotes. Au despotisme de Napoléon avait succédé l'oppression de chacun des petits princes qui formaient la diète germanique. Les sociétés secrètes qui s'étaient organisées pour lutter contre 1 étranger travaillaient maintenant à miner le vieil édifice féodal et à unifier la patrie allemande; cependant, toutes ne suivaient pas ce courant, et il y avait des luttes continuelles entre la Landmanschaft et la Rurschenschaft, à laquelle Sand était affilié ; il faillit même avoir un duel à l'occasion de cette rivalité, mais son adversaire ne se trouva pas au rendezvous. Le gouvernement n'osait pas encore attaquer ouvertement ces sociétés; il essayait de les détruire en fomentant entre elles des divisions et en soudoyant des pamphlétaires qui les livraient au ridicule. En 1817, M. de Stauren publia contre 'elles un rapport rédigé sur des renseignements que lui avait fournis Kotzebue. Ce rapport fit grand bruit, non-seulement à léna où Sand étudiait alors, mais dans toute l'Allemagne, et ce fut à ce moment que le jeune patriote conçut la première idée de 1 acte sanglant qu'il devait accomplir. «Seigneur, écrivait-il sur son journal de 1818, Seigneur, laisse-moi m'atfermir dans l'idée que j'ai conçue de la délivrance de l'humanité par le saint sacrifice de ton fils. Fais que je sois un Christ pour l'Allemagne, et que, comme et par Jésus, je sois fort et patient à la douleur. » Les brochures antirépublicaines de Kotzebue, devenu l'agent de la Russie, se multiplièrent, attaquant haineusement les personnes les plus universellement estimées dans les rangs des patriotes; l'indignation bouillait dans tous les cœurs. « Quand j'y réfléchis, disait Sand, je m'étonne toujours qu'il ne s'en trouve point parmi nous un assez courageux pour enfoncer un couteau dans la gorge de Kotzebue ou de tout autre traître. Un homme n'est rien en comparaison d'un peuple; c'est une unité comparée à des milliards; c'est une minute comparée à un siècle. L'homme, que rien ne précède et que rien ne suit, naît, vit et meurt dans un espace plus ou moins long, mais qui, relativement à l'éternité, équivaut à peine à la durée de l'éclair. Un peuple, au contraire, est immortel. • Longtemps Sand médita sa résolution funeste; enfin, au mois de mars 1819, sans avoir communiqué son projet à personne, il partit pour Manheim, s'informa de la demeure de Kot/ebue, lui fit demander audience et le" frappa d'un coup de poignard dans le cœur. Kotzebue tomba mort. L'étudiant essaya alors de se tuer; il se plongea à deux reprises dans la poitrine le couteau encore tout couvert du sang de Kotzebue. On le releva inanimé, mais vivant encore. Il fut transporté dans un hôpital et gardé sévèrement.
Son procès s'instruisit : on trouva chez lui, à léna, deux lettres, l'une adressée à ses amis de la Burschenschaft et dans laquelle il leur déclarait qu'il ne faisait plus partie de leur société, ne voulant pas qu'ils eussent encore pour frère un homme qui allait s'exposer à mourir sur l'échafaud ; l'autre, qui portait cette suscription : a A mes plus chers et mes plus; intimes,» était le récit de ce qu'il comptait faire et des motifs qui l'avaient déterminé. « L'infamie la plus déshonorante, disait-il, serait de souffrir que les belles choses acquises bravement par des milliers d'hommes, et pour lesquelles des milliers d'hommes se sont sacrifiés avec joie ne fussent plus qu'un rêve passager, sans suites réelles et positives. La résurrection de notre vie allemande fut commencée dans les vingt dernières années, et particulièrement dans la sainte année de 18 13, avec un courage inspiré de Dieu. Mais voilà que la maison paternelle est ébranlée depuis le faîte jusqu'à la base... Plusieurs, et ceux-là sont les plus infâmes, jouent avec nous le jeu de la corruption ; parmi eux est Kotzebue, le plus adroit et le pire de tous, véritable machine à paroles, d'où sortent tout discours détestable et tout conseil pernicieux. Sa voix est habile à nous enlever toute humeur et toute amertume contre les mesures les plus injustes, et telle qu'il la faut aux rois pour nous endormir dans ce vieux sommeil fainéant qui est la mort des peuples. Chaque jour, il trahit odieusement la patrie et n'en reste pas moins, malgré sa trahison, une idole pour la moitié de l'Allevnagne, qui, éblouie par lui, accepte sans résistance le poison qu'il lui verse dans ses pamphlets périodiques, protégé et enveloppé qu'il est dans le manteau séducteur d'une grande réputation de poëte. Excités par lui, les princes de l'Allemagne, qui ont oublié leurs promesses, ne laisseront s'accomplir rien de libre ni de bon; ou, si quelque chose de pareil s'accomplit malgré eux, ils se ligueront avec les Français pour l'anéantir. Pour que l'histoire de notre temps ne soit pas ' couverte d'une ignominie éternelle, il faut qu'il tombe.... Quoique poussé ainsi violemment hors de nos beaux rêves d'avenir, je n'en suis pas moins plein de confiance en Dieu; j'éprouve même une joie céleste depuis que, comme les Hébreux cherchant la terre promise, je vois tracée devant moi, dans la nuit et dans la mort, cette route au bout de laquelle j'aurai payé ma dette à la patrie.... »
Sand resta cinq mois entre la vie et la mort. La commission d'enquête traînait l'affaire en longueur, espérant que le jeune homme mourrait de ses blessures avant l'ar-
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réf. Mais l'empereur Alexandre, qui avait nommé Kotzebue son conseiller, demandait avec instance que la justice eût son cours, et Karl Sond, en faveur de qui toute l'Allemagne s'était émue, fut condamné à mort. Il montra la plus grande fermeté durant ce procès et déclara qu'il mourait pour la liberté de l'Allemagne. Lorsqu'il fut décapite le 20 mai 1820, la haie des soldats fut rompue, hommes et femmes se précipitèrent vers l'échufaud et teignirent de sang leurs mouchoirs. On rapporte que la mère de Sand reçut plus de 40,000 lettres de consolation ou même de félicitation ; la prairie dans laquelle eut lieu l'exécution est encore appelée par le peuple : Sands Himmelfartswiese (la prairie de l'ascension au ciel de Sand).
SAND (Armandine-Lucile-Aurore -Dupin , baronne Dudevant, connue dans la littérature sous le pseudonyme de George). « Cet accident de quitter le sein de ma mère m'arriva à Paris le 16 messidor an XII (5 juillet 1804), un mois juste après le jour où mes parents s'engagèrent irrévocablement l'un à l'autre, » Dans t'//i's(otre de ma vie, à laquelle nous empruntons ce renseignement, G. Sand a donné une large place à sa filiation généalogique; elle lui a consacré trois ou quatre volumes ; il nous suffira de dire que M. Maurice Dupin, son père, qui avait servi comme officier dans les années de la République et de l'Empire, était fils d'un fermier général, M. Dupin de Francueii, marié à la veuve du comte de Horn, fille naturelle de Maurice, maréchal de Saxe, On voit d'ici la filiation qui, par la comtesse Aurore de Kcenigsniark, unit la petite-tille du maréchal de Saxe au roi de Pologne Auguste II et la constitue, « d'une manière illégitime, mais fort réelle, ainsi qu'elle se plaît à le constater ellemême, proche parente de Louis XVIU et de Charles X. » Quant à ce qui regarde sa mère, Antuiuette-Victoire-Sopliie Dclaborde, nou^ renvoj'ons le lecteur aux nombreux documents accumulés dans l'Histoire de ma vie.
Aurore Dupin fut élevée, jusqu'à l'âge de quatorze ans, au château de Nohant, pies de La Châtre, par sa grand'mère, femme de beaucoup d'esprit et très-lettrée, grande admiratrice de Rousseau et de Voltaire, et qui s'efforça de développer dans l'enfant les facultés qui devaient faire de la femme une libre penseuse. Cependant, en 1817, Aurore fut envoyée au couvent des Dames anglaises, à Paris, et elle y resta jusqu'en 1820, époque à laquelle elle perdit sa grand'mère. Peu de temps après, en 1&22, malgré la répugnance qu'elle montrait pour le mariage, ses parents la contraignirent d'épouser un officier retraité, le baron Dudevant, de qui elle eut un fils et une fille. Son fils, Maurice Sand, est devenu un littérateur distingué; sa fille, mariée au célèbre statuaire Clésinger, vit séparée de son mari. Mms Dudevant , comme elle ne l'avait que trop pressenti, ne trouva pas dans son mariage l'idéal de bonheur qu'elle avait rêvé, et, en 1831, elle quittait le château de Nohant, emmenant sa fille avec elle, pour venir à Paris chercher son indépendance dans le travail. Un an avant sa rupture avec son mari, elle avait connu à Nohant un jeune homme aux idées généreuses, aux grandes "aspirations, et leurs âmes avaient fini par se confondre dans une communion mutuelle de sentiments et d'idées. Ce jeune homme s'appelait Jules Sandeau et avait accompagné à Paris la baronne Dudevant. Nous donnons pour la dernière fois ce titre à celle qui ne l'avait guère ambitionné et qui devait l'échanger contre des lettres de noblesse bien autrement glorieuses et durables. Aussitôt arrivés à Paris, les deux, amis songèrent à mettre en commun leurs idées et à écrire pour se procurer les ressources dont ils étaient dépourvus. Leurs premiers travaux, faits en collaboration, parurent dans le Figaro sous le pseudonyme de Jules Sand, abréviation du nom de Sandeau. C'étaient
?uelques articles sur différents sujets, qui urent, d'ailleurs, peu remarqués, lin 1831, une nouvelle, la Prima donna, fut insérée dans la Revue de Paris, et, bientôt après, parut un roman intitulé : Rose et Blanche. Ce fut tout. Les deux collaborateurs devaient désormais travailler chacun de son côté, l'un pour voler à tire-d'aile vers les extrêmes régions de l'idéal et devenir une des illustrations littéraires de l'époque, l'autre pour planer sagement dans les sphères intermédiaires et devenir académicien. Un romancier d'esprit, qui s'est souvent trompé et a quelquefois réussi, Henri Delatouche ? auquel, en qualité de compatriote, la jeune femme s'était adressée pour lui soumettre ses premiers essais, avait aussitôt compris qu'il avait affaire à un talent exceptionnel, et il se proposa de lui servir de patron. C'est à lui que le jeune écrivain dut de faire paraître son premier roman, lndiana, sous le pseudonyme de George Sand, que le succès le plus éclatant devait consacrer a. toutjamais. Ce n'est pas à dire que le mérite d'Indiandmtêlè reconnu sans conteste et que la critique n'ait pas élevé la voix pour détourner le public qui faisait cercle autour de l'œuvre nouvelle. Nous avons examiné ce livre et les diverses questions soulevées par les théories soi -disant subversives qui y sont contenues; nous nous contenterons d'enregistrer ici ce que, vingt ans plus tard, en écrivait l'auteur : ■ Dieu merci I j'ai oublié jusqu'aux noms de ceux
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qui, dès mon premier début, tentaient de me décourager et qui, ne pouvant dire que cot humble début fut une platitude complote, essayèrent d'en faire une proclamation incendiaire contre le repos des sociétés. Je re m'attendais pas à tant d'honneur, et je pence que je dois à ces critiques le remercîineiu que le lièvre adressa aux grenouilles, en s imuginant, il leurs terreurs, qu'il avait dreit de se croire un foudre de guerre. » Après lndiana vinrent successivement Valentine , Lélia, Jacques, André, Leone Leoni, Simon, Mauprat, la Dernière Aidini, Lavinia , Métella et quelques autres qui peuvent être considérés comme appartenant à. la première manière de Mme Sand. Sans s'associer à la critique, même la plus impartiale, qui, au fur et à mesure de l'apparition de ces divers romans, s'est émue des intentions formidables qu'elle croyait y voir, on ne peut cependant méconnaître que ces protestations ardentes, ces révoltes furieuses, ces anathèmes contre certaines lois fondamentales de l'ordre social n'aient pu enfiévrer quelques jeunes lecteurs. G. Sand, que les violentes attaques dont elle était l'objet à chacune de ses nouvelles p -oductions étonnaient plus que personne, en arriva peu à peu à se demander qui avait raison, d'elle ou de la critique. « Il parait, nous dit-elle, que, croyant faire de la prose, j'avais fait du saint-simonisme sans le savoir. Je n'en étais pas alors à réfléchir sur les misères sociales. J'étais encore trop jeune pour voir et constater autre chose que des fa ts. J'en seruis peut-être toujours restée là, grâce à mon indolence naturelle et à cet amour des choses extérieures qui est le bonheur et l'infirmité des artistes , si l'on ne m'eût poussée, par des critiques un peu pédantesques, à réfléchir davantage et à ra'inquif ter des causes premières, dont je n'avais, jusque-là, saisi que les effets. Mais on m'accusa si aigrement de vouloir faire l'esprit forl. et le philosophe, que je me posai un jour cotte question : Voyons donc ce que c'est quo la philosophie! • Il y a beaucoup de vrai, sans doute, dans cette déclaration, mais il faut dire aussi que les circonstances aidèrent beaucoup au changement presque subit, bien que raisonné, qui se fit dans le ton et les allures de l'écrivain. La réputation croissante de Mme Sand avait attiré auprès d'elle un grand nombre d'amis, parmi lesquels certains d'entre les chefs des principales écoles qui se disputaient alors 1 honneur de diriger le monde social dans lu voie du progrès. Chacun d'eux, pour ainsi dire, trouva dans 1 auteur d'Jndiana une élève docile, facilement impressionnable à toutes les idées, à tojtes les théories et admirablement douée pour se faire la vulgarisatrice des doctrines hurr.anituires et socialistes en les enveloppant du charme de son style et de son imagination.
Lélia reflétait déjà les émotions poétiques et autres, les inquiétudes et les déceptions qu'elle avait éprouvées dans le commarce d'Alfred do Musset, avec qui elle avait fait un voyage à Venise. Les péripéties da ce voyage , très-diversement racontées , font l'objet d'un ceitain nombre d'ouvrages ce G. Sand : le Secrétaire intime (1834, iu-S°), les Lettres d'un voyageur (1834, 2 vol. in-8c), et elle y est revenue dans Elle et lui (185S). A son retour, et sous le coup de la lassitude qui succède inévitablement à une crise, son talent cessa momentanément d'être personnel et original; elle n'écrivit plus, pour ainsi dire, que sous la dictée d'autrui, empruntant ses idées philosophiques à Lamennais, son républicanisme à Michel (de Bourges , ses idées socialistes à Pierre Leroux , voire même à Cabet, et, abdiquant son rôle de conteur et de poète pour prendre le ton dogmatique du philosophe et du sectaire, elle n'eut plus que par intervalles ces élans passionnés, ces accents vifs et puissants qui avaient si profondément remué les âmes.
Elle ne fut plus alors, selon l'excellente expression de Delatouche, qu' « un échoqi.i embellissait la voix. » C'est à cette seconde jhase (1830) qu'appartiennent Spiridion, le Compagnon du tour de France, le Meunier d'Angibault, le Péché de M. Antoine, Cousue to et quelques autres productions qui, pour l'être pas à la hauteur littéraire des précédentes, n'en renferment pas moins des pages admirables d'élévation et de poésie, dont 11 limpidité du style et le merveilleux des images suffisent à faire oublier bien des digressions lourdes et fastidieuses.
Mme Sand était trop véritablement artiste, trop éprise d'idéal, pour rester longtemps a la remorque des idées d'autrui et persévérer dans un genre qui n'ajoutait rien à sa réputation. Elle comprit qu'en servant plus longtemps de secrétaire aux hommes dor t elle avait subi l'intluence et auxquels elle était supérieure, elle finirait par déserter tout à fait les pures régions do l'art, qui ne s'accommode guère de ces sortes de compromis entre la science et la fantaisie. En un mot, elUs lit un retour sur elle-même, et, soit lassitude, soit dégoût, soit crainte d'assister à une déchéance presque inévitable de sa réputation , elto chercha , dans un nouveau genre, une nouvelle source d'inspiration et de succès. Elle écrivit, à partir de 1846 : lu Mare au diable, François le Champi, la Petite Fadelle, ces romans champêtres que Saint-Marc Girardin appelle les Géorgiques de ta France, et quelques autres, :omme Mont'lievèche, la Filleule, les Maîtres son-
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news, où la muse échevelée d' lndiana, après avoir apaisé les emportements et la fougue haletante de la jeunesse, revient à la sérénité, i Quand j'ai commencé par la Mare au diable, dit-elle, une série do romans champêtres, je n'ai eu aucun système, aucune prétention révolutionnaire en littérature. Personne ne fait une révolution à soi tout seul, et il en est, surtout dans les arts, que l'humanité accomplit sans trop savoir comment, parce que c'est tout le monde qui s'en charge. Mais ceci n'est pas applicable au roman de moeurs rustiques : il a existé de tout temps et sous toutes les formes, tantôt pompeuses, tantôt maniérées, tantôt naïves. Je l'ai dit, le rêve de la vie champêtre a été, de tout temps, l'idéal des villes et même celui des cours. Je n'ai rien fait de neuf en suivant la pente qui ramène l'homme civilisé aux charmes de la vie primitive. Je n'ai voulu ni faire une nouvelle langue ni me chercher une nouvelle manière. On me l'a cependant affirme dans bon nombre de feuilletons, mais je sais mieux que personne à quoi m'en tenir sur mes propres desseins... ■ La vérité, c'est qu'en écrivant ses romans champêtres, pas plus que ses romans de mœurs ou philosophiques, l'auteur n'a eu en vue d'en tirer logiquement une conclusion, d'argumenter pour ou contre un genre quelconque, de poser des théories, ni de créer une littérature nouvelle. Il a fait de la poésie, parce qu'il est poète, et, s'il y a réussi d'une façon aussi brillante, c'est précisément pour la même raison qui l'avait fait échouer dans ses précédentes tentatives. Elle obtint aussi ses premiers succès au théâtre en exploitant la même veine. Les pièces qu'elle avait données antérieurement avaient échoué. Cosima, représenté en 1S40 devant un public habitué de longue date, par ses faiseurs attitrés, à toutes les extravagances scétiiques, aux péripéties enchevêtrées et terminées par des dénoùments impossibles, fut accueilli très- froidement ; il n'y avait pas assez de situations à effet, de scènes à surprises, do quiproquos et d'imprévu. Huit ans plus tard, en 1848, un nouvel essai, le Hoi attend, inférieur encore a. Cosima, ne réussit pas mieux. Mais, depuis cette époque, François le Champi, Claudie, le Pressoir, etc., s'imposèrent aux suffrages du public et prouvèrent l'inépuisable fécondité du génie qui avait donné la vie à lndiana, à Valentine, à Jacques, à tous ces types grandioses qu'on pourra blâmer quelquefois, mais sans jamais cesser de les admirer.
En 1848, elle se mêla activement à la politique en associant ses efforts à ceux des Rêpublicains avancés. Elle écrivit deux Lettres au peuple, la préface des Bulletins de la République, collabora à la Revue indépendante et fonda même un journal, la Cause du peuple (1848). L'année suivante, elle collabora à la Commune de Paris avec Barbes et Sobrier, écrivit la préface du recueil Conteurs ouvriers (1849, in-18) ut traduisit un ouvrage de Mazzini : République et royauté en Italie (1850, in-8"). Ce moment d'elfervescence passé, elle revint au drame et au roman et, transformant encore une fois sa manière, publia successivement : les Maîtres sonneurs , V Homme de neige, Pierre qui roule, Jean de La Roche, il/llo de La Quintinie, etc., couvres remarquables, où le désordre des passions ne joueplus un rôle aussi exclusif que dans Jacques, Lëlia ou Valentine, et que l'esprit d'observation, l'art du conteur et l'attendrissement de quelques pages émues placent à la tête du roman français contemporain,
11 nous reste à parler de l'écrivain proprement dit. Le style de G. Sand est presque indéfinissable; il échappe à l'analyse et, pour en résumer avec quelque concision les deux principales qualités, il n'y a que deux mots : splendeur et précision ; encore sommes-nous obligé de ne pas parler de l'admirable pureté de langage que Mm0 Sand paraît avoir possédée de tout temps par intuition; nul mieux que l'auteur &' lndiana ne tait plier son style à chaque nécessité nouvelle, à l'exigence de chaque idée. Simple et hardi, merveilleusement habile à tout peindre, à tout exprimer, à tout faire pressentir, plein d'abondance et de sobriété, riche en ressources de tout genre et ne nuisant jamais h l'idée par l'image, se laissant pétrir docilement au gré de l'inspiration, sans jamais, -dans sa mobilité capricieuse et multiforme, perdre de sa force ou de sa limpidité, tel est ce style magique auquel rien n'est étranger, ni les sublimités de la nature, ni les doux éuancheînents de l'intimité, ni les enchantements de l'amour, ni les fureurs de la haine. Pour terminer en résumant notre appréciation sur la portée de l'œuvre de G. Sand, nous citerons ces lignes ,de M. de Loinénie : ■ Quant à l'influence pernicieuse des livres de G. Sand, je crois qu'on l'a beaucoup exagérée. Presque tous renferment au déiioûineut une sorte de moralité de malheur qui, jusqu'à un certain point, remplace l'autre. S'il y a des passions ou des fautes, il y a aussi des douleurs et des remords, et surtout il n'y a généralement pas de vice; ils peuvent tourmenter et égarer les âmes, mais ils ne les dégradent ni ne les corrompent. On éprouve, à les lire, une sorte d'admiration pénible, et, quand on les quitte, on aspire au vrai aveu plus de force que jamais. On comprend que tout cela n'est pas. la vie, que l'imagination n'est pas la raison et que les potites seront toujours des potstes, c'est-à-dire, pour parler
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comme le plus sage et le plus grand d'entre eux, des oiseaux mélodieux que tout bruit fuit chanter, que ce bruit vienne du dehors ou du dedans, qu'it charme ou épouvante, attire ou repousse, que ce soit un désir qui nuit ou un ruisseau qui murmure, un peuple qui s'agite ou uue mer qui gronde, un trône qui croule ou une illusion qui s'en va ; l'oiseau chante, chante toujours, partout, sur tous les tons; ne lui demandez pas le pourquoi de ses chants : il chante parce qu'il est oiseau. >
On a de G, Sand les ouvrages suivants : lndiana (1831); Valentine (1832); Lélia (1833); Attlo le rimeur (1833); le Secrétaire intime (1834); André (1834); Lettres d'un voyageur (1830-1836); Leone Leoni (lS'H);Jacques (1831); Mauprat (1830); Simon (1S36); les Maîtres mosuïstes (1837) ; la Dernière Aidini (1837); 1 Uscoque (1838); un Hiver à Majorque (1838); Spiridion (1838); Gabriel (1830); les Sept tordes de ta lyre (1840); les Mississipiens (1840); Pauline (1840); Horace (1841) ; le Compagnon du tour de France (1841); Consuelo (1842), suivi de la Comtesse de Rudolstadt (1813); Jeanne (1844); Isidora (1845); Teverino (1845); le Meunier d'Angibault (1845); la Péché de M. Antoine fl847); Lucrezia Floriani (1847) et le Château des désertes, qui y fait suite (1849) ; François le Champi, la Mare au diable, la Petite Fadette (1846-1848); les Maîtres sonneurs (1853); Histoire de ma vie (1854); Mont- Revèche (1855); le Diable aux champs (185G); Elle et lui (1858); les Dames vertes, Lattre, l' Homme de neige (1859); Jean de La llcchc, Fhwie (1860); Vatvêdre, Tamaris (1861); Antonia,\à Famille Germundre (l8Gl);les Beaux messieurs de Rois -Doré (1868) ; i/lle de La Quinlinie (1864); Confession dune jeune fille (1805); Monsieur Sylvestre (1866); le Dernier amour (18S7); Cadio (1868); MU" Mcrquem (1868); Pierre qui roule (1869); Flavie, la Daniel la,l:iFilleute, Narcisse, Promenades autour d'un village, les Amours de l'âge d'or, Césarine Dielricht , Journal d'un voyageur pendant ta guerre, i/Ho deCérignan (1870-1874). Enfin, un grand nombre de contes, proverbes et nouvelles, parmi lesquels Métella, Melchior, Cora, etc., ainsi que des articles de genre et de critique, ont paru, à différentes époques, dans la Revue des Deux-Mondes, la Revue de Paris, la Revue indépendante et les divers journaux ou recueils. Disons aussi que la plupart des romans les plus importants ont été publiés dans la Revue des Deux-Mondes avant d'être imprimés en volumes.
Le théâtre de G. Sand se compose de : Cosima (1840); le Roi attend (1848); François le Champi (1849); Claudie (1851); le Mariage de Victorine (1851); le Démon du foyer ( 1852) ; Molière (1853); le Pressoir (1853); Mauprat (1853); Flaminio (1854); Lucie (1856); Maitre Favilla (1855); Comme il vous plaira (1850); Françoise (1850); les Beaux messieurs de Bois- Doré (1862); le Pavé (I8ii2); le Marquis de Villemer (1804); le Drue (1864); les Don Juan de village (1866); Cadio (1868). Mm Sand a également fait paraître un volume où un grand nombre de scènes et proverbes non destinés au théâtre sont réunis sous le titre de : Théâtre de A'ohant.
SAND (Maurice Dudevant, dit Maurice), fils de la précédente, né à Paris en 1825. Il s'est fait, à côté de la grande réputation de sa mère, une certaine notoriété dans lus lettres et dans les arts. Comme littérateur, il a publié dans la Revue des Deux-Mondes quelques romans et nouvelles ; il s'est aussi essayé au théâtre; comme artiste, il a composé un grand nombre d'illustrations destinées aux romans de G. Sand et il a exposé au Salon divers tableaux. Son meilleur ouvrage est une étude complète sur les divers types d'acteurs et de mimes de la comédie italienne : Masques et bouffons (1859, 2 vol. gr. in-8°); les tltissins coloriés qui reproduisent avec la plus grande fidélité les costumes de tous ces masques sont dus également à M. Maurice Sand. Nous citerons encore de lui : Six mille lieues à toute vapeur (1862, in-18), récit d'un voyage autour du monde; Callirhoé (1864, in-!8); Raoul de La Ckastre (1865, in-8u); le Monde des papillons, texte et dessins (1866, in-4») ; le Coq aux cheveux d'or (1867, in-18) ; Miss Mary (1868, in-18); dfUo de Cèrignan (1874, in-18). Il a donné au théâtre : les Don Juan de village (théâtre du Vaudeville, 1806), en collaboration avec G. Sand, et exposé successivement : Léandre et Isabelle, le Grand i Bissexlre, le Loup-garou (Salon de 1857); lo I Mencu' de loups (dessin, Salon de 1859); Muletiers, un Marché à Pompëi, la Campagne romaine (aquarelles, Salon de 1861).
SAND AL s. m. (san-dal). Syn. de santal.
SANDALE s. f, (san-da-le — latin sandalium, grec sandation. Ce mot, d'origine orientale, vient du persan sandal, sandalak, soulier, semelle, qui a passe dans toutes les langues de l'Europe). Chaussure qui ne couvre que le dessous du pied : Porter des sandales. Mettre, quitter ses sandales. L'Arabe porte les vêlements et les sandales qu'il portait du temps d'Abraham. (B. Const.)
.... Puis passe un moine sale.
Qui va battant le sol de sa triste sandale.
A, Bakbieo,
Fuis je pourrais, sans qu'on pressa Ma paresse,
SAND
Laisser avec mes hnbits ,
Traîner sur les larges dalles !
Mes sandales • i
De drap brodé de rubis. ;